‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 135 sur 228 · SÉANCE DU 11 A0DT1S85. — PRÉSIDENCE DE H. J. BKRGERON · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 11 A0DT1S85. — PRÉSIDENCE DE H. J. BKRGERON

M. GaulhUr-Yinetnt. deneunnl i ChlIna-tnr^M, mtoIc un Mémoire ivlalif àr^MoMMiMMi iei ineififfM ehe» te ekiem. eaflune mtun fn^ftaeitqiu ét fa rage. (Renvoi k H M. CvHtatx, LebUnc et aoBiry.)

H. h) doclenr Artance idnafo «M Noto ntr ht vacninaliou pnU^iie* tn 1884 lUni laPu;-do-IUina.(CoMinf««ion iecMCfiie.)

M. la doetaw A. Kartu, phamaciM-m^or, envoie doux notfcaoiroa muiNfrriu cMiGvniaBl lea oaos MUIunnuot d'Anëlie-ln-Baii.) et do Booloo. {Cowwdiriam i€ê taux Mlft/ralcf.) .

M. le Secrétaire annuel dépoae : l- la Rappuri de II. la dodooKeMUfirp aur le* épidémie, dan* rarrondiaaeinenl de Ruuuii en 1884; 9* au nabiUMI. lo dodoor r*oiM< {Mmett), one bcoehno iw tt eur*it 4e FaUseUt «M« Uê mi

14 AoDT 1885

6AZBTTB HEBDOMADAIRE OB HfiDBGINE ET DE GHIRURGIB

ii umeêr iu Mto; 8* de la part de H. te ^teclear ir«4fw (de BruuUee), m mimian imytimi, ayant ponr tiln : AMftCKftw txpérimetUÊlet tur U mécaniinu du fooctunnement iti centre* ptgeho-moleuri du eeneau: ¥ au nom do H. le docteur Plehn (de Berlin), une brochuro intituliie ; Eln apparat sur Ermittetung mn Réfraction tmd Seh»eMrf»; ^ de la pari de Zoera$~Paeha (de Coatlanlinople), un niSuioire imprivd, ajaal pour titre : i'ItlamUme et fhjigtine,

il. Gandin présente larektton. en langue portugaise, par M. le docteur Lima e Cëttro (de Rio-do^aneira), d'un ea» de réieetian leui-firioilée du fimur, tuiti de gu^rtion.

M. Rochard fait lionmuge du tone I" du Ttaité dit réieetian». de U. le pro. fcasmir Ollter (de Lyon}.

M- Larrejf puéeanto, an nom de M. BittUé Rivière, une Notice aur Jutei Crtvaux.

Élection. — Par 31 voix sur 3i volants, H. Manouvriez (de Valenciennes) est élu correspondant national dans la première division (médecine), H. le docteur de Ranse, placé en seconde ligne, obtient 13 voix.

Choléra. — De retour de Marseille avec H. le ministre du commerce et M. Proust, H. Brouardel entretient l'Académie de l'épidémie de choléra qui sévit en ce moment dans celle ville, et des conditions sanitaires dans lesquelles se trouve celle-d. Le premier décès cholérique, survenu chei un adulte, date du z5 juin ; depuis cette époque, on a cousUté 1 décès te 26 juin ; 1 les 13. li, 15, 19 et 30 juillet : 21e3â;lle33; 3 les 24et 25; 2 le 26; 4 le 31 ; 8 le 38 ; 51e 39; 15 te 30; 31 le 31; 151e l-'aràt; 17 le2;etll le 3, àaX» du séjour de M. Brouardel dans la ville. Depuis deux ou trois mois les U>oubles intestinaux caractérisés par de la diarrhée étaient très nombreux, et l'on altribuRÏt d'abord cette constitution médicale à la température exceptionnellement haute ; tous les doutes sur le caractère des accidents observés sont aujourd'hui levés et c'est en présence d'une nouvelle épidémie de choléra que l'on se trouve au- ^onrd'hui. Les premiers cas se sont montrés, comme toujours, chez des individus affaiblis par la misère, l'alcoolisme ou des maladiesantérieHres;deplus, ils se sont produits dans les quartiers ajant déjà payé, l'an dernier, le plus lourd tribut à l'épidémie. 11 ne semble pas qu'il y ait eu importation venant d'Espagne.

Ce ao'il importe snrtout de signaler, c'est l'état d'insalubrité clans lequel se trouve Marseille. A cftté de rues propres et bien tenues, il y a nombre de maisons et de rues dans lesquelles on pratique le jetage au ruisseau de toutes les immondices de la maison, celle-ci étant dépourvue de cabinets d'aisance, de fosse ou de tout autre moyen d'évacuation; ailleurs les tinettes débordent dans les allées, les ruisseaux sont encombrés de matières fécales. Le Vieux-Port est le réceptacle deségouls qui sillonnent la ville; ses eaux noirâtres d^agent une odeur nauséabonde, et leur surface est toujours constellée par des bulles de gaz de la putréfaction. M. Brouardel cite une maison, à l'est du Vieux-Port, maison habitée par 7^ personnes, dans laquelle le jetage des immondices se fait uniquement dans la cage de l'escalier; il cite également une école primaire de filles, donnant sur une cour qui sert de réceptaele aux ordures ménagères et autres des maisons voisines.

c Lorsqu'une ville renferme de pareils foyers d'infection, ajoute H. Brouardel, si elle vient à être atteinte par une épidémie, on peut atlQrmer qu'elle réunit toutes les conditions pour que celle-ci soit cruelle. » De fait, Marseille a toujours tenu le premier rang parmi les villes les plus ravagées par les épidémies de peste et de choléra. Il faut donc à tout prix, non seulement entreprendre des projets d'assainissement de cette ville, y construire des égouts, mais encore pourvoir aux moyens de nettoyage et de salubrité les plus urgents, ce que le gouvernement et la municipalité paraissent se disposer à faire, d'après les plus récentes dépêches. Hais cela ne suffira pas, et il faut reconnaître que l'insuffisance de notre législation sanitaire est telle, notamment en ce qui concerne les logements insalubres, qu'il est impossible aux pouvoirs publics, dans Tétat actuel des choses, d'assurer la salubrilé des halritatioas. La loi du 13 avril 1850 manque de

sanction sérieuse; elle n'a pas défini les causes d'insalubrité, et les propriétaire» peuvent, par des moyens dilatoires, empêcher l'exécution des prescriptions ordonnées pendant plusieurs années. Aussi M. Brouardel sollicile-l-il de l'Académie l'adoption du vœu suivant : < Que la réforme projetée de la loi de 1850 sur les logements insalubres fasse disparatlre les incertitudes qui, en permeltant des délais indéfinis dans l'exéculioD des mesures prescrites, rendent cette loi iiufficace, surtout en temps d'épidémie. »

Ce vœu est adopté à l'unanimité par l'Académie. Une courte discussion s'était engagée auparavant au sujet de l'étiologiodu choléra, discussion bientôt arrêtée, sur l'observation de H. Brouardel quelle trouvera mieux sa place lorsque le rapport de la commission d'enquête sur le choléra aura été déposé, dans quelques semaines. M. Jules Guérin voit, en effet, dans le récit de H. Brouardel la preuve qu'une série de modifications dans la sanlé publique, caractérisées par des dérangements intestinaux, se sont successivement produites à Marseille, jusqu'au jour où la maladie, procédant par des espèces d'ébauches, comme une graine cherchant à germer, a éclaté dans divers quartiers de la ville sans qu'on puisse établir de relation de contagion entre les divers cas; celte fois encore le choléra se serait produit dans un milieu où il existe do tout temps, sous l'infiuence de conditions favorables ; on n'y saurait voir la trace d'aucune importation. — Au contraire, M. Le Boy de Mérieourt objecte que le choléra était inconnu autrefois à Marseille; les conditions d'insalubrité et de chaleur excessive étant les mêmes tous les ans, ainsi que dans la plupart des ports de la Méditerranée et de l'Extrême-Orient, s'il n'y avait pas importation, la maladie devrait y éclater chaque année et dans divers endroits. Au Japon, par exemple, le choléra n'était-il pas inconnu avant l'arrivée des navires européens dans cette tie? — H. Jules GiUritt estime que les immondices accumulées dans les maisons, les rues et les ports, à Marseille et à Toulon, ont tous les caractères « d'éléments d'une sorte de putréfaction spécifique t. — La putréfaction, réplique H.Lenoj/ deiiéricourtf ne détruit-elle pas toutes les matières nocives? Il n'y a plus de germes de choléra en pareil cas, ajoute H. Béckamp, Au surplus, sur les navires, où les immondices ne séjournent pas, le choléra n'y fait pas moins ses ravages. Il faut donc tenir également compte du surmenage chez les personnes atteintes, de leur état de débilité produit par l'alcoolisme, de la misère, etc., comme le font enfin remarquer MM. Le Bojf de Mérieourt et Béchamp.

S«eléte d« «hlrargle.

SftANCE I>Dâ9 JUILLET 1885. — PRÉSIDENCE DE H. HORTELOOP, VICE -PRÉSIDENT.

RéoldlTa dan kyatw pan-oruiank «prto ponotion : K- TodRilIoii. — HyUraotOMte noUMla ; WL TrUaft- — OeMoolaalfl dn lènmr pour gana ▼olonm : M. Trélat. — Hé^uMtomla : H. TrUat. — Aboèa prostatique Inoisè par la pérlnèa : M. Bonlllj. — PrèBantatlon

d'npparaU : M. Pèrlar.

H. Terrillon lit un travail sur la récidive des kystes paraovariens après la ponction. Depuis que la nature et le diagnostic de cette variété de kystes sont connus, on les traite exclusivement par la ponction, et ce traitement, mis à la mode vers 1851 par Heath, en Angleterre, a reçu en France un accueil des plus favorables, recommandé qu'il était par des maîtres éminents, tels que les professeurs Panas et Duplay. Les kystes para-ovariens disparaissent, en effet, après une ou deux ponctions, de la même façon que les kystes para-testiculaires, auxquels on les a comparés fort jijsteinent à plusieurs points de vue; mais celte manaritipu l'^^AHtlfn^t gère, et après un temps variabn'^!i!^6Httâb^^^^^lnmllt^ MM. Terrier et Lucas-Championoière ont déjà, depuis r5ng-

GAZETTE HEBDOMADAIRE m MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

U AoOT 1885

temps, fait cette remarque. H. Tftrrillon vient en confirmer l'exactitude par un très grand nombre d'observations réunies dans la thèse d'un de ses élèves, M. Gauthère. Sept de ces observations sont personnelles à M. Terrillon : les malades ont été examinées par lui avec le plus grand soin, le diagnostic a été confirmé par l'analyse chimique du liquide obtenu par la ponction, il ne saurait y avoir aucun doute sur la nature du kyste; malgré plusieurs ponctions, la tumeur a toujours récidivé chez ces malades, et finalement on a dû en venir à leur extirpation par ta laparotomie, opération qui, chez quelques-unes d'entre elles, a été rendue un peu diHîcite par t enclavement du k^ste dans le ligament large. Les autres faits, empruntés à divers auteurs, soumis à une étude aUentive, ne oonnent qu'une douzaine de cas de guérison définitive après la ponction; dans tons les autres, la récidive a eu lieu ou la guérison a été proclamée trop vite pour qu'on l'accepte comme réelle. En somme, la proportion de cures définitives après ponction est si minime, qu'on ne peut considérer ce mode de traitement que comme un palliatif.

H. Désormeaux a traité plus d'un kyste simple de l'ovaire par la simple ponclion, et a obtenu un assez grand nombre de guérisons. Il en cite de mémoire deuxexemptes, ety ajoute rbisloire d'un kyste ayant spontanément disparu après inflammation.

H. Terrier est heureux de voir que l'observation et les recherches bibliographiques de H. Terrillon viennent à l'appui des opinions qu'il a à diverses reprises exprimées à ce sujet. La guérison des kystes para-ovariens après ponctinn n'est que temporaire. Certains kystes de l'ovaire lui-même semblent disparaître après la ponction. Avant d'annoncer la cure d'un kyste, quel qu'il soit, il faut attendre des mois et même des années. Le seul moyen diagnostique des kystes para-ovariens est l'analyse chimique de leur contenu. Contrairement à U* Terrillon, H. Terrier n'a jamais trouvé de kystes para-ovariens enclavés dans le ligament large.

M. LucaS'Championnière demande si les kystes dont M. Désormeaux a tout à l'heure rapporté l'histoire étaient des kystes para-ovariens, et si leur guérison s'est maintenue. Les kystes de l'ovaire semblent eux aussi disparaître après la ponction, mais la guérison n'est que temporaire, et, fait intéressant, dans les kystes mulliloculaires c est parfois une autre poche que celle ponctionnée qni se développe et donne lieu à la récidive.

H. Anger a reçu cette année dans son service une jeune fille atteinte d'un kyste para-ovarique ponctionné en 1884 par M. Duret; la récidive avait eu lieu, et Textirpalion fut pratiquée. M. Anger laissa l'ovaire en place, mal lui en prit, car au bout de quelques jours sa malade succombait des suites d'une ovarite suppurée ayant déterminé une péritonite.

— M. Trélat communique à la Société l'observation d'hystérectomie vaginale au sujet de laquelle il a traité, à l'Académie de médecine, un point doctrinal de thérapeutique chirurgicale. Il s'agit d'une femme de quarante ans, mère de six enfants, qui au mois d'avril dernier vient consulter H. Tamier pour des troubles utérins divers; après examen attentif, ce chimrgien ne trouve, en définitive, pour expliquer tons les troubles, qu'un utérus gros,-et eooclnt à une métrite parencfaymaleuse, et institue un traitement dans ce sens. Cependant, de retour ches elle, l'état ne s'améliore pas, bien au contraire, et un jour le médecin ordinaire de la malade saisit tes premiers signes d'un épitbélioma et engage de suite la malade à revenir k Paris. H. Tarnier reconnaît, en effet, l'existence d'un épitbélioma, et adresse la malade à H. Trélat. Après examen très circonstancié, tenant compte de ces faits : d'abord que l'utérus, très volumineux, est peutêtre envahi dans toute l'étendue de sa muqueuse par la néoplasie épithéliale; en secoitd lieu, que la date récente du début d« raffaelion donne à penser que les ganglions ne sont

pas encore pris, M. Trélat propose l'extir^tion totale de l'utérus par le vagin. La malade et sa famille l'acceptent. L'opération est pratiquée le 2 juillet. Avant d'insister sur les détails opératoires, H. Trélat signale les phénomènes qui suivirent son intervention. La malade fut assez bien le premier jour; le deuxième jour elle était un peu déprimée ; température, 38 degrés; très peu d'urine depuis l'opération; peu it peu la patiente se relève; le cinquième jour, on enlève an des tubes du fond du vagin; le sixième Jour, suppression du second lubc purgatif; jusque-Ifton avait fait des lavafïes au bichlorure, on dut à ce moment les remplacer par de l'eau chloraléeàcause d'une cuisson insupportable qu'ilsdéterminaient. Rien ne vint désormais entraver la guérison, qui aujourd'hui est complète. L'opération en elle-même fut simple. L'utérus étant abaissé, le cul-de-stc v^nal antérieur fut ouvert et la vessie séparée de la face eorrespondanle de la matrice ; luenlAt le péritoine apparut et fut incisé à l'aide de petits coups de ciseaux ; la libération de la face postérieure ne présenta pas plus de difficulté. On procéda alors à la ligature ues ligaments larges; c'est là le point le plus délicat de l'opération, et c'est aussi la partie la plus laborieuse : riep.n'est pins fatigant que la tension du ligament large sur le doigt recourbé en crochet au-dessus de lui, et rien n'e-^t plus difficile que de poser une ligature solide, qui tienne, sur ce pédicule latéral de l'utérus : mal^é tous les soins qu'on mit & faire celte ligature, elle céda deux ou trois fois chez la malade de U. Trélat, et on ne finit narl'établir solidement qu'après bien des hésitations. M. Trélat conseille, et se propose de faire désormais deux ou trois points enchaînés. Après la ligature des ligaments larges, l'utérus fut extrait; point de suture unique au fond du vagin, par lequel aucun viscère de l'abilnmen ne tend à s'engager; deux tubes dans son orifice; tampons de gaae iodoformée.

L'utérus pesait 197 grammes; il avait 11 centimètres de longueur, 64 millimètres de largeur, 45 millimètres d'épaisseur. L'examen histologique a montré qu'il s'agissait d'un épithélioma pavimenteux lobulé muqueux n'ayant euvalu que le tiers inférieur du col; le vagin était sain; le corps de I organe était atteint de métrite hypertrophique simple.

C est ici évidemment un cas qui rend très discutanle l'opinion des chirurgiens, qui au lieu de sacrifier l'utérus tout entier veulent qu'on se contente de l'amputation partielle du col. L'avenir seul apprendra s'il vaut mieux extirper l'utérus en totalité qu'en retrancher une partie; ce que jusqu'ici les faits démontrent, c'est que rhysterectomie vaginale est possible, et que l'opération n'est pas meurtrière.

