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COURS- DE CLINIQUES SPÉCIALES INSTITUÉS DANS LES FACULTÉS DE MÉDECINE

Nous avons publié dans notre précédent numéro (p. 275) le décrét instituant, près les facultés de médecine, des cours complémentaires de cliniques spéciales. Ce décret est si singulièrement rédigé qu’il nous paraît nécessaire d’examiner ce qu’il) semble indiquer. Nous n’avons plus à exposer ici les questions de principe que soulève cette création de cours de cliniques spéciales. Nous nous sommes déjà suffisamment expliqué à cet égard (voy. Gaz. liebd., 1878, p. 370 et 387) à l’occasion du rapport présenté à l’assemblée de la Faculté dans sa séance du 18 avril 1878, par M. le professeur L. Le Fort. Nous persistons à penser que l’enseignement des spécialités est nécessaire, que la Faculté avait été mal inspirée en rejetant en 1877 les conclusions du rapport deM. Broca, demandant la création de chaires magistrales destinées à l’enseignement des spécialités les plus indispensables à connaître, et, qu’en revenant sur un vote déterminé par des considérations étrangères aux intérêts de l’enseignement publie, elle a émis un vœu auquel devront applaudir tous ceux qui espèrent dans l’avenir de nos facultés. Nous persistons également à croire que le concours, et un concours spécial, donnerait plus de garanties que tous les titres officiels à la nomination des titulaires de ces chaires de clinique. Mais ces questions ne sont pas soulevées par le décret nouveau. Ce décret paraît même singulièrement arriéré. Depuis l’année dernière, en effet, les conclusions du rapport de M. L. Le Fort, adoptées par la Faculté, ont été sanctionnées par des décrets présidentiels. Une chaire magistrale de maladies mentales, une chaire magistrale d’ophthalmologie, une chaire magistrale do maladies des enfants ont été officiellement créées. Leurs titulaires ont été officiellement installés. Nous croyons savoir que le nouveau ministre de l’instruction publique va trèsprochainement demander les fonds nécessaires pour la création d’une chaire de dermatologie.

La question des cliniques spéciales se trouve donc à peu près complètement résolue en ce qui concerne la Faculté de Paris. A Lyon, la situation est analogue à quelques égards. Comment comprendre dès lors que Le décret du 15 avril dernier ne fasse aucune allusion à ces créations de chaires magistrales, et qu’il ne parle dans son article 2’ que de chargés de cours, alors qu’il existe des professeurs titulaires? Comment se fait-il que l’article 3 fasse allusion à )une disposition du décret du 20 août 1877, que les nominations récentes semblent avoir abrogée malgré les titres officiels dont plusieurs médecins dns hôpitaux, non agrégés, ont été et se trouvent encore investis? Il nous paraît bien difficile de répondre clairement à ces questions. Ou plutôt une seule réponse semble pouvoir leur convenir.

Le décret du 15 avril 1879 est le coruplémeiit du décret du 20 août 1877. Il affirme l’existence des cours complémentaires de clinique annexe que nous avions annoncés le 14 juin 1878, à propos de nominations faites à la Faculté de Montpellier.

Depuis cette époque, les titulaires de ces chaires de clinique

attendaient en vain les services qui leur étaient nécessaires

et une délégation officielle qui leur permît de commencer leurs cours. A plusieurs reprises, ils avaient lait réclamer auprès de l’administration centrale l’exécution, de l’arrêté qui les avait nommés. On se sera ému deces plaintes si légitimes. On aura recherché si aucun projet de décret complémentaire n’avait été oublié dans un carton ministériel. El ce projet de .décret ayant été retrouvé, on l’aura présenté à la signature du président de la République sans réfléchir que, depuis l’époque où il avait été rédigé, bien des modifications avaient été apportées aux décisions précédemment prises. Telle est la seule explication que nous croyons pouvoir donner de- cet étrange document. Il faut en supprimer tout ce qui concerne la Faculté de Paris, n'en retenir que ce qui a trait aux facultés de province et reconnaître qu’il serait quelquefois utile de consulter l’inspecteur générai de la médecine, seul compétent en pareille matière, avant de publier des documents officiels qui, sortis des bureaux du ministère, sont imprimés au Journal officiel sans avoir ôté mis d’accord avec Les décrets et Les arrêtés précédemment publiés.

