SÉANCE OU 4 JUILLET 1885. — PRÉSIDENCE DE M. PAUL BEBT, PRÉSIDENT
TroaUm tropUquM prodolto pur ragvwtton : X. Dnmon^MtUlar. ~- MonTUiwnU maaouIairM en rapport «tm 1m «xcitationa i.«iiao* rl*llw : K. Ttrê. — ExpUeaUon da la ▼aiiatlon nèoaUTa : M. d'Ar- MMtral- - VhéBOOitaM pbyalologlqaM d« la OldMtrfoniilaatlMi : M. P. Bert.
M. i)umon(pa/'t>r rappelle les expériences de M.Beaunis, à Nancy, qui a pu déterminer de la vésication par simple suggestion sur certains hypnotiques; il a essayé lui-même de reproduire ce phénomène, et il a observé plusieurs fois, non pas de la vésication^ mais une élévation notable de température. Cette augmentation de température est telle, ainsi d'ailleurs que le montrent les courbes obtenues, que H. Dumontnallier croit qu'il peut parfaitement en résulter des troubles trophiques allant jusqu'à la vésication.
— M. Féré, poursuivant ses recherches dynami^phiques sur les équivalents moteurs des sensations, a imaginé un petit appareil très simple pour enregistrer les mouvements du sphincter de l'anus. Il présente des tracés qui montrent les contractions de ce muscle en rapport avec diverses excitations sensorielles sous l'influence de la fatigue, de l'effort soutenu, etc.
— M, 4'Ar$om<il contjnne l'exposé de ses recherehes snr
17 JmLLBT 1885
l*origine des courants élee^iques dans les muscles et dans les nerfs. Toutes les fois que deux corps de nature différente sont en contact et qu'on vient à modifier les surfaces de contact, il se produit un courant. La variation négative du muscle, quand un muscle se contracte, s'explique de cette façon, par la déformation de ce muscle. Le courant est fonction du rapport des parties contractiles du tissu avec les parties non contractiles. Helmhollz a objecté que la variation négative précède la contraction-, mais cette contraction, quand on la voit se produire, est en retard sur la contraction vraie, sur la déformation du tissu qui Ta amenée. Objectera-t-on alors que, dans le tétanos, il y a une variation négative continue qui ne peut s'expliquer par une série de changements dans le muscle, lïuisque le muscle est à son summum de contraction? Hais il suffit, pour que la variation négative ait lieu, qu'il se passe des changements moléculaires dans la profondeur du tissu, et il existe de tels changements dans le muscle tétanisé. C'est ainsi qu'en excitant un muscle de grenouille au moyen du microphone, on obtient des vibrations qui reproduisent la parole articulée, tandis que le myographe ne révèle absolument rien du phénomène.
Quant à la variation négative du nerf, elle s'explique par des changements moléculaires analogues, par des vibrations semblables à celles d'un muscle à qui ou fait reproduire la parole articulée.
H. d'Àrsonval donne ensuite l'explicalion de la décharge des poissons électriques. II montre qu'on ne peut assimiler Torpane électrique ni à une pile, ni À un condensateur, car il n y a de courant dans l'organe en queslion qu'au moment de la décharge, tandis que le galvanomètre devrait en déceler un à rélectricité existait préformée, comme dans une pile ou un condensateur. Il faut chercher la cause de la décharge dans la disposition même de l'organe, qui est constitué par une série de colonnes cloisonnées, de telle sorte que chaque cellule reproduit une petite pile, et qu'on a ainsi une série d'éléments accouplés par les pôles de noms contraires. Or, il y a 2 ou 3000 éléments de cette nature accouplés, ce qui donne une force électromotrice d'environ 2000 volts. Etant donnée cette disposition, H. d'Arsonval a pu, en plaçant une portion d'un ot^ane électrique entre deux plateaux métalliques, et en la déformant par un coup brusque, produire une décharge assez forte : ce qui vérifie l'exactitude de sa théorie. L'organe électrique n'est donc qu'un muscle où les cellules sont superposées de façon à associer leur variation négative en tension.
— M. P. Bert analyse les phénomènes physiologiques qui se produisent dans la chloroformisation, telle qu'il est arrivé à la pratiquer aujourd'hui, d'une façon régulière, par sa méthode des mélanges titrés d'air et de chloroforme. Quand on emploie le mélange de 12 grammes de substance vaporisés dans 100 litres d'air, dose nécessaire pour ameuer Tanesthésie confirmée chez le chien, la vie persiste en général pendant deux heures environ, la température s'abaisse progressivement jusqu'à 18 degrés, on observe de remarquables changements dans le rythme respiratoire, la pression artérielle diminue notablement, le cœur continue toujours à battre, même après Tarrêt de la respiration, la quantité d'oxyi;ène contenue dans le sang diminue, et la quantité d'acide carbonique augmente, la section et l'excitation du bout central et du bout périphérique du pneumogastrique produisent les eff'ets habituels, la pupille se dilate le plus généralement, ce n'est que rarement qu'elle se contracte, enfin la force musculaire diminue dans une proportion notable.
SÉANCE DU H JOTLLET 1885. — PRÉSIDENCE bE M. P. BERT,
PRfsroENT.
PhènomèneB thermiques produits par suggestion: K. Dumontpallier. — Un nouvel état hypnotlipia: M. SnmontpaUiar. — Hémorrhagle produite par suggestion: WHK. Bonrut et Borot. — Plttaomènes oonsèoutlfs ft rexdtatlon du bout périphérique du pneumogastrique, observés chez un suppUolé : H. Regnard. - PerslstanoB de l' excitabilité cérébrale après la dAcapltatloo: H. Laborde. - Râle du liquide oépbalo-ratdildlsn : M. François. Fruudc. — Un st6tbosoop«HMurdloarapbs ampUtioateuri K. Qamj.
M. Dumontpallier a observé de nouveau les fails d'élévation de température par suggestion, sur lesquels il avait attiré l'attention de la Société dans sa dernière séance En même temps que se produit cette élévation de température dans un membre donné, dans le membre du côté opposé il survient un abaissement. Le transfert existe donc pour les phénomènes de cet ordre.
M. Dumontpallier signale ce fait que, lorsqu'on a donné à un sujet hypnotisé une suggestion d'acte plus ou moins compliqué, d'acte criminel, par exemple, et qu'arrive le moment où le siyet réveillé doit accomplir cet acte, il y a souvent une très grande résistance de sa part; l'on rencontre des sujets qui ont parfaitement conscience de cet état de lutte et déclarent qu'ils ne se trouvent pas dans leur état normal, sans être pourtant en état d'hypnotisme. H. Dumoatpallier voit là un état intermédiaire entre la veille et le sommeil provoqaè.
M. Féré remarque qu'il a indiqué cet étal de lutte dans un mémoire communiqué, il y a trois ans, à la Société médicopsychologique.
— H. Dumontpallier communique, de la part de MM. Bourut et Burnt, une observation d'hémorrh^ie à la surface d'un membre, provoquée par suggestion hypnotique, sur un jeune homme atteint d'hystérie.
— M. Regnard a pu faire, avec l'aide de M. Loye, quelques ! expériences sur le corps du supplicié Gagny,àTroyes,iinmédiatement après la mort. Après avoir constaté la disparition
de tous les réflexes, sauf du réfieie pupillaire, il excita le bout périphérique du piieum<^astrique, un manomètre à eaa ayant été introduit dans la trachée ; sous l'in&uence de la galvanisation, les fibres de Reisessen se contractant déterminèrent l'ascension de la colonne d'eau dans le manomètre. Les mêmes excitations amenaient des contractions de l'intestin, jusqu'aucftlon transverse. L'estomac ayant été ouvert, on vit nettement la sécrétion du suc gastrique se produire à la suite de l'excitation du vague.
— H. Laborde aÎaH sur le même supplicié, avec le conconrs de MM. Gley et Rondeau, des expériences relatives à la persistance de l'excitabililê cérébrale. Gràr^ à une transfusion de sang de chien, il a obtenu, jusqu'à la 49* minute qui a suivi la mort, des mouvements localises de certains muscles de la face (orbiculaire des paupières, élévateur de la m&choire)» du côté opposé à rhémtsphère excité par un courant induit, les électrodes étant enfoncés un peu au-dessous de la couche corticale. Ces résultats concordent avec ceux que M. Labortle avait observés précédemment sur un autre supplicié, chea lequel, alors qu'il n'y avait pas eu de transfusion, il aTsil constaté la persistance de l'excitabilité cérébrale jusqu'à la 35' minute environ. — M. Laborde a, déplus, constaté la persistance du réflexe lumineux huit ou neuf minutes après la mort, et que le cœur battait à raison de cinquante et une contractions, quatorze minutes après l'exécution ; ces battements ont dure jusqu'à la vingtième minute, mais, bien entendu, leur nombre allait diminuant.
M. Bert se demande si toutes ces expériences sur les suppliciés valent la peine que des physiologistes, dévoués à leur science, prennent pour les réaliser. Le seul ordre de recherches qui, dans ces conditions, puisse, d'après lui, conduire
des résultats intéressants, c'est la détermination nette sur
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rhomme de mécanismes fouctionnels non encore précisés. Mais, il le répète, celte recherche vaut-elle la peine qu'on se donne pour 1 instituer? Quant aux expériences de physiologie générale, elles peuvent toutes Atre aussi bien faites sur les animaux. Reste Ut seule expérience vraiment neuve et intéressante qui consisterait à tenter de ramener la sensibilité consciente» en rétablissant ta circulation encéphalique ; mais il ne croit pas qu'on ait le droit de faire une telle expérience.
M. Laborde répond que non seulement l'étude des mécanismes peut fournir et a elTectivemenl fourni des résultats d'un réel intérêt, mais que les recherches de physiologie générale peuvent aussi donner de tels résultats; ses expériences sur rexcîtabilitédu système nerveux central le prouvent; il en est de même de celles qni ont trait à la conlractilité des canaux biliaires, contestée chez l'homme, et de celles qui démontrent l'action des libres lisses du poumon, etc. Quant à Texpérience de transfusion du sang dans le cerveau, dan.^ le but de ramener la sensibilité consciente, on ne s'est pas trouvé jusqu'ici dans les conditions nécessaires pour la tenter; que si ces conditions se présentaient, M. Laborde estime que le savant aurait te droit de ne pas s'arrêter devant les raisons, toutes de sentiment, invoquées par H. P. Bert.
— H. Franfois-Franekf poursuivant l'exposé de ses recherches sur la circulation cérébrale, étudie le rôle du liquide céphalo-rachidien. Il fait la critique des deux opinions absolues qui existent sur ce point, celle du professeur Richet, d'après laquelle les déplacements du liquide céphalorachidien sont aussi nécessaires que considérables, et celle de Mosso, qui nie tout déplacement. M. Franck pense que si l'on veut s'assurer exactement de la réalité de ces mouvements, il faut les chercher au niveau de ta communication entre le crâne et le racfais, c'est-k-dîre dans l'espace occipitoatloldien. C'est là qu'il les a lui-même étudiés dans ces dernières années au moyen d'un appareil de son invention qu'il décrit sommairemenl; et il a pu constater que ces déplacements ne se produisent que sous t'influence d'impulsions brusques, comme sont toujours les mouvements de provenance cardiaque. Les mouvements respiratoires, par contre, n'ont pas d'influence sur le liquide céphalo-rachidien, sauf dans les cas où ils deviennent brusques, c'est-à-dire quaiul ils prennent le type cardiaque. Quant à l'importance de CCS déplacements, elle est aSsez faible. En effet ils u'cxisteiU que sur une étendue restreinte, ils ne se propagent pas au delà de la moelle cervicale. Ils sont simplement complémentaires des déplacements du sang veineux. Ce qui le jjrouve encore, c'est que, si on comprime sur un chien les jugulaires et les vertébrales, on les voit s'exagérer.
— M. Gavoy présente un stéthoscope amplificateur, des sons, qui peut aussi servir de sphygmographe et de cardiographe ; c'est un Instrument très portatif et d'un maniement simple.
REVUE DES JOURNAUX
Dn vertige Inieatinai, par le professeur W. Leube. — Le vertige stomacal, décrit pour la première fois par Trousseau {Gaz. des hôpit., 18tiz, n° 39) a son pendant dans le vertige intestinal. Celui-ci est depuis longtemps connu par les liehuinlhologislt^s qui l'ont décrit sous le nom de l ertigo veriuinosa; mais c'est à M. Leube que revient le mérite d'avoir le premier précisé cette notion. Ce. vertige a pour cause première une altération pathologique de la paroi intestinale, comme le prouvent les observ.itions publiées par l'auteur ; la cause occasionnelle doit être recherchée dans la pression irrilative exercée sur les dernières portions de
l'intestin, soit par les matières fécales accumulées, soit par le doigt de l'explorateur; c'est en efl'et après les explorations digitales que ce vertige se produit habituellement; il est hors de doute qu'il est le résultat de la pression exercée sur le plexus hémorrholdal du grand sympathique. La voie exacte suivie par le réflexe en question est encore à chercher. (Deutsches Archiv. L klin. Mediciii, 1885, BdXXXVl, H. 34.)
De l'Mtloa enmalMlve de I» digitaline et de rkellé-
bftréiae, par M. W. van der IIeide. — Ce travail renferme des vues originales sur le mode de production des phéno*
mènes attribués à l'accumulation des doses; la constitution chimique des organes et la manière dont se font les échanges nutritifs dans ceux-ci jouent peut-être un plus grand rôle à ce point de vue que les propriétés physiques ou chimiques des substances incriminées.
Quant à la digitaline et à Thelléboréine, l'auteur s'appuie sur ses expériences pour donner les conseils suivants retalivement à leur emploi thérapeutique :
l" Il est plus prudent -d'administrer ce médicament & des intsrvalles éloignés (vingt-quatre heures), et à petite dose, qu'à des intervalle rapprochés et à forte ^o^e.
Il n'v a pas lieu de s'inquiéter des phénomènes provoqués phr l'action cumulative; en persistant à donner le médicament, ces phénomènes disparaissent et l'assuétude a lieu.
Si au bout de peu de jours l'action du cœvr n'est pas modifiée, il faut suspendre radminlstration du médicament; un accident mortel pourrait se produire. — Dans les expériences sur les animaux, l'influence sur le cœur ne se produisait avec énergie qu'au moment même de la mort. (^rcA. fur experim. Pathoi, 1885, Bd XIX, Heft 1-2.)
Le Bolelaa larldna et I'AmmUa p«a<herlM mm polnl de vne chtailqae e« tOKleeleglque, par H. R. BœUM. — Origine et effete de ta ekallae, «Kels de la BBaBeariae
artifleieiie, par le même auteur. — Lo professeur Bœhm a démontré que le Boletus luridus et l'Amanita pantherina. Champignons Hyménomycëtes, le premier de la famille des Polyporées, le second de la famille des Agaricinces, renferment comme principe actif de la choline (la biiitteurine de la bile) dans la proportion de 0,1 pour 100 de substance sèche. Quant à la choline, son action est analogue à celle de la muscarine; comme elle, elle provoque de la salivation et le rétrécissement. des pupilles; son action sur la tension sanguine rappelle celles aes sels ammoniacaux; enfin, son action paralysante sur la respiration et les autres phénomènes de paralysie qu'elle provoque la rapprochent du curare.
