SÉANCE DU 20 JANVIER 1885. — PRÉSIDENCE DE H. BERGERON
Jl. la miiiUlro de l'intlroclkm pultliqua ot des boaux-arU Iraïuiut l'anipluilioa d'uifUeret M. !• PrWdciit da la MpaUlqu» ippnmvMl IWwIlpn da H. Schnlwnlwrsar comme nenbre liinlaîn dins h hcUor da phyti(|ne et <l« chîmio luMicalci. — Sur l'Invitalion du M. le Prëiident, M. Schtttxenberger prend (ilice parmi ses collipiei.
U. A, MibU'Biwaréa te fort» candidal à ta plaça déelarëa va«anta dant la section de tbdnpenUqw at dliiatoira nataraile lOiîdiCBla.
HM. lei docteurs DuMm et Couruerant enroient de» Plit eûehetii, dool le âépdl ett aecepU, nr i'emj^^ de la cocaïne.
M. la daelevr CmmI adreiM le 2* raaciculo do aon liiaMra d« dmetUret.
M. le Seeritairt perpétuel pr^ento on rolone ajasl poar titre ; Lei travaux du Laboratoire de phj/tiolegie de la FacutU àe ttùdeciiu de Parie, publid |iar H. le doclear J.-V. Laborie, el ddpau : 1> au nom de V. P. Pourquier, yitéri- Daira k Hon^llier, un ndiBoire inliiuK : Neuteliee reeherekei tur la variole ovinê) 9* da ta part de H. le docteur Jaaiiehenlu (de Hoteou), uiia brochure ayant pour titre : Die neue Aniiehl ûèer Kraakheiun tuid deren Behaudbtnç: S" RD nom de U. le ducleur Pariiû, la Iràduction en langue yrecqao da Prieit i'hittaire de U midecine do U. la docteur /. BouiUtt.
M Bf^ÊriblfBeaMmei» ddpoaa 1 1* la rAM^marioa du Rapport da M. la dafllaur IVornu iiirr<[pUdM< d<cMA«dP«rj4«ilST3; » au dooi da U. la docteur fioRamy, noa heiatim ét» cat de cheUra oburvéi en I8S4 dan» tee pavitlone d'ieetement ittMti à t'Mpital de Sanlee-
K. Th. Houuet présenlOt da la part de N. lo doctoar A. FoviUe, un ouTrace lur la légUtaiion rrlaliwe aux alUné» en Anfleierre et en ieout.
U. Jnnslleieek ddpose au radowlra maaiuerlt da U. A. YiUtert, lur Is formalion iet ptomainei dan* le ehMra.
H. Peler offre, au nom da 11. le docteur Arlftuif, un ouvrage ayant pour titre ; électrieUi italique, tiiaii«el pratique de iee appUeatiani méiicala.
Décès dë M. Cuereau. — M. le Président Tait pari du décès de M. Chereau, membre associé libre, et exprime, en termes très distingués, el applaudis par TAcadémie, les regrets que cause Ta perte de cet érudit el parfait nonuète homme.
ELEcnoM. — Par 59 voix sur 71 volaots, H. Tourdes (de (Nancy), pnésentô en première ligne, est élu associé national. H. Darand-Fartiel (de Vicny) obtient il voix el M. Desgranges (de Lyon), 1.
Prix Godard. — M. Polaillon lit un rapport sur le concours du prix Godard en 1883; il signale tout particulièrement un mémoire de M. Nicolich (de Trieste) sur ia sclérodermie des adultes et le Précis théorique et pratique de V examen de l'œil etdelavisiottf par U. le docteur Ghauvel, médecin principal de l'armée, professeur à l'Ecole du Valde-Gràce.
Dépopulation de la France. — M. Gustave Lagneau étudie, au point de vue démographique, la diminution de population de certains départements de France. Il montre que de 1836 à 1881. 26 départements ont vu leur population décroître de 048027 habitants et ont perdu en moyenne 7 sur 100 de leurs habitants. Ces départements, répartis en quatre groupes principaux, sont l'Orne, l'Eure, le Calvados, la Manche, la Mayenne, la Sarthe, l'Eure-et-Loir et la Somme, le Puy-de-Dôme, le Cantal, le Lot, le Lot-et-Garonne, le Tarn-et-Garonne, le Gers, les Basses et Ilautes-Pyrénées el
l'Ariège, tes Hautes et Basses-Alpes el Vaucluse, enfin le Jura, la Cète-d'Or, la Haute-Saône, la Haute-Marne, les Vosges et la Meuse. Toute diminution de population tenant & l'excédent de la mortalité sur la natalité, ou de l'émigration sur l'immigration, H. Lagneaa reconnaît d'abord que 25 de ces 26 départements doivent à l'émigration la totalité ou nue
eart plus ou moins grande de leur diminution de population, 'ans 26 départements à population décroissante, le Lot-et- Garonne seul présenterait une immi^ation plus grande qne l'émigration. L'excédent d'émigration présentée par les 25 autres tient principalement à l'altraction qu'exercent les villes d'autres départements sur les campagnards de ces départements à population décroissante. Cette émigration des ruraux vers les villes est très regrettable, car dans les villes, en particulier à Paris, les naissances, si on les rapporte aux adultes, sont aussi nombreuses (89 au Heu de 102 en France pour 1000 hommes de quinze à cintiuaote ans), les naissances illégitimes sont plus nombreuses (47,4 au lieu de 18 sur 1000 en général); ces naissances illégitimes sont suivies d'une mortalité plus de deux fois supérieure (de telle sorte que de zéro à vingt et un ans, âge de rappel au swviee militaire, il en saccombe de 740 à 743 au lien de 332 à 346 sur 1000 garçons); la mortalité générale est plus élevée (26,2 décès an lieu de 22,5 sur 1000). Le déplacement dès ruraux vers les villes est donc une grande cause de la diminution de la population.
L'immigration vers les pays lointains, vers les colonies, plus de 14 fois moindre que l'émigration d'un département à l'autre, des campagnes vers les villes, ne parait pas être aussi préjudiciable. Certains départements, comme celui des Basses-Pyrénées qui parait fournir le plus d'émigrants pour les pays lointains, après avoir vu leur population diminuer
Sar une émigration trop rapide, mainlenanl que le courant migratoire semble s'être établi régulièrement, voient de nouveau la population s'accroître, une natalité plus considérable venant combler les vides laissés ^r l'émigratioa. L'émigration lointaine en déterminant une importation considérable améliore les conditions biologiques des habitants restés dans la mère patrie, et eonséqoemment diminue lenr morbidité et leur mortalité. Mais \ea émigrés enx-ipémes se trouvent dans des conditions très différentes suivant qu'ils se fixent dans on pays salubre, comme le Canada, l'Algérie, où ils vivent et procréent une nombreuse descendance, ou dans un pays insalubre, comme le Sénégal, la Guyane, oà ils ne peuvent résider sans compromettre leur santé, souvent leur vie.
Les départements devant la totalité ou une partie de la diminution de ta population à l'excédent de la mortalité sur la natalité sont au nombre de 8. Quatre, ceux de l'Eure, de l'Orne, du Calvados, de la Hanche constituent le groupe normand depuis longtemps remarqué par sa déeroissance, tenant non à la giandc mortalité, mats exclusivement à la faible natalité. Un second groupe est constitué par les départements du Lot-et^aronne, du Tarn-et-Garonne et du Gers.
D'ailleurs, d'autres déparlements présentent é|nUemeut un excédent des décès sur les naissances, bien que leur population ne décroisse pas, Timmigration venant combler les vides laissés par l'excédent de mortalité. En 1883, ces départements à excédent de décès sont au nombre de 29, répartis pour la plupart en Normandie et dans les régions voisines, dans le bassin de la Garonne, mais aussi au sud des Alpes et dans la Provence. La faible natalité de ces départements ne peut être attribuée à une inaptitude procréatrice ; elle n'est due qu'au désir des parents d'assurer à leurs enfants une
Eosition au moins égale à celle dont ils jouissent eux-mêmes, a natalité, par suite, devient proportionnelle aux carrières, occupations, débouchés suffisamment lucralifspour rassurer le sentiment de prévoyance des parents* Au^oint^e-yue ln> dividuel, cette faible natalité de QiSifi^^Xliyys^jM^^
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avantageuse, en mettant l'enfant procréé dans de meilleures conditions biologiques, et conséquemment en diminuant pour lui les chances de maladies et de mort. Au point de vue national, la décroissance de la population, due à la faiblesse de la natalité, en temps de paix détermine une immigration considérable d'étrangers (1 001 090 en 1881), qui, plus économes que nous, tout en se chargeant des travaux les plus jpénibles et les moins rétribuées, non seulement vivent, mais Tont de notables épargnes. Si cette faible natalité continue, par^uite. de Taccroissement de notre population trois ou quatre fois moindre que celui des populations de l'Allemagne et de l'Angleterre, il est à craindre que la France perde de son importance poIiti(|ae, et se trouve dans des conditions d'infériorité numérique de plus en plus f&cheuses pour les guerres futures. — Sur la proposition de H. Rochard, la discussion sur la communication de H. Lagneau sera ouverte dans une séance ultérieure.
Choléra. — M. Proust commence le dépouillement d'un certain nombre de rapports adressés par des médecins au sujet de la dernière épidémie de choléra. On y trouve des renseignements d'un grand intérêt sur l'éliologie de la maladie, qui a presque toigours débuté par voie d importation* G'ett ainsi qàe, dans le département des Hautes-Alpes, à Gap, les premiers décès ont «u lieu auprès d'un ruisseau qui ■sert ft la fois d'égout collecteur et pour ralimentation de la ville en eau potable; un grand nombre de réfugiés de Toulon et de Marseille étaient domiciliés sur ses rives. A Couche, la première victime a été une femme ayant reçu et ouvert une malle renfermant des effets qui avaient appartenu à un 1 cholérique mort à Toulon; à La Pegnère, hameau isolé dans ; les montagnes, c'est une femme ayant reçu de Marseille des | effela pour son nourrisson qui a succombé la première ; | l'épidémie s'est propagée de proche en proche, gagnant les villages en aval. Dans le département de l'Yonne, à Noyer, le premier malade a été un homme revenant de Puits-Ie- Bon, où régnait le choléra ; les décès qui suivirent se produisirent autour de la maison habitée par lui, à la suite d'un violent orage ayant troublé l'eau de puits du quartier ; toutes les maisons étaient dépourvues de fosses d'aisancea. A Laporta, en Corse, répidémie a débuté par la mort de la bello-mère d'un facteur des postes de Marseille qui avait deux jours auparavant ouvert la malle de son gendre i sa belle-sœur, qui s'était tenue près d'elle pendant sa maladie, succomba peu après, puis un horan^e hanitant la maison en face et sous les fenêtres duquel on jetait les déjections des
Ëremières victimes. Dans un grand nombre de villages de la rème et de la H au te- Garonne, le choléra a été importé par des personnes fuyant Toulon et qui ont créé manilestement autour d'elles des foyers rayonnant au loin.
— L'Académie se forme en eomité secret pour voter les conclusions du rapport de M. Polaillon sur le concours du prix Godard en 1883 et entendre la lecture d'un rapport de M. Léon Le Fort sur les candidats au titre de correspondant étranger dans la division de chirurgie. La liste de présentation est dressée de la manière suivante : 1° M. Krassowski (de Saint-Pétersbourg); 2* H. Sayre (de New- York); 3° M. Panum (de Copenhague).
■■■ilèté dm «lOrarsto.
SfiAIfCE DD 14 JANVIER 1885.— PRÉSIDENCE DE H. MARC SÉE.
Boit* d« la dlMitwkni «or le panaament des plalea d'amputation du Min : XK. Trttat. PeUdUoa, I>eaprèa. Tllteux. TananU, x.nom- Cliamptomiiera. — Prtaentatlon da malada : K. 8<aiwarts.
H. frétât craint que tont le monde n'ait pas compris com-
{ilètement sa pensée lorsque, dans la dernière séance, il a iitt connaître sa méthode préférée dans le pansement des
plaies opératoires du sein : aussi vient-il lire une courte note qu'il a pris soin de rédiger, et qui est, pour ainsi dire, sa profession de foi en cette matière. Il déclare qu'il n'est pas éclecti^ue^ mais systématique, en fait de réunion desplaios • il réunit toujours les plaies opératoires, aussi bien celles qui succèdent à l'ablation de la mamelle que celles qui résulten de l'amputation d'un membre. Sans doute, on trouve parfois, mais beaucoup plus rarement qu'on le croit générafemenl, des plaies du sein extrêmement étendues et où la réunion est impossible; dans ce cas, on est bien obligé de s'abstenir de réunir, mais non d'opérer, et H. Trélat n hésite pas, cela va sans dire, à sacrifier le principe de son pansement à l'urgence opératoire. Une des conditions de réussite de la réornion par première intention a été rappelée très judicieusement par M. Lucas-Championnière, c'est Vasepsie parfaite de U plaie, et M. Trélat y insiste avec beaucoup de îorce et fait également ressortir la nécessité absolue d'un bon drainage. Certains chirurgiens prétendent que la réunion favorise la récidive ; c'est là, pour M. Trétat, une assertion à vériGer par le dépouillement d un nombre considérable de cas; jusqu'à ce que cette preuve soit faite, cet argument ne saurait avoir aucune valeur.
