‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 107 sur 228 · VICE-PRÉSIDENT · texte numérisé non relu

VICE-PRÉSIDENT

Parte do la mimolrs ooiuâoaUve A nna fraoture da orftae, ob— rva- Uon envoyé© par H. Fleory (de Clermont). — Enohondxome da la mâchoire Bapèrienre : K. Temeuil. — Traltausnt des chUoIdM (DisouBSlon) : MH. Monod, La Denta, Reclus, Le Fort, Berger, VemeoU, lÛlaux- — Traitement dn tManoe (Rapport] : H. VemeaU (Dlaotusion) : MBL Rlohelot, Terrier, Ponoet. — Prtoentatlon de malade: H. PolaUlon. — Ëleotlon.

H. Fleury (de Ciermont) envoie à la Société une observation, dont H. le secrétaire général donne lecture. Il s'agit d'un homme qui, ayant reçu un coup de pied de cheval sur le cr&ne, eut un enfoncement du pariétal gaucbe. Après divers accidents, il se rétablit complètement, put se lever et aider au service des salles. Il ne conservait aucun Uvuble de la motilité ou de la sensibilité, mais avait absolument perdu la mémoire. Quelque temps après, étant encore à l'hépîtal, il fut

fins de variole et succomba. A l'autopsie on trouva que le ragment du pariétal fracturé était enfoncé du côté de la cavité crânienne ; à ce niveau les méninges épaissies adhéraient entre elles et les circonvolutions correspondantes avaient subi un aplatissement des plus manifestes.

— H. Verneuil avait promis dans la dernière séance, & propos du rapport de H. Berger, de rapporter deux observalions personnelles d'enehondromes de la mâchoire supérieure. Ses souvenirs n'étaient pas bien précis au sujet du premier fait, qui remonte à 1867 ou 1868; il s'agissait dans ce cas d'un enchondrome des fosses nasales pris pour un polype naso-pharyngien ; l'histoire du malade, qui en était porteur, est relatée en détail dans la thèse du docteur Edouard Baudrimonl: De la méthode nasale dans le traitement des polypes nasopharyngiens. L'autre observation est toute récente : une femme portait depuis douze ans une petite tumeur sur le rebord alvéolaire de la mâchoire supérieure gauche ; celte tumeur était absolument indolente, tapissée par la muqueuse gingivale saine, elle était surmontée de trois dents et offrait tout à fait j;>ar sa conformation l'aspect du lobe médian du bec-de-lièvre. M. Verneuil l'enleva sans difïiculté à t'aide de trois coups de la pince de Liston, la malade se rétablit très rapidement. L'examen histologique a montré qu'il s'agissait d'un fibro-chondrome en voie d ossification.

M. Pouletj à propos de cette question des tumeurs solides * du maxillaire supérieur, présente une pièce sur laquelle ou voit un ostéome développé primitivement dans le sinus maxillaire gauche ayant envahi le sinus droit. Cette tumeur est qualifiée ostéome, mais il est dilïicile, même la pièce en main, d'affirmer si cette appellation est justifiée; la pièce pourrait tout aussi bien être étiquetée hypertrophie diffuse des os de la face.

— M. Monod n'a pas en ie temps, dans la dernière séance, de recueillir les avis de ses collëgiies au sujet du petit malade atteint de chélolde du cou, qu'il a présenté. Depuis on lui a exprimé les opinions les plus opposées au sujet de l'opportunité d'une opération; quant à lui, il est d'avis d'opérer.

M. Le Dentu n'est pas d'avis de pratiquer l'extirpation des chéloldes ; ainsi traitées, elles récidivent toujours. Le seul traitement des chéloides, ce sont les scarifications ; que si la tumeur est trop volumineuse, M. Le Dentu est d'avis de l'enlever d'abord et de scarifier ensuite au niveim ie ^MiÇM^^fip

H. Reclus a eu occasion de soig^lâ^^^^fitteWdrsèp^ft^

»HaHM5

pour uae chélolde occupant à la fois le menton et le cou. Avant d'intervenir chirurf^calement, il essaya des moyens purement médicaux: compression continue et traitement antiscrofuleux énergique (huile de foie de morue à la dose de quatre à six cuillerées, bains salés, etc.). En deux mois, la guérison était à peu près complète; la malade n'a pas été revue depuis,, il est probable que Tamélioratioa a continué. Le trutement médical doil donc dans ces formes précéder le traitement chirurgical.

