‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 14 sur 228 · SS · texte numérisé non relu

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Cette espérance n'a pas été vaine. Les numéros suivants annoncent l'ouverture du concours pour tous les établissements de Lima et du Caltao ; on ne dit pas que la Supérieure de San Bartolomé fosse partie du jury.

— £t maintenant, pour finir, un petit exemple de confraternité dans l'Amérique du Sud. La scène ne se passe plus an Pérou, mais k Montevideo. Un médecin français auquel des travaux sérieux sur l'anatomie et la chirurgie avaient valu un peu partout une légitime popularité, vient s'établir dans cette ville. Il y eut parmi ses confrères de toute provenance, de toute nationalité, un concert touchant de malédictions, d injures, de dénigrement. On fit à l'intrus une guerre sourde d'abord ; dernièrement, elle est devenue franche et passablement scandaleuse. Appelé en consultation près d'un malade atteint d'une tumeur de nature suspecte, il conclut à l'extirpation. Ce fut une raison suffisante pour que sou confrère argentin la déclarât inutile et dangereuse. La famille se

rangea à l'opinion du médecin français, qui eut la malheureuse idée d'opérer. Ses rivaux firent tant, surent pvler si à propos, qu'ils décidëreol les pwents à fNToposer pour les soins consécutifs à l'opération l'assistance de trois d'eaire eux, fort mal disposés pour l'étranger. Celni-cî déclara qu'il ne pouvait aeeepter une pareille collaboration, qu'il préférait laisser à ses adversaires la gloire de la cure et la responsabilité complète. L'opéré mourut.

Qae voutiez-vous qu'il fit contre trois?

80 Janvier i885

La période Tébrile est remarquable par sa brièveté : la tem-

Sérature tombe au-desgous de 38 degrés du quahiëme au ixième jour environ.

Je n'insiste pas sur la termînation et sur le pnmostie. Celui-ci parait essentiellement bénin si j'en juge par les cas connus qe moi, qui tous se sont terminés par la gaérison. Je voudrais pourtant faire une réserve sur \ avenir rénal du malade donf il s'agit, mais cellen;! purement hypothétique reste subordonnée & l'étude de la vie pathologique ultérieure des individus chez lesquels on aura diagnostiqué cette congestion rénale primitive.

Car le refroidissement résume peu à peu toute Vétiologie, avec tes efforts musculaires et le surmenage. Pourtant une observation de H. le professeur Renaut publiée l'an dernier dans la Gazette médicaie et offrant avec les faits que je vise actuellement certaines similitudes» tendrait à prouver qu'elle peut être primitivement d'origine infectieuse.

Le diagnostic différentiel n'offre pas de grandes difficultés. Comme les caractères de l'urine éliminent déjà rembarras goètrique (étide^ le lumbago, la courbature, etc., il ne reste de confusion possible qu'avec la néphrite catarrhale, l'héroo^lobinurle et la forme spéciale dedothiénentérie à laquelle j'ai donné jadis lo nom -d» fièvre tynboide-à: forne rénale(l).

Si les points de contact sont nombreux entre la congestion rénale et la n^krite catarrhale, si toutes deux présentent le même mode de début, la même albuminurie, et parfois la même marche rapide, elles diffèrent en ce que l'urine de la congestion rénale contient toujours des globules rouges, des amas pigmentaires et de l'hémoglobine dissoute, tandis qu'elle n'en renferme qu'exceptionnellement, transitoiremeot et en minime quantité dans la néphrite catarrhale. D'un autre côté le léger œdème qui accompagne souvent celte dernière, manque dans la congestion rénale.

Quant à Vhémoglobinurie,doat on a beaucoup trop étendu le cadre en confondant sous ce nom les urines chaînées d'hémoglobine avec celles qui doivent leur coloration k l'hémaphine, à l'urérythrine, au pigment noir, etc., la présence de globules rou^ dans l'urioe de la conj^stion rénale servirait de eritenum, » la marche pronostique de Thémoglobinurie comparée à l'évolution régulière et comme cjrclique de la congestion rénale ne constituait aussi un élément important de diagnostic.

Reste la fièvre typhàide à forme rénale dans laquelle les symptûmes généraux et les caractères de l'urine seraient autant de causes de confusion, si l'absence des taches rosées lenticulaires, la courte durée de la période fébrile et sa rapide défervescence ne venaient légitimer lediagnoslic de con-

(!) Albert Robin, Êuat fwthgUdini^. la Htvre typkeUe à ParU, 1877.

« Vous me signalez à la vindicte de la famille; vous portez contre moi devant le public une accusation terrible. Ayez donc le courage de pousser jusc|n'aa bout. Si j'ai commis, comme vous le dites, un assassinat, je ne suis digne ni d'excuse, ni de pitié ; jugez-moi. »

Le courage n'a jamais été la vertu dominante des délateurs. Le principal d'entre eux, voyant la tournureque prenaient tes choses, a jugé bon de commencer un mouvement rétrograde. Des juges, et pourquoi? Je n'ai nullement voulu parler la langue du droit commun. Un crime chirurgical n'est pas un crime comme un autre ; les tribunaux ordinaires sont incompétents pour en connaître ; c'est une simple transgression de préceptes généraux de la chirurgie contemporaine ; une mauvaise interprétation des indications et des contre-indications d'un cas donné. On a fait bien assez de bruit autour de cette affaire, le mieux est de n'en plus parler. Le bon apôtre ! Une accusation indigne avait été formulée, portée à la connaissance rin public par tous les moyens de publicité dont on

gestion rénale. J'ajouterai que dans celle-ci, la rate n'est point augmentée de volume et que, chez deux malades, j'ai vu apparaître sur la lèvre inférieure des vésicules d'herpès; enQn la fièvre typhoïde rénale est la forme grave de la dothiénentérie, tandis que la congestion rénale primitive s'est toujours montrée très bénigne. ]

On écartera de même l'idée d'une néphrite atguS dvee symptômes typhoïdes, en s'appuyant sur la rapide et complète disparition de l'albumine et sur la courte durée de la maladie.

Plus le traitement sera simple, mieux il vaudra, ear cette affectton paraît tendre naturellement à la guérison. 2 à 4 ventouses scarifiées de chaque côté de la colonne vertébrale, dans la région lombaire, le repos au lit, des boissons abon* dantes, au premier rang desquelles figurera le lait ; puis un purgatif sahn,de l'opportunité duquel décide l'état delà langue et des fonctions alvines ; telle est toute la thérapeutique.

Dans la forme typhoïde, il ne faut pas craindre de donner un peu de vin aux malades. S'il y a de rabattement,on peut aller jusqu'à la potion de Todd. Dans te plus sérieux des cas

au' il m'a été donné d'étudier, j'ai vu, eu efi'et, l'albuminurie isparattre presque aussitôt après l'administration de Taleool, en même -temps que l'urine devenait iMÎas trouUe et moins sédiroenteuse; mais il importe de cesser les alcooliques sitôt que tombe la fièvre, car cenz-d ayant été continués par méprise chez un de nos malades, la convalescence fut troublée par des retours passagers de ralbuminurie dont l'^cool pouvait bien être un des motifs.

En résumé, la congestion rénale primitive, ayant une symptomalologie et une évolution qui lui appartiennent en propre et peuvent servir à la distinguer des affections similaires, mérite une place k part dans la clinique des maladies rénales, en attendant que de nouvelles recherches viennent définitivement élucider son anatomie pathologique et sa pathogénie.

De l'action ANnznusiQtnE de u odimine sur la rifimB TTPHOlDB, par le docteur G. PAcaouER.

Le numéro du 15 mars 1869 des Comptes rendue de l'JnstUut contient une note de moi, d'où j'extrais les lignes suivantes :

« La fièvre typhoïde dépend de l'action d'un ferment organisé, lequel se comporte à la manière dont H. Bécbamp a démontré que se comportent tons les ferments organisés. Puisant dans k sang les matériaux de sa nutrition, il y exhale

ceux de sa décomposition et l'altère ainsi radicalement.

dispose à Montevideo ; lorsqu'il s'agit de pousser les choses plus loin et de faire une enquête sérieuse, le premier accusateur fait défaut. C'était a coup sûr fort habile; malj^ tout, nous supposons que de pareils procédés sont imités parmi un nombre extrêmement restreint de médecins, autrement nous aurions une triste opinion des mceurs professionnelles de ce pays.

D* L. Thomas. '

Annexe a l'asile national de Vincxnnbs. — Par arrêté ministériel en date du 3 janvier 1885, il est créé i Paris un établissement complémentaire annexé k l'Asile national de Vineennes, ob les ouvriers convalescents seront reçus momentanément à leur sortie de cet asile. Ledit établissement sera installé dans nn bdtimeol spécial que l'hospice oatiomd des Quinze-Vïnete fera édifier

à ses frus. Le même hospice poarvmra A |^>KHP""4^'ff~4ii*Pn^ serriees nécessaires au foni^ionnememSë^^Bii^lé^HAVelni'X

12 . t-Jn*, 5 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE SO Janvibr i885

» (ïelte altération n'est pas fa fièvre typhoïde elle-même. ;La maladie qui porte ce nom est le résultat de ta modiRcatioa produite sur l'économie vivante par le sang vicié, et de la réaction de ladite économie contre cette cause de trouble. »

Ces lijïnes ont été écrites il j a plus de quinze ans ; elles ,BoiU l£ résumé d'une vaste expérimentation clinique instituée par moi Tannée précédente dans leii salles de la clinique 'médicale de ThApital Saint-Eloi de Montpellier, et la déduction des théories que j'avais déjà énoncées dansla Chronique mensuelle du 30 septembre Î866 du Montpellier médical (t. XVII, p. 350). Elles démontrent péremptoirement que j ai été, tout au moins, l'un des précurseurs de la pathogénie parasitaire de la dothiénentérie. A ce moment, je n ai presque rencontré autour de moi et loin de moi ique des sourires d'incrédulité et même des railleries, Dieu merci, fort inoffensives. Aujourd'hui les choses ont bien changé, et la plupart des hommes qui font autorité dans la science acceptent ce que je prévoyais, en 1866, et affirmais, en 1868 et 1869. La fièvre typhoïde est la conséquence d'un ferment qui envahit l'organisme. Quel est ce ferment? La question n^est pas encore vidée. Esl-ce le Bacterium Catenula de Coze et Feltz, le Mierocoeeus d'Eberth, le Baeillus typAo- <iw de Kleosi ou celai de Bouchard? Est-^ tout antre microbe que l'avenir trouvera? Il y a li, sans doute, une question importante, mais qui ne joue qu'un rfile très secondaire dans les conséquences pratiques de mes théories.

