L. LEBEBOULLET. PAUL RECLUS
AdiBMr tout ee qui eoneeru li rMwfloM u A» ConUM, ehez M. DMuinu, M, nMd«.£Ulc (nwt le àuNi dé préHMu). :
( Thèses, eiameos, cours, etc.) es divinM MesMi
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SOgl^H^É^-r U prtpbilMe'dM-fpidéBSe». ~ t.jHHimill |IIHI|ll>i
cealtqfîn. ^TrIvaOx atubiXAUX. Clinique médicale ; De> fulic briifhtique. — CoRRBSPOMDXXCR. Pudjne h7>tûriqoc da bni coniëcutiTo à un IraubatlBiuc' do t'épaale. — SociÉriifl uvantis. Académie des sdeocee.— Académie de in^ decine. — Société médicale dot bApiUux. — Société de chirurgie. — Société de biologie. — llBVDi DU JOURNAUX. — BiBLloenAPHiK. Loiona clinique* sur loi malidiea dnnhuiU. — VARliris. La prophylufe Hnilain muilinie. ~ La vacdoattoB Biticbolérli|aa en Eapagne. — La réforme du baccalauréat. — luaiH fnntion de U alalno de Piiwl.
Paris, 16iuilJet 1885.
LA PnOPHTLAXlE DES ÉPIDÉMIES, D'APRÈS DES DOCUMENTS RÉCENTS. — CONTRIBUTIONS PHARMACEUTIQUES.
tm praphTiwIe dm ^plil^lv*, d<«pa^ de
rée«nto.
L'apparition du choléra eu Espagne, à proximité des frontières française ét portugaise ; les premières délibérations de la Conférence sanitaire internationale de Rome ; les récents décrets de M. le ministre du commerce relatifs aux provenances espagnoles et aux voyageurs originaires de la Péninsule Ibérique ; enfin les projets de réforme de la législation sanitaire française discutés il y a quelques jours par ta Société havraise d'études diverses ont vivement agité, dans ces étTJÛejht temps, devant l'opinion publique, la question toujours grive et difficile de la prophylaxie des épidémies.
Nous.ap^mes à une époque de transition, où la vigueur des mesures sftnitaires d'autrefois est devenue inapplicable, où la transformation des doctrines étiologiques a ruiné la plupart des conceptions dogmatiques sur lesquelles la police sanitaire avait fixé ses préceptes et où les progrès de l'industrie ont créé des moyens prophylactiques nouveaux sur lesquels il importe que la science soit fixée, pour que les administrateurs et les gouvernements ne puissent en inéconuailre les avantages. Les récentes manifestations que nous venons d'énumérer sont, à ces divers titres, pleines d'intérêt et d'enseignement.
Par un de ces contrastes que les événements se plaisent trop souvent à présenter, au moment même où la Conférence s- staii. T. un.
"tiUIUBOA! tatffrfiattoo&lB tlentontc elOtuiait ses tratmiivlg*— choléra éclatait en Espagne, et depuis cette. époque la-gra^ vite de ré|Hdémie, son caractère tout particulièrement éavaA. hissaat et meurtrier, rendent rEurope.beaucoup.plus attentive aux dangers de propagation qui la menacent qu'aux délibérations qui viennent de se terminer à Rome. Tout aura d'ailleurs été singulier dans l'histoire de cette Conférence. Proposée au lendemain de l'apparition du choléra en Égypte en 1883, la résistance de l'Angleterre ne lui permit pu de se réunir. De nouvelles démarches étaient toutefois sur le point d'aboutir, lorsque répidémie qui envahit l'an dernier la France, l'Espagne et l'Italie fit ajourner tous les projets. Lorsque enfin les diverses nations se décidèrent à con" voquer leurs délégués dans le but de trouver les moyens de s'opposer À une nouvelle invasion du fléau indien, voici que ce fléau réapparaît eu Espagne dans des conditions encore assez obscures. D'autre part, le programme que les promoteurs de la Conférence avaient tout d'abord voulu lui imposer, celui que la marche des événements semblaitau début devoir . faire adopter par la très grande majorité des gouvernements, c'est-à-dire la réorganisation des services sanitaires internationaux sur les bords de la mer Rouge et dans le Delta du Nil, dut être en partie soustrait à ses délibérations, sous le prétexte que la situation politique de l'Égypte n'en permettait pas l'examen, et sous le prétexte également que la Conférence de Paris, occupée à déûnir 1q régime international du capal de. Suez, pourrait avoir à s'en occuper... ce que celle-ci n'a, du reste, jamais fait.
Malgré toutes ces difficultés, la Conférence ne s'en est pas moins ouverte le 20 mai ; 36 États s'y étaient fait représenter par 85 diplomates ou délégués techniques;2â Étals seulement . avaient envoyé des médecins ou des adminisl râleurs sanitaires pour prendre part aux débats scientifiques. Seules, la. France et l'Angleterce paraissent avoir participé à la Conférence avec un programme nettement arrêté d'avance } in.alheureusement les programmes de chacune dé ces jdeux piiissances étaient des plus divergents; l'Allemagne devait se borner à appuyer les propositions françaises; l'Italie avait un nombre imposant de délégués techniques, mais qui n'étmept généralement pas d'accord entre eux, oe qui était loin de faciliter la lâche de celui qui était seul chargé, par son vote, d'exprimer l'opinion de ses collègues; Trois prqpo|Uîons, c'e^à-dlre trois opinions, devaient se mohtror en présence au> sein de la Conférence-:' 1° la.né.ces8ité de mesures regiric-'
466 H* 39 (UZSTtE AfiBllOltAbAlAfi MÊbKGlNfi fit DË GËIKtîRGtfi 1? Juilut 1885
tifes rigoureuses sur le littoral des mers et aux frontières tematrw eonlie lei pr^venaoces, qaeHes qu'elles soient, de pays eontaminés; S* an adoucissement des prescriptious
Suarantenaires, toutes les fois que des mesures spéciales 'assainissement ont pu être prises avant rarrivée; 3* de simples garanties de surveillance au lieu de destination.
Dés le 4 août i884, le comité consultatif d'hjgiène publique de France estimait, sur le rapport de H. Proust, qu'il y avait nécessité de réunir une Goolérenee € pour déterminer les acquisitions récentes de la science relativement au choléra, régler les questions sanitaires ayant pour but d'empêcher cette maladie de pénétrer en Europe, fixer la compo^tioa du cottsail klanatiaiial d'Alexandrie, apprécier la valeur des patentes de santé délivrées dans l'Inde, trouver le système de précautions à mettre en usage, sur la mer Rouge natammeat, et pnaerire d'uue fafon géairale les moyens pratiques efficaces «t réeUeiMitt effscUCs dedésinfeetion. » Grftce à l'énergie et au sens pratique des délégués techniques de la France, MH. Brouardel. Rochard et Proust, e'est ce programme même dont les principales parties ont été adoptées par la GoRférence; les efforts de cooeilialioD, dMt ils a'aat cessé de donner des preuves dans les prioeipalet eoraaissioM qu'ils présidaient, iesr est periMS d'obtenir mt lat poMtB les plas tinporiaau des majorités aseei «entidérables poureepérM* qoeles gouverseMCAts ne naaquerent pas d'an tenir compte dans leurs décisioas ultérieures. La GaaMrenee s'eet en effet séparée vers le i5 juin, pour ne se réanir de Boumu que le 16 aevHnbre pnehaiB ; diei là, ha divan yauvememeats représentés, ayant pris connaissanoe des idées qui viennent d*ètre échangées, auront
d'une mMiàre définitive par
une caowDtioft diploi naltqae.
