‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 111 sur 228 · L. UREROUUET, PAUL RECLUS · texte numérisé non relu

L. UREROUUET, PAUL RECLUS

ÀdreMsr tout oe qui coneerM la rédoeHon au tiéffe dm ComiM, ehei H. Dicuhbu, 91, nie LUle (avant le mardi de prtféreaee).

V«lr • «• !• 0»TM«W« l'MleKttMi 4M ACTES DB JJk VACCLIV SE MÉEKCUIB

(Thèses, ezàineiu, cours, etc.) «t «iv«i« ««««mmm mtére— ■« le v«Mie MMiieal.

SOUHAIRB. — Par». Académie de niMedae : LVrysipUe. — U cboUra en E*p«(iie. — La médecine miliuire ; >on putë, ««n Hvenir. — Travaux origi- RADX. ThdrapealiqM : Du Unnaie de mercure dans la lyptailia. — CoRRIsroH- DARca. Sur l'teliM enliiymMique de la i|ainiiw.— Sooiirts sataiitib. Ac«Ual* de* sôeRcea. — Académie de médecine. — Société de chirurgie. — So lété Uoloipo. — Société de Uiéraptiriiqao. — Hivus dis journaux. Traranx à CMualler. — Bibliooraphib. Ou paoMmMt analé et de ion application à la tliérapmiiqua chirurgicale. — I)e l'ëvaluaiion mécanique des courant» électrique* emplojéi en médecino. — Index bibliographique. — Variétés. — Feuillbtoh. Lellrei médicales.

Paris, 11 jaio 1885.

l'énvslptle. — le choléra en espagne. — la médecine hilitaihe; son passé, son avenir.

■.'dvyalpèto. — Le «MAm «■ Bqpagro.

Le discours prononcé mardi par If . Verneuil et les observalions de KM. Alphonse Guérin et Trélat mettent fin à la discussion sur l'érysipèle. La conclusion pratique de cette discussion sera arrêtée dans la prochaine séance. Selon toute prévision, elle donnera satisfaction au vœu exprimé par H. Verneuil dans sa première communication, et dont les orateurs s'étaient peu souvenus : le vœu que l'Académie se prononçât sur les mesures préventives contre la transmission de l'érysipèle nmocofflial par voie de contagion,

c'est-à-dire contre ces cas iniUaox, venus du dehors ott

développés au dedans, dont l'antisepsie la plus rigoureuse n'empêche pas toujours la propagation, soit que le siège de la plaie à protéger contre le contage se prèle mal au panse* ment antiseptique, suit que la contagion s'exerce, chez un blessé, loin du siège de la plaie et du pansement. M. Verneuil a été invité à rédiger des conclusions sur lesquelles l'Académie aura à se prononcer mardi prochain.

Les journaux annoncent que le gouvernement français s'est décidé à envoyer en Espagne, à l'imitation tardive d'autres gouvernements, un médecin chargé de constater les résultats obtenus par les vaccinations anticholériques. Noos n'avons, du reste, rien trouvé dans la presse médicale espagnole de cette semaine qui fikt de nature k jeter de nouvelles lumières sur la question.

Voici trois années qu'a été votée la loi qui assurait l'autonomie du corps de sanlé militaire. Cette loi, nous l'avions appelée de tous nt» vœux ; nous avons même le droit de déclarer ici que, dans la mesure de nos forces, et avec l'aide de quelques-uns de nos amis, nous avions aidé à la provoquer. Dès le jour où elle fut promulguée {Gazette kebdiH

FEUILLETON

Leurea lédH— le».

Enoore Jm dèoonitiotui mèdloalae : Rèponaa A H* Vannoasini. — Xi'agrAgatloii daa Facultés d« province : Vaux «xprlmta par les ugttgàm de Nanoy. — I.a «Utne de Boomeud : DètatUB retro- ■peoUle.