Depuis 1866, en effet, je suis arrivé à poser des indications très nettes pour le traitement de la fièvre typhoïde, celles d'empêcher on d'arrêter la fermentation pathologique, comme je voyais, dans le laboratoire de Béchamp, arrêter les autres fermentations par les anUzymasiques^ et spécialement la créosote et l'açide phénique. donnés à faible close et non aux doses perturbatrices très l&cheuses qui ont été vantées depuis lors.

En même temps, pour combattre l'hyperthermie, en relation évidente avec fa farmentaUon morbide,ie joignais aux antisymast()ues des affusions froides souvent lipetées.

J'ai consigné ailleurs 0) tes importants résultats que j'ai obtenus de cette médication, qui a été surtout nUle lorsqu'elle a pu être fliise en jeu dès le début de la maladie.

Je n'ai pas l'intention de revenir aujourd'hui sur ce point. Je viens, au contraire, éxplic[uer coinmént j'ai été amené à substituer . comme antizymasique, dans le traitement de la âèvrcL typhoïde, la iquiniiie À la créosote ou à l'acide phénique (2).

La ville de Montpellier est. comme on le sait^ placée dans le voisinage 'd'étangs marécageux. Cette situation a depuis longtemps préoccupé la série des grands médecins qui ont porté si liant la gloire de notre Ecole. Une tradition cnnique acceptée de tous les bons esprits exigeait de rechercher, dans beMwoop de cas de mataaies et s^ialement de maladies fébriles, si elles ne présentaient pas une complication paludéenne pour combattre celle-ci par le quinquina. L'existence d'un redoublement, d'une exacerbation dans le cours de la^fièvre devait être reconnue, parfois même presque devinée^ et l'anlipériodique administré alors au plus tôt. tJne améliqa-alion rapide et la guérison étaient d'ordinaire la récompense 'de cette pratique. Que de fois n'a-t-on pas entendu des hommes de la plus haute valeur s'écrier : « La compli-

(I) Sur le* iniieationt du trotUment de ta fièvre IgiihoUe par la crioMoie et faeUU pMniqne tt Ut afiutoiu fiviieë. ïn-». Aasslin. Pari>, 1874.

(S) Qu'il nil Mtondii um fola pour tontes qoa >i, dani la courant <le c« mdmoiro. ja m* tara àu mol qnlnÎM, c'ait pu* aMviitioB, itutte qno }'ai eonataminent proscrit non Valetlpide Inl-méma, wuit •oaiiiiraLo.,que l'habiludo nous fait d'ordinaire pr4- Mrer, peut-^tra li tort, an France, au ehlorhydrale ot au bromhydrale do lu mémo baie. J« doit ajouter qu« le quinquina et surlout l'extrait alcoolique do celto sub~ •tance, ai souvent formulés par noa anciens loua le non d« Tifsino de quina, auraient In mCme vertu ou inSuM uno vertu plui eonplbta. Hr maltienr, la rétine de tpÙM est difficlleaient avalée par les naladea, et asaw aonvanl vomie par eux, •■rtout si l'on prolonfpi Innrlenpa mm «npM. Je la rëierve donc pour cerUina ea« eieeptiooaria.

cation rémittente existe, tant mieux, le malade sera sauvé! c Ils donnaient le quinquina; H le ràniltal justifiait lêurpro-

nostic.

Or, dans aucune autre maladie autant que dans la lièvre typhoïde, on ne constatait cette complication rémittente, toujours, en ce cas surtout, anxieusement recherchée^ et on n'administrait plus souvent avec succès tes préparations de quinauina et la quinine. Gerteins m£me — et c'étaient les plus nabites et les plus henreux — en étaient arrivés à l'employer à peu près constamment (1).

Au tact pratique du médecin était réservé le discernement de ces accès rémittents, qui jouaient un si grand rAle dans h thérapeutique. L'acuité plus vive de la souffrance, un peu

fdus de prostration, l'apparition périodique d'un symptôme, a quantité et laqualïté de la chaleur appréciée à la main, et surtout l'augmentation du nombre des pulsations, tels étaient les signes sur lesquels se portait une attention soutenue.

Plus tard, lorsque t'us^ journalier du thermomètre est venu donner au diagnostic et au pronostic une précision jusque-là inconnue, il a bien fallu ouvrir les yeux, et voir que, dans la fièvre tjrpholde, les redoublements et les exacerbations — cet objet de nos préoccupations incessantes — d'épéïidbtit'dU 'praceSsUs propre de lu maladie, et que l'élément paludéen n'y jone aucun rôle ou n'y joue du moins qn'un rôle très exceptionnel, puisque partout, sur les montagnes comme au bord de la mer, on note d'une manière constante, chez les typholsants, les exaceibations vespérines.

D'autre part, si je me garde de nier l'existence k monXwU lier de fièvres rémittentes et de fièvres pernicieuses, il faut bien reconnaître que ces fièvres se montrent surtout dans les pays chauds et mal cultivés (2).

Chez nous, les progrès de l'agriculture ont amené une réelle diminution dans la fréquence des fièvres paludéennes, et tel villue, plus voisin que nous de nos étengs, iadis ravagé par l'endémie, n'en voit plus aujourd'hui que ae rares apparitions. Or j'ai souvent répété a mes élèves que la fièvre inter> mittente simple étant le premier degré de l'intexication paludéenne, là où celle-ci ne paraît qu'exceptionnellement, la fièvre rémittente et la fièvre pemimense deviennent encore plus exceptionnelles, et que tel est aujourd'hui le cas de la ville de Montpellier. Les médecins de la marine, qui nous ont, dans leurs thèses, apporté des documents très sérieux et très utiles sur celte question, ont toujours affirmé qn'il est excessivement rare que, même dans les contrées les plus malsaines, la fièvre fdt pernicieuse d'emblée, et que tout au moins un et le plus souvent plusieurs accès de fièvre intermiltente simple précèdent les accès malins.

On a trop souvent confondu la périodicité avec le paludisme (3). De ce qu'un symptôme se répète tous les jours à la même heure, cela ne signifie pas qu'il soit de nature eflluvienne. L'intermittence etla périodicité sont desphénomënes ordinaires de la vie hygide. L'appétit, le sommeil, ta défécation elle-même, etc., reviennent d'ordinaire aux mêmes heures. D'autre part^ des maladies palustres se présentent parfois avec un type continu. Ce qui a fait naître et continue la confusion, c'est que la quinine, la panacée de raffeclion maremmatique, peut s'attaquer aussi, en dehors de celle-ci, à l'intermittence et à la périodicité. Qu'un individu qui ne quitte pas le sommet du Puy-de-Dôme ou du Pic du Midi, qu'un habitant de Montlonis ou de Briançon souQ're d'une névralgie dentaire qui présente des redoublemente de douleur, la quinine le soulagera, et il faudrait une forte dose

(1) Voy. nson Étui* ntrfaetiùm A* fiifiifalM <Mf U »ène tffMie. AM^lin. Paris, 1864.

J'en ai observé des exomples sataissanta aoil dana nu clleiiltle. Mit dans mon service do rhôpiial. en 1859, alors que j'ritail proleuenr de clinique Interne à l'ërolc do mddecîne d'Algar.

(3) CoDtullttr sur es dernier point l'SsMi de Patholofie el clinique méétcalr* de non cvllègue cl ami H. Guinler, contemu dey AechrreJkei ipéeiatet de thé~ rapeulique dot te forme P«n>W|mf7(!lft^,/"V'«4CV^>^4^^ fièvre

30 Jakvier 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE — N' 5 — 73

d'esprit préconçu pour rattacher, dans ce cas, la névralgie di^arue à rinfluence dés marais.

])ison»-le bien haut, certains esprits ont sin^liërement exagéré le rôle du paludisme. Je me rappelle avoir assisté, il y a trois ans environ, au thé&tre d'Alger, pendant la session de VAssociatw» française pour l'avancement des sciences, à une conférence faite avec un art merveilleux par le professeur Verneuil sur les RmporU du traumatism avec VintoxieatUm paludéenné. Plusieurs vieux médecins algériens, mes anciens collègues, y étaient venus avec moi. Quand nous entêndtines le célèbre professeur [urler du paludisme kéréditair9j il éckua ehei eux une véritable stupéfaction. Passe encore pour \eskinorrhagiei traumatiquèi intermittentes de mon vénérable et très re^tté maître Bouisson, alors même que quelques>ims des faits rapportés, sinon peut-éU|e par lui, du moins par d'autres après lui, laissent dans l'esprit certaines objections; mais parce que le fils d'un individu qui a habité un pays marécageux, alors que ce fils lui-même s'en est toujours tenu loin, éprouve k la suite d'un traumatisme des accidents intermittents, conclure qu'il y a là une sorte de diatlièse palustre transmise du père au ftls, ce n'est vraiment pas acceptable. L'esprit le plus vif, la verve du meilleuf aloi et l'autorité scientifique la plus élevée ne sauraient m'amener à une pareille croyance.

Je regarde donc comme formellement démontré que ce n'est pas à une complication paludéenne que les fièvres typhoïdes de Montpellier doivent, dans Timmense majorité des cas, leurs exacerbations. Ce n'est pas non plus en supprimant cette complication que la quinine a des effets contre elle, et cependant ces effets sont merveilleux. Au miUeu de Técroulement des anciennes théories (1) reste un nombre immense de faits certifiés par une tradition clinique constante et une vraie légion de grands praticiens.

(A suitre).

SOCIÉTÉS SAVANTES

RKANGR DU 26 JAIfTlRR 1885. — PnÉSIDKNCR DE H. BOITLET.

L'hypertrophie cardiaquk dk croissahce. Note de M. Germain Sée. — M. Vulpian présente un travail de M. Germain Sée sur les accidents d hypertrophie cardiaque que l'on observe parfois chez les jeunes ^ens âgés de quinze ù vingt ans. Ces accidents sont caractérisés par des palpila-> tions plus ou moins violentes, de la dyspnée et des maux de tète. L'auteur les considère comme Inhérents à une hypertrophie du cœur en corrélation avec la croissance.

On sait d'ailleurs oue, chez les enfants, le cœur augmente très vite de volume. Or, chea tes jeunes ij;ens qui présentent les phénomènes cî-dessus. le coeur grossit dans une mesure hors de proportion avec raccroissement du corps, et cette hypertrophie n'est pas seulement relative, mais aoûlue.

Certaines maladies, comme la fièvre typhoïde, par exemple, peuvent aussi en être la cause. En tous cas, il faut savoir distinguer l'hyperlropbie véritable de ce que l'on appelle, chez les enfants, le cœur forcé, accident qui résulte, soit d'efforts corporels, soit d'une fatigue intellectnelle prolongée.

