Hasson. Propn^ire-Gérqnt
Trektb-deuxièhe année
23 Janvier 1885
PARAISSANT TOUS LES VENDREDIS - . -
COMITE DE BÉDACTJON . \
PaÉsiDENT : M. le docteur A. DEGHAMBRB ' i
MBII9RBS : MM. les docteurs BUCHCZ, aEORBES DIEUUFOT. DREIFUS-BRISAC. FRARÇOIS-FIUUIU. ALBERT ijÙOfiQUE . . . . t. LEREBOUUET, PRUL RECLUS . . ,
Adicntr tout M qiacoaqariie b rédacffeinn âiége d»£omMt ehes If. Dubahbbc, 9i,ruedê IMU (avant le mardi de préférence), ' .
SOHUAIRB. — PAfUB. Académifl d« niddccino : De la cwaïno. — Propriétés auDSthiiaiqaM. — Applicationa th^apeuliijuci. - Contributions pbannaconiiquos. — Travaux omsinaux. Ptlhobsls inleme : De l'infectii» luberraleuse la Tok l^ilalo. — CoKRiSPCUiDAlica. Emploi du chloriiTànl* da cacalae conira U Itryngile cl une dyspbagïo clici un labcrculcux. Accidenta do loxlcitë. — SOCIÉTÉS SAVAKTIS. Acuiélnie des aciences. — Académie de médecine. — Suciélo de chi- ' rurglo. — Société de thérapeutique. — Patliélegîcal Sbcieij of London. — BiBLiOGRAPHii. Index bibliographique. Etudes de l'Iiomme moral, fondées sur les rapports do ses facullcj «m son organiMlion. — V»KI^^S. Ain brolie Paré.
Paris, 22 janvier 1885.
ACADÉMIE DE MÉDECINE. ■ — DE LA COCAÏNE. -— PROPRIÉTÉS ANESTHÉSIQUES. — APPLICATIONS TBÉRAPEDTIQUES. — CON- TRIBUTIONS PHARMACEUTIQUES. ■
AmiMMle da ■BédMtee.
Une longue communication verbale de H. Lagneau à TAcadémie de médecine sur la diminution de la population dans .26 départements, donnera lieu à une discussion dans la prochaine séance. M. Rocharda demandé la pàrole.' -
Une sorte d'annexé & Thistoire du choléra ea France a été communiquée par M. Prousl, d'après les documents envoyés par les médecins des départements. Elle est relative à l'importation et à la propagation de la maladie. Plusieurs de ces documents ont une sérieuse importance et confirment lés doctrines qui ont prévalu dans la récente discussion.
Au début de la séance, l'Académie avait élu à une très grande majorité membre associé national noire émioent c )nf)rère, le docteur Tourdes, doyei? de la Faculté de médecine de Nancy.
•e la ««««lae. — INvprMAa aacMkM^BtS.
AppIleatloBS tliérapea<lqn««.
Si Ton instille entre les paupières, chez Thoiiime ou ches l'animal, une solution à 5 pour 100 de chlorhydrate de, cocaïne et qu'on ait soin de bien laisser le contact s'éiablir entre la conjonctive et la solution, dix minutes se seront k peine écoulées que l'aneslhésie superficielle de l'œil sera obtenue, et telle que loutes les viQiences faites à la cornée ou à la muqueuse ne seront plus douloureusement perçues.
Ëhbien, ce petit fait, que t.ous mes confrères connaissent s* StaiE. T. XXII.
aujourd'hui, n'est rien moins .qu'une grande découverte; c'est ce que j'espère démontrei' dans la c6urte étude qui va suivre. ' • ' : ■. ■ i j; "
Mais d'abord quel est donc l'heuréux at^tcur de cette découverte? La question ne me parait pas tout à fait résolue. Laborde affirmait récemment {Société de biologiey S2 nor venibre) que vers la fin de l'année 1882, Goupard et Bordereau avaient constaté Taction anqlgésiauite de la coéalne saf l'œil. Toutefois il faut reconnaître que Karl Kôller (de Vienne), en signalant le 15 septembre derpier au Congrès ophthalmologique de Heidelberg cette méme'acliph et montrant tout le parti pratique qu'on pouvait eh lirwen ocu-^ Itstique, Karl KOller a réellement trdnvé nne.'grande méthode thérapeutique. Sans doute .élIeJ était ébauchée, cette méthode, elle se préparait depuis 1859, mais elle dérive réel-, lenient des travaux do Kdller. ' . , ■ ^
■ Je cite.cette anûéê ,1859 comme u^e daté importante dans l'histoire delà cocaïne : c'est qu'en effétNiemann (de Vienne également) découvrit cet alcaloïde du ou de la coca, où, plus e^aclemént, fit bien connaltrè ce principe entt^vu par Gaedeket dès 1850 et désigné alors! sous le nbm à^érytfoxy-' linê, et l'année suivante, il indiqua son action ainesthésique locale sur la langue. D'aufres. expérimentateurs ont vérifié depuis ce fait: Schroff et surtoùt H. Espinçsà, t'aoteur d'une excellente tlièse' sur la cbca; publiée ép 18T3"à Biieilbs^ Aires (l). - . - ' : ■ - ■ •
Sans entrer, du reste, bien avant dans cette disciosioii relative k l'action topique lonesthésiante de la cbcalne pour les muqueuses je dii;ai encore ^ue Gazeau, dàns sa Uitoe inaugurale de 187Q, relate les efiéts stupéûànts pour là sensibilité des premières vdies : bohche, larynx, èslomac, des feuilles de coca qu'on vient de m&cher. .* ' '
HalheQreuSemeul ces faits intéressants n'avaient pas frfq>pé beaucoup l'attention des médecins, et seuls quehines spécialistes s'occupent du traitement. des affections dulap^ rynx,Gh.Fanvel, Goupard, particulièrement, inettaidntà'prbfit les vertus anal^ésiantès de laicoCa.en applications locales dans certaines afiecliqns douloureuses de cet organe c>u de la gorge proprement dit€t, tandis, que Gazeaù préconisait lapoudre de ce médicament coinete calmant dans les dyspepsies douloureuses. ■ '■
il) Voii;i les i>roprcÈ [Wolrs' ilo nolrn ciinfriTt; aptirlcaiit piicnU de la lon^a una poi|uciii cantiditd de este Al(âiIonar:i'i~<.-<~ iittcîun de la Hni^bilMvl mu fteâg llfgn lilato ta naetteslt conpIeU
GAZEm HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 23 Janvieh 1885
Cette part Taile au c6té historique de \& question, j'ai quelques mots à dira snr certains effets physiologiques de ce singulier médicament, ressortissant plus parUculièrement à inoii étude.
La cocaïne, l'un des principes de la coca, car it en existe d'auti'es dans cette plante remarquable : Vhygrine (Lôssen), VecgoHÎney la cocaïne, dis-je, était jusque dans ces derniers temps conrondue dans un groupe bien particulier de médicaments, comprenant la théine, la guaranine et la caféine, voire même la théobroraine, principes auxquels les thérapeutistes attribuaient nue analogie d'action à peu près complète, comme les chimistes nne analogie de composition identique.
Or voici que les travaux modernes montrent qu'il y a lieu de distinguer : la caféine est devenue un agent cardiaque de premier ordre tout aussi puissant que la digitale, et la cocaïne se trouve être Tanesthésique par excellence des muqueuses. Pour peu que les trois autres principes se montrent à lft4nnlettrt4teilettfSr«ongéaère8,'4t •l'avenir ee«faaj%eii« de. tfancher cette question, on voit de quelle merveilleuse ressourcé ces médicaments, simplement désignés il n'y a pas bien longtemps encore sous le titre de dputmopkoreê, seraient à la pratique médicale.
■ Je reviens à l'action diffusée de la cocaïne, ouplut6tj'y arrive. On peut dire qu'en dehors d'effets excitants^urles centres nerveux, traduisant chez les animaux,^sëos l^iiifluence des doses faibles, par une agitation désordonnée; une sorte d'ébriété, puis sous l'influence des doses fofte| par mi étal <ioavulsif pouvant aboutir à un véritable tétanos, en dehors, di»*je, de son action stimulante, il est unsfait^ capital dan» l'étndé pharmacodynamique de la cbcalne/sï'est Boit aàtiou paralysante de la sensibilité.