Je vous ai dit, cher confrère, les raisons qui m'avaient eng^ à ne vous point parler des récompenses libéralement accordées k quelques-nas, pardmonieusement mesurées à

f plusieurs autres, k l'occasion de la dernière épidémie choériitue. Si je reviens aujourd'hui sur ce sujet, un peu délicat à traiter publiquement, c'est qu'il m'a semblé, au dernier banquet de l'Assuciation générale des médecins de France, surprendre sur vos lèvres un sourire tant soit peu railleur. Au moment où H' Vannesson, membre du conseil judiciaire de l'Association, parlait en termes éloquents des différences

s* StaiB. T. XIII.

qu'il constatait entre la profession de médecin et celle d'avocat, vous aviez tout I air de m'inviter à répondre à ce toast, dont il serait difficile de méconnaître la charitable intention. Vous n'aviez pas réfléchi, cher confrère, qu'il n'est pas convenable de prendre la parole à l'improviste dans les reunions ofTicielles, où tout, — même les allocutions les plus spirituelles, — a sa place marquée comme les couverts. Dans cette causerie familière, je suis plus à l'aise, et je puis satisfaire vos désirs. Je repondrai donc à l'honorable avocat : « Ëh quoi ! maître Vannesson, avez-vous prétendu parler sérieusement en comparant, au point de vue des honneurs et des dignités qu'elles peuvent rapporter, la profession de médecin et celle d'avocat? Vous croyez donc que c'est dans l'exercice exclusif de sa profession de médecin ()ue notre ami, M. Brouardel, a obtenu, à si jusie titre, la distinction flatteuse à laquelle vous faites allusion! S'il en est ainsi, détrompez-vous bien vile. Ni comme médecin praticien, ni même comme professeur de ta Faculté de m^de-

GAZETTE HEBDOMADAlRfi DB MÉDECINE ET DE CHttltRGÎE

i% Juin I88&

madairej 2 juin 18S2) nous nous étions empressé, sans nous en dissimuler les inévitables lacunes, de proclamer bautiment les progrès qu'elle réalisait et, aujourd'hui encore, nous persistons à affirmer qu'elle était bonne et qu'elle devra être maintenue, sauf à subir quelques amendements dont une expérience suffisante aura montré la nécessité. Pourquoi faut-il donc prouver que cette loi a été mal comprise par ceux qui avaient assumé la mission d'en régler Tappltcalion ? Pourquoi nous voyons-nous appelé à faire voir que la décadence rapide de la médecine militaire serait rendue inévitable si les t'&cheuses tendances qui ont prévalu jusqu'à ce jour dans les bureaux de la guerre n'étaient énergiquement combattues ?

Telle est cependant la tâche que nous imposent l'amitié et la confiance d'un grand nombre de nos anciens camarades de l'armée, ils nous demandent de discnter» en nous appuyant sur un ensemble de faits malheureusement indéniables, ce que les explications contradictoires que nous avons souvent provoquées n'ont pu expliquer. Ils savent que nous ne pouvons invoquer, dans ce débat, aucune pré'occapation d'intérêts personnels et que nous nous efforceronS) comme nous l'avons fait toujours, de ne d^endre que des principes d'ordre général. Us comprennent qu'il nous en coûte de répéter tout haut, au risque de diminuer le prestige d'un corps auquel nous gardons tant d'estime et d'attachement, ce dont chacun souffre silencieusement depuis plus de deux ans. Ils n'ignorent pas d'ailleurs que toutes les fautes commises, les résultats vraiment désolants que nous devrons signaler ne sont pas exclusivement imputables à leurs chefs directs. Alors môme qu'ils eussent montré plus d'énergie dans leurs réclamations et de sollicitude pour les intérêts scientifiques de la médecine militaire, ceuxci se seraient souvent encore butés contre le mauvais vouloir des autorités qui n'écoutent que les rapporteurs du budget ou des administrateurs toujours hostiles au corps de santé. Nous ue pouvons, dans ces conditions, nous refuser k montrer qu'une loi ethnique, quelque avantageuse qu'elle paraisse, ne peut donner de bons résultats que si elle est bien comprise et bien appliquée. Pour mieux faire ressortir encore le but et les conclusions de cette étude, nous nous empresserons d'ailleurs de déclarer, àl'avance, que nous rendons pleine justice aux efforts et à l'activité dont la 7* direction a fait preuve lorsqu'il s'est agi d'assurer, au point de vue exclusivement militaire, le fonctionnement des divers services. L'organisation administrative des hôpitaux et des corps de