Or les principaleB dispasHians adoptées dans celle preiMère partia des Iravaax de la GenférmMe par ses délé^s teebMquessmt les suivmles : 1* les quarantaines de terre sont (Mclarées imMîlf« et impraticables; 2* les geuvememenls ont l'oM^tion de notifier la contaffliaatiofl des ports, et les consuls derraot avertir lenrs goavememeiits respectifs da 4épari des bàtinnats wspeots; 3* an départ des navires et en particulier an départ de lînde, on ne chargera les bâtiments qu'après aettayi^; en refu9«« tout passager sus pect, on SBTVMUera les passugers enatammés, on désinfectera les bagages; si le eheléra éclate à bord, on isolera les malades; les paqnel»eta venant des pays contaminés devront avair h leur bntl «ne étuve à vapeur pour les désinfKtions; 4^ Ions les bAUnsents eu vapeurs provenant, par le détroit de Bab*el-]landeb, de points coatatuinés, ralnront dans la mer Rouge fittspeetion d'an médecin de port nommé par l'antorité intwnationale; la Kbre pratique sera aussitêl accordée si le médecin du bord sÉteste qoe les désiirfècttotts ont été opérées avant et pendant le voyage, si aucun cas de choléra n'a été constaté et sî le ntédecîn du port constate qu'il n'existe aucun nndade atteint ou suspect de dioléra; 5* les b&timenb, ne débarquant pas de voyageurs dans les ports d« la nurHoi^, ne seront soumis qu'à une seule inspection à Sues; les bttîments, ayant des voyageurs pour l'Êgypte et les ports de ht mer Rouge, seront soumis à une première inspection à Bab-el-Sandri» et à une seconde an port d'arrivée ; 6* dans le cas oà les bâtiments seront infectés, les voyageurs seront débarqués, isolés et soumis à une observation de cinq jours. 48 non, 7 oui et f abstention, ont refusé d*adoptorun isolement de âh jours pour ces navires; Flsolement de etnq jours a été accepté par9oui, 8 non, S réserves
et 3 abstentions. Enfin, 10 oui, 7 non et 4 absleolions ont accepté que, c dans le cas où d'après le certificat du médecin du bord il n'y aurait pas eu à bord de cas de choléra depuis dix jours, l'observation pourra être réduite à vingtquatre heures > ; les voix des divers États dans ce vote important se sont divisées de la manière suivante : Ont voté oui : Allemagne, Autriche, France, Hongrie, Italie, Nonège, Pays-Bas, Russie, Suède et Suisse; ont voté non : Brésil, Espagne, Heiique, Portugal, Roumanie, Serbie, Turquie; se sont abstenus : Banemark, États-Unis de l'Amérique du Nord, Grande-Bretagne et Gouvernement des Indes.
En fin de compte, ce qui ressort le plus clairement des délibérations de la Conférence de Rome, c'est, à notre sens, qu'il serait possible d'obtenir entre les principaux Etals de l'Europe centrale et quelques-uns des Etats riverains de la Uéditerraaée, une sorte de convention qui leur permette de réaliser une organisation administrative commune contre les épidémies menaçant leurs frontières. Pour peu qu'une entente commune permette aux diverses puissances de donner à cette oi^^amsation un earactère en harmonie avec leurs habitudes administratives spéciales; pour peu qu'elles y trouvent roceaaion d'apporter dans l'exercice de la prophylaxie sanitaire, tous les ménagements compatibles avec les efforts individuds d'aisainisaemttt, l'ceuvre accomplie devra réussir.
Il va de soi que la quarantaine, telle qu'on la pratiquait autrefois, n*a plos de raison d'être aujourd'hui, même lorsqu'il s'agit du littoral maritime. Elle se comprenait, lorsque les arrivages étaient moins fréquents et surtout lorsque les arrivants étaient en nombre restreint. Il suffit d'avoir visité un lazaret pour reconnaître combien doit être illusoire de nos jours la cmifiance qu'on a longtemps attachée aux mesures qa'on y praliqaail. La science a fait de tels pn^rès, en même temps qu'elle nous a habitués à de telles exigences, que le régime sanitaire actuel ne nous parait plus offrir la plupart des garanties pour la réalisation desquelles il nvali été institué. Aussi les mots quarantaine et lazaret sont-ils de ceux qu'il conviendrait de remplacer, comme le faisait remarquer le délégué allemand à la Conférence de Rome, par ceux d'isolement, débarquement, observation, désinfection. Est-ce une simple substitution de mots qui est ici nécessaire? Paut-tl, comme certains adversaires sj^ématiques des quarantaines, accepter sans difficultés tout un ensemble de mesures dont la durée peut être phis longue que celle d'une quarantaine? La vérité, c'est qu'à ces mots nouveaux correspondent des installations nouvelles, une oiganisation appropriée et une concentration, pour ainsi dire, de tons les moyens prophylactiques. Dès sa nomination comme inspecteur général des services sanitaires, M. Proust s'était empressé de publier un rapport qui portait en germe tonte cette réforme : < Si la désinfection était parfaite, disait-il, si rnolement des malades était complet pendant tout le temps oà la maladie est transmissible, si la séquestration des per^ sonnes pouvant avoir la maladie exotique à Tétat d'incubation était absolue pendant tout le temps où cette incubation est possible, mais il n'y auraitpas d'importation. » Ce sont ces principes que les délégués de la France ont fini par faire triompher à Rome, ce sont epx qui inspirent un nouveau rapport de M. Proust, publié au Journai officiel le 10 juilM dernier, afin de préciser les mesures de prophylaxie pouvant être prises à bord (tes navires dans le but d'abréger la durée
il Wet i88â ÛA^KttE HËBDOMADAtRS 0& ItÂDSCIRB fiT DE CHIRURGIB
des quarantaines. Une première distinction est faite dans ce rapport entre les grands paquebots qui appartiennent au service postal et desservent à jour fixe degrandes lignes, les b&liments à vapeur affectés seulement au transport des marchandises et les navires à voile de toutes les nations qui se livreotexclusivenicntau transportdes marchandises etqui,par lefaitd'un long séjour àla mer, se trouventdans desconditions hygiéniques assez peu Tavorables. Les mesures sanitaires doiveni donc Tarler, suivant le tjpe des bâtiments et suivant la nature des maladies pestilentielles exotiques. Le Comité d'bygiëne publique, par l'organe de H. Proust, demande que les navires à passagers soient, en premier lieu, obligés d'élre pourvus d'un bon syslëroe de ventilation remplaçant l'air conlué du navire par l'air si pur que l'on aspire au large ; sur les K^es à fièvre jaune notamment, il est indispensable de ventiler l«s cales et on ne les ventile qu'avec un outillage spécial, allant pomper Tair contaminé jusqu'au fond du navire sous chai^ement.
II est une autre garantie d'une grande valeur, ce serait la présence à bord des b&liments de médecins nommés par le ministre du commerce, aprts examen subi ilevant une commission prise dans le comité. U est enfin nécessaire de prendre des mesures d'assainissement et de désinfection spéciales, an point de départ ou d'escale d'une région contaminée, pendant la traversée et à l'arrivée, si les mesures prescrites au point de départ ou pendant la traversée n'ont pas été suffisantes ou si des accidents se sont montrés à bord.