Par oxydation de la choline, on obtient une substance dont la composition est identique avec celle de la muscarine. Celte muscarine artificielle présente une grande analogie d'action avec la muscarine; mais elle en diffère cependant; elle présente plutôt les propriétés de la choline, mais à un degré bien supérieur; ainsi l'action curarisantede la muscarine artificielle est cinq cents fois plus énergique que celle de la choline. A ce point de vue elle difl'ère également de la muscarine naturelle, doul l'action curarisante est bien plus faible. (Archiv f. experim. PathoL, 1885, BdXiX,Hen 1-2.)
BIBLIOGRAPHIE
lie^aaa ellalqnea mur Imm laladlee de* eataata, par le
professeur llÉMOCii, de Berlin, traduites sur ta 'i' édition allemande, par le docteur Hendrix. In-8% 679 pages, chez Savf, 1885.
Le professeur Hénoch dirige tile de la Charité de Berlin. La
is 1872
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MÉDBGIKB ET DE GHIRCRGIE 17 Jniixn t88&
Trage, publié en 1881, a été rapidement épuisée. Le livre est devenu classique en Allemagne. Il le méritait à tous égards. C'est une œuvre d'expérience et de pure clinique.
Après avoir consacré que)<]ues pages d'inirod action aux métDodes d'exploration applicaJ)l«8 aux enfants, l'auteur s'occupe dans les deux premières parties de son ouvrage des maladies des nouveau-nés et des nourrissons. Quand on a pratiqué quelque temps la médecine infantile, on reconnaît immédiatement à la façon dont il aborde le sujet, aux développements qu'il consacre à certains points importants, qu'on se trouve en face d'un clinicien de haute experiencej sur de luî-raéme et se souciant médiocrement de faire œuvre d'érudition. Aussi lira-t-on avec grand intérêt les chapitres consacrés à la synhitis héréditaire, à la dj^spepsie infantile, à la dentition. U. Hénoch a mûrement étudié les travaux de notre regretté confrère Parrot. Nous ignorons pourquoi il repousse cette dénomination d'a£Arep$të,quiafaitrapidem(^ntfortune en France, parce qu'elle relie autour d'une cause générale beaucoup des maladies ou des accidents qu'on observe chez les enfants du premier âge. Il lui. préfère la dénomination d'atrophie, qui n'exprime qu*un effet et est évidemment moins compréhensive que 1 autre. Mais ce nVst là qu'une ■affaire de mots. Les atrophiques du douleur Hénoch représentent les athri'psiques de Parrot, et le chapitre consacré à lady:spepsie des enfants estparticulièreiiifUt recommandable. L'auteur distingue avec suin la dyspepsie gastrique, de la dyspepsie intestinale, et décrit avec détails les différents symptômes de ces maladies qu'il interprète dans le sens de la théorie chimique, la seule qui lui paraisse acceptable. II s'agit pour lui d'une fermentation, dont le résultai est la
f présence, dans le tube gastro-intestinal, d'un excès d'acide actique et d'acides gras. L'irritation ite la muqueuse digestive aurait pour effet une hypersécrétion de mucus alcalin, ^iii aeiiiraiiaerait l'aclien aniizyiootique de l'acide du suc gastrique et favoriserait la production de l'acide lactiqno, de raeide butyrique et des corps gras. Ces produits de fernieotation, lon^u'ils ne sont pas immédiatement évacués, passent dans 1 intestin et y déterminent un catarrhe qui persiste tant que les conditions d'alimentation ne sont pas cnangées, et qui a pour résultat le ramollissement pulpeux de ïa muqueuse gastrique et intestioale.
Cette façon d'interpréter U production de la maladie nous parait très l^itime et sert de oase à la thérapeutique : évacuation des matières fermentées contenues dans le tube digestif, règlement rigoureux des repas, diminution dans l'idiondance de la nature des aliments. Dans les cas graves, le lait froid et même glacé a rendu de grands services. Nous en avons nous-méme constaté maintes fois les excellents effets. Quelquefois le lait ne peut plus être supporté; il faut alors offrir à l'enfant quelques féculents légers, tels que des bouillies faites avee la wine de gruau, d avoine ou d'orse perlé. La farine Nestlé, préparée avec la farine de froment,le jaune d'œuf, le lait condensé et le sucre, est particulièrement recommandée. On la fait bouillir dans dix parties d'eau pour la donner dans un biberon. 11 faut savoir que cette farine s'altère facilement. Elle doit, quand elle est fraîche, avoir une agréable odeur de biscuit.
U ent bien entendu que le médecin appelé auprès d'un enfant athreptique nourri au biberon, doit toujours essayer avec insistance de remetli e l'enfant au sein et n'avoir recours aux procédés d'alimentation artificielle qu'au cas, assez fréquent d'ailleurs, oà l'enfant refuse absolument le lait d'une nourrice.
Tout ce chi^itre de l'alimentalton, du choix des prépara*tions qui conviennent le mieux à l'enfant, est traité avec un luxe de détails dont se plaindraient ceux-là seuls qui n'ont pas été aux prises avec les mille difficultésque l'on rencontre chez les enfants dyspeptiques. On trouvera, dans ce chapitre, une foule de renseignements pratiques qu'on aura souvent occasion d'apprécier.
Quant au traitement médicamenteux, M. Uénocb recommande surtout deux remèdes: le calomel aux doses de 5i 15 milligrammes, suivant l'ftge, répété trois fois par jour, et, ' s'il échoue, l'acide chlorbydrique, qui parait agir lurtoat comme antizymotique et qu'on peut associer à la teinture thébalque dans les cas ou la douleur gastrique prédomine. La préparation employée le plus habituellement contient de 50 centigrammes à 1 gramme d'acide chlorhydrique mtlé à deux ou quatre gouttes de teinture thébalque pour une potion de IzO grammes, dont l'enfant prend une cuillerée à dessert deux fuis par jour.
On recommande également comme un excellent adjuvant dans l'alimentation des enfants atrophiés, le vin hongrois de Tockay, que nous pouvons remplacer par le Halaga, ou plus simplement, par une mixture alcoolique préparée avec de l'eau sucrée et de vieux cognac L'enbint en prend, suivaat l'âge, de une demi-cuillerée à cinq cuillerées à café et plus.
On trouvera les détails de ces utiles préparations daas le formulaire annexé au volume.
L'auteur n'a pas traité avec moins de souci le chapitre de la dentition et des act^idents qui l'accompagnent si soavent. Faut-ril dire qu'il admet, après une courte disciKSioa. ces accidents, dont l'évidence n'est contestée par aucun diai* cien? Il y a des dentitions simples, douloureuses, oltnlaborieuses.
M. Hénocti rejette absolument l'incision des gencives. Je le trouve sous ce rapport un peu exclusif, surtout dan)* 1^ cas où des accidents nerveux se déclarent Les scarifications bien faites sont inotfeosives, snuf de bien rares exceptions, et rendent souvent de véritables services.
Nous avons lu avec grand intéi ét le chapitre de la syphilis héréditaire. Pfut-étre l'auteur a-l-il un peu simplifié les choses. Nous aurions voulu qu'il insistât daviintai^ sur les difficultés que comporte ici le diagnostic. Dans les cas types, rien de plus simple que ce diagnostic ; mais ces cas soat peut-être les plus rares. Les éruptions de toute nature aui compliquent ou simulent la syphilis, la malpropreté des enfants, créent mille embarras au praticien sur lequel pèseiit souvent les plus lourdes respons;tbilité.s, surtout quand il s'agit de décider si l'enfant peut être coiiHé à une nourrice, j
Nous avons choisi ces premiers chapitres pour exposer la méthode essentiellement pratique de l'orateur. Nous ne pouvons évidemment étendre outre mesure cette analyse, j mais on trouvera dans tous les antres chapitres la même abondance d'observations, le même soin de mettre en relief i les points essentiels et d'exposer les médications que l'expérience a consacrées. I
Le livre est donc éminemment utile, c'est un de ceux (\at le médecin d'enfants aura toi^ours sous la main, et qui offrira | bien des ressources au praticien moins familier avec les diffi* ' cultés de la médecine infantile.
VARIÉTÉS
ATX8. — Pour m qui oonoarn* la Faooltè d« mècUoias d* PtfU ▼olr «nTtne de la aouTaftara.
LA PROPHYLAXIE SAKITAIRG HARITIIIE.
M. le docteur Proust, inspecteur général des services sanitaires, vient d'adresser à M. le ministre du commerce un important rapport sur la prophylaxie sanitaire maritime. L'esprit de ce rapport a été apprécié dans un article spécial (p. 467^; nous croyons donc pouvoir nous borner i en reproduire ici les principalesconclusions.
M. Proust établit d'abord que )a dorée des quarantaines peut être diminuée en raison des garanties données i la santé publique par la rigueur de la désinfection à boni des navires. Il fait remarquer ensuite que tontes ies catégones
il Juillet 1885
GAZETTE HEBDOHADAÎftË DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
de nftvires n'exposent pas au môme danger d'importation et il les divise en trois calories distinctes (navires de guerre et grands paquebots, bktnnents à vapeur affectés au transport des marchandises, navires à voile qui transportent les
marchandises).
Les mesures de précautions doivent évidemment varier suivant ces trois cat^ories. H. Proust les codifie dans les termes suivants :
1* Un premier poial très importent est d'inscrire l'obligation, pour les oavires a passagers, d être pourvus d'un bon système de ventilation qni aille puiser l'air suspect jusque dans les prorondeurs des cales, jusque dans les mailles dé leurs parois, et qui le remplace \ la haute mer par l'air si pur que l'on respire au large. Sur les lignes à fièvre jaune surtout, il faut ventiler les cales, et on ne ventile les cales chargées qu'avec un ootillf^ spécial, allant pomper l'air contaminé jusqu au fond du navire sous chargement. Cet outillage est coûteux, mais les frais d'installation seraient couverts par les remises sur les quarantaines d'observation dont bénéGcierait l'armement
2° Une seconde garantie également d'une grande valeur est la présence à bord des h&timeiits d'un médecin. Quel caractère doit présenter ce médecin? Doit-il être nommé par l'administration sanitaireV Ou comnHSsioDDé? On simplemeoi embarqué? Depuis le décret de 1853, ta tendance de l'ailminislralioii a été d'iniéreS' ser les compagnies ù avoir desmédi^cins commissionnés, en accordant aux paquebots ayant à bord un médecin commissionné certains avantages que l'on refusait aux autres navires, les diverses dépêches qui octroyaient ces privilèges (de 1853 & 1870) mentionnent toujours que ces privilèges ne visient que les paquebots ayant i bord un médecin commissionné. Cependant la commission actuelle, demandée par les compagnies, est lettre morte ; ces médecins bont trop sous l'action des agfiits de ta compagnie; il y a toutefois une exception i constater pour les médecins appartenant à la marine militaire, et prêtés & la compagnie générale transatlantique. Aussi il me paraîtrait préférable que les médecins, au lieu d'être commissionnés, fussent des fonctionnaires relevant directement de l'administration, nommés par elle après un examen snbi devnnt une commission prise dans le comité consuttaiif d'tiygiéne publique de France. Ce serait une assimilation à ce qui se passe a l'égard des agents des postes. Nommés par le ministre du commerce, ne pouvant être révoqués que par lui, ces médecins deviendraient des organes du service sanitaire; ils n'aurait'ut d'autre intérêt que rioiérêl de ce service; tandis qu'aujourd'hui, commissionnés ou non, ils sont sous In dépendance absolue de la compagnie qui les paye, les maintient ou les révoque à son gré. Nous ne devons pas les exposer à ce que leur conscience et leur intérêt puissent se trouver en opposition.
Un règlement annexé â ce rapport hit connaître les attributions et les devoirs des médecins embarqués.
3" Mesures d'assainissement et de désinfection.
Ces mesures doiveot être prises : 1* au point de départ oo d'escale d'une région contaminée; 2* pendant la traversée; 3° enfin, à l'arrivée, si les mesures prescrites au point de départ ou pendant la traversée n'ont pas été suffisantes, ou si des accidents se sont montrés à bord.
Kemarquons, au sujet de la désinfection, que la présence d'une étuve sur le navire ne saurait être trop recommandée. Il sera d'ailleurs facile de l'installer sur les grands paquebots.
Trois projets de règlements et d'instructions précisant les mesures d'assainissement et de désinfection : 1'' au point de départ; î* pendant la traversée; 3" à l'arrivée, sont donc nécessaires.
La connaissance de ces règlements et de ces instructions sera indispensable pourles médecins du bord elpourles capitaines, qui souvent ignorent ce qu'ils ont à faire et qui queli|uefois invoquent cette méconnaissance pour excuser leur inaction. Ces prescriptions ne sont codifiées nulle part, sauf dans les règlements de quelques compagnies, oh elles sont fort incomplètes. Aussi, Monsieur le ministre, lorsque vous leur aurvx donné votre approbation, il sera utile que vous autorisies leur tirage ft un nombre d'exem-
Îlaires suffisant pour qn'il en soit remis un & chaque capitaine et chaque médecin.
Les conditions si diverses que nous venons de passer eu revue, si variables et au point de vue de la classe des bitlimenl!», de la présence ou de l'abbence d'un iriédocin sanitaire -X hord, de l'existence ou non sur le paquebot d'une étuve à dé^infcclioi), si diverses également à l'égard des mesures d'assainissement prises au point
de départ et pendant la traveraée, montrent qu'il dut laisser une ranilc latitude aux autorités sanitaires locales poitr l'application es moyens de prophylaxie.
11 est une dernière observation. Sans doute, les mesures que j'ai l'honneur de vous proposer auraient pour notre commerce et notre navigation i l'étranger, pour le commerce et la navigation étrangère chez nous, un résultat beaucoup plus avantageux, si elles étaient consacrées par une convention internationale.
Mais, en attendant, nous pouvons toujours commencer i les appliquer dans notre pays, espérant que notre exemple sera suivi. Nous éviterons plus tard, par un accord entre les divers gouvernements les folies quarantenaires auxquelles la dernière épidémie de choléra nous a fait assister.
Si, en efiicl, dans cette question, comme d'aillears pour toutes les antres, la sauvegarde de la santé publique doit être notre premier objectif, nous ne devons demander que les sacrifices nécessaires et n'exiger que l'exécution des mesures dont l'utilité nous est démontrée.
Le comité consultatif d'hygiène publique de France a approuvé les conclusions du présent rapport dans sa séance du 11 mai 1885.
La. vaccination anticholérique en Espagne. — Après H. le professeur Brouardel, H. Paul Gibier adresse à son tour à H. le ministre du commerce uo rapport sur la mission dont il a élé chargé en Espagne. Nous croyons ne devoir reproduire ici que ses princrpales conclus ons, qui, on le vorra, diffèrent peu de celles que nous avons fait connidtre après la dernière séance académique :
2** l e liquide que nous a présenté M. Ferran comme servant à faire des inoculations préventives contenait des bacilles du choléra.
3* Rien ne prouve scientifiquement que la virulence de ces bacilles soit aliénuée.
4* N. Ferrait réservant, jusqu'à nouvel ordre, le s«^!ret des procédés qu'il emploie pour oVteuir l'attéonalion prétendue, il nous est- impossible de dire quels sont ses procédés.
5" Les symptômes locatu produits par l'injection sont ceux qui suivent l'introduction sous la peau d'un liquide irritant. Le plus souvent ces sympidmes sont bénins.