cine, H. Brouardel n'aurait pu accepter la cravate de commandeur. Il se serait rappelé que plusieurs, parmi ses anciens maîtres, ne sont encore que chevaliers, que plusieurs de ses collègues ne sont même pas décorés, et il aurait certainement refusé ce qui aut'ait été considéré comme une faveur imméritée. Ce qui l'a déterminé à accepter cette décoration, c'est qu'elle honorait le Président du comité consultatif d'hygiène, le représentant officiel de la France dans ies Congrès internationaux qui ont pour objet d'assurer la salubrité publique. Lisez les comptes rendus de la Conférence de Rome, vous verrez, maître Vannesson, que la confiance du gouvernement français ne s'est pas mal placée , et qu'il appartenait dès lors, k ce gouvernement, ne conférer à un personnage, plus diplomatique que médical, — au sens professionnel du mot, — une distinction dont on n'est guère prodigue. Si j'avais eu à vous répondre, je vous aurais donc rappelé que bien rarement les médecins praticiens, au dévouement desquels la justice a si souvent recours, reçoivent

troupe en temps de paix et celle de la mobilisation en t^mps de guerre pourraient peut-être prêter à cwtaiaea critiques. Nous les tairons, comprenant aisément que tout ne peut être parfait à ce point de vue, affirmant même qu'il était presque impossible de faire mieux. Hais il nous serait difficile de ne point condamner les décisions administratives qui ont eu pour résultat rabaissement progressif du niveau sdenlifique de la médecine d'armée et celles-ci sont malheureusement trop nombreuses pour qu'il nous soit possible de ne pas établir une comparaison entre l'état aotérieiu et l'état actuel du corps de santé militaire.

On n'a pas oublié la lente mais graduelle progression qui, grâce surtout aux efforts persévérants du savant et toujours regretté Michel Lévy, avait fait de la médaeiae militaire un corps universellement estimé et respecté. Elevés militairement et instruits à l'Ecole de Strasbourg, les jeunes médecins de Tarmée, après une année de stage à l'Ecole de perfectionnement du Val-de-Grâce, étaient appelés à servir pendant deux années consécutives dans les hêpitaux de France ou d'Algérie. C'est après trois années d'études pratiques qa'ils étaient admis dans les régiments où. un service médico-militaire n'absorbait et ne retenait définitivement que ceux qui n'avaient qu'un goût relatif pour les études scientifiques. Alors, au bout d'un petit nombre d'années, se faisait le départ des médecins vraiment studieux, de ceux qui prétendaient arriver aux hautes situations de la médecine d'armée et de ceux qui, plus militaires que médecins, préféraient limiter leurs études scientifiques et borner leur ambition au rêle de médecin de régiment. Parmi ces derniers, il en était beaucoup que retenaient surtout certaines considérations d'avantages matériels ou de famille. Pendant toute la durée de leur carrière ils remplissaient dignement leurs fonctions militaires, soignant k l'infirmetie les indispositions sans gravité, envoyant à l'hôpital les malades ou les blessés qui nécessitaient des soins spéciaux. Les officiers commandants, les chefs de colonne en Algérie louaient leur dévouement, leur activité, leur zèle. Des récompenses honorifiques et le grade de médecin-major de première classe leur assuraient un avenir proportionné aux services qu'ils étaient appelés à rendre. Mais, parmi ces médecins militaires, il en était un certain nombre qui, dès le grade de médecin-major de deuxième classe ou, plus tard, lorsque les inconvénients de la vie rêgtmentaire commençaient à leur peser, ambitionnaient

