‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 86 sur 249 · INTÉRÊTS PROFESSIONNELS · texte numérisé non relu

INTÉRÊTS PROFESSIONNELS

Il résulte d’un arrêt rendu par la Cour de Paris que le médecin qui se trompe sur la nature de la substance employée comme médicament commet une imprudence non couverte par l’erreur originaire du pharmacien ayant livré une substance pour une autre. En conséquence, le médecin est, comme le pharmacien, coupable d’homicide par imprudence si le malade a succombé à l’ingestion de la substance administrée. *

Cette question intéressante vient d’être tranchée dans des circonstances de fait que relève un arrêt de la Cour de Paris dont nous résumons les principaux considérants :

La Cour... considérant qu’à la date du 30 mai 1878, B..., jardinier à A vallon, est décédé dans cette ville à la suite d’un traitement que lui avait prescrit le docteur L. . . ;

Qu’il résulte de l’instruction et des débats que cette mort doit être attribuée à l’action toxique d’une infusipn d’écorce de fausse angusture vendue pour de l’écorce de racine de grenadier, par le pharmacien R. . . au docteur L. . . qui avait prescrit cette infusion comme remède à B. . . après l’avoir préparée lui-même ;

Considérant que le fait d’avoir vendu pour de la racine de grenadier une substance qui, suivant les constatations de l’expertise, recèle de la brucine, constitue à la charge de R. . . une faute nui engage sa responsabilité d’une manière d’autant plus grave qu’elle a eu pour résultat d’induire en erreur le docteur L. . ., et a ainsi été la première cause du malheur qui leur est justement reproché ;

Que, de son côté, le docteur L. . ., usant des immunités de la loi du 21 germinal an XI, assume dès lors les responsabilités qui en dérivent sans pouvoir en rejeter la charge sur le pharmacien, son vendeur, dont la faute ne peut le dégager complètement des conséquences de sa propre imprudence ; que cette imprudence a consisté à ne pas s'assurer de la nature du médicament dont il est devenu détenteur, et qu’il a préparé lui-même pour en faire l’objet de son ordonnance ;

À la suite de ces considérants, la Cour ayant acquis la conviction qüé si la fausse angusture présente, il est vrai, d’assez grandes analogies avec l’écorce de racine de grenadier, cependant le docteur L. . . aurait dù constater lui-même les différences qui existent entre ces deux substances, d’autant plus qu’il s’était aperçu de l’odeur inaccoutumée que présentait l’infusion qu’il avait préparée ; . . .

. . . Par ces motifs, élève à 200 francs l’amende prononcée contre le docteur L. . condamne R..., pharmacien, à quinze jours d’emprisonnement et maintient contre lui la peine de 200 francs d’amende.

ACADÉMIE ROYALE DE MÉDECINE DE BELGIQUE. — PROGRAMME DES QUESTIONS MISES AU CONCOURS.

1878- 1880. — « Faire l’histofre des rétrécissements du canal de l’urèthre chez l’homme, au triple point de vue de l’étiologie, de l’anatomie pathologique et de la valeur relative des différents traitements préconisés. » — Prix: une médaille de 800 francs. Clôture du concours : lor janvier 1880.

« Elucider l’histoire des maladies des centres nerveux, et principalement de l’épilepsie. » — Prix : 5000 francs. Clôture du concours : 1er avril 1880. .

1879- 1880-1881. — « Déterminer, en s’appuyant sur des observations précises, les effets de l’alcoolisme, au point de vue matériel et psychique, tant sur l’individu que sur sa descendance. » — Prix : une médaille de 1000 francs. Clôture du concours: 15 juillet 1880.

« Faire une étude comparative du rachitisme, de l’ostéomalacie et de la cachexie ossifrage — étiologie, symptomatologie, nature et traitement — chez les animaux domestiques, et joindre autant que possible à la réponse des pièces d'anatomie pathologique, à l’ap-

ui des opinions qui seront établies (question reprise du précé-

ent programme) ». — Prix : une médaille de 800 francs. Clôture du concours : l01' maùj 881.

