‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 125 sur 228 · EHFAMTS TROUVÉS ET DÉLAISSÉS · texte numérisé non relu

EHFAMTS TROUVÉS ET DÉLAISSÉS

L'Académie des sciences morales et politiques vient de eooronner un important mémoire éerit, d'après des documents inédits, sur l'histoire des enfanls trouves el délaîssAs. L'auteur, H. Léon Lallenand, a pu- réunir, à k suite d'une enquête approfondie, une série de noilous statistiques d'un grand iatOTÔt recueillies chez tous lespoaplesj Lelravait qui résume ses Jaboricases recherches sera considérable et uemandera, peur être publié, un temps asseï long. Nous avons donc cru pouvoir, aès aujourd'hui, résumer ici, d'après le manuscrit que M. Lallemand a bien voulu nous coofier, un de ses chapitres, celui oui concerne l'histoire des enfants trouvés à Paris au dix*6eptiemeetau dix-huitième siècle. Cette histoire se confond avec celle de l'hêpital de la rue de Vaugirard, alors nomasé Maison de la Couche.

L'auteur étudie d'abord quelle a été ta mortalité de ces enfants tranvés*- U.r^«e.Ains.'Cë.butf -sur des registres offloiels. des mentions comme. celles-ci: « 3 janvier 1671 : Le nombre des enfants amenés à la doucbe en l'anuée dernière 1670 est de 438. Dont en a esté mis en nourrice 30S, et des 121 restants en-est mort 118 A la naisott ; partant en reste trots eu celte maison. > — c 28 décembre 1758 : Le dernier décembre 1757, l'hApital était chargé de 6100 enfants en nourrice et ea sevrage. Dans le cours de la présente année on en a envoyé 3220 en nourrice qoi, joints au susdit nombre de 6100, compose oelnî de 9320 enfants ; que de ce nombre 2851 sont morts en nourrice et 686 ramenés audit hôpital. Depuis le 1'" janvier de cette préseirte année

i'usqn'à ce jour, on a reçu 5012 enfants exposes, daqud nom- )re 1470 sont morts dans la maison en attendant l'arrivée des nourrices de la campagne ; 2278 sont morts en nourrice et 124 envoyés dans les maisons de l'hèpital général... >

c . . En reunissant le nombre des enfants rrfus pendant les années 1765 et suivantes, jueques et y compris l'année 1772, A celui reçu depuis le 1*' juivier de la présente nuée 4775 jusqu'au premier moissnivant, lenenwre des enlknts reçus wt de 42 750. Le nombre des morts doiif la mtêiêon pendant ces six ans quatre mois est de 13481, ce -qui fait près du tiers dans chaque année. >

La maladie qui pandt avoir été surtout observée est le muguet. Lorsqu'il ne tuait pas les enfants A l'hèpital (et il eu tuait plus d'un tiers), ii évolnait.chez ceux que l'on con6ait aux nourrices de la campagne. De telle sorte qné quinse jours ou un mois après être sortis de t'iièpital, ces enCinis succombaient encore au muguet. C'est en 1739 que le muguet commence à être signalé dans ces retevés statistiques: La mortalité qu'il détermine est effrayante; on constate, en effet, qu'un tiers des. enfants meurt à l'hôpital ; un autre tiers succombe dans les premiers jours qui suivent l'envoi en nourrice; puis la mortalité diminue; durant la première année, elle n'est plus que d'un dixième des eufants ^ ont survécu, et, durant les six années suivantes, elle n'est plus

3 ne d'un autre dixième. Il n'en résulte pas moins qu'au bout e sept ans, alors que les enfanls élevés chez leurs parents survivent en nombre beaucoup plus considérable , ceux que l'on a admis A rhêpltal meurent dans la pn^portion de 6 sur 7.

Il est intéressant de comparer la mortalité des enfants nouveau-nés dans les diverses périodes qui s'étendent du seizième siècle jusqu'à ce jour. Or, en consultant les tableaux dressés par IH. Lallemand, on trouve que sur 100 enfants âgés de moins d'un an on en voit mourir :

fin 1504, 46,53; en 1751, 68,49; en l'an YrvP^l^n 1818. 68,06; enffn de 1877 iPi«8l, 33,55J^*-o5f^

Cette mortalité est surtout effrayante de l'âge de H nais-

m - Jf as «AZEItS IVBWHiAOilRB OB MÉDECINE ET DE CHIRUaGIE i 10 Jmun 1885

sance à un mois. Ainsi, en Tan T, on voit que sur 3406 en- TanU entrés à l'hôpital, il en meurt 3129 avant un mois^ tandis que, de 1877 à 1881, sur 637-i enfanU entrés, il n'en est mort que 1525. Au lieu de 94,30 pour 100, la mortalité est tombée à 35,67. Ces chiffres sont relativement consolants.