M. Terrier donne les renseignements suivants sur une malade qu'il a perdue d'hémorrhagie à la suite d'une extir^ pation de l'utérus par le vagin. Une femme de U^nte-quatre ans avait un cancer de l'utérus à forme atrophique, ayant complètement fait disparaître le col, de sorte qu'il ne pouvait y avoir d'autre intervention que l'extirpation du corps même de l'organe; c'est ce qui fut résolu. L'utérus, non saillant dans le vagin, n'offrait aucune prise aux tractions, et il ne put être abaissé, en sorte qu'on dut aller ouvrir les culs-desacs vaginaux au fond même de ce conduit; l'utérus, ainsi libéré de ses lUIaches vaginales, adhérait par sa face postérieure aux oi^anes voisins, et on eut encore lesolus grandes peines à pratiquer les ligatures des ligaments lai^ges; on y parvint cependant, et, après s'être assuré que les fils tenaient solidement, que l'hémostase était parfaite, on procéda au pansement ordinaire. La malade alla bien pendant trois jours, mais sans élévation de température ; le pouls était très rapide et très faible, la face était très p&le, et M. Terrier exprima à ses élèves les craintes qu'il avait de se trouver en présence d'une hémorrhagie interne. L'opérée succombait le septième Jour. A l'autopsie, on trouve environ 1 litre de sang oans la cavité du périloine; la ligature supérieure d'un des ligaments larges a lâché. M. Terrier regrette de n'avoir pas jeté

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un fil de plus sur le ligament large, et de s'Mreiservi de cordonnet de soie, qu'il est difflcile de maintenir seiré, au lieu de fil de soie ordinaire disposé en plusieurs doubles. De plus, il fait remarquer que l'attention des opérateurs devra toujours se porter vers les artères vaginales, qui par leur position échappent à la ligature posée sur le ligament large et doivent être liées séparément s'il est nécessairn.

— M. Trilat présente une malade chez laquelle il a pratiqué Tostéoclasie du fémur pour un genu valgum rendant la marche absolument impossible^ en raison d'une ancienne paralysie inbntite qui, ayant laissé une atrophie prononcée des muscles de la cuisse, ne permettait plus le redressement du genou et le soulèvement du corps nécessaires â la progression. Cette malade, en un mot, élait plus qu'une déformée, c'était une infirme; aujourd'hdt elle peut marcher dans d'asseï bonnes eondiiions.

— M. Trélat vient de faire la néphreclomie chez une jeune femme de vtngt-cinq ans avant une tuineur rénale d'un diagnostic asseï délicat. On relevait dans «es antécédents des douleurs ayant tous les caractères dfis coliques néphrétiques; ses urines contenaient' un sédiment mueotpurulent; on trouvait dans la région du rein droit une voliimineuse tumeur dont on relira par la ponction hypogastrique 4â0 grammes d'un liquide limpide, sans odeur, et que 1 analyse chimique montra être de l'urine : le diagnostic hydronéphrose calculeuse fut porté e( l'extirpation du rein décidée. H. Trélat, qui, dans un premier cas de néphrectomie par la voie lomuaire, avait eu de la peine à enlever le rem et avait même déterminé du sphacèledu côlon en le prenant au fond de la

filaie dans une pince, pour arrêter une hémorrha^ie, choisit a voie abdominale. L'opération a été des plus simples : le péritoine, ouvert au cours des raaudBUTreSj a été exactement suturé; la tumeur a été enlevée avec facilité. La malade va très bien, et tout fait présager un succès complet. H. Trélat se prononce pour la voie abdominale de préférence à la voie lombaire.

H. Terrier fait observer que les opérations de néphrectomie pratiquées par H. Trélat ont été faites dans son service de PnApital fiichat, l'administration de l'Assistance publique n'offrant pas aux chirurgiens, dans ses établissements du centre, des locaux suffisamment disposés pour ce genre de chirurgie. Relativement au procédé opératoire que l'on doit suivre, dans la néphrectomte, il préfère l'incision abdominale à rincisioa lombaire.

— M. Bouilly présente un malade chez lequel il a ouvert un abcès tuberculeux prostatique par le périnée, suivant le procédé conseillé par M. Segond; il a pu ainsi évacuer complètement la cavité et en gratter les parois. Le malade a gardé une sonde à demeure dans la vessie pendant plus de trois mois; aujourd'hui il ne reste plus qu'une petite fistule laissant échapper une gouttelette d'urine au moment des mictions; le toucher rectal révèle la trace cicatricielle du fojer prostatique ; le malade a encore des érections, mais plus aucune éjaculation.

— M. Périer présente un appareil destiné à faire marcher les malades ayant des retards de consolidation dans les fVactures de jambe. C'est un bas en peau de chien avec des tiges d'acier inflexibles sur le plat dans son intérieur.,

SÉANCE DU 5 AOUT 1885. — PRÂSIOENCE DE M. HOnTBI.ODP, T1CK-PRÉ810ENT.

Poaettm dm fcyslM ds rvraJn : XtMprte. — H^rtèraetoul* vmoIiuUb : M. UllatU. — Pr*Mnt«U<m d'nn nuOads txépmné : H. Lnoas^awmpImuMra. — Obcarration dm trépanation, Mtr* d« IK. XHmi. — Fol jdMti**, i«ppo» t M. PolaniOB.

H. Ûesprés, ne pouvant assister & la séance,\envoie une note ^ans laquelle il dit avoir ponctionné et injecté à la so-

lution iodée un kyste de Povaira nniloeolti», il y a plus de cinq ans ; sa malade, qu'il voit de temps en temps, reste guérie.

M. PolailtoH a pu suivre pendant cinq ans une malade atteinte d'un ttyste para-ovarien; ponctionnée une première foîd, elle sembla guérie pendant trois ans; au bout de ce temps la tumeur commença à se développer de nouveau et deux ans. après on dut en pratiquer l'extirpation. Cette opération fut rendue un peu oifficile par l'absence de pédicule, cependant elle put être menée à bonne fin et la malade se rétablit.

— H. Gillette adresse une lettre pour annoncer qu'il vient de pratiquer avec succès une hystérectomîe vaginale ; l'opération a été des plus simples, et les manœuvres d'abaissement de l'utérus ont été singulièrement favorisées grâce à l'emploi d'une pince spéciale qu'il a Uàt faire à cette intention.

— H. Litcas-Championnière présente le malade qu'il a trépané en 1874 pour une fracture du crâne ayant déterminé de l'aphasie et une monoplégie brachiale droite. La guérison complète de l'opéré ne s est -pas démeatie depuis dix ans ; il n'y a pas la moindre dégénération secondaire ; la contraction des muscles du membre paralysé est aussi parfaite que possible; plus le moindre trouble de la parole, l'amucsie qui existait dans les premiers temps après l'opération a complètement disparu ; malgré une perte considérable de substance osseuse, les battements du cerveau ne se perçoivent nullement à travers le tissu fibreux qui l'a comblée.

H. le Secrétaire générai donne lecture d'une observation de trépanation pour fracture du crâne, adre»ée par H. Dieu, membre correspondant de la Société. Un militaire reçoit un coup de pierre say le cèlé droit du crâne et perd connaissance; peu à peu il reprend ses sens; oq panse antisep^ tiquemeot la plaie des parties molles, et pendant dix jours aucun trouble cérébral ne se manifeste, malgré l'existence non douteuse d'une fracture du pariétal droit. Au dixième jour le malade présente subitement de l'agitation ; il accuse de la céphalalgie, de l'hyperesthésie cutanée; sa température s'élève à lO'fS; bientôt il tombe d^ns le coma. En présence de ces phénomènes, M. Dieu n'hésite pas à pratiquer la trépanation. Une lamelle osseuse ayant été enlevée, on trouve au-dessous un caillot sanguin, et à ses limites quelques gouttelettes de pus; on ne touche pas au caillot et sans pousser plus loin les manœuvres, on applique sur la plaie un pansement antiseptique. Presque aussitôt les phénomènes fébriles et les troubles encéphaliques s'amendent et la guérison ne tarde pas à survenir. Cette observation servira à éclairer la question dés indications et des contre-indications de trépanation encore si débattue. Pendant plusieurs jours M. Dieu se félicitait de n'être point intervenu par une opération préventive, il a dd bientôt changer d'opinion et agir, forcé par les circonstances, en pleine évolution ae phénomènes méningitiques. L'événement amontré les heureux effets de cette intervention k un moment où presque tous les auteurs sont d'accord pour la rejeter ; peut-être le succès doit-il être attribué à remploi rigoureux de la méthode antiseptique.

— H. Polailton fait un rapport sur divers faits de polydaciylie envoyés par H. Gnermonprei (de Lille). Ce chirurgien démontré, avec observations à l'appui, les propositions suivantes : lorsqu'on se trouve en présence d'un dojgt surnuméraire, on ne doit pas compter sur Tamputation pour en débarrasser le sujet, mais bien sur la désarticulation qui, supprimant le cartilage d'accroissement de la phalange, prévient toute récidive; cette amputation dans la conliguité, bien qu'elle ouvre l'articulation du doigt voisin, ne s'accompagne d'aucun accident, d'aucune raideur, grâce àl'emplof des procédés antiseptiques ; le meilleur procédé d'amputa-

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tion dans ces cas est te procédé elliptique. L'opération des doigts surnuméraires, ajoute M. Guerinouprez, n'est pas nne opération de complaisance, mais bien une opération de nécessité, en effet ces doigts gênent l'éducation de la main et peut-être leur conservation perpétue-t-elle de semblables vices de conformalioa dans la descendance des gens qui en sont atteints.

M. Magitot ne pense pas que le retranchement des doigts surnuméraires puisse avoir quelqu'aclion sur la disparition de ce vice de conformation dans la descendance. Il demande l'opinion de M. le rapporteur à ce sujet.

H. PolaiUon répond que cette question est des plus obscures, toutefois il existe une observation de Scutletten assez concluante, un malade atteint de déformation accidentelle de la main eut plusieurs enfants présentant à leur naissance des mutilations analogues. Les Chinois se servent d'ailleurs de ce procédé pour obtenir chez les animaux des monstruosités.

M. Magitot rappelle, cohune objection à l'opinion émise par M. Polaillon, 1 exempte des peuplades sauvages qui, depuis de longs siècles, se mutilent volontairement; leurs enfants n'en naissent pas moins parfaitement conformés et et il faut chez eux renouveler les mutilations de leurs pères. Ce n'est pas par ce procédé que les Chinois obtiennent leurs monstres, c'est par la sélection ; par exemple, ils obtiennent des chiens sans queue ou sans poil en accouplant les espèces ayant la qneue très courte ou le poil très ras, après un certain nombre de générations engendrées par ces descendants ils ont en quelque sorte constitué une nouvelle race. H. Magitot a essayé, en coupant la queue d'un rat, d'avoir des rats sans queue, il n'y est pas parvenu ; l'expérience n'a pas duré moins de quinze ans, les rats naissant de cette génération mutilée dans chacun de ses représenlaots avaient la queue aussi développée que ceux dont les parents n'avaient subi aucune mutilation.

H. de Saint-Germain fait remarquer que si les mutilations se transmettaient des pères aux fils, les Juifs ne devraient plus naître depuis longtemps avec leur prépuce, or il n'en est rien et la circoncision est aujourd'hui pratiquée comme aa temps de Moïse.

Alfred PonssoN.

SÉANCE DU 8 AOUT 1885. — PnËStDENCE DE M. d'ARSONTAL,

TICE-PHÉSIDENT.

1.0 gonooooooa ds la blannorrbaglo : X. de CUnt^. ~ 8ar la fonotlon dsB ohromoblBBtM : M. Ponohsl. — Absorption da l'hydrogèn* sullurA : H. Peyron. — La fonction photogAnlqiw de* pyrophores : K. Dubois. — ExpèrlsnoM relatlvoa A la polyuiia : H Ch. Rlobat. — Influsnoa des lisions oardiaquos sur la olroolation oArèbrale : M. Françots-Franok. — Variations de la rtalstanoe 61«otrlquo ds» ttasua : K. A'AxwaamX.

H. de Sinéty a constaté que le gonococeus de la blennorrbagie ne se rencontre que lorsque le mucus uréthral est alcalin.

— M. Pouchetf rappelant les expériences qu'il a faites sur la fonction des chromoblastes, signale l'existence à Conslaotinople de poissons noirs d'un côté, blancs de l'autre; on doit lui envoyer quelques-uns de ces poissons, et il est persuadé, conformément aux résultais ae ses anciennes expériences, qu'il trouvera un parasite dans l'œil du côté opposé au c6té où les chromoblastes sont paralysés.

— M, Gréhant communique une note de M. Peyron sur le pouvoir absorbant de diverses surfaces organiques pour l'hydrogène sulfuré. Le mélange de ce gaz et d'air à l/lOO,

ab8ori}é par le poumon, est tomours toxioue. Il faut arriver à nne dose de 1/50 pour la surface pleurale, quand on a fail une double plaie pénétrante de poitrine, avec les précautions convenables, bien entendu, pour que le poumon ne soit pas lésé! La dose doit être de 1/25 pour que Tabsorptioa par U surface abdominale devienne efficace. Quant à Testemac, H. Peyron se demande si l'absorption a lieu par cette voie, car il n'a pu constater aucun effet, même avec des doses de 1/25.

— M. Duboit présente les résnltaU d'expériences nombreuses et variées sur la fonction photogénique des pyrophores. II est arrivé à démontrer que tous les appareils organiques, en somme, concourent à la production de la lumière, et plus particulièrement, que le pnénomène est en rapport avec l'action d'un ferment soluble, analogue aux diastases, et qu'il a lieu surtout dans des organes à parenchyme glaudulaire.

— M. CA. Riehet a étudié sur Ini-mdme la polyurie résultant de l'ingestion de sucre; pour provoquer cette polyurie, il absorbait simplement nne grande quantité de raisin. Il a constaté qne la quantité d'urine émise en dix minutes, qui, la nuit et le matin, n'est en moyenne que de U centimètres cubes, s'élève, un quart d'heure après le repas où a été pris le raisin, à 60 et 80 centimètres cubes; elle a été plusieurs fois de 120 et 148 centimètres cubes. Deux heures après l'absorption des boissons, leur élimination est complètement achevée.

— M. François-Franck a étudié les eQets des lésions arti< ficielles du cœur sur la circulation cérébrale. D'ordinaire, chaque fois que l'on touehe avec un instrument approprié les valvules sigmoldes, il se produit un resserrement considérable de tous les vaisseaux ; c'est ce que l'on constate quand on suit les changements de volume de la rate, du rein et de tous les organes analogues. Il n'en est pas ainsi du cAté du cerveau. En effet, quand on irrite ta face interne de l'aorte, c'est un gonflement du cerveau qui se produit, et qui semblerait indiquer un état de passivité absolue de l'oi^ane. Quand ou a fait l'insuffisance aortique, les battements du cerveau augmentent d'amplitude, et Ton peut voir avec une loupe sur les vaisseaux de la pie-mère un pouls capillaire très nel. Une autre conséquence des afllux brusques du sang artériel qui ont lieu dans ces conditions, c'est le déplacement considérable du sang veineux et du liquide céphalo-rachidien.

Quand on a produit une insuffisance tricuspidienne, on voit que le reflux veineux systolique se fait sentir jusque dans les sinus, où la pression s'élève énormément. En même temps on constate de l'œdème cérébral et nne diminution notable de l'excitabilité cérébrale.

Dans les épanchements du péricarde qui s'accompagnent de compression dq cœur, les mêmes modifications surviennent; seulement le pouls des sinus, au lieu d'être exagéré, comme dans le cas précédent (en raison de la super^ position du pnuls d*origine cardiaque au pouls d'origine cérébrale), est très atténué (àcause même de la compression du cœur et par suite de la suppression du pouls cérébral).

M. François-Franck signale l'intérêt de ces recherches pour l'étude des phénomènes vaso-moteurs cérébraux.

— M. tVArsoHvat rappelle un certain nombre d*expériences qu'il a faites sur la variation de la condaetibiiité électrique des tissus. La résistance varie d'une manière

notable dans le cours de l'électrisation, et cela sans qu'il y ait polarisation, c'est-à-dire production d'une force électro^ motrice de sens inverse: Les osci'lations peuvent aller du simple au quintuple. Elles ne semblent pas dépendre de la

auaiilité d'eau que contiennent les tissus, comme il est facile e le démontrer par l'application de la bande d'Ësmarch, mais de l'état moléculaire particulier dans leouel le système nerveux a placé le tissu. H. d'Arsonval voit QaneJ'étnde de

14 Août 18^

ces fariations de la conductibilité un moyen nouveau de connaître l'élat des tissus, surtout sons l'influence des action? nerveuses.

s£akce do 9 smv 1885.

Tuniflnra ipeaimmmm, ~ I^mpho-nroosM da la langxta.

