‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 137 sur 228 · L. LERCBOULLCT, PAUL RECLUS · texte numérisé non relu

L. LERCBOULLCT, PAUL RECLUS

AdroMur tout ce qui conoene b réiaetum u tièg» d» ComiM, ehM M. Oraunu, M, rw df UUe (mot le mtidl de préWwie).

Teir pma» % *m im. Mrortwe l'iMlMtiui ««a ACns MB u PA«DIAÉ M ■ÉHWW M PAN*

(Thèses, eiameu, cours, etc.) e* «iven aeiwiirte w*>bw< le jeem lélim.

SOIIHAIRB. — pAttls. Acid^mie dQ modacbie : Le ebottfra. — Travaux omoi- NAOX. ÉpMrimiolo|^B '! Le choldn et la peste en Pen« »nt les quirentaini».

— CoNORËS BciBNTirioUB. Asiocintloii frinçalM pour l'avancement des tciencea- — SociÉTés SAVAKTKB. Acaddfflia iot sdenesa. — Académie de médecine. — Siiciétc do chirurgie. - Rbvub DES JOUKNaUX. — TraTaux h conulter. — Bill LI OCR APBtB. Diagnottic et traitement de* tumeurs do l'abdomen el dn baiiiii.

— Index bibliop«(ibii|He. — Variétés. — Fkuillitoh. Lca médeàns dant lu draniM da Shakeipean.*

Paris, 27 août 1865.

Académie do médecine i Le «helér«.

L'importance des documents déjà fournis à l'histoire du choléra par H. Tholozan et le talent avec lequel- il a défendu ses doctrines un peu personnelles présageaient à la communication de mardi dernier Taccueir sympathique de l'Acadéinie, qui le lui a témoigné en effet par une attention exceptionnelle. Est-ce à dire qu'il sera parvenu à modifier en quelque point l'opinion de la migorité ; et nousmême aurons-nous quelque chose à changer à celles qui ont été exprimées ici dans les articles si remarqués de H. Lerehoullel? Noire confrère de Téhéran est trop expérimenté pour y compter beaucoup. Sa lecture est une thèse de pathologie générale ; peu de médecins sont en état de l'exprimer en d'aussi bons termes ; mais tout le monde y a déjà réfléchi. La conclusion est nn appel à Tautorité des Taits ; mais c'est surdesfailsaussi que prétendents'appuyerlesadversaires

de M. J. Guéria et de Tbolezan. Il sera temps de s'ex<«pliquer quand viendra la discussion du rapport d'enquête; un mot seulement dès aigofird*hui sut la véribible pmrtAe des principes exposés mardi au sujet de l'unicité du choléra.

Sans doute la symptomatologie est la base pnoMpAn^ d'une classification nosologîque, et le choléra dit.apaniiiip» ressemble fort sous ce rapport au dH^ra dit asildiqae ; m&h le diagnostic d'une maladie repose sur tons ses éléments i la fois : sur les symptômes, sur les lésions ca4ayériques, sur les conditions étiologiques, sur la mardhe, sur les effets du traitement. Aussi M. Tholozan se h&te>t-il lui-même de reconnaître que la découverte d'une cause spéciale, malgré l'identité des manifestations symptomatiqoes, créerait une différence dans l'espèce morbide, et que l'élénseat contagieux du choléra, quand il se montre, est un qdelque chose, un quid ignotutnt ajouté à la maladie fondamentale. Pour notre part nous sommes fort à l'aise devant ces affirmations, nous qui avons souvent émis cette hypothèse, jusqu'à démenti de la doctrine microbienne ; que la même maladie, la fièvre typhoïde par exemple, non contagieuse dans un cas, pouvait le devenir dans un autre par la formation sur place de quelque matière virulente, par la fabrication de quelque ptomalne toxique. Hais, pour ne pas sortir des termes où la question est posée en ce moment, les partisans de la dualité ne peuvent-ils pas répondre que, le champ de l'hypothèse leur étant ainsi ouvert, rien ne les

FEUILLETON

Les médeelM émmm les dMUMS de 8htfceipe«re (I).

Un jour, à Londres, au commencement de ce siècle, plusieurs hommes, appartenant au monde des sciences et des lettres, dînaient ensemble. La conversation tomba sur Shakespeare et sur runiversalité de son génie.

Au nombre des convives, se trouvait un journaliste nommé Jerdan, éditeur de la Galette littéraire, et Hasiam, médecin attaché au célèbre hôpital de Bedlam, homme de beaucoup d'esprit et d'infiniment d'érudition.