Aujourd'hui, en effet, bien des conditions d'hygiène, irréalisables au dix-septîëmeetau dix>huitiënie siècle, ont été im-

E osées aux administratbns hospitali^vs. Aù milieu du dixuitième siède, la morlalilé des enbtifs admis aux hôpitaux dès le premier mois de leur.éiistaice, atteignait 70 pour 100. Celte mortalité tenait : 1° aux difficultés du transport et aux maladies qu'il oecasionnait (on amenait ces malheureux dans des voitures publiques mal closes, et pour lesquelles la durée du triyet était parrois considérable); 2° à la disette de nourrices pouvant emmener rapidement les nourrissons; 3° aux déplorables conditions de transport des nourrices emmenant des enfants ; 4* à l'abus des envois par commission; 5° au triste état de santé deis enfants abandonnés. Mais s'il est vrai que, dans bien des cas, la mortalité dépend des causes contre lesquelles il était difficile de lutter, un certain nombre de faits précis démontrent que l'ignorance ou l'incurie contribuait à Taggraver. C'est ainsi que l'encombrement .créait le ae«bat, aue les maladies contagieuses se propageaient avec une grande n^idilé, sans que Jamais on songeât àl*iMlement.

Cependant, dès l'année 1673, le service médical fut orgauisé a Paris. En 1673, le gs^e des sceaux désigne te sieur Edmond, docteur en médecine à Montpellier, c pour servir les enlanta de sa profession gratuitement ». Plus tard, on nomme un médecm et un chirurgien des enfants assistés, ayant pour rétribution six-vingt livres par an, payables par quartier. Ces médecins sont astreints à faire une visite par wur à l'bô^lal de la Conche, et une par semaine au faubourg Saint- Antoine.

Aux termes de la délibération du 23 févrierl785, le devoir des officiers de santé était de visiter les malades, de déterminer les. précautions nécessaires à prendre, d'indiquer les remèdes propres à rétablir l«ir santé ou de leur donner du sonbgement dans leurs maux ; de veiller à rexéeutton de leurs onlonnances et à la bonne compositions des drogues et remèdes àadministrer aux madades, enfin de procurer aux pauvres admis dans les maisons tous les secours et consolations qui dépendaient de leur ministère. Ces médecins ne deviûent s'immiscer en rien dans l'administration. Mais le vice principal de cette organisation était l'absence d'un service spécial destiné i sarveiller et à soigner les enfants mis en nourrice. 11 est bien dit, dans les règlements, qu'on appellera des chirurgiens pour examiner, traiter et médîcamenter les enfants qui paraitraieat en avoir besoin; mais cette mention n'était pas suffisante, et, en (790, La Rochefoucauld s'en plaint énergîquement.

En résumé, la - mortalité des enfants nonveui-nés était effrayante au siècle dernier, et l'oi^nisation sanitaire était tnén peu édifiante. Il n'était donc pas mauvais de rapprocher les cuffres qu'a recueillis M. Latlemand de ceux que l'on pourrait citer aujourd'hui. Bien que tout ne soit point à 'MMer dans nos services d'hygiène, il n'est pas sans int^èt de signaler, par un retour vers le passé, le progrès accompli. . h, L.

Concours du Bcauu cbnthal <bn mkuecins). — Après la première épreuve out été admis à continuer le coocourâ les vingt candidats dont les noms suivent : NH. Comby, Jean, Lorey, L.eroui (Cliarles^, Béringier, Robert, Gaucher, Petit (André), Bourcy, DeJpeucn, Chantemesse, Uuplaix, Hiriz ^Edgar), Hirti (Hippolyle), Dreyfous, Marli», Leroux (Henry), Galliard, Juhel- Reuoy, Siredey.

LÉGION d'honneub. — Ont é lé DOinmés :

Au grade d$ commandeur: MM. i« docteurs Daga (Joseph-Cb.) el Manger (Pierre).

Au grade d'of/icter : MM. Moisson <Lottia>FéIix-Bdoaard); Duburquois (Aleundre-TtHMaas-Didier); Pallé (Jeas^ierre); Moui^

Ion (Charles-Fraoçois-Aagoste-Léaqdre) ; Aroa (Jules) ; Aniosld (Julcs-Hippolvle); Uupeyroa (Jules-Gemoaiif); Stdùeuff«é(Élieaiift. Joseph-Adolphe).