M. Bland Sulton Ht un travail sur les tumeurs graisseuses, ayant pour objet de montrer Torigine probable de certaines formes de ces tumeurs siégeant dans des endroits inusités. Il a trouvé dans le muscle biceps d'une vieille Temme, servant aux dissections, une tumeur graisseuse lobulée occupant sa partie supérieure; il ne s'agissait pas d'une dégénérescence graisseuse d*un muscle ne fonclioumnt plus, mais bien d*nn vrai lipome. H. Pearce Gould enleva une tumeur graisseuse congénitale siégeant au niveau de la clavicule d'un enfant, k son point d'implantation on constatai'ezîstence de fibres musciifaires sciées. M. BnlHn rapporte un cas analogue dans le 28* volume des Pathological Society's Transactions. La malade, pelile Olle de sept ans, avait été opérée, par H. T. Smith, d'un lipome développé dans Tépaïsseur des muscips du mollet. La tumeur renfermait des fibres de muscle strié. Dans une tumeur fibromusculaire de l'utérus, extirpée par sir J. Pagel et mentionnée dans le 12* volume de la même Société, par M. T. Smith, on tronva un lipome du volume d'un œuf de pigeon. Ces quatre c^ semblent prouver que te tissu musculaire a subi la dégénérescence graisseuse et que ces éléments dégénérés ont été le point de départ des tumeurs lipomatenses. Les néoformalions inflammatoires peuvent aussi dégénérer en tissu graisseux et devenir l'ongine de lipomes. Le docteur Norman Noore a présenté au Collège of Surgeom Muséum un uretère environné d'un lipome. L'uretère contient un calcul et dans le catalogue du Musée on trouve la notice suivante : < Le lipome provient probablement de la dégénérescence graisseuse d'un tissu de nouvelle formation (néoformation inflammatoire) déterminée par l'irritation du calcul. » Le Musée de Middlesex Hospital possède un spécimen de rétrécissement syphilitique du rectum; les organes pelviens sont englobés dans une masse de graisse, canatïculee suivant les sinuosités de l'intestin. Il est

iirobable que le rétrécissement et le passage des matières ëcales en dehors de l'intestin ont agi comme irritant, déterminant un travail inflammatoire dont les produits se sont transformés au bout d'un certain temps en tissu graisseux et ont formé une tumeur indépendante. Le docteur J.-K. Fowler a montré que pareilles tumeurs se développent dans beaucoup de cas de rétrécissement ancien du rectum. En novembre 1876, M. Henry Morris enleva de la fesse d'un homme un lipome contenant une masse d'os informe. Un examen fait avec soin de cette tumeur et d'autres semblables, particulièrement d'un cas décrit dans le 33* volume des Paihologieai Society's Transactions^ par M. F. Trêves, apporte un appoint à l'opinion qui veut que les tumeurs graisseuses congénitales contenant des os soient des exemples de c fœtus parasites dont les parties molles ont dégénéré totalement ou partiellement en graisse ». Cette question est aussi éclaircie par de nombreux exemples de pathologie et d'anatomte comparées. Le contenu graisseux des kvstesdermoldes peut également s'expliquer delà même façon , c est-à-dire par ta dégénérescence des tissus dont ils étaient à l'origine composés. Le lipome arborescent de Muller provient sans doute de la régression graisseuse des prolongements villeux, nui sont si fréquents dans les jointures atteintes de maladie chronique. Tous les cas rapportés dans cette note prouvent que beaucoup des parties molles du

corps, tant normales que pathologiques, peuvent dégénérer en tissu adipeux et que ce (issu, dans certaines circonstances, a son autonomie et s'accroît de façon à constituer un véritable lipome.

— M. Jonathan Hutchinson lit une note sur un cas de volumineuse tumeur lympbo-sarcomateuse de la langue. Les points importants de celte communication sont les suivants : une tumeur s'étant développée dans les premiers temps de ta vie en plein tissu de la langue, avait réclamé une intervention en raison de son volume énorme. Elle emplissait toute la bouche et empêchait la déglutition et la respiration ; après son ablation elle pesait sept onces, et c'est probablement la plus grosse tumeur de la langue qu'on ail enlevée. L'opération nécessita une trachéotomie préliminaire et une section de la mâchoire inférieure au niveau de la symphyse, sans cela il eût été impossible d'extraire la tumeur de la bouche. Le malade était un étudiant en médecine, âgé de vingt-deux ans, le néoplasme grossissait depuis douze ans et probablement depuis plus longtemps, il était peu douloureux, mais il était dur comme la pierre. Sa surface était en partie couverte de petites tumeurs papillaires, mats elle n'avait pas la moindre tendance à l'ulcération. Pas d'engorgement ganglionnaire. Le patient jouissait d'une bonne santé et les inconvénients causés par le volume de la tumeur étaient les seules raisons poussant à l'exérèse. L'examen microscopique fait par M. Eve, le docteur Klein et d'autres montra qu'on avait affaire à un sarcome on à un Ivmphosarcome. Ce diagnostic fut malheureusement confirme par le dénouement fatal ; en effet, après deux ans de bonne santé, sans le plus petit signe de récidive, la tumeur réapparut soudain dans ta cicatrice, et prenant un accroissement des plus rapides, elle ne larda pas â emporter le malade. L'auteur,tottt en admettantque la tumeur dansson développement final avait les caractères d'un néoplasme malin ou sarcomateux, attire l'attention sur certaines particularités cliniques qui ne présenienl pas ordinairement ce genre de tumeur. Si elle n'élail pas congénitale, elle était du moins apparue dans le très jeune âge, et son accroissement avait été très lent et absolument indolent. Le développement de grosses papilles à sa surface, sans aucune tendance aux ulcérations ni aux fongosités, était encore un de ces caractères d'exception. M. Hutchinson n'a pu trouver la relation de cas présentant tous les caractères du sien, mais il en a relevé plusieurs qui lui ressemblaient à leur début.

H. Hutchinson montre un malade atteint d'une affection analogue à celle dont il vient de retracer l'histoire. Il présente de grosses tumeurs papillaires sur les deux faces de la langue. 11 est probable quil s'ajjit de tumeurs nœvoïdes, quoiqu'on n'en puisse voir que de très petites. Il y a douse ans I affection semblait être en voie d'accroissement, mais depuis elle a plutôt une marche rélr<^rade.

SÉANCE nu 3 JUILLET 1885.

PraiMwl* M atropU* optlqss- — Auliidle OMigfailtals. — l>onbl« gUdma. — Tiibvqnla de la olioroUe,

M. Mardis Gunn montre un spécimen vivant d'hypertrophie symétrique de la moitié supérieure de la face avec propfosis, atrophie optique et anosmîe. La malade est une femme mariée âgée de vingt-deux ans. II y a environ onze mois, cette femme fut prise de névralgies dentaires avec des vomissements; elle était alors enceinte de son premier enfant. La vision de l'œil gauche commença à diminuer vers le mois de février dernier. Deux iours avant la naissance de son enfant, elle devint complètement aveugle de' l'œil gauche, resta ainsi un mois, puis la vision repaniVgra-

GAZETTE HEBDOHADAIRB DE MÉDECINS ET OB GHIRURtilB

U AoDT 1885

duellement jusqu'au 5 juin; à ce moment elle redevint soudainement aveugle du même œil. Le lendemain de son accouchement, elle avait perdu l'usage de son œil droit et était demeurée ainsi durant une quinzaine de jours, au bout desquels la vision de cet œil réapparut. Il y a deux mois, la face s'est tuméfiée et les globes oculaires sont devenus saillants. La malade, aujourd'hui, voit tous les objets avec une coloration bleue. Pas de maladies nerveuses, ni de syphilis. Là face estp&le et boufQe; les deux yeux sont saillants; le gODllement de la partie supérieure delà face est très marqué au niveaa des paupières. La difformité du visage est symétrique. La malade est complëlemeat anosmique. Les pupilles ont un volume moyen; la droite est contractile, la gauche l'est â peine. Les deux disques optiques sont atrophiés, les veines sont larges et tortueuses. Pas d'albuminurie. Réflexes rotuliens normaux. Une paralysie faeiale est survenue subitement le 3 juillet Le traitement antisypfaililiqne est demeuré sans succès.

— H. Laug présente une femme et son fils, chex lesquels l'iris fait complètement défaut. Les deux malades ont du nyslagmus latéral ; la mère a une cataracte lamellaire du c6té * droit : l'œil jrauche était aussi calaracté et a été opéré sans succès; l'enfant a une cataracte striée des deux côtés. La mère a eu deux autres enfants, Tun d'etu avait aussi de l'aniridie.

— M. Laug montre un enfant pour lequel on est venu réclamer ses soiiu en mars 1882, alors que le petit malade avait seise mois. On énucléa l'œil droit pour un gliome; l'œil gaudie paraissait sain, mais en janvier 1884 le malade était condail de neuveau à H: Lang avec une tumeur de cet œil. Une tumeur secondaire se développa dans la suite à la fourchette sternale.

— M. Lawford présenle des préparations microscopiques de tuberculose de la choroïde provenant de l'œil droit d'un enfant Agé de cinq ans. Ce néoplasme a été constaté par rophthalmoscope durant la vie du malade; il se présentait sous l'aspect d une tache jaune entourée d'un cercle grisâtre situé dans ta région de la macula. L'enfant succomba à une méningite tuberculeuse; à l'autopsie, on trouva des ^nulations miliaires dans les poumons, le cœur et le foie. Le nodule de la choroïde offlre au microscope tous les caractères du tubercule, à l'exception de la présence des bacilles, qui, malgré tout le soin qu'on a mis à les chercher, n'ont pu être trouvés. Ces bacilles ont été facilement trouvés dans les méninges de la base.

La séance se termine par une discussion sur la pathogénie de rophthalmie sympathique.

REVUE DES JOURNAUX

i7phfiMe, nort, par le docteur HaubraC) médecin aidemajor. — Il s'agit d'un cas d*artérite survenue pendant la période de convalescence deladothiénentérie, ches un ^eune soldat de vingt-un ans, soigné à l'hôpital du Gros-GaïUou. Ce fait diffère surtout de ceux qui ont été publiés par Barié, par l'intensité de la fièvre oui a atteint 4i**,5, et s'est maintenue jusqu'à ta mort au-aessus de 40 degrés. L'élévation thermique se montra, comme premier phénomène, sansqu'oa pût en découvrir la cause, au trente et unième jour de la uèm typhoïde, alors que le malade pouvait être coitsidéré cpmme guép et préseu^iit une température de St^S : ce n'es! qi|é deu:( Jours plus tard qu'un découvrit une douleur vive; À Ia pression, au niveau du mollet gauche. Le lendemain^ la uouleur se produisait spontanément, et le membre offrait une tuméfaction manifeste ; la peau était rouge, tendue, brûlante. Les symptômes, très analogues à ceux d'un phle^

mon, conduisirent à pratiquer deux ponctions exploratrices, et même une incision au niveau du mollet ; mais en dépit de la sensation nette de fluctuation fournie par l'examen du membre, on ne donna issuàaucune collection purulente. Les battements de la tibiale postérieure étaient très affaiblis; ceux de lapédieuse étaient conservés et normaux. Le malade mourut dans un étal d'advnamie profonde le cinquième jour après le début des accidents. L'autopsie révéla l'absence de suppuration ; un épanchemenl de sérosité, contenant une énorme proportion de fibrine, dans les interstices interrousculaires de la jambe; un léger épanchemenl dans Tarticulation du genou ; des caillots dans les veines poplitée et tibiale postérieure; adhérents sur quelques points; deux petites déchirures de veinules musculaires, avec épanchemenl sanguin au même niveau; enfin, lus lésions manifestes de Tarténle, siégeant sur une longueur de 6 centimètres à partir de l'origine de l'artère tibiale postérieure. L'arlëre rouge, vascularisée, augmentée d'épaisseur, offrait une diminution marquée de son calibre; on constatait deux petites plaques rosées, saillantes, recouvertes d'un caillot adhérent, rouge p&le, situées sur la tunique interne épaissie. L'examen histologique révéla une infiltration de leucocytes dans toute répaisseur des parois de l'artère, et des lésions de pèriarl6rite dominantes. Le cœur était sain. Les ulcérations intestinales étaient en voie de cicatrisation.

L'auteur iusiste, dans cette observation, sur rinlensilé de la fièvre qui peut, dans quelques cas d'artérite consécutive à la dothiénentérie, entraîner par elle-même la mort chex un individu épuisé, et aussi sur 1 ensemble des signes propres au phlegmon qui contribuait à rendre le diagnostic fort délicat (Gazette médicale de Paris, V août, 1885).

Dlae«arB aar ^nel^iiM p«laU d« lak«lllnt»cle iic« rdas, pron«acé d«v«a< « The —edicol S— l»«y «I Lo«4m l, par

H. Henry Horris, chirurgien de Middlosex bospjtal. — Dans celle très importante dissertation^ l'autenr examine successivement et avec beaucoup de détails chacun dea trois points suivants : i" les symptômes qui doivent guider. )a conduite du chirui^ien} 3* la meilleure opération convenant à duuiue cas particulier; 3" le moyen facile et certain de s^assaver de l'état fonctionnel du second rein.

H. Morris r6snme dans les pn^ositions suivantes la pre^ mière partie de son sujet :

1* Quoique l'hématurie, associée à la fréquence des mictions et à la présence d'une petite quantité de pus dans l'urine, soit, en l'absence de toute affection des parties inférieures des voies urinaires, une preuve évidente de l'existence d'un calcul rénal} la douleur localisée à un cèté des lombes, avec irradiation à l'aine et au testicule du même côté, est nécessaire pour justifier l'exploration du reîn à travers les lombes;

â<* La douleur seule, lorsqu'elle est persistante ou qu'elle revient sous forme de paroxysmes fréquents, justifie l'exploration lombaire. Quana on û^uve notée dans les anlécédenta du malade l'existence d'hëmatarie sans pus, ou la présence d'une petite quantité de , pus dans l'urine sans hématurie, associée avec 4a douleur localisée à un côté, l'exploration doit être faite si le Uailement alcalin a échoué;

3° Quand les symptômes précédents jse montrent chex une personne qui a les urines acides, de ta tendance à la goutte ou uni mène une vie sédentaire et inactive, le traitement alcalin et la diète doivenl être prolongés pendant un certain temps avant de proposer l'incision exploratrice ;

V Quand l'urine est rendue alcaline par l'existence du carbonate d'ammoniaque et non de bases fiies, le traitement alcalin doit être essayé, pour cette raison que l'urine acide au moment de sa sécrétion irrite et enfiamroe la membrane muqueuse de la vessie, et devient ainsi^le point de départ de la transformation alcaline de l'unoe Imduttinu^iraction ;

5° Dans certaines circom^é^r, rej^>Ior«ibn^a^

ii AoOT 1885

GAZBTTB HEBSOlUSAlRB DS MfiDBGINB BT DB CHIRtmGIB

pour la recherche d'an cdcnl est justifiée' quand rien n'indiq|ue lequel des deui reins est le siège du calcul;

Si un rein suppuré et non calculeux donne lieu aux symplAmes énumérés déjà, l'incision lombaire peut apporter un grand soulagement en permettant à la collection purulente de se vider ;

V Dans des circonstances prévues, l'exploration digitale de la vessie pour la recherdie d'an nlcul de l'urelère doH être pratiquée, et, si une pierre est trouvée dans l'orifice vésical, elle doit £tr« extraite;

8* L'extraction d'ua calcul arrêté dans l'uretère au moyen d'une urétbrotomie intrapéritonéale est possible, et dans certains cas elle doit être pratiquée;

9« L'exploration de la vessie chez la femme toujours, et chez l'homme dans la grande majorité des cas, doit être pratiquée avant la néphrectomie;

10" La présence d'un calcul dans un rein provoque parfois, par sympathie, de la douleur et de l'iiritaiion dans le rein opposé: mais cette douleur de transfert a des caractères particuliers, elle n'est pas spnsmodique, ne survient pas sous forme de coliqne; elle ne doit pas empêcher le chirurgien d'agir quand il eûste dans le côté opposé des phénomènes douloureux bien marqués et fréquents;

11* L'expérience apprend qu'après rezploration lombaire du rein le patient peut se coucher sur le dos; un bandage convenablement disposé doit être appliqué sur Tabdoraen au niveau de l'organe exploré; le rein n'a aucune tendance & s'échapper & travers la plaie des lombes, et la çuérison de la blessure est asses rapide. (The British medtcal Journal. U février 1885, p. 311.)

Extirpation totale DBt'uTéatis par le vaoih, par H. E. Bot- TIMI. — Cas de cancer ntérin goéri par l'exUrpation totale de l'organe par la voie vaginale. iOaazma vud. itai.-bom^.. 1885, n« 9.)

SCH LES PARALYSIES DtPHTIISRITIQOES, par M. E. MbNDEL. —

Discussion iatérussante des diverses théories proposées pour expliquer la cause de ces paralysies. Celle-ci restera aaturellemeni dans le vague aussi longlemps que le microbe de la diphthérie oe sera pas mieux eoniui. {Neurotogiêekês CentnibkUt, 1885, n» 6.)