Le règlement dont le rapport de H. Proust expose l'esprit et les ivincipales dispositions entre dans tous les détails de ces mesures; il insiste en particulier sur la néce^ité pour les navire*) d'avoir à bord une étuve h désinfection, ainsi qac sur la latitude qu'il convient de laisser aux autorités sanitaires locales pour Tappl'cation des moyens de prophylaiie. Quelque coâleux ou difficiles que soient les installations et les travaux de salubrité que les compagnies maritimes et les propriétaires de navires auraient à faire pour satisfaire à ce nouveau règlement, il faut remarquer que les frais en seraient largement couverts par les remises sur les quarantaines d'observation dont ils bénéficieraient forcément ainsL
(A suivre,) A.-J. Martir.
■IICORE Là. COGAlNB, SA SOLUTION UANS Là PÈTHOBASELINE.
Nos lecteurs ont sans doute remarqué la simplicité du procédé d'extraction de la cocnine imaginé par H. Bignon, professeur de chimie à Lima, et publié dans notre dernier numéro. Ils y ont vu le carbonate de soude décomposer, par simple contact, le sel naturel de cocaïne et mettre cette base en liberté. Cette méthode a été inventée de temps immémorial par les indigènes du Pérou, peut-être même par les Incas d'avant François Pizarre; seulement, au lieu de sonde, qu'ils ne connaissaient pas, ils employaient la chaux; le résultat était le même.
Aujourd'hui encore les Indiens ne peuvent pas se passer de m&cber continuellement de la coca. Le patron qui les emploie est obligé de leur délivrer, à chacun, une ration de coca en même temps qu'une ration de nourriture. Ils ont dû éprouver une certaine émotion quand ils ont vu leur pré-
cieuse feuille augmenter de prix. C'est qu'il n'est pas plus aisé de priver un habitant des Andes de coca, que nous de tabac. Chaque individu a dans une petite poche un peu de chaux vive et dans le courant de ki journée, quand la macération dans la bouche s'affaiblit, il y mêle une pincée de chaux, qui, déplaçant la cocaïne, donne k la feuille un regain d'action anesthésique.
De tout temps, on a vu des Indiens se traverser la joue avec de grosses aiguilles sans manifester la moindre dou' leur, pour montrer qu'ils étaient des chiqueurs endurcis. Gomment cet effet si extraordinaire n'a-t-il pas frappé les yeux de quelque savant voyageur? Comment s'expliquer qu'il ait fallu attendre l'année 1885 pour en voir l'application? Je crois, par exemple, que nous allons rattraper te temps perdu, et que de nouveaux anesthésiques locaux ne larderont pas & être découverts. En attendant, employons largement celui que nous possédons. U me semble donc utile de présenter aujourd'hui un nouveau moyen d'administration de la cocaïne Au lieu de la pommade formulée dans mon dernier article, c'est une préparation analogue, une solution dans un hydrocarbure liquide; ce véhicule est de la vaxeline, que l'on a privée des 25 pour 100 de paraffine qu'elle contient et qui lui donnent sa consistance. Cest un nouveau prodige de l'induslrie. Un fabricant lui a donné le nom de pétrobaseline; cette pétrobaseliue, dont le prix est de 2 à 3 francs le kilogramme, se inmve chu Ions les droguistes. Chacun peut se la procurer, et il est bon que les pharmaciens apprennent à s'en servir avant qu'une spécialité nouvelle, basée sur son emploi, ne vietme à s'imposer. C'est un liquide inodore, incolore, ressemblant à de l'eau claire, volatil à une haute température, insoluble dans l'eau et cependant ne graissant pas; possédant le pouvoir dissolvant des hydrogènes carbonés, mais ne brûlant pas aussi facilement qu'eux; lubréflant tous les corps elles préservant de l'oxydation ; en un mol, doué des principales propriété de l'eau, de l'alcool, de la glycérine et des huiles fixes. Ce nouvel agent n'est-il pas merveilleux?
Aussi ses applications s'étendront-elles chaque Jour dâ» vanlage. La minérala^^ie y Iroùvera un moyen de conserva-^ tion des matériaux altérables. U en sera certainement de même de la botanique. Déjà la parfumerie en tire un grand parti. Je no saurais trop me bâter de l'introduire dans b médecine et la pharmacie.
Pour commencer, associons-le à la cocaïne >
Solution I l^étrobaseliae iO grammesi
Gocalae 1 —
Faites dissoudre i une très douce chaleur, llhretf ou lalssei déposer.
Cette solution est Inaltérable et d'un emploi commode; elle calme instantanément la douleur occasionnée par les brûlures et rendra sans doute k peu près insensible l'intnF duction des sondes et des spéculums. Les praticiens lui trouveront d'autres applications. Quand le prix de la cocaïne aura fléchi, on pourra formuler la solution k 1 gramme pour 25 grammes qui est, d'après mes propres essais, le point de saturation du liquide.
Pierre Vigiek.
468 — H* 29 — GAZKTTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 17 Juilut 1885
TRAVAUX ORIGINAUX
Cllal«ta« médical».
De la folie brightique. Communication faite à la Société médicale des hôpitaux par M. Dieulafoy, médecin de l'hôpital Saint-Antoine.
Le délire n'est pas un des symptômes habituels de la maladie de Bright ; il n'est pas comparable (lar sa fréquence aux autres troubles du système nerveux, accidents convulsifs et accidents comateux qui apparaissent si souvent dans le cours des néphrites. Néanmoins, certains brightiques ont pendant leur maladie, et surloul à une période avancée, des troubles intellectuels dont les manifestations multiples ont été réunies sous le nom iVurémie délirante.
L'urémie délirante apparaît habituellement chez les malades qui sont en proie aux autres formes de l'urémie, chez ceux qui ont eu ou qui vont avoir des contractures, des convulsions épileptiformes, de la céphalée, de la somnolence, de la torpeur, du coma, des vomissements incoercibles, des accès de dyspnée. On ne peut assigner à ce délire urémique aucun caractère spécial. Ordinairement il est doux et tranquille, tel malade a des rêvasseries, des hallucinations passagères ou persistantes, de l'incohérence des paroles et des idées ; il perd la notion de l'heure et du jour, il reconnaît à peine ou méconnaît les personnes qui l'entourent, il répond par des mots inintelligibles aux questions qu'on lui adresse.
Tel autre, mais le cas est plus rare, ressemble à un individu affecté de delirium tremens ou de manie aiguë ; son délire est violent; il est agité et ne peut tenir en place, il se lève à chaque instant, il parle sans suite et avec loquacité, et parfois il entre dans un état d'excitation qui nécessite la camisole de force. Dans quelques circonstances, les hallucinations de l'ouïe ou de la vue dominent la scène et le malade voit des êtres imaginaires ou entend des bruits qui n'existent pas. Je me rappelle avoir donné des soins à une brightique qui, vers la fm de sa maladie, fut prise, pendant plusieurs jours, de terreurs folles, parce qu'elle croyait entendre dans la rue les voitures de son convoi, et parce qu'elle crovait voir dans sa chambre les employés des pompes funèbres chargés de son ensevelissement.
