‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 72 sur 249 · X. Arnozan · texte numérisé non relu

X. Arnozan

TRAVAUX ORIGINAUX

Médecine opératoire.

Lithotritie en une ou plusieurs séances et opération de Bigelow appréciées par sir Henry Thompson, par le docteur Jude Hue (de Rouen).

Un des arguments invoqués le plus souvent contre la lithotritie est de laisser, après chaque séance et surtout après la première, un certain nombre d’éclats anguleux et piquants qui peuvent devenir la cause d’accidents inflammatoires graves. Aussi, la préoccupation constante des chirurgiens, qui donnent volontiers la préférence à ce procédé opératoire, a-t-elle été jusqu’ici de s’opposer, autant que possible, par la position et l’immobilité du malade, à l’action irritante de ces fragments, l’opéré ne devant même uriner que quelque temps après l’opération, afin de donner aux débris le temps de se déposer dans le bas-fond et d’éviter que le courant urinaire ne les entraîne, encore aigus et tranchants, dans le col vésical. Grâce à ces précautions, à la perfection des instruments et à la délicatesse des manœuvres, il était de règle de voir la cystite, que provoque de bonne heure la pierre, loin de s’aggraver, diminuer après la première séance et les suivantes. Extrême douceur dans les manœuvres, respect absolu du réservoir et des voies urinaires, plutôt une séance de plus que de s’exposer à commettre le moindre traumatisme, telle est la doctrine que nous avons apprise, des yeux et des oreilles, près de sir Henry Thompson et dans le service de M. Félix Guyon, et à laquelle nous avons dû nous-même deux succès, sur deux opérations de lithotritie, dont l’un n’a été acquis qu’après onze séances de broiement.

que d’estre vieil avant que d’estre ». (III, 5.) Voilà la note vraie des Essais ; c’est là qu il faut chercher Montaigne, ce disciple d’Horace, et ce que l’on pourrait appeler T hygiène morale de la vieillesse.

En ce qui touche à Yhygiène, laquelle n’était pas encore née, notre philosophe n’a guère, malade ou bien portant, d’autre parti à prendre que d’obéir à ses appétits naturels, à l’instinct de conservation et à la coutume. Il admet bien « qu’on observe les meilleures règles, mais sans s’y assujétir »; et il n’a pas plus de confiance, sous ce rapport, aux conseils dés médecins qu’il n’en a dans l’efficacité de leurs drogues : « Les arts qui promettent de nous tenir le corps et l’ame en santé nous promettent beaucoup, mais aussi il n’en est point qui tiennent moins ce qu’ils promettent... C’est à la coustume; de donner forme à nostre vie. On ne peult estre offensé par l’usage des choses auxquelles l’habitude nous a longtemps ployé... C’est ainsi que chaque nation a plusieurs coustumes et usances qui sont non seulement incogneues,

mais miraculeuses à quelque' aultre nation. . L’estomach d’un Espagnol ne dure pas à nostre forme de manger, ny le nostre à boire à la Souisse. » (III, 13.) Autre profit, quoiqu’en apparence contradictoire au premier, à tirer de l’accoustumance, c’est de nous mettre à même de supporter, sans en souffrir, le changement et la variation : « Il n’est train de vie si sot et si débile que celuy qui se conduict par ordonnance et discipline. » Il raille ceux qui, « par la sottise de leurs médecines, se sont mis en chartre tout jeunes et entiers. Encores vautdroit-il mieulx souffrir un rheumeque de perdre pour jamais, par desaccoustumance, le commerce de la vie commune... Eslendons nostre possession jusques aux derniers moyens; le plus souvent, on s’y durcit en s’opiniastrant, et corrige Ion sa complexion, comme feit César du haut mal, à force de lemespriser... Un jeune homme doibt troubler ses réglés pour esveiller sa vigueur, la garder de moisir et de s’apoltronnir... Il se rejettera souvent aux exces mesme, s’il m’en croit; aultrement la moindre desbauche le ruyne ». (Ibid.) C’est le

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Toujours d’après ces idées, l’appareil évacuateur de M. Clover (voyez Leçons cliniques sur les maladies des voies urinaires , par sir II. Thompson, traduites par les docteurs Jude Hüe et Gignoux. Paris, Masson, 1874, p. 312 et suivantes) devait imposer aux parois vésicales une fatigue qu’il valait mieux éviter, et il était réservé pour les cas où une hypertrophie prostatique ou une atonie de la vessie rendaient difficile l’évacuation des fragments.

La littérature médicale ni l’enseignement ne contenaient, à notre connaissance, aucun indice d’autres tendances quand a paru le procédé de M. Bigelow qui, se préoccupant exclusivement des dangers que fait courir à l’opéré la présence des fragments, les extrait invariablement tous en une seule séance, ^ quelle que soit la dimension de la pierre dont ils proviennent.

M. Bigelow se sert pour cela de deux sortes d’instruments. Les uns, destinés à briser la pierre, sont de forts lithoclastes, à mors fenêtrés et à dents, qui n’offrent rien de particulier que des dimensions beaucoup plus considérables que ceux que nous sommes accoutumés à employer aujourd’hui. Les autres, destinés à évacuer les débris, sont particuliers à l’auteur et se composent : 1° d’une série de tubes droits, de diamètres gradués, et qu’on introduit successivement, à travers l’urèthre, dans la vessie ; 2° d’un aspirateur composé essentiellement d’une forte poire en caoutchouc, verticale, communiquant à sa partie supérieure avec le tube introduit dans la vessie, et à sa partie inférieure avec un réservoir en verre destiné à recevoir les débris. L’appareil évacuateur est rempli d’eau ; en comprimant la poire de caoutchouc et en la laissant ensuite se dilater, comme dans l’appareil de Richardson, on produit dans la vessie des courants qui entraînent les fragments et ceux-ci viennent se déposer dans le réservoir placé à la partie inférieure de l’aspirateur.

Nous avons eu la bonne, fortune, pendant nos vacances, de voir ces instruments à la Société de chirurgie et d’assister à la démonstration qu’en fit le professeur Bigelow devant la Société. Nous avons été surtout frappé par le diamètre des tubes qui doivent traverser l’urèthre. D’ailleurs l’auteur les présenta à peu près en ces termes : « Quand on voit ces larges tubes on se dit qu’ils ne pourront jamais traverser le canal, mais, à l’essai, en les tournant sur eux-mêmes avec soin et patience on est tout étonné de la facilité avec laquelle ils font leur chemin jusqu’à la vessie. » Quant à l’aspirateur, il a, en quelques minutes, fait passer dans son réservoir tous les débris d’une pierre volumineuse placés dans une vessie artificielle.

Point n’est besoin d’ajouter que le procédé ne nous a offert rien de séduisant, que de débarrasser d’un coup la vessie, et que le professeur Bigelow doit être un partisan de la taille converti à la lithotritie, car la parole appartient à de plus

autorisés, surtout aux faits, et nous ne connaissons encore qu’un tout petit nombre de résultats La Société de chirurgie donnera sans doute son avis ; en attendant, il nous a semblé qu’il ne serait pas sans intérêt de faire connaître comment sir Henry Thompson, dans une récente leçon clinique, a jugé la nouvelle méthode, et nous ne pouvons mieux le faire qu’en rapportant textuellement les paroles du maître :

« Je désire, messieurs, attirer votre attention sur un certain nombre de questions fort importantes , à savoir : une seule séance peut-elle suffire à l’extraction d’une pierre ? Si oui, combien peut-on faire d’introductions de lithotriteur et combien de temps peut se prolonger l’opération? Si non, combien de séances peuvent ou doivent être faites, et quel intervalle doit-on mettre qntre elles ?