Hughes Bennett, en 1875, avait parfaitement observé cette particularité importante et concluait de ses belles exp^ riences que. la eocaine agit sur les cordons pottérieurs de la moelieHtur lés nerfs sensitifs périphériques, paralysant complètement leur action: d'oà l'anesthésie cocalnique.
Des observations identiques ont été fûtes depuis (1879- 1880) par Ton Anrep, qui signale anssi chex les chiens l'anesthésie générale et une sorte de folie joyeuse après l'injection sous-cutanée de cocaïne ; par Laborde il y a quelques semaines, lequel a pu déterminer chez les cobayes de véritables accès d'épilepsie k l'aide d'injections de cocaïne. (Voy. sur l'action générale de la cocaïne à la Corresponâance.) , -
Tous ces faits ont certainement leur intérêt ; mais V action topique analgésiante de la eocaine pour les muqueuses^ dont je vais parler avec quelques développements, est ac* tuellement la dominante dans l'histoire de ce médicament.
Étudions d!ab«tl ses effets locaux sur l'œil sain, puiS' que aussi bien ils sont ici faciles k observer et se prêtent k une analyse commode.
Karl KOller décrit ainsi ces effets ; après l'instillation d'une solution au vingtième, l'œil parait un peu vitreux ou terne et pàle; il est plus largement ouvert (lagophthalmos), ce qui donné à la physionomie du si^jet un aspect étrange ; puis peu à peu la sensibilîié de l'oi^ane s'émonsse et finit par disparaître. La conjonctive oculaire ou palpébrale, la cornée sont & ce point devenues insensibles qu'on peut les couper, les piquer, les brûler sans qu'il en résulte de douleur pour le sujet en expérience, qui n'a plus alors que la notion de
contact. Quelques auteurs ontencore signalé une diminution de la pression intra-oculaire.
La vue reste d'ailleurs intacte ; tout au plus Taccommodalion est-elle légèrement influencée, en ce sens que peutêtre le punetum proximum tend à s'éloigner; le fond de Twil reste normal (Knapp).
L'anesthésie est d'autant plus profonde, que la solution de cocaïne est plus concentrée et qu'on a prolongé davantage son contact avec la conjonctive.
De superficielle elle peut même devenir assez profonde pour qu'une opération de cataracte, une iridectomie, soient à peine perçues. En instillant toutes les deux ou trois minutes le collyre à la cocaïne entre les paupières, l'effet anesthésique est à son maximum au bout d'un quart d'heure et il dure encore, atténué, au bout d'une demi-heure.
Pendant ce temps la pupille s'est dilatée (SchrofT, Ott) assez laidement, mais elle reprend après quelques heures ses dimensions ordinaires. Bientôt ces effets disparaissent l'un apPès>i'anlre«t iout . rentre dans l'ordre sans que le sujet ait éprouvé le plus minime désagrément. Il n'aura même à redouter aucune conséquence C&cheuse de l'anesthésie cocalnique. Nous sommes id réellement dans le merveilleux.
En définitive la cocaïne rend insensibles les parties super- ; fidétles.ou peu profondes de l'œil, fait p&lir l'oigne et dilate la (nipille d'une façon temporaire. L'interprétation à donner d^ des phénomènes n'est pas suffisammeot connue ponriioe je ^'expose ici. J'igoute que cette action s'exerce avec la plus^^arfaite innocuité, et sans qu'on ait jusqu'à présent, signalé le moindre inconvénient, seulement désagréable, d^ns les- Centaines d'observations qui la reproduisent.
J'ai dit que toutes les muqueuses subissaient au même degré que la conjonctive l'action analgésiante de ta cocaïne.
Elle insensibilise, en effet, à ce point la bouche, que même les sensations de contact disparaissent ; de plus le sens du godt est complètement émouséë.
Egalement la pituitaire perd sous l'action de cet alcaloïde sa sensibilité générale, en même temps que l'olfactbn disparait. Bosworth a observé en outre que cette muqueuse devient comme exsangue, et il ajoute que ceci résulte d'une influence spéciale sur les sinus veineux, qui subissent une rétraction énei^ique presque rmmédiale par suite d'une condensation de la muqueuse pituitaire.
Le larynx, la trachée, l'urètfare, le rectum et à coup sûr l'estomac sont également rendus insensibles par la cocaïne ; il n*y a eu somme aucune exception.
On peut donc dire en thèse générale que cet alcaloïde est l'aneslliésique local des muqueuses. De plus, nous avons vu qu'il trouble profondément les fonctions du goût et de l'odorat, d'une façon tout à fait passagère. J'ajoute que sas puissants effets s'exereentches l'homme sans quïl en résulte encore ici aucune conséquence fôcheuse et qu'ils durent peu à la suite d'une simple application.
Il est probable même que tous les tissus mous peuvent perdre momentanément leur sensibilité sous son influence, moyennant qu'ils s'imprègnent facilement du médicament. Déjà nous savons qu'une injection sous-cutanée, dé cocaïne rend insensibles les tissus dans toute la petite zone de dirfusion du liquide analgésiant (Hepbum); que les plaies (Beugnier^rbeau), que la dure-mère (Fr. Franck) subissent la même action par rontact.
Les APPLICATIONS TBtRAPKtTTiQL-Bs s^^dui&eBtfaltlenient des faits que je viens d*expBi»?ized byVjTJTJglt^
hnjiBti 1885 GA2Em flBBDOMADAlftfi Dfi HÉBEGiNE ET 0& èttîatlHGtË „ ji* 4 — hi
En oculistique la cocalae est appelée à rendre d'immenses services, d'abord et surtout comme agent d'anesthésie ou d'analgésie et puis même à litre de mydriatique.
En rendant Tceil insensible, elle facilite toutes les grandes opératrons pratiquées sur cet oi^ane. L'opération de la cataracte est grâce k elle d'une simplicité étonnante, puisque les malades n'éprouvant aucune douleur restent immobiles et donnent ainsi toute sécurité an chirurgien. Seule l'excision de l'iris peut être légèrement douloureuse.
On opèr« également le strabisme après anesthésie par ta cocaïne sans que les patients souffrent beaucoup ; la section du muscle est même souvent à peine sentie.
Je n'insiste pas sur ces faits, observés par tous les oculistes en Europe et en Amérique; qaa d'ailleurs les lecteurs connaissent déjà par le bvvail de Louis Vacher (Toy. Gazette hebdomadaire du S8 novembre 4884), et je me borne à mentionner ici que la cautérisation au fer rouge du limbe sctér«cornéen, que le tatouage de la cornée ne peuvent plus être redoutés par les malades, qui tneisentOBtititlénlèmeatriM»,pendant qa'on les opère, ainsi que j'ai pu le constater souvent à la clinique du docteur de Wecker.
L'extraclion des corps étrangers de l'œil, si pénible d'ordinaire, n'offrira plus désormais ta moindre difficulté après l'iustillation du col^^ & la coctine.
Il me faudrait, je crois, pour être complet, dler presque toutes les opérations de l'ocollstique parmi celles que ce collyre rend supportables sans douleur par les malades. Bribosia va jusqu'à relater un fait d'énucléation de l'œilcomme favorable à la méthode. Toutefois le professeur Panas, dans s» très importante communication à l'Académie, indique que rceiltBilaramé parait rebelle à l'anesthésie cocaînique, de telle soiH ^oe dans les opérations de pannus, de staphjrlAmè, il fîÀt renoncer à ce procédé. Cependant Bribosia assure que méow l'œil enflammé subit l'action analgésiante de la cocaïne.
