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CONSEIL MUNICIPAL (SÉANCE DU 5 AVRIL

M. Delpech appelle l’attention de l’administration sur l’épidémie de variole qui tend à se développer. Depuis 1870 la variole avait cessé de faire des ravages à Paris; M. Delpech rappelle qu’à cette époque cette épidémie prit des proportions effrayantes, puisqu’il y eut 10 300 victimes. Depuis 1866, la maladie tendait à augmenter, et, lors du siège, par suite de l’affluence des mobiles étrangers à Paris, elle prit son plus grand développement. Aujourd’hui la variole, sans présenter le caractère effrayant de 1870, commence à prendre certaines proportions inquiétantes; ainsi depuis le 1er janvier il y a eu 157 morts, dont 69 dans le mois de mars ; il est à remarquer que, pendant les années qui ont précédé 1866, on comptait 300 décès de variole par an.

Il serait urgent d’arrêter lapousséequi se produit actuellement et qui fait des ravages parmi les classes laborieuses. Ainsi à la Chapelle, dans la rue du Pré-Maudit, il y a deux garnis composés de 50 chambres et de 50 cellules; l’épidémie a sévi dans ces deux garnis; le propriétaire de l’un d’eux est mort, et la femme du commissaire de police qui a inspecté les locaux a été atteinte de la maladie. D’après l’article 23 de l’arrêté des consuls du 12 messidor an VIII, le préfet de police a-t-il le droit de faire vider les chambres pour les désinfecter? Mais, dans ce cas, c’est une espèce d’expropriation contre les propriétaires de ces établissements, propriétaires qui ne sont pour rien dans la cause de la maladie. La veuve du propriétaire qui a succombé a été saisie ; on allait vendre les meubles quand le commissaire s’est heureusement opposé à cette vente, qui aurait eu pour conséquence de propager la maladie par les meubles qui auraient été dispersés.

M. Delpech croit que l’administration n’a à sa disposition qu’un crédit d’un millier de francs pour nettoyer et rendre salubres ces garnis; aussi M. Delpech prie M. le préfet de la Seine de transmettre ses observations à SI. le préfet de policé, afin qu’il puisse demander les crédits nécessaires. Il y a quelques années, l’administration a pris des mesures énergiques pour empêcher l’épizootie ; elle a le devoir d’en prendre également pour conjurer les épidémies.

Sl. Delpech appelle également l’allenlion de l’administration sur les mesures préservatrices qu’elle doil prendre, notamment pour la vaccination et la revaccination.

L’Académie de médecine n’a à sa disposition, pour cet objet, qu’une toute petite somme. Il serait, en outre, nécessaire d’établir extra-muros des hôpitaux spéciaux où les varioleux pourraient être soignés dans des chambres séparées. Par ces moyens, on tendrait à faire disparaître définitivement la variole. L’orateur n’a pas l’intention d’effrayer personne, mais il croit qu’il y a intérêt à donner cet avertissement.

M. le préfet de la Seine répond qu’il transmettra à M. le préfet de police la partie des recommandations de M. Delpech qui le concernent plus spécialement, en ce qui a trait aux hôtels garnis. Quant au développement à donner au service de la vaccination et à l’isolement des services de varioleux, des mesures ont été prises pour donner satisfaction aux réclamations du corps médical.

M. Bourneville dépose le projet de vœu suivant : Pour s’opposer avec promptitude et efficacité à l’extension de l’épidémie actuelle de variole, les soussignés émettent le vœu 1° que l’administration de l’Assistance publique organise dans tous ses établissements un service de revaccination; 2° qu’elle donne des ordres pour faire revacciner les infirmiers et infirmières, ainsi que tous les autres employés et sous-employés des hôpitaux et hospices; 3° qu’elle exige de tous les candidats à ses concours non pas un certificat de vaccine, mais un certificat de revaccination.

M. le préfet de la Seine, sans s’opposer à l’adoption du vœu, en demande le renvoi à la commission compétente. Le renvoi est prononcé.

M. Levrand fait observer que l’administration ne dispose pas de crédits suffisants pour parer aux dépenses que nécessitera l’exécution des mesures proposées.

m — N” .15 - GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

H Avril 1879

M. le Président fait observer que le conseil, qui sera convoqué en session extraordinaire, pourra statuer la semaine prochaine, après avoir entendu le rapport de sa quatrième commission.