(I) Ce trav^I B été rail, Il y ■ qnolqui» années, pour fonrnir U sabstance d'un diaceurs que l'auteur a eu à prononcer commo président ile YAcadémie iei UUra, loience» et arlt de Rouen. Une purtie seulement en a été publié dans le Prédë des acte» de cette Compagnie pour 1879. La travail est ici rétabli au complet. V StUB. T. XXIL

Ce dernier paria un dîner pour tous les aasistanls que, quel que fût 1 objet qui loi serait désigné, il ne resterait pas un quart d'heure sans trouver, dans sa mémoire, un passage de Shakespeare se rapportant à cet objet.

Jerdan tint le pari et désigna le thread millt où moulin à marcher, cette espèce de grande cage d'écureuil, que les condamnés au travail obligatoire, dans les prisons de l'Angleterre, sont contraints de faire tourner sous eux avec leurs pieds, sans pouvoir s'arrêter; c'est, on le sait, le moyen inventé pour forcer les condamnés à subir leur peine, sans que leur travail fasse concurrence à celui des ouvriers libres. L'instrument était d'invention rêeente, et Jerdan se croyait bien certain du succès.

Hasiam, cependant, riposta presque immédiatement par cette citation du roi tesr: «Redescends, à désespoir! cesf en vain que tn cherches i monter; tu es coodamné à jtonjours redescendre, i >

La galerie donna gain de cause à Hasiam, Jerd^i^erdit

562 ■::-Và5-

i8 AOUT 1885

empêche d'admettre cette addition d*un ingrédient conlaglatij 'âtink h èiciirat né our tes cfttes ils iKîndoustan? Tadjours est-il qti6 Vi leâ înédecius anglais ont admis autrefois l'unicité du choléra, ils ont bien changé depuis Annesley, et c'est là encore un fait qui ne peut être oublié.

Ce n*est pas d'ailleurs la première dichotomie de ce genre qu'on ait établie. Entre l'ictère grave et la fièvre jaune il y a de telles analogies symptomatiques et même anatomo-pattio- It^ques (M. Charcot et nous, nous nous sommes même appliqués à les ^firei^s^rtir, in fias. heM., 1858) qu'Ândral et Honneret ont à peu près assimilé les deux formes morbides. Cependant personne n'allribue à l'ictère grave le caractère contagtoiBf «t Von Mit g« qui est advenu de la vraie fièvre jaune quand elle a débarqué â Sainl-Nazaire. Mais en réalité, et c^est ce que nous prions notre excellent et savant ami H. Tholoah de-voàtoir bièii ren^rqner, est-ce que les partisans du choléra exollqoe, indién, asiatique, font dé cette manière de voir des applications pratiques susceptibles de compromettre la santé des populations? Us agissent comme agirait H. ?holosan lui-m^ne. M. Tholoxan croit à la conlafi«a. M eontagioiiy e'eat l'importalion, et l'importation c'est ta qtMrantafaie. -Que la snppositioD 4'aii microbe pathogène tédnise -quelques hygiénistes, c'est possible; mais, en fait, ils en tiennent pWk de compte, et leurs antiseptiques s'adressent à t'élémeot, quel^u'il soit, qui constitue le contage. Le plus déclaré partisan de l'ImportAtioa etdes quarantaines, Fauvel, ■'était pUi H s'en fallBit bien, nnmicrobiste. Quand, l'année demièràt ne trouvant pas de porte d'entrée pour le choléra de Toulon, il crut à un choléra sporadique, ce fut un tort tout personnel; HH. Brouardel, Proust, Rochard, accouru sur les lieuk, hésitèrent-ils à déclarer le mal épidémique fl contagieux, et ft prescrire d'énergiques mesures de présemtionT Sur quels indices? Sur tes symptômes, sur les lésions, sur la marche de la maladie, sur sa diffusion. Qu'aurait fait de plus un unicisle contagionniste?

fin fin de eomple, la doctrine de M. Tholozan, avec ses deux ternies essentiels : unicité du choléra ët possibilité de propagation contagieuse, aboutit, comme la doclrine de la dualité, à la nécessité de mesures quaranlenaires. Ces mesures devront êti'e plus modérées, t)lus sages qu'elles lie l'ont été jusqu'à présent, nous Sommes de cet avis; mais quand té caractère ' contagieux et envahissant du mal ne sera pas contesté, la question d'origine deviendra assez oiseuse pour ies'pays où il pourra s'étendre; et comme, même au lieu d'entrée en Europe, on ne sera jamais bien assuré que le

mal importable n'a pas été importéy ainsi qu'il est arrivé à Toulon el aiUeun, le fond du système quarantenaire ne recevra pas des divergences des modifications très considérables, — à moins de fausses applications, telles qu'on en a vues récemment en Egypte, à Gibraltar, sur la frontière espagnole, et qu'on ne peut pas plus éviter que les erreurs de jugement ou les calculs de l'intérêt.