Nouvelle intbrpr^ation du rôle ns la henstroation, par M. W. LôvrsNTBAL. — Long mémoire renfermant na grand nombre de faits intéressanls, dans lequel l'auteur a été constamment dominé par celte idée que l'hemorrhagie menstruelle est au fond une superfluité, et qu eHe constitue plutét un phénomène pathologique que physiologique, lié à la mort de l'ovule non fécondé. (Arekivy, QynâkoL, 1885, Bd XXIV, Heft S.)

BIBLIOGRAPHIB

■M|HM« apipIlMillau h7Sléal««ea et wAïUcalc*, par le

docteur A. CollihbaO.

Il a paru dans ces dernières années un nombre considérable aouvrages sur la gymnastique et sur cet ensemble de manœuvres externes qu il convient de désigner sous le nom traditionnel et logique de manipulations y que l'on dénomme improprement et grossièrement sous l'expression de massaget et que l'on tend universellement, à tort ou h raison, à considérer comme une des branches de la gymnastique. Le « massage > n'est, en effet, qu'une des formes des manipulations; tes frictions, les percussions, les mouvements imprimés ne sauraient être confondus avec le massage. Quoi qu il en soit, de tous las ouvrages les plus importants pour le

volume et pour la conception est certainement celui de M. Collineau, quieât pu très légitimement porter le nom de Traité, car toutes les questions afférentes k une science très complexe, la science des mouvements corporels, la cinésiologie, y sont très largement traitées.

L'ouvrage de M. Collineau est destiné un peu à tant le monde : aux gymnastes d'abord, parce qu'il renferme d« nombreux chapitres — la moitié du volnroe— sur les neliona élémentaires de la physiologie; aux médecins, parce que la technique de la gymnastique, qu'ils devraient connaître, y est ezposée par son auteur dans un langage tout médical ; aux érudits, en raison de la place importante accordée par l'auteur à l'histoire de la gymnastique, qu'if a bien comprise ; aux pédagogues, à cause d'un excellent chapitre sur l'organisation des jeux dans les écoles; aux politiques même, car ce chapitre, intitulé : < La gymnastique dans une démocratie », leur est tout entier destiné.

H. Collineau est un merveilleux symphoniste; il sait faire concourir au triomphe d'une bonne cause les éléments les plus variés sans qu il en résulte le moindre désaccord, sans

3ue l'oreille ait la moindre surprise. C'est ainsi qu'à propos e la phonation la physique, I analomîOj la physiologie, la linguistique, l'ethnographie, l'orthophonie, la musique sont successivement mises à contribution, et ce chapitre est un des plus intéressanis A lire.

Cette phrase d'ailleurs peut recevoir h plus d'une occasion son application, car si le chapitre des attitudes est excellemment traité, ceux de la marche, de la course, du saut et de la danse se lisent avec autant d'agrément que de profit. Certain mélange de données scientifiques et de récits anecdotiques et historiques diminue singulièrement le nombre de ces pages que de nombreuses figures viennent (Mqnemment c illustrer >.

Un critique dramatique célèbre et très justement populaire à cause desa grande. banalité, a l'habitude, dit-on, de faire à cMé de la pièce failéet jouée la « pièce à faire >, et il se donne ainsi la satisfaction, tous les dimanches, de monirer à ceux

3ui ont fait quelque chose que si lut, le critique, s'était onné la pçine d en faire antani, il l'eAt fait infiniment mieux. H voudrais bien me trouver dans cette situation, si grotesque qu'elle soit, Tis-à-vis de H. Collineau, et j'indiquerais ici c le livre à flsire ». Halhenreusement ce livre n'est plus c à faire ». Dans le temps même où H. Collineau écrivait son gros volume, je rédigeais pour le Dictionnaire enctfeiopédique l'article GTMNAsriQCE, qui est écrit depuis bientèt trois ans, et composé depuis six moisi J'ai fait autre chose que M. Collineau, ou du moins j'ai fait autrement; j'aurais certainement fait mieux « la pièce à jouer» si j'avais en, comme le critique célèbre, son livre sous les yeux.

Je suis parti de cette idée que la gymnastique est toujours médicale, qu'elle doit rentrer dans l'apanage de la médecine, dont elle fusait étroitement partie dans l'antiquité, encore qu'il y eàt un certain antagonisme entre les hygiénistes et lea dn^nitles, ainsi ou en témoignent plusieurs dialogues de Platon. Il y a donc lien de l'enieigaer aux médecins, afin que ceux-ci la prennent en mains et se substituent gradu^ement aux gymnastes de profession, qui l'eU' traînent trop violemment, de nos jours, dans le courant des fêtes puoliques, des enterrements ou des processions laïques, qui tenaent manifestement fa remplacer les autres. On ne détruit que ce «qu'on remplace, a oit un grand philosophe, ce qui revient à dire, ce me semble, qu'on ne détruit pas grand chose.

La gymnastique est appliquée & l'éducation ou fa la thérapie, liflle devrait, dans le premier cas, Mendre le noqi d^ gymnastique édHcative; daqs le flecondt de ci^rative, e| so^s cette double forme être Toliijet d'un enseignement a.u% Idoles de médecine. Pourquoi, dans les nouveaux locaux de Paris, ne ménagerait-on pas une vaste aalle. qui, ser^iuuMrt^BÀ» laboratMM de physiologie, oùi^iye^VPM^^^

GAZBTTB HEBDOMADAIRE DE MÉOEGINB BT DB GBIRURGIB

15 AoOT 1885

mnseulatioD, seseffeUdaosla circulation, les sécrétions, etc., seraient étudiés expérimentalement. L énorme développement donné aux Ecoles de pharmacie à une époque où roffîcine tend à devenir une boutique de spécialités cachetées laisserait croire que toute la médecine semble devoir être faite par le pharmacien, alors que tout au contraire la tendance est au régime ou c â l'air, aux eaux et aux lieux >. El puis, quel mal y aurait-il à ce que les élèves de première année Tussent tenus à un certain nombre de séances de gymnastique dans le gymnase de la Faculté, tout comme ils sont tenus à des manipulations de chimie ou & des séances de dissection. &t-ce que l'étude des formes du corps humain, l'anatomie topographique, la conformation du rachis et des jointures ne sont d aucun intérêt au médecin qui sera si souvent consulté sur des enfants qui < se tiennent mal », et qni n'a d'autres ressources aue le corset du prétendu € orthopédiste », qui n'a jamais fait que des bossus? Attribuer à la gymnastique la surveillance de l'éducation corporelle, sa direction même, aux médecins, c'est urgent.

L'Université a toujours montré la plus grande hostilité à la gymnastique. Quelquefois, sous l'impulsion de quelque dépulé influent ou de quelque ministre vraiment digne d'être < grand maître », Duruy, J. Simon et d'autres encore, les bureaux ont remué. Hais le mouvement se brisait devant l'inertie des proviseurs, et les directeurs étaient d'ailleurs du niême.avis, car leur plus grand souci est de tenir les écoliers assis douze heures par jour. Tout ce qui les dérange de cette digne altitude leur semble attentatoire à la dignité de Valma mater. Il n'y a plus que les Jésuites qui sachent faire joner les enfants en < récréation ». Il n'y a Ç[ae les médecins qui

Euissent, par la puissance de leur action sur l'opinion pulique, forcer la main à l'administration. Mieux vaudrait — car tout serait à faire — que les deux demi-heures par semaine de gymnastique accordées aux lycéens, fussent supprimées. I u.

H. Paul Bert, dans son court passage an ministère, a supprimé la commission de gymnastique, qui avait rédigé des manuels et qui commençait à prendre quelque importance, et l'a remplacée par une grande commission de trente-trois membres, commission d'éducation militaire et civique, je crois, dont la lâche était d'infuser le patriotisme et les vertus républicaines par la musique, l'imagerie et les bataillons scolaires, qui ont coûté plusieurs millions, sans aucun autre avantage que d'avoir fourni un vêtement chaud à un certain nombre d'enfanls des écoles f)rimaires. Aussi, au point de me de l'éducation nationale, je considère la gymnastique éducative comme a peu près abandonnée en France, tandis qu'elle fait è l'étranger des pas de géants. Heureusement les Sociétés de gymnastique, composées surtout d'employés, d'artistes et même d'ouvriers, rendent à cette partie de la population les plus grands services, tandis que les quinze on vingt mille étudiants de Paris sont à peu près étrangers h la culture corporelle.

Ce cêté critique manque complètement au très utile travail de H. Coliineau, qui se montre, en général, très satisfait des circulaires ministérielles, et croit que tont est bien qui est bien écrit. La gymnastique éducative n'aura quelque valeur que le jour où une heure pleine sera consacrée aux exercices corporels les plus variés, dans un costume spécial , dans une salle convenable munie d'eau et de lavabos à profusion; retranchez celle heure des heures d'étude, et vous aurez un travail deux fois meilleur dans le reste de la journée. Tout ce qui dépasse un maximum de huit heures de travail mental est perdu pour Facquûition et désastreux pour les habitudes cérébrales.

Je ne veux pas quitter cette page sans remercier H. Coliineau de sa constante bienveillance à mon égard ; il s'est souvenu que j'avais beaucoup écrit sur la gymnastique, et il a adopté la plupart des doctrines que j'avais moi-même cherché & fUre prévalnr; nous sommes sur tous les points d'ac-

cord. Aussi je recommande la GymnaHigue comme nn document tout à fait scientifique, un peu touffu, sans doute, le seul peut-être qui ait complètement ce caractère, d'assurer à la science des exercices corporels une base solide.

Dallt.

■al««tw de Im moelle «^nlère, par M. le docteur AL-

TRAUS, médecin de l'hêpital des épileptiques et paralytiques de Londres, etc., traduit par M. le docteur J. MoRiïr. avec préface par H. le professeur Charcot. — Paris, 18B5.

Savy.

Ce volume est exclasivement consacré aux scléroses de la moelle, et, avant tout, à l'ataxie locomotrice. Cette nuladie est étudiée avec le plus grand soin sous toutes ses faces ; l'auteur fait preuve d'une érudition étendue et d'un grand sens critique, en même temps qu'il apporte un nOmbre considérable d'observations personnelles, dont plusieurs offrent un réel intérêt. 11 faut signaler surtout les chapitres consacrés à l'étiologie, où la syphilis occupe, d'après lui, la première place, aux théories de l'incoordination motrice et eaBa ■A certains phénomèi>es morbides, tels que le signe de Westphal et celui d'Ai^yll-Robertson. La paralysie spinale {^tabes dorsal spasmodique) fait aussi l'objet d'un chapitre intéressant. Quant à la sclérose latérale amyotrophique et la sclérose eu plaques, elles sont étudiées d'une manière plus succincte.

VARIÉTÉS

ATZB. — Pour os qoi ooneirM la TMkilt* da m*diiln< da Parla volraa varso d* la couverture.

HoUTALiTi A Paris {di* semaine, du 2 au 8 aoAt 1885).

— Fièvre typhoïde, 33. — Variole, 2. — Rougeole, lî. — Sca^ latine, 7. — Coqueluche, 5. -~ Diphlhérie, croup, 23. — Cho* lëra, 0. — Dyseiilérie, 1, — Ervsipèle, i. — Infections pnerpérales, 3. — Autres affections épidemiques, 0. — Méningite, 39.

— Phthisie pulmonaire. t59. — Autres tuberculoses, Si. — Autres affections générales, 61. — Mairormations et débilité des âges extrêmes, 39. — Bronchite aiguë, 8. — Pneumonie, 12. — Athrepsie (gastro-entérite) des enfants nourris au biberon et autrement, 105; an sein et mixte, 38; inconnu, 8. — Astres maladies de l'appareil cérébro-spinal, 67; de l'appareil eirettlatoire, iO; de l'appareil respiratoire, 42; de I appareil digestif, 45; de l'appareil géniio-urinaire, 20; de la pMU et da bsaa lamineux, 4; des <», arlicnlations et muscles, 6. — Hortt violentes, 31. — Ganses non classées, 16 ~ Total : 884.

OUVRUES DÉPOSÉS AU lURUII DU JOURMAL

u ret», diMHtnpiiorttim letUldie, juM. la^mta. Ia-8 me 1 plaMba.

{■vil, A. Coecoi. 9 fr. sa

fiantritotim 4 CiMt i$ tmin/dt^ d* r«U, pw H. RmI j B«|re. In-S me

4 planchai. Ptrit, A. Coeoot. S Er.

Traiiement de la migrainepar U MCtMf*. par M.hioatoMra. Nentron. ln-8.

Paris, A. Oalsbays et E. Ucmnler. S tt.

âtaéeiurUiparaintHa alCMlfffiKi (uMttt Muinplst dM les ■llMlifMt), par

M. le doelrar Wlillun DeUinger. la-S. A. Dal^aje et B. Leeraenltr. S fr.

Contribution à l'éiudt de» jnkém!U» do «an» inlenw. ikad» nOKfrM de» rtit dan» la fièvre tv^oUe, par M. le doeleur P. Gallois, ln-8. Part», A. Dd>faayc el E. Lccwonicr. S fr. 50

De ta tuberculoêt du péritoine et dtt plèvret eket l'adulte, au point de vue é» pronntic et du traiiement. par H. le doelear H. BoalUod. U-S. Paria, A. D*- UliBja et B. LeorMnkr. S fr.

G. Hasson. Prùppétaire-Gérant.

MIT. BovBMTon. — 1m

TRBRn-mimftifG jlnnéb

38 Août 1885

PARAISSANT TOUS LES VENDREDIS

COMITÉ DK RÉDACTION

PrAsidint : H. le docteur A. DSCHAXBRE

HUBMl : MIL In doctMn BUCiEt. SEOIGB DIEUUFOT, DWETf USJRISM. FUIQSIS.FUICK, ALBERT ICIOCQUE

L UREBOULUT, PAUL RECLUS

Idnuer tout ce qui concerne la rédaetùm an tiège du Comité, ohas N. Dicunu. M. nM rf» £jU« (âTtnl U mudi d« préUfinoee).

TMr »M« t 4b la OwnwtaFe l'iMIaatiM ém AOtM BB IA VACitII.Tlfe BB HÉBBOHnB BB ^ABUI

(Thèses, eiamens, conn, etc.) •« dNwa aewiiMig «rtéfe— — le pakUe HMiMd.

SOHMAIRR. — Paris. Acadëmffl de mMecine. — Contrta de Grenoble ; Dlieonn de M. Venwvil. — Contribetlone phinBMealIqvei. — Tbavavx eiuaiaAux. htbologie ieleme : De k maladie de HodgtoR. — COMftltfta saiHTlPiQUi. Auodelioa franfiaiee peur l^mcemaet dei icieBoee.— SooiÎTlf s UVAKTIS. Académie des Kieaeea. — AeadMle de mddeciM. — SedM mtfdleale dee kftpiUnn. - SoelM de tUrapeotique — Rivt» Bis JODRNAUX. De l'action de l'ubqtine. — La tballioe. — iDDueDce de* aJTectioni chroniques de la muqueuse nasale sur tes palpitatioDs neireiues. — Cas de dfpUhdrla euiii d'alaile. BlBLlMiUPaii. tta rUa de 1« «rafeattaa dans lea aaladieB dee eeiea wloalne. — VMDttis. heelid de mMeoine de PMii.

Paris, Si août 1885.

ICADÉMIE DE HÊDBCIKE. — CONGBÂS DE OHENOBLE : DISCOURS DE H. TERREUIL. — PROJET D'UN ORDRE DE HËDEGIIfS. — COHTBlBUnOMS PHARMiCEOTIQUeS.

Après quelques observations très justes de H. Brouardel sur une lettre adressée à l'Académie par H. Solari, sur l'épir démte de Marseille, M. Féréol a communiqué un nouveau cas de sueur colorée qu'il a eu roccasion d'observer avec H. le docteur Sabourin, et sur lequel nous appelons tout spécialement l'attention. C'est, croyons-nous, le seul où. Ton ait pu signaler ce caractère indéniabie d'authenticité : que renduitenlevéAvee wi liage se reproduisit rapidement sous les yeux de l'observateur. Nous avons eu le plaisir d'entendre, à cette occasion, M. Féréol adhérer aux remarques qui ont été présentées ici sur le même sujet (1884, p. 239), relativement à l'origioe de l'enduit, et, par suite, à la dénomination de la maladie. M. Féréol accepterait plus volontiers l'expression de ehromophiliet qui ne préjuge rien sous ce rapport. L'essentiel est de reconnaître que celle de chromidrose, affirmant l'origine sudorale de ta matière colorée, en dit plus que la science actuelle ne le permet.

~ On trouvera au compte rendu de l'Académie de médecine une lecture de H. Gibier, également faite à l'Académie des sciences, sur les expériences qn'il a entreprises avec M. Van Ermengen, en vue de déterminer la valeur des inoculations anticholériques, et'qui a été, comme on en pourra juger, peu satisfaisante. Nous engageons le lecteur à rapprocher ce travail de ceux qui ont été communiqués au Congrès de Grenoble sur la pathogénie du choléra, par HM. Ghauveau et Bouchard (voy. p: 558).

y Stui. T. UIL

CMgrta de erMMsUei PI— — r» de TMMail.