H. Sée indique les signes physiques auxquels on peut reconnaître l'hypertrophie cardiaque en question, notamment unematité plus grande, un souffle systoliaue à la pointe du cœur, et de temps en temps quelques irrégularités dans les

(I) Plaa d'nne fois dM eoaeeptions erroné»» ont amené de titoni» rémlMa ttiénpMUfaes. ftaind IjÊfci, par «uaple, est conataU les heure» eObls de l'iode coDtra le goitre, partant de cette UWo akadvineat fausse que te goilro est un ncei- Hont st^roAilnii. il adniniitn le nonnan remfede «wlrc la dlMbèw dp co nnm, ol léfna ■ la pratl^ nMIrale nn raniMe ds prctnler nrdre.

bruits cardiaques. Quant aux troubles fonctionnels, ce sont : la rapidité des battements du cœur (type tachycardiaque) ; de la dyspnée, (type dyspnéique); de la céphalée (type cêphàlalgique). 11 attribue ce dernier symptème à des troubles circulatoires cérébraux, et aussi à un défaut de proportion entre la croissance du cerveau et celle de la boite crânienne.

Nombre de conseils de revision ont cru devoir exempter du service militaire les jeunes gens atteints de cette hypertrophie, cardiaque de croissance. M. Germain Sée n'est pas de cet avis ; il pense, au contraire, qu'une certaine activité militaire ne peut qa'fitre utile en pareil cas, à la condition cependant que les exercices seront modérés et que le jeune garçon continuera en même tem^s de suivre le traitement suivant, préconisé par H. Sée : la digitale, la convalla marina, et â litre d'adjuvant l'iodure de potassium.

MM. Vulpian et Larrey croient devoir faire les plus expresses réserves touchant l'opinion émise par H. Germain Sée sur le service militaire, qu'ils ne sauraient admettre pour (les jeunes gens atteints d'hypertrophie cardiaque de

croissance.

Caractères horphologiqoes des bacilles virgules. Note de MM. Nicati et Rietsch. — Ces deux auteurs, qui ont déjà présenté une série de travaux importants sur le bacille du choléra, appellent aujourd'hui l'altenlion sur les caractères morphologiques différentiels des colonies jeunes de bacilles virgules en semis dans la gélatine nutritive. Ils indiquent trois zones dans ces colonies de bacilles virgules, que ces bacilles soient vrais ou faux : une zone périphérique, une zone moyenne et un noyau central. Ce sont les caractères de ces diverses xones dans l*un et l'autre cas qui permettent de distinguer 1m colonies jeunes de bacilles vii^ules des cholériques, des colonies de faux bacilles virgules que l'on retrouve dans lès matières intestinales de l'homme sain et de divers animaux.

Nouvelles recherches sur les déjections alvines et la BILE CHEZ LES CHOLÉRIQUES. Note de M. Gabriel Pouchet. — Dans une précédente communication, l'auteur a démontré l'existence, dans une proportion importante, d'albumine dans la biïe des cholériques. Aujourd'hui il revient sur la question de la bile, et insiste sur la décomposition des sels biliaires qui se produit au sein même de la vésicule. Poursuivant ensuite ses redierches sur les déjections ilvines, il v signale la présence d'une quantité relativement considérable dwée et surtout de chlorure de sodium; il trouve aussi dans les vomissements les éléments de la bile- Pendant le cours de ses recherches, l'étude de la ptotiiaine extraite par épuisement avec l'alcool a déterminé chez lui et chez son préparateur des phénomènes assez intenses d'intoxication caractérisés par un violent frisson, un refroidissement générai, des crampes douloureuses dans les membres, de riiTégularit& du pouls, des nausées sans vomissements ni diarrhée, une anurie absolue pendant trente heures, etc. A ces accidents ont succédé tous les caractères d'un embarras gastrique dont la durée n'a pas été moindre d'un septénaire, malgré le traitement auquel II a eu recours.

Améémf «0 mMeelM.

sfiANCE DD 27 JAMrjER 1885. — PRfiSfDENCB DR M. REHGEROIV.

VM. les dociMira BUHOi et DumonlpsUia- te portant candidat! à la placo dëdarfc vacanladaita la section de ntdrspenriiiae et d'histoire tu lord le mMieate.

H. le docteur Saniroi pri« l'Académie d'aecepter le djpAl d'un PH eutheli, relatif i des M|N<ri«ic«a IM* la tonùriti des corda voeale». {AeeepU.)

M. JUoU envoie un Rfpcrt manuacrlt sur 4.01 expérwnoM }4*f*Ji' Mu^meitM. (CowntoHon iu Prix 5aliif-Ç^jftç^^|/ VjOOQ IC

ao Janvier 1885

H. le Seerélain perpétuel d^otM, u nom de M. te doctMir Torteiuon. la tra- | Jaethm en lan^e Ihinçaiie 4a TnHi 4e la çoutte te 5v4m*s«.

H. Prouit présente, de la paN de M. le docteur t«ffte, «m braekm ajart poor ^tre : DavQÊ et te» »tatio»ê hivernêU* du Midi.

M. MathiOM Durai fail homiwwe. aa son ie H. If doctear GelU, d'un PréeU ie» metadiei de l'oreille.

H. JtUe» Ufort drfpo»e, de la part de H. Dalmen. phamneiM h Pan», na mé- «toi m maiiBMrU sur la buueroU et l'arbutine eritlaUieée.

H. Léon Coltn pnfaenle : 1° au non de H, Patin, son Rapport $ur le* traMUX iei Conteil et CommUiion d'hygiitm publique et (te ealubriti du département 4e la Seine de im à 1G80 (Renvoi i la Cemmlitio» du Prix Verwi* » WBSJ; S* de la part de M. la doclew PeMH» (de Buehareat). la preoritre partie do lone II de aea iUmM* dd IkérapenUqme et ie ntaitire mUteaU.

IL Germain Sie dépow, de la part do M. le doeloHr Cawnave 4e la Reehe, an nâmoire Imprluë aw tee elimaU fnldê appliquée tu traitment ie In pUhffto puimonatTo.

H. U§neau fkit baoïntfe, an son de H. le doebnir Chnrvin. d'un itmin i§ réeultati téuéraux du 4énombrement de la population ie la France en IKU.

Locomotion. ~ H. Marey, quivientseulementde prendre connaissance, à Naples, de la répliaue que lui a adressée H. Giraud-Teulon dans le courant de 1 année 1884, déclare ne plus vouloir répondre désormais à celui-ci, élaiit donné que son coiUcadicteur lui ftUrîbue d'avoir affirmé que l'homme debont est plus Isnrd 4)ii!as8is ou j&ceroupi.

H. fîirautf-rewion objecte qu'à la séance du 25 septembre 1883 H. Mareva énus. l'opinion. igae iile.poidft de-4'itMMiK diminue quand il a'alTaisse et qu'inversement il augmente s'il se relève ».

Commission. — H. Charpentier est nommé membre de la Commission pour le concours du Prix Hugoier en 1883, en remplacement de M. Depaul, décédé!.

ELEcnoN. — Par 33 voix sur 48 votants, H. Krassowski (de Saiut*Pétersbourg\ porté en première ti^ne, est élu correspondant étranger dans la deuxième division {chirurgie). H.Panum (de Copenhague) obtient 21 voix; M. Sayre (ae New-York), 3 ; il y a, en outre, 1 bulletin blanc.

Choléra. — M. Prouet continae le dépouillement des rapports des médecins des épidémies sur 1 épidémie eholé-

nae en 1884 : à Yemet-les-Bains (Pyrénées-Orientdes), 'ourni-Saint-Rémy(Ardenne8), à Yport (Seine-Inférienre), àNantes (Loire-Inférieure), à Noirmoutiers (Vendée), la maladie a présenté les mêmes caractères que oans les localités signalées dans la dernière séance, si bien qu'on en peut conclure : que le clioléra a été importé dans les villes et villages des départements cités ; 2** que l'eau a joué un rfrie important dans la transmission ; 3<* que l'intensité de l'épidémie a été en raison directe des conditions d'insalubrité du pays ; et qu'enfin 4* on peut attribuer en partie à l'emploi des mesures bménic^ues et des procédés de désinfection la cessation de répidémie dans les pays envahis.

U. Jules Guérin était absent lorsque M. Proust a déclaré ne plus vouloir entrer en discussion avec lui; il n'y saurait contredire, mais il tient à relever certaines erreurs graves sur lesquelles repose le système de l'importation du choléra, à savoir que l'explosion de l'épidémie serait le résultat de l'arrivée dans une localité d'un individu ou d'objets contaminés. Or, comment se fait-il alors que la dissémination des nombreux émigrants provenant des foyers cholériques n'ait pas déterminé à bref délai, dans la plupart des cas, l'éclosion de l'épidémie dans les pays où ils venaient se réfugier et dans lesquels plusieurs même venaient terminer leur maladie? Comment aussi expliquer cette importation par un seul individu, alors que presque toujours la maladie éclate simultanément par plusieurs foyers séparés les uns des autres. De pins, lorsqu'un iudifidu a le choléra, sa famille et ses voisins sont presque simultanément alteints et l'on prétend qu'ils ont été contagionnés : n'est-ce pas bien plutôt que toutes les personnes habitant le même endroit ont été soumises aux mêmes influences épidémiques? M. Jules Guérin ajoute qa*il retracera dans quelque temps Thistoire vraie du

choléra à Paris l'année dernière, lorsqu'il n'y aura plus aucune crainte d'affoler l'esprit public.

M. Hardjf souhaiterait ^ue M. Proust comptétAt son travail par l'exposé de la manière dont le choléra a été importé

h Paris.

« Les renseignements ofOciels me manquent encore, répond M. Proust; dès que je les aurai, je ne manquerai pas de les communiquer, t Puis, répliquant à M. Jules Guérin, il déclare se borner à ne plus vouloir discuter avec son contradicteur pour ce qui concerne l'import^on dn choléra à Toulon. Tonales médecins de Toulon, sans aucune exception, affirment, en effet, qu'il n'existait dans cette ville aucune constitution médicale prémonitoire avant l'édoston de l'épidémie; M. Jules Guérin ne s'est appuyé à cet égard que sur les propos du chef de gare.

M. Jules Guérin objecte qu'il a produit à la tribune et fait

Sublier au Bulletin le relevé des registres de l'hêpital Saint- [andrier, relevé d'après lequel des cas de choléra isolés se sont montrés pendant tout le mois qui a précédé l'apparition oflicielle de l'épidémie.

