‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 114 sur 228 · SÉANCE DU 21 AVRIL · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 21 AVRIL

DèpbUMmant dM ▼«rtUtrei lombalru. — Ëtat dM TalMwauz oèrAbrrâx dans la oongaation. — HypoapadlM. — 0«Btruotion du poumon A la nifta ds l'obatmoUon dos bronobes. — moératlon aigaa du odlon- — Kjrata da l'Intsatin grUa.

H. Arbuthnêt Lane a lu dernièrement devant la Société un travail dans lequel il décrivait les modiQcatlons que l'articulation sacro-vertébrale subit chez les ouvriers. Il a démonU'é que ces modilicalions varient dans des limites considérables; les cas extrêmes sont d'un côté ceux dans lesquels le centre de pression a détruit la partie postérieure du corps de la cinquième vertèbre lombaire, de l'autre côté ceux dans lesquels la pression a détruit la partie antérieure du corps de la dernière lombaire, de telle sorte qu'il y a une tendance marquée à un déplacement eu avant, auquel s'opposent les apophyses articulaires. Dans ce cas, les apophyses épineuses ne supportent pas le poids du corps et ne le transmettent pas aux apophyses du sacrum, qui sont, proportionnellement à leurs corps, très peu développées. Depuis cette communication le méRie auteur a trouvé deux remarquables altérations des parties postérieures de la colonne, résultant de la pression. Le premier fait présente au plus haut degré les modifications caractéristiques du premier groupe signalé plus haut. Les apophyses épineuses et les lames du sacrum sont considérablement hypertrophiées et leur tissu est des plus denses, les corps sont atrophiés. Le corps de la cin-

3uième vertèbre lombaire a subi un déplacement en arrière, éterminant la déformation diamétralement opposée à celle qu'on appelle spondylolisthésis. Le second spécimen semble à première vue appartenir à la seconde classe des déformations signalées, mais une section verticale et médiane de la colonne montre i^u'il appartient à la première. II provient d'un sujet qui s'était livré pendant de longues années à un métier pénible, portant de lourds fardeaux sur son épaule gauche, son dos et son cou. La colonne lombaire était très convexe et présentait l'aspect du spondylolisthésis. En faisant une section verticale médiane, on constate que le dernier fibrocarlilage est augmenté en épaisseur; le poids sus-jacent, par conséquent, a été transmis au sacrum principalement par l'intermédiaire des apophyses articulaires, qui sont considérablement épaissies.

— H. Handfield Jones a examiné les petits vaisseaux et les capillaires du cerveau dans la méningo-encéplialite, et dans les antres affections oà existe de la congestion. Il a trouvé que les capillaires sont obstrués par de gros leucocytes, qui se dessèchent le long des parois desvaisseaux, probablement dans les dernières heures de la vie; dans les artérioles, il a constaté la présence de corpuscules plus volumineux. Des corpuscules allongés étaient assez souvent mélangés à ces derniers, ils provenaient vraisemblablement

de noyaux musculaires. Ces corpuscules jouissaient très nettement des propriétés amiboldes. Les parois des vaisseaux étaient très inoisiinctes, et elles oiïraient des ruptures par places. Dans les foyers d'inflamnutioo, les plus petits vaisseaux semblaient réduits k de simples tubes de matières corpusculaires; leur tunique adventice n'était pas reeonnaissable. La dénudation des parois des vaisseaux parait être le résultat d'un processus hyperplaskique. L'auteur a d'abord considéré ces altérations comme le résultat d'un état pathologique manifeste, mais récemment il a eu l'occasion de faire les mêmes constations dans des cas oA il n'y avait pas eu de congestion cérébrale.

— H. Wileoekê présente le hasan et les organes géniiourinaires d'un sujet atteint d'hypospadias. Cet enfant est né an septième mois de la grossesse, et a été enregistré comme fille. Kn tirant sur les plis d'un fourreau préputial on découvre un pénis peu développé, surmonté de son gland, et on constate dans les grandes lèvres des nodules oui sont manifestement des testicules. M. Wilcocks montre le dessin d'un cas analogue d'hermaphrodisme, qui a été récemment observé parM. Edmond Owen. L'enfant avait seize mois et on constatait très nettement l'existence des testicules dans les grandes lèvres. Il montre encore les testicules d'un enftnt de neuf ans, considéré comme fille, que le professeur George Buchanan a enlevés des grandes lèvres. Il existait cbet cet enfant un vagin rudimentaire, mais il n'y avait pas de trace d'utérus.

A propos de ces faits, M. J,-H. Morgan fait observer que la question est du plus grand intérêt, car ces observations prouvent que les onfanes externes de la génération peavent

être développés dans la direction d'un sexe, taudis oue les organes internes sont développés dans la direction d un mtK.

— M. Perey Kidd montre des pièces pathologiques provenant de deux individus chez lesquels une destruction dn poumon a été consécutive k l'obstruction des gros>e8 bronches. Le premier cas est relatif à un homme ftgé de trentehuit ans, qui fut admis & l'hôpital avec les signes physiques d'un anévrysme de l'aorte, s' accompagnant d'induration et d'excavation du poumon gauche. A l'autopsie on trouva un anévrysme de 1 aorte descendanle comprimant la bronche puche et la trachée; ses parois étaient minces et dans son intérieur se trouvaient quelques caillots. Le poumon drail était sain; le poumon gauche avait le même volume que le droit, mats il était criblé de cavités creusées dans un tissu fîbrolde pigmenté. Quelques-unes de ces cavités avaient l'aspect bronoiectasique et contenaient un liquide puriforme, tenant en suspension des grumeaux casèeux. Le foie, la rate, les intestins avaient subi la déj^nérescence amylolde. Dans le second cas, qui appartient à une femme Agée de vingt-cinq ans, l'obstruction élait due à une cicatrice rétraetile de la bronche gauche, ayant amené un rétrécissement tel que son calibre ne pouvait permettre l'introduction d'une sonde ordinaire. Le poumon correspondant était criblé de cavités cloisonnées ayant, pour quelques-unes, l'aspect fie bronches dilatées. Ces cavités contenaient un liquide rougeâlre et une matière ayant l'aspect du mastic. Le poumon droit renfermai! quelijjues tubercules. Le corps thyroïde, tes ganglions du médiastin, ceux du mésentère, le foie, la rate, les reins, tes muqueuses gastro-intestinales et urinaires avaient subi la dégénérescence amylolde. Les symptômes présentés par la malade pendant la vie consistaient en sueurs nocturnes, courte haleine et cachexie rapide. Les doigts étaient conformés en massue; le côté eaucne de la poitrine était immobile et mal; on 7 percevait du souffle bronchique et de la pectoriloquie. Des signes d'excavations pulmonaires se montrèrent bientôt ; la malade fut prise d'hydropisie et d'albuminurie ; en même temps elle eut de la diarriiée et de la fièvre hectique, qui l'emportèrent. L'examen des sécrétions pulmonaires dans les deux cas ne révéla Ja présence

n Juin 1885

d'aucun bacille tuberculeux. Le premier cas ressemble aux cas rapportés par le docieur Irvine; les altérations du poumon sont probablement le résultat de la compression mécanique de la bronche principale par ranévrysme, la compression des nerfs du poumon n'est que d'importance secondaire. Le second cas est différent; l'affection pulmonaire, élant le résultat d'un rétrécissement bronchique, ne peut être atlribuée à la compression des nerfs; il confirme les vues d'Irvine, oui attribue les altérations du poumon aux modilicalions mécaniques des branches.

Suit une intéressante di&cussioa, dans laquelle les orateurs cherchent à faire la part de ce qui revient à la diminution de calibre de la bronche et à la diathèse syphilitique, dont les deux malades étaient atteints.

— H. W.-U. AUchin présente une pièce provenant d'une femme morle à la suite d'une maladie de dix-neuf mois de durée, dont les principaux symptômes étaientde la diarrhée, de la douleur abdominale accompagnées de selles sanglantes et d'épuisement; la diarrhée ne put être arrêtée par un traitement approprié. La température oscillait entre 99 et 102 degrés (Fahrenheit); l'urine ne présentait aucun caractère anormal. A l'autopsie ou trouva que seul le c6lon était malade; l'intestin grêle était absolument sain. Dans toute la longueur du gros intestin existaient de nombreuses et larges ulcérations. La base de ces ulcérations était nette et non épaissie; leurs bords étaient épaissis et mal limités. Ces ulcérations avaient tous les caractères du type aigu, et elles se rapportent à la description des ulcérations folliculaires aiguës du côlon.

— H. W.-H. BatUe présente un kyste qui a été enlevé des parois de l'intestin grêle. La malade était une femme mariée, Âgée de trente-cinq ans. Huit ans auparavant, elle avait eu la jaunisse el de l'ascite. La jaunisse disparut dans Tespace de deux ans, mais l'ascite persista pendant cinq ou six ans. Après la disparition de cette dernière, on constata pour la première fuis l'existence d'une tumeur dans le c6té gauche de l'abdomen. Il y avait 1& dans l'hypochondre gauche, immédiatement au-dessous des arcs costaux, une tumeur du volume d'un gros œuf, mobile, mais ne se mouvant pas avec la respiration ; elle était sensible et très douloureuse. Dans l'hypogaslre on constatait également la présence d'une autre tumeur dure, sensible, en partie mobile, régulière, s'étendanl du c6té gauche de la ligne médiane jusque dans la fosse iliaque droite. H. Sydney Jones fît la laparotomie el enleva un kyste sessile, occupant une partie considérable des parois de Tintestin sur lesquelles il était solidement attaché et dont il fut avec soin séparé. La tumeur de t'hypogastre était constituée par un fibrome utérin. La malade se rétablit rapidement. L'examen de la tumeur enlevée montra qu'il s'agissait d'un kyste lisse à sa surface^ du volume d'une petite orange, de couleur blanchâtre. Au microscope, les parois avaient l'as • pect lamelleux, mais on ne trouvait nulle part trace de tissu glandulaire ou épithélial. Le contenu liquioe, dont une partie avait été extraite par ponction au moment de l'opération, était épais, de couleur jaunâtre. Vu au microscope, H se composait de cristaux de cholestérine, de graisse et de matière moléculaire. L'examen chimi(|ue y fit découvrir la présence d'une grande quantité de graisse et d'albumine.

H. Bruce Clarke montre des pièces provenant de deux maUÎdes opérés de la gaslrostomie. Chez un d'eux l'affection ayant déterminé l'intervention était située sur la dernière portion de l'œsophage, dans l'autre elle siégeait sur la partie supérieure de ce conduit. Les deux malades se rétablirent de l'opération. Dans le premier cas, où le rétrécissement était perméable, l'estomac n'était pas contracté, tandis oue le second, où le rétrécissement n était pas perméable, l'estomac était considérablement contracté. Dans ce cas l'ouverture avait été pratiquée sur le duodénum et non sur l'estomac, probablement à cause de la rétraction de ce dernier.

REVUE DES JOURNAUX

Un cas de maladie dbThohsen, par H. Eulbnbcrg.— Homme de vÎDgt-sepl ans, non malade â l'époque de la conscription. Ahsersce du phénomène du genou des deux cdtés. l/irrilabililé électrique pour les deux esfièces de counmts est considérablement diminuée dans tes extrémités supérieures et inrérieures. Pour le reste, le tableau de U maladie est conforme i ce qni est connu. {Nemrolog, Csntralb., 188i, d' 17.)

Modification de l'opération de l'empyème, par M. 0. Sprengel. — Chez un enfant de dix ans qui portait une pleurésie suppurée ouverte spontanéoient, fauteur a modifié de la façon suivanie le procédé de Schede. La résection ne porta que sur deux cdles, sur une étendue de plusieurs centimètres; la cavité pleurale fut grattée, désinfectée el enfin tamponnée avec une substance antiseptique, afin d'obtenir une surface granuleuse et une rétraction rapide. (Archiv. fUr kUn. C*ir., t. XXX.)

Des sténoses dd larynx et de la trachée dans la fièvre typboIde, par M. I.uning. — Monographie très étendue et très i»)mplète comprenant 191 observations. (Archiv fûr Idin. Cki' rurgie, L XXX.)

Du PNBUMOTYPHOS, par M. Wagner. — Mémoire à consulter. Contient plusieurs observations intéressantes, un index bibliograpliique complet, des commentaires cliniques importants. Halueureusement Wagner n'arrive pas i conclure, el l'obscurité qui environne cette question reste entière. (DetUseh. Arch. f&r khn. Med.,%. XXXV.)

Du CHLORHYDRATE DE COCAÏNE EN OCULISTIQUB, par H- L.KÔNIG-

STEIN. — L'instillation d'une solution au centième provoque les phénomènes suivants : anesthésie et analgésie de ta conjonctive et de la cornée, anémie de la conjonctive des paupières et de l'œil, dilatation de la fente palpébrale, protrusion de l'œil, dilatation de la pupille et diminution insignifiante de l'accommodation. {Wien. med. Presu, 1881, n» i2.)