Il est encore d'antresavvices que les oculistes réclament de la coca!ne et qu'elle leur read dans bien descas d'ophthalmie. On l'a vue, en effet, calmer le&douleurs de la conjonctivite, de la kératite, de l'iritis, de riridftchoroldite, du glaucdrae même (Sorier, Abadie); atténuer laytotophobie et permettre, après la cessation du biéphorospasme, Twanen de l'œil, im • possible avant son emploi. De plus, lei walidpn préparé par la solution anesthésique supportent beaucoup mieux les insliltations de collyres irritants. Enfin comme njdriatlque d'une action fogace la cocaïne facilitera l'examen au fond de l'œil, aussi bien que l'atropine, mais sans les inconv^ents reconnus de cette dernière.
Beaucoup d'autres malades vont bénéficier de celte actioa analgésiante de la cocaïne. Tous ceux qui souffrent d'affections douloureuses du larynx sont soulagés par elle. De même que pour l'œil, l'exploration du larynx, les opérations sur cet organe mbI faeilitées {ur la bienlkisante solution. Tout récemment encore je voyais avec le doctenr Poyet un malade affecté d'ulcération tuberculeuse siégeant sur le ligament arythéno-épigiottique^ supporter avec un calme inouï la cautérisation de cette ulcération après application préalable de la solution à 5 pour 100 de chlorhydrale de cocaïne.
Ai-je besoin d'insister sur la portée pratique de ce fiait, observé tout d'abord parJetlinck etSchrœtter, qu'une solu^ tion de cocaïne ayant été portée sur la muqueuse du larynx, il devient lacile ' presque immédiatement de promener sur cette muqueuse, d'une sensibilité si exquise, un instrument
sans que le sujet en soit incï)mmodé? Le lecteur- en tirerai bien vite toutes les conséquences rationnelles. . . .
Pas davantage il ne me parait nécessaire de parler Ionguementdes applications dérivées , de l'action analgêsiant^ de la cocaïne sur la muqueuse nasale. On pourra certiûne^ ment ta mettre à profit dans bien dés cas de petites opérai tioQs ou d'exploration de la cavifé nasale; puis contre W coryza etTépistaxis même, si Ti^ëUènient la cocaïne rend la pîtuitolre exsangue, suivant lareniàrque de Bosworlh. . *
L'anesthésie de la muqueuse buccale par la cocaïne' se: produit avec la plus grande facilité et il y al& toute une séritf d'applications que la pratique trouvera facilement. On assure que les dentistes pourraient utilement appliquer la solution de cocaïne sur les caries dentaires douloureuses et poni* rendre moins pénible l'eitraêtiôn on robturation de^ dents.
La pratique doit encore rechercher quel profit on peut tirer de l'action analgésiante de la cocaïne sur les muqueuses ' tBéikrale^>mgiHaiev'nciale.'6aHv^adlieit'«Mfri»lla;>ftia!a|jtt de savoir quels résultats elle donnera au point de tue de* opérations à pratiquer sur tés muquètises ou Sur lês or>^ ganes dont elles font partie. Déjà BeaUmets et Th. Anger ont observé des effets avantageux de sa solution contre le vaginisme. Des avantages du même ordre paraissent devoir se retrouver dans le cas de fissure anale (ObisMer^ BnU< iè M^r., 15 janvier 1885).
L'ariestbésie locale de la peau par l'injection sous^Unêe de la solution de cocaïne est, je le crois, également suscep* tible d'applications. L'expérimentation nous iiidiquera dans quelle mesure il faut compter sur cette méthode et dansqueli cas elle réussiti Elle noua ^ra eaeore ai raMithéaie générale peut être facilement produite sans danger chez Tbomme par action diffusée. Voilà doncqtielqdëslacunesàcombler; je les signale à l'attention de mes confrères, assez fortunés pow pouvoir se permettre de pareilles expériences. La cocaïne devient, en effet, actoellement une véritable rareté, & ce poini qu'un de mes malades a dd payer cent Ilrancï une dose de 2v^,50 de ce médicament. Cette situation fâcheuse ne peut durer bien longtemps. Espérons enOore qu'on trouvera à ce coûteux produit des succédanés. Laborde signale la ^eltér mine et un principe extrait du boldo; il en éxiste d'aotrea sans aucun doute.
Voici maintenant quelques explications sur le mode d'emploi de la cocaïne. '
La cocaïne n'est pas'usitée en nature, en raison de son peildtf solubilité dans l'eau (704 parties); on a surtout recours aujourd'hui à l'nn de ses sels, le chhrhjfdrate, C"H<*AsO*,flCI, cristallisant parfaitement, mais en cristaux très fins, «lui le (ont ressembler à une poudre amorphe. Ce sel a une légère odeur aromatique, se dissout bien dans ■$ parties d'eaui et passe pour antiseptique et antiputride, car sa solution à 5 poiur 100 peut conserver quelques jours des fragmenté de viande.
C'est cette tolution aqueuse^ au vingtième^ qui détermine l'action anesthésique locale le plus sûrement et le plus rapidement. On peut cependant obtenir de bons résultats avec des solutions plus faibles : 2 et 2,5 pour 100.
Pour produire l'anesthésie loôde, il Suffit de porter de pareilles solutions sur h muqueuse désignée, et de prolonger le contact quinze à vingt minutes. Dés lors la sensibilité a disparu, et l'on opérera en toute sécurité. Telle est la pratique des oculistes avant leurs opérations suî^âlâ* On peut d'ailleurs [wr de niruvelles înstiltatlons einre les
GAZETTE flEBDOMADAIRE DB MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 23 Jahvur 1885
l^aMpières proloogerou rétablir l'insensibilité aussi longtemps que rexîge roi)ératioa.
. , L'anesthérie est^ il m'a semblé, beaucoup plus rapidement obtenue sur.le larynx ; je l'ai vue^ pour mon compte, presque insiantanée avec la solutionjt 5 pour 100; mais elle ne dure pas longtemps dans ces conditions, el n'est guère suffisante que poui; Texamen laryngosco pique. D Taudrait sans doute, Doujr qbtenîr des effets profonds et durables, employer comme Lublinski dés solutions & 10' et 20 pour 100. On l'obtient Sf>it,par l'attoucKement direct, en exprimant une éponge Mnj)r{£gnée dé cette solution à l'entrée des voies aériennes, ipit 4 l'aide d'un -appareil pulvérisateur, en ayant soiu de ^commander au patient de humer le nuage produit. — Les mimes sofutions concentrées de Lublinski sont nécessaires ^ui* ^nésihésiep la bouche^ le pharynx,- le nez, et probablemént aussi les àiilres muqueuses.
JAt^ onzième siècle de notre ère, aux premiers temps de la uynastiç.des Incas, la coca était considérée au Pérou comme douée lié vertus merveilleuses qui la rendaient, aux yçux du l^upleV plus précieuse que l'or et l'argent, et on l'offrait alors à la.4iTiqité; N'est-il pas remarquable qu'après neuf siècles écoulés la scUnce moderne vienne aujourd'hui justifier cette. appréciation de pauvres Indiens k. demi sauvagesen pôfis montrant que cette humble- plante renferme un principe qui, entre autres propriétés remarquables, est capable de suppriiner la douleur, la coc^ine?
■ ■ .. Eme«t LÀBB£B.
". ■ ; DU PAtli Wlltt.^t .
l'. ^e pain grillé esC en ce moment ^ , la mode ; on le recomijiande, dans des prospectus,, contre toutes les maladies, et fin pariiculier contre le! diabète. Chez les gens du monde, c'est cette def^niérç àfleçtÎQn qui paj'alt surtout éveiller l'appélit pour lé paîi» gf iïlé^ '
^'Jèxâis essayer dlexpliquer. pourquoi le pain grillé est plus digestif que l'autre. La fécule etTamidi^n sont insolubles dans Téau. Dès qu'ils sont' en présence de la diastase et à une douce ç|ia|eMr> ils passent à l'état de dextrine, d'érythro-dextripe, qui sont solubles, et enfin de sucre, produit final absorbable. Si l'on porte degrés de l'amidon, cette substance lévogyre jauAÏt et devient dextrogyre (de là son nom de dextrine) et solublé dans l'çau. Il est facile de concevoir que la dex-
Jine,.'i|)froduile..dans Téconomié, passe plus rapidement i'élal, de suçre. que la mie de pain. Dans le pain grillé, uiie grande partie, de l'amidon a été transformée en dex- ^ihç sous ^influence de ta chaleur du four. Il est donc cerfojjiemênt plu^ digestif .que le pain frais, De plus, comme il est très dur et difficile à broyer, on le garde un certain temps dans la bopche, et la ptyaline oi| diastase dè la salive avance beaucoup sa désagrégation.