H. Polaillon aannoncé au cours de la dernière discussion qu'il n'avait jamais eu de mort à la suite de l'amputation du sein; c'est une erreur qu'il lient à rectifier. En partent ainsi il avait en vue la mort par complications, comme par exemple l'infection purulente et l'érysipèle; aucune de ses malades, en effet, n'a succombé & ce genre d'accidents, maïs une d'elles, la seule qu'il ait perdue, est morte de phthisie galopante évoluant très rapidement après une ablation d'une petite tumeur ulcérée du sein droit. Il s'agissait d'une femme de cinquante ans environ, ayant eu des bronchites à diverses reprises, mais ne présentantencore aucun signe stéthoscopique lorsqu'elle vint réclamer les secours de la chirunsie pour une petite tumeur ulcérée du sein droit. L'opération fut pratiquée sans incident à l'aide de deux incisions courbes, on ne fît pas de réunion. Pendant deux jours tout alla bien, mais le troisième jour la température s éleva, bientèl la malade fut prise de dyspnée et ae cyanose, et l'auscultation révéla dans toute l'étendue des poumons des ronchus et r&les caverneux. Le vingt! ème jour la malade succomba, et à l'autopsie on trouva une énorme caverne au sommet du poumon
Î:auche, de très nombreuses petites cavernules dans toute 'étendue du poumon droit, un semis de tubercules sur les deux plèvres. Le foie, la rate, les autres viscères étaient absolument sains, et dans aucun organe on ne Irouvala moindre trace d'abcès m étasta tiques. La malade est manifestement morte de phthisie galopante, et c'est principalement dans l'existence et l'évolution simultanée de ces deux diathèses, dont l'opération a précipité la marche de l'une, que |^t tout l'intérêt de cette observation. M. Polaillon répète que c'est le seul cas do mort qu'il a eu & enregistrer après rampulatïon du sein ; sa statistique comprend trente-huit faits. Ces heureux résultats, il les attribue à l'antisepsie et à la réunion immédiate, qu'il a pratiquée toutes les fois qu'elle était possible.
H. Després soutient que te désir de faire la réunion par première intention empêche le chirurgien de dépasser les limites du mal, et que sans le vouloir il fait des plaies parcimonieuses, des extirpations incomplètes. Voilà pour lui le danger de la méthode qui préconise la réunion. Il faut, pour une tumeur de la mamelle grosse comme une noix, ne pas hésiter à sacrifier toute la glande, si l'on veut se mettre en garde, autant que cela est possible, contre la récidive; c'est le même principe qui veut que, pour une tumeur maligne du tibia, un sarcome par exemple, on ampute au-dessus du genou en pleine cuisse. M. Després croit que de semblables pertes de tissu, surtout lorsqu'elles portent sur laoeau, sont mcompatibles avec la réu0jpjgyï|^lftt^OO^lC
23 Janvibii 1885 GAZETTE HEBDONADAiftE DE HÉDEÇIII'B ET J>B GHfaUHjftlE
M. TUlaux se déclaré partisan de la réunion |>ar pUHaière intention pour toutes \p& plaies opératoires, il n'y a <\m des avantages à retirer de celle pratique; les malades guerWnt vite ; ils ne sont pas eiposés aux nombreuses complioation^qui menacent une plaie iarge, exposée à l'air, suppurant pendant plusieurs semaines; enfin la cicatrisation rwulîère linéaire ne laisse pas aux opérés ces tissus durs, lardacés, à vitalité précaire, qu'on voit succéder aux pansements à plat. H- Verneuil est venu déclarer au'il a commencé par faire la'réunioo immédiate, et qu ensuite il l'a abandonnée, vu ses dangers. H. Tillauxasuivi une évolution ^bsolumentopposée, il a fait d'abord le pansement ouvert, puis frappé de ses inconvénients il s'est mis à réunir. La méthode antiseptique et le drainage sont les deux conditions indispensables du succès de la réunion ; les anciens n'avaient ni Tune ni l'autre, voilà pourquoi ils ne réunissaient pas.
H. Trélat repousse l'opinion émise par H. Després, que les cfairurtiens désirant réunir par première intention restent en deçà {{es limites du néoplasme. Leur extirpation est aussi complète que celle des opérateurs qui ne réunissent pas; c'est à cette condition seule, que l'extirpation soit totale, quo la comparaison entre les deux méthodes de pansement peut être fiute.
H. Vernmil ne pense pas que la réunion immédiate favorise la récidive du cancer du sein; il ne lui adresse pas ce reproche, mais il croit que le plus souvent l'élendue de la plaie nécessitée par l'ablation complète du néoplasme ne permet paa la réunion.
H. Trélat, contrairement à M. Verneuil, soutient qu'il est tout à fait exceplionnel qu'on ne puisse réunir la plaie résultant d'une extirpation totale de la mamelle dégénérée, même lorsqu'il existe un engorgement ganglionnaire étendu. Il ne peut dire dans quelle proportion on rencontre celte impossibilité de réunion; dans sa pratique déjà longue, il n'a dû renoncer à la rétinion qu'un très petit nombre de fois ; il prie ses collègues de la Société de faire connatlre le résultat de leur expérience à ce sujet. La pratique de la réunion immédiate des plaies opératoires en général et de celles du sein en particulier est, avec l'emploi des procédés antiseptiques, la cause de l'abaissement considéraole de la mortalité des opérés. Tandis que les chirurgiens perdaient, il n'y a encore
3ue q^uelqnes années, 80 à 00 pour 100 de leurs amputées u sein, aujourd'hui ils n'en perdent qu« 6 pour 100 environ, et peot-étre même que 3 ou 4 pour 100, chiffre offleiet du dernier congrès des chirurgiens allemands, si les souvenirs de l'orateur sont bien exacts.
M. Lucas'Championnière se prononce très catégoriquement pour la réunion immédiate; une seule fois il n'a pas pu ta faire, étant donnée la très grande étendue de la plaie, il s'élève contre l'opinion émise par H. Després que Ies<Âîrurgjens qui réanssent ne font que des extirpations parcimonieuses partielles; bien au contraire, ils poursuivent le néoplasme et les ganglions engorgés dans tontes leurs racines, n'ayant pas à redouter la lon^enr de la suppuration et la production d'un tissu de cicatrice, qui mr sa rétraction peut ultérieurement gêner les mouvements. La réunion immédiate est nn principe de pansement dont M. Lucas-Championnière ne se départit pas, même en présence d'une plaie confuse; après avoir rendu de tels foyers aseptiques, après )es avoir sufilisammeut drainés, leurs lèvres sont réunies, et depuis quatre ans une pareille pratique n'a donné lieu à aucun erysipèle, ni à aucune autre complication.
— M. Schwartz présente un malade chex lequel il a pratiqué avec un plein succès la suture du bout périphérique des deux tendons extenseurs du pouce au tendon de l'extenseur de l'index dédoublé.
Alflred Poussok.
SftANGB DD 14 JANVIER 1885. — PHfiSinEHGE DE H. DUHOHME.
PrfBntatlon draavngùa. — PropriftO» ttfcfi^— tIqaM dan aoixda kote (H. HoauMt) : X. IkBludla-SMraaMi. — Oa l'anklpsrTtaè r XC. Dnjardin-BMiamstx.— App«r«U pour Injaotlou lntraT«ltt«awa dana le choléra : H. Roassel (ds Oanive). (Dléousclon : HK. Qadet dé Oanloourt. Bnoqnoy, G. Paol. Baiordla-BMimiMi, l^Btttwtl-lbrtln. Pèriol). — Solution do omIUm pour las lajootlonii liypodermlquea : M. Tanret.
H. Delpeeh prononce une alloenlion en quittant le fauteuil
de la présidence.
— H. Duhomme, en prenant place au fauteuil pour l'année 1885, remercie la Société de rhonneur qu'elle lui a fiiit en l'appelant à la présidence.
—M. Lereàoullet pTé»»nt& une brochure de H. Goldschmitt, ayant pour titre ; un ctu de dyspepsie goutteuse^ suivi de quelques observations sur le$ lavements nutritifs. — Il dépose paiement sur te bureau l'éloge funèbre de Fonssagrives, par H. Gorriveau.
— M. Campardon fait hommage à la Société de son travail sur te (hym.U signale les propriétés excitantes des prépara^ tions de celte plante, et son efficacité dans les cas de chlo*rose où le fer est mal supporté. — U présente également un échantillon de bromtd hydraté, sel employé surtout eu An^ gléterre comme succédané de rhydnte de chtoral.
M. C. Paul rappelle que Bouley employait avec succès les préparations de tnym dans les cas de dyspepsie.
— H. Dujardin-Beaumetz présente la thèse d'un de ses élèves, le docteur Monnet, nu la noix de kola; à cette thèse sont annexées des planches dessinées par nn explorateur, U. Coflinières de Nordeck, représentant le fruit qui renferme les noix de kola, ainsi que les feuilles et farbre lui-même. Des expériences auxquelles s'est livré l'auteur il résulte que ta noix de kola possède une action plus poissante que la caféine comme tonique du cœur. Elle posséderait également, d'après H. Honnet, un certain pouvoir diurétique. Ses effets antidiarrhéiques sont très marqués et dus au tannin qu'elle renferme en notables proportions.
H. Campardon a donné plusieurs fois les préparations de kola; leur action tonique sur le cœur est très évidente.
M. Blondeau demande si l'infusion de kola est aussi agréable que le café.
H. Dujardin-Beaumetz. Cette infusion n'est évidemment qu'un mauvais café ; mais il est probable que, dans le pays même, l'infusion, faite avec la noix fraîche est plus savoureuse, car les indigènes en sont friands.
M. Ddpech trouve surprenant que la kola ait des propriétés difffirentes de celles de la théine ou de la 6iféino, puisqu'elle agit par la quantité relativement considérable de ces deux alcaloïdes qu'elle renferme.
M. Dujardin-Beaumetz fait observer que des substances isomériques ne possèdent pas toujours le même mode d'action; ainsi la théine, la caféine, la eocftine, ainsi que la guaranine, sont des corps isomères, et leurs proprims physiologiques sont très différentes.
H. C. Paul rappelle que la substance vendue dans le commerce sous le nom de caféine est «ilraite du thé. C'est donc bien plutôt les propriétés de la théine que celles de la caféine qui ont été observées.
60 - N» 4 - GAZBTTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRDRGIE 33 Janviea 1885
— M. Dujardin-Beaumetz a reçu de I*anUpynne de Sarreguemines, mais il l'a bit analyser, car elle présentail un aspect différent de celle qui provient d'Allemagne. Cette antipyrine n'est gu'un mélange de sulfate de quinine et de sucre candi. Cette fraude est grossière, puisque la substance frelatée est peu solable et n'offre pas la reaction rouge caractéristique avec le perchlonire de fer.
M. Cadet de GaseicouH fait savoir que l'administration des hôpitaux fournit de l'antipyrine aux médecins qui désirent la prescrire.
M. FéNol a employé dans son service l'antipyrine qui lui a été fournie par la pharmacie Petit ; il en a donné 3 j^ammes, en trois doses, à un lypholdique dans l'espace de six heures» et a obtenu un abaissement de température de près de 3 de*
Srés. Dans sa clientèle de la ville, il a administré 1 gramme, 'antipyrine à une jeune femme atteinte de scarlatine : la température, qui était à six heures du soir de plus de 40 degrés, était descendue, à onze heures, à 38%7. Il a observé chez cette malade des sueurs assez abondantes, suivies d'un peu de faiblesse et d'un léger degré de coHapsus.
M. Roussel (de Genève) a administré l'antipyrine en iigectioDS hypodermioues à la dose de iO à 15 centigrammes. L'aba^sement de la température a été aussi prononcé (|u'avec 2 grammes du médicament introduit par la voie gastrique, et s'est montré plus durable puisqu'il a duré environ douze heures. Il persistait le lendemain matin.
H. Cadet de Gassicourt hii observer que l'abaissement de la température, lorsque l'on administre le médicament par la bouche, présente une durée essentiellement variable suivant les différents cas.
H. C. Paul croit que H. Roussel s'est placé dans de mauvaises conditions pour apprécier la persistance de l'abaissement de la température, puisque la remission fébrile matinale est un phénomène normal. Il faudrait pratiquer l'injection bypodermlq^ue dans la matinée, et voir si la température du soir resterait abaissée, avant de conclure à une durée d'action de douze heures.
— M. Roussel (de Genève) présente un appareil pour pratiquer des injections intraveineuses d'eau chaude chez les cholériques. Cet appareil offre t'avantage de pouvoir rester applique à demeure sur le bras du cholérique, et de permettre de renouveler plusieurs fois dans la journée des injections médiocrement abondantes. Il pense que les injections massives, préconisées par Hayem, offrent un grave inconvénient : la grande quantité d'eau injectée dans un court espace de temps ne peut se mélanger intimement au sang épaissi, et parfois la mort a été le résultat de la réplétion des cavités cardiaques par un liquide absolument différent du sang normal.
là. Cadet de Gflssieourt se demande s'il y a un intérêt bien réel à avoir une canule à demeure dans la veine d'un cholérique pour lui injecter une grande quantité de liquide
Sar fractions répétées. Hayem a pensé qu il était préférable 'introduire dans la circulation 1 litre et demi de liquide en une seule séance, et de recommencer au besoinle lendemain, suivant les indications.