Au grade de chevalier {sereice de santé de la marine et de l'armée de terre): MM. Achard (Pierre Frédéric), raédedn-major de S* classe; Sérès (Bertrand-Flavien), médedn Ae l** classe de la marine ; Maget (Lacién.Gftbriel), loédecin de I*" classe de la marine; Lahinde(ËrmstiJ8Bn*Bapliste), phanntMCTde1"diiaie delà narine; itoaianowski (Sinau-GnslavérAlbat), nMadade 2* classe de la marine; Péthellai (ADgd-fialUianrd-Fnn(ois), médecin de 8* classe de la marine; Hondon (Lonis-ClèmeDi), médecin de 2* classe, aide-major à l'artillerie de la marine; Foucaud (Jean-Marie-Hector), médecin-major de 3* classe, aide-miior â l'infknterie de la marine ; Balbaud (Marie- Léonce); Jaugeon (loseph-Nicoi as-Jules); Carrassan (SéraphiD-PanKa); Gauvy (JoKpb- Paul); Fouqae (l^ouis-Honoré-Christophe); Antoine (Ferdinand); Jenerin ( Louis- Henri-GonstaDt); Le Forestier deOailliea (Heari- Josepb-François-Marie); Nicol (Joseph-Delphin) ; Linon (Léon- Jacques-lsidore); Zaepffel Œmile-Léon); Grandjean (Cbarlet-Uésiré); Charton (Charles); Rouflay (François-Xavier-Ferdiniod); Pierrot (Fraoçois-Achille-Au|{Usle);C8inet (CUsimir-Joseph-Harie)-, Hintzy (Ctiaries-Francois-^ile-Ernest) ; lArdennois (Pierre- Edouard); Jolv (Marie-Augusle-Emile); Petitpoissoo(Jalieii-VictDr- François); Jubiot (Albert Marie); Perrio (Augustio-GaiUuuM).

— On» été aussi bommés chevaliers, MM. lés âocteon Saucerotte (Antoine- Victor-Frédéric); Lapeyre (Jean-Eléaiard).

Mesurxs sanitaires. — Le Journal officiel publie, ce maliu, un long rapport dt & H. le docteur Proust, et ayant pour objel d'indiquer les mesures de prophylaxie qui pourront être priseï à bord des navires, de manière è rendre moins nécessaires les quarantaines. Nous signalerons avec toute ratlenlion qu'il mérite, cet intéressant rapport dans notre prochain numéro, et nous aurons ainsi l'occasion d'apprécier, dans leur ensemble, lo mesures prises pour préserver la France de répidémie qui sévit es Espagne. Nous nous contenterons donc aogourd^ni de publier le décret et la décision suivante :

— Par un décret en date du 7 juillet 18^ il est emoinl à tonU personne logeant des voyageurs venant d'Espagne d'en fiire la déclaration à la mairie de la commune dès l'arrivée du voyageur. Celte obligation s'applique non seulement aux aubergistes etrni logeurs en garni, mais encorti à tout particulier.

La môme déclaration devra être faite par les personnes à-dessus dénommées pour tout cas suspect survenu dans leur malsos et dès l'apparition des premiers accidents.

Les contraveniions aux dispositions du présent décret seront constatées par des procès-verbaux et poursuivies conforniéinent à l'article 14 de la loi du 3 mars 1822, qui punit d'un einprisonnement de trois i quinze jours et d'une amende de 5 à &0 firuei quiconque aura contrevenu, en matière sanitaire, aux ofdres dei autorites compétentes.

— Le ministre du commerce vient de prescrire la création de postes d'observations médicales sur les routes quiconduiseal d'Espagne à Toulouse, Fois et Perpignan. Cette mesure est le complément de celles prescrites par le décret paru an Joamâl oww' dans le but d'édicter des préciaolioaB oOHrerépidétfûe cbolériiptt qui sérit dans la péaiusule. espagnole. *

MoaTAUTÉ A Paris (S7* semaine, du 48 juin an i juillet 1885). — Fièvre typhoïde, 12. — Variole, 4. — Rougeole, W. - Scarlatine, 1. — Coqueluche, 7. — Diphthérie, eroop, 17. ~ Choléra, 0. — Dyseatérie. 0. — Erysipéle, 3. - hifectieni puerpémei, 2. — Autres aflections teidémiques, 0. — Mésiagtte, 32. — Mithisie pulmonaire, iib. — Autres Uibarcaloses, 22. — Antres affections générales, 58. — Malformation* et débilité des âges extrêmes, 39. — Bronchite aiguë, 1^- -;- Pneumonie, 55. — Athrepsie (gastro^entérite) des enbnts nourris au biberon el autrement, 52; au sein et mixte, 30; inconnu, 3. — Autres maladies de l'appareil cérébro-spinal, 79; de l'appareil circidatoire, 61 ; de I appareil respiratoire, 60; de l'appareil digestif, 46; de l'araareil génilo-urinaire, 26; de la peau et du tissa lamineax, 8; des os, articulations et muscles, $■ -' Moru riolentes, 26. — Causes non classées, 11. — Total : BU.

G. Hassoit. Propriétaire-Gérant.

BouaLOTON. — Utpriuriw r<mi«t, A, r«e HigmwJt fui».

Trewik-dkiixièhk anréx

17 JOILLET 1885

GMETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURèïE

PABAISSAHT.TOUS LE« VENDREDIS

■ .. , . ' . ; COMITÉ DE RÉDACTlOi^ ...........

' -V ■ PRi^UMWT : H. le dbctear A. 0ECHA1CBR£ • .

lUinUa : HH. 'les doetinn BMCHEZi SEORGES DIEUUFOT. DREYFUS-BRISM. FRARÇOIS-FRÂN», ALBERT HÊNOCgUÉ

Page 1