..' Si quelqu'un, confondant la forme avec le fond, étaittenlé de le substituer au pain de gluten des diabétiques, il ne serait gi^.dans leTral. Le pain de gluten est le seul qui n*augménlepas la proportion de siicre dans le; urines des riiabé- Uques. Quoiqg'il soit impossible de l'avoir pur, tel qu'il est ^ans l,é f;6[);ime'rce il est encprç préférable aux autres paîns. Z Le. pain grillé est très, rapidement et complètement transT formé en sucre dans l'acte de . la digestion, el poids pour
poids en fournit autant que le pain desséchée Ce ne serait donc pas le cas de le prescrire aux diabétiques. Cependant à défaut de pain de gluten, on peut le leur conseiller néanmoins— mais alors -ce sera en connaissance de cause, — d'abord, en raison de sa propriété digestive; ensuite, parce qu'on en mange une moins grande quantité que du pain très agréable au goût. Cest certainement cette dernière conséquence qui a fait illusion aux personnes soumises à ce régime. Elles produisaient moins de sucre parce, qu'elles avaient ingiré moins de matières amylacées.
Pierre Vigier.
TRAVAUX ORIGINAUX
De L'iNFECnOM TtTBEncULEIJSE PAR LA TOlfa GANITALE.
Extrait d'un travail lu à la Société médicale des hftpila'ux dans ta séance du 30 décembre 1884-, par H. Ch. Fernet, agrégé de la Faculté'de médecine, niéddiem< de rh&pital Beaujon.
(Fin. — Voy. le nuoiéro.S.) '
D'après ce qui précède, la filiation des accidents peut être établie dans 1 orare suivant : ' blennorrhées sans doute de nature tuberculeuse; tuberculose génitale primitive; secondairement tuberculose périto néo-pleurale et enfin pulmonaire.
Malgré tous nos efforts pour en enrayer les progrès, cette maladie complexe alla toujours en s'aggravant, et au bout de six semaines le malade mourait.
L'autopsie permit de constater l'existence de toutes les lésions soupçonnées pendant la vie et confirma Texiictitude du diagnostic. ^
Examinons rapidement ce qu'on peut tirer des obsmations qui précèdent au point de. vue deTétiologie et de révolution de la maladie tuberculeuse commeucAut par les o^nes génitaux.
Relativement à l'étiologie, voilà des femmes qui, ayant eu des rapports sexuels avec des |iommes phthisiques, deviennent elles-mêmes tuberculeuses, et la localisation première de la maladie a lieu sur les organes du bas-ventre: la tuber* culose génitale est chez elles tellenient prédominante, que c'est pour cette seule maladie qu'elles viennent se faire soigner à l'hApital, et on ne trouve, en dehors dç la maladie pelvienne,
Sue dës manifestatioos commeacantes ou à peine ébauchées, omment ne pas admettre que la maladie a pénétré chez elles par tes organes génitaux ? Et quand on constate, d'après leurs déclarations, qu elles avaient cohabité a veo des hommes tuberculeux, comment ne pas éb:e amené à penser que le microbe de la tuberculose leur a été inoculé dans les rapports sexuels?
Voilà, d'antre part, des hommes chez qui nons trouvons une tuberculose des organes génilaia manifestement ancienne et une tuberenlisation des o^anes re^tiratoires : la reeberche de l'ordre d'ap^rition des accidents nous amène à penser que U localisation génitale a été la première en date ; en outré cette dernière est apparue à la suite de relations suspectes. N'est-il pas dès tors à peu près certain que, chez ces malades, la tuberculose génitale, tiui a été la première manifestation apparente de la maladie, s'est développée sur place dans tes parties mêmes où le genne en avait été déposé ? et n'est-il pas au moins vraisemblable que ce dépét s'est produit, que l'inocnlatipn microbienne s'est faite au coursde relations avec des femmes tuberculeuses ? ■
Cependant, pour donner plus de poids à cette hypothèse êtiologique, il faut chercher encoi^ed'ia^es^affankpls dont ïei-neuil n'a pas manqué 9«9litÉiidi<@y VAè-iMj^^^hce.
33 Janvier 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE GRlRURGlB — S« < — 53-
- kïa$i il sertit bien utile de pratiquer la confrAntation etde constater rexistance . simultanée de la tuberculose génitale chez tes deux conjoints. Pour cela, l'obseryation dans' la clientèle privée serait assurément plus favorable que l'observation dans les hOpîlaux ; je n'ai pas été jusqu'ici à même de trouver ces conditions entièrement réalisées, mais dans deux observations, il étaitdéjàavéréque les femmes atteintes de tuberculose génitale avaient vécu avec des individus alTeclés de phthisîe pulmonaire avancée.
Il faudrait aussi constater la présence du bacille dans les humeurs ou les produits de sécrétion qui s'écoulent des OTçanes génitaux. Ce nouveau concours de preuves ne fait déjà plus défaut : en effet, H. Babèi a présenté à la Société anatomique {Bull, de la.Soe. ànat., 1883, p. 54) des préparations qui montrent le bacille de la tuberculose dansTunne chez l'homme vivant : « C'est un fait, dit-il, qu'il m'a été donné d'observer le premier dans deux cas de tuberculose de l'appareil génito-unuaire, cas dans lesquels le diagnostic porté par moi d'après mes préparations a été contrôlé par l'autopsie. » D'autre part, H. Éabès (i6td., p. 343) a également trouve les.bacilles .de la tuberculose dans 1^ mucfnpus vaginal chez une femme qui présentait une Astule ^cïii-vàgrrïaië et autour de cette fistule des ulcérations du vagin et de la vulve: l'examen microscopique d'un petit fragment enlevé sur le bord d'une de ces ulcérations permit d'y reconnaître les éléments caractéristiques du tubercule et notamment des bacilles; mais en outre c dans les produits de la sécrétion vaginale qui était particulièrement abondante et purulente, on pouyait voir un certain nombre de bacilles de la tuberculose granuleux et agglomérés sous forme de petites boupftes >. A propos de ce fàit et de celui qui va suivre, M. . Babès ajoute c qu'il faut admettre que, dans ces deux cas, la sécretion muco-purulente des voies génitales, contenant de nombreux bacilles en voie démultiplication, aurait pu devenir ta cause d'une infection tuberculeuse par les rapports génitaux». Voici encore un fait rapporté par M. Cornil (fîttU. delà Soc. anat., 1883, p. 344) et bien intéressant au point de vue qui nous occupe. Us'agit d'un jeune hommedequinzeans^ui avait eu des relations avec une fille publique et qui fut pris d'une cystite intense: les urines étaient purulentes et laissaient tomber par le repos un abondant dépbt blanchâtre granuleux, sansmucus au fond du vase. Le catnétérisme révélait dans la vessie l'existence d'une surface fonceuse ulcérée. Orl'examen microscopique montra, dans le pus du sédiment urinaire eï dans celui qui s'écoulait spontanément de l'uréthre, des bacilles réunis en tonfiés, en faisceaux (et en outre des spores qui probablement appartenaient à la blennorrhagie^. iknsles réflexions qui suivent cette observation, Cornil fait ressortir l'importance que la présence des bacilles pré* sentait dans ce cas oà elle permettait d'affirmer Texistence d'une tuberculose delà vessie, et il pose la question de savoir « celle-ci n'a pas été le résultat d'une contagion tuberculeuse directe. Enfin je rappellerai que, dans une des observations que j'ai rapportées, le pus provenant d'un abcès phymateux péri-utérin contenait quelques bacilles (dont à la vérité, la nature tuberculeuse n'avait pas paru absolument évidente).
