‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 115 sur 228 · SÉANCE DU 10 JUIN 1885. — PRÉSIDENCE DE H. DUHOMME · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 10 JUIN 1885. — PRÉSIDENCE DE H. DUHOMME

M. Duhomme annonce à la Société la mort de M. Noél Gueneau de Mussy, ancien président et fondateur de la Société de thérapeutique.

U séance est levée ea signe de deulL^

19 JviN 1885

PMkelogleal BMleCj of léoméan,

SÉAKCE DU 5 MAI 1885-

Tomeor oèrébrala. — Saroome dai os et dm -riaoèrM otaw un entant. — Tumeur msUgne du poumon. — Carolnome primitif du

foie.

M. Charlewood Turner montre un encéphale sur lequel on voit une tumeur liu quatrième ventricule. Celte pièce provient d'une jeune fille de quinze ans, qui avait offert des symptômes de tumeur cérébrale neuf mois avant ei était devenue amaurotique depuis deux mois. Vomi.ssemeR's, mal de téte, douleurs dans la jami>e et te côté gauche ; pupilles dilatées mais contractiles ; paralysie motrice du côté gauche» mais coaservalion de la sensiinliié : disparition des réflexes proronds^mais persistance des réflexes superficitls; intelligence intacte. Cette petite malade mourut Quelques heures iiprès une attaque épilepliforme précédée elle-même d'une paralysie faciale. A l'autopsie on trouva une tumeur sarcomateuse molle remplissant comptètement le quatrième ventricule et paraissant provenir de ses parois; elle se [troloEigeait diins le cervelet et la moelle al]on}ïée. Il y avait des nodules néoplasiqnes sur la face postérieure de la moelle. L'examen microscopique montra une infiltration très notable des cordons postérieurs de la moelle. La dissémination du néoplasme aux parties postérieures de la moelle dans ce fait et dans d'autres semblables montre quelle grande tendance la partie posiérieure des méninges spinales a à devenir le siè^e de végétations néoplasiques; de même l'infitlration limitée exactement aux cordons postérieurs dans ce fait et dans d'autres cas de sclérose hâtive montre la préiiîsposition de ces cordons à devenir le siège de lésions pathologiques. C'est dans cette prédisposition qu'on trouve l'explication de ta plus grande fréquence des phénomènes d'alaxie locomotrice comparée aux symptômes des lésions des autres cordons de la moelle.

— M. Norman Moore présente des pièces pathologiques provenant d'un petil garçon âgé de six mois, atteint de tumeurs sarcomateuses multiples. Toute la partie antérieure et la plus grande partie de la base du crâne sont envahies par une grosse masse néoplasique ferme et roagefttre.qui, examinée au aiicroscop<ï» est constituée par des tissus sarcomateux â cellules rondes. Beaucoup d'autres os sont également infiltrés de ce produit : ce sont les dix côtes supérieures du côté gauche, les neuf côtes inférieures droites, les deux os pelviens, les deux fémurs. Tous les ganglions lombaires et cervicaux, le lobe droit du foie, la capsule surrénale droite contiennent des noyaux sarcomateux. La maladie avait débuté par des douleurs dans la cuisse droite en octobre. En décembre on nota une tuméfaction au-dessus de l'œil; rapidement d'autres tumeurs se montrèrent sur le redite du crâne; ces tumeurs augmentèrent très vite et TenEant mourut le 3 mars.

— M. Dyce Duckworth montre aussi un cas de sarcome viscéral. Un homme, âgé de cinquante-deux ans, est admis à Saint-Bartholomew's bospital pour une hémiplégie incomplète du côté gauche; il tousse beaucoup et crache abondamment. Outre des signes de bronchite du côté gauche on constate par l'auscultation une diminution d'amplitude de la respiration du côté droit; matité absolue au niveau du quatrième cartilage costal ; au même niveau perte absolue du frémissement vocal, de la résonance et du murmure respiratoire. La pointe du cœur bal sur la ligne mamelonnaire gauche. Le malade souffre de douleurs dans la poitrine depuis un au environ. Il a eu une hémoptysie six mois avant son entrée à TbôpitaL 11 y a quelques jours il a subitement perdu connaissance pendant quelques heures, et, lorsqu'il est revenu & lui, on a constaté qu'il était hémiplégique. Il moumi hnU jours après, probablement dep suites d'un épaa-

cbement purulent dont on avait constaté l'existence à l'aide d'une ponction. L'autopsie faite par M. Norman Moore montra la présence d'une masse néoplasique roogeâirf dans la partie postérieure du corps strié et la partie antérieure de la couche optique ; des nodules plus petits du même tissu pathologique se reneoniraient dans le ventricule latéral gauche et dans d'autres parties variées du cerveau et du cervelet. Le poumon droit était en eollapsus, un néoplasme s'enfonçait depuis sa racine jusque dans sou épiii^seur, m.iis il n'avait pas détruit les branches le lungdesquelles il s'insiouaît. Petits nodules du même tissu dans le foie et dans le pancréas. L'examen microscopique de ces diverses tumeurs montra qu'el es étaient constituées par un tissu sarcomaleui à petites cellules.

— H. Paul présente une série de pièces anatomiques très intéressantes montrant les différentes variétés de t^pet des tumeurs épiihéliales que l'on peut trouver dans le foie. Dans le premier cas le foie contient une simple musse encsipsiilpe, probablement un adénome b^nin. Dans le second cas le foie présente de l'atrophie rouge avec iufillratïon graisseuse; il contient un grand nombre de petits nodules blancs, fermes composés du tissu du foie; les cellules dans ces nodules sont volumineuses, rangées dans des trabécules irréguliers, et elles n'ont pas subi les modifications pathologiques qu'oa constate dans le reste du foie. Le troisième cas est un exempte de carcinome primitif ayant envahi tout le foie, qui pesait 110 onces. Le tissu du néoplasme élait mou, diffluetit, de couleur vert brillant. Les cellules qui le composaient étaient volumineuses, à gros noyaux et groupées irrégulièrement; dans les points anciennement dcgéxiërés, les cetiulas avaient subi la dégénérescence graisseuse ; une malîère verdfttre était épanchée entre les cellules des parties nouvellement malades. Le quatrième cas est un type d'associalloo de tumeur squirrheiise et de cirrhose. Le sixième cas fournit un exemple de cirrhose associée à un carcinome encPfihalolde. Le septième cas esi des plus remarquables; le malade mourut d'éiiiaciatiun ; la velue porte est considérable ment distendue par des masses de tissu de nouvelle formation, qui pênètrentjusque dans ses ramilications; le néoplasme curame dans les autres cas de la structure du tissu hépatique, ayant subi rapidement la dégénérescence graisseuse.

SËAMCE DU 19 MAI 1885.