Nous n'en sommes pas moins disposé, comme M. Tholozan, à réduire la part généralement attribuée aux quarantaines dans l'extinction des épidémies et à reconnaître celle de raffaiblissemeot spontané de leurs causes ou de l'atténuation spontanée des contages (voy. ci-après) ; mais un de ces ordres de faits ne détruit pas l'antre. A. D.

EnaATUU. — Ce n'est pas chromophilie, comme noua 1 avoDs écrit (p. 5i5), que H. Féréol a proposé de substituer i cAromirfroH, mais bien chromoerinie. Le premier mot ne serait-il pas préférable au second, comme plus étranger & toute théorie ?

TRAVAUX ORIGINAUX

Le çHOLÉnA et la peste en Perse sans'les qdarantaines. Communication faite à l'Académie de médecine dans la séance du 24 août, par M. le docteur J.-D. Tholozaet.

Il y a vingl-huit ans bientôt quft j'ai entrepris d'étudier, au point de vue de leur émergence et de leur développement en Perse, les deux maladies contagieuses dont l'Europe se

firéoccupe le plus. Ce sont des fléaux exotiques, commè on 'a dit, et depuis plus de trois cents ans on a cherché tous les moyens possibles d'empêcher l'introduction de l'un d'entre eux en Occident. L'autre, plus récent, ne nous est venu qu'en 1830, et dès lors sa prophylaxie a été l'objet de toutes les préoccupations du monde civilisé. Depuis l'origine des institutions quaranlenaires, qui datent de plus de trois cents ans, la science sanitaire a-t-elle enregistré dans ses annales des faits bien constatés prouvant Vutitité radicale, générale et abtolue, des mesures prescrites et appliquées? A-t-on procédé, dans l'appréciation du degré d'utilité de ces moyens, avec toute la prudence et la rigueur nécessaires

fiour en déduire la connaissance exacte du bien produit? Si 'on cherche à connaître la vérité à ce sujet, on arrive aux résultats suivants : La peste a disparu progressivement de l'Europe depuis la dernière moitié du dix-seplième siècle. Dans le dix-huitième siècle, on ne compte dans l'Europe

son pari, et Shakespeare fut, une fois do plus, proclamé un génie universel (i).

Toutefois, le plus grand mérite de Shakespeare n'est pas d'avoir parlé de tout ; ce qu'il y a de réellement merveilleux chez lui, c'est qii'il a su {wrler de chaque chose avec la précision et l'exactitude d'un spécialiste, employant toujours le mol propre, souvent le mot technique. Aussi le lecteur, à quelque profession qu'il appartienne, est-il tenté de croire que le poëte,luiaùssi, avait tait, des choses decelleprofession, une Mnde personnelle et approfondie. Il me suflira d'invoqiier, à cel égard, deux témoignages contemporains.

Il y aquelques années, l'un des plus savants jurisconsultes anglais, lord Campbell, qui, depuis, a été élevé à la dignité suprême de Lord grand Cba&celier, à consacré un livre tout éntier à montrer que Shakespeare traitait les questions de droit avec une compétence parfaite, et que la procédure câvile et criminelle n'avait pas de secrets pour lui.

(1) BMkinill, nu méiM ltiwwUi$e of ShakMpeare, LooJdp, ISW, p. SM.

A l'imitation de ce magistrat, un médecin .des plus distingués, M. le docteur Buckmill, a écrit deux volumes dans le seul but de faire mieux apprécier par le public, dans l'un, les connaissances générales de Shakespeare en médecine, dans l'autre, ses connaissances spéciales relatives aux maladies de l'esprit.

Pour cette dernière élude, surtout, les matériaux étaient abondants, car Shakespeare a souvent mis en scène des personnages affectés de folie, chronique on aigufi, naturelle ott

{irovoquée, réelle on simulée, et toujours les desmptions de eur maladie sont marquées au sceau d'une rigoureuse exactitude médicale, et d'une grande vérité d'observation.

