X. Arnozan
REVUE DES JOURNAUX
lies réactions présentées par l’urine après 1 ingestion de rhubarbe et de santonine.
On sait depuis longtemps qu’après l’ingestion de rhubarbe ou de santonine l’urme a une teinte verdâtre qui, par l’addition d'un alcali, devient rougeâtre. Mais, à côté de cette réaction commune, il y a des réactions particulières qui permettent de distinguer ces deux substances.
Les carbonates alcalins produisent la coloration rouge presque immédiatement après que la rhubarbe a été ingérée. Avec la santonine, la réaction ne se montre que bien plus tardivement.
La coloration rouge produite par les alcalis dans les urines contenant de la rhubarbe persiste indéfiniment; celle due à la santonine disparaît en vingt-quatre, quarante-huit heures. (Cependant, si l’on a employé la soude caustique, elle peut persister plus longtemps.)
La coloration due à la rhubarbe disparaît en faisant digérer dans l’urine de la limaille de fer. Cette dernière ne modifie pas la coloration due à la santonine.
Enfin, si l’on ajoute à l’urine à rhubarbe un excès de baryte ou d’eau de chaux et qu’on filtre, le dépôt resté dans le filtre retient la matière rougeâtre et le produit filtré n’a plus de coloration anormale; au contraire, avec l’urine à santonine, la matière colorante reste en solution, et le sédiment reste incolore. (The Doctor, 27 septembre 1878; Lyon médical, l°r décembre 1878.)
BIBLIOGRAPHIE
Index bibliographique.
Leçons cliniques sur les maladies du okur, etc., par le docteur P.-F. Da Costa Alvarenga, professeur à l’Ecole de médecine de Lisbonne, traduit du portugais par le docteur E. Bertherand. — Paris, 1878. J.-B. Baillière.
Ce livre est consacré à l’étude des signes physiques que l’on observe dans le cours des maladies du cœur, principalement dans les insuffisances aortiques et les anévrysmes de l’aorte. Plusieurs chapitres traitent dés ectocardies, de la cyanose, etc. L’auteur, déjà connu par des travaux intéressants, est surtout un chercheur, désireux de vérifier les faits qu’on annonce parfois un peu prématurément, désireux surtout de trouver des signes précis pour arriver à affirmer un diagnostic souvent difficile. C’est pour atteindre ce résultat qu’il a étudié la locomotion des artères, le développement anormal du système vasculaire périphérique, les caractères de la pulsation artérielle, le pouls veineux, le frémissement cataire, les bruits cardiaques artériels ou veineux, etc. Nous n’avons pas à examiner ici la question de priorité que soulève l’auteur à l’occasion de l’existence du double souffle intermittent crural observé dans les insuffisances aortiques; mais nous nous associons à notre confrère de Lisbonne pour déclarer que ce souffle n’a ni la constance, ni la valeur séméiologique absolue qui lui ont été attribuées. On lira aussi avec intérêt la critique des observations du docteur Tripier sur le retard du pouls dans l’insuffisance aortique. Tout n’est point définitivement acceptable dans cette théorie, et cependant le docteur Da Costa Alvarenga nous paraît aller un peu loin en contestant la valeur des observations sur lesquelles elles s’appuie. On lira néanmoins avec fruit ces leçons cliniques, et si les assertions de l’auteur ne peuvent pas être elles-mêmes admises sans contrôle, on conviendra que ce contrôle est à la portée de tous ceux qui s’exerceront, comme il l’a fait lui-même, a des observations patientes, minutieuses, mais certaifiemênt très-profitables.
Manuel d’histoire naturelle médicale, par M. J.-L. de Lanessan, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris. Première partie. — Paris, 1879. 0. Doin.
Nous attendrons la deuxième partie de cet ouvrage pour en faire connaître le plan et les principaux chapitres. Ce nous sera, en effet, un plaisir de rendre hommage au talent d’exposition et à la méthode d’un naturaliste distingué; mais nous ne saurions dès aujourd’hui annoncer ce Manuel sans faire toutes nos réserves au sujet de l’introduction qu’a cru devoir écrire l’auteur Après avoir déclaré, dans sa préface, qu’il s’adressait aux étudiants en médecine et en pharmacie, il débuté par une étude sur la matière, la vie et les êtres vivants, et, dans celte étude, il ne craint pas d’aborder les questions de philosophie les plus graves, les plus ardues, les plus difficiles à faire comprendre. Et non-seulement il les étudie, mais encore il les résout en niant la vie, en affirmant qu’il n’existe aucune différence entre les phénomènes qui s’observent chez les êtres organisés et ceux qui se passent dans le milieu inorganique. Tout se réduit pour lui à une diversité de constitution physique et chimique des corps que l’on étudie. Il nous est impossible d’admettre que l’on inaugure un cours élémentaire par un exposé doctrinal aussi controversable. Mais, nous le répétons, on ne juge point un livre sur un de ses chapitres, ce chapitre renfermàt-il une théorie biologique complète et définitive. Nous attendrons donc que nous ayons sous les yeux l’ouvrage complet que publie M. de Lanessan pour approuver ce que le professeur d’histoire naturelle a pu écrire, mais aussi pour contester ce que le philosophe matérialiste a cru devoir affirmer.
