SÉANCE DU 17 AOUT 1885. — PRÉSIDENCE DE V. BODLRT
Recherches EXPtRnnENTALBS son t'acnoN PsteavATiucs
DES INJECnONS SODS-GOTANtES DE BACILLB9 DO CHOLËRA.
Note de MH. Paul Gibier et Fan £niWtt9«m.—Délégoés en Espagne par leur gouvernement respectif pour étudier la méthode de vaccination anticholérique du docteur Ferran et donner leur avis appréciatif sur cette question, HH. Van Ërmengem (de Bruxelles) et Paul Gibier sont arrivés à des conclusions identiques dans le fond. Tout en disentant cette méthode avec des ai^ments de raison, ils ajoutent qu'il fallait attendre pour la juger définitivement qu on possédât des arguments de fait, c est-à*dire les résultats d'expériences k faire sur les animaux.
Aussi, dès leur retour d'Espagne, se sont-ils mis k l'œuvre, et aujourd'hui sont-ils en mesure de prouver que les injections 8oa»<utanées de cidtqre du bpcilhKÙfiiW m préservant pas du choléra Id^fljiHâlSb'AirlJBj^^^
98 Aomr 1885
GAZETTE HraDOMADAIRB DE l^BGINB ET DE GRIRURGIB
mente. Voici, en effet, ce qu'ils ont constaté : Une série de cobayes reçut en injections sous-cutanées 2 centimètres cubes de culture virulente du bacille virgule, les 12 et ISiuUlet dernier. Trois semaines après celte inoculation, les accidents ({u'elle avait déterminés ayant complètement disparu, ils ont injecté h ces mêmes animaux dn liquide de culture, soit dans l'estomac par les voies naturelles, selon la méthode de Koch, soit dans le duodénum après incision des parois abdominales, et ces animaux sont morts avec les symptômes cliniques et anatomiques du choléra. L'examen microscopique et les cultures leur ont montré une énorme quantité de bacilles caractéristiques dans les liquides intestinaux. Ën communiuant cette courte note, les auteurs ont pour but de prendre ate; ils ne suivront donc pas M. le docteur Ferran sur le terrain des contradictions, qu'il a aecnmniées comme à dessein dans ses différentes communications. MH. Van Ermen- ^em et Paul Gibier font remarquer néanmoins que leurs inoculations ont été fkites avec des cultures non atténuées provenant du laboratoire de H. Ferran ; cependant, sur vingt animaux inoculés sons la peau, quatre seulement meurent des suites de l'injection, les autres présentent pendant trois ou quatre jours un empfttemMt considérable, qui disparaît ensuite graduellement. Cet empâtement inflammatoire est bien dû àlaprésence des éléments figurés vivants, qui, jusqu'à leur disparition, agissent sur les tissus, car on n'observe aucun accident après l'inoculation de quantités trois fois plus fortes du même liquide, dans lequel on a tué les baciittis en le soumettant pendant vingt minutes à la température de 65 degrés. Ils n'ont pas observé ces gangrènes ni ces abcès lardaeés que décrit M. Ferran.
Le sang ni l'intestin des cobayes qui succombent & l'injection sous-cutanée ne contiennent trace de bacilles du choléra. Au contraire, dans le point inoculé, on en trouve encore un grand nombre au bout de trois jours. La mort, dans ce cas, parait être due à l'intensité des phénomènes locaux.
Us ^^'outent encore que la dose de % centimètres cubes en injection hypodermique, chez un cobaye, équivaut, relativement au poids, à une quantité qui ne serait guère inférieure à un demi-liire de liquide virulent pour un homme de poids moyen. Malgré cela, l'immunité conférée par cette inoculation est nulle pour le cobaye, animal qui prend difficilement le choléra : n'a4-on pas le droit de condnre qne, chez l'homme, il doit en être de même?
Traitement du cholAra. — Plusieurs communications sont adressées à l'Académie sur ce sujet, mais toutes .sont renvoyées à la commission du prix Bréant, avec prière de les dépouiller promptement, vu l'urgence, sans qu'il en soit fait autrement mention.
Deux lettres, l'une de M. le docteur Dupré (de la Somme) et l'autre de H. le docteur Pigeon (de la Nièvre), relatives au traitement du choléra, sont également renvoyées à la commission du prix Bréant, ainsi qu'une Note de H. R. Sidovr.
Aeadénie de médedM.
SfeAIfCB DU 18 AOUT 1885. — PRÉSIDENCE DE H. J. GUÉRlIf.
M. le docttvr foM (de UUe) tollteite le difAt de deux PUt MhtU». {AeupU.)
H. le SariUtn amuA drfpeu : 1« U S* nnéa (18SS) Je TMmmMn «teftilifiM de U pTttvinee d« Buênoê-Agreê, publié loai le diractiM de H. le dectew Cfrnt ,- S" «n mm de H. le docteur iWir (de Bruxellei), une Obêertation iuprinido ie dermatUe érythémaleute exfoliatHce ginéralitie; 3* de la p«ri H, le docteur Prince (de Jackaonville, BtiU-Utiii), let mémoiret ayint pour Ulrea : The puLUv môéifieatiùn tf kiâ Umittng ttmiUm$ ani adt^ncement of Ihe venu aparattmÊ, A» aceUtmlal élmtMn »f « ffeririim iccM* M «M* mvtmmmwm ta Me refUlMT «yenUiMi «t n9»ltn$ mtsiile argatiie matUr to tfcc air ami Ut WMOf «nutU to prêtent diwoM, etc.
y, VoUin préwate une lancette à vûceiMUim, ima^ode par M. le docteer Bturteoie. aMvcia'iuiflr m 7* eaimeien. (OmmieOm 4» imeimê.)
Choléra. — U. L$ Roy ie Miricourt communique nne lettre de H. le doetear Soiari (de Marseille) à propos des épidémies cholêrioues qui ont sévi dans cette ville. L auteur dit mie Toulon et Marseille ne subissaient aucune influence morbide gastro-entérique avant l'invasion du choléra importé par la Sarthe à Toulon en juin 1884. Depuis cette époque les cholèrînes, tes affections diarrhéiques ont régné et persisté pendant l'hiver de 1S84-1885 et se sont accentuées de plus en plus avec les chaleurs. Ën réalité, le choléra nous a été apporté du delta du Tonkin où il règne à l'état endémique comme dans tous les deltas asiatiques. Cette conquête nous donnera comme bénéfice assuré de fréquentes invasiras de ce genre, si l'autorité ne pread des mesures sanitoires efficaces. A propos du réquisitoire exact et juste de M. Brouardel contre Hbrseille, ajoute M. Soiari, il est incontestable que Toulon et cette ville sont des villes sales, mal tenues, dont les autorités ne font nullement respecter les lois de la salubrité et de l'hygiène; mais le choléra n'y vient jamais de pied en cap ; il faut qu'il y soit importé.