VariMlle giuigrenansa. Thromboie dea Tsinea du besaln d«iw ooure d'une go&orrïiée. — Haladle d'Addleon. — Ollome woondalra. — Calonis dani IM deux urettrea.

M. Payne Lit une note sur un cas de varicelle gangreneuse observée chez une petite fille âgée de trois ans. A son entrée à l'hôpital on constata chez cette petite malade une éruption ulcéreuse, et l'on apprit qu'un mois auparavant, elle avait eu une varicelle. A I autopsie on trouva di s lésions de tuberculose miliaire aiguë. Il n existe, À la connaissance de l'auteur de cette communication, qu'un autre cas analogue à celui-là, il est rapporté par M. le do<Ueur J. Ahercombrie; dans ce cas il existait aussi une affection tuberculeuse, mais elle n'était pas aussi étendue. Il peut se fairf qu'il n'existe qu'une simple coïncidence entre 1 affection t«bcrculouse et la varicelle gangreneuse, mais il peut sefaii* aussi que l'affection tuberculeuse ait une certaine influence sur le processus ulcératif d'une pareille éruption. L'auteur discute les relations possibles des deux affections.

— M. Bilton Pollard montre les viscères pelviens d'une malade ayant succombé à une thrombose des veines dans le cours d'une gonorrhée. C'était une femme de dix-neuf ans, atteinte de oleunorrhagie trente-six jours avant^ '^^''^j quelques jours après elle fut prise d'une fièvre *|m|'*'!|* , éprouva des douleurs dans le genou et de la (ajw««"

19 Juin 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE

rarU(»ilation coxo-fémorale droite. La mort arriva brusquement par embolie de Tarière pulmonaire. Sur la pièce anatomiuue on voit une thrombose de la veine iliaque primitive gaucne, de ta veine iliaque interne du même c6Lé et des veines vaginales. Le cartilage articulaire du fémur et de racétabulum du côlé droit était érodé et la jointure était remplie de pus. Aucune autre articulation n'était prise.

— H. Saundbif présente la rate et le ganglion semilunaire d'une malade atteinte d'atrophie des capsules surrénales- Il donne quflques détails sur les symptômes présentés par la malade pendant sa vie et dont le principal était une coloration noire des urines, qui contenaient unegrandequan tiié d'îndican. A l'autopsie les capsules surrénales furent trouvées atrophiées -, la rate augmentée de volume. Ce qui est intéressant entre autres choses dans ce cas, c'est que le père de la malade était mort a trente-s<'pt ans avec une rate hypertrophiée et après avoir présenté des ariuea noires pendant tome sa vie ; un frère avait également eu une grosse rate et plusieurs attaqnes do mélanurie.

— HM. Sepmour Tayter, He-lden, Kingston Fewler rapporte a t aussi plusieurs laits de maladies d'Addîson et les tommenteat.

— M. George Lawson montre des dessins représentant des préparations de gliome secondaire. La malade, petite fille àj^ée de deux ans et deux mois, avait eu l'œil gauche énucléé par H. Lawson, en décembre 1883. En janvier 1884, il enleva l'œil droit, qui était atteint d'un gliome déterminant de violentes douleurs. L'enfant se rétaolit très rapidement de ces deux opérations et en retira un grand bénéfice. Mais un mois après, en février, la tumeur récidiva dans l'orbite gauche et envahit rapidement presque toute la face. La mort survint le 3 août 1884. La malade n'avait pas en de phénom6nes cérébraux pendant longtemps, mais (juelques jours avant sa mort elle fut prise d'attaques convulsives épileptiformes. A t'autopsie on ne trouva pas de généralisation de la tumeur dans les organes de la poitrine ou de l'abdomen. Dans les fibres du muscle deltoïde droit il existait une masse lobulée, ayant le même aspect que la tumeur orbïtaire. Après avoir enlevé la calotte crânienne on vit que la dure-mère était couverte irrégulièrement de petits nodules gliomateux d'une largeur variant de celle d'un pois à celle d'un sou. Les circonvolutions étaient un peu aplaties et les veines des méninges turgescentes. En enlevant te cerveau on trouva une tumeur du volume d'une petite orange occupant la fusse pituitaire et tes portions voisines de l'os sphénoïde; cette tnmeur avait probablement pénétré dans la botte crânienne par les trous optiques.

— H. Culiingworth (de Manchester) montre de gros calculs enclavés dans les deux uretères, provenant d'une femme j^;ée de trente ans. La maladie avait eu plusieurs atteintes de coliques néphrétiques à droite et avait rendu beaucoup de pus dans ses urines. Pour remédier à ces accidents, on entreprit une opération par la voie abdominale. L'uretère droit fut trouvé obstrué immédiatement au-dessus de son ouverture dans la vessie; on le fendit et un calcul du volume d'une noix en fut extrait. Trois jours après des symptômes d'urémie se déclarèrent et la malade mourut. A l'autopsie le rein gauche fut également trouvé en [)leine suppuration, l'uretère gauche était ditaLé et contenait un calcul à son extrémité inférieure. Si on avait soupçonné l'existence de celte double affection des uretères, on n'aurait pas dA opérer.

Alfred Pousson.

MÉDECINE ET DE CfflRURGIE — N« 25 — 411

REVUE DES JOURNAUX

Le nlcrohe du ehalAr«, son «ctlon palhog^nlqne et

prophjiscciqnt). — L'examcn microscopique de l'humeur oui suinte des coupes pratiquées sur le siège ençoi^é de 1 inoculation vaccinale revêt les particularités suivantes : 1" microglobulie si accentuée qu'au début on peut confondre les hématies avec les spores & une période avancée de leur évolulion; 3'spiriltums et virgules détachés nageant avec des mouvements si vertigineux r[u'il est dii^cile de les distinguer; 3* cellules sphériques, plemes de globulins, quelques-nus de ces derniers étant plus gros que les autres et en tout ressemblant aux petites hématies dpjà décrites ; 4" éléments lenticulaires à surface toujours polie et à bords lisses^ leur grandeur varie entre 5 e( 20 millimètres ; 5* couleur rouge Ibiicée de cette sérosité qai contraste par sa pauvreté en hématies.

Comme altération macroscopique, l'autopsie révèle seulement : vacuité de l'intestin, due à l'abstinence à laquelle l'animal se soumet de lui-même; perte de consistance du liquide, plénitude de la vésicule biliaire; léger engorgement rénal et vacuité de la vessie urinaire.

L'activité du coma-baciUus paraît dépendre de deux substances douées d'une action différente; on peut obtenir des cultures qui déterminent à peine des troubles généraux, tout en faisant prédominer les accidents locaux, et d'autres qui produisent un très grand refroidissement et peu d'inflammation.