M. Le Fort est d'avis qu'il ne convient pas de discuter en ce moment le traitement des chéloldea en général ; il s'agit d'un cas particulier pour lequel H. Monod demande l'avis de ses collègues. Quant à lui, il se prononce pour l'extirpation ; la tumeur est volumineuse, bien pédicul^, il sera facile de renlevM- en totalité, de réunir let lèvres de la plaie et on Stfa toujours en mesure d'agir à nouveau s'il y a récidive.

H. Berger, en 1880, sor les conseils de M. Besnier, a enlevé une ehélolde se présentant dans des conditions semblables ft celte de H. Monod; il a paru d'abord devoir guérir, mais huit mois après l'affection récidivait et dans une étendue telle qu'il n'y avait plus rien à faire. Récemment M. Berger a vu un cas de chéloïde de la région de l'épaule; sans s'arrêter à un autre parti, il l'a traitée d'emblée par les scarifications.

M. Vemeuil fait remarquer qn'il convient de distinguer deui variétés de cbéloldes : les caéloldes idiopathiqneset les chéloldes symptomatiques. Ces dernières, syphilitiques, scroftileuses pu autres, guérissent par le traitement spécifique; les premières ne guérissent jamais. Il y a longtemps que M. Vemeuit a acquis cette conviction, puisque les faits qui ont contribué k l'éaiûer remontent à l'époque où il rem-

Slaçait Ph. Bojeràl'HAtel-Oîeu. Un bon moyen de traitement es chétoldea curables est la compression élastique, lorsqu'elle est applicable. H. VerneuiF en rapporte deux faits observés l'un avec H. Hardy, l'autre avec le docteur Michel.

M. Tillaux a bien souvent entendu dire par Nélaton, dans les dernières années de sa carrière, qu'il ne fallait jamais opérer les cbéloldes^ que la récidive était fatale. Imbu de la doctrine du mattre. il n'a quant & lui jamais opéré de malade atteint de semblable affection.

— M. VerneuU fait un rapport verbal à propos d'une bservation de tétanos traumalique guéri, adressée à la ociété par M. Cauchois (de Rouen). Le traitement qu'a fait subir à son malade le chirurgien rouennals est celui que M. Vemeuil a préconisé dans une clinique insérée vers la ûn de l'année dernière dans ta Semaine médicfile et qui peut se résumer ainsi : repos absolu du malade dès l'apparition des phénomènes morbides; administration de chloral à hautes doses à l'intérieur ; ii\|ectîons sous-cutanées de chlorhydrate de morphine ; continuation du traitement pendant au moins trois semaines et souvent plus jusqu'à ce que tous les

Smplômes ^ient disparu. Voici l'observation du malade de Cauchois : un homme a une plaie contuse des doigts, produite par un engrenage, il est pansé avec soin et va bien pendant environ quinze jours. A ce moment on s'aperçoit que le malade a les traits contractés et qu'il a de la ditYicnlIé à ouvrir la bouche; de suite le malade est placé dans une chambre isolée et obscure et on lui administre du chloral à haute dose par la bouche; trois jours après, le trismus avait disparu ; le sixième jour, le malade refuse de prendre sa potion de chloral, on le lui donne on lavement; le médicament n'est sana doute fns absorbé, car bientèl les contractures tétaniques roparaisseqt; on reprend le chloral par la bouche, tout cesse rapidement; un jour on veut enlever une esquille de la plaie, immédiatement un accè^ de contractures éclate, qui cède à l'association d'injections de chlorhydrate de morphine et de chloral à l'intérieur ; le quinzième jour, la physionomie redevient normale et le vingt-troisième jour, après le début des accidents, la guérison est complète. Les