M. Brouardel demande à rectifier quelques assertions de la lettre de M. Soiari. D'abord, l'enouète ordonnée & Toulon n'a jamais pu établir l'origine du choléra dans cette ville: on n'a donc pas le droit d incriminer la Sarthe. En second lieu, le choiera n'est pas endémique au Tonkin pas plus que dans les autres deltas asiatiques, comme le prétend M. Soiari. Enfin, M. Brouardel se défend d'avoir mis en cause la municipalité de Marseille en ce qui concerne les mesures d'assainissement. Il faut remarquer, d'ailleurs, que les municipalités ou les commissions des logements insalubres nommées par elles, peuvent avoir autorité uniquement sur les établissements qui dépendent de la police, mais qu'elles sont impuissantes quand il s'agit de I assainisisement des maisons particulières, par suite des lacitnes de la loi du 13 avril 1850, ainsi que l'Académie Ta déclaré mardi dernier.
M. De Viltier» donne quelques instants après des rensei-
finements sur l'épidémie actuelle de choléra dans le midi de a France d'après les dires des médecins de la Compagnie P.-L.-M. qu'il vient d'inspecter. L'épidémie s'est étendue de Marseille à un certain nombre de villages voisins, puis à Aix, à Arles et à Av^non; elle est jusqu'ici relativement peu meurtrière. Mais tandis que les médecins déclaraient l'an dernier que l'épidémie avait éclaté au milieu d'une situation sanitaire des plus satisfaisantes, il n'en est plus de même celte année. Les troubles intestinaux n'ont pas cessé de tout l'hiver d'être très multipliés et ils augmentent surtout depuis le mois de mai dans tons les départements du Blidî.
M. JtUee Giêérin Dut remarquer que dix -sept médecins au moins à sa connaissance ont constaté l'an dernier cette même période préépidémique ; si un plus grand nombre de médecins n'ont pu faire cette constatation è cette époque, cela tient ou bien à ce qu'il est difficile d'observer les cas intermédiaires entre les désordres intestinaux simples et les cas de choléra confirmé, ou bien à ce qu'ils n'ont pas recber^ chè ce symptème. Les maladies n'existent-elles pas de toute éternité et ne faut-il pas que la science les observe pour qu'on vienne à les connaître? M. Jules Guérindle à ce SD^etle rachitisme, qui fut inconnu des médecins insqu'auquatonième siècle, bien que le peuple lui eût donné un nom.
M. le docteur Paul Gibier communique, au nom de H. le docteur Van Brtnengen (de Bruxelles) et au sien, les recherches expérimentales qu'ils viennent d'entreprendre sur le choléra (voy. Académie dee seieneee, p. 554).
Traitement des pieds bots. — La Note dont H. Julen Gitérin donne lecture sur le traitement complémentaire des pieds bots compliqué par la section sous-cutanée des ligaments du pied, a pour but de montrer qne dans lesxas où
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les pieds bols, par leur degré considérable, par leur ancienneté et leur compleiité, résistent à l'emploi judicieusement combiné des trois moyens ordinaires, il en est un quatrième qu'il ne faut pas négliger; M. Jules Guérin fait allusion à la sjndesmotomie ou section sous-culanée des l^;aments qui réunissent lés os du tarse et du métatarse et s'opposent, par un raccourcissement primitif ou consécutif, uu redressement complet des parties. U affirme que sur plus de 1000 pieds bots caractérisés il n'en a rencontré aucun qui ait résisté à la lénotomie et à la syndesmolomie sous-cutanées, aux ma- Dipulations et aux appareils. Afin d'obtenir de tels résultats, il est nécessaire : 1' de pratiquer la section sous^iitanée dans un point éloigaé de la section ligamenteuse et autant que possible à la base d'un pli cutané; 2' de recouvrir la petite plaie cutanée d'un morceau de diachylon gommé, la plaie ayant été préalablement débarrassée des liquides épanchés, sang et synovie ; 3° de ne pratiquer enfin les efforts de redressement qu'après le temps nécessaire à la cicatrisation extérieure des parties, soit quatre ou cinq jours, et de ne pratiquer ces eflforts que lentement et graduellement. M. Jules Guérin cite à l'appui de sa méthode, parmi les cas très nombreux qu'il a traités ainsi avec succès, celui d'un enfant déj opéré par un chirurgieu des hôpitaux; il présente les moulages en pl&tre du pied bot de cet enfant avant et après le redressement. C'est au mois d'octobre dernier qu'il a fait cette opération, dans laauelle il a sectionné le tendon d'Achille en deux points différents, au-dessus et au-dessous de l'ancienne cicatrice adhérente, les iambiers antérieur et postérieur, l'adducteur du gros orteil, les l^aments latéral interne, calcanéo-scapholdien et scapholdocuboTdien. Le succès a été complet.
M. Bouiey fait remarquer toute l'importance des résultats ainsi obtenus par H. Jules Guérin; il a assisté k une opération pratiquée il y a trois ans par celui-ci sur un enfant présenté à l'Académie et chez lequel les tentatives faites par un chirurgien des hôpitaux avaient complètement échoué; l'enfant était destiné à rester estropié lorsque M. Jules Guérin avec une très grande sûreté de main et grâce à sa méthode put lui accorder Tusage de ses pieds. Il conviendrait de profiter de tels enseignements. Que n'enssent pas donné lora Byron et Talleyrand pour être délivrés de cette difformité?
H. Jttje< Guérin remercie M. Bouley et raconte qu'il lui fut proposé de traiter Talleyrand, âgé de quatre-vingtquatre ans, pour son pied boL t 11 est venu trop tôt et moi trop tard pour bénéficier de cette opération, » rëpon-
dit-îl.