Séance du 8 avril.

M. Bourneville propose d’adopter le projet de vœu déposé par lui à la précédente séance et tendant à inviter l’administration de l’Assistance publique à prendre diverses mesures pour prévenir le développement de l'épidémie de petite vérole.

M. le directeur de l’Assistance publique déclare que la situation, au point de vue de l’épidémie variolique, n’a rien d’inquiétant. 11 résulte, en effet, de la statistique des hôpitaux que, sur 349 varioleux entrés à l’hôpital, 47 décès ont été constatés, soit un septième des entrées. Quant aux malades en ville, les résultats sont moins précis; cependant on peut affirmer qu’actuellement l’épidémie est en décroissance. Quelque peu inquiétante que soit la situation, des mesures ont été prises pour opérer la vaccination et la revaccination sur la plus large échelle par la création d’un grand noriibre de sujets vaccinifères.

Le projet de vœu est adopté.

Association générale. — L’assemblée générale de l’Association générale des médecins de France aura lieu les 20 et 21 avril courant. — Voici l’ordre du jour de la séance du dimanche 20 avril (à 2 heures précises) : 1° Allocution de M. le président. 2° Exposé de la situation financière de l’Association générale, par M. Brun, trésorier. 3° Uapport sur cet exposé et sur la gestion financière du trésorier, par M. Gallard, membre du conseil général. 4” Compte rendu général sur la situation et les actes de l’Association générale pendant l’année 1878, par M. A. Latour, secrétaire général. 5“ Rapport de M. Bucquoy, au nom de la commission chargée d’examiner et de classer les demandes de pensions viagères (première partie).

A sept heures et demie le banquet aura lieu à l’hôtel Continental, rue de Rivoli. Le prix de la souscription est de 20 francs. On souscrit directement, ou par lettre, chez M. lé docteur Brun, trésorier, 23, rue d’Aumale.

Le Traité d’auscultation de Laennec. — On a publié au Compte rendu de l'Académie de médecine (p. 238) la présentation faite par JL Lasègue d’une feuille de souscription destinée à couvrir les frais d’un tirage à part (édition de luxe) du Traité d’auscultation de Laënnec. Cette œuvre remarquable se trouvait, en effet, épuisée depuis plusieurs années. M. Lasègue a bien voulu se charger de surveiller la réimpression d’une nouvelle édition qui paraîtra prochainement et qui a été faite aux frais de l’Etat.

Administration générale de l’Assistance publique a Paris. — Concours public pour la nomination à deux places de chirurgien au Bureau central d’admission dans les hôpitaux et hospices civils de Paris. Ce concours sera ouvert le lundi 12.mai 1879, à quatre heures, à l’Hôlel-Dieu. MM. les docteurs qui voudront concourir se feront inscrire au secrétariat général de l’administration de l’Assistance. publique, de midi à trois heures, et y déposeront leurs titres. Le registre d’inscription, ouvert le jeudi 10 avril 1879, sera clos définitivement le samedi 20 avril à trois heures.

Faculté de médecine de Montpellier. — JL Caizergues (Raymond-César-Guillaume), né à Montpellier le 30 mai 1855, docteur en médecine, est institué chef de clinique médicale à la Faculté de médecine de Montpellier, en remplacement de M. Carrieu, dont lë temps d’exercice est expiré.

— JL Grynfelt, agrégé près la Faculté de médecine de Jlonlpellier, est nommé, en outre, conservateur des collections de ladite Faculté, en remplacement de JL Quissac, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

; Faculté de médecine de Lyon. — M. . W'eill (Edmond), né à Haguenau (Bas-Rhin), est nommé chef des travaux histologiques (laboratoire de M. Lépine), à la Faculté mixte de niédecine et de pharmacie de Lyon, en remplacement deM. Vesselle, démissionnaire.

