‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 81 sur 249 · JN · texte numérisé non relu

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insufflutions do poudre dans le vagi» et surtout sur le col de l'utérus. Il se démonte on C, connue un étui, pour l'introduction des poudres à insuffler. Une cloison perforée B, placée à 2 centimètres environ de la pointe A, sert à diviser la poudro. L'insufflation se fait au moyen d'une poire on caoutchouc.

Election. — L’Académie procède à l’élection d’un membre dans la section d’anatomie et de physiologie. Les candidats étaient présentés dans l’ordre suivant : En première ligne, M. Tillaux; en deuxième ligne, ex aequo, MM. Du val et Polaillon; en troisième ligne, ex aequo, MM. Cadiat et Laborde; en quatrième ligne, M. Richet.

M. Tillaux est élu par 61 voix sur 71 votants. M. Polaillon obtient 7 voix, M. Duval, 1,M. Cadiat, 1.

De la phospilvtuuie dans ses rapports avec la chirurgie. — Sous ce titre, M. Verneuil fait une communication dans laquelle il rappelle plusieurs faits très-intéressants de phosphaturie.

En 1877, il avait opéré, dans les environs de Paris, une dame jeune encore, d’un simple fibrome cutané, du volume d’une noix, siégeant à la partie postérieure de la cuisse, et dont l’ablation avait été courte et facile. Cependant, les suites de cette petite opération furent des plus graves, et la malade fut mise en péril d’abord par une hémorrhagie extrêmement abondante, ensuite par un phlegmon diffus profond de la cuisse. La malade se rétablit lentement, la plaie mit environ six ou sept semaines à se cicatriser, et la malade ne revint à son état normal qu’au bout de cinq ou six mois après cette minime opération. L’analyse des urines révéla une quantité énorme de phosphate terreux.

M. Verneuil cite encore trois autres faits qui lui paraissent établir un rapport entre le diabète phosphatique et certaines affeclions du squelette. Il s’agit d’individus chez lesquels l’existence d’un diabète phosphatique a coïncidé avec une fragilité telle du tissu osseux, que des fractures se sont produites par la simple contracture musculaire, et d'autres chez lesquels la même cause a paru retarder beaucoup la consolidation des fractures.

M. Verneuil conclut de ces faits, ajoutés à ceux déjà signalés dans la thèse deM. Teissier, que dorénavant le dosage îles phosphates éliminés par les urines doit entrer dans le domaine delà pratique.

En effet, si peu nombreuses encore qu’elles soient, et si malaisée que reste leur interprétation, les observations précédentes permettent d’affirmer les rapports qui existent entre la phosphaturie et les affections chirurgicales.

Déjà il paraît démontré que le diabète phosphatique influence défavorablement le travail réparateur dans les plaies accidentelles et chirurgicales, et le pervertit à la manière du diabète sucré. Mais il semble surtout nécessaire de faire, dans l’histoire générale de la phosphaturie, un grand chapitre à part consacré à l’étude des affections des os considérées comme causes ou effets de l’élimination exagérée des phosphates.

Les ébauches qu’on trouve dans la science sont absolument insuffisantes. La surcharge phosphatique des urines dans le rachitisme et l’ostéo-malacie est signalée, mais d’une façon sommaire, sans qu’on dise laquelle, cle l’altération des urines ou de la lésion du squelette, a ouvert la marche, ou qu’on décide si les os se sont ramollis parce que les phosphates terreux ne leur sont plus parvenus en quantité suffisante, ou parce qu’ils les ont rendus malencontreusement par désassimilation forcée.

Tout porte à croire que la phosphaturie implique la fragilité des os, même en l’absence de rachitisme ou d’ostéo-malacie, mais ce n’est là qu’une hypothèse vraisemblable. Il est permis également de supposer que la non-consolidation des fractures reconnaît parfois pour cause un déficit dans les phosphates terreux, mais ce déficit n’a jamais été démontré par l’examen chimique des urines. Beaucoup de chirurgiens donnent }e phosphate de chaux en cas de pseudarthroses ou de maladies du squelette, mais ils se laissent guider plutôt

par une idée rationnelle que parla constatation formelle d’une indigence primitive ou d’une élimination exagérée de ce sel.

