‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 130 sur 228 · VULPIAN · texte numérisé non relu

VULPIAN

J'ai indiaué brièvement, dans une précédente communication (1), les résultats d'une expérience qui avait pour bat de déterminer la dnrée de Texcitabililé du cerveau propremeat dit, chei le chien, après la mort. J'ai répété plusieurs f<Hs cette expérience et je puis confirmer, d'une fapon générale, les données consignées dans la note que je viens de rappeler.

Après avoir mis à découvert, sur un chien, le gyrus sigmolde du côté gauche et les parties ci rcon voisines du cerveau, on détermine avec soin, à l'aide de la faradisalion, les points excito-moleurs de cette région : le point cérébrobrachial, le point cérébro-crural et le point cérébro-facial. Ainsi que je crois l'avoir démontré, ce n'est pas la substance grise qui est excitée par l'électricité au niveau de ces points, c'est la suÏKtsnce blanche sous-jacente. C'est donc l'excita* billté de celte substance blanche qui est en question dans les expériences dont il s'agit.

Celte recherche préalable étant faite, ou arrête le cœur, en électrisant les ventricules du cœur, pendant un instant, au moyen d'un couraut faradique très intense. Pour cela, on introduit une longue aiguille dans un des espaces intercostaux de la région précordiale, jusqu'à ce qu'elle arrive au contact des ventricules du cœur : un excitateur est mis en rapport avec cette aiguille ; tin autre excitateur est posé sur une plaie de la jambe ou sur la plaie de la téle et l'on fait passer le courant. Aussitôt, les mouvements imprimés à l'aiguille par le cœur s'affaiblissent et devienuent extrêmement irréguliers ; le pouls crural cesse immédiatement d'être perceptible; Je cœur n'envoie plus d'ondées sanguines dans le système artériel (â).

On procède tout aussitôt à l'examen de l'excitabilité des points cérébro-brachial,cérébro -crural et cérébro -facial delà région cérébraleraise àdécouvert; on étudie en même temps les mouvements réflexes des paupières et ceux que provoque dans les membres postérieurs la fanidisation du bout central du nerf sciatique gauche.

Dans les premiers instants, la faradisalion des divers points excito-moteurs du cerveau (ceux qui viennent d'être indiqués) détermine des mouvements dans tes parties correspondantes du corps : si l'on faradise le point cé ré bro- facial

f fauche, les paupières de l'œil droit, la joue et la commissure ahiale, ainsi que l'oreille du même côté droit, entrent aussitôt en mouvement. Il en est de même pour les membres

<1) Voj. lo nun^ro tt. p. 3U,

(S) Ah umnent oA le* syiloles nigulièrea <la cœur l'arrâlont, il y a aouTeal i» ra|[iut{(m et parfola <lea cria plalntiÂ. Qoolqoea BMimdM plut tard, lea membrai et la lêle a'Awiteit apaaoMdiqaMMflt : call» flonnUon as Ain qa'no loalant, lai papillea te dilatnl, fanimal eat alora an oowiplMe rMaUM : U eat iwirl.

du côté droit, lorsqu'on faradise le point cérébro-brachial ou le point cérébro-crural du côté gauche. Le ininimum do courant qui suffisait, avant l'arrêt des systoles efficaces dn cœur, à provoquer les mouvements de ces parties, suffit encore pendant les premières secondes q>rès la cessation du pouls crural.

L'excitabilité des régions excïto-motrîces du ceneau ue tarde pas à diminuer et, pour obtenir des mouvements de» membres ou de la moitié de la face du côté opposé aui ré* gions cérébrales excitées, on est obligé alors d'augmenter la force du courant, en rapprochant la nobine au firinduitdB point oik elle recouvre entièrement la bobine au (il inducteur (appareil à chariot de Du Bois-Reymond). Dans une de mes ex|teriences, il m*a semblé que Texcitabinté des réfcioBS cérébrales excito-motrices avait augmenté pendant deux ou trois secondes avant de commencer à diminuer. Dès que ceUe excitabilité s'affaiblit, elle ne tarde pas à disparaître. Le plus souvent, elle est absolument éteinte quarante- ci iia secondes après que l'on a cessé de sentir le pouls crural (1). A ce moment, on peut faÀvf usage du maximum du courasl obtenu avec un appareil d'une grande énergie; on n'obsene plus la moindre contraction des muscles des membres(intérieur et postérieur) du côté droit ( faradisalion desr«'|iou excito- motrices du eôlé gauche du cerveau). Le point cérelfrocrural perd son excitabilité un instant avant le pomt cérébrobrachial (2). Le point cérébro-farial conserve hahiiuellemeDl son eicitabilité un peu plus longti'mps que les points qui correspondent aux membres, e'est-i-dire pendant une miaule, rarement une minute et quelques secondes après l'arrêt de la circulation artérielle. J^ai vu, dans une expérience, une minute et demie après la cessation du pouls crural (les mouvements des paupières ayant disparu depuis une demiminute), le globe oculaire droit se rétracter encore sous l'influence de la faradisalion des parties du cerveau voisines du gyrus sigmolde. Un instant après, il n'y avait plus rien de semblable.