HOUVBHBNTS ANTIPÉRlSTALTIQtlKS DB L'ESTOMAC, par M. CAHN.—

Cas extrêmement bien observé et bitm décrit. On sait que ce phénomène a été nié par les auteurs les plus comj^étenls. Dans le cas particulier, l'existence des mouvements an lipéristal tiques ne paraît pas douteuse. Il a été impossible de reconnaître la cause de ce fait rare et curieux. (iWscA. Arch. fUr kUn. M9d., t. XXXV.)

Influence des alcalins sur la sécrétion de la bile, par M. Lewaschew. — Expériences faites snr des chiens dans le laboratoire de Botkin. Le résultat le plus intéressant de ces expériences est le suivant : de tous les alcalins employés, celui qui possède l'action la plus énergique el la plus certaine est le salicylate de soude, même i petite dose. Ce sel serait donc le cbolago^ue^^r excellence. {Deutêùhes Arekio fêr kli». Med.,

Contribution a la thérapeutique de l'anbvrysiie aortiqub, par H. Schrôtter. — Une observation avec autopsie. L'auteur introduit dans le sac aoévrysmal. en place du crin, du fit de fer ou des ressorts de montre, du fit de Florence, qui possède la propriété de conserver la forme apiroïde et d'être résorbable. L'essai parait encourageant. {Deutsch. Archiv fUr klin. Med., t. XXXV.)

Traitbnbnt des AnwmoNB des voies digbstivks par la maph- THAUNB, psr H. KosSBAGHR. — Le professeur d'Iéna est parti de l'idée d utiliser le pouvoir antiseptique de la naphthaline pour désinfecter en pennnneoce des liquides intestinaux dans plusiears maladies, telles que tes catarrhes prolongés, les diarrhées aiguës, les vomissements infantiles et même la fièvre typhoïde. Il emploie la préparation suivante : naphthaline très pure, sucre en poudre, &â 5 grammes; essence de bergamotte, 3 centigrammes; pour SO poudres. De 5 à 20 poudres par jour dans des cachets Limousin. Résultats encourageants. {Berlin, ktin. Woch., 1884, n*42.)

^ . 24 - GA2ËttË HËfiDOItmUtt

BIBUOGRAPUIE

Bu paBaemnt oaaté «i te «M i^pUaalloH * la thé- ■«p««tiq«e ebirorsicaie, par H. Alphonse GuËRirf. — Paris, J.-B. Bftîlliëre.

Il n'existait pas encore de monographie sur le pansement ouaté et, depuis 1870, nous vivions sur quelques courtes notes publiées dans les Bulletins de nos corps savants, sur quelques thèses dont une seule rellète bien exactement les idées du maître, enfin sur l'enseignement de l'Hôlel-Dieu, où la plupart d'entre nous ont pu, jusqu'en 1880, tenir de l'inventeur lui-même le maniement précis de sa méthode. Mais l'heure de ta retraite a sonné, M. Alphonse Guérin a quitté son service, d'autre part la thèse de Herve^f se fait rare et vieille, tous n'ont pas le temps de fouiller les Annales d« nos Académies. Aussi- était-il uingent de réunir, dans un travail d'ensemble, lei documents épars sur le pansement ouaté ; H. Alphonse Gnérin s'y est enfin décidé, et nous avons, à cette heure, un livre c officiel > pour nous raconter l'origine du pansement ouaté* sa technique exacte, ses applications et les succès qu'on lui doit.

On s'imagine volontiers qu'il suffisait d'un médiocre effort pour inventer les pansements antiseptiques; on semble croire que, lorsqu'ils naquirent, la doctrine microbienne était nette, précise, démontrée sans conteste et que, en i870, on possédait les connaissances actuelles sur la virulence, sur les germes, sur leur rôle dans l'évolution des maladies. Rien n'est moins vrai, et M. Guérin nous rappelle que, en 1869, à l'Académie de médecine, il était seul, dans la section de Chirurgie, à soutenir la nature contagieuse de TmCection purulente. Pasteur, alors, ne s'occupait que peu de médecine; il perfectionnait ses admirables procédés cr investigation, ses méthodes de callure, mais les applications  la chirurgie en étaient encore fort mèdiueres ^ 1 on ne connaissait guère ^ue la bactéridie charbonneuse dont l'aclion pathogène fût admise. Si quelques-uns prêvoTaient déjft l'origine parasitaire des septicémies et de Pinfection purulente, de telles idées paraissaient du domaine de la rantaisie pure ; la doctrine de la phlébite et de Tembolie était celle de l'enseignement classique.

11. Alphonse Guérin revendique donc hautement d'avoir, un des premiers, proclamé l'origine parasitaire de l'infection

{lurulente : les germes épars oans I air^ et si nombreux dans 'atmosphère de nos services hospitaliers, tombent sur la plaie, pénètrent dans les vaisseaux, y pullulent et les sympt6me8 de la pjohémie éclatent. Quel pouvait être le r»mède? Mous nous rappelons encore la clinique» la dernière qu'il fit à rHùtel''Dieti où notre mdtre nous racontait, en termes émus^ l'origine du pansement ouaté : pendant le Siège, sous ia Commune^ l'infection purulente ravageait le service de Saint-Louis ; pas un amputé ne survivait et les plaies les plus simples, d ordinaire les plus innocentes, servaient de prétexte à l'invasion de ta terrible maladi» dont les causes, à n'en pas douter, étaient leseorpuscules flottants dans l'atmosphère; l'idée suivit de filtrer 1 air, de le débar-* rasser ainsi de ses germes,, et le pansement ouaté de Guérin était inventé.

L'espace nous manque pour analyser, même dans ses points essentiels, te livre de M. Alphonse Guérin; le volume comprend six chapitres. Dans le premier, est exposée la théorie du pansement ouaté, sa technique et sa c mécaniçiue >. Ce pansement est efficace non seulement parce qu'il filtre l'air et le débarrasse de ses germes, mais il exerce aussi une compression élastique sur les parties qu'il immobilise, et il maintient, sons ses couches épaisses, une température constante. Antisepsie, immobilisation, compression élastique, température égale, tel est en ellet le quadruple résultat qu'obtient le pansement ouaté. N'y a-t-il pas là de quoi lui

donner une place à part et tout à fait prépondérante dans la

Ihérapeulioue chirurgicale?

Dans le deuxième chapitre, M. Alphonse Guérin pasce ea revue les diverses af^lications du pansement oualé, et 1m modifications qu'on lui apporte, suivant la région où on le place et la lésion qu'on veut aimbntire. 11 nous montre ion efficacité dans les tmpuIftlioBS, dut les fractures compliquées, dans les résecdons, dans les pleîeedcs gaines tendineuses et des articulations petites ou grandes, dans les broiements des membres, les extirpations du seis, les plaies du thorax, de l'abdomen et de ta tête, dens le mal perforant et dans les brûlures. C'est encore dans ce ohapttre que ooas voyons comment s'obtieiU, sous la ouate, la réunion piimitive et comment le pansement de Guérin ast le pansement rare par excelleoce.

Le troisième chapitre sur les statistiques en chinugîe est écrit avec une force remarquable. IL Guérin y combat pour t sa maison «jinais sa polémique^ pour êtrevive, n'en est pas moins courtoise. M'a-t-il pas raison de s'élever contre la prétention de juger sa méthode sur les résultats obtenus lorsque le pansement ouaté en était encore k la période de perfectionnement? N'est-il pas injuste de compamr la statistique de l'hôpital Saint-Louis pendant le Siège et UOmmune à des statistiques postérieures faites k des époques plus calmes et dans des milieux inoins infectés? A ce meinent néfaste nous étions l'interne d*un chirurgien éniiiieat et soigneux ; tous ses amputes sauf un i*t la plus grande partie de ses blessés moururent d'infection purulente. Avec quelle faveur fut accueillie la méthode de U. Guérin, qui^ lui. à la même époque, sauvait plus de la moitié de ses opérés I

Le quatrième chapitre a trait au pansement ouaté comme moyen compressif dans les arthrites. Le cinquième ètinlie les services qu'il peut rendre à la chlruifle d'armée. H. Guérin, à notre avis, attrait dû donner de plus amples développements à ce sujet d'une importance majeure; faeareusemeut il y est revenu, lors du premier Congrès des ehirut^iens fk^nçais, où, dans un important discours, il a montré qu'on a fort exagéré la quantité d'ouate nécessaire à la confection d'un bon pansement. Cette déclaration a une grande valeur, car les orateurs ont tous reconnu i'excelleace du pansement ouaté; la difticulté du transport de la ouate, le volume qu'elle a, la place qu'elle occupe sont les seuls arguments qu'on oppose à l'emploi systématique de la méthode de Guérin pour les années en campagne*

Enfin le sixième et dernier chapitre S^ccupe des théories de l'infection purulente. M. Guerio y expose la doctrine aujourd'hui universellement admise de l'origine parasitaire de la pyohémie. Il nous y démontre, pièces en main et avec un luxe de preuves qui entraînent la conviction, que son opinion était ferme sur ce point, lorsau'autour de lui la plupart niaient résolument la contagiosité du mal. En tous cas, les résultats pratiques dérivés de ta doctrine nourelte ont été merveilleux, et si nul ne demande encore pour Pasleur, pour Lister ou pour Alphonse Guérin la fameuse statue d'or promise par Nélalon à qui chasserait l'ioffclioo purulente, du moins noas ne saurions mesurer notre reconnaissauce pour ces trois hommes dont les noms doivent rester îndissolnblement liés. Paul Reclus.

De r^vraluteioM BÉéCkilIqne des eftttMMt* CleefrIqUC»

«mployés en médecine, par le docteur BoDDETliE PARfS

(Extrait du Bultetin de ta Société intematvmale éa éiectriciensj janvier 1885). ,

Dans cette communication faite leSdécembre 18Bi devant la Société internationale des électriciens, H. le doclenr Boudet de PAris a présenté des ronsidéralions de divers ordres sur l'emploi des courants électriques en médecine, et a appelé l'attention sur un modo d'élecirisetion auqaei, à

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GAZBTTE BeBDOMADÂtRK DE MÊDEGINK ËT Dfi GfitRtIRGlB

juste titre, il accorde la prâéminenca 8or les courants fu«' diques et sur les courants galvaniques eax-mèmes: il s'i^it de la décharge d'un condensaieur.

Il a fait observer, d'ailleurs, que si l'électrothérapeutique veut abandonner 1 ornière de la routine et les errements de rempiri«Die, pour ne pas dire les erreurs de Tignorance, elle doit entrer dans une voie vraiment scientifique, et qu'il est nécessaire à l'avenir de pouvoir mesurer et graduer rintensité des oITets dynamiques que le médecin doit mettre en œuvre dans chaque cas parliculiei-. De là l'absolue nécessité de l'évaluation de 1 énergie des courants électriques. Mais, comme le dit H. Boadet de Pàris, < les médecins sont en géni^ral de médiocres mathématiciens >, et peut-être la tâche serait-elle un peu ardue pour la majorité des praticiens, de ceux mêmes qui emploient rëlectricîté d'une fa^on habituelle. Aussi H. Boudent de Pàris a-t-il voulu éviter à ses confrères la solution d'un problème dont le seul énoncé leur eàl causé quelque trouble, et, dans ce but, il « construit des tables, véritables barèmes, qui permettent, à Taide des notions les plus élémentaires, de trouver immédiatement ta valeur numérique, exprimée en kilogrammèlres, de -l'énergie du courant électrique employé. ■ -,

Nous n'insisterons pas sur la première de ces tables qui n'oQre pour le médecin prattcien qu'un minime intérêt, puisqu'elle n'a trait qu'aux effets chimiques du courant galvanique, c'est-à-dire a la décomposition de l'eau dans le voltamètre.

L'importance des deux autres tables publiées par M. Boudet de P&ris est tout autre au point de vue spécial de l'électrothêrapie. Mais nous pensons qu'il n'est peut-être pas hors de propos, pour en faciliter rintelligeace et pour permettre de suivre 1 enchaînement des idées et des faits qui conduisent à la solution du problème, de rappeler quelques notions indispensables de physique et de mécanique trop peu con^ nues ou trop «nbliées. Pour évaluer Ténergie mécanique d'un courant électrique et l'assimiler au travail mécanique d'une Torce, il ûiUait choisir, pour représenter les divers facteurs propres à ce courant, des unités telles que leur produit pût être exprimé en kîlogram mètres. Ces unités sont le volt, le ohm, Yampère et le coulomb.

Le volt, ou unité de force électromotrice (Ë), équivaut, à peu de chose près, è celle que dévdoppe un élément de Oaniell ; plus exactement, la force étectro motrice de l'élément DanietI est égale à 1,08 volt. Le ohm, ou unité de résistance du circuit (R), correspond, d'après le récent Congrès des électriciens, à la résistance offerte par une colonne de mercure, à zéro, de 106 centimètres de longueur, et de 1 millimètre carré de section. Vampère représente l'unité d'intensité du courant (I); c'est l'intensité d un courant développé dans un circuit ayant i ohm de résistance totale, et f volt de force électromotrice, ou, en d'antres termes, environ l'intensité du courant d'un élément Daniell à travers lOtï centimètres de mercure sur 1 millimètre carré de section. On voit lyie l'intensité I de l'ampère est exprimée

par la formule I = Le milli-ampère, qui correspond à très

fieu près à l'ancien mîllî-weber, n'est qu'une fraction de 'ampère dont il représente la millième partie ; le galvanomètre qui accompagne aujourd'hui presque toutes les batteries galvaniques employées en éleciroihérapeutique donne, par une simple lecture, l'intensité du courant évaluée en milli-^mpères. Entiu, l'on admet que l'intensité d'un courant représente la quantité d'électricité qui passe dans un circuit pendant rnnité de temps, et l'on a donné le nom de couloinb à l'unité de quantité ; le coulomb exprime donc la quantité d'électricité qui est censée passer, pendant une seconde, dans un courant de 1 ampère.