Du resle, cette source de recherches était trop abondante pour que M. Buckmill ne trouvât pas des imitateurs : HH. les docteurs Kellog, en Amérique, Brierrede Boîsmonlet Onimus, en France, ont aussi publie des travauYSur la psychoUwie de Shakespeare, et, même apcl^gii^ e^V@vOt@$N.'ës"j<l est loin d'être épuisé. O

28 Août i885

- WS5 —

occidentale que Tépidémie de Marseille, en 1720, et dans le dix-neuvième siècle que celle de Noia, en Italie. Peu à peu la peste s'est éteinte, même dans la Turquie d'Europe, où elle n'a plus paru depuis 1837. On a attribué ce grand Tait de la disparition du fléau à l'influence de la civilisation et du développement de l'hygiène parmi les nations européennes, n y aurait peut-être k faire quelques restrictions à ce sujet; je me bornerai aujourd'hui à mentionner une observation capitale : le mouvement lent de rétrogradation de la peste ne s'est pas arrêté à l'Europe, il s'est étendu à TAnatoHe, et, qui plus est, à l'Egypte, jndis ta terre classique du fléau. On n'a pas manoué afors d'attribuer la cessation de la maladie, non plus seulement k l'hygiène, qui est restée statlonnaire en Asie, mais aux quarantaines appliquées plus régulièrement, a-l-on dit, en Turquie d'Asie oepuis 1840. Or j'ai démontré, il y a qoeloues années, qu'il est impossible d'attribuer, même ai^ourd hui, aux quarantaines turques, toutes perfèctionnées qu'on les suppose, l'arrêt des épidémies de peste qui, depuis 1858, se sont montrées dans ce pays {La peste en Turquie dans les temps modernes^ sa prophylaxie défectueuse, sa limitation spontanée). Ces maladies se sont arrêtées spontanément, il n'y a plus le moindre donte à ce sujet.

Ces faits donnent à réfléchir ; n'en ai pas conclu qu'il fallût abolir les quarantaines; j'ai conseillé de les mieux appliquer et d'en étudier les effets d'une manière plus scientifique, que ces effets soient bons, nais ou mauvais. La peste est une ne ces maladies dont personne ne nie aujourd'hui la contagion ; pourtant, comme toutes les autres épidémies, elle a souvent, par une mystérieuse action, la propriété de se limiter spontanément; c'est ce que j'ai vu en Perse, dans six épidémies, dont j'ai été, pour ainsi dire, témoin. Il n'y a pas et il n'a pas pu y avoir de quarantaines sérieuses en Perse. L'administration du pays, n'ayant pas pour les quarantaines un budget international comme la Turquie, n'a pas été en état d'en établir; et, voyant enfin qu'elles auraient été plutM nuisibles qu'utiles, je n'ai pas poussé longtemps i leur application.

En 1877, une épidémie de peste grave se déclare dans la ville de RechL où depuis quarante-cinq ans le fléau ne s'était pas montré. Tous les quartiers de celte capitale du Quilan sont infestés, beaucoup d'habitants quittent leurs demeures et s'établissent hors de la ville dans tes petits villages qui l'entourent, les plus riches partent pour les payS voisins. On s'attendait au transport de la maladie, et l'angoisse était grande partout. Or le mal ne franchit pas les portes de la ville. C'est cependant une de ces contrées que les écrivains spéciaux désignent comme disposées à la propagation de la maladie : climat chaud, sol bas et marécageux, eaux stagnantes, population mal nourrie, à peine vêtue et très pauvre.

Je ne "veux pas, cependant, entrei)rendre de le traiter ici 4 mon tour. Ce n est pas à la médecine proprement dite que je veux consacrer cette étude, mais bien aux médecins que Shakespeare fait figurer dans ses drames.

Rien n'est plus fréquent, en France, que de voir des médecins jouer un rôle dans des œuvres littéraires. Molière ne s'est pas fait faute de les mettre en scène et, de nos jours, il serait peut-être aussi facile d'énumérer les drames et les romans où il n'y a pas un rôle de médecin, que cenx où il y en a.

Shakespeare, lui aussi, les a souvent fait paraître sur la scène, et il n'est pas douteux que, Adèle À ses habitudes, il ne les ait représentés avec une grande vérité, et n'ait fait, pour ainsi dire, leur portrait d'après nature.

Pour être à même de s'en assurer, il faudrait connaître ses modèles, savoir quelle était, de son temps, l'organisation du ( orps médical, quelles étaient ses connaissances, ses habitudes, ses relations, le rang qu'il occupait dans la société.