M. Bucguoy s'est servi, à l'hftpital Cochin, d'un appareil fort simple et qu'il a reconnu très commode : il s'agit d'une sorte de flacon de Woolf dont le liquide est chassé par la pression de l'air que l'on comprime dans l'appareil à l'aide d'une poire de caoutchouc. La tubulure médiane sert à placer un thermomètre, dont le réservoir est plongé dans le liquide, et qui en indique constamment la température. Il n'a jamais injecté plus de 1400 grammes de liquide en une seule séance, et a pu produire de véritables résurrections; il n'a pas dépasse deux injections par jour, et n'a jamais constaté d'indications pour les répéter plus souvent. L'opération a toujours
été facile. H. Bucquoy pense que les injections intraveineuses ne doivent pas être préconisées comme procédé général de traitement du choléra, mais qu'il convient de les réserver
[tour les cas graves, alors que les malades sont dans le colapsus. Il doit reconnaître d'ailleurs qu'en dépit des ntenrreclions momentanées qu'il a obtenues, la survie n'a jamais dépassé trois jours, et que tons ses malades ont fini par succomber. Les résultais annoncés par Hayem ne sont pas beaucoup meilleurs, et l'on peut se demander si, dans les cas l^ers, la guérison n'aurait pas eu lieu sans les injections intraveineuses.
H. C. Paul demande à M. Roussel (de Genève) s'il a opéré lui-même des injections intraveineuses avec son appareil.
H. Roussel (de Genève) répond que cet appareil n*a été
jusqu'ici employé qu'en Espagne.
H. Dujardin-Beaumetz a depuis longtemps étudié la question des injections intraveineuses chez les cholériques. Il est d'avis que L'on ne peut, jusqu'à présent, formuler aucune assertion définitive, et qu'il convient d'ailleurs d'attendre la publication du travail que prépare Hayem sur ce siyet. Il s'est servi l'année dermère, à l'bdpilal Gocbin, d'un simple irrlgateur auquel était adaptée une canule pouvant pénétrer dans la veine; cet appareil était un peu primitif, aussi comptait-il le remplacer par un autre, composé d'une sorte de marmite suédoise pouvant être élevée ou abaissée à volonté pour obtenir une pression variable ; mais l'occasion lui a fait défaut pour l'essayer lorsqu'il a été prêt à fonctionner. Il faut, du reste, tenir grand compte, dans l'appréciation des résultats, de la gravité des différents cas et du terrain sur lequel on opère ; tous les sujets alcooliques ont constamment succombé.
M. Cadet de Gassicourttsl d'avis qae Jusqu'ici, toute dis cussion est impossible, puisqu'on se trouve en présence d'hy-
fiothéses «t non de faits nettement établis. Hayem emploie es injections massives, M. Roussel (de Genève) les injections fractionnées, et M. Bucquov une méthode mixte; la question ne peut être résolue actuellement.
M. Moutard-Martin fait remarquer que les résultats obtenus avec les injections massives ne sont pas bien remarquables. On aenregislré un certain nombre ne résurrections, mais de bien rares guérisons; celles-ci d'ailleurs sont loin d'être absolument probantes, puisque Hayem a pratiqué les iqjections intraveineuses même dans les cas bénins. On n'est d'ailleurs pas mieux édifié sur les avantages des injections fractionnées.
M. Féréol croit ((ue tous les appareils sont à peu près satisfaisants pour pratiquer les injections intraveineuses, et qu'il y a un bien mince mtérét à perfeclionner sans cesse le dispositif de l'instrument. Lui-même- s'est servi, à la Charité, d'un flacon à deux tubulures, à l'intérieur duquel il comprimait l'air avec une poire de caoutchouc pour en chasser le liquide daoa la lube de sortie, muni d'une canule inlroduile dans la veine. L'opération a été très facile, et il a pu obtenir une véritable résurrection, mais le malade a néanmoins succombé.
M. Diàardin-Beaumetz pense que l'on peut dès maintenant affirmer l'innocuité absolue des injections intraveineuses et leur efficacité incontestable pour rappeler k la vie, momentanément tout au moins, les malades en état de collapsus.
M. C. Paul avait organisé, en 1873, un appareil très analogue à celui que présente H. Roussel (de Genève) pour injecter dans les veines des cholériques du liquide d ascite ou de kyste ovarique. L'appareil fonctionnait fort bien à blanc, mais l'occasion ne s'est pas offerte pour l'essayer sur le vivant.
— M. Tauret dépose sur le bureaif^là/uinulftlQedifiée de la solution de caféine pë^lë^llii^ëcIièi^Kjp^^ues.
23 Jartier 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MâDEGINE ET DE CHIRURGIE - N« 4 — 61
Lft formule précédemment donnée étaîL défçcbieuse par suite d'errenr dan» la fiiatioa des équivalents chimiques..
— La séance est levée i cinq heures trois quarts.
André Pktit..
ValkologlcBl SméMj et Lontfoii.
SÉANCE DU iS NOVEMBRE 1884.
Bàamptyl» morUUa oon»6oatlra A l'nloArftUon d'une broiulM. - F"'*"ffn*1tt "V'*T*'*— ** »>»*n>y» <!■ «*wj|ii*iiiqM. . Caroinoma d» l'ntomao ofaa* xm eotant. — HaladlM <U l'atènu «t dos ovaires ohM 1m amphibies, les poissons et lu mammltfcrcs.
M. Percy Kidd montre une pièce, sur laquelle on voit l'ulcération d'une bronche et de l'artère pulmonaire consécutive à la pression déterminée par un ganglion dé^néré. Cette pièce provient d'un malade âgé de quinze ans, qui mourut subitement d'une hémoptysie aDondanle. A Tautopsie on constataqne tout l'arbre aérien était rem])ti de sang; les deux poumons étaient pleins de caillots sanguins et farcis de nodules indurés. La ramification bronchique, qui se ramifie dans le lobe, supérieur du poumon gauche, était perforée par une ulcération qui s'étenaait jusque dans le voisinage de la bronche principale. Cette ulcération avaitenvahi une bronche secondaire deVartère pulmonaire, déterminant une perforation mesurant environ le diamètre d'une graine de chènevis. Un peu au-dessous de ce point existait une autre perforation de la paroi broochiques ouvrantdans un espace irrégulier renfermant des ganglions bronchiques crétifies. Cette ulcération était déchiquetée, ses bords étaient souples, et elle n'avait aucun des caractères ordinaires des ulcérations acrofulçuses ou tuberculeuses. L'hémorrbagie semble mani' (estement devoir être attribuée à la perforation de l'artère pulmonaire par l'ulcération broncliique, ulcération qui ,ellc> ménie a.élé déterminée par la présence d'une masse ganglionnaire calcifiée. Ce genre oelésjon est extrêmement rare; cependant on en trouve quelques ÏDxempIes dans lés Socktjf*a Tran$aetion$,
— M. Carringlon présente d^s pièces provenant d'un jeune malade de vingt-trois ans, mort d'endocardite ulcéreuse dans le cours d'une attaque de rhumatisme articulaire aigu. Les liions portent surtout sur la valvule mitrate ; plusieurs de ces cordages tendineux sont rompus. La rate, qui pèse 12 onces 1/S, contient des infarctus. Les reins sont atteints de néphrite aiguë et renferment également beaucoup d'infarctus. Derrière Testomac on tronve une masse hémisphérique mesurant 2 pouces 1/2 de diamètre. Cest un anévrysme de Tartère splénique. Il communique par une ulcération de date récente avec festomae. M. GarringTon, commentant ce cas, fait remarquer que les ulcérations de Testomac dans les maladies du cœur sont rares, et c'est là un des arguments puissants contre la théorie de l'embolie dans la production de l'ulcère gastrique ; l'observation présente peut expliquer un des modes de sa formation. Il est probable que la pression du sang a causé une anémie locale et déterminé consécnlivement Tuloéniion de Testomac.
~- H. Noiman Moore montre des préparations histologiques de carcinome de l'estomac observé chez une petite flile ^ée de treize ans. La petite malade avait présenté pendant sa vie tous les sfmpt6mes de la plus profonde cachexie, mais elle n'avait jamais vomi de sang. Le néoplasme occupait la région du cardia, envahissant un partie de t'œsophage ; il mesurait environ trois ponces dans tous ses diamètres. La périphérie se confondait insensiblement avec la membrane mu-
aueose et avait la même couleur, mais son centre était ulcén?, éehiquelé, coloré en noir et très dense. A la section la masse était rouge, avec dies stries p&les. La tumeur adhé-
rait extérieurement au foie, mais ne le pénétrait pas. II y avait des traces de péritonite récente, probablement aue à une petite déchirure survenue à la périphérie de la- tumeur. Pas de ganglions ni d'autres organes envahis. Les caractères microscopiques de la tumeur sont ceux du carcinome à l«v«s travées avec d^énérescence mucolde des cellules qui y sont cbiUenues, mais sans dégénérescence des travées ellea-mêmes; dans la masse morbide on voit plusieurs favérs hémorrh»giques. On peut distinguer trois partiu dans la tumeur. Dans les parties les moins atteintes.!»» tronve de nombreuses cellules du type épithélial renfermées dans de larges alvéoles. Dans d'autres parties la dégénérescence colloïde est très avancée dans les cellules épithéliales, et dans beaucoup le noyau a disparu. Dans les parties les plus avancées tous les noyaux ont disparu, il n'existe plus qu une masse de matière myxoikle traversée à ses limites par des tractus de cellules inaltérées. L'âge de la malade rend le cas de M. Moore extrêmement remarquable; c'est peut-être la première fois qu'on a observé et dûment constaté par le microscope l'existence d'un cancer de l'estomac ches un aussi jeune enfant. La grand'mèf e paternelle de la petite malade était morte de cancer à l'&ge de cinquante-trois ans.
— H. Blaud Sutton montre une sérîe|de pièces'destfnêé^'& montrer que les flexions de l'utérus, tes dégénérescences de cet organe, de même que les maladies des trompes, des ovaires, en un mot de tout l'appareil génital interne, peuvent se rencontrer chez les mammifères, les amphibies et même les oiseanx.
BnUOGRAPHIE
fSMdM ê» riMMate Mond, loaMea aar Um raypMte da 9mm fftealtéa Avea mmm •vCwtwMmi, par J.-P. DESSAt-
GNES, ancien professeur de philosophie et de physique au collège de V.endême,.3 vol. in-8*. — Paris, typographie Delalain frères.
Ce livre a son histoire. L'auteur, Jeu-Philibert Dessaignes, né an Puv. (Haute-Loire), le 27 décembre 1762, était, an moment ae la Révolution, oratorien et professeur de philosophie au collège de Vendême. Après la suppression des ordres religieux il n'en continua pas moins à professer dans cette ville, où, sauf un séjour qu'il fît à la grande Ecole normale de Paris, il passa le reste de son existence ; il mourut le 21 janvier 1832. Physicien distingué, il obtint le grand prix de l'Institut pour une Etude de la phoêphoresemce et de ses causes. On lui doit, en outre, la découverte des phénomènes électriques qui résultent du contact de deux métaux de nature identique et ne différant que par leur température. Il serait même un précurseur des tnéories physiques actuelles, car f il était dirigé dans toutes ses recherches expérimentales par celte idée, que tous les phénomènes attribués jusqu'alors à des fluides impondérables différents: chaleur, lumière, électricité, magnétisme, ne sont que les manifestartions diverses d*nn même 0uide élhérè, animé de mouvements différents. »
Dessaignes, qui enseignait la physique et la philosophie et
3 ni eut pour élèves Diuaure et Balzac, aimait à s'occuper 'une façon spéciale d'études sur la nature humaine, f En 1818, il .conçut le plan d'un ouvrage dans lequel serait exposé l'ensemble des phénomènes moraux de l'homme,sensations, instincts, sentiments, passions, opérations dq l'entendement, en les rattachant aux modifications phvsiqaes du système nerveux qui les accompagnent, telles que 1 état de la physiologie à cette époque permettait de les connaître. Il commença dès lors à l'exécuter^ et c'est cet onvrage, auquel il a travaillé pendant pins de dix ans, et qui n^ été terminé
63 — é — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE
23 Janvier 1885
Cet ligoM sont eztraiies de la courte . notice biographique
3 se les trois fils de. l'auteur ont placée en <éte de rouvrace e leurpèra : de ces fils deux appartiennent au corps médical) HH. les docteurs Octave et Victor Dessaignes. Ils ont eerles obéi à une pensée pieuse en publiant cette œuvre de longue haleine, contenant plus de onze cents pages: mais ils Semblent sa foire peu d'illusion sur l'influence qu elle |>eut avoir sur les débats, aujourd'hui engagés entre la physiologie et les diverses écoles psychologiques. Ils espèrent néanmoins qu'elle aura sa place, dans rhistoire de. la philosophie moderne, c Sans doute, ajoutent-ils, les progrès de Tanalomie microscopique des tissus organiques et <m la physiolf^e auront fait vieillir en quelques points les explications que donne l'auteur des opérations de Tesprit et des senliments de ràme, explications fondées sur l'organisation intime du système nerreux. Hak 1^ n'est pa» nntérét princiiml de 1 ouvrage : cet intérêt réside dans une analyse complète, et en plusieurs points nouvelle, de toutes les opérations men^ tak», depuis Jes sensations les. plus simples jusqu'à )n formation aes idées générales et abstraites. Une part, plus grande y est faite dans l'évolution des idées à l'activité volontaire, ou'il n'était habituel- de lè faire au coroniencement de cff^sfècie. 1
L'ouvrage de Dessaignes, ainsi considéré surtout comme un document historique, se lit non sans intérêt. Les médecins y verront avec satisfaction que ce philosophe était au courant de toutes les recherches physiologiques de son temps, qu'il avait médité les travaux 'de fiicnati Cabanis, Gall, Broussais, que les expériences de Flourens sur le système nerveux l'avaient vivement intéressé. La lecture et la fréquentation de pareilles œuvres ne sont-elles pas la meilleure préparation à l'étude des rapports des facultés de l'homme avec son organisation? Dessaignes en a jugé ainsi ; bien plus, il n'a pas dédaigné l'observation des animaux qui lui a fourni une multitude de faits intéressants dont le psychologue a su faire «on profit.