observations analogues à celles de M. Cauchois ne sont pis absolument rares ; elles tendent à prouver qu'on est enfls ea possession non d'une médication spécifique du tétanos, mais d'un ensemble de moyens susceptibles d'en entraver la marche et d'en assurer la guérison. H. Vemeuil rapporte tlors ces diverses observations. Dernièrement le docteur Valia (d'Angers) voyait un petit garçon, chez lequel il av«itpntiq^ué l'amputation de l'extréniilA inférieure delà cuisse, être pns de tétanos : il institua le traitement en question tl put sauver son maMe. 11 y a déjà quelques années, H. Batlu Nanterre) traitait de la même façon sur les conseils itt< < M, Yerneuil un petit malade atteint de tétanos et le gaé- ' rissait.

Ën 1873, le docteur Robuchon (de l'Ile Dieu) envonitàla Société une observation de tétanos, guéri par le cnlonl i hautes doses, Dans un journal russe, on relève une obs^riation analogue aux précédentes : le malade prit dans tes premiers tempsjusqu à36 grammes de chloral en trente heures; les jours suivants il en prit 15 grammes en vii^|l-qDatre i heures. Tout dernièrement M. Yerneuil enregistrait encore I un nouveau succès de sa méthode dans son service delà Pitié. Son malade dut Aire traité pendant pas moins de qna- ^ rantft-sept jours ; durant cette longue période, il sbsorin j 450 grammes de chloral et reçut 114 centigrammes de cbloN ' ihydratede morphine en injections sous-cutanées. H. tlegazioli (de Bergame) vient de publier un travail dans lequel ilpréconise remploi dos bains chauds contre le tétanos, il rapporte cinq observations, ayant donné deux morts et trois guénsons, or il se trouve que les deux malades morts ont été exclusivement traités par les bains, tandis que les trois guéris ont pris du chloral ; les bains, malgré leur puissance sédftiive, oe pourraient remplacer le chloral, ils ont cet immense incopvénient de provoquer des mouvements du malade. Le traiiement préconisé par M. Yerneuil s'accorde bien avec ce que Ton sait de la pathogénie du tétanos, il est donc rationuet; déplus, il a fait sesjpreuves, ainsi qu'on vient de le vnr: | enfin il est à la portée de tous les praticiens, car le repos, le chloral, la roorpnine, sont des agents au'on peut se procurer partout. M. Yerneuil le résume ainsi : sitôt t'éclosroa des phénomènes tétaniques, séquestration du malade dans chambre obscure ; silence absolu autour de lui ; immobiliutien dans une gouttière de Bonnet, si possible; enveloppe* ment dans la ouate ; chloral par la bouche à haules doseï, moi^bine en ipjeclions hypoderqiiques ; continuation du traitement pendant trois semaines au moins et pliis, jusou'à n que toute tendance k la contracmre 9>l disparu ; ce deroier | point est particulièrement important.

M. Richelot, dans sa monographie sur le tétanos, a ineisté comme U. Vernenil sur l'importanoe du calme absolu et de l'emploi du ohlorai dans le traitement de cette affection, mm il est un troisième élément qu'il convient de ne pas négliger dans l'ensemble des moyens destinés à empêcher le reflète morbide de se produire, c'est le traitement de la plaie, poiat de départ des accidents. Il faut non seulement bien la panser, mais encore la régulariser et ait besoin même la suppriper par une amputation, si toutefois cette amputation est compatible avec les règles d'une bonne chirurgie.

M. Ri cheloi s'élève contre l'adminislralion de l'opium dans le tétanos : ce médicament, qui congestionne les centres encéphalo-médullaires, loin de combattre le tétanos, ^irait dans son sens en favorisant la production des réflexes.

M. Ttrrier reconnaît que la formule thérapeutique du tétanos, donnée par H. Yerneuil, est excellente, mais qu'elle n'est pas totyours applicable. Peuf-on, par exemple, salisfaire à toutes ses indications dans les cas de fmoiure compliquée nécessitant des pansements longs, difficiles et répétés, ainsi

au'il en a observé un cas malheureux chez un jeune inlerne es hôpitaux il y a deux ans?