M. Gosselin demande à M. Verneuil si, dans les cas qu’il a observés, la consolidation a été complète ou s’il y a eu pseudarthrose. Pour sa part, il n’a jamais rencontré de fractures dans lesquelles il n’ait pu obtenir une consolidation complète.

M. Colin fait également quelques observations. Il dit que sur les animaux on arrive à des résultats opposés à ceux que M. Verneuil vient de signaler sur l’homme.

M. Verneuil répond à M. Gosselin qu’il a toujours obtenu la consolidation avec le temps, et renvoie M. Colin a la thèse de M. Bouley fils, qui a étudié la phosphaturie chez l’homme et les animaux.

M. Durand-Fardel émet l’opinion que les phénomènes observés par M. Verneuil sont dus à une sorte d’intoxication du sang analogue à celle que détermine la glycose dans les cas de diabète sucré.

Action physiologique des sulfates de soude et de magnésie. — M. Armand Moreau communique un travail duquel il résulte que la présence de solution de sulfates de soude et de magnésie dans l’intestin donne lieu à des phénomènes d’absorption manifeste au début de l’action; puis bientôt la sécrétion et l’exhalation se produisent de plus en plus, et toute absorption disparait. On n’est donc pas autorisé à admettre dans celte seconde période un double courant ; au contraire, l’anse intestinale, dans ces conditions, est comparable à une glande qui sécrète sans absorber.

M. Colin dit que les expériences de M. Armand Moreau n’ont rien de nouveau. Pour sa part, il y a vingt ans qu’il en a fait de semblables. Seulement il les a faites sur le cheval, qui se prête bien mieux que le chien à de pareilles expériences. Il formait deux anses intestinales, chacune d un mètre de long, qu’il étreignait entre deux ligatures. L une recevait, par injection, une quantité déterminée de solution saline ; l’autre ne recevait rien.

M. Colin ajoute que ce qui est bon dans la communication de M. Moreau n’est pas nouveau, et que ce qu’il y a de nouveau n’est pas bon.

M. Moreau dit qu’il ne croit pas devoir répondre quant à présent aux. objections de M. Colin.

Epistaxis épidémique. — M. le docteur Frédet (de Clermont) donne lecture d’un intéressant mémoire dont voici les conclusions :

1" L'épistaxis peut revêtir le caractère épidémique ;

2° Elle peut accompagner ou suivre l’apparition de fièvres intermittentes ou d’autres accidents épidémiques;

3° Dans ces conditions, cette hémorrhagie peut être considérée comme grave, assimilée à une fièvre larvée pernicieuse et traitée comme telle;

4° La succession des faits que je viens de relater permet d’admettre comme cause de l’épidémie de fièvre typhoïde, de fièvre rémittente et intermittente, suivies d’épistaxis grave, une intoxication miasmatique produite par les émanations qui se sont dégagées des terres des rues imprégnées de matières organiques ou d’effluves insalubres.

Société de cliirnrgie.

Sur certains ulcères des téguments dans la paralysie atrophique de l'enfance. — Discussion sur les pansements. — Présentation d’une pièce.

M. Nicaise fait un rapport sur un mémoire lu à la Société de chirurgie par M. Nepveu : Sur certains ulcères des téguments dans la paralysie atrophique de l’enfance.

M. Nepveu rapporte quatre observations. Dans la première, une jeune fille de dix-neuf ans avait une paralysie atrophique depuis l’âge de sept ans; pn 1871, survinrent sur le pied et

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la jambe atrophiés des ulcérations analogues à des engelures. L’application des courants continus et les pansements avec la charpie phéniquée amenèrent la guérison.