C'est au moyen de ces diverses unités, intentionnellement choisies, que l'on peut déterminer l'énergie mécanique, ou travail niéean<^, développée par un courant, et l'exprimer

en kilogrammètres comme s'il s'agissait du travail mécanique d'une force. Dès lors, l'évaluation de l'énergie mécanique se lire de la loi de Joule, représentée par la formule ftl'f = W et de la combinaison de cette loi avec celle de Ohm R! — B. Hais, si l'on veut que l'expression de cette énergie mécanique représente des kilogrammètres, 11 est nécessaire qu'elle soit dÏTitée par 9,8088, valeur bien connue de l'accélération de la pesanteur. Gela tient à ce que lèR électriciens ont adopté une unité de force, la dyne, indépendante de l'accélération de la pesanteur, variable suivant la latitude. Cette unité, ta dyne, est égale, à très peu près, è 1 milligramme ; elle représente la force qui donnerait à la masse de 1 gramme une accélération de 1 mètre par seconde.

On aura donc l'énergie mécanique (en kilogrammètres) d'un courant électrique d'intensité I (en ampères), engendré par uno furce électromotrice Ë (en volts), pendant le

ËI{

temps t (en secondes), par le produit g-gygg'

C'est au moyen de cette formule qu'ont été dressées les tables de M. Boudet de Pàris: le tableau II indique l'énergie exprimée en kilogrammètres du courant galvanique après une durée de soixante secondes ; le tableau Ifl n'est qu'une modification du précédent, l'auteur, afin de déterminer riritensilé du choc galvanique à ta fermeture du circuit, ayant subtitué à la valeur soixante secondes du facteur t, celle de 0,003 de seconde, temps nécessaire, d'après l'expérience, pour que la chute de potentiel qui accompagne la fermeture du circuit atteigne son maximum. En outre, il a cru devoir exprimer l'énergie mécanique, dans ce cas, non plus en kilogrammèires, mais en une unité un million de fois plus petite, le milligrammitret qu'il a choisie aititrairement pour umplifler les cdculs, ft cause de la faible Tileardes forces mécaniques usitées en médecine.

L'autetir condamne, avec juste raison, l'habitude si répandue de se servir à tout propos des courants fournis par la bobine d'induction; la plupart du temps il est fort difficile d'apprécier la valeur exacte de ce mode d'excitation par suite de la diversité des piles et des bobines, la grosseur du fil, sa longueur et la rapidité des interruptions modifiant dans des proportions considérables tes qualités du courant et les effets produits.

Tout au contraire 11 fait ressortir, ainsi que nous l'avons dît, les avantages de la méthode d'excitation par déchaîne du condensateur^ qui fournit des résultats précis, toujours comparables, faciles à évaluer et à doser exactement, et qui supprime l'inconvénient des effets chimiques au niveau des téguments. «

Pour les besoins de fa pratique médicale on se servira d'un condensateur ordinaire à feuilles de papier paraffiné^ et la charge en pourra ëlre obtenue par une petite batterie a courant continu de force électromotrice variant entre 10 et 50 volts.

Ici encore il nous faut donner quelques indications sur la capacité d'un condensateur et la mesure de l'éneme mécanique de sa déchaîne. L'unité de capacité du condensateur se nomme le farad; c'est la capacité d'un condensateur qui se charge d'un coulomb par une force électromotrice de i voit. Mais cette unité étant relativement trop considérable, on se sert pour la détermination de l'énergie mécanique d'une unité qui est la millionième partie du farad et que l ou nomme le mtcrofarad. Or, on démontre que l'énei^ie de la décharge, exprimée en kilogrammètres, est égale au produit de la capacité du condensateur par la moitié du carré de la force électromotrice (en volts), divisé par 9,8088 ; la capacité du condensateur étant une fois pour toutes déterminée en microfarads, le seul facteur variable est la force électromo' trice de la pile. Le tableau IV de M. Boudet de P&ris donne l'énei'gie de la décharge, eu mîltigramniêtres, d'un condensateur de un demi micro-farad, chargé au moyen de couples ' d'éléments de Gaiffe dont le nombre augmente depuis 2

it JmM 1885

jusqu'à 48. Hs|is nous n'aTons pu saisir pour quelle raison l'auteur a introduit dans le dénominateur de sa formule le facteur 10, représenté par un déplacement de virgule qui substitue au chiffre 9,81 celui de 98,1; n'y aurait-il pas là auelque errenr et les nombres exprimant, dans le tableau IV, I énergie de la décliarve du condensateur ne seraient-its pas dix fois trop faibles? Nous serions heureux d'être renseigné à cet égard par M. Bondet de P&ris.

Cette intéressante brochure mérite d'attirer Tattention non seulement des médecins qui s'occupent plus particulièrement d'électricité, mais aussi de tous les praticiens désireux de se tenir au courant des progrès de la science; ils y trouveront d'utiles renseignements propres à les guider dans l'applicalioD de réleclrothérapeulique rationnelle, el pourront aussi se convaincre des inconvénients graves înbérents, dans bien des cas, à l'emploi empirique d'un mode d'électrisation défectueux. Ce dernier enseignement fût-il le seul qu'ils en pussent tirer, M. Boudet de Pàris aurait encore lait œuvre utile, le médecin devant avoir toujours présent à Tesprit ce précepte : prtmum non nocere.

D' André Pbtit.

Les voyages en mer et les poitrinaires, par le docteur L. Thaon. Brocl). in-8\ Rerthier. — Les conclusions de cette brochure sont les suivantes : 1" Le voyage en mer, recommandé aux poitrinaires, doit se faire d'Europe en Australie, par le cap de winne-Espéraace ; 2" il peut se faire par bateau à vapeur, en toochant au Cap, ou par vodier, ce qui est préférable; 3* les poitrinaires, pendant ce voyage, sont géaéralement exempts d^hémoptysie et de mal de mer; i" ces voyages sont contraires aux malades fébrîeitants, i ceiu qui sont porteurs de lésions étendues et anx poitrinaires qui sont si^ets i des ulcérations intestinales ou à des ulcéralioos laryngées; 5° les deux résultats les plus précis de cette cure semUeul être l'action prophylactique chez les gens prédisposés et l'action reconstituante chez les phtbisiques éris localement, mais qui sont restés faibles et anémiques; les voyages en mer peuvent alterner avec l'hibernation dans les moutagnes chez cette catégorie de valétudinaires.

De l'ictère grave sporadiqub curable, par M. le docteur Ed. RoNDUT, agrégé à la Faculté de médecine des hApitaux de Bordeaux (Bordeaux, A. Bellier et C', 1884). — H. Hondol a réuot une trenlaue de cas, dont deux penonnels, d'ictère grave sporadique suivi de guérisoa. 11 survieut soit chei des alcooliques, sut ches des déprimés ; il se caractérise par de l'ielère, des phé • nomônes typhoïdes et an mouvement fébrile dont les mazima ne dépassent guère 39",5 et dont la crise^rusquese produit du septième au neuvième jour. Tandis que l'ictère ne diminue que gradueltement, les autres phénomènes cessent d'habitude d'une manière soudaine; en même temps les urines deviennent très abondantes, riches en urée. Comme complication on a noté à la période d'étal de l'albuminurie et une endocardite, dans la convaléscence, une parotidite suppurée ou des éruptions cutanées qui n'aggravent pas le pronostic.

VARIÉTÉS

KOTA. — Pour oe qui oonoarne la FMQlt* da mAdMlXM da Parla voir an verao ds la ooavsrtnre.

Statue de Pinel. — L'inauguration de la statue de Pinel élevée sur la place de la Salpëtrière, devant la porte même de l'hospice de la vieillesse (femmes), aura lieu le lundi lâ juillet prochain, sous la présidence de H. le docteur Dagonet.

Vaccination anticbolérique. — H. le docteur Gibier est parti pour l'EspAgne dans la but d'étudier les résultats des inoculations anticbolériques.

RÉCOMPENSES HONORIFIQUES. — Sur la proposition dp. l'Académie de médecine, le ministre du commerce vient de déoeraer les récompenses suivantes aux médecins ou pharmaciens qui se sont le plus particulièrement distingués parleurs travaux spéùanx sur le service des eaux minérales pendant l'année 1882 :

Médaille tCor : M. Bailty (Bains).

MèdaWet d'argent : H. Barille (Rennes); Mi Gastioel-Bey; H. Renard (Bourbonne).

Rappel de médaille d'argent : H. Laissus (Salins, Savoie).

Médailles de bronze: M. Ch. Bovet (Pongues); M- Dumoulin (Salins, Jurai; M. Magnin (Bourhoone); H. A. Harty (Amélte-les- Baiiis); H. Valéry-Meunier (Eaux -Bonnes).

] — HM. les docteurs Glo de Besse, médecin des épidémies à Montfaucon, et Pouzols, médecin à Hooistrol-sur-Loire, viennent de recevoir une médaille d'argent pour leur dévouement au cours

, d'une épidémie de variole qu a sévi dans Tarrondissement d'Ys-

I singeaux en 1884.

j SoaÉTÉ française de tempérance. — Programme det prix et récompenses à décerner en 188 >. — Le Conseil d'administration de la Société, dans sa séance do 5 mai 1885, a décidé :

1^ Que tous les travaux se rapportant à la tempérance el aux boissons alcooliques envisagées sous le rapport soit de leur composition, séit de leur action sur l'économie, seraient admis au concours;

Que des récompenses pourraient être accordées aox Intvtux imprimés aussi bien qu'aux travaux mannscniti envoyés à la

Société.

La Société ne met au concours aucune question spéciale pour l'année 1886, mais elle appelle partie uUèrement l'attention des concurrents sur la question suivante :

I Etudier sur un point déterminé du territoire français (commune, I canton ou département), l'inflaence de la loi du 17 juillet 1880, i d'an cAté sur le nombre des débits de boissons, et de l'autre sar le chiffre des condamnations pour ivresse publique, des norli : accidentelles déterminées par les excès de boisson, des folietet des suicides de cause alcoolique. Une somme de lOOO francs sera répartie entre les auteurs des mémoires couronnés. Les ouvra^ ou mémoires devront être remis au secrétariat général de l'œuvre, , rue de l'Université, 6, avant le l" janvier 1886.

Pour l'année 1887, la Société met an concours la question siùvante : Le Livre des mères; manuel à l'usage des femmes dési- I reuses de préserver leur famille de l'alcoolisme et de l'ivrognerie. Montant du prix ; 1000 francs. Le concours pour ce prix spé«»il ne sera clos que le 31 décembre 1886.

I Nécrologie. — Nous signalons avec peine, dans le corps de

I MM. les élèves des hdpitaux, une nouvelle victime de la contagion

I diphthéritique, dans fa personne de H. Wilbien, élève externe de

i l'hdpital des Enfants-Malades, aussi estimé de ses maîtres qu'aioté

I de ses camarades.

— Nous apprenons avec regret la mort de H. le docteur Calro I (Dominique^, mspecteur des eaux minérales de la Seine, chevalier I de la Légion d'honneur, décédé à Versailles.

On annonce aussi la mort de M. le docteur Redard, qui a succombé au cours d'une excursion dans les montagnes du Sun-

Mortalité a Paris (23* semaine, du 31 mai au 6 juin 1885). — Fièvre typhoïde, 16. — Variole, A. — Rougeole, 50. — Scarlatine, i. — Coqueluche, 4. — Diphthérie, croup, 20.— Choléra, 0. — Dysentérie, 0. — Erysipèle, 6. - bfectins puerpérales, 5. — Autres affections épidémiques, 0. — Méningite, 50. — PfaUiisie pulmonaire, 183. — Autres tuberculoses. 26. — Autres affections générales, 68. — Halfonnaliou et débilité des Ages extrêmes. 65. — Bronchite aigné, 23. ' Pneumonie, 80. — Athrepsie (gastro-entérite) des enfiuts nonrris an biberon et autrement, 38; au sein et mixte, S2; inconnu, !■ — Autres maladies de l'appareil cérébro-spinal, 97; de l'appareil circidaloire, 59; de 1 appareil respiratoire, 86; de l'appareil digestif, 15; de l'appareil géoito-urinaire, 23; de la peau et du tissu lamineux, 7 ; des os, articulations et muscles, 9. — Morts violentes, 27. — Causes non dassées, 23- — Total : 1039.

G. Hasson. Propriétaire-Gérant,

BOURLOTOM. — Imprimerâi Nimics» A, rue Migaou, ^^ui«t

TRENTE-bmi&ME ANNÉE

19 iuiN 1885

PARAISSANT TOUS LES VÈNOREOIS

COMITÉ DE RÉDACTION

Président : H. le docteur A. DECEAMBRE

Hmmks : MM. les docteurs BLACHEZ, 6E0R6ES DIEUUFOf. DRETFUS.BRISAC, FMNÇOIS-FRARCK, ALBERT HEROGQUE

L LEREBOULUT, PAUL RECLUS

Àdrawr tout ce qai concerne la rridocNon an nége du Comité, chei H. DccBAnu, 91, rue dt Lille (anni le mardi de préffrenee).