L'administration même du chloral par lajioucbe suffit à

i 29 Mai 1885 GÀZBTTB HEBDOHADAIRR DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE — H* 22 — 867

( provoquer obex un grasd nombre de tétaniques les spasmeç c convulsifs, et ta ressource qu'offrent les lavements au cliloral est parfois rendue iinppalicable à cause de la causticité de cet , agent. D'ailleurs M. Terrier ne croit ùas qu'on puisse enrayer la inarebe du tétanos aigu ; les guérisons au on a obtenues de celte affeotion se rapportent très vraiseniDlableraentà des cas à tnarohe chronique. La pratique de l'oTariotomie fournit en quelque sorte uoe eipérienee toute faite, qui prouve que même avec toutes les précautions les plus rigoureuses de repos, d'administration de sédatifs puissants, le tétanos peut emporter les opérés.

L'année dernière une malade venait d'ôtre opérée d'un kyste de l'ovaire par M. Périer, aile se trouvait dans une chambre isolée, obscure, servie par un personnel silencieux, absolu* ment immobilis'^ée, enveloppée dans une couche de ouate jusqu'au niveau de la poitrine et soumisf à une température ambiante de 18 à deçrés ; elle fut prise de spasmes tétaniques; de suite les injections de raorpnloe, leohtorad à l'iutérieur furent administrés, la maladen en succombait pas moins dans les quarante-huit heures.

M. Poncet ne croit pas qu'on ait signalé de guérison du tétanos aigu, si bien décrit par Percy et Larrey ; lorsque dès son invasioB onèonstale cent vingt pulsations et iO degrés de tempôiatqre, le mort est ùilalo. Le ctiloral et les autres moyens n'agissent que dans les formes chroniques.

— M. Polaillon présente un malade chei lequel H a réséqué un fragment du péroné pour remédier jt qne déviation du pied en dedans consécutive à uue fracture de l'extrémité inférieure du lîbia.

— Au cours de la séaace, ii.Humbert a été élu membre lilulaire de la Société.

Alfred PocssoN.

SÉANCE uy 23 MAI 1885. — phAsidengk h. hanot, vice-

PBËSIDBNT.

M. Paui U»rt prononce l'allocution suivante :

Messieurs et ehers collègues, les Chambres viennent de voter à Victor Hugo des funérailles nationales. Votre Bureau vous propose de manifester autant qu'il vous est possible la part que vous prenez la douleur de la nation et du monde.

En suspendant nos travaux, noua rendrons un légitime hommage, à l'un des plus merveilleux génies qui aient illustré la Fraoee et éclairé la marche en avant de l'humanité.

La science a, comme les lettres, sa place marquée dans le funèbre et glorieux corlège. Ce n'est pas telle catégorie de l'esprit humain, c'est l'esprit hiimaip tout entier qai porte le deuil de Victor Hugo.

Je demande i la Société de lever immédiatement la séance.

Par un vote ananime la Société lève la séance eu signe de deuil et ajourne à samedi prochain l'élection d'un membre titulaire.

BIBUOSRAPHIE

Èiémmmtm A'mmtkrmfmUuelm séaéMla, par H. le docteur

Paul ToPiKARD, avec 229 figures intercalées dans le texte et 5 planches. Un Tol. in-8°, de 1156 pages. Paris, 1885. — Delahaye et Lecrosnier.

Le petit livre publié il y a huit ans par M. Topinard sous le titre : Anthropologie ^ et destiné, écrit-il, à servir dé vademecum c aux commençants et aux voyageurs >, ne pouvait plus suffire ni les uns ni les autres, malgré les améliorations apportées dans trois éditions successives. Il pouvait

encore moins lui suffire h lui-mÔme. Son enseignement à l'Ecole d'anthropologie et ses incessantes investigations le mettaient de plus en plus au<dessus de son propre ouvrage. Il a donc rassemblé dans celui-ci tous les élément» qui peuvent servir à constituer la science nouvelle en apportant chemin foisant, & toutes les questions restées incertames, son eontiogent de recherches et d'interprétations.