Le délire urémique a été signalé il y a déjà longtemps, et j'aurai l'occasion de citer dans celte étude quelques mémoires importants où il est bien décrit. Hais on n'a pas toujours été d'accord sur la valeur palhogénique de ce délire, et plusieurs observateurs se sont demandé s'il ne faudrait pas rechercher ailleurs que dans les lésions du rein sa véritable origine. C'est ainsi qu'on a invoqué comme cause dominante, l'alcoolisme, le nervosisme, l'hérédité, ou enfin quelque prédisposition spéciale aux idées délirantes. On a incriminé également le fâcheux retentissement nue peuvent avoir sur Tencéphale les troubles cai*dia(iues et les troubles pulmonaires si souvent associés aux népnriles, et c'est dans cet ordre d'idées que fut écrit le mémoire que Lasègue publia dans les Archives, en 1852, sur les accidents cérébraux de la maladie de Bright. Dans ce mémoire, d'ailleurs remarquable, si on se reporte surtout à l'époque où il parut, voici quelle fut la pensée de l'auteur : c Ce délire peut être dû à diverses circonstances; on sait combien l'albuminurie est fréquente chez les ivrognes et quelle inlluence l'abus des boissons exerce sur l'intelligence ; en outre, la plupart des albuminuriques délirants sont atteints de désordres graves de la respiration et de la circulation, qui suffisent à provoquer les formes du délire qu'on observe. »
Tout cela est vrai; il est évident que chez les urémiques délirants il faut tenir compte des prédispositions individuelles qui peuvent inviter au délire; ici comme ailleurs, les causes prédisposantes jouent dans les problèmes si complexes qui
touchent à h pathogénie un rôle qu'on ne doit pas perdre de vue, mais il ne faut pas cependant en exagérer la valeur et les observations d'urémie délirante sont aujourd'hui assez nombreuses et assez concluantes pour qu'il soit bien acquis que les néphrites aiguës et chroniques peuvent par elles-mêmes et à elles seules, provoquer le délire, comme elles provoquent les accès épileptiformes ou le coma sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir un autre facteur.
Que nous soyons encore mal édifiés sur la nature intime de ces troubles qu'on a nommés, faute de mieux, troubles urémiques, d*accord ; celte partie de la question est loin d'être élucidée; mais je n'ai pas à la discuter ici, et je me contente, pour le moment, au point de vue clinique, d'inscrire l'urémie délirante à côté de l'urémie comateuse et de l'urémie convulsive.
Toutefois, l'urémie délirante peut être envisagée à divers points de vue. Je viens d'en parler comme d'un simple smptôme, n'ayant ni pins ni moins d'importance que les autres manifestations nerveuses, je viens de la montrer apparaissant sous des formes diverses chez des gens arrivés aune période plus ou moins avancée du mal de Bright, et associép aux œdèmes, à l'albuminurie, à la céphalalgie, aux accès dyspnciques, aux vomissements, aux convulsions, au coma, en un mot, aux accidents si multiples de celte grande maladie. Ainsi envisagée, l'urémie délirante n'a que la valeur (l'un symptôme, il faut la connaître et savoir qu'elle peut prendre différentes allures ; mais elle n'offre, en somme, qu'un intérêt relatif, et elle ne mériterait pas de fixer plus longtemps notre attention.
Il n'en est plus de même d'une autre variété de l'urémie délirante que je vais essayer de mettre en relief : Dans quelques circonstances, le délire brightique acquiert une importance de premier ordre ; il apparaît, sinon comme l'unique manifestation du mal de Bright, du moins comme un sympl6me tellement dominant que les autres symptômes passeraient inaperçus pour un observateur non prévenu. Ainsi les oedèmes et l'albuminurie, ces deux grands symptômes rcvélateuis, peuvent faire défaut, au moins pour un temps, le délire sévit avec une intensité et une ténacité tout à fait anormales, te imilade n'a plus les apparences d'un brightique, il a l'air ifua aliénét ce n'est plus une simple urémie délirante, c'est un état morbide qui prend te masque de l'aliénation, et, pour mettre en saillie cet état morbide, la dénomination de foUt brightique me parait devoir lui être appliquée.
Je sais bien que le nom de folie, ainsi employé, est dévié de son vrai sens, puisqu'il s'agit ici d'un trouble mental symptomalique ; mais celte restriction étant admise, je croi^ qu'on peut admettre la qualification de folie brightique, an méine titre que les qualifications de folie syphilitique ou folie hystérique. Il est nécessaire de grouper sous une dénomination spéciale ces malades qui ont toutes les apparences de la folie, qui en ont tontes les manifestations et qui ont i''l<' enfermés, quelques-uns du moins, avec ou sans connaissance de cause, pendant des semaines et des mois, dans de$ asiles spéciaux, bien que n'étant en somme que des briglitiques.
La question médicale se double, on le voit, d'une question médico-légale. Il ne faudrait pas s'exposer à envoyer dan^ un asile d aliénés un malade ciue l'on considérerait comme un vrai aliéné, alors que quelques semaines plus tard, la disparition de son délire et l'apparition de nouveaus symptômes viendraient donner un démenti au diagnostic. De même, on pourrait avoir à décider si ces malades sont n-sponsables et s'ils peuvent tester, et Wiiks raconte qu'il eut à il»'cider dans un procès, si une altération rénale constatée à l'autopsie avait pu occasionner pendant les derniers jours de la maladie des troubles cérébraux et par cela même entacher un testament de nullité (1).
(1) Rkpport^ dini
17 JciLLBT 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRORGIE - N- 29 - 469
Il n est pas jusqu'au traitement qui soit absolument différent suiTant le cas, et on comprend loul le mal qu'onffirait à un briçhlique délirant pris pour un aliéné, si on lui administrait la douche froide et si on le soumettait à une aliraeniation forcée, alors que le régime lacté serait Je seul cûQTenable.
C'est cette folie brightique que je vais essayer de décrire, en m'appuyant sur deux observations qui me sont personoeUes, 1 une des deux ayant été suivie d'autopsie, et sar quatre observations choisies dans différents mémoires. Le sujet n'est pas nouveau, le titre lui-même ne l'est pas, car dès 1883, Hagen étudiait « les affections de£ reins comme cause d'aliénation mentale», mais le nombre des documents n'enlève rien à leur intérêt.
Obs. I. — Le 14 février 1885 on amène dans mon service de l'hôpital Saint-Antoine, salle Barth, n" Î21, une femme qui est dans un état de mutisme absolu. Cette femme a trente-sept ans, elle ne veut ou ne peut donner aucun renseignement sur son étal; son œil est hagard, sa ligure est hébétée, et on remarque que ses doigts sont en état de contracture.
Le lendemain, la malade assise sur son Ht se livre à un balancement continuel du corps d'avant en arrière, elle n'a plus de contracture des doigts, elle regarde d'un air hébété tout ce qui se passe autour d'elle, elle ne répond à aucune (les questions qu'on lui adresse, et cependant elle n'a pas perdu la [tarole, car par moments elle répèle inconsciemment : ( J'ai soif... un lavement. >
Elle refuse toute nourriture, elle est en proie à une insomnie complète, à une agitation incessante, elle ne peut se tenir en place et on a toutes les peines à la maintenir dans son lit.
A l'examen de celte femme, tous les organes paraissent sains. Je ne constate ni paralysie, ni anesthésie, la région ovarienne n'est pas douloureuse, et je ne trouve aucune raison pour admettre une folie hystérique. Je ne crois pas que nous soyons en face d'une folie vraie, et je m'arrête au diagnostic d'urémie cérébrale à forme maniaque, en me basant sur les signes suivants : urines légèrement d;numineuses, faible proportion de l'urée, abaissement de la température axillaire à 36 degrés, légère contracture des Joigts. Il est certain que si on avait retrouvé aux paupières, à la face, ou ailleurs quelque vestige d'œdème, si on avait I constaté au cœur un omit de galop, le diagnostic eût été I plus évident. Les signes sur lesquels je me basais n'avaient [ pas, considérés isolement, une grande valeur, mais par leur présence simultanée, ils me parurent avoir une réelle importance ; en effet, pour si légère que fût la quantité d'albumine, pour si passagère qu'eût été la contraction des doigts, pour si atténuée que fût l'hypothermie, je pensai que la réunion de ces signes suffisait pour motiver le diagnostic. Kn conséquence, la malade fut soumise au régime lacté exclusif, et on appliqua sur la région des reins de larges cataplasmes sinapisés. Je me réservais de pratiquer la saignée dans le cas ou des accidents convulsifs ou comateux apparaîtraient.