1879-1882. — « Déterminer la nature de l’influence de l’innervation sur la nutrition des tissus. » — Prix : une médaille de 1000 francs. Clôture du concours : 1er janvier 1882.

Conditions des concours. — Les mémoires inédits et anonymes

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doivent èlrc lisiblement écrits en latin, en français ou en flamand, et adressés, francs de port, dans les formes académiques, au secrétaire de l’Académie, à Bruxelles.

Prix de 300 francs. — L’Académie se réserve de décerner chaque année, en dehors de ses concours, deux prix de 300 francs chacun aux auteurs de deux des mémoires manuscrits, relatifs aux sciences médicales, qui lui auront été soumis.

* Faculté de médecine de Pahis. — Par décret du 12 avril 1879, rendu sur la proposition du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, M. Brouardel, agrégé près la Faculté de médecine de Paris, est nommé professeur de médecine légale à ladite Faculté.

— Par décret du 12 avril 1879, rendu sur la proposition du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, M. Laboulbène, agrégé près la Faculté de médecine de Paris, est nommé

rofesseur d’insloire de la médecine et de la chirurgie à ladite

acuité.

Faculté de médecine de Bordeaux. — M. Grégory (Walter), né le 15 février 1851, à Caudéran (Gironde), est nommé prosecteur à celte Faculté.

— Sont chargés des fonctions de maître des conférences à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie: M. Périer, chargé des fonctions d’agrégé à ladite Faculté (conférences de toxicologie) : M. Caries, chargé des fonctions d’agrégé à ladite Faculté (conférences de chimie et de pharmacie).

— M. Négrié, docteur en médecine, est chargé d’un cours annexe de clinique médicale des maladies des enfants, et M. le docteur Bitol, d’un cours annexe de clinique chirurgicale des maladies des enfants.

École de plein exercice de médecine et de pharmacie de Nantes. — M. Audrain (Armand-Maurice) èsf nommé préparateur de physique et d’histoire naturelle à l’Ecole do plein exercioo de médecine et de pharmacie de Nantes, en remplacement de M. Barbin, démissionnaire.

— M. Bellouard (Victor) est nommé second aide d’anatomie à l’Ecole de plein exercice de médecine et de pharmacie de Nantes (emploi nouveau).

École de plein exercice de médecine et de pharmacie de Marseille. — Un concours pour un emploi de suppléant des chaires de sciences naturelles s’ouvrira, le 3 novembre 1879, à l’Ecole de plein exercice de médecine et de pharmacie de Marseille. Le registre d’inscription sera clos un mois avant l’ouverture dudit concours.

ÉCOLE PRÉPARATOIRE DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE D’ANGERS. — La chaire de chimie appliquée à la médecine et à la pharmacie de l’Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie d'Angers prend le titre de chaire de chimie et de toxicologie. La chaire d'histoire naturelle et de matière médicale de la même Ecole prend le titre de chaire d'histoire naturelle. La chaire de pharmacie et toxicologie prend le titre de chaire de pharmacie et matière médicale. La chaire de thérapeutique prend le titre de chaire d'hygiène et thérapeutique.

École de médecine de Toulouse. — Un concours s’ouvrira le 15 octobre 1879, à l’Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de Toulouse, pour un emploi de chef des travaux anatomiques. Le registre d’inscriptions sera clos un mois avant l’ouverture dudit concours.

École préparatoire de médecine et de pharmacie d’Arras. — La chaire d’histoire naturelle et matière médicale de l’Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie d'Arras prend le titre de chaire de pharmacie et matière médicale. La chaire de chimie et pharmacie de la même Ecole prend le litre de chaire de chimie et toxicologie.

Il est créé à l’Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie d’Arras : 1° une chaire d 'hygiène et thérapeutique; 2° une chaire d’histoire naturelle.

— Sont nommés à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie d’Arras : Professeur d’anatomie : M. Leprieur, suppléant et chef des travaux anatomiques. Professeur de physiologie : M. Leclercq, professeur adjoint. Professeur.de pharmacie et matière médicale : M. Ségara, professeur adjoint. Professeur d’histoire naturelle : M. Lobert, suppléant. Professeur de chimie et toxicologie : M. Gossart, professeur.

