‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 113 sur 228 · SÉANCE DU 9 JUIN 1885. — PRÉSIDENCE DE H. J. BBRGEROH · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 9 JUIN 1885. — PRÉSIDENCE DE H. J. BBRGEROH

U. le docteur Hanriot te porte candidit ■ la place déclarée vacante dan* la •eelion de plijttque et chimie médîcalea.

M. la duetenr AoôucAoïi euvoia lo (aUem dea vacciiMtions qn'il a opérées aux Ika d'UjèTM en 1884. (CmuHistlM ée VMCtiw.)

H. It doetew MéiérU adreaaa aoo Rappori Hiir la aairiea de la pnitcetiM d«

rcnfaiee dana te déparlameiil de Nord an t8S4, (Commitiion it Chnièiu 4e Ctnlànee.)

U. le dorleor JVuaalmp envoie une rUi» nr Upidémit *e OuUrm m tWI dana lea Pyrénéoi-OrienUle*. H. lo docteur Bwtret adreiae dea ttiUa AtMagiquei lur iet foyert ehoUriqucM ie VArièetu.

U. Lunur préaouie, au nom de H. le docteur HufOt, son Rapport féuM wr lea épidéia-n dana l'AUne eo 1884.

H. Sni«u BtmUr oflte, de la panda H. le docteur PrmnttGUmiH (dcL]M|, une brocliure ayant pour litre : Apflie»tiM it la mdlhtié luturtlU à rmàliH de la dyipepMÛ nerveute.

M. Lagiuau dépote, an nom de M. le docteur ColHneau, nn ouvrage nr la gymtiatliqtu.

U. BnuartUl préaeale. do la part do H. le doelaur bttftm, une NaU mr wu noHvOU réaction de l* lUfUalfne. (Rantoi h un CoMtiiioa du MM. Jiwf

fiéiHh et ScluU%eiibefier.)

ËRTsiPÉLB ET ANTISEPSIE. — U. Vemeuil^ qui a soulevé, comme on le sait, cette discussion, est de nouveau monté i la tribune pour résumer les opinions des orateurs qui oat pri;j la parole après lui. U constate que tous les cbirurgipns sont d'accord pour admettre que 1 antisepsie des plaies a diminué dans des proportions considérables les érysipèles nosocoiniaux. Quelques-uns (même, comme MM. Lefort, Trélat et Alphonse Guérin, semblent croire oue l'érysifjéle est définitivement banni de leurs services. MM. Goss^lin, Verneuil et Polaillon, au contraire, tout en reconnaiisant les succès remportés depois une quarantaine d'années sor cette maladie, ne croient pas qu'on en ait triomphé d'une manière absolue.

Cette divergence d'opinions s'explique peut-être partes faits que les chirui^iens du premier groupe exelaenl de leurs statisliques les érysîpëles venus du denors ou ne les reçoivent pa,s dans leurs salles. C'est précisément ces ér;sipèles antérieurs que M. Verneuil avait eus en voe dans sa première communication. En effet, si la méthode antiseptique, quelleque soit la forme qu'elle emprunte : pansement ouaté, acide phénique, alcool camphré, etc., est efficace contre l'éryiïîpèle iiosocomial, elle ne saurait garantir absolument les blessés soignés dans les hôpitaux contre l'invasion de l'érysipèle venu du dehors.

Il V a, en effet, des opérations assez nombreuses, telles que 1 ablation du maxillaire, l'extirpation du rectum, l'uré- Inrolomie externe, etc., à la suite desquelles une antisepsie complète et radicale n'est pas possible, quels que soient ks procédés qu'on emploie. Il n'y a donc qu'un moyen de mettre ces malades à l'abri de la contagion, c'est de créer des salles d'isolement pour les érysipélateux venus du dehors. C'est la seule façon de lutter contre cette source d'infection A c6tè du principe de l'antisepsie il faut donc poser celui de l'isolement, car tous deux sont de même importance et de même nécessité.

H. Guérin a répondu à H. Verneuil qu'il ne redoutait pas les cas d'érynipèle venus du dehors et qu'il les recevait dans son service parce qu'ils lui servaient a prouver que les malades soumis à un pansement ouaté n'avaient rien à redouter de cette complication.