Dépopulation de la France. — Le ralentissement assez ra^iide, de l'accroissement de la population française n'est que' trop vrai, déclare M. Rochardj ainsi que l'a montré n. Lagneau dans la dernière séance. Au commencement du siècle, le nombre des habitants de notre pays augmentait de 6,92 pour 1000 par an; en 1879, cette proportion n'est plus que de 3,34; elle est aujourd'hui de 2,42, y compris la part de l'immigration, car Texcédent des naissances sur les décès ne nous donne qu'un accroissement de 1,65. Pendant ce temps la population anglaise s'accroît de 13 pour 100, l'Amérique voit la sienne décupler dqiuis le commencement du siècle. Au lieu d'occuper le second rang comme autrefois, nous sommes tombés au quatrième et nous n'avons plus que le dixième de la population de l'Europe, au lieu du tiers ; dans cinquante ans, si cette diminution continue, nous serons tombés au septième rang. Cependant la mortalité en France n'a rien d'excessif, elle est inférieure à celle de la plupart des États de l'Europe et est descendue de 27,82 pour 1000 en 1801 à 22,34 aujourd'hui. La durée de la vie moyenne s'est élevée de vingt-huit ans avant 1789 à trente-sept ans à l'heure actuelle, ce qui tient un peu, il est vrai, à la faible proportion de nos enfants. D'oi^ il suit

3ue notre dépeuplement tient à notre défaut de natalité et, e fait, presque tontes les populations de l'Europe l'emportent sur nous d'un tiers.

Quelles en sont les causes? Elles sont nombreuses : on a incriminé les entraves apportées par les lois aux mariages, aux unions précoces et désintéressées, la tolérance croissante pour les unions irrégulières et pour le libertinage, les 450000 célibataires créés par la loi militaire et les 150000 que fait la loi religieuse. Cependant le nombre des ménages augmente en France, mais c'est le nombre d'enfants par ménage qui diminue dans une proportion telle qu'il n'y a pas de nation au monde où il soit moins élevé; de 4,62 enfants par famille au commencement du siècle il n'est plus que de 3 aujourd'hui. Celte infécondité est parfois involontaire, mais le plus souvent volontaire. La suppression dn droit d'aînesse, l'accroissement de la richesse générale, les

firéjugés du monde et les calculs intéressés concourent k a Ju'oduire.

(Suels remèdes ajiporter à une situation qui menace la prospérité de la nation, l'entretien nécessaire de nos forces militaires; car il nous Tant un million d'hommes sons les armes? On ne saurait revenir au droit d'aînesse, mais on

fieut étendre le droit de tester, de manière à éviter dans une arge mesure le partage excessif des propriétés; on pourrait aussi imposer une Umite au partage de la ^terre, créer des avantages au profit des familles très nombreuses, imposer les célibataires. Il faut sifiifgig^^^pti^tles^^O^il^ition

31) JANviER 1885 GAZETTE HBBDOHADAIRE DE HtDBGINB ET DE CHIRURGIE

bien lointaine de ces mesures, s'efforcer de modifier l'opinion au si^etdes iaconvéDienls qu'on inrétend trouver^ avoir beaucoup d'enfants.

H. LéêH LeForty qai dès -1867 appelait l'attention publique sur ce péril pour notre pays, ne croit pas toutefois que l'eflet lie la dépwulation soit aussi pernicieux pour la France qu'il le serait cfies les peuples imisins. Car, tandis uue les Anglais et les Allemands émigrenl volontiers, le peu d'esprit colonisatenr des Français, qui serait si nuisiole dans le cas on notre population s'accroîtrait outre mesure, est au contraire ime circonstance favorable à l'heure actuelle, miisqu'elle atténue rinsurOsance de la population du soi natal.

— L'Académie se forme en comité secret pour entendre et discuter les conclusions : 1" d'un rapport de M. Bergeron sur l'emploi des fonds provenant du legs Mombione ; 2° d'un rapport de H. Lannehngvê sur le eonceurs du prix Barbier en 1883; 3* d'un rapport de M. Lanctfreauaï sur le concours du prix Amussat en 1883:

SÉANCE DD23 JAHTIEft i885. ~ PRÉSIDENCE DE H. OITYOT.

ObMryttloM d'oroUte goattauae : MM. Martal (da Salat-Malo) st IMbootd'EMrSM. — Moteanr tm «■* daeaaewdn pylor» A loogoa évolution : K. Da}«rdlD-B«aam«tt- — A. propos da tndtoment da la solatlqm par las pnlvèrUatlona da ohlorore da mMhyla : MH. Dabora, A. Robin, XiatnUa. — Rapport da M. Bnoqooy aor la nomliwUan d'nna oomtal— ton dlijraltea daa h^ttwuc — Ha la ooogaallen rtnale primlttra : M. A. Robin.

La Société reçoit une lettre de M. Martel (de Saint-Malo) rapportant deux observations d'orchite goutteuse survenue che2 des individus âgés de cinquante-cinq ans environ. — Une lettre de M. Debout d^Estrées relate un cas semblable et signale troù faits de goutte parotidieane.

H. OlUvier pense que l'orchife goutteuse doit être rap

Srochée de celle qui survient chez les rhumatisants et rîiez les iabétiques. Il propose de donner à ce groupe bien délimité d'orchites le nom a'orchites coHêtitutionnelles. Il se réserva d'en rapporter ultérieurement un certain nombre d'exemples.

— H. Dujardin-Beaumetz donne lectnre d'une Note sur un cas de cancer du pylore à longue évolution. Il fait remarquer que la durée maxima de trente-six mois, assignée par Brinton, Lebert, Talleix au cancer de l'estomac, est sentent inférieure k la limite réelle observée. C'est ainsi que chex un Domme de cinquante-six ans, soigné par lui k l'hôpital Cochin, la mort n'est survenue que cinq ans après le début de la maladie, il s'agit d'un rhumatisant qui avait présenté, pendant de longues années, des souffrances gastriques, et qui, en 1880, ressentit dans la région de l'estomac une douleur lancinante accompagnée de vomissements presque incessants. Soumis au régime lacté, le malade éprouva une amélioration considérable; les vomissements cessèrent, mais pour reparaître dès qu'il tentait de revenir au régime ordinaire. La digestion devenant progressivement plus lente et plus pénible, il fut soumis, en 1883, au lavage de l'estomac, dont il retira un bénéfice marqué; mais des écarts de régime amenèrent une rechute et il demanda son admission àrh6pital en juillet 188i. Lorsque M. Dujanlin-Beaum^ Texaniioa pour la première fois, en prenant le service au mois de novembre, il constata une dilatation énorme de l'estomac, mais il ne put, en aucun point, découvrir une tumeur appréciable à la palpation; le malade, plutôt pàle que cachectique, avait d'abondants vomissements dès qu'il ne recourait pas chaque jour au lavage gastrique. Jamais, d'ailleurs, ces vomissements ne renfermèrent trace de sang. Il présenta également des phénomènes de tétanie b^s marques, analogues à cenx que Kussmaul a signalés dans la dilatation gastrique. L'analyse de l'urine d'après la méthode de Romroelafire, la recherche de Facidilé du eue gastrique portaient k

Penser qu'il existait chez cet homme un Ccircinômej bien que examen clinique ne fournit aucun indice certain. Après diverses alternatives d'amélioration obtenue au moyen du gavage par la sonde, et d'aggravation résultant d'écarts de régime, le malade succomba le 3 janvier 1885. L'autopsie révéla un cancer du pylore entourant cet orifice et lui avant fait perdre son élasticité, de telle sorte que, sans le rétrécir, il l'avait rendu, par sa rigidité, incapable d'accomplir ses fonctions. En aucun point on ne trouvait d'nleéralion. Ainsi, dans ce cas, la mort n'est survenue qu'au bout.de cinq ans et a été le résultat, bien moins des progrès du mal que des troubles apportés à la nutrition par un fonctionnement défectueux de l'orifice pylorique. Peut-être avec plus de persévérance dans le régime ce malade eût-îl obtenu une survie plus considérable.

— M. Debove, en réponse aux diverses objections qui ont été adressées dans la précédente séance aux pulvérisations de chlorure de méihyle comme traitement de la sciatique, rappelle qu'il a, dès le principe, prévenu ses collègues qirils rencontreraient un certain nombre d'insuccès en s'attaquant à la sciatique symptomatiquef tandis qu'ils réussiraient toujours en traitant la névralgie sciatique. 11 est néanmoins «larrie' •qu'il' fout essaver 4*«ction puissante des projections de chlorure de méihyle contre les sciatiques symptomatiques, puisqu'on a pu jusqu'ici enregistrer quelques succès et un assez ^rand nombre d'améliorations. Quant à l'acide carbonique liquide, dont a parlé M. Lailler, H. Debove l'a expérimenté élément : c'est un moyen peu pratitjue, l'acide carbonique liquide étant renfermé dans un volumineux réservoir d'acier, un véritable canon. H. Debove s'est servi de la neige d'acide carbonique résultant de la simple projection du jet d'acide carbonique liquide dans un récipient spécial, où il se congèle sous l'mfluence du refroidissement considérable que produit sa vaporisation. Cette neige, tassée dans un tube de verre, forme une sorte de crayon que l'on promène k la surface des téguments au niveau des points douloureux. Il faut avoir soin d'humecter la peau avee de Téther, sans quoi le contact immédiat ne peut être obtenu, par soite du phénomène physique de l'état sphéroTdal. H. Debove se réserve d'expérimenter plus complètement ce procédé; il a dès maintenant constaté que la congélation de la peau par ce moyen ne s'accompagne, par la suite, d'aucune coloration

fiigmentaire. Jamais M. Debove n'a produit d'eschares avec e chlorure de méthyle ; il faut d'ailleurs avoir soin de cesser la projection sur un'méme point du tégument dès que la peau est congelée à ce niveau et prend une coloration blanche caractérislique. C'est là le guide le plus sâr pour la durée de l'application du réfrigérant. L'obésité ne constitue pas une contre-indication, seulement on doit s'attendre, eu pareil cas, à une vésication plus facile et plus étendue.

H. A. Robin a fait disparaître avec une seule pulvérisation des douleurs très vives de sciatique, remontant à six mois environ, chez un homme de quarante ans; la marche fut possible et entièrement indolente aussitôt après l'opération. Quelques légères douleurs ayant reparu au bout de trois semaines, aiie nouvelle pulvénsation amena laguérison définitive. Le malade ne conserva, comme trace de la vésication assez étendue produite par le chlorure de méthyle, qu'une pigmentation très marquée le long du trajet du sciatique. Aucune douleur ne s'était montrée à nouveau lorsque le malade quitta l'hôpital un mois et demi plus lard.