Si le gouvernement persan avait été partisan convaincu des quarantaines, il aurait sans doute pu réussir i établir quelque simulacre de cordon sanitaire autour de cette ville pestiférée; il aurait par là sans doute créé bien des embarras, causé bien des injustices et des vexations à ces populations déjà si malheureuses. Il n'aurait pas pu faire étaolir à grands frais, comme le gouvernement russe en 1879, à Vétiianka, sur le Yolga, trois cordons sanitaires concentriques; mais il aurait pu dire, avec les bibles moyens d'action dont il aurait disposé, qu'il avait arrêté la peste, qu'il l'avait étouffée dans son foyer originel. Dans tous les cas, il n'est pas sans intérêt de signaler que la peste de Richt, dont on a voulu faire naître celle de Vétiianka, n'a pas eu de radiation en Perse même, en dehors de son unique foyer. J'admets, si l'on veut, que les germes du mal passant pardessus toute la Caspienne et le cours inférieur du Volga, aient laissés indemnes Linkaran, Bakou, Derbent, Pélrowski, Astrakan, pour aller s'arrêter et se développer à Vétiianka, dans ce petit village de pêcheurs, sur la rive droite du Volga, au-dessous de la ville cle Tsaritzine, village qui n'a du reste aucune communication directe avec la Perse. On sera bien forcé de convenir en retour que rien ne prouve que ces cordons sanitaires appliqués par le gouvernement russe aient sûrement été la cause de la limitation de la maladie à Vétiianka et à son voisinage immédiat; puisque à Recht, dans le foyer originel, la maladie s'est arrêtée d'elle-même.

On raisonne quelquefois aujourd'hui en matière sanitaire, comme les médecins raisonnaientautrefois en thérapeutique; ils donnaient des médicaments qui, disaient-ils, guérissaient le mal, parce que celui-ci se guérissait le plus souvent de lui-même. L'observation que je viens de citer à propos de la peste s'est répétée maintes fois identique à propos du choléra. En 186a, une explosion bien connue de ce fléau, à la Mecoue et en Egypte, couvrit presque instantanément de choiera la plupart des ports de la Héoiterranée; en 1866, la majeure paîrtie et le centre même de l'Europe étaientatteinls; dans la capitale de la Perse, le mal ne vint qu'à la fin de 1807. Cependant, dans tous les ports de l'Europe il y avait des quarantaines, et il n*^ en avait aucune en Perse. Si le gouvernement persan avait établi des quarantaines en 1865 et 1866, n'aurait-il pas été en droit de dire qu'il s'était garanti pendant ces années du choléra, qui existait en Mésopotamie et en Russie à cette époque? N'a-t-on pas affirmé de la manière la plus positive que ce sont les quarantaines de la mer Rouge qui ont préservé l'Europe de 1867 à 1884? Je ne dis pas non, mais je demande comment on le prouve. On a été plus loin, on a affirmé aussi que les mesures restrictives imparfaites, exécutées à la hâte sur les cOtes de la mer Rouge en 1866, avaient empêché cette année une seconde importation du choléra, alors que l'Europe tout entière

Cette étude préliminaire a été faite avec un grand soin par M. le docteur Buckmill, et c'est en m'iuspirant du tableau très complet qu'il a donné de la médecine anglaise au seixième siècle, que je pourrai, à mon tour, en tracer id une rapide esquisse.

Les plus anciens habitants de la Grande-Bretagne paraissent n'avoir eu aucune connaissance médicale digne de ce nom; au moment de la conquête des Normands, les Saxons n'avaient, pour les soigner, que des sorciers ou des empiriques, dont tout le savoir consistait à tirer du sang.

L'armée de Guillaume le Conquérant amena avec elle ses médecins, ^ui étaient presque tous des moines. Les religieux et les religieuses, à cette époque, avaient, presque, le monopole de l'érudition et du savoir; l'étude des lois et de la médecine complétaient celle de la théologie : on puisait à la même source les remèdes du corps et ceiH ^t^v^^îp

Cet état de choses se prolon^èài«^RC^Vë>pradltt{V@ siècles; mais, peu à peu, les papes, s'apercevant que la science

38 AoOT 1885

élail déjà cholérisée depuis 1865. Un malade qui a déjà la variole peut-il prendre une seconde Tois cette maladie, alors que la première est encore dans son cours?

Après son introduction au centre de la Perse, le choléra parcourut cet empire les années suivantes et jusqu'en 1872. Que de fois nous aurions pu, pendant ces six années, parler de l'utilité des quarantaines, si nous avions pu en établir! Je ferai une seuJe remarque à ce sujet. On a accusé ta Perse d'être un foyer de choléra ou au moins de servir de passage aux irradiations du fléau indien. Pourtant, dans l'épidémie dont je viens de parler, c'est la Russie an nord et la Turquie à l'ouest qui ont transmis le choléra à la Perse. De plus, ce fléau, dans celte dernière pandémie, est resté deux ans de plus dans certains pays de l'Europe qu'eu Perse, et pourtant, je le répète, la Perse n'avait' pas de quarantaines.