» La réponse à ces questions ressort d’un certain nombre de considérations qu’il me faut exposer d’abord.

» En premier lieu, il est évident que, pour ce qui regarde le nombre des introductions permises du lithotriteur, cela dépend beaucoup de l’expérience et de l’éducation de la main du chirurgien.

» En second lieu, quand vous opérez sans le secours de l’anesthésie, vous trouvez que certains patients supportent plus facilement trois introductions successives de l’instrument que d’autres n’en tolèrent une seule. Si vous employez l’éther il est très-certain que vous pourrez faire et extraire une beaucoup plus grande quantité de débris et, comme il en résulte un grand avantage pour le malade, il est presque toujours mieux de l’employer; mais, pour cela, il faut manœuvrer avec autant de soin et de délicatesse que si votre patient avait sa pleine connaissance. Rien ne forme mieux la main que de pratiquer, de temps à autre, la lithotritie chez un homme qui a conscience de tous les mouvements de l’opérateur.

» En troisième lieu, il est très-désirable d’extraire la pierre en une séance, toutes les fois que la chose est prudente et praticable, car la vessie est ainsi débarrassée incontinent de fragments qui sont pour elle une source d’irritation. Aussi, telle a été depuis longtemps, invariablement, ma façon d’agir toutes les fois que j’ai cru possible d’atteindre le but sans léser la vessie par des manœuvres trop rudes ou trop prolongées. A l’aide de l’anesthésie et de l’aspirateur de M. Clover, j’ai pu souvent exonérer la vessie en une seule séance; mais, le volume des calculs ainsi que la susceptibilité des malades au contact des instruments varient grandement.Tout le mondesait, en effet, que beaucoup de personnes supportent difficilement, quelquefois même non sans un ébranlement dangereux de tout leur système, le simple contact avec la vessie de volumineux instruments, à plus forte raison s’ils y sont employés à des manœuvres chirurgicales répétées et irritantes.

» Aussi, quand j’ai employé le lithotriteur et l’aspirateur pen-

desipere in loco d’Horace, ou le conseil attribué à Hippocrate de sortir parfois de son train de vie ordinaire. Mais il faut remarquer que ces mots excès, débauche n’avaient pas alors (l’auteur l’explique lui-même) le sens grave qu’on leur prête aujourd’hui ; ils signifiaient simplement : se départir de ses habitudes. En somme, Montaigne ne veut pas qu’on se soumette à une règle unique et immuable de vivre : « Nos forces s’y endorment; six mois après, vous y avez si bien accoquiné vostre estomach que vous aurez perdu la liberté d’en user aultrement saas dommage. » (III, 13.) Il y a là certainement quelque chose à prendre, mais sous certaines réserves que l’auteur n’indique pas. Il est nécessaire pour cela de posséder, entre autres dons naturels, cette souplesse de complexion que l’auteur croit devoir « à la basse et commune façon de vivre à laquelle son père le dressa en l’envoyant élever pendant ses premières années dans un pauvre village du voisinage ». Il estime avec raison qu’il est plus facile de se relâcher de la frugalité que de s’y façonner. Il n’est pas

cependant insensible aux plaisirs d’une bonne table, et « l’on ne voit pas que les grands philosophes en aient desdaigné l’usage et la science ». Cependant il se contente de peu de mels : « La presse des mets et des services me desplait aultant qu’aultre presse. » Les trop longs repas l’ennuient et lui nuisent, parce qu’il ne demeure pas aussi longtemps à table sans se départir de sa résolution d’y être sobre. Cependant il approuve la coutume des Grecs et des Romains de consacrer plusieurs heures aux repas, contrairement aux modernes, « qui mangent hastivement et font tout en poste ». Il veut qu’on y mêle les conversations agréables : « Il n’est saulce si appétissante que celle qui se tire de la société ; » et il dit, comme Epicure, « qu’il ne fault pas tant regarder à ce qu’on mange qu’avecques qui on mange ». On se rappelle ici le mot de notre aimable Sévigné : « Les morceaux les plus caquetés sont les mieux digérés. »

Notre sage pensait qu’il vaut mieux manger plus souvent et moins à la fois. Veut-il « conserver sa vigueur au service

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dant quatre à six minutes, temps amplement suffisant pour évacuer un calcul d’acide urique de moyenne grosseur, règle générale, je m’arrête et remets la fin de l’opération à un ou deux jours, pour une seconde séance, pour une troisième même si la chose est nécessaire, et je dois dire que je n’ai eu que bien rarement, depuis plusieurs années, besoin d’un plus grand nombre de séances. Je trouve donc, en additionnant, que douze à dix-huit minutes, au plus, réparties dans une période de huit à dix jours, suffisent largement à broyer et à évacuer, au moyen de l’opération ordinaire, une pierre du poids de 8 à 9 grammes. Le plus souvent chaque séance dure moins de cinq minutes. Quand j’opérais sans le secours de l’anesthésie, ce oui m’arrivait fréquemment autrefois, je dépassais rarement deux minutes et faisais, naturellement, de plus nombreuses séances ; depuis que l’éther est revenu en vogue je m’en suis toujours servi, j’ai pu prolonger la durée de la séance et la rendre d’autant plus productive.

»Tout récemment le professeur Bigelow, de Harvard (États- Unis), a proposé, comme règle invariable, l’évacuation en une seule séance de toute pierre, quel qu’en soit le volume ou quel que soit l’état du sujet. Je n’hésite pas à déclarer de suite que, si l’adoption d’une règle aussi absolue peut donner de nombreux succès, elle amènera trop souvent aussi de désastreux résultats.

» Pour mon compte, je n’ai jamais douté de la possibilité matérielle de l’extraction, en une seule séance, d’à peu près n’importe quelle pierre, et cela sans beaucoup de difficulté. Mais je ne puis oublier que les conditions dans lesquelles nous intervenons nous commandent de limiter la force et les moyens que nous mettons en usage. Dans le procédé de Bigelow on emploie de massifs lithoclastes, d’un diamètre certainement supérieur à celui qu’un urèthre ordinaire peut admettre sans y être contraint par la force. Quand je les vis pour la première fois, je ne pus m’empêcher de dire que c’étaient des revenants de l’histoire ancienne de la lithotritie, tant ils me rappelèrent les terribles instruments employés par Heurteloup de 1830 à 1840. Mais ce qui me frappe par- dessus tout et me semble le point le plus digne d’être médité, si j’en juge par le petit nombre de faits sur lesquels le nouveau procédé repose aujourd’hui, c’est l’énorme quantité de temps que ces volumineux instruments emploient à l’accomplissement de leur tâche. Ainsi je trouve dans le livre (1) de Bigelow

1. litholnpaxy, par H.-J. Bigelow; Boston, 1878. Il est sans doute peu nécessaire d'importer chez nous un mot nouveau et pou euphonique pour désigner l’extraction de la pierre, en une seule séance, au moyen do lithutrileurs et de l’aspirateur coni-

projet d’appliquer l'aspirateur plus largement qu’il ne l’a été jusqu’ici me semble-t-il difficilement justifier In création d’un nouvoau terme générique qui impliquerait que ce inode d’évacuation de la pierre est un nouveau procédé, (Note de sir H. Thompson.)

que, pour un calcul pesant moins de 4 grammes (1), la séance d’extraction a duré une heure et que, pour un autre de .moins de 6 grammes (2), elle a duré une heure et demie. Or, comme je l’ai déjà dit, le temps maximum que j’aie jamais passé, avec mes minces ét légers instruments, à l’extraction de semblables calculs est de douze à dix-huit minutes, mais réparties en deux ou trois séances de cinq à six minutes chacune, dans l’espace de sept à dix jours.