Dans la deuxième observation, une jeune fille de seize ans avait des vésicules à la plante du pied atrophié. Puis, c’est un homme de vingt ans qui porte sur la jambe droite atrophiée des vésicules et des ulcérations. Enfin, un enfant de dix-sept ans, ayant la jambe atrophiée, eut une arthrite du pied qui nécessita l’amputation sus-malléolaire; des ulcérations parurent sur le moignon.

Les troubles trophiques venant à la suite des lésions nerveuses sont divers. Parfois, les éruptions, ou les ulcérations, suivent de près la lésion nerveuse. D'autres fois, la lésion nerveuse agit comme, cause prédisposante (mal perforant, ulcères de jambe). Dans la paralysie infantile, le membre offre moins de résistance, et une cause occasionnelle comme le froid peut amener des altérations de nutrition, des ulcérations.

M. Verneuil. Les quatre, observations de M. Nepveu offrent une grande analogie entre elles : dans la quatrième observation, l’ostéo-arthrile peut être attribuée à la paralysie atrophique.

M. Nicaise. A la suite de la coxalgie chez les enfants, il se fait une atrophie des muscles comme après la paralysie infantile. Dans les deux cas, le membre sera plus sensible au froid, à l’action des causes extérieures, et s’ulcérera plus facilement.

M. Verneuil a vu beaucoup d’atrophies, suite de coxalgie, et jamais il n’a remarqué les troubles trophiques de la peau, comme chez les malades de M. Nepveu. C’est pour cela que M. Verneuil croit que la lésion médullaire joue un rôle dans la production de ces ulcérations.

M. Théophile Anger a vu un malade âgé de quarante ans, qui a un pied bot paralytique et un ulcère à la jambe long à guérir; la lésion paralytique date de l’enfance.

M. Th. Anger a donné des soins à un enfant ayant une fracture spontanée de la jambe, suite de troubles trophiques. Comme la consolidation n’avait point eu lieu, M. Anger fit la suture osseuse et laissa les fils d’argent en place pendant cinquante-quatre jours, le membre étant placé dans un appareil inamovible. Il se fit un commencement de consolidation qui disparut bientôt à cause de la paralysie infantile dont la jambe était atteinte.

Une petite fille de quinze mois, marchant très-bien, fut rise de refroidissement pendant son sommeil. Elle accusa ientôt une douleur à la nuque, et plus tard elle eut un pied bol paralytique. L’application des courants continus amena une grande amélioration. Ces laits prouvent que, dans un membre dont la nutrition est défectueuse, la moindre cause peut déterminer des troubles du côté de la peau, et même du côté des os.

— M. Trélat répond à la lettre écrite par M. Le Fort, au sujet de la réunion profonde des parties molles avec les os. En 1873, M. Ilouzé de l’Aulnoil présentait à la Société des moignons d'amputation, et disait qu’il taillait toujours un manchon périoslique ; M. Trélat répondit que depuis longtemps il faisait des manchettes périosliques pour obtenir la réunion de parties molles avec les os. Ce que conseille M. Le Fort a été recherché bien auparavant par M. Broca et par M. Laugier, qui se sérvaient d’attelles de carton ou de liège pour obtenir la réunion profonde dans les amputations. Éu 1861 ou 1862, M. Trélat fit une amputation de Chopart elobtint la réunion primitive du lambeau avec les surfaces articulaires divisées. Tous ceux qui ont pratiqué et défendu la réunion par première intention après les amputations ont forcément observé la réunion de l’os ou de la surface articulaire avec les lambeaux. M. Le Fort n’est ni le premier ni le seul à tenter ces réunions.

M. Lucas-Cliampionnière répond au discours prononcé

par M. Després dans la précédente séance, et il réfute une à une toutes les critiques adressées au pansement de Lister.

