LE COURS DE CLINIQUE MENTALE. - -CONSEIL GÉNÉRAL
(Séance du 1er mai 1879.)
M. Boiirneoille présente un rapport sur un projet présenté par le ministre de l’instruction publique en vue d’installer la clinique de pathologie mentale à l’Asile S: 'kile-Anne. La commission, persuadée que l’enseignement cliniq te de la pathologie mentale est
indispensable, a le devoir de montrer qu’il serait possible de concilier l’intérêt de l’enseignement et celui du département. Dans ce but, le département pourrait autoriser l’Etat à construire à ses frais, sur un terrain d’une contenance d’un hectare environ, situé rue d’Alésia, en face de l’Asile, un pavillon pour une cinquantaine de lits, et qui formerait pour ainsi dire une annexe de l’Asile Sainte-Anne. Celte annexe serait pourvue de malades par le bureau d’admission, comme les autres asiles; les malades seraient entretenus aux frais du département et, de plus, le professeur pourrait, d’accord avec les médecins de l’établissement, faire venir à sa clinique les malades paisibles qui lui paraîtraient offrir un intérêt général au point de vue de l’instruction des élèves. De la sorte, l’Etat serait chez lui et les services ne seraient pas désorganisés.
M. Loiseau proteste contre le projet présenté par le ministre. En ce qui concerne l’emplacement choisi pour l’établissement de la clinique mentale, M. Loiseau estime que ce n’est pas sur les terrains de la rue d’Alésia qu’il faudrait construire les bâtiments nécessaires : on ne pourrait y placer qu’un nombre trop restreint de malades pour faire un cours intéressant, susceptible d’attirer un grand nombre d’auditeurs.
11 faut mettre à la disposition du professeur un local plus vaste pouvant contenir deux cents malades. Les deux pavillons neufs placés en dehors de l’Asile Sainte- Anne proprement dit, à gauche du bureau d’admission, paraissent parfaitement propres à celte destination. M. Loiseau présente, en conséquence, un contre-projet tendant à mettre ces deux pavillons à la disposition du ministre de l’instruction publique pour l’établissement de la clinique des maladies mentales. Une salle de cours et un laboratoire y seront annexés par les soins du ministre de l’instruction publique.
M. Bourneville ne veut pas examinerlecontre-projet de M. Loiseau; il se borne à faire remarquer que le bureau d’admission ayant été reconnu insuffisant, c’est pour cela qu’on y a adjoint les deux pavillons nouveaux, et cette insuffisance est reconnue par tout le monde, même parlesinstructions ministérielles. On a pensé, même au ministère, non pas à ces deux pavillons, mais à l’un d’eux, et voici comment M. le ministre apprécie cette combinaison : « Ce pavillon ne se prêterait qu’à une sorte de classement rudimentaire des malades. Cependant, pour 90 places de malades, on ne saurait, d’après l’avis de l’architecte, évaluer la dépense d’appropriation provisoire à moins de 100000 francs, sans compter les frais de remise en état lors de l’installation définitive, d
M. le Préfet de la Seine dit que si le conseil vote l’impression du rapport de M. Bourneville et du contre-projet de M. 1, oiseau, il serait préférable d’ajourner le vote à la prochaine séance. M. le préfet rappelle que depuis deux ans un professeur des maladies mentales a été nommé; depuis ce temps, ce professeur n’a pas pu trouver une clinique pour faire son cours. Cette situation ne peut durer. La question n est pas insoluble. Le ministre repousse le projet propose par le conseil général en raison de la dépense considérable; mais il peut y avoir une combinaison intermédiaire à proposer. Ce que le préfet désire, c’est que de la délibération du oonseil sorte, autant que possible, une solution affirmative et non pas seulement une négation. Il a besoin, pour bien conduire les négociations ultérieures, de connaître le sentiment du conseil général qui, en définitive, restera maître de la solution.
M. Thulié constate que le conseil n’a pas l’intention d’éntraver ’é tablissement d’une chaire nouvelle. Un premier projet du ministère a été repoussé par le conseil qui a offert de donner gratuit -e ment un terrain à la condition qu’il y serait bâti un petit hospicl destiné à établir une clinique de pathologie mentale. Cette clini que, en effet, n’a pas besoin de contenir de nombreux aliénés; u suffit que les divers types y soient représentés, cinquante oz soixante lits sont suffisants. Le terrain offert semblait d’assegrande contenance. D’ailleurs, il faut s’efforcer, dans l’établissement de maisons hospitalières, d’épargner les finances de la ville.