Protection des enfants du premier âge. — Le comité supérieur de la protection des enfants du premier âge s’est réuni le mercredi 2 avril, sous la présidence de M . le ministre de l’intérieur

et des cultes. Après avoir entendu divers rapports sur l’organisation de la surveillance médicale des nourrissons, le comité s’est préoccupé des moyens de fomenter dans les départements la création de Sociétés protectrices de l’enfance. M. le docteur Bertillon, qui avait été convoqué à la séance, a soumis ensuite au comité ses idées personnelles sur le fonctionnement de la statistique de la mortalité du premier âge. Le comité a entendu cet exposé avec le plus vif intérêt, et, à la demande du ministre, il a été décidé que la question reviendrait à l’ordre du jour de la prochaine séance.

— Par décret en date du 4 avril 1879, rendu sur la proposition du ministre dp l’intérieur et des cultes, M. le docteur Broca, membre de l’Académie de médecine et professeur de clinique chirurgicale près la Faculté de Paris, a été nommé membre du comité supérieur de protection des enfants du premier âge, en remplacement de M. le docteur Laussedat, décédé.

Eaux minérales. — JL le docteur Emile Bourgarel, ancien interne des hôpitaux de Paris, ancien médecin consultant à Vais, est nommé médecin-inspecteur des eaux de Pierrefonds.

— Par décision ministérielle en date du 2 avril, JUL les docteurs Cyr et Cornillon, médecins consultants aux eaux de Vichy (Allier), viennent d’être appelés aux fonctions de second inspecteur adjoint de cet établissement.

Nécrologie. — Notre confrère le docteur De Ranse vient d’èlrc frappé bien cruellement. Son fils, âgé de onze ans, lui a été enlevé par une diphlhérie maligne. Nous nous joignons à ses nombreux anus pour lui offrir le témoignage de notre sympathique condo-'

, — O.11 écrit de Toulon, le 3 avril : « Le corps de Jl. Toir, aidemédecin, mort victime de la catastrophe de T Arrogante,' a été retrouvé hier, à onze heures et demie du matin, au Cannicr, presqu’île de Sepet. Le séjour prolongé à la mer avait rendu les restes de Jl. Toir méconnaissables. L’identité a été établie par la marque de son linge et une bague ornée d’un diamant qu’il portait à son doigt. La canonnière de Saint-Mandrier, pavillon en berne, a amené aujourd’hui à quatre heures, sur le quai, le cercueil de JL Poii’-. Lue foule immense l’attendait, ainsi que JI. l’archiprôlre rond, à la tête du clergé de la cathédrale, où les honneurs funèbres lui ont été rendus. Le vice-amiral de Surville, le majorgeneral, le directeur du service de la santé et le commissaire general faisaient partie du cortège, où l’on remarquait un grand nombre d’officiers supérieurs de la marine et do Farinée, et tout le corps médical. Deux discours ont été prononcés. »

Du 27 mars au 3 avril 1879, on a constaté 1297 décès, savoir :

Fièvre typhoïde, 39. — Rougeole, 29. — Scarlatine, 2. Variole, 32. — Group, 21. — Angine couenneuse, 28. — Bronchite, 75. — Pneumonie, 109. — Diarrhée cholériforme des jeunes enfants, G. — Choléra noslras, 0. — Dyssenterie, 1. — Affections puerpérales, 3. — Erysipèle, 7. — Autres affections aiguës, 305. — Affections chroniques, 565 (dont 221 dus' à la phthisie pulmonaire). — Affections chirurgicales, 46. — Causes accidentelles, 29.

SOMMAIRE. — HISTORIE ET, critique. TMlysiolpgio expérimentale : Innervation du cœur. — Travaux originaux. Clin que chirurgicale : Expose des résultats “des grandes amputations pratiquées' dans une période do douze ans dans la deuxieme division chirurgicale de l’Hôtel-Dicu de Rouen. — Thérapeutique : contribution à l'étude thérapeutique du salicyJatc do souda dans le rhumatisme articulaire aigu. Correspondance. De l'inflammation de la moelle des os. — Sociétés savantes. Académie des sciences. — Académie de médecine. — Société de chirurgie. — Société do thérapeutique. — Bibliographie. Fragments de philosophie médicale. — Fragments d’études pathologiques et cliniques..— Variétés. ’ Les mesures de préservation contre les maludies contagieuses au seizième siècle. — Conseil municipal.

G. Masson, Propriétaire-Gérant.

, rue mignon, l

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