M. Trélat, au contraire, refuse impitoyablement de recevoir dans ses salles un seul érysipélateux, il n'emploie aucun pansement systématique : il a recours tanlAl aux pansements occlusifs, tantôt aux lavages antiseptiques suivant la nature et la disposition du traumatisme Eclectique en matière de pansement, il l'est également en ce qui concerne la réunion on la non-réunion des plaies.

H. Bottley s'étonne que des partisans convaincus de la contagion érysipt^lateuse consentent à recevoir et à placer des érysipèles dans des milieux où ils se propagent. La médecine humaine est en arrière id sur la médecine vélérinaii-e, car, lorsqu'un animal est atteint d'une maladie contagieuse, on risole totyours. U n*est pas possible que les hommes soient moins bien traités que les animaux. Il pwose donc à l'Académie d'émettre un vœu favorablÇ(^49f¥^^'°" salles d'isolement pour les érysipélateux. o

12 Juin 4S85 GAZOTE HBBOOHADAIRE DK M&08GINB BT DE CHIRURGIE — N* 24 - 393

La mution de H. Bouley est accueillie par des marques ODanimes d'approbation et il est convenu que dans la proebaiae séance M. Verneuil soumettra au vote de rAcadémie des conclusions dans le sens indiqué par H. Boule;.

— Au cours de la séance M. Firéol a été chargé par rAcadémie de rédiger une notice sur la vie et les œuvres de 800 maître M. Noël Gueneau de Nussy.

ËLBcrioN. — M. Feltz (de Nancy) a été élu correspondant national (dans la ^ division) par 45 voii contre 9 données à H. de Ranse et 5 à H. Hanouvrier (de Valeuciennes).

— La séance est levée & cinq heures.

■•elétë de ehlnivsle.

stancE ou 3 jcm 1885. — prAsioenge de h. horteloup.

OfattraoUon intostloaU dat«rmlnte par àm osloula UllalrM, remarquas: M. OilatU. — EnohOBdroiiM d« 1« ntAohotn rapArlMir*: M. Vflfsmll. ~ Anfttomis da rartlonlRtlOD aow^nUhhamtnlm s K. Vtevbaut. — VtetbOBènto dw aoolilattta nrètiâqtiaa, npporti K. Polafllim. — T^rroMaotomto: M. Lagmia* (da Bonlanx). — MaanUttoB d* nalwla: it. Barlhod.

N. Gillette désire présenter quelques remarques au sujet de la très intéressante observation d'obstruction intestinale déterminée par des calculs biliaires, lue par M. Cruveilhier, dans la dernière séance. Les cas analogues ne sont pas rares, puisque à la suite de son observation, M. Cruveilhier en a rapporté une douzaine; pourquoi ne pas les avoir étudiés avec soin, comparés entre eux, afin d'en tirer quelques conclusions pratiques? SuivantM. Gillette, il aurait été à désirer

Îu'on n'attendit pas aussi longtemps avant de poser la question e ta laparotomie, que le grand affaiblissement de la malade aurait rendue presque impraticable au moment od n'existait plus que cette seule ressource thérapeutique. Cette opéraiiou a en eiïet d'autant plus de chances de réussir qu'on la pratique tôt. Appliquée à l'obstruction intestinale par des calculs biliaires, l'ouverture de la cavité abdominale n'est pas, comme on pourrait le croire, une opération nouvelle, car elle a été préconisée par Heckel, dans son étude sur les aïeuls intestinaux.

— H. Verneuil présente une pièce anatomique d'enchondrome de la mâchoire supérieure ; au centre de la tumeur, se trouve un petit séquestre osseux.