L’impression du rapport de M. Bourneville et du contre-projet de M. Loiseau, ainsi que le renvoi de la discussion à la prochaine séance, sont prononcés. Il est de plus entendu que cette affaire figurera en tête de l’ordre du jour. ,
— Dans la séance suivante, après des observations présentées par JIM. Loiseau, Thulié; 'le rapporteur, les conclusions de la commission ont été adoptées, ainsi qu’un article additionnel déposé au cours de la discussion par M. de Lanessan, ainsi libellé : « Le conseil général abandonne, pour le service du professeur ;de cli ;
9 Mai 1879
nique mentale, l’un des deux pavillons neufs de l’asile Sainte- Anne. j)
Statue de Pinel. — Le Conseil général a volé une subvention de 2000 francs à la Société chargée de l’érection de la statue de Pinel, et émis le vœu qu’elle soit élevée sur la place de la Salpêtrière.
APPEL AUX MÉDECINS ET AUX ÉTUDIANTS EN MÉDECINE DE PARIS ET DE LA PROVINCE.
11 s’est formé à Paris un comité français de secours aux inondés de Szegedin, ville de Hongrie, détruite par un débordement de la Theiss. Au nombre des membres de ce comité, se trouve un groupe de médecins qui se croient autorisés à faire appel à l’esprit de charité de leurs confrères. La France studieuse n a pas oublié que, pendant les désastres de 1870-1871, elle a reçu de nombreux témoignages de sympathie, et nue nos soldats prisonniers et malades en Allemagne ont été chaleureusement secourus par la bienfaisance des magyars.
La souscription ouverte en faveur des inondés hongrois, si bien accueillie par tous nos concitoyens, trouvera de chauds partisans parmi nos confrères et la jeunesse de nos écoles. Nous venons leur demander de tendre une main secourable à un pays où le nom de la France est dans tous les cœurs.
Ball, Broca. Krishaber, baron Larrey, Peter.
Nota. Les souscriptions sont reçues dans tous les bureaux de la Société générale à Paris et en province. Les noms des souscripteurs sont publiés dans le Journal officiel. On peut souscrire également au liureau de la Gazette hebdomadaire.
— Le bureau de santé de l’empire allemand, bureau établi à Berlin, fait publier que, d’après les rapports du professeur Hirsch, il est hors de doute que l’epidémie qui a éclaté sur le Volga, et qui est maintenant terminée, était la peste bubonique (Beulenpest), et qu’il y a certaines probabilités pour nue la guerre d’Asie ne soit pas étrangère à la marche et au développement du fléau.
Faculté de médecine de Paris. — Nous avons annoncé, dans notre dernier numéro, que le vote qui a eu lieu à la Faculté de médecine de Paris, pour la nomination d’un professeur depathologie'générale, avait donné 17 voix àM. Bouchard et 13 à M. Ilayem. Nous ajoutons que M. Maurice Raynaud avait obtenu 2 voix.
— M. G. Hayem, agrégé désigné pour faire cette année le cours de thérapeutique a commencé ses leçons le mardi 6 mai, à cinq heures, et les continuera les mardis, jeudis et samedis, à la même heure. M. Hayem a choisi comme sujet de cours : « Les grands médicaments. »
Bureau central. — Concours pour deux places de chirurgien du Bureau central. — Voici les noms des membres du jury : MM. Broca, Gosselin, de Saint-Germain, Maisonneuve, Marc See, Lucas-Championnière, Vidal, :
Exercice de la médecine. — Un décret en date du 3 mai 1879, rendu sur la proposition du ministre de la marine et des colonies, a réglementé aux îles Saint-Pierre et Miquelon l’exercice de la médecine, de la pharmacie et de la profession d’accoucheuse.
Quarantaine. — Le ministre de l’agriculture et du commerce vient de décider la suppression de la quarantaine appliquée aux provenances du littoral de l’empire ottoman, et le maintien, jusqu’à nouvel ordre, d’une observation de vingt-quatre heures contre les provenances des ports russes des mers Noire et d’Azoff, avec désinfection des objets suspectés.
Service médical de nuit. — Pendant le premier trimestre de 1879, 1383 malades ont été soignés parle service médical de nuit, dans la ville de Paris.
Assistance publique. — En exécution de l’arrêté préfectoral en date du 15 février 1879, approuvé le 20 du même mois par le ministre de l’intérieur, qui règle le mode de recrutement du personnel médical attaché au service du traitement à domicile, le directeur de l’administration générale de l’Assistance publique a l’honneur d’informer les médecins du XIe arrondissement que le dimanche 18 mai 1879 il sera procédé, dans une des salles de la mairie, à l’élection d’un médecin. Le scrutin sera ouvert à midi et fermé à deux heures.