&• Les symptômes ^néraox qui suivent l'inoculation sont à peu
Rrés nuls dans l'immense majorité des cas. Us se bornent à un jger mouvement fébrile correspondant à l'infiammatiou produite aux deux bras par les inoculations sous-cutanées et à une légère céphalalgie accompagnée d'un sentiment de lassitude. La diarrhée quon a signalée chez quelques inoculés ne peut être considérée que comme un accident fortuit et sans relation avec l'inoculation.
7" Itien ne prouve que ces phénomènes soient en relation avec les bacilles contenus dans le liquide: Ils peuvent être dus aux produits contenus dans le liquide de l'injection, comme la bile
aae M. Ferran ajoute aux sécrétions toxiques des microbes. . i. Ferran s'est refusé à nous donner les moyens de vérifier en commun avec lui ce point de la question.
10« En raison de l'absence de preuves scientifiques et de statistiques perinotiant de se prononcer sur la valeur de la méthode de M. Ferran, il est nécessaire d'attendre les résultats de l'expérimentation avant de formuler des conclusions formelles.
On trouvera au Compte rendu de l'Académie des sciences (p. Alt) une communication adressée à la savante compagnie p«r M. Ferran et les résolutions nouvelles qu'elle a motivées.
LA RÉFORHE DU BACCALADHËAT.
L'enquête sur la réforme du baccalauréat n'est point terminée. Après les Facultés, les lycées et les collèges, voici que le Conseil académique de Paris vient de donner son avis au sujet des modifications que l'on propose au système actuel. Le Conseil académique ne réclame que des réformes partielles, estimaiit que, quant à préseat^ le baccalauréat doit rester un examen d'enseignement supérieur, sauf à pouvoir être subi dans l'intérieur des établissements d'edséigne-
m — 29 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE
17 Juillet 1885
ment secondaire, si Ton trouve le moyen de prendre des
garanties suffisantes pour assurer le fonction nemeni régulier e ce nouveau régime scolaire. -
Le Conseil académique a écarté : à l'unanimité moins une voixj lë système des examens de carrière.
Il a repoussé : à l'unanimité, Pexainën & fond commun avec matières facnllatÏTes; la proposition d'établir un baccalauréat classique unique exigible de tout le monde, tes autres baccalauréats étant considérés comme baccalauréats complémentaires; la proposition d'exiger le baccalauréat ès lettres pour que les candidats puissent se présenter aux autres baccalauréats ès sciences physiques, ès sciences naturelles, ès sciejicGs.mathématioues, etc. .
'- Le Conseil a déciaé : à l'unanimité, le maintien du baccalauréat scindé et rétablissement d'un livret scolaire à titre facultatif; à l'unanimité moins une voix, l'obligation pour lô candidat de réparer son échec devant la Faculté où il Ta subi; à runaniroilé moins une voix, rinterdictionaux candidats de se présentei* après cinq échecs (ce qui lui ménage deux années complètes d'études à faire).
Le Conseil n'a pas admis la proposition qui consistait à adjoindre des membres de l'enseignement secondaire aux jurys' des Facultés (ce qui, outre les difficultés relatives à l'enseignement libre, aurait l'inconvénient de laisser des classes sans professeurs ou de changer leurs professeurs à certaines époques). . .
En ce qui concerne le baccalauréat ès sciences, le Conseil a décidé son maintien tel qu'il existe, avéc restauration du baccalauréat ès sciences mathématiques correspondant à l'enseignement des mathématiques spéciales; la substitution d'un baccalauréat ès sciences physiques ' au baccalauréat restreint.
Enfin le Conseil académique a voté à Tunanimité les trois vœux suivants :
1* Qii'il soit donné au baccalauréat de l'enseignement spécial des sanctions qui le relèvent aux yeux des familles ; .
S» Que des mesures soient prises pour que les instnictio'ns relatives aux examens de passage soient partout sérieusement appliquées;
â" Que l'administration de l'instruction publiaue avise au moyen d'établir une entente entre le ministère ue l'instruction publique et les ministères intéressés pour mettre d'accord les programmes d'admission aux grandes Ecoles avec les programmes de l'enseignement.
Nous ne faisons que signaler aujourd'hui ces votes, d'ailleurs assez platoniques, puisqu'ils seront à mettre en regard de ceux qu'ont émîs les autres corps universitaires.
Lorsque l'enquéie sera terminée, et que le Conseil supé- . rieur de l'instruction publique aura statué définitivement, nous aurons à revenir sur cette grave question.
INAncnRATION DE LA STATUE DE PINEL.
Le lundi 13 jutllel, à dix heures du matin, a été inaugurée la statue que la Société médico-psychologique a. élevée & la gloire de Pinel, sur la place de la Salpêtrière. Aux principales autorités du déparlement et de la ville s'étaient joinls tous les membres de la Société médico-psychologique et les directeurs, médecins et internes de tous les établissements d'aliénés du département, etc. L'Académie de médecine était officiellement représentée par son présidait M. Beiveron et par M. Lnnier; la Faculté de médecine par son doyen M. Béclard.
La cérémonie était présidée par H. le docteur Dagonet, médecin de Tasile Sainte-Anne, président de la Société médicopsychol(^ique. Il a ouvert la séance par une courte allocution et a fait la remise officielle de la statue de Pinel à la ville de Paru. M. le doctenr Robiael, vice-président du Conseil municipal, et H. le préfet de la ^eine ont successivement pris la parole pour remercier la Société médico-psjrchologique. M. le docteur Legrand du Saulle, médecin de la Salpêlrière, sur la
firoposilion duquel la Société médico-psychologique avait pris 'initiative d'une sou5cription,etqul, depuis bieotdt huit ans, a fait
les efforts le/ptus persévérants pour arriver au but désiré, a ptrié ensuite au nom du Comité d'action dont il était le trésorier.
La SoÉiélé médicb>psychologique avait chargé S(tn secrétaire général, M. Hilti, de prononcer 1 éloge de Pinel. Notre collaborateur a résumé en quelques pages la vie. et l'œuvre de ce bien* faiteur de l'humanité. Enfin la séance a été levée après un dii> cours de H. Picboo, conseiller municipal du quartier de la Salpêtrière.
La statue de Pinel est due au ciseau de M. Ludovic Duraod. L'artiste a représenté l'illustre médecin debout, tenant dans la main droite des débris de chaînes. A ses pieds est agenoailtée une jeune fille aliénée ; elle ramasse des fleurs qu'elle semble vouloir donner à son bienfaiteur. Le socle est de' H- Noiyot, de Dammarlin. On y lit la-siinpie inscription suivante : Au doctm Philippe Pinel. Bienfaiteur des aliénés. 17i5-1826. ta Société médico-psychologique de Paris. Sur les côtés on voit deux figures allégoriques représeiilant la science et la bienfaisance.
Concours dl' Bureau central (médecine). — Ont été admis à continuer le concours, après la seconde épreuve-: Mil. Gomby, Chantemesse, Petit (André), Gaucher, Bourcy, Robert. Dreyfou!, Duptaix, Juhel Renoy, Martin, Hirtz (Edgar), Galtiard.
Clinique médicale de la PmÉ. — M. le docteur Boany est nommé dtef des-travftuX atiatomiquei'du lalMratolre de clinique médicale de la Pitié, en remplacement de M. Ue Bran, démis* sionnaire.
Société médicale des hôpitaux (séance du vendredi 24 juillet).
— Ordre du jour : M. Troisier et M. Joffroy : Présentation de malades (hommes) atteints de paralysie hystérique. — H. Féré : Sur les alcoolisables.
SoaÉTÉ DE MÉDECINE PRATiQCE. — La Société médico-pratique vient de transférer le siège de ses séances dans l'Hétel de U Société de géographie, 184, boulevard Saint-Germain, où tons documents la concernant doivent désormais Ôtre adressés. Nous rappelons à ce propos que cette Société décernera en janvier prochain un prix de 600 francs à l'auteur {étudiant ou docteur) du meilleur travail inédit écrit en fraDçais, sur une question de médecine, de chirurgie ou d'obstétrique. Ij» mémoires, adressés dans les formes académiques, ne seront reçus que jusqu'au 1" novembre.
Ëcole de médecine d'Alger. — Un concours s'ouvrira le lundi 19 octobre 1885 pour une place de chef de clinique chirurgicale.
— Un autre concours pour une place de chef de clinique obstû- < tricale s'ouvrira le jeudi 22 octobre 1885.
Corps de santé de la marine. — A été nommé médecin priRcipal : H. Martin Dupont (Ferdinand- David), médecin de l'" dasso.
LÉciON d'honneur. — Ont été promus ou nommés :
Au grade de commandeur : MM. les docteurs Gavarret (I^iiis- Dominique-Jules); Roger (Henri).
Au grade d'of/icier: M. le docteur Galesowskt (Xa*ier).
Au grade de chevalier : MM. tes docteurs Humbert (Gaston}^ Dèlaporie ( A inédée- Jacques); Morétin (Loais-PrauMis-l^liarlcs- Marie); Miot (Camille); Saillard (Albinj ; Pleindou^*(Alexandre); Verdureau (Edouard-Hilaire-Uaniel) ; DuquesnelfEmile-Léopoliti : Tardieu, Berger (Jules-Augûste), directeur de l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de Grenoble et Acbard, médociiimajor; Sérés. Magel, Romanowski, Péthellat, médecins de U marine.
NÉCROLOGIE. — Nous avons le regret d'apprendre la mort do M. le docteur Henri Labarraque, ancien interne des hôpitaux, décédé te 5 juillet 1885; ~ de H. le docteur Paul Oudioé, décédé à Barbonne (MarneJ, le 31 mars; — et de H. le docteur Brixhe. le doyen des médecins de Liège et peut-être de la Belgique, qui vient de succomber à l'&ge de quatre-vingi-neuf ans ; de H.Elournaud, médecin de la marine et de MM. les docteurs Réal (de Parist, Lorioi (d'Avignon), J.-B. Peset (de Valence) et llicher(d'AranjuM). Ces deux derniers morts victimes de l'épidémie cholérique qui sévit en Espagne.
G. Hasson. Propriétaire-GérmU.
Trknte-dsoz^e AifHfiB N* 30 24 Jdiuat 1885
GAZEnE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
PARAISSANT TOUS LES VENDREDIS
COMITÉ DE RÉDACTION
PRésiDENT : H. le docteur A. DECBAMBBE
NlHsau : MM. Im docteun BUCHEZ. BEORfiES DIEULAFOT, DRETFUS BRISIC, FMilÇOIS.FMNCR. ALBERT HÉRMQUE
L UREROULLET, PAUL RECLUS
Adresser tout ce qui concerne la rédaction u tiègt du ComiU, ehei M. DKUMnB, M, rw 4« LUU (avant le HUdf de préftnnee).
VMr pmg» t 4e to 0«avertare l'iadleatlon dea ACTES BB U VACDIiTÉ MB IlIBBBCim M HU*
(Thèses, examens, cours, etc.) et divers daenaento tntérMMsl le poMle médleal.
SOMIUmB. — Paris. Aodtole de nédscins ; Èbrt^ tba enTsaU Bél avant leriM. — HyatAvctomifl ponr tmûar ol^rln, — La prophylaxie dea ^idimiei, dViprèa dai documents réconli. — La médecine militaire. — Conlribution* pharaaawBliqiiM. — Travaux omsihaux. CliDjqaa mMieala : Do la Mit brighUi{ue.
— SMitria SAVAlirss. Aaadriaiia *n •damea. — AcadAnla de mMaciae. ~ SocUié da chlruixie. — BilLloeiUPllE. lodea blblii^npliique : Bibliolbèqno diaboliqae. Hïtloirei, diiputei el diieonndea illusion* et Impostures des diibles, dai mafieiena infànes, sarcièrea, ele. — Kbliolhiqna etbaotoftqaa : le» sitèqaes,
— Vakiît^. Los vaccinations antieboKlifues en E*pa|ne. — Bourses do doctorat, ~ FaurLLSTON. La mal da Rot.
Paris, 23 juillet 1883.
ACADÉMIE DE MÉDECIME : ÉLEVAGE DES ENFANTS ITÉS AVAKT TERME. ~ HTSTÉRECTOMIE PODB CANCER UTÉRIN. — LA PROPHYLAXIE DES ÉPIDÉHIES, D'APRÉS DES DOCUMENTS RÉ- CENTS. — LA MÉDECINE MILITAIRE. — CONTRIBUTIONS PHAR- MACEUTIQUKS.
Aesdéaaie de méJeriae > Élevage dee ealauta mém avwat lerane 1 H. Tarnler. — ■yetAreeteHie p««r Mimer ■MrlB t M. 1MlB«.
M. Tarnier continue, avec la plus intelligente persévérance, tes recherches qu'il a entreprises, il y a longtemps déjà, dans le but de faire vivre les enfanis nés avant terme. A l'aide de la couveuse artificielle, dont les avantages sont incontestables, U avait obtenu fc diverses reprises des
FEUILLETON
MBl dN Bel.
Le lecteur français ne demandera pas l'explication de ce titre. Evidemment il s'agît des écroueiles. On sait que « le populas les nomme le mal du Rcv, pour ce ^ae le Roy Très Uirestien, par une prérogative céleste et divine, guarit cette maladie reoelle par son seul attouchement ». De nos jours encore, dans beaucoup de provinces, la scrofule n'a pas d'autre nom, et même, depuis Henri VI, l'expression a fait fortune en Angleterre ; elle a eu l'honneur d être consacrée par Shakespeare dans le quatrième acte de Macbeth.
Avec la monarchie a fini le règne de la scrofule. Un maître éminent, dans une récente leçon d'ouverture, vient de lui donner le coup de gr&ce. Demain peut-être elle sera biffée
9f StUL T. UIL
résultats très encourageants. En lui associant le gavage des enfants nés à six ou sept mois, ou des enfants très débiles, bien qu'ils soient nés à terme, H. Tarnier a pu présenter à l'Académie, deux enfants qui lui doivent certainement d'avoir vécu. Comme l'a fort bien dit M. le président Bergeron : f A une époque où l'on se plaint partout de la dépopulation de la France, on ne doit pas se montrer indifférent pour des moyens qui permettent de sauver un plus grand nombre d'enfants nés avant terme. Sans doute, le nombre des enfants qui seront sauvés de la sorte sera toujours restreint (bien qne, contrairement k ce qui a été dit à l'Académie, la couveuse artificielle puisse aisément être introduite dans la pratique privée); mais il ne faut pas oublier que, quand on est pauvre, il n*y a pas de petites économies. >
— On lira aussi avec grand intérêt au Bulletin l'intéressante communication de M. Trélat sur l'hystérectomie pour cancer utérin. Les progrès de la chirui^ie antiseptique permettent aujourd'hui de tenter, parfois avec un succès relatif, cette opération, qui, il y a peu d'années encore, paraissait condamnable; mais il importe toujours d'en bien préciser les indications; et c*est ce qa*a surtout fait voir le savant chirurgien.
de la nomenclature médicale. Le moment est donc propice pour redire en peu de mots ce que fut, pendantde longs siècles, le souverain remède de la diathèse détrènée.