Action préventive chez les cobayes. — Le Peronospora barctneniSt atténué convenablement, est d'un maniement facile et sûr; il n'expose ni à la pyobémie ni i ta septicémie, et oe montre aucune tendance à envahir la muqueuse gastro-intestinale quand il est injecté par la voie hypodermique. Si l'on prend un lot de cobayes soumis déjà i l'action prophylactique de ce mio'ophyte et un autre lot viei^e de toute inoculation préventive, et si l'on injecte à l'un et à l'antre des doses toxiques d'une culture virulente, on voit que les cobayes préparés ressentent à peine un léger malaise, tandis que les autres mourront en quelque temps, avec le syndrome décrit. Tel est le résultat auquel put assister la Commission de la royale Académie de Barcelone.

Effets expérimentaux pathogéniques et préventifs chez Vhomme, — L'injection hypodermique de quelques gouttes de culture atténuée dans là région du triceps brachial et des deux côtés détermine on engorgement chaud et pins ou moins douloureux, avec des sensations de fourmillements on de froid qui peuvent s'irradier jusque sur le dos de ta main. Les mouvements du bras sont plus ou moins difficiles et la moindre pression est cause de souffrance. D'ordinaire, l'intensité de ces symptômes n'est pas suffisante pour que le sujet soit obligé à quitter ses occupations habituelles ou à apporter le moindre changement â son genre dévie.

Si l'on augmente la quantité de matière injectée, on voit apparaître des troubles généraux qui, suivant la plus ou moins grande réceptivité de l'individu, offrent une intensité variable ; dans les cas les plus intenses, on a observé un refroidissement marmoréen, un état lypoihymiqae, le poals filiforme, des évanouissements, un état nauséeux allant jusqu'au vomissement, une augmentation de la fluidité et du nombre des déjections, sans arriver aux selles diarrhéiques ; enfin des crampes. A ce tableau de l'hyposthénie succède une réaction proportionnée; la fièvre générale s'accroît, et puis cède rapidement et spontanément. Tousces troubles, en apparence alarmants, sont d'une durée très fugace ; ils débutent trois heures après l'injt^ction du virus, acquièrent leur plus haut degré en douze heures, et après vingt-quatre heures décroissent rapidement, laissant pour tout souvenir nn^ légère prostration, de rabçJ^|ip|^K^(43@@^te

GAZETTE flEBDOHADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

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l'inflammation locale, qui se dissipent avec une extrême rapidité.

L'examen microscopique du sang ne révèle aucune particularité chez les individus qui n'ont pas de troubles généraux ; en revanche, chez ceux dont les effets du toxique ont envahi l'économie tout entière, le sang présente une mieroglohulie partielle, de nombreux coccus ullramicroscopiques doués d'un mouvement brownien, des cellules lymphatiques et des disques analogues i ceux décrits dans ie sang des cobayes.

Action préventive. — Si, huit jours après que tout ceci s*est passé» on iiyecte au même individu une dose égale d'une culture de même activité que la première, elle ne détermine plus aucun des troubles généraux mentionnés; les phénomènes locaux plus ou moins atténués sont la seule conséquence de cette seconde inoculation.

L'acUon préventive de ces injections contre les efTels généraux qu'elles déterminent elles-mêmes est indubitable. Le choléra expérimental, tel que nous le déterminons, a donc sa prophylaxie assurée dans le coma-bacitlus lui-même. {L'Indépendance médicale de Barcelonej avril 1885, n" 19.)

Obaervatlon de loeallMtlon cérébrale dans na eas d'MCétte s^phlliaque dnerAne, par M. E. finiSSAUD. —

Un homme de (rente ans entre à l hôpital Tenon au mois d'octobre 1884, pour de violents maux de téte et pour des c attaques >. La céphalalgie date de quatre ans, et se montre circonscrite à la moitié antérieure de l'os pariétal gauche; elle est lancinante, paroxystique, son début est aussi instantané que sa terminaison. Les attaques ont commencé en 1883: le malade tombe en poussant un cri, et la moitié droite de la face, puis le bras droit, sont le siège de mouvements convutsifs ; la langue est mordue du côté droit. Parfois ces attaques se bornent à de légers mouvements saccadés dans les mêmes régions! Il n'y a pas de perte de connaissance. Il existe encore un certain degré de perte de la mémoire, et une gêne assez prononcée de la motilité dans la moitié droite de la langue. En outre, depuis dix-huit mois, le malade a eu plusieurs c abcès > qui se sont ouverts au voisinage de l'angle de la m&choire, du côté gauche, sans réaction inflammatoire vive, sans laisser de trajet fistuleux persistant; enfin, il se

Plaint d'un écoulement purulent dans l'angle interne de œil. On constate, vers l'angle supéro-exlerne de l'orbite de ce côté, une dépression très marquée, sans lésion de la peau ; elle est le résultat d'une altération osseuse indolente, ayant débuté en 1880 à la suite d'un érysipèle de la face. Cette sorte de fonte du tissu osseux intéresse l'apophyse orbituire de 1*08 malaire el la parUe coirespondante du coronal; elle remonte, sous le muscle temporal, à 3 ou 4 centimètres audessus et en arrière de l'angle externe de l'orbite. La nature syphilitique de cette lésion est rendue très probable par sa marche, par la coexistence des abcès au voismagc du maxillaire, rappelant l'évolution de certaines gommes cellulaires, par la présence de cicatrices suspectes sur les membres inférieurs, enfin par ce fait qu'après avoir eu quatre enfants bien portants, cet individu en- procréa sept autres qui tous moururent peu de jours après la naissance. D'ailieui-s, l'action curative rapide du traitement spécifique ne peut laisser de doutes. Cette ostéite crânienne se trouvait située au niveau de la partie moyenne et antérieure de la troisième circonvolution frontale gauche, au voisinage, par conséquent, du centre moteur cortical de la langue, qui siège à 1 extràmité inférieure de la àruonvolution prœrolandique : on comprend, dès lorSj que la plaque de pachyméningite sousjacente à la lésion osseuse ait pu déterminer une parésie persistante de la moitié droite de la langue. D'autre part, il est évident qu'if devait exister un certain degré de méningoencéphalite rayonnant au pourtour du foyer principal : cette irradiation du processus irritatif devait dès loi>s mtéresser

le centre des mouvements de la face, situé immédiatement au-dessus de celui de la langue, et enfin, mais plus faiblement, le centre des mouvements du bras, placé un peu plus loin et plus haut. C'est, en effet, dans cet ordre qu évoluiii la crise jacksonnienne, et l'intensité des convulsions da membre supérieur se montrait constamment moindre que pour la face. Enfin les légers troubles de mémoire indiquaient encore la prédominance dn processus irritatif daas la région antérieure du cerveau. (Progrès médical, nui 1885.)

BIBUOGRAPHIE

Topogr^^leal AnaioMj of «be Brate (Anatomie topo-

graphiaueducerveau)t parDALTON. LeaBrothersandCo., Philadelphie, 1885, 3 vol. in-4' avec 43 planches héliotypiques, avec diagrammes, et texte de 175 pages.

