LOTION AD SULFURE DE POTASSE
Le sulfure de potasse est un médicament précieux, mais il a le grave inconvénient de sentir mauvais. Cette odeur de Bariges ou d'oeufs pourris est insupportable à bien des gens. Le moyen le plus certain de l'atténuer et même de la rendre agréable, c'est d'syouter autant de teinture de benjoin qu'il y a de sulfure employé. Ainsi une solution composée de
Sulfure de potasse 1 gramme
Teinture de benjoin 1 —
Eau distillée 100 —
dégage un parfum se rapprochant beaucoup de la fleur d'acacia.
Le préparateur devra avoir soin de passer ce mélange à travers un linge, afin de ne pas laisser des fragments de réaine de benjoin dans le liquide.
Si, dans cette formule, on remplace 50 grammes d'eau distillée par autant d'eau de roses, on obtient un autre parfum, qui, comme agrément, ne le cède en rien au précédent.
Un grand nombre de dermatologistes emploient depuis longtemps des mixtures de ce genre; et, si j'en parle aujourd'hui, ce n'est que pour ûxer une formule rationnelle, facile à retenir, et aussi pour la recommander à nos lecteurs.
Je reçois souvent les plaintes de personnes chargées de laver chaque jour un chien avec une solution sulfureuse.
Avec quelques grammes de teinture de lienjoin, il leur sera facile de transformer cette désagréable odeur en un agréable parfum.
Pierre Vicier.
TRATAUX ORIGINAUX
Ph/a|olf^e eKpérlnwHtale.
Recherches expérimentales concernant : 1° les attaques
ËPILEPTIFORHES PROVOQUÉES PAR l'ÉLECTRISATIOH DES RÉ- GIONS EXCITO-HOTHICES DU CERVEAU PROPREMENT DIT ; 2° LA DURÉE DE l'eXCITARILITÉ MOTRICE DU CERVEAU PROPREMENT
DIT APRÈS LA HORT(i). Travail lu à l'Académic desscicnces dans la séance du 27 avril par H. le professeur Vulpian.
I. Attaques épileptiformes provoquées par faradisation de la substance ùlanche cérébrale sous^orticaUf après em-
(1) Voir iM B" iSat 17, p. m «t STS.
gélatioH de Véeoree grisedes régions excito-motrices des deux lobes du cerveau. — J'ai cherché à prouver, dans une précédente communication, que la substance grise corticale des régions du cerveau dites centres ffloC^urs ne joue pas, comme on l'avait admis, un r61e indispensable dans la production des attaques d'épilepsie provoquées par l'électrisation de ces régions. Non seulement on observe encore des attaques épileptiformes lorsqu'on faradise, sur un chien, la substance blanche sous-corticale d'un lobe cérébral, après excision on cautérisation de la substance grise superficielle de ce lobe — et je dois dire que MM. fiubnoff et Heidenhain l'avaien déjà constaté — mais ces attaques, ainsi que je l'ai vu dans plusieurs expériences, ont la même physionomie et la même évolution que celles qui sont provoquées par l'excitation électrique de la surface du gyrus sigmolde. Sur ce point je suis en complet désaccord avec ces expérimentateurs (t). D'autre part, MM. Bubnoffet Heidenhain disent qu'il est im* possible de fÛre naître une attaque épileptiforme sur les chiens chez lesquels on a enlevé ou aétruit la substance grise des régions superficielles excitables des deux lobes cérébraux. Or j'ai pu provoquer des attaques de ce genre, en éleclrisant, sur des chiens, la substance lilandie d'an des lobes cérébraux, après ablation ou cautérisation de l'écorce rise des deux gynis s^moldes et de la circonvolution qui orde ces gyrus ; il faut dire toutefois que je n'ai observé ({u*exceplionneIlementcesattaquesetque,iorsqu'ellesavaient lieu, elles étaient plus faibles et d'une durée moindre que chez les chiens qui avaient subi d'un seul cèté l'excision ou la cautérisation de la substance grise corticale des régions excito-motrices. Mais en employant un autre procédé d'expérience, j'ai obtenu des résultats de la plus grande netteté.
Sur un chien, après avoir mis lain^ement à découvert, des deux cfttés du cerveau, le gyrus sigmolde et la circonvolutioa qui le borde, j*ai soumis rapidement ces parties à l'action d'un jet de chlorure de méthyle sous pression (2^. Toutes les régions du cerveau mises à nu ont été congèlées en quelques instants jusqu'à une profondeur de 0",0I0 environ. Un excitateur isolé a été tout aussitôt introduit, du côté gauche, dans la substance blanche, au-dessous de la région congelée (3); un autre excitateur a été placé à la surface de cette région , et, après avoir fait passer par ces deux excitateurs un courant faradique, saccadé, de moyenne intensité, pendant deux à trois secondes, on a vu se manifester une très violente attaque d'épilepsie, qui a duré au moins deux minutes et qui n'a différé, sous aucun rapport, des attaques provoquées par la faradisation de la surface d'un des gyrus cfaei un chien dont le cerveau est intact. On a pu renouveler deux fois l'expérience et, chaque fois, on a obtenu les mêmes résultats (i). La production de fortes attaques d'épilepsie par l'électrisation de la substance blanche sous-coitieale, dans de telles conditions, démontre donc d'une façon indiscutable que cette électrisation peut agir sans que l'écorce grise des parties excito-motrices du cerveau proprement dit soit mise en jeu (5).
(1) Ln 4twl« ds MM. Babmffet H*ld«ihiin lU m polat oat M aaMipiu drai i'imparuni tnnU de MM. Frantais-Franek ei Pilm inUloM : Rtehtr^m tXf4-
rimentala et critiqua tur les eonvultiont d'orifine eortie*te (ArchiTetda tiologie normale et patholojj^que, 1883, n* S).
(S) Ce procadd a Mikéii mn «i luafe par H. Harcacei dana le* nchenhci qu'U a psblUea aar l'eaelubUilé da Mnaai.
(3) Il a faUu an certain eSMl pour Ciire iravener, par le fil de enim ren'tu de SuiU-percha aanf ■ loii eilrémiié libre, la coaehe aiiperflcielle adidiflee parla congélation.
