SÉANCE DU 21 JUILLET 1885.— PRÉSIDENCE DE H. BERGEROM
H. la mlniilra du comuwrco Mllicile l'avii do rAcadémlo tur U talieylafe i€$ iubitancei aUmenMrei. (Renvoi à li leclion d'hygivnn pnblii|iM.)
L'Acod^mla eil inturméa qu'va Congrès inlernatlonil plunweniliquo h réuoin h Brnso' loi do 81 «odt in S uplenibra da eetla unde et qu'k Anvan aura lieu da SB au 30 aodl 1885 un Congri» do médecioe publii|ue.
11. le docleur Giberl (du Havre) prio l'Aciidëniio do le porter lur la lUlo do* eaudidaU au litre do corretpondani national dant la première dîvi«ioa (inSdeciDe).
U. lo docleur Senul envoio un mémoire manuscril anr la marche dti fièvre» érupHwtl daM l« fSritfMii de Bordeaux de 1S79 A 1K84. (Committion ieiépidémUi.)
U. le docleur StiUr adro»c une Note mauuacrile tur Vemplai det vapeui'â d'aeide llnorbadrique data U traitement de la phthiiie pulmonaire. (Renvoi à une Commisaioa r-onipuaée do UU. Hirard et Firiol.)
U. te Seerdtaire perpétuel ddpoao : 1* au nom de 11. le docleur Albert Robin. un mdnoire iMprioié sar t'oeid* phéniqiie et la lièvre typhoïde : S* de la part de H. Bflittel (lo ToaloOM), deux brochures ayant pour titrei : Quetquee ctmidératimt tur tee eoanet de vileue et De l'héridit4 envieagie ehe* tet mammifèrtê au point de vue de la MOtechnie ; 3* do la part de H. le docleur Prince (da JaekwnvÛle, Élata- Unia), plnaieurs broelioret aur dee avjeu de chirurgie ; 4* au nom da H. la docleur Ribera y S«u |de Hadrid), nn volume eur ta rage ; S* do la part de H. le doclenr SlraMia (da Uilan), une Notiee tur G. PelU.
H. Larret présente, do la pari de H. le docteur Bérenger-Féraud, lei ouvrages ■uivanU : NouvelUi recherche» tur le traitement du tania. Étude d'un etnpoitonuement multiple {turvenn à Lorient par l'uiage de morue alUrie. Élude tur la taratque ; le mage de Provence ot Contation de t'épaule, arthrite Iraumalique dégénérant en tumeur blanche, carie du tempulum. oeléomjféliie de V^Mérut. Matin du brat ctwe uef fiysHm de l'tmptate. gmérite*.
U. Àlphotue Guéri» dépote, au non de H. U docleur Maurieet (de VaoMs). tu KxpoU Mtlorique et tetentifique de» aftctioni vénérienne» dan» le Morbihan. (Ronvol à la aeeiion d'Ii^gièno publique.}
U. fiFOurdel pnjscolo, au non de U. lo doclanr Napiai. an Rapport auivi da projet do loi ot ri(l«nwata rtMifl à la talubrité et à la lieurilé du travail.
U. Guéniat offiv, da la part de H. la doelenr J. Betnltr, mr néwire nunufcrll iolilulfS : Ûe U vœematiOH de» Jeune» tujett, en partieutier de» eoiUgien». comparéeà celle det adulte»; inflxiencei Hwertet qiU peupeM n madifUr l« rJiulialt. {Committion de vaccine.)
II. Polalllan présente, au nom do H. 1c docluur Revat, un travail tur le traitement det hggromat luppurét prératulient par la méthode antiteptique.
Vaccinations cholériques. — H. le ministre du commerce transmet un rapport de M. le docteur Paul Gibier, à la suite
y avait lieu, la merveilleuse résorption de la matière peccaiite. Et pendant tout ce temps, les tambours battaient et les fifres sifflaient.
E. Brissaud.
Congres db médecine publkïub a Anvers. — A l'occasion de l'Exjfiositioa universelle, en ce moment ouverte à Anvers, la Société royale de médecine publi^^ue de Belgique organise, dans cette ville, un Congrès de médecine publique dont les séances auront lieu du au SOaoAtprocbain. (ïe Congrès forme la sixième réunion annuelle du corps médical belge.
La question soumise aux discussions de l'Assemblée pléaière de 1.1 Société est la suivante :
c Quelles sont, dans l'état actuel de la science épldémiologique, les mesures de prophylaxie internationale les plus pratiques a
fireodre, en Belgique spécialement, contre les maladies peslientiellesT >
Ce siyel si important vient d'être étudié par une commission
de la mission officielle dont il vient d'Aire chargé, afin d'étudier les essais de vaccinations cholériques entrepris en Espagne par M. Ferran. Les conclusions de ce rapport déclarent que l'épidémie qui règne en Espagne est bien le choléra; que le liquide inoculé par H. Ferran contient des bacilles-virgules, mais qu'en raison de l'absence de preuves scientifiques et de statistiques permettant de se prononcer sur la valeur de la méthode imaginée par le médecin de Tortosa, Il est nécessaire d'attendre les résultats de l'expérimentation avant de formuler une opinion définitive.
Élevage des ekfants nés avant terme. — H. le professeur Tarnier présente deux enfants nés avant terme, qui viennent d'être élevés artificiellement à la Haternilé dans sou service. Le premier est une enfant, née le 8 juin, k sis mois de grossesse, suivant le dire de la inàre ; c'est une petite jumelle. A la naissance, son poids était de 1020 grammes; il était descendu à 850 grammes, pour remonter li9fô grammes, poids actuel. Cette enfant est restée dans la couveuse du 8 juin au 20 juillet, dans une température de 30 à 37 degrés centigrades. Son alimentation a été réglée de U manière suivante: du 8 au 12 juin, gavage toutes les heures avec 8 grammes de lait de femme ; du 12 juin au 5 juillet, gavage toutes les trois heures avec 16 grammes de lait de femme; dans l'intervalle des gavages, on fait couler du Uil de femme dans la bouche de l'enfant; actuelleroenl, reobnt tète. Le second enfant a été apporté de U ville k la Hatçniité trois jours après sa naissance; il devait avoir au maximum six mois et une semaine de vie intra-utérine, d'après U déclaration des parents. Poids initial: 1100 grammes, descendu à 1000 grammes, relevé auiourd'hui à 1500 grammes. Il est resté dans la couveuse du 23 mai au 5 Juillet. Toutes les heures impaires, il a été gavé avec 8 grammes de lait et toutes les heures paires ou lui a fait couler du lait dans la bouche;i[ acoinmencé à téter le 12 juin et cependant on le gava encore quatre fois en vingt-quatre heures ; k partir da 14 juin, il a teté sans être gavé.
H. Tarnier montre à l'Académie l'appareil dont il se sert pour le gavage ; il se compose d'une sonde en caoutchouc du n* 16 de la filière Charrtère, au bout de laquelle est adaplé le bout de sein en verre du docleur Bailly ; la sonde est introduite à une profondeur de 15 centimètres, pois le liquide est versé, et, aës qu'il a pénétré dans l'estomac, on retire vivement la sonde, par crainte de régurgitation. Le meilleur liquide à injecter ainsi est évidemment le lait de femme, pourvu qu'il soit donné en quantité très minirae, et que le gavage ne soit pas trop fréquent.
Grèce à ces soins, H. Tarnier estime qu'on pourra parvenir à élever des enfants nés à six mois de vie întra-utérme.
U. Blot se félicite de voir M. Tarnier reconnaître qu'il est
spéciale qui se trouve chargée de réunir les documents essenlielj et de présenter an vote de l'assemblée des conclusions susceptibles d'être adoptées. Cette commission se compose de UU. les docteurs Uesguin, Devaux, du Moulin, Kubora, Lefèvre, Setaal, Vlemincks, et de MM. La Haye, avocat, Vao de Velde, pharmaciea, et Van Gael, chef de bureau au ministère de l'intérieur et de l'instruction publique.