— H. Letulle a employé le chlorure de méthyle pour une sciatique névrite ayant obligé le malade à garder le lit pendant un mois et demi. La guérison fut presque complète d'emblée, puisque an bout de six mois le malade n'éprouvait que quelques élancements douloureux assez rares et très supportables. Dans un second cas, il s'a^ssait d'un tuberculeux, souffrant d'un mal de Potl lombaire ^^^^n^fi^^Jf névralgie crurale et sciatique lli^$clevnaD'v®Q(ra

GAZETTE HEBDOMADAIRE DB MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 30 Jahtiir 1885

tique : amélioration considérable, persistance de quelques douleurs sourdes peu intenses.

— M. Bucqttoy donne lecture, au nom du conseil de famille, de son rapport au sujet de la nomination d'une commission d'hygiène des hôpilaux. Il formule en terminant les conclusions suivantes. Le conseil de famille propose : 1* de nommer une commission permanente dite d'hygiène hospitalière qui sera composée d'un médecin de chaque hôpital ou hospice, et du médecin de l'hôpital s'il n'y en a qu'un seul attaché à l'établissement; — 2» de charger cette commission, aussitôt qu'elle aura élé nommée, de faire choix de trois candidats qui seront soumis aux suffrages de la Société des hôpilaux. pour être présentés ensuite à la nomination de H. le Directeur de l'Assislance publique comme membres de la commission administrative d'hygiène des hôpitaux. — La Société sera appelée à voter dans la prochaine séance. H. Bucquoy propose enfin de voter des remerciements à MM. Lailler et E. Besnier < d'abord pour le zèle et le dévouement qu'il ont apportés dans l'accomplissement de leur mandat, et aussi pour le soin qu'ils ont mis à sauvegarder, dans la difficile question de rhygiène hospitalière,

les intérêts de la science et de l'hujpanite ». . ,

'. — Ces coBcIusions sont mises aux voix et adoptées..'

— M. A. Bobin donne lecture d'un mémoire sur la congestion rénale primitive (voy. p. 69).

— La séance est levée & cinq heures.

André Petit.

Société 4e chirnrgic.

SÉAHOB DD âl JANVIER 1885. — PRÉSIDENCE DE H. MARC SÉE.

PuwMiMiit dm amputations du aaln : M. Monod. — VyatArMtomte '▼aalaal0.1tapyort: K.T»nn*r. Dimaston : KM. Daaprta, B«r««r, MaUlen. — BtaetleiM.

M. Monod lit une note relative au pansement dans les amputations du sein. 11 ex|)ose le résultat de sa pratique tant en ville qu'à Thôpilal; sa situation particulière ne chirurgien d'un hospice de vieilles femmes lui a permis de suivre ses malades pendant plusieurs années, et d'apprécier par conséquent la. valeur de sa méthode. Il a fait 20 ablations de tumeurs de la mamelle, 7 fois la glande seule a été enlevée, 13. fois il a. fallu pratiquer conjointement l'extirpation de ganglions axillaires; dans presque tous les cas la réunion a été tentée et le pansement de Lister avec drainage pratiqué dans toute sa rigueur. Voici les résultats obtenus dans ces 20 faits : 5 fois la réunion immédiate a été complète en quelques jours ; ^^0 fois elle a été rapide, accompagnée d'un peu de suppuration, qu'on doit pàut-étrè attribuer au trop long séjour du drain; 7 fois elle a élé retardée, soit parce qiie l'étendue de la plaie n'a pas permis de réunir complètement les suifaces, soit parce que l'état général des malades a fait manquer la réunion ; enfin 2 fois la largeur de la plaie s'est opposée à toute tentative de réunion. En somme, chez 15 de ces opérées, la guérison a été rapide; chez les autres, elle a été plus ou moins longue ; aucune n'a succombé. Une seule fois on a observé un petit érysipële survenu au troisième mois autour d'une plaie vaste et non réunie. Pour ce qui est de la récidive, ches ^ malades elle ne s'était pas encore manifestée deux ans à deux ans et demi après l'opération; chez 6 elle est survenue plus, ou moins rapidement : l'une de ces malades a été opérée à six reprises dans une période de cinq à six ans, une autre a dû subir deux opérations; cheK 4, la récidive rapide avant la cicatrisation de la plaie doit être mise sur le compte de l'ancienneté, de l'étendue et de Ja forme du néoplasme. Ce sont, en effet, surtout

ces conditions qui prédisposent aux récidives, plutôt que le mode de pansement. M. Monod a toujours fait les ablations les plus laides, et il repousse l'accusation de faire des extirpations incomplètes portée contre les chirurgiens habitués à réunir. En terminant, il donne quelques détails sur sa manière d'appliquer le pansement de Lister, et rappelle entre autres choses qu'il ne lève le premier pansement que le quatrième jour.

— M. Terrier avait un rapport à faire sur deux observations d'hystérectomîe vaginale envoyées par M. Démons (de Bordeaux) ; mais ayant appris que ces deux observations ont élé publiées et commentées dans une thèse soutenue l'année dernière par M. Doche devant la Faculté de médecine de Bordeaux, il se contentera de rapporter l'issue de ces deux opérations remarquables : l'une des malades est morte, l'autre a parfaitement guéri. L'extirpation de l'utérus, pratiquée pour un épitbéiToma du col, n'a pas encore été suivie de récidive.

M. Després demande qu'il lui soit permis de faire toutes ses réserves sur le diagnostic histologique de ces deux néoplasmes utérins; selon lui, rien n|est plus difficile q^ue de reconnaître, même au microscope, la pâture épithéliomateuse d'une tumeur de l'utérus. Ce genre d'alTecUon évolue rapidement, envahit très vite les ganglions, et l'ablation de l'utérus, fût-elle complète, ne mettrait que très rarement, sinon jamais, à l'abri des récidives. D'ailleurs H. Després ne croit pas qu'il soit possible d'eulever en totalité l'utérus par la voie vaginale.

M. Berger hil remarquer qu'on est bien revenu de l'enthousiasme qu'on avait au début pour l'extirpation de l'utérus cancéreux; Hégar lui-même est moins entreprenant qu'autrefois. Le diagnostic des adhérences de la tumeur avec les organes du petit bassin, point très important dans la détermination opératoire, est difficile, sinon impossible, et Ton s'expose à des accidents du genre de celui que M. Jules Bœckel est venu, du reste, avouer de bonne foi à la Société» la section d'un uretère. Ne fallut-il pas foire dans la «lîte la néphreclomieî C'est là une conséquence fâcheuse de l'eattirpation de l'utérus. Sans se prononcer pour ou contre Thystéreclomie, M. Berger a tenu à rappeler les difficultés de ses indications et les dangers de sa pratique.

M. Polaillon pense que le cancer de l'utérus (épiihélioma) débute le plus souvent par le col et y reste quelque temps confiné; é^uprès cela, l'amputation du col est suiOsanle et elle est bien moins grave que TablatioA totale de l'orgioe. M. Polaillon voit encore deux malades opérées l'une depuis deux ans, l'autre depuis cinq ans; aucune d'elles ne présente encore trace de récidive.

M. Terrier engage M. Després à répéter sur le cadavre l'extirpation de l'utérus par le vagin ; il verra que ropération est'possible. H répond à H. Berger que le cas dé M. Jules Bceckel ne doit pas arrêter les opérateurs; des observations nombreuses, des études attentives pourront peut-être un jour faire exactement préciser les indications de l'opération en question. Quant à l'affirmation émise par M. Polaillon que le cancer uténn reste très longtemps limité au col, M. Terrier ne saurait y souscrire. Les études histologiques de M. le professeur Cornit ont au contraire montré que la plus petite ulcération épithéliomateuse du col se propage très vite au corps et retentit très rapidement sur les ganglions lymphatiques.

— Au cours de la séance, la Société a nommé au titre de membres associés étrangers, UVi. Pallisxarri (de Herenee) et Skilfossowsky (de Moscou) ;

Au titre de membres correspondants étrangers, MM. Lewis StimsoH (de. Mew-York), Saft;?ffiann id'Helsipgford), PlHW (de Copenhague), S^^i^fS^i^^^S^^^I&miZ

30 iAKviEK 1885 GAZETTE HRBOOMADAIRB OS

MfiDBGlNB BT DS GUIRURGIB — 5 - 77

Au titre de membres correspondants nationaux, MM. Poulet (du Val-de-Gràce), Villeneuve (de Marseille), Turgis (de Falaise), Malherbe (de Nantes).

TARliTÉS

Aatbr*iw r«r«, d'après de nouveaux documents découverts iiux Archives nationales et des papiers de famille, par le docteur Le Paulmieh, avec un portrait inédit de Paré. — Paris, Gharavay frères, i885.

(Fia. — Voy. le numéro 4.)

De ses neuf enfants, A. Paré ne conserva que trois filles. Il fiança l'aînée, Catherine, fille de Jeanne Mazelin, au frère de sa deuxième femme, François Ronsselet, trésorier de l'argenterie de Monseigneur, frère unique du roi (le duc d'Anjou) et secrétaire ordinaire de sa maison. Le contrat est

dii 18 mars 1581. Etaient présents : Jacques Maréchal et

Claude Viarl, Cousins; Ch. Fournier, oncle maternel et subrogé tuteur de la future -, Pierre de la Rue, aussi oncle maternel; Louis de Prtme, AntoinèPoriair/cKîrurgiën iird!-' naire du roi, Jacques Quiquebœuf, cousins maternels, etc., amis de Catherine. Ceux du futur étaient: Marie Boullaye, veuve de Jacques Rousselet, sa mèfe; Didier Martin, son beau-frère, etc., etc. {Arch. ntut., ï. 122, fol. 415 v"). Le mariage fut célébré le 15 avril à Téglise Saint -André-des- Arcs. Des huit enfants qui eu naquirent, trois seulement furent baptisés dans cette église: 1" Florentin (34 juillet 1587, marraine : Jeanne Paré, veuve de Claude Viart) ; 3* Charles (4 janvier 1590, parrains : Ch. Hazelin et Jacques Gnillemeau, ehirur^en Juré; marraine : Anne Paré, filled Antoine Paré. — Antoine a été mis pour Ambroise); 6° Catherine (32 juillet 1599, marraine : la deuxième Catherine Paré, sa tante). Les cinq autres, 3* Nicolas, 5 octobre 1588; 4" Etienne,

13 août 1594; 5* Marguerite, 13 janvier 1596 ; 7» Denis,

14 octobre 1601 ; 8» Henri, 14 mars 1605, furent peut-être baptisés à la paroisse de Fontenay en Brie (S. et H.), où se trouvait la ferme de Quinquampoix qui avait été donnée en dot à François Rousselet. Sa femme, Catherine Paré, avait apporté en dot les biens et droits provenant de la succession de sa mère. De lè beaucoup d'ennuis et de difficultés. A. Paré avait fait certains dons irrévocables à sa nièce Jeanne et à d'antres. Ënfm sa fille et son gendre, qui était en même temps son beau-frère, refusaient depuis cinq ans d'acceptw le compte de tutelle, et peu s'en fallut qu'un procès ne. s'engBgeftt. Le 2? mars 1586, fut sirné un acte d'accord par-âevant notaires {Areh. naf., Y 127, fol. 428 f). François Rousselet, qui était alors conseiller et contrèleur général de la maison de la reine de Navarre, lardant un peu trop i le faire enregistre!*, A. Paré à son toiir lé fit citer le 14 mai 1586, pour entendre la sentence du Chàtelet ordonnant l'insinuation de l'accord passé entre eux, et défendant audit Rousselet de procéder aux requêtes du palais {Arch. naf.. Y 127, fol. 431).