(4) Lorsqu'on projette le chlorure de méthyle k la aiu-rice du Gorreaa, il m bit presque au-sitAt un boailloDoemcnt sur celle aorface humecté de liquide cêpbilorachidien et de aérotM languine. Aprèa la preaiière coi^atloB, les parité* <l> cerveau qui mirataubi la mgdlalion diaieal dereoues lividêa; 1m conftialiaM dn eaaaia ultérieure liaient, ■ la rigueur, Inutllea pou- produira riwrtie rMctionnelle de la aubatance ^le corticale, car cea partiea avaient bien ccrUiMmeat perdu toute vlialii^ aprèa avoir éU souniaes nus premlèro lob à racles du jat da chlorure de mdilijlc sous pression. 1
(5) Cea réawlUU cx|)<SrinienUux, publiés auiourdlrai, 0^^i3a|l^til4>i^ l'AeBddnladeaaeiflneeadasa la séance du 19 avril 1885. -O
29 Mai i885
GAZETTE HEBDOUADAïaE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
II. Attaques épileptiformet provoquées sur des animaux chloralisés. — Oo peut, comme je 1 ai indiqué dans une de mes précédentes communications, provoquer des attaques d'épîlepsie, en électrisant les points excito-moteursdu cerveau proprement dit sur des animaui curarisés. Les attaques évoluent alors exclusivement dans le domaine de la vie or-
S nique. Il m'a paru intéressant d'examiner si l'on pourrait re naître aussi des attaques d'épilepsie, par le mémo mode d'excitation, sur des chiens chJoralîsés et de rechercher, dans le cas où l'expérience donnerait un résultat affirmalif, quelles seraient les modifications subies alors par ces attaques.
Il n'est pas douteux qu'on ne puisse déterminer des accès épileptiques par l'électrisation des régions excito-motrices du cerveau proprement dit chez un chien chloralisé. Pour que l'expérience réussisse, il fautquelachloralisation, par injection intra-veineuse, ne soit pas poussée jusqu'au point où la faradisation de )a surface d'un des j^yrus ne produit plus aucun mouvement dans les membres mi c6té opposé. Lorsqu'on est obligé d'employer des courants faradiques intenses pour obtenir, par l'électrisation de cette région, de faibles mouvements dans les membres, on doit interrompre les injections de chloral hydraté.
Sur un chien, dans ces conditions, j'ai faradisé, pendant deux ou trois secondes, avec un assez fort courant, la substance blanche sous-corticale, au-dessous de la région cérébro-cnirale de l'écorce cérébrale, pendant ^ue Ton prend un tracé hémodjnamométrique de la pression sanguine intra-carotidienne. Quelques instants après que les excitateurs sont enlevés, on vott la pression artérielle s'abaisser très notablement pendant quelques secondes ; puis elle remonte k sa hauteur primitive. Les petites collines,
3ui correspondent sur le tracé aux mouvements du cœur, eviennent à peine visibles pendant l'abaissement de la pression, puis elles s'élèvent de nouveau et deviennent IiientAt plus saillantes qu'avant Télectrisation et après cinq ou six secondes reprennent leurs premiers caractères. En même temps que les pulsations du sang carotidien étaient plus fortes, elles étaient aussi un peu moins fréquentes qu'au début du trdcé.
La respiration, après la faradisation, devient plus fréquente et plus ample.
Les yeux reprennent leur situation normale et les pupilles se dilatent.
Il n'y a aucun mouvement des membres ; au contraire, il se
{iroduit un tic spasmodique dans les commissures labiales. I n'y a pas la moindre salivation.
En somme, les symptômes d'attaques épîleptîformes se sont réduits, chez ce chien, à des modifications des mouvements du cœur, de ceux de la respiration, à des phénomènes oculo-paptllaires et à de la chorée rythmique de certains muscles de la face. Je ne parle pas de troubles vaso-moteurs, bien qu'il y ait eu un abaissement de la pression intra-arlérielle dans les premiers moments de l'attaque, parce que cette dépression a eu pour cause évidente raffaiDlissement considérable des mouvements cardiaques et non pas une modification de l'action des nerfs vaso-moteurs.
Deux autres expériences du même genre m'ont donné, d'une façon générale, les mêmes résultats. Toutefois, dans ces deux cas, je n'ai pas observé de mouvements de la face, et l'abaissement de la pression, pendant l'attaque, a été moins considérable que dans la première expérience. Ce sont là les différences qui dépendent du degré de la chlora- Usation. Si la chloralisation est assez profonde pour qu'il y ail menace d'une syncope cardiaque, la faradisation des régions excito-motrices du cerveau proprement dit ne produit plus aucun effet, ni sur le cœur, ni sur la respiration.
III. Influence des attaques épileptiques produites par électrisation du cerveau proprement dit sur la temjpérature rectale. — J'ai étudie cette influence chez des animaux
non curarisés et non anesthésiés, chez des animaux curarisés et chez des animaux chloralisés ou morphinisés.
Je me bornerai à consigner ici les résultats de ces expériences faites avec le même thermomètre, introduit dans le rectum jusqu'à la même profondeur, sur des chiens de même taille ou à peu près.
a. Sur un chien non curarisé et non anesthésié, la température rectale, qui était de 39*,2 G. avant l'attaque, est montée rapidement à 39°, 3 après l'attaque, puis est redescendue à 39°,2. Même résultat à la suite d une autre attaque.
b. Ce même chien est chloralisé par injection intraveineuse de chloral hydraté. La température rectale s'abaisse en peu de temps à 37'',6 G. A ce moment, elle ne descend
fdus que très lentement. On provoque une attaque épileptiorme (modifiée par le chloral). Pendant et après cette attaque, la température s'abaisse rapidement de 0°,0â en une minute.