Nous rappellerons d'abord que, si nos rois tenaient de Dieu le moyen de guérir gratuitement les écroueiles, ces çuérisons n'étaient point pour cela considérées comme miraculeuses ; bien loin de là, car le miracle consiste dans une intervention exeepiionneUe de la Providence; tandis que le privilège royal était comme une fonction permanente, en d'autres termes, comme une propriété physique (et mystérieuse à la fois), inhérente à la personne même du monarque, et dont il eût été impossible à celui-ci de se départir à volonté. Tout descendant de Clovis était donc médecin malgré lui, et le plus souvent, finissait, comme Sganarelle, par trouver la chose la plus simple et la plus naturelle du monde.
C'est à peine si parmi tant de princes lour à tour détenr leurs du secret, deux ou trois doutèrent de leur spécificité^anti-
482 - N* 30 — 6AZBTTB HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE GHTRORGIE U Juilut 1885
réecata.
(Pin. — Voyez le numéro 29.)
Les réformes formulées dans les rapports de H. Proust, celles que la Conférence de Rome a acceptées, obligeront sans'doute à modifier la loi du îi mars qui régit noire police sanitaire. Préparée sous TinQuence d'opinions scientifiques qui ont subi, depuis cette époque, des changements profonds, promulguée au milieu de préoccupations autres que celles de l'heure actuelle, elle répond mat aux nécessités présentes. En théorie, elle confère des pouvoirs considérables à Tadminislration ; mais applicable principalement à la prophylaxie ou choléra, et ne visant, pour ainsi dire, que sa propagation par voie de mer, elle présente de grandes lacunes et ne peut que difficilement armer le gouvernement contre d'autres épidémies; de plus, les pénalités qu'elle édicté sont d'une rigueur excessive, principale cause de son oubli dans la plupart des cas. M. le ministre du commerce vient de s'appuyer sur les pouvoirs qu'elle confère au gouvernement pour ordonner la surveillance médicale obligatoire des voyageurs arrivant d'Espagne, le lavage et la désinfection des linges qu'ils apportent, l'interdiction d'arrivée d'un certain nombre de produits alimentaires suspects. Toutes ces mesures se comprennent; ce n'est pas le moment d'en discuter l'opportunité ni le mode d'exécution; mais il en est d'autres que le texte àn la loi rendrait difficilement applicables. L'épidémie cholérique qui a sévi en France l'année dernière, a montré, notamment à Yport, toute l'insuffisance de cette législation, même en cas de choléra.
Le vendredi 10 juillet, la Société havraise d'études diverses était convoquée pour discuter un intéressant rapport de M. Meyer, vice-président du tribunal civil du Havre, sur la revision de la loi du 3 mars 1822, et pour voter une proposition législative que ce distingué magistrat a récemment rédigée à cet effet. La réunion était très nombreuse, sous la présidence de H. Siegfried; elle comprenait quelques médecins, un grand nombre d'armateurs et de négociants, plusieurs magistrats et juristes. On y voyait de suite combien cette question de la réforme sanitaire a fait de progrès en France dans cette région, grâce aux enseignements des Gibert, des Siegfried, des Launay, et grâce aux institutions hygiéniques qu'ils ont su y faire prospérer. M. Heyer a voulu
scrofuleuse. Louis Xllf, au début de son règne, fut de cette minorité sceptique. De maladroits courtisans, plus royalistes
2ue lui, avaient fortement conUlbué à lui inspirer cette déance de lui-même. Un jour qu'il traversait Tournus, un brave cordelier de cette ville lai voulut persuader qu'il avait guéri une muette. Passe encore pour une scrofuleuse ! mais une muette !! c'était bien se moquer de Sa Majesté. Le roi se récriait donc, c mais le moine disait : c Voyez la mo- ) destie de ce bon prince! > A la On le roi se fascha, déclara que c'étoit une fourberie, et vouloil même envoyer des gens de guerre pour punir ces imposteurs, i
Quant a l'authenticité des guérisons, personne ne s'est jamais avisé de la contester; et même, à de certaines époques, il eût paru sacrilège d'en vouloir faire la preuve. Qu on en juge par le fait suivant qui se passait en plein siècle de Voltaire : One femme de Valenclennes voulut faire accroire que le roi l'avait guérie (de tous temps il sVst trouvé des gens pour tourner en dérision les choses les plus respec-
modifier notre loi de police sanitaire de manière qu'elle puisse être appliquée aussi bien contre les maladies pestilentielles exotiques que contre les affections oonUmiiemes nées sur notre territoire. Il abaisse les pénalités de tnçoai les rendre plus équitables; il donne aux autorités sanitaires des pouvoirs spéciaux, tels que le droit de s'introduire dans les domiciles privés en cas de besoin, d'ordonner l'évaciution de toute maison contaminée, d*y faire pratiquer d'office des mesures d'assainisseroeni, de fùre transporter au dehors les malades; il met à la charge de l'Etat et des communes, suivant une proportion à déterminer, les frais occasionné par l'exécution de mesures sanitaires qui ne pourraient être remboursés par les intéressés; il laisse enfin au président de la République le soin de déterminer par décrets les mesures sanitaires à prendre, sur tous les points du territure, pour prévenir et combattre les maladies contagieuses.
Comme l'a fait remarquer M. le préfet Monod, si compétent en ces matières, les pouvoirs publics admettront difficilement aujourd'hui que, pour des mesures aussi graves, pouvant intéresser à chaque instant la fortune privéei le régime des décrets puisse remplacer celui de la loi; nous pensons ausni, comme nuus avons eu l'occasion de le dire au cours de la discussion, qu'il ne faudrait pas acrorder i des commissions ou à des agents irresponsables des pouvoirs qu'il est préférable de laisser à la responsabilité de l'Etal, des départements et des communes. Quoi qu'il en soit, il n'en faut pas moins retenir l'accueil empressé fait à ces éluda dans un tel milieu.
Ainsi, l'on reconnaît detouscètésla nécessité de soumettre la législation et l'administration sanitaires à des modïtications importantes; la prophylaxie des épidémies doit revêtir un caractère nouveau, tenant compte des progrès des divenes sciences auxquelles Thygiène emprunte ses applications, et l'on comprend aussi que la préservation est, en pareil cas, plus aisée et moins onéreuse que la lutte contre les ravages du mal confirmé. Les milieux insalubres sont les véritables causes de ruine pour un pays, qu'il s'agisse d'un navire portant surlesHuts des germesinfectieux, prêts k se propager dès l'arrivée au port, ou qu'il s'agisse d'une habitation ou d'une installation propres à devenir des foyws de production on de renforcement des épidémies.
Les projets de règlement élaborés par H. Proust obvient à ce danger en ce qui concerne les navires, et ils s'inspirent,
tables, quitte à en tirer profil ensuite, ce qui est pis encore). Il ne fut pas bien difficile à cette femme de se procurer un certificat médical attestant sa guérison. D'Araenson, qui avait envoyé le procès-verbal de ce fait merveifîeux, reçut des bureaux la réponse suivante : f Monsieur, la prérogative qu'ont les Rois de France de guérir les écrouelles est établie sur des preuves si authentignes qu'elle n'a pas besoin d'être confirmée par des faits particuliers. >
A supposer que la confiance populaire eût éprouvé le contre-coup de la Réforme, les médecins l'eussent aussilêt raffermie. Leurcoimivence, en effet, n'était point de commande, non plus que de convenance ou de flatterie ; elle était, bien au contraire, la plus spontanée, ta plus active et la plus sincère. Ce que les médecins préconisaient par-dessus tout contre les écrouelles, c'était c l'attouchement royal >. Apparemment ils avaient constaté l'efficaeité de ce remède, et c'est pourquoi leurs témpigaages, ctfnmreidisjd^fe^racté « scientifique », en eu88élimaÉfiïë>tf
n Juillet im
pour les moyens propres à y parvenir, desdécouverles scientifiques les plus récentes et les moins contestables. En ce qui concerne PassalDissement des liabitations, il va de soi que les réformes que l'hygiène réclame risqueraient assez souvent d'être entravées ou annihilées si la législation actuelle sur la salubrité des logements ne subissait elle-même divers changements.
La révision de cette législation est à l'ordre du jour du Parlement depuis trois ans; le Comité consultatif d'hygîène publique de France est saisi de son examen; la Commission des logements insalubres de la ville de Paris n'a cessé de s'en préoccuper depuis plusieurs années, notamment à l'occasion du récent et remarquable rapport de M. le docteur Du Mesnil sur ses travaux pendant les années 1877 à 1883 ; l'Académie des sciences morales et politiques, l'Académie de médeciue, la Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle de Paris, la Société d'économie politique, etc. , ont à diverses reprises réclamé cotte revision; un certain nombre d'administrateurs autorisés, tels que MM. Laurent et G. Jourdan, ont proposé diverses solutions, si bien que le dossier des doléances des médecins, des hygiénistes, des administrateurs, des philanthropes à l'égard de cette question est déjà considérable. Il y a quelques semaines, la Commission supérieure dé rassainissement de Paris a confié à l'une de ses sous-commissions le soin de préciser les points sur lesquels la révision de la loi do 13 avril 1850 doit nécessairement porter.
I II convient tout d'abord de remarquer que cette loi a laissé aux municipalités la faculté de nommer des commissions des logements insalubres; or neuf communes seulement usent en ce moment de ce pouvoir. D'autre part, les Conseils et Commissions d'hygiène publique et de salubrité, mstilués par arrêté présidentiel du 18 décembre 1848, ont aussi dans leurs attributions Tassai nisseroent des localités et des habitations, et à Paris, depuis le décret du 10 octobre !8r)9, le départ des attributions entre les préfets de la Seine cl de police est établi de telle sorte que la salubrité des habitations ressortit, pour diverses parties et suivant les cas, à l'une ou l'autre de leurs administrations. Il appartient assurément au préfet de police de prendre, surtout dans la crainte ou en cas d'épidémies, toutes les mesures de salubrité ; mais alors l'existence de la loi du 13 avril 1830 apporte à son action les entraves qu'elle a édictées en faveur de la propriété, an détriment manifeste de l'hygiène publique. Enfin, la nécessité de confier au Conseil municipal l'examen de
iiarantie. Parmi ces témoignages, il en est un, célèbre entre tous, qui est bien le plus cirange document de rhisloîre médicale en France : le Traité des écrouelles de maître Aiidré du Laurens, conseiller et premier médecin du roi Henri IV. Cet ouvrage a été aussi uu des plus grands succès de librairie (lu dix-septièine siècle, car 11 a eu, dans l'espace de peu d'années, quatre éditions. On ne saurait donc mieux le comparer, à notre époque, qu'avec le livre, très remarquable en son genre, de M. Henri Lasserre. consacré à d'autres guérisons merveilleuses. L'un el l'autre, en effet, traitent du même sujet, ou peu s'en faut; ils s'adressent au même public croyant ou crédule; et c'est bien aussi pour cela que l'œuvre de Du ùiirens fut traduite trois lois en bon français, avec ce titre fameux, libellé en style de prospectus: «Traité des Escrouelles, et de la vertu admirable de les guarir tlii inement, concédée aux seuls Roys de France Tré^-Chrestiens. » Il va sans dire que le mol seuls n'a pas été mis là pour arrondir la phrase. L'intention de l'auteur est d'avertir le public qu'il
tous les dossiers de logements insalubres est une cause de retards nombreux, souvent considérables, quelquefois même d'arrêts complets dans l'instructiou des affaires les plus urgentes, car il est des conseillers municipaux qui, systématiquement, se refusent à émettre un avis quelconque en pa^ reille matière, pour des motifs aisés à deviner. Il importerait cependant, pensons-nous, que la surveillance sanitaire des logements de la cité soit constante, et que ceux qui sont chargés de ce service ne soient pas tenus d'attendre, comme le veut l'aiiicle 3 de la loi, que les Heux insalubres leur aien été signalés, par des dénonciations le plus souvent; l'assainissement des habitations, de quelque nature que soient celles-ci, devrait être rattaché à une seule et même administration.
Une autre difficulté dans l'application de la loi du 13 avril 1850, c'est qu'elle exige, à la fois, qu'il s'agisse de logements ou de dépendances des logements, que les logements et dépendances soient insalubres, qu'ils soient mis en location ou occupés par d'autres que le propriétaire, l'usufruitier ou l'usager, que l'insalubrité soit dépendante uniquement du propriétaire ou de l'usufruitier et qu'enfin l'insalubrité soit inhérente à l'habitation elle-même. Par contre, l'expérience de tous les jours n'a cessé de montrer qu'une précision plus grande était indispensable; les logements et leurs dépendances doivent être définis avec soin, et surtout les causes de l'insalubrité des habitations nécessitent une énumération qui, sans les indiquer toutes, ne permette pas au pouvoir judiciaire, comme il est arrivé trop souvent, d'arguer du silence de la loi contre une prescription sanitaire urgente et indispensable ordonnée par les autorités compétentes (1). Il faut aussi que le logement occupé par un propriétaire, un usufruitier ou un usager puisse êtrê déclaré insalubre h Tégal de celai qu'habite un locataire, comme le veut seulement la loi. L'insalubrité doit être recherchée et poursuivie, quel qu'ensuit
il) L'un dai exemplet loi plua curieux do l'iiiaofdunce. à l'qrard àa l'hyfwtm |iubliqui>, de U loi du 13 avril IKSO, noua eit ronmio par les conaid^ranta anivanla, <t'<i» juferaeot niidu devant le Iribunal da aimple polies, A Paris. LE T rtVHiitR 1885:
• Si l'aulorilii muoicipale Paria, le préfet de police) e t imaaUa du droit d'urdoiiner les mesures de police intëreisant la salabrilri publique, cea nwaarssBa »aurHli>iit porter atteinla au droit de propriété.
1 Porte aUeinle au droit de (inipriété. l'arrdlé qui <>njotnt .'i un propridulre do faire dan» sa niiison des modillcations on <\os nmi>li<irationa vifant seulenicnt de* ïnliTt'ls |irivi<!i, et oidoonu sptScialoiiient d'amener l't»u daai une niaiioii parliculicro Ce n'en paa U unt maure tnléreMtunt la »atué publique, maU teulemeiit le bien-être et la commodité det loeataini.
1 .1 tuppoier l'étaNittement àe Vea* iniitpentaHe à CtutainUiemenl 4e I« PMiiM. cet dlaUIsaeneat ne peut 4ire ordonné qu'^pria Vaedoniplisaeneat dea Ibmalitt'H «pdcialea édictées par la loi du 13 aviil 1850
existe des contrefacteurs et de l'inviter, par conséquent, à ne pas confondre.
Ce Du Laurens était d'ailleurs un très honnête praticien, et il y aurait mauvaise grâce à soupçonner sa bonne foi, qui était immense, comme on va voir. Le principal reprocne qu'il soit permis de lui adresser ici, est de ne pas avoir écrit son livre pour des médecins. Il développe une thèse de théologie mélangée de thérapeutique, el néglige à dessein les faits, les observations, en d'autres termes, les preuves qui devraient être la base et la raison d'être de l'ouvrage. Un seul exemple de guérison « admirable », si écourlé fût-il, ferait bien mieux notre affiiire. Mais on a beau chercher Et si, par hasard, il fait mention de quel(iiies cures extraordinaires, il va les einpnrnter à l'antiquité la plus reculée, et seulement pour démontrer qu'elles sont apocryphes, car les monai-ques profanes n'étaient capables que de mystification et de duperie. Ainsi, faisant allusion aux guérisons allri-' buées à Vespasieu, à Adrien, à Pyrrhus : < Ces princes,.