Le 1* juillet 1587, trois ans avant sa mort, A. Paré fit son testament. < If donnait par moitié indivise à ses deux filles, Anne et Catherine, issues de son second mariage, une maison située rile Garancière, aa faubourg Sainl-Germain-des- Prés, et provenant de son partage avec Fr. Rousselet, son gendre et beau-frère (I). A Denis Gaultier il léguait son manteau de serge, ses instruments, etc., s'il était encore h son service au jorn* de son décès. » A propos de ce dernier legs, je dois ne pas taire une bonne action de Paré. « Par lettres patentes données à Cc^nac au mois d'août 1585 (2),

(11 Outre m bmImmii de ta me de )'HI<WMtallB. m locceMla» cmpMMll Mom nn dontM biluë à U Ville da B«ti, prêt de MeaUMrj (csnfoa de PakiMev). (S) CWiil k U Ibi de ce fnsd lopt* de Ourlet IX à tnfen la Freiee ^1

dit H. Le Paulmier, le roi avait fait don À son chirurgien, et probablen;ent sur sa demande, des biens de feu Jean Gaultier, natif de Saint-Paul, au diocèse d'Embrun, en Dauphiné, pédagogue et étudiant en l'université de Paris, décédé en cette ville en 1564, biens échus au sbuverain par droit d'aubaine, après une sentence des conseillers du trésor. Le 11 septembre suivant, une instance s'engagea entre le procureur du roi et Claude Gaultier, réclamant la succession de son frère en vertu d'un testament fait à Carpentras, le 6 aoûtl531. Le 5 octobre, la chambre du trésor, se fondant sur ce qu'il demeurait depuis plus de trenîe ans en la ville de Carpentras, terre papale, le débouta de sa demànde.'Le 26 octobre, Paré rétrocéda cette donation & Claude Gaultier, cardeur et piqueur de laines, demeurant en la ville de Carpentras au comté de Venisse, près Avignon, pauvre homme aveugle âgé de soixante ans et plus, chargé de quatre enfants » (Trois pièces justificatives hux Arch. nal-, II, 263, fol. 238 V. — Chambre du domaine, Z 5277, fol. 78. — Y 109, fol. 4.)

Par un autre acte du 14 juillet 1559, le bonhomme Paré, coulnmier des belles actions, avait fôit donation irrévocable de quinze livres tournoisde renteà Olive Amouliet,&gée de six à sept ans, fille de maître Amy Arnoullet, médecin àSezannei c en faveur des bons plaisirs qu'il lui a cy-devant faicts, de la preuve desquels il Va rellevé par ces présentes > (Areh. «af., Y100,foK240v).

Après la mort d'A. Paré, sa veuve alla habiter la maison de la Vache avec ses deux filles, Anne et Catherine. La première fut fiancée, le jeudi 4 juillet 1596, avec Henri Symon, conseiller du Roy et trésorier principal de l'extraordinaire des guerres en Bouit^ogne et Nivernais, demeurant en la paroisse de Saint- Elienne-du-Mont. La filleule de la princesse Anne d'Esté, est celle qui, l'an 1599, près de périr d'une hémon^iagie pendant le travail deTaccouchement, fut sauvée par J. Guillemeau {Vhevreux aeoiuchement des femmesy liv. Il, ch. xiii), comme je l'ai dit dans mon premier travail. L'enfant qui vint ainsi au monde^ne vécut pas, puisque le 18 juillet 1316, Henri Symon, receveur général des finances à Paris, et Anne PÛé. sa femme, « n'ayant à présent aucuns enfants » se firent donation mutuelle de lout ce qu'ils posséderaient an moment de leur mort {Arch. nat.t Y 157, fol. 126.

Anne Paré avait eu en dot le domaine de la Tille du bois,' près Montlhéry, car, le 14 avril 1617, par acte passé à Paris, les époux Symon, qui demeuraient alors rue des Prouvaires, paroisse de Saint-Ëustache, en firent don à leur sœur, Catherine Paré, femme de Claude Hédelin, conseiller du Roi, lieutenant civil et criminel au duché de Nemours et châte-^ lenie de Chàteau-Landon {Areh. nat.j Y 158, fol. 88 v"). Cette donation fut ratifiée par acte du 25 avril 1617 (Arcn.' nflr., Y158, fol. 89 V'').

La première Catherine, veuve de François Rousselet, c décéda le 31 septembre 16l6, environ une heure après-midi, en sa maison size rue de l'Hirondelle, portant l'enseigne de la Vache >. Jacqueline Rousselet, veuve d'Ambroise Paré, qui habitait avec elle, était morte le 26 juin, et avait été inhumée le jour suivant à l'église Saint-Andre-des-Arcs.

La deuxième Catherine avait épousé à la même église, le 29 septembre 1603, Claude Hédeiin, conseiller en la chambre du trésor, qui alla se fixer à Nemours vers 1610. Sa généalogie est avec les pajpters de famille au ch&teau de Paley.' Il mourut le 18 avril 1d38 ; sa veuve, le 11 novembre 1659. Ils furent enterrés l'un et l'autre dans la chapelle Saint- Pierre de l'église Sain-Jean-Baptiste de Nemours. De leurs douze enfants, l'atné François (1604-1676), né & Paris, fut Iti fameux abbé d'Aubignac, favori du cardinal de Riçhélieq.

?8 — N- S — GA^ËTTë HËfitïOllADAlRË DE MÈÔËGINË Ët DË CUlRtJtlGiË 30 Janvier mh

U cadel, Anne (1611-1692), né à Neomin» prit la charge de son père en 1654. Jacques (1614-1704); Claude, tué à la bataille de Coblentz; Henri, tue au ^iège de Carrue eo luUe, en 1640; Hictielle, c|ui épousa, le 3 mars 1631, Claude des BaiTes et, en deuxième noces, Louis Chapotin ; Madeleine, religieuse ; Marie, morte en couche ; Geneviève, relisieuse de Kotrè'Dame de Nemours; Catherine, morle fiFle le 23 février 1673; Jeanne, qui épousa Jacfiues Langlois, comniissaire des guerres. « Le nom d*Hédelin s'est éieint à Nemours il y a quelques années seuleraeat; mais cette famille compte encore des représentants », les propriétaires mêmes du château de Paley.

Les maisons d*Ambroise Paré, celle ç|u*il avait donnée a s» oiëce Jeanne, mariée ù Claude Viart.la maison de la Vachet et celle des TroU-MoreSj qn*il habitait en dernier lieu, étaient situées en avant de la fontaine" actuelle de la place Saint-Michel. Elles se touchaient toutes (voy. le plan dressé par M. Le Paulmier,ç. 172). La maison des l^'Ois-Mores était considérable. Derrière y atlenail une grande cour qui avait une sortie sur la rue des Augustins, entre les maisons de Guillaume Guéau et de François Penier. Immédiatement à côté, rue de rHirondelle, était la maisoU' de ia Vachet avec une cour au bout de laquelle se trouvait la maison de Jeanne Viart, qui avait son entrée par un passage sur la place du pont Saint-Michel. Le coin de la rue de l'Hirondelle était occupé par la maison de Prime, conligué à la mftison de la Vache, Je me suis donc bien trompé dans mon premier travail, quand J'ai supj)osé que la demeure d'A. Paré était rue de l'Hirondelle, immédiatement au bas de l'escalier actuel, i droite. Cest là qu'était le logis donné par François I" à la dachesse d'Ëiampes.

Hais je maintiens, avec Hidgaigne et Jal, que maître Ambroise Paré n'était pas huguenot. Sa sépulture de famille, dans régfîse Saint-Audré-des-Arcs, sa paroisse, suffît à le prouver. Cet argument est sans réplique. Il n'en est pas de mèAie pour celui que fait valoir H. Le Paulmier. Il est tiré d'un passage de la Responce de maitre Ambroise Paré, premier chirurgien du rop^ aux calomnies d'anciens médecins et chirurgiens touchant ses œuvres (1575) : « 24. Par cette histoire que je fais de moi, citée page 939, je l'ai escritc afin que si aucun avait esté empoisonné, it peusC se secotirir par tels remèdes. Au reste, méchamment nos ennemis otit voulu tirer ce mot de Religion en conséquence, pour me mettre en haine envers tous Tes gens de bien ; car ij a été cité par mov pour ne me glorifler avoir suivi telle opinion, mais seulement de peur que le lecteur ne pensast que j'eusse commis quelque nault crime qm touchast ou la vie ou les biens de quelqu'un, puisqu'on avait attenté sur ma vie. Et moins l'aye cite en intention de monstrer que ceux

aui suivent la saincte Eglise catholique et romaine abusent e moyens illicites pour se detTairs de leurs ennemis. Car je déclare présentement et est tout certain, que tel empoisonneur estait ny d'une ny d'autre religion, ains seulement libertin et sans aucune crainte de Dieu, i Je connaissais ce passage queH. Le Paulmier croitavoir découvert, el qui, suivant moi, n'a pas dii tout l'évidence qu'il lui donne. II y a là matière à discussion. J'ai pensé que le grand chirurgien était à ce moment pour le parti de la réforme contre l'intolérance catholique, et je rappelle ma conclusion : « Quand A. Paré raconte la tentative d'empoisonnement dont il a été victime après la prise de Rouen, il vent qu'on sache bien que c'est pour la religion et non pour antre chose. »

Je n'ai pas à parler longuement des voyages dont A. Paré donne hu-méme, sans ordre, la relation dans la grande Apologie (édition de 1585 des Œuvres complètes). M. Le Paulmier a mis toutes les choses à leur place avec une clarté parftite. IlTeclifié, comme je l'avais fait moi-même, la date du voyage de Turin avec le maréchal de Honteiean, 1537 au lieu de 1536, et une autre encore, 1542 au lieu de 1545,

pour le voyage de Perpignan avec René de Rohan. Halgai^ne aurait eu le tort de pPacer l'entrevue de Paré avec Sylvius après ce voyage. A propos du voyage de la bataille de Moncontour, .V. Le Paulmier donne de curieux détails, pris aux Mémoires du maréchal de Basaompierre, sur les blessures de trois cotonels, proches parents, qui furent frappés auméme bras et an nème point, le coude droit, p. 71 et 72.