une juste récompense de leurs fatigues et, si j'avais eu i rechercher les différences qui peuvent exister entre les professions d'avocat et de médecin, j'aurais fait remarquer que, parmi les innombrables ministres que la France a vus se succéder depuis une quinzaine d'années, il an est bî«n peu qui n'aient dA i leur talent d'avocat des positions

aue l'on considère, — à tort, il est vrai, direz-vous, sans oute, — comme prééminentes, et dignes de l'ambiUon des hommes supérieurs. Ne cherches donc point & vons consoler, maître Vannesson; soyez, an eonbvire, parfaitement convaincu que, même au point de vue des c(Hrdous et des plaques, la profession d'avocat est, en général, plus lucrative que celle de médecin. >

— J'ai bête de passer à un sujet plus sérieux. Vous m'avez vu bien souvent, cher confrère, traiter, dans ce journal, les questions d'enseignement supérieur, et en particulier, celle de l'agrégation de médecine. Je n'ai^onc plus h

6AZSfT£ HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

âS7

une autre situation. A cette époque» nous parlons surtout de la période qui va de i860 h 1870^ des positions scientifiques relativement nombreuses (répétiteur à l'Ecole de Strasbourg, agrégé an Val de-Gràce) s'offraient aui plus studieui ; les autres concowaient pour la positioa de médecins des Mpttaux. Le long stage qu'ils faisaient dans les hApitauz d'Algérie était très pénible et compensait laidement les araatagee d'un atancemenk plus rapide. Ceux qui avaient pu obtenir, levjoars à la suite de coocours, «ne pétition daîns fenteigneiMlit, rendaient an corps de santé d'autres services d'an ordre plus scientifique que militaire» si Ton veut» mais non moios ntilea cependant. Quelquesmns enfin, on en a vu depuis ta création de la médecine militaire, appelés dans rUaiTersité à dce fonctions toutes spéciales, rehaussaient par rhoanenr qei s'attethe à ces situations exeeptionoelleB, le renom du corps militaire auquel ils appartenaient. En temps da guerre* on les retrouvait tous, quelle qu'ait été leur vocation, aussi dévoués, aussi octifS} aussi dignes de l'estime dea géo^rani ou des officiers snpérirars qui avuent à apprécier leura aerneea.

Ainsi s'était peu à peu établie et catégorisée par les concours, une hiérarchie spéciale qui faisait du corps de santé de l'armée une a^loméralion de médecins militants, traitoals ou professeurs ~ le nom importe peu — c'est-à-dire Bccompagaant le soldat dans tout ses eiereicea milit^res, le soignant à l'bftpital, enseignant aux autres l'art de guérir, ou étudiant spécialement les grandes questions d'hygiène et d'épidéniiologie militaire, hiérarchisés eux points de vue militaire et scientifique, imposant k tous soit par les services rouluB» SfHt par l'autorité que donne une fonction scientifique partoal honorée, le respect de la médecine militaire.

Cest, je suis personnellement en mesure de l'aflQrmM', en raison de la haute considération qui s'attachait en 1882 au corps de santé, représenté à Paris paur plusieurs médecins émineats, en raison des témoignages unanimes qu'ont donnés de leurs collègues militaires bien des membres de l'Académie de médecine ou des Facutlés de province, qu'un mouvement d'opinion s'est créé en faveur de la médecine militaire et que la lutte depuis lon^mps entreprise pour assurer son autonomie a pu enfin aboutir.

L'indépendance du corps de santé militaire ayant été proclamée, quel était le devoir de ceux que la nouvelle h»! appelait à l'honneur de le dirigerf N'est-il pas évi** deut qu'il importait^ non seulement d'impoter à tous let

I vous exposer msi idées personnelles à ce sujet; mais Je dois ; vous signaler les conclusions ti-ès pi-écises que, dans une série de rapports, rédigés tout récernmeiit, les agrégés de la ; Faculté de niédenne de Nancy ont appuyées par des arguments dignes d'attention. Contrairement à l'avis exjirimé par divers professeurs, les agréftés de Nancy demandent le maintieu de la centralisation à Paris du concours d'agrégation» Les motifs qu'ils invoquent k l'appui de cette mesure sont les suivants : La centralisation à Paris établir entre les candidats des différentes Facultés des relations scientifiques et amicales qui élèvent forcément le niveau da concours. Les candidats trouvent an avantage réel à pouvoir se faire inscrire par diverses Facultés ft la fuis. h*s séjour à Paris leur permet de prendre part aux conférences d'iigré-