Le remarquable ouvra^ de sir Dalton n*esl pas «eulenient intéressant par la précision des planches qui reprèsenienl

des coupes de l'encéphale, pratiquées méthooiquement, vais aussi parce que ces reproductions constituent des documeats de localisations cérébrales, précieux pour l'étude de l'enciphale au point de vue topographique. Le moyen le plus rationnel de déterminer la texture o'un bloc organique, tel que U masse encéphalique, c'est de pratiquer des coupes suivant trois plans, se rencontrant à angle droit dans les trois m\i longitudinal, horizontal et transversal; si les sections sont suffisamment rapprochées, il est évident que la plupart des détails de structure pourront être reconnus et qu'il sera possible, en quelque sorte, de reconsUtuer par la pensée U texture d'un Ilot de la substance encéphalique; c'est ce principe élémentaire que M. Dalton a mis en applic^on.

Nous savons tous qu'il n'est pas facile de pratiquer des coupes d'une épaisseur déterminée et constante sur le cerveau frais, et M. Dalton a dd inventer un dispositif très ingénieux pour exécuter ses coupes. Les cavités du cerveau sont injectées avec de la gélatine, et l'encéphale entier est fixé dans une sorte de caisse à l'aide de la même substance. Celle caisse rectangulaire est composée d'une série de cadres de cuivre, ayant 5 millimètres d'épaisseur et disposés de façon à permettre de faire des coupes horizontales, régulières de 5 en 5 millimètres; une autre caisse avec une disposition spéciale sert à faire les coupes verticales et les coupes longitudinales. Toutes ces coupes ont été photographiées et reproduites par la photoglyptie, de telle sorte que les rnoinares détails sont conserv&ï, et que nons avons pour ainsi dire sons les yeux la coupe elle-même. Un diagramme, placé i côté de la planche, porte la désignation des parties représeutées et enfin le texte explicatif achève de guider le lecteur.

M. Dalton représente en outre la topogi'aphie eslérieuri' du cerveau, de la base, des faces latérales et supérieure, el il a eu soin de conserver les dénominations anciennes à cdW des plus nouvelles, de sorte qu'il y a concordance eiitn' l'analomie topographique faite par les procédés perfeclionncs et les descriptions des diverses parties du cerveau telles qu'on les trouve dans les traités classiques d'anatomie.

Il semblerait donc en théorie qu'il suffise de comparer ces coupes dans les trois sens pour se faire une représentalion approfondie de la texture macroteopique du cervMU, et de fait lorsqu'on examine successivement ces planches, u semble qu'on assiste k l'i^xéculion d'une série de coupes admirablement réussies : les parties profondes, les cavités apparaissent, se développent, s'étendent, se circonscrivent, s effacent ou changent d'aspect suivant la hauteur de » section, de façon que, si l'on compare les coupes verticales avec les horizr-'tales et les longitudinales à unième niveau,

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on peut ponr ainsi dire reconstituer Tarchitecture de l'encépfaale en plan, coupe et éléfaiion.

Si nous approrondissoQs cet examen, nous nous aperce- TOUS oue, malgré toute la précision que semble|pré8enter ce procédé d'étude topographique, il offre dans la pratique quelques imperfections tenant à la nature même de l'encéphale, et à des variations de texture individuelle ; de plus, des coupures de 5 en 5 millimètres ne correspondent pas toujours à des aspects caractéristiques. Ces inconvénients sont palliés par la multiplicité des coupes sur divers sujets, et aussi par (les coupes choisies en dehors même de la distance constante lie 5 millimètres, c'est-à-dire des coupes hors série, et 31. Dalton en présente un exemple bien remarquable (Extra sériai, plate XV) dans une coupe horizontale, praliijuée à travers les commissures antérieure, moyenne et postérieure ; de plus queli^ues figures schématiques permettent de com-

firendre certaines particularités ; telles les circonvolutions de 'inaula, la corne a'Ammon, etc., etc.

La division même de cet ouvrage, en trois parties séparées, permet de comparer les sections faîtes dans une même région, mais suivant un plan différent. En efTet, le premier volume, consacré A la reproduction à» la surface cérébrale et aux coupes longitudinales, comprend dix planches, qui servent à ïa descriplion d'ensemble du cerveau; le second volume ou série B renferme les sections horizontales depuis une surface de 12 millimètres au-dessus du corps calleux jusqu'au-dessous de la face extérieure du lobe frontal. Ces

3uioze planches, étudiées comparativement avec les précéentes, permettent de comprendre bien des détails et fixent des rapports importants à retenir entre les diverses parties de l'encéphale, bulbe, protubérance, cervelet et cerveau; mais on peut prendre une connaissance complète de la struc- \iire si Ton a soin d'étudier en même temps les planches de ta troisième série qui, au nombre de vingt-trois, forment le troisième volume et représentent des surfaces de sections verticales et transversales faites depuis les lobes frontaux jusqu'aux lobes occipitaux.

Cette étude est favorisée par des renvois dans le texte, et M. Dalton semble avoir prévenu toute difficulté. Il n'est pas besoin d'ajouter qu'il no s'agit dans cet ouvrage que de la topographie et delà structure telles qu'on les voit à Vœil nu. y\A\s par cela même qu'il présente les tissus et les organes divers en grandeur naturelle et dans leurs rapports, M. Dation a obtenu ce résultat, de rendra très facile la localisation des lésions qu'on aurait à observer. Il serait inutile d'insister sur l'Importance de la topographie cérébrale, puisque celle-ci sert de base à tous les progrès accomplis ou à obtenir encore, dans l'élude de l'encéphale au point de vue de la pathologie et de la physiologie, et l'œuvre de M. Dalton mérite une place de premier rang parmi les plus belles publications qui démontrent les services que la photographie peut rendre dans les recherches d'anatomie.

A. Hénocque.

Beekcrehra mr le ■■lepffhe *m ch*l4ni Mlallq««, par

M. le docteur E. von Krmengeh, 1 vol. in-8» tle 380 pages avec 12 planches pholotypiqnes. — Paris, G. Carré, et, Bruxelles, A. Manceaux, 1885.

Ce volume se compose de deux parties : la première est le rapport adressé par H. van Ërmengem au gouvernement belge sur la mission dont il avait été chargé pendant l'épidémie cholérique de Marseille; le second est le résumé de nombreuses recherches sur l'inoculabilité du microbe en virgule et sur l'action des principaux agents de désinfection. De huit autopsies et de Ireiile-quaire examens des selles, M. van Ërmengem conclut qu'il existe dans les liquides intestinaux

des cholériques an organisme identique avec le bacille de Koch, caractérisé par sa forme incurvée, ses groupements en 8 et en chaînes. Il peut être très abondant dans tes cas très foudroyants, disparaît k la période de réaction. L'examen microscopique des déjections, ou la recherche bactériulogique avec cultures peut établir le diagnostic de choléra dans les cas douteux. L'examen des liquides de culture permet d'assimiler le bacille virgule aux spirilles ; il est peu résistant à la dessiccation, se développe surtout à une température de 25 à 37 degrés, se multiplie avec une exirême rapidité.