Par le peu que nous venons de dire sur la méthode de l'auteur, on voit qu'il se rattache à la grande école de psychologie française qui a régné au dix-huitième siècle et au commencement du dix-neuvième, et qui va deCondillac ft Destutt de Tracy. Les philosophes de cette époque n'avaient pas encore trouvé, comme on l a fait depuis, que, pour mieux connaître l'homme, il faut s'isoler du monde extérieur et n'observer que soi-même. On ne dédai^ait pas- alors les enseignements de la physiologie, et moms encore l'étude des faits et gestes des animaux.
- Mais si, par la méthode et l'esprit des recherches, Dessaignes appartient à l'école de ce qu'on appelle aujourd'hui' la psychologie expérimentale, il s'en sépare néanmoins très nettement par ses tendances métaphysiques. Il admet un dualisme dans la uature humaine : un prinripe immatériel et l'organisme, mais intimement liés et ayant des rapports réciproques, c La vérité est, dit-il, que le principe sentant et le centre nerveux sont dans une dépendance mutudle l'un de l'autre, en ce sens que c'est À l'innervation ou réaction sensitive au cerveaii, excité par les impressions qui lui viennent du dehors ou intérieurement des viscères, et consécutivement aux mouvements propres de son activité, que le principe immatériel doit de sentir, d'observer, de percevoir, de ji^er et de vouloir; mais c'est la volonté qui détermine ensuite l'innervation motrice du cerveau, et qui. par le moyen du langage, dont elle dispose, donne ft t'&me un pouvoir absolu sur ses idées, et la met par elle en possession de ses facultés. Si l'on veut définir l'homme, il est donc plus juste de dire que c'est une intelligence a8s^jeilie à des organes et servie par des oignes. »
. On a,. il y a longtemps, défini la métaphysique, le roman de l'efmril; cela doit s appliquer surtout â tout ce qu'on a dit et écrit sur le mrmctpe tmmatérielt sur l'àme et sa nature, etc. Aussi Voltaire s'écrie-t-il avec raison : c Que nous
ont appris tous les philosophes anciens et modernes? Dn enfant est plus sage qu'eux : il ne pense pas à ce qu'il ne peut concevoir^ « Faisons comme lui; faisons du Brincipe immatériel ce. que la biologie a fidt dn principe vital et contentons-nous d'étudier les phénomènes et de recherdier les lois qui les régissent. Le progrès est à ce prix.
Quant à l'ouvrage de Dessaigoes, s'il est destiné k surnaf^er au milieu de tant de productions du même genre, c'est moins pour les théories métaphysiques (ju'îl renferme, que pour les nombreux faits d'observation qui y sont accumulés et qui en rendent la lecture à la fois si instructive et si attrayante.
D* Ant. RiTTi.
VARIÉTÉS
AaihMiM P«ré, d'après de nouveaux documents découverts . aux Archives nationales et des papiers de famille, par le
docteur Le Paulmieh, avec un partrait inédit de Paré. —
Paris, Charavay frères, 1885.
Voilà un bel et bon livre qu'il faut mettre à cMé des trois volumes de l'édition de Malgaigne, 1840. Tout y Mt clair et bien ordonné. Pas un fait important n'est avancé sans ràbce justificative, pas un nom prononcé sans une note précise. C'est ainsi que je comprends les éludes historiques actuelles. Tous ceux qui admirent Ambroise Paré, et ils ne sont pas rares, applaudiront longuement à l'œuvre excellente de M. Le Paulmier, qui s'est attaché surtout à la vie intime d« grand chirui^en du seizième siècle.
L'heureux auteur a eu la bonne fortune de puiser dans les Archives nationales et dans celles du chiteau de Paley (1) mises obligeamment à «a disposition. Avec ces documents et d'autres pris & différentes sources, il a pu démontrer avec facilité le wn de valeur des renseignements fournis parle docteur B^in (de Metz), ce que j'avais fait déjà dansnne étude insérée dans la Gazette hebdomadaire (1870, n" SI, 22, 24, 26). Mon élude, un peu dédaignée par H. le docteur Le Paulmier (2), a pour titre : Ambroise Paak (1510-1500). La date de sa naissance — sa famille — sa dejcivre —
SA RBLlGtON — SBS ŒUVRES.
M. Le Paulmier, dans son aVeiHissemenf, exprime le regret de n'avoir pu prendre connaissance d'actes non encore classés aux Archives nationales. Mais patience, on peut compter qu^il fera bonne garde. Notre auteur suit la vie de son héros, pas à pas, d'année eu année. Je ne puis faire ainsi dans mon analyse, qui portera seulement sur les points éclairés d'une lumière nouvelle. Tout d'abord, il reporte, comme moi, la date de la naissance de l'immortel enfant de c Laval au Maine > en 1510. La date 1517, donnée par le docteur E. Bégin à Malgaigne, « rajeunirait Paré au delà de toute vraisemblance >. Une traditmn (disbours du docteur Hubert) le fait naître au bourg Hersent, village de la commune d'Avenières, située aux portes de Laval. Suivant la même tradi* tion, son père aurait éié attaché t  la maison du comte de Laval, en qualité de vaiet de chambre barbier ». On ne sait quel était son prénom. Outre Ambroise il aurait eu trois enfants: une fille, qui épousa Gaspard Martin, maître barbier chirurgien à Paris; des denx.Als appelés Jean, l'un fut bar«
<l) Cnlon de Lorm-lo-Bocare (Seina-el-Uarne), k IS os 1& hllonètru dè Ne ■M) lira. C'wt faatquA le chiraivien Rom, éuUÎ lU» ectU deroièr* liUe.ftit mppelé tur 1» demuid* ds Louis, le eilèbre secréuira de l'Acid^iv 4o cUrnfiv, h faire dci rechercbM sur k famllla d'A. Pard, recherches Ibrt incom|dèlet ^1 maX lonbéet avec d'autrsi entre tei nuîiis du doctenr B. Bégin (de MeU).
(S) n ne n'a eilé qu'une fote, et a ««blîé do awUre mon nom daw wn ïndêg, fort biea Mt d'aillann et Irèa couplât, la ndrilab d'y Ûganr tMt «wai Uê» qM Figuier et te bountsle Trcw- Ce dernier «ait tignali k HaUer Jmiwi4 ijvaM M CH1RURQIK de Par^, ' ^ul tant anjoivd'hul ii la BibliothèqiMjMnmK^« 3T>S> comme je l'ai m. tl ifât M. Le faiibiiier ctoU i>ordiu.' O
'i'S Janviea 1885
GAZETTE âEBDOHADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
bier-chirumen à Vitré, l'autre coffretier-mallelier à Paris, rue de la Huchetlc.
M. le docteur Le Paulmier apucopîerau château dePaley, appartenant encore à des descendants d'A. Paré, ses deux contrats de mariage. Lepremierest en date du 30 jum 1541. Il épousa Jeanne MazeuR, fille de feu Jean Hazelin, c en son vivant varlet-chaufTecire de la chancellerie de France et de Jeanne de Prime, qui était alors remariée avec Etienne GléreL marchand bourgeois à Paris. Sont présents : Hai^uerite Ghoisel, veuve de feu Odo de Prime € en son vivant aussi maître barbier«hirurKien à Paris grand'mère de la future, et Hérv de Prime, marchand et boui^eois de Paris, son oncle. Paré, alors simple barbier-chirui^ien, avait comme témoins ses amis et collègues, Etienne de la Rivière et Louis Drouet. Cet acte (minute) sur parchemin porte au verso écrit de la main d'A. Paré : < Traicté de mon mariage premier. » Le dernier mot a été ajouté plus tard, avec la note placée au-dessous, lors de l'accord pour éviter procès en 1586 avec son gendre François Kousselet, qui était en même temps le frère de sa seconde femme, Jacqueline Roosselet, laquelle était alors chargée de soutenir les droits de son mari contre son frère.
Le mariage fut célébré, lé samedi 16 juillet 1541 < en saincte église >. Les enfants issus de ce premier mariage furent tous présentés au baptême à Saint-Àndré-des-Arcs {\) : 1* le 4 juillet 1545, François (marraine: Jeanne de Prime, sa grand'mère, etc.). Il était mort avant le 5 août 1549; f le 11 août 1559, Isaac (parrain : Antoine Mazelin, clerc suivant les finances, son oncle, etc.), inhumé dans la même église, le 3août 1560 ; 3' le 30 septembre de la même année, Catherine (parrain : Gaspard Martin, maître barbier- chirurgien, beau-frère d'A. Paré; marraines : Catherine Briou, femme de Louis de Prime, marchand de vins, Marguerite Cléret (â) elc), la seule qui Vivait quand mourut sa mère, le 4 novembre 1573(3).
Le deuxième contrat de mariage, en date du 31 décembre 1573, prouve que Paré dut songer à se remarier, moins de deux mois après la mort de sa femme, c Retenu souvent au dehors par les devoirs de sa profession, dit M. Le Paulmier, il n'avait guère le loisir de s occuper de sa fille et de sa nièce Jeanne >, qu'il avait adoptée. Sa seconde femme, Jacqueline RouBselet, était fille de Jacques Rousselet c cbevaulcheur ordinaire de l'escurie du Roy, du nombre des six vingts priviléijiés bourgeois de Paris » et de Marie BooUajre. Ambroise Pare était devenu conseiller et premier chirurgien du roi et juré à Paris. Etaient présents, Robert Boullaye, secrétaire de H. le premier président de Dauphiné, cousio germain, M' François Bouteroue, avocat en la cour du parlement, et M' Etienne Caillart, procureur en ladite cour. Paré était assisté de Hilairede Briou, marchand, maître apothicaire et épicier, bourgeois de Paris, son voisin et son ami. > c Les lùncs furent publiés le 3 janvier 1574, en l'église Saint- Séverin(4), et le ISeut lieu la célébration du mariage. Ont été ensuite successivement présentés au baptême à Saint- André-des-Arcs: 1* le 16 juillet 1575, Anne (marraine : haute et puissante princesse Anne d'Esté, femme de Jacques de Savoie, duc de Nemours et de Genevois (5); parrain: Charles de Savoie, leur fils, âgé de huit ans); z" le 30 mai
(1) la m'élanae qno contrairomcnt k Jal, H. Lo Paulmier ail cliolai h nouvoJi' iirlhocrapbc fauUvo, ArU, et plm mcon due ooi édiits, qol ont cbaogë la dtSnomiiiation de Unt da nn, oTaMnl pa* mtilué k eell* de 8aiRlrAiidrd-4M-Area «m vrai MMi. L'ermr Mt tcbm da ce qoa Are m prwionç»!! mtnlua ir, oomme aa}imrd'but eUDora dai» buucoap de pmiiicet.
(3) Qui n'a jaiiMia été la famine d'Etienne Cltfral. M. Lu Panloior ■'«t appuyé k tori aur celt* eopis cerlaiiiemeiit maataise : ■ Margnarile CMr«t, femme de tum itieaiM CUnl, et Jeraw da Prima. ■ U «tt Mdwt qw ttUwiaa CUnt, diaiit aort avaal aa famine Jnaïada Prima, n'a pn au ramariar. Au lieu da femuie, c'aat fille, on tœmr, on nièce, qu'il blÛt Un.
(3) ( Kt le mime jour ftist aoa eorpa iRhomé «■ la dieto dfUia Sainel-Amlrd. * (Regialrea de U Paroiue.)
(4) ParoliM de iatsqntfiw Roataelet,
(5) Uw Uteldlall attHin» Pat^-Saint-Aadrd-det-Arei.