Vacance des fonctions de bourreau, c On assure, lisons-nous dans le Journal des Débats, que le nombre des postulants à la succession de M. Roch aurait été de 568, parmi lesquels 21 cochers et 87 médecins. Le nouvel exécuteur étant déjà nommé, toutes ces demandes ont été rejetées. > Cette nouvelle est absolument inexacte et n’était sans doute qu’une plaisanterie.
École de médecine de Toulouse. — Par décrets en date du 1" avril 1879, la chaire d’histoire naturelle et matière médicale, à l’Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de Toulouse, prend le titre de chaire d’histoire naturelle; la chaire de chimie appliquée à la médecine et à la pharmacie prend le titre de chaire de chimie et toxicologie; la chaire de pharmacie prend le titre de chaire de pharmacie et matière médicale.
École de médecine de Reims. -- Par décrets en date du 15 du même mois, la chaire d’anatomie descriptive, à l’Ecole préparatoire de, médecine et de pharmacie de Reims, prend le titre de chaire d’anatomie ; la chaire de pathologie externe prend le titre do chaire de pathologie externe et médecine opératoire; la chaire d’histoire naturelle médicale prend le titre de chaire d’histoire naturelle; la chaire de thérapeutique prend le titre de chaire d’hygiène et thérapeutique.
Il est créé à ladite Ecole une chaire de chimie et toxicologie.
École de médecine d’Amiens. — Par décrets en date du 15 avril 1879, la chaire de pathologie externe à l’Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie d’Amiens prend le titre de chaire de pathologie externe et de médecine opératoire; la chaire de thérapeutique et d’histoire naturelle médicale prend le titre de chaire d’hygiène et thérapeutique.
Il est créé à ladite Ecole une chaire d’histoire naturelle.
Académie de médecine de Belgique. — L’Académie vient de nommer membres honoraires : MM. Fauvel, médecin à Paris; Pasteur, membre de l’Académie des sciences, et Vulpian, doyen de la Faculté de médecine de Paris.
Nécrologie. — Nous annonçons avec regret la mort du docteur Castara (de Lunéville), chevalier de la Légion d’honneur, chirurgien en chef de l’hôpital civil et militaire de cette ville.
Hôpital du Midi. — M. le docteur Charles Mauriac commencera ses leçons cliniques sur les maladies vénériennes le samedi 17 mai, à 9 heures et demie du matin, et les continuera les samedis suivants à la même heure.
État sanitaire de la ville de Paris :
Du 24 avril au 1er mai 1879, on a constaté 11 28 décès, savoir :
Fièvre typhoïde, 22. — Rougeole, 29. — Scarlatine, 1. \ariole, 24. — Croup, 15. — Angine couenneuse, 19. — Bronchite, 78. — Pneumonie, 105. — Diarrhée cholériforme des jeunes enfants, 12. — Choléra nostras, 0. — Dyssenterie, 0. — r Affections puerpérales, 5. — Erysipèle, 4. — Autres affections aiguës, 270. — Affections chroniques, 474 (dont 182 dus à la phthisie pulmonaire). — Affections chirurgicales, 40. — Causes accidentelles, 30.
SOMMAIRE— Paiiis. Académie de médecine : La pleurésie aigue multiloculaire. - Histoire et critique. Physiologie expérimentale : Innervation du cœur.— Travaux orioinacx. Pathologie externe : Do l’influence que les dilTcrcntos attitudes do la tête ont sur la sortie du liquide céphalo-rachidien dans les fractures du crSne. — Sociétés savantes. Académie dos sciences. — Académie do médecine. — Société de chirurgie. — Société de biologie, — Société de thérapeutique. — BIBLIO¬ GRAPHIE. Index bibliographique. — Variétés, Le cours de clinique mentalo ; Conseil général, — Appel aux médecins cl aux étudiants en médecine de Paris cl
G. Masson, Propriétaire-Gérant.
Vingt-sixième année
16 Mai 1879
Comité de rédaction : A. DECHAMBRE, président; BLACHEZ, DIEULAFOY, A. HÉNOCQUE, L. LEREBOULLET, A. -H. MARCHAND
Adresser tout ce qui concerne la rédaction au siège du Comité, chez M. Dechaubre, 91, rue de Lille (avant le mardi de préférence)
Paris, 15 mai 1879.