L'expérience répétée deux fuis donne le même résultat : il y a, sous l'influence de l'attaque, un abaissement rapide de plus de 0*,01, et il n'y a ensuite aucune tendance à une élévation thermique.
a. Chien curarisé. — Avant l'attaque épïleptique interne provoquée par l'électrisation de la région ezcilo-motrice du cerveau proprement dit, la température rectale est de 37%10. Après l'attaque, la température rectale baisse de 0°,10 et remonte ensuite à 37'',08. D'autres attaques provoquées agissent dans le même sens sur la température rectale.
d. Chien morphinisé par injection d'une solution aqueuse de 5 centigrammes de chlorhydrate de morphine dans la veine saphène. Les attaques épileptiformes provoquées déterminent une élévation de la température rectale de œ,02 à (>,13.
On voit par ces expériences que les attaques épileptiques, provoquées par faradisation des régions excito-motrices du cerveau proprement dit. déterminent une augmentation de la température rectale lorsqu'elles donnent lieu à des convulsions des muscles de la vie animale (chiens non curarisés et non anesthésiés) et qu'elles ont pour conséquence un abaissement de cette température lorsqu'elles évoluent exclusivement dans le domaine de la vie organique (chiens curarisés ou chloralisés). Les actions vaso-conslrictives généralisées chez les animaux curarisés, l'affaiblissement passager des mouvements du cœur chez les animaux chloralisés pendant les attaques, probablement aussi la diminution de 1 activité des phénomènes physico-chimiques de la nutrition, paraissent être les causes principales de cet abaissement thermique.
IV. Durée de Veaseitabilité cérébrale après la mort. — Les parties postérieures du cerveau avaient été mises à découvert largement sur un chien morphinisé. Une hémorrhagie extrêmement abondante et qu'on eut la plus grande peine à arrêter, causa en peu de minutes an tel affaiblissement que la mort était imminente. On se hâta d'agrandir l'ouverture du crâne, du cêté gauche, pour mettre le gyrus sigmolde à découvert. Avant la fin de cette opération, le cœur s'arrêta et les mouvements réflexes des paupières cessèrent aussitôt. On put faradiser la surface et les profondeurs du gyrus sigmolde, moins d'une minute après le dernier mouvement du cœur. Avec un courant d'une très grande intensité, on n'obtenait plus le moindre mouvement des membres ni d'un côté ni de l'autre. Au contraire, même avec un courant moins fort, on provoquait d'assez fortes contractions de la moitié correspondante de la face, du temporal et du masséter, même des muscles du cou et, en outre, quelques légers mouvements de la face du côté droit. II sumsaït de diminuer encore un peu la force du courant pour limiter les effets dans le côté gauche de la face. Il n y avait aucune modification des pupilles. Le cerveau avait ne|du toute ^citabilité motrice, et les contractions obserwesi uniquement à une propagation physique^al&Erc
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proche en proche, des poiots électrisés aux nerfs et aux muscles les plus voisins. Un quart d'heure après la mort, on obtenait encore des effets de ce genre, à Taide d'un fort courant.
Celle expérîânce conGniid toutes celles qui prouvent que, chez les mammifères supérieurs, dans les conditions ordinaires, la substance du cerveau proprement dit perd son excitabilité motrice aussitôt que la circulation y a complètement cessé.
Sur la raison de Vimpuissance des excitants Mécaniques à meUre en jeu les régions excito-motrices du cerveau prôprêment dit. — Les régions excitables du cerveau proprement dit ne sont mises en activité, d'une façon constante, que par l'électricité. Les excitants mécanitiues, chimique^, thermiques, n'ont, en général, aucune action sur elles. Au début des études expérimentales sur les zones motrices du cerveau, on croyait même à l'impuissance absolue de ces moyens d'excitation. Plus tard, on a reconuU qu<^, dans certaines conditions, les excitants mécaniques et thermiques pouvaient, en agissant sur ces régions, provoquer de faibles mouvt^ments dans la moitié de la face ou dans les membres du côté opposé à la région motrice sur laquelle on opérait. M. Brown-Séquard, M. Couty, MM. Françots-Francli et Pitres et d'autres expérimentateurs ont constaté des faits de ce genre (1). C'est principalement sur des chiens, dont les régions cérébrales motrices étaient atteintes d'irritation inflammatoire, que l'un a vu l'excitation mécanique ou thermique de ces régions déterminer des mouvements. Ce sont là en réalité des faits exceptionnels, et il est indubitable que les excitants mécaniques ou thermiques n'ont presque Jamais aucune influence excito-motrice, lorsqu'ils agissent, chez le chien, sur le gyrus sigmolde, âur la circonvolution qui le borde ou sur la substance blanche sûu<i-jacente.
A quoi tient ^cette dissemblance entre les excitants électriques, qui agissent facilement sur ces régions du cerveau, et les excitants mécaniques, thermiques ou chimiques, qui sont pr<>sque toujours sans la moindre action. L'excitabilité des nbres nerveuses gui émanent du gyrus sigmoide seraitelle toute spéciale, différente de celte deâ fibres nerveuses de la moelle épintère et surtout de celle des fibres nerveuses des nerfs?
On peut se convaincre aisément qu'il b'y a là aucune différence entre ces diverses fibres sous le tttpport de la naturê de leur excitabilité. Si les fibres nerveuses sons-corticales du cerveau, qui mettent la substance grise superficielle du c%tveau en communication avec les foyers ^origine des nerfs moteurs bulbaires et des nerfs moteurs médullaires, ne sont excitables d'oi^ïnaire que par l'élçctricité (statique, galvanique, faradique), c'est que leur excitsïtilile expérimentale est relativement faible ; qu'elle est trop faible pour pouvoir être mise en Jeu par les excitants mécaniques, thermiques ou chimiques.
Rien n'est plus certain que la faiblesse relative de Texcitabilité des Gbres exrilo-motrices de la substance blanche sous-corticale. Avec l'appareil à courants induits (appareil à chariot de Du Bois-Reymond) dont Je dispose dans mon laboratoire, on peut provoquer des contractions dans les muscles innervés par le nerf sciatique. en faisant passer dans ce nerf le courant extrêmement iaible que l'on obtient lorsque la bobine au fil induit a parcouru sur la coulisse un trajet de plus de 0",50. Or, pour provoquer un mouvement dans le membre postérieur droit, sur un chien légèrement morphinisé, en faradisant la substance blanche située au-dessous de la région corticale cérébro- crurale d'un côté, du côté gauche par exemple, il faut au moins le courant obtenu avec le
\i) rai cDtMiun^wt a rAtadénia àm tcknen 1m rtiiiluii itmfitintm qui éufalinMt^ 1m MciuUou stawIfOM du eanau peuvant ddlarainar un ur- Uin degré d« souffrance.
même appareil, lorsque la bobine eu fil induit n'a parcoura sur la coulisse qu'un trajet de 0",23 ; souvent même or ni obligé de rapprocher un peu plus les deux bobines l'ime de l'autre.