Les organismes que Finkler et Prier ont trouvés dans le choléra nostras diffèrent de celui du choléra asiatique.

M. van Ërmengem a fait avec succès l'inoculation chez des chiens, des lapins et des cobayes.

De tous les désinfectants, le meilleur est la solution phéniquée à 5 pour 100; ce sont surtout les déjections et les objets qui ont servi aux cholériques qui doivent être désinfectés, les premiers au moyen de l'acide phéniaue, les seconds par la dessiccation complète. Quant à la désinfection des latrines, elle n'a pas une grande importance, car les virgules ne se développent pas dans les matières fécales en putréfaction avancée ; ce qui fôt à redouter, c'est l'infiltration des liquides contagieux dans le sol, où ils se mêlent avec les eaux.

Index blbilocimphlqae.

UniAGE ET SES BAUX MINÉRA.LES, par M. le docteur A. DovoN, 3* édit. Paris, G. Uasson, 188i. — Nous n'avons pas à sigcaler ce qui dans ce livre se rapporle plus particulièrement au traitement hydro-minéral si bien dirigé a Unage y&r notre savant confrère, non plus que les études die climaloiiwie on de botaniqae ui complètent cette deuxième édition. Hais u nous faut signaler tous le» médecins, quils aient ou non l'inteniion d'étudier l'influence dés eaux minérales sur certaines manifestations morbides, les chapitres consacrés par M. Doyou à l'élude des maladies de peau, du lymphfitisme et de la scrofule ou enfin des affections rhumatismales. Sachant etnprauler à deux maîtres éminents diverses considérations qu'ils ont développées dans des ouvrages justement classiques, M. Doyon les applique à l'évolution, au pronostic et à la curabilité des maladies qu'il a observées le plus souvent. Il n'est pas sans intérêt de voir confirmées par la pratique d'un médecin autorisé les idées générales si bien exposées par M. Bouchard dans ses belles études sur la scrofule ou celles que M. Ernest Besnier a développées avec un sens clinique si remarquable dans ses ouvrages de pathologie cainnéo ou son travail sur le rtiumatisme. En insistant à son tour sur la nécessité de bien étudier les causes pathogéniques d'une maladio déterminée et de ne commencer une cure thermale que dans des conditions précisées à l'avance, H. Doyon a bion fait voir les services que peut rendre à la science aussi bien qu'à la pratique médicale un observateur sugace lorsqu'il est en même temps un érudit et un chercheur. L. t.

Le hein dans ses rapports avec i.e diabète, par H. le docteur Inglbssis. Paris, 1885. Alexandre Coccos. — Les atlérations rénales dans le cours du diabète sucré sont, au dire de l'auteur, plusfréquciiles qu'on ne le croit généralement; lapins habituelle, liée sans doute à la polyurie, est l'hyperlrophio fonctionnelle des reins, ciractérlsée macroscopiquement par une augmentation en masse de l'organe cl hislologiquemenl par un accroisse* ment notable des cellules des tubult. Contrairement à cette hypcrméçulie, les processus inflammatoires ue surviennent d'habitude qu'a une période avancée de la maladie; il s'agit surtout da néphrite parenehymatense; mais, le pins souvent, il s'agit, dans ces cas, cTétals diathésiques, où il est difficile de faire la part du diabète sucré lui-même.

4U — N* 25 ~ GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE iO Jqin 1885

VARIÉTÉS

ATIS, — Four M qui ooneeme la FmoU* d* mMaoliM da Puis voir mu varao da U ooaTartore.

l'inauguration du nouvel hôpital du havre.

L'ardeur intelligente et généreuse avec laquelle les habitants du Havre ont su réaliser depuis quelques années plusieurs institutions hygiéniques de premier ordre, donnait un attrait tout j)articulier à l'inauguration de leur nouvel hôpital. Aussi lesTisiteui^ étaient-ils nombreux qui s'étaient déplacés dimanche dernier pour cette cérémonie, la plupart de Rouen et des départements voisins; on ^ voyait^ en outre, le préfet de la Seine, le directeur de l'Assislance publique de Paris, M. Beriçeron, présidi^ntde l'Académie, iMM. les professeurs Veroeuil, Ulysse Trélat, MM. les docteurs Vallin, Millarrl, Léon Labbé, Richelot, Landouzy, Lucas-Cliampionni^re, Bourneville, Napias, DuMesnil,Bertillon,etc.,M.rarchilecte Emile Trélat, MH. les ingénieurs Durand-Glaye, Ch. Herscher, etc.

Nos lecteurs connaissentl'organisation du Bureau d'hygiène du Havre, celle des Dispensaires de M. le docteur Gibert et de M"* Dolfus, la disposition des cités ouvrières récemment construites dans cette ville. M. Siegfried n'a pas manqué de rappeler, dans un exposé précis, tes avantages considérables obtenus par ces diverses institutions. Cet exposé, précédant la visite du nouvel hApital, oe pouvait qu'augmenter encore la sympathie que tous les hygiénistes, que tous les patriotes éprouvent pour l'énergique et éclairé magistrat, ainsi que pour ses collaborateurs immédiats dans toutes les œuvres d'hygiène publique, MM. Giberl et Launay.

C'est donc sous les plus favorables auspices et avec le vif désir de donner une a^>probation complète à l'œuvre nouvelle que chacun des visiteurs a franchi la grille de l'hôpital. Au

Premier aspect, il est assez difficile de se rendre compte de économie générale de cet établissement; situé sur le versant sud de la côte d'ingouviile, au-dessus de In ville proprement dite, il apparaît en effet comme nové au milieu des propriétés particulières qui l'entourent et dont plusieurs le surmontent; de plus, une grande partie des bàtimenis forme comme un prolongement indéfini sur la droite de son allée centrale. Il est, en somme, formé d'une série de pavillons, disséminés dans un immense parc, dont les allées s'étagent par une pente asseï ralde sur une superflcie de 65 000 mètres, au milieu d'une abondante végétation. La grandiose maison d'habitation des précédents propriétaires a été conservée comme bâtiment o'adminiatration, aux deux tiers de la hauteur.