Fation et) par conséquent, de se fortiâer par le travail et émulation. Le Jury, centralisé à Paris, peut être rendu plus compétent par l'ac^un^en d'un plus grand nombre de sp^ ciaiistes appelés de la province.

médecins l'exécution des règlements militaires et administratifs qui devenaient In conséquence nécessaire d'une organisation autonome, mais encore et surtout de maintenir, au point de vue scientifique et professiounel, la prééminence du corps qui n'avait dû son autonomie qu'à l'estime qu'il avùt avait su impo^'ir àses adversaires? La première partie de la tâche qui incombait à la nouvelle direction a été, nous l'avons dit, bien remitlie. Les rapportsà établir entre les divers services administratifs et le corps de santé, entre le commandement et les médecins chefs de service ; les étals nominatifs et les états de mobilisation i l'encadrement des médecins de la réserve et de l'armée territoriale, etc., etc., en un mot, tout ce qui a trait à la partie administrative de la nouvelle oi^auisation nous parait avoir été bien ounpris et biea ordonné. Mais, en même temps que l'on réor^ntsait le corps de santé au point de vue administratif, que faisait-on des instibitions et des règlements qui avaient assuré sa préémiueiAce.au point de vue scientifique?

L'École de Strasbourg avait été supprimée et, au moment où il eût été possible de la réorçaniser, personne n*y avait songé. Le recrutement de la médecitie militaire par les appels directs ne donnait que de mauvais résultats. Chaque année, les jurys chargés des examens d'admission proctamaietit Tinsuflisance des candidats. Il ne restait plus qu'une École, celle du Val-de-Grftce. Au lieu d'en modilier tes rouages, en augmentant le nombre de ses maîtres, en lui* imposant la miitsion de compléter ce qui, h tous les points de vue, man* quaitaux nouveaux élèves du service de snnté militaire, par une lutte sourdCi mais cunlinup, on s'fffurça d'amoindrir, puis de détruire cette École, dont le p&^aé a été si brillant, et qui, modifiée et amélioréej aurait pu rendre tatit de services. L*inAmovibilité' des professeurs f\il supprimée; on invoqua d'anciens règlements qui prétendaient interdire aux médecins principauir l'accès des positions de professeur. A celte prétention administrative, le liorps professoral et le conseil de sauté répondirent eti nommatit aux chaires vacantes des médecins principaux de pr«mMre tiatise. On exhuma alors un ancien règlement qui limitait à dix années la durée du professorat ( quelque temps après^ on viola ce règlement et, sans au<^un motif plausible, on dépUçà l'irti des proflBsseure les plU4 nécessaires à renseignement tie rÉftute. Aujourd'hui, on supprime les deux chaire» de diliîque; On

Mais, tout en admettant la ceniratis&tinn, les agrégés de Paris i^ctiimeiit la création de bourses d'tigrég ition dani le but de venir en aide aux candidat;« de province; ils demandent aussi que Toii octroi*' aux Juges eraprunlét atix Facultés provinciales, une indemnité hudlsante. Enfin ils sou^ haiteot oue les agréés i^oient classés, non par Faculté, mais d'après la valeur des épreuves qu'ils ont subies, et que le premier nommé à chaque concours fbsse partie du JU17 du concours suivant.