Assurément ce point demande de plus nombreuses confirmations: mais en somme, on peut déjà dire que, dans certains cas de tuberculose génito-urinaire chex l'homme ou chez la fbmme, les produits qui s'écoulent des ot^anes génitaux peuvent contenir le parasite tuberculeux-; donc ces tuberculoses peuvent être contagieuses.
La culture du microbe tuberculeux et l'inoealation aux animaux- des produits tuberculeux provenant des organes
Sénilaux pourraient encore appwler nn complément de émonstration à la contagiosité de la tuberculose génitale. Je ne connais pas jusqu'ici de recherches faites dans ce sens.
En résumé, d'après ce qui précède, la contagion directe par les rapports sexuels rend très bien compte du développement delà tuberculose génitale primitive, luppellerai-je» par
opposition, combien jusqu'à présent Tétioïogie de cettè afifee-; tion était incertaine et banale, discutable et discutée: outnt la diathèseqtii devait ordinairement suivre à tout, par le pluft' souvent on lie trouvait aucune causé appréciable, on invoquait quelquefois le traumatisme : M. Gosselin pourtant rejette son influence et je crois, pour ma part, qu'il pourrait bien liii devoir figurer ici que comme une des foi'més du coup dé 'pted de Vénus ; on invoquait les uréthrites d'origine vénérienne ou consëcutivesà des manœuvres dans le canal de rurèthré> chez la femme, on invoquait les avortemen.ts où les accdor chements répétés, les inflammationsutérines ou péri-utérinesy etc. Mais c'est le cas de le répéter ici avèc M. Verneuil ; 4 On peut dire des rnfiammations génitales comme de> blessurès^ qu'elles sont incapables de créer nn microbe qgéksonjiue'; elles peuvent sans doute favoriser l'entrée du parasite qui erre aux alentours d'un foyer phlegmasique ou tranmatiqne; mais il faut encore que le susdit microbe ait pu patveniP jusqu'à ce foyer par un chemin dirërt on détourné, naturel ou artificiellement ouvert » (Vemeuil^ loc. cit., p. 228),-J
N'est-il pas même vraisemblable que l'infection tubercu-|E leusc par la voie génitale es^ commune et que les exemples se multiplieront si on les cherche. La tunerculosè génitale primitive est, en-effet, loin d'étre-rare; on admet et on sait de notion certaine depuis longtemps que cette tubârctilostf est une de celles qui restent le plus souvent locales Qfqui font communément exception a la loi de Louis en. restant limitées dans l'appareil qu'elles ont d'abord envahi, s^s s'étendre, au moins pour un temps, aux organes; respira^ toires (i). N'est-il pas dès lors présumable oue le parasite a dû pénétrer par les voies où il mahifestO'd abôrd sa^pré^ sence et où il reste souvent confiné penduit un temps 41^ long? . ■ ■ - • - • ■"v'J
Il est à remarquer encore que la tuberculose génitale est surtout fréqùente dans radoleScéncti'etdâns l^&ge adulte (de quinze à trente^cinq ans), c'est-à-dire dans la période dé la plus grande activitédes oi^anes génitaux et dans celle, d<^ rapports sexuels. Les statistiques de Reclus pour la tubéM culose testicutaire, celles de Brouardel (De la tubercutiia^ tion des organes génitaux de la femme^ thèse inaug. , Paris» 1865) et de Vermeil {Des lésions des organes génitaux chez les tuberculeux, thèseinaug., Paris, 4880) pOnr .la phthîsie pelvienne de la fémme ne laissent aucun doute à cet égards La tuberculose génitale existe cependant chez les enfants et chez les vieillards, mais elle y est rare. ' (
Les relations sexuelles ne sont d'ailleurs assurément pas la condition unique de l'infection tuberculeuse par là voie génitale ; mais pour lés cas où cette cause ne peut être invoquée et où pourtant la maladie 'génitale est' primitive, il me semble qu il est encore plus simple de supposer une inoculation directe accidentelle que d'admettre qa*un microbe venu du dehors et entré par n importe quelle voie est venu se loger dans les organes génitaux en respectant toiis les autres organes par lesquels.il a dû passer.
Il ne saurait, Messieurs, entrer dans mon plan d'étudier Ici l'évolution et les symptômes de la tuberculose génitale', cette étude a d'ailleurs été déjà très bien faito dans un grflttd nombre do travaux, parmi lesquels ceux de Brouardel: etndé Reclus font autorité. Je voudrais seulement relever quelqUas
(1) Rtwlicrcbsnt -loi npporti tn labpnuloie dei arpnea fëait^us . «hAi rhwiiu me la tabercttlMB pulmonaire, HmIui {On,tutfnMlf.d»lji/i^a4e jçt'df l'onUU tubêratUmie, tbitétaaug.. Parb, in&jhTI) troino «(ue i^r lÔ eu d« Inbcrculoada Imticula eiaralnéi pendant lu «le etoa le pOiiiMii &'<lSm|guuWkvefc loin, il T a 1$ eu de IriMivnloae ii l« foi* ^nîtale el palmuiaire, et U c«a"dB'iuf bereeloas génitale Mile, loit prto 4e laMtoIllé. On iranmit pomer qae de* IMnnt pulmoiHiroii peu éteottuoa ont pu ét happer : loaia voill que, pur'SO aiUlW cas de tubercnloae gÂitUle avec autop*te, ilyà SO ca«oAla poumon eal IntAretid etlti.cat. Bûil encore le lier*, où la luberculoae ^nKale' exUte leule. Celte' ilaUltlqne tifc d4iDontre-l-«lle p«i que la liibarculMe pldiula b*i travent prliiiit(*e et loealUéa? Bt nv) doere qu'il en Mrait trèi fréquernownl aiaii, ai ou .ofaKTTait la oialadie danaw» d«but t voici, en ulTi:!, M. Salleron (cité par Kaolu)) «i^ ur j^^f^ (ttbarculoae dpltUdynuira cbei des loldala, ne IrouTOl^auliBeT^^VF PIt* tempe de* aignei évideaU de tuberoulcae pufooiuiN. . O
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particularités qui Aontreot coronaent, fious celte forme et avec ce poîutde départ, la maladie tuberculeuse constitue un Igpe clinique bien aéOni, soit qu*«llere8te limitée aux organes génitaux, soit qu'elle s'étende aux organes voisins ou aux
priiaitiTe, est quelquefois très lente, et la maladie peut rester klente pendant un temps très long : j*ai observé des hommes qai paraissaient porter, depuis des années, des noyaux tuberçnlepx, de la grosseur d'une noisette au moins, dans les épididjmes et qui n'en éprouvaient aucun trouble, au point que même quelquefois ils en ignoraient Texislence. Cette latence absolue et prolongée parait moins commune chez la femme. . Eh second lieu, la maladie reste quelquefois cantonnée daîjs l'appareil génital, et depuis longtemps on a runarqué que celte variété de tuberculose était irae de celles qui restOQt te plus fréquemment localisées.
Cependant le plus souvent elle s'étend en dehors dç son foyer primitif, et alors un des organes qu'elle envahit de préférence est d'abord le péritoine ^ cette extension est particulièrement commune chez Là feihiiie, cè qiif s'explique Wl^s ' eonnexiODS qui unissent la grande séreuse abdominale aux annnxea de l'utérus : comme l'a dit très justement Brouardel, % le 'péritoine est le véritable réaclif de l'état pathologique des organes génitaux; c'est par l'extensipn de TalTectioa k catts .membrane que notre atteniiou se trouve fixée sur ces oi|niies.(l) >. Je suis persuadé qu'un bon nombre de ces tabsrculodes périlonéo-pleurales subaigufis dont j'ai récemment entretenu la Société sont, surtout chez la femme, mais
3uetquefois aussi ebes l'homme^ le résultat de l'extension 'une tuberculose dont le siège primitif était dans les organes génitaux.
^ ' A côté du péritoine, un des oignes att;cquels la lubercuiose génitale s'étend le plus souvent, ce seul les ganglions lynipbatiques. Ce fait, déjà signalé, ne ipe parait pas avoir été suffisamment mis en relief : il exista des adénopathies pelviennes tuberculeuses tout à fait comparables aux adénopathjes trachéo-bronchiques de la plithisie pulmonaire. Ces àdéaapathies s'étendent parfois jusqu'aux ganglions situés dans -les fo^s iliaques internes, ouiVon peut facilement les fjBBtin inais allés sont ordinairement tndaleutes et il faut les ^erç^ pour t^sUiHiver.