» Ceci ne m’empêche pas de proclamer que la proposition d’exonérer la vessie, en une seule séance, d’une pierre large et dure me semble très-séduisante, et que, loin d’avoir des préventions contre elle, je suis prédisposé à accueillir favorablement toute méthode qui pourrait nous faire espérer de nous débarrasser, en une fois, de ces fragments durs et anguleux qui restent, et quelquefois en très-grand nombre, après une séance de broiement partiel. Je partage entièrement l’avis de Bigelow que leur présence constitue la source principale des accidents qui peuvent survenir après la lithotritie telle qu’on la pratique d’ordinaire. Seulement j’ai peur que le remède proposé aujourd’hui ne soit pire que le mal. Il'y a longtemps que, moi aussi, j’ai commencé à modifier ma façon de procéder, en vue d’atteindre ce résultat, que je broie plus de pierre et évacue plus de fragments avec l’aspirateur que je ne le faisais autrefois. C’est ainsi que, depuis deux années au moins, je me sers toujours alternativement de deux lithotriteurs, mes légers quoique très-puissants instruments ordinaires à mors plats. Quand l’un est encombré de débris, je le passe à mon assistant qui le nettoie pendant que je me sers de l’autre, et ainsi de suite. Chaque instrument, dont chaque prise est de cette façon rendue plus efficace, est ainsi introduit au moins trois fois. Avec ces instruments, légers et à main, qui s’introduisent avec la plus grande facilité, etl’aspirateur, je suis certain de faire, en un temps donné, plus de travail et avec plus de sécurité qu’avec les énormes et peu maniables instruments dont il est question.

» L’aspirateur de Bigelow m’a servi à perfectionner celui de M. Clover, à le rendre plus efficace et plus puissant tout en évitant quelques défectuosités de celui de Bigelow. Le nouvel instrument réunit ce qu’il y a de meilleur dans chacun. Ainsi, j’ai beaucoup raccourci la distance entre la vessie et l’aspirateur en supprimant le tube arqué qui débouche au sommet de l’instrument américain et en ajustant directement le pavillon de la sonde évacuatrice sur l’aspirateur. De plus, il est très-facile à remplir d’eau, son action est extrêmement puissante, l’air ne peut pénétrer pendant la manœuvre et les fragments, entraînés par le courant, tombent immédiatement au fond où ils reposent tranquilles à la vue de l’opérateur. Le calibre qui convient le mieux pour les cathéters évacua-

(1) Two drachms.

(2) Three drachms.

de quelque action de corps ou d’esprit», il se met au régime, « car l’un et l’aultre s’apparessent par la repletion ». Il n’a garde d’oublier cette maxime de Sénèque : « Magna pars libertatis est bene moratus venter. » Quant à l’heure des repas, quoique « la conscience d’avoir bien rempli les aultres heures de la journée est un juste et savoureux condiment des repas », l’expérience lui a prouvé qu’il était préférable de dîner pendant le jour, la digestion se faisant mieux, dit-il, en veillant. Comme Alcibiade, qui chassait les musiciens des tables pour n’en être pas distrait, il veut qu’on y soit tout à ce que l’on fait, agequod agis: « Je hais qu’on ait l’esprit aux nues pendant qu’on a le corps à table. Je ne veulx pas que l’esprit s’y cloue ny qu’il s’y veautre, mais je veulx qu’il s’y applique. » Brillat-Savarin n’aurait pas dit mieux. Cependant Montaigne n’était pas toujours fidèle, c’est lui-même qui nous l’apprend, aux sages avis qu’il donne en cette matière : « C’est indecence, oultre ce qu’il nuict à la santé, voire au plaisir, de manger gouluement, comme ie lois : ie mords

souvent ma langue, parfois mes doigts de haslifveté. Diogènes, rencontrant un enfant qui mangeoit ainsin, en donna un soufflet à son précepteur. Il y avoit des hommes à Rome qui enseignoient à mascher, comme à marcher, de bonne grâce. J’en perds le loisir de parler, qui est un si doulx assaisonnement des tables... » (Ibid.)

Au total, sa conclusion est, nonobstant les tendances épicuriennes de sa philosophie, d’une sagesse irréprochable : « L’intempérance est peste de la volupté, et la tempérance n’est pas son fléau, c’est son assaisonnement. » Si c’est là de l’épicuréisme, c’est du meilleur ; c’est, de plus, entendre au mieux l’hygiène.

Cette modération, sa qualité maîtresse, il la portait dans les plaisirs de l’amour, qui (nonobstant son goût très-vjf pour le commerce des femmes) n’étaient pour lui qu’une source d’émotions physiques d’où le sentiment de l’idéal était à peu près banni. Ce n’est pas qu’il ne.pàrle avec, complaisancè. de ses exploits en ce, genre, anec-mililavi sine gloria; »mais

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teurs est le n° 26 de la filière Charrière. Un calibre plus gros serait dangereux et n’est nullement nécessaire. On doit en avoir d’ouvertures et de courbures différentes afin de convenir aux différents cas.

» Il est un conseil qui n’est point contenu dans les instructions détaillées que donne Bigelow pour faire usage de l’aspirateur et qui pourtant est, suivant moi, aussi important ue toutes les déductions qu’on peut tirer de l’action, sur es fragments, des courants aspirateurs produits dans un réservoir artificiel ou même dans la vessie d’un cadavre. Je veux dire que l’action d’un aspirateur quelconque, pour produire le maximum d’effet avec le minimum de risques, doit concorder avec les mouvements respiratoires de l’opéré, principalement quand, ceux-ci sont amples, comme il arrive souvent sous l’influence de l’éther. Quand la respiration est douce et tranquille la règle a moins d’importance. Quelle que soit la position que vous donniez à votre instrument, il est très-important, pour obtenir le résultat cherché, de faire coïncider la sortie du liquide de la vessie avec les mouvements inspirateurs du sujet, car l’abaissement du diaphragme est aussi efficace pour expulser les fragments de la vessie que l’aspiration produite par la poire de caoutchouc elle-même. Et j’en citerai pour preuve un phénomène que chacun a remarqué : quand on sonde un homme couché sur le dos, un fort jet d’urine s’échappe par l’instrument à chaque inspiration profonde du patient. C’est pourquoi, quand j’emploie l’aspirateur, je conforme tous les mouvements de la main qui comprime ou relâche la poire de caoutchouc à ceux de la respiration; je remplis la vessie pendant l’expiration et je profite de l’effort d’inspiration pour laisser se dilater la poire évacuatrice. Je pense même qu’il est prudent de n’injecter le liquide dans la vessie, au moins chez un homme soumis aux vapeurs anesthésiques, que pendant l’expiration et que, d’un autre côté, l’aspirateur n’a une constante efficacité que pendant l’inspiration. Avec l’habitude, la main du chirurgien s’harmonise tellement avec les mouvements respiratoires qu’il lui serait impossible d’agir à contre-temps. Je puis peut-être ajouter que le mouvement brusque et court d’expiration qui constitue la toux est, au contraire, un puissant moyen d’expulsion et que, quand la toux se produit, ce qui arrive assez fréquemment sous l’influence de l’éther, on doit relâcher la main qui comprime l’aspirateur et favoriser le courant au dehors.