1576, Ambroise 0>arrains : Charles de Mansfeld et H. le mar-
auis d'Elbœuf, Cnaries de Lorraine ; marraine : Philippe de ontespedon, veuve du maréchal deMontejean, devenue prii^' cesse de la Roche-sur-Yon). Il mourut le lundi 13 janvier 1577 € et le même jour fut enterré en l'église Saint-André »v 3" fe 6 février 1578, Marie (une des marraines est sà nand'mère,. Marie Boullaye, veuve de Jacques Rousselet); 4* le 8 octobre 1579, Jacqueline, qui mourut le 13 septembre 1582 et fut enterrée au cimetière de Saint-André; 5* le 12 février 1581, Catherine (marraines : Barbe Rousselet, femme de Didier Martin, archer de la garde du corps du roi, et Catherine, sa sœur du premier lit,qui avait alors vingt ans passés, etc.). Le 8 novembre 1583, Ambroise (Jacques Guilleroeau est undes parrains), il fut enterré le 19 août 1584, dans l'élise Saint-André-des-Arcs, près le clocher. Paré avait Sors soixante -treize ans. Il mourut sept ans après, le jeudi 20 dè-. cemlire 1590, et le samedi 22, il fut < enterré dans l'église Saînl-André-des-Arcs à Paris, au bas de la nef proche le clocher >■ Après tout cela, qui pourra soutenir qu'il n'appartenait pas à ta religion catholique (1). U. Le Paulmier affirme le contraire sans tenir compte de cette grosse objection. Mais n'anticipons pas.
Ambroise Paré eut à sa charge les enfants de ses deux frères. Jean, le chirurgien-barbier de Titré, avait laissé en mourant un fils majeur, appelé Bertrand. Son oncle le fil venir à Paris, et suivant acte du 5 août 1549 (Archives nationales^Y 95, fol. 3 v") il lui donne, conjointement avec sa femme, la somme de 40 livres tournois de rente annuelle et perpétuelle, à celle condition, toutefois, qu'ils mourraient sans enfants. On ne sait pas ce qu'il adviut de ce neveu, qui ne lui donna alors que des ennuis, comme son beau-frère Antoine Mazelin. Ce dernier lui devait par obligation en date; du 31 mars 1546, quarante écus d'or soleil, et vingt autres écus en certain brevet du 18 janvier 1550. 11 était commis de l'audiencier de la chancellerie de la Cour, en résidence à Tours,quand, les biens qu i
maison située rue de mîrondelle oû pendait l'enseigne Vache et dans laquelle demeurait Etienne Cléret avec sa femme Jeanne de Prime (2); 2* le quart indivis d'une antre maison sise à Heudon, rue des Pierres ; 3<* dix-neuf quartiers dç vignes et une pièce de terre en divers lieux du territoire de Meudon. II acheta te tout en payant les sommes réclamées par les créanciers, énumérées dans la pièce justificative n" X, qui se trouve aux Arch. nat., Y 3451, fol. 259 (3). M. Le Paulmier ajoute : c Les trois autres quarts indivis appartenaient à Jeanne Mazelin, épouse d'A. Paré, & Catherine de Prime, femme de Pierre de la Rue, et à une autre sœur femme de Ch. Fournier. » Il oublie Héry de ^îme, vendeur juré de vins, leur frère, qui avait évidemment un quart. De sorte que le quart indivis dont il est ici question, est- celui de Jeanne et d'Antoine qu'ils tenaient de leur mère Jeanne de Prime, remariée à Etienne Cléret.
L'autre frère d'A. Paré, Jean le eoffretier-mallstier de larue de la Httcballe, n'était sans doute pas dans une situatioa bien prospère, puisqu'à la mort de sa femme Marie Perrier, son beau-frère François Perrier, maître peintre, et ses belles sœurs, Catherine Perrier, femme de Jean Nauquier, maître éperonnier, et Berthe Perrier, femme de Jean Mignon, maître peintre, renoncèrent en sa faveur à leurs droits de succession par actes passés en janvier 1550 (Arch. tMt., Y 95, fol. 194 V», 195, 195 v).
Je suis obligé de noter, à ce propos, une légère confusion, faite par M. Le Paulmier, p. 59, au sujet de Claude Perrier, femme de Guillaume Guéau, maître peintre, qu'il dit être
11) Ptmî te* amis ou prolecleurs ciUs Ul, on ne voit pas de iwolaUiU.
(2) U demeure d'A. Par^ était alor* au bout di pgnt SbIoI-IIMmU «itM dan* la maifon qu'il doona k aa nièce Jeanne.
(3) Due foU p»ur ton ta, iMIanalf tmt eni|inintdeii
e ewi BMr* an nmn am yuai SBin^mwnait aiwm Mua nièce Jeanne. I
tî4 — N- 4 - GAZBTTE HEBDOHADAIRE DE MÉDECINE ET DE GUlKURGlfi
aussi une belle-sœur de Jean le coffrelifir. On ne voit rien de cela dans I*acte du 28 janvier 1562 (N. S.) par leouel A. paré fait là concession viagère aux époux Guéau, d'un pfçtU emplacemeol pour construire, dans la cour de sft maison des trois MoreSyk rentrée sur la rue des Auçustins {Arçh. nat.f Y, 103, fol. 65). Jean le coffrelier était sans enfants de sa première femme. Il se remaria avec Marie de Neurville, dont il eut une fille, nommée Jeanne, encore mineure en 1677, et qui fut recueillie par les époux Paré, auxquels, dit H. Le Paulmier, c elle tint heu des enfants qu'ils avaient perdus ». Ceci n*est pas tout à fait exact, car leqr ; deuxième fils Isaac était encore vivant, quand c le 16 janvier i560, ils firent donation, à leur nièce Jeanne Paré,. de la somme de cinq cents livres tournois à prendre sur les biens des donateurs pour en disposer lorsqu'elle serait mariée. Toutefois cette somme devait leur faire retour au cas où elle mourrait sans enfants i (Ârch* tiat.f Y KM, fol. 160 V).
Au moment de son second mariage, par acte du 9 janvier iblA{Arch. nat., Y 122, fol. 500), son oncle lui faisait une donation qui devait faciliter son établissement. Il la maria ensuite à Claude Viart, mattre chirui^ien en la ville de [pintes, qui était venu habiter Paris. Le contrat est daté du 27 mars 1577 {Arch. naL, Y 122, fol. 499). Outre la maison promise avec les cent livres tournois de rente à sa nièce. A, paré fit divers dons gracieux qui s'adressaient plus particulièrement à Claude Viart (1). Les nouveaux époux vinrent habiter leur maison, pour laquelle le brave Paré concéda encore par un nouvel acte, en date da 19 décembre 1577, les c veues, bées et couvertures » donnant sur la maison de ta Vachej assurant ainsi à sa nièce la jouissance complète de sa nouvelle demeure (Arch. nat., Y 122, fol. 500). Jeanne Paré était veuve quand elle signa, le 16 mars 1584 une quittance qui se trouve à la Bibliothèque nationale (Pièces originales, 2195). Âgée environ de trente ans, elle se remaria à c mattre François Forest, natif d'Orléans, adjoint pour le roi aux enquêtes du Ch&telet de Paris et clerc de M. le lieutenant civil. Le contrat fut signé le 29 novembre 1587 {Arch. nat., Y 129, fol. 444 v). Le mariage fut célébré à relise Saint-André-des-Arcs, le 15 janvier 1588. Quinze mois a^rès, le 20 avril 1589, fut baptisé à la même ^Ijse, François, issu de cette union. Cet enfant ne vécut pas, «carie 11 mai suivant, François Forest et sa femme se firent donation mutuelle de l'usufruit de tous leurs biens » {Arch- nat., Y 150, fol. 187 v).
Ë. TDRlfER. '
(A suivre^) .
■ NiftcROLOeiB. M. le dôcteur (%éreau, membre de l'Académie de médecine, ancien lauréat du prix Civrieux, bibliothécaire en chef de la Faculté de médecine, a snccombé, dans la nuif de samedi à dimanche, aux suites d'une affection rénale et d'une urémie consécutive. Notre distingué confrère laisse après lui une œuvre originale, consacrée en graiide partie à l'histoire médicale du moyen âge, et qui perpétuera son nom. Indépendamment de ses recherches sur les ovaires et sur l'opération césarienne, on a remarqué principalement ses études sur les médecine et chirurgiens des rois de France. QuelouesHines de cps bit^raphies sont des découvertes ou peu s en faut; celle qui concerne Henri de Mondeville est remarauable. 11 avait préparé autrefois une sorte d'hisUnre médicale du vieux Paris qui n'a pas été imprimée. De même le projet d'une nouvelle édition de Guy- Patin, dont il possédait plusieurs lettres inédites, est resté
0) Uif patuge de ce contrat pronvt quo la IraùiiGlioQ latine des auvret evmpaiet pwr la IrotiUma Milion ealrapriM par Jaojnei GnUlamewi, jtait d^ji GonninGife.
23 Janvier 1885
inexécuté, du moins pour le public. Enfin on connaît son petit volume sur le Parnasse français.
Il était né à Bar-sur-Seine le 23 août 1817.
— Le i décembre 1884, les derniers devoirs ont été rendus au docteur Giu^eppe Barellai(de Flnvoce), mort àl'ftge deuixanteqnalom ans, après une vie utilement rempile.
— Nous avons le regret d'annoncer ta mort de M. le docteur Merland, A Nantes; et de H. le docteur Sala, médecin principal de première classe, médecin en dief de l'hôpital militaire de Toulouse.
Fabrication de l'antipyrine bn France. — Dass une lellrc adressée à la Semaine tiiédicalet H. Boierian. sénateur, avocat près la Cour d'appel de Paris, adhère à l'avis, déjà exprimé par ce journal, que l'anlipyrine, en tant que médicament, peut être librement fabriquée et vendue en France, sans qu'il y ait lien de redouter les conséquences dn brevet, qui a été pris au commencement de l'année dernière par la Compagnie dite Compa^piie parisienne des couleurs d'anittfw pour la préparation dece pro* duit. En effet, en France, les produits médieamenleux ne lont pas brévetablea [loi du 5 juillet 1884, art. 3).
La vaseline dans les gâteaux. — Dans la dernière séance du Conseil d'hygiène et de salubrité du déparleinent de la Seine, N. Alfred Riche a lu, au nom d'une commission composée de MM. Bourgoin, Brouardel, Jungfleiscb et Trétat, un rapport concernant l'emploi de la vaseline dans la fabrication des gMeaux, en remplacement de la graisse et du beurre. Les gâteaux fabriqués avec cette substance ont la propriété de se conserver sans rancir. Hais la vaseline ne possède aucune des qualités nutritives de la graisse et du beurre; enfin l'action des dérivés dn pélrole dans l'économie n'est pas encore connue, et personne ne peut affirmer que l'ingestion de ces matières soit sans inconvénienl pour la santé.
Conformément & l'avis du rapporteur, le Conseil a émis l'avis qu'il y avait lieu d'interdire l'emploi de la vaseline, de la pélroléine, de la neulraline et de tout antre produit similaire dans la fabrication des gâteaux et en géuéril des substances afîmentaires.
Mortalité a Paris (3* semaine, du 11 au 17 janvier 1885).
— Fièvre typhoïde, f7. — Variole, 2. — Rougeole, 33. — Scarlatine, 2. — Coqueluche, 5. — Diphtbérie, croup, 38. — Choléra, 0. ~ Dysentérie, 0. — Er^ipèle, 5. — lnfeeti(HU puerpérales, 3. — Autres affections épidémiques, 0. — Méningite, 43.
— Phthisie pulmonaire, 198. ~ Autres iubeixuloses, fà. — Antres affections Générales, 86. — Malformations et débiUté des Ages exu^es, 75. — Bronchite aiguë, 5i. — Pneumonie, 106. — Athrepsie (gastro-entérite) des enfants nourris au mberon et antrement. zi; aa sein et mixte, 21; inconnu, 3. — Autres mftiadies ne l'appareil cérébro-spinal, 128; de rapparett circulatoire, 88; de Pappareil respiratoire, 128; delappareil digestif, 52 ; de l'appareil génito-urinaire, 36 ; de la peau et dn tissu lunineux, 8; des os, articulations et muscles, 10. — Morts violentes, 23. — Ganses non classées, 16. — Total : 1^.
OUVRAGES BCpOSCS U BUREAU DU JOURRAl
éiude lur le choléra, par H. t*. Cibic, 4'aprùs un raf^rl promilti ■ 11. le ministre de l'Inbiriettr lUr l'dfiiiJt-RiIc de ItiSI diiils l'arrondir «eut rnl df Brigiwl«< {Var). Paris, AaMlin et Houirau. 1 fr. 50
De l'examen de la poitrine ian» Vital tain et imni l'élût morbiie, par y. Rcglnald B. Thompara, médaeifl da rbdpilal Bromplon, XnAwW (oaa U dimiion del'4ttte«r, par M. H. de Fonmartin. Pii^urc* intercalcea dona le toxio. FariN. Stcinhcil . 3 fr. »l
l9çoa» (le cliiiqMi t^ina^teaU féiteë « l'MpiUtl Neeker, par H. la doctmr Chorlei Uonod. 1 vol. U4 do 117 pagoa jÊnc âg»n». Vntfrè» addieal. > fr. 30
Pniftsiof l« ici «Mirer. Leçons eliiriqma iat la nienilrmlion cl s -a (raoMts, far M. T. tinllard, médedR de l'HÔtol-DIcu de Paris. 1 vol. In-B de 9g> i>a^t avi*e 37 tipiFoi. Paris, J.-B. Baillière ol flls. tf fr.