EnAn, une fois sortie de son fojer primitif, la tuberculose mt «a propager h tpus les orgaitas de l'économie sous les formes variées de la tuberculose envahissante ou généralisée ; eUe,ai|voie surtout des colonies dans les poumons, qui, comme je Tai déjà dit, sont le principal aboutissant des maladies monitrices.
Pour les symptémes, J'en relèverai seulement deux ou trois chex l'homme et chez la femme, qui ont une importance capitale au point df) vue ou je suis placé.
Je dois signaler en première ligne, chez les malades hommes, les blennorrhées qui, dans bon nombre de cas, paraissent être l'accident initial de la maladie. Ces écoulements, auxquels Ricord donnait le nom de blennorrhagie tuberculeuse, sont survenus à la suite de rapports sexuels; souvent ils S9nt légers, durent peu et disparaissant sans traitement; d'autres fois ils se répètent k plusieurs reprises, avec ou sans cause provocatrice, ou bien ils se prolongent sans déterminer d'autres troubles sérieux. Déjà Ramier, le professeur Richet et Mougin,Reclus ont insisté sur ces écoulements précurseurs de la tuberenlose génito-urÎMdre : ils ont une grande importance en ce qu'ils permettent de remonter à la première manifestation oe la maladie et aux rapports sexuels qui peutêtre en ont été l'origine. Bien que quelques auteurs aient considéré ces blennorrhées comme une cause de la tuberqiilose génitale, capable d'agir chez un st^et prédisposé en
entretenant une irritation continuelle et eil créant Toppertu-
m BroMrM,lM.ri(., >..B».
être primitivement atteinte et c'est dans son épaisseur que se développent parfois les premières granulations, avant-coureurs aune tuberculisation génito-urinaire généralisée. M. Gufon a, dans une autopsie, trouvé des granulations
Î;rise8 de la dernière portion de l'urèihre, auprès du col de a vessie. H. Dolbeau les a vues également; il insiste sur la précocité de leur apparition, et c'est à cette lésion bien déterminée qu'il raltacoe les écoulements blennorrhéiqnes du début de la tubeirculose génitale (1).
Hais, s'il en est ainsi, ne voit-on pas combien la contagiosité de ces produits blennorrhéiques devient probable ? Quoi qu'il en soit, il faudra désormais chercher la présence du bacille tuberculeux dans le liquide de eette blennorrhée et les consUlations déjà faites par MM. Comil et Babès et que j'ai citées plus haut répondent en partie à ce desideratum ; il faudra encore la preuve clinique que pourra fournir la confrontation, et alors la démonstration de la contagiosité dit-efete' dé lA (ubereulosè par la voie sexuelle sera parfaite.
Les lésions des oi^anes génitaux profonds de l'homme qu'on rencontre le plus souvent sont les nodosités tuberculeuses de l'épididyme (S), celles de la prostate et des vésicules séminales, el quand elles s'étendent davantage, elles envahissent quelquefois les voies urinaires auDérieures, comme une de mes observations en est un exemple. De ces lésions, je n'ai rien k dire, leur étude est bien faite; je ferai seulement remarquer que la présence d'altérations tuberculeuses sur le trajet que doit parcourir le sperme avant son émission, expose te liquide séminal à être adultéré sur son passage et qu ainsi, chez un homme atteint de tuberculose génitale, ce liquide pourrait charrier des éléments contagieux.
Chez la femme, les troubles functionnels qu'entraîne la tuberculose génitale sont plus marqués que chez l'homme et la maladie doit passer moms souvent inaperçue : la leucorrhée, les troubles menstruels, quelques douleurs dans le bas-ventre peuvent éveiller l'attentioa et l'examen direct fait alors quelquefois reconuatlre des signes qui mettent sur la voie du diagnostic.
La leucorrhée dans la tuberculose génitale féminine a été insuffisamment étudiée; il serait pourtant bien important d'être fixé sur sa nature et sur l'analogie qu'elle peut présenter avec la blennorrhée chez l'homme. Ces leucorrhées tuberculeuses se rattachent-elles à une lésion de la muqueuse du vagin ou de l'utérus qui serait la première manifestation de la maladie et qui marquerait la porte d'entrée de la tuberculose génitale, lésion analogue à la granulation tuberculeuse qu on a quelquefois trouvée dans l'urèthre de l'homme ? A vrai dire, la tuberculose du vagin et du col de l'utérus (seules parties accessibles à l'examen direct pendant la vie) semblent peu communes : Brouardel n'a pu eu réunir
3 ue quatre ou cinq observations k peu près démonstratives ; ansun travail pliu récent. Vermeil en a rassemblé quatorze cas, dont quatre pour le col de l'utérus et dix pour le vagin ; enfin j'ai cité plus haut une observation de H. Babès où l'on avait trouvé des ulcérations tuberculeuses de la vulve et du vagin. Mais il est probable que ces lésions passent souvent inaperçues : en enét, étant peu douloureuses, elles peuvent rester tout à fait latentes; en second lieu, lors^iu'eues sont intra-utérines, elles échappent à l'examen direct; enfin, elles semblent quelquefois avoir une évolution rapide el
(1) Réélut, toe, eil., p. Ah et 97. Lei cblnrgiOT> Mt aiffuM «m pirllcalaritë tria Iwportaito povr la dliguavU* i€ k Mkm iê ow UanBOTitiéM hihnri gliMW : fl'eat que, bieu qu'elle! K^ni pw dovloiiranwi par flllaa*nitaM( il a u* ieitiM-
Mté irè» vive au cath^tôrliiue.
' (S) ■ Lonqa'il j ■ tnberefllM dut q«elqMa |â%^ep«lM TcMtalM, Il y» • «but L'épldUifM. . VOtarAm^ltm^mif.
23 Jawvier 1885
MÉDECINE &T DE CHIRURGIE
S eavent 6lre guéries aa moment où le médecin constate le éveloppement de la tuberculose génitale profonde : dans une observation très intéressante communiquée ici même
par Cornil {BuU. de la Soc. méd. des hôpitaux, 1879, p. 100), la cicatrisation d'une ulcération tuberculeuse du vagin et du col de l'utérus ne se fit pas attendre plus de trois semaines (1). Il en fut de même dans un autre cas rapporté par Vermeil (loc. cit., p. 125).Cette question est encore à revoir; eu tout cas, il serait utile qu'on chcrch&t dans ces écoulements leucorrhéiques, comme dans le produit de la blennorrhée masculine, le microbe tuberculeux qui serait le critérium absolu de la nature de ces leucorrhées et de leur contagiosité.
Les lésions luberculenses des organes génitaux profonds de la femme qu'on rencontre le plus communément sont, comme on sait, celles des trompes et du corps de Tutérus. Quand ces lésions se sont développées, elles ne tardent pas en général à se propager au péritoine et aux ganglions du petit bassin.
La pelvipéritonile est une des complications, on pourrait dire un des accompagnements ordinaires de la tuberculose génitale chez ta femme, et souvent c'est .& l'occasion du développement d'accidents péritonéaux qu'on est conduit à examiner les organes génitaux et qu'on y découvre des lésions, latentes jusque-14, imputables & la tuberculose (2). Ces inflammations péritonéales se répètent souvent par poussées successives qui surviennent sous l'influence de la moindre cause, quelquefois même en dehors de toute cause appréciable. Bien que parfois très douloureuses, elles ne développent pas en général une fîëvre aussi intense que les inflammations péri-utérines simples primitives; elles ont cependant une remarquable tendance à la suppuration et à la suppuration rapide. Brouardel a déjà insisté sur cette particularité (foc. cU., p. 142), dont une de mes observations est un «cemple intéressant.
