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L. Leroy

2 Mai 1879

Société de thérapeutique.

Du traitement des roidenrs articulaires: M. Daily; discussion:

MM. Ferrand, Moutard-Martin et Blondeau. — Sur un nouveau

diurétique ; la Blatte ou Blatta orientalis : M. Constantin Paul.

M. Daily présente un travail sur le traitement des raideurs articulaires, dont voici les conclusions : un grand nombre de raideurs articulaires, autrefois abandonnées comme incurables ou traitées par des procédés violents, sont souvent détruites par l’emploi méthodique des manipulations, de l’extension, de l 'électricité, des sudations et des douches : il convient surtout d’insister sur deux points, à savoir: 1° qu’un traitement préparatoire dispose les tissus enroidis à se laisser plus aisément distendre ; 2“ qu’il importe de s’assurer le concours de la volonté bien dirigée des patients.

M. Ferrand demande à M. Dally'son avis sur le cas suivant : un malade entre dans son service avec une arthrite sèche des deux articulations coxo-fémorale et du genou. Tous les muscles qui entourent ces articulations sont dans un état de contracture presque permanent, cette contracture est assez prononcée pour immobiliser le malade qui se refuse à tout mouvement. Parfois, cependant, on peut faire exécuter certains mouvements très-limités, il est vrai. En anesthésiant le malade à l’aide du chloroforme, on a pu faire exécuter tous les mouvements d’abduction, de flexion et de rotation, on n’a observé que quelques craquements articulaires. Que doit-on faire comme traitement ?

M. Daily répond que la plupart des contractures sont d’origine articulaire; il suffit d’une arthrite des plus légères pour déterminer des troubles de la motilité et de la contracture. Or, la continuité de l’état musculaire détermine d’abord de la contracture par appréhension, à cause de la douleur qui accompagne d’ordinaire les mouvements, puis de la contracture par adaptation à la suite de l’habitude prise par le malade, et enfin et plus tard de la contracture par lésion médullaire consécutive à l’immobilité prolongée et aux lésions musculaires qui en sont la conséquence. Chez le malade de M. Ferrand, M. Daily pense qu’on doit traiter le malade parce qu’il a appelé la voie diplomatique : en faisant faire des mouvements au malade avec douceur, avec persévérance et graduellement on peut obtenir la diminution et peut-être la disparition de la contracture ; en tout cas il faut agir avant qu’il y ait eu une contracture par lésion médullaire consécutive.

M. Moutard-Martin demande à M. Daily ce qu’il faut entendre par adaptation. Tout d’abord la contracture musculaire est une contracture de prolection destinée à préserver des mouvements douloureux, ou mieux à placer le membre dans une position facile à supporter. Peut-être alors le traitement apporte-t-il des modifications heureuses, mais une fois la contracture devenue d’origine médullaire, une fois qu’il y a sclérose de la moelle, on ne peut rien espérer. M. Moutard-Martin incline à croire que la lésion musculaire puisse déterminer une lésion de la moelle, En tout cas le fait n’est pas encore démontré.

M. Daily répond qu’effectivement la lésion de la moelle consécutive à une contracture prolongée n’est qu’une hypothèse, mais cette hypothèse repose sur de nombreuses observations démontrant l’origine de lésions médullaires Consécutivement à d’anciennes opérations, aux amputations par exemple, ainsi que le fait paraît avoir été prouvé par divers observateurs et particulièrement par M. Luys. Quant à la contracture par adaptation, M. Daily a adopté celle désignation: pour désigner cette habitude des muscles environnant l’articulation malade destinée à mettre le membre à l’abri de la douleur : cette position musculaire est une véritable qçlaptatioq, et non une rétraction, "

M. Blondeau cite, à l’appui de cette idée que les lésions de la moelle peuvent être déterminées au bout d’un temps prolongé par une ancienne amputation, le fait d’un malade qui, amputé d’une jambe il y a près de vingt ans, a vu il y a deux ans ses muscles du moignon s’atrophier à ce point qu’ils ont presque entièrement disparu. Il n’est pas douteux que dans ce cas l’atrophie musculaire progressive n’ait été déterminée par une lésion consécutive des cornes antérieures, .