Pour prouver que c'est bien c«tte faiblesse relative de l'excitabilité des fibres motrices sous-corticales, qai est la cause de l'impuissance des excitants mécaniques, thermiques ou chimiques que Ton fait a^r sur elles, il suffît de démontrer qu'un nett quelconque, le nerf sciatique par exemete, cesse de provoquer des contractions musculaires, sous 1 influence nés excitations mécaniques, thermiques ou chi<' miques, lorsqu'il ne répond plus qu'à l'action de coarantsde l'intensité nécessaire pour mettre en activité les Gbres dont il s'agit. Les expériences ne laissent aucun doute à cet égard.
J'ai examiné sur des chiens, peu d'instants après la mort, Pélat de la motricité de$ nerfb sciatiques, sans les couper. Sur un de ces animauk. la faradisation de l'un de ces nerft, la bobine au fll Induit étant écartée de 0",iO, nrovoqnait des contractions faibles, mais très nettes dans les musc!» du membre postérieur correspondant ; l'excitation mécanique produisait un efï^t tout aussi apparent. Au bout de quelques minutes, l'excitabilité, tant mécanique que faradique, du nerf sciatique avait légèrement atigmenté. Cette excitabilité diminuait ensuite de nouveau ; il était nécessaire, pour h mettre en Jeu, de rapprocher la bobine au fil induit de O'.id à 0",40. Il y avait, à ce moment, vingt-huit minutes que !'»• nimal était mort. L'excitation mécanii^ne du nerf ne produisait plus qu'une contraction, presque imperceptible dans les muscles de la cuisse. Deux ou trois minutes plus tard, le nerf ne répondait plus à la faradisation que lorsque la bobine an fil induit élait à 0*,35 du point ou elle recouvre entièrement la bobine au fil inducteur {{). A ce moment, les excitations mécaniques n'avaient plus d'action sur le nerf (S). Quarante-quatre minutes après la mort, la faradisation provoquait encore de faibles contractions dans toute l'étendue du metnbre postérieur, lorsque le courant passant parle nerf sciatique correspondant était obtenu avec un éeartemcnt de 0"^5. L'excitation mécanique ne donnait rien. La cautérisation du nerf par la flamme d'une allumette n'a pas non plus produit le moindre elTeL Les derniers indices de rescitation faradique du nerf sciatique ont disparu au bout île cinquante à Cinquante-cinq minutes après fa mort.
Les fibres du nerf sciatique, dans ces expériences, perdent donc leur âxdt&bilité par les agents mécaniques on thermiqueà à un moment on elles sont encore excitables par des courants faradiques d'intensité relativement faible. Lorsque l'action dés excitants mécaniques a cessé, dans une autre expérience de ce genre, ta motricité dd nerf sciatique poovait encore être mise en Jpu par la faradisation, la bobine au fil induit étant à l^.SS du point où elle recouvre la bobine ao fil inducteur, c'est-à-dire que les choses se sont passées comme chez l'aninal dont j'ai d'abord parlé.
Il est donc tout naturel que les fibres excitables de la substance blanche sous- corticale résistent, dans les conditions ordinaires, à l'action des excitants mécaniques, puisque,
fiour provoquer par leur intermédiaire des mouvements de a face ou des membres, il faut faire usage du courant faradique obtenu lOr&que la bobine au fil induit est séparée du point où elle recouvre la bobine au fil inducteur par un intervalle de 0°,20 à 0*,23 et que, à ce faible degré d'excitabilité, les fibres nerveuses ne répondent plus aux excitants mé-
(!) Lorsque l'exciublltté fkra<ll<tas dimlaiM. on obMm, eoiliiM pour l'nciralilllré m^Canlctiie dini Im nènn condîtioni, i|Ufl l'eAl ita MCittUaui M U froètil p(u« ^ae daat Im nuiclu Im molBa dloignéi du poinl qi'ou SmoUim. Aiaù, tw nuiclea du piod al do la JantM nu k coolrulont plot à un coruin owawl ; k> coiitroctiou proToquéM par la brwIiMUun du tronc aci»UqM M limitent alon dan* lot muselea îé la ctdue, oft ellM lont d'aillenra trtejaibli». ,
(S| Le MMpi iTdeoMlB onln la noBBot uAnH at^e^fèMtM/àntim
m^cauiqUM ouawit d'agir aur ta niH^tlMilloblf VacH UAuln^ INw »«• ^^ pdrioacM. O
Mai 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE
t caniques. Je n'ai fait d'essais sur les nerfs sciatiques, à l'aide p d'exciUnls tKermiques, que lorsqu'ils ne répondaient plus, r par nne eoutraetion des muscles qu'ils innervent, Â l'influence d*un courant fàradique plus Taible que celui qu'on obtient avec un écartement de 0",Î5. Les excitants thermiques étaient alors sans action, et, par conséquent, on compri^nd qu'ils n'agissent pas sur les fibres excito-motrices sous-corticales du cerveau. J'ajoute d'ailleurs qu'ils doivent, selon toute vraisemblance, cesser d'aipr en même temps que les excitants mécaniques.
C'est donc bien, comme je le dis plus haut, parce que l'excitabilité des libres excito-motrices sous-corticales est trop faible, que les récrions du cerveau qui les comprennent ne sont excitables ni par les agents mécaniques, ni par les agents thermiques.
CONGRÈS SOENTIFIQIIES (Suite. — Voy. les numéros 15, 16, 17. 18, 19 êt SO.)
SÉANCE DU tO AVRIL (SOIR). — PnÉSIDKKCE : M. DE CROSS.