M. Panas veut comparer le pansement antiseptique à ceux qu’il a employés précédemment, car la meilleure statistique est celle qui est personnelle. M. Panas présente d’abord un individu qui a eu un genou ouvert pour une hydarthrose chronique. Le malade avait reçu un an auparavant un coup sur le genou; il. en était résulté une hydarthrose traumatique. Le malade ne cessa point son travail. Quand il entra dans le service, le genou était énorme. M. Panas fit une large incision sur la partie latérale de la rotule; il s’écoula un liquide louche et des flocons; les cartilages étaient sains; la synoviale épaisse, avec des franges énormes. Drainage, suture, pansement de Lister. Le membre ne fut point placé dans une gouttière. Pas de fièvre, pas d’inflammation. Vers le huitième jour après l’opération, le malade eut de la fièvre, et sur le côté externe du genou, non incisé, il y avait de la fluctuation ; M. Panas fit une ponction et plaça un drain. Dès le lendemain, la fièvre avait disparu. L’opération avait été faite le 24 novembre, et le 10 janvier la guérison était complète. La synoviale est souple : tous les mouvemenls sont conservés. Depuis plus d’un an, le malade travaille le jour ou la nuit, et la guérison s’est maintenue.

L’ouverture du genou a été faite quatre fois dans lé service de M. Panas. Les quatre opérés ont guéri. Autrefois celte opération n’était pas possible : aujourd’hui elle est sans danger.

M. Panas a fait quatorze ablations du sein avec le pansement de Lister; quatorze guérisons. Une quinzième malade, âgée de quatre-vingt-deux ans, épuisée, mourut de faiblesse quatre jours après l’opération. Quand M. Panas était à l’hôpital Saint-Antoine, sur trois ablations du sein, une malade mourut d’érysipèle et une autre faillit en mourir. Dans le service de Velpeau, l’érysipèle était la cause ordinaire de la mort après l’amputation du sein. Depuis deux ans, M. Panas n’a pas eu un cas d’infection purulente dans ses salles. Supprimer l’érysipèle et l’infection purulente, c’est supprimer les causes de mort les plus fréquentes.

M. Panas a opéré des hernies crurales au quatrième ou au cinquième jour de l’étranglement; pas de complication ni de péritonite. Deux morts sur quatorze opérations de hernie étranglée. Des deux morts, dans un cas, l’intestin était tellement malade qu’on dut pratiquer un anus contre nature. L’autre opéré est mort de tétanos, suite de refroidissement; la pluie était presque guérie. Chez un individu, l’intestin était perforé ; M. Panas fit une ligature avec le catgut et réduisit; le malade guérit. Il est vrai que Manec guérissait iresque tous ses opérés de hernie étranglée; mais il habitait 'hôpital, et dèsle premier vomissement il opérait sans essayer le taxis. Dans nos hôpitaux, c’est autre chose ; les malades arrivent après plusieurs jours d’étranglement.

On recommandait autrefois de ne pas ouvrir les abcès par congestion ; la ponction capillaire, l’aspiration, ne préservaient point des accidents. Avec le Lister; on a de bons résultats ; la suppuration cesse, et on n’a pas de complications.

Pour les grandes amputations, à l’hôpital Saint-Martin, pendant la guerre, M. Alph. Guérin, qui est un excellent chirurgien, faisait dix amputations, dix morts; c’était avant le pansement ouaté. M. Panas n’opérait pas, craignant ces désastres. Deux mois plus tard, à l’hôpital Saint-Louis, M. Alph. Guérin opèresur une population surmenée, fatiguée, démoralisée; il fait le pansement ouaté, et ses, amputés guérissent.

Une méthode chirurgicale qui permet d’ouvrir sans danger les grandes articulations et les grandes séreuses est une méthode de progrès qui doit être acceptée par les jeunes chirurgiens.

— M. Farabeuf présente, au nom de M. Wilkowski, la peau du doigt annulaire d’une femme qui, descendant rapidement de voiture, accrocha sa bague à un clou ; la bague arracha la peau, l’ongle et la dernière phalange du doigt.

11 Avril 1879

Société de thérapeutique.