Lorsque la faradisatioii de la surface des régions exeitomotrices du cerveau proprement dit ne détermine plusaucui mouvement dans les membres ou dans la moitié de la fa« du côté opposé aux régions excitées, on peut enfonceriez excitateurs dans les profondeurs du lobe cérébral mis en expérience, leur faire traverser ce lobe de part en jiart, de telle sorte qu'ils soient en contact par leurs extrémités avec la base du crftne, sans qu'il se manif(*ste la moindre coa^ traction dans les membres ou la moitié de la face da i^té opposé (3).

Pendant que l'on faradise ainsi l'un des lobes cérébraux, le lobe cérébral gauche par exemple, sans provoquer le moindre mouvement dans la moitié droite du corps, ou voit des contractions plus ou moins violentas se produire daos la moitié gauche de la face et dans les muscles du côl^ anche du cou- Ces contractions avaient lieu, mètne \orsiiue es excitateurs étaient appliqués sur la surface du lobe cérébral gauche, soit sur le gyrus, soit sur des points non excitables, à condition d'employer un courant d'une certaine intensité : elles étaient évidemment dues au passage direct des courants, des points d'application des excitateurs sui muscles mis en mouvement et à leurs nerfs.

Les mouvements réflexes des paupières, provoqués par souffle sur le globe oculaire, ou par attouchement de ce globe, persistent pendant une minute après la faradisalion du cœur (cessation du pouls crural). Ils sont d'abord très

(1) ExcaplioanellMitent, j'ai vi reiciUUIIl4 dea points cMbra-bnvbUl n cerébro-c rural «Ivrer une miniite et quelqnei leeundc».

(9) Lorsque je parla de l'abolition de l'oxcitabiliiô dai n>i;iai)i oxcilo-iaetrkM. y veux dira aenlemenl que ce» r<|;ioni ne rdpondaftt plat k l'eicilaUlM éleclnf" par (lea contnetiona muaeulaires dan* le* pjrliaa du eorpa avac leiqaellu t"** aoDt en relaàoa anatoeaa-ptij^iolocifue. ■> tal^n d« int

paeilatoun Aaîenl k «M dialaae», l'une de Ituilre, de 4 MilIfninM.

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nets, rapides el complets; puis ils s'affaiblissent, et à partiide ce moment ils disparaissent en trois ou r^uatre secondes.

Je n'ai pas étudié les uiouvements réflexes de l'iris.

La Taradisation du bout central du ncrfsciatiaue gauche, dans une expérience, a provoqué, peudant plus d une minute après l'arrêt de la circulation artérielle, de forts mouvements ri>nexes dans les deux membres postérieurs, la queue el les muscles de l'abdomen, bobine au fil induit écartée de son point de départ (point oû elle recouvre entièrement la bobine au fil inducteur) de 10 centimètres, puis de 8 centimètres. Au bout d'une minute et demie les mouvements réflexes n'ont plus eu lieu que dans le membre postérieur gauche et la queue; une demi-minute plus lard il n'y avait plus de mouvements réflexes que dans la queue, et ils y étaient très faibles; enfln, deux minutes et demie après la disparition du pouls crural, il n'y avait plus la moindre contraction réflexe sous l'influence des faradisations les plus énei^iques du bout central du nerf scialique.

La respiration, dans toutes mes expériences, a duré au moins une minute et demie après la cessation de la circulation artérielle; parfois elle a duré deux minutes; elle avait donc lieu encore plus d'une minute après que Texcitabililé du cerveau proprement dit avait totalement disparu. Les mouvements respiratoires étaient lents, peu réguliers, mais assez amples et suspireux dans quelques cas.

On voit que l'excitabilité des régions excito-motrices du cerveau proprement dit ne survit, chez le chien adulte, que très peu de temps à l'arrêt de la circulation artérielle, puisque te plus souvent elle ne peut plus être mise enjeu quarante-cin^ secondes après ta cessation du pouls crural. Je ne l'ai jamais vue durer une minute et demie après la faradisation des ventricules du cœur. C'est là une donnée absolument certaine et, toutes les fois aue l'on a cru avoir observé une survie plus longue de 1 excitabilité des régions excito-motrices du cerveau proprement dit, on a commis l'erreur de prendre, pour des effets de l'excitation du cerveau, des contractions dues à l'électrisation directe, par courants pénétrants ou dérivés, des nerfs et des muscles en rapport de voisinage avec le cerveau. Les contractions que l'on provoque en laradisant l'un des lobes cérébraux (1), quelques minutes après la mort, n'ont jamais lieu dans les membres ; elles sont toujours bornées aux muscles de la face (surtout le temporal), aux muscles du cou (y compris le trapèze). Si le courant faradique mis en usage n'est pas d'une intensité excessive, ces contractions sont toujours limitées au c6té faradisè : elles ont lieu par exemple dans la moitié gauche de la face el du cou, si c'est le lobe cérébral gauche

3uiestélectrisé. Si le courant est assez intense pour exciter es contractions des deux c6té8 do la face et du cou, ces contractions sont toujours beaucoup plus énergiques du même câté que le lobe cérébral soumis & la faraoisation. Ces rêmaraues, si faciles à faire, doivent, ce me semble, einpêcher ne commettre l'erreur dont je viens de parler.