Pédloaltdaa* rowlAtonto: lOK. WMbmM, T«RlU«a, Poni. — Outroatomla : MU. Sagoad. X-agruiffa, Xiugar. — Cholèorstotomle : mt J. Bflsokel, Thirlar. — Cure Mdleale dM barnlM : M. Luoa»- Cliamploiinièr*. — TtuMoT ds rapldldyins ; M. TarrUloa. — OaUotilMlft : m. WbMn- — XmpalvdlBm* «t oatavMt» : IL IMhnM.
M. Kœberîé fait une communication sur le traitement dn pédicule dans l'ovariotomîe et l'hystéreclomie.
L'usage du serre-nœud pour obtenir l'hémostase, et les diflicuités de fixer le pédicule à l'intérieur dans une position convenable, exigent une expérience considérable. Aussi beaucoupd'ovariotomies ont-elles eu une issue fatale & cause des dangers de cette manœuvre. La réduction du pédicule doit être considérée comme une modification très importante et très heureuse du manuel opératoire de t'ovafiotomie. L'opération en est beaucoup aimplifu-e; elle est plus rapide, et Tes chances d'introduction de principes antiseptiques dans l'organisme ont singulièrement diminué. A Tépoque où on se servait du serre-nœud, il n'était pas rare d'observer des péritonites septiques par pénétration de liquides dans le péritoine le long du pédicule.
La traction qu'on devait exercer sur ce pédicule n'était pas sans avoir aussi de grands inconvénients; le ventre était comprimé, la circulation abdominale gônée ; s'il survenait des vomissements chloroformiques post-opératoires, les ligatures et les sutures pouvaient être endommagées. La réduction du pédicule, qui est maintenant la règle dans l'ovariotomîe, permet d'éviter ces accidents, et tous les chirurgiens s'empressent d'employer cette méthode malgré les insuccès qu'elle a tout d'abord donnés à Spencer Wells.
Ce n'est pas seulement dans l'ovariolomie que la réduction du pédicule doit être recommandée ; dans toutes les opérations abdominales, hvstéreclomies, splénotomies, il faut agir de même. Les risques d'infection septique sont eu grande partie écartés, la guérison est plus rapide, l'éventralion ultérieure devient rare. La réduction du pédicule, lorsque celui-ci a été bien lié, n'^oute rien aux chances de mort; mais il est nécessaire de bien assurer l'hémostase, car le danger de l'hémorrhagie doit être toujours présent à l'esprit de 1 opérateur. La ligature au fil de soie doit être exclusivement employée; la cautérisation au fer rouge ne donne pas une sécurité surQsaote contre ce redoutable accident.
M. Kœberté réduit le pédicule des tumeurs abdominales depuis 1880; jusqu'à cette époque, il s'est servi du serrenœud; sa statistique montre bien les avantages du procédé nouveau; avant 1880, sur une série de cent ovariotomies, il a relerâ onze morts; depuis 1880 il a pratiqué
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soixante-quatorse ovarietomies et n'a eu qae cinq terminaisons fatales. Dans ces derniers cas ropération avait été trte laborieuse; il s'agissait de kystes largement adhérents on suppurés.
Si, dans l'ovariotomie, le pédicule peut être réduit dans la totalité des faits, il n'en est pas de même dans l'hystérectomie où cette pralique trouve des contre-indications. Lorsque le pédicule est très court, s'il est très volumineux, très vasculaire, il vaudra mieux recourir au serre-nœud et fixer le pédicule à l'extérieur de la cavité abdominale.
M. Pozzi insiste sur la différence qui existe entre le pédicule de l'ovariotomie et celui de l'hystérotomie. Ce dernier présente deux caractères essentiels: 1* il est creusé d'un canal, le canal utérin ; 2° il est très vasculaire, aussi faut-îl souvent avoir recours à des manœuvres particulières.
Lorsque le pédicule est plein et [}eu saignant, le procédé de choix est le traitement mtra-péritonéal, de même slle pédicule est creux, mais trop court et trop gros pour être amené à l'intérieur; si le pédicule creux est assez long pour être amené au dehors de la cavité abdominale, il sera plus
tirudent de mettre en usage le serre-nœudi De même pour es pédicules très saignants sunisammeut loogs, le meilleur traitement consiste dans la ligature élastique, qui seule peut donner toute sécurité contre l'hémorrhagie et dans la fixation en dehors de la cavité abdominale. Dans les pédicules très saignants. însufllsauiment longs, pleins ou creux» l'abandon extra-péntonéal est de nécessité, et la li^ture élastique perdue assure seule une hémostase définitive. Beaucoup d observations montrent que cette ligature peut être définitivement tolérée par le péritoinei Pour le placement de cette ligature, H. Poxsi a fait construire par Harfand nn ligtOMiir qu'il présente au Congrès.
M. TtrriUon donne les résultats et les procédés de sa prar tique personnelle, il a eu quatre morts sur trente-six opéralions, il a toujours fait la ligature perdue avec un 01 double de soie solide. Aucun de ses quatre insuccès ne peut être imputé à ce procédé d'hémostase.
Dans les cas de kystes inclus dans les ligaments larges, M. Teirillon n'a fait ni suture ni drainage, il a eu quatre succès sur cinq cas.
M. Kœberlé distingue deux sortes de kystes inclus dans le ligament large. Les uns ovariques proviennent de la base de l*ovaire et se développent en écartant les deux feuillets du ligament large, se rapprochant ainsi de plus en plus de là matrice et du fond de rexcavalion pelvienne ; les autres proviennent du paraovariuin et se présentent constament sous forme d'un kyste simple à parois très minces. Dans les deux cas M. Kœberlé incise, dans une petite étendue, l'enveloppe plus externe de la masse morbide. Avec les doigts et des serviettes chaudes, il décolle tous les tissus du ligament large qui environne le kyste. La tumeur enlevée, il reste une cavité cruentée, dont les parois s'accolent par première inten^ tion, et fju'on peut abandonner sans crainte dans l'excatBtion pelvienne.