Pendant dix-huit jours, c'est-à-dire du 14 février, date de l'entrée, jusqu'au 3 mars, nous avons observé chez cette femme toutes les formes de l'aliénation mentale. Tantôt c'est la lypémanie qui domine, elle a les allures d'une mélancolique, elle refuse toute nourriture, elle voudrait mourir, elle a des idées de suicide, elle se tuera si cela continue; puis elle se met à pleurer, elle a peur de mourir, elle veut qu'on la guérisse. Tantôt les idées de persécution prennent le dessus ; elle est tourmentée par des remords, elle croit qu'elle a commis un crime, elle a un grand secret qu'elle ne sait à qui révéler; elle commence des phrases pour faire des réTé>lations,pnis elle s'arrête eOiayée et refuse de parler.
Nous sommes tous des ennemis pour elle, nous voulons la faire arrêter et la tuer; elle parle souvent de guillotine et éprouve de véritables terreurs.
Dans une autre phase de la maladie, c'est l'excitation qui domine, l'insomnie est complète, la malade s'agite toute la nuit et veut se lever à chaque instant. Elle se débat avec violence et il faut trois personnes pour la tenir pendant qu'on prend sa température. Dans d'autres moments elle est en état de complète dépression, elle paratf anéantie, elle prend des airs de victime résignée à tout endurer. On arrive à peine à lui faire prendre quelques tasse de lait, la langue est sèche, le ventre est ballonné, la constipation est opiniâtre.
Pendant ces dix-huit jours il n'est possible de constater aucun autre symptôme pouvant confirmer le diagnostic, j'ajouterai même que la légère albuminurie du début a disparu rapidement et que la température axillaire est devenue normale. Nous aurions vu la malade à cette période que le diagnostic eût été véritablement impossible.
Adater d u dix-huitième jour une légère amélioration se produit dans l'état mental ; la malade a toujours l'air craintif, mais elle est calme et commence à dire quelques mots. Elle croit sortir d'un rêve, elle ne sait où elle est, elle a perdu le souvenir du passé, mais elle se rappelle les épouvantables cauchemars qui l'ont tourmentée pendant sa maladie. Les élèves du service lui apparaissaient transformés, couverts de riches costumes, ou bien elle les prenait pour des bourreaux, elle croyait qu'on voulait l'empoisonner, la conduire à la guillotine.
A mesure qu'elle recouvre la raison et le souvenir du passé, elle nous met au courant de l'évolution de sa maladie et nous aide à reconstituer le diagnostic sur des bases plus solides. Elle n'a jamais eu le moindre œdème^ niais nous allons retrouver dans les symptômes qu'elle décrit, des manifestations multiples du mal de Bright. Ce sont des démangeaisons qu'elle a éprouvées il y a trois ou quatre mois dans le dos et sur les bras ; ces démangeaisons étaient si vives qu'elle se grattait au point d'arracher la peau et prenait des bains pour les calmer. Elle avait eu à la même époque des fourmillements dans les membres et des crampet dans les jambes. Ces crampes ont duré pendant un mois, elles étaient fort douloureuses, elles revenaient te jour et la nuit : c Une fois, dit-elle, j'ai dû me lever et marcher une partie de la nuit pour essayer de faire disparaître ces crampes. » Depuis trois mois elle vomissait presque tous les jours ; les vomissements étaient si intenses que par moments elle ne pouvait même pas garder quelques gorgées d'eau sucrée. Vers la même époque elle avait remarqué qu'elle urinait souvent (pollakiurie)et beaucoup (polyurie^. Enfin quelques jours avant son entrée à l'hôpital elle avait eu de tels bourdonnetnents d'oreilleset de tels siftlements, q^u'il lui semblait c entendre passer un chemin de fer ». hlle n'avait jamais eu d'hémorrnagies, mais elle fut prise, le 4 mars, d'une épistaxis assex abondante.
Avec de tels renseignements, il fut facile de reconstituer et d'affirmer le diagnostic. Depuis plusieurs mois, cette malade était atteinte de néphrite chronique, à début lent et insidieux, comme c'est du reste l'usage dans la maladie de Bright. Les vomissements incoercibles, les crampes intenses et douloureuses, les démangeaisons, la poUakiuric, la polyurie, les bourdonnements d'oreilles étaient autantde symptômes de sa maladie. Sur ces entrefaites est survenue une attaque d'urémie délirante accompagnée d'une légère contracture des doigts, d'une faible hypothermie et d'une légère albuminurie; puis plusieurs de ces symptômes ont disparu, et pendant une vingtaine de jours nous nous sommes trouvés en face d'une malade qui n offrait rien autre chose que des troubles d'aliénation mentale. r\r\r5lr
Il est à noter que rien chez câtaitiRâ^,Si'leiy|^^ dents héréditaires, ni ses antécédents personnels, neiio<i~
GAZETTE HEBDOMADAIHE DE MÉDECINE ET DE GHiaURGIE
11 Juillet 1885
mit étn invoqué pour expliquer l'apparition des trouMea délirants.
Telle est la première période de cette obserrarion. Dans la deuxième période, qui dure près de cinquante jours, et qui s'étend du il mars au 1*' mai, tes idéns délirantes ne reparaissent plus, et à plusieurs reprises la malade se senl si bien qu'elle demande à quitter l'hôpiial. Ëtle y reste cependant, à cause de ses vomissementê, qui reparaissent par intervalles, et qui persistent pendant plusieurs jours en dépit de tout traitement. Ces vomissements sont souvent accompagnés de céphalalgie; ils se répètent plusieurs fois par jour; ils sont très abondants, et contiennent, suivant le cas, du lait ou de simples matières aqueuses. On a recueilli jusqu'à 3 litres de matières vomies en vingl-quatre heurea, contenant près de 8 granimes d'urée.
Le sans est également très riche en urée, puisqu'il en contient 75 rentigrammes par litre.
Par roritre, l'urine est pauvre en urée, et elle ne contient plus d'albumine. Voici quelques analyses :
fd mars. — Urine, 8(K) grammes; urée, 8 ^rnimes par litre. ■ ï** svflU — Urine, 6U0 gminmes; urée, S^S» {tir liira. 8 avril. — Urine, 600 grammes; urée, par tiire. ii) avril. — Uiine, liOO grammes; urée, 3"',9 par litre. SI avril. — Urine, 2000 grammes; urée, 5 grammes par litre, S9 avril. — Urine, 1000 grammes; orée, l0a^25 par litre.
L'état de la malade, qui était sérieux jusque-4à, mais qui n'avait encore rien d'alarmant, change bruaquement le 1" mai. Des douleurs lombaires se déclarent, les vomissements augmentent d'intensité; des coniraclures reparaissent aux doigts comme le jonr de l'entrée à l'hôpital; la malade se plaintde crampes aux bras et aux jambea; ses idées sont moins nettes et la langue s'embarrasse. La température s'abaisse à 36 degrés.
3 mai. — Acrès de contractures, vomissements firéquents, pâleur extrême, tendance aux lypothyinies.
