‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 106 sur 228 · SÉANCE DU 22 MAI 1885. — PRÉSIDENCE DE M. VIDAL · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 22 MAI 1885. — PRÉSIDENCE DE M. VIDAL

lYsltement de la taronenlaM : M. OlantoS (SlMOHlott : MH. OarM ,

Tldal. Richard). — Rapport sor une obwrrBtlon de proctatlta goutteuse (IC. OaUtuud. de Roohsfort) : M. Randa. — Criée laryn- 0èe ohM mu tabètlitae, proroqaèe pat l'emploi de l'iedtire de potaaslnm et «yaiit aéoaeeUè la traotatotemle ; H. Hnoliard. (DMoiubIoii : MM. Betula. iMoaton, Onjrok, Vidal, X«iUer. de Banrmann, Legroox, C. I.âbb4.)

M. Gingeot fait hommage à la Société d'un mémoire

fiublié par lui dans le Bulletin de thérapeutique en janvier, ëvrier et mars 1885, sur le traitement ratiofuièl de Vajfec- > {l'on furonculeuse. Ce n'est pas une affection diathésique ~ I dépendant de Tarthritisme ou de llierpétisme, mais ^en

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une maladie parasitaire ; si les affections générales exercent une influence manifesta sur sa produclion, c'est en créant chez le sujet une prédisposition spéciale, un terrain propre au développement du parasite, par suite des modifications apportées dans la nature des sécrétions. Ces aotions de pathogénîe, nettement établies par les récentes recherches sur la matière, entraînent comme conséquence la nécessité d'un traitement parasiticide. Le traitement local sagement institué donne des résultats remarquables : le furoncle, dans la majorité des cas, peul avorter si l'on intervient à temps. Pour obtenir cfît arrêt d'évolution, il sufQt d'employer, loco dolenti, l'alcool camphré ou la teinture d'iode. Cette dernière est préférable, mais il faut en déposer plusieurs couches k la surface du furoncle, jusqu'à ce que la peau ait pris une coloration brun foncé, noirâtre ; ces badigeonnages devront être répétés plusieurs jours de suite ; dans les cas légers une ou aeux applications peuvent suffire. Le traitement de la furonculose elle-même, c'est-à-dire de la prédisposition spéciale à la production de furoncles multiples, doit consister à déloger le parasite des follicules pileux et à l'empêcher de se reproduire : pour cela, il faut recourir aux sulfureux administrés à l'intérieur à haute dose. Si Ton ne donne que des doses moyennes, les sulfures sont intégralement transformés en sulfates, et l'on n'obtient aucune action utile sur la peau ; à dose très élevée, une partie des sulfures ne peut être transformée, elle s'élimine en nature au niveau des téguments, et détruit le parasite. Il est bon de conseiller de temps en temps aux malades, après la disparilions des accidents, une cure dans une station tbermale sulfureuse.

H. Guyot demande si l'application de teinture d'iode n'est pas extrêmement douloureuse et si elle n'est pas suivie d'une tache cutanée plus ou moins persistante, ce qui peut être un grave inconvénient au niveau de la face, des bras ou des épaules chez tes femmes ; enfin, il serait désireux de savoir quelle préparation sulfureuse a employée M. Gîngeot et à quelle dose il l'a prescrite.

M. Gingeot a reconnu que ce traitement n'est que peu douloureux si la vésicule du furoncle n'est pas rompue ; il persiste, il est vrai, une tache brunâtre pendant quelque temps; aussi, à la face, ou sur les épaules chez la femme, on fera bien de recourir à des applications d'alcool camphré : cet agent est moins actif, mais donne cependant de bons résultats et ne laisse aucun vestige de son emploi. La préparation sulfureuse à laquelle M. Gingeot a ordinairement recours est la poudre de Pouillet dont il donne de 4 à 8 et même 10 cuillers-mesures dans les vingt-quatre heures. Cette préparation est très facilement supportée. Il a, dans quelques cas, employé l'hyposulfile de soude ; c'est un médicament moins actif, mieux toléré par l'estomac, mais peut-être plus offensif pour l'intestin.

H. Vidai demande si H. Gingeot a eu recours aux sulfureux à l'exclusion de tout autre traitement, et au bout de combien de temps leur action devient manifeste.