—M. OufiMsntI (de Rouen) revientsur la question discutée dans la dernière séance. Il fait une étude comparée de l'anus lombaire et de l'anus iliaque, et s'attache à démontrer la grande valeur du premier. Dans tous les cas Uanus lombaire constitue une bonne opération que les Anglais ont souvent pratiquée avec succès, mais chez certains malades, le chirurgien n'a pas à choisir, il doit pratiquer l'anus lombaire. Tels sont par exemple les cas dans lesquels il existe entre la vessie et l'intestin une fistule.
— H. Segçnd présente une femme à laquelle il a pratiqué Une gasirostomie pour rétrécissement fibreux de l'oesophagn. Ce rétrécissement, d'un diagnostic difficile, paraissait consécutifè des lésions œsophagiennes et P^ri~®^ph^9WH^*f P* gine scrofuleuse. Cette malade ne ^vait pros^aitin^^H
29 Haï 1885
elle rej' (ait l'Hit ce i|uVlle prenail et dépérissiiil, elle allait surcoiulifr si l'interveittioii chirurfiiraie n'était venue à son sei-oiirs. La {{aatrusloinie fut pra^iqit'-e en prenant pour guide ifS points de repère signalés par Léon Labbé. Ce fut lecAlon transver^p, non l'estomac, qui se présenta d'abord à l'opérateur. L'incision ayant été faite trop bas, on trouva l'estomac plus haut, cache sous le Toin. Ce viscère Tut suturé et l'opération fut Taite en un temps. Les suites furent très simples et la malade, aujourd'hui pleine de santé, se nourrit très bien par sa bouche stomacale.
H. Segnnd regrette d'avoir, en pratiquant celte opération, suivi exactement les indications de Labbé. Ces préceptes ne conviennent pas à la gastrostomie, parce que dans ce dernier cas l'estomac est ratatiné, remonté vers la colonne vertébrale, l'incision doit être faite plus haut à partir de la huitième côte, et le véritable point de repère pour trouver l'estoiuac n'est autre que le rebord du foie.
— H. Lagrange (de Bordeaux) résume devant le Congrès un travail intitulé : De Ut gastroêtomie dan» le$ rétréeissementt eancéreuœ de Vasophage.
Après avoir pratiqué cette opération sur un malade encore vigoureux en apparence et capable d'en bénéficier, M. Lagrange fit l'autopsie de son opéré le treizième jour, il trouva une pleurésie cancéreuse, une généralisation pulmonaire, des ganglions médiastinaux engorgés. La gastrostomie ne pouvait par conséauent en rien servir & ce malade voué à une mort très prochaine.
Si l'on étudie attentivement les faits publiés, on peut aisément se convaincre qu'il en est presque toujours ainsi. Il y a dans les stHtisu'ques des faits, en apparence heureux, mais il s'agit de malades qui ont été opérés de bonne heure, à l'époque où ils pouvaient encore avaler, par conséquent vivre sans gastrostomie. Beaucoup de chirurgiens, et tout particulièrement les Anglais, pratiquent cette opération alors que le malade peut encore boire les liquides en abondance; à cette époque la gastrostomie est inutile ; plus tard elle est encore inutile, parce que, al l'œsophage est obstrué, la généralisation du mal est trèsavancée et le malade sur le pointde succomber.
D'une façon générale, sauf certains cas très exceptionnels, la gastrostomie doit donc être bannie de la thérapeutique du cancer de l'œsophage.
H. Larger pense que dans la gastrostomie on se rapproche trop du pylore; il faut autant qne possible inciser dans la région du cardia. Pour cela, la ligne opératoire donnée par Léon Labhédoit être modifiée, il faut se rapprocher de la ligne médiane et créer la bouche contre nature sur la grande ouverture de l'estomac, et le plus près possible de l'embouchure de l'œsophage.
— H. Jules Bœckeli^de Strasbourg) fait une communication sur la cholécystotomie, appliquée au traitement des calculs biliaires.
Il importe de distinguer deux cas très difl'érents : ceux dans lesquels il y a fistule biliaire, ceux dans lesquels la fistule manque. Dans le premier cas l'intervention opératoire s'impose, et, bien que la guérison s'obtienne panois spontanément, il j a tout avantage  intervenir de bonne heure. L'intervention h&tive assure et hftte la guérison, en conjurant les dangers inhérents à l'écoulement incessant de la bile. L'opéraUon est d'une bénignité remarquable, grâce aux adhérences qui unissent la vésicule à la paroi abdominale; alors même qu'on est amené à ouvrir le péritoine, la cholécystotomie pratiquée dans ces conditions peut être considérée comme inoffensive, gr&ce àla méthode antiseptique. Lorsque, au contraire, il n'y a ni fistules ni adhérences, l'opération est inGniraent plus grave, et les indications sont plus délicates à saisir ; avant tout, il est indispensable d'établir le diagnostic causal de l'obstruction des voies biliaires, et être certain de la présence du calcul pour ne pas s'e^^ser à faire une opération d'une utilité douteuse.
Lnrsque les oommémnratifs, la marche de l'affection, l'exatiieri attentif ilu iiiaiaile el surtout la présence d'une tuniKiir biliair-*, lorsque la ponction exploratrice aura révélé la présence de calculs, la cholécystotomie faite en temps opportun me parait indiquée.
Le diagnostic bien établi, l'opération doit être faite de bonne heure, pour parer aux accidents graves, mortels même, qui peuvent être la conséquence de l'abstention.
Dans toute autre circonstance, l'opération est trop grave
ftar elle-même, ses résultais trop incertains, pour expoter es malades à en courir les risques sans grand profit.
M. Thiriar. L'extirpation de la vésicule du fiel, bien que
Ïiro posée par Berlin et Campaignac, n'avait pas encore àite chez l'homme, )nr!>:queLaugenbuch, de Berlin, en 1882, la pratiqua pour un cas de lithiase biliaire. Depuis lors, les annales de la chirurgie en ont enregistré sept cas : cinq observations ont été faites par Laugenbuch; les deux aatres appartiennent à M. Thiriar.
Cinq guérisans radicales ont été obtenues, et si Laugenbuch a observé deux cas de mort après l'opération, ils sont survenus par suite d'accidents étrangers à celle-ci.