4 mai. — La sécrétion urinaire est presque nulle, car du 3 mai à midi au 4 mai à midi la maUde ne rend que 200 grammes d'utitie contenant 3s^84 d'urée pour 1 litre. L'albuntine a reparu à la dose de 1 gramme par litro. La euntracture des doit^tset les vomissements sont les symptômes dominants; la malade constate que sea idées sont moins nattes et sa vue se trouble.
5 mai. — L'anurie est complète. A sept heures du matin» la malade a une première attaque convulsïve qui dure dix minutes. La tétanie continue, les vomissements sont incessants, les bras et les mains sont fréquemment agités de mouvements convulsifs. La malade a ses idées confuses, mais comprend encore ce qu'on lui dit. On praiiqiie une saignée de 400 grammes, le sang, fort noir, sort diflicilement et se coagule presque à sa sortie de la veine ; il contient 80 grammes d'urée pour fOOO. A onze heures, deuxième attaque épileptfforme. De midi A une heure et demie, trois attaques, A quatre heures, dernière attaque et mort' de la malade.
Autoptit. — Poumon gauche, adhérences au 1<A9 supérieur, congetuon et œdème. Poumon droit, œdème. Cœur : Sain et non hypertrophié.
Foie : Dimension normale, sain.
Rate : Saine, mais très petiie.
Utérus : Hvperirophie totale, méirHe dironf que avee dilatalioD de la cavité aa coras, aueue tnmew.
Eslomac : Très epîrissi, sortoat prés du pylere, où la couche moyenne est leltenlent épaisse qu'on nroirait au premiw abord i un néoplasme. Pas trace d'ulcération sur la muqueuse.
Intestins : Sains, pas d'ulcération.
Cerveau ; Les méninges ne sont ni œdémaliées ni épaissies, les ventricules ne renferment aucun épanchement séreux; il n'y a
fias d'œdème cérébral, mais Panalyse dénote de iSirée. Le eerveet et le bulbe sont sains.
Uretères : Sains, non dilatés, Vessia : Us peu épaissie.
Reins : Leur volume est normal ; )e rapport entre la couehe corticale et la sul»tanee médulUii-e est cooservé. Ls coloratiim est
plus rougeâtre que blanchâtre. 11 n'y a pas de kystes.
Examen kùtologique. — Sur des coupes colorées au picrocarmin, portant sur la couche corticale ei bien parallèles à la surface de l'organe, on voit nvec un faible grossissemeni des zooei en anneaux fortement colorées en rouge, entourant des espaces beaucoup moins colorés. Avec un plus fort grossissement, ei snrloulsurles préparations & l'acide osmique, on voit très oeilement que les parties rouges sout saines ou presque sainei, et que les parties non colorées sont très dtéréea. L'alténtiiHi porte sur les tabès contournés et aussi sur la branche ascendante de Henle. L'épithélium y est altdnt de dégénérescenee calloide, et on voit très nelleroent des boules ealloldes se réunir daoi li cavité des tubes et former des cylindres hyalins. Oa retronve «s cylindres hyalins sur des coupes den lubes droits. Dans les poinU ou la lésion est très accentuée, l'épithélium des tubes eonlonniés a presque disparu ; sur les parties très colorées par le picro-ciN mm, l'épithélium est presque sain.
Les glomérules sont presque tous sains; qneTques-uns eommenreut à se r*'mplir de boules hyalines Les artérr^ sont saines. Il n'y a qutf d'-s iraucs inKignifi-'Utt^ de.néphriti! ititerslitielle.
La luuiiiue musculaire de l'estomac est considérabtemenl lirper- Iropliiée; les glandes pylunques ont un tel volume que sur des coupes elles preuoent presque l'apparence de glandes salivaires.
En résumé, voilà une néphrite qui a mis plusieurs mois ii évoluer. Jamais on n'a constaté d'œdème. et l'alburnlnurie, par moments apparente, a fait défaut le plus souvent. Anstomiquement et fonctionnel lemeut, l'estomac a été un des or^^anes d'élection de la maladie, car les vomissements, et on peut dire des vomissements incoercibles, ont été le symptôme dominant pendant toute la durée de la néphrite; ces vomissements, très licbes en urée, suppléaient eo partis^ l'insuffl^^ance du rein. Les troubles nerveux ont été caradérîfiés pendant dix-huit jours par un désordre mentd extrêmement accentué et isolé de tout autre trouble nerwitx, et après une amélioration réelle et prolongée, la mort est sarvenue rapidement au milieu d'accès épileptiformes qui se sont succédé coup sur coup. A l'autopsie il n'y avait aucune trace d'œdème cérébral, c'est donc à l'ininxication spéciale dusiing,c à l'urémie », qu'il faut rapporter tous ces accideols, troubles d'aliénation et convulsions éptleptiforines.
{A miore.)
CORRESPONDANCE
Lorsque, dans le numéro du 3 avril de la Gazette hfhâomadaire, parut l'intéressante observation de M. la docteur Troisier sur un cas singulier de monoplégie brachiale survenue six jours après une chute sur l'épaule, je fus frappa des traits de ressemblance qu'elle présentait avec celle am militaire que j'ai eu longtemps en traitement dans mes sslles.
La discussion dont cette lésion avait été l'objet i la So* ciété médicale des hôpitaux de Paiis, m'engagea à faire I& relation des notes prises par moi et par M. lé docteur Bojfé, alors attaché & mon service, aujourd'hui médecin stagistre au Val-de-Gràce, qui sur ma demande avait bien voulu les relever avec grand soin.
Le cas publié depuis par le docteur Gatrin, les considérations toutes récentes sur ce sujet, de M. le professeur Léon Le Fort, feront peut-être paraître un peu tardive la rédac* tiott saivante.
Le Bommé Simonin (Hippolyto), Agé fi^pmMVk^fi» **'<^ au 6* régiment da haasai^igdntcAvlliôii^Sd Bordeaux le «9 mars 1884. ^
17 JuiLLBT 1885 GA2BTTB HEBDOMADAIRE Dt
Duis la malinie du 18, il «■( tonM à» obenl, aur Tipaiile
gauche ; la doulear excessivement aiguë, ressenti» an nument de la chute, n'a fait qu'augmenter; il déclare que depuis l'accident il lui est impossible de se servir du bras.
Cette impotence a Tait croire à une luxation ; des tentatives de réduction très mndérées, du reste, ont été pratiquées an quartier, sans autre résultat que l'exaspération des souffrances.
Elles paraissent frés vives, an moment de mon premier examen ; le blessé me supplie de ne pas le toucher; son attitude est assez singulière : l'épaule gauche es* forieoient abaissée, l'épaule di oite, au contraire, est relevée, rapprochée de la tdte, qui s'iiiclioe rers elle.
1^ membre supérieur gauche, inerte, parait ain«i allongé; il est accolé contre le tronc, l'avant-bras dans l'fxtension.
La région deltoîdienne est tuméfiée, sans changement de coloration, sans élévation de température, on y perçoit une fluctuation profonde ; c'est sur l'acromion qu'est rapportée la plus grande douleur; c'est sur lui aue le corps a porté dans la chute.
1^ blessé peut mouvoir le nras en avant, en arrière ; il ne peut l'élever au-dessus de l'horizon.
L'humérus, laclancnle, l'omoplate n'ont subi aucune atteinte ; la téle humérale n'est pas déplacée; les nqiporb de la clavicule et de l'acromion sont normaux. Il n'y a donc ni fracture de l'extrémité hamérafe, ni luxation scapulo-homérale, ni luxation, ni fracture de la clavicule et de l'acromion.
Je fléchis rav&nl'bras sur le bras; je fais exécuter des mouvements d'élévation, d'adduetion, d'abduction sans difficulté, mais non sans |»x>voquer des souB^ances qui limitent mes investigations.