VARIÉTÉS
Liste tics prix de la Faculté de médecine pour l’année 1819-1818.
Legs Trémont. -- • Le legs, de la valeur de 1000 francs, a été partagé en parties égales entre deux étudiants également méritants et remplissant les conditions du legs.
Prix Barbier. — La Faculté a décerné le prix à M. Martin, dentiste à Lyon (Rhône), pour un nez artificiel avec appareil de prothèse dentaire.
Prix Ciiateauvillard. — La Faculté a décerné le prix de 2000 francs à M. le docteur Proust, agrégé libre de la Faculté de Paris, pour son ouvrage sur l’Hygicne publique ou privée et l’hygiène professionnelle.
Elle a accordé : 1° Une mention très-honorable à M. le docteur Lacassagne, pour ses Conférences de médecine légale; 2° une mention honorable à M. le docteur Ilennequin et à M. le docteur Manouvriez (de Valenciennes).
Prix Corvisart. — 1er prix : M. de Brun du Boisnoir (Ilippolyle-Marie- Antoine), né à Arlans (Puy-de-Dôme), le 22 août 1855, 300 francs.
2e prix : M. Augé (Denis-François-Narcisse), né le 5 octobre 1855, à Sernin (Aveyron), externe à la Charité, 100 francs.
La Faculté a décidé que le sujet du concours pour l’année 1879 serait : les Ictères.
Prix Montyon. — La Faculté a décerne" le prix à M. le docteur Liégeois (Charles-Auguste), pour son travail sur une Epidémie scarlatine.
Prix Lacaze. — Le prix a été décerné à M. le docteur Colin, médecin principal de lrc classé, professeur à l’Ecole militaire du Val-de-Gràce, pour ses travaux sur laFievre typhoïde dans l’armée et les épidémies et milieux épidémiques.
Thèses récompensées : \° Médailles d’cù'gcnt. — MM. Bouveret (Léon). — Sur une tumeur osseuse généralisée à laquelle conviendrait le nom : tumeur â ostéoblastes.
Dreyfus-Brisac (Lucien). — De l’ictère hémaphéique, principalement au point de vue clinique.
lluret (Henry). — Etudes expérimentales sür les traumatismes cérébraux.
Ueniiinger (Arthur). — De la nature et du rôle physiologique des pepfones.
21 Mars 1879
lluette (Georges). — Bromure de potassium. Étude historique.
Geoffroy (Jules). — L’anatomie et la physiologie d’Aristote.
Porak (Charles). — Considérations sur l’ictère des nouveau-nés et sur le moment où il faut pratiquer la ligature du cordon ombilical.
Item y (Charles). — Recherches histologiques sur l’anatomie normale de la peau de l’homme à ses différents âges.
'l'apret (Odile). — Etude clinique sur la péritonite chronique d’emblée.
2° Médailles de bronze. — MM. Bardet (G.), Coronado (Daniel), Calmettes (Gaslon-Edouard-René), Cufïer(Louis),Dupont(Baptiste;, Graux (Gaston), Joannet (Henri), Linarix (Edmond-Charles), Lavieille (Ernest), Pinet (Camille), Peton (Henri), flaulx (Adrien), Rafinesque (Félix-Gaston), Rousseau (Henri), Saleh-Ghoukry, Suc (Charles-Denis), Schwartz (Charles-Edouard), Tiryakian (Parseg), Torres-Melcbior.
3° Mentions honorables. — MM. Bellon (Maurice), Butruille (flippolyte), Boullet (Léon), Coingt (Maurice), Castaneda y Gampos (J.-M.), Dziewonski (Constantin), De Brinon (Jean-Charles), Cil (Juan-B.), Guehhard (Jacques), Garnier (Alfred), Moutard-Martin (Robert), Moreau (Jules-Henri), Morisset (Martial), Osman Caleb, Oulmont (Paul), Pepper (Edward), Patey (Etienne-Gédéon),Reuss (Louis-Jean-Marc), Serrand (René), Tautain (Louis-Frédéric).