▼•Ir p«ce t de I» c«mverMre i'in«ie««i«B dea ACWKm DB u rAcmvwA hébrchib mm wamêêê ( Thèses, ezameDS, cours, etc.) et «i*eni «••»■•■«■ ia«éreH«a« le pMiie Médical.

SOVMAIItB. — Paris, Académie de mtfdecitio : Diacussion lur r^rytipète. — VacciMtioa MtkluiUcivw. — QH»li|uei «mridérattana sur r«té*i7W« «ofllfo». — ContrihiUiiiu phtmiaceuliqii». — Tiuvadx ORieiHAUX. Qinique chirurgicale : Cm de oMiBopt^A brachiale larreaie api-te une cinila inr l'ëpao)». — Sociiris SAVAXTit. Acadénie de> (t-iences. — Académie de raMecine. — Société' médicale des hApîlaïu. — Socidté de chirurgie. — Socictd de biologie. — Société de Ibéraiwulique. — Palhological Sociely of Lcndon. — Rbvde DI9 JOURNAUX. Le miorobe lia choUra. — Obcarralion de locaHMtîon cérébrale. — BibliochareiE. Anaiomie lap<^>raphiqiK du cerveau. — Recherches sur la microbe du rbol^ra Miatique. — Indes bibliographique. — VARliTiB. L'intugnntlon du noevel bapllal da Havre. — Qiolén.

Paris, 18 juin 1885.

DISCUSSION SUR L'ÉRVSIPËLE. — VACCINATION AKTICHOLÉ- RIQUE. — QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR l'aHÉVATSHE AORTIQUE. — CONTRIBUTIONS PHAHMACEnTIQUES.

Aesdemle de médeelBet Dlaeaaalaa mur l'erjelpèle. VaeclnaOMa aMIehalérl^He.

H. Verneuil a présenté, dans la dernière séance de l'Académie de médecine, les conclusions relatives à la nécessité d'isoler, dans les hôpitaux, les malades atteints d'érysipèle. Personne n'en a contesté le sens; mais quelques membres, Mil. Blot, Larrey, Le Fort, Trélat, ayant présenté quelques observations tendant à en abréger le texte, et M. Trélat ayant même proposé un texte nouveau, ce dernier a été prié de se concerter avec M. Verneuil pour une rédaction commune, et le vote a été remis à la prochaine séance.

— La vaecïnatîon anticfaolérïqiie entre dans nne phase nouvelle, qui sera sans doute décisive. Elle a fini par remuer assez l'opinion publique pour faire sentir le besoin de l'étudier sur place, de contrôler directement les expériences sur lesquelles elle s'appuie. Notre gouvernement s'émeut; M. Brouardel, à peine revenu de Rome, vaparUr, avec M. le docteur Roux et H. Albaram, interne des hôpitaux (de nationalité espagnole) pour Madrid, ou se trouve déjà, comme nous l'avons annoncé, M. le docteur Gibier, envoyé, sur la demande deM. Bouley, par M. le ministre du commerce. De leur cAté, les journaux politiques font appel à leurs correspondants; l'un d'eux, le Temps, aexpédiéun de nos confrères en Espagne, el a déjà reçu de lui des communications intéressantes. M. Ferran proâle du mouvement, et nous le disons à son honneur, pour provoquer, et presque défîw les enquêtes. Il avait, dès le début, par télégrammesou par lettres, mis H. Pasteur au courant de ses expé- 2* SÉaiE. T. xxil.

riences ;"!1 lui écrit de nouveau et ne craint pas de prédire < Uh succès ams i absolu que celui qui a été obtenu sur la bactéridie charbonneuse ». Quod est detnomttrandum. M. Ferran n'a plus d'obstacles devant lui ; l'interdiction des vaccinations anticholériques par arrêté du ministre de l'intérieur a été levée. La confiance s'étend el s'affermit. ATalence, cent membres de \'^Aîhênée ont été vaccinés sur leur demande ; seulement il ne faut pas se dissimuler la dif^culté d'arriver promptement à des conclusions précises. C'est affaire destatistii^ue, et, sur le terrain mobile de la statistique, il est presque aussi difficile d'établir irréfutablement une vérité que de prouver nne erreur. Quand M. Pastéur sépare cent ou deux cents moutons en deux lots, qu'il en inocule un seul lot avec le vaccin ahlicharbonneux, puis l'autre avec le virus charbonneux, et que le lot non inoculé prend seul le charbon, rexpérien<» est absolument démonstrative, parce que les animaux restés indemnes étaient fatalement condamnés, par l'insertion du virus, à contracter le eharbon et que la vaccination est la seule circonstance qui puisse rendre compte de l'immunité. Dans les expériences de M. Ferran, au contraire, il n'est jamais démontré rigoureusement qu'un individu resté exempt de choléra au milieu du foyer pestilentiel aurait été atteint s'il n'avait pas été vacciné. C'est donc encore une fois utie question de grands nombres. Ces nombres pourraient être d'autant plus réduits, sans que la somme de probabilité diminue, que les éléments du calcul ne varieraient moins. On comprend, par exemple, qu'il n'y aurait pas grande part à faire à refficBcité de Tinoculation préventive si llmmunité relative était le privilège de la classe riche, puisque c*est le fait observé à Paris dans d'autres épidémies, en l'absence de toute vaccination. M. Ferran, qui a vacciné indistinctement toutes les classes, maintient que l'effet préservatif du vaccin a été assez patent, assez général pour résister & tonte objection de cette nature. Et, des cas particuliers qui avaient décidé le ministre à interdire les inoculations, M. Ferran donne le récit suivant : c Trois cas de choléra suivis de mort s'étant déclarés dans une famille; les membres survivants furent soumis à l'inoculation. Le jour qui suivit, il y eut deux nouvelles victimes. L'une d'elles avait caché la diarrhée dont elle était déjà atteinte lors de la vaccination, et l'autre, qui a également servi de prétexte à l'attaque hostile du gouvernement, a eu pour cause {sic) le dévetoppMnnUdde tout petits phlegmons sans impofii^6eMlii|nv3£)KMnc£ vèrent pas à suppurer. > ... V.

19 ixm 1885

On tronrera aux Variétés quelques détails relatifs aux résultats des expériences. Enfin, on voudra bien se reporter à laRcTue des journaux où l'on trouvera, d'après Xsl Gazette hebdomadaire de Montpellier, l'analyse d'une noie de La Independancia medica de Barcelone, sur le microbe du choléra et sur l'inoculation préventive.

A PROPOS d'un malade DE MON SERVICE, A l'hAPITAL SAINT-ANTOINE.

Le 25 mars, un homme âgé de cinquante-deux ans, de robuste apparence, exerçant la profession de tailleur de pienvs, et n'ayant à son actif patUologique aucune tare d'alcoolismft, de rhumatisme ou de syphilis, se présentait à ma consultation de l'hôpital Saint-Antoine pour y être trailé d'une dysphagie des plus douloureuses. Il fut placé dans mon service, au n» 11 de la salle Âodral. Les mouvements de déglutition étaient si pénibles, qu'il n'osait plus avaler ni liquides ni aliments. Le lait fut facile à vérifier. Je priai cet homme d'avaler devant moi quelques gorgées de tisane et une bouchée de pain, ce quM Gt très lentement et avec les plus grandes pr-îcautions, et néanmoins les mouvements de déglutition furent presque impossibles et accompagnés de spasmes très douloureux du conduit pharyngo-œsophagien, ainsi qu'on l'observe dans les cas d'oesophagisme avec ou MUS lésion de l'oesophage.

Toutefois, cet œsophagismej qui pour le moment était le symptôme dominant, je dirai même le seul symptôme qui attir&l l'attention du malade, cet œsophagisme n'avait en somme qu'une importance assez secondaire, et faisait partie d'un 'groupe de symptômes à l'aide desquels nous allons essayer d'établir le diagnostic. L'étude et l'évolution de ces symptômes va nous permettre de reconstituer de la façon suivante I histoire de notre malade :

Le 31 décembre 18M4, sans cause appréciable, et dans le cours d'une bonne santé, cet homme éprouve une constrictton douloureuse qui paii de l'ombilic et remonte derrière le sternum, sensation accompagnée de gêne respiratoire et d'enrouement. Il dîne quand même, mais le soir, à peine est-U couché, que la douleur rétro-steroale reparait plus vive, le prend à la gorge et Télrangle; se sentant étoufië, il veut appeler un voisin, mais sa voix est perdue, et l'aphonie , est complète; effrayé, il saule de son lit pour demander du i secours, mais il tombe aussitôt sans connaissance. Ce tableau rappelle assez bien, on le voit, Victw laryngé qui survient aux premières périodes ou dans le cours du tabès dorsalis ; , l'explication physiologique des symptômes est sensiblement la même, mais la cause première, ainsi que nous le verrons plus loin, est absolument différente.

La perte de connaissance dure un quart d'heure environ, et quand cet homme revient à lui, la sensation de strai^fulatioo et d'étouffément est touyours très vive, l'aphonie, quoique . atténuée, persiste encore, et la dysphagîe est telle que la déglutition de quelques guidées de liquide est impossible et provoque des spasmes douloureux.

Ces divers symptômes, qui avaient éclaté sous forme d'accès, durèrent quelques jours, tout en «'atténuant progressivement; l'oppression subûsta une huitaîns de jours, la voix resta enrouée, mais cet homme put reprendre ses pénibles occupations. !

Par moments cependant reparaissaient quelques ètoiiffements et un peu de dysphagie; une fois même le malade ressentit de vives douleurs fulgurantes traversant la poitrine et s'irradiant aux deux bras, du côté droit jusqu'au poignet, du côté gauche jusqu'au bout des doigts; c'était une ébauche d'angorpeetoris.

Après un mois et demi de calme presque complet, un nouvel accès éclata le 24 mars, à peu près semblable à celui du 31 décembre ; la perte de connaissance fit seule défaut, mais la strangulation, la douleur angoissante, l'aphonie et h dysphagie reparurent comme la première fois. Au dire du malade, ces symptômes furent cette fois moins violents, mais la dysphagie l'inquiétait par-dessus tout, la dysphagie qui le privait d'aliments et par conséquent des forces n^essaires pour travailler; aussi est-ce pourla dysphagie qu'il élailvnin demander un traitement à l'hôpital.

En face de pareils symptômes, je pensai aussitôt que c elail vers le médiastin qu'il fallait diriger mes recherches, ft l'anévrysme aortique se présentait naturellement i l'esprit. Il existait, en effet, un anévrysme de l'aorte, caractérisé par une malité de 6 centimètres et demi occupant transversalement la région aortique, et par un second centre de battements à sounie sysiolique dont te maximum siégeait à la région st^rno-costale supérieure du côté gauche. On ne percevait dans cette région ni pulsation, ni mouvement d'expansion; les deux pouls radiaux étaient égaux, tes pnpillfs étaient égales, et on ne constatait nulle part de signes compression veineuse. L'absence de ces divers sympiémes s'expliquait, ainsi que nous aurions occasion de le dire, par la situation et par la petite dimension de l'anévrysme. Tous les autres organes étaient sains, le cœur était normal, et la respiration s'entendait également bien des deux côtés de la poitrine.

Gomme traitement, je fis appliquer un vésicatoire sur la région cardio-aonique ; l'amélioration fut rapide; la dysphagie et les autres symptômes diminuèrent et disparurent, si bien que le 9 avril, le malade désirant reprendre son travail, quittait l'hôpital.

Hais l'amélioration ne fut pas de longue durée, et le 4 mai cet homme rentrait dans nos salles. Pendant trois semaines, après sa sortie, il avait travaillé sans éprouver le moindre malaise ; mais le vendredi, 1" mai, éclate un nouvel accès, semblable aux précédents; toutefois l'accès n'a pas U brusquerie des autres accès, la déglutition devient dirtlcile, la respiration est gênée par ta sensation de strangulation et l'aphonie est complète le dimanche.

Le lundi 4 mai, l'aphonie disparaît, la voix reste un peu enrouée, mais les autres symptômes persistent A l'examen du malade, je constate les mêmes signes que précédemineat et je prescris le même traitement.

Sous l'influence du vésicatolre, l'amélioration est rapide, et après quelques jours le malade put manger sans éprouver la moindre dysphagie. Je prescris alors la dose journalière de 1 gramme d'iodure de potassium, qui sera progres:)ivement élevée, et je fais appliquer deux cautères sur la régïAn aortique. Le 12 mai, le malade quittait de nouveau l'hôpital, très amélioré quant aux symptômes, mais conservant les mêmes signes de sa lésion.