Le discours' prononcé par M. Tern^il à l'ouverture du Congrès de Grenoble a fait et fera du bruit. Le talent très

{larticulierde l'orateur y aurait suffi. On connaît l'abondance, 'entrain, quelquefois l'entraînement de ces manifestations parlées dans lesquelles il se platt à remuer t'opinion sur quelque thèse de pathologie générale, de thérapeutique oii de prophylaxie chirurgicale. Le sujet qu'U avait ch<nsi n'avait rien d'inattendu ; c'est un de ceux qui l'attirent le (dos et sur lequel il est pins souvent revenu; mais cette fois, il parlait, on peut le dire, en plein vent ; d'une tribnne d'oà ses paroles allaient retentir, comme c'est maintenant la coutume, dans toute la presse extra-scientiflque. De plus, l'orateur s^adressaït ouvertement aux gens du monde, dont il vodlait rectifier certains préjugés. Or il s'agissait des mœurs de la chirurgie contemporaine, et le discours était une charge à fond contre la pratique tapageuse et ravageuse ; c'était, comme l'a dit M. Verneuil lui-même, la confession d'un chirurgien du siècle. Les opérations les plus périlleuses se multiplient sous de futiles prétextes; inaugurées dans un pays, elles font bientôt le tour du monde; eWa se répètent par imitation, jusqu'à ce qué la mode en passe, c Toutes ces opérations, a dit l'orateur, on en a singulièrement abusé, e'est>à-dire qu'on a trop transfusé, trop trépané, trop ténotomîsé, trop réséqué, débridé trop de rétrécissements, excisé trop d'iris, beaucoup trop travaillé dans le petit bassin de la femme, raclé beaucoup trop d'abcès froids, et promené trop sonvent la pointe du thermocautère sur la peau. Et, s'il fallait des preuves péremptoires de l'abus, je rappellerais simplement que, dans un grand pays comme le nMre, avec nos 37 millions d'habitants, on compte au plus maintenant, par année, une demi-donzaine de transfusions et une douzaine de trépanations; qu*on laisse désormais tranquilles les muscles rachidiens et linguaux chex les bossus et chez les bègues; qu'en Ai^Ieterrre, oA Ton a tant réséqué, on ne résèque presque plus; que tel ' chirurgien étranger, fort enthousiaste d'une résection qu'il proclamait excellente, an point de la pratt()uer par douzaine, la déclare aujourd'hui détestable; que les oculistes, qui naguère ne croyaient pas au succès de la cataracte sans iiidectomie, Raccordent presque tous à respecter l'iris; que le fameux raclage perd tous les jonrs dn terrain et a/em relégué d'ici k àeax ans dans la

m - «•ai-

GAZETTE HEBDOMADAIRS DS MÉDECINE ET DE GHlRORGlB

musée des antiques, tout comme le pointillage de la peau avec le Ter rouge. >

Et ce n'est rien que cette boutade à cdté de Tanathënie lancé à toutes les extirpations inutiles ou mal motivées du larynx, du pharynx, de Testoroac, du rein, de l'utérus. On devine quel régal pour le public qui paye les frais de ces irruptions à main armée et de ces épidémies !

Puis il y a un autre motif d'émotion. La confession que fait M. Vemeuil, ce n'est pas la sienne ; c'est celle de pécheurs qui n'en avaient nulle envie, et qui, n'ayant rien avoué au tribunal de pénitence, se trouvent néanmoins punis. Ils trouvent même que, pour leur apprendre à se défaire d'une chirurgie aventureuse, on leur a pratiqué, à euxmêmes, devant le public, nue opération un peu sanglante. Hais o*asilew- afl^. La public, lui, a vu dans l'orateur, le rtr bimtu, diccndi peritus; il a été touché de la pensée morale du discours, et frappé du courage avec lequel elle a été développée. Il s'est montré, en un mot, satisfait et l'a témoigné par de longs et chaleiireux applaudissements.

. VOrdre des avocats avait été supprimé par décret de l'Assemblée constituante (27 septembre 1793). La tourmente révolutionnaire passée, et après différents actes de réparation, sur lesquels je n'ai pas à m'arréter, l'Ordre, avec le tableau, fut rétabli par un décret du il décembre 1810, lequel fut aboli par ordonnance royale du 20 novembre 1822, qui règle aujourd'hui la situation de l'Ordre.

A la téte de l'Ordre est le bâtonnier (ainsi appelé parce qu'il portait autrefois le bâton dans la confrérie de Saint- Nicolas, patron des avocats). C'est le chef suprême, représentant l'Ordre en toutes circonstances, aussi bien dans ses rapports avec l'autorité supérieure ou avec les magistrats que dans les actes de discipline intérieure. Il veille à l'exé- (;ution des r^lements, il préside Içs commissions, signe les certificats d'inscription au stage, ou au tableau, et généralement les écritures des fonctionnaires de l'Ordre (secrétaire, trésorier); il dresse les listes des jeunes avocats ou stagiaires commis aux défenses d'oflice ; il a surtout, comme on va le voir, une influence prépondérante dans le Conseil.

La direction des affaires de l'Ordre est, en eff^t, confiée à un Conseil, et il est à remarquer que celui-ci porte le nom de CotueH d» diêciplinef aussi bien dans Tordonnance du 20 novembre que dans le décret de 1810. Il est composé â Paris de 20 membres élus par l'Assemblée génér^de de rOrdre, pour la durée de l'année judiciaire, et est présidé par le bâtonnier. Ses atlributions sont très étendues et en même temps assez vaguement définies. Ce v|igue est intentionnel. J'appelle là-dessus l'attention du corps médical. L'Ordre des avocats, formant, comme je l'ai dit, une véritable association, et, à ce titre, plus jalouse de sa considération, plus intéressée & la conduite de ses membres que ne peuvent l'être les simples groupes professionnels, a compris qu'il était nécessaire de ne pas limiter avec trop de précision le terrain sur lequel il lui serait permis de poursuivre et de punir les manquements à l'honneur et à la dignité. Ainsi, non seulement leOonseil décide de tous les cas particuliers d'incompiUibilité, de toutes les infractions aux règles concert nant Les stagiaires et les avocats en exercice ; non seulement

il s'enquiert de leur domicile et de leur mobilier ; non seulement il doit maintenir, conformément au texte de l'ordonnance de 1822, ces principes de modération, de désintéressement, de probité que j*aî rappelés; mais cette même ordonnance, dans le second paragraphe de son article li, le charge expressément de surveiller let mœun et la conduite des avocats stagiaires. Il peut donc pénétrer jusque dans la vie privée, et on pourrait citer plus d'un exemple d*avocats évincés de l'Ordre ou échappant à la radiaUon par une démission volontaire, à la suite de scandales publics. En un mot, le Conseil se meut avec une entière liberté dans le cercle des actes quelconques susceptibles de nuire â la considération de l'Ordre.

Et de même qu'il peut frapper le mal partout oiï il le voit, il est omnipotent dans une partie au moins de ses décisions, notamment dans celles qui touchent l'admission au stage et l'inscription au tableau. L'appel n'est ouvert k l'intéressé que dans certains cas déterminés où le jugement qui 'l'a frappé a le caractère disciplinaire proprement dit et eofige son honneur comme ses intérêts professionnels.

Il importe à ceux de nous qui projettent d'instituer no Ordre des médecins de connaître avec quelques détails les moyens d'action mis à la disposition du (îonseil. Ce sont :

VOmistion. Ga n'est pas une peine disciplinaire; Pautear de U faute cesse de figurer sur la liste des stagiaires on d'être inscrit au tebleau tant qne la caose qui a motÏTé la décision continue d'exister.

L'Avertissement. Il y en a de deux sortes : l'avertissement réel, notifié par écrit, et l'avertissement paternel, qui est donné verbalement par le bâtonnier. L'avertissement ne comporte pas de recours.

La Réprimande. Pas de recours.

L'Interdiction temporaire. La durée de rinterdiction ne peut excéder une année. L'appel est ouvert à l'intéressé. La Radiation. L'avocat peut également appeler. Dans ces deux cas, l'appel est interjeté par une simple lettre écrite au bâtonnier ou au secrétaire du Conseil dans les dix jours de la communication de l'arrêté, et l'appel eti jugé à huis clos, devant les chambres réunies.

Le Conseil n'est astreint à aucune forme l^ale, ni pour l'instruction, ni pour le jugement. Sur une plainte & lui adressée, ou sur la demande du procureur général, on même d'office, il se réunit; le bâtonnier nomme un rapporteur, qui invite l'avocat â se présenter devant lui. S'il y a un plaignant, l'appelé est entendu une seconde fois en présence de celui-ci. Le rapporteur fait l'instruction et lit son rapport, sur lequel le Conseil vote, soit séance tenante, soit après que, pour se mieux éclairer, il a fait comparaître l'inculpé.

Dans tout ce qui précède, j'ai pris pour modèle le barreau de Paris, d'après un ouvrage qni est entre les mains de presque tous les membres de la profession : celui de H. Hollot {Des risques de la profession d^ameat). Hais il faut savoir, parce qu'il y a là un précédent dont nous aurions nous-mêmes â tenir compte, que, sur les points de déontologie qui ne sont pas réglés par des textes souverains, il existe certaines différences entre les barreaux des diverses cours. Ainsi l'action en justice pour payement d'honoraires, inconnue au barreau de Paris, partout déconseillée, est néanmoins tolérée dans quelques sièges. Du reste, même à Paris elle devrait être reçue par le tribunal comme étant de droit commun ; mais elle trouTenit ^lùtedevapl/elle le ConseU de discipline. De mâËÙMbftï&âteby ^^roque des pièces entre confrères n'est pas pratiquée avec la même

AoOT 1S85

rigueur par tous les barreaux. Dans quelques-uns, elle ne porte d'ordinaire que sur les pièces essentielles. TaTocat plaidant se résemnt l'usage de documenta partienlters qui lui sont fournis par son client ou par des tiers. Enfin la cotisation (30 francs par an) k laquelle sont soumis, à Paris, les avocats inscrits comme les stagiaires, et qui est destinée seulement à subvenir aux dépenses de l'Ordre, n'est pas la même on fait défaut, je crois, dans beaucoup de barreaux.

Dans ce décalque d'un oi^nisme professionnel, dont la connaissance est indispensable & tout partisan d'une discipline médicale, je me hâte le plus possible et ne m'arrête qu'aux traits principaux. Mais il est un point qui mérite une attention toute spéciale, et à défaut duquel toutes nos ressources de réglemenlatioD n'arriveraient pas à produire un équivalent de l'Ordre des avocats: €et Ordre, organisé pour )a garde de son honneur, place sur le même rang le maintien de ses droits, de son autorité el l'accomplissentent'de ses devoirs; et le bâtonnier, assiâté de son Conseil,^ préoccupe du premier genre d'inlérAis autant que du second. Organisé pour la discipline commune, il l'est aussi pour la protection commune. (^*un acte ' ministériel paraisse constituer une dérogation aux droits formels et aux usages constants de la profession; que la circulaire d'un procureur général paraisse excéder la mesure de ses attributions, ou ne pas observer suffisamment les convenances de langage à l'^rd du barreau ; qu'un magistrat fasse à l'audience une acte d'autorité qui nuise k la défense ou se permette envers un avocat quelque observation jugée malséante, l'Ordre interviendra, et c'est le b&tonnier en son Conseil qui jugera des mesures à prendre pour obtenir satisfaction. Lie Conseil remplit d'ailleurs un rftle permanent d'assistance envers les confrères; il leur distribue ses conseils, il les aide dans leurs revendications légitimes. Les Conseils des différents barreaux se prélent même quelquefois un appui mutuel.

Ce sont là des exemples à proposer au corps médical; mais on comprend qu'ils ne peuvent se produire que dans une profession constituée, pour ainsi dire, en famille, docilement retenue par un lien étnùt de solidarité. On parle souvent, il est vrai, de la famille médicale; mais cela ressemble un peu i la famille d'Hippocrate, à la famille française, k la famille européenne, où la parenté est un peu làdie. On rencontrerait ici l Association générale des médecins de France^ dont le titre assurément ne couvre rien de semblable à la forte trame de la confrérie des avocats, mais qui pourtant a déjà pris en mains la défense des intérêts généraux de la profession et quelquef(H8 celle de quelques iatéréls particuliers. MaisTAs* sociation n'embrasse pas encore la totalité des médecins de France, et c'est une question réservée que celle de la situatioa qui devrait lui être faite dans l'organisation projetée.

Toilà donc, en résumé, les principaux éléments dont il s'agirait de tirer parti à notre profit. Il ne faut pas y réfléchir beaucoup pour comprendre que Fimitation n'en pourrait être que très superficielle. Rien n'empécbe : de déclarer que le corps médical se constitue en Ordre ; — de le partager, sur le territoire de la France, en un certain nombre de groupes (dont les circonscriptions seraient à déterminer), non pour . diversifier notablement le code des devoirs ou celui des droits, mais parce que la surveillance et l'action disciplinaire ne

s'exercent bien que dans de petits rayons; — de placer à la téle de chaque groupe un chef (sous le patronage de saint Luc au lieu de saint Nicolas) avec un &>nseil électif muni de pouvoirs étendus; — de spécifier certaines règles de déontologie et de laisser le reste à l'appréciation du Conseil ; — de réprimander les délinquants; — d'instituer, le ministère public faisant ici défaut, un. Conseil supérieur A'aippel^ etc. Mais ce qui manquera à . cette organisation, ce sera la sanction pénale. Tant que la profession sera libre; tant qu'il suffira de posséder le diplôme pour avoir le droit d'exercer, que ce droit ne pourra être ni interrompu, ni supprimé ptr contrainte et par la main d'un Conseil de discipline, r^re no seraque nominal. Le tableau d'inscription sera nn simple tableau d'honneur; celui qui doutera d'y être admis ne s'y^préeentera pas; celui qu'on en aura éliminé contiiuera tranquillement la pratique. Sans compter que l'int4rre(tion de personnes non autorisées par la loi à déclarer publiquement attentatoire à l'honneur ou à la considération tel ou tel acte d'un confrère pourrait devenir passible d'une poursuite en diffamation.

Le corps médical se trouve ainsi placé dans l'alternative suivante :

Ou il faut accepter franchement cette situation, qui ouvre encore le moyen, sinon de châtier ceux qui se déconsidèrent, au moins de les empêcher de déconsidérer la profession. Il suffirait d'emprunter à l'organisation de l'Ordre des avocats seulement son mécanisme, son cadre, pour le faire servir au seul usage qui nous soit permis, je veux dire pour Vélimination du membre compromettant. GeUe institution presque solennelle d'un Conseil et d'un chef de l'Ordre dans chaque circonscription, élus par leurs confrères, recevant d'eux, non le simple pouvoir, mais la mission obligatoire de veiller à l'honneur de tous, le devoir strict de répondre à tous les appels, d'examiner toutes les plaintes, pourrait mettre fin à cette inertie générale qui a envahi jusqu'aux Sociétés savantes nanties, à défaut d'un vrai Conseil de discipline, d'un C9itseil de famille, qui pourrait rendre les mêmes services.

Ou il faudrait se décider k une aliénation partielle de la liberté de la profession, et obtenir au profit des Conseils un pouvoir disciplinaire qui pût aller jusqu'à la suspension ou à l'interdiction de l'exercice. Ce moyen radical est le seul qui puisse amener des résultats bien sérieux : un coupable se joue volontiers d'une vitupération ou d'un stigmate public ; il 7 prend même souvent occasion de se précipiter plus avant dans le md, et son rôle de victime lui devient une réclame. La suspension d'exercice le rendrait prudent, et l'interdiction le rendrait impuissant. Hais il ne faut pas se dissimuler les difficultés d'une pareille révolution. Une loi y serait nécessaire, puisqu'il s'agirait de donner un sens nouveau et plus étendu an délit d'exercice illégal de la médecine. Or il est fort douteux que le pouvoir législatif consente à faire fléchir sur un point le principe de U liberté professionnelle; et, à voir l'accueil souvent/ait aux charlatans les plus avérés par ceux-là mêmes qui font les lois ou qui les appliquent, on peut craindre qne nos doléances trouvent peu d'é^o duu les Chambres. Je sais bien que le projet Salvandy stipulait des cas d'inoqiacité d'exercice, que maintient presque intégralement le rapport récemment fait à l'Association générale par H. Luttier; mais, tùrés exclusivement d'antécédents judiciaires, ils n'ont pas de rapport avec la déontologie proprement dite. ^

Dans tous les cas, que l'a^on disciplinaire ait une origine eonfratemeile ou une origine légale, une des dispositions

28 AoDT 1885

qu'il serait le plas à propos d'emprunter à l'Ordre des avocats serait celle en vertu de laquelle les Conseils, qui ne condamnent pas les inculpés sans les entendre, ne sont pas tenus de motiver leur décision dans la signification de t'arrété disciplinaire. Celle disposition, les intéressés peuTent la trouver arbitraire, inquisitoriale; maïs, en réalité, elle est à leur avantage, en ce que l'expression des motifs de la peine ne sort pas de la salle du Conseil, et qu'il n'est ainsi livré au dehors aucun texte qui soit une divulgation de la faute commise.