GnROHiOROSE. — M. le docteur Sabourin a eu l'occasion d'observer récemment un cas de chromidrose bleue, qui a 'été également vérifié par MM. Rochard et Féréol et dont celui-ci entretient l'Académie. U s'agit d'une jeune fille, d'une vingtaine d'années, présentant de violentes attaques d'hystérie convulsives et névralgiques développées sous Pinfluence de vives contrariétés. Il existait chez elle un point hystérogène ovarique très prononcé; elle vomissait, en outre, à peu près tous les aliments ; sa maigreur était extrême et l'étal général inquiétant. L'application pendant trois heures de suite, deux fois par jour, de sacs de glaco sur l'ovaire hyperesthéaié, la glace et le cognac à l'intérieur
Îrodnisirent une certaine amélioration; le temps fit le reste. I y a deux mois environ, cette malade vint annoncer sa: euerison k M. Féréol ; elle était assise dans un fauteuil qui fa maintenait en pleine lumière, lorsqu'il remarqua que ses paupières inférieures étaient légèrement colorées par une teinte bleu&tre très légère, se colorant de plus en plus à mesure qu'elle répondait aux interrogations de H. Féréol ; celui-ci lui en fit la remarque et elle répondit que depuis plus de deux mois elle éprouvait, en effet, ce même phénomène, qu'il avait été constaté par M. Sabourin. En trottant le dessous des paupières avec un mouchoir, eelui-ei fut légè-
rement teinté en bleu ; de plus, uu froUement un peu éougique enleva toute coloration, mais elle se reproduisit quel, que temps après; il n'y avait ni sueur, ni suintement quelconque, point de granulations apparentes même à la lanpe; c'était une teinte uniforme et comme lavée. H. Sabourin avait aussi constaté k plusieurs reprises que pour faire accroître la coloration des paupières, d'abord peu iotense, il suffisait d'en parler à la malade. La même colonlion » manifestait au-devant du sternum dans le sillon ialeimaamaire et aux deux aisselles. Le phénomène s'est prmioil
&resque instantanément plusieurs fois sous les yeux <k 1. Sabourin, qui a pu l'étudier dans tous ses détails, sans que jamais il ait pu y avoir le moindre soupesa ét fraude de la part de la malade, qui était, au eontran, désespérée d'être le siyet de ce phénomène, dont elle igiu> rait d ailleurs le nom et le caraclère rare et carienx. ïa résumé, dit H. Féréol en terminant, il s'agit là d'un phéno* mène absolument inconnu dans son processus, de sorte qu'il vaudrait peut-être mieux revenir à la dénomination de chnmocrinie. En tous cas, comme l'a dit H. Dechambre, le mol chromidose devxvït être évité.
Histoire nE l'enfance abànoonnée. ~ H. Uùn LatUmand donne lecture d'un chapitre de son histoire des enfants abandonnés et délaissés, relatif à la mortalité deieafaiits trouvés i la maison de la Conehe i Paris aux dii-yftième et dix-huitième siècles. — (Le mémoire de M. Lalle mand est renvoyé à la Commission de l'hygiène de l'enfance.)
Société mMlMle te M^ltMU.
SÉANCE DU 14 AODT 1885. — PRÉSIDENCE DE H. u'HEIUY.
HoM anr faw ■ioooUiablwi : M. FM. - Ht^iarohM «KpMiBaBtalii rnr l'iiystérla (uiamle. Inanition, boulimie, uunia) : M. Sahon. — Vn ou dt tàUm briakUqoa : U. B«rl«. (DlMoulon : U- (Miqaand, Pèré, Learons.)
H. Ch. Féré donne lecture d'une note relative aui individus alcooiisabies. Il rappelle que Lasëgue a spécifié, d'après leur aptitude à l'intoxication par l'alcool, les sujets impuisiarUs a Paleooli$me, et, au cunlraire, les oICMlisaotes. Glies ces derniers, la localisation des troubles hnctionnels déterminés par l'alcoolisme est ordinairement le résultat d'une prédisposition particulière souvent hérédiUure. Les accidents peuvent porter d'ailleurs tantèt sur le foie, les reins, lantèt sur les nerfs périphériques ou sur les centres nerveux; c'est ainsi qu'on observe assez fréquemment, ciiei ces individus, des paralysies diverses ou des troubles psychiques sous l'influence d'une dose très faible d'itlcool- M. Féré rapporte deux observations de ce genre : la première est celle d un homme robuste, âgé de quarante-six ans, qiiit sobre et rangé, a toujours constaté que les boissons alcooliques, même à dose fwt minime, le mettaient dans uaélat d'excitation pénible, accompagné de cépbidalgie iotoise terminée par des vomissements : deux ou trois verres de bière suffisent à déterminer cbei lui de semblables accidenis. Cet individu, fort actif et intelligent d'ailleurs, etchei lequel on relève quelques antécédents névropathiques, excusant
Seul-être un premier mariage avec une fille publique mère 'un enfant de sept ans, a ressenti depuis dix-nuit mois d» sentiments violents de jalousie, dépourvus de tout tnoiX, contre sa seconde femme; il l'a plusieurs fois épiée, il «t revenu précipitamment de voyage pour la surprendre en faute, il s'est même porté à des voies de fait, sans que rien dans la conduite parfaitement régulière de sa femme |>ùt motiver de semblables façons d'agir. Tout en reconnaissant par instants ses craintes absurdes, le malade ne peut, malgré ses efforts, s'y soustraire; eUeffrevienpeuUw^cnses. H n de riuBomnie, des càMdteuuMy My^^oi^
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enfin, une légère trémulation des mains ; aucun trouble de la sensibilité ou de la motilité; jamais de troubles digesUfs. M. Féré lui conseilla de supprînner la faible dose d alcool qu'il ingérait chaque jour et dTe prendre du lait comme boisson; dès lora les accidents disparurent rapidement. Aujourd'hui la santé est parfaite, et les troubles p^chiqnes font entièrement défaut à la condition que la ration de lin ne dépasse pas un quart de bouteille par repas, et que cet tndi- TÏdu ne prenne pas de bière dans la journée.