ÉCOLE PRÉPARATOIRE DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DEVIENNES. — La chaire d’histoire naturelle et matière médicale à l’Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de Bennes prend le titre de chaire d’histoire naturelle. La chaire de chimie appliquée à la médecine et à la pharmacie prend le titre de chaire de chimie et toxicologie. La chaire de pharmacie prend le titre de chaire de pharmacie et matière médicale. La chaire de thérapeutique prend le titre de chaire d’hygiène et thérapeutique.

Eaux minérales. — Par décision du ministre de l’agriculture et du commerce en date du 25 mars 1879, le docteur Régnault (Paul), médecin-consultant aux eaux de Bourbon-l’Archambault (Allier), vient d’être nommé médecin-inspecteur de ces eaux à la place du docteur Périer, démissionnaire.

Hôpital Saint-Louis. — Conférences cliniques sur les maladies de la peau. M. le docteur Hillairet, médecin de l’hôpital Saint- Louis, membre de l’Académie de médecine, commencera ces conférences Je jeudi 24 avril 1879, à 8 heures et demie du malin, et les continuera les jeudis suivants à la même heure. (Salles Henry IV et Saint-Louis.)

École des hautes études. — M. le docteur Dareste, directeur du laboratoire de toxicologie à l’Ecole des hautes études, commencera ses conférences d’embryogénie normale et tératologique le mardi 22 avril, à quatre heures; il les continuera les mardi, jeudi et samedi à la même heure, dans son laboratoire. ' • 7

Maladies de l’appareil urinaire. — M. le docteur 11. Picard commencera le mardi 22. avril, à . cinq heures, ià son dispensaire, 13, rue Suger, un cours public et gratuit sur les maladies de l’appareil urinaire, et le continuera les jeudis, samedis et mardis suivants à la même heure. — Il traitera de l’affection calculeusq, de la lithotritie et des rétrécissements de l’urèlliré. V

État sanitaire de la ville de Paris :

Du 3 au 10 avril 1879, on a constaté 1185 décès, savoir :

Fièvre typhoïde, 29. — Rougeole, 42. — Scarlatine, 3. Variole, 27. — Croup, 15. — Angine couenneuse, 24. — Bronchite, 65. — Pneumonie, 98. — Diarrhée cholériforme des jeunes enfants, 7. — Choléra nostras, CL — Dyssenterie, , ,0- — Affections puerpérales, 11. — Erysipèle, 11. — Autres affections aiguës, 255. — Affections chroniques, 524 (dont 220 dus à la phthisie pulmonaire). — Affections chirurgicales, 48. — Causes accidentelles, 26.

SOMMAIRE. — PARIS. Du rétrécissement do Tarière pulmonaire et du souffle anémique de la base du cœur. — Histoire et critique. Physiologie expérimentale : Innervation du cœur. — Travaux ORIGINAUX. Pathologie externe : Contribution a l’histoire do la lymphorrhagic et des lyplialocèlcs. — Sociétés savantes. Académie des sciences. — Académie do médecine. — Société médicale des hôpitaux. — Société do chirurgie. Société do biologie. — Revue des journaux. . Nouveaux; faits prouvant; Tcxistcnço. .d’une , albuminurie physiologique. — Do l’absorption de quelques médicaments par le placenta et do leur élimination par

usage interne dans les affections des voies respiratoires. — Méningite aiguë traitée par l’iodure de potassium à haute dose; guérison. — BlDUOORAMliE. Fragments de philosophie médicale. — Fragments d’études pathologiques et g cliniques. — Variétés. Intérêts professionuels. — Académie royale de médecine de Belgique : Questions mises au concours.

G. Masson, Propriétaire-Gérant.

PARIS. — IMPRIMERIE E. MARTINET, RUE MIGNON, i

Vingt-sixième année

25 Avril 1879

Comité de Rédaction : A. DECHAMBRE, président; BLACHEZ, DIEULAFOY, A. HËNOCQUE, L. LEREBOULLET, A. -H. MARCHAND

Adresser tout ce qui concerne la rédaction au siège du Comité, chez M. DechAmbré, 91, rue de Lille (avant le mardi de préférence)

Paris, 24 avril 1879

Académie de médecine: Des sels purgatifs: M. Moreau.