Les titulaires des chaires magistrales de clinique récemment nommés ne sont point, visés par ce décret. Les titulaires des chaires complémentaires de cliniques spéciales, nommés par M. J. Brunet à la suite du décret du 20 août 1877, n’ont jamais reçu . qu’un titre contesté par la Faculté, et l’invitation de fournir à son doyen le programme des cours qu’ils, n’ont jamais ouverts et qu’ils ne seront jamais sans doute appelés à ouvrir. Le décret du 15 avril 1879 reste donc une énigme, à moins qu’il ne soit, comme nous le croyons, une étourderie administrative.

Facolté de médecine de paius. Chaire de pathologie générale. L’assemblée des professeurs a formé hier mercredi sa liste de présentation des candidats pour la chaire de pathologie générale. En première ligne, M. Bouchard (17 voix contre 13 obtenues par M. Hayem ; en seconde ligne , M. Hayem (24 voix); en troisième ligne,, M. Lécorché (12 voix).

— On assure que M. Hayem est chargé du cours de thérapeutique en remplacement de M. Guhler.

CONSEIL général de la seine — service médical dans les écoles1 COMMUNALES ET LES SALLES D’ASILE.

Séance du 23 avril 1879. — Sur le rapport de M. Et ovel aequo, 1 le conseil adopte un projet de délibération dont voici les dispositions principales :

1° Il sera institué, à partir du lor avril 1879, un service médical dans les écoles communales et les salles d’asile.

2” Ces établissements seront groupés en circonscriptions d’ins-' pection médicale, de façon que chaque circonscription ait un effectif de vingt à vingt-einq classes, chaque salle d’asile étant comptée pour deux classes.

3c Le traitement attaché aux fonctions de médecin-inspecteur sera de: 600 francs par an.

5° Les médecins-inspecteurs, seront nommés par le préfet d’après une liste de présentation dressée eu nombre, triple par les médecins de la circonscription). Les, médeeins-inspecteurs devront être pourvus du titre de docteur.

8° Il est créé, conformément au tableau ei-dessus, 114 places, de médecin-inspecteur dans le département, soit 85 pour les, circonscriptions parisiennes et 29 pour les circonscriptions subur haines.

9° Toute école ou salle d’asile devra recevoir deux fois par mois la visite du médecin-inspecteur .

10° Après chaque visite, le médecin-inspecteur adressera au maire un bulletin contenant le résultât' de la visite.

11° Le médecin-inspecteur recevra aux jours et heures habituels de ses consultations les enfants désireux d’obtenir un certificat de rentrée. Tout enfant éloigné momentanément dé l’écol'e comme atteint d’une maladie contagieijise ne pourra y rentrer- que muni de ce certificat. 1 ■ ■

2 Mai 1879

Nécrologie. — Les obsèques de M. Gubler ont eu lieu samedi dernier à l’église Saint-Roch, au milieu d’une assistance nombreuse, où l’on sentait l’émotion causée par une perte si regrettable pour la science et pour les malades. ^ Suivant le désir manifesté par le défunt, aucun discours n’a été prononcé sur sa tombe.

— Nous annonçons avec peine la mort de M. le docteur Edouard Guérard, praticien très-distingué de Paris. Il était, l’un des élèves préférés au regretté Bazin, auquel il prêtait souvent le concours de son érudition et de sa plume pour la rédaction de travaux sur les maladies de la peau. Guérard a collaboré activement à l’un des articles les plus importants du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, l’article Dermatoses, qui n’a pas encore paru, mais qui est tout entier entre les mains de la direction.