Les dix-sept pavillons sont ainsi disposés en amphithéâtre, orientés de 1 est à l'ouest, avec leur façade au sud ; six sont affectés à l'administration et aux services généraux; onze aux malades, parmi lesquels six pour le traitement des hommes et cina pour le traitement des femmes; on j peut recevoir, dans des h&timents spéciaux, des pensionnaires hommes et femmes. En réalité, dans cet immense terrain, douxe pavillons en occupent un peu plus d'un tiers et les cinq autres sont disséminés dans le reste, si bien oue t'a^lomération qu'une telle superficie avait surtout pour Dut d'éviter n'en paraîtrait pas moins exister, si la pente eonsidér^le n'enlevait tout à fait cette apparence, en superposant, en quelque sorte, les pavillons des malades les uns aux autres. Qu'on suppose le versant sud de la butte Montmartre tout entier occupé par des pavillons hospitaliers, au milieu de jardins, et l'on aura ainsi en partie l'impression produite à première vue par l'hôpital du Havre.

11 va de soi que la différence d'altitude entre le seuil de la grille d'entrée et les pavillons de convalescents et de contagieux, situés à la partie supérieure, ainsi que la raideur des pentes, o-éeront ae très grandes difficultœ pour le service.

On s'étonne nue cet inconvénient n*ait (>as été combattu par l'installation de chemins de fer, funiculaires ou d'autres systèmes, avec des galeries aérées et légèrement couvertes, pour faire communiquer avec plus de facilité les divers bfttimenis. soit pour le personnel, soit pour le service proprement dit.

Mais ce sont là des considérations d'ordre général et nous avons hâte de revenir à ce qui constitue la base même d'une construction hospitalière, à ce qui est aujourd'hui sa caractéristique, la disposition des pavillons et des salles de malades.

( Tous les pavillons de malades, dit la Notice rédigée par l'architecte de l'hôpital, sont à rez-de-chaussée établi sur un soubassement élevé, dans lequel on a établi des promenoirs, des salles de lecture et de récréation, des magasins, les calorifères, etc. Les salles de malades sont voûtées en ogive ; des ventilateurs ont été placés dans leur partie supérieure ; I^ur hauteur, du dallage au faite, est de 7 mètres; leur section, de ^ô'^éO; le cnl^ d'air par lit, de 48 mètres. > A cette description il est facile de reconnaître l'ingénieux système imaginé par M. Tollel; comme il a fallu reconnaître à celuici son droit d'inventeur, en lui payant un droit de brevet, il eût été de toute justice de citer tout au moins son nom dans la Notice. Quoi qu'il en soit, si les pavillons appartiennent en principe au sjslème Tollet, ils présentent également de nombreuses modifications sur l'économie générale de ce système. II faut louer le matelas d'air ménagé dans l'épaisseur des murs, de façon à leur donner une largeur de 0",36, comprenant une paroi de briques de 0*,^^ d'épaisseur à l'extérieur, un vide de 0^,06 et une nouvelle paroi en briques creuses de 0",08 d'épaissttur à l'intérieur. Un matelas d'air, beaucoup plus lai^e encore, a été dibposé sous la toiture ; ici celte laideur est peut-être excessive, car elle a conduit à surbaisser l'i^ve et nous aurions préféré la disposition très intelligemment imaginée par M. Laynaud pour les pavillons (lu même système à l'hôpital de Saint-Denis.

Chaque pavillon'se compose rte deux salles et d'une portion centrale, formant en partie avant-corps, où sont placés : un cabinet de médecin, une chambre de surveillant, une chambre d'isolement pour tes malades bruyants, une tisaneric, un cabinet obscur, une salle de bain et des lavabos, une salle d'opération dans les pavillons de chirurgie, et dans un édicule spécial en arrière, les watei-closets. Une galerie ou balcon, placée en avant de la façade permet de recevoir les malades roulés ou portés dans un fauteuil. Le sous-sol sert de promenoir couvert, de réfectoire et de magasin.

On accède aux salles par un escalier latéral, comme nous l'avons dit plus haut, surmonté d'un porche d'entrée trop étroit et oà la manœuvre des brancards sera assurément difficile.

Il convient assurément de regretter qu'on ait cru devoir fermer les sous-sols des pavillons, de façon à donner à reuxci l'apparence de bâtiments à étage, alors que l'exemple tK> l'hôpital de Saint- Denis, pour ne citer que celui-là, montre si bien quels avantages on trouve à laisser les sous-sots, et par suite les quatre côtés des salles, laidement baignés dans l'air extérieur. De plus, si les parois intérieures des pavillons ont été disposées de telle sorte qu'aucun angle ne puisse retenir les poussières et les matières organiques, si l'on a eu soin dry établir un dallage en mosaïque sans interstices, d'arrondir tous les angles, de rendre en un mot le nettoyage très facile, il n'en est pas de même pour l'extérieur. Tous les dispositifs de la décoration architecturale, et ils sont, hélas! très nombreux, sont formés par des briques à arêtes vives, à saillies angulaires, et l'œil ne peut s'arrêter sur aucune surface lisse et arrondie. L'aspect extérieur a sans doute l'agrément d'un cottage, assez nmnumenlal du reste; mais on n'y sent nulle part la légèreté que peut comporter l'emploi de la brique; peut-être l'emploi des carreaux céramiques, au nuins Jiqur Xdrâçmentation, aurait-il donné avâc pIlùsjdfcyvkjSN^Km de ne laisser aux impuretés atmosphériques aucun des trop nom-

i9 Juin 1885

breux réceptacles que Tarchitecte de ce nouvel hôpital s'est pla à leur ménager sur les façades.

Une autre obserration doit être faite : malgré le soleil éclatant qui brillait dimanche, les salles paraissaient relativemeat sombres ; c'est que les feoétres latérales ne sont qu'au nombre de six par salle de 14 lils, laissant entre elles UR espace pour deux lits et que leur hauteur, relativemenl peu élevée, est d'autant plus insuffisante qu'elles ne descendent pas au ras du soi ; il y a à ces dispositions des inconvénients sérieux, que les hygiénistes s'étaient plu à faire remarquer depuis longtemps.