— M. Constantin Paul lit un travail destiné à apprécier là valeur d’nn nouveau diurétique, la Blatte ou Blatta orientalis, (Voy. aux Travaux originaux, p. 279.)

D1' Joseph Michel,

Réunion Annuelle des délégués des Sociétés savantes des départements.

Section des sciences.

L’ouverlure des séances du lectures et conférences faites par les délégués des Sociétés. savantes des départements a eu lieu le 10 avril, à midi, dans la salle du grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous la présidence dé M. Léopold Delisle, président de la section d’histoire du comité des travaux historiques.

Sur l’estrade, auprès de M. Delisle, ont pris place MM. Léon Renier, H. Milite Edwards, présidents des sections d’archéologie et des sciences; Fave, vice-président de la section des sciences; Hippéau, Chàbouillel, Blanchard, secrétaires des trois sections.

Après un discours très-applaudi de M. Delisle, les délégués des diverses sections se sont rendus dans leurs salles respectives. La séance de la section des sciences , qui seule doit I figurer ici, est déclarée ouverte à midi et demi par son ; président habituel, M. Milne Edwards. La section se partage ensuite en plusieurs groupes: 1° sciences mathématiques ( président , M. Allègre) ; 2° sciences physico-chimiques (pré- : sident, M. Filhol); 8° sciences naturelles (; président , M. Cotteau). Ces trois groupes fixent pour les jours suivants leurs : heures de réunion et se réuniront les jours suivants. La : séance générale de la section cothmence immédiatement.

Soit dans les séances générales, soit dans les séances spér i cibles,’ il n’a été produit de travaux pouvant intéresser la : médecine que les suivants :

Composition du lait. — M. E. Marchand (de Féeam p) ; communique le résultat de ses recherches sur la composition ; du lait provenant des différentes races de l’espèce bovine. I II signale la constance de la proportion de lactine dont les j variations ont été seulement de 5Q à 55 grammes par litre.

| Ténias des mammifères. — M. P. Mègnin présente de | Nouvelles observations sur le développement et les rriêta- | morphoscs des ténias des mammifères.

S « En faisant avaler à certains carnassiers les vers vésiculaires ! Je certains herbivores, on voit se développer des vers: rubanés | exactement semblables à ceux que ces carnassiers nourrissent ! habituellement : c’est ainsi que le Cysliéercus pisiformis, inguri gité au chien, est devenu dans ses intestins le Tarda scrràta; que le Qysticercus fasciolarîs de la souris ou du rat a donné le Tamia crassiollis du chat, et 1 e CÿsticercUs ccllulosa du porc, 1 le Tamia solium de l’fionjme. De ces expériences, on a conclu qqp : les vers vésiculaires sont des larves de ténias, ce qui estmainto- ; riant hors de toute contestation ; mais on' a tiré epeore cetto autre I conclusion : c’est qu’il y a nétessité absolue que les Vers vésij culaifes fussent dévorés pour qu’ils arrivassent à leur entier | développement, à l'état adulte.

j » Cette règle explique bien, il est vrai, l’origine (les ténias des i carnassiers, qui sont, comme on sait, caractérisés par une tête â j doublé couronne de crochets; mais que devient son inflexibilité .qqgnti ;oq ohefçlte à l'appliquer aux ténias des ..jrçrfefewe»* ;W<jt

2 Mai 1879 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE- ET DE CHIRURGIE — N° 18 - 287

ténias infirmes, awsi nommés à cause de l’absence de crochets , qui caractérise ie.ur t.ê.te ?

» Quelques autopsies de chevaux et de plus nombreuses autopsies de lapins de garenne me permettent de dire, dès à présent* que cette règle est plutôt une exception, et que la vraie règle est que les ténias peuvent suivre toutes les phases de leur développement dans le même animal s’il est un herbivore ou un omnivore, depuis l’état de pronolex, ou d’embryon kexacanthe, jusqu’à celui de prog lattis ou cucurbitain rempli d’œufs, en passant par les états intermédiaires d’hydalide ou larve vésiculaire acéphalocyste, de nolex, puis de strobile ou état rubanaire. En un mot, les migrations par l’intermédiaire des carnassiers, que l’on a cru jusqu’à présent indispensables et le seul moyen pour les ténias d’arriver à l’état adulte propre à la reproduction, ne sont qu’un deuxième moyen, parallèle au premier, employé par la nature pour mieux assurer la conservation de l’espèce.