Les objections aiti ont été adressées à celte opiraUoa sont les suivantes : 1" la vésicule biliaire est nécessaire à U digestion ; 2° les calculs peuvent se développer ailleurs que dans la vésicule biliaire; 3° la cholécystectomieest uoeopé* ration très ^rave et très dangereuse ; A' rétablissement d'unt fistule biliaire, c'est-à-dire la cholécystotomie, doit lui être préféré. Hais tout démontre que la vésicule biliaire n'est
fias indispensable à la régularité des fonctions digestiveschei 'homme. Cet organe manque chez beaucoup de mammifères, et il n'est pas rare de le rencontrer complètement atrophié chez l'homme. Les calculs se forment toujours dans la vésicule biliaire, sauf dans certains cas, tels que cancer, obstruction des voies biliaires^ etc., et ces cas constitaeni précisément une contre-indication à la cholécystectomie. 1) est clair que cette opération est délicate et difficile à pratiquer, mais étant donné le peu de gravité des lésions péritonéales produites, en observant les règles de la méthode antiseptique, de toutes les laparotomies c'est l'extiipatioD de la vésicule biliaire qui parait la moins ^ave et la motax dangereuse. Il est incontestablement indiqué de pratiqua* celte opération dans les cas de lithiase biliaire qui ont résisté au traitement médical. Lauwson Tait a préconisé surtout la cholécystotomie, mais cette opération a l'inconvpaient grave de laisser à sa suite une fistule biliaire, avec tous ses dangers, elle n'enlève pas l'organe producteur des calculs, et ceux-ci peuvent se reformer.
— M. LucaS'Championnière communique cinq observations personnelles de cure radicale de beinie. Il a loujoars
eu recours à la méthode antiseptique, et a obtenu cinq succès. L'auteur analyse devant le Congrès ces intéressantes observations el montre que cette opération n'a contre elle que sa sa difficulté très grande ; sa gravité est minime et dans bon nombre de cas il faut y avoir recours.
— M. Terrillon retrace rapidement l'histoire d'un malade portant une tumeur dure de l'épididyme adhérent au corps de l'organe, occasionnant une névralgie grave forçant le chirurgien d'intervenir; on dut extirper, avec la tumeur, une partie de l'épididyme. L'examen histologique démontre qu'il s'agissait d'un myome à fibres lisses. Le professeur Trélal a rapporté un cas semblable.
— M. Robin fait passer, sous les yeux du Congrès, comme complément à la présentation de M. Démons (de Boiileaux), des photographies de sujets adolescents et adultes, upérés pour genu-valgum de natures diverses.
Les résultats obtenus sont remarquables par leur nombre, mais bien plus encore par leur peqrectionrJls^^mpign^''' tous de rexcellencede liOiiétliedNolitJiflébl^Outeur.
29 Mai 1885
M. Robin a pratiqué 105 fois son opération; toujours elle s est faite avpc facilité, rapidité, précisioD absolue, sécurité entière et innocuité telle qu'il ne survient, après l'opératiou, m gonflement, ni douleur, ni arthrite.
De tels résultais ne doivent pas être attribués au mérite d UQ appareil plus ou moins perfecUonné, mais à ta création d une méthode: méthode entièrement nouvelle, donnant des résultats nouveaux; méthode qui, bien que désignée sous le même nom, n est pas seulement différente, mais systématiquement différeme des anciens procédés d'ostéoclasie, sijusleiiient abandonnés par la plupart des chirurgiens.
En effet, tous les procédés d'osléoclasie employés jusqu'ici avaient pour principe de forcer le redressement en agissant par des violences directes sur le genou, tous les efforts se concentraient sur l'articulation même; Van des premiers principes de la méthode nouvelle est de n'y pas toucher et de laisser le genou tout à fait en dehors do champ opératoire.
On opérait au hasard, à l'aveugle; on opère aujourd'hui avec une précision mathématique, par la nouvelle méthode ; les lésions produites par les manœuvres brutales des ancie^i'-rocédés étaient tantôt des arrachements lig^imenteux, tfes écrasements des extrémités osseuses, disjonction épiphy-
Aulieu de tous ces désordres articulaires si nombreux, la méthode nouvelle produit le redressement par un mécanisme tout différent; par une lésion tout autre, précise, unique, toujours la même, une fracture simple transversale du fémur, non dans le cartilage épiphysaire, mais dans la diaphyse ; c'est cette même division osseuse que recherche l'ostéotomiste au prïx d'une plaie communiquante.
— M. Deherme appelfe l'attention sur les accidents généraux qui peuvent survenir après certaines opérations sur les yeux. U a vu se réveiller de graves accidents palustres, à la suite de l'extraciion, d'ailleurs très simple, d'une cataracte.
Lagrangb.
(A suivre,)
CORRESPOIÎDANCE
L'ovaHotMile et l'aatUepale.
A MONSIEUR LE RÂOACTEDH EN CHBFDELA C GAZBTrB HEBDOHADAIRE >. „ Paris, 17 mai 1885.
Monsieur le rédacteur en chef,
U leçon d'ouverture de M. le professeur Le Fort, doot parle la Gazette hebdomadaire (15 mai 1885, au feuilleton, renferme une partie doctrinale et une partie anecdotique; sur la preniiëre, je partage l'avis de M. Le Fort. Je pense avec lui et "Çe ««lires chirurgiens (je m'en suis explimié d'ailleurs à l'arlide OvABlOTOHiE du Dictionnaire encyclopédique) que les succès obtenus dans rorariotoraie ne sont pas absolument dus à la méthode antiseptique, mais bien aux soins plus minutieux, aux précauliODS plus grandes que prennent les chirurgiens. C'est dooe> propoi de la partie anecdotique que je crois devoir intei^ venir. N. le professeur Le Fort dit, en parlent de la maison de Bellevue: t A certains jours de la semaine on voyait s'arrêter de- 1 vant la maison de l'avenue de Meudon, une voiture de laquelle
> descendait une malade ; le lendemaîu, d'autres voitures y ame-
> naient des messieurs qu'on pouvait reconnaître pour des mét decins ; après une ou deux heures, ils sortaient ; après un ou
> deux jours, on voyait sortir un cercueil ; seize fois, le même
> spectacle se reproduisit, car les seize opérées y moururent. > Telle est l'anecdote. Voici les faits réels.