Cas d’anévrysme du tronc brachlo- céphalique traité par l'électropunoture : M. Moutard-Martin. — De l’acupuncture dans le traitement des anévrysmes : M. Constantin Paul. — Du climat de Nice, principalement au point de vue de la phthisie et des affections pulmonaires : M. Grellety.

M. Moutard-Martin, à propos de la précédente communication de M. Constantin Paul sur le traitement des anévrysmes par l’acupuncture, demande si l’introduction d’aiguilles Irès-rapprochées les unes des autres dans la poche anévrysmale ne peut pas présenter quelques inconvénients.

M. Moutard-Martin a actuellement dans son service un malade atteint d’anévrysme du tronc innominé avec prolongement de la tumeur, sous le muscle sterno-mastoïdien. Lediagnostic fut déjà fait il y a deux ans par M. Panas, qui ne crut pas devoir intervenir chirurgicalement. Ce malade entra à l’hôpital, il y a six semaines : on constata une tumeur volumineuse comprimant la trachée et déterminant du cornage, de la toux, une expectoration filante et abondante à la suite d’accès de toux véritablement suffocants: ces accès étaient trèsviolents et s’accompagnaient de symptômes asphyxiques, à ce point qu’on devait craindre à tout moment la rupture de la poche.

M. Dujardin-Beaumetz, consulté, déclara connaître un exemple d’anévrysme semblable du tronc brachio-céphalique; il conseilla l’opération. M. Moutard-Martin craignait, qu’il se formât à la suite de l’éleclropuncture conseillée des caillots pouvant être entraînés dans une des branches collatérales ; maisM. Dujardin-Beaumetz ayant dit n’avoir eu aucun accident dans urt cas semblable, M. Moutard-Martin se prêta d’autant plus à celte opération qu’elle était vivement désirée par le malade. On fit une première tentative d’une durée d’une demi-heure : l’opération fut très-bien supportée ; il n’y eut qu’un peu de douleur.au niveau de la poche, douleur qui persista pendant quelques jours; mais presque aussitôt la toux et le cornage disparurent à peu près complètement. Trois semaines après, nouvelle opération, très-bien supportée. La tumeur resta douloureuse pendant vingt-quatre heures environ, et l’amélioration fut plus accentuée encore qu’à la suite de la première opération. La tumeur n’a pas diminué de volume d’une façon très-nolable, mais elle est plus dure. Le point où la diminution est le plus sensible est dans la partie qui se prolongeait sous les muscles du cou : à ce niveau, le souffle a presque complètement disparu.

En résumé, l’électropuncture a déterminé chez ce malade une amélioration d’autant plus notable, que la mort était imminente, et que les douleurs déterminées par la suffocation étaient intolérables : tout danger immédiat a en effet disparu, ainsi que la toux et le cornage.

— M. Constantin Paul rappelle que dans l’histoire de l’électropuncture on doit distinguer deux phases reposant sur deux idées théoriques.

Tout d’abord, on se proposait de déterminer dans la poche anévrysmale, à l’aide de l’électricité positive, un coagulum par action chimique. Si cette idée avait prévalu, jamais M. Dujardin-Beaumetz n’eût osé attaquerunanévrysmedu volume et du siège de l’anévrysme dont M. Moutard-Martin vient de donner la description. Or, il y a quelques semaines, M. Dujardin-Beaumetz eut à soigner un de nos plus honorables confrères, M. B. delà G..., atteint d’un volumineux anévrysme de la sous-clavière; une consultation eut lieu chez M.' le professeur Broca, qui soutint cette idée que ce n’était pas un caillot qu’on formait dans la poche à la suite de l’emploi de l’électricité , mais une endartérite déterminant par cela même un épaississement et une résistance plus grande de la poche. Tous les autres moyens ayant échoué, on se résolut à l’opération : il y eut deux séances qui furent suivies

d’un grand soulagement, mais, quelque temps après, il y eut une rupture de la poche, et le malade mourut subitement.