J'arrive aux. faits relatifs à la voie de mer. Par le golfe Persique, la Perse est en communication non interrompue avec l'Inde, et particulièrement avec la ville de Bombay, qui est un foyer {]ersistant de choléra. Les commtinicatious par navires à voile et à vapeur sont incessantes. Les trois ports principaux sont ceux de Bender-Abbas et de Douchir sur le golfe, et celui de .Mobainéra sur une branche du Shattel-Areak. C'est un des climats les plus chauds et les plus humides du monde.

Ces localités sont, en outre, dans des conditions hygiéniques qui laissent beaucoup à désirer; elles reposent sur un sol alluvial, sont entourées de marais et dans toutes les conditions voulues pour le développement du choléra. De plus, la population, très pauvre, fait usage d'alîmenls grossiers et indigestes. On serait donc en droit de penser que ces localités devraient être des nids à choléra ou du moins •des foyers secondaires puissants. En outre, il n'y a jamais eu de rmarant&ines dans ces localités. Or, depuis 18âl, que le choléra s'étendit de Bassora et de Nascate à Bouchire, et de là à Chirar, on n'a pas eu un seul autre exemple de l'introduction du fléau en Perse par cette voie.

L'immensité des villes que je viens de citer est très grande et très remarquable, elle frappera d'autant plus les esprits que, dans certains ouvrages ex professa, on considère encore ces régions comme des foyers cholériques.

Bien plus, il n'y a pas longtemps qu'un médecm sérieux a proposé d'établir une quarantaioe internationale à l'entrée du golfe Persinue, de même qu'on a prescrit d'en établir une à l'entrée ae la mer Roiwe. Pour le coup, les bienfaits de cette institution nouvelle n'auraient pas fait l'ombre d'un doute, et, à supposer qu'on eût institué cette quarantaine dès 1822, on pourrait dire aujourd'hui que,J>endant soixante- trois ans, on a, par ce moyen, préserve la Perse du fléau indien.

détournait trop moines et prêtres de leurs devoirs religieux,

s'appliquèrent à les en détacher. En 11G3, au concile de Tours, le pape Alexandre 111 interdit à tous ceux qui avaient prononcé des vœux, de s'occuper (Te droit et de médecine; en 1:215, Honorius III leur défendit plus spécialement de pratiquer la chirurgie. Les moines, alors, ne pouvant plus aller chez leurs clients, prirent le parti d*y envoyer à leur place des serviteurs du couvent ; les barbiers, notamment, en allant tondre et raser les gens du voisinage, prirent l'habitude de les soigner, de les purger, de leur arracher des dents; de là, il y avait peu à faire pour s'ériger en chirurgiens.

Au-dessus de ces praticiens d'ordre inférieur, se formait toutefois un corps d'hommes réellement insiruits, qui cultivaient les côtés les plus élevés delà science; mais il leur était souvent bien difficile de faire reconnaître leur véritable supériorité, sur la masse des charlatans trompeurs qui

CONGRES SGIENTIFIQIIE

AmmIbUm npaaçKlae pmmr rKwmmmemmmt de* mIcmcs (ms^mi êm <Iren«M«).

(Suite. — Voyez le numéro 34.)

Nota. — Le bureau de la section des sciences médicales du congrès de Grenoble (Association française pour l'avaa-

cement des sciences) était ainsi composé :

Président d'honneur, M. le docteur Paeciotti (de Turin); président, M. le professeur Henri Henrot{de Reims); viceprésidents, MM. Bouchard (de Paris), Did^qr (de Lvon). Berger (de Grenoble), Girard (de Grenoble), Grasset (de Montpellier) et Pamard (d'Avignon).

Secrétaires, MM. L.-H. Petit, Valudey Launois et Delbet.

Quant à la section d'hygiène, elle avait constitué aussi, de son côté, son bureau de la manière suivante :

Présidents d'honneur, MM. Paeciotti (de Turin), Bochard (de Paris) et Èey (de Grenoble).

Président, M. Emile frétât.

Vice-président, M. le docteur Girard.

Secrétaires, Wi.BerihoUet, Ckatrousse^i Ricoud.

plusieurs communications ont été faites devant le Congrès, relativement aux néphrites et à l'albuminurie, pai MM. Lépine, Potain et Teissier (de Lyon).