— M. Farabeuf présente de très importantes considéralions anatomiques sur la constitution de la capsule de l'articulation scapulo-humérale. Cette capsule à sa partie antérieure n'est pte simplement fermée par un voile membraneux, mais il existe à sa face profonde deux gros faisceaux de renforcement allant l'un de la partie supérieure de la cavité glénolde à la grosse tubérosité de l'humérus, faisceaux que H. Farabeuf propose de désigner sous le nom de ligament gléno-sus-huméralj l'autre de la partie inférieure de la cavité glénolde à la petite tubérosité de l'humérus {ligament glino-sout-humérai). Ces faisceaux de renforcement existent chei tous les sujets, mais ils sont plus ou moins développés ; chez certains, ils ont plus d'un demi-centimètre d'épaisseur ; pour bien les voir, il faut ouvrir TarticulatioQ par sa partie postérieure, écarter la tête humérale de la glène et regarder ainsi la face profonde de la partie antérieure de la capsule intacte. L'existence de ces ligaments, pour H. Farabeuf, permet d'expliquer la fracture de la cavité glénolde à la suite d'un coup porté sur la partie postérieure du moignon de l'épaule. On comprend aisément

Ju'un tel choc ne peut pas atteindre directement le sourcil e la cavité glénolde, car l'épine est là pour le prot^er, mais il peut chasser la tète de l'humérus; dans ces conditions, les

faisceaux en question, s'ils ne se rompent pas, sont bien aptes à arracher le col de la cavité glénolde. Des expériences d'ailleurs rapportées dans la thèse du docteur Cavaillé, confirment ces indications théoriques. M. Farabeuf montre en outre à l'aide d'ingénieux schémas le réle que joue la capsule dans la réussite du procédé de réduction des luxations de Kocher (de Berne). Il insiste aussi sur une variété rare de la luxation, sous-épineuse dans laquelle la tête se trouve à deux travers de doigts au-dessous de Tépine.

— M. Polaillon lit un rapport sur un travail envoyé à la Société par H. Perret, chirurgien de l'hôpital de Meaux. Pour lui, il faut, dans un certain nombre de cas, modifier les opinions généralement émises sur la patliogénie des accidents fébriles, qui suivent les opérations sur les voies urinaires. Ces accidents revêtent le caractère de Tintermittence, et, cédant au sulfate de quinine, ne sont pour le chirurgien de Heaux que le réveil d une ancienne intoxication paludéenne sous l'influence du traumatisme chirurgical. Il envoie à l'appui de sa thèse quatre observations qui lui paraissent démonstratives.

M. Polaillon fait aussi connaître une autre observation du même chirui^ten, nui penl ainsi se résumer: plaie du coude ar arrachement; blessure du médian qui suppure et est liminé dans une longueur de plusieurs centimètres; suppléance de ce nerf par le cubital, tant au point de vne de la motilité que de la sensibilité.

H. Verneuil Ah qu'il est toujours facile de faire la part de ce qui revient à l'élément paludique et aux accidents urineux dans ces accès fébriles qui surviennent chez les opérés des voies urinaires, grâce à l'examen des urines, à l'exploration de la région des reins, etc.

— M. Lagrange{Ae Bordeaux^ lit un travail dans lequel il recommande une ingénieuse moaification à la prati que de la thyroïdectomie par le procédé de Julliard. Celle modiflcattun consiste à suturer à la peau les débris de la capsule fibreuse dans la partie inférieure de la plaie, de façon à constituer une sorte de gouttière, qui, conduisant directement audehors les liquides qui tombent des parties supérieures, empêche leur stagnation dans la cavité rétro-sternale ; cette cavité est d'ailleurs rendue aseptique par de soigneux lavages et aban donnée à elle-même. M. Lagrange amis en œuvre cette petite modification dans un cas et s'en est très bien trouvé.

— H. Berthod, interne des hôpitaux, au nom de H. Le Dentu, présente à la Société un malade à qui ce chirurgien a pratiqué la néphreetomie. Il s'agissait d'un calcul rénal et le rein extirpé a été présenté à l'Académie de médecine.

L'opération a été pratiquée le 14 mars ; les suites en ont été très simples et le malade serait certainement guéri depuis longtemps, mais les fds dn pédicule au nombre de douze (fils en soie phéniquée) ne sont tombés que le 19 et le 22 mai.

Actuellement la cicatrisation est complète, il peri<iste seulement un peu de sensibilité dans la région lombaire, due à ce fait que la cicatrice est encore récente ; maïs le malade est absolument délivré de ses anciennes souffrances.

Alflred PonssoN.