G. Masson. Propriétaire-Gérant.
BounLOT0.i. hnprinicriei réunies, â, nw MiBnon, |cJ*aris.
Tlt£NTk.-l»m^E ANMËB
30 JiNViEH 18i;5
GAZEnE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRllRGIE;
PARAISSANT TOUS LES VENDREDIS
COMITE DE REDACTION
PuiswsKT : M. le docteur A. DECHAHBRE .
ilKHBRBS : iih. les doetflun SUCHEZ. SEOMES DIEBUFOr, DIETFUS.IRIUU:, FIIUGOIt.FMUK. ALBERT HfilOCQUE
L LEREBOULLET, PRUl RECLUS
ft'iKi— li CiMil m qoi ooqoènn.h rMfClioii n tiéte 4» Comifé, chex M. Dechaiibrk, 91, rue 4ê LiU» (vnM le aûrA de prtférMu).
(Tfaèn», «amené, cours, etc.} «««mm *— mwart* tal ér to P^MM aéMetfv
SOMlIAiRB. • Paris. Acxlàaie de n^decino : Ripport tw-l» cholén..*.UdëpoiwIatioH d« Il nmncd. — DMeMNMUlMIlAx. — ■Tutttii^ iMTofiaMm-'' tholof ÎB inlarnà : Do U conf^tioD rénala prlni)tiv«. ~r TMMpentiqtie ï De tion aniiiymaaiqiM de la qnînine »nr la flèvra tjpfaoïde. — Sociirâs savantis. Acadtfmia des aciencei. — Académie de inédeciBa, — Société mMicale de* hApiUux. — Société de chlrm^*. — VABlitis. AmfaroiM Pmiti. — RéMnipeaMs ■ux (nédpcitis dos ëplddiniei. ~ Société de géopaplila;de Parii. — HortàlM k Paris. — FiaaLROH. CItroniqiie de l'étrai^r.
Paris, 29 janvier 1885.
RAI>POHT SDRtE CHOLÉRA. — LA DÉPOPULATION DE LA FRANCE. DC BtBON ÇHAnCRELLEUX.
Aeadtfnttc dé mMécInei Mappcrt mr !• ehol«r«. — La
M. Proust, a achevé de communiquer à l'Académie les rapports sur le choléra des déparlements envoyés au ministère du Commerce par les médecins des épidémies et qu'il a mission de dépouiller à litre d'Inspecteur général des services sanitaires. Ce qu'il y a de remarquable dans l'ensemble de ces rapports, c'ést la signification concordante des faits recueillis dans les localités les. pins diverses et par des observateurs, qui n'ont entre eux ;aucune relation.
L'incidenl auquel a donné lieu cette communication re-
p^ù* H. Proust est entièrement- conformé académiques.
— Le discours annoncé de M. Roehard sur la dépopulation en France n'était pas précisément une réponse à celui de M. Lagneau ; c'était, il Ta rappelé lui-même, une édition rajeunie de sa conrérence au Congrès de Rouen et d'un> de ses discours à la Société de médecine publique. C'est ce qifi explique cet agrandissement de la question et ;ce" Vâsjjs tableau de la France entière, de VËurope et de l'Amérique^ où se noyaient . et disparaissaient les vingt-six départèinents de 11. Lagneau ; de là aussi celte forte empreinte d'éconô;mie sociide qui venait de temps en temps éveiller dan^ l'Académie des impressions auxquelles elle n'est pas accon^ tumée. Hais elle n*en applaudissait que plus fort ; elle, a applaudi surtout le million d'hommes »ous les armeSftiinws cr6yons bien que, si le costume était obligatoire à FAcadémie, les épées seraient sorties du fourreau.
Il faut donc voir dans le discours de H.. Roehard une étude personnelle plutôt qu'une argumentation académique; c'est un brillant et insiructif chapitre d'une œuvre qu'il poursuit méthodiquement .et dont le caractère se résume^ si nous en jugeons bien, dans rappiiçation combinée, des sciences médicales et des scié^ices sociales à l'étade des hauts problèmes de l'hygiène.
FEUILLETON
Chronique de l'étniacer.
I.a lièrra Jaune ao PArou.' — Protêt' da réfonna dana la législation ■anltaira et l'enablgtieiiiant de la mèdeoina. — Les internée dea hôpitaux de Xama et du Callao. — Blaonlarltè d'un Jury de ocmeoora. — Sploa de l'aine at aplea de laiaa. — anpArtanra da San-BartidMBé , - fagt aaivèma. — ProoMAa aonfraMmela A MonteMdeo;
La fièvre jaune serait-elle en voie d'extension? Les éjiidèmiologistes modernes admettent que son foyer d'origine iloil être placé dans les Antilles ou ta Guyane ; elle a gagné plus tara l'Amérique septentrionale, les Etats Unis, s'est étendue jusqu'à Halifax, où elle régna en 1861. L'expansion dans l'Amérique du Sud avait été moins générale; en revahchè, lorsque la maladie s'est montrée dans un pays^ elle y a pris droit' de cité comme au Brésil. Le typhus araanl s'y
" 2* SteiE. T.' XXII.
' développa la première foiSKen i849; depuisHors, il n'a plu? quitté cette contrée.
La cèle du Pacifique avait toujours joui d|uue certaine imr munilé. M. Hirsch, daiis soii tableau dés épidémies, en cite une seule pour, Lima en 1781 ; au Chili, on n'aurait vu le vomito qu'en 1647, encore les relations permettent-elle$ difficilement de fixer la nature du niai.
Il est peu proLabtequeriinniunilé tienne au climat, au sol ou à la race. En 1868, le Callao et Lima eurent une épidémie aussi meurtrière que celles de Bahia ou de Rip-de-Janeiro. L'année dernière, on a craint un moment le relpur décès mauvais jours. , ,
Dans son numéro de février, la Cronica me^icaj de Lima, publiait un entrefilet intitulé de la sorte: Y a-t-jl ou n'y a-t-il pas de fièvre jaune à Huacho? La réponse, peu précise^ indiquait une vive anxiété.
« Le médecin litniaire et le dél&;ué de la f sci^ydewlv^ lui comniubiquer, ii>nsi qu'aux 'Am'^^âfitatrïfue^^Uft^
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On remarquera la courte allocution qui a suivi le discours du M. Rochard. Le fait qu'a rappelé M. Le Fort nous est encore présent à la mémoire. Broca craignait pour la France et certains autres pays de l'Europe les conséquences de cet ac^issement de natalité qu'on réclame d'eux avec tant d'insistance ; el il disait : Réjouissons-nous que ces désastres soient encore trop loin de nous pour que nous puissions y assister.
La discus»on doit contiouer mardi.
9m fcahM elwMffcll«HK.
fiotrc distingué collègue, M. Straus, vient de porter la main sur un des dogmes qui paraissaient le mieux assis de ta pathologie vénérienne : il conteste résolumentla virulence du bubon chancrelleux et l'autorité du jeune savant est telle que bien des vieilles convictions ont été ébranlées. Cependant de vives contestations s'élèvent et les documents du litige sont déjà nôhabi'éiu.'N'oâs éxposons, dans "cét aMcIèV les termes du débat d'après les communications de H- Straus aux Sociétés savantes, un mémoire de H. Horteloup et une lettre de H. Diday, le syphiligraphe de Lyon.
On connaît la doctrine classique : le chancre mou se complique souvent d'une tumeur inflammatoire, développée dans le ganglion le plus proche^ celui qui reçoit les vaisseaux lymphatiques émanés de la région où siège l'ulcération vénérienne. Ce bubon est très fréquent et l'on admet que, en règle générale, une fois sur deux il accompagne la cfaancrelle. Cependant les statistiques, varient d'un auteur à l'autre : pour Diday il n'y aurait que i bubon sur 17 chancres nious, du moins dans la clientèle privée; Belhomme n'en trouve que 29 sur 78 et Foumier 65 sur 207, tandis que Turati en signale 651 sur 1029; Jullien* à qui nous empruntons.ces relevés, compte 4547 bubons sur un total de 2698 chancrelles, et la proportion de l'adénite au chancre mou serait donc comme 5 est à 9.
Le siège du cbaocre mou et son mode de pansement joueruent un rôle de grande importance dans le développement du bubon. Les chancrelles du col utérin ne provoqueraient januùs, malgré l'abondance des vaisseaux blancs de la région, rinflammation des ganglions lymphatiques de la cavité pel-
du Callao, tous les renseignements qu'ils pourraient obtenir; l'ont-ils fait? On ne saurait trop les encourager dans l'accomplissement de leurs devoirs, ni apporter trop de scrupules dans le choix des personnes chargées de fonctions aussi sérieuses. Le Gouvernement suprême et la Faculté doivent
S rendre une attitude énei^ ique s'ils veulent nous éviter 'épouvantables catastrophes. Il n'est pas difficile de trouver
Sarmi les praticiens d'une ville comme Huacho un bon méecîn des épidémies. »
Le numéro suivant était moins rassurant ; son premier article était consacré à la fièvre jaune. . € La portion du territoire intéressée, disait l'auteur, se trouve en partie dans noU« . littoral du Nord, elle présente nue zone basse et une autre plus élevée, limitée par la chaîne des montagnes voisines.
» La première est traversée au nord et au sud par deux rivières, le Huaura et le Pasamayo; leurs débordements d'hiver donnent lieu i la formation de véritables marais, de
vienne, et nous savons l'ai^ment qa'Aubert en a tiré en fa> veur de sa théorie : le microbe du chancre mou, nous dit-il, ne peut résister à une température supérieure à 38 ou 39 degrés ; il ne saurait donc se développer dans les ganglions pré-utérins, tandis qu'il colonise abondamment dans les ganglions superficiels du pli dé l'une, où lachaleurest moindre.
D'autres expliquent l'absence du bubon dans la chancrelle du col utérin par le siège profond de l'ulcération vénérienne, sa protection par des replis cutanés et muqueux ; elle ne subit là ni frottements, ni conUistons ; les bords n'en sont pas irrités ; les parois des vaisseaux sont intactes ; elles n'ont pas d'érosions qui favorisent l'absorption du pus virulent. Et de fait ce sont les chancres les plus superficiels el les plus exposés, ceux du prépuce et du frein, qui se compliquent le plus souvent de bubons. « D'ailleurs n'est-il pas notoire, nous dit Jullien, que l'adénite chancrelleuse a beaucoup diminué de fréquence depuis qne la thérapeutique a rempheé par des solutions ou par des poussières le dur crayon de nitrate d'argent? >
...Mais. ces. bubons sont. de. deux sortes. Depuis les travaux de Ricord on afûrme que les uns sont purement inflammatoires el le pus qu'ils renferment ne différerait en rien de celui des abcès chauds ; les autres au contraire sontnrulenls v ils contiennent un pus contagieux c indéfiniment réinoculable au porteur », et leur cavité, après ouverture spontanée ou incision par le chirui^ien, prend tous les caractères du chancre mou. Les premiers sont les bubons simples ou sympathiques, les seconds les bubons virulents.
Les auteurs ne sont pas d'accord sur la fréquence relative de ces deux ordres d'adénites et Jullien nous fournit des relevés contradictoires ; Debauge trouve que sur 83 bubons 60 sont virulents, ce qui serait à peu près exactement la proportion observée par Rollet; mais de son cftlé Belhomme constate que sur 29 cas il n'y en a que iO de virulents et Jullien 68 sur 175; Turati va même jusqu'à dire que les premiers sont aux seconds comme 1 est à 12. Néanmoins, et sans tenir compte de ces divergences énormes, l'addition des diverses statistiques semblerait prouver « que bubons simples et virulents seraient à peu près en égal nombre ».
M. Straus simplifie la question. Pour lui, Tadénile n'a pas double origine; il n'y a pas un bubon simple et nu bubon inoculable, et rinflammation du ganglion lymphatique con-
telle sorte que Ton voit tous les ans dans ces contrées des fièvres palustres, dont beaucoup sont rémittentes, bilieuses. Elles ont de temps en temps régné épidémiquement à Huaura, par exemple en 1818. En 1821, le docteur Villalûbas vit la maladie décimer l'armée de San Martin. » On espéra donc un moment qu'il s'agissait de ta même pyrexio. Cette espérance fut vite déçue ; la fièvre s*élendit à la prorince deCharoay et à tout le littoral du Nord. Les derniers jours de février, il y eut quelques cas de fièvre jaune à Huacho. La première autopsie, faite le 15 par le docteur Silva Santistevan, permit de constater les caractères anatomo patiiologiques ordinaires de la maladie. La Junte municipale de santé et la Faculté de médecine eurent, à partir de ce moment, des communications télégraphiques sur le nombre des décès et la marche de l'épidémie. Les médecins de la capitale ne perdirent pas leur sang-froid et firent«e qu'ils purent pour rassurer la population. L'un d'eux, M. J.-H. Byron, insista énergiquement sur les améliorations hygiéniquiç de la ville
30 Janvier 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE . IC S - 67
sécutive au chancte mou n'est jamais virulente. La division, classique depuis ie traité de Ricord, disparaît et désormais il faudrait considérer la chancrelle comme capable tout au plus de provoquer dans son territoire ganglionnaire une adénite simple en tout semblable h celles qu*engendrent les ulcérations banales de la peau. Voilà les affirmations de H. Straus, voici les preuves qu'il nous en donne :
Et d'abord le bubon consécutif au chancre mou ne contient pas de microbes : M. Straus a examiné te pus de quarantedeux adénites d'origine ctaancrelleuse, et, dans cette première série, jamais il n'a constaté la présence de scbyzophytes ; dans une deuxième série, comprenant seize nouveaux cas, ses recherches ont été aussi infructueuses. M. Albert Robin annonce que, àces cînquante-hutt fadts, on doit en ajouter cinq autres qui lui sont personnels, ce qui porte soixantetrois le nombre des bubons où les investigations les plus habiles elles plus tninutieuses ont eu un résultat négatif.