Plus importante encore est la réorganisation de Pagi-égation de médecine : les agrégés de INancy insistent pour demiinder que l'agrégaliou devienne une carrière sérieuse, c'esl-à-dire que l'agiégé soit à peu près certain d'arriver au professorat; que, dans ce but, il soil astreint pendant toute la durée de son exercice à prendre part à l'enseignement de la Faculté; qu'il soit maintenu en exercice j^>^l|X|6aj(ûiU: arrive à ëti-e nommé 6 une chaire magistrale^ efiroff^B^ que l'i^régé de médecine ail une situalioa assurée à^ea

réduit les programmes de l'École du VaI-de~Grâce à l'enseignemenr de quelqu''S spécialités ; bientôt on n'aura plus qu'à la supprimer, comme on a supprimé l'École de Strasbourg. Alors qu'il eût été si nécessaire de réserver aux médecins de Tarmén un nombre de plus en plus considérable de positions scientilîques, stables, données an concours, nécessitant, pour être obtenues, un effort long et méritoire, on amoindrit, on cbercbe à supprimer la seule École qui subsiste, donnant ainsi de nouveaux arguments à ceux qui, par économie, — ou par hostilité contre la médecine militaire, — refuseront toujours la création d'Écoles préparatoires.

Il n'existe donc plus aucune garantie pour l'instruction professionnelle des jeunes médecins de l'armée. Ceux-ci, pourvus du grade d'aide-major, sont-ttsau moins astreints à suivre les hôpitaux militaires et à y acquérir un complément d'éducation médico-militaire? En aucune fagon. Un nouveau règlement, imaginé par la nouvelle direction, les jette aussitôt après leur sortie des bancs universitaires dans les régiments. }l faudrait leur supposer un i-aractère et des aptitudes médicales bien exIjraordiDaires pour espérer qu'ils ne seront pas séduits par leschannes de la position d'ofticier et les facilités que donne à tous ceux qui veulent en jouir l'activité physique et le désœuvrement intellectuel de la vie militaire. Voici donc de jeunes médecins incomplètement instruits, n'ayant acquis, ni par le service de garde dans les hôpitaux, ni par l'assistance à la visite hospitalière de médecins expérimentés, l'instruction professionnelle nécessaire aux médecins d'armée. Ils arrivent au grade d'aide-mujor de première classe, puis de médecin-m^Ù*^''* devienoent-iis? C'est au hasard de leurs désignations; c'est par suite d'un roulement obligatoire, qui les fait changer de position tous les six mois dans chaque place, qu ils sont nommés médecins d'hôpitaux ou médecins de régiment. On a réclamé pour les méilecins militaires le droit de soigner les soldats dans les hôpitaux civils. Nous avons insisté nous-méme pour que celte faveur leur fût accordée; mais c'était à la condition qu'un concours sérieux ou qu'un examen ^'aptitudes, égal pour tous, et vraiment rigoureux, établit qu'ils étaient capables de traiter des malades ou de soigner des blessés. La Direction du service de santé en a jugé autrement ; sans garantie préalable, et sans épreuve probatoire, on admet indistinctement les médecins de régiment dans les hôpitaux et réciproquement, de sorte que l'on voit, aujourd'hui, de vieux médecins de régiment physiquement et scientifiquement insuffisants, terminer leur carrière dans les hôpitaux, alors que de jeunes mé-

firès équivalente à celle des professeurs extraordinaires que 'Allemagne a multipliés dans toutes ses Universités. Faire de ra;!régalion une situation définitive et non précaire et limitée; faire participer tous les agrégés à l'enseignement; limiter le nombre des agrégés d'une Faculté au nombre des chaires de cette Faculté; conserver les sections d'agrégés, et ne mettre au concours une place d'agrégé dans une section que quand uu des agrégés de la section a été nommé titulaire à une des chaires devenues vacantes dans la section correspondante; enfin faire compter, pour le classement des professeurs, le temps d'agrt^gation comme année entière, tels sont les vœux émis par les agrégés de Nancy. Je vous les ai résumés aussi exactement que possible. Pour être tout à fait juste, je dois ajouter que les professeurs de Nancy ne sont pas tout à fait du même avis que leurs agrégés. Mais les divergences de vues qui existent entre le corps professoral de Nancy ont surlout trait à l'oi^anisation du concours d'agrégation, qui, pour les professeurs, devrait être restitué