Le comité du Congrès de médecine publique fait appel i toutes les personnes qui, par leurs connaissances spéciales, poorrooi éclairer les débats. Le droit de vote reste cepeiidant réservé aux seuls membres delà Société.
Les membres du bureau du comité général sont MM. les docteurs Kuborn, président; Uesguio et 1.a Haye, nee-présidenis; Semai, secrétaire général ; du iloulin, Fesler. Lefebvn, Schrevens, membres; et Hugues, secrétaire trésorier.
\jes bulletins d'adhésion devront être envoyés avant le 25 juillet, i Bruxelles, 43, rue du Gouvernement-Provisoire, à l'adresse du président ou du secrétaire général du comité.
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difficile de préciser d'une manière absolue les quantités d'aliments à fournir aux enfants nouveau-nés. Il pense, d'autre part, qu'on ne saurait être certain de l'âge d'un enfant dans de telles conditions, si l'on n*a pas pu examiner le délivre. 11 estime enfin que si le gavage peut donner de bons résultats i l'hâpital, il n'en serd pas de même en ville, et que l'on peut aisément se passer de couveuse, si l'on a soin d'envelopper Tenfant d'oaate et de l'entourer constamment de boules ireau chaude.
H. Firéol a eu l'occasion, il y a plusieurs années, de sauTerun enfant né à six moisetdemi, en le maintenant dans de l'oua^te et en lui faisant verser dans la bouche du lait de femme par cuillerées toutes les heures. La famille put s'astreindre à prendre tous ces soins.
H. Tamier se défend d'avoir eu la prétention d'être le
firemier à élever des enfants nés avant terme ; il a voulu seuement montrer quelles conditions il fallait remplir pour que de tels résultats deviennent plus fréquents qu'autrefois. Il à. solUcilé autrefois ta Commission de 1 nygiëne de l'enfance de déterminer d'une façon précise les degrés de coupage du lait suivant l'âge de l'enfant; cette Commission ne l'a pas fait; il espère y parvenir. Quant à r«mploi du coton pour xhauffer les enfantSj on aura beau en mettre de nombreuses feuilles, on n'empêchera pas l'enfant de respirer l'air extérieur soumis à des variations nombreuses et c'est ce que l'on évite avec la couveuse. Cet appareil a aussi l'avantage de faire disparaître très promptement le sclérëme des nottveau'Oés.
H. le Président applaudit aux résultats obtenus par M. Tarnier; il n'est pas indifférent de pouvoir sauver amsi quelques enfants ; quand on est pauvre, Il n'y a pas de petites
économies.
Hystérggtomie vaginale pour cancer utérin. — Cette opération, imaginée en 1822 par Santerre et en 1S29 par Récamier, puis oubliée, fut remise en honneur en 1878 par Freund. M. le professeur Trélat rappelle tout d'abord les Inivaux et les discussions auxquelles elle a donné lieu dans ces derniers temps, notamment à la Société de chirurgie. Deux circonstances ont conduit à tenter à nouveau cette opération: l'ies succès croissants de la chirurgie abdominale (ovariotomie, hysléreclomie) ; 2* l'accroissement de puissance des moyens antiseptiques. En 1878, les chirurgiens allemands avaient repris la question; ils intervinrent par la voie abdominale, mais la mortalité des femmes était de 75 pour 10() et les 25 pour 100 guéries restaient exposées à une mortalité très prompte, si bien que M. Trélat put, à cette époque, démontrer qu'en présence d'une série de cancéreuses non opérées, la somme des mois survécus était de plus du double supérieure à la somme des mois survécus par une série de femme opérées par la méthode abdominale. Celle-ci tut abandonnée ; la méthode de Récamier fut remise en honneur presque au même moment en Allemagne, où l'on compte par centaines les cas d'extirpation de l'utérus par la voie vaginale.
En France, on gardait une réserve prudente ; depuis 1883, cependant. Démons, Péan, Dudon, Handillon, Lannelongue, Bœckel, et enfin Tillanx, Terrier et Trélat, tentèrent successivement celte opération et obtinrent un certain nombre de succès; le 2 juillet dernier, M. Trélat en a pratiqué une et la malade peut être aujourd'hui considérée comme guérie. L'an dernier, à la Société de chirurgie, ses membres se divisèrent sur cette question en trois camps: 1° les défenseurs des opérations partielles; 2° les partisans des pansements dont la seule prétention est de diminuer les souffrances ; S' les partisans de l'amputation totale.
H. Trélat estime <)ue les fûts rapportés au dernier Congrès français de chirui^ie dans les conversations de ses membres ont dû vaincre les dernières résistances. 11 faut en eflet reconnaître que les succès relatés peuvent être attribués d'abord
à l'emploi d'une antisepsie rigoureuse, à l'aide du bichlorure de mercure et de l'iodoforme, et ensuite au meilleur choix des cas.
Si l'avenir continue les promesses du passé, si la mortalité immédiate s'atténue jusqu'aux environs de 10 à 12 pour 100, si les médecins rendus attentifs et confiants dans la puissance chirurgicale, recherchent des diagnostics précoces et précis, s'ils arrivent à la juste formule des indications particulières à chaque variété et à chaque siège de cancer, il n'y a guère lieu de douter que les indications opératoires mieux remplies ne fournissent de nouveaux bénéfices de ^uérison. Il ne faut sans doute pas conclure d*un organe à l'autre; envahis par le cancer, la langue, le sein, le rectum, le testicule, se comportent de façons diverses et, cependant, on ne peut se dérendre absolument de tirer un heureux présage de la chirurgie des cancers du sein ; tant qu'on a considéré ces opérations comme purement palliatives, tant qu'elles n'ont été que tardives et parcimonieuses, elles n'ont donné gue des résultats médiocres; aujourd'hui que l'on fait des diagnostics précis sur des tumeurs naissantes et que pour ces petites tumeurs bien caractérisées on pratique systématiquement l'extirpation totale de la glande et des ganglions de l'aisselle, tous les chirurgiens comptent un nombre encourageant de inaladesqui sorviveol depuis quatre, six et dix ans à leur opération.
Qu'on admette môme que l'utérus, avec son riche appareil vaseolaire sanguin et lymphatique, soit plus rapidement envahi que le rein, et que la récidive y soit plus rapide et plus facile, n'est-il pas évident cependant que, toute proportion gardée, les mêmes causes doivent produire les mêmes effets? En somme, l'acte opératoire semble jugé, il a cessé d'être redoutable par lui-même ; il reste à déterminer une exacte appréciation de l'opportunité opératoire.
— L'Académie se forme en comité secret pour entendre la lecture d'un rapport de M. Schutsenherger, sur les titres des candidats à la place déclarée vacante dans la section de physique et chimie médicales. La liste de présentation est établie comme suit : 1' M. Javal ; 2» M. d'Arsonval ; 3° M. Riban; 4°M. Hanriot; b" H. E. Hardy; 6" M. Albert Robin.
Boctété ■!« cUrargle.
SÉANCE DU 8 JUILLET 1885. — PRÉSIDENCE DE H. HORTELOUP, TICE-PRÉSIDENT.
BèOUmation d« piioiitA : K. I>n()aB-Cham|ltotiiiièr0. - Opération d« Battey : M. Tsrrier. Btscasslon : HH. Trètat, Marchand, PozaL — Cara radloala du varloocèle : MU. GlUetta, Horidoup, Raolna, Mioalas. — Prtamtatlon d'Inatnimant : M. Ptwl. — PréaantaUoM da plèoas patbologlqnaa : MX. Ponlet, Monod.