Ambroise Paré avait commencé ses études ehinn^tiealee probablement à Angers. Il vini ensuhe à Paris. Il était coni-

Esgnon chirurgien (c'est-à-dire étudiant) en 1533, à l'HOtellîeu, où il est resté trois à quatre ans. Ses études terminées, mais n'ayant pas encore pris de grade, U part comme chî- 'rurgien de M. de Montejean. 11 devait avoir vingt-sept ans. Ç'esl à son retour qu'il prépare ses eUB^ens de Mrbier,avec son ami Thierrv de Héry. Hs furent raçps tous lies deux en 1541, sous le second décanat de Glande Roger. H. Le Paulmier en a trouvé la preuve -dans les Commentaires de la Faculté, l. V, foL 171.

Après de brillantes campagnes, parvenu à uue hante situation, A. Paré, devenu chirurgien ordinaire du roi, comprit qu'il lui fallait changer son titre de barbier en celui de maître eWchimrgie. Grâce à la protection de son ami Etienne de La Rivière, le IS décembre 1554, il faisait partie du Collège des chirurgiens. La supplique est du 1S août. Les registres de l'illustre corporation sont perdus, mais H. Le Paulmier a trouvé dans le troisième volume de VHistoire de la chirurgie de Peyrilhe, dont le manuscrit appartient à la bibliothèque de l'Académie de médecine, les procès-verbaux qui ont rapport à la réception de Paré. Il publie pour la première fois tu extenso ces précieux documents (p. 43 à 49) . Maître Ambroise dut a|}prenare un peu de latin, etc., etc. f Le 1" janvier 1562, il prête serment comme premier chirurgien du roi, an lieu et place de feu raattre Nicole Lavemet. » M. Le Paulmier a trouvé aussi dans les Comnentaires (t. VU, fol. 151) la tentative, faite par Paré en 1567, de détacher les chirui^ giens de la Faculté de médecine, pour les subordonner â l'autorité du premier chirui^en du roi. 11 trouva une vive opposition de toute part, et snrtoot des médecins, qui soutinrent les barbiers.

Dans ses trois premiers ouvrages, publiés en 1545, 1550, 1552, A. Paré a le simple titre de barbier-chirun^ieu à Paris. U est chirurgien ordinaire du ni et juré daus la Méthode curative des plaies e( fractures de la tête Aumaine, etc., et VÂnatomie universelle du corps hufoain, etc., qui portent la date 1561 (1). J'avjus dit nue Malgaigne s'était trompé en mettant ce dernier avant I autre. M. Le Paulmier, s embrouillant dans la rectification des datés (ancien style), fait la même erreur. En voici la preuve. A la fia de VAnatomie universellCy p. cclxxvii. Paré dit : % Cesl endroit finira le urésent traité, lequel, si jé connais être bien re^u, je m'euorceray en faveur de tous mes amis mettre en bref une pratique générale de toutes les parties du corps, ainsi que f ai fait au livre des playes de la tète humaine ; et donnerai les portraits des instruments nécessaires selon qu'il sera requis, tant aux maladies qu'à diaeune partie offensée... >

Au sujet des cinq livres de chirurgie publiés en 1573, chez A. Wœchel (2), M. Le Paulmier, qui croit cette édition perdue, aurait pu, s'il avait considéré un peu Qia brochure, trouver le volume à la Bibliothèque nationale (Te 37, 3). 1| contient, en effet, au chapitre xlv du livre des luiattwoaj une Apologie touchant les harquebusodes, dirigée contre Julien Le Paulmifr, docteur régent de la Faculté jle Paris, qui avait publié en 1569 ub Traieté dê la nattare et curafioN. dee

(1) u privDèr iMl dn 8 wtokra I5W, donné k Holi par VnattiA» tt. U même pov Im doux ouin^et. > *

briefve deicrtpUon âe ta Ifyn, fên m 1568. ^

3U iANVIEK i88&

GAZËÎTfi HfiBDOMADAmB DE HËDËCINE ËT DE GUIRURGIË

piayes de pistollet karquebouses et autres bâtons à /eu, où la pratique chirurgicale de Paré était critiquée, uotamment pour tes blessés de Rouen, de Dreux et de Saint-Denis. Un anonyme répondit pour Julien le Patdmler. Le 20 mars parut le Discours des arquebousades en forme d'èpistre, pour répondre à certaine apologie publiée par Ambroyse Paréj par J.-M. compagnon-barbier y Lyon, 1572. Ce libelle injurieux devait rester sans réponse.

Je n'insisterai pas non plus sur le procès que le célèbre auteur eut à soutenir contre la Faculté de médecine, qui mît opposition à la vente de la première édition des Œuvres complètes, 1575. Avant le docteur Le Paulmier, j'en ai donné tous les détails, d'après le huitième volume des Commentaires, pour prouver que, c contrairement au dire de H. Ghéreau, nous avions les œuvres de maître Ambroise Pai^ dans toute leur originalité première ». M. Le Paulmier a trouvé de plus aux Archives nationales (X« 5058, fol. 405 v«) le texte de l'arrêt da Parlement rendu & Auys clos le jeudi 14 juillet 1575. J'avais aussi donné tout au long ce que nous apprennent les Commentaires (VU? vol., fol. 98v*etfol. 102) au sujet de la deuxième édition des Œuvres complèteSt 1579, nue I irrascible Faculté chercha vainement à censurer, et de 1 édition,. latine de Jacques Guillimeauv 1582, dont elle ne voulut pas non plus accepter le titre (VIU* vol., fol. 166 et 167 V).

Dans quelques indications biblio^phiques H. Le Paulmier dit, p. 131, que la septième édition des Œuvres complètes, iM, parut d'abord chez Barthélémy Hacé. «Hais, soit par suite de la mort de cet éditeur, soit & cause de quelques difficultés survenues entre lui et les héritiers de Paré, ceux-ci s'adressèrent à Nicolas Buon..., qui substitua

simplement son nom et conserva la même date, sans faire le moindre changement au reste de l'ouvrage. > H. Le Paulmier aurait pn voir dans mon prenuer travail qu*it en a été de même pour la sixième édition, 1607, dont Pexemplaire de Nicolas Buon est à la Bibliothèque de l'Eeole de médecine,

shangeraent

aurait même .

Nicolas'

et celui de Barthélémy Hacé a la Bjbliolhèc|ue nationale (Td 72, I, B). Le privifège, comme je le faisais remarquer, est accordé te 10 janvier 1607 à Nicolas Buon pour dix ans. Dès lors l'explication est toute simple. N. Buon a imprimé les deux éditions, et il s'est entendu avec son confrère fi. Macé, qui désirait avoir un frontupice en son nom. C'est pour cela que j'avais appelé ces éiUtions posthumes, celles des deux éditeurs.

H. Le Paulmier décrit en terminant les portraits de Paré. D'abord le portrait peint qu'il a vu au ch&teau de Pal^, 60 centimètres de hauteur sur 46 centimètres de largeur. En buste, de trois quarts, tête nue tournée à droite; pourpoint de velours noir; cheveux gris, rares et courts; barbe entière, peu fournie, primitivement cbfttain; yeux vifs de couleur jaune brun ; nez un peu gros, arrondi du bout; le cou entouré d'une collerette gaufrée, bordée d'une dentelle et montant très haut. A gauche, au-dessus de l'épaule droite, se voit la date 1575 en chiffres du temps. En bas, sur ta peinture même, on a îuouté an siècle dernier : An^roise Paré^ V chirW' gien au Roy. Inutile d'appuyer sur rauihenlicité de ce portrait. Il n'en est pas de même pour celui que possède l'Ecole de médecine de Paris (1). 11 représenterait, selon H. Le Paulmier, nn antre personnage. C'est aller un peu loin. Hais je ne crois pas ou il ait été peint en 1570, ni métne du vivant d'A. PareT

Les portraits gravés qui ornent les ouvrages de Paré sont intéressants à plus d'un titre. Il était facile de les classer avec mon premier travail, et je crois que H. Le Paulmier aurait évité quelques errann s'fl s'en était servi.

I. Les oeux ouvrages publiés en 1561, à Paris, ches Jean Le Royer, La méthode curative des playes et fractures de

(I) Sur toile, b nd-eorpt. gnod eoauw nature, posa tb^Urale.

la tête humaine et L'aaa tomie universelle du corps hunuiiu, ont le même portrait en bwte, tête de profil, cadre ovale autour duquel on lit : Labor ixpmbus ohnia TiNcrr, et m bas A. P. —AN. MT, 45. Ambroise Paré est représenté comme il était eu 1555 : cheveux fournis, courts, barbe en* lîère et courte. H. Le Paulmier trouve ces deux portraits différents l'un de l'autre. Il aura tu quelque reproduction infidèle.

Trois ans après, 1564, dans dix livres db cHmonciE, Paris, chez le même libraire, le même portrait est gravé de nouveau. Quatre boutons au pourpoint au lieu de cinq, pas de cadre. La devise : Labor ihphobds omhu vincit estjpjacéa au-dessous du portrait.avec l'inscription A. P. — AN. i£T.48. Puis un R et un B emmêlés, le monogramme de René Boi^ vin probablement. H. Le Paulmier a mis seulement un R, conservant ainsi la faute d'imprimerie de l'édition de Malgaigne.

Le même portrait, en^ buste, de profil, ramisdans nn cadré ovale tout à tait pareil an médaillon de 1561, se retrouve en

tête des cinq livres de cniRURGiE, 1572, et des deux livres DE chirurgie : i" de la génération de l'homme, 2° des monstreSf 1573, publiés chez André Wéchel. Le graveur a changé-scûlement Ib chiffre de i'èjta'ï A. P. — AN. jET. 55;' Il aui'nil mieux valu conserver le chiffre 45, puisque c'est le même portrait. Seuls, les poils du menton ne sont pas recourbés en avant, comme dans l'estampe de 1561.