M. Gingeot a toujours employé les sulfureux concurremment avec les applications locales ; mais chez quelques malades la disparition des furoncles, qui n'avait pu être obtenue par les seules applications de teinture d'iode, a nettement suivi l'usage de la médication interne. Il faut à peu près huit jours pour obtenir des sulfureux une action marquée ; dans les cas anciens, leur effet ne se montre guère qu'au bout de quatre semaines.

H. Richard désirerait savoir si l'on a découvert le subslratum du parasite eclogène de la furonculose.

H. Gingeot pense, d'après les auteurs qui se sont occupés de ce genre de recherches, qu'il se rencontre surtout dans les liouides qui lui serviraient de véhicule ; peut-être aussi dans la poussière des vieux papiers.

H. Vidal a fait des expériences sur l'auto-înoculabilité du furoncle ; il n'a jamais obtenu que des résultats négatifs soit en étendant le pus à la surface de la peau, soit en pratiquint des inoculations avec une aiguille. Il a vu se développerdes folliculites, mais pas de furoncles.

M. Gingeot pense qu'en effet l'inoculation positive est assez difficile à obtenir; mais il en existe un certain nombre de faits incontestables. Lannelongue aurait réussi dans k moitié des cas, en inoculant le furoncle d'homme à homme. Plus récemment, M. Garri (de Bâie), à la suite d'une friction faite volontairement avec du pus sur son avanl-bras,i vu se développer, en ce point, un volumineux anthrax.

H. Richard fait observer que les furoncles apparaissoil souvent sous Torme épidémique ; dans l'armée, dans la cavilerie en particulier, ils existent à l'état d'endémie. Dernièrement, il a vu, dans une infirmerie, un furonculeui (joi était, à ta chambrée, voisin de lit d'un autre homme atteint de furoncles.

M. Vidal croit que la démonstration péremptoire de la spécificité du germe de la furonculose ne peut être fournie que par -des cultures successives et des réiuocabtians positives.

— M. Rendu donne lecture, au nom d'une commission composée de HH. Legroux, Letulle et Rendu, de son rapport sur une observation de prostatite goutteuse communiquée par le docteur Gailhard (de Rochefort]). Il s'agit d'un homn» de cinquante-neuf ans, offrant, depuis vingt-huit ans, des manifestations de goutte légitime, et de récents accidents abarticulaires, et qui fut pris, peu après un accès de goutte, de douleurs périneales, de gêne dans la miction et enfin, brusquement, d'une rétention d'urine complète. Plusieurs tentatives de cathétérisme échouèrent, et la sonde ramena da pus à l'extérieur: le toucher rectal indiquait une prostate volumineuse, douloureuse à la pression. Une sonde molle put enfin être introduite, et cette manœuvre fut répétée pendant quatre jours. Alors apparut de la fétidité de l'urine, en dépit des la\ages boriqués, de l'ictère, et un état typhoïde alarmant. Après diverses alternatives d'aggravation d'amélioration au cours desquelles se montra une douleur violente, mais passagère, à la plante du pied droit, la fièvre cessa, et pendant deux semaines l'accalmie fut presque complète ; mais survint alors un accès d'angine de poitrine, accompagné de nouveaux symptômes généraux alarmants, de fièvre et d'ictère. Un purgatif amena la disparition presque subite de tous les accidents. Mais, peu de jours après, le malade succombait à une seconde crise d'angine de poitrine. Peut-être pourrait-on voir une simple coïncidence entre l'abcès de la prostate et les manifestations goutteuses antérieures, car le début des accidents prostatiques n'a rieo présenté d'insolite ; on serait même tenté d'admettre que le traumatisme dû à la sonde a déterminé des phénomènes de résorption septique, une sorte d'intoxication urineuse. Nais, en y réfléchissant davantage, on voit que l'évolutioa des divers accidents n'est pas celle de la pyohémie : l'ictère, exceptionnel d'ailleurs dans l'intoxication urineuse, la douleur plantaire, ont disparu trop brusquement pour être dus à une semblable cause. Les accidents graves gastro-intestinaux eux-mêmes ne sont peut-être pas directement imputables à la prostatite, puisqu après avoir disparu ils se montrent de nouveau à la suite d'une crise d'angine de poitrine. Faut-il donc envisager ces phénomènes complexes comme des manifestations de goutte viscérale ; c'est l'opinion de M. Gailhard (de Rnchefort), et, en l'absence de renseignements nécroscopiques, M. Rendu, tenant compte du mode d'évolution des accidents qui rappelle la marche de la fluxion goutteuse, accepte comme vraisemblables, malgré leur apparente hardiesse, les conclusions de l'auteur. — Il propose d'adresser des remerciements à M, Gailhvd/^et demandft Vio$ertioa de son travail dans les m^immM^mHS?^^.)