Discussion. Je viens d'exposer le fait clinique, mais ce n'est là qu'une partie de la question. Il ne suffit pas de diagnostiquer un anévrysme aortique, il fut,. autant que possible, diagnostiqwr sa situation exacte et ses dimensions. Ce n'est pas une simple curiosité clinique, c'est une

i9 Juin 1885

importante question de pronostic. Tous les anévrystnes de i l'aorte n'ont pas la même gravité ; la gravité de Tanévrysme tient à sa situation, peut-être plus encore qu'à ses dimensions. On croit généralement que les anévrysmes les plus volumineux, les plus étendus, sont les plos redoutables ; il ; a du vrai dans celte assertion, mais elle est loin d'éire absolue ; certains anévrysmes aoitiques, de petite dimension, sont plus redoutables que des anévrysmes volumineux. Un anévrysme qui se développe vers l'extérieur peut persister bien des années, malgré ses grandes dimensions, avant de compromettre la vie du sujet, tandis que de petits anévrysmes en connexion avec une bronche ou avec la trachée, et passés presque inaperçus, peuvent provoquer une hémorrhagie foudroyante ou une hémorrhagie rapidement mortelle chez des gens qui soupçonnaient à peine, ou même qui ignoraient l'existence de leur lésion aortique. CTest par l'étude attentive des symptômes qu'on peut arriver à préciser la situation et les dimensions de l'anévrysme, et c'est ce que nous allons essayer d'établir dans le cas actuel.

Chez notre malade un premier symptOme appelait l'attention, c'est la dysphagie; or, quand on parle de dysphagie dans les anévrysmes de l'aorte Uioracique, on pense aussitôt à une compression possible de l'œsophage par la tumeur. C'est en effet un des mécanismes de la dysphagie ; quand l'œsophage est dévié ou comprimé par une tumeur aortique, ce qui suppose déjà une tumeur de certaine dimension, le passage des aliments devient dirHcile et cette diriicuUé est continuelle et augmente progressivement avec le développement de la tumeur. Telle n'était pas la dysphagie de notre malade, elle n'était ni graduelle, ni continue; elle se montrait soudainement, atteignant son apogée du premier coup, et elle disparaissait assez rapidement, ne laissant aucune trace. Pendant sa dysphagie, le malade n'éprouvait pas seulement une géne au passage des aliments, mais il éprouvait une sensation douloureuse, un resserrement spasmodique. qui est la caractéristique de l'œsophagisme, c'est-à-dire des spasmes de Tœsopbage. 11 ne peut donc pas être question dans le cas actuel de dysphagie par compression de l'œsophage, mais bien d'un resserrement spasmodique et momenlané du conduit.

L'oppression, et l'oppression allant jusqu'à la suffocation, a été un antre des symptômes dominants, et quand on parle de dyspnée dans les anévrysmes de l'aorte, on pense à la possibilité de la compression de la trachée ou des bronches par la tumeur. Maïs c'est là un mécanisme fort rare de la dyspnée, d'abord parce que pour vaincre le plan résistant de la trachée on des bronches, il &ut un anévrysme volumineux, et ensuite parce que le calibre de la trachée ou des bronches peut être assez notablement rétréci sans entraîner de symptômes dyspnéiques. C'est un fait que Krishaber a nettement établi. Des coi^ étrangers introduits expérimentalement dans la trachée, peuvent en rétrécir assez fortement le calibre, sans entraîner de dyspnée, et des végétations de toute nature situées au-dessous des cordes vocales et réduisant le calibre de la trachée au quart ou au tiers de sou volume normal, n'empêchent pas les sujets qui portent ces tumeurs de respirer presque normalement, c L'ampleur des voies aériennes a été largement calculée pour suffire aux besoins de la respiration, et des rétrécissements, même considérables, peuvent se produire dans ce conduit sans amener de gène notable. Les résultats de la trachéotomie suffisent pour le démontrer, car le diamètre de la canule est souvent à peine égal à la moitié ou même au tiers de celui delà trachée ,

et cependant le malade respire bien après l'opération. >

(Krishaber.)

Dans tous les cas, à supposer que la dyspnée soit due à un rétrécissement de la trachée, cette dyspnée revêt un caractère progressif et continu en rapport avec raccroissement de la tumeur, et si l'une des grosses bronches est comprimée, l'affaiblissement ou la disparition du murmure vésicutaire dans le côté correspondant de la poitrine en est le témoignage.

Or, chez noire malade, la dyspnée n'a revêtu aucun de ces caractères ; elle est survenue brusquement, sous forme d'accès de suffocation et de strangulation; elle a reparu d'autres fois ou persisté avec une intensité moindre, puis elle a complètement disparu, ne laissant à l'auscullatinn de la poitrine aucune trace de son passage. Elle a revêtu le caractère spasmodique, paroxystique, qu'on observe . dans les spasmes de la glotte, ce qui nous permet d'afOrmer que c'était une dyspnée d'origine laryngée, et une autre preuve que la glotte était en jeu, c'est que l'aphonie ou la dysphonie ont toujours accompagné les troubles dyspnéiques.

Cet ensemble de symptômes permet donc d'éloigner l'idée' d'une compression de l'casophage de la trachée ou des bronches, et c'est par l'action de la tumeur sur le nerf récurrent, que nous allons expliquer l'œsophagisme, lepharyngisme, les accès de suffocation, la strangulation, la dysphonie, l'aphonie, et la nature paroxystique des accès.

Les nerfs récurrents jouent en pareil cas un tel rôle, qu'il me parait nécessaire de rappeler d'abord en quelques roots leur distribution anatomique et leurs fonctions.

DiEULAPeV.

CMtrlhailaM phanMweaiSMlHM*

rARINE DE LIN INALTÉIiABLE:.

Dans mon article sur les cataplasmes (n* 16, p. 257), je disais qu'il serait avantageux qne HH. les pharmaciens confectionnassent avec la farine de lin privée d'huile des cataplasmes instantanés de diverses grandeurs, dans le genre des cataplasmes en feuilles qui sont en vogue aujourd'hui. Je crois devoir ajouter que la Société de thérapMtiqvei. été saisie d'une présralation de ce genre.

INJECTION HYPODBRWQnE AU L&CTATE DE QlTINIIfE.

Je vous ai signalé, il y a quelque temps, les injections uréthrales à 1 pour 100 de lactate de quinine contre la blennor^ rhagie chronique; aujourd'hui, je viens vous recommander l'emploi de ce sel en injection hypodermique. Cette pratique a déjà à diverses reprises été recommandée dans la Gazette ; mais on doit être surpris qu'elle ne se soit pas depuis longtemps vulgarisée en thérapeutique. Si l'on compare entre eux les divers sels quiniques en usage, sous le rapport de leur composition, aussi bien que sous celui de leur solubilité, on se demande pourquoi le lactate de quinine n'est pas employé à l'exclusion de tous les autres. En effet, ce produit est très bien déterminé, sa constitution est toujours la même et il répond à toutes les exigences médicales ou pharmaceutiques.

Lorsqu'on prescrit le sulfate de quinine, £St-il possible de savoir la quantité absorbée pai[jli'jK;$9@|n|i^(Qt:vâii@l^i[^ au malade? ^

19 Juin 1885

Quand on applique une pommade au sulfate de quinine, n*e8t-on pas à peu près d'accord que c'est généralement du temps et de l'argent perdus? Vous me direz que depuis l'introduction du brombydrate de quinine dans la thérapeutique un grand progrès a été accompli ; j'en conviens, mais le lactate de quinine existait avant le bromhydrate et l'on n'; pensait pas; d'ailleurs, pour les injections hypodermiques, on est obligé d'employer le bromhydrate neutre (celui qu'on appelle ordinairement acùf« dans le commerce) et l'injection est alors très douloureuse. C'est même cet inconvénient qui rend rinjection ai rare.

Avec le lactate de quinine, toutes les difficultés disparaissent.

La solution concentrée se conserve bien et, injectée sous la peau, n'occasionne aucune douleur.

Le tableau suivant, dressé d'après les chiffres inscrits au Godexj sera plus éloquent que toutes les paroles :

Coiuposilioii en Solubiltli! dans

qeinîno pour 100. de l'en àl&drgrëi.

SalfiUe de quinine 7i.31 755 graïnmes.

— — acide.... 59,12 i(lf^,9

Bromhydrate de quinine 76,60 60 grammes.

— — acide. 60, 7 —

Valérianate de quinine 76,06 110 —

Lactate — 78,26 3 —

Le lactate est donc le sel le plus soluble et le plus riche en quinine.

11 a aussi l'avantage de se prêter à toutes les formes pharmaceutiques, sans courir le risque de ne pas être absorbé. Au contraire, son action est même très rapide.

Bien que la pommade à base de quinine ne soit pas un médicament sur lequel on puisse compter, on en lire le meilleur parti possible en la formulant ainsi :

Lactate de quinine. . . i gramme.

AxoDge 9 —

F. s. a., pour fiiire des frïelions prolongées sous les aisselles.

Hais là o4 le lactate triomphe véritablement, c'est dans les injections hypodermiques.

Voici la formule que je recommande et qui a été appliquée toujours avec succès :

Lactate de quinine. . . i gramme.

Axonge A —

Faites dissoudre en cbauOant légèrement et filtrez. La solution doit être neutre.

Chaque seringue contient 20 centigrammes de lactate de quinine. C'est une dose déjà raisonnable. A la rigueur, on pourrait la doubler en dévissant le corps de pompe sans toucher à l'aiguille et donnant à la même place une deuxième injection.

On n*a jamais à craindre ni douleur, ni inflammation, ni

abcès.

C'est la seule injection quinique qui soit d'une activité et d'une innocuité aussi parfaites. Je crois qu'après essai tes praticiens seront de mon avis.

Pierre Vicier.

TRAVAUX ORIGINAUX

Cas de honoplégie bhachule survenue après uhe chute SUR l'ëpaulb. Observation par M. le docteur Catrin (de

Corapiègne).

Le curieux cas de monoplégie brachiale, publié dans voire numéro du 3 avril 1885, m'engage à signaler l'observation suivante qui présente plus (Tune analogie avec celle de M. Troisier(l).

Obs. — Le 21 décembre 1884, le jeune X..., cultivateur, àf meurant à Compiègne, fait on faux pas et tombe en arriére, presque tout le choc étant supporté par Vépaule gauche. Il se relère, éprouvant une douleur assez tîtc, il continue cependant de travailler pendant quelques heures, mais ne se servant que de li main droite comme dans l'observation de N. Troisier. Les parents, voyant le bras gauche inerte, me font appeler Quelques heures après Taecident et ma première impression est ae penser à une luxation scapulo-humerale : bras pendant le long du corps et paraissant allongé, impossibilité de lever le membre. Mais le malade déshabillé, les mouvements passifs sont tous possitiles et, après un examen atleutif, je reconnais qu'il n'y a pas eu de déplacement, ni de fracture. Je ne trouve comme symptdmes qu'une deoletir asseï vive à la pression du mojgnon, quelques fourmilllemenis dans tout le menibre et,fiil domiuanl, me inertie absolue du bns et de l'avaut-bras.

J'atiribue ces divers phénomènes ila contusîon,je prescris des applications d'eau blanche sur l'épaule, du repos et je place le bras dans une échappe. Mon malade, âgé de dix-sept ans, était de tempérament lymphatico-sanguîn, de conslituliou cbélive et portait des traces de rachitisme, il n'accusait pourtant aocane maladie grave antérieure.

Deux jours après, je fus très étonné de retrouver tout en même état, la douleur & la pression avait un peu diminué, mais l'ioetiie était la même et ce n'était qu'en maintenant le bras que l'avantbras pouvait se soulever très légèrement. Toutefois les doigts jouissaient de tous leurs mouvements, la sensibilité semblait intacte, et la pression de la main gauche, bien que plus faible lyie celle de la droite, était cependant encore assex virile pour le sujet.

Je trouvai le cas assex curieux pour le montrer à un de mes collègues, qui, comme moi, constata l'impotence du membre, l'absence de toute luxation ou fracture ; tous deux nous conctiiines à une contusion nerveuse. On maintient le bras dans une écharpe et on remplace les applications d'eau blanche par de la ouate et des frictions avec de 1 alcool camphré. Toute idée de simulalion devait être rejetée; la position sociale du malade et l'intervention des parents pour m'appeler excluaient cette hypothèse.

Deux jours après, j'elais obligé de m'absenter de Compiègne.oii je ne rentrai que le 14 janvier f885. Une des premières pwsonnei que je trouvai i ma rentrée fut mon petit malade, dont les parents commençaient à être sérieusement inquiets^ car il y avait uuc amélioration si peu sensible qu'on la pouvait considérer comme nulle.

Plus de douleurs, quelques mouvements de l'avant-bras très |>énibles d'ailleurs, encore quelques fourmillements, mais impossibilité absolue de lever le bras, impuissance complète du deltoïde et du trapèze. 11 semblait même qu'il y eût un léger amaigrissement du moignon de l'épaule.

Le 15, je faisais une séance de quinze minutes d'électricité faradique avec le petit appareil de GaifTrt, et dès la fin de ceue séance, mon malade pouvait lever le bras plus facilement.