— Nous apprenons la mort de Charles Murchison, un des cliniciens les plus distingués de la Grande-Bretagne. Murchison est l’auteur d’un nombre considérable de mémoires sur divers sujets de pathologie et d’épidémiologie, mais il est surtout, connu parmi nous par ses deux importants ouvrages sur la lièvre typhoïde et les troubles fonctionnels du foie. Le Traité de la fièvre typhoïde, récemment traduit pat'M. Lutaudet annoté par M. Henri Gueneau de Mussy, était extrait du grand ouvrage de l’auteur anglais sur les fièvres continues de la Grande-Bretagne. Le Traité des maladies fonctionnelles du foie, œuvre plus récente, a été traduit par M. Jules Cyr.

Murchison est mort subitement à l’âge de cinquante-cinq ans. 11 était arrivé à une haute situation scientifique et professionnelle. Son enseignement clinique ôtait très-suivi à l’hôpital Saint-Thomas. Peu de jours avant sa mort il avait été nommé médecin de la famille royale.

Collège de France. — M. le professeur Brown-Séquard a recommencé ses leçons le lundi 21 avril ; il les continuera les lundis, mercredis et vendredis, à dix heures du matin. Les leçons du mercredi et du vendredi sont consacrées aux expériences, la leçon du lundi à l’exposé didactique. >

Hospice de la Salpêtrière. - Cours public de pathologie mentale. M. le docteur Luys reprendra ses leçons sur la structure du cerveau et la pathologie mentale le dimanche 11 mai, à neuf heures un quart (Salle des consultations à l’infirmerie générale), et les continuera les dimanches suivants à la même heure. — Le cours, cette année, aura pour objét l’étude des circonvolutions cérébrales et celle de la paralysie générale.

— Par arrêté du ministre de l’intérieur et des cultes, en date du 18 avril 1879, M. le docteur Delasiauve, ancien médecin des aliénées de la Salpêtrière, a été nommé médecin honoraire de cet établissement.

Hôpital Saint-Louis. — Conférences sur les maladies de la peau et la syphilis. — M. le docteur Alfred Fournier commencera ces conférences le vendredi 9 mai, et les continuera les vendredis suivants, à la même heure. — Le mardi, conférences au lit des malade, à neuf heures.

— Conférences de clinique dermatologique. — M. le docteur Ernest Besnier, médecin de l’hôpital Saint-Louis, reprendra ses conférences de clinique dermatologique le mercredi 7 mai, à neuf heures, salles Saint-Léon et Saint-Thomas, et les continuera les mercredis suivants, à la même heure. Les conférences de cette série, destinées en particulier au diagnostic et à la thérapeutique appliquée, auront heu exclusivement au lit du malade. — Lundi, consultation externe. Mardi, premier examen des- nouveaux. Mercredi, clinique. Jeudi, policlinique. Vendredi et samedi, revue générale des malades.

. Population de la France. — Une étude statistique, communiquée à l'Académie des sciences de Paris, sur le mouvement de la population en France comparé à celui des principaux Etats de l’Europe, et notamment de la Prusse, présente les’ chiffrés sui-

En Prusse, par 109 mariages on compte 460 enfants, tandis qu’en France on n’en compte que 300 environ. Le nombre des naissances, pour 100 individus de la population totale, est en Prusse de 3,98 et seulement de 2,55 en France.

L’excédant annuel des naissances sur les décès, calculé sur un million d’habitants, s’élève en moyenne à 13 600 en Prusse et s’abaisse à 2400 en France ... 11 résulte des chiffres ci-dessus que le doublement de la population en France demande près de 170 ans pour s’effectuer, tandis que celui de la Prusse en demande seulement 42 (celui de la Grande-Bretagne, 52, celui de la Russie, 60, etc.).