» C’est quand l’embryon hexacanthe de ténia a pénétré dans une glandule ou un follicule intestinal, .qu’il s’y est développé en cystieerque ou éehinocoque, et que la cavité qui le renferme reste en communication avec l’intestin, qu'il se transforme sur place en ver rubanaire ; il s’y transforme encore, chez le lapin x£e garenne, quand le cysticerque a pénétré dans la cavité péritonéale et qu’il y | est devenu libre; mais lorsqu’il est arriyé dans un tissu parenchymateux ou aulre éloigné de l’intestin et qui n’a plus de communication avec le tube digestif, il y meurt si la dent d’un carnassier ; lie le ramène pas dans un intestin; dans ce cas il continue saméta- I morphose, et le ténia qui en dérive conserve une partie de ses caractères larvaires, la double couronne de crochets plus ou moins complète.

» En résumé je conclus :

d 1° Que les ténias inermes des herbivores et des omnivores sont des (épias parfaits qui ont suivi toutes leurs phases et 3ubi foutes leurs métamorphoses chez Je même animal ;

» Que les ténias armés sont des ténias imparfaits, quoique adultes, provenant des mêmes larves cystiques dont dérivent les premiers, — chaque ténia inerme ayant son correspondant armé,

: — mais transportées dans les intestins d’un carnassier ou d’un omnivore, où leur transformation dernière a subi, sous l’influence de ce nouveau milieu, un temps d’arrêt caractérisé par la persistance de la couronne de crochets du nolex. d

Anesthésie chirurgicale, ■ — M. le docteur E- Simonin (de Nancy) donne lecture d’un travail intitulé : Des trois faits physiologiques qui servent principalement de guide lors des anesthésiations pratiquées à la clinique chirurgicale de M- Simonin. Trois points, suivant l’auteur, forment nue sorte de trépied physiologique, qui doit être la base des appréciations du chirurgien ; 1° manifestation de l’insensibilité périphérique, notamment celle des tempes et de la cornée ; 2° état des muscles des mâchoires; 3° état de la pupille sou? le rapport de la contraction et du relâchement de

"c’est par la remarque de l’apparition de l’insensibilité périphérique que l’pp constate avec une certitude presque absolue que l’éthérisme a atteint la période chirurgicale.

C’est par la constatation du trismus que, dans une anesthésiation régulière, on peut juger qu’aucun péril ne menace le malade (tant que persiste le serrement des mâchoires).

Quant à la contraction et à la dilatation de l’iris, l’auteur l’explique par l’action antagoniste des tubercules quadrijumeaux opposée à celle du ganglion cervical supérieur du grand sympathique, Le maintien de la contraction indique qu’il h’ existe aucun péril pour la vie du sujet anesthésié; la dilatation de la pupille doit, au contraire, inspirer des inquiétudes ou tout au moins provoquer une grande attention de la part du chirurgien, bien que, dans un certain nombre de pas, cette dilatation soit passagère et sans danger.

M, Simonin a exposé avec soin les exceptions apparues dans les faits énoncés par lui en 1847, ep .1863, en 1868, et qui constituent le trépied physiologique dont il a été question.

Hyponàrthécie. — . M. le professeur Paquet (de Lille) présente des gouttières moulées avec de la gutta-percha ; ces gouttières sont destinées à immobiliser l’avant-bras, le poignets la main dans les cas d’hémorrhagies - palmaires pelles

présentent une large fenêtre , qui correspond au centre de la paume de la main, et deux fenêtres ovales placées à l'avantbras sur le trajet des artères radiale et cubitale, de manière à permettre la combinaison de la compression directe et de la compression indirecte. Ce n’est pas une méthode nouvelle que l’auteur propose, mais bien un procédé de perfectionnement apporté aux méthodes déjà connues.