394 . N* 34 — GAZKITB HEBDOHADAmi DK HtOEGINB BT DB GUmURGIlS if Jm 4885

nméltU «a Matofl* (1).

ttàMK SU 30 MAI 1885. — PRASIDSKCB de h. D*AR80NVAL,

TICE -PRÉSIDENT.

ProdaoUon d* globuloa sanaulua dans Im vaisseaux d' un manunitAra «prta ona i^aotitm «ma d'olwan, mèms lonotamp* après la mort : M. Brown-Béqosoil. — Mentlté de la peroeptlen Inmlornse dans toute l'Mendne da la i<èUn« : K. A. qbarpsntler. — X»a p«roepUoa lamlnoose et l'indactlon lumineuse simultanAe: M. A. Charpeotlar. ~~ Transplantation de l'oill du lapin à lluuame : K. Chibnt. — TroublM ooroèens par paralysie de la branebe maxillaire supèrleura ; Ponoet. - L'or^ne du apermaoetl : Ml(. Beauxmi^xû et VùmOttit. — ' Sur la «mtraoUtm almoitanèa des mnaelaa amaffoalataa : K. Baaniiis. - OttUoNda oralnaa pvrsa da ssRuaa de mterabaa : M. Brasae. — Bapport des sensations afP^Ûea et dé^aà^tablaR aveo l'èneri^ie musculaire : M. Férè, — La perslatanoe de l'exoltablUtè o6r6brato après la mort par décapitation : K. Laboida;

M, Brou!n~$équord rapporte de nouvelles expériences à Tappui du fait qu'il a constaté de la production de globules sanguins dans les vaisseaux d'un mammifère à la suite d'une injection de sang d*oiaeau, même un certain temps après la mort. Ces nouvelles observations ont montré à l'auteur que ce n'est pas la paroi de tous les vaisseaux indistinctement qui aurait cette propriété de transformer les globules de sang d'oiseau ou de former directement, en présence de ce sanç, des globules semblables à ceux qui ^ circulent pendant la vie; mais cette puissance de production parait n'exister que dans les très petits réseaux.

— H. d'Àrxonval présente une note de H. A. Charpentier, eonfirmalive des expériences faites par l'auteur en 1877 et 1878, et de laquelle il résulte que les diverses parties de la réline sont toutes également impressionnées par la lumière, sauf la fovea txntraliSf dont la sensibilité est moindre, liais, pour bien constater toujours ce fait, il faut avoir soin d'explorer la rétine en s'astreignant après chaque essai à un repos de Tœil pendant environ vingt minutes dans Tobscurité : ce n'est, en efîet, qu'à cette condition que la rétine couserve sa sensibilité.

— H. d'Anonval présente une autre note de M. A. Charpentier relative à la pen-eption lumineuse et à l'induclion lumineuse simultanée. On sait que Hering a décrit sous ce dernier nom la propagation de l'effet lumineux sur toute rétendue du champ visuel ; quand on présente à l'œil un objet éolairé, le resto du eharaji vianel restont complètement obscur. M. Charpentier a institué des expériences qui démontrent que cette sensation est purement psychique ou sub* jective; le fonctionnement de l'appareil sensoriri fMroprement dit n'est pas moditié.

— M. Javal dépose une note de H. Chibret, d'après la-

auelle l'auteur aurait en partie réussi à transplanter un œil e lapin sur une jeune fille de dix-sept ans à laquelle il avait pratiqué l'énucléation.

— M. Poucet a observé un malade qui^ par suite d'une paralysie de la branche maxillaire du trijumeau, a eu des troubles cornéens assez graves, sans cboroïilite antérieure, tous les accidents se bornant à une lésion traumatique externe, qui provenait de l'insensibilite de l'œil aux corps étrangers.

— HM. Beauregard et Pouehet ont disséoué un fœtus de cachalot et étudié l'organe du spermaceti Ils concluent de cette étude que les réservoirs à spermnceti ne sont que les représenlants de la narine droite modifiée pour un usage spécial.