24 Juillet 1885
Tautenr, quel que soit le local où elle est constatée, de quelque nature qu'elle soit, et en laissant à Tauteur véritable de riosalubrité la responsabilité qu'il a en toute justice encourue. Il n'est pas jusqu'à la procédure en matière de constatation et de répression de l'insalubrité des habitations qui n'ait besoin d'être considérablement abrégée; aujourd'hui, une affaire litigieuse de ce genre peut durer six, huit années et plus,... pendant lesquelles l'état d'insalubrité persiste le plus souvent. Aussi serait-il indispensable, selon nous, de distinguer entre les cas d'urgence et ceux où les mesures prescrites peuvent être différées ; aucun secours ne doit être suspensif dans le premier cas, alors que l'urgence a été déclarée par délibération expresse des commissions compétentes, c'est-à-dire en cas d'épidémie, d'incendie, d'inondation ou d'autres dangers publics; la voie de la conciliation et de l'arbitrage doit être ouverte s'il n'y a pas nécessité absolue d'agir vite. Quant aux moyens de contrainte et aux pénalités à établir comme sanction des prescripUons de la loi, il en est deux qui paraissent surtout vraiment efficaces : l'interdiction provisoire de la location à litre d'habitation — encore n'est-îl pas certain que l'insalubrité constatée ne paisse, eu pareil cas, cesser d'être dangereuse pour le voisinage — et l'exécution d'office des mesures prescrites, aux frais des contrevenants, en cas de refus dûment constaté dans les délais spécifiés ; les dépenses qui en résultent peuvent alors, comme dans les cas qui nécessitent la déclaration de péril public, être prélevées, par privil^ et préférence, sur les revenus de l'immeuble.
Mais il est une réforme plus capitale encore, et que la loi de 1850 n'avait pas prévue, c'est la promulgation dans chaque département d*un règlement spécial, déterminant les conditions à observer pour la salubrité des habitations. C'est cette œuvre que vient d'élaborer pour certaines parties, la Commission supérieure d'assainissement de Paris, qui a été préparée d'une manière plus générale par la Commission des logements insalubres, et que celle-ci a soumise, il y a longtemps déjà, an Conseil municipal. Il est à désirer que la loi prescrive désormais qu'aucune construction neuve ne pourra être édifiée ni habitée avant que le propriétaire ait reçu un permis spécial d'habitation, constatant que les règlements ont été observés, faute de quoi une amende assez élevée devra être infligée et rhabitatlon interdite. Les maisons doivent être reçues au point de vue de l'hygiène publique, comme elles le sont au point de vue de ta sécurité. C'est là une des réformes qu'il parait le plus essentiel et le
plus urgent d'obtenir, au nom de la prophylaxie rationnelle des épidémies.
A.-J. MiKTUS.
L« MédeelB* aiUlialve I mmm paMé, mmm avenir.
Les deux articles que nous avons récemment écrits {Ga:. hebd., n" 24 et 36) sur la médecine militaire nous ont valu un grand nombrede communications qui nous ont été adressées par nos confrères de l'armée. Nous n'avons point à parler ici des lettres qui nous envoient, en termes si chaleureux, l'expression de ta plus sympathique adhésion. Hais nous aurions voulu, ne fût-ce que pour donner une preave nouvelle d'impartialité, pouvoir insérer la réponse faite i nos articles par un médecin de l'armée qui, après avoir critiqué notre manière de voir, arrive à des coqcIusioqs assez peu différentes de celles que nous avions formulées nous-mème et que nous eussions aimé à discuter avec lui.
Malheureusement l'auteur de ce travail, dont il ne serait peut-être pas difficile de deviner l'origine ou tout au moins 1 inspiration, refuse de se faire connaître même à titre absolument confidentiel. 11 nous paraît dès lors impossible d'accueillir la requête qu'il nous a fait adresser. La Gazette sait garder à ses correspondants quels qu'ils soient le secret absolu de leur collaboration ; elle n'accepte pas d'arUcles restés pour elle anonymes.
S'il arrivait qu'un de nos confrères de la presse médicale, n'étant pas retenu par les mêmes scrupules, vint à publier l'article qui nous a été soumis, il en accepterait la responsabilité et nous aurions dès lors à examiner s'il nous parait utile d'y répondre.
CoBlrlhnlIoB* pharmaeeatl^ncs.
On réclame souvent, dans la pratique médicale, diverses préparations destinées à calmer les douleurs que détermine, chez les enfants, la poussée des dents, et en pari i entier des dents canines. Voici le sirop de dentition, que l'on pourra désormais prescrire avec avantage :
dit-il, pour se concilier de rauthorilé et la bienveillance de leurs sujets, font par des artifices publics des guérisons apostées et feintes à plaisir. Examinons le miracle de Vespasien. Il a guéri un aveugle. Et quelle merveille? Peut-être que la cause de l'aveuglement était légère et facile à chasser; elle a pu être atténuée el disculée par la confiance et crédulité du malade et par une forte imagination.... Nous répondons que ces guérisons étaient feintes.... D'ailleurs les théologiens ne reconnaissent pas la main de Dieu en telles curetions, mais celle du Diable.» Ce dernier argument est le meilleur, et Du Laurens aurait dû s'y tenir.
On a toujours quelque scrupule à laisser planer un doute sur la parole d'un confrère, surtout quand ce confrère est homme d'expérience et premier médecin du roi. Aussi bien ce n'est pas sa probité scientifique, mais son jugement qu'on pourrait soupçonner d'insuffisance. Peu importe, après tout, qu'il croie ou non à la curabîlité des écrouelles par l'intervention royide; ce qui est autrement grave, c'est de professer
que « l'herbe dite pied de lyon pendue au col fait aimer.... que les racines d'asperges liées sur les dents les font tomber sans douleur.... que le chêne marin porté sur soy procure la conception et cnassc tout ensorcellement. ... que le cœur d'un chat-huant mis sur la mamelle gauche d'une femme qui dort, lui fait révéler tout son secret », etc., etc.. Et toutes ces superstitions grossières, imperturbablement débi* lées par le prince de la médecine, rarchiàtre du Roy de France, servent encore de prétextes à de véritables divagations métaphysiques et mystiques où il est impossible de le suivre. Bref, l'autorité médicale de Du Laurens est k peu près nulle ; quelques passages seulement de sa monographie méritent considération, et en voici la substance : On ne peut juger de la valeur d'un traitement que par le chiffre des guérisons obtenues comparé au chiffre des cas traités. Il faut alors reconnaître que l'altonchement royal, quoique très inférieur aux méthodes chirurgicales actuelles, n'était pas tant à dédaigner, car au dix-septième siècle, la propor*
M JpOLBr 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
Chlorhydrate de eocatue.. 10 centigrammes.
Sirop simple 10 fp>ammes.
Teinture do safrau X gouttes.
Hélez.
Faire plusieurs fois par jour des frictions douces sur les geneives endolories.
Pierre Vioier,
TRAVAUX ORIGINAUX
Cllnl^ne nédinle.
De la folie brigrtique. Communication faite à la Société médicale des hôpitaux par M. Dieulafoy, médecin de l'hApital Sainl-Antolne.
(Fin. -r Voyes le numéro 29.)
Obs. II. — M. L..., âgé de Irente-neuf ans, avait été envoyé à Menton pour des symptômes qu'on avait mis sur le compte de la tuberculose pulmonaire, et qui n'étaient, en réalité, que des symptômes d'une maladie de Bright. Le malade se plaignait depuis quelque temps de toux, d'accès d'oppression ; il avait de petits crachements de sang, et on avait trouvé à l'auscultation des râles disséminés dans les deux poumons.
A Menton, cet étal, au lieu de s'améliorer, ne fait qu'empirer, la toux et les accès de suffocation se prononcent davantage. Bientôt des troubles cérébraux éclatent avec violence, le malade a de terribles euucbemars et des hallucinations épouvantables ; il est pris de terreur ; il réve orages, incendies; il est en proie à une' excitation des plus vives, il ne peut rester couche, il se promène toute la nuit et change de place à chaque instant. On le prend pour un aliéné d'abord, pour un hystérique ensuite. On a cependant l'idée d'analyser ses urines, et on trouve îï',80 d'albumine ; mais celte analyse ne met pas sur la vole du diagnostic, et les symptômes détirants s'accusant de plus en plus, on prend le parti de ramener le malade à Paris.
En voyanlle malade, le 22 février 1881, ma première imuression est que j'ai eu affaire à un maniaque. En effet, M. I/... est dans une excitation indescriptible, qui rend tout d'abord l'examen impossible ; il se lève à tout instant pour se sauver; il appelle, il crie, il se débat quand on veut le tenir ; sa respiration est haletante et précipitée, le cœur bat d'une fafon désordonnée. J'administre la morphine et le cbloral pour obtenir un peu de calme, et je peux alors constater les signes suivants : le cœur présente un bruit de galop caractéristique, le bruit de galop des néphrites (Po-
tain) ; un œdème assex considérable a envahi les denx poumons, surtout le poumon droit. Les jambes sont œdémaliées au niveau des malléoles; les urines sont rares, épaisses, et donnent à l'analyse les résultats suivants : densité, 1023; urée, 39rr,go par litre; albumine, 4^,32 par titre.
Ces différents signes étaient plus que suffisants pour éclairer le diagnostic, et il était évident que H. L... était en proie à un accès de folie brigbtique. En conséquence, il fut soumis au régime lacté absolu et traité comme orightique.
Je n'insiste pas sur les détails de cette longue observation, qui a été prise au jour le jour et publiée par M. Mathieu, mon élève, dans sa thèse inaugurale(l). Il nous sufûl de savoir que cette maladie de firight, d'abord insidieuse et presque latente, avait certainement débuté depuis trois ans et avait progressé très lentement, ayant donné successivement naissance à de nombreux symptômes, tels que céphalée, démangeaisons, pollakiurie, accès de dyspnée, crachats sanglants, perte des forces, dépérissement, symptômes dont on s'était peu occupé jusqu'au jour où ont éclaté les troubles mentaux sur lesquels nous devons principalement insister.
Pendant vingt-cin^ jours le délire persiste, revêtant des formes diverses: agitation extrême, insomnie, lypémanie, mélancolie, idées de persécution, idées de suicide. Souvent l'assoupissement et la somnolence font suite à l'excitation. Les hallucinations sont fréquentes, H. L... s'imagine qu'il est poursuivi et qu'il tire des coups de pistolet. A quelques heures de distance, il éprouve les sentiments les plus contraires; il témoigne à sa mère la plus tendre affection, et presque aussitôt il lui voue une haine violente.
Cette folie urémique n'est pas accompagnée d'urémieconvulsivB ; mais les autres symptômes, dyspnée paroiystique, crachats sanglants, oiigune, albuminurie, œdème malié»* laire, persistent avec ténacité.
Après vingt-cinq jours de durée, les idées délirantes disparurent, les autres symptômes s'améliorèrent graduellement, et H. L... vécut encore deux ans et demi, tantôt très amélioré, tantôt ayant à lutter avec des retours offensifs de sa maladie. Toutefois l'urémie délirante ne reparut pas, et la mort fut provoçiuée par un accès de coma. Dans cette observation, la folie urémique ne peut être expliquée ni par des antécédents héréditaires, ni par des antécédents per^ sonnels.
Obs. III (docteur Joliy, clinique psychiatrique de Wursbonrg, 1874) (2). — Une jeune fille de dix-neuf ans, réglée
(1) Oe» iémMgtûiamu mmUMm amau tvvtâmu wM tt Brtfht*
Pari*, 1S82.
(2) Lfli d«K obunstloni HivmtM tonl repradullai daiu nnMniHPta IMh da M. Bonnt ur VurinOe déUranU. Lyon, 1813.
tion des succès était de 50 pour 100, s'il faut en croire la statistique très rudimentaire de l'époque (1).
On peut se demander quelle heureuse circonstance fit éclater pour la première fois la m^fstérieuse et bienfaisante vertu de nos rois. Et d'abord, n'esl-il pas vraisemblable que le Saint-Esprit les en ait directement instruits? Les avis sur ce point sont assez divisés. D'autre part, la tradition fait remonter à Clovis la révélation céleste, et voici comment elle se serait manifestée. Le fier Sicambre avait un fidèle écuyer nommé Lanicet, qui était affligé d'écrouelles. Celles-ci étaient volumineuses et suppuraicnl abondamment. Lanieet s'affligeait, car il soupçonnait le mal incurable. Vainement il avait essayé du remède héroïque préconisé par Gelse et qui consiste à manger une couleuvre (qui sait si la vieille ex-
(1) Du Laareiu Bt tfeaift. U ml «a tout ut «a lailUair m Gullanns i* Val, ■lojrrn ^0 !■ Faculté de Paris yen ISU. Galal-cl «tl bmanx nrlMl par son aaimcMii^ contra Bciundot ; et il no paris de In varia carative de* Roji TrAi-Oireai*M, qn'ao leriNat ataei dlicraU.
pression « avaler des couleuvres » ne date pas de cet insuccès mémorable?). « Environ ce temps-lÀ, il sembla au roi Clovis, en dormant, qu'il touchait et maniait doucement la gorge de Lanicet, et que soubdain la chambre fut toute remplie d'une clairté céleste et de flammes resplendissantes, et qu'en ce mesme lieu Lanicet se senUt guery. > Dès son réveil le roi tout joyeux courut chez Lanicet et se mit en devoir de répéter tous les gestes de son rêve ; et aussitôt les éavuellea se fondirent et disparurent pour toujours. Ne reconnalt-on pas là un bel exemple de suggestion? En tous cas, le succès était complet. L'avertissement du ciel avait été compris, et les événements démontrèrent bientôt qoe la précieuse prérogative était transmissible et héréditaire. Toutefois elle ne pouvait être conférée que par l'investiture royale. La cérémonie du sacre fut donc toujours l'occasion la plus naturelle et la meilleure pour faire œuvre de roi. Aucun de nos souverains ne la laissa échapper, ^ Hais comme il était impossible de guénr en une foisOous^
U Jmun \m
normalement depuis l'âge de quatorze ans, esl prise à la suite d'un refroidissement d'une forte céphalalgie qui la force à s'aliter. Elle tombe aussitôt dans un état de stupeur profonde, et ne répond que très difficilement et très incomplètement ; elle refuse les aliments, se presse la tète et s'arrache les cheveux. Son pouls est ralenti, sa température est normale, le ventre est rétracté, les pupilles sont peu contractées. Dans l'hypothèse d'une méningite, on appli(]ue des ressies de glace sur la tète et des sangsues derrière les oreilles sans que cette médication produise une amélioration visible.
JLa stupeur ne fait qu'augmenter les jours suivants, et la malade eontinue à refuser tout aliment. Il y a rétention d'urine; le cathéiérisme donne issue A une urine qui est rare et foncée. Cette urine est examinée tous les jours, ei ce n'est gu*au quatrième jour qu'elle commence à renfermer de l'albumine, dont la proportion, d'abord très faible, s'accroît rapidement. La température ne dépasse pas 35 degrés. H n'y a trace d'œdème nulle part.
La malade pa»se les jours et tes nuits les yeux à demi clos, complètement indilTérente à ce qui se pa^^se autour d'elle ; quand on essaye d'introduire des aliments dans sa bouche, elle offre une résistance passive. Par moments elle devient agitéf , elle cherche à quitter son lit, elle bat les personnes qui l'entourent, elle crie qu'elle est en feu.