Hais cette seïence, quelle est-elle? Qu'est-ce que l'anthropologie? Comme il devait arriver pour un ensemble de faits disparates, dont le seul lien commun est de concourir à la connaissance de l'homme, les définitions ont beaucoup varié. La meilleure, parce qu'elle est la plus simple, la plus compréhensive en peu de mots, est celle de firoca : L'anthropologie est Vhistoire naturelle du genre humain, c'est-à-dire de l'homme eonsidéré dans les caractères propres qui le distinguent du reste des animaux; dans les caraetères spéciaux, anatomiques, physiologiques, psychologiques, sociaux, qui permettent de fHWor dans ce genre des groupes séparés (ethnologie); enfin dans les caractères d'ensemble : capaellé crânienne, taille, eonfoi^ mation du squelette» habitudes hygiéniques, moitidltéi etc., tels qu'ils se diversifient suivant les races. Si Ton veut bien se rendre compte maintenant de la multiplicité des moyens qu'il faut mettre en œuvre poor arriver aux déterminations scientifiques nécessaires ; de ce qu'il faut emprunter à l'anatomie comparée de l'homme et des animaux supérieurs pour assigner au premier son rang véritable; è la géographie, à l'histoire, à ta linguistique, à la géologie, è la faune, à la flore, eto., etc., pour faire un partage raisonné des groupes humains et se reconnaître dans leurs migrations et leurs mélanges ; à l'anatomie, à la physiologie, à toutes les branches de la science médicale proprement dite, pour tracer une histoire naturelle comparée des races humaines; si l'on réfléchit, dison<i-nou3, k ces complications et & ces difficultés, onsecfira que l'anthropologie, si elle est une des sciences les plus attrayantes, est aussi une de celles qui exigent le plus de variété dans le savoir, et la plus longue préparation. Elle n'est pas, À cet égard, sans analogie avec la science de l'archéologie, dont elle a d'ailleurs à tirer un certain profit; on pourrait dire, si cette image champêtre n'était déplacée dans un sujet si sévère, que ce sont deux miels tirés en partie des mômes fleurs, mais composés avec des sucs différents.

M. Topioard a compris le sujet de cette manière dans ses deux ouvrages, car on ne peut pas dire que le second sMt une nouvelle édition du premier; trop de difl'érences les séparent quant à la distribution du sujet et au nombre des matériaux mis en œuvre, et quant à 1 étendue des développements. Le fond cependant est resté le même, et la Gazette a rendu compte autrefois (1877) du petit traité d'anthropo' logie par la plume de H. Dall^, aveo trop de soin et trop de compétence pour qu'il y ait lieu de recommencer la revue analytique des questions traitées. Il suffira de faire ressortir le caractère original de la nouvelle publication.

(^Ite-ci s'ouvre par l'historique de la science anthropolo- (pque; au Heu desquelques pages qui y étaient primilivemeut consacrées, nous en avons ici 143 d une justification triple de l'ancienne. Dans le vaste coup d'œil qui s'étend d'Hérodote À la fondation de l'Ecole d'anthropologie de Paris, l'auteur montre comment les progrès, d'abord lents, de l'histoire naturelle générale, ont fini par gagner avec BufTon l'histoire naturelle de l'homme, en même temps que de saint Augustin à la fin du dix-septième siècle , se posait scientifiquement et s'agitait la redoutable question de runité ou de la pluralité de l'espèce. El celle-ci en amena une autre» qui s'y relie indissolublement : celle de la fixité des espèces et des races. On voit apparaître alors Lamarck et GeoflWiy Saint-Hilaire, et successivement toutes les phases du transformisme. C'est dans ce chapitre qu'on trouvées le récitée la lutte engagée depuis une quarantaine d ann^«^Mdk> vaste domaine de Vhistoire 4« l'hMnme entre ^uxqui^aiP'

368 — N" 22 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 29 Mai 1885

pelaient les ethnologues et ceux qui se disaient anthropologistes; les premiers voulant absolamenl affranchir Tetboologie de l'anthropologie, parce que la première puise ses meilleurs élémeuts dans l'origine historique des peuples el de leurs langues; la seconde revendiquant pour les naturalistes le droit de s'approprier un terrain qui comprend Tanatomie, la physiologie et la psychologie huinaiues. Nous engageons le lecteur à voir, aux pa^es 126 et 127, le résumé de ce débat et le tableau succinct de l'influence qu'il a exercée sur la science et les savants.