Plaques électriques de la torpille. — M. lè professent Rouget (de Montpellier) fait une communication sur la trans- • formation des forces dans les plaques électriques de torpille et dans les plaques motrices des muscles volontaires.

« La structure des lames nerveuses qui constituent lapqrtie essentielle des lames électriques est identique à cell e des plaquesmptricçs : ces deux modes de terminaison nerveuse sont formés par un réseau dè ramifications ou cylindres à mailles fermées sans extrémités libres.— Les flux électriques de la torpille résultent d’une transformation dé la force de tension accumulée par la nutrition en force vive qui së manifeste sous forme d’électricité, parce que dans la plaque électrique il n’y a aueune production de travail mécanique, ni d’aucun des modes de mouvements, sensations, excito-motricité, qui se manifestent dans les centres nerveux.

» 11 est probable que la variation négative d’un muscle en contraction, sons l’influence d’une décharge de la plaque motrice, résulte d’un flux électrique analogue à celui des plaques électriques de la torpille. 11 y a lieu de chercher si les analogies signalées depuis longtemps entre les muscles et les appareils électriques ne résultent pas de ce que les organes électriques auraient pour origine des cellules musculaires (faisceaux primitifs des muscles), dans lesquelles l’élément contractile ne s’est pas développé, tandis que la plaque motrice a pris un énorme développement. »

La distribution des récompenses décernées par les sections a été faite en séance plénière le samedi 19 avril, sous la présidence du ministre de l’instruction publique, qui y a prononcé un discours chaleureux, empreint d’un sentiment élevé des destinées et des besoins de la science. Le rapport sur les travaux des membres des Sociétés savantes des départements (section des sciences), publiés pendant l année 1878, a été fait par M. E. Blanchard, secrétaire de la section. Voici la liste des récompenses afférentes à cette section et qui concernent les sciences médicales.

M. Jeanberncit, membre de l’Académie des sciences de Toulouse (travaux de botanique),

M. Rodin, à Beauvais (travaux de botanique).

M. Coutance, professeur à l’Ecole navale de médecine de Brest (travaux de physiologie). . . . '

Enfin disons que parmi les nouveaux officiers universitaires dont M. le ministre a proclamé les noms-, figure notre confrère M. Ballay, le courageux médecin de la marine, à qui le corps médical a tout récemment offert un banquet.

REVUE DES JOURNAUX

Sur l’action physiologique de» purgatif» (Z UT phySÎO-

logischen Wirkung der Abführmittel), par M. le docteur Brieger.

L’auteur s’est proposé de vérifier les résultats obtenus par le docteur Lauder Brunton, et qui ont été publiés dans The Practitioner (1874, n° 71 et n° 72, On the action of the purqative medicines ). 11 a employé la même méthode que MM. les docteurs Colin, Moreau et Brunton (1). Sur des chiente morphinisés, il isolait une anse intestinale et partageait cellerçi en trois parties au moyen de ligatures,; il regeryait la partie moyenne pour servir de' contrôle, c’esUà-direipour y apprécier }es effets du manuel opératoire ; les deux portions extrêmes servaient à l’étude des médicaments purgatifs, et dans quelques expériences sur lçs sels purgatifs, l’une de ces

i> (t) Voy. le précédent numéro, nu. Premier-Paris.

2 Mai 1879

portions recevait une solution de sel de cuisine pour servir de comparaison.

Nous n’insisterons pas sur le détail des expériences, parce qu’elles sont très-nombreuses et qu’elles ont donné des résultats analogues. Le docteur Brieger a étudié l’action des sels purgatifs, le. sulfate de magnésie, le sulfate de soude, à doses faibles et à doses purgatives ; celle des drastiques, l’huile de croton et l’extrait de coloquinte, et enfin l’action des laxatifs, rhubarbe, aloès, séné, gomme-gutte, huile de ricin, calomel. Dans ces expériences il note la quantité de liquide contenue dans l’anse intestinale, et il en étudie les caractères histologiques et les propriétés physiologiques, c’est-à-dire le pouvoir saccharifiant du liquide excrété. Il est à remarquer que pour ce dernier point le liquide sécrété dans l’anse intestinale, à la suite des purgatifs salins et même des drastiques, était albumineux et possédait un pouvoir saccharifiant qui n’existait pas dans le liquide contenu par l’anse de contrôle dans laquelle le purgatif n’était pas introduit.