H. Lwsas-Ckampionnièrt lit une lettre de H. Daniel Molière (de Lyon), dans laquelle ce chirurgien réclame pour lui la priorité d'une opération consistant dans la suture du périnée après l'uréthrolomie externe. M. Daniel Molière, à l'appui de sa revendication, a envoyé la thèse de M. Parisot, son élève, où se trouve exposée sa pratique. Dans ce travail, intitulé : « Excision des callosités dans les rétrécissements de i'urèthre et réunion immédiate », il est, en effet, conseillé d'ainsi faire en présence des rétrécissements, mais non en présence des ruptures traumatiques du canal ; bien au contraire, l'auteur proteste contre celte manière d'agir dans ce cas particulier de l'uréthrotomie externe, en raison de la dilacération des tissus. Or, c'est justement dans ce cas que M. Lucas-Championnière a tenté la réunion par première intention, et il peut ajouter ai^ourd'hui qu'elle a parfaitement réussi et que son malade est guéri. ^ .
— M. Tenier, à propos de l'opération de Battey, dis^l^ dans la dernière séance, lit l'observation suivante : Une^ia-
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lade présentait des accidents hystériques semblant avoir leur siège dans l'ovaire droit; en raison de la gravité des crises, cet ovaire est enlevé dans une première opération avec Tespoir que les phénomènes nerveux s'apaiseront. 11 n'en est rifn, à chaque époque menstruelle les accidents reparaissent avec la même intensité, et la malade elle-même récltime l'extirpation de son second ovaire. H. Terrier accède d^autant plus volontiers à son désir qu'il avait constaté au cours de la première opération que l'ovaire gauche était adhérent. Cette extirpation est pratiquée sans incident notable, les suites opératoires sont un peu moins simples que dans l'ovariotomte courante, la malade a un peu de fièvre et des vomissements qui durent plusieurs jours, néanmoins tout s'apaise, et après deux semaines environ l'opérée est sur pied. Voici près d'un an que l'opération a eu lieu, la malade n'a eu depuis lors ses règles qu^ne seule fois, elles se sont passées sans iacideol douloureux ou hémorrhagique; elle présente comme avant tout le complexus symptomatique des hystériques, ainsi que cela résulte de l'examen très minutieux dontelleaété Tobjet, mais elle n'a plus ces horribles crises d'autrefois; en un mol, on peut dire que l'extirpation des ovaires lui a été, à ce point de vue, foit profitable.
M. Trélat félicite M. Terrier de l'heureux résultai de son opération, et il ne doute pas que^ dans ce cas particulier, l'opération de Battcy ne fût parfaitement indiquée; mais il est à craindre qu'en se lançant dans cette voie d'extirpation des ovaires pour des phénomènes douloureux, on ouvre la porte à des opérations inutiles. Ce n'est qu'après un examen très circonstancié des malades, après avoir acquis une conviction ferme qne l'ovaire est le point de départ des troubles morbides, qu'on se décidera à intervenir. Dans un cas récent, H. Trélat a refusé l'opération à une malade, qui la réclamait vivement, parce qu'il n'avait pas l'assurance que les douleurs et les crises provenaient de I ovaire même.
H. Marchand croit que l'opération en question, fort en honneur à l'étranger il y a quelques années, est tombée en disgrftce. Il a pu se convaincre par la lecture de nombreuses observations que les résultats obtenus étaient bien piètres. Pour sa part, il a refusé d'opérer une malade dans ces conditions. Un autre chirui^en crut devoir pratiquer l'ovariotomie; les crises douloureuses cessèrent pendant trois mois, puis elles repanirent avec la même intensité qu'auparavant, au point que la malade a demandé et obtenu qu on lui enlevât l'utérus.
M. Pozsi est un des premiers chirur^ens français qui ait pratiqué l'opération de Batley. 11 la croît excellente et justînée; mais, comme H. Trélat. il pense qu'il tant préaf;tblemenl établir de la façon la plus précise que l'aura des crises douloureuses a bien son siège dans l'ovaire ; il y a là affaire de sagacité chirurgicale.
— M. Gillette rapporte une observation de cure radicale du varicocële pratiquée dans son service par H. Horteloup, d'après son procédé. Il rappelle d'abord combien pendant loiùtemps on a été éloigné de la pensée de tenter de semblables opérations, bien que de temps à autre et depuis la plus haute antiquité on ait signalé des procédés opératoires ayant donné des succès. Aujourd'hui une réaction se produit et si on n'opère pas tous les varicocèles, on est disposé à accorder le bénéfice d'une opération aux malades ayant de vives douleurs ou une gène notable du Tait du développement anormal t\e$ bourses. L'opération de H. Hnrteloup, consistant dans la résection bilatérale du scrotum en avant et la ligature du plexus veineux postérieur, donne les meilleurs résultats, ainsi que cela résulte des nombreuses observations que M.Wickbam a rassemblées dans sa rér-eote thèse; le malade que M. Gillette présente à la Société en est une preuve des plus manifestes,
M. Horteloup présente le moule d'un malade qui avait un
varicocële avant déterminé un allongement tel du scrotum qu'il mesurait une longueur de 27 centimètres, le résultai est des plus parfaits, et chose des plus intéressantes, le testicule petit et mou avant l'opération a repris son volume et sa consistance normale.
H. Reclus au moment où il préparait sa thèse dft doctorat a eu Toccasion d'étudier histologîquement les alrophips du testicule consécutives au varicocèle; elles lui ont semblé dues à un processus scléreux et il ne croyait pas que la suppression des veines variqueuses fût susceptible d'earayer la marche de la dégénérescence testiculaire et à forliori de lui permettre de reveuir à son état antérieur.
M. Niçoise avec H. Perier, H. Guyon et la majorité des chirurgiens croit que le varicocèle siège surtout dans le plexus veineux spermatique antérieur et tous les procédés de cure s'adressent à ce plexus. Il prie H. Horteloup de vouloir bien préciser si pour lui le plexus postérieur est toujours en cause et si l'antérieur est indemne.
M. Horteloup dit que sur 18 opérés il n*a trouvé q« cinq fois te plexus postérieur seul pris, mais les lésions du plexus antérieur disparaissent d'elles-mêmes, sans qu'il soit nécessaire de toucher aux veines, la résection dn scrotam x créé un suspensoir naturel.
— M. Pozzi présente un aspîrateur-injectcur sans sou-
Fapcs, construit par M. Verbert, instrument qui, en outre de aspiration et de l'injection, pëut servir aussi à la transfusion.
— M. Poulet présente une pièce pathologique de luxation de la deuxième phalange du deuxième orteil sur la première. La réduction était impossible, et comme la malade ne pouvait pas se chausser, l'amputation dut être pratiquée.
— H. Monod montre un rein, dont il a pratiqué l'ablation pour une listule du bassinet s'ouvrani dans le tissu pèriréaal et ayant déterminé un vaste phlegmon.
Alfred Podssoh.
BIBLIOGRAPHIE
tmêmx. MUIosmphlw.