La seconde observation, assez analc^ue à la précédente, est celle d'un homme de quarante-sept ans, dont la face est couperosée, dont les mains sont agitées par un tremblement caractéristiqne de Talcoolisme, et qui présente, depuis un an, des pitnites matinales, bien qu'il nMngere chaque jour qu'une dose très minime de boissons alcooliques. Cet homme, d'un tempénunent nerveux, et dans la famille duquel on relève anelques accidents nérropathicpies, a eu des convulsions oans l'enfance, e( à deux reprises, au cours d'attaques de rhnniatisnie, des accidents cérébraux. A la suite du chagrin que Ini causa la mort d'un de ses enfants, il devînt tacitume, querelleur, et fut en proie à de violents accès de jalousie s'îulressant non seulement à ses voisins, mais à' sa propre famille, et même aux animaux de sa maison. Tous les accidents disparurent après trois semaines d'un régime lacté mitigé; seul le tremblement des mains a persisté. — H. Féré insiste sur l'importance de faits semblables pour permettre au rlinicien de soupçonner l'alcoolisme chez des individus qui ne boivent que des quantités fort petites d'alcool, et pour montrer la voie thérapeutique quil convient de suivre. Il fait remarquer aussi que, cnex son second malade, les accidents cérébraux, le délire d'wiginedeooUque ont débuté àla suite d'un choc moral, très comparable, en pareil cas, au pointdevuederînflnence patbogénique, à l'invasion d'une maladie fébrile on à un traumatisme chirurgical, toutes causes dé|à signalées de \'iv«il du délire chei les alcooliques en puissance.
— H. D^ooâ lit nn mémoire intitulé : Recherche» expérimentale» sur l'hystérie {anorexie, inanition, boulimie, anurie). (Sera publié.)
— H. Barié donne lecture d'une observation intéressante de folie brighti^. (Sera publié.)
H. Quinqnaud fait remarquer que l'on est souvent fort embarrassé, en clinique, pour savoir si Ton a affaire à des accidenis d ori^ne primitivement cérébrale ou à des manifestations urémiques. II existe un moyen très simple de juger la question : si l'analvee du sang obtenu au moven d'une ventouse scarifiée révèle un excès d'urée, il s'agit d accidents urémiques. C'est là une règle presque constante, quelle que soit d'ailleurs la pathogénie de l'urémie; rien ne prouve que l'excès d'urée dana le sang soit la cause prodialne des troubles morbides; mais, dans le cas d'urémie, cet excès existe presque toujours.
M. Féré pense que, chez la malade de H. Barié, l'apparition du second accès délirant, alors que l'albuminurie avait disparu, prouve clairement qu'il s'agit d'accidents cérébraux chex une névropalhiqne prédisposée, et non d'une folie spéciale directement imputable au mal de Brigfat.
H. Legroux est également d'avis qu'il ne faut peut-être pas trop se h&ier d'accepter la dénomination de folie brightique pour désigner des accès maniaques survenant chez des sujets prédisposés congénitalement ou par hérédité. Le fait rapporté par H. Barié se rangerait sans doute plus justement sous la rubrique : albuminurie chez une maniaque.
H. Barié fait remarquer que, sans vouloir entrer dans la discussion de doctrine, il trouve f^ppant de voir le délire ne débuter qu'après des accidents analogues à ceux de l'embarras gastrique fébrile, atorsqueralbomine avait faitappari-
tion dans l'urine. Il a relaté les antécédents névropathiques héréditaires de sa malade, et pense qu'il en faut tenir grand compte; mais rien, dans Tétude minutieuse du cas, ne parait autoriser à admettre qu'il s'agit d'une albuminurie chez une maniaque ancienne; jamais, avant les accidents de mal de Bright, la malade n'a présenté aucun trouble mental apprécianle.
— La Société s'ajourne au vendredi 9 octobre. — La séance est levée à cinq heures.
André Peiit.
staiicB nv 33 juillet 1885.— phésidencb de m. DnHointE.
Ttsltamani da la talons : IS. HallopMHi (Ptowmioii: MM. Gampardon, Cadat da Oaaatooort, C. Paul, Férèol. DalpacAi. — Extrait flalda da lanillaa da oooa: M, DalpacdL — âtialMa langna inlaelaiw du deetaor Gnllar . — Sirop dliAniogloblaa : IL Dolardla-llaainnata. -^Bappmrt aamn mèmolToda M. Maaaalongo : M. a.PaiiL
A. Hallopeau, surpris de voir le docteur Foulis, d'Édimbourg, annoncer qnil obtient en huit jours la guérison de la teigne tondante, a expérimentéle traitement préconisé, sur quatre malades à rhèpital Saint-Louis. Ce traitement consiste à badigeonner la ré^on malade du cuir chevelu avec de l'essence de térébenthine jusqu'à production de douleur (environ trots minutes) ; à laver ensuite avec du savon phénniqué, au dixième ; pms k appliquer trois couches de teinture d'iode, et enfin à faire une <mction avec l'huile phéniquée. M. Hallopeau reconniit que son premier malade ne peut fournir un résultat bien concluant, puisqu'il a employé, pour le soigner, du savon ordinaire, n'ayant pas encore à sa disposition du savon phéniqué au dixième; le traitement a été très douloureux et a produit une vive irritation de la peau, terminée, après deux séries de huit jours, par un abcès; H. Hallopeau n'a pas cru devoir continuer. Les trois autres malades ont été soumis au traitement complet de Foulis pendant deux séries de huitjours, séparées par un inter^ valle de trois jours; ils ont éprouvé de très vives douleurs, et bientôt des croûtes épaisses se sont formées sur le cuir chevelu enflammé; d'ailleurs, au bout de vingt jours, on constatait encore un grand nombre de spores et beaucoup de cheveux demeuraient cassants. De son cAté, N. Luiler a essayé le même traitement et a dû y renoncer à cause des vives douleurs qu'il détermine. Pour sa part, M. Hallopeau est revenu au traitement classique : badigeonnages à la teinture d'iode ou k l'acide pyroligneux, suivant l'étendue de la surface malade, et lotions au sublimé. On obtient ainsi de bons résultats, mais il faut au moins six mois de soins persévérants.
M. Campardon pense qu'il est très important de signaler les dangers d'inOammation grave auxquels expose le traitement préconisé par Foulis.
H. Hallopeau a également essayé la solution d'iode dans l'essence de térébenthine, à laauelle Foulis accorde une grande valeur. Hms il s'est assure que la térébenthine est un très mauvais dissolvant de l'iode : les deux corps réagissent réciproquement l'un sur l'autre et donnent des produits de décomposition variés auxquels on ne saurait accorder aucune confiance.