Ce n'est pas tout : de nombreuses tentatives de cultures ont été faites dans les milieux les plus variés, et toujours élles sont demeurées stériles. Aus« ce premier point serahte-aequiâ, et le bubon cbatacrelleux n'aurait pas de microbes ou, du moins, les procédés actuels ne sauraient en déceler la présence. Mais cette absence de germes appréciables n'est pas une preuve absolue contre la virulence de l'adénite : la vaccine est très virulente, et Ton ne connaît pas son micro-organisme; la syphilis resté encore le type des maladies inoculables, et depuis quinze ans les micrographes de tous les pays, les expérimentateurs de tous les laboratoires cherchent en vain son élément figuré !
Aussi, malgré son intérêt» ce fait n'eût en rie^n ébranlé la doctrine de Ricord si, dans les soixante-trois cas précités, Tinoculation du pus chancrelleui n'avait pas été invariablement négative. Toojours, lorsqu'on a pris les précautions « exigées par la rigueur eipérimenlale », lorsque, avant l'iocision, on a lavé la peau, flambé le bialoôri, prélevé le pus de l'adénite avec des instruments propres, puis purifié les téguments sur lesquels on expérimente, et protégé élrcntement la piqûre par un verre'de montre, toujours l'inoculation demeure stérile; jamais on ne voit apparaître la pustule ca-* ractérislique, la perte de substance à bords taillés à pic, à fond grisâtre, à marche envahissante, à pus indéfiniment réinoculable au porteur.
M. Straus a rapproché ces résultats négatifs d'un fait remarquable observé par Ricord et un peu oublié maintenant : sur plus de 500 inoculations pratiquées de 1831 à 1837, le
depuis 1868; il déclara que, si la fièvre jaune arrivait à Lima, il était probable qu'elle serait légère et atteindrait un petit nombre dé personnes.
Ces affirmations étaient atténuées par des restrictions peu rassurantes, t Nous sommes dans des conditions exceptionnellement désavantageuses ; n'importe quelle épidémie serait un désastre pour nous. La misère et les privations qui ont frappé les classes nécessiteuses pendant l'occupation chilienne, ont préparé le terrain pour la réception et la multi-
{ili cation des germes morbides, à moins qu on ne s'oppose à eur entrée par des mesures réellement scientifiques. »
Heureusement que la maladie ne montra pas oe tendance à descendre vers le Sud ; en décroissance à Huacho, vers la fin de mars, elle disparut le mois suivant.
Les menaces d'épidémie ont eu au Pérou l'effet qu'elles ont partout : elles ont attiré l'attention sur certains services publiés trop négligés. La législation sanitaire, datant de 1836, ne répond plus aux exigences de notre époque. Les hôpitaux
chirurgien du Midi avait obtenu i71 résultats positifs; mais, sur ce nombre, 229 fois le pus n'avait manifesté sa virulence que vingt-quatre ou quarante-huit heures après Touverture du bubon; 42 fois seulement l'inoculation du pus prélevé an moment même de l'incision de l'adénite ne demeura pas stérile, et une chancrelle se développa au niveau de la piqûre.
Pour expliquer cette anomalie étrange, — une sécrétion qui acquiert ses propriétés spécifiques seulement an bout de deux ou trois jours, — Ricord admit que le pus superficiel ou périganglionnaire n'est pas virulent; il ne le devient qu'après sa contamination par le pus profond on intra-ganglionnaire; or la coque du ganglion est résistante; elle ne s'ulcère que tardivement, et il est rare que le mélange des deux pus se fasse le premier jonr. Donc le pus des vingtquatre premières heures est d'habitude un pus extra-gan-; glionnaire, et son inoculation donne un résultat négatif.
Straus a ruiné cette hypothèse de Ricord : du pus puisé par lui au centre même du ganglion a été inoculé sans succès; dans aucun cas il ne s'est développé de chancrelle. Il estfvrai qu'il n'a pas été plus heureux^ nous l-avons Tu,cn' imprégnant sa lancette de pus sécrété par les parois d'une adénite ouverte depuis deux ou trois jours, époque oû, d'après Ricord, la virulence serait à son maximum : les résultats ont été n^alifs, si la chancrelle a été isolée par un pansement occlusif, si les liquides de sa cavité n'ont pu être apportés par les mains, les ins^ments ou les pièces du pansement sur les lèvres de l'adénite.
Aussi la conclusion de Straus est formelle : ni le pus profond, ni le pus superficiel n'est virulent, et le bubon, au début, est toujours simple, inflammatoire ou sympathique. Mail plus tard, après son ouverture, les lèvres de l'abcès, les pa^ rois de sa cavité peuvent être inoculées par les sécrétions du chancre voisin, un bistouri malpropre, un cataplasme, de la charpie, une pince apportant de la chancrelle quelque particule de pus qui contaminera le bubon.
A peine cette séduisante doctrine était-elle née, que des objections ont mrgi contre l'unité du bubon chancrelleux; on a opposé à la fois des arguments cliniques et expérimentaux. Âl. Horteloup d'abord, dans un intéressant mémoire à la Société de chirurgie, puis MM. Diday, Poulet» Latonche et Aubert, ont pris la défense de l'ancienne dualité consacrée depuis les travaux de Ricord.
Le bubon simple, nous disent-ils, celui dont rinoculation
fondés et dirigés par une Société particulière laissent à désirer sous le rapport de la tenue, de l'aménagement du personnel; l'assistance médicale à domicile n'existe pas.
Tous les ans, on signale des décès, dus à l'absence de tout secours: la municipalité s'est émue. Elle a commissionné des méaecins, mais leur réle se borne à soigner exclusivement les enfants; l'hêpilal suffit comme par le passé pour les adultes.
En remontant plus haut, on est arrivé à l'enseignement prc fessionnel, oui présente de regrettables lacunes. On n'apporte nas, tant s en faut, la même hftte qu'aux Etats-Unis pour former un médecin ; s'il y avait quelque chose à blâmer, ce serait plutôt l'excès contraire.
L'Etat seul donne l'enseignement, et U exige pour lai collation des grades une scolarité de sept ans; cela ne veut; nullement dire que cette longue période soit fmtueuseme^t ^ employée. Les étudiante sont l'objet de mesures tracassières inutiles à leur instruction et qui les découragent. La Soèiélé
68 — N« 5 - GAZETTE HEBDOMADAIRE DE KËDEGINE ET DE CHIRURGIE 30 Janvier «885
est toujours négative, n'a ni l'aspect ni l'évolalion de l'adénite, dont l'inoculation j dans nos mains, donne des résultats positifs. Et le plus souvent on peut, avant tout contrôle ekpériiuënyilï ahirmer l'origine virulente d'un bubon si son débuE'est brusque, s'il se signale par une douleur, dont la vivacité et l'apparition soudaine serait, d'après H. Diday, vraiment caractéristique. Le ganglion atteint gonfle rapidement; il adhère bientôt aux téguments rouges, luisants et .tendus; mais déjà on y perçoit une fluctuation des plus nettes, et ïa peau amincie, violacée, est soulevée comme par une ampoule purulente ou une grosse bulle; elle se perfore en plusieurs points, et donne issue, par une sorte de crible, à du pus sanieux el roussâtre. Les orifices se réunissent, et la perle de substance déchiquetée, & bords taillés h pic, à fond grisâtre et suppurant, met un temps très long à cicatriser.
L'adénite simple aurait une marche plus lente ; les phénomènes inflammatoires sont moins intenses et les douleurs beaucoup moins vives; la suppuration vient tard et l'abcès une fois euvM^ ne -se^vide pas tout à eoup comme la cavité du bubon infectieux : le pus bien lié, jaunâtre, sort avec quel(jue difficulté ; enfin la guérison est rapide et au bout de quinxe jours la perte de substance est parfois comblée, tandis que celle de l'adénite virulente réclame un mois ou deux . mois. Malheureusement ces signes sont loin d'être iikfaillibles et l'inoculation a parfois montré que des adénites du premier type n'étaient pas vinilentes, tandis que des adénités du second l'étaient sans conteste.
Cet argument n'a donc qu'une valeur relative. Hais, ajoutent encore HH. Horleldup et Diday, si les adénites empruntent leùr Virulence au chancre, non par migration du principe infectieux : dans les voies lymphatiques, mais par contamination directe des lèvres ou de la cavité du bubon, qu'inoculent les mains du chirurgien ou dn malade, comment se fait-il que la peau dénudée par les vésicatoires, appliqués si souvent pour combattre les adénites ne se transforme pas plus souvent en chanerelle? < Les inoculations accidentelles auraient beau jeu pour se produire là, à l'aine, daiis la région même où on la dit si fréquente, sur des surfaces excoriées et souvent saignantes. — En voit-on, et combien de fois? »
Si la perte de substance, les lèvres de l'abcès ganglionnaire s'inoculent par une goutte contagieuse venue du dehors, rérosion chancrelleuse, conliniie H. Diday, commencera par le point que la goutte a louché, pour s'étendre ensuite
de bienfaisance ne fait qu'entr'ouvrir ses élablisseroenis ; la Faculté n'a même pas la libre et complète disposition de ses services de clinique, cela ressort d'une liste de desiderata dressée par H. Manuel A. Hunoz.
Les étudiants privilégiés sont comme chez nous ceux qui sont attachés en qualité d'internes aux hôpitaux ; n'nHons pas trop loin pourtant, nous aurions tort de nous figurer que cet emploi est décerné comme à Paris à la suite d'un concours uublic, jugé par des chefs de service, dont l'impartialité el la compétence sont hors de toute discussion. . Les choses se sont passées ces dernières années au Pérou comme dans certaines villes de France. On me racontait récemment à ce sujet, une anecdote amusante : Supposez que le président du Conseil d'administration d'un grand hôpital soit, un citoyen doué de toutes les vertus sociales et civiques, mais parfaitement étranger à la médecine... un austère magistrat, un onctueux épicier, un limpide notaire. De par les règlements en vigueur dans ladite ville et ledit hôpital, le
de proche en proche. Or il n'en est rien et l'on voit les bords de l'incision se prendre simultanément; ils deviennent, dans toute leur longueur, c festonnés, déchiquetés, pultacés, preuve qu'ils ont été inoculés a terge^ de Tintérieur à Tex* térieur, par le pus qui coule abondamment. D'ailleurs n'est-ce pas du cinquième au sixième jour que se foit cette transformation chancrelleuse? Si elle était due à l'apport accidentel d'une parcelle contaminante, pourquoi Tinoculation n'a-t-etle jamais lieu avant le premier septénaire? »
Aussi, sans nier ce genre de chancrellisalion dont ils ont même observé de rares mais authentiques exemples, les adversaires de l'unité du bubon affirment que telle n'est pas l'origine ordinaire de l'adénite virulente. Us ont d'ailleurs suivi M. Straus sur le terrain expérimental et Horteloup au Midi, Latouche à Lourcine, Poulet au Val-de-Grâce, Aubert dans les hôpitaux de Lyon ont obtenu des inoculations positives. Nous ne connaissons en détail que l'observation de Horteloup qui nous parait inattaquable ; les précautions les plus minutieuses ont été prises : cbancrelle des parties génitales recouverte d'un pansement occlusif pour éviter toute conlamination, instruments neufs, peau stérilisée, bubon ouvert antiseptiquement, piqûre d'inoculation protégée contre les souillures extérieures; cependant un chancre mon s'est développé au lieu d'insertion du pus de l'adénite.
Ne peut-on pas rapprocher de ces inoculations positives, les faits, assez nombreux dans la science, où le bubon, bien qu'apparu après la cicatrisation de l'ulcèie vénérien contient un pus virulent? Horteloup rapporte sept observations de Ricord où l'adénite ne s'est ouverte qu'après guérison de la chanerelle; les piqûres expérimentales pratiquées à ce moment ont cependant engendré un chancre mon indiscutable. L'histoire tout entière du bubon d'emblée ne vient-elle pas prouver qu'un ganglion peut contenir du pus infectieux sans qu'on puisse découvrir la porte d'entrée du principe virulent?
Ces aifuments ont une valeur considérable, et, si l'on ne parvient pas à trouver quelque cause d'erreur, un vice dans le manuel opératoire, si surtout d'autres expérimentateurs fournissent des résultats semblables et arrivent avec de nouvelles inoculations positives, la théorie de M. Straus sera gravement compromise.