— H. Beauniê a vu qu'en déterminant des contractions musculaires réflexes sur la grenouille, le cobaye, le lapin et

(1) La téuM du Hinedî 8S mil • M kffe en ripM da deafl, I roMuloB d« la mort da Victor Hugo.

sur déjeunes chiens, les muscles antagonistes se contraeteoi simultanément. Le phénomène se présente sons deux formfs : on bien les deux muscles antagonistes se contractent simul- 1 tanément, ou bien l'un des deux muscles se contiicte, l'autre ' se relMie et s'allonge. Enfin, dans quelques cas, un seul des deux muscles se contracte, l'autre reste immoUle. Quant aui modifications de la forme de la centnctioa musculaira, Iwt de ces contractions réflexes des antagonistes, elles lienneni, d'après M. Beaunis, à une cauj^e de nature centrale.

— H. Brasse présente un tube contenant une dissolution stérilisée de sucre de canne, et ensemencée le 6 mars avec 5 grains de cresson aléoois préalablement lavés à l'eau de chlore. La germination est complète.

— H. Féré relate des expérieneM dynamométriques m montrent, d'une façon générale, que les sensations agrèabin augmentent l'énei^ie musculaire, tandis que les sensations désagréables la dépriment. Il y a dans ces faits des indications importantes pour la théorie du plaisir et de la douleur.

— H. Labordê continue l'exposé de ses reeberebes sorte

dernier supplicié, relativement à la persistenee de rexeili-

bilité cérébrale, et rapporte les résultats des expériences qu'il a instituées sur des animaux (chiens et lapins) peur vérifier ceux qu'il avait obtenus sur ce supplicié. Apr^ la décapitation, quel que soit Tanîmal sur lequel on opère, or constate toujours la persistance de l'irritabilité cérébrale pendant V)ngt>cinq on trente minutes, puis on n'obtient plus rien, quelle que soit l'intensité du courant employé. Ce dernier fait suffit pour montrer que les phénomènes obserrés pendant la première demi-heure ne sont pas dus à une diffusion du courant, comme on Ta prétendu à tort. Si, au lieu de tuer l'animal par. décapitât! on, on le lue par hémorrhagie lente, comme il se produit dans ce cas des phénomènes asphyxiques, l'irritahiuté de la substance cérébrale disparaît très vite.

S&ANCn DD 97 MAI 188ât — prébidence db m. duhour

Ëooroe de « Sonkoupire > : M. Campardon. — l>n raDOUTsllsmaat 4«a ordeaBanoea. Cendalte A tenir da la part daa plkanaatdsas: H. Hayet. (Diaonaaion : MU. C Pavt. Crtqar. F- Vigier, Wam. Xhilioinme, E. ZAU>è, Tron). Nonvidla tonne d'ongueut msroarlel i M. Ttob. — Topi<|m eentra l«a daqlavn B«vralslv*N : M. Hayet.

A l'occasion du procès-verbal de la précédente séaoce H. Campardon communique les reoseigoements qu'il t obtenus sur l'écorne de f Soultoupire > dont a parlé H. Petit. Il s'agit de l'écorce d'un arbre de haute tailICi le Sueih ptra, dont il existe plusieurs variétés au Para et au Brésil. Il fournil un bois très dur utilisé pour les ouvrages immer-

Sés et les traverses de chemiu de fer. An Brésil, on se sert e cette écorce comme dépuratif, ou pourcombatlre les douleurs rhumatismales.

— M. Mayet offre & la Société le 9* fascicule du tome Vlfl des Bulletins de la Soeiété de médecine légale. Il signale dans ce fascicule une discussion relative à la question de savoir si un pharmacien est autorisé à exécuter plusieurs fois la même prescription sans que l'ordonnance, déjà présentée, ait été renouvelée par le médecin. La Société de médecine légale, après en avoir délibéré, a, sous fO'mede conclusions, émis le vœu que : t" lorsqu'un médecin près* crit une substance susceptible de délerininw des accidents d'intoxication, il écrive en toutes lettres la dose, le mode d'emploi, et indique sur l'ordonnance combien, de fols le pharmacien devra renouveler ki prépantion; 9* vp» la pnarmaelen appose chaque fois mr Iwaonnaiiee son ta-

t% JDir 1885

aAZBTTE HEBDOMADAIRB ME MÉDECINS KT DE GHIBURGIE

ehet, le nuraére et la date de la remise da médicament; 3* que les wlations datées aux injectiooa hypodermiques ae pansent jamais être renouvelas sans une nouvelle ordonnance.