Or, avec des aiguilles très-fines, on obtient aussi, sans l’aide de l’électricité, une inflammation de la poche, de la douleur, de l’endartérite déterminant une petite coagulation du sang sur les parties enflammées : l’électricité n’est donc plus nécessaire pour amener ce résultat.

— M. Grellety lit un mémoire sur le climat de Nice et sur son influence sur les maladies traitées dans cette ville, et particulièrement la phthisie. Après avoir insisté sur les variations subites delà température, variations telles que le thermomètre dépasse souvent 40 degrés en plein midi, pour ne marquer que 9 à 10 degrés à l’ombre. M. Grellety ajoute que si le climat de Nice était vraiment salutaire dans la phthisie, elle devrait être rare parmi ses habitants; or, dit-il, il n’en est rien. Non-seulement la phthisie est aussi fréquente dans les hôpitaux du littoral qu’aillèurs, mais encore le coefficient de la mortalité est très-élevé par rapport aux autres villes, sans être pourtant aussi accentué qu’un journal de Lyon le disait récemment. « Je dois dire que les statistiques de la ville comportent des erreurs voulues qu’il faut connaître pour ne pas s’en laisser imposer : c’est ainsi que, pour ne pas effrayer les visiteurs, on porte sous la rubrique de bronchite et ne maladies chroniques la plupart des cas de mort par phthisie; on place de même dans le casier des maladies aiguës ou dans tout autre les maladies zymoliques dangereuses, ce qui a été fait aux mois de décembre et de janvier derniers pour l’épidémie de variole qui a régné dans le voisinage de la caserne, du lycée, à l’entrée de la rue de France. Ges petites supercheries s’expliquentjusqu’à un certain point, lorsqu’il n’y a pas de péril, mais elles sont préjudiciables à la vérité et doivent être connues au moins par les médecins.» Pour M. Grellety, le vrai triomphe de la cure de Nice,, c’est le traitement de la goutte chronique. Les goutteux, à n’importe quelle période de leur diathèse, s’y trouvent très- bien, pourvu qu’ils renoncent résolûment à leurs mauvaises habitudes, à leurs erreurs hygiéniques, qu’ils soient sobres .et se décident à vivre au grand air, à faire de l’exercice, d’une façon suffisante, pour assurer une large oxygénation dit sang et rendre leur activité aux glandes suilori paressa tout le système capillaire périphérique.

Dr Joseph Michel.

BIBLIOGRAPHIE

Fragments «le pliilosopliic mciHcalc, leçons d’inlrOlllIClion aux études cliniques; discours et notices, par M. le docteur Ch. Schutzexberger, professeur de clinique à l’ancienne Faculté de médecine de Strasbourg. 1 vol. itr-8.

— Paris, G. Masson. Prix : 10 francs.

Fragments d'études pathologiques et cliniques , 1 Vil.

in-8 avec planches chromo-lithographiées, par le même.

— Paris, G. Masson. Prix : 15 francs.

On ne nous en voudra point de consacrer une assez longue élude à l’analyse de ces deux ouvrages. Ils résument un enseignement qui dura trente années, que n’oublieront jamais les anciens élèves de l’Ecole de Strasbourg, et qui mérite plus que jamais aujourd’hui d’être publiquement apprécié. M. le professeur Scliützen berger, qui s’est voué avec tant de dévouement et de succès à cette tâche méritoire de l’enseignement clinique, n’a point obtenu, en effet, les honneurs académiques ni les témoignages officiels quisemblent trop souvent nécessaires pour affirmer la valeur scientique d’un professeur éminent. Il n’a même point voulu faire recueillir et publier chaque année des leçons qui auraient pu cependant servir de modèle à bien des cliniciens. Les mémoires divers qu’il vient de faire