Le deuxième jour on fa transporte dans un service d'aliénés, où on la nourrit à la sonde œsophagienne. Le surlendemain et les jours suivants, elle esl prise d'un accès d'agitation violente et s'écrie qu'elle est en feu ; parfois la nuit elle quitte soudain son lit pour courir à la porte, ou bien elle prête l'oreille comme si elle entendait quelque chose d'effrayant. Elle n'a ni convulsions, ni vomissements.
Vers le trente-cinquième jour elle accepte quelques aliments, et elle retrouve assez bien ses idées pour raconter qu'au milieu de ses frayeurs elle croyait qu'on voulait l'assassiner. Puis la stupeur reparaît, et elle a de fréquentes hallucinations auditives. Les urines, souvent examinées, ne contiennent plus d'albumine.
Ce n'est qu'au commencement du troisième mois que la guérison s'accuse plus franchement, et après deux mois et demi de maladie, elle sort, guérie de ses idées délirantes et de sa néphrite.
Obs. IV (docteur Haslung, de Copenhague, i880). — Un jeune homme de dix-neuf ans a depuis deux mois des douleurs lombaires, des vomissements répétés, de l'œdème des
Saupières et des pieds. Les urines sont fréquentes, abonanles, et renferment une grande quantité d albumine. On obitent Tamélioralion par le régime lacté, mais les symptAmes de néphrite reparaissent.
les scrofiileux du royaume, on en vint à organiser de véritables conùees d'attouchement, qui avaient lieu aux quatre grandes fêles dites aujourd'hui concordataires. C'était par milliersque les malades arrivaient des provinces les plus lointaines. Souvent même, comme aujourd'hui, la belle saison attirait i Paris la clientèle étrangère. Les Espagnols surtout, peuple strumeux et craignant Dieu, venaient en grands pèlerinages. Après la mort de saint Louis, leur affluence diminua tout à coup. Des Catalans s'étaient procuré un doigt du roi défunt, quon faisait toucher aux scrofuleux pour leur éviter le voyage. « Ënghien chez soi » n'est qu'une réminiscence de ce dévot subterfuge.
La foule des consultants variait aussi selon le prestige ou la v(^e du monarque-traitant. Le bon Robert, dont la charité est légendaire, touchait tous les jours, à toute heure, ne marchandant ni son temps ni sa peine. Saint Louis, nou moins charitable, invoquait la Providence en faveur du patient : c Dieu te guérisse, le roi te touche, » disnil-il, et il
Subitement, le 29 novembre, le malade est pris de délire, d'angoisse, et les muscles de la face sont agités de convulsions. Le délire devient furieuXy le patient semble tourmenté par des hallucinations et ne reconnaît pas les personnes qui l'entourent. Cet état maniaque persiste ainsi jusqu'à la moitié de mars. Le sommeil est rare, les accès de manie furieuse reviennent fréquemment, la voracité et la saleté du malade sont extrêmes; celui-ci présente, en un mnt, les dehors d'un vulgaire maniaque.
Dans les premiers jours de mars, c'est-à-dire plus de trois mois après le début du délire, l'amélioration se manifeste et persiste. Il ne reste des troubles intellectuels, qu'un certsia affaiblissement de la mémoire. Après des alternatives de mieux et de pis, le malade succombe deux ans plus tard dans le collaïuas. Il ne s'était reprodiut ni convulsions, ni délire.
Autopsie. — Injection et épaîssissement de la pie-inëre. Exsudât récent, gélatiniforme sur la convexité des hémisphères. Une petite quantité de sérosité claire dans les ventricules latéraux, qui ne sont pas dilatés. Plaques d'înjfCiion et dépôts fibrino-purulents sur le péricarde. Hypertrophie considérable du ventricule gauche avec insuffisance milralp. Atrophie granuleuse des reins, à droite surtout subslanrp corticale presque disparue.
Obs. V. — Cette observation, recueillie dans le service de M. Pierret, à l'asile de Bron, est consignée dans l'ioléressante thèse de M. Bouvat. La malade entre à Bron le 21 oflobre i88'2, et vient de l'hèpital de la Croix-ftousse, où, dès son entrée, elle a donné aes signes d'aliénation mentale. On la traitait pour une albuminurie par le bromure de potassium et par le lait.
Ses troubles intellectuels sont caractérisés par du délire, des persécutions avec hallucinations de la vue et de l'onle; la nuit, elle voit et entend des personnes qui veulent la tuer. De temps à autre elle refuse les aliments et reste trois on quatre jours sans vouloir rien manger. Pendant les qainie premiers jours la malade est très agitée et ne dort pas, elle présente une incohérence maniaque très accusée.
Les urines, qni contiennent une légère quantité d'albumine le â5 janvier, n'en contiennent pas le 11 avril, mais on en retrouve au mois de juillet.
I/agitation et l'incohérence, qui ont diminué en janvier, persistent, atténuées pendant plusieurs mois. II n'y a ni œdème ni vomissements, mais la malade accuse des bourdonnements d'oreilles, et on constate au cœur un bruit de galop. Chez cette malade, il faut noter une prédisposition spéciale au délire, car elle aurait en, dit-elle, des accès de délire après des contrariétés.
faisait le signe de croix sur les écrouelles, au lieu de les toacher ou de les pétrir même, comme c'était la coutume avant lui. Procédant avec méthode, Louis XI touchait une fois [>ar semaine. Lorsqu'il tomba malade, à Plessis-Iës-Tours, soins de Coyiier lui parurent insullisanls. Alors il eut recours, lui aussi, à un pieux guérisseur, saint François de Paule, qui, par une singulière coïncidence, était couturr de scrofules (circonstance favorable à un échange de bons procédés). « Hais le saint ne guérit point le roi, et le roi ne guérit point le saint. » La captivité de François 1" à Mudrid. dans la fameuse Casa del He, fut une occasion inespérée pour les Espagnols, momentanément blasés sur la vertu du doigt de saint Louis. Le royal prisonnier y fut assailli par tous les écrnuelleux de la péninsule et s'exécuta de bonne grâce. Henri IV eut une clientèle nombreuse, zssiàup. et fidèle, ce qui esl toujours rare. Louis Xlïl se décida à
guérir les écrouelles, quand il se ^Hf^^l^PifJ^^V'f FJ^^ tion était, selon les mAisitS&ië toViiW^M^^fMCla seule
34 JoiLLET 1885 GAZpTTB OBBOUHADAlHlfi OU MBUEUlMi ET UB UUtUUKUlE — M- 30 — 487
Obs. VI. — Cette observation, tirée du remarquable mémoire de H. Raymond (1), est bien intéressante par la nature même du délire brightiijue. Il s'agit d'une Femme qui n'avait pas d'antécédents de folie dans sa Tamille, mais qui avait été prise elle-même d'une attat^ ue de manie à ses deux premières couches. Pflut-être s'agissait-ll de manie alburainurique.
La maladie actuelle a débuté, vers le milieu de juin 1881, par la boullissure de la face et le gonflement des jambes. £a juillet, de violents accès de suffocation. Les urines sont rares et albumineuses. La malade est soumise au régime lacté, on applique des ventouses sèches sur la poitrine.
Le zO juillet, vers neuf heures du soir, la malade est prise tout d'un coup de délire érotique. Elle veut absolument cohabiter avec son mari, disant que le coït lui est nécessaire, parce qu'elle a des ardeurs de la matrice. Sans cesse, elle enfonce ses doigts dans le vagin, et, pour lui complaire, la sœur de garde lui fait des injections d'eau froide. Bientôt H** X..., femme de bonne société, invective la sœur en la traitant de fille publique, etc. Dans la nuit, sa fureur se tourne vers son mari et contre son beau<frère. Il faudrait employer le vocabulaire des halles, dans ses basses expressions, pour avoir une idée du langage tenu par la malade.
Après quelques jours de cslme relatif, la raison se perd de nouveau; tanlAl la malade a du délire rel^eux, elle invoque la Vielle et les saints; tantftt le délire est absolument ordnrier. Elle est dans une agitation exti^me, elle change sans c^e de place, elle prétend s'être remariée la nuit avec son beau-frère, elle injurie tous ceux qui cherchent k ta dissuader de cette erreur, et quelques instants après elle invoque Notre- Darne de Lourdes.
Les œdèmes persistent, les aecès de dyspnée reviennent fréquemment, un épaoehement pleurétique apparaît du cAté droit.
Le 10 septembre, M"* X... est prise d'un véritable aeeè» de manief elle pousse des cris perçants, se lève, se promène, et revient par moments aux conceptions lubriques et aux conceptions religieuses. Elle succombe le i% septembre, la phase délirante ayant duré sept semaines. L'antopsie n'a pu ^re faite.
Obs. VII. — Dans cette observation, l'urémie délirante consiste surtout en hallucinations de la vue et de l'ouïe. Le malade a cinquante ans, et rien dans ses antécédents héréditaires on personnels ne peut ^tre invoqué comme cause prédisposante. Sa néphrite chronique s*est annoncée par des accès d'oppression et par des envies fï^quentes d^nrlner
Sendant la nuit. Ses paupières sont œdémateuses, il se plaint e bourdonnements d'oreilles, de troubles dyspeptiques,
(1) Cetl« obsemtion, dont ;b donne le r^nmé, aïnii que la niivinte, «ont cooil^ni^ dini le mémoire d« M. Raymond {Archiva de médecine, ouri i8S3).
d'insomnie, d'oppression. Ses urines sont fortement albumineuses, il rend des crachats sanglants.
Cet état est très amélioré par le régime lacté et par les ventouses scarifiées.
Le 4 miiî, apparaissent les premiers symptêmes délirants. Le malade se plaint de céphalalgie; la nuit, il a des cauchemars, des hallucinations ue la vue. Il voit par la fenêtre qui est en face de son lit un régiment de cuirassiers manœuvrant sur le toit du pavillon voisin. Il explique très bien la marche des escadrons, la place des officiers Lorsqu'on lui dit qu'il se trompe, il comprend parfaitement son erreur. Mais la vision reparaît aussitôt ou bien elle change. Il aperçoit des hommes noirs qui se battent, des lumières éclatantes portées
fiar des enfants qu'il entend chanter; cependant, si on fixe 'attention du malade, il devient momentanément lucide. Les hallucinations de l'ouïe et de ta vue persistent du 4 au 18 mai. A cette époque, elles disparaissent, mais elles reviennent le 21. Le malade a vu et voit encore au moment de la visite une jeune filte qui vient se plaindre à lui d'être maltraitée. Il l'entend très distinctement et demande qu'on lui rienne en aide.
A partir du 33, l'affaiblissement augmente. Le malade parie sans cesse, il croit donner des ordres à un cocher. D prétend que des individus sont venus pendant la nuit et l'ont battu.
L'oppression augmente, la congestion pulmonaire est intense, l'affaiblissement est très prononcé; le. malade pleure, rit. chante à haute voix, et meurt le lendemain, la phase délirante ayant duré vingt-quatre jours.
Les lésions constatées à Vant0p»ie sont celln de la néphrite chronique.
in
VariMb. -~ Si notes Jetans nn 'wrp'd^œit ' d'ensemble sur ces sept obsorvairons, mus voyens que presque tontes les formes dei'aHénation^^ mentale y sont représentées.
Parfois le délire urémïqne revêt les allures de la manie aiguë avec excitation, iqplation, insomnie, loquacité, vociférations. Le malade se lève 6 tout instant, ne peut tenir en place, se débat quand on veut le tenir (obs. II), pousse des cris perçants (obs. VI). L'excitation alterne parfois avec des phases de torpeur, d'engourdissement, de somnolence (obs. II).
Dans qn^ques cas, il y a prédominance des hallucinations de l'ouïe et de la vue ; le malade voit manœuvrer des escadrons sur un toit du voisin^e, et il entend chanter des enfants qui portent des lumières éclatantes (obs. VII); il voit des personnages revêtus de riches costumes (obs. I), il entend des coups de pistolet (obs. II).
Tantôt c'est la forme lypémaniaque qui domine; le malade
qae Richelieu lui eût laissée. Enfin Louis XIV, Louis XV et Louis XVI firent tout ce qui était en leur pouvoir pour sauvegarder la bonne renommée de la Maison de France. Sous la Restauration, quelques fervents € du trône et de l'autel > songèrent à renouer la tradition brutalement interrompue par l'interrègne révolutionnaire. Mais l'esprit de doute et de discussion s'était infiltré dans la classe scrofulouse et il ne fut pas donné suite à ce projet.
Donc les choses eussent été pour le mieux, depuis Clovis jusqu'en 89, si nos souverains n'avaient eu constamment à lutter contre qnelqoe chose de bien plus redoutable que le scepticisme ou qne l'incrédulité même : nous voulons jiarler de la concurrence anglaise. En effet, du jour où il prit fantaisie aux rois d'Angleterre de se faire appeler rois île France, la perspective de soulager tes maux de leurs siyets leur apparut comme le plus sacré de leurs devoirs, et l'on comprend qu'ils aient refuse de s'y soustraire. Déjà, quelques siècles plus tôt, Edouard le Confesseur s'était risqué à opérer des gué-
risons sans médecins ni médecines, et rexpérienee avait réussi à tel point qne le roi de France lui-même n'eût pas fait, mieux. Il y avait là de quoi tenter ses succesMOrs. Or nul u'ignOTe que chez nos voisins la fin justifie les moyens, et que, parmi les moyens, la réclame occupe un rang des pins honorables. Ecoutez le boniment de Brendwardin : c Venez, venez en Angleterre.... Présentez-nous des plaies réputées incurables; et le Roi, d'un signe de croix, du simple attouchement de son doigt, les guérira aussitôt. Ces miracles ne coûtent rien à sa royale charité. 11 les renouvelle partout, en Angleterre, en France, sur terre et sur merl » En France même ! Le procédé est-il assez peu confraternel t Et, comme notre Anglais est pratique, il s'engage à rembourser au malade, nnn fois guéri, une partie des frais du voyage. On commença, en effet, par distribuer des pièces d'or, qui s'appelaient touch'pieees, et dont le succ«i fut si vif qu il fallut se résoudre bientôt à ne plus donner que de/pièoef idVnqi^ Malgré cette rédncUon, rexpédlM^'âi^^i^nMMgé^
24 Juain 1885
a toutes les apparences d'un mélancolique, il a l'œil éteint, la figure impassible, il se renferme dans un mutisme absolu (obs. I), il parait résigné à tout soufTrir, il craint de mourir, ou bien il voudrait mourir et il nourrit des idées de suicide.
Tantôt les idées de persécution prennent le dessus; le malade refuse les aliments par crainte dupoison(obs.I,V),il croit qu'on veut attenter à ses^ours, il entend des personnes qui veulent le tuer (obs. IV), il se croit coupable des plus
frands crimes, et il en redoute le chAtiment; les gens ^ui entoarent sont ses bourreaux, il voit devant lui la guillotine et il est pris de terreur (obs. I).
Pins raremont, le délire urémique revêt la forme érotioue et religieuse. L'observation VI en est un remarquable exemple.
Ces diiférentes variétés de délire peuvent exister isolément,
Elus souvent elles se suivent, elles alternent, elles se cominent.