J'étais encore bien plus surpris, et cette amélioration presque spontanée m'aurait certes fait, chez un soldat ou un intéressé, songer bien davantage encore & la simulation. Après trois séances analogues i deux jours d'intervalle, c'est-à-dire en six jours, le membre avait repris sinon toute sa puissance, du moins la possibilité de tous les mouvements et malgré les douleurs assez vives

(I) Dans cello obsorvÉlion, les ph^uomônes d'ane^Uiétie ont hit défiul, le nwignon de rëpnulo temMait aIruphM ; l'iiii)>otPiice Je l'ivjiit-brai éleil incenpiêk ft il Ml dinilcux iifi'ello esisUit eiiror« quand le IrailcoKnt par l'èleelricil^ ■ eouimotieii- il cftt vli bon de dire lar qwello pÉrlie,.du. membre et enr qaele d^* la faradUaliua avait éhf •ppliqw.-^wnilanjL l'ohMrvatiou de U. C«lria a eiirorc uKSci d'inalogie avec w'Ia do H. Tnightt^lmr^ti'îl soit liilëroxiint do l'en np)>''*^ cher. iHm U U AMscMm-)

i9 Juin 4885

éprouvées parle malade lors de rélectrisation, il voulait» tant il avait peur de n'être pas guéri, continuer le traitement que je crus devoir interrompre, conseillant simplement de l'exerciee.

Celte çaérison s'est maintenue, et, pour finir par une autre singulanté, le petit malade parait être reconnaissant. Je ne veux ea rien commenter mon observation, j'aurais crainte de lui faire tort. Je ne me permets que deux remarques : 1' la surprenante et merveilleuse action de rélectricité ; â** d'une part ne pas toujours croire à la simulation parce que les symptômes objectifs manquent, d'autre part difficulte de distinguer la vérité dans ces cas heureusement rares d'ailleurs, ainsi que semblent le prouver les recherches de M. Troisier.

SOCIÉTÉS SAVANTES

Aeiidénile dea •cteMes,

séance du 15 juin 1885. — présidence de h. boulet.

Études expêrthentales sur les affections diphthëri- TIQUES DES ANiHAUx. Mémoire de H. G. Colin. — Dans ce nouveau travail, l'auteur a cherché d'abord à voir si la éïpUthérie des enfants est susceptible de se transmettre aux ani< maux, afin de résoudre la question de savoir si la maladie constitue une seule unité pathologique qui s'échange entre l'espèce humaine et les espèces animales. Bretonneau avait déjà tenté sans succès des inoculations dans ce but; mais ou ne sait ni de quelle manière, ni sur quels animaux. Aussi il y avait Heu de reprendre ses tentatives, notamment sur l'espèce porcine, qui parait plus apte que toutes les autres à contra<Âer la diphthérie, car elle est sujette à une angine

Fseudo-membraneuse analogue à l'angine couenneuse de homme. Celles que H. Colin a faites montrent que les produits de la diphthérie des enfants ne provoquent pas dans rarrière-bouche, le larynx ou ailleurs, d'exsudats à forme dipbthérique. Dès lors, il semble que, si les affections pseudo-membraneuses des animaux sont spécifiques, leur st>éciricité est d'une autre nature que celle de la diphthérie humaine.

Dans les expériences oui ont eu ensuite pour objet la diphthérie des oiseaux de oasse-cour, l'auteur s'est attache à déterminer les produits aptes à transmettre la maladie, le degré de leur virulence et les conditions dans lesquelles ils peuvent jouer le rèle d'agents contagifèrw.

SÉANCE DU 16 JUIN 1885.~PRÈSIDEIICB DE H. J. BBRGERON.

UM. lot Aoetean Bnrn et Burot. profeiMHin k l'Éeoli U Ro^afttrt, «nroiaB i

un rit caeheié, dont 1« d^t nt asospli.

U. le ducicur lalOfU {Ae LobrIm) admM uD méouln muoicrit nir la eimtagioA fi ta ftrnpA)|Ia«ie du (MUra uiaii^e, pow )• prix Butin en 1885,

M. lo Joci^ur /. Peeho Jomatl Mmti* (da Cmimi, Gtiuit porHigtlH) aoToU uue t.bservaliun da maladUia tmmtU. {Kami à MM. BaU «1 ni(pim.)

U . le Setritttiri pirpéaM MpM, « ami it H. Imntat (<U TaalMM), imu hriwbum ijaat pour lilrM f JMOt rfM nrtJMt al AfMau cjiclùcépkëUtn aphikalnêciphaU.

U. Bfùucrda prëionls ane Mots do MM. ^taurt Rotm, Fermnâ et Houii ■iir fiielvMi proMtê tattquu mM» te «ft«mpv*i«fu eomtiUbUt. (RanTOi ft

U. Menut Ofro, h mm 4e M. le <Mlwr HMtta; dtn brochurat : 1* Ugi»- MTios OKi ttX% Ntii^tliAUi; P Eau» i»im4»AI." en jdnérolai. louUa d«u «iraiiui ilu DieUmmaln «Mwlap/difue dei leUncei miiieala.

M. Larrtt prfcevta. de U part d« M. )• doctMr Anlanl. ne mmuf IbUImU : lYaiupopt rm> Uferdu btmét M 4m mI«4m et en Rapport pNeentf

•nr ea njat fc l'ulmiDUtratipp 4m rtiamia» de I« 4e l'BUl, pour le Gowear» 4u i>rix Termrii de t8S3. . .,

H. fllfMlM 'Jtoiiii M nfawive maneMrit wr l'ifUUmU i» ehoUra ta 1884 |t rAelle d'elle 4ff Mnm pw M. le 4octear CsK»M A9tif4. (CmnfHtOft 4h

CoMiiissioNS DE PRIX POUR 1885.— Lcs Commissious pour les concours des prix en 1885 sont constituées ainsi qu'il suit :

Prix de V Académie : MM.Verneuil, Perrin, Lannelongue.- Priat Portai : MM. Hérard, Bucquov. Peter. PriiB Civrieux : MM. Lancereaux, Dechambre, Mesnel. Prix Cttpuron : MM. Blot, Brouardel, Hervieux. Prix Barbier : MM. Vulpian, Germain Sée, Bernutt. Prix Godard : MM. Legouest, Cusco, Rochard. Prix Desportes : MM. Féréol, Siredey, Vidal. Priai Buignet: MM. Regnauld, Giraud-Teulon, Schutienberger.

Prix Daudet : MM. Fournier, Bourdon, Beanier. Prix Vemois: MM. Gueneau de Hussy, Léon Colin, Lar gneau.

Prix Amuseat : MM. Tillaux, Marc Sée, Léon Le Fort. Prixïtard: MM. Hardy, Roger, Constantin Paul.

Éloge de M. N. Gdeheau de Mussy. — C'est avec une vive émotion que H. Féréol donne lecture de la Notice sur M. Noel Gueneau de Mussy, dont l'Académie l'a chargé mardi dernier. Il retrace la vie si bien remplie de son maître et ami, énumère ses travaux et insiste avec soin sur les particularités de;sa carrière médicale. L'Académie applaudit chaleureusement cet éloge distingué et plein d*éraoUon.

Opération césarienne. — H. Guéniot Ut un rapport sur un mémoire de M. le docteur de Closmadeue (de Yannes). relatant. trois opérations césariennes, suivies de succès, qu'il a eu l'occasion de pratiquer à la campagne depuis quelques années. Ce qui parait surtout remarquable au rapporteur, c'est que ces opérations ont été faites par les procédés classiques, sans recourir à aucune méthode nouvelle, à auciiu des moyens de traitement récemment proposés. En dehors de l'habileté du chirurgien, de l'influence de l'air de la campagne, de la bonne santé des opérés, il faut reconnattte que la saison (le printemps) a été des plus favorables et que d'ailleurs l'opération césarienne, tout en compliquant un peu et allongeant la convalescence, l'emporte encore beaucoup, pour peu surtout qu'on la perfectionne, sur les autres opérations de môme ordre. L'opération de Porro, par exemple, c'est-à-dire l'amputation utéro-ovarique immédiatement consécutive i l'extraction césarienne du fœtus, ne donne-t-elle pas encore une mortalité énorme de 58 à 59 pour 100? Il convient donc de s'efforcer d'entourer l'opération césarienne de toutes les garanties de succès; c'est la péritonite et les hémorrhagies qu'il faut surtout chercher à combattre : ponr cela, il est indispensable d'opérer hors du venlr£,d éviter toute contamination secondaire, de ne pas faire de plaie de plus de 13 centimètres, de faire écouler le liquide amniotique avant l'opération, de pratiquer une suture appropriée, de placer des drains dans la plaie et d'user des agents nécessaires contre l'inertie utérine.

Des remerciements sont volés à M. de Closmadeue; sur la proposition de M. Larrey, son nom est inscrit sur la liste des candidats au titre de correspondant national dans la division de chirurgie.

Isolement des érysipêuteux. — M. Verueuil donne lecture des propositions qu'il avait été chnrgé de rédiger tendant à la création de pavillons d'isolement pour les erysipélateux dans les hépitanx. Une discussion assez confuse s'engage entre plusieurs membres du l'Académie sur la rédaction proposée. M. TréLtcn soumet une autre plus condensée et il est fiiialemeut entendu que MM. Verneuil et Trélat rédiiïeiont un nouveau texte, qui sera présenté à la proL'haiiie séance.

iftigitinod by

i9 Sm 1885

Société médledto 4mi hépUMX.

SÉANCE DD12 juin 1885. — PRÉSIDENCE DE H. VIDAL.

Oomma sorotulauBe de la -roût© psOBtln» : H. Fèrtol (dtsoasaion). — De la gnèrlMm epontanto du oroup : M- Oadet de aaesloourt (dlsouulon). — Sur na oaa de tentative d'ampolMiuiement (mtoide) par le pMrole : K. Doguet. — Ëleotlone.

M. Féréol présente à la Société une femme de vingt-six ans, mère de trois enfants bien portants, dont le dernier est Agé de quatre mois, et (|ui présente sur la voûte palatine, un peu à gauche de la ligne médiane, une perforation arrondie, un peu irrégulîère, comme taillée à l'emporte-piëce, foisant communiquer laif^ement la cavité buccale avec les fosses nasales. Au pourtour de Tulcéralion existe une coloration violacée assez vive. En présence d'une semblable ulcération on n'eût pas hésité naguère à incriminer la syphilis ; mais, depuis les récents travaux sur les ulcérations scrofuleuses de la gorge et du voile du palais, le diagnostic différentiel s'impose entre ces deux ordres de lésions. Or celle malade n'offre aucun signe actuel quelconque de syphilis; tous ses enfants sont en bonne santé et elle n'a jamais fait de fausse couche. On retrouve, au contraire, dans ses antécédents héréditaires quelques faits suspects au point de vue de la tuberculose. Aussi, H. Féréol est-il porte k admettre une gomme scrofuleuse ulcérée de la voûte palatine, à moins qu'on ne veuille trouver dans celte lésion une première manifestation de syphilis héréditaire tardiv^. Il est vrai que l'évolution des accidents a été fort rapide, puis* qu'ils remontent & douze jours au plus, ce qui peut plaider en faveur de leur origine syphilitique, mais on sait que certaines ulcérations scrofuleuses se comportent de la même manière. La lésion a débuté par deux petites saillies très rapprochées, qui se sont bientôt ouvertes,, laissant entre elles une sortit de pont, et les deux ulcérations ne tardèrent pas d'ailleurs à se réunir en une seule limitée par, deux arcs de cercle, vestiges de la disposition première. On s^il qp^ l'anatomie pathologique ne peut suffire à trancher la question, puisque, d'après H. Cornil, il n'y a pas de dilTérence histologique entre la gomme scrofuleuse et la gomme syptMT litique. D'autre part, les résultats de la thérapeutique ne sont i^ère plus probants, puisque la scrofule guérit souvent fort bien par l'iodure de potassium. C'est là du reste le traitement auquel la malade est actuellement soumise.

M. Dieulafoy a reçudans son service, au mois de jaTivier dernier, une femme de vingt-huit ans, mère de six enranls, dont un encore à la mamelle, tous bien.portants, et qui présentait, à la suite d'une angine survenue trois semaines auparavant, une ulcération serpigineuse du voile du palais ayant presque entièrement détaché la luette, et s'étant rapidement étendue à la paroi postérieure du pharynx. L'examen histoloeique et les inoculations ne permirent pas de constater rexistence de bacilles an niveau delà lésion ulcéreuse, et, d'autre part, l'examen clini(|ue ne révéla aucune trace de syphilis. M. Duguet, après avoir pris l'avis de M. Raymond, institua le traitement spécifique et l'amélioration fui si rapide (^ue la malade put quitter l'hèpital quinze jours plus tard entièrement guérie. Il faut donc admettre que ces ulcérations gommeuses, distinctes par leur nature de la syphilis ont cependant un aspect identique aux ulcérations spécifiques et sont justiciables du même traitement, ou bien que ce sont réellement des lésions syphilitiques.

M. E. Labbé fait remarquer que parfois tes furoncles de la voûte palatine laissent, après ouverture, des ulcérations loqles semblables.