H. Cadet de Ga»»ieourtt demande à H. Hallopeau s'il a expérimenté le crayon d'huile de croton, ainsi formulé: huUe de croton, i/3; cire, i/3; beurre de cacao, 1/3?
H. Hallopeau a observé avec cet agent dM^^uérisons uses rapides, mais c'est un moyen doulonreu^^i-aaiéM Ides inflammations, des abr^, et qà^^SmuS^et^ ployer sur une anrCue on peu étendaei.
GAÎÉnÈ flEB£K)lÉADAIRB DË MÉDÈGINB ÈT DE GHIRURGIB
28 AoOT 1885
M. Cadet de Gassicourt après avoir préconisé ce moyen, a dA également y renoncer, car il détermine en eiïet facilement de la cutite, de la calvitie par destrucUon des bulbes pileux, des cicatrices. L'acide pyroUgneux, dont l'usage a été conseillé par le docteur Cramoîsf, ne lui a pas donné de bien meilleurs résultats; il détermine de vives douleurs, accompagnées parfois d'inflammation et d*abcës. Aussi, il en est revenu à l'épilatièn, associée aux totions de sublimé, ou à la pommade au turbitn; il est vrai qu'il filât parfois attendre la {ïuérisou pendant ^ne année et même davantage. Du reste, H. Cadet de Gassicourt pense que les enfants atteints de teigne tondante sont, k l'htoitftl, dans de mauvaises conditions pour être débarrassés de leur affection; il a constaté des faits de contagion nouvelle d'éhfants guéi'îs, pdr d'autres enfants encore en traitement dans la même salle.
H. Hallopeau n'a pas reconnu aux badigeonnages d'acide pjrotignenx d'inconvénients bien maraues; il les pratiijue avec un pinceau trempé dans Tacide à 6 degrés. L'irritation du cuir chevelu lui a toujours paru modérée, et il a obtenu la guérison de la teigne après six à huit mois en moyenne.
M. Cadet de Qatêieourt pense que le mode d'application peut avoir une grande influence sur les efl'ets produits; il a employé chez ses petits malades les frictions avec l'acide p^linieai,praliquées, àl'aidedu gantde criaoud'un linge rade. Dans ces circonstances, on observe des douleurs vives et de l'inflammation. Les résultats thérapeutiques n'ont d'ailleurs pas été bien brillants, et chez quelques enfants il a dû recourir ultérieurement à l'épilation.
M. G. Paul rappelle que dans le traitement antiparasitaire de la blennorrhagie il existe un avantage très marqué h l'emploi des solutions chaudes; ne pourrait-on pas trouver le même avantagé à erapl(^er chauds les liquides destinés à combattre la teigne tondante.
M. Cadet de Gasmourt a commencé à se servir de solutions chaudes de sublimé, mais ses essais sont de date trop récente pour qu'il puisse encore en tirer aucune conclusion.
M. Féréol rappelle que H. Ë. Besnier, dans son raDport à l'Académie sur le traitementdelateigne tondante, préconisé par le docteur Gramoisy, est arrivé à cette conclusion que ce traitement agit peu comme parasitïcide et qu'on. trouve des champignons au niveau du bulbe pileux a[>rès un temps souvent assez long. D'après H. E. Besnier, il faut surtout modifier le terrain sur lequel se développe le parasite et s'opposer ainsi à son évolution.
H. Cadet de Gassicouft déclare partager entièrement les opinions de M.E. Besnier' à cet égard. On peut employer dans ce cas la teinture d'iode, -mais elle n'est pas dé^owTue de propriétés irritantes.
H. Delpech fait remarquer que la solution iodo-iodurée formulée par Guibonrl n'est pas irritante.
— HL. Delpech présente un échanlillon d'extrait fluide de feuilles de coca, préparé par lui, et qui renferme la moitié de son poids de substance active.
' — M. Vujardin-Beawneti présente un' abaisse-langue
injecteur inventé par le docteur Carlier.
, H. Cadet de Gassicourt pense que cet instrument poun'aif rendre des services pour pratiquer le lavage de 1 arrière; goi^e dans la diphtherie,maisilfaudraît que l'on pût injecter Une bien plus grande quantité de liquide, et, pour cela, qde le ballon injecteur fl&t Remplacé par unepoire, misant office de pompe aépirante et fbuiante, placée sur un 'tube plongeant dans un récipient. Un semblable appareil existe d'ailleurs» et a déjÀ été expérimenté.
H. C. Paul est d'ans que les grands lavages répétés et l'alimentation forcée sent ies meiHeQrs«ioyen«à «mptover piMHr combattre la diphthérie. Peut-Atre pourrait-on, à 1 aide de
badigeonnages avec la cocaïne, supprimer la douleur à la déglutition et rendre l'alimentation plus facile.
~ H. Dujardin-Beaumetz expérimente depuis un an un sirop et des pilules d'hém(%lobine, préparés par un de ses élèves, H. Deschiens. Le sirop renferme 2c>',85 (rhémoglobine par cuillerée à soupe, et chaque pilule en contient 2o centigrammes. Il administre ordinairement de quatre à six cuillerées de ce sirop dans les vingt>quatre heures, et en a retiré constamment d'excellents résultats pour le traitement de la chlorose et de l'anémie. Les pilules lui ont paru posséder un effet thérapeutique moins certain.
— M. C. PatU donne lecture de son rapport sur un travail du docteur Hassalongo (de Vérone), relatif aux ponctions pratiquées au niveau des membres inférieurs dans l'œdème précoce descardiaques. — Il conclut à l'insertion de ce traTsil dans les Bulletins de la Société.
H. Dujardin-Beaumetz élève quelques doutes sur Tianocnitédes piqûres pratiquées au niveau des membres ttdémaliés. Il croit plus sa^e de recourir d'abord h la médication interne et de réserver, ainsi qu'on le fait ordlnûremeal, les piqûres pour le cas où le tr^tement n'a pu réussir i foire disparaître les accidents.