UlBLIOTHBQUB blABOLIQDB. HISTOIRES, OISPUTES BT UISCUIRS DES ILLUSIONS ET ISPOSTUBES DES DIABLES. DES MAGtClKNS IK-
FAMËS, soHCiÈnES, etc, etc., par Jean Wieh. — Paris, aux bureaux du Progrès médical, 1885. — Sous ce nom de Bibliotheqvt diabolique, M. le docteur Ùounieville a eu la pensée de rééditer, avec ou sans conitufliilaires, les ouvrages anciens qui trailaicnl des maladies occultes et s'occupaient des démoniaques ou des mystiques. Son but a été de monlrer que les sujets dont l'hisioire s'y trouve relatée n'éloient autres que des hystériques. On s:iil iiue la preuve de celle assertion a été donnéeavec une précision remarquHble par M. Cltarcot et plusieurs de ses élèves. A cdié dvs publications spéciales de MH. liounieviilâ et Kegnard, les bellos études de H. P. Hicher sur l'hystéro-épilepsie et les reproductions qu'il a faites d'un grand nombre de tableaux anciens fournissent de précieux argamenls h cet égard. Tout en reconnaissant donc l'intérêt historique de la reconstitution du lekte de Jenn Wier, loul en recommandant auK éruitits et aux amateurs <lc livres anciens les récits souvent naïfs, loujours sincères de l'arcbiàtre du duc de Ijléves. nous hésitons à croire que cet ouvr.ng'c. au moins aussi Ihéitlogique que médical, puisse écl:iircr beaucoup l'histoire de l'hystéro-épilepsie. Après avoir relu la noiia' biographique, si bien pensée et si bien écrite, que le regretté Axenfeld a consacrée à la mémoire de Jean Wiér, et après avoir parcouru les deux bfaux volumes que vient d'éditer M. BournevpIIc, nous sommes de plus assez surpris que l'on poisse chercher encore à soutenir que le médecin qui a écrit tant de patres consacrées à défendre c la sacrée doctrine de la religion chrélipime > ait été un libre penseur ou mêoie un impie. Comme il le dit luintême, Jean Wior croit que < le hiea tout-puîssaiiU-arcfaiieclG de
M JpiLLgf 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
rUnivei^, a biti un monde incorpore^ embelH d'ordres admirables d'esprits, pour son service, avant que de parfaire l'ordre de celui que nous voyons à l'œil >. Il admet l'existence et l'influence constante des démons el, comme il l'affirme en sa préface, il écrit ses livres c pour que la gloire du Seign«ur accroisse el qo*! la tyrannie de Satan diminue >. Tout ce qu'il écrit, soit qu'il invoque l'auloriié des c saintes Ecritures ». soit qu'il résume les saperstiiions du temps où il vivait, Jean Wicr le croit et, cette eroyance même, celte crédulité si l'on veut, rend plus digne d'eadme el de respect son œuvre tout entière. Imbu des doctrines qui lui ont été enseignées, croyant à tous les dogmes de la religion caifaolique. superstitieux et crédale comme tous ses contemporains, Jean Wier n'en a que plus de mérite, et comme médeao et comme philanthrope. 1) s'efforce de faire voir qu*à cAté des sorciers et des magiciens qui méritent, à son avis, les châtiments les plus redoutables il existe, pour employer ses expressions, de malheureoses victimes de la malice diabolique, c Ces possédées sont, dit-il, des malades el non de$ criminelles. Il faut tes plaindre et les soigner, mais non les soumettre à l'exorcisme ou a la torture. > Qui sait si de nos jours Jean Wier ne condamnerait pas avec autant d'énergie que les exorcismes certaines pratic{ues plus mondaines que médicales qui n'ont peut-être pour résultat que d'entretenir et de rendre irrémédiable la folie des li/âtériques. Quoi qu'il en soit d'ailleurs, ou ne peut que s'associer aux dernières paroles de H. Bourneville : c Jean Wier possédait un cœur généreux, un esprit élevé et son nom mérite de
Prendre rang parmi ceux des hommes qui ont rendu service à humanité. > Nous ajouterons seulement que ces services il nous semble les avoir renidus en plaidant la cause de l'indulgence au point de rne social el de la tolérance au point de vue religieux. Et ce n'est pas un mince mérite même m d'antres temps qu'au commencement du seinème siècle I
BiBLIOTHèQUB BTHNÛLOGiaDB : LBB AZTÈQUES, par M. Lucieu
BuBT. Paris, 18K5. A. Hennuyer. — Sous la direction de MM. de Quatrefages el Hamy, vient de se fonder une publication nouvelle qui comprendra l'histoire générale des races humaines, et une série de monographies développant l'ethnologie particulière des diverses races qui ont joué un réte important dans l'histoire. A ce titre, et bien que les ouvrages de ce genre s'adressent pluiét encore au grand public qu'aux médecins, le livre que rient d'écrire H. Biart méritait d'être signalé à nos lecteurs. S'il nous est impossible d'en faire une analyse complète, nous nourrons insister cependant sur l'intérêt quil présente au point ae vue ethnographique. Nous recommanderons spf cialemeni la lecture des cha-
E lires où l'auteur étudie les pratiques religieuses des Asièques et I manière dont ils pratiquaient les saeri^ea humains, non moins que ceox où il est traité des actes de la -rie civile, des cérémonies nuptiides, des eoterremenls et de la crémation. Une table analytique très bien comprise et très complète, et l'indication du nom des prindpales divinités de la mythologie axtèque, avec leur signification, termiaent ce beau volume, édité avec autant de luxe que de bon goût, et qui inaugure brillamment une collection d'ouvrages scientifiques dont on ne saurait trop louer lea tendances et l'intér«l.
De ia réglehbntation de l'art dbntairb en Francb, par te docteur Tb. David. Paris, lB8o. 0. Doin. — Dans une élude très précise et très complète des législations antérieures et des travaux qni, daos ces dernières années surtout, ont eu en vue la réglemenlattoo de l'exercice de la profession dentaire, M. le docteur Th. David arrive aux conclusions suivantes : l^s opinions émises sur cette question, qui, en ce moment même, est soumise au parlement, peuvent se résumer dans les quatre projets suivants : 1* faire rentrer l'art dentaire dans ta méduciae eo général, et n'autoriser à exercer ta profession de dentiste que les praticiens munis de diplômes conférant le droit d'exercer Iq médecine; 2" créer un diplôme spécial de dcniisie, mais coqférer également aux médecins le droit d'exercer l'urt dentaire; 9* n'autoriser, comme deutistes, que les praticiens ayant obtenu le diplôme spécial, c'est-à-dire exclure les médecins: i* laisser lilire rexercice de la profession de dentiste, M. David ne se fait aucune illusion sur la lenteur des formalités parletiieiitaires. U estime donc
Îne l'on aboutirait plus vite eu organisant dans les Facultés et coles de médecine un enseignsHje»! odontologique spécial, el en eacourageMttt les écoles dentaires déj4 exisl9<'t0s, eq p^rlicur lier l'Ecole dentaire de Paris, qui a déjà instruit deux cent ciur <|uanle élèves. Il suffirait, pour remédier immédiatement aux ineonvénieota de la liberté d exercice, de demander à l'Académie
de médecine ou à la Sodété de chirurgie une délimitetion précise du champ de l'art dealaire. et de prescrire aux dentistes les limites dans lesquelles leur intervention serait permise. Du même coup la justice serait fixée pour apprécier, chez les dentistes, 1 exercice illégal de la médecine.
De l'albomine dans le rhumatisme articdlairb aigu, par le docteur Paul CnÉRON, ancien interne des hôpitaux. Ttièse de Pans. 1885. Ollier-Henry. — L'albuminurie est plus fréquente dans le rhumatisme articulaire aigu qu'on ne le pense génémlemeot (40 pour 100 environ). Le plus souvent elle relevé d'une fluxion rénale passagère; parfois d'une néphrite interstitielle o™fiairement bénigne; enfin, dans quelques cas, d'une embolie d " nd '^^ contre-indique pas l'emploi du salicylate
Des abcès miliaires des rbins dans u fièvre typhoïde, par le docteur P. Gallois, interne lauréat des hôpitaux. Thèse de Pans, 1885. A. Delahaye et E. Lecrosnier. — Les abcès miliaires du rem, dans la fièvre typhoïde, n'appartiennent pas exclusivement à cette maladie ; ifs sont, sans doute, le résultat d'une pyémie secondaire de cause interne. La lésion est une périglomérurile suppurative produite vraisemblablement par une diapédèse des micro-orgamsmo, passant des vaisseaux dans le tissu conjonctif voisin. Elle ne peut gnère être reconnue pendant la vie.
De la broncho-pneumonie dans la DiPHTHtotB. par le docteur Darier, ancien interne lauréat des hôpitaux. Thèse de Paris, 1M85. A. Delahaye et E. Lecroseier. — Les causes de la broncho-pneumonie, dans la diphthérie, sont muliiples : intoxication générale, froid, trachéotomie. Elle survient d ordiuaire du deuxième au sixième jour, est d'autant plus grave qu'elle a apparu plus tôt. Comme particularités aiiatomiques, fréquence des foyers bémorrtiagiqnes, abondance de la fibrine. On trouve dans les poumons deux sortes de micro-organismes, des bacilles analogues à ceux de la pseudo-membrane, et des micrococcus sphériques ou ovataires. Les bacilles, arrivés dans les alvéoles pulmonaires, y détermineraient une inflammation, terrain favorable au développement des microeoques.