M. Féréol pense que rien, chez sa malade, ne peut autoriser à admettre un furoncle.

M. B»^d^ est d'avis qu'il s'agit d'une gomn^e syphilitique

milraire de la face postérieure du voile ayant gagné progressivement la face antérieure au niveau de laquelle elle est venue s'ouvrir; l'évolution des accidents semble, en pareil cas, bien plus courte qu'elle n'est en réalité. Les lésions scrofuleuses, ilestvrai, suivent fréquemment une marche rapide; ainsi, chez une ieune fille al teinte de lupus de l'arrière^p'orge, après une amélioration de faible durée sous l'inlluence de | l'iode et de l'huile de foie de morue, l'ulc^raiion a pris en quelques jours une extension inquiétante. La rapidité d'éyolution ne semble donc pas pouvoir servir à établir un diagnostic différentiel. M. Rendu serait d'avis d'instituer le traitement spécifique pour la malade de M. Féréol.

M. Ballet a vu, dernièrement, à Lariboisiëre, l'interruption momentanée du traitement spécifique, dans un cas tout analogue à celui que M. Féréol vient de présenter, être l'occasion d'un accroissement extrêmement rapide des ulcérations palatines. Le traitement a été aussitôt repris.

M. Vidal croit que l'aspect de la lésion, chez la malade de M. Féréol, plaide en faveur de la syphilis; c'est, sans doute, une gomme primitive du périoste. Les dénégations de la malade ne prouvent rien contre l'existence d'une syphilis acquise; le bon état de santé de ses enfants n'a même rien de bien surprenant si Ton admet qu'ils sont nés pendant la période tertiaire. Quant à la sypliilis héréditaire, elle donne surtout des irions cutanées et non des gommes des muqueuses. Le traitement mercuriei semble formellemeni indiqué.

M. Féréol acceptera sans difficulté le diagnostic de lésion syphilitique; si I ulcération prend une marche progressive inquiétante, il instituera de suite le traitement spécifique.

— M. Cadet de Gassicourt lit une note sur la guérison spontanée du croup. Le traitement de la diphihérie comprend : le traitement de la maladie elle-même et celui des accidents mécaniques d'asphyxie, c'est-à-dire du croup. Dans ce dernier ordre d'idées, on a proposé deux méthodes : enlever ou détruire les membranes par le raclage, Técouvillonnage, les caustiques ; les ramollir et les détacher au moyen des pulvérisations phéniquées, de l'ozonétne ou des inhalations de vapeurs de goudron et de térébenthine. Or, pour apprécier un mode de traitement du croup, il faut d'abord connaître les conilitîons et la fréquence des guérisons spontanées; et pour cela il est nécessaire de diviser la marche des accidents en trois périodes : catarrhale, dyspnèiqiie (accès de suffocation, tirage permanent), asphyxique. La seconde, période elle-même peut se subdiviser en deux autres : «elle des accès de suffocation ou du spasme, et celle du tirage permanent sus etsous-slemid. La guérison spontanée, avec ou sans rejet de fausses membranes, s'observe pendant la première période ou au début de la seconde ; el le devient très rai'e par la suite, ce qui tient à Tépaîsseur plus grande et à la'qéantité des-fausses membranes. Archambaull a constaté une proportion de 6 pour 100 pour les guérisons spontanées; H. Cadet de Gassicourt, 9 pour 100, et même, cette année,'i}afi3 une série heureuse, 18 pour 100, soit 21 guérisons sur 114 cas. De ces 21 malades, 4 ont guéri à la première périodtf, les 27 autres à la seconde. Il faut reconnaître que l'on n'amène pas toujours à l'hôpital les enfants pendant la première période de la maladie. La durée totale de chaque cas spontanément guéri a été de cinq à vingt-six jours pour ceux téi'minés pédant la première période, el de cinq à vingt-neuf jours pour ceux-qui sont parvenus à la seconde. En résumé : 1* pour affirmtr l'efflcaeité d'un traitement, il faut guérir avec lui des cas de croup arrivés à la période du tirage permanent; 2" on peut oameUre, mais aveerêierves (à cause des séries heureuses), i eflicaciié d'un traitement avec lequel on guérirait beœtu^up plus de 18

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i9 Juiir 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE HËDECmE ET DE CHIRURGIE - N* 25 407

M. Dujardin-Beaumetz demande s'il n'a été fait aucun traitement dans les cas où l'on arimet la guérison spontanée. Peut-être y a-t-il eu, pour quelques malades an moins» une erreur de diagnosfic; la laryngite oedémateu'^e, surtout atee angine pseudo-membraneuse, pouvant aisément prêter à eonfusion.

U.Cadfit (je Ca55tcourt a institué dans tous les caste traitpmeni ordinaire : pulvéi isatiotis phéniquées dans les 8all'>s, chlorate de potasse. C^tie théraiieutiquH ne. peut avoir la prétention de combattre bien éuenïiqueinent les accidents de croup; aussi peut-il qualifier â bon droii la guérison de spnntaitée. Quant au iliagiiosiic, l'ensemble des symptômrs et la marche de l'affèction n'ont pu laisser de doutés en l'absence même de la conatalatiun directe des produits pseudomembraneux sur le larynx.

M. Vidal est d'avis que l'on doit, en pareil cas, s'en rapporter entiéremful à l'expérience de M. GiidetdeGassicourl.

M. Féréol serait désireux de voir H. Cadet de Gassicourt expérimenter Taciion du traitement de M. Delthil cbez des sujet:; trachéotoniisés.

il. Cadet de Gaxsicourt fait observer que H. Dellliil luimême a reconnu l'inutilité de sa méthode de traitement en semblable eireoustanee.

M. Sêvestre a employé le traitement de H. Delthil dans deux cas de croup. Il a obtenu une guérison chez un enfant de cinq ans, mais il n'a observé chez aucun de ses deux malades I élimination des fausses membranes.

M. Féréol, dans les cas heureux qu'il a observés, n'a pas TU se produire l'élimination, mais bien le ramollissement et la désagrégation sur place des fausses membranes. 11 croit que ce mMe de traitement ne doit pas être rejeté sans une plus complète expérimentation.

— M. Duguet a reçu dernièrement, dans son service, une femme de quarante-huit ans présentant des antécédents héréditaires de tuberculose, et qui, depuis quelques années, sous l'îiifluence de l'alcoolisme, otfrail un oei vosisme excessif et des balliicinalions nocturnes avec idées de suicide. Le 8 mai elle avala environ un demi-litre de pétrole. Elle éprouva une sensation de brûlure au niveau de re;ïtomac et fut en proie à une extrême agitation. Amenée à l'hôpital, son haleine répandait une forte odeur de pétrole, également constatée dans les vomissements détermmés |>ar l'administration de 2 grammes d'ipéca, et que surnageait une couche huileuse de pétrole aisément recnnnaissable. Les selles, provoquées par un lavement purgatif, présentaient les mêmes caractères. L'urine, soigneusement recueillie, répandait Tudeur du pétrole et en renfermait une notable quantité ; la sut* ur elle-même de la malade parut avoir la même odeur. On lui administra du tait, puis du sulfate de quinine, les iluuleurs de tële disparurent, Testomac supporta peu & peu les aliments, et au bout d'une dizaine de jours tout accident avait disparu. L'odeur de pétrole avait persisté dans les sécrétions pendant quatre jours environ. L'analyse des urines a montré, pendant quatre jours, la présence du pétrole dan^ r« liquide, ainsi que l'existence d'une certaine quantité d'albumtne accompagnée de cylindres épithéliaux et de cristaux d'oxalate de chaux. Cette urine des quatre premiers jours a pu être conservée sans altération appréciable pendant une dizaine de jours.

H. Dujardin-Beaumetz pense <iue l'on peut rapprocher cette élimination du pétrole au niveau des reins, et la néphrite concomitante, des phénomènes analt^ues observés dans l'intoxication par l'alcool.

ÉLECTioif — M. Ch. Féré, médecin des hospices d'aliénés, Dommé au concours, est élu membre, à titre scientifique, de la Société des hêpitaux.

André Petit,

Société d« «UMvsle.

SfiAHCE DD 10 JUIN 1885. — PResiOEHCE DE M. HOHTELODP.

KyBts hydatlqo» du tole. d«nz ponotbuu. flMala parsistant» : ob- ■ervRUon «nvoyès par H BmoKy {à» Ham>. ■- TalUa taypogMtriqaa pour àm oalonte mnltlplM antermé* daaa on* oàlula : M TarrUlon. — luaM nm pèriotalo* dsns le* snppiiratioiM pro»teUquea et pferipmtaUqiNa, iMCare : . Begond. - Haï putentut palmaire : M. Tacrmoa. — Pré— ntrtlon d'InnnuiHaUa : KM. m* caïae et Ponl.

H. Chauvel donne lecture d'una intéres-iante ohservatinn envoyée par H. Sunnay (de Harn). Il s'a^H d'un kyste bydatique du foie pris pour un kyste de l'ovaire chez une jeune fille et ponctintiné a deux reprises. Une première poniriion redress;! le diai^nostic; on dut la renouveler au bout <le qu' Iques mois, depuis la poche s'est affaissée ei raffecu'un semble guérie, mais il persiste une ûstule que tous les traitements mis en œuvre ne sont pas parvenus à guérir. H. Sunnay demande l'avis des membrt^s de la Ksocieté sur la conduite à tenir en face de cette fistule.

M. Verneuil, en considération delà question posée par M. Snrrniiy et de la récente observation rapportée par M. Terrier dans une séance précédente, propose de mettre à l'ordre du jour la question de la cure des kystes kydaliques du foie. Cette question a fait des progrès considérables depuis

3 uelques années; d'anciens procédés réputés excellents ne onnenten réalité que des résultats très infidèles. H. Ver* neuil apportera des faits des plus démonstratifs à cet égard.

— M. TerriUon rapporte l'observation suivante. Un homme de soixante-quatre ans, ordinairement bien portant, n'ayant jamais eu de douleur dans la vessie, ni de troubles de la miction, est pris subitement d'hématuiie à la suite d'un elTori il y a deux ans; six mois après le pissement de sang reparaît après une course en voiture, en janvier dernier les hématuries se montrent plus rapprochées et plus abondantes. L'exploration de la veasi» révèle l'exislenca d'un petit calcul situé prés du col au moment de la pénétration de rinsirumeiit, mais doué d'une très grande mobilité dans le réservoir; cette même exploration fait découvrir du cOté du sommet de la vessie quelque chose de dur et d'anormal, que l'agitation du maïade ne permet pas de reconnaître. Quelques jours après le malade est chloroformé, le calcul est facilement broyé avec le lîth itriteur et les fragments aspirés. A ta fin de l'opération on sent toujours celte disposition particulière du côté du sommet du réservoir, mais il est impossible de déterminer ce ifi'v la constitue. Dans ces conditions H. Terrillon n'hésita pas à faire séance tenante l'incision hypûg^str.i^ue. L'opération faite après ballonnement du rectum t^t disteosion de la vessie ne présenta dans ses premiers temps aucun accident digne d être noté; la vessie étant ouverte sur sa paroi antérieure, on constata qu'elle était bilnbée et présentait une c&vité plus spacieuse inférieure et un diverticulum supérieur renfermant cinti petits calculs. C'est ce diverticulum qu'on ouvrit d'abord et, après en avoir extrait les cinq calculs, on reconnut l'existence d'une portion rétrécie le séparant du corps même de l'organe. On fit plonger jusque dans le bas-fond vésical l'extrémité des deux tubes adossés en canon de fusil et la plaie fut pansée suivant la méthode ordinaire. Aucun accident n'enraya la marche vers la guérison ; le douzième jour les tubes furent enlevés et remplacés par une sonde à demeure, que le malade ne put supporter; malgré cela les urines reprirent le chemin de l'urèthre. La guérison est aujourd'hui complète.

H. Monod désire, à propos de ce nouveau succès de la taille hypogastrique, attirer l'atlenlion des membres de la Société sur deux points, d'une paii l'innocuité de'ce mode ' d'ouverture de la vessie mêofe aqrès des manœuvra longues

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el répétées, d'autre part les avantages incontestables qu'il présente sur tous les autres procédés d'exploration vésicale.

M. Trélaty en entendant le début de l'observation de H. Terrillon, croyait qu'il allait être question d'une de ces concrétions formées autour de corps étrangers creux ou de densité inrérieure qui flotte à la surface du liquide contenu dans la vessie et dont on a rapporté une observation. Il fait part à ta Société du souvenir qu'a suscité chez lui l'observation précédente et attire son altentioa sur la possibilité de pareils faits.

— H. Segond lit un travail sur les avantages des inrasions périnéales substituées aux incisions rectales dans le traitement des suppurations prostatiques ou péri prostatiques.

— H. Terrillon présente le moule des mains d'un homme encore jeune offrant des fissures et des ulcérations rappelant celles du mal perforant plantaire. Cette présentation complète celle quHl a faite dans une précédente séance. Chez ce malade comme chez le premier il existe des signes de tabès; chez lui ces accidents tabëtiques en raison de l'âge et de Texistence d'une syphilis ancienne doivent être mis sur le compte de cette dialhese.

M. Trélat rappelle que dans une leçon qu'il fil il y a deux ans à l'hôpital INecker au sujet d'un malade atteint à la fols d'un mal perforant et de troubles trophiques divers, il avait émis Topmion que ces lésions devaient sans doute reconnatUre pour cause plutôt une lésion centrale de l'appareil nerveux que des lésions périphérique des nerfs.

— M. Nieaise présente, de ta part de M. Gentilhomme (de Reims), un instrument destiné à faciliter l'introduction de la canule dans ta trachéotomie.