Le périrome pelvien n'est pas seul affecté dans les accidents inflammatoires dont je parle eu ce moment, bien que les travaux de Bernutz et Goupil aient bien montré la grande importance qu'ils ont dans l'ensemble du travail morbide ; tous les organes du petit bassin paraissent v prendre part et notamment les ganglions lymphatiques. M. Gosselin, cité par Brouardel, a décrit une partie de ces accidents sous le nom de phlegmon subai^u à redoublements ; la dénomination me parait excellente ; je dirais pourtant plus volontiers adénophlegmon. ou avec Hartineau adéno-pelvipéritonîte, pour marquer la part prépondérante qui revient aux gangtioos lympnatiques. — Tout cela est, en somme, analogue h ce
Î[ui se passe dans la phthisie pulmonaire, où les pleurésies et es adénopalhies trachéo-bronchiqoes sont des accompagnements ordinaires de la tuberculose dont les poumons sont le siège; la principale différence parait être seulement l'acuité plus grande des accidents dans la tuberculose génitale.
Les conséquences prophylactiques qu'on peut déduire de la notion étîologîque que j'ai cherché à soutenir dans ce travail se présentent si naturellement à l'esprit, qu'elles n'auront pas besoin d'être exposées longuement. Si la tuberculose génitale est contagieuse , il e.«t évident que les rapports sexuelsavec l'individuquienestatleint exposent à des risques sérieux : il V a donc danger dans les relations intimes de la vie conjugale lorsqu'un des époux est affecté de tuberculose
(1) A pTttpM «la l'oiiMmUon do Camil. Poarnfaira «téebrë It )■ SoeiAé dM hipllauxqii'îl avaU plusieurs fou, dans ton serTico da Lonrcinc, nocoatrë des u\cératioai de nature tnil<^cjie chct de> femme* tubcrculeuict : ■ Chn les fcmmei l]rRi[>hBtiqiH!*. icrofuleufles au phlhistqHca, il y a dn iiMralions ds col pai-tlciili^ raneiit rebcIlM i|ii'0A ne partiont pas à guArlr at q«i sont de nature, ou Ivut au Doira d'ordre itibtreidaMii. a (fMd., p. 103.}
(tf Les pehrip^riloDUes qni *« proloa^nl ou se rjpilcnt avec tant de lenaeit^ chei certaines fcmines luipectes do lubcrcnlosa on sltclnles de lubcrcnloso afdr^ HMt sans doutes dles-iii^e sonTeal do nature tal>erealeaso ; il faudrait reelierchar ai, dans qwlipioa cas du moins, ollea ne loBl pas la manlfnlalioR priBailIra do Unaladie.
des organes génitaux ; et d'antre part aux périls que font courir les unions irrégulières du lait de la syphilis et de la blennorrhagie, il faut ajouter celui qui peut résulter de la transmission tuberculeuse. Deux ctiirurgiens militaires, MM. Salleron et Sommellier (cités par Reclus),ont insisté sur la fréquence remarquable des épididymiles tuberculeuses dans les casernes. J'ajouterai que, chez ces jeunes hommes, la maladie était observée dans les meilleures conditions au.
ftoint de vue de l'éliologie, dans la phase de tuberculose ocalisée aux organes génitaux, puisque H. Salleron, sur 51 cas de cette espèce, n a constate qu une fois des signes non douteux de phthisie pulmonaire.
Je voudrais déduire encore, au point de vue propbylacti-
?ue, une autre conséquence qui découle directement de étude que je soumets à votre appréciation. Si la tuberculose génitale est une affection primitive; si d'antre part elle reste souvent et pendant longtemps ane maladie localisée, ce qne l'observation démontre d'une façon certaine, il est évident qu'il faut s'appliquer à la maintenir et à la combattra dans son foyer primitif: c'est encore là de la prophylaxie destinée à empêcher le développement de la phtnisie pulmonaire on mieux de Ift tuberculose extensive.
Pwmi les maladies tuberculeuses, la tuberculose génitale est relativement bénigne : car elle a peu de retentissement sur la santé générale: elle reste souvent immobilisée dans les parties qu'elle a d abord atteintes; enfln elle est curable, soit en ne laissant comme traces de son passage que quel({ues masses fîbro-caséeuses presque inertes et presque inofiensives, soit par élimination des produits caséeux.
Un traitement général capable de relever les fonctions nutritives, une bonne hygiène et la saralinienlation; tels sont les meilleurs moyens médicaux ponr s'opposer à rextMision d'une tuberculose primitivement localisée, tels sont aussi les moyens les plus efRcaces de favoriser son extinction dans son foyer primitif. Ne sont-ce pas là, d*ailleurs^ des indications appucables i toutes les tuberculoses localisées, c'est-à-dire à la majorité des tuberculoses commençantes?
Hais, tout en étant relativement bénignes et curables, les tuberculoses génitales, comme toutes les tuberculoses localisées, n'en constituent pas moins un danger permanent, puisqu'elles peuvent, à un moment donné, envoyer de Fâcheuses cofonies dans des oivanes importants et même infecter toute l'économie. De là l'indication de les détruire, s'il est possible, dans les cas où l'on croit que cette menace peut devenir une réalité et que l'o^raiion elle-même n'a pas chance d'exercer une mauvaise influence snr un organisme déjà ébranlé. Question grave et délicate, que les chirui^ens poursuivent depuis quelque temps avec persévérance et à laquelle les médecins devraient s'efforcer aussi d'apporter leur concours, M. Trélat disaità la Société decfaîmrgie en 1881 : < La thérapeutique dm affeetions tubereulenses subit depuis quelque temps une véritable tranaform»tion ; cela tient à ce qu'on connaît mieux l'évolution de la tuberculose. On découvre le tubercule plus têt et l'on arrive tout naturellement à l'idée de supprimer son foyer primitif. > Plus tard, en 1833, il disait encore : f Aujourd'hui nos doctrines chirurgicales en présence des localisations tuberculeuses ont subi de profondes transformations. Il y a vingt ans, on n'y touchait pas, ou le moins possible. 11 y a dix ans, celte prescription souffrait quelques rares amendements. Maintenant, lorsque les conditions générales le permettent, nous attaouons hardiment les manifestations locales. Mais il faut Que 1 état général y autorise, et c'est là le point délicat qui réclamera toujours chez le chirurgien un tact médical très exercé, i Enfin il formulait le précepte suivant: c Lorsque chez un Inbercnlenx l'une des localisations wpvve l'état général, il but, si c'est possible, supprimercette localisation par une opération d'exérèse ; si au contraire ce sont les lésiona viscérales qui dominent la scène, il Au4 s'abslenic de tonte opéraHon ; la répartition ^^mî^^jis^^X^T^
GAZBTTE HEBDOMADAIRE DE MÉDEClfiE ET DE CHIRURGIE 23 Janvier i885
d^l^dâte, souvent difficile, parfois trompeuse. » (Trélat, Soc. ^échihirgief 488i et 1883, passitn.) Ces quelques phrases me paraissent résumer d'une façon parfaite toute cette impor- ■laii^é question; je ne saurais y insister ici et je ne puis que renvoyer à la discussion qui a eu lieu à la Société de chirurgie et où plusieurs membres firent des réserves sur l'opportunité dè Tintervention chirurgicale dans les maladies tuberculéttses(l).
Permettez-moi en terminant, Messieurs, de formuler sous tout<>s réserves quelques conclusions oui me paraissent justifiées par les développements qui précèdent et qui me semolent bien d'accord avec les résultats de l'observation clinique:
l'La tuberculose génitale primitive peut probablement être causée par contagion directe dans les rapports sexuels (celle conclusion n'est que l'abrégé de la formule donnée par le professeur Verneuil)- Aux diverses sources d'infection tuberculeuse déjà connues ou soupçonnées, il faudrait donc ajouter l'infection tuberculeuse par la voie génitale. . 2* Il faut tenir pour suspectes les blennorrhées indolentes qui se montrent cnez certains hommes à la suite de rapports sexuels, surtout lorsqu'elles ne sont pas consécutives à la ttlennorrhagie proprement dite ; quelques-unes de ces bl^n- 'norrhées paraissent être de nature tuberculeuse, On en peut dire autant de certaines leucorrhées chez la femme. La recnerche do microbe tuberculeux dans les nroduits de ces blennorrhées et de ces leucorrhées jugera la question.