Il serait prématuré d'aller au delà de ces réflexions gén^ raies. Si la question sort davantage du domaine spéculatif, si elle s'empare plus fortement des esprits, et si les projets déjà formulés sont l'objet de tentatives sérieuses de réalisation, il sera temps de se livrer à une appréciation plus approfondie et plus détaillée. Je puis dire seulement aujourd'hui que le projet de M. le docteur Surmay (Gaz. hebd.j 1884, p. 699) pose les bases essentielles de l'institution.

A. Dechahbre.

PÉTROBASELIHE BORATËE.

Ne pouvant répondre aux nombreuses lettres duis lesquelles on nous demande des renseignements sur la pétrobcuelinef je donnerai ici quelques explications.

A peine la vaseline avait-elle fait son apparition dans le commerce, que des concurrents s'élevèrent de toutes parts et explwtërent la même substance sous les noms les plus divers : pétréolim, neutroline, earhurine, et pétrobasetine est le dernier né de la série ; son étymologie est parlante.

Si je me suis fait l'apôtre de la pétrobaseline, c'est que j'ai été frappé des service que pouvait rendre à la médecine ce liquide de belle apparence, dont le prix n*est que de 3fr. 75 le kilogramme.

Je me suis élevé jadis dans ces mêmes colonnes contre l'emploi irréfléchi de tous ces nouveaux hydrocarbures. J'ai indiqué les cas où la vaseline était nécessaire et ceux dans lesquels l'axonge devait lui être préférée. Mes paroles n'ont eu aucun écho. Aujourd'hui les médecins écrivent sur leurs ordonnances vaseline an lieu d'axonget ^oi^^ tout. Je veux rappeler encore une fois, à propos de l'hydrocarbure liquide appelé pétrobaseline, les principes à observer dans l'emploi des topiques et des divers corps gras.

1* L'axonge et les hniles mouillant la peau sont les meilleurs véhicules pour les médicaments.

2° Les hydrocarbures solides ou liquides, qui ont l'immense avantage d'être inaltérables, s'opposent jusqu'à un certain point à l'absorption des médicaments, ou tout au moins retardent considérablement cette absorption.

3* La glycérine et les glycérés, ne mouillant pas la peau, s'y opposent tout à fait. Ils ne doivent donc être employés que comme topiques sui generis et non comme excipients. La glycérine, au contraire, doit être recherchée comme véhicule lorsqu'on désire éviter l'absorption d'un corps comme le sublimé, par exemple, ou encore lorsqu'on veut en atténuer les effets irritants, comme l'acide phénique ou l'arnica.

J'ai publié ici même une formule d'un Uniment résolutif à la glycérine arniquée, dont beaucoup ont eu à se louer.

Quant à la pétrobaseline en particulier, elle me paiatt devoir

prendre une place très honorable en thérapentiqae; seulement il serait nécessaire d'en étudier plus à fond les pi*priétés: celles-ci sont parfois bizarres. Ainsi la pétrobaseline ne dissout pas du tout l'acide borique, mais elle dissout le borax. Ce soluté pourrait peut-être bien être utile dans certaines occasions.

En voici la composition :

Pétrobaseline liquide S5 gr.

Borax pulvérisé 1 —

Faites dissoudre à une douce dialeur et filtres.

Pierre Vicier.

TRAVAUX ORIGINAra

De la. MALàoiE DE HoDGSOM, par le docteur Robert Massalohgo (de Vérone, Italie).

(Fin. — Voyes le munéro 33.)

Obs. I. — Maladie de Hogdson. — T. M..., soixante et un ans, domestique, eotre à l'hospice le 23 décembre 1883; pas de souvenir d'arthriliime ou de goutte ehei ses parents; rhumtisine à l'âge de dix-huit ans, gîiérison complète. Elle se marie à vmgt et UQ ans et devient mère de cinq enfants; petite vérole en 1866. U y a quatre aos, elle commença i s'apercevoir cpie sa respiration devenait courte lorsqu'elle montait un esealitf ; bientêt après, elle fut mise de toux et de palpitations de eœar; depuis deux ans, des pnénomène angmiformes se sont présentés ; dès cette époque, elle remarque une tumeur pulstiile au-dessus de la clavicule droite ; elle se plaint, depuis trois mois, de donleurs en arrière da sternum- Jamais d oedème. On voit la pulsation des deux carotides, et, au-dessus de la clavicule droite, OD distingue nettement un corps de la arosseur d'une noisette, doué de pulsations synchrones aux pulsations cardiaques ; on peut s'assurer, par la pulpation, que l'on est en présence du tronc brachio-cepbalique, qui a été soulevé par la dilatation de l'aorte, et plié, de sorte qu'il forme un angle dont l'ouverture regards du côté interne. La région précordiale ue présente pas de vibrations très marquées ; la pointe bat dans le sixième espace intercostal, en dehors de la ligne mammaire. Le ventricule gauche mesure 15 centimètres et d«ni, le droit li centimètres et demi, la base du cosur 14 centimètres (me- ViodedeDeQiowMniii la diitancequi sépare la pointe de la ligne médiane est de 10 centimètres, la limite snpéneure du foie correspond à la cinquième céte. la ligne verticale droite reste d'un demi-centimètre en dehors du bord du sternum, la pointe est descendue de 4 centimètres (mHkode C. Paul). La piatité des gros vaisseaux de la base mesure 7 centimètres et demi. Lorsqu'on ausculte à la pointe, le premier bruit n'est pas tout à ftit net, il devient encore moins clair au fur et à mesure que l'on se rapproche du cété droit, tandis que, au contraire, le second bruit devient beaucoup plus net dans cette même direction ; à la base, le premier bruit a un caractère de souffle très évident; au niveau du foyer aortique, le souffle du premier bruit empiète uo peu sur le petit silence, le second bruit est toujours plus sec et

ÎIus accentué; dans l'aorte, le soufBe du preoner temps s'étend droite, quelque peu aussi à gauche. On saisit facuement le sojffle, aussi, sur les artères du cou. Les dimensions du foie sont légéremenl augmentées. Les fonctions intestinales sont normales; les urines en quantité abondante, claires et limpides, renferment parfois des traces d'albumine. Pas d'œdème aux extrémités inférieures. Les artères de la périphérie sont athéromateuses et aerpigineuses, le pouls fort et relier. Rien aux poumims. On trouve une différence très marquée entre le pouls des deu artères radiales (voy. fig. i et 5).

Ces mêmes fiffures nous font voir non seulement les caractères propres de l'arterite, mais montrent aussi que l'embouchure de l'artère innominée doit être tiraillée et rétrécie, car eela^umflttoiine la raison dn peu de hauteur de la ligne montante eBBwlnHvm de la ligne correspondante dans Je tracé de gauche. ^

28 AooT 1885

Pendant le long séjour de celte malade à l'hospice, les urines restèrent toujours abondantes et avec les mêmes caractères, undis que les souffrances précordiates et la mélancolie augmentaient de plus en plus. Vers les premiers jours de mars 188i, le cœur élait déjà descendu de (juelques centimètres» et le sonrae de Taorte, au premier temps, s'était propagé le long du bord droit du sternum ;

Pic. 4. — Pouls rtdb! droit.

FiQ. 5. — Pouli radial ^uchs.

le second bruit de l'aorte n'était plus net, mais voilé par un léger sonfQe, qui devint encore plus marqué dans les deux mois qui saiTtrent, et arriva même à dépasser en intensité le premier souffle. L'impulsion du cœur devint plus forte, le pouls oondissant ; une douleur térébrante entre les deni omoplates s'ajouta à tous ces phénomènes. Ces diangemeoU du pouls sont écrits dans les figures 6 et 7.

Fio. 6. — PobI* radial dndl.

ns, 7. — Pmb ndlal |iiwh«.

Au mois d'octobre, les troubles anginiformes augmentèrent encore; le volume de l'artère innominee, repliée eu c, comme nous l'avons dit déj&, devint plus marqué, les conjoneliTOS, les poumons, l'estomac devinrent le siège de catarrhes bien marqués; diarrhée abondante.

À l'auscultation, on trouve toujours pins manifeste le second souffle, qu'on peut très facilement aussi saisir sur les carotides; «k peut a ce moment produire facilement le doubU souffle crural dt Durozier, qu'on cherchait en vain auparavant. Les tracés sphygmographiques pris de nouveau & cette époque donnèrent les caractères marqués d'insuffisance de l'aorte, tandis que la différence entre le ponla droit et le gancfae tendait à diminuer (flg. 8 et 9).

Obs. \\. — Maladie de Bogdson.— R. P..., ftgè de quarantehuit ans, boulanger, fut reçu dans l'hospice le d avril 1884. Sa santé a toujours été bonne; il avoue avoir beaucoup abusé de l'alcool. La maladie dont il souffre actuellement ne débuta qu'aux pramîers jours de mars, époque à laquelle il commença à éprouver des crises de dyspnée, le soir, quelques heures après s'être couché ; cette dyspnée légère, au commencement, devenait bientôt intolérable, de sorte que le malade était obligé de descendre du lit et daller au grand air; c'est à peine s'il avait alors quelques légères palpitations de cteur. La constitution est des plus robustes, il a un aspect d'athlète, la teinte de la peau est brun clair; on voit au cou les pulsations de* carotides. La pointe du cceur donne des battements très sensibles dans le sixième espace intercostal, i 12 centimètres environ de la ligne médiane; la limite supérieure de la matité du foie correspond au cinquième cartilage costal et la limite verticale est à 3 centimètres du sternum ; ils'agit, par

conséquent, surtout, d'une hypertrophie du ventricule gauche; lorsqu on ausculte à la pointe, on entend le premier bruit accompagné d'un lé^er souffle, et ce souffle devient d'autant

{dus manifeste que l'on se rapproche plus de la base, vers le oyer aortique, on le second bruit est net et tympanique. Le foyer du gros vaisseau, à la base, est augmenté de 3 centimètres; les artères accessibles au toucher, sont résistantes, mais non tortueuses ; la différence entre le pools droit et le gauche est très saisissable.

Le bromure de potassium (K. Hassalongo, Azione del Bromuro di Potassio in specie nelle Malattie di cuore studio crilicosperimentale, in Gazz. Med. ProD. Ven., 1882) à la dose de 5 grammes par jour procura au malade un grand soulagement ; les urines restèrent toujours très abondantes, limpides, et sans traces d'albumine. A cause de cette amélioration, fe malade réclama son exeat le 88 du mois de juin. Etant revenu à ses hahi> tudes et à ses occupations fort fatigantes, les mêmes souffrances se monb^rent de nouveau et le malade épuisé demanda à rentrer dans le service et y fut reçu le 20 du mois d'août, cette fois-ci maigre et très anémique. Dans le lit, il ne peut rester qu'assis, la respiration est très difficile, les yeux sont grands ouverts et le regard a l'expression de la terreur ; pendant la nuit, il est obligé de tenir les jambes en dehors du lit, car il arrive ainsi à mieux respirer; l'impulsion artérielle communique i la tôle un mouvement d'oscillation. On voit, i la région préeo^ diale, un soulèvement rythmique synchrone avec le choc du cœur ; la pointe bat au-dessous de la septième cête, le long delà ligne axillaire antérieure, le ventricule droit mesure 16 centimètres, le gauche 17 et la hase 15. Les deux bruits sont accompagnés^ à la pointe, par deux souffles, qui deviennent de plus en plus mtenses et manifestes, en montant disgonalement vers l'aorte; à cet endroit, le second soi^e dépuse en intensité le premier ; tous les deux se retrouvent sur la carotide et au niveau des artères crurales; on entend très bien le double sounie de Durosier Le catarrhe bronchique est très modéré, il n'y a pas d'augmentation dans les dimensions des organes situés dans les hypochondres; le pouls est bondissant et avec tous les caraeléresdn pouls de Gorrigan.

Les urines ne présentent rien de remarouable si ce n'est leur quantité. Auenn remède autre que la morphine ne (nt capable de soulager ces graves souffrances et de combattre Tinsomnie. Un mois plus lard, les veines jugulaires devinrent superficielles, un léger œdème se répandit sur la figure, qui perdit alors sa pâleur hu>ituelle, des œdèmes se montrèrent aux extrémités et les organes des h^pochondres augmentèrent de volume. En même temps, l'énergie de l'impulsion du cœur se tioova diminuée et le pouls n'était plus bondissant.

Des pulsations apparurent alors à l'épigastre. Le cœur augmenta de volume, le diamètre du ventricule droit était de 2 centimètres plus grand que celui du gauche; i l'auscultation, outre les souffles de la base, qui sont, à présent, plus confus, on entend le premier souffle i la pointe plus intense que le second, et transmis jusqu'à la région axillaire. L'œdème des extrémités inférieures remonta jusqu aux cuisses, au scrotnm et au dos^ les mains prirent une temte bleu&lre, la quantité des urines, qui étaient fort aibnmineuses, diminuR de beaucoup. L'étai du nulade empira rapidement, des épanchemenls leproduisirentdan'slesdeux cavités pleurales, des thromboses se formèrent dans les artères pédienses, causant des douleurs très vives, et peut-être auraient-elles amené la gangrène si la mort n'était pas venue délivrer ee malheureux de toutes ses souffrances. A Vautopsie, on trouva les artères de la luise du cerveau béantes et avec des taches jaunâtres k leur suiÂce interne ; la pulpe cérébrale était dans un état d'œdème, ainsi que les ventricules, lin épanchement abondant de sérosité jaune rouge&tre se trouvait dans la cavité du thorax. Les poumons étaient emphysémateux. Les artères bronchiques et en partie aussi, la grosse branche de la pulmonaire, dégénérées. Le cœur, volumineux, pesait 790 grammes; les ventricules et les oreillettes renfermaient du sang coagulé qui, dans les cavités droites, était en plus grande quantité ; les parois du ventricule gauche étaient épaissies et en partie d^éoérees, celles du ventricule ilroit amincies. L'oriflce auriculo-ventriculaire gauche était élargi, les valves de la mitrale étaient allongées. L'aorte dilatée, parsemée de mamelons et de rugosités i sa surface interne, les valvnles sigmoldes se présentaient lisses, épaissies, à bords très nets. La d^nérescenee de l'aorte B'éteiidai^,.ap8si i toutes ses branches principales et aartont ua artères àas viscècantfrf abdomen. Le foie et U rate étaient éWi^l^rgetUM^

38 AoDT 1885

petits, présentaient des kystes à leur surface, leurs capsules étaient adhérentes et la substance corticale diminuée de rolume.

Sur les tracés sphygmoçrapbiques que nous avons recueillis, on a pu voir t^ue lorsque la maladie de Hogdson a déjà donné lieu à l'insuffisance de l'aorte, on trouve, dans la ligne descendante, le crochet caractéristique, qui peut cependant foire défaut toutes les fois que la sclérose artérielle est très avancée. Dans ce cas, on ne trouve que les caractères du pouls tardus; c*est ce que nous avons constaté chez le nommé P. L.... &gé de cinquante-six ans. Son cœur est énorme, la pointe nat dans le sixième espace intercostal, le long de la ligne axîltaire médiane; le bord vertical est à 3 centimètres du bord stemal droit, la limite supérieure du foie longe le bord supérieur de la cinquième c6te. On entend & la pointe, des bruits cardiaques accompagnés de souffles qui ne sont pas très rudes et qui gagnent en intensité au fur et à mesure que Ton monte vers Taorte, où le second souftle présente les caractères du sifflement aspirateur; les deux souffles sont propagés aux carotides et, sur les artères crurales, on obtient le double souffle de Duroxier; au-dessous de l'ongle, on aperçoit le pouls capillaire; il y a donc bien de l'insufBsance aertiqoe, mais les tracés sphygmograpfaiques n'en donnent pas une preuve évidente.

A part cette exception, le sphygmograpbe, lorsque l'insuffisance aorlique existe, en donne fidèlement les si^es plus ou moins classiques, et plus encore chez les individus atteints d'artérite chronique et généralisée, lorsqu'on ausculte les bruits cardiaques, on peut entendre le premier avec un caractère de souffln léger, le second encore net, et en conclure À la non-existence de l'insuffisance aortique, lors môme

Ï|ue les tracés sph^rgmographtques présentent tant soit peu e crochet caractéristique, ce ^ui prouve qu'il peut bien y avoir un léger reflux d'une partie de la colonne du sang dans le ventricule gauche, sans qu'il en résulte un bruit de souffle. Ordinairement, la longueur du crochet nous donne le moyen de déterminer le degré de l'insuffisance de l'aorte, n toutefois l'altération des artères n'est pas trop avancée.