VARIÉTÉS
AVIS. — Pour oa qui oonceme la Faontt* dm médaolaa de Parla voir an Terso de la oonTertora.
Statuer sur la demande qui lui était adressée, des statistiques officielles et probantes. Il est probable qu'on songera aussi i exiger de M. Perran des échantillons de vaccin et autre chose què des assertions dénuées de preuves. Voici, à litre de documents, les statistiques que fait publier, dans le Tempi, le médecin espagnol :
Statistique d'Alcira du i" mai au SOjfuin 1885 (recensement officiel de la population : 16000 habiunts). — Inoenlès, 2642;
réinoculés, 7884. Total, 105^.
Non inuculei. Inoculés. Réinouulé*. ToUl.
Invasions 303 35 36 374
Guérisons 1(2 23 29 l&i
Morts 148 9 4 161
En traitement. 43 3 3 49
Ont signé les médecins :
José Estruch, Social, Pedro Pla, Francisco Hora, Bernardo Marco, José Batlesler, Auionio Parres, Manuel Mino, Ramon Hareo, Juan Hisi^, Severiano, Goig Ltosa.
Alein, it jDilUt fBW.
Statistique 4« Benifayo [popvlaiioïi i 3615 habitants). — Uu t ( ipat au 27 juin, U y eut : inoculations, 450 ; réinoculaiions, 381 ,
Non înoeiiIA. lûoçuléa.
InvQsions 30t 1
Guérisons 138 1
En traitement 35 >
«"^•^ ^Oogle
Du 28 au 30 juin, on inocula 2313 habilanU. ^ O
496 — N< 30 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 24 Jomn 1895
Du tl juin au S juillet.
HOU INOCULiS. inOCDLiB. RÉINOCULél.
imin.
Invasloni.
'îîorli.
Invasions.
lilvationt.
"Morte!
Juin. . .
28 àâ9
oU a 31
Juillet.
ik 5
iU
Aprèa les inocutatioQS du 28 au 30 juin, l'épidémie tomba brusquement.
Benibyo. 8 Juillet 1885.
D' F. GalâBii, Ignacio Uerandi, Vicenle Uoroandez.
Slatisti^ de Cheste.— Population, 5S27; inoculés, 3117. Du l*' au i5 juillet.
Non InoenMs. Inoculés. Totil.
Invasions 54 13 67
Morte 18 7 25
Signé : Rafaël Hartinez Segni.
Bourses db doctorat. — Par arrêté ministériel en date du 17 juillet dernier, l'ouverture du concours pour l'obtention des bourses de doctorat aura lieu, aa siège des Facultés de médedae et des Facultés miites de médecine et de pharmacie, le lundi 26 octobre 1885. Les candidats s'inscriront nu secrétariat de l'Académie dans laquelle ils résident. Les registres d'inscription seront clos le samedi 17 octobre, à quatre heures. Sont admis à concourir :
1* Les candidats pourvus de quatre Inscriptions qui ont subi, avec la note Bien, le premier examen probatoire prévu par l'article 3 du décret du 20 juin 1878 : les épreuves porteront sur la physique, la chimie et l'histoire naturelle médicale;
7," 1^5 candidats pourvus de huit inscriptions qui ont subi, avec la note Bien, le premier examen probatoire, et qui justifieront de leur assiduité aux exercices pratiques : les épreuves porteront sur Vost^ologie, Varthrologie et la myologie;
Les candidats pourvus de douze inscrîptious qui ont subi, avec la note Bien, la première partie du deuxième examen probaléire : les épreuves porteront sur Vanatomie^ la physiologie et Vhistologie;
i" Les candidats pourvus de seize inscriptions qui ont subi avec la note Bûn la seconde partie du deuxième examen probatoire : répmif e écrite portera sur la pathologie interne et externe;
V Les candidats justifiant des grades de bachelier ès sciences et ès lettres qui coutinuent leurs études d'après l'ancien régime, s'ils ont obtenu la note Bien à l'examen correspondant à leur temps de scolarité : les épreuves seront les mêmes pour les étudiants de l'un et de l'autre régime d'études.
Les candidats pourvus des grades de bachelier ès lettres et de bachelier ès sciences restreint qui ont subi chacun de ces examens avec la note Bien, pourront obtenir sans concours une bourse de première année.
Faculté de médecine de Paris. — A la suite des concours ouverts & la Faculté de médecine de Paris, sont nommés :
Chef de clinique chirurgicale : U. Hénard ; adjoint, M. Ozenne.
Chefs de clinicnte médiciUe : MH. Siredey et Gapitan ; adjoints, HM. Daplaix et Hartinet.
Chef de clinique des maladies nerveuses : H. Babinski.
Concours du Bureau central (médecine). — Les épreuves d'admissibilité se sont terminées samedi dernier. Ont été déclarés admissibles : HH. Chantemesse, Gombv, Petit (André), Gaucher, Juhel-Aenoy, Robert, Narlio, Hiru (Ëdgard).
Paosbctorat. — Le concours ouvert pour la nomination à deux places de prosecteur vient de se terminer par la nomiaition cle MN. Broca et Gbapus.
CoNCOons DE l'internat. — Le concours de l'internat des hôpt* taux de Paris commencera le 7 octobre prochain, et le conconn de l'externat le 8 octobre If 85.
Service médical de nuit. — Du l*' avril -au 30 juin 1885, on t
fiu faire 1799 visites, ce qui marque une augmentation de tï9 sur e trimestre correspondant de l'année 1884. Les maladies les plus fréquentes ont été les angines et laryngites (101 visites), le croup (48), l'asthme (43), les affections du cœur (70), les bronchites (93), les pneumonies (80), les affections gastro-inlestinales (132), les coliaues hépatiques ou néphrétiques (50), les accouchements (201), les névroses (80), les maladies eruptivei(S6), les hémorrhagies (75), les pluies ou contusions (101). Ce rekfé, rédigé par H. le docteur Passant, indique, en outre, que les boinnies enlrent dans la proportion de 33 pour 100, les femmes dansU proportion de 51 pour 100, et les enfants au-dessous de trois uu dans la proportion de 16 pour 100.
Asile de Villejuif. — Par arrêté du ministre de l'intérlear, H. le docteur Valloïs est nommé médecin en chef de i'ssile d'aliénés de Villejuif.
LÉGION d'honneur. — Sout Hommés cA«eah>r« .' MM. let dofrleurs Uuval, membre du Oinseil général de la Seine-Iaférienre, Dubut et Féraud, médecins de la marine.
NÉcnoLOOlB. — H. le docteur Fehiing, qui a donné son non n réactif bien connu pour la recherche du sucre dans les oriia, vient de mourir à atultgard.
— On annonce aussi la mort de H. leprofesseur P. Vogt, directeur de la clinique chirurgicale de la Faculté de Greifswald; de HH. les docteurs Joubert, député d'Indre-et-Loire, et Hinoich (lie Baden-Baden), et eo Espagne de HH. (^latayud (de Moro).Cer vellera (de Nasaraagrell), Bernard (}uiros (de Jamilla), Mlralki (de Vnlence), Kos (de Sueco).
AVIS. — Place de médecin vacante par suite de décès, à Arm (Eure-et-Loir), quatre heures de Paris. Population, 2800 habilaoU. Traitements rues de la Société do secours mulnàs et du burean de bienfaisance, 1350 francs. Deux diemius de fer. — S'adreuer à H. de Baulny, maire d'Arrou.
— Une autre position très-avantageuse est vneanle dans on chef-lien de cantou du département de S«ine-et-Mame. — S'adresser au bureau du journal.