— H. Poizi, au début de la séance, a offert à la Société des photographies adressées par H. Neugebauer (de Varsovie) et représentant d'une part des instruments destinés à faciliter I exploration des organes génitaux et les manœuvres chirurgicales dirigées sur enx, d'autre part un cas d'absence a'nne vertèbre lombaire.

Alfred Poussorr.

■oeMM ém M«logle.

sAanck du 6 JUIN 1885. — prAsidënce de m. p. bert,

PRÉSIDENT

arttiMM «ntr* IM «antatton» TlmMUw «t l'ènerglo moBonlalra : X. Fèré. — Un oaa d'apluwto nveo hêmlpltOfla gatiotw : H. Tiré. - AoUon ptayalolool<iaiB dm Mtnx plâtrmiMS : H. Boriar-Lapivrre. moanlsnM de la produotlon del'amphyaèm* pulmonaire : H. Brown- SAquard. — DlspoclUon ginèrale de rertloolatlon de l'Apaule cbez lliemme : M. Aaaalcy. ~ Note Mir lee pyrldJnM : H. Œohner de CoBlnolc. — Réaction oaraottrlatlque de la dlgltaUne : M. LaUon. —Action phjraiologlqaa de pUcoaj^plnec da proTonancea dlTerses : M. Laborde. — Note sur lea amidea : M. Rabutean. — lA fermentation UecttTa d'nn mAlangs de deux levnrea : X. Boorqtwtct. — Oiitlqna de la thtorle de Du Bola-Beynumd aor lea eonranta U«o< trlqnaa propre* eux nerfa et aux jnuaolaa: M. Onlmna. — Ttn parailta nouveau : ai. Blaoohard.

H. Féràf continuant ses expériences sur la mécanique psychique, a étudié rinfluence des sensations visuelles sur rénei^e musculaire et a déterminé les augmentations de celle-ci, en rapport avec les excitations produites par les

diverses couleurs.

— H. Féré fait une seconde communication sur un cas d'apliasie avec hémiplégie gauche. Ce fait n'est contradictoire

3u'eii nppiirenee avec la loi de Rroca. Car^ si le malade écrit e la main droite, il avoue que c'est l'efM d'une éducation rigoureuse ; dans l'exercice ordinaire de la vie, Û se sert de la main gauche, qui est, d'ailleurs, beaucoup plus forte que la droite.

— M. Beauregard présente une note de M. Bovier-Lapierre qui, se trouvant, dans ces derniers temps, en Afrique, et ne pouvant boire que des eaux très chargées de pl&tre, remarqua que, sous cette influence, il se faisait, dans son , tube intestinal, une production exagérée d'acide sulfliy- | driqiie, à tel point que tous les objets en argent qu'il portait sur lui étaient noircis.

M. Rabuteau fait observer, à ce propos, que les sulfates sont décomposés par le carbone à une haute température ot donnent des sulfures. De même, sous l'influence des matières organiques, le sulfate de chaux se transforme en sulfure. On comprend donc que, dans l'organisme, celtp réduction des sulfates puisse se produire. Voilà ce qui s*est passé, très probablement, chez H. Bovier-Lapierre.

— M. Brown-Séquard propose une nouvelle explication de l'emphysème pulmonaire. Il a remarqué que, lorsqu'on excite, par un courant très fort, les pneumogastriques, on délermme cette lésion. Qn sait, d'autre part, aue, chez l'homme, les hémorrhagies bulbaires donnent lieu à rie l'emphysème. Déjà, dans des expériences qui remontent à l'année 1853, M. Brown-Séquard avait montré, par un dispositif spécial, cette influence pathogénique de la galvanisation énergique des vagues sur les vésicules palmonaires. L'effet est d'autant plus intense qu'on excite les nerfs plus près du poumon.

M. Laborde remarque, au sujet de la théorie proposée par M. Brown-Séquarn, que la décapitation parait être une de ces conditions de la production de l'emphysème, analt^ues à celles que vient de signaler H. Brown-Séquard. M. Laborde. d'après ce ou'il a observé sur les suppliciés, est très porté à admettre 1 idée de H. Brown-Séquara.

— M. Assaky, étudiant la disposition générale de l'articulation (le l'épaule chez l'homme, signale 1 analogie qui existe, au point de vue des rapports des vaisseaux, entre cette articulation et Tarticulation coxo-fémorale.

— M. OEschner de Coninck continue l'exposé de ses recherches sur les bases pyridiques. (Voy. le Compte rendu officiel.)

— H. Laborde indique, au nom de H. Lay^on, une réaction caractéristique de la aigitaline. Il suffit de mettre 1/10* de milligramme de l'alcaloïde en contact avec quelques goutter d'an mélange d'acide sulfurique et d'alcool, de cnauffer très légèrement et d'ajouter une goutte de perchlorure de fer eu solution étendue : on obtient une très belle coloration bleue. Telle est la réaction que donnent les digitalines françaises (de Nalivel et Duquesnel). '

— M. Laborde sigmh la difl'érence qu'il a trouvée dans l'aclion physiologique entre une pilocarpine du commerrt*

et la pilocarpine préparée par M. Duquesnel. Pour obtenir, I avec la première, le même effet (une salivation aussi abondante) qu'avec la seconde, il faut une dose triple.

— M. Rabuteau fait, sur les amides, puis, sur le salicylat>> i de mélhyle, deux communicutions dont on trouvera le détail dans le Compte rendu ofliciei.

— H. Bourquelot expose le détail de ses expériences sur | la fermentation alcoolique élective d'un mélange de deu^ sucs(maUose et lévulose); il a vu qu'on ne peut expliquer l'élection par un phénomène de dialyse. En réalité, la levur>! 1 ne distingue pas entre les substances fermentescibles, inai.-« ' la prétendue élection varie suivant diverses conditions, qu<'

M. Bourquelot a déterminées, et dans lesquelles se trouvent j les sucres qu'on fait fermenter. j

— M. Ottimut, à propos des expériences récemment mp portées & la Société par M. d'Arsouygl, reman]ue que le.s objections les plus fortes contre lalhét^ie de Du fiois-Reymond sur les courants iotra-iniëci&lreii ont été ajlçessées |»ar

19 Jdin 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

MM. Becquerel et Hatteucci ; les résultats obtenus par M. d'Arsonval ne valent pan contre les expériences de M. Becquerel et contre celles, analogues, que U. Onimus a faites. 11 n'est pas de substances, en effet, dans lesquelles on ne puisse constater de courants électriques.

— H. Bianehard a trouvé dans le tube digestif d'un kanguroo un parasite nouveau. Il s'agit de sarcosporides, analogues k celtes que M. Balbe a vues dans le tissu musculaire de certains animiux et qu'il croit n'exister que dans les muscles. Mais le kyste, au lieu d'être allongé, est rond et fait saillie à la surface de rinlestin; à l'intérieur il contient des corpuscules réniformes, semblables aux pséudo-navicelies.

SÊATfCE DU i3 JUIN 1885. — PRÉSIDENCE DE H. PAUL BEET, PRÉSIDENT.

lA lèprft an Horwègs ; M. H. Xielolr. ~ Nota atir l'anagyrlne : m. N. Oallols et E, Hardy.— Les courants ëleotrlqnes des mnsolaa et des narls : H. d'Areonval. — Dosage de matière glyoogine otaes l'boMMtma : H. E. Tiambling.— Emphyèma iralnUHuUre obsz nn petit nuDlnant B. TUarry. — Xtoa propriktés ptayslologbiuaB da saU<^l8d« da m'ithyla : H. Babotaaa. — Xoda da ^reloppemeat de la oantbarlde : M. Beaiiregard.— Sur nn etiet physiologique dee anaathtelques forméniqnee : HK. Regnauld et Tillejeon. — Déoompoattton de raoidç oarbonlqne par la oUorophylle : M. P. Bagnard.

M. Leloir communique le résumé du rapport qu'il a présenté au ministère de l'instruction publique à l'occasion de sa mission en Norwège, où il est allé étudier la lèpre. L'isolement des lépreux n'existe pas à [}roprement parler; depuis 185G on a bien fondé des léproseries, mais l'entrée n'y est pas obligatoire. Cependant la lèpre, loin de se propager, tend plutôt à diminuer. C'est qu'en effet la contagiosité de cette affection n'est pas rigoureusement établie ; elle constitue assurément une maladie parasitaire, puisqu'on trouve des bacilles; mais, en présence d'observations où l'on voit un mari lépreux vivant avec sa femme depuis vingt ou trente ans, et la femme et les enfants restant indemnes, on peut bésiter à trancher la question de contagion; et, d'autre part, en étudiant la disposition géographique des districts où règne la lèpre, on est porté à se demander si l'on n'a pas affaire à une affection tellurique analogue à la malaria. Quoi qu'il en soit, M. Leloir ne veut pas se prononcer sur cepoint.

M. Leloir distingue deux grandes formes de lèpres : la lèpre tuberculeuse et la lèpre anesthésique, et étudie les lésions diverses auxquelles donnent lieu ces deux manifestations de la maladie; il présente des dessins et des photogra-

[ihies à l'appui de ses descriptions. En ce qui concerne la ëpre anestnésique, il insiste surtout sur le fait de la paralysie faciale doul)le, à la suite de laquelle se produit la cutisation de la cornée; sur l'atrophie musculaire, qui fait véritablement ressembler ces lépreux à des malades atteints d'atrophie musculaire progressive ; sur la symétrie remarquable des éruptions érythémateuses; et sur les maux perforants du pied et de ta main, qui surviennent à la troisième période, dite période mutilante. Les lépreux de cette catégorie finissent par mourir de dégénérescence amyloîdc.

— H. Hardy a extrait avec M. Gallois de VAnagyria fœtida et de YAnagyris indica un alcaloïde, l'anagyrlne, avec lequel quelques expériences ont été faites sur la gi>enouille et sur le conaye. Cette substance, tonique à faible dose, paraît amener la mort par arrêt de la respiration.

— M. d'Arsonval poursuit ses recherches sur la cause des cuurants électriques observés dans les muscles et dans les nerfs (courant continu ou de repos et courant d'action ou variation négative). Il croit pouvoir en rendre compte par un phénomène purement physique, à savoir que toute substance vivante est négative par rapport au milieu dans

lequel elle se trouve, exactement comme une plaque de zinc est négative et se détruit dans le milieu qui l'attaque. M. d'Arsonval fonde cette explication sur des expériences desquelles il résulte que le protoplasma des cellules de levure est négatif par rapport au liquide où l'on met plonger de ces cellules. Le courant propre du muscle peut donc être considéré comme le résultat ne l'oxydation de la matière vivante.

M. d'Arsonval indique ensuite rexplication qu'il propose de la variation négative. Il voit la cause de ce phénomène dans un changement dans le rapport des surfaces en contact, c'esl^dire dans un fait analogue & ceux que M. Linpmann a étudiés ces dernières années : tontes les rois que la surfkce de contact de deux corps est modiflée, pourvu que ces corps conduisent Télectricité, il se produit des courants. Or, lorsqu'un muscle se contracte, par suite du changement de volume qu'il éprouve, ses surfaces de contact sont modifiées. Dans une communication ultérieure, M. d'Arsonval reviendra sur ce point et sur la variation négative du nerf.

— H. E. Lambltng a dosé par le procédé de Brûcke la matière glycogéne contenue dans le foie, la rate et les reins du dernier supplicié, organes qui lui avaient été remis par M. Laborde, et il présente à fa Société les produits qu'il a obtenus. C'est la première fois que cette recherche a pu être effectuée sur l'homme. La quantité de substance que M. Lambling a retirée du foie est assez faible, ce qui tient à ce qu'il n'a pu commencer ses opérations que une heure dix minutes après la mort; or on sait avec auelle rapidité la matière glycogène se détruit sous l'action au ferment diastatique que Cl. Bernard a isolé.

— M. Mégnin présente, au nom de H. E. Thierry, une note sur un cas d'emphysème pulmonaire ehei un petit ruminant (chèvre).

— H. Rabuteau expose les résultats de ses expériences sur les [uropriétés physiologiques du salicylate de méthyle et sur le mode d'élimination de cet élher (voy. pour le détail les Complet rendtu officiels).

— H. Seauregard dépose une note sur le mode de développement naturel de la cantharide, qu'il est parvenu à observer et qu'il a bien déterminé.

— H. BegnatUd signale l'insomnie qui s'est produite chez lui pendant les recherches qu'il a faites l'année dernière avec H. Villejean sur le formène et ses dérivés chlorés; il ne peut l'attribuer <)u'à une sorte d'intoxication, résultant de l'inhalation continue de ces anesthésiques dans une atmosphère confinée, où ils étaient diffusés en très faible proportion.

M. jP. Berl fait observer qu'il s'est produit, dans le cours de ses recherches sur le chloroforme, un accident semblable chez son préparateur, M. R. Dubois; M. Dubois a présenté de plus aes symptômes d'une certaine gravité, une sorte d'ataxie locomotrice.

— M. Regnard a cherché si la chlorophylle a besoin d'être renfermée dans ta cellule végétale pour décomposer l'acide carbonique, et a reconnu qu'il n'en est rien.

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