» Depuisquej’ai écrit ce qui précède, j’ai, le 21 janvier 1879, en suivant la méthode que j’ai indiquée plus haut, à l’aide d’une paire de lithotriteurs ordinaires à mors plats et de l’aspirateur, extrait en une séance, qui a duré huit minutes, une pierre d’acide urique dont les fragments séchés pèsent 4 grammes, un peu plus que celle dont parle Bigelow et dont l’évacuation, avec ses instruments, lui a demandé une heure.

Le malade était âgé de soixante-neuf ans. M. Lathbury, de Finsbury, qui me l’a amené, était présent à l’opération ainsi que M. Clover qui administrait l’éther, et deux autres médecins. La vessie fut entièrement débarrassée sans que nous ayons vu à peine une trace de sang; aucune fièvre n’est survenue et l’opéré va parfaitement. Je regarde ce fait comme un admirable exemple de ce que peuvent donner la méthode et les instruments existants. Je dois dire, cependant, que l’opération a été prolongée au delà de ce que, autrefois, je considérais comme prudent ou possible de faire et de ce qui le serait, je le pense encore, dans des mains peu exercées. »

CORRESPONDANCE

AU COMITÉ DE RÉDACTION DE LA GAZETTE HEBDOMADAIRE

Anurie chez un graveleux.

Les cas d’anurie rapportés dans les numéros de la Gazette hebdomadaire des 28 février et 14 mars m’ont remis en mémoire un fait de ce genre que j’ai observé en 1866, et qui se termina par l’expulsion d’un gravier et la guérison.

L observation, que je recueillis avec soin, serait peut-être un peu longue, je me contente de vous en adresser le résumé.

M. X..., notaire, trente-sept ans, fils d’un père goutteux et graveleux, sujet depuis plusieurs années à des accès de coliques néphrétiques, a plusieurs fois rejeté des graviers.

Le 2 avril 1866, après une course à pied de 4 à 5 kilomètres, il fut pris, en rentrant chez lui, de coliques très-fortes, et de vomissements. Le lendemain, il n’avait pas uriné depuis vingtquatre heures. Je le sondai sans pouvoir retirer une seule goulte d’urine de Ja vessie. 11 était évident qu’il yavait quelque part dans l’uretère un obstacle au cours de l’urine. J’employai tous les moyens indiqués contre les coliques du rein. Rien 11e réussit ; les accidents allèrent en augmentant. Le 8 avril, il y avait dans la région des deux reins une tumeur énorme due à la rétention de l’urine dans les bassinets.

Le 10 au matin, le malade était au plus mal avec tous les symptômes de l’intoxication urinaire.

C’est alors que j’eus l’idée de lui donner de l’ergot de seigle, pensant que peut-être ce médicament pourrait amener des contractions dans les fibres musculaires de l’uretère et faire déplacer le gravier ou les graviers qui arrêtaient le cours de l’urine dont pas une seule goutte n’était arrivée dans la vessie depuis huit jours.

J’eus Je bonheur de réussir au delà de mes espérances. Après avoir pris 2 grammes de poudre d’ergot de seigle dans l’espace d’une heure, le malade urina abondamment et rejeta un gravier de la grosseur d’un grain d’avoine et ayant absolument cette forme.

Du 10 avril au soir jusqu’au 11 au matin, il fut rendu 8 litres et demi d’urine claire et limpide. Un seul gravier fut rejeté dans cet intervalle.

il était trop soucieux de sa conservation pour s’abandonner aux excès en aucun genre, et il répétait volontiers ce dicton espagnol : « Defienda me Bios de my. » (Dieu me défende de moi!)

Bien que « le dormir tint une grande place dans sa vie », il éprouvait un besoin incessant de se mouvoir et, comme Rousseau, il marchait même en composant, pouvant se promener tout un jour sans fatigue : « La vie n’est que mouvement », dit-il, et il pense que « rien n’est plus à recommander à la. jeunesse que l’activité ».

Si, dans ces conseils inspirés par la simple expérience, tout, il s’en faut, n’est pas à dédaigner, nous devons ajouter que cet art de vivre, dont Montaigne fit la grande affaire de sa vie, ne put le préserver d’une fin assez précoce, eu égard à sa forte constitution ; il mourut dans sa soixante-neuvième année, d’une esquinancie, après quelques jours de maladie.

Sans reproduire les détails minutieux dans lesquels il entre sur son genre de vie, ses habitudes, etc., je n’ai rien

omis d’essentiel en cette matière. Tel est, en résumé, le bilan des connaissances que possédait sur la physiologie, l’hygiène, la pathologie, le grand penseur de l’autorité duquel on s’est si souvent armé contre nous, celui de nos détracteurs qui a le plus logiquement déraisonné sur notre art : ab uno disce omnes.

Dr C. Saucerotte,

Correspondant de l'Académie,

(A suivre.)

Un seul uretère était-il obstrué, et les fonctions de l’autre s’étaient-elles supprimées par sympathie? Il est difficile de résoudre cette question.

i Ce fait me parut fort curieux, et je me livrai à de nombreuses recherches dans les collections de journaux que je possède, sans trouver aucune observation qui ressemblât à celle-là. Je parlai de mon malade à plusieurs confrères ayant déjà une longue pratique, aucun ne se rappelait avoir vu ni lu rien de semblable, niais tous m’engagèrent à faire connaître ce cas qui leur parut des plus intéressants.

Le malade, sujet de cette observation, se rétablit promptement et vécut en aussi bonne santé que sa constitution le lui permettait, pendant une dizaine d’années.

Il a succombé il y a deux ans à une néphrite chronique qui avait débuté huit ou dix mois auparavant.

Dr Carrère,

- Médecin à Marciac (Gers).

SOCIÉTÉS SAVANTES

Académie des sciences.

La peste. — M. Larrey communique à l’Académie l’extrait d’une lettre qu’il a reçue de M. Tholozan. Cette lettre est datée de Téhéran, 19 janvier. M. Tholozan y exprime l’espoir que, comme l’épidémie de Recht, la peste d’Astrakhan ne s’étendra pas.

— A propos de cette communication, M. de Lesseps proteste contre les précautions prises à Marseille, à l'égard des provenances maritimes des pays d’où émanent des patentes nettes, c’est-à-dire constatant la parfaite salubrité des ports de provenance.

« Que l’on exagère, dit-il, les mesures de défiance contre les pays qui délivrent des patentes brutes, passe encore; mais est-il raisonnable que, dans ce moment, pour les provenances de Constantinople, d’Alexandrie, d’Athènes, de Tripoli, de Tunis et d’Algérie, toutes les correspondances passent par le ciseau et le parfum, en retardant par conséquent leur transmission et en causant quelquefois un réel dommage? a Sur le dosage de la glycose dans le sang, par M. P. Cazeneuve. — L’auteur prétend démontrer que la méthode de Cl. Bernard, adoptée généralement pour le dosage de la glycose dans le sang, est loin d’ètre exacte. Il rappelle en quoi consiste cette méthode, puis il ajoute :

Cette méthode peut donner lieu à deux observations : 1° l’expression du coagulum ne suffit pas pour l’épuiser; 2“ si l’on tient la burette près d’une source de chaleur, on dilatera plus ou moins le liquide suivant la température : de là une cause d’erreur.