Voici trois tracés sphy^mograpbiques, dont le premier provient d'un individu atteint de maladie de Bogdaonf chez

Fu.8.

lequel le second bruit aortique est encore conservé; le deuxième tracé est celui d'un autre individu, atteint de la

Fia. 9.

même maladie et chez lequel, le second brait aortique s'accompagne d'un souffle léger, le dernier a été pris sur un malade qui avait, à la place du second bruit aôrtique, un souffle très marqué (fig. 8, 9, 10).

n faut cependant tenir compte de ce qu'un crochet très court peut être fourni par le pouls d'individus atteints de dilatation nuaifeste du cylindre aortique.

L'examen de ces mêmes tracés foit voir que la longueur

du crochet s'accroit en même temps que l'hypertrophie ilu ventricule gauche. On comprend d après tout ce que nous avons dit sur les caractères du tracé sphygmograpbi^oe, la grande importance de l'instrument de Harey, au point de

F». 4S. — Croebali dm h adidw da Bogtan.

vue du diagnostic des maladies de l'aorte. L'état athéromi* teux de l'aorte près des valvules sigmoldes ou peu au-dessos d'elles peut prédisposer à la rupture de l'une ou de l'iotn de ces valvules et amener ainsi rapidement une insuffisance aieue de l'aorte ; on n'a jamais observé la mort instantanée à la suite de cette rupture de valvules (1).

En général, le crochet de l'insuffisance de l'aorte dans la maladie de Hogdson n'est jamais aussi prononcé que dans l'insuffisance de l'aorte dans la maladie de Gorrigan. Lorsque restant intense le second souffle aortioue, les tracés sphyjmographiques ne présentent pas ou a peine ces crochets et donnent la forme du pouls rotundui-tardus, le degré de l'athérome artériel est alors très avancé. On comprend facilement, d'après ce que nous venons de dire, qu'il n'r a pas dé caractère univoflue mur spéeMer la natare d'une altération cardiaque ou la période & laquelle elle est arrivée. Ceux que nous fournissent l'examen du pouls et l'iuscuit»tion, ne sauraient aucunement être considérés comme lefs; mais on doit au contraire rechercher i'ensemWed« signes fournis par les deux examens à la fois et c'est pat ce mo^en seulement qu'on pourra arriver à un diagnostic exact.

Nous avons vu aussi que lorsqu'il y a reflux, méoe peu prononcé, du sang de l'aorte dans le ventricule gauche, le second bruit aortique peut conserver ses qualités, bien que sur les tracés sphygmographiques, on observe un petit crochet comme preuve du reflux d'une partie de la colonne sanguine. Il estoien rare que le premier souffle qui accompagne presoue constamii\e;it celui de l'insuffisance de l'aorte, soit l'effet d'un rétrécissement dans la maladie de HtwdtoH, il est plutôt re£fet des rugosités siégeant à la surface de l'artère; ce n'est que dans des cas tout à fait exceptionnels que l'alhéromasie ayant atteint les valvules semi-lunaires le souffle en question peut être le signe d'un rétrécissement Véritable et concomitant. Pour formuler ce dernier diagnostic, la constatation de l'amplitude de la diastole artérielle peut nous venir en aide.

Ainsi que nous l'avons dit, la dilatation de l'aorte se tùt d'une manière uniforme; il y a cependant quelq^uefois des culs-de-sac des ectasîes qui peuvent arriver au point de présenter les dimensions et la Torme d'un vérilable sac; la dilalaiion est alors visible h l'extérieur sous forme d'un relief piilsatile. Loti même qu'on rencontre ces circonslunces vraiment exceptionnelles lors d'alhérome de- l'aorte, U rupture de celte artère est très rare, gr&ce à l'épaïssisseinenl de la tunique externe. Un cas de déformation de ce genre a été observe par moi chez deux malades : le premier, G., âgé de cinquante-huit ans, verniaseur de son état, fut reçu dans le service le 5 mai 1884 à cause d'une forte difficulté de respiration qui l'avait obligé à quitter depuis six mois ses occupations, il se plaignait en même temps de douleurs en arrière du sternum, et tous les matins il était pris de vomissements. L'examen du thorax nous fit conclure à une hypertrophie énorme du cœur et nous révéla une tumeur

(I) B. BarU, Heehereha eUni^eiU expiMt&^^ii^i^Afè*' Wrea 4M ww (Rer. de ntd., 1881, p. SM). O

GAZETTE HBBDOHAIKURB DE IftDEGINE ET DE CHIRURGIE

(tulsatile formant un petit relief dans la fosse sous-ctavicuaire |Aucbe. A l'auscultation on constatait les symptômes de rinsuiffisance de l'aorte, et le spfaygmographe faisait ressortir vue artérite à un degré déjà avancé, en même temps qu'une différence très remarquable entre le pouls droit et le gauche. Le tracé du premier donnait une ligne serpentine à ondulations très faibles, celui du second une ligne fortement brisée, eomme en dents de scie.

Il monrut subitement le premier jour de juin. A Tautopsie nous trouvâmes l'aorte dilatée, mais aux dépens surtout de sa paroi antérieure, qui formait une saillie telle qu'il s'en était suivi une usure de la deuxième et de la troisième cAte.

L'autre malade présentait non seulement les caractères classiques de la muadie de Hogdson, mais l'ectasie s'était propagée aussi è l'artère innominée oui remplissait la fosse sus-cuiviculaire droite sous forme d une tumeur ayant le volume d'une petite poire ; la différence entre le pouls droit et le gauche était également frappante.

Je crois i propos de faire reoiarquer ici en passant que, chei quelques individus, les altérations des artères et de l'aorte en particulier n'étaient pas l'effet de l'abus des boissons alcooliques, bien que Talcool fut néanmoins en cause, les mtladet ayant é^ exuosésaux inhalations d'alcool depuis de longues années (R. Massalongo, DeU'arterite eromca oeneralizsaiat Studio patologieo dinico, Riv. Yeneta di Se. Hed., fase. 1, 2, 3, 1885).

C'est ce que nous avons pu remarquer chez G. et chez deux autres individus ^ui, eux aussi, exerçaient depuis longtemps le métier de venusseur, el qui ne s'étaient jamais livrés à des excès de vin ou de liqueurs.

La mort subite est beaucoup plus tréquente dans l'insuffisance aortique primitive ou maladie de Gorrigan que dans la maladie de Hogdton. Des observations nombreuses d'individus atteints de maladies de l'aorte me permettent de formuler les différences suivantes entre la muadie de Gor^ rigan, ou insuCfisance primitive, et la faakiéie d$ Hogdtim ou insuffisance secondaire :

1* On entend par maladie d$ Corrigan TinsuflOsance de l'aorte qui est le résultat de Talttoitîon primitive des valvules sigmoldes de l'aorte ;

2* On désicne au contraire sous le nom de maladie de HogdteHj l'atnérome de l'aorte avec toutes ses évolutions ultérieures; l'insuffisance aortique, par conséquent^ n'est

Plus alors primitive, mais secondaire à la dilatation de orifice de I aorte, bien que la plupart du temps les valvules sigmoides de cette artère restent parfaitement intactes ;

3^ La maladie de Corrigan n'est qu'une iuuflisance valvulaires, tandis que la cause de l'insuffisance pour la mate» die de Hogdfon siège dans Torifioe de Taorta ;

4* La maladif de Boadtan reconnaît les mêmes causes que Tathérome artériel (alcoolisme, malaria, arthntismo, nerpétisme, goutte ; la syphilis et le rhumatisme très rarement); les causes de la maladie de Corrigan sont les mêmes que celles de l'endocardite el parmi celles-ci le rhumatisme occupe la première place;

50 L'insuffisance aortique, qui a son point de départ dans l'endocarde ou maladie de Corri^anj est une maladie du cœur dans le vrai sens du mot. L'insuffisance aortique d'origine endiMiorUque ou maUtdiede Hogdton est une maladie essentiellement de l'aorte ;

6* La maladie de Corrigan appartient de préférence k la jeunesse ou è l'&ge adulte, elle est plus fréquente chei la femme; celle de Hojdeon est plutèt l'apanage des personnes âgées et des hommes ;

7' Le dénouement fatal arrive plus promptement pour la maladie de flo^dcon à cause de Tartênte chronique généralisée concomitante ;

8" Les premiers symptèmes de la mafodM de Hogdson sont ceux ae l'athérome de l'aorte ; dans la maladie de Corrigan on observe surtout ceux de l'insuffisance i» aetu ;

9* L'hypertrophie du cœur est déjà remarquable pour la maladie de Bogdton, elle est énorme pour celle de Corri'

gan;

10* Le calibre des gros vaisseaux de la base du cœur est augmenté dans la maladie de Hogdton, il est presque normal dans celle de Corrigan;

11* Les soufRes au foyer aortique présentent des earaetères différents : dans la maladie de Corrigan on entend dès le début le soufBe au premier tempe accompagnant constamment celui du second temps; dans la maladie de Hogd~ son, au contraire, le souflle au premier temps est le seul qui existe ; dans la {H^mière de ces deux maladies, le second souffle est toujours le plus fort, tandis que, à une période non encore avancée de (a maladie de Hogdson, c'est le contraire qui arrive ; la différence entre les caract^es du souffle pour les deux maladies diminue avec leur progrès ;

12* Le souffle double crural de Durozier est plus saisissable, et plus constant pour la maladie de Corrigan que que pour celle de Hogdson;

13* L'artérile chronique atteint presque toujours IM artères périphériques dans la maladie de Hogdson ; Tétat normal des artères est la règle dans la maladie de Corrigan;

14* Les caractères du pouls diffèrent dans les deux msr ladies; le pouls est le même que dans ï'artérite au début de la maladie de Hogdson, tandis qu'aux premières périodes de la maladie de Corrigan il est toujours celui de l'insuffisance aortique, et ce n'est que dans leurs périodes tout à fait avancées que nous voyons le pouls devenir presque le même pour les deux maladies; c'est avec intention que j'ai dit presAtce, car l'état des parois des artères dans la maladie de aogdeon ne permet pas au poals de prendre tout & fait les mêmes caractères que ceux qui sont propres à de la malaiie de Corrigan;

15* La différence entre le pouls des deux radiales est la règle pour la maladie- ée Hogdton; pour la maladie de Corrigan elle n*est qu'accidentelle-;

16* Le spbynno^airtie nous fournit ausd un moyeu de diB^osfic différentiel entre les deux maladies, le crochet de la ligne descendante est très long dans la maladie de Cor~ rigan; il est très court ou nul dans la maliiUiie de Hogdton : cette différence tient à l'état des parois artérielles dans cette dernière.

17* La mort est ou bien instantanée, par suite de la paralysie du cœur dans la maladie d» Corrigan, et de la névrite du plexus cardiaque dans celle de Hogdson, ou lente et s'accompagnent alors de phénomènes d'asphyxie dans la première, d'accidents d'empoisonnement urémique dans la seconde de ces deux maladioa ;

18* Lorsque i'ège du malade, Tétat des artères périphériques, la longueur du crochet sur les tracés du sphygmographe, le degré de l'hypertrophie cardiaque, les caractères des souffles nous amèneront à formuler le diagnostic de malade de Corrigan, un critérium existera toujours pour nous

riermettre de formuler le diagnostic exact ; ce critérium, nous e trouvons dans la différence bien marquée entre les tracés sphygmographiques du pouls droit et du gauche, différence qui suffit à elle seule pour nous faire pencher vers le diagnostic de maladie de Hogdson, lors même que tous les phénomènes que nous venons de mentionner existeraient réunis chez le même sujet.

Le tableau clinique de ia maladie de Hogdson pourrait être avantageusement partagé en trois périodes ou phases. Dans la première, lorsque 1 athérome ne l'aorte est à son début, le malade n'éprouve que des troubles nerveux du cAté du cœur, des palpitations un peu fortes ; dès ce moment l'hyper^ irophîe du cœur est déjà commencée, h nutrition et rhematose sont entravées par suite de Tétat des artères nourricières; à l'examen objectif on constate déjà une légère hypertrophie du cceur, les bruits sont forts, vâirants et le

&AZETTË HEBDOMADAIRE DK KfiDBCUIE ET DE CHIRURGIE

28 Août 1885

premier brait de l'aorte est voilé par un léger scaHle ; nous

Kouvons appeler cette première période, période aorti^' lans la seconde période, en même temps c|ue la dilatation de l'aorte fait des progrès, il s'établit une insunisance des sigmoldes de celte artère, qui a pour effet de produire une hypertrophie énorme du cœur et surtout du ventricule

5 anche ; les deux bruits de l'aorte sont accompagnés chacun 'un souCQe, le second en particulier ; les divers troubles morbides sont alors les mêmes que pour l'insuffisance aortique primitive ou maladie de Corrigan ; c'est-à-dire troubles ui^niibrmes du cœur, dyspnée forte, teinte cadavérique du visage, urines copieuses et limpides, pouls vibrant et régulier, |ns d'œdèmes. Dans la troiiiàme et dernière période, ai le malade n'a pas déjà succombé, c'est la dégénérescence du muscle cardiaque qui se produit en même temps que le ventricule gauche se dilate de plus en plus et que rinsuffîsance secondaire de la valvule mitrale devient de plus en plus manifeste : le pouls perd alors sa régularité babituelle, il devient intermittent, l'impulsion cardiaque s'afTaîblit, et on commence à voir une pulsation à l'épigastre : le diamètre du ventricule droit est augmenté, les veines du cou sont turgescentes et très visibles, les urines diminuent de quantité et se chargent d'albumine, l'œdème des jambes gagne le bas- ventre, la figure n'a plus sa pâleur habituelle, elle est rougeàtre ou bleu&lre, rauscultation du cœur révèle non seulement les souffles que nous avons déj& mentionnés k la seconde période, avec disparition complète du bruit de claquement même à la pointe, mais aussi une propagation vers la région auLlaire du souffle qui remplace lejiremier bruit, phénomène qui ne s'était pas encore manifesté. Le pouls dans toutes ces périodes successives révèle les car ractères de l'évolution morbide, ce qui est mis en évidence par le sphygmographe (voyez les tracés plus haut).

Nous pouvons appeler les deux dernières périodes, périodes cardiaquesj en désignant la deuxième sous le nom de période cardiaoo-MrtiqM et la troisième sous celui de période cardiaeo'mitrate.

Je crois que cette classification peut offrir un avantage réel pour le diagnostic et le pronostic ; c'est ce que l'on verra mieux lorsque nous parlerons quelque autre jour de la ma- .ladiede Hogdson à sa période caraiaco-aortt^.

En effet, lorsque nous dirons miùadie de aodgton à la période cardiaco-aortique, on comprendra immédiatement qu'il s'agit d'une insolfisance aortique secondaire, et Ton verra se dérouler dans son esprit tout le tableau du processus physico-pathologique de la maladie; on sera conduit «nsi & suivre la meuleare voie pour le traitement.

CONGRÈS SCIENTIFIQUE

{meaaivm de CrcHaUe).

Le Congrès a Cié ouvert par un important discours de H- le professeur Verneuil, président. Ce discours est trop répandu k l'heure qu'il est dans les journaux de médecine et dans les journaux politiques, pour qu'il y ait lieu de le reproduire ici, d'autant plus que sa longueur nous obligerait a en renvoyer au moins la moitié & huitaine. Nous l'apprécions plus haut. (Vcy. p. 545.)

— Un autre discours a été prononcé par le secrétaire général du Congrès, H. le docteur Napias ; il a été surtout consacré à rappeler le souvenir des membres de l'Association décédés depuis la dernière session. Milne-Edwards et Dupuy de tâme étaient les plus célèbres, et ont été dignement appréciés. Qu'ils ne nous fassent pas oublier néanmoins Henninger, le sympathique suppléant de Wurt2 & la Faculté de médecine de Paris, et H"* Bovel Sturge, docteur en méde-

cine, qui était placée à la téte du nouvel hâpitai des fèmmês, de Londres.

— H. le maire de Grenoble a souhaité la luenvenue aux

membres du Congrès, dans une allocution qui a été accueillie avec la plus vive sympathie.

Nous n'avons pas rintentîon d'analyser toutes les commur nications du Congrès, nous ne nous attacherons qu'aux prin*

cipales.

— Deux importantes communications ont été taites dès le début du Congrès sur la vaccination anticholérique par M. Chauveau d abord, puis par H. Bouchard.

H. Chauveau a prisla parole pour discuter la valeur théorique et les conséquences, au pointde vue pratique, des expériences d'inoculation du docteur Ferran ; c'est une bonae rortune de voir un sujet si délicat, et encore aiùottnI*bui si obscur, être étudié, mis au point, et exposé par un homme possédant une telle compétence, et dont les opinions font autorité en pareille matière : s'il n'a pu résoudre entièrement le problème, il en a du moins nettement défini les termes et fait entrevoir la solution probable.