Errata. — Dans le compte rendu de la séance de l’Académie de médecine du 22 avril, page 270, deuxième colonne, ligné. 27, il a été imprimé par erreur : « ces pleurésies multiloculaires supportent admirablement la thoracentèse »; l’orateur avait dit : « supportent impatiemment ». '

— Page 262, neuvième ligne de la première colonne, au lieu de : « que d’échapper selon les règles », lisez : « contre les règles

Et huit lignes au-dessous,, au lieu de.: « ce qui est la fin de la médecine », lisez : « le fin ». — Page 266, quinzième ligne de la première colonne, au lieu de : « que le médecin vienne » , lisez : « que la médecine » .

— Page 251, première colonne, ligne 34, après décembre, mettez 1874 au lieu de 1854.

État sanitaire de la ville de Paris :

Du 17 au 24 avril 1879, on a constaté 1171 décès, savoir :

Fièvre typhoïde, 24. — Rougeole, 34. — Scarlatine, 2. Variole, 33. — Croup, 23. — Angine couenneuse, 17. — Bronchite, 60. — Pneumonie, 81 . — Diarrhée cholériforme des jeunes enfants, 9. — Choléra noslras, 0. — Dyssenterie, 1 . — Affections puerpérales, 6. — Erysipèle, 3. — Autres affections aiguës, 264. — Affections chroniques, 509 (dont 192 dus à la phthisie pulmonaire). — Affections chirurgicales, 65. — Causes accidentelles, 40.

SOMMAIRE. — Histoire ET critique. Physiologie expérimentale : innervation de cœur. — Travaux originaux. Thérapeutique : Sur un nouveau diurétique, la Blatte. — Sociétés savantes. Académie des sciences. — Académie de inédeoine.

— Société médicale des hôpitaux. — Société de chirurgie. — Société do thérapeutique. — Réunion annuelle dos délégués des Sociétés savantos dos dépnrtomcnls. — Revue des JOURNAUX. Sur l'action physiologique des purgatifs. —

— Bidliograpiiie. Indox bibliographique. — Variétés. Association générale des médecins do France. — Cours de cliniques spéciales institués dans les Facultés de médecine. — Faculté de médecine 'de Paris.' — Conseil général de la Seine.

G. Masson, Propriétaire-Gérant.

OUVRAGES DÉPOSES AU BUREAU DU JOURNAL

Manuel d’histoire naturelle, par le docteur J.-L. do Lanessan. Prcmicro partie : Botanique. 1 volume in-18 jésus de 720 pages, avec 450 figures dans lotoxto. La deuxième partie sera remise aux souscripteurs dans le courant du mois do mars 1879. — L’ouvrage complet formera 1500 pages, avec 1100 figures dons le texte. Paris, O. Düin. Prix de l'ouvrage complet. 14 fr.

Manuel pratique de gynécologie et des maladies des femmes, par le docteur L. do Sinely. 1 vol. iii-8 do 850 pages, avec 250 figures dansle texte. Première partie (la

Du traitement de la métrile chronique perla cautérisation au fer rouge, parle docteur P. Rollet. In-8. Paris, O. Doin. 2 fr.

Thérapeutique oculaire, par le docteur L. de Wecltor. Leçons recueillies et publiées par le docteur Massclon, revues par ic professeur. 1 fort vol. in-8 do 830 pages, avec fig. danslo toxto. Ouvrage complot. Paris; O. Doin. 13 fr,

Leçons cliniques sur les maladies des nouveau-nés (Syphilis héréditaire, Alhrop- • sie), faites ù l’hospice dos Enfants assistés (1876), par le professeur J. Parrol. Paris, A. Cuccoz. . ' “ ’ V : ‘ ' 2 fr.

Des causes du traitement et du rachitisme, par le docteur Dauvergne père. In-8. Paris, O. Doin. 1 fr. 50

Vingt-sixième année N° 19 |~u 9 Mai 1879

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECTïil ET DE CHIRURGIE

Comité de rédaction : A. DECHAMBRE, président ; BLACHEZ, DIEULAFOY, A. HÉHOCQUE, L. LEREBOULLET, A. -H. MARCHAND

Adresser tout ce qui concerne la rédaction au siège du Comité, chez Al. Dechambre, 91, rue de Lille (avant le mardi de préférence)

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