Bien que toute autre démonstration me paraisse superflue, je crois devoir signaler ici les résultats d'expériences qui lèveraient les derniers doutes, s'il pouvait en subsister.

Sur un chien, quelques minutes après la cessation du pouU crural (sous l'influence de la faradtsation des ventricules du cœur), on enlève rapidement l'encéphale en sectionnant la moelle épinière en arrière du bulbe rachidien et en coupant tous les nerfs crâniens. Après avoir laissé l'encéphale pendant quelques instants sur la table d'expérience, on le remet avec soinsiirlabase ducr&ne, de façonÀlui faire reprendre sa situation normale. On applique alors les excitateurs de l'appareil à courants induits sur la surface d'un des lobes cérébraux : les pointes de ces excitateurs sont à

(1] Jo pirifl des flxp4ri«ncei failei mi meltaat le* i4f ioai «ccUo motricai dm eer- TUH proprenMt dit i Mmmrt, pw ablaUoa iTaMB panfB da la ptrai d« eiim 0I flseilatioii àê li dare-mèrt. Lh MpëriMcM hîtei dut û'aatna condiUau m pw- «Mt dMMT 4M àm rtfMdM» «MmMiIw •

5 millimètres de distance l'une de l'autre. On fait passer un courant assez intense (bobine au fil induit à 8 centimètres du point où elle recouvre entièrement la bobine au fil inducteur) par ces excitateurs. Des coniractions se produisent dans le muscle temporal et les muscles du cou du c6té cor> respondant au lobe cérébral électrisé. Les muscles du cou se contractent surtout quand on faradise le tiers postérieur du lobe cérébral, el plus fortement encore lorsqu'on faradise la surface du cervelet. Ces effets peuvent être observés au bout d'une demi-heure au moins, après l'arrêt des systoles des ventricules du cœur. Ils sont plus forts lorsqu'on enfonce les excitateurs dans le lobe cérébral que lorsqu'on les applique à la surface de ce lobe.

On peut aussi constater les mêmes contractions en plaçant sur la base du cr&ne, après avoir enlevé l'encéphale, une éponge mouillée et un peu comprimée. Lorsqu'on fait

fiasse r un courant faradique par les excitateurs appliqués à a surface de celte éponge, on provoque, suivant les points d'application des excitateurs, des mouvements dans le muscle temporal ou dans les muscles du cou, du cAlé correspondant aux points électrisés. Avec les excitateurs disposés comme dans les expériences faites sur le cerveau, j'ai

Pu obtenir dans une expérience, en électrisant la surface de éponge, au moyen de courants assez forts, des coniractions du muscle temporal du cété correspondant, quarante-cinq et même cinquante minutes après 1 arrêt de toute circulation artérielle. Le plus ordinairement, les phénomènes, qui sont très nets au bout de vingt<cinq minutes, cessent de se produire au bout de trente à trente-cinq minutes.

Les données établies par ces diverses expériences ne s'appliquent, dans toute leur teneur, qu'au chien adulte. Cependant il est peu probable qu'il y ait de notables différences, sous le rapport de la durée de rexcitabilité cérébrale après la mort, entre le chien et les autres mammifères adultes, à moins qu'il ne s'agisse des mammifères hibernants, en état d'hibernation.

Le cerveau proprement dit des chiens nouveau-nés n'est

Sas excitable, comme l'ont prouvé les expériences de IM. Rouiret, Soltmann, Tarchanofl', comme je l'ai vu aussi. L'excitabilité réflexe de la moelle épinière dure bien plus longtemps chez eux, après la décapitation, que chez les chiens adultes. Dans ces conditions spéciales, j'ai vu les mouvements réflexes des membres postérieurs durer pendant vingt-deux minutes chez un chien nouveau-né, tandis que chez le chien adulte ils ne persistent pas au delà de deux minutesà deux minutes et demie.

Pirthol*glt) latente.

Paralysie hystérique d'omcwb TBAnnATKîDB, chee uh HOMME. Communication faite à la Société médicale des hôpitaux dans la séance du 24 juillet 1885, par H. TroisiER, agrégé, médecin de l'hApital Tenon.

Je désire, messieurs, soumettre de nouveau à votre examen le nommé Porczenska, que je vous ai présenté à la séance du 27 mars dernier (1). Cet homme éUit atteint d'une monoplégie brachiale, avec anesthésie, datant à cette époque de trois mois et survenue à la suite d'une chute sur l'épaule.

Vous vous souvenez sans doute que ce fait avait soulevé

Eiarmi nous une intéressante discussion sur les causes et sur a nature même de la monoplégie.

L'interprétation des phénomènes que nous constations était réellement embarrassante. J'avais d^sbord pensé qu'il s'agissait là d'une paralysie traumatique tenant à une contusion du plexus cervical. Hais l'absence d'atrophie musculaire et l'intégrité des réactions électriques, trois mois après l'aeci-

(1) Voy. ea»etu JMMMwtoM. 488». pi»ÉUed by VjOOg IC

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