U, C. Paul est d'avis qu'il est bi^n difficile de toujours dire d'avance combien de fois une prescription sera à renouveler.

H. Jfoyel pense qu'il est cepeadant facile de donner cette indication, puisque le médecin peut calculer assez exaclnmenl, d'a|w«8 la quantité du médicament prescrit et le mode d'emploi, la durée de son usage, D'ailleurs la mesure de prudence réclamée a trait surtout aut solutions pour injections hypodermiques.

H. Cr^y considère qu'une réforme fort importante eonsisierait dans l'obligation, pour le pharmacien, de mettre sur rétiqueiie du flacon ou de la boite renfermant le médicament, la formule magistrale d'apràs laquelle il a été préparé. D'ailleurs, on éviterait bien des accidents en indiquant louioun la lulnni de tout produit pharmaceutique quel qu'il soit.

H. F. Vigier croit qu'il serait bien difOcile au pharmacien de ne pas renouveler une préparation et de toujours résister aux obsessions des clients. On pourrait obvier à cet inconvénient en ayant des ordonnances composées de deux parties facilement séparnbles : l'une, contenant la fcvnnule magistrale, serait détachée et conservée par le pharmacien ; l'autre, sur laquelle serait inscrit le mode d'emploi, serait seule rendue au clîenl. Il ne pourrait dès lors venir réclamer le renouvellement d'une prescription qu'il n'aurait plus entre les mains, et devrait se procurer une nouvelle orUonoanee.

H. H^itrtJ fait remarquer qu'il peut y . avoir des inconvénients à indiquer sur les flacons la nature de leur contenu ; bien des malaaes seraient peu contents de laisser s'étaler sur réti(|uette de leur fiole : sirop de Gibert, ou liqueur de Van Swieten.

M. Mayêt fait observer que ce n'est pas une obligation ; que la Société de médecine légfalp n'a pu évidemment émettre qu'un vœu ; mais qu'il est certainement de l'intérêt du pharmacien de se conformer à ce vceu, car en agissant ainsi il se réserve d'excellents arguments propres à dégager sa responsabilité en justice, si quelque aeoident vient i se produire.

H. C' P(tut croit qu'en tout re.ci il s'agit plutôt d'une question de bon sens que d'une question de législation; lorsqu'une ordonnance sera présentée dans une bonne pharmacie; revêtue d'un certain nombre de cachets indiquant qu'elle a déjà été plusieurs fois exécutée, le pharmacien devra refuser de l'exécuter de nouveau sans qu elle soit renouvelée. Les malades trouveront certainement toujours des maisons d'honorabilité douteuse qui leur fourniront tes médicaments d'une façon indéfînie sans renouvellement d'ordonnance, mais ce sera alors aux risques et périls de ces maisons et de leurs clients. — Quant i Tinscription de la formule sur les fioles de potion, ou sur les bottes de pilules, elle serait fort utile en pratique et rendrait souvent de grands services. Si» pour certains médiçamenis les malades désirent que cette inscription ne soit pas faite, il sera toujours permis, dans ces cas particuliers, de déroger à la loi générale.

H. Dulumme fait remarquer que l'apposition successive du cachet dn pharmacien, chaque fois qu'il exécutera U prtticription sur le vu de la même ordonnance, aura cer^ tainemeRt un grand avantage : en effel, les malades n'oseront plus retourner avec une ordonnance muaie de nombreux cachets pour ae faire délivrer le médicament, et eu parlicolier la morphine.

M. B. Labbé est d'avis que le meilleur nio^en de slmpKfler la quMden consiste A oe que le médecin inscrive sur

l'ordonnance combien de fois son exécution devra être renouvelée par le pharmacien. — D'autre pari, la nature du

aroduit poarmaceutique, ou la formule de la préparation, evraient toujours être inscrites sur tout paquet, boite ou flacon .