3" Les rapports sexuels avec un sujet atteint de tuberculose génitale exposent & la contagion directe ; ils présentent donc un risque qu'il est sage d'éviter.
4"* Un des principaux dangers de ta tuberculose génitale réside dans la possibilité d'une infection générale secondaire; il faut donc poursuivre sa guérison par tous les moyens, au besoin même la supprimer par une opération chirui^cale.
CORRESPOimANGE
AU CONlTt DE KtDACTlON DE LA t GAUnS BEHlOIIAPAIRE a
Em^oI *■ chlorkydrate de cmmIm contre mmo ImtjmgiUi «« —e JyfiMBle chcs mm «vhvrcHlenx. AeeMeats de
. ' ' Olonuc (H^raull), 0 jinvier 1885.
Obs. — h y « environ dix jours, M. le docteur Aysaguer vial voir un de ses ancieDs malades de Paris, résidant Bctuellemeot dans l'Hérault. Ce uialade, tulierculeux, avait eu souvent recours à ce laryngologiste, qui, grâce à des insufflations d'iodoforme ou de chlorhydrate de morphine, avait pu calmer les douleurs laryngiennes et pharyngiennes. J'avais moi-même continué avec succès -ces insufflations; mais elles ne produisaient aiicun bon effet depuis environ un mois. L'épiglotle était ulcérée, hypertrophiée et très douloureuse. Le passage du moindre liquioe alimenlairc était frés douloureux.
Nous eûaes recoure, H. Aysaguer et moi, au chlorhydrate de eocalqe. Voici la solution iemployée ;
' ¥ Chlorhydrate de cocaToe i gramme.
Alcool reelillé 2 —
Eau distillée 10 ~
Deux fols par jour, le malin à dix heures (heure du dcjeunerj, le soir A six lieures (heure du dlner^, nous avons fait à l'aide d'un pinceau recourbé, sur l'épîglotte et tout autour, des badigeonnages avec la sotolion précitée de chlorhydrate de cocaïoe. Oref,
(1) On tnnvm encore coIIa qUMiion irallé«, avee lu d^vdopiiemeiiU qa'eltc L-omporfa), dans k IbitM d'atr^Ration de Cli. Rflaton (£« taitrcule Aani Ut afftc- (iona ehirurgiraiu, llibw d'agrû^., Paris ,1S83) cl^dana la ihcao inaugurale n!ccnic do M. Petilut {De i'intervenUon chirurgicale dani la tubereulote externe, yhbte ■naiif., Paril, 18S4) h laqwllo j'ai «mpnintj les d^lalla qnf pr<<cèdeii(; wtic t)ii<«c, q*l a éU fUtt soufl llnapînitktn dt noir» collècue Qouilljr et qui réwnMl'«s|iérie«ce ddjk éVoaduo de re cmmrfîcn diHinfiHï, eu ce «mmi» fftveriiblo k l'inlemnUon clilrurciralo pI d^tcrniiiii* avpf «niii ht rirrnixin tm nù fW' pi>ul iltt pTlîeaot.
en six jours, la solution précitée a été épuisée. Or voici ce qui s'est produit localement et généralement :
{" Cinq inioDtes environ et quelquefois immédiatement après le badigeonnage, Je malade éprouvait dans les régions laryngienne et pharyngienne un senliment de fraldieur ressenti même dans la trompe d'Eustacbe; il y avait, disait le malade, < dans la gorge et dans les oreilles an sentiment de fraîcheur et d'apaisement vraiment agréable >. Cinq minutes après le badigeon najge, la dysphagie cessant, le raafade avalait facilement des aliments solides et liquides. Cette facilité de déglutition a persisté sans cesse et a duré le jour et la nuit. (La nui^ le malade boit do bouillon concentré quand il s'éveille.)
2° Et c'est là le point aueje veux signaler, dès le troisième jour le malade a été plongé aans un abattement tel qu'il ne pouvait fiiire deux pas dans sa chambre; l'intelligence, très lucide, était atteinte chez le malade c d'une désespérance accablante > (sic).
nouls (100 pulsations) était fliiforme; le sommeil lourd, agité -et fatigant. Au réveil, une sensation de prostration complète anéantissait le malade. Avant les hadigeonnages, ces phénomènes ^ient loin d'être aussi accentués.
Au bout du huitième jour, je refusai au malade lui-même de continuer la médication, el je ne Ils plus qu'un badigeonnage par jour. Il y a deux jours qu'il n'en a plus été fait aucun. I^e malade pourtant déglutit sans douleur,; la prostration a disparu; la somnOIence'a cessé, et l'estomac, qui était devenu paresseux et dé-
Soûlé (il était lui aussi anesthésié), demande des aliments et igère bien. Le pouls est plein et bat 90 pulsations. Conclusion, — Dans une laryngite ou pharyngite tuberculeuse, lorsqu'il faudra faire des hadigeonnages joumtdiers, surveiller les phénomènes généraux précités, et s arrêter on intercaler (par plusieurs jours d'intervalle) les hadigeonnages au chlorhydrate de cocaïne au dixiteoe.
D' Jules RoDQinrrE.
SOCIÉTÉS SAVANTES
A«M<éaMo de« aeleHee*.
SfiAMCE DU 19 JAKTIER 1885. —PRÉSiOEMCE DE M. DOOLET.
Sur la vitauté des geahes de hicrodes. Note de H. E. DucLAUx. — L'auteur a recherché si des germes de microbes, conservés à l'état humide dans le liquide où ils se sont développés et qu'ils ont transformé, pouvaient résister pendant plusieurs années à l'action de températures supérieures à celles des points les plus chauds du globe.
Sur 65 ballons soumis à l'expérience, 15 ont conservé leurs germes féconds après vingt et vingt-cinq ans. Et, sur ces 15 ballons féconds, H. Ouclaux a trouvé un certain nombre d'espèces connues et plusieurs espèces nouvelles. Il cite, parmi ces dernières, le Tyrothrtx tetiuiSf qu'il vient de réensemencer pour son 25* anniversaire de séjour dans son ballon et qui se rajeunit et se développe aussi rapidement que si ses germes dataient de la veille. Chez lui. on ne constate aucun symptôme de vieillesse et il esl probablement encore très éloigné du moment de sa mort.
Le choléra DANS LES HOPITAUX DE PARIS EN 1884. Note
de H. Emile Rivière. — Ce nouveau travail relaté les faits ui se sont passés dans les hôpitaux civils de Paris depuis le décembre -1884 jusqu'à fa fin de l'épidémie, le 15 janvier 1885.
Voici les chilTres relatifs à cette période :
40 choléi'iques venus de l'extérieur et notamment dti XI' arrondissement de Paris et d'Aubèrvilliers ; le dernier remonte au 28 décembre ; 3 cas intérieurs; 2â décès, dont le dernier date du 31 décembre, et 120 guérisons ; décès et guérisons se rapportent tant à ces malades qu'à des cholériques entrés antérieurement au 1"' décembre. Les derniers malades ont quitté rh6pital, complètemontguéris, jeudi der-
En résumé, pendant Ëligitizfaid t^i ■(^^Qgïlme, «lu
Janvier 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE N" 4 — 57
 novembre 1884 au i5 janvier 1885, on compte 1080 cas traités dans les hApitaux et 587 décès, soit 54,35 décès pour 100 cas.
Sur quelques phénomènes se rattachant aux actions d'arrêt. Note de M. H. de Varigny. — Un exemple d'action d'arrêt empêchant un mouvement de se produire a été récemment observé par l'auteur, qui a pu noter aussi dans quelles conditions le pliénomëne peut se rencontrer.
L'expérience a été faite sur un muscle d'une grande holothurie de la Méditerranée, le Slichopus regalisy muscle constitué par des ûbres lisses très allongées et très grandes. Les phénomènes d'arrêt qu'il a constatés ont consisté dans un retard de la contraction el dans rallongement du muscle.
*M<*mlc de médeeUra.