M. Topioard rattache à l'historique de la science anthropologique, telle qu'il la comprend dans sa généralité, celui de ta cràniologie. Il y a été engagé sans doute par l'importance des données cràniologiques dans la déterminatioa des groupes humains; mais entraîné aussitôt à Taire l'histoire de la crâ- Biométrie, à indiquer immédiatement les systèmes de van der Hooven, de Norton, deBaer,de Parchappe, de Combes, etc., en renvoyant à une autre partie de Pouvrage, à sa partie technique, l'histoire de l'indice céphalique, ita ainsi scindé un sujet qu'il eût mieux valu presenter en une seule fois dans toute son étendue. Et tout eût été à souhait, si l'auteur eût pu se montrer un peu plus bref.

Après l'historique, les généralités; puis les méthodes générales de détermination, la méthode des moyennes, la méthode d'ordination, la méthode trigonométrique, les points cràniométriques, etc., et c'est alors seulement, après plus de 200 pages, que commence réellement l'exposé technique des éléments particuliers de l'anthropologie; encore cet exposé est-il précédé d'une élude générale des caractères qu on peut tirer des types de chevelure et des t^pes morphologiques de Tappendice nasal pour la classification des races ; c'est là que se trouve la description de l'indice nasal. Quant aux autres caractères, étudiés dans des chapitres spéciaux, ils sont relatifs à la couleur (couleur de la peau, aes cheveux, des yeux), à Vindice céphalique, à la taille ^ au poids de Vencéphaie^ au cubage de la cavité crânienney aux caractères zoologiques ou sériaires (vertèbres, unité de composition du crâne dans la série des vertébrés, rapports de la face et du crâne, etc.), aux caractères esthétiques (altitude du cr&ne, angle facial de Cowper, Gtoquet, Jac- ^uart, etc.), aux caractères empiriques (mesures d'ensemble, indice facial, contours de la face, angle de Quatrefages, angles des bosses frontales, etc.). Enfin des chapitres spéciaux sont consacrés aux analogies cràniométriques, à la tête sw le vivant, aux caractères simplement descriptifs du corpt entier et du squelette, aux caractères ostéométrigues, enun aux caractères anthropométriques de l'homme vivant, c'est-à-dire aux proportions des diverses parties du corps humain, telles qu'elles ont été fixées, soit par les artistes, soit par les anatomistes.

Le simple exposé de ce programme justifiera suffisamment aux yeux du lecteur ce que nous disions tout à l'heure, à savoir qu'il est en présence d'un livre nouveau, devant lequel disparaît, ou peu s'en faut, l'ancien manuel de l'auteur. Les occasions ne nous manqueraient donc pas de revenir nous-mêmes, avec d'autres développements, sur quelques-uns des sujets qui y sont passés en revue; mais la tâche serait proportionnée à l'accroissement de rœuvre, et ni le peu d'espace dont nous pouvons disposer, ni notre insuffisante compétence ne nous le permettraient. Le lecteur connaît maintenant et le fond primitif de l'ouvrage, et l'extension qu'il vient de recevoir. Il lui a été dit déjà que le fond était excellent ; nous l'assurons ici

3ue les développements achèveront de l'initier à une science es plus intéressantes, dont les éléments, en raison de leur extrême diversité, ne peuvent être rassemblés que par des hommes d'étude que ne distrait guère le train des affaires professionnelles. Il jugera si, comme nous, il n'aurait pas à faire des réserves sur les conclusions tirés de certaines mensurations ou de certains pesages comparatifs