Il s'est attaché, tout d'abord, àréfutw plusieurs des objections préliminaires souvent reproduites pour combattre la méthode des vaccinations anticholériques ; il fait voir qu'une première atteinte de choléra semble préserver, au moins pendant un certain temps, l'individu qui vient d'être frappé, les récidives étant exceptionnelles dans une même é^éoiie, et que, par snite, il n'e^ pas irrationnel de chercher à créer l'immunité au moyen d'un procédé d'inoculation prérentive. Puis il s'attache à démontrer qu'il n'est pas logique de refuser au comma-bacillus le rôle d'agent pathogène du choléra, maladie de l'organisme entier, sous prétexte que ce microbe ne se rencontre pas en dehors de lintestin cbez les cholériques. Pour H. Chauveau, on lésait, le principe nocif, l'élémentvirulentdansles diverses maladiesinredieuses, c'estbieo moinsje micro-organisme, le bacille lui-même, que le poison animal soluble et diffusible, produit direct des fonctions vitales du bacille. Aux arguments déji présentés par lui pour soutenir cette thèse, il en ajoute de nouveaux, enmontnuit un lapin inoculé du charbon à l'oreille, succombant avec tons les signes habituels de l'empoisonnement général et n'offrant ni dans son sang, ni dans sa rate aucun bacille, toutes les lésions se bornant à la région inoculée où l'on trouvait on volumineux ganglion préauriculaire transformé en une poche remplie d'une bouillie contenant une quantité considérable de bacilles. Chez cet animal, dit M. Chauveau, le gauf^ÎMi a joué le rèle que joue l'intestin chez les cholériques, il a constitué un centre de prolifération bacillaire, et, paur suite, un centre de production, puis d'absorption et de diffuuon des produits toxiques engendrés par le microbe piUhogène. — Ces premières notions, bien établies, doivent faire admettre comme légitime l'effort tenté par 11. Ferran pour obtenir l'immunité artificielle contre le choléra.

Si M. Ferran peut injecter des doses relativement cohS' sales du liquide renfeiMant le bacille-virjïule sans détwminer des accidents graves, il ne faut pas voir là une preuve de l'atténuation qu'il aurait &it subir an virus spécifique pour le transformer an nrus-vaccin, mais il fout, sans doute, expliquer le fait en tenant compte du mode d'introduction de ce liquide dans l'économie. L'école de Lyon a, en effet, démontré que la voie d'introduction des virus peut exercer une influence considérable sur leurs effets, et l'on comprend qoe l'inoculation du bacille-virgule dans le tissu cellulaire souscutané, alors que son unique milieu de dévdoppement connu est le tube intestinal, doit puissamment modifier son mode de prolifération, ainsi que l'intensité et la rapidité de son action pathogénique. N. Chauveau fonde, d'ailleurs, ces considérations sur des expérieni^s pratiquées avec le virusvaccin chex divers animaux. Il étdd>lirde^àaio«ie,»ponr créer Fimmunité contre unSiili9»tfifi^/i>BWM^^^

28 Août ^886

6AZBTTB HBBDOHADâIRB DE HADSCINB ET DE CHIRURGIE

de produire cette maladie ou un ensemble de s;mpt6mes analogoes plus ou moins atténués ; les injections intraveineuses du virus du charbon emphysémateux, ou de celui de la pérïpneumooie bovine, ne créent-elles pas l'immunité à regard de ces maladies, sans donner lieu à une forme atténuée ou à un ^ndrome les rappelant même de loin ? N'en est-il pas ainsi pour le virus peripneumonique inoculé sous la peau ? Quoi qu'il en soit, rénorme quantité de liquide virulent inoculé par H. Ferran semble excessive, et l'on n'ignore pas çue la quantité de virus influe sur les effets obtenus, aussi bien que le mode d'introduction et le milieu de développement; on est amené, par suite, à penser que le bouillon de H. Ferran contient bien peu d'éléments actifs pathogènes, et aussi que le tissu cetlulaîre sous-cutané leur offre un milieu très peu favorable à leur évolution.

Enfin, H. Cbauveau est d'avis que M. Ferran n'est pas, jusqu'ici, autorisé & admettre qu'il confère l'immunité grftce à trois inoculations successives ayant, ainsi qu'il le pense, pour résultat d'introduire dans l'économie l'agent soluble, seul actif, en quantité suffisante. Il y a là une reproduction de l'idée, malheureusement incomplètement comprise, appliquée par M. Chauveau à la théorie de l'immunité acquiw

gar le fcstus chez la mère inoculée avec le virus-vaccin charonneui; mais il n'est rien moins que démontré qu'avec les cultures de virus cholérique privées d'agents path(^nes on puisse néanmoins conférer l'immunité; celle-ci semble, si elle existe, résulter d'une prolifération limitée de l'agent infectieux pathMfène, comme cela a lien pour bien d'autres makidies spécifiques à microbes.

Ën terminant, H. Chauveau agite la grave question de la multiplication^ des foyers de contagion par hi pratique des iaocnlations préventives, et se montre disposé a écarter une semblable hypothèse : il faut. |K>ar qu'un pveil danger soit à craindre, que la maladie bénigne, détenninée par l'inoculation préventive, se rapproche beaucoup par ses caractères de la maladie naturelle.

H. Chauveau résume cette intéressante discussion en formulant les conclusions suivantes :

1* Le tissu coo^onctif sous-cutané constitue, pour le virus cholérique, an milieu peu favorable & la prolifération de l'agent pathogène et au développement d'une infection maligne ; ce tissu est par conséquent très propre à servir de porte d'entrée au virus pour la production d'une infection atténuée, capable de jouer un rûle préventif.

2* Le peu de ressemblance qui existe entre les caractères de cette infection rudimentaire et ceux du choléra vrai ne peut pas être invoqué pour nier, à priori, le nature diolérique des légers symptèmes produits par l'inoculation, ni reiusertout ronde.nent À la prétention de communiquer ainsi l'immunité contre la maladie naturelle. L'efficacité de l'inoculalion préventive est rendue probable par l'exemple des faits analogues, aussi nombreux que bien établis, qui sont exploités avec le plus grand succès en médecine vétérinaire.

3* Dans les cas connus auxquels il vient d'être fait allusion et qui concernent surtout la péripneumonie et le charbon emphysémateux, l'infection virulente par les i^nts pathogènes proprement dits est indéniable, et intervient seule pour faire naître l'immunité. Les matériaux solubles contenus dans la très minime quantité de liquide inoculé n'exercent pas d'action directe sur les résultats de l'inoculation. Il n'y a pas lieu de supposer qna la ntomalnesdes bouillons de cultures cholériques jouent un rftla pins actif, malgré la quantité relativement grande de bouillon injecté dans les inoculations de H. Ferran.

A' L'immunité plus solide qui, d'après les statistiques de H. Ferran, serait conférée par une deuxième et surtout une troisième inoculation massive, ne prouve rien en faveur de cette intervention du poison soluble. Il est établi, en effet, dans la science que la mém cuUure atténuée inoculée à diverses reprises, en tri» petite* quantité* ^ augmente chaque

fois l'immunité contre l'action du virus fort, grftce au multiple travail d'infection ébauchée résultant cle l'inoculation.

5* La tolérance de l'oi^anisme de l'homme pour les grandes masses de bouillon infectieux doit probablement s'explic^uer non seulement par les conditions défavorables du milieu dans lequel on fait pénétrer ce bouillon, mais encore par la faible activité virulente de celui-ci. Il est possible, en effet, que les cultures de comma^bacillus^ en bouillon stérilisé, faîtes dans les conditions ordinaires, soient naturellement atténuées. fUen ne serait plus facile, s'il en était besoin, aue de les atténuer davantage par le chauffage. Le eomma oaemui appartient, en effet, à la catégorie des micrt^es pathogènes aont l'activité est très bien modifiée par la chaleur.

6* La quantité de matière vimienle à inoculer doit être réglée d'après l'activité de cette matière. Il est donc posnble que les Ii(|uides de H. Ferran soient si peu actifs qu'il y ait nécessité à les injecter & ta dose de 1 centimètre cube. Hais tout porte à croire que les inoculations seraient tout aussi efficaces si elles étaient pratiquées seulement avec deux ou trois gouttes de liquide oîen préparé.

7° Il y a peu de chances de créer aes foyers d'infection par la pratique des inoculations préventives anticholériques, parce que les sujets inoculés ne sont pas dans les conditions favorables à la production et à la dissémination des germes malins.

g» Les données scientifiques actuelles autorisent donc, en principe, les tentatives d'inoculation préventive du choléra, par l'injection de liquide de culture du bacille-vinpile dans le tissu conjonctif sous-culané. Elles expliquent nnnocuitê de ces inoculations. Hais elles ne permettent pas d'en affirmer à priori l'efficacité. La constatation de cette efUcacitê est un rail d'expérience sur lequel des statistiques comparatives rigoureuses permettront seules de se prononcer en connaissauce de cause.

9* De l'ensemble de cette étude, il résulte qu'il y a lieu de suivre avec intérêt les inoculations de M. Ferran, malgré le caractère peu scientifique de ses recherches antérieures et de sa pratique actuelle.

11 y a lieu aussi de contrèler les résultats qu'il a annoncés.

— La communication de JA.Bouehard-him qu'elle offre,avec celle de M. Chauveau, un grand nombre d'analogies faciles à prévoir^ en diffère cependant sur plus d'un point important; les expériences instituées par le savant professeur tendent non seulement ft modifier les notions pathogéniques formulées par H. Chauveau, relativement an choléra, mais paraissent aussi devoir fournir de précieuses indications pour la thérapeutique de cette terrible maladie. H. Bouchard établit tout d'abord que la nutrition est oervertie chei le choléri-

Î[ue, et que ches lui l'élaboration de ta matière se fait d'une açon anormale : il n'en veut pour preuve que la coloration violette des urines du cholériuue auquel on administre de la naphtaline, coloration due a une substance soluble dans l'éiher. Enfin, il insiste sur le myosis observé chez les cholériques présentant de l'anuriej et voit dans ce rétrécissement pupillaire un sune caractéristique de l 'intoxication urémique. D'autre part, il a recherché si l'observation clinique pont fournir aes rensewnements snr la valeur de la doctrine pathogénique du choléra, formulée par Koeh, et qui se résume ainsi :

1* Le choléra est une maladie infectieuse dont le bacillevirgule est l'agent pathogène.

V La cavité intestinale est l'habitat exclusif de ce bacille.

3° Ce bacille ne pénétrant ni dans le sang ni dans la lymphe, et ne se répandant pas dans les tissus, ne peut produire les accidents généraux du choléra par le procédé de l'intoxication; il doit donc sécréter dans la muqueuse intestinale une matière vénéneuse qui, absorbée à la surface de l'intestin, détermine l'empoisonnement de tout l'organisme.

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Partant de ces principes, il a fait l'an dernier une tentative de thérapeutique patho^énique et pratiqué l'antisepsie intestinale au moyen de riodororme et de ta naphtaline, substances douées d'un pouvoir antiseptique considérable, et présentant un état de division extrême et une solubilité presque nulle, toutes conditions indispensables pour agir sur la totalité de la surface intestinale et ta rendre réellement aseptique. Il est arrivé à cette conclusion que semblable thérapeutique est absolument inefficacCy puisqu'il a enregistré une mortalité moyenne de 66 pour 100, et croit pouvoir conclure de ce fait que t'ageiil pathogène du choléra n'habite pas exclusivement la cavité intestinale.

c Peut-^tre, dit H. Bouchard, pourrait-on objecter que quand j'ai commencé le traitement, l'intoxication était déji effectuée, que j'arrivais trop tard et que je ne pouvais plus empêcher te poison, déjà absorbé, de continuer à produire ses ravagesYMais tous mes malades ne sont pas morts, et chez ceux qui ont guéri j'ai continué, par prudence, à pratiquer l'antisepsie ; or j'ai vu survenir plusieurs cas de récitUve. Le poison avait été éliminé ou détruit; s'il réapparaissait dans de telles conditions, il ne pouvait pas être élaboré par un microbe intestinal.

» Pendant que je traitais des cholériques par l'iodoforme et par la napfath^ine, je soignais dans d'autres salles, par les mêmes moyens, des malades atteints de fièvre lyphoSde. Or, chez deux de ces typhiques, j'ai vu te choléra se déclarer au cours du traitement, (fhez eux encore, la cavité intestinale était inhabitable pour tes microbes. >

Suivant M. Bouchard, on ne peut, du reste, admettre que le bacille-virgule soit réfractaire k l'action parasiticide de riodcforme et de la naphtaline, puisque des expériences pratiquées, in vitro, par Chantemesse ne laissent aucun doute sur la stérilisation des cultures de ce bacille au moyen des deux préparations antiseptiques administrées aux malades atteints de choléra.

En conséquence, dit H. Bouchard, c ou bien le bacillevirale n'est pas l'agent pathogène du choléra, ou bien le bacille-vii^Ie n'habite pas exclusivement la cavité intestinale. »

Enfin, et c'est ici que M. Bouchard se sépare te plus complètement de M. Gbauveau, le poison cholérique ne serait pas sécrété par le bacille- virgule. Ea effet, on ne retrouve pas la substance vénéneuse dans les liquides de culture in vitro, où elle devrait s'accumuler en plus grande quantité que dans l'intestin, puisqu'elle n'est pas reprise par absorption. Les cultures de baciltes-vii^ules injectées à des lapins ne sont pas toxiques; elles ne produisent la mort que secondairement, en c provoquant des troubles mécaniques de la circulation, ou en éveillant des réactions morbides des cellules en contact avec le parasite >; débarrassées du microbe, soit par filtration, soit an moyen d'une élévation modérée de température, ne pouvant altérer les substances chimiques qu'elles renferment, elles ne donnent Heu à aucune intoxication, à peine à une albuminurie légère, comme le ferait riniectîon d'un bouillon pur stérilisé.

Or, on ne peut supposer que le baciUe-virgnle ne sécrète le poison cholérique que s'il vit dans l'intestin, car ce fait serait contraire à toutes tes notions de la biologie générale : c les produits naturels de la vie, c'est-à-dire de la nutrition, continuent à apparaître dons toutes les conditions où un organisme peut être placé pourvu que la vie se maintienne. > Du reste, il n'est pas davantage possible d'admettre que le lapin soit un organisme réfractaire au poison fabriqué par te bacille-virgule, car H. Bouchard démontre qu'avec le poison cholérique, dont l'existence est réelle, on intoxique le lapin. Ce poison se trouve contenu dans les urines des cholériques, qui possèdent, outre leur toxicité commune à presque toutes les urines normales ou pathologiques, une toxicité propre, tout à iail spéciale. Injectées dans les veines d'an lapin, elles le font périr au bout (fan t^ps qui varie entre dooM heures

et quatre jours, avec des accidents de cyanose, d'hypothermie, de diarrhée, de rigidité des membres en extension, d'albuminurie reproduisant très nettement tes principaux s^mptèmes du choléra. Ce n'est pas là une infection, mais bien une intoxiecUion, débutant au cours même de l'injection veineuse et toujours proportionnelle à ta quantité d'urine injectée. Les phénomènes diffèrent d'ailleurs complètement des accidents immédiatement mortels engendrés parfois par l'injection d'une urine normale. D est naturel de penser que, dans ces expériences, le poison qai a intoxiqué te lapin, et qui provenait d'un homme atteint de choléra, est bien le même qui existe ehea te cholérique, quel qoe soit son mode de production, et qui provoque chez lui les symptômes essentiels d'intoxication; la seule différence qui existe, c'est que le lapin subit l'intoxication par le poison cholérique, mais ne le reproduit pas; il off^e les phénomènes de 1 intoxication cholérique, il n'a pas le choléra.

« Le lapin, dit H. Bouchard, n'est donc pas réfractaire au poison cholérique, mais j'ai prouvé que ce même animal n'est pas intoxiqué par le liquide de culture de bacille-virgule; je puis donc conclure maintenant que le baeitle-vii)giile n'est pas l'agent producteur du poison cnotérique.

» Cela ne prouve pas absolument que le Dadlle-virgate n'est pas le micrdie path(^ne du ch«éra, car il se pourrait que le poison cholérique, en raison da cette pMrverùoo de la nutrition que j'ai démontrée tout à l'heore, rat être f»* brigué par les cellules humaines aux prises avec le parasite. Mais, encore une fois, pour attribuer hd tel rAle au bacillevirgule, il faudrait que ce végétal eût un habitat autre que celui que Koch lui assigne.

» Conclusions, — L analogie nous conduit à considérer le choléra comme une maladie infectieuse, e'est-i-dîre comme une maladie à microbe.

» Le microbe pathogène, quel qu'il soit, produit ou incite l'organisme humain k produire un poison morbide (poison cholérique).

» A cette intoxication spéciale s'ajoute bientôt une antre intoxication par poison normal (poison urémique).

» Le myosis est l'indice de cette intoxication surajoatée.

y L'agent pathogène dn choléra ne pent pas habiter exclusivement la cavité intestinale.

> Le bacille-virgule n'est pas l'agent productear dn poison cholérique. »

{A mûre.)

SOCIÉTÉS SAYAmS

Académie dm •ctenee*.

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