decins des plus distingués, des agrégés sortis du Val-de- Gràce, vont les remplacer à la cibte, à la baignade ou aux manœuvres régimentaires. D'après ce sysièrae néfaste, contre lequel nous n'avons cessé de protester depuis dix ans, que les médecins miliuires ne sont que des unités de valeur administrative égale, on ne tient plus compte d'aucune aptitude professionnelle pour la désignation des emplois. C'est ainsi que lel hôpital ne compte que des médecins et pas un seul chirui^ien. tel autre des chirurgiens sans médecin, en raison de ce principe que tout médecin militaire est également capable de soigner une fièvre typhoïde et de pratiquer une résection. Mais, dira-t-on, il existe, pour passer d'un grade à un autre, des examens d'aptitude qui sauront éliminer les incapables. Nous ne saurions trop nous élever contre une semblable assertion. Nous avons sous les yeux des lettres anciennes et récentes qui nous ont été écrites par des médecins d'un grade élevé, chargés de présider à ces examens. Ils sont unanimes à déclarer que, pour les médecins-majors de première classe, cet examen est tellement insignifiant qu'il en permet l'accès à tous, sans difficulté etsans préparation. Il suffit, d'ailleurs, de jeter un coup d'œil sur les programmes, et de voir la composition des jurys pour s'assurer qu'il en est bien ainsi. L'examen des majors de deuxième classe est moins nul; en pratique il n'est guère plus sérieux. Le jury a une valeur très variable, suivant les régions; les épreuves sont inégales suivant les jurys; il y a toujours insuffisance de maindes pour l'exauien clinique, absence de ressources anatomiques pour l'épreuve opératoire, enfin, et cet allument nous semble irréfutable, presque tous les candidats sont toujours admis, et les directeurs du service de santé dans les corps d'armée déclarent qu'un examen de ce genre ne peut être éliminatoire.

Voici les premiers résultats de cette mesure. Alors qu'en France, saus compter les hôpitaux civils militarisés, qui sont en très grand nombre, il existe quarante hôpitaux militaires proprement dits, et qu'on en compte, de pins, soixante-trois en Algérie, douze en Tunisie et quatre au Tonkin, la suppression du concours des hôpitaux livre les malades militaires à des mains parfois inexpérimentées, oblige tous les médecins de l'armée à se charger, au hasard des désignations, et malgré leurs aptitudes personnelles, d'un service de mé* decine ou d'un service de chirurgie, supprime la stabilité, l'avancement, autrefois réservés aux médecins des hôpitaux, réduit tous les médecins militaires à l'état d'unités administratives que le bon plaisir seul déngne pour une fonclion

aux Facultés provinciales, et dont tes agrégés défendent la centralisation à Paris. La question capitale, celle de la x^ forme de l'agrégation en province, est plus grave. En deinaadant que tous les agrégés deviennent nécessairement |»rofesseurs, en limitant le nombre des agrégés à celui des chaires magistrales, en réduisant le nombre des concours d'agrégation de manière à n'appeler les agrégés qu'au fur et à mesure des vacances, on arriverait à ce résultat que, quelles que soient la valeur scientifique, l'activité intellectueile et l'aptitude à l'enseignement des agrégés nommés à un premier concours, ceux-ci devraient tous, un jour ou l'autre, prendre possession d'une chaire magistrale. Je ne demanderais pas mieux, s'il m'était prouvé que tous les agrégés continueraient à travailler avec ardeur pendant toute la durée de leur exercice. Mais ne voit-on pas le contraire dans certaines Facultés, et ]fi cojCDSDrufessoral ne doit-il pas être laissé fib^i^d^mii^Qwmi les agrégés anciens et nouveaux, ceux qui lut paraltront^^nes d'aa

î 42 Jom 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE — N- M — 389

quelconque. Si nous n'écrivions pas dans un journal exclu- I sîveinent réserré à des médecins, quels arguments on pour- , rait déduire de cet abaissement systématique des garanties

données aux familles de nos soldats !

Page 1