L’auteur conclut de ces recherches que les purgatifs salins agissent en produisant une hypersécrétion, et non point une simple transsudation, l’examen du liquide ne laisse pas de doute à cet égard. Les drastiques à forte dose agissent en déterminant une irritation inflammatoire avec exsudât et hypersécrétion ; mais à petites doses ils agissent comme les laxatifs. Les laxatifs n’ont pas paru provoquer d’hypersécrétion, l’anse intestinale était toujours vide ou du moins ne contenait que les substances introduites, mais les parois en étaient fortement contractées. Les laxatifs agiraient donc surtout en provoquant les contractions intestinales.

Ces conclusions sont en faveur de la théorie de l’hypersécrétion pour l’action des purgatifs, bien qu’elles réservent une large part à l’action musculaire pour les laxatifs (Archiv ; fur experimentelle Pathologie, 8 Bd, -4 et 5 Heft, 24 janvier 1878).

BIBLIOGRAPHIE

Index bibliographique.

Influence de l’air et de l’oxygène comprimés sur les animaux

septicémiques, par M. V. Feltz, professeur à la Faculté de

médecine de Nancy. — Nancy, 1879. Berger-Levrault.

Poursuivant avec un zèle et une activité scientifiques que l’on ne saurait trop louer les expériences qu’il a entreprises depuis plus de dix années sur les maladies infectieuses, M. Feltz a recherché si l’oxygène ne pouvait pas devenir un agent thérapeutique pour les maladies infectieuses, et si l’on ne pourrait pas, en suroxygénant le sang d’animaux infectés, détruire les vibrioniens adultes, empêcher l’évolution des corpuscules-germes et annihiler ainsi leur action.

L’auteur a successivement entrepris une série d’expériences pour préciser :

1“ La durée de la vie des animaux soumis aux inoculations septiques ;

2° Le mode d’action, sur les animaux sains, de l’oxygène pur, de l’oxygène et de l’air comprimés à différentes tensions ;

3° Les moyens d’administrer à des animaux sains de l’oxygène pur, de l’oxvgène et de l’air comprimés, de manière à éviter ou à reculer le plus longtemps possible l’intoxication oxygénale;

4° Les effets de l’oxygène, comprimé ou non, sur les animaux empoisonnés par l’agent septique;

5“ Les causes de succès ou d’insuccès de ces diverses expériences.

Il a reconnu que des souris bien portantes ne survivaient pas plus de cinquante heures à l’inoculation du sang septicémique ; que les souris parfaitement saines ne peuvent vivre au delà de soixante-cinq heures dans de l’oxygène pur; que des souris préalablement inoculées de liquide septicémique périssent quelques heures avant les souris inoculées maintenues a l’air libre, ce qui

semble prouver que l’action malfaisante dé l’oxygène s’ajoute J celle des vibrjoniens. La quatrième série d’expériences, plus intéressante encore, a démontré que la compression oxygénale à haute tension ne peut être employée dans un but thérapeutique, et qu'il est impossible d’user de la compression oxygénale à 2 atmosphères seulement pour des animaux qui doivent vivre au delà de trente heures; mais que, d’autre part, la compression oxygénale à 2 atmosphères, a raison de cinq heures sur vingt-quatre, est facilement supportée, et que la compression de souris dans un courant d’air de 4 à 5 atmosphères n’entraîne pas, après soixante-six heures, d’accidents graves, si l’on a soin de décomprimer lentement. Ces deux derniers modes de compression peuvent donc être employés dans un but thérapeutique. Enfin une cinquième série d’expériences prouve que les animaux ainsi soumis à une compression momentanée meurent plus rapidement que ceux qui sont maintenus à l’air libre.

Nous ne voulons que citer ici les expériences du savant professeur de Nancy. 11 serait prématuré d’en tirer des conclusions définitives; mais elles sont très-intéressantes par elles-mêmes et iudi-

3uent la voie à suivre pour arriver à rendre profitables, au point e vue thérapeutique, les mémorables découvertes de M. P. Bert.

VARIÉTÉS

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