Mortauté a Paris (28* semaine, du 6 au 11 juillet 1885). — Fièvre typhoïde, 27. — Variole, 5. — Rougeole, fô. - ScaHatine, 4. — CoquelurJie, 6. — Diphthérie, croup, ÏO. — Choléra, 0. — Dysentérie, 0. — Erysipèle, 3. - infections puerpérales, 3. — Autres affections épidémiqoes, 0. — Méningite, 27. — Phthisie pulmonaire, 168. — Autres toberculoses, 18. — Autres affections générales, 63. — Hairormatiou et débilité des &ges extrêmes, 41. — Bronchite aiguë, 16.— Pneumonie, 56.— Athrepsie (gastro-entérite) des enfants nourris au biberon et au^menl, 42 ; au sein et mixte, 25 ; inconnu, 5. -7 Autres maladies de l'appareil cérébro-spinal, 69; de l'apparei] circulatoire, 53; de 1 appareil respiratoire, 49; de l'appareil digeslif, 41; de l'appareil génito-urinaire, 17; de la pean et du tissu lamineux, o; des os, articulations et muscles, 6. — Morts violentes, 33. — Causes non classées, 15. — Totd : 842.
OUVRUES DÉPOSÉS M ■IMEJtU DU JOURML
De» cataracte! et de leur traitement, par M. le doetovr X. GalnowsU. pnnt» fiKÎculo. 1 toi. in-8. Parilt, Fflix Alcan. 9 ^
— Le «eeond fitciciile tormiOBiit l'ouvrafa parattri in» le cooranl dt l'anafr.
Font et bouffmM, diode phyiiologicpie, piycbolofliina et hisloriqae. par M. If do^ Icnr Paut Monau (d« Tonn), manbn de la Société mddieê-{NycbolDfi4M * Pirii. 1 vol. in-lS de i75 pagea. Paria. J.-B. BaUlièn et fila. th.Vt
G. Masson. Propriétaire-Gérant.
BouRLOton. — tupilmerici rdmiiet. A, rw Hi|M^tJ» Paria.
TRENTE-DEDXliME ANM£B
Si iciLLBT 1885
PARAISSANT TOUS LES VENDREDIS
COMITÉ DE RÉDACTION PnfeslDiHT : M. le dooisiir A. DEGHAICBRE
NiHBltn : UM. les docteurs UMNEZ. BEOMES DIEVUNT, DREYFUS- BRISK, FRANÇOIS.FRiUiCR, ALBERT HElSCQUE
L LEREBOUUET, PAUL RECLUS
AdnsMT tout oa qvi eoncime li rédectïM a» tiége dtt ComiU, ehex M. bBcaAiiBss. M. nw de IMe (avut le aunli ds préféreoM).
V«lr p«se t 4« la C— reifr» l'iaAlwMtoa 4M ACTBi u rAOVLTB n M^iBIECUra ( Thèses, examens, cours, etc.) es «ivere «mumbu intéroMut i« pMie Mdiaai,
SOUllAlRE. — Paris. Aud&nle de uûduciiw : La terpine. — Propriété ttkirapeuliqves at loxîf|iiei du «utfure dp carbone. — Dm nnt» artUlcIcla llia'iou* et fombaim. — Taavadi ouioikaux. l'bjiiolngio mpôrionntalo : Hwliorclios relatives i la durée ds l'excitabilild dri région* escito-iuotrtcea du carvcau proprement dit aprto bl mort. — Patholugie intcrni! : Paralysie h;sléri<iuB d'urigino traKinalique. cbM un homme. — SociAtéS sjivarth. Académia dei adeDeei. — Aeaddiuia de mddeeine. — Société inddiule dot bApitaux. — Société do chirurgie. — Société de biologie.— Atadémii! de mddcciao d'Irlande.— BiBLlOGRApaiB. Paris. H topographie, son hjgiËne, «es ubIihImi. — VAMiiTil. H. Xiliie- Bdwerda. — Pieiltdi de mMMim et Aoole» prëfitmoiM.
Paris, 30 juillet 1885.
ACADÉMIE DE MÉDECINE : LA TERPINE. — PROPRIÉTÉS THÉ- RAPEUTIQUES ET TOXIQCES DU SULFURE DE CARBOHE. — DES ANUS ARTIFICIELS lUAQDES ET LOMBAIRES.
Aeatd^BKle de MtMeclBC i L» (erpisie i M. iieroMla IMe. de «MirboMe i K. Oa|ardlM-Bciiame«B.
On n'a pas oublié rintérAssautu comiuunicaliou faite à la Société de thérapeutique (voy. Gaz, hehi.j 3 avril 1885) par M. DujardiQ-Beaumetz au sujet des effets thérapeutiques de la terpine, essayée par H. Lépine, et du terpinol, qui a pour avanlages d'agir plus activemeat que la terpine, médicament à peine soluble dans âOO parties d'eau, et d'élre absolument inoffensif. Dans la dernière séance de l'Académie, M. Germain Sée a exposé le résultat des recherches qu'il poursuit lui-même depuis assex longtemps déjà, relativement à l'action de ce nouveau médicament. Il a employé la terpinti sur quinze malades, et il s'en est toujours bien trouvé au point de vue de la suppression des sécrétions bronchiques. Par contre, la terpine ne réussit point dans l'asthme, auquel convient mieux l'iodure de potassium, depuis longtemps recommandé par le savant professeur.
— Dans la même séance, M. Dujardiu-BeiuiiHelj! a résumé une série d'études qu'il vient d entreprendre au sujet de l'action toxique et de Taction thérapeutique du sulfure de carbone. On trouvera au compte rendu de l'Académie les résultats des recherches si bien conduites de notre confrère.
— Un rapport de M. Constantin Paul, dont les conclusions motiveront très probablement une discussion ft laqnelle prendra part H. Vidal, a terminé la séance.
s* stui. T. un.
— M. Javal a été élu au premier tour de scrutin, et par 39 voix sur 58 votants, membre de l'Académie dans la section de physique et de clumie médicales.
HISTOIRE ET GRITIQUË
Um mmmm araMels tlUviefl et l»^balMa.
L'ouverture d'un anus artiaciel au jili de l'aine ou dans la région lombaire est devenue, depuis quelques années, une opération presque courante et il est peu de chirurgiens qui ne l'aient pratiquée pour obvieraux rétrécissements cancéreux de rS illaque ou du rectum. Mais, malgré des discussions déjà nombreuses sur la valeur comparée de l'opération de Littre et de celle de Gallisen.ceux qui ont recours à l'une ou à l'autre semblent moins obéir à une règle précise qu'à une tradition ou à une habitude. Aussi est-il nécessaire d'étudier à nouveau les avantages respectifs des deux méthodes.
On connaît l'histoire des anus artillciels: l'ouverture de l'intestin dans la région inguinale fiit proposée par Litlre, en niO, mais d'une manière bien vague, car, d'après le texte exact exhumé par L.-H. Petit, le célèbre ehirurgien se demande simplement si, chez les enfants iinpeiforés, il ne faudrait pas faire c une incision à un des côtés du ventre, près le muscle droit, en suivant sa direction, en commençant au-dessous du nombril et finissant à l'os pubis du même côté; conduire le bout supérieur du boyau jusqu'au bord extérieur de la plaie du ventre et l'y maintenir parles moyens des flis et du bandage jusqu'à ce qu'il soit devenu adhérent par le suc nourricier, i En \ 770, Pillore, de Rouen, imagine d'ouvrir le caicuin pour frayer une voie aux matières arrêtées par un cancer rectal, et en 1763 Antoine Dubois essaye de réaliser l'opération de Littre dans un cas d'atrésie anale, mais l'enfant mourut au dixième jour.
Duret, de Brest, est le véritable créateur de la méthode dite de Littre: il expérimente sur le cadavre, il précise le manuel opératoire, il dit nettement qu'il faut rechercher et ouvrir rS iliaque, il pratique enfin, et plusieurs fois, l'opération avec succès. II forme d'ailleurs des^lèves, doni|te> plus connus furent Serrand et scfâigêffffffe'ïriîiel ; c'est^JB" à l'Ecole de marine que la tradition de l'anus iliaque ne
GAZETTE HEBDOHADAIRE DE MÉDECINE ET DE GHIKtRGIB
31 Jmun 1885
s'est jamaisperdueen France, comme en tétnoif^nent, en 1835, la thèse de Miriel, et en 1856, le célèbre mémoire où Jules Rochard rappelait à l'Académie de médecine les superbes succès de ces prédécesseurs. Noire émineni collègue put rallier à ses idées Robert, Larrey,Depaul, Huguier, Giraldës, puis Richetet Verneuil,et la thèse de Richard nous prouve que jusqu'en 1875 l'anus inguinal resta, parmi nous, Topératioode choix.