Ce n’ést pas tout. Le calcul des expériences donne lieu à plusieurs difficultés, dont voici la première.

La quantité de liquide ayant réduit la liqueur de Fehling est rapportée à 50 centimètres cubes, représentant 25 grammes de sang, c’est-à-dire que Bernard admet provisoirement que 25 grammes de sang, plus 25 grammes de sulfate de soude, représentent 50 centimètres cubes. Faisant dans toutes ses recherches la même hypothèse, si la densité du sang ne varie pas, si le sulfate de soude contient toujours la môme quantité d’eau, les résultats seront, en effet, comparables. En est-il ainsi? La densité du sang varie peu : c’est vrai; mais quoi de plus-" variable que la quantité d’eau de cristallisation renfermée dans'le sulfate de soude, sel qui s’effleurit si facilement à l’air? Les résultats ne sont donc plus comparables si Bernard rapporte ainsi ses observations à une base variable.

Le second calcul de Cl. Bernard sur le chiffre absolu peut soulever une autre objection, Cl. Bernard ne rapporte plus les centimètres cubes de liquide ayant opéré la réduction au chiffre conventionnel de 50 centimètres cubes, mais à 38 peptimètres cubes, qui est le volume réel occupé par 25 gretttîp'es de sang et 25 grammes de sulfate de soude. Ce calcul nié paraît inexact. Jamais 1 centimètre cube, par exemple, du liquide: de coagulation ne représente le 1/38 du liquide réellement contenu dans le mé¬

lange de 25 grammes de sang et de 25 grammes de sulfate de soude. Le chiffre absolu que donne Cl. Bernard a donc une valeur très-relative, surtout encore à cause de la proportion d’eàù Variable contenue dans le sulfate.

Avec toutes ces incertitudes on peut se demander s’il est permis d’accepter comme exacts les décigramines pour 1000 donnés par Cl. Bernard. La moyenne de la glycose dans ie sang de l’hofiqne serait de 0‘Jr,90pour 1000, celle du bœuf est de 1^,27. Que sera ce si les différences portent sur les centigrammes? La moyenne dans le sang de cheval serait de 0nr,91 pour 1000, très-voisine de celle de l’homme et de celle du veau, qui est de 0U,',99 pour 1000.

Une autre difficulté surgit. 11 est malaisé, pour ne pas dire impossible, de saisir exactement la fin de la réduction de la liqueur de Fehling, surtout dans les sangs pathologiques (ictère, urémie). On obtient des teintes verdâtres qui laissent dans l’incertitude.

L’auteur conclut de ses expériences : 1° que les chiffres donnés par Cl. Bernard sont très-relatifs ; 2° que ce caractère relatif explique les divergences de ses résultats avec ceux d’autres expérimentateurs dont les méthodes également n’échappent pas à toute critique; 3°. que l’étude de la glycémie devra être reprise lorsqu’on aura un procédé plus précis que le procédé par la liqueur cupro- potassique.

Évolution comparée des glandes génitales male et femelle chez les embryons de mammifères, par M. Ch. Rouget. — Dès que le rudiment commun des glandes génitales s,’est caractérisé par l’allongement des cellules péritonéales qui recouvrent la bandelette génitale et par l’épaississement de cette couche épithéliale (le douzième jour chez les embryons de lapin), on découvre entre les cellules cylindriques de l’épithélium de gros noyaux vésiculeux, à nucléole brillant, entourés d’une mince couche de protoplasma, les ovules primordiaux , en rapport intime, avec l’extrémité conique, enchâssée aussi clans la couche épithéliale, de cordons cellulaires pleins et sans enveloppe. Ceux-ci constituent la masse .Driiicinal.e du bourrelet génital, convergent vers la paroi capsulaire (les. glor mérules du corps de Wolff : ce sont les cordons segmentaires (Max Braun).

L’auteur étudie le développement successif de ces ovules. Il a pu constater chez les embryons de lapin un mode de développement identique chez les embryons mâles et femelles de ruminants, de porc, de chien, sur des embryons humains de trois mois, de quatre mois, de cinq mois et demi et de sept mois et demi, des enfants nouveau-nés de trois mois, de dix mois, de deux ans, chez de jeunes lapins, de jeunes chats, de jeunes chiens, et retrouver partout les chaînons qui relient aux ovules primordiaux de la période d’indifférence sexuelle non-seulement les ovules de la glande femelle, mais aussi les ovules de la glande mâle des adultes.

Ainsi la présence d’ovules, comme éléments essentiels du testicule, constatée d’abord par Balbiani chez les plagioslomes, et récemment, par le même observateur, chez des embryons de mouton de 9 centimètres, apparaît comme une condition constante de l’organisation de la glande mâle chez les mammifères, chez l’homme, et, selon toute probabilité, chez tous les vertébrés.

Sur la non-excitabilité de l’écorce grise du cerveau, ar M. Couty. — En poursuivant des recherches sur l’excitaililé delà substance grise des circonvolutions cérébrales, l’auteur a été amené à essayer de paralyser isolément cette substance, afin d’examiner si l’électrisation de la surface du cerveau, pratiquée dans ces conditions, produirait encore les mêmes effets que dans les cas où l’écorce cérébrale possède toute son activité. Dans ce but, il fit la ligature des principales artères de l’encéphale et il constata ce qui suit :

Le gyrussygmoïde, chez les chiens qui ont subi les ligatures artérielles préalables sus-indiquées, devient plus sensible à l’électricité, et il suffit de courants faibles pour déterminer des contractions des membres du côté opposé. De plus, une lésion corticale qui n’aurait aucune influence sur uii animal à l’état normal détermine constamment, après la quadruple

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ligature, des troubles de mouvement marqués : il a suffi, dans la plupart de ces expériences, de découvrir le cerveau d’un côté, au niveau du gyrus, pour observer ensuite des contractures ou des paralysies dans les membres du côté opposé à celui sur lequel avait porté la trépanation.

Il constate ensuite que, sur plusieurs animaux qui, ayant un côté du cerveau simplement découvert depuis une ou deux heures, présentaient dans les membres opposés des accès de contracture monoplégique ou hémiplégique, il a pu enlever non-seulement la substance grise du gyrus, mais même la moitié antérieure du côté du cerveau découvert, et qu’il a vu dès lors les accès de contracture persister six, douze, quatorze minutes après cette ablation.

D’autre part, sur ces animaux dont un côté du cerveau était découvert et dont les artères encéphaliques étaient liées depuis quelques heures, il a déterminé par des excitations diverses, électriques ou autres, des attaques épileptiformes généralisées. Or, dans plusieurs cas, la contracture a occupé uniquement le tronc et les membres du même côté que l’hémisphère cérébral excité, et il a pu ainsi réaliser expérimentalement pendant six à dix minutes ce fait, signalé en clinique, d’une contracture hémiplégique se produisant du côté de la lésion corticale.