particulièrement en ce qui touche le crftne des criminels, des homme» d'élite et du commun des mortels; à la signitication des minima et des maxima constatés ches d'honnéies gens, aussi bien que chez des criminels, chez des hommes vulgaires, aussi bien que chez des hommes d'élite, ne porte pu une atteinte sérieuse à la signification de ces moyennes d où l'on veut tirer la doctrine d'un rapport proportionnel entre le poids du cerveau et le développement des facultés intellectuelles. 11 remarquera peut-être aussi des conclusions un peu hâtives, au chapitre des proportions du corps humain, sur la filiation du,canon égyptien et du canon grec, d'autant mûini péremptoires qu'elfes sont parement affirmatives et ne tiennent pas compte des objections qu'on peut y faire et qu'on y a faites d'avance. Sur d'autres points encore, des dout«s pourront naître dans leur esprit sur la valeur anthropolonique de certaines constatations anatomiques ; mais U ne quit tera pas ce livre sans rendre hommage au grand savinr dont il porte le témoignage, et aux efforts de travail qu'il a coâtés.

A. Dbcsahbre.

VARIÉTÉS

Faculté de mëdecinb de Paris. — La Faculté vient de désigner pour la chaire d'hygiène laissée vacante par U retraite de H. Bouchardat, en première ligrn», M. Proust, en seconds HgnOt H. Landouxy.

Inauguration du nouvel hôpital do Havre. — Par snite des obsèques de Victor Hugo, cette inauguration est remise au dimanche 14 juin.

Lk banquet des hédbcins militaires. — Lundi dernier, au café Corazsa, plus de 150 médecios militaires offraient un ponch d'adieu à H. le médecin inspecteur général Legonest, que la limite d'âge obligeait à résigner ses fonctions. Ceux qui ne

Pouvaient assister à cette féte, avaient de toutes les villes de rance, d'Algérie et de Tunisie envoyé leurs télégrammes d'adhésion. Ce ne sera pas pour M. Legouest un des souvenirs les moins précieux de sa carnère que cette manifestation unanime des sentiments de ses confrères de l'armée. Mais celte manifestation a eu une portée plus haute et plus instructive. En honorant ainsi le premier des inspecteurs généraux de la mêilecine ayant rang de général de division, on rendùt homma^ i un homme qui, chirui^ien éminent, professeur et académicien, avait su relever le prestige de ses fonctions militaires par l'autorité que lui donnait sa carrière sdeutifique. H. Leffouest l'a bien compris, aussi a-t-il commencé par reporter à ses devanciers, uu Perey, aux Larrey, aux B^in, aux Michel Lévv l'honneur d'avoir fait estimer autant que les autres armes spéciales, le corps de saoté militave; mais il a tenu également à rappeler que la réorganisation de la médecine d'armée, qui lui avait permis de prendre place au premier rang de la hiérarchie militaire, avait été due à un mouvement d'opinion créé par la presse, accrj^lé

Sar le parlement, imposé enQn à l'administration, à la suite 'événements inutiles i rappeler, par un premier ministre aussi éclairé qu'énergique. Ce qu il importe donc aujourd'hui, et la manifestation que nous signalons prouve que la chose serait facile, c'est de maintenir au corps de santé son caractère loali la fois scientifique et militaire et de ne point compromettre, par un retour vers le passé, ce que l'homnoage rendu a H. Legoueit tendait surtout à affirmer.

Concours do BunsAU central de chirurgie. — Le jury est ainsi eonwoaé : MH. 1^ Dentu, Tillaux, Terrier, be^r, Câsco, Doplay, Bucquoy.

Ambulances urbaines. — Comité d'action a décidé qu'on bal aura lieu, le 13 juin 1885, à l'hélel Continental et que le produit serait affecté & l'inslallation de ce service dans les hôpitaux Lariboisière et Saint-Louis,

Ce bal sera organisé par M" la duchesse de La Rocliefoucauld- Bisaccia.

G. Hassoh. Propriétaire-Gérant.

TRBNTErDETTXiftHB AHHAB

5 Juin 1885

PARAISSANT TOUS LES VENDREDIS

COMITE DE RÉDACTION

PRBNDIMT : M. le docteur A. BEGRAMBRE

Mkmbru : NH. Ie& doelenn BLACHEZ, «EONES DIEUUFOT. DRETFUS-BRISM, FMNfiOlS-FlUUICX, ALBERT KCROCQUE

Page 1