L'anus lombaire devait «voir une destinée moins calme : à la fln du dernier siècle, Gallisen propose d'inciser au niveau des lombes et d'ouvrir le côlon descendant en arrière au point où le péritoine fait défaut ; mais ses expériences sur tes cadavres, les recherches anatomiques de Duret, de Brest, et de Martin jeune, de Lyon, une opération tentée par Beugon et peut-être par Roux, semblaient avoir définitivement condamné cMte méthode, lorsque, en 1839, Amnssat la reprendà son compte pt fait pour elle ce que Duret avait fait pour celle de Littre: il la pratique quatre Tois coup sur coup et obtient trois succès retentissants, connus de tous les chirurgiens, discutés dans toutes les Sociétés savantes. La cause de laeolotomie lombaire n'ëtait*elle pas à tout jamais gagnée? Elle le r^it si peu, parmi nous, qu'après un échei: de Malgaigne, en 1841, l'anus d'Amussat ne fut plus pratiqué, et Diard nous dit, dans sa thèse, qu'il fiut arriver à 1877 pour trouver, dans nos recueils, une nouvelle observation d'origine française.
A cette date se manifeste une tentative d'évolution : l'opération, abandonnée chez nous, était adoptée avec enthousiasme par les chirui^iens d'outre-Manche ; à partir de 1850, les observations se multiplient en Angleterre; Curling, Bryant, Allingham, en publient un très grand nombre et leurs succès sont tels qu'ils finissent par nous émouvoir; en 1877, Fochier, de Lyon, puis Labbé, y ont recours et s'en applaudissent; Daniel Hollière, Tillaux, Peyrol, Tréla', les imitent et déclarent hautement que l'anus lombaire leur paraît supérieur à l'anus inifuin»!. Richet et Verneuil, au contraire, tiennent bon pour ce dernier, et nous voici à la période contemporaine où chacun doit légitimer les raisons de ses préférences.
Les partisans de la colotomie lombaire invoquent, en faveur de cptle opération, cinq arguments d importance fort inégale d'ailleurs: 1" Tanus d'Amussat, situé en arrière comme l'anus normal, constituerait une infirmitR moins dégoûtante et mieux tolérée par les malades ; â<* il serait moins exposé au renversement de la muqueuse et aux rétrécissements consécutifs ; 3** la coudure brusque imprimée à l'intestin pour l'amener à fieur de peau, à travers l'épaisseur des téguments incisés, amènerait la formation d'un éperon saillant, qui conduit le bol fécal au dehors et empêche son passage du bout supérieur dans l'inférieur; 4" le c6lon descendant appliqué contre la paroi postérieure de l'abdomen par la lame péritonéale qui passe au-devant est plus fixe que PS iliaque mobile grâce à son roésocMon et facilement déplacée ; 5° enfin le péritoine ouvert dans l'anus inguinal est respecté par la colotomie lombaire, de ce fait beaucoup moins dangereuse.
Nous ne nous arrêterons guère au premier de ces arguments: l'anus artificiel n*est pas mieux toléré dans la région lombaire qu'au-dessus de l'arcade crurale. Certainement on nous parle d'un gentleman qui, après sa selle matinale, oblitérait son orifice lombaire par un appareil léger, et poudré, parfumé, irréprochable dans sa tenue correcte, allait
au bal comme devant; Bridge, de New-York, a bien publié I l'histoire d'une femme si peu incommodée par un anus d'Amussat, qu'elle reprit bientôt son métier de prosUlace. Hais l'anus inguinal nous offre aussi son contingent de faits semblables; il n'a pas empêché quelques femmes de se marier et de remplir exactement tous leurs devoirs conjagaui jusqaes ' et y compris la mise au monde d'enfants bien conformés: l'opérée de Miriel prenait une part active à la vie mondaine où rien ne pouvait faire soupçonner son infirmité; plusieurs hommes ont pu reprendre leurs anciennes occupations et un propriétaire de province & qui, l'année dernière, nous avons ouvert rS iliaque, se promène longtemps, surveille les travaux de ses fermes et assiste aux réunions de son Cooseil municipal, sans inconvénients pour ses voisins de séance.
L'accord d'ailleurs semble se faire sur ce point en dépit dos anciennes plaisanteries de Malgaigne et Trftiat. Corlisg, Tillaux et Labbé sont à peu près les seuls qui considèrent comme un avantage pour l'anus d'Amussat, sa position c dis* simulée & la face postérieure du corps ». Daniel Hollière fui* même, si chaud partisan de la colotomie lombaire, met à l'actif de sa rivale sa position antérieure, dans lech&mpde la vision du malade, et sous ses mains, pour ainsi dire, ce qui lui rend plus facile une propreté minutieuse. Nousams vu cette année une dame jeune encore et qui o'avait dit adieu à aucune des vanités du monde; c'est en s'appuysnt sur les considérations précédentes qu'elle réclamait l'ouverture dans l-i région inguinale d'un anu!* projeté et qui heureusement ne fut bientôt plus jugé nécessaire. On le voit, nous n'acceptons pas le premier argument invoqué pnr les défenseurs de li colotomie lombaire ; nous le retournons même contre eux et toutes choses égales d'ailleurs, nous préférons h l'anus d'Amussat, l'anus inguinal placé sous les yenx et sous les maios de l'opéré.
Le renversement de la muqueuse intestinale, sa hernie au travers de l'orifice artificiel ne nous paraissent pas non plus un argument sérieux, car ils sont aussi fréquents dans l'anus : de Littre que dans celui d'Amussat. Il est même piquant de | voir les chirurgiens qui ont pratiqué !a seule colotomie lombaire, déclarer la proci<1ence d ■ la muqueuse plus rare dans la colotomie iliaque, dont les partisans, rendant pulitpsse pour politesse, proclament avec Rochard et Giraldès que dans l'anus d'Amussat le renversement serait moindre. La tectnre des observations nous laisse perplexes ; dans plasieni? de ces cas de colotomie lombaire. Curling signale < un prolapsus considérable » ; Walter Bryant a vu un renversement habituel prendre de telles proportions, que la réduction dut élrc pratiquée sous le chloroforme; chez un opéré de Maisonneuve, rorifice artificiel était le siège d'un prolapsus des deux segments intestinaux et pour Allingham < U procidence s'établit sûrement à un degré plus ou moins marqué, pour peu que le malade survive quelques mois à l'opération i; D'autre part, dans les cinq observations d'anus inguinal de Rochard, la hernie est constante et la saillie qu'elle forme, varie de3à 10 centimètres: dans nos faits personnels elle est aussi la règle.
Ce renversement n'est pas eu effet sous la dépendance de la région et l'aine n'y prédispose pas plus que les lombes. Cette hernie tient à l'étendue de l'orifice artificiel et plus l'anus est large, plus probable est la procidence. Elle nous a paru rare, bien que nous en ayons observé un cas des plus nets chez les opérés de M. Trélat, dont l'incision intestinale, délicatement suturée, atteint à peine 3 centimètres. Chez ua de nos malades, peu dePi^lirscUpreUl^iEl^LÊia aou^
31 JuiLLBT 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRS DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
inguinal, se filun renversemenl muqueux, du volume d'une petite pomme d'api ; l'oriSce artificiel se rétrécit bientôt graduellement et la procidence s'atténua peu k peu: H. Segond 'nous foarnit un cas plus concluant encore : l'anus anormal de son opéré se rétracte et le renversem«:nt primitif disparaît, pour se montrer de nouveau si la dilatation qu'on exerce dépasse certaines limites. Le malade sait très bien à celte heure le degré d'ouverture qu'elle ne peut impunément Tranebir.