M. C. Paul est d'avis que les piqûres pratiquées au thermocautère ne présentent point d'inconvénients lorsque la peau n'offre pas un état scléremateux. Ces piqûres restent ouvertes fort longtemps, ne s'accompagnent pas de gangrène, et très exceptionnellement d'érysipèle. Il y a fréquemment recours et s'en est toujours bien trouvé.
H. Dujardin^Beaumetx fait remarquer qu'on ne peut s'exposera ce que la peau, rouge et distendue, ne soit constamment mouillée par le liquide qui s'écoule des piqûres, et, par suite, qu'il est impossible d'éviter à coup sAr ces lymj^angites rétieulaires, sortes depseudo-^rysipèles, dont les conséquences sont trop souvent fort graves. Il préfère, jusqu'à nouvel ordre, réserver les piqûres au niveau des membres œdématiés pour une période tardive des affections car^ diaques.
— La Société s'ajourne au mercredi 14 octobre. La séance est levée à cinq heures trois quarts.
André pETTr.
REVUE DES JOURNAUX
De l'MiioH de iVrliMiiae, par A. Sc&viTZ. — L'arbutine, la glycoside de la busserole, paraissant se dédoubler dans l'organisme en hydronuinone, produit éminemment antiseptique, qui apparaît dans l'urine, on a eu l'idée de l'employer dans le catarrhe de la vessie, etceavecdes résultats varies. L'auteur a obtenn de bons résultats dans deux cas, l'un de catarrhe aigu provoqué par l'abus de liqueurs deootiques, l'autre de catarrhe chronique dont la presaière cause consistait en une hypertrophie de la prostate. Il parait donc démontré que l'aiitutine peut être utile dans certains cas de cjstite eatarrbale. Hais qu'est-ce qui (Mrmet de distinguer les cas où le médicament peut réussir de ceux où son emploi ne doit être suivi d'aucun effet? C'est ce que l'auteur ne dit pas. (CentralbkUt fUr kîin. Medicin., 1884, a" 49.)
Mm dudltne, nfNav«laatlpyr4llfae,parRud. Ton JarsGR.
— La thalline est une base découverte par Skraop, chimiste dé Vienne (Autriche); ce n'est autre chose que du paraquinanisol hydraté. Gomme elle donne avec le perehiorure de fer et avec la plupart des substaaoes oxydées des sels verts, on lui a donné le nom de thalline (de SrXXôc, vert). Des expériendes ont été faites avec les sels de thalline, avec TéthyltkaUiae, aHeo>lft ohlorhydraite d'éthjbhaUine, ^ Von Jakscb est arrivé aux résultats suivants : 1* les préparations de
Août 18té
GAZBTTÂ HBBl)01ÉADAitiB ikfa MÉbEGtilB ST 1»B GHItUIRGiE
tiuilline sont d'excellents antipyrétiques; 3" parmi les sels de thalline, le chlorhydrate est le plus recommandable ; 3" les
{tréparalions de lhalline sont indiquées dans tous les cas où a Dévre est très tenace, ou bien met le malade en danger par MM intensité. {Wiêiur med. Woehmuthrift, 1884, n» 48.) -r » '
Bw l'iBAaeoM d«a affeeliMv ehronlvaes de la mm^ ««•we wuale mwr les iMlpIteâloae aerveMee , par
KOEPPKR. — Il est iwssible, comme Ta déjà remarqué Remalt pour les affections dentaires, que les altérations de la muqueuse naso-pharyngée déterminent des accès depalpiutions aerreuses du cœur par irritation des nètÎ9 baraiaques. Dans le cas observé par Kapper, le traitement prolongé de umuquense tuméfiAe au moTen du galvano-cautère a fait 'îï ' disparaître les palpitations. De pareils faiU ne s ooservent guère ^ue chea les pwsonnes très nerveuses. Il mut éviter de détruire chez les femmes enceintes les masses de tissu érectile oui se développent quelquefois entre les cornets; on a en effet observé des avortements à la suite du boitement galvanocaustique de ces tumeurs, (pmtsche med. Woekentchrift, 1804, n^Sl.)
Iafl«ea«e de la rUi*i« d« pi— idiiip êm ymmtrlt^ti veatrieale Mir la toaip^rattv* iMcme dm «arpa et partleiUiéraneBt su «elle da laie, par AroNSOHN. ~
La clinique a fait connaître que fréquemment la terap^tni^e, chez les diabétiques, tombe au-dessous de la normale; on a constaté jusqu'à ^9',! C. dans l'anus. On a cherché à expliquer ce phénomène par la déperdition da sucre, matière combustible, entraîné dans Tunne. Aronsohn a entrepris des expériences sur des lapins/ U pratiquait la piqûre d'après la méthode indiquée par Cl. Bernard, prenait la tem* pérature du rectum au moyen du thermomètre^ dans le foie et les muscles au moyen d'aiguilles Ihermo-étectriques, avant et après la piqûre, pois, l'expérience terminée, sacrifiait les animaux pour recnercher le siège de la piqûre. L'urine était analysée d'après la méthode iie Trommer et ceHe de Bôltcher. Voici les conclusions auxquelles l'auteur est arrivé :
1° Lorsque la pioûre a été faite au lieu d'élection, la température du foie, aes muscles et de lintestin s'abaisse d'oiviron 2 degrés (dans Tespace de deux heures);
2* Lorsque les parties roisines du lien d'élection ont été lésées en même temps par la piqûre, la température s'abaisse d'abord pour s'élever ensuite à son degré primitif;
3" Lorsque la pic[ûre a été mal faite, et que la protubérance ou les parties latérales de la moelle ont été seules atteintes, la température s'élève immédiatement et dépasse d'envtrou 1%5 G. la température nonnale.(I>0ttlsoA0 meaioin. Woeketuehrift, i884, n* 46.)
Cas d* 4ipluk4ri* . *mim*ip, par P. Bbrwau). —
Les faits de ce genre sonl.rares dans la science ; ils présentent un grand intérêt pratique, car il est probable que dans un grand nombre de cas l'ataxie passe inaperçue, parce qu'elle est peu prononcée. D'après Berwald, la moelle, particulièrement lës' corduns postérieui^, constituerait un lieu d'élection pour la maladie; la moelle serait pour le poison diphihéritique un lociu minorù resistentiœ, comme les bronches pour le poison de la rougeole, les reins pour celui de la scariatioe. 1» quelle natura est la lésion médullaire? C'est ce qu'il n'ell pas encore possible de dire. (Berliner klin. Woekensehrift, 1884, n*aO.)