De ces faits l’auteur déduit les conclusions suivantes :

« La substance grise de l’écorce cérébrale ne joue aucun rôle dans les phénomènes produits par l’excitation de la surface du cerveau, puisque ces phénomènes restent les mêmes, que cette substance grise soit intacte ou qu’elle soit paralysée par un anesthésique, que sa circulation soit nulle ou qu’elle soit normale.

» L’influence de l’irritation ou des lésions de certains points de l’écorce grise cérébrale est transmise parles fibres blanches à des éléments situés plus bas, dans le bulbe et la moelle, éléments qui sont seuls en rapport direct avec les appareils musculaires, et c’est par l’intermédiaire de modifications passagères ou durables de ces éléments bulbo-médullaires que les lésions corticales peuvent quelquefois déterminer des troubles des mouvements des membres (1). »

* (A. suivre.)

Académie de médecine.

M. le ministre de l’instruction publique transmet l'ampliation du décret qui approuve l'élection de M. Leblanc dans !a section do médecine vétérinaire, en remplacement do M. Hussard, décédé.

M. lo ministre de l'agriculture et du commerce transmet le rapport do M. le médecin-inspecteur des eaux minérales de Bagnols (Orne). ( Commission des eaux minérales.)

L’Académie reçoit : 1" Une lettre de M. Châtelain, notaire à Paris, qui informe l'Académio que le docteur Stanski lui lègue, par testament, une rente annuelle de 1000 francs pour la fondation d'un prix à décerner, tous les doux ans, à celui qui aura démontré le mieux l’existence ou la non-existence de la contagion miasmatique par infectiÆS, ou de la contagion à distance, er. l’étudiant dans les épidémies en général, nu au moins dans une maladie épidémique en particulier. Si l’Académie no trouvait pas un travail, sous ce rapport, digne de cette récompense, elle l’accordera à celui qui aura le mieux éclairé une question quelconque relative a la contagion dans les maladies incontestablement contagieuses, c'est-à-dire inoculables. Ce prix s’appellera : Prix Stanski. — 2" Une note de M. Chevallier accompagnant l'envoi de plusieurs exemplaires d'un travail qui a pour but de faire connaître les graves maladies, et môme les décès qui peuvent ôtro déterminés par l’usage du pain préparé avec des farines contenant du plomb provenant du métal qui a servi au rhabillage des meules.

M. Bergeron présente, au nom des auteurs, MM. Bujardin-Bcaumetz et Audigi, un volume intitulé : Recherches expérimentales sur la puissance toxique des alcools.

M. Jules Guérin présente, au nom de M. Louis Figuier, le 22' volume dol 'Année scientifique et industrielle.

M. Vulpian présente, au nom de M. le professeur Bitot (de Bordeaux), une note sur les expansions pédonculaires, avec de très-belles photographies représentant ces

(1) Les communications d ordre médical faites à celte séance ayant été très-nombreuses, nous nous voyons forcés, faute de place, d'en renvoyer la suite au prochain numéro.

M. Bitot distingue ces expansions on trois groupes aboutissant à des parties différentes des circonvolutions cérébrales : 1» un groupe destiné aux circonvolutions du lobe orbitaire ; 2° un groupe destiné aux circonvolutions du lobo parucentral ; 3» un

M. Bouley présente, au nom do M. Henri de Pareille, le 17» volume de ses Causeries scientifiques.

M. Briquet dépose sur le bureau une note de M. Boéns, sur la bière.

M. Noël Gueneau de llussy offre en hommage une brochure ayant pour titre : Contribution à l’étude de l’amblyapie aphasique.

Septicémie puerpérale. — M. Depaul dit qu’il répondra brièvement à M. Guérin, parce que les faits dont il s’agit ont été près de quatre fois exposés devant l’Académie ; mais, comme il se trouve en présence d’un adversaire tenace, il réfutera encore une fois ses arguments.

L’Académie se rappelle qu’en 1858 une longue discussion eut lieu sur la fièvre puerpérale. Beaucoup d’obstétriciens y prirent part, et, quoique jeune encore, il se décida à entrer lui-même dans le débat. M. Guérin fit alors savoir qu’il avait déposé à l’Académie des sciences, en 1846, un volumineux pli cacheté contenant l’exposé d’une théorie nouvelle sur l’étiologie de la fièvre puerpérale. Celle grande conception de M. Guérin sur la fièvre puerpérale n’est autre chose que ce qu’il a communiqué dans l’avant-dernière séance de l’Âcadémie. Elle consistait à dire que les médecins spécialistes n’avaient pas su voir ce qu’il avait lui-même découvert . « La matrice d’une femme récemment accouchée, disait M. Guérin, se contracte, se plisse sur elle-même, de telle sorte qu’au bout de trois ou quatre jours, lorsque cette rétraction n’a pas eu lieu, la fièvre puerpérale survient nécessairement.» Telles étaient les conclusions de M. Guérin. On lui fit observer que ceci était contraire à 1 observation journalière, et tous nos collègues d’alors protestèrent énergiquement, ainsi que M. Depaul.

La raison de l’erreur de M. Guérin s’explique parce qu’il n’est pas obstétricien, ce dont il convient lui-même. Depuis quarante ans, M. Depaul a examiné avec M. Dubois le globe utérin, pour savoir ce qu’il devenait après l’accouchement, et il a noté avec soin la hauteur qu’il avait dans le bassin. Dans la conception étiologique qu’il a publiée, M. Jules Guérin prouve qu’il ne connaît pas la question au point de vue clinique. Ainsi, par exemple, M. Guérin dit que, lorsque l’utérus n’est pas rentré dans l’excavation pelvienne au bout de quatre jours, ses parois restent béantes, et la malade prend nécessairement la fièvre puerpérale; M. Depaul affirme que, 99 fois sur 100, l’utérus des femmes récemment accouchées ne se trouve pas dans les conditions indiquées par M. Guérin, c’est-à-dire qu’il n’est pas rentré dans la cavité pelvienne au bout de trois jours; et cependant ces femmes n’ont pas lafièvre puerpérale; il ajoute que depuis dix-huit mois il n’a pas eu de fièvre puerpérale dans son service. Lorsque M. Richet était à côté de lui à la Clinique, il accusait M. Depaul de l’infecter, mais l’accusation était retournée à son auteur, probablement avec raison, puisque, depuis que le service chirurgical est supprimé, il n’y a plus de fièvre puerpérale dans le service obsté rical. C’est au point que le garçon d'amphithéâtre de la Cb tique se plaint de n'avoir rien à faire.

M. Jules Guérin avait dit, dans son pli cacheté, qu’on pouv. it sans inconvénient ponctionner la cavité péritonéale, J’iinjt ïter du liquide et le retirer. Plus tard, en 1858, il proposa e lavage et les injections de l’utérus ; plus tard enfin, il propi sa de pomper, à travers les trompes et le vagin, le liqiiit e de la cavité péritonéale. Il publia, à l’appui de cette pratique, une observation qui a été contestée par le confrère qui avait soigné la malade. D’après sa théorie, le liquide morbide pénétrait dans le péritoine par les trompes, et on l’en retirait de même. Il disait même qu’il avait pu, dans une expérience, faire pénétrer quelques gouttes de liquide dans les trompes par des injections; mais il ne faut pas comparer les manœuvres violentes pratiquées avec les appareils deM. Jules Guérin sur l’utérus d’une femme morte avec les

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opérations qu’on peut pratiquer sur le vivant. M. Alphonse Guérin a depuis démontré qu’il était absolument impossible de retirer du liquide du péritoine en aspirant par l’utérus.