Ces recherches Cu moins n'auront pas été inutiles. N'auront-elles pas tout d'abord rappelé l'attention sur ce
limpide notaire est président de droit du jury dn coneours de rinteruat, il a voix délibérative à toutes les séances. Parmi les épreuves, une est relative à l'application d'un bandage.
lin candidat, heureux jusque-là tire au sort, le spica de Vaine; il applique son spica avec une telle dextérité, que les médecins ou jury votent à Tunaniinité le maximum. Un seul membre, le limpide notaire président, propose une note infime: protestations, considérations, rien n'y fait, notre homme lient à sa note. Malgré tout, le candidat fut nommé, c H'explit^uerez-vous enfin, dit après le concours au président un médecin de ses amis, pourquoi vous avez tenu à une note si basse? Aviez-vous une animadversion personnelle contre ce jeune homme? Teniez- vous, pour des raisons que vous n'avez pas cru devoir nous communiquer , à ce qu'il éprouvftt.un échec?— Nullement, c'est4ui garçon intelligent, et je suis enchanté de sa nomination. — Mais, alors, je ne m'explique pas... — Je considère un jury d'int^at comme
30 Jantibr 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
fait que la virulence du pus n*est souvenl manifeste que vÎDgl-qualre ou quarante-huit tieures après Touverlure du bubon? Dans l'expérience qu'il nous cite M. Horteloup praUque la piqûre expérimentale dès l'incision de Tadénile et les résultats sont négatifs; mais au troisième jour une piqûre nouvelle jjwovoque l'apparition d'une chancrelle légitime.
Gomment expliquer ce fait bizarre? Les précautions prises par H. Horteloup ont, nous l'avons vu» infirmé la théorie de M. Straus ; ce n'est pas de dehors en dedans que s'est faite l'inoculation et nous n'avons pas à revenir sur ce point. L'ancienne opinion n'est pas mieux recevable : en puisant au centre du ganglion le pus qu'il inocule sans succès H. Straus prouve que la colleclion profonde, intra-gai^^lionnaire n'est pas plus infectante que la masse superficieile, pérHiangUonnaire.
M. Horteloup admet c qu'il se fait dans l'intérieur du ganglion une véritable gangrène susceptible de tuer l'agent virulent qui reparaîtrait après l'élimination des parties mortifiées », c'est-à-dire après l'ouverture spontanée ou chirurgicale de >radénite. Enfin Auberl pense que dans le bubon non encore incisé la chaleur est trop grande pour permettre au micro-organisme de se développer abondamment : la prolifération active ne commence qu'après l'incision et lorsque la température s'est abaissée.
M. Straus a donc rappelé Kattention sur ce problème obscur; il a prouvé de plus que les méthodes actuelles de coloration ne permettent pas de déceler la présence d'un inicro-oi^anisme dans le pus du bubon chancrelleux et que toutes les tentatives de cultures sont, jusqu'à présent, demeurées infructueuses. Enfin, si des résultats semblables à ceux qu'ont obtenus HH. Horteloup, Latouche, Poulet et Aubert, élablissent définitivement que Tadénîte est parfois virulente, les inoculations négatives de H. Straus auront montré que cette virulence est beaucoup plus rare que ne le disent les statistiques les plus modérées. — Les conclusions absolues de M. Straus peuvent donc être infirmées; •«es recherches n'en auront pas moins été te point de départ d'nn progrès incontestable.
Haul Reclus.
TRAYAUX ORIGWAra .
Db ia C0N6BST10H H&NALE PRiHmVE. Communication faite à la Société médicale des hApilaux dans la séance du 23 janvier 1885, par M. le docteur Albert Robik, médecin de l'hospice des Ménages.
Il est des affections qui, après avoir joui d'une autonomie complète, ont été peu à peu et si bien englobéesdansdes maladies voisines.que leur personnalité n'existe plus qu'àTétat de souvenir. La congesHon rénale primitive estrunéde ces disparues et son histoire reste confondue avec celle de la né
Shrite calarrhale, dont elle est, pour les uns, le premier egré, tandis (|ue, pour les autres, les deux états pathologiques s'identifient complètement. Et comme Bartels et Wagner font rentrer le néphrite catarrhale dans le mal de Bright, voilà les vestiges de l'ancienne congestion rénale engloutis dans le sein de cette grande maladie.
Cependant j'estime que l'absorption a été trop complète, que la congestion rénale primitive exisleavec des contractions
qHil>jçl>vAM;$4nt»4u'j?ile,»$ijméimcelfttix0nMiU,fj^
mais habituellement méconnue.
^ En effet, comme deux de ses manifestations symptomatiques 'sont un étal général au premier plan duquel figurent la fièvre, l'anorexie, l'abattement, etc., et un état local dont la dominante est une douletir lombaire d'apparence diffuse, on porte les diagnostics vagues de lumbago, rhumatisme musculaire, coup de ' froid, courbature, synoque, fièvre catarrhale, herpétique, embarras gastrique. Et de fait, il est impossible d aller plus loin si l'on ne procède pas & un minutieux examende l'urine.
Les caractères de celle-ci constituent un troisième ordre de manifestations qui doivent être mises au premier rang, puisque sans leur connaissance on ne saurait arriver à constituer le diagnostic de la congestion rénale primitive. Mais, d'autre part, l'examen isolé de l'urine conduirait aussi à l'erreur, puisqu'elle ferait immédiatement penser au mal de Bright aigu, si l'on n'avait soin de le rapprocher des symptômes généraux et locaux, et on considère ensuite l'évolution toute spéciale de cette triade symptomafique.
Donc une triade s^mptomatîque évoluant d'une manière toute personnelle, voilà les termes cliniques de cette congestion rénale primitive dont je tente la reconstitution.
Les sympldfflM ginénmx sont ceux d'une pyrexïe A son débat, et ifs se présentent sous deux aspects différents. .
Dans le premier ce sont les phénomènes généraux d*un embarras gastrique fébrile, avec léger frisson au début, puis fièvre, céphalalgie, anorexie, soif vive, malaise général ou courbature. Le punis monte & 90 et 100, la tem-
uR corps sMevx et j'estime que, quand 11 fkit une recommandation, les candidats doivent en tenir compte; que s ils passent outre, par légèreté ou mauvaise volonté, méritent d'être sévèrement jugés. — Je comprends de moins en moins. ~ Vous souvcnea-vous du bandage demandé à la dernière épreuve ? — Sans doute, c'était le spiea de Vaine. — C'était un spica de laine I Mats vous n'avez pas remarqué que votre candidat avait fait son spica avec une bande de coton t ! » Le médecin regarda son interlocuteur sans répondre ; il a avoué depuis qu'il n'avait jamais éprouvé pareille admiration pour un lim(Hde notaire remplissant les fonctions de juge dans un concours pour l'internat en médecine.
Je ne voudrais pas insinuer que les choses se passent de la même manière au Pérou ; on lit cependant aux faits divers du journal que nous avons cité, les lignes suivantes : c La supérieure de ThApital San Bartolomé a nommé interne dans une des divisions, H. Leonardo Vargas. » Nous ne songeons pas à établir aucun parallèle entre la compétence d'un lim-
pide notaire et celle d*une religieuse hospitalière pour le choix d'un interne. Il est seulement fâcheux que Von ait oublié d'indiquer quel critérium avait pu diriger ce choix; avait- il été fait spontanément, après un examen, ou un temps d'épreuve, nous n'en savons nen. En descendant un peu plus bas, dans la même colonne, on peut supposer qu'on n en savait pas davantage au Pérou.
c Les abus, dit irrévérencieusement le journaliste, doivent être corrigés partout oû on les rencontre. Un article du règlement intérieur de nos hftpitaux Indique la manière dont on choisit les étudiants qui doivent prendre les postes d'interné.
» Aujourd'hui, l'état de choses anormal dans lequel nous nous sommes trouvés est passé, et cependant le caprice d'un inspecteur de bienfaisance on d'une sœur de cnarilé fait toujours des internes.
» ... Nous espérons que le directeur de la Société de bienfaisance rentrera dans la légalité, régulariserajni)dn^ff<> vices les plus importants de nos hêpitaux. > o
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pérature à 38%5-39 degrés. C'e^t la fome commune ou timple de la congestion rénale.
Dans le second cas, les symptômes généraux sont assez accentués pour que l'idée d'une 6èvre typhoïde vienne aussitôt à l'esprit. La céphalalgie gravative, l'insomnie, la photophobi<i, les étourdissements, les éblouissements, rabattement et même la stupeur, puis un profond malaise, une sensation de brisement général, souvent des.épistaxis, des nausées, une grande sensibilité abdominale, de la diarrhée, enfin un pouls à 100-110, la température de 39%5 à 40°,5, tel est i'ensemble plus ou moins complet dans son expression suivant les cas, qui justifie la séparation de cette variété, sous le nom de congestion rénale à forme typhoïde.
Les douleurs lombaires sont le principal élément de la symptomatologie locale. Elles sont spontanées, maïs diffuses et irradiées, avec un foyer au niveau des reins. Leur intensité est très variable; parfois on est obligé de les chercher par une méthodique exploration de la région rénale, tandis que chez d'autres malades elles simulent une violente rachialgie. Comme phénomène accessoire et non constant, je signalé un pende sensibilité vésicale et de dysurie. Enfin j'ajoute que 1 œdème manque toujours. Les caractères de Pnrine ■sonfia vérrtabïefpierrff rte touebe-du-diagnostie. Celle-ci a une couleur bouillon de bœuf avec des reflets ronge&tres, plus ou moins accentués. Rarement elle est transparente; ordinairement son aspect est trouble, même après le repos. Vodeur, d'une fadeur singulière, rappelle celle dtt pain bouilli. Sa réaction est très acide. Sa quantité légèrement diminuée oscille, suivant les cas, entre 700 et 1100. Sa densité varie à 1020 k 1026.
Cette urine laisse déposer un xédiment assez abondant, formé de flocons légers se déposant lentement et de couleur brune ou brun rougeàtre. Au microscope, ce sédiment apparaît constitué de la manière suivante :
1' Cylindres nombreux, hyalins et épithéliaux^ifautres moins abondants sont finement granuleux ; d'autres enfin contiennent des globules rouges et des granulations pigmentaires.
2* Ghbuies rouges plus ou moins altérés, dont la plupart ont subi la déformation en calotte, et laissé exosmoser leur hémoglobine que l'examen spectroscopique permet de retrouver dans 1 urine.
3° Globules blancs chaînés de granulations pigraentaires et dont le noyau imprégné de pigment a pris une teinte brun&tre.
4" CelltUes libres d'origine rénale pigmentées comme les globules blancs.
5** Amas libres de pigment noir amorphe.
6^ Parfois des cristaux d'acûfe uri^ue. Dès le début des accidents l'urine contient une quantité d'albumine qui dé-
Sasse rarement de 2 à4 grammes fotr vingt-quatre heures, lais la particularité sur laquelle j'insistp, c'est la diminution brusque de cette albumine, suivie de sa rapide disparition. Parfois on observe des retours légers et fugaces de l'albuminurie, mais dans ces cas l'urine ne perd pas complètement sa couleur rougeàtre, et le sédiment renferme toujours des globules rouges ou blancs. Tant ijue persistent ceux-ci, le retour de l'albuminurie est à prévoir.
Enfln, au début de la maladie, l'urine donne, d'une manière presque constante» les réactions k Vtndieon*
Tels sont les trois ordres de symptômes dont Véooluiioii va nous occuper maintenant.
Sa ma rc^ peut être définie par un seul mot : rapidité. Après quelques oscillations ou d'une manière graduelle, la température redevient normale (i), en même temps que les symptômes généraux s'atténuent promptement, avec ou sans crise sudoralc. Seule, la sensibilité rénale est plus durable, sans (|ue sa persistance excède quelques jours.
J'ai déjà ait que l'albumine était transitoire ; il en est de même de l'indican, qui disparaît avant ou avec l'élévation de la température. Puis apparaissent du côté de l'urine trois signes de résolution, k savoir :
' i' ia disparition do sédiment floconneux et son remplacement par des cristaux d*acide urique;
2° L'apparition de la réaction ael'nrhématine, qui se produit avec d'autant plus d'intensité que l'urine paraît plus pâle;
3° L'augmentation delà quantité de l'urine elle refour de celle-ci à sa teinte normale. Cette quantité s'élève à ISôO''', 1500<»', 2200^°, se maintient quelques jours amour de SOOD^*avec une teinte très pâle et des quantités croissantes d'urhrmatine, puis revient peu à peu à la normale.
Donc la durée de la congestion rénale ne saurait être longue: quelaues jours pour la forme simple; deux semaines environ pour la forme typhoïde. L'un de mes malades cependant a présenté une durée plus longue, qui compterait une trentaine de jours si Ton prend pour limite le retour complet de l'urine à la normale. 11 est vrai que j'ai observé cet homme deux semaines seulement depuis le jour oû, selon lui, son mal aurait d^uté, et qu'il n'arait pris le lit que le jour de son entrée à l'hôpital, de sorte qu'il j a probablement quelque erreur sur la date précise du début.
(1)1" ui. TU
— TS
3* cai.
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