BIBLIOGRAPHIE
DM i>«le de la eaafeatlaa daM laa Maladl«a daa vaioB
ariaairea, par H. ToFFUBR, prosecteur de la Faculté. —
A. Delahaye et Lecrosnier.
Voici une thèse remarquable qui peut se réclamer à la fois de l'Ecole de Necker et de celle ae la Pitié. L'auteur y traite avec une compétence rare et une grande sagacité le r61e si délicat et encore si mal connu de la congestion dans les maladies des voies urinaires. L'importance du sujet, et siu'tout la façon magistrale dont il a été traité, légitiment l'étendue de notre analyse :
Si les lésions inflammatoires de l'appareil urinaire sont Inen connues, il n'en est pas de même des accidents congéstifs dont cet appareil peut être le siège. Ces phénomènes jouent cependant un rôle de première importance, dans la pathologie urinaire ; ils en commandent la théra^ pculique. La difliciiUé de les observer est la seule cause du ûlence des auteurs à leur sujet.
Les vaisseaux si volumineux du rein, les anastomoses si nombreuses des veines du rectum, de la vessie et de l'urèthre au nivefiu du cairefour veineux périprostatique, expliquent facilement et la fréquence des accès de congestion, et la solidarité entre les phénomènes vasculaires dont tout Pappareil peut être le sieee. La congestion rénale est certes fnn des points les plus obscurs de la patholo^e du rein; l'auteur a soulevé un des eètés du voile, en étudiant cette congestion chez les urinaires. Une réplétion subite des vaisseaux du rein s'adressant à un parenchyme normal peut passer inaperçue, mais s'il s'agît d'un organe plus ou moins altéré par une néphrite, le raptus congestif va faire passer la phlegmasie À la suppuration, et transformer ainsi une affection compatible avec une existence assez longue en une maladie fatale a brève échéance.
. Trouver l'origine et prévenir les effets de cette complication est le out que Bl. Tuffier s'est proposé d'atteindre dans son premier chapitre. Après avoir cherché dans les causes habituelles de la néphrite le .point de départ d'un réflexe sur la circulation rénale, l'auteur étudie spécialement la question au point de vue chirurgical, et établit nettement qu'une origine fréquente de la congestion rénale^ c'est la distension de la vessie. Par une série de faits cliniques, il montre que la rétention d'urine provoque une polyurie intense; par une série de faits expérimentaux qui lui sont communs avec M. Dastre, il élahlil la loi des réflexes de la vessie sur le rein ; enfm grftce à une méthode voiuraétrique fort éiéçante, dite méthode de Roy, qui pour la première fois était appliquée à l'étude de ces réflexes, il peut poser les conclusions suivantes :
Toute distension vésicale entraîne une congestion du rein, tout broiement de la muqueuse de la vessie s'accompagne du même phénomène; au contraire te contact de la vessie, son excitation électrique, qu'il s'agisse du corps ou du col, ne modifient en aucune façon la circulation rénale. Les déductions thérapeutiques s'ensuivent directement» la suppression de la distension vésicale, le respect de sa muqueuse sont les meilleurs agents thérapeutiques de la congestion rénale chez les urinaires.
La symptomatologie des affections vésicales est en grande partie dominée par des phénomènes con^eslifs. Les tumeurs de la vessie, même non ulcérées, sont le siège d'hémorrhagiea formidables qui peuvent aller jusqu'à la mort des patients, alors que le grattage ou l'extirpation du néoplasme ne pro-
Îoque pas l'écoulement d'une palette de sang. Il ne s agit onc pas là de phénomènes anatomioues, mais d'actions vascuïaîres vaso-motrices. Les cystites tuber<NlSiui^aud^Iii^ s'accompagnent d'hématuries rfôSUie^èoinsidSarwDmiK lose pulmonaire s'accompagne d'hémoptysie, et cepenfflmt il
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n'y a point alors d'ulcération, ee sont là des phénomènes de concestion sous la dépendance des contractions incessantes de la vessie. Dans le premier cas, ta boutonnière périnéale, dans le second, rextirpation du néoplasme ou son grattage, suppriment le point de départ du réflexe et mettent on tmne à ces accidents.
Mais le chapitre le plus intéressant de ce travail, celui qui comporte les faits les mieux analysés est celui qui a trait au rèle de la congestion dans l'hypertrophie de la prostate. Toute l'histoire de cette maladie est dominée par ce fait : la prostate hypertrophiée est le siège de phénomènes congestifs
3ui pendant longtemps constituent à eux seuls tons les accîents et qui plus tara deviennent l'origine de toutes les complications de la maladie.
L'histoire des prostatiques se joue en deux actes. Le premier o>mprend une série de symptAmes qui tous sont dus à des phénomènes vasculaires. La fréquence des mictions dans la seconde moitié de la nuit, les érections nocturnes, la lentenr du jet à se présenter au roéat, le tout sans modifications qualitatives de I urine, constituent un ensemble symptomaUque qui accompagne l'hypertrophie prostatique au aébul, et qui dans certains cas même le précède et mérite bien le nom (|[ne lui donne l'auteur, Etat prostatique sans hypertrcphie.kn deuxième acte, les phénomènes dynamijjues n'ont qu un rèle secondaire, c'est la stagnation de l'urine, c'està-dire la distension vésicale et ses conséquences qui occupent la scène.
En revanche toutes complications qui incombent aux
Srostatiques relèvent du raptus congestif. La rétention 'urine est le fait d'une augmentation subite du volume de la prostate, sous Tinfluence de la réplélion vasculaire. Les hématuries des prostatiques reconnaissent la même cause. Enfin, Tengoi^ment des plexus vésicaux place ces malades en imminence de cystite, tandis nue la distension vésicale ui entraîne une congestion rénale, les met en imminence e néphrite. Qu'un accident quelconque vienne frapper l'une des parties de cette triade urinaire, et l'appareil entier va devenir la proie d'une inflammation. Que dans ces circonstances le malade se refroidisse, ou retienne trop longtemps son urine, une rétention absolue de l'urine va se manifester, et à sa suite une cystite plus ou moins vive ; enfin une néphrite emportera le malade.