M. Jules Guérin a du reste des théories spéciales sur la physique. On se souvient qu’il a voulu parler du vide relatif qui existait dans la cavité péritonéale; il a dit également qu’il existait des gaz dans le péritoine, ce qui est invraisemblable.

M. Depaul pense donc que la pompe, que M. Jules Guérin a fait construire avec tant de soin et tant de frais pour extraire le liquide péritonéal et laver le péritoine, est absolument inutile.

M. Jules Guérin a dit, en outre, que le seigle ergoté empêchait la péritonite et la fièvre puerpérale. Quelle est l’action de ce médicament? Il augmente la rétractilité de l’utérus et détermine des tranchées utérines qui peuvent avoir des inconvénients. Cet agent provoque également la contraction de l’orifice exleçne, ce qui est contraire à la théorie, puisqu’il favoriserait plutôt l’entrée des liquides dans le péritoine. M. Depaul a du reste employé sans aucun résultat le seigle ergoté dans les épidémies de fièvre puerpérale.

L’auteur termine en disant que la théorie de M. J. Guérin ne supporte pas l’examen au point de vue étiologique comme au point de vue pratique.

M. J. Guérin ne voulant pas répondre à toutes les argumentations de M. Depaul, qui a, déclare-t-il, altéré le texte de ses précédentes communications, se contente de reproduire l’exposé de sa théorie telle qu’elle a été présentée à l’Académie des sciences en 1846 et à l’Académie de médecine en 1858. Nous avons déjà fait connaître cette théorie aux lecteurs de la Gazette hebdomadaire (voy. n° 12, p. 189).

Développement et fonctions du cœur. — M. le docteur Laborde donne lecture de la deuxième partie d’un travail fait en collaboration avec M. Mathias, sur le développement du cœur chez l’embryon. Voici les conclusions de ce mémoire :

1° Le tube cardiaque paraît, d’après l’observation physiologique, être creusé de très-bonne heure, sinon tout à fait dès le début de sa formation, d’une cavité dans laquelle existe et se meut un liquide incolore, qui sera plus tard le sang.

2° Ce liquide, mis en mouvement par les premières pulsations rhythmiques du cylindre cardiaque, chemine et circule, selon une direction constante déterminée par le sens des contractions elles-mêmes, de l’extrémité veineuse du tube vers son extrémité artérielle.

3° A cette période, il ne paraît pas exister encore, au niveau des orifices intra-cardiaques, de disposition spéciale de nature à réaliser leur occlusion ; cet office est probablement dévolu aux parois contractiles du sinus formé par le confluent des veines omphalo-mésentériques.

D’ailleurs, i’espèce de péristaltisme qui préside, à cette époque, aux contractions successives des diverses portions du tube cardiaque, suffit à rendre compte, sans nécessité de tout autre mécanisme spécial, de la progression de ce liquide dans Une direction déterminée et constante.

4° L’adaptation du mécanisme fonctionnel des orifices intra-cardiaques aux progrès de la formation et du perfectionnement de l’organe embryonnaire se réalise au moyen d’une fente mobile, c’est-à-dire contractile, en bi-entonnoir, pour l’orifice auriculo-ventriculaire , comme pour l’orifice ventriculo-artériel ; l’occlusion des orifices respectifs s’opère par la contraction de la portion rétrécie de cette fente, pour empêcher, au moment opportun, le reflux du liquide en circulation.

Du côté de l’orifice bulbo-aortique, les bourgeons d’origine des valvules sygmoïdes, et, du côté de l’orifice auriculo-ventriculaire, les plis ou plicatures qui paraissent constituer les linéaments de la valvule auriculo-ventriculaire concourent pour leur part, à cette phase de transition, à assurer et parfaire le mécanisme fonctionnel d’occlusion des orifices.

5“ Le fonctionnement exceptionnellement précoce du cœur embryonnaire révèle, au milieu du silence fonctionnel des autres organes ou appareils organiques en formation, un rôle dont la réalité et l’importance semblent avoir été jusqu’à présent méconnus ; c’est surtout dans le mécanisme de formation parfaite, c’est-à-dire d’adaptation fonctionnelle des vaisseaux sanguins et de l’appareil entier de la circulation, que paraissent nécessaires l’intervention et le concours actifs du cœur en mouvement, quelle que soit d’ailleurs la théorie que l’on adopte pour cette formation. (Ce travail est renvoyé à la section d’anatomie et de physiologie, constituée en commission d’élection.)

Pleurésie arthritique. — M. le docteur Collin donne lecture d’une note sur un bruit particulier de froissement pleurétique comme signe diagnostique des affections pulmonaires de nature arthritique. C’est en général chez les rhumatisants qui ont ressenti des douleurs aux épaules ou aux bras que l’arthritisme se manifeste sur les voies respiratoires.

Le premier retentissement a lieu sur la plèvre et le plus souvent sans douleur ni fièvre apparente ; il se forme alors une sorte de pleurésie sèche, et plus tard, par continuité d’organes, a lieu la congestion pulmonaire elle-même.

Le signe caractéristique est un bruit qui simule le râle crépitant du premier degré de la pneumonie et qui n’est entendu qu’à l’inspiration. Son siège a lieu à la partie moyenne d’une ligne qui, partant du creux axillaire, se dirigerait perpendiculairement à la base du thorax.

Ce bruit, que l’auteur a désigné sous le nom de froissement arthritique, est, comme le rhumatisme lui-même, essentiellement migrateur; il peut être entendu à la fois des deux côtés de la poitrine; mais son siège de prédilection est à droite.

Société de chirurgie.

La correspondance comprend : 1° Une note de M. Millet (de Nanteuil) : Sur une forme nouvelle d’affection charbonneuse particulière à la main (MM. Yerneuil, Le Dentu et Nicaise); 2°Un mémoire deM. Eugène Bœckel (de Strasbourg) : Du goitre rétro-pharyngien et de son extirpation; 3° Plusieurs brochures de M. Nicati (de Marseille), relatives à des travaux d’histologie, et à la chirurgie des paupières; 4° La thèse de M. Gaulet : Des abcès douloureux des os; 5° Une observation de M. Vibert (du Puy) : Tumeur de la paroi postérieure du pharynx.

— M. Le Fort continue la discussion sur les pansements. Il craignait d’être obligé de répéter ce qu’il avait dit à l’Académie'; mais le sujet est vaste, et M. Le Fort peut donner son appréciation sur certains pansements. Le pansement n’est qu’un moyeu de remplir des indications chirurgicales qui varient; par conséquent, le pansement doit varier, et un même pansement ne peut s’appliquer partout.

Il y a une théorie pour laquelle les indications se réduisent presque à une seule : mettre la plaie à l’abri des germes atmosphériques ; Lister en a tiré le traitement antiseptique. Il y a une autre théorie antérieure à celle-là, théorie autrefois très en faveur en Allemagne : la plaie sécrète un poison septique, la sepsine, qui, résorbée, empoisonne l’économie. La vérité n’est pas complètement ni d’un côté ni de l’autre.

Il est évident qu’il peut se former dans l’économie un virus, le virus septique, se modifiant selon les diathèses et selon les conditions. M. Le Fort n’admet point que la septicité existe sur toutes les plaies ; quand les plaies marchent bien, le virus sepsine ne doit point exister; si la plaie est irritée, le virus peut se produire.