La durée de la folie urémique est v^iable. Les troubles délirants ont duré dix-neuf jours dans ma première observation, vingt-quatre jours dans l'observation VII (Raymond), vingt-cinq jours dans ma deuxième observation, sept semai nés dans l'observation VII (Raymond), deux mois et demi dans l'observation III (JoUy), quatre mois dans l'observatiou IT (Hasiung), huit mois dans l'observation V (Pierrot).
Tantôt le délire urémique éclate brusquement et atteint dès le début toute son intensité (obs. I, VI), tantôt il s'annonce par quelques paroles et par des gestes incohérents et il n'arrive que graduellement à son apogée (obs. II, VII).
Dans quelques cas, le délire urémique conserve presque toute son intensité pendant son évolution ou ne subit du moins que des rémissions insignifiantes (obs. V et VI), et, dans d'autres cas, on observe des rémissions marquées et une amélioration passagère (obs. VII).
Cadsbs. — La pathogénie de la folie urémique n'est guère mieux connue nue la pathogénie des troubles dits nrémiques. Dans deux des observations que nous venons de rapporter, nous avons signalé deux fois des causes prédisposantes, car la malade de l'observation V délirait, paratb-il, à la moindre contrariété, et la malade de l'observation VI avait eu déjà la manie puerpérale à deux reprises différentes ; mais dans les cinq autres observations nous n'avons trouvé ni antécédents héréditaires, ni aniécédents personnels. Il faut donc admettre que les altérations djscrasiques qui succèdent à l'insuffisance de la sécrétion urinaire, sont capables de provoquer les accidents convulsifs, comateux, gastriques, l^spnéiques, ainsi oue toute la série des troubles urémiques. Toutes les lésions des reins peuvent susciter ce fi&cheux résultat. Au premier ran^, se placent les néphrites cbroniqueSt qui doivent être réunies sous la dénomination générale de mal de Bright (obs. I, II, V, VI, VII). Bans ce cas, les
de part et d'autre, et nous finîmes, en France, par radopter.
Cependant nos rois protestaient ; mais en vain. A la fin le pape vint à leur secours, menaçant d'excommunication quiconque se permettrait de guérir les écrouelles,& moins d'avoir été préalablement sacré roi de France. Par malheur, cette menace arrivait à l'époque où la Réforme triomphait en Angleterre; et elle visait Elisabeth juste au moment où celle-*ei s'intitulait « Reine de droit divin, gouvernante suprême de l'Eglise et de l'Etat 1. La souveraine relapse ne s'émut pas de si peu; elle continua de plus belle à toucher les malades, et mit le comble à l'impertinence en guérissant des catholiques.
S'il fallait décider aujourd'hui (en toute impartialité), qui du Français ou de l'Anglais opérait les cures les plus belles, nous nous verrions dans l'obligation de reconnaître et de proclamer la supériorité de l'Anglais. Ses observations sont plus nombreuses, plus complètes, eu un mot plus démonstratives. En voici, au hasard, quelques exemples. Le jour même où
troubles délirants apparaissent rarement au début du nul de Bright, ils peuvent en être le début apparent, mais habituellement ils ont été précédés de signes ou de symptômes qu'il faut savoir rechercher.
Puis viennent les néphrites aiguës (obs. III, IV) et dans cette catégorie renlrent non seulement la néphrite a frigore, mais la néphrite scarlatineuse et les néphrites secondaires et infectieuses. Dans cette grande classe des néphrites aiguès, où tous les éléments du rein peuvent être envahis, où 1« lésions hypérémiques (fluxions) sont si diversement associées aux lésions phlegmasiques et aux lésions de dé^oé* rescence, la folie urémique ainû que les acete épileptiques et comateux peuvent appuattre comme une des (veraieres manifestations de la lésion rénale.
Je réserve une place spéciale aux néphrites puerikérales, question si bien entrevue par Trousseau, et je crois avec H. Lécorché que bon nombre de manies consécutives aox couches ne sont autre chose que des manies urémiques.
Le rein sénile et rinsuffisance urinaire, qui en est la conséquence, pourraient expliquer certains délires chex les vieillards (Legrand du Saulle).
Hais, si nous connaissons les lésions du rein qui penveut provoquer l'insuffisance urinaire, nous sommes asseï ignorants, il faut en convenir, sur la cause intime des acddenls que orovoque cette insuffisance urinaire. Je soulève là, li grande question de l'urémie, et ce n'est pas le momeot de la débattre j mais il parait évident aujourd'hui, c'est di moins la voie dans laqudle on est en^gé, que cette insuffisance urinaire retient dans l'économie, nim seulement les éléments de l'urine connus et dosables, et entre antres l'urée, mais d'autres éléments qu'on est en train d'isoler et d'étudier, et qui constituent, par leur accumulation dans l'économie, une véritable intoxication. Tantôt cette accumulation de produits toxiques est rapide et les voies supplémentaires d'élimination ne fonctionnent pas, c'est ruremie aiguë; tantôt leur accumulation est lente, ou bien les voies supplémentaires d'élimination (estomac, intestins, épanchements) fonctionnent pour un temps, c'est l'urémie chronique. Du reste, tout individu atteint d'une lésion du rein est par cela même un urémique, il peut l'être à l'état latent, pour une période plus ou moins longue, mais il n'en est pas moins sous le coup d'accidents qni peuvent éclater d'un moment à l'autre.
Je pense donc que la folie brightique est, elle aussi, le résultat de cette intoxication encore mal connue. Je sais bleu qu'il faut compter également avec la théorie de Traube, et admettre que, dans quelques cas, un œdème encéphalique peut n'être |MS étranger aux accidents cérébraux, mais je pense que cette cause mécanique est plus rare et moins positive que la cause toxique, et on a vii qu'à l'autopsie de 11
Edouard le Confesseur allait ceindre la couronne, il se dirigeait vers l'église, entouré d'une foule brillante de nobles, de piilats et de prêtres, lorsqu'on vit un malade (c'était un lépreux), accroupi au milieu du chemin. L'escorte royale voulut d'abord forcer cet homme à se ranger ; mais le roi intervint eo disant : c Laissez-le assis où il est > Alors le lépreux s'adressa au roi en ces termes : c Je te conjure, par le Dieu vivant, de me porter sur tes épaules jusqu'à l'église, i Edouard n'hésite pas; il s'approche du malade et le charge sur son dos. Ët immédiatement ce lépreux est guéri (1). Une autre fois, le même roi vit veoiràluiune femme toute
fonflée d'écrouelles suppurées et déjà envahies par les vers. I maîtrise sa répugnance et touche le mal c à pleines mains » , peut-être même trop véhémentement, car c la peau éclate, la vermine bouillonne avec le pus, les tumeurs s'affaissent subitement et la douleur s'évanouit (i). > L'inter-
3i Juillet 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE — N* 30 — 489
malade qui lait le sujet de ma première observation, il u'y avait pas trace d'œddme cérébral.
Diagnostic. — Jusqu'à ces derniers temps, on avait surtout étudié les accidents nerveux de l'urémie convulsive et de l'urémie comateuse, sans doute parce qu'ils sont plus rréfjuents; il faut également se Tamiliariser avec l'urémie délirante, afin d'éviter les grosses erreurs de diagnostic que j'ai signalées au début de cet article. Le diagnostic présente, en eflet, parfois, de sérieuses dinîcultés. Je ne parle pas des cas, bien entendu, où on a suivi l'évolution d'une né-
Phrite aiguë ou chronique, où on a constaté les œdèmes et albuminurie; il est certain que des troubles délirants survenant en pareille circonstance, on n^ésitera pas sur la nature et sur t'origiae du délire.
Mais il n'en est pas toujours de même, il s'en faut. Les néphrites et surtout les néphrites chroniques nous réservent parfois des surprises. Tels symutômes, le vomissement par exemple, ou la dyspnée, qui d habitude sont précédés ou sont accompagnés de boumssure de la face, cTœdème des jambes, d'envies fréquentes d'uriner, de douleurs tombair(>s, de céphalée, d'épistaxis, de crampes, de démangeaisons, de bouroonnements d'oreilles, de troubles visuels, ces symptômes, le vomissement ou la dyspnée, (peuvent sembler isolés, ou du moins revêtir une telle intensité que les symptômes antérieurs ou concomitants passent presque inaperçus. Quand on voit un malade vomir avec persistance ses aliments, des matières bilieuses ou aqueuses; quand on voit ces vomissements persister à l'état de vomissements incoercibles, d'une manière intermittente ou continue, avec ou sans douleur, pendant huit jours, quinze jours, un mois; on pense à une dyspepsie, & une gastralgie, à un ulcère stomacal, à une hystérie, k une grossesse, et on méconnaît la nature urémique des vomissements, parce qu'on ne pense pas assez à en rechercher la cause, quand les signes vulgaires de la néphrite font défaut. C'est à la suite d'une erreur de diagnostic de ce genre que la malade de ma première observation avait subi pendant plusieurs semaines les lavages de l'estomac.
La méine remarque s'applique A la dyspnée urémîque. Cette dyspnée ne revêt pas toujours, il s'en faut, te type auquel on a donné (à tort) le nom de Cheyne-Stokes. Dans quelques casj la dyspnée urémique rappelle assez bien l'oppression de ces faux asthmatiques qui sont atteints de bronchite et d'emphysème avec poussées congesiives du poumon. Lasègue en a parlé dans un article sur les broncliiles albuminuriques {Areh. génér. dê médecine, janvier 1879). Quand un malade atteint de cette dyspnée uremique présente en même temps les symptômes habituels du mal de Bright, le diagnostic n'offre aucune difficulté. Mais il n'en est pas toujours ainsi. Dans quelques cas^ l'oppression qui dure depuis quelques jours, depuis un mou, deux mois, devient le sym-
ptôme en apparence unique, ou du moins le symptôme dominant. Souvent cette oppression revêt la forme d'accès que les malades prennent à tort pour des accès d'asthme. L'accès revient ta nuit ou le Jour avec une certaine intensité, il peut se répéter plusieurs fois en vingt-quatre heures, la respiration restant également gênée en dehors des aceès. Habituellement, ces étouffeinents sont associés & un état congestif de l'appareil broncho-pulmonaire ; on entend à l'auscultation quelques râles sonores, des r&les muçjueux à fines bulles, et faute de signes habituels aux néphrites, si on ne pense pas à rechercher d'autres signes plus ou moins cachés qui aident au diagnostic, on s'expose à envoyer au Mont-Dore ou à Cauterets des gens qu'on croît atteints d'emphysème et de catarrhe des voies respiratoires, alors qu'ils sont atteints d'un mal de Bright.
Eh bien, ce aue je viens de dire des vomissements et de la dyspnée, je le dirai également de plusieurs autres symptômes du mal de Bright et en particulier des troubles délîrauts, puisque ce sont les trouoles délirants qui nous occupent. Je ne saurais trop répéter oue les œdèmes et l'albuminurie ont perdu, au point de vue au diagnostic, l'importance capitale qu'on était habitué à leur donner. Â une époque où l'histoire clinique des néphrites était moins connue, l'apparition des œdèmes, et surtout la bouffissure de la face, formaient, avec l'albuminurie, la base du diagnostic.
Certes ce sont là de précieux symptômes, je dirai même qu'ils sont encore et qu'ils resteront les plus précieux des symptômes, mats jeur inconstance leur enlève une partie de la mUeur, et c'est parce qu'on avait pris une trop grande habitude de s'en rapporter à eux qu'on a commis de nombreuses erreurs.
Les œdèmes font assex souvent défaut dans le cours des néphrites clîroniques, ou du moins ils peuvent être si légers, si fugaces, qu'ils passent inaperçus par le malade, et le médecin peut n'avoir pas l'occasion de les constater. Â l'appui de cette assertion, je ne peux donner de meilleur exemple que la malade qui fait le sujet de ma première observation. Voilà une femme chez laquelle nous avons recherché tous les jours, avec soin, l'œdème de la face, la bouffissure des paupières, l'œdème malléolatre, et à aucune période de sa maladie, pas plus pendant la phase délirante que pendant la
Èhase ultime convulsive, nous n'avons constaté trace d'œdème. t celte absence d'œdème ne coïncidait pas chez elle avec des lésions interstitielles du reîn (car on sait que l'on considère les œdèmes comme beaucoup plus rares dans les néphrites interstitielles que dans les néphrites parenchymateuses); elle coïncidait précisément avec des lésions parenchymateuses. Cet exemple est loin d'être isolé, on a vu que le malade de l'observation III n'avait pas présenté d'œdème, et jeccdleutionne avec soin les observations de néphrite chro'
vention d'Edouard le Confesseur fut encore plus merveilleuse auprès d'une jeune femme deux fois à plaindre (elle était scrofuleuse et stérile). Heureusement elle eut un rêve qui lui su^éra l'idée de demander au monarque secours et assistance. Le saint homme ne se fit point prier ; et auelle ne fut pas la vertu de ses attouchements 1 En moins d'une semaine la première maladie fut guérie; et l'année ne se termina pas sans que la jeune convalescente donnât le jour à deux jumeaux (1). De tels résultats, convenez-en, étaient bien faits pour exciter la jalousie des rois de France.
Seul, notre charitable et pieux Robeit pouvait tenir tète à l'étranger; car, lui aussi, il guérissait non seulement les écrooelles, mais les ophlhalmies, la lèpre, et tout ce qui suppure. D'ailleurs, c'était la belle époque des épidémies, de la famine, de la misère, de toutes les grandes calamités populaires. C'était aussi la terrible échéance de c l'an mil ».
(1) WUlUa lia HabBMbwy.
Et quel temps fut jamais plus fertile en miracles?
Le roi vivait donc entouré d'une foule de mendiants et d'écloppés chez qui les bacilles de la lèpre et de la tuberculose faisaient à qui mieux mieux leur vilaine besogne. On ne compte pas les guérîsons que Robert accomplit parmi tout ce pitoyable inonde. Les lépreux surtout étaient l'objet de sa constante sollicitude ; et quand le simple attouchement ne supprimait pas leurs maux, « il leur appliquait des bai&ers de sa propre bouche » {oreproprio figen» oicula) (1). Inutile d'ajouter que le roi Robert n'eut point d'imitateurs.
Dans la suite des siècles, le manuel opératoire subit de grandes modiDcation$, nous n'oserions pas dire des perfectionnements. Ainsi, au temps de Clovis, l'atiouchement consistait dans une sorte de massage léger. Plus tard, l'expérience
(I) HalRud, MoUi* de SalmUBMotL Cet qiulra déniera Mt M fMFRia par riUwln tt ngrMé JitM Qvl^Mral.
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MfiDEGINE ET DE CHIRURGIE
U Juillet 1885
nique dans lesquelles les œdèmes ont Tait défaut, ou du moins ont été si fugaces et si atténués qu'ils sont passés inaperçus.
L'albuminurie, malgré toute son importance, n'a pas toute la valeur qu'on lui avait d*abord accordée; d'abord parce
3u*il y a des albuminuries nui ne sont nullement tributaires 'une néphrite; certaines d entre elles sont même compaUbles avec la santé, et ensuite parce que l'aibuminurie peut disparaître momentanément dans le cours de la maladie de Bright. C'est du reste un fait bien connu, mais il faut le répéter pour qu'il soit encore mieux connu.