— H. Lépine divise les néphrites, au point de vue de leur éliolc^ie, en deux classes, suivant la voie par laquelle les agents irritants arrivent jusqu'au rein. Dans la première classe, rentrent les néphrites d'origine dyscrasioue, élaal nommée dyscrasie toute modification habituelle de la composition du liquide sanguin. Dans ce cas la néphrite est une maladie secondaire, ainsi que l'admet Bartels, et les accidents propres à la lésion du rein sont précédés de perturbations de la sauté générale. Les néphrites chroniques, acconnpagnées d'arlério-sclérose rénale, et dans lesquelles le bruit de galop est un signe diagnostique aujourd'hui classique, peuvent être classées dans la même catégorie; ce sont des néphrites résultant du surmènement et qui reconnaissent pour cause prochaine un travail d'élimination. Dans les néphrites de la seconde classe, que l'on pourrait nommer néphrites ascendantes, on retrouve toujours comme cause déterminante, soit une afl'ection plus ou moins grave des voies urinaires, soit même, en l'ansence de toute lésion primitive de ce genre, la simple introduction, par des manœuvres chirurgicales, de microbes dans l'urèthre. Ces faits ont été signalés par MM.. Lépine et Roux devant l'Académie des sciences, en aoilt 1885. On comprend dès lors que la base du traitement rationnel doit être, pour la première classe

flattaient le godt que le peuple a toujours en pour le merveilleux.

Ce fut seulement au commencement du règne de Henri VIÏI qu'une charte constitua, en une Faculté proprement dite, le Collège des physiciens et des chirurgiens de Londres; les ofliciers du Collège reçurent le droit de punir d'emprisonnement et d'amendes quiconque, dans la ville de Londres, et duns un rayon de sept milles à l'eotour.se permettrait d'exercer, sans leur permission. Part de guérir.

Plus tard, d'autres édits, rendus sous le même roi Henri VIII, séparèrent le Collée des chirurgiens de celui des médecins proprement dits, ou physiciens (c'est le nom encore usité en Angleterre pour désigner l'élite du corps médical), et accordèrent à ces derniers des privilèges de plus en plus étendus, notamment celui de faire visiter chaque année, par quatre d'entre eux, les officines des apothicaires de la ville de Londres, et d'imposer une anieude de 100 schillipr^ quiconque refuserait de se soumettre à celte viaile. o

38 Août 1885

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE IfgDEGINE ET DE CHIRUnClE

denéplirités, de supprimer l'altération de la santé générale, ou les 'fautes d'hygiène, origine de la dyscrasie primitive; ponr la seconde classe, de ne procéder aux explorations uré- Ihrales au'en avant recours à toutes les précautions minu- Ueuses de la rnirnrgie antiseptique. — On peat distinguer les ma'nifestalions propres appartenant aux néphrites, des symptAmcs concomitants relevant d'une autre affection secondaire, su moyen de deux ordres de signes : les signes directs ou positifs et les signes indirects. Les premiers sont représentés par l'albuminurie, les cylindres granuleux caractéristiques,le relard et la lenteurdansl'éliminationde certaines substances, l'iode en particulier, au niveau du filtre réoal. Les seconds sont représenlés par les accidents urémiques.

M. Potam, à l'occasion ' de la note de M. Lépine, croit utile de bien établir ce ^u'îl faut entendre par bruit de galopa et quels sont les divers caractères de ce phénomène.

Les rapports du bruit de galop avec les néphrites interstitielles, indiqués en 1875 par M. Polain dans une communication à la Société des hôpitaux, ont été assez généralement vérifiés et admis pour que M. le professeur Lépine (de Lyon) ait pu, dans son itiléressanle communication, inettrr^ le symplAme dont il s'agit au nombre des signes devenus classiques de l'alTeclion brightique. Cependant ta valeur séméiotique de ce symptôme, son mécanisme, la convenance même du nom qu'il porte, ont été l'objet de controverses multipliées et donnent encore lieu à des opinions fort divergentes. En précisant mieux la théorie du phénomène en question, H. Polain espère pouvoir mettre fin à toutes ces divergences.

Il montre d'abord qu'aucune des théories à l'aide desquelles on a tenté d'expliquer te mécanisme du bruit de galop n'est, en réalité, satisfaisanle, et que chacune entraîne des objections qui ta rendent inacceptable. Ainsi on ne peut admettre, avec Johnson, que le bruit anormal qui, surajouté aux deux claquements valvulaires, constitue le bruit de galop, soit produit par une systole exagérée et bruyante de l'oreillette; ni, avec Leyden et Fraenizel, que ce rythme résulte de l'asynchronisme des contractions ventriculaires; ni, avec Despine (de Genève) et Hayden, d'une sorte de dédoublement de la systole du ventricule, laquelle se ferait en deux temps; soit que l'on prenne, comme Despine, pour premier temps, l'occlusion des valvules àuriculo-venlriculaires, pour second temps, te soulèvement des sigmoldes ; soit que, comme Hayden, on attribue le preinier au choc de la pointe, le second au cla(|uement des valvules mitrale et tricuspide. Quant à la théorie adoptée par Barié, et suivant laquelle le bruit de galop résulterait du choc de l'ondée sanguine pénétrant dans le ventricule, elle a au moins te mérite d'être en accord avec le plus grand nombre des faits observés. Mais elle est insufllsante en ce sens : d'abord qu'elle ne s'ap-

plique point à tous les cas; ensuite que le sang affluant dans la cavité ventriculaire ne peut èire comparé à une masse choquante; que son choc, en tous cas, ne pourrait expliquer le soulèvement parfois si énei^que de la paroi antérieure du thorax ; que d'ailleurs l'intensité du choc et du bruit n'est en aucune façon proportionnelle au volume présumabte de l'ondée sanguine mise en mouvement.