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imprimer de nouveau ont paru à diverses époques, de 4845 à 1870, dans la Gazette médicale de Strasbourg ; ils ont été lus et appréciés par tous ceux qui, en France ou en Allemagne, ont souci de rechercher à leurs sources primitives les découvertes qui honorent la science médicale, mais ils n’ont obtenu ni le renom qui s’attache aux œuvres que couronnent les Académies, ni la notoriété que procurent les recommandations de la presse parisienne. Trop souvent on oubliait de rechercher dans un journal aussi modeste qu’il était utile les découvertes et les observations cliniques des laborieux professeurs de l’ancienne Faculté de Strasbourg. Cette Gazette médicale avait alors pour collaborateurs habituels les Sédillot, les Schiitzenberger, les Stoltz, les Tourdes, les Hirtz et tant d’autres maîtres éminents. Leurs travaux auraient bien souvent mérité de prendre place à côté des leçons cliniques que publient les journaux parisiens. Plusieurs d’entre eux, on s’en assurera en parcourant ces deux beaux volumes, auraient ainsi établi sans contestation possible les droits de priorité, trop souvent méconnus, de leurs auteurs. Mais nos maîtres se préoccupaient surtout de faire connaître à leurs élèves les idées qu’ils avaient longtemps caressées. Ils s’attachaient à répandre, en Alsace, le goût des études médicales, à perfectionner les méthodes d’enseignement clinique, et rien ne leur semblait plus agréable que la certitude d’avoir formé des disciples vraiment dignes de l’école qui les avait instruits. On a souvent reproché à la Faculté de Strasbourg de ne songer qu’à la pratique, à l’enseignement professionnel, de négliger les études de philosophie et de doctrine médicales. Nous recommandons à ceux qui pourraient croire celte accusation méritée et qui songeraient, aujourd’hui que l’Ecole de Strasbourg n'existe plus, à écrire son histoire, la lecture du premier de ces deux volumes et surtout celle des chapitres intitulés : Du but et de l’esprit des travaux cliniques. — Des idées scientifiques qui doivent dominer la direction des travaux cliniques. — Des principes de spécification des maladies. — De la fixité des lois de la vie. — Du médecin, des conditions intellectuelles de son développement; de l'esprit d’observation. Nous n’en voulons citer ici qu’une seule page. Elle résume bien des études; elle expose nettement la doctrine de l’auteur : « En admettant, dit-il, comme également légitimes dans l’état actuel de la science le principe étiologique, le principe anatomo-pathologique, et celui que peuvent offrir la physiologie et l’histologie pathologiques, sommes-nous sans doctrine, sans idée scientifique supérieure? Est-ce dans l’ornière de l 'éclectisme ou du syncrétisme que j’entends embourber vos jeunes intelligences? A Dieu ne plaise! C’est précisément parce que nous sommes placés à un point de vue plus élevé, c’est parce que nous nous croyons en possession d’un principe supérieur, qu’il nous est permis de faire la part aux principes secondaires. Ce principe est celui de là biologie expérimentale.

La biologie pathologique, pas plus que la biologie physiologique, ne peut mettre en doute la cause première et spéciale de tous les phénomènes qui s’accomplissent dans l’organisme vivant. Le principe vital est la dernière raison d’être logique de toutes les manifestations organiques : de la santé, des maladies et de leur guérison.-Mais pas plus que l’idée du principe créateur et conservateur ne livre la connaissance du monde, des lois qui le régissent et des phénomènes qui s’y passent, la conception du principe vital ne fournit la notion des lois et des phénomènes de l’organisme vivant. Ce n’est qu’en étudiant les manifestations de la vie en elles-mêmes, dans toutes leurs conditions de causalité et de phénoménalité, que l’on peut apprendre à les connaître et à les comprendre.