La malade de ma première observation ne présentait, à son entrée, (]u'un léger nuage d'albumine, et cette faible quantité d'albumine disparut pendant plusieurs semaines^ pour reparaître par intervalles, et notamment deux jours avant la mort. Dans la troisième observation, les troubles délirants étaient dans toute leur intensité, les urines étaient examinées tous les jours et l'albumine n'apparut qu'au quatrième jour. L'albumine disparaissait par intervalles dans I observation V. Dans une observation publiée par H. Lépine, un malade atteint de néphrite meurt avec des symptômes urémiques, bien que l'albumine ait disparu de s«8 urines depuis quelque temps (1).
L albuminurie peut donc disparaître pendant un temps plus ou moins prolongé, dans le cours des néphrites chroniques, bien que d'autres symptômes augmentent d'intensité, n en résulte (jue l'albuminurie n'a qu'une valeur relativement secondaire dans le diagnostic du mal de Bright ; elle constitue un appoint précieux pour le diagnoslic, mais l'absence d'albuminurie ne suflit pas, il s'en faut, pour faire éliminer le diagnoslic d'une maladie de Bright.
II faudra donc inodiOer un peu nos idées sur la valeur de l'albuminurie. L'albuminurie n'est qu'un témoin, et elle n'entraîne par elle-même presque aucune gravité. Le danger, ce n'est pas rte perdre 50 centigrammes, 1 gramme ou quelques grammes d'albumine en vingt-quaire heures, mais le danger c'est d'avoir des reins qui, fonctionnant assez mal pour laisser passer l'albumine, s'opposent par la même raison à l'élimination des substances toxiques de l'urine. Ce qui est grave dans tes lésions du rein, ce n'eit pas ce gui patte, c'ett ce gui ne passe pas, car l'accumuralion lente ou rapide des eléroenls toxiques de l'urine dans l'économie, provoque toute la série des accidents que, faute de mieux, on nomme c urémiques 1. Par abus de langage, on a pris l'habitude d'appeler ces malades c des albuminuriqups », parce qu'eu taisant l'analyse de leurs urines, ralbuminurie est le signe le plus saisissant, le plus ungible, le plus facile à constater; mais cette dénomination c d'albuminuriques > ne leur convient qu'à moitié, parce qu'elle a le tort de donner une importance capitale à un signe qui n'a qu'une importance secondaire, et
(j) L(!pine, lletue mtmuelU, 1885,
parce que ce signe, faisant parfois défaut, n'est en somme qu'un témoin infidèle.
Si donc les œdèmes el l'albuminurie peuvent manquer i certaines périodes de la maladie de Bnght, si du muias ils sont assez légers ou assez fugaces pour passer inaperçus, oa aurait tort de s'en rapporter uniquement k ces signes pour porter un diagnoslic; quand ils existent, ils apportent au diagnostic un précieux appoint, mais, s'ils manquent, il faut savoir s'en passer. C'est dans ce but que j'ai essavé de mettre en relief ditTérents signes ou différents sTmptftmes qui peuvent aider à drpister le mal de Bright (1). J ai appelé I atlentioi), il y a quelques années (S), sur les troubles auditifs, bourdonnements et sifflements d oreilles, afTaiblissement de l'ouïe et surdité, qui étaient à peu près passés inaperçus dans la séinéiologie des néphrites; j'ai étudié les démangeaisons, sur lesquelles on avait peu insisté; lapoltakiurîe,qui présente parfois des caractères intéressants, et le symptôme du doigt mort, qui n'avait pas, je crois, été signalé.
Ces sym ptômes sont venus s'adjoindre aux autres symptômes plus anciennement connus, tels que: crampes douloureuses, troubles oculaires, vomissements, céphalée, accès d'oppression, épistaxis, hypothermie, bruit de ^alop cardiaque, diminution de l'urée, de sorte que- la réumon ou la succession de quelques-uns de ces symptômes permettra, à défaut d'œdèmes et d'albuminurie, d'affirmer le diagnostic du mal de Bri{hl. C'est par une enquête minutieuse, c'est en cherchant aiec soin tel ou tel symptôme, en apparence insigniliant, qu'on arrivera, dans les cas obscurs et difûciles, à rapportera leur véritable origine des vomissements incoercible-s, des accès de dyspnée, des accidents épileptiformes ou des troubles délirants. Ce qui pourra compitiiner encore, dans quelques cas, le diagnostic de l'urémie délirante, c'est que le maUde esl inapte à fournir lui-même les renseignements dont on a besoin, mais on fait une enquête auprès des geos de l'entourage, et, l'attention une fois éveillée sur ce point, on surprend bien, un jour ou l'autre, le symptôme qui vient affirmer le diagnostic.
Prohostic. — Traitehent. — La folie brightique ne parait pas avoir la gravité des autres accidents nerveux, urémie convulsive et urémie comateuse, qui mettent si souvent la vie en danger. Ce fait ressort de l'analyse des observations que je viens de rapporter. La malade de ma première observation a guéri de son urémie délirante et se trouvait même en si bon état que plusieurs fois elle a demandé sa sortie de l'hôpital. Le malade de ma seconde observationasi bienguéridesondéIire,qu'Uavécu encore pendant
(1) SadéU wéëicûU Ou hâfitaua, 1883. «t GntlU iêbé»ÊUi»ir«. 19
(9) GmttU hebdomadaire, ]fl78, n» 4.
démontra que le roi pouvait se contenter de toucher du bout des doigts ; le simple contact sullisait, car c à plusieurs, leurs grandes et violentes douleurs s'adoucissaient et s'apaisaient aussitôt; à quelques-uns leurs ulcères se desséchaient et aux autres leurs tumeurs diminuaient ». Saint Louis pratiquait ce que nous appellerions volontiers en langage chirurgical le toucher cruciai, el en même temps il prononçait les paroles rapportées plus haut, qui sont devenues vraiment sacramentelles. Comme ces paroles signifiaient que l'intervention de la Providence était indispensable au succès de l'opéralion, on prit l'habitude d'inaugurer les grandes cérémonies du toucher par la célébration d'une messe solennelle. Quand le toucher avait lieu à l'oci-asion du sacre, le roi allait entendre cette messe à Saint-Miircoul en Corbeny, chapelle située à pfu de distance de Reims, et où se trouvaient les reliques de saint Harcoul, jadis grand guérisseur de scrofules. Encore ai^ourd'hiii, c tous les septièmes fils qui naissent par toutes les terres et seigneuries des ex-roys de
France, sans qn'ancnne fille vienne entre deux, goérissent des escrouelles au nom de Dieu et de saint HareoaJ, s'ils les touchent à jeun par trois ou neuf matins consécutifs. » li» roi (on ignore lequel, mais il avait le génie de la simpliocttion) estima qu'il valait mieux faire transporter à Reims w châsse et les reliques que de transporter Sa Majesté au mik^ tuaire de Saint-Marcoul. Cet accommodement n'ayant pas
[10 rte préjudice à l'opération, l'exemple en fut suivi depms ors. Louis XVI cependant, toujours animé de bonnes inieations, avait résolu de se rendre à la chapelle de Saint-Marcoul, mais les chemins étaient impraticables. Il y a*'ul un gué dilficile à franchir. Le monarque se lit violence et s eicusa, et ce furent les reliques du saint qui fiaochireot k gué difficile, d'ailleurs sans accident. ...
Au quinzième siècle, les malades, après avoir j"'',. ^„ et après que le roi s'était lavé les maiiis, buvait^nt de i » qui avait servi à cet usage et ph^ma\/lAmt^- Am neuf jours. Après ce jeûne, ^fliébSnjHCgiï <"
24 JtnuAr 1885
(UZBTTB HEBDOMADAIRB DE HÊOBCIRB ET OB GHIRURGIB
Ml
deux ans et demi, sans que le délire ait jamais reparu. Dans la troisième observation, la malade guérit complètement de son délire et de sa néphrite. Le malade de la quatrième observation a également guéri de son délire et il a vécu encore deux ans. Le délire a disparu et la survie a continué chez la malade de la cinquième observation. Il u'y a que les malades des sixième et septième observations qui aient succombé en pleine urémie délirante.
On voit, en lisant cesobservalions, que le délire brightique, une fois guéri, n'a pas reparu, quelle qu'ait été la durée de la survie.
Le traitement de la folie brîghtique est celui de tous les accidents urémiques. Le régime lacté exclusif (ienl la première place. Il faut entretenir ou réveiller les fonctions de la peau au moyen de frictions et de massage. Les révulsifs sur la r^ion des reins, les ventouses sèches, les larges cataplasmes sinapisés sont indiqués. La digitale, très souvent utile, est destinée à combattre l'atonie cardiaque, mais il faut en surveiller de près les effets, parce que I élimination des médicaments par les reins malades est en partie entravée. On ne doit user que sobrement des purgatifs, surtout des poi|;atifs violents, afin de ne pas spolier l'économie d'une panîe du liquide qui est nécessaire à l'excrétion des princi|)es de rurioe. C'est même dans le but de faciliter Texcréiion urinaire que je fais souvent administrer des lavements contenant 150 grammes d'une infusion légèrement diurétique, infusion d'Ùva uni ou de queues de cerises. Les émissions sanguines locales, les sangsues placées derrière les oreilles, à l'aisselle, à l'anus, donnent de bons résultats ; on pratiquera sans hésitation une ou plusieurs saignées, dans le cas où le délire brightique serait trop aigu, ou associé tux formes comateuses on convalsives de l'urémie.
SOCIÉTÉS SAVANTES
A— Jé—te diM MleaeM.
SÉANCE DU 20 JUILLET 1885. — PBÉSIDEMCE DE M. BOULEY.
Contribution a l'étude des antiseptiques. Note de MM. A. Mairet, Pilatte et Combemale. — Ce nouveau travail est consacré exclusivement à l'action de l'acide pbénique et de la résorcine sur les organismes supérieurs.
L'acide phénique a été employé en solution aqnense; la quantité totale de cette substance injectée dans le système veinenx des chiens en expérience a varié entre 0<",464 et 4",70 et, par kilogramme du poids de l'animal, entre et Or-.iSS. Les effets produits sur les divers systèmes ou ap-
Coritle, ils étaient complètement guéris. Hais peu k peu la durée du jeàne fut réduite. Peu à peu les serofuleux se déshabituèrent de boire l'eau des ablutions royales. Peu ft peu le roi s'abstint de toucher les écrouelles mêmes. Il louchait bien encore le malade, mais à câtédes écrouelles ; c'était donc une simple imposition des mains accompagnée d'un signe de croix; ce qui n'empêchait pas le roi de se soumettre aux prescriptions de la méthode antiseptique encore dans les limbes. Ainsi Louis XVI se lavait les mains après chaque attouchement, puis se les essuyait, conformément à l'étiquette ; c la première serviette imbibée de vinaigre Ini était présentée par Monsieur; la seconde mouillée d'eau commune par monseigneur le comte d'Artois ; et la troisième trempée d'eau de fleurs d'oranger par M. le duc d'Orléans.»
Il reste un dernier point dont nous n'avons rien dit : le diagnostic. On pouvait craindre que l'attrait du touch-piece n'augmentât le chiffre des serofuleux. Pour ne pas s'exposer k guérir les gens luen portants, on institua un véritable con-
pareils confirment, d'une manière générale, les résultats obtenus par MM. Paul Bert el Jolyet en 1869.
Les phénomènes déterminés par la résorcine offrent une modalité semblable à celle qui a été constatée sous l'influence de l'acide phénique, et qui n'en diffère que par les points suivants :
1° La résorcine est plus toxique; ce n'est qu'au-dessous de Oe%10 par kilogramme de poids d'animal qu'elle n'entraîne pas la mort;
â** La bave, qui est très idiondante, et l'air expiré ne contiennent pas de résorcine;
3° Après l'tnjfction de la résorcine, la température tombe un peu pins que sous l'influence de l'acide phéniç^ue ; la sensibilité est plus obtuse, l'affaissement plus considérable;
A" A t'autopsie on rencontre, du côté de la rate, du pancréas et du mésentère, des congestions et des inflammations que nous n'avons pas re^nvées avec l'acide phénique.
RECHRnCHES RELATITES A LA DURÉE DE l'eXCITABILITÊ DES RÉGIONS EXCITO' MOTRICES DU CERVEAU PROPREMENT DIT APRÈS
LA MORT. Note de H, Vutpian. — (Sera publié dans le prochain numéro.)
Inoculation préventive du choléra par la méthode du DOCTEUR Ferran. Rapport de M. Gosselin. — Le savant rapporteur s'exprime ainsi :
c La commission de l'Académie des Sciences chargée d'examiner les titres des candidats au prix Bréant déclare, en ce qui touche les travaux de M. Ferran, qu'il lui est indispensable, avant tout examen, d'avoir à sa disposition les statistiques officielles et complètes relatives aux inoculations déjà pratiquées par ce médecin. Elle exprime, en conséquence, le vœu formel que ces statistiques lui soient envoyées le plus tôt passible. >
— A propos du choléra, H. Cosson fait la communication suivante :
K Plusieurs journaux ont annoncé que le choléra avait pénétré en France et que 7 cas suivis de 7 décès avaient été constatés à Gigean (Hérault]), localité cruellement éprouvée |»ar l'épidémie l'année dernière. J'ai la satisfaction de pouvoir démentir cette nouvelle de nature à inquiéter l'opinion publique et à jeter le trouble dans de graves intérêts. £lle est heureusement inexacte, ainsi que l'établit une lettre que je viens de recevoir de M. le docteur Boissier, médecin inspecteur k la station thermale de Lamalou, près Bédarrienx (Hérault). »
Expériences exécutées sur un supplicié a Troyes. Note de MM. P. Regnard et P. Uye. — (Voy. la Gazette hebdomadaire du 17 juillet 1885, p. m.)
Thèobie de la perception DBS couleurs. Note de M. Aug.
Charpentier. — L'auteur avait établi, lors de ses précé-
seil de révision chargé de déclarer la nature de la maladie, voire même rid>sence de toute maladie, et, dans ce dernier cas, de renvoyer le consultant ou . de l'ajourner i une session ultérieure. Ce conseil était composé du premier médecin et des autres médecins et chirurgiens du roi. Mais le rôle des médecins ne s'arrêtait pas là. Ils étaient tenus d'assister leur royal client investi de leurs fonctions. Loin de les humilier, cette collaboration active les honorait le plus souvent. Aide intelligent et non jaloux, le premier médecin avait pour mission de renverser le front du malade, de façon à le maintenir tourné vers l'opérateur. Celui-ci, la tête découverte et accompagné de ses deux capitaines des gardes, passait devant le rang des serofuleux agenouillés. Il tes touchait an fur et à mesure que le premier médecin leur prenait la tête, en étendant la main droite du front au menton et d'une joue k^ l'autre, formant le signe de la croix et prononçant les parol^^ifimt Louis. Les autres médecins r^ardaient, et cofislanHl^'sm
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dentés communications} l'existence, dans rapparetl de la
vision, de deux processus difTérents produits par la lumière. Il avait émis, par suite, l'opinion que la perception de couleur pouvait être attribuée à la coexistence de ces deux processus, dont l'intensité relative varie suivant la nature de ta lumière excitatrice. Hais il était possible de préciser davantage celte hypothèse, c'est ce que H. Aug. Charpentier fait aujourd'hui, en s'appuyani sur de nouveaux faits.
Action taso-motiiice de la suggestion chez les hystériques HYPMOTiSABLEs. Moto de M. BumontpalHet'. — (Voy. la Gazette hebdomadaire du 17 juillet 1885, p. 475 et 476.)
Académie de ■■édeelM.