Le système de chauffage et de ventilation employé comporte les dispositions suivantes, qu'il n'est pas inutile d'emprunter à la description ofiicielle : « La ventilation se fait par appel, c'est-à-dire que l'air est appelé do l'extérieur à l'intérieur au moyen de conduites d'aspiration dont les bouches, au nombre de quatre, sont placées dans les salles de chaque côté des portes d'entrée. Pour le fonrtionneinent de cette ventilation, de même que pour assurer le chauffage, des calorifères ont été construits en sous-sol; ils sont divisés en deux parties bien distinctes : l'une, celle du côté nord, contient un foyer servant concurremment avec les rosaces à ailettes existant dans le faîtage, à la ventilation d'été ; l'autre, au chauffage et à la ventilation d'hiver. L'air pur est pris à l'extérieur du cAté nord, chauffé au contact de I;i cloche â ailettes et de coffres superposés existant dans l'intérieur des calorifères, puis injecté dans les salles par

Suaire ou six ouvertures suivant la grandeur des pavillons ; eux de ces ouvertures sont à fleur de l'aire en mosaïque, au centre des salles, les autres ont été placées dans les murs de façades. L'air vicié est ensuite aspiré par les bouches d'évacuation et amené dans une cheminée au centre de laquelle les tuyaux de fumée ont été placés aûn d'élever encore sa température et accélérer, par le fait même, sa vitesse de sortie. Des cheminées à double foyer ont, en outre, été placées an milieu des salles, tant pour concourir à la ventilation que pour la satisfaction des malades. * On espère ainsi obtenir facilement 16 degrés centigrades, même par les plus grands froids ; le renouvellement d'air, en été comme en hiver, doit d'ailleurs être de i50 mètres cubes par' heure et par lit^ k la vitesse de 1 mètre à 1",50 par seconde. Il est toutefois à craindre que ce système, qui u'offre sur le chauffiige et la ventilation ordinaires par appel que quelques avantages, n'en possède également tous les inconvénients, c'est-à-dire qu'on ne puisse parvenir ainsi à égaliser la température dans toutes les parties de la salle et à maintenir les parois à une température inférieure; des veines d'air isolées s'y distribueront de côté et d'autre sans occuper toute l'atmosphère intérieure; déplus, les ouvertures à fleur du sol ne tarderont pas à devenir des réceptacles à poussières. On est loin, avec de telles dispositmns, de réaliser le but actuel du chauffage et de la ventilation, c'est-à-dire placer l'habitant dans une atmosphère où il puisse respirer uniquement de l'air frais et pur, environné d'une enveloppe chaude ou rafraîchie.

L'évacuation des linges salis se fait à l'aide de trémies les conduisant dans le sous-sol ; les poussières provenant du tulayage sont projetées dans ce sous-sol près des calorifères, oii elles peuvent être recueillies et brâlées. Quant aux waterclosets, placés au côté nord de la partie centrale, ils en sont séparés par un petit vestibule fermé et disposés, au nombre de trois, juste en face du corridor ; la disposition adoptée à Saint-Denis et à Montpellier est assurément préférable; l'aération de cette portion des pavillons y est plus complète et il y a moins lieu de redouter le refoulement des gaz vers les salles. 11 est vrai que d'excellents «ater-closels, à double siphon hydraulique, du système Jennings, onl été choisis; le rebord du siège est beaucoup trop large et l'on aurait pu, |étaut donné surtout l'abondantvolume d'eau mis à la disposition de l'hôpital, établir

des réservoirs de chasse automatique, indépendants en quelque sorte des habitudes de ceux qui ont à se servir des appareils. Des fosses fixes avec système diviseur sont installées pour charjue pavillon ; la canalisation déjà faite et qui sera quelque jour relice au système du tout à Tégout qui sera procnainemenl installé au Havre, aurait permis dès maintenant l'établissement d'une seule fosse pour tout l'hôpital ; cet inconvénient aurait été unique au lieu de se renouveler pour chaque pavillon.

Nous insisterons moins sur les autres parties de l'hôpital; il va de soi que sur un terrain aussi vaste les services d'isolement ne pouvaient manquer d'y être très développés. Les services généraux ont été également l'objet de soins attentifs; nous dirons un mot de Tétuve à désinfection, disposée dans le sous-sol du pavillon des bains, atin d'utiliser dans ce but la chaudière à vapeur. 11 s'agit d'une étuve du système des hôpitaux de Paris, c'est-à-dire d'un appareil dans lequel la destruction des germes organises est extrêmement difficile ; nous ne croyons pus qu'il y soit possible de déterminer d'une manière certaine une température suffisanleà l'intérieur de matelas ou de paquets de linge pliés, à moins d'y mettre un très grand nombre d'heures ou de détruire les objets eux-mêmes; pour en être absolument certain, il faudrait counatlre les résultats d'expériences scrupuleusement contrôlées, qui manquent tout au moins en grande partie pour la plupart des étuves actuutlemeiit en service à Paris. Du reste, la surface de chauffe a été réduite considérablement, de maiiièt'c à faire craindre que celle étuve soit encore plus défectueuse. D'autre part, nous avons bien vu que les objets désinfectés sont placés dans une autre pièce que ceux qui doivent être portés à l'étnve; mais ces deux chambres donnent sur le même couloir et il n'y a pas, comme il s^ait désirable, de séparation absolue entre les deux parties de rétablissement de désinfection, l'une pour recevoir les objets infectés et l'autre pour recueillir ceux qui ont subi cette opération si nécessaire.

Telles sont les observations que nous a suggérées la visite du nouvel hôpital du Havre; on nous pardonnera d'avoir plus insisté sur les critiques que sur les louanges, car nous sommes persuadé de répondre ainsi beaucoup mieux aux sentiments et au désir de ceux qui ont été chargés de l'édifier. La pensée première qui les a guidés ne saurait être trop remarquée et encouragée ; ils ont voulu disséminer sur un vaste espace des pavillons sans étages, adoptant ainsi les idées qui tendent à prévaloir en matière d'hygiène hospitalière. Qu'on nous permette de dire que leur pensée, excellente à tous les points de vue, n'a pas toujours été bien réalisée et que certains défauts sautent aux yeux, qui sont du fait seul du constructeur, préoccupé sans doute de ne pas imiter ses devanciers. Quelque intéressant que soit cet édifice, nous lui préférons, pour ne citer que des hôpitaux récents, ceux ae Montpellier et de Saint-Denis. D'ailleurs, quoi qu'on en aitdil, l'hôpital du Havre revient à un prix encore assez élevé : 1 875000 francs pour 312 hts, soit C971 francs le lit (et non un peu plus de 6000 francs, comme ledit la Notice, dont 1 200000francsDourlacon!>lruction,âOOOOOfrancs pour le mobilier et 475000 francs pour le terrain. Or ce dernier chifi're ne nous donne, à raison de 65000 mètres superficiels (308 mètres carrés par que 7 fr. 30 pour prix du mètre. Ce qui n'empêche pas I auteur de la Notice d'ajouter que le prix de l'hôpital < ne paraîtra pas élevé, si on le compare au prix de revient des autres hôpitaux, spécialement des hôpitaux de Paris ». Or, à Paris, le prix d'achat du terrain aurait été au moins dix fois plus élevé, ce qui donnerait dans ce cas, pour le même hôpital dans la capitale, une dépense d'au moins 19711 francs par lit, sans compter la plus-value de la main-d'œuvre. Nous en conclurons qu'en réalité le nouvel hôpital du Havre coûte très clier et gu'iLy eût eu peut-être plus d'avantage à ne p;^HIét«ulOM une colline qni a absorbé de grands frais de terrassement ^ren-

19 Juiit 1885

dra le service difficile et onéreux ; l'architecte avait plus impérieusement encore le devoir de ne pas augmenter, par des recherches inutiles et quelquefois même fâcheuses, les dépenses vraiment indispensables.