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La septicémie comprend bien des formes diverses qu’on doit distinguer, comme l’a fait M. Le Denlu. L’action de l’air est acceptable dans la septicémie chronique qui se caractérise par la fièvre hectique, et le pansement de Lister ne met pas les malades à l’abri de cette action dans tous les cas. La septicémie aiguë s’explique bien sans l’action de l’air. A propos de l’infection purulente, M. Le Fort résume la doctrine de M. Pasteur. L’air seul est incapable de nuire si on le déban asse de ses germes par filtration à travers la ouate, ou par un agent chimique. Si les germes existent partout, M. Le Fort se demande pourquoi on observe une si grande différence dans les résultats, selon que l’on opère en ville ou à la campagne.

Dans le charbon, il y a un proto-organisme, la bactérie : on a dit aussi que les affections septiques sont caractérisées par des proto-organismes. Or, ces micromes existent dans presque tous les pansements, et les malades guérissent avec leurs vibrions. On n’a pas encore démontré l’existence des prolo-organismes dans les maladies septiques. M. Pasleur n’a rien trouvé dans le pus d’un individu mort d’infection purulente, et rien non plus dans le sangd’uu opéré qui avait succombé à la septicémie aiguë.

Inversement, une plaie qui n’est pas protégée devrait être le plus souvent mortelle. En 18157, Roze a repris à Zurich le service de Billroth, et a employé le pansement ouvert. Billroth avait 82 pour 100 de mortalité pour l’amputation de la cuisse avec le pansement ordinaire, et 55 pour 400 pour l’amputation de la jambe. Roze, avec le pansement ouvert, a 28 pour 100 pour l'amputation de la cuisse et 10 pour 100 pour la jambe. Le 3 novembre 1876, il y eut à Moscou une réunion de chirurgiens pour l’étude des pansements; ils ont essayé comparativement le pansement de Lister et le pansement sans pansement, et ce dernier a eu le dessus. Dernièrement, M. Le Fort a reçu dans son service un malade qui avait eu les deux jambes broyées par une locomotive; on coupa la cuisse droite et la jambe gauche. Les plaies furent laissées à découvert; le malade est guéri. M. Le Fort ne croit pas à l’application de :a théorie de M. Pasteur à la chirurgie; il est vrai que d’une théorie fausse peuvent surgir d’heureuses applications. A quoi donc sont dus les succès obtenus avec le pansement de M. Lister ?

Nous ne sommes plus dans les mêmes conditions qu’il y a vingt ans, alors que M. Le Fort apportait à la Société de chirurgie une statistique internationale montrant que les chirurgiens français perdaient plus d’opérés que les chirurgiens étrangers. En Angleterre, on nourrissait bien les opérés; en France, on les mellait à ladièle; cela n’a plus lieu aujourd’hui. jusqu’à ce jour, M. Le Fort n’a pas découvert la statistique complète de M. Lister : il prendra celle de 1870 à 1873, pour l’opposer à celle de Sayme de 1867 à 1869. Poulies amputations de cuisse, il a 27 pour 100 de mortalité; 33 pour 100 pour la jambe. Bardeleben, à Berlin, en 1 874, avait 62 pour.,100 de mortalité pour la cuisse. Il y avait en Allemagne un chaud partisan de iamélhode de Lister, Wollcmann(de Halle) ; il a publié deux statistiques : dans l’une, on trouve 66 pour 100 de mortalité pour l’amputation de la cuisse; dans la deuxième, 21 pour 100; soit, ensemble, 30 pour 100. Halle n’est pas une grande ville; il est bien extraordinaire qu’on y ait l’occasion d’opérer 71 cuisses en peu d’années. Wolkmann a réuni dans sa statistique les opérés de l’hôpital et ceux de la ville.

M. Le Fort a publié sa statistique complète depuis 1868; 15 amputations de cuisse, 12 guérisons, 3 morts : 20 pour 100 de mortalité. Pour la jambe, 11 guérisons, 4 morts; 26 pour 100 de mortalité.

Cependant M. Le Fort voulait être fixé sur la valeur du pansement de Lister. Il a appliqué ce pansement avec bonne foi, quoique sans conviction. L’acide phéniqueacausé de l’irritation à la surface des plaies ; il est surtout mauvais pour les plaies

en pleine suppuration. Il n’est point toujours possible de bien faire la pulvérisation. Et puisqu’on lave les plaies et les instruments avec l’eau phéniquée, cela suffit pour tuer les germes. Une goutte d’acide phénique empêche la fermentation dans un bocal ; les solutions caustiques sont donc inutiles. M. Le Fort a obtenu de belles réunions par première intention, et à ce point de vue, le pansement de Lister est excellent. Ce résultat favorable tient à une modification profonde imprimée à la plaie par les solutiohs'phéuiquées; avant Lister on avait fait usage de solution^ trop fortes ou trop faibles. M. Le Forl a expérimenté le sulfaté neutre d’alumine dissous dans l’alcool. Le sulfate de zinc a paru imiter mieux l’action de l’acide phénique, et, avec une solution alcoolique de ce sel, M. Le Fort a obtenu les mêmes résultats qu’avec le Lister. On peut donc supprimer tous les accessoires de ce dernier pansement; la chose importante est de laver la plaie avec une solution fortement astringente, avec la solution phéniquée, ou avec le sulfate de zinc dissous dans l’alcool. ,

Il est utile d’examiner l’influence des pansements sur l’apparition de l’infection purulente chez un malade donné. Le frisson initial, la sécheresse de la plaie annoncent cette infection. On voit surtout l’infection purulente primitive chez des opérés dont les os ont été atteints; cette complication est encore sous l’influence de l’état général de l’individu et dépend aussi du procédé opératoire. Il est très important de ne pas laisser l’os en rapport avec la suppuration. M. Azam a appliqué la réunion intermédiaire; c’est M. Le Fort, le premier, qui a démontré la réunion immédiate de l’os avec les parties molles. Il fait aujourd’hui la réunion par première intention avec suture superficielle, et il emploie le pansement au sulfate de zinc pour montrer que ce n’est pas spécialement l’acide phénique qui agit. Il est bien entendu que le drain n’est pas oublié.

Sous l’influence de l’état général, d’une diathèse, du régime alimenlaire, il se crée dans la plaie un virus qu’on n’a jamais vu, qui se révèle par ses effets, et ce. principe virulent peut être porté d’un malade à l’autre par les voies respiratoires, les pinces à pansement, etc. M. Lister a montré quelles précautions il fallait prendre pour éviter cette contagion. Le bienfait du pansement revient toujours à ce qu’on évite la contagion. On peut employer l’alcool en certaines circonstances ; il répond à beaucoup des indications du pansement antiseptique, quoique avec beaucoup moins d’énergie. Si l’alcool est tombé en discrédit, c’est qu’on a voulu l’appliquer à toutes les plaies.

W. Trélat défend depuis longtemps cette idée qu’on peut réunir l’os avec les parties molles pour obtenir la réunion par première intention. Azam passe un drain devant l’os, ce qui est mauvais ; M. Trélat a conseillé avant M. Le Fort la réunion de l’os aux parties molles pour avoir une réunion immédiate.

M. Le Fort espère que M. Trélat apportera la preuve de ce qu’il vient d’affirmer.

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