II. La première édition des Œuvres complètes, 1575, donne un nouveau portrait, qui est reproduit dans ladeuxièm.e édition, 1579. De rorme carrée, sans signature, en buste, de

Srofîl tourné à droite, la main gauche ouverte sur le devant esa poitrine, pourpoint rayé. Paré est âgé de soixante-cinq an, comme le montre la date du même portrait de la deuxitaie édition, ^ttUis suœ 65. L'édition latine, 1582, qui a été faite sur l'édition de 1579, porte Mtatis stkv 68, sur qn portrait analogue à ceux que je vais décrir«(l). Le graveur s'e^t réglé sur l'indication fautive de la deuxième édition. 11 aurait dû mettre Mtatis suœ 72.

ni. En 1582, parut en tête du Discours de la huhie, des VENINS, de là licorne ET DE LA PESTE, le suporbo portrait, plus ^nd, presque à mi-corps, tête de trois quarts tournée a droite, six boutons au pourpoint, ceinture, manteau jeté sur l'épaule gaucbe. En naut, sur une tablette à gaucne : ANNO MTATIS 72, 1582, et au-dessous S. F. {Stephanus Delaulne fecit^ nous dit M. Le Paulmier). L'artiste qui l'a gravé s'est servi du tableau conswvéau duteau de Faley. Le distique d'Alexis Gaudin :

ftt efflgiem Parai, Qmb Ubi sit faciest saiis hœcpictura docebit; Doctrinœ facient, tedUta scripta fidem.

ne se trouve que sur ce portrait-là. Tous les autres ont le distique plus connu de J. Héroard :

Humanam Ambrosii verè hœcpielura Parmi Sffigiem, sed opus eoniinet Ambrosiam^

La reproduction assez exacte de la gravure d'Etienne Delaulne, signée Guitlis Horbeek, avec cette tablette : ANNO i£TATIS^5, 1584. orne la sixième édition de 1007 et Ii huitième de 1628. Celte reproduction existe encore sous deux états. L'une se distingue k la signature I. R. placée à côté de la tablette ANNO MTATIS 75, 1584. L'autre, de date plus récente, quoique signée S. F. comme l'original, porte en naut à droite, au-dessous du distique connu de J. Héroard (2) : Hie fuit consiliarius et chir. prtmar. 4 Regum GallUe.

C'est à propos du portrait gravé le plus répandu, signé A. Vallée, que H. Le Paulmier s'est le plus trompé. Il a été fait poor l'édition de 1586, la quatrième, celle que j'ai ap-

H) C'tÊt fÊUIritn on pnvieruMi da VilUe,itized by <S) L« fràrcar i mtl copié lo mol Ambrodtm écrit eu frac.

fielée par excellence, revue avec soin par A. Paré. Ce fut pour ui la dernière. Les autres sont des éditions posthumes. Sur la petite tablette il y a : ANNO ^ËTATIS 75, 1585, et audessous A. VALLÉE. Je ne crois pas que Vallée ait copié Etienae Delaulne. Sajeravure a été faite aussi d'après le tableau du cb&teau de Palejf. C'est pourquoi ces deux portraits gravés sont presque pareils. Si Vallée avait copié, il n'aurait pas songé à mettre un bouton de plus au pourpoint. U y a bien d'autres dilTérences d'exécution plus faciles à saisir.

Le portrait d'Alexandre Vallée, qui avait été adopté par Ambrolse Paré lui-même, se retrouve dans la première édition des œuvres posthumes (1598), dans l'une des éditions des deux éditeurs (1614), la septième, et ensuite plus grossièrement gravé dans les éditions de Lyon, neuvième (1637), dixième onzième (1652), douzième (1664).

Le portrait (VI J avec le distique (connu) et trois croix entre les mots du premier vers, indiqué par M. Le Paulmier, n'est pas une copie aussi ancienne qu'il le croit.

Je n'ai rien à dire du portrait AN. JET. 68, 1581, avec le monogramme L. G. qui se voit sur les premières œuvrent de Léonard Gaultier, très mauvais portrait, non ressemblant, comme dit H. Le Paulinier, ni du n" 105 de la Chronologie eoUfe. Cette collection de 144 portraits de plusieurs hommes Illustres qui ont figuré en France depuis Van 1500 jusqu'à présent (1636) est attribuée également à Léonard Gaultier.

Le livre admirable de M. le docteur Le Paulmier contient encore, en appendice, l'histoire de Julien Le Paolmier et d'Antoine Portail, faite aussi d'après des documents nou- TMux, avec le même soin et U . même sûreté. Hais je m'arrête, ^te revue critique est attendue, et je mettrais beaucoup trop de temps à étudier ces deux personnages, dont le premier fut un des adversaires d'Ambroise Paré, et l'autre son ami et son parent. Antoine Portail, en épousant, vers 1558, Jacqueline de Prime, fille de Héry de Prime, était devenu le cousin de Paré. Il lui succéda comme premier chirurgien du roi.

D" E. TURNBR.

il RÉCOMPENSES AUX MÉDECINS DBS BPIOÉHIES. — Par aiTélé 60

date du 21 janvier 1885, et sur U proposition de l'Académie de médecine, le minisire du commerce vient de décerner les récompenses suivantes aux personnes qui se sont distinguéespar leurs travaux spéciaux sur les épidémies, pendant Tannée 18S3.

' Médaillei d'or. — MH. les docteurs Mauricet (Vannes), Gousian < Bordeaux).

Médaillet émargent. — MH. les docteurs Blauquinque (Laon), Bonaseau (Maine-et-Loire), Flcliol (Nevers), Guidoni (CaIvi), Kousseau (Vouziers), Spitalier (Grasse).

Slédailles de bronze. — MM. les docteurs Bompaire (Millau), JBourgeois (Paris), Burlureaux (Paris), Calmels (Carmaux, Tara), Coronal (Gap), Empereur (MoutiersJ, Fauré CFoin), Fleys (Aurillac), Graiure (Saint-Jean-de-Haurienne), Lame (Uval), Lemoioe ((^hflleau-Cliinou), Pelel (Louviers), Petit (Saint- Jean-de-Maurienne), Plot (Aiguehelle), Rességuier (Carcassonne).

Rappels de médailles d'or. — MH. les docteurs Hignot (GhaotoUe), Pilât (Lille), Paris (Versailles), Perroad (Lyon), Daga {(Nancy), Hanouvriex (VaLenciennes).

Happels de médailles d'argent. — MM. les docteurs Barbrau ( Rochefort), Prestat (Pontoise), Pennelier (Rouen), Homo ((îhàteao- (ioulier), Jablonski (Poitiers), Pujos (Aucb), Foumier (Soissons), Amal (Algérie). Aufrun (Oléron), Decool (Haxebrouck).

^IBTÉ DB MÉDECINE d'Anvers. — La Société de médecine d'Anvers met au concours les questions suivantes : 1" discuter les dangers de. la chloroformisation et les méthodes de les prévenir; S* exptwer le traitement de l'eczéma ; 3° étudier l'infusion du saog et d'autres liquides réparateurs ; exposer et discuter le traitement de répanebemeat plenrétiqae punilent. Les mémoires des concarreuia devront être euvoyés avant le i" juin 1885 & H. le secré-

30 Jahvieh 1885

taire de la Société, 51 ^ rue Ommegauck, k Anvers. Les prix cousisteront en une médaille en or, en argent ou en vermeil, selon la valeur des mémoires.

Société de géographie de Paris. — La Société de géojgirapliie de Paris a, dans sa séance de vendredi 9 janvier 1885, décerné à 11. le docteur Nels, médecin de la marine, une médaille d'or pour ses quatre vovages en Indo-Chiae et dans les parties inexplorées jusque*!! du Laos.

Faculté de HÉbEaNE de Montpbllieh. — Ia ministre de l'iusstruclion publique a reçu les délégués envoyés par la Faculté dr médecine de Montpellier pour protester^ an nom de rintérél des éludes analomiques, contre la supfM-essmn de la muson centrale d'Aniane, qui fournissait une bonne partie des sujets pour l'amphithéfltre de dissection.

Les délégués de la Faculté ont été présentés & H. FiUîère par les députés de l'Hérault.

Faculté db nédecink de Lille. — Le docteur Legay est notnuiû chef des travaux pratiques d'anatomie pathologique et d'histdogie en remplacement de H. Leroy.

Mortalité a Paris (4* semaine, du 18 au â4 janvier 1885>.

— Fièvre typhoïde, 19. — Variole, 4. — Rougeole, 38. — Scar^ latine, S. — Goqueludie, 4. — Ihphthérie, croup, 36. — Choléra, 0. — Dyseiitérie, 1. — Er^péle, 8. — Infections paerpérales, 4. — Autres affections épidemiques, 0. — Héaiagite, 37.

— Phtbisie pnlmonure, 166. — Autres tuberénloses, 22. — Antres affections générales, d6. — Malformations et débilité des ftges extrêmes, 7S. — Bronchite aigni, 56. — Pneumonie, 13t. — Atbrepsie (gastro-entérite) des enfants nourris an biberon et autrement, 30; au sein et mixte, 19; inconnu, 7. — Autres maladies de l'appareil cérébro-spinal, 130; de l'appareil circulatoire, 90; de l'appareil respiratoire, 130; de l'appareil di|[eatif, tfl ; de l'appareil génilo-urinaire, 19; de la peau et du lian lamineux, 5; des os, articulations et muscles. 7. — Horts violenles, 25. — Causes non classées, il.* Total: ISfN).

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Reuatt Kientifiiuea publiai par le jovroal la KptMique /iwifstfe. mu ta «lirection de H. Paal Bert. Sixième aiinëc. Il traite dei qncdîona les plus imporlaoloB ijui aient, pendant rannéo écoulée, occopc le tnoniie tarant ; Physi(|iK. Chimie, GéoUtgiê, Anthropologie, BotaolqiM, PhjnolQgie, Hj^itae, AfricaU lBre,y lont tour à tour rilndiénl 1 «ol. iii-8 «foc fipuw dan le U»tt. Pmri». G. Uataon. fi rr.

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TflEr^TEi-DEVidlIE knHik

t 6 FâVRiBR 1885

GAZEnÊ HEBDOMADAIRE DÉ MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

COMITE DE RÉDACTION '

Président ; M. le docieur A. DBGHAIIBIUB

, HlHBMS : liM. lès docteurs BUCHEZ. SEORGES DICUUFOT, DRETFUS.BIIISW, FRANCOIS-FMNGK, ALBERT MCHOCQUE

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