Après la cérémonie d'inauguration de l'iiôpilal, un ban- ()uet a réuni la plupart des notabilités du Havre et tous les invités. Dans un toast l'honorable maire du Havre, avec l'ardente et généreuse conviction qui l'anime, a traité la question de l'organisation de notre administration sanitaire ; MH. Hendié, préfet de la Seine-Inférieure et Monod, préfet du Calvados, ont insisté à leur tour sur Turgence de celte réforme, dont M. Ulysse Trélat, au nom de la Société de médecine publique, a salué la réalisation prochaine, en prenant acte de la présence de tant d'administrateurs et de médecins éminents, venus pour assister à Tinauguration d'un hôpital et pour visiter des institutions d'hygiène publique. HM. le professeur Verneuil et le docteur Fauvel (du Havre) ont également prononcé, au nom du corps médical, des toasts très applaudis.

Choléra. — Gomme il est dit au Premitir-Paris, les membres de l'Aihénée de Valence se sont soumis à l'inoculation préventive; le confrère envoyé par U Temps les a imités, et voici ce qu'il dit des suites de l'opération (après injection de i gramme environ de liquide vaccinal) : c On ne larde pas à ressentir au niveau des pomtsiigectésonedooleurcontusivequi augmente progressivement jusqu'à empêcher les mouvements des membres supérieurs. I<a lièvre s'allume ordinairement de sii à huit heures après l'inoculatioD. N'étant fait vacciner à quatre heures de Taprès-midi, la ■douleur augmenta petit à petit, et i neuf heures je ne pouvais

filas remuer les bras, j'éprouvais en môme temps un grand maaise et de la céphalalgie. A onze heures je fus pris de frissons assez violents avec claquement de dents et tremolement musculaire. Le pouls était de 98 pulsations par minute, un thermomètre placé soni l'aisselle marqua 38" ,3. Dix minutes après le premier frisson, le stade de ctialeur commença, la température s'éleva graduellement: à minuit elle était de 39 degrés; à ce moment j'avais 120 pulsations par minute. La fièvre disparut aussilét petit a petit, en même temps que des transpirations profuses se produisaient; vers trois lieures du matin, la température était redeveoue normale. De cinq à six heures, j'eus quelques nausées sans vomissements, mais avec un peu de diarrhée. Dans la journée, je n'éprouvai plus qu'un peu de courbature et une douleur encore assez prononcée au bras. » Chez certains sujets, il se produit une fièvre assez forte et des vomissements. Sur le siège de la piqûre, on observe toujours du gonflement et de la chaleur.

Le Tenu» présente deux statistiques tirées des résultats obtenus dans les deux villes i'Alcit'a et â'Algenuti. Nous les retrouvons d'ailleurs identiquement dans Et Siglo wdico, du 7 juin.

Âlcira (16 000 habitants). Uu iTi avril au 31 mai, vaccinés, 8794; nou-vaccinés, 7206. Parmi les nou-vacdnés. 118 cas de choléra, dont 71 morts. Parmi les vaccinés, 14 cas, dont 3 morts; parmi les revaccinés, 8 cas, tous guéris,

Algmesi (7856 habitants). Vaccinés, 893; non-vaccinés, 6963- Parmi les non-vaccinés, 263 cas, dont 92 morts; parmi les varcinés, 8 cas, dont 1 mort, il paraîtrait même que ce dernier cas est relatif à un enfant mort non de choléra, mais de fièvre typhoïde {•}).

M. Ferran recommande de pratiquer toujours la revaccination cl de se servir pour cela d'un liquide plus virulent que le premier. Son collaborateur, N. Pauli, s'est soumis à des vaccinations successives de plus en plus virulentes, et il est arrivé à pouvoir s'inoculer impunément le microbe non atténué tel qu'on le trouve dans les déjections cholériques.

Société hédicale lœs néPiTAiiX (séance du 26 juin 1885). — Ordre du jour : M. Femet : Eloge de H. Noël Queneau de Mussy. — H. Dieulafoy : De la folie bri^tiqne. — Communications diverses.

CoNCOons. — Le jury du concours pour la nomination à une

a lace d'accoucheur des hôpitaux civils de Paris se compose du IM. Benjamin Anger, Porak, De Saint-Germain, Guéniot, Lucas- Champiounière, Heanet et Marc Sée.

— Un deuxième eoneoars pour la nomination i deux places de médecin du Bureau central s'est ouvert vendredi dernier. U jury se compose de HM. Potain, Mauriac, Cornil, Raymond, Giogeot, Lanneloogue et Hoissenet.

Mortalité a Paris (2V semaine, du 7 au 13 juin 188o>. — Fièvre typhoïde, 10. — Variole, 2. — Rougeoie, 40. — Scarlatine, 1. — Coqueluche, 7. — Diphthérie, croup, 18. — Choléra, 0. — Dysentérie, 0. — Erysipèle, 7. - Infections puerpérales, 2. — Autres affections épioémiques, 0. — Méningite, 45. — Phthisie pulmonaire, 180. — Autres tubereoloses, 33. — Antres affections générales, 61. — llaironnatioDS et débilité des ftges extrêmes, 49. — Bronchite aiguë, 12. — Pneumonie, 62. — Athrepsie (gastro-entérite) des enfants aoums au biberon et autrement, 63 ; au sein et mixte, 23 ; inconnu, 4. ~ Autres maladies de l'appareil cérébro^pinal, 99; de l'appareil circulatoire, 57; de lappareîl respiratoire, 86; de l'appareil digestif, 55; de l'appareil génito-urinaire, 19; de la peau et du tissu lamineux, 4; des os, articulations et muscles. 12. — Morts violentes, 39. — Causes non classées, 6. — Toul : 995.

mnRMES DÉPOSËS lU BUREAU OU JOURRAL

NiceuiU de l'aeeouehemânt anSUepOque dus Im «euns popaleas. par M. hi dorleur do Backor, do la Faculltf do laddecina do Pari*. Orachure io 8. l'aris,

G. Mhmm. i tr.

AppUeetiM» de te méthode anphi^e à quetquei peint» de la phniUtogie dmgro» ItiMatte, pur H. le docteur G, llMcb. niria, 0. Dirin. - ■

Du traitement rattotuiel de Vagetlion funmeiUeiue, par H. le dorieur Glngrot, mhleeîndes hSpHaux. I vol. Ib-S de 50 pigea. Parii. 0. Doia. i tr. M

Contribution à l'itudé lA^nytMffM cf phmjotoflflM de Vamt^tirbu, par H. L,<f<>n Arduin, docteur on mëdoclne de la Faeultd de Paria. Ii-S de 130 pe^M. f»n*,

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