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DANS UNE PÉRIODE DE DOUZE ANS, DANS LA DEUXIÈME

DIVISION CHIRURGICALE DE l’HÔTEL-DïEU DE ROUEN, par

le docteur L. Duménil, chirurgien en chef.

(Suite. — Voyez les numéros 10 et 12.)

En résumé, 47 grandes amputations ont été pratiquées avec 9 décès, ce qui donne une proportion de 19 pour 100, chiffre très-faible à côté de la moyenne de 34,4 que donne le professeur Le Fort {Médecine opératoire de Malgaigne), moyenne établie sur les statistiques des hôpitaux de Paris, d’Angleterre et d’Amérique. Ce chiffre paraîtra plus faible encore si l’on tient compte du nombre relativementassez considérable des amputations de la cuisse.

On voit que, si je n’ai pas appliqué le pansement ouaté à toutes les amputations depuis mes premiers essais, c’est ceendant celui que j’ai le plus employé, et les résultats justient cette préférence. On a vu que, dans tous les cas où il a été convenablement fait, il n’a donné que des succès, et ces succès s’affirment de plus en plus, deviennent de plus en plus complets à mesure que j’y apporte plus de soin. J’avais quelquefois, dans les premiers temps, des saignements consécutifs entraînant la nécessité de renouveler le pansement le jour même ou le lendemain de l’opération; maintenant que je m’applique à obtenir l’hémostase parfaite en y employant beaucoup de temps et en n’épargnant pas les ligatures au catgut, je ne redoute plus cet accident.

Toutes mes opérations sont faites sous le nuage phéniqué et avec toutes les précautions recommandées par Lister pour ce qui concerne les aides et les instruments. La réunion est faite au moyen d’une suture métallique unique portant sur toute l’épaisseur de la couche cellulo-graisseuse sous-cutanée, avec un drain à l’un des angles de la plaie. Le pansement n’est renouvelé qu’au bout de quinze jours ; les fils métalliques coupent, il est vrai, souvent un peu les parties molles, mais je n’y ai vu aucun inconvénient sérieux.

C’est à cet ensemble de moyens qui se complètent les uns les autres que je crois devoir d’avoir pu obtenir des réuions primitives dans mes trois dernières amputations de cuisse.

Je pourrais apporter à l’appui de ces preuves en faveur du ansement ouaté les excellents résultats qu’il m’a donnés dans on nombre d’opérations de moindre importance, dans des amputations de doigts et d’orteils, sans que j’aie eu à lui imputer aucun accident, mais j’ai dit que je m’en tiendrais aux grandes amputations. Je dois cependant signaler un léger inconvénient que je n’ai vu indiqué nulle part, et que je n’ait. du reste, observé qu’une fois. Chez un amputé de la jambe

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