La pathogénie même de tous ces accidents nous donne la clé de la thérapeulioue. Une hygiène rigoureuse et la prohibition de tout cathetérisroe dans la première période, une évacuation méthodique de la vessie et les antiphloglstiques sous toutes leurs formes dans la seconde, sont les seules
Srécantions qui puissent prévenir l'explosion de ces acdents.
Le chapitre consacré aux rétrécissements nous donne une théorie de la rétention dans ces cas : c'est à une congestion de la portion spongieuse de l'urèthre, en avant du rétrécissement, qu'est dû l'obstacle absolu au cours de l'urine. Les variations si rapides du calibre de l'urèthre ne peuvent reconnaître d'autres causes. C'est contre l'élément vasculaire ue doit être dirigé lathéra[>eulique, c'est par des sangsues, es bains tièdes, les suppositoires belladonnés que l'on doit attaquer ces rétention^, et non pas par le cathétérisme forcé. Mieux vaut recourir à plusieurs ponctions hypogastriques que de blesser un urëtbre dans de telles conditions.
Enfin dans une dernière partie de ce travail, nous voyons le rftle de la congestion chez la femme. Mais ici le terrain est trop battu pour des recherches originales, l'auteur se contente de nous montrer quelle solidarité vasculaire unit l'utérus et la vessie, et nous montre, par des observations, que certaines maladies de l'utérus peuvent retentir sur la circulation vésicale au point de faire croire à une affection de ee réservoir. Le doute est vite dissipé : la cure de I affection utôrine fut disparaître à jamais les accidents vésicaux.
P. lUCLOS.
TARIÉTÉ8
Facdlté de néDECiNB D8 PARIS. — MU. Lejftn, Hérigot dt Treigny, Démoulio, Villemin, Hooprofit et Viltar sont nommé*, pour quatre ans, aides d'anatomie à la Faculté de médeâaeée Paris, en remplacement de MM. Chaput, Broca, TnfBer, Biarl Hache et VTikam, dont le temps d'exercice est expiré.
GOHBUL UDHiaPAL DK PARU. — Le conseil municipal de dans sa séance du vendredi 7 aoAt, a voté, sur la fRvpoNtimiÏB M. Robinet, la construction de pavUloni d'isolement dsu lu hôpitaux pour les grandes opérations.
NécROLOGiB. — Nous avons le regret d'annoncer la mort de H. le docteur Louis-Eugène Forget (de Paris) ; — de H. le dodeir
G. Restelliai, premier (^îrorgien de rHdpital-Hajeur de Milio;
— et de H. le docteur Livois (de Boulogne-sur- Mer).
Faculté dr médecine de Nancy. — Voici la liste des Uorétlt i de la Faculté de Naocv pour l'année scolaire 188i-1885 : Pnmiére année : Prix, H. Friant; meotion houorable. MM. MtH hef^ain. — Deuxième et troiiième années : Prix d'anaioaitA physiologie, M. Eugène Licht. — Owitrt^ ann^^ ; M. Rnotlt. —Prix de Vintemat (fondé par le docteur Bénit), M. Beupt); I mention honorable, H. Uaushaltar. |
UciON d'honnkcr. — M. Alix, médecin de J'* classe de b i marine, a été nommé chevalier de la Légion d'honneur. |
MÉDECINS DE l'état CIVIL. — Par arrêté préfectoral, en dilt !
du 25 Juillet 1B85. ont été nommés médecins de l'état drildela { rille ae Paris : pour le XIII* arrondiBsement, MM. les dodevs
Mangenot et Joseph; pour le XX* arrondissement, H. le doeUor |
Mignet. |
Société HÉDico-mcnoLOGtQnE (année iB8G>).— Prix Âubaul.
— Question proposée : < De la coexistence, chez une même milade, de délires a'origioe différente (alcoolique^ épileptiqne.panlylique, vésanique) au point de vue du diagnostic, du pronostic, ii traitement et de \a médecine l^ale. i — Valeur, îwO francs.
Prùc Belhomme. — A décerner an meilleur trarail mannscrit sur c l'idiot > et de préférence c aux lésions anatomiqaes dei centres nerveux dans Vidiotie i. — Valeur, tSOO francs.
Prix Esquirol.— Valeur, SOO francs, plus les œuvres d'Esqwnl; au meilleur mémoire manuscrit sur on point de pathologie oienttle.
Prix Moreau (de Tours). — Valeur, 200 francs, au roeiUw mémoire manuscrit ou imprimé ou à la meilleure thèse inauganle publiée en 1885 sur une question de pathologie mentale on De^ veuse.
Les mémoires mannswits on imprimés doivent être adresses, dans les formes académiques, avant le 3t décembre 1885, i
H. Ritti, médecin de la maisni de (ïharenton.
MortautA a Paris (33* semaine, du 9 au 1& aoAt 1885).
— Fièvre typhoïde, 87. — Variole, 0. — Rougeole, Il — Scll^ latine, 2. — Coqueluche, S. — IHphthérie, croup, 30. — Choléra, 0. — Dysenlérie, 2. — Erynpèle, 3. — Infectiaos pnerpérdes, 5. — Autres aîfecUons épidemiques, 0. — Méningite, 35.
— Phthisie pulmonaire, 154.— Autres tuberculoses, 25. — Autres affections générales, 43. ~ Malformations et débilité àaW* extrêmes, 33. — Bronchite aiguë, 13. — Pneumonie, 39- - Athrepsie (gastro-entérite) des enfants nourris an biboim «| autrement, 99 ; an sein et mixte, 46; inconnu, 6. — Antra maladies de l'appareil cérébro-spinal, 6S; de l'appareil orcw' toire, 54; de l'appareil respiratoire, 44; de lapp««il «JJ" tif, 59; de l'appareil génito-urioairo, 12; de la peau et do WJ lamineux, 5; des os, articulations et muscles, 10. — violentes, 35. — Ganses non classées, SI . — Total : 887.
4471. BonauTOM. - bvflMriw i4utai, A, m M*!*. *> ^
ThBMTE-DEUXdlII INllfiB
28 AovT 1W5
COMITÉ DS RÉDACTION
PitisiDENT : H. le docteur A. DECHAmS
Mkhbrb : HH. les docteurs BUCHEZ. IE0R6ES DIEtiUFOr, DREYFUS. HtSAC, FRANCOIt-FNUKK, AUlIT RlINQaC