D'abord, ce n'est pas en 1863, c'est en 1862 que, sur ma demande à M. le directeur de l'Assistance publique, la maison de ravenuede Meudon, à Bellevue, fut louée à rAdministration et organisée vers le mois d'août ou le commencement de septembre 1862, par H. le docteur Bourguignon. La première opération pratiquée dans cette maison qui était asses mal située, fut faite, le 11 septembre 1862, par M. Adolphe Richard, chirurgien des
hôpuaux. La seconde opération fut bile par moi, le 15 septembre 1862, en présence de HH. les docteurs Dechambre, Foucher, chirurgien des hdpitaux, Forget, membre de la Société de chirurgie, J. Worms, Beni-Barde, tourguignon, Perret, interne à l'Hàtel-Dieu, et H. Uelaunay, qui m'avait adressé la malade. J'ai lu l'observation de cette malade, recueillie avec beaucoup de soins par M. Perret, à l'Académie de médecine le2l octobrel862, en présentant la malade, et le 24 octobre, elle a été publiée dans la Gazette hebdomadaire, à la page 675- Il est donc démontré par ce fait que, si comme le dit H. Le Fort, 16 malades ont été admises dans la vaison de Bellevue, toutes ne sont pas mortes. Sur ces 16 malades, il faut encore, pour ce qui me concerne, en retrancher deux qui ne sont pas sorties en cercueil : l'une qui n'a pas été opérée, parce que, au moment de l'opération, nous reconnûmes avec le docteur Firmin qu'elle avait une tumeur fibreuse dans le ventre; l'autre, qui est sortie guérie et fut opérée par moi, en juin 1863. Quant aux résultats des opérations faites par d'autres cbimrgiens dans la maison de Bellevue, je ne les connais pas. Donc sur 16 malades admises il y en a 3 qui ne sont pas mortes, 2 guéries et une non opérâ. Quant aux habitants de Saint-Cloud, qui ont appelé la maison de Bellevue la maison du crime, j'ai bien peurqu us ne soient des habitants de Paris, chirurgiens ou médecins. A cette époqiie, presque tous les médecins et les chirurgiens avaient horreur de l'ovariotomie et la déconseillaient à celles de leurs clientes qui avaient le malheur d'être atteintes d'un kyste de l'ovaire, a ce point que les chirurgiens des hôpitaux, sans doute par pure humanité et animés de la plus louable confraternité à mon égard, adressèrent à M. Husson, directeur de l'Assistance publique, une pétition çour le prier de me retirer la permission qu il m'avait été donnée de faire des opérations d'ovariotomie dans la maison de Bellevue. Sans doute, M. Le Fort ne conaaissail pas cette petite histfflre. puisqu'il n'en parle pas. Voici la lettre que j'ai reçue de M. Husson le 10 juin 1864 : i - y-
c Monsieur le docteur,
> Je ne pourrai pins vous accorder l'autorisation que vous dé- > sirei, les chirurgiens des hdpitaux ont réclamé.
1 Signé : Husson. i
Tous les chirurgiens des hôpitaux ne participèrent pas à cette heureuse mesure, puisque plusieurs me firent 1 honneur de m'appeler dans leur service, pour y pratiquer l'ovariotomie; ils ont pu constater des succès, obtenus même à l'hôpital. Heureusement qu'aujourd'hui l'ovariotomie est devenue une opération usuelle et l'on peut se passer de la maison de Bellevue.
Votre bien dévoué,
D' BOINRT
RÉPONSE A LA LETTRE DE H. BOlHET.
Mon cher Dechambre,
J'ignorais, je l'avoue, que la location de la maison de Bettevue eût été faite par l'administration sur la demande de H. Boinet, qui n'appartenait pas aux hôpitaux. Je tiens le fait pour exact, puisque M. Boinet l'afTirme. Je ne crois pas m'èire trompé quand j'ai dit que toutes les ovariotoniies faites dans cette maison par les chirurgiens des hôpitaux ont été suivies de mort. Que M. Boinet y ait guéri deux opérées, cela n'afbiblit pas la portée de mon observation ; au contraire.
Je voulais, en effet, dans cette partie de ma leçon, opposer i l'idée fausse, si longtemps admise, de l'épidémicité etderinfection par l'air, l'idée que je défends depuis 1865 de la contagiosité, du transport du germe contage et de l'infection par le chirurgien, les objets de pansement, etc. Aussi, après la phrase que rapporte H. Boinet, j'uoutais : c Pourquoi ces insuccès constants? C'est que nous étions encore aux beaux temps de l'infection purulente en permanence dans les salles; que personne alors ne croyait à la contagiosité de la maladie; que si on opérait dans l'air relativement pur de l'avenue de Meudon, te chirurgien, ses aides, tes infirmiers, les éponges, les compresses, les objets de pansement venaient des hôpitaux de Paris. >
C'est peut-être parce qu'il ne venait pas de ces hôpitaux que M. Boinet a obtenu des succès que n'y ont pas obtenus des collègues et des maîtres dont personne ne saurait mettre en doute le savoir, l'expérience, l'habileté opératoire, mais qui, venant * avec leurs aides des hôpitaux de Paris, apportaient Bvec«snx, "
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE HÈDECmE ET DE CHIRURGIE
29 Mai 1885
jusque dans ravehiie de HeudoQ. PinfecUon hospitalière pari- Bïenne.
Quant aux motifs de la réclamatioD des chinir^'ens des hOpilaïu. ils furent tout autres que ceux que suppose M. Boinet. La maison de Bellévue était devenue une annexe des hdpitaux et, si nous sommes peut-âlre destinés ft voir hten des choses étranges, jusqu'à présent, du moins, les opérations daiu les hôpitaux ont été faites par des chirurgiens des ndpitaox, sur des malades reçus dans les tifipitaux.
Croyez-moi toujours, moii efaer Dechambre, voire bien affectionné et reconnaissant,
I^on Le Fort.
' SOCIÉTÉS SATANTES
AcaMmle des w^cmm.