Ce que la physiologie a fait pour l’organisme sain et ses fonctions, la noso-biologie doit le faire pour les maladies. Quand l’observation analytique aura mis en évidence toutes les conditions du développement des maladies, quand elle aura mis à découvert tous les phénomènes qui les caractéri-

ent, et déterminé leurs rapports, leur enchaînement étiologique, nous posséderons toutes les données nécessaires à une spécification et à une classification naturelles. »

Dans la plupart de ses articles de philosophie médicale, dans un article du Dictionnaire encyclopédique, reproduit dans ce volume et intitulé : « Lois de la vie appliquées à la pathologie », M. Schtitzenberger sait montrer combien il est utile d’exposer, dès le début des études cliniques, l’esprit général qui doit présider à un semblable enseignement. Il ne prétendait point, dit-il, faire triompher tel ou tel dogme, telle ou telle théorie, encore moins imposer d’autorité une doctrine ou un système personnel. Ce qu’il voulait avant tout, c’était indiquer la méthode qui lui semblait la meilleure, c’était familiariser ses élèves avec les idées scientifiques qui dirigent au lit du malade l’observation médicale, et, tout en s’efforçant de les initier à tous les procédés d’investigation, à tous les moyens de contrôle employés par l’observation et l’analyse clinique de l’organisme, leur montrer l’utilité et l’intérêt des études de pathologie générale qui résument et qui permettent de coordonner les notions acquises par l’examen clinique des malades.

M. Schtitzenberger explique dans sa préface qu’il a profité de toutes les occasions qui lui étaient offertes pour insister sur la nécessité d’appliquer en médecine ce qu’il appelait alors le rationalisme expérimental et ce que tout le monde comprend aujourd’hui sous le nom, moins juste peutêtre, mais plus généralement accepté de méthode expérimentale. Tous ses anciens élèves ont gardé le souvenir de ces leçons d’ouverture faites simplement, sans apparat, sans prétention, mais d’autant plus intéressantes qu’elles discutaient toujours une de ces questions qui, à toutes les époques de la vie médicale, passionnent les esprits distingués, soucieux non-seùiement d’observer mais encore de réfléchir et de comparer.

Ce premier volume se termine par une série d’articles ou de mémoires relatifs à l’enseignement médical. Il contient entre autres la reproduction d’une brochure publiée en 1860, et dont le but était d’indiquer les réformes que nécessite l'organisation des Facultés de médecine et des universités. Ce travail important, qui n’a point obtenu, au moment où il fut publié, toute l’attention qu’il méritait, sera très-utile à tous ceux qui, en ce moment où l’on cherche à réformer l’enseignement supérieur, se préoccupent de ce qui a été fait dans les pays étrangers et de ce que l’on pourrait tenter pour améliorer la situation de nos Facultés en donnant plus d’autonomie et partant plus de vitalité à nos universités de province. L’esprit libéral de M. Schiitzenberger lui permet d’envisager sans crainte les mesures qui auraient pour effet de rendre à l’enseignement public la liberté qui lui est nécessaire. Mais il croit à la nécessité de la liberté dans l’enseignement supérieur et non de la faculté accordée aux corporations ou aux individus de créer des universités. 11 veut, avant tout et surtout, que l’on admette, dans une large iroportion, l’enseignement libre au sein même des Facultés. jO. liberté des études, dit-il, doit être restreinte à la liberté du choix des maîtres. Il réclame aussi l’autonomie des universités, le droit pour elles de choisir leurs professeurs, d’élire leurs doyens, de s’administrer comme elles l’entendent. Que de discussions stériles, que de projets de loi insuffisants ou peu pratiques on éviterait en réfléchissant sérieusement à plusieurs des propositions que défend cette étude! Quelquesunes d’entre elles, il est vrai, sont discutables ; les réformes proposées concernent surtout les Facultés de province et ne seraient que difficilement applicables à Paris; mais un grand nombre de ces mesures semblent absolument nécessaires si l’on veut arrivera rendre vraiment prospères nos institutions d’enseignement supérieur.

Nous ne pouvons analyser successivement tous les mémoires contenus dans un ouvrage de plus de 650 pages.’ Aussi bien nous semble-t-il plus intéressant encore, en par-

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courant le second volume dû à notre vénéré maître de montrer la part qu’il a prise au mouvement scientifique contemporain.

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