Dans la théorie nouvelle que présente M. Potain et qui, selon lui, s'adapte convenablement à toutes les données du problème, cAoc du galop résulterait d'une brasaue tension de la paroi ventriculaire produite par la pénétration de l'ondée sanguine dan* la cavité des ventricules durani leur diastole.

L'auteur montre que le choc du galop est toujours diaslolique; qu'il résulte de la ptnétiation de l'ondée sanguine avec laquelle il coïncide toujours; qu'il n'est pas nécessairement lie à la systole de l'oreillette et peut se produire sans que celle-ci intervienne; qu'il survient au moment où ta paroi ventriculaire entre en tension diastolique; qu'il est enfin d'autant plus accentué que cette paroi est plus inextensible, cette condition augmentant toujours 1 intensité du choc produit par une membrane ou une paroi qui se tend. Le défaut d'inextensibililé de la paroi cardiaque peut d'ailleurs être la conséquence de deux états en apparence tout opposés : d'une part, l'épaississement scléreux de la paroi, tel qu'on l'observe dans la plupart des cas de maladie de Briglit, et dans quelques cas ne symphyse cardiaque; de l'autre, l'épuisement de la tonicité musculaire qui peut survenir dans le cours de la fièvre lyppholde, par exemple, ou pendant ta dilatation cardiaque droite d'origine abdominale. Dans les cas d'affection brignlique, la p.'iroi cardiaque est rigide et résistante, et l'on cotiiprend l'intensité du choc que sa tension produit. Dans les autres, elle est flasque et molle; mais,' l'insuffisance de la tonicité musculaire la livrant à sa seule résistance élastique, elle entre soudainement en tension au moment même où celle-ci entre en jeu.

L'instant précis où la paroi ventriculaire entre en tension peut varier, d'ailleurs, et se rapprocher soit du commencement, soit de la fin de la période diaslotique suivant: l" que la diastole est plus ou moins longue ; t que l'évacuation du ventricule dans la systole précédente a été plus ou moins complète et que, par' suite, un afflux sanguin nouveau arrive plus ou moins prompteinentà le distendre. - Il résulte de tout ce qui vient d'être dit que le bruit de galop se peut produire dans tous les cas où la résistance élastique des ventricules l'emporte sur leur tonicité muschaire; soit que la première augmente, soit que la seconde diminue et devienne insuffisante. ■

Ces conditions se réalisent dans un grand nombre de circonstancis; Aussi le bruit de galop a-t-il été rencontré par

Les apothicaires avaient bien une existence reconnue,' puisqu'on les condamnait à l'amende, mais ils ne furent éri-. gés en corporation que sous le règne de Jacques I", ■

Ce roi commença par leur donner une charte qui leur était commune avec les épiciers; une dizaine d'années après, il leur en accorda une autre, les rendant tout à fait indépendants de celte association disparate ; depuis lors, aucun épicier n'a en le droit de tenir une officine; les apothicaires restèrent soumis A la visite et à ta juridiction des physiciens.

Jusqu'à cette époque, la pratique médicale était presque bornée à l'administration de remèdes tirés du règne végétal. Les pharmaciens n'avaient guère à s'occuper que de la recherche des herbes dites € simples »,et de la préparation des drogues, au contraire très compliquées, que l'on en composait; t'anatomie était encore dans l'enfance. La grande découverte de la circulation du sang était prochaine, mais elle n'avait pas été faite, et l'on peut dire que la physiologie n'existait pas encore : les premiers médecms qui, appelant

à leur-aide l'étude de la chimie, essayèrent l'emploi des médicaments d'origine minérale, furent traités comme des novateurs dangereux, comme des traîtres; on alla même jusqu'à les condamner au bannissement.

' Tels sont, en abrégé, les différents éléments qui conlribuèrent, dans un rang plus ou moins relevé, t la pratique de l'art de guérir en Angleterre, depuis la conquête des Normands, jusqu'à la fin du seizième siècle, et tels on les retrouve dans la série des drames de Shakespeare. Tous, en effet, y sont représentés : le moine qui, dans