H. Yvon oroît que l'on pourrait to^iours, ainsi qu'il le fait lui-même, refuser aux clients de passage d'exécuter plur sieurs fois la méioa ordonnance ; quant aux clients habituels, il leur demande une ordonnance sur laquelle p.$t inscrite par le médecin la mention ; c à renouveler sur la demande du malade » ; il conserve cette ordonnance ches lui, ut appose, chaque fois qu'il exécute la prescription, un nouveau cachet avec la date du jour.

— H. Yvon présente un nouvel onguent mercuriel préparé avec du savon noir à ta place d'axnnge. Celte modification a pour avantage de permettre d'enlever facilement par un simple lavage, tes traces d'onguent qui restent sur la peau à la suite des frietionc mercunellea. Le saveu ueir est rendu parfaitement neutre, pendant la préparation, par te simple contact prolongé de Tur avec toutes les parties de la pâte : l'excès d'alcali se trouve ainsi transforme en carbonate. Cet onguent est, en somme, composé de mercure éteint dans du savon noir. Il ne rancit pas.

H. Créqun rappelle qu'il est bien établi aujourd'hui, par un assez grand nombre d'expériences, que la rapidité d'absorption d'un médicament, du mercure en particulier, est fort variable suivant l'excipient employé : axonge, vaseline onglycprine. M. Yvon s'est-il assuré que l'absorption est aussi rapide avec le savon qu'avec Taxonge, qui, étant un corps gras, pénètre facilement la peau ?

M. yçeti. Le savon noir possède k peu près les mêmes propriétés; il agit comme un corps gras et adhère fortement à la peau. D'ailleurs, cet onguent a été expérimenté par plusieurs médecins, qui s'en sont fort bien trouvés pourU traitement de la syphilis.

M. C. Paui s'explique aisément qne l'absorption soit rapide avec le savon employé comme excipient ; en elTel, le savon noir décape la peau en enlevant les couches épidermiques les plus suptirOciettes. C'est même, de ce fait, un puissant modificateur utilisé en dermatologie. Hnis on peut craindre justement que son action irritante ne soit trop prononcée. On prépare un onguent mercuriel dans lequel ta vaseline remplace l'axongfl, et qui permet d'obtenir aussi rapidement la salivation ; c'est à l'expérimentation clinique à fixer la valeur du nouveau produit présenté par M. Yvon.

U. F. Vigier fait observer que le savon noir absolument neutre est fort difficile ft obtenir et que, d'ailleurs,

dans ces conditions, il est peu soluble, surtout en présence d'un corps inerle comme le mercure Si l'onguent préparé par H. Yvon se dissout facilement dans l'eau^ on peut se demander s'il ne renferme pas un excès d'atcah.

M. yvon a vérifié la neutralité de ce lavon avec le papier de tournesol, qui n'a subi aucun virage. Il est bien évident, du reste, que sa solubilité est relativement moins complète que celle d'un savoo alcalin, mais elle est très suffisante pour le but qu'on se propose.

— M. Mayet présente, au nom de son fils, des rondelles contenant un mélange ainsi composé ; chloral et menthol, à& 50 centigrammes ; beurre de cacao, 1 gramme; blanc de lialeine, % grammes. En les maintenant appliquées au niveau des points douloureux d*une névralgie, ou sur le front pendant la migraine, on calme assex rapidement les douleurs. M. Mayet a expérimenté ce moyen avec suecès, sur Ini-roéme et sur plusieurs personnes de sa famille.

M. Yvon demande si te chloral ainsi employé n'a pas une action locale irritante; on sait en effetique l'on peut obtenir avec le chloral de la vésication et même aes esehares.

12 Jmif 1885

M. YfOn n autrefois préparé, avec le camphre et le clilural, des flèches qui ont été utilisées par des chirurgiens pour l'ablation de tumeurs. Ce procédé olTrait l'avantage d une anti|)uiridité complète due a l'action spéciale du chloral sur les tissus.

H. Mayet ne pense pas qu'une dose aussi minime de chloral puisse avoir la moindre action in*itante; du reste, Texpérience a démontré le fait d'une façon irréfutable. La peau n*a été le siège d'aucune irritation même après un séjour de la rondelle prolongé jusou'à ce qu'i^lle ait été entièrement fondue, ne laissant que le blanc de baleine seul & la surface des léguments.

— La séance est levée à cinq heures et demie- André Petit.

Page 1