Diagnotttc. — Contusion profonde de l'épaule avec épanchement iitra-artlculaire ou sous-deUoîdien.
L'avanl-bras fléchi sur le bras, le membre est immolttlisé contre le tronc, à l'aide d'une éuharpe ; te moignon de l'épaule est couvert de compresses imbibées d'eau blancne fréquemment renouvelées.
Le lendemain l'attitude du blessé n'a pas changé : înoUnaison
SroDoneée de la téte vers le cOté sain, élévement de l'épaule roite. Dans un interrogatoire plus complet, je recueille les renseignements qui suivent.
Le père de Simonin est bien portant ; &a mère est nerveuse, s'émotionne à tout propos, elle est sujette à ilesattaques bystériforiiies fréquentes, succédant à des fray4*urs, i des contrariétés. Une sœur a hériié du nervo^isme de la mèra; cependant jusqu'à ce jour elle n'a pas en d'attaques
Quant an Mené, c^est un garç<m bîM eonstitoé, très vigeureosemeat muselé, paraissant iatelligeBl ; il s'est toi^onn bien
Îorié jusque vert dix-sept ans. On m a raeenlé qn'm mai 1880, la lin d'une journée qu'aucun accident n'avait marqué, il s'est levé, peu apr& le moment où il s'était mis au lit, et s'eat rendu en chemise dans une maison voisine, qu'il est tombé inerte dans une chambre du res-de-chaussée, occupée par des amis de sa famille. Ceux-ci croyant à une plaisanterie ne s'en soucièrent qu'en la voyant se prolonger; ils cherchèrent alors à le réveiller en hii jetant de l'eau au visage. L'immobilité persista durant trois quarts d'heure environ ; elle Ait suivie d'une attaqne oonnhive. Ëchappant aux efforts faits pour le mainlewr, Simonin se sauvn k travers champs; on parvint à le ramener dans son lit, mais ce ne fut qu'au point du jour qu'il s'éveilla brisé de fatigue, ne gardant aucune souvenance des faits passés dans la nnit. Il ne croit pas que cette crise se soit renouvelée. En décembre 1883, il s'est contusionné l'épaule gauche en déposant un sac sur une charrette, mais tnus les monvements bien que douloureux étaient restés possibles.
Quinxe jours plus tard, il a été pris brusquement de mrdîld absolue, accompaj^née non de douleurs, mais de verliges, de sifflements qui persistèrent jusqu'au retour de l'ouïe, survenu graduellement et complet au bout de trois semaines.
Consent, en iS8i, il devance l'appel, arrive au régiment le i mars et tombe de cheval le 18.
Le âO mars et les jours suivants la situation reste à peu près la même.
Le 27 mars, le gonflement a diminué, mais les mouvements volontaires, bien que moins douloureux, sont plus limités. Traitement : Bajligeannage de teinture d'ioae.
Le 5 avril, le blessé décbtre qu'il lui est absolument in^Kusible de lever le bras ; ce n'est qu'en l'aidant de la main droite qu'il fléchit l'avant-bras et le porte au-devant de la poitrine ; les mouvements de la iQ»iii upf \Ht ftilbiblis; b ipftltlde donno m dynav
IttDKOtS ET fit GBUnmfiU * N* M - 47t
momém 3 degrés. Le ftiseean moven du dellMds est «Siiisi U flasque; un eommanoanMnt d'atrophie est oertaiiwiMol snrvMV dans cette masse nnsenlure.
Tmiteroent : Faradisaliao qnolidieniM.
Tous les muselés, sans exception, se oontraetent sous llnlliMiMe df> coiunnts de moyenne intensité; leur application cause des douleurs aussi marquées que du cdté sain.
Dés le surlendemain, Simonin fait monter à 9 degrés l'aiguille du dynamomètre; mais à partir de ce jour un point tr^s douloureux A la pression se développe à la base de la fbce palmaire de la première phalange du médius; les essais dynamiques sont fer> cément suspendus.
Malgré la fliradisaiion, ré^èrenaent pratiquée tous les jov^ la paralysie s'étend A la main ; la flaxioa àu doigto est impossible dès le 20 avril. '
Aucune contracture ne se manifeste dans le menibre paralysé.
La sensibilité qui existait les premiers jours avait graduellement diminué: tontes les régions scapulaire, sus et sous-claviculaire, DectoralH étaient pinces, profondément piquées, sans réaction. L'anesihésie s'était étendue A tout le membre, sauf : !• dans le
S oint signalé pins haut (face palmaire du médhts); il y avaîl lA e l'byperesthesie, rendue excessive par la plus faihle pression; S* dans une 109e de fbrme ovale siégeant rur le hieeps, reproduisant les dimensions du corps de ce muscle; la eonlaet des eorps froids seul y était nettement perçu.
I<a faradisation fut ponraulvie tous les jours jusqu'au 22 mai, A défaut de courants continus que je n'avais pas alors A ma disposition ; elle produisait inqioBrs nœ exnilaliOB musculaire également énergique A droite et A gauche, mais sans modifler Timpotence dn membre, dont la lempératnM se maintenait égale A ecUo de l'antre bras.
Mon éloonement était grand, je songeai A la poesibilité d'une simulation (1); la snrvôllanoe dn malade ne donnant aucun résoK tat, je me ru^pasai de le oblornfomer; mais lliypootisation pou* vaut m'éclairer, je résolus de la tenter. H. Boyé chercha A provoquer le sommeil par la Rxation du r^ara. il échoua; la compression des paupières avec suggestion du sommeil eut un plein succès; la suggestibillté de Simonin devint rapidement aussi pnrhite que possible ; maïs tandis que les idées les plus étranges étaient facilement aocftptées, jamais aucune modification de l'étal du aiembre paralysé ne put être obUnne; il est vrai de dire que les suggestions les plus impérieuses a'adresmnl A sa (aneUM étaient toi^urs aceneillies avec doute, undis que tontes les antres étaient aeceptéas sans bdsiiatiea. Laa séanass d'hnnotisatinB forent snspeidwa A la aaite 4^ aesAa de snssnainhuflwin atoi» blable A oeliH awrrana qqMra anaAas avant.
Je dois noter encore nn hit qui peut avoir son iniportance dau l'étude de ce nervosiqne : o'esi que, dès le mois de jiûn, il se plaignit d'une ftiiblesse excessive de la vue ; il se procura des Inaptes convexes très hibles (1/4 de dioptrie), sans lesquelles il déclarait ne pouvoir continuer ses incessantes leetnres. Les yeux n'e^ fraient cependant aucune lésion, aoeun vlea de réfiraeliea; Ja ua oonatatai pas de dysehroasalofsle.
Le brMinre, l'iodure de pmsssiiun longteaspa prescrit, l'hydrotbâmpie mal sappartée, le masssge. les viaeUeas sooa rutiuséea de strychnine, las courants eoniinua, la métaUotbéranie externe n'ont déterminé aucune araéUoraiion dans la situation de Simonin; j'ai dû le faire réformer te 27 octobre.
Son état était alors le suivant : abolition compléta de la motilité et de la sensibilité du membre supérieur gauehe; eidlaMIité narmale des muscles par l'éleelrioité d'indueuan; le pasisfe de CMnmts feradiqnes assaa intenses n*mt pas per«n.
Il «'existe paa d'atraphia du ssambva. laa dimeMiaaa aa«t dana toute la hauteur laa isAmes A drsita at à ganelias ft» da eeatracture, pas de troubles trophiques.