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GAZETTE HEBDOMADAIRE DE HâDEGINB ET DE CHIRURGIE

- N- aa -

— H. Huchard lit, en son nom et au nom de M. Legendre, interne du service, une observation intitulée : Crise laryni géê {œdème aryténa^ien avec spasme gloUique) provoqué L chez un tabittque oar l'emplot de Viodure de potassium et ayant nécessité lu trachéotomie fvoy . le compte rendu de la Société de thérapeutique dans le unméro du mai).

! M. Bendu regrette que l'on ne se soit pas assuré de l'inléi grité des reins; il a été témoin d'accidents graves, terminés par la mort dans le coma, chez un malade atteint de néphrite interstitielle et qui prenait une dose très minime dModure.

M. /fucAard a recherché, à diverses reprises, l'albumine dans l'urine de son malade et n'eu a jamais constaté la présence ; ce n'est pas d'ailleurs une preuve absolue de l'mtégrité du rein. Peut-être faudrait-il s'assurer de la perméabilité du Gltre rénal, en pareil cas, au mo^en du salicylate de soude. — Chez une malade atteinte d'anevrysme aortique, il a observé, comme conséquence de doses élevées d'iodure, un œdème pulmonaire inquiétant qui disparut dès que l'on cessa l'usage du médicament.

M. Lacomite pense qu'il ne faut pas exagérer les dangers de l'administration de Viodure dans la néphrite interstitielle, puisque l'on voit prescrire tous les jours, avec avantage, ce médicament aux malades atteints de sclérose rénale.

M. Rendu a voulu seulement attirer Tatention sur le fait d'une susceptibilité spéciale, coïncidant avec une dépuration urinaire insuffisante.

M. Huchard rappelle que certains malades supportent fort bien 7 et 8 grammes d'iodure, tandis q^ue d'autres ont des accidents avec 25 centigrammes ; on sait même que les fortes doses sont souvent mieux tolérées que les petites. La susceptibilité à Tiodure varie parfois, suivant les moments, chez le même sujet.

H. Crut/ot insiste sur cette susceptibilité individuelle. Il administee aux syphilitiques atteints de lésions des centres nerveux des doses de 8 et 13 grammes d'iodure par jour pendant plusieurs mois ; mais il n'arrive à ces chiffres élevés que progressivement, pour làter la susceptibilité du malade.

U. Vidal a montré que les hautes doses d'emblée sont parfois mieux tolérées que les petites, l'iodure ayant, dans ce cas, une action diurétique qui favorise l'élimination.

M. Lailler pense qu'il serait bon de faire savoir à l'administration des hôpitaux que l'iodure fourni aux médecins est impur et renferme des iodates. Ce n'est peut-être [>as le seul médicament, depuis le sulfate de quinine, qui soit falsiflé.

M. de Beurmann a vu à la Salpélrière une femme qui prenait, depuis trois ans, 12 grammes d'iodure par jour, la prescription n'ajant pas été supprimée ; elle n'en a éprouvé aucun inconvénient. — Il faut tenir compte, dans la production des accidents, non seulement de l'iode, mais aussi du potassium renfermé dans l'iodure.

M. Legroux a personnellement éprouvé des accidents légers d'iodisme lorsqu'il prenait 25 centigrammes d'iodure au repas ; rien de semblable ne s'est produit quand il en a

Eris 1 gramme. La diurèse favorisait alors l'élimination. — es sels de potassium sont d'ailleurs moins bien éliminés que ceux de sodium ou de calcium ; l'iode en nature est mieux supporté que l'iodure.

M. Vidal emploie, dans la syphilis, le sirop iodo-tannique à la dose de 6 cuillerées (60 centigrammes d'iode) lorsque l'iodure est mal toléré. Il n'a observé aucun accident, et l'action thérapeutique est excellente.

M. E. Labbé prescrit également du vin iodo-tannique à tous les syphilitiques, et il n'a pas vu se produire d'intoxication.

M. Huchard croit également que le potassium renferm é dans l'iodure offre des inconvénients, aussi donne-t-il depuis plusieurs années l'iodure de sodium contre l'angine de poitrine.

André Petit.

Société de ehlnircle.

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