Le rétrécissement est, comme la procidence, indépendant de la région; il n'est pas plus fréquent dans l'anus iliaque que dans l'anus lombaire. Âu premier abord, celle contraction de l'anus artificiel semble paradoxale et l'on nous avait ' appris qu'un orifice formé par l'affrètement régulier d'une muqueuse et de la peau ne subit pas de rétraction cicatri- ' cielle; mais il faut en rabattre, et le rétrécissement peut ' aller jusqu'à l'occlusion presque complète. Renault (de Join- ' ville), Mélaton^ Curling, Richet, ont tu de ces cas, et il n'est 1 guère de colotomisles qui n'aient eu à lutter contre la ré- | traction inodulaire provoquée sans doute par une inflammation interstitielle des couches aponévroliqucs et musculaires interposées à la peau et à la séreuse. Elle est parfois si rebelle que mèches, canules, bougies, éponge préparée, laminaire ont souvent échoué, et une nouvelle incision a été ; nécessaire, comme le démontrent trois des observations de M. Verneuil. Nous pensons cependant que Tusage habituel du petit spéculum imaginé par Segond palliera cet inconvénient, d'autant plus délicat à combattre que le chirurgien oscille entre deux écueils : ouverture intestinale trop étroite, issue difficile des matières fécales; ouverture trop lar|:e, prolapsus énorme de la muqueuse.
Le troisième argument, la saillie que présente l'éperon dans la colotomie lombaire, a pour nous une haute valeur. Cet éperon, en effet, arrête les matières fécales, les dirige vers l'anus artificiel et s'oppose à ce qu'elles s'engagent dans le bout inférieur oû leur accumulation provoque une distension souvent énorme et parfois dangereuse pour les organes voisins, une douleur très vive, des épreintes, de la redite, des ruptures intestinales, des suppurations diffuses et des péritonites mortelles. Nons avons trouvé dans les recueils nombre d'observations de ce genre.
N'est-il pas d'ailleurs certains cas où la colotomie serait vaine si elle ne dérivait vers l'anus artificiel la totalité des matières fécales? '
En 1866, Holmes a eu l'idée d'ouvrir le gros intestin audessus des fistules, entre la vessie d'une part, et de l'autre rS iliaque ou le rectum. Depuis cette époque, une viiifïtaine d'opérations semblables ont été pratiquées, non pour ^^uérir, mais pour pallier cette redoutable affection. Le passai,'e des matières fécales dans le réservoir urinaire provoque, en effet, des douleurs très vives, des cystites rebelles, des accès fébriles et, du côté des reins, des complications très graves qui emportent rapidement le malade. Or notre distingué coufrère, M. Duménil, qui a fait sur ce sujet d'intéressantes communications au congrès de Rouen et devant la Société de chirurgie, nous dit avec insistance qu'après avoir eu recours à la colotomie iliaque et à la colotomie lombaire dans deux cas de fistules vésico-intestinales, c'est & la colotomie lombaire qu'il donne la préférence. Ne crée-t-elle pas en effet un éperon, absent dans l'anus de Littre?
Nous passerions condamnation et t'anus lombaire serait pour nous le procédé de choix dans les cas de fistules vésicointestinales si son fameux éperon ne nou8 paraissait lui-*
même par trop insufiisant. Le premier cas de M. Duinesnil nous montre les matières intestinales qui passent encore de temps en temps dans la vessie et dans L'urèthre; Tinconvénient parait assez sérieux pour nécessiter une intervention nouvelle; Curling a éprouvé les mêmes déboires: « Quelque complète qu'ait été l'opération, nous dit-il, il n'a pas toujours été possible de prévenir le passage de quelques matières dans le bout inférieur. » Ballanca est tellement frappé de cette inefficacité relative, qu'il propose d'oblitérer le segment inférieur de l'intestin et de le refouler dans la cavité abdominale.
On voit le peu de fond qu'il faut faire sur l'éperon dans Tunus d'Amussat. Aussi depuis longtemps les chirurgiens cherchent le moyen d'éviter plus sûrement le passage des matières fécales dans le bout inférieur. On sait les tentatives de Madelung, de Martini, de Biliroth, de Jussenbauer, qui ont coupé l'intestin en travera, fixé le sèment supérieur à la paroi abdominale et rentré dans le ventre le bout inférieur, oblitéré par une suture. Mais les sécrétions glandulaires s'accumulent alors entre la suture et l'obstacle rectal; les distensions, les inflammations diffuses, les ruptures deviennent imminentes, aussi cette pratique a été éphémère.
Le procédé que propose l'un de nous ne présente aucun de ces inconvénients et son efficacité est incontestable; il consiste à attirer à l'extérieur une anse intestinale dont les deux bouts sont alors parallèles et accolés dans leur trajet à travers l'incision de la paroi comme les deux canons d'un fusil ; l'éperon est à son maximum et il n'y a pas à craindre la pénétration des matières du segment stomacal dans le segment rectal. H. Verneuil suture les deux bouts et incise l'intestin lorsque le dernier fil est placé; Maydl, à Vienne, Colley, en Angleterre, maintiennent l'anse par un fil ou une bandelette iodoformée passée au travers du mésentère; ils n'ouvrent l'S iliaque qu'au bout de cinq & six jours, lorsque les adhérences entre le côlon et la paroi abdominale sont déjà solides.
Ce procédé pourrait s'appliquer sans doute dans la région lombaire, mais il ne saurait y être plus simple qu'au pli de l'aine. H. Verneuil y a eu recours dans ses trois dernières colotomies iliaques et jamais opération n'a été plus facile. Maydl nous écrit l'avoir pratiquée vingt fois sans la moindre difficulté. Aussi dirons-nous comme conclusion : l'anus d'Amussat n'est p»s suffisant pour empêcher le passage des matières intestinales du bout supérieur dans l'inférieur; on évitera cet inconvénient grave par le procédé qui juxtapose deux orifices : Tun supérieur, par oA s'écoute la totalité des matières fécales, l'autre inférieur, qui permet l'issue des sécrétions muqueuses, et dont le lavage peut être au besoin pratiqué.
Cette méthode, parfaite pour le cancer du rectum et dans les cas de fistule vésico-inteslinale, ne sera point pratiquée lorsqu'on espère rétablir plus tard la perméabilité des voies naturelles ; on aura recours à l'ancien procédé oà l'on suture à l'incision abdominale l'S iliaque simplement tangente à la paroi. Il en sera ainsi chez les enfants imperforés dont l'ampoule peut être beaucoup plus rapprochée de la rainure interfessière qu'on ne le croyait tout d'abord, et puis, dans les cas d'ulcérations rebelles, dans certains rétrécissements syphilitiques, dans les pseudo-étranglemenls , dans certaines paralysies intestinales encore mal connues. Nous avons opéré un vieillard chez lequel plusieurs de nos collègues de la Faculté de Bordeaux et nous-même soupçon |1o1is^tL«mte^ de l'extrémité supérieure du re<'tâiSit|iAcji^m»qf^^&eè»J^
gazëtte hebdohaoaire de médecine et de chirurgie
3i Jdillet 1885
étaient alarmants et la mort était imminente. Nous avons ou?ert un anus iliaque par où la débâcle s'est Faite, mais peu à peu les matières ont repris la voie inférieure, et maintenant, lette
m les matières ont repris la voie inférieure, et mamtet, dix mois après la colotomie, il reste à peine une fisln- I iliaque dont nous espérons l'oblitération spontanée.
Verheuil et P. Rbclus.
(À tuivre.)
TRAVAUX OBIGINAUX
ni7*lala^e «xpérlmeatale.
Recubrcues relatives a la udhée de l'excitabilité des régions excito-motrices du cerveau propreill-.rrt dit ApRfts LA HORT. — Travail tu à l'Acatlémie des sciences dans la séance du 20 jniUet 1885, par H. le professeur