J'ai da«e cm dam raveair sur le diagnostic porté an débat : paralysie caméemiTe A una névrite se montrant dix ^nrs aprAs un traumatisme SH|^>orté par l'épaule, eu mi«u, ainsi que le dit M. Le Fort ; paralysie réSexa senrfibtble A calle du triceps, qui • fréquemment prolonge le séjour dau nos services des arthrites traomatiques ou genou, et adopter le suivant : paralysie hystérique dn membre supérieur gauche mrvenue sousllofluence d'an traamatisme, ohea un sujet néréditturemenl névrepathe.
U eal prafanUa ne lit au lard aaUe aftetiaa. qui «vMsIé aas divan tvaitflaaanla amplaféspaMdaaA ImM a^isy alqui pasatl a'«M
(1) J« oqDR^UMiB ]et Awf ot|«qmtioii| d* ptnlyiia ■iauil4a it Uf. Balkit
iArekiv» 4« mMm ivtMlt, Uniw 1881) m BÂmmr-Mnad (4aMfM <$gfiés«
yHkMfM, KHI I8S4).
MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 17 Juillet 1885
àccompsgiiée d'aucune lésion matérielle des muscles, la contractililé électrique étant restée parfoitement normale, cédera à ^elque influence émotive, ou bien à l'intervention de quelque médication, peut-être en réalité inaclive, mais inspirant nue foi vive au malade.
En résumé, un homme fils d'hystérique, névropathe luimême, fait sur l'épaule une chute qui détermine une contusion avec hvdarthrose. Huit jours après, surviennent des symptômes de paralysie du bras avec atrophie limitée au faisceau moyen du deltoïde. Ciille atrophie cède à la faradisation, tandis que vont se généraiisanl l'anesthésie, l'abolition des mouvements, et cependant la contractilité musculaire persiste, le membre paralysé n'a rien perdu de son volume, de sa fermeté.
D' Ferhon,
Nédftcfn-nMjor de 1>« cluu !i l'hftpilal nilitaire.
Bordeaux, le 3 juillet 1885.
SOCIÉTÉS SAVANTES
Académie des seleneM.
séance do 13 juillet 1885.— présidence de h. bouley.
Transformation du virds de la fièvre splénique at- TâNDË par culture DANS l'oxygène comprihb. Noto do M. A. Chauveau. — Les faits observés par Tauleur concourent ù démontrer que les nouveaux virus obtenus dans ces conditions sont plutôt, au moins pour le moment, dé simples familles auxquelles on a réussi à imprimer quelques caractères spéciaux, certains signes de dégénérescence, susceptibles de se transmettre par hérédité, avec conservation de la tendance à revenir au type primitif, comme cela arrive dans les plantes et les animaux supérieurs.
Atténuation du virus cholérique. Note de HM. Nieati et Rietseh. — Voici le résultat des nouvelles expériences que ces deux savants ont entreprises avec les cultures de bacilles virgul< s maintenues vivantes par des ti'ansplantations successives pendant une moyenne de deux à trois mois.
Tandis que les cultures fraîches inoculfiet datu le tuàe digestif des cobayes provoquaient, à lu 6n d'octobre dernier, de la diarrhée suivie, au deuxième, troisième et même cinquième jour, d'un état subit d'algidité amenant la mort en quelques heures, et que le cadavre des animaux présentait les signes classiques du choléra, ces mêmes cultures semblent être aujourd'hui inertes. Elles ne provoquent plus la diarrhée et ne donnent plus la mort. Lorsque, par quelque accident d'opération, l'animal vient à mourir, le catwvre ne présente plus les lésions caractéristiques.
Tous les faits concordent à établir que le bacille virgule s'atténue dans les conditions ou sont faites les cultures, e'est-À-dire dans le bouillon ou la gélatine nutritive, et par une température moyenne de 30 à 25 degrés.
: Sur la prophylaxie du choléra au moyen d'iniections hypodermiques de cultures pures du bacille virgule. Note deH.iatm0FefTan.(1) — Dans ma dernière note (voy. Gazette hebdomadaire du 17 avril dernier) présentée à cette Académie, dit l'auteur, sur l'action pathogène des injections du bacille virgule, j'ai dit que la culture donnée d'un maximum de virulence était parfaitement tolérée par l'homme; j'ai ajouté qu'une seconde acue, égale k la première, ne produisait pas de symptômes généraux en ayant tout de même une virulence é'gale à la première, et Je concluais de cela
(1) Noua U pnMiou d» ««feiiM.
que U première inoculation donne l'immunité pour mieux résister aux effets de la seconde.
Ayant fait l'application de ces expériences & la prophylaxie du choléra, les résultats obtenus sont vraiment sui^renants; car, sans craindre que les expériences successives puissent être contradictoires, j'affirme à l'Académie que la manière de couper brusquement la courbe de la mortalité d'une épidémie de choléra, est aujourd'hui conquise par U science.
Ûe nombreuses statistiques et courbes graphiques que je soumettrai bientôt à l'examen de l'Académie, demonlreroat la vérité de mon assertion.
La manière d'obtenir l'immunité contre le choléra est très simple et en même temps inoffensive. Le vaccin n'est autre cho.se qu'une culture pure du microbe virgule du choléra asiatique, dans du bouillon très nutritif ; le degré de virulence est en relation directe, jusqu'à un certain point, avec la richesse nutritive du milieu. L'aération, entre autres circonstances, favorise l'intensité de la culture.
Le meilleur vaccin est le plus virulent, c'est-à-dire celui qui produit un nombre plus considérable de cas de choJéra expérimental parmi les inoculés. La dose que j'em^itaie à tous les â^es, à partir de deux ans, est celle de 1 centimètre cube dans chaque bras. Les symptômes développés, loulea ayant une grande intensité parfois, n'exigent pas de ressources thérapeutiques.
Trois inoculations sont nécessaires pour obtenir une profonde immunité. J'en fais une tous les cinq jours à la dose de 2 centimètres cubes, une dans chaque bras, dans le tissa cellulaire de la région du triceps brachial, ce qui fait un total de 6 centimèbres cubes de culture virulente.
Le microbe ne se reproduit pas dans le tissu cellulaire et son action prophylactique est due, selon moi, à une sorte d'accoutumance ou d'habitude de rorganisme à la substance active diffusible apportée par le microbe.
L'immunité produite par ce moyen ne me semble donc autre chose qu'un phénomène d'accoutumance contre la substance susdite qui peut être produite et absorbée dans le cas d'une infection inte.stinale ordinaire.
Les périls de l'invasion et de la mort commencent à disparaître cinq jours après la vaccination, et les garanties d'immunité augmentent avec les vaccinations successives.
L'élimination de la substance active produite par le bacille et faite par le lait des nourrices donne lieu, chez les nourrissons, à un choléra expérimental, toujours sans gravité. Le lait, les selles, la sueur, les matières rejetées par les vomissements des inoculés ne produisent pas de virgules en cultures.
Toujours les phénomènes produits par ce principe actif semblent être dus k une action exercée sur les cenU«s nerveux.
Quand on ne veut pas obtenir des symptômes généraux très intenses avec la vnccination, on opère avec une culture moins chargée de germes, ce qui constitue le premier vaccin.
On ne peut pas encore préciser le temps de durée de l'immunité, néanmoins on peut déjà fixer un minimum de deux mois.
— La note de H. Ferran est renvoyée à la Commission du
prix Bréan qui doit être convoquée cette semaine, de façon à pouvoir faire connaître son seutimenl sur ce travail dans la prochaine séance.-
17 Juillet 1885
tiAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
Société médleml« des hApltawi.