Le mode, d’action des purgatifs devrait être l’un des phénomènes de physiologie pathologique les mieux connus, si l’usage thérapeutique pouvait suffire à nous renseigner à cet égard, mais il n’est point de sujet plus propre à nous montrer combien il est difficile de se rendre compte des effets médicamenteux qui semblent les plus simples et qui, observés depuis l’origine de la médecine, sont en quelque sorte des phénomènes soumis à l’expérience quotidienne.

L’action des purgatifs en général a été expliquée par trois théories différentes: suivant l’une, le purgatif agirait comme excitant direct des mouvements de l’intestin ; suivant une autre, il agirait comme liquide osmotique et par conséquent en vertu de lois physiques ; enfin, suivant une troisième théorie, les purgatifs agissent sur la sécrétion de la muqueuse en provoquant l’exsudation, l’hypercrinie.

Quel que soit le médicament purgatif employé, il y à lieu de rapporter son action à l’une des trois théories précédentes, et de nombreuses recherches ont tour à tour mis en relief des arguments en faveur de l’une ou l’aulre d’entre elles.

Aies examiner rapidement, on s’aperçoit tout de suite que chacune d’elles repose sur des faits indéniables, et que, dans l’étude de l’action des purgatifs, il faut tenir compte de l’action musculaire péristaltique, des phénomènes de l’osmose, et de l’hypersécrétion, ou hypercrinie, de la muqueuse et de ses glandes.

La théorie de la contraction musculaire est née d’une observation superficielle; suivantelle, le purgatif excite les contractions de là tunique musculaire. Cette théorie a été remise eh honneur par Thiry, et plus tard par Radjenski, qui ont in¬

voqué l’action des muscles lisses de l’intestin, celle des vaisseaux, pour expliquer l’hypersécrétion, qui devenait alorsune accumulation de sérosité par défaut d’absorption. Malgré certains faits expérimentaux qui semblent l’appuyer, rien n’est moins démontré que l’existence constante et prédominante de ces contractions intestinales. Legros et Onimus, en effet, ont constaté que lorsqu’on purge un chien, avec les sels de magnésie, les mouvements péristaltiques seraient plutôt diminués.

11 ne reste, en définitive, comme argument en faveur de cette doctrine que les sensations de contractions intestinales éprouvées par quiconque subit' l’effet d’un purgatif ; mais cette observation si facile est la simple constatation d’un épiphénomène de l’action purgative; elle est en quelque sorte l’expression même du fait, c’est-à-dire de l’évacuation qui ne se produit que par des contractions; mais on ne saurait l’admettre comme suffisante à produire l’afflux de liquides. Ajoutons que la plupart des physiologistes ont abandonné cette théorie. Celle de l’osmose, née des recherches de Dutrochet, a été développée parPoiseuille; elle n’est pas applicable à tous les purgatifs, mais elle prétend expliquer l’action des sels neutres purgatifs, par un trouble apporté dans les phénomènes d’osmose, à la surface de l’intestin : le sérum sanguin étant moins dense que la solution du sel purgatif, il se produit une exosmose entre le sérum et le contenu intestinal, c’est-à-dire une exhalation à la surface de l’intestin. Claude Bernard a montré la fragilité des basessur lesquelles repose cette explication, mais c’est bien ici que l’on peut apprécier la difficulté da l’interprétation des faits d’expérimentation, sur lesquels M. Colin a longuement insisté dans l’espoir, sans doute, d’inspirer aux physiologistes une sage réserve, et non pour vouloir critiquer l’accueil fait par l’Académie des sciences à ces présentations qu’il signale ànotre défiance. En effet, Claude Bernard a donné comme l’un des arguments principaux contre la théorie de l’osmose, ce fait que le sulfate de soude injecté dans les veines

FEUILLETON

Les détracteurs de la médecine.

(Troisième article.)

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