‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 112 sur 228 · L. Lereboullgt · texte numérisé non relu

L. Lereboullgt

(A suivre.)

TRAVAUX ORIGINAUX

Du TANNATE DE HERCVBE DANS LE TRArTEMENT DE LA

SYPHILIS, noie lue à la Société médico-praliiue dans la séance du 8 juin 1885, par M. le docteur Leblond.

Le tannate de mercure (Hydrargurum tannieum oxydulatum) a pour formule Hit'<C''H'»0")'; il a été composé dans son laboratoire, à Vienne, par le professeur E. Ludwig ; le mode de préparation le plus simple consiste à précipiter une solution de nitrate mercureux par un» solution de-tannale de soude en léger excès; dans ces conditions, le tannate de mercure se sépara sous forme de précipité jaune qui verdit rapidement; on lave par décantation jusquà ce que la dernière eau de lavage ne précipite plus par Tacélate de plomb et ne donne plus de réaction acioe au papier de tournesol ; on filtre alors le précipité, qui est séclté à l'air libre. Le tannate de mercure est insoluble dans i'eau ; sécbé à Tair libre, il conserve son aspect de précipité mercureux jaune verd&tre ; séché dans une étuve même tempérée, dès 35 à 40 df'grés, il se décompose; on peut s'en assurer facilement en soumettant le produit à oes lavages à l'eau distillée froide qui finit par en extraire tout l'acide tannique. Dans une etuve chauffée de 55 à 60 degrés, la décomposition est plus rapide encore : le produit affecte alors un aspect boursouflé, spongieux. Des écoantillons que je vous présente, et qui ont été préparés par M. Casthetaz, le n° i, Messieurs, représente le tannate de mercure séché à l'air libre; le n" 2, le tannate séché â 35 ou 40 degrés, et le n" 3, celui séché i 55 ou 60 degrés. Le produit fourni par la maison Merck, de Darmstadt, est identique d'aspect et de réactions à l'échantillon n' % bien qu'il soit en outre assez fortement acide.

Cette préparation contient 50 pour 100 de mercure roélallique : elle n'a pas d'odeur, son goût est métallique, elle n'est {tas soluble sans être décomposée ; l'acide chrorhvdrique dilué n'agit pas sensiblement sur elle, mais tes alcalis quoique très dilués la décomposent en précipitant le mercure sous forme de sédiment bourbeux.

D'apràs l'opinion du docteur Lustgarten (1) et du profes-

(1) MeileiiL ehirmrg. CeiUniUaU, n* li. 1884.

seur Caposi, cVsl la meilleure préparation mercurielle : la dose à l'intérieur est de 10 centigrammes deux ou trois fois par jour, et même on peut aller jusqu'à 50 centigrammes dans la journée. Malgré cette dose relativement très forte, il ne se produit pas d'accidents ni du côté de la bouche, m du côté de l'estomac, ni du côté des intestins; la préparation s'absorbe vite par les muqueuses el apparaît dans les urines dans les vihgt-quatre heures; elle fait disparaître rapidement toutes les formes les plus opiniâtres de récidive de la syphilis et réussit surtout dans les formes à syphilides papuleuses et pustuleuses.

Pauly (1^, se fondant sur ses propres observations (en tout treixe), trouve cette préparation très active et dans certains cas supérieure aux autres; il la place au-dessus des injections de sublimé corrosif, souvent très douloureuses, et au-dessus des frictions mercurielles qui sont souvent mal supportées. D'après Pauly, le tannate de mercure agirait surtout dans les cas de récidive, surtout dans les formes papuleuses et dans les cas où il y a de larges condylomes de l'anus, même très négligés : il administre par jour 30 centigrammes de cette préparation, toujours sous forme de poudre et sans y ajouter d'opium. Dans deux cas, il se produisit de la di Trhée dans les premiers jours du traitement : chaque dose de pondre donnait deux selles liquides, dans le genre de celles que l'on observe au début du traitement par la liqueur de Zittmann; pour faire disparaître cette diarrhée, le médicament a été suspendu dans un cas, dans l'autre, on ajouta à chaque dose de poudre 5 centigrammes de tannin pur. Le régime pendant la durée du traitement doit être fortifiant, il se produit fréquemment de la constipation qui peut être combattue par une eau purgative naturelle : ce qu'il faut éviter, c'est d'administrer l'iode en même temps aiie le tannate de mercure sous crainte de voir se former de 1 iodhydrate de mercure.

H. Casanow, d'après ses propres expériences, affirme la supériorité du tannate de mercure sur toutes les autres préparations mercurielles; il a administré le tannate de mercure à plus de 500 malades présentant des accidents secondaires et des accidents de récidive ; le mode d'administration qu'il a adopté est le suivant :

Tannate de mercure 3 grammes.

Extrait et poudre de réglisse. . . q. s.

pour 60 pilules ; prendre deux pilules deux fois par jour après les repas.

Quelquefois, il élève la dose à 30 centifp'ammes par jour; dans deux cas, il est allé jusqu'à 40 centigrammes; ladiar- ,

(1) BMin. Uim. IVHetaweAH/lt, a- 47, p. 753. im.

titre inamovible? Ce sont là des qoëstiens qu'il me suffit de poser aujourd'hui, et que je ne puis discuter à fond. Je ne crois pas m'avancer beaucoup en déclarant qu'avec les agrégés de Nancy vous admettez, cher confrère, qu'une réforme de l'agrégation en province est devenue nécessaire, que l'avancement des agrégés est en général trop lent; que I obligation pour les professeurs titulaires de prendre leur retraite à l'â^e de soixante dix ans leur donnerait une première satisfaction; que leur participation à l'enseignement serait des plus utiles, etc., etc. Je crois donc que, sauf deux ou trois points de détail, nous serions bien près de nous entendre avec les agrégés de Nancy si l'on nous consultait. Mais il parait nécessaire, pour pouvoir apprécier sainement ce qu'il convient de faire dans ce but, d attendre les rapports rédigés par les antres Facultés provinciales. L'agrégation à Paris a des intérêts et des visées un peu différentes; mais les autres Facultés doivent être toutes traitées de la même façon ; attendons dès lors, et nous résumerons

plus tard ce que ce grand débat peut présenter d'intéressant à un point de vue général

— Un mol encore pour finir, c'est un mol rétrospectif sur l'inauguration de la statue de Bouillaud. L'initiative prise par l'Association locale du déparieinent, la présence de Beaucoup de ses membres à la cérémonie témoignent assez des sympathies vivaces qu'il avait conservées chez nos confrères de l'Angoumois. Mais je ne crois pas être historien indiscret ni infidèle en disant qu'un ancien nuage élevé entre Bouillaud et le gros de ses compatriotes n'était pas entièrement dissipé au moment de sa mort. Jusqu'en 1842, ce fui la lune de miel. Le pays était fier du succès d'un de ses enfants, et Tenfant sensible aux marques qu'il en recevait. C'est alors qu'il fut élu député. C'était, disait-il, son c tour de force >. Mais, le malheureux! (]uel us?ge fit il de son mandat! Il présenta un projet de loi sur l'afoolition^e, la patente des médecins. Jugez de la colère de la popul^A

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rhée a été observée une seule fois, elle disparut spontanément pprès la suspension du médicament. La stomatite mercurielle a été elwmée deux Fois chez des malades qui prenaient 30 centigrammes de lannate de niereure; l'un d*eui,qui présentait des accidenis de récidive, n'avait jamais été Irailé, l'antre avait déjà pris du protoiodnre et avait été soumis aux frictions mercuriellea; dans les deux cas, la sHimatïle disparut très vite par l'emploi des aslriitgents. Pendant loutn la durée du Imitement par le tannale de merrure, M. Casanow conseille de se frotter plusieurs fois par jour les gencives avec un mélange de poudre de qiiinquhia, poudrr de ratanhia et chlorate de potasse; ou bien se rincer ta bouche avec de l'ean à laquelle on a ajouté use cuillerée du mélange suivant : teinture de cachou âO grammes, teinture de ratanhia 10 grammes, alcoolat de menthe 150 grammes; é«il»r att^8i les mets vinaigrés, les salaisons, 1m fruits acides, les raisins, oranges, pommes, etc. Quant aux boissons, elles peuvent être prises quelles qu'elles soient à doses modéréfW.

D'accord a?ee la remarque «i juste de NH. Nothnagel et Rossbaeh, qu'on ne pourrait jamais dire d'avance quelle quantité du médicampnt entrée dans le oor|)s y serait absorbée ft deviendrait artive, H. Casanew se guide dans U preseriptirm de la dose du taniiatede [iicrcure d'après les symptômes cliniques >te la svphili:! et d'artr^ l'état des gencives et des organes digestifs. En somme, les eipérieitces du mé- | dccin des postes impériales de Moscou ont été si enrniira- i géantes, qu'il est en lèremenl convaiitcu, je le répète, de la | tupériortté de celte préparation sur toutes tes autres et \ dans tow lee caSy et il lui arrive rarKmeiil de ne jias commencer le trnitt-ment par cette excellente préparation. Dans un cas seulement, chez un malade ayant de la roséole, après l'emploi de 9 grammes de tantiate de mercure, il fui onligé, vu son insuccès, de le remplacer par des firictioas mercurlelles. !

A toutes ces indications générales, il me reste à en : sjouter quelques-unes des plus précises sur le moment ' où il faut commencer à administrer le tannnte de mercure, < sur le temps pendant lequfl il f;iut le prendre & l'intérieur; i cou renseignements, je les dois encore à H. Casanow.

Quand te chancre est apparu, et avec lui l'ailénile cervicale, inguinale, épitrochléàle, ce qui arrive, dans l'immense miyorilé des cas, après dix-huit à vingt-deux jours, en comptant depuis le jour du coït, il faut commencer à donner le lannate ne mercure; c'est donc après trois semaines écoulées depuis le moment de l*iiifçction, et Neisser est le plus grand partisan de cet espace de temps; il est inutile de commencer plus tôt, car le tannate de mercure n'a aucune action pour prévenir les accidents secondaires; d'après Zeissl et Matler, ce serait même dangereux, puisf|ue ces auteurs prétendent [

que les formes les plus graves de la syphilis, et la syphilis do cerveau en particulier, ont pour cause l'admiaistration précoce des mercuriaux.

Quand la roséole et les plaques muqneuses onl apparu, l'administration du lannate de mercure est obligatoire, et dans cette période il fait merveille, que le chancre soit ciestrisé ou non à ce moment; si l'éruption s'accompagne de fièvre, il est bon d'attendre quelques jours. En général, au bout de trois semaines à un mois, les accidents ont dispara. On continue néanmoins k prescrire le tannate de mercure pendant quelques jours, puis on laisse le malade se reposer pendant une semaine, et on lui donne alors, après chaque repas, à prendre 20 à 25 gouttes dans un demi-verre d'eav d'une solution d ioilure de sodium, 16 grammes dans 30 grammes d'eau, ceci pendant un mois. Après deux iikhs de repos, on fait reprendre au malade l'iodure de sodium pandaut trente jours, suivis de quatre mois de repos; après cette période, un nouveau mois de traitement et le IrtitemMit est terminé.

Lorsqu'un malade se présente avec des symptAmet d'sc»dents tertiaires -de la vérole, si leur marebe est lente, il fini donner le lannate de mercure; si, an contraire, «Ile est lapide, il faut prescrire les frictions mercairielles et l'iodiire de sodium à hautes doses.

Avec le traitement par le tannate mercure afminietré dès te début d'une syphilis, les rechutes sontram, mais pourtant possibles; dans ce cas. M- G:isanow ordoose les fnetioiis mercurielles en administriinl en même temps l iodure de sodium, surtout si la reehute se présente tous ibrme d'ulcérations à l'isthme du gosierj mais st la récidire affrète la form*' de roséole serpiglneuse. il revient an laaiule de mercure en employant exlenearemenl Tongoent an précipité rouge.

En ee qui concerne le m&riage des individus atteints de syphilis, après une année de traitement, Hodure étant continué encore la seconde année, on permet le manage si Ua

syph Itdes, ulcérations, périostites, etc., ont disparu, e( s'il ne reste que les adénites, nui peuvent persister fort ka^ temps. Pourtant des médecins très compétents prétendent, et entre autres Kftbner, Kirchgesser. Néga (h, qne tant quil y a de l'indoretion ganglionnaire, il y a tendance aux récidives, et au'il faut les faire disparaître par un traitemeol mercuriel local, régionnaire.

Enfin, le tannate de mercure agit-il dans la s;jphilis hér^ ditaire précoce ou tardive ches les enfants? Voici, à ce sujet, l'opinion de Hanli (2), qui a publié des expériences faites snt

itiur xflr cHfowm BOanttini «vrMuulMr gintàrtl>tfpripTiW«. J. ttep Strasbouiv, 1884.

(Sf ArcMv fiir KinéarifUkmiiiê. t. V.

extra-médicale. Le projet souleva dans le pays de violentes

Èrotestations, et il y eut même des scènes de désordre dont ouillaud garda ti^ujours un amer souvenir. Le tour de force ne se renouvela pas. En août 1832, il s'était plu à entretenir de ses succès un instituteur d'Angouléme, M. Létourneau, en lui envoyant son ouvrage sur le choléra, c Au moment où l'auteur vint au monde, écrivait-il, il y avait plus k parier

au'il ferait des fagots que des livres, et il y avait des raîlards de chances conlraîrea k quiconque aurait annoncé qu^un four J'endosserais la robe de professeur à l'Ecole de médecine de I^ris. » En novembre 1868, il manifestait au docteur Amédée Paris ses déboires dans un style que vous allez reconnaître. < On n'est pas lor^temps prophète dans son pays, et, vous le savez, h roehê Tarpétenne e«f prèi du Capitotef» Aussi Bouillaud, qui chaque année, aux vacances, passait quelques jeu rs dans son domaine des Bergerons, commune de Houllet, y venait-il en Gincinnatus^ loin du bruit et des obsessions de la ville, et n'entretenait pas avec ses

compatriotes de ces relations suivies que sa haute situation aurait laissé supposer. Pour le dire en passant, c'était sa Cincinnalus viticole auquel le phylloxéra avait causé encore plus de désagréments que les lecteurs de TAn^oumoîs.

ÉCOLE DE SANTÉ KIUTAIRB. — Le miustre de la guarrs. m nom de l'Etat, est autorisé par décret & accepter le legs i wfi somme de tO 000 francs fait par M"* veuve Finot i l'Ecole de- médecine et de pharmacie militaires. Celte somme sera employée i la fondation de deux prix annnels — consistant en livres et iiutnimeeti — qui seront décernés aux deux médeelns stagiaires soritnl les praniera de chaque promotion.

Uoôgle

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un millier de malades : on peut le prescrire avec succès; il a toujours 4té bien tolérï par l'esLonuic, et la nutntion des enfiin s n'a souffert en rien, et les symptômes se sont vite amendés, La dose était de 2 à !5 centigrammes par jour. Manti ne dit rien ni de la nature des symptômes, ni de la forme sous laquelle il a administré le ménicainent.

D'après tout ce qui précède, on peut, je crois, affirmer la supériorité du traitement par le tannate de mercure sur le traitement par le prolotodure; le traitement russe et allemand est beaucoup moins long et bien mieux supporté que celui que nous avons l'habitude de prescrire ; il semble, en outre, préserver davantage des récidives, et a ce grand avantage de ne pas produire d'accidents du côté du tube digestif. Depuis six mois que Je m'occupe de cette question, j'ai eu Toccasion de traiter quelques malades par te tannate de mercure ; deux d'entre eux, que J'avais soignés depuis le début de leur vérole» et à qui J'avais prescrit du protoiodure de mercure et de Tiodure de potassium, présentaient après quinae mots de nouveaux accidenta du c6té de la gorge et de la vulve; l'une après douze Jours de traitement» et 1 autre «près quatorze jours, voyaient leurs ulcérations complèlemept disparues. Chez un jeune homme de vingt ans et une Jeune femme de vingt-cinq ans, les accidents secondaires ont disparu en moins de trois semaines ; chez un autre malade, les accidents secondaires ont été un peu plus longs à s'en aller, et le tannate de mercure a dû être prescrit pendant un mois et demi. Enfin, cbe; une jeune fille de dix-huit ans qui avait contracté la vérole deux ans auparavant, et était alleinte de syphilides pustuleuses en même temps oue de plaques du cûté de U goi^e et de la vulve, et qui, malgré le proloiodure de mercure et t'iodure de potassium, avait toujours présenté les ulcérations spéciGques du cûté de la gorge et du célé de la langue, le tannate de mercure administré à la dose de 40 centigrammes a fut disparaître ces accidents en quinze jours. De ces six malades, quatre avaient déjà pris antérieurement du proloiodure, qu'ils supportaient mal à cause de ta diarrhée qui en résultait et de l'agacement occasionné du côté des gencives; avec le tannate de mercure, je n'ai observé de diarrhée dans aucun de ces cas, ni de stomatite ; l'appétit est toujours resté bon. Personnellement, J'ai voulu essayer pendant quelques jours de prendre d'abord du protoioaure, puis ensuite des pilules au tannate de mercure; deux pilules par jour à 2 centigrammes et demi de protoiodure m'ont, pendant les dix jours qu'a duré Texpérience, donné de la diarrhée; au contraire, pendant les quinze Jours durant lesquels je me suis soumis aux pilules par le tannate de mercure (trois et quatre à 10 centigrammes par jour), je n'ai eu de diarrhée que lorsque Je mangeais des choses trop acidulées, comme de la salade, par exempte.

Voilà, Messieurs, ce que Je puis affirmer pour ce qui concerne ma modeste expérience; je vous prierai, en terminant, de bien vouloir essayer vous- mêmes ce traitement, car je crois que c'est rendre un bienfait à nos malade» que de pouvoir les mettre à Pabri des récidives de la vérole tout en leur épargnant les ennuis d'un traitement toujours fort long, oomme celui que nous Uar avoni prescrit jusqu'à cejour.

CORRESPONDANCE

A RONSinm LK PBtoKNT VO COMITt Dl niOACTION.

NoolptlUw, U nui I88S.

ter V«««tm uifa^nMal^ao de 1»

L'article, d'ailleurs très inléressant, inséré par M. le professeur Beroheim au n" f9 de la Gazette kebdotnadaire s'élève contre la (hèse récemment soutenue par moi dans le même journal sur l'action antizymasique de la quinine.

Ainsi, par exemple, d>pr6s mon très distingué eentradieteur.

SI ta fièvre intermittente guérit sons riniluenre de la quinine, c'est que c l'évolution du inicrolte palustre privée par l'effet de l'alcaloïde des conditions organiques de chaleur ou autres nécessaires pour s'accomplir, avorte >. Hais pourquoi, en cette hypothèse, rantipyrine qui bien plus vite et plus complètement que la quinine fait lomberla chaleur féhrile échone-t-elle d'urdinaire à couper la âèvre intermittente? Gomment encore un bain froid pris un peu avant l'accès ne serait-il pas le spécifique absolu du paludisme à l'élat aij;u ?

L'injection du sulfate de quinine au 120* est un puissant moyen aborlif contre la blennorrhajrie. Un tel cOel est lîf^, pour moi, à la desiruelioa du microbede cette maladie et atteste l'aetion antizymasique du gvand alcaloïde. Je ne Tais pas l'iDjuro au savant professeur de Nancy d« lui d4;mand(T s'il voit là, comme dans tous les autres cas où li> quinine réussit, une action antipyrétique. Hais alors qoeltft explication me proposera-t-il? Qne dira-t-il encore de 1 expérience oh Brefeld a montré qu'il sufllt de \ft pour 100 de sulfate de quinine dissous dans l'eau de Babel pour arrêter le développement des BeuHUta dans les solutions mêmes qui leur conviennent le mieux.

f Dans la pyohémie, dans la septicémie, dans la lièvre puerpérale, dans l'erystpèle, le distingue professeur de cliniqa<> interne n'a jamais, coniinue-t-il, reconnu a la quinine que des effets antipyrétiques, i Mais pourquoi, lui répondrons-nous, comme nous avons eu déjà l'occasion de le dire au professeur G^-rmain Sée qui opine dans le même sens, ces effets aniipy rétiques ne s'eiercent-ils pas aveo le même succès contre diverses fteTr'-s inflanraïatoiref ou contre la fièvre heotique des tuberculeux, qui cependant est rémittente ou intermitlenle.

Pour ce qui est de la ûèvre typhoïde, je me suis moi-même demandé (voy. la Gazette, o" 8 et 9) si l'effet anlizymasique de la quinine dans cette maladie n'est point dû à Vettet antilhermique. Sans nier cette possibilité, je l'ai refifardée comme peu probahle. Mes doutes sont singulièrement fortifiés aiiiourd'bui par l'impuissance ordinaire de l'antipyrine à modifier dons sa durée 9i dans sa gravité le processus typhoïde.

Le professeur Bernheim adresse à la quinine le même reproche : t elle n'a pas paru, dit-il, abréger ladurée de la maladie ni supprimer les accidents ataxo-adynamiques de l'infeelion. > Mes observations m'ont fait arriver à une conclusion absolument opposée. Depuis trois ans que j'applique mon traitement anticy< masique dans toute sa rigueur jo n ai pas éprouvé encore un seul insuccès. La durée de mes Sèvres typhoïdes a été raccourcie de la moitié ou tout au moins d'uu tiers. L'élévation du poufs et de la température a constamment été bridée. Aucun accident ataxoadynamique grave n'a apparu. La différence si tranchée entre les conclusions de l'habile clinicien de Nancy et les miennes ne feraît*e|]e pas due i la différence de notre mode d'administrer le remède? Four moi, le point fondamental est d'agir aux pre* mières heures de la fièvre, au premier soupçon du mal, et puis de prescrire la quinine tous les jours àune dose modérée (SO centigrammes & 1 gramme chez l'adulte).

Si l'avenir me réserve des déceptions, je m'engage à les publier. Mais pour le moment ce ne sont pas uniquement des faits heureux, c'est une théorie bien séduisante qui m'encourage. La

3uinine n'est point le sent remède de la classe des spécifiques qui oive sa vertu puissante à la des'ruction des germes morbides i Ab omnibus dtsce untmi. Dans un travail récent j'ai em pouvoir formuler la ihèse suivante : tout lei méd'eamtHts diU êjtfCillques sont des agents antityma»iqua. C'esl comme anlizymasique que le mercure agit contre la syphilis, Viofeclion purulente, ta (tévre puerpérale, les boulons varioleux; que le calomel est efficace dans la dysenterie des pays chauds ; que l'iodure de

Fotassium, l'or, l'argent, sont an ti syphilitiques; que le soufre et arsenic attaquent les dartres si souvent parasitaires; que l'iodure de poUfisium réussit parfois dans la méningite tuberculeuse, la teinture d'iode contre les furoncles, etc., etc. {Bvtt, gin. de thêrap., n* du (fi avril I88B).

Fort d'utie conviciion complète, j'en appelle sur tous ces points à la sanciion de l'expérience, non d'un seul, mais de tous.

VeuillHZ agréer, Monsieur et très honoré directeur, l'assurance de mon respectueux dévouement.

G. PÉCHOLIER.

12 Joix 1885

SOCIÉTÉS SATAIfTES

SÉANCE DU 8 jum 1885, — prêsidehce de h. boulet.

De l'acide orthoxtphëntlsulpureux ou aseptol. Note de M. £. Serrant. — L'aseptol est un corps bien délini, analofnie k t'acide saltcylique, auquel il est oaraltèle comme structure moléculaire, et se présente sous la forme d'un liquide sirupeux, de couleur rose ou rougeâtre, dont l'odeur, toute spéciale, n'est pas désaf^ré^ble comme celle de Tacide pliénigiie. Il possède des propriétés antiseptiques, antiputrides et anlirtirmeiitescibles des plus remarquables, et présente, sur l'acide phénique, une supériorité très réelle par sa grande sohtbilité dans l'eau, son peu de causticité, l'absence à peu près complète de toute toxicité, et sou antiseptîcité trois fois supérieure & celle de 1 acide phénique.

Sur une nouvelle réaction de lk digitaline. Note de M. Ph. Lafon. — L'auleur Tait connaître un nouveau procédé qui permet de dilTérencier plus nettement qu'on n'a pu le faire jusqu'ici les nombreux produits employés en thérapeutique sous le nom de digitaline. Ce procédé, très sensible, consiste dans le traitement d'une trace de digitaline par un mélange d'acide sulfurique et d'alcool, auquel on ajoute ensuite une goutte de percnlonire de fer. On voit alors le mélange prendre une belle coloration bleu verdàtre, qui persiste penaant plusieurs heures.

Sur lk queue de l'embryon humain. Note de M. H. Fol. — L'embryon humain présente-t-il jamais à l'extrémité postérieure de son corps quelque chose qui mérite le nom de queue? Telle est la question à laquelle l'étude de deux embryons humains a permis à l'auteur d'apporter une contribution importante.

De cette étude, il résulte que l'embryon humain, pendant la cinquième et la sixième semaine de son développement, est muni d'une queue incontestable, régulièrement conique, allongée, et qui mérite, sous tous les rapports, le nom de queue. Cet organe, ajoute H. Fol, évidemment dépourvu de toute utilité physiologique, doit être classé au nombre des organes représentatifs.

Variations de la durée du double appui des pieds dans la marche de l'huhne. Note de M. Demany, — Les expériences entreprises par l'auteur sur cette question lui ont donné les résultats suivants :

1' Pour toute fréquence des pas, il y a dans la marche une phase de double appui. Mais la durée de ce double appui diminue plus vite que celle du demi-pas, quand la marche s'accélère. Les écarts extrêmes ont été de i/A k 1/8* de la durée du demi-pas, soit, en valeur absolue, de l/ÂO^ à â/40** de seconde. ■

2° Sons l'influence de la charge portée, accrue graduellement de zéro à 40 kilogrammes, la durée du double appui s'accroît au point d'atteindre presque la moitié de la durée du demi-pas.

3° La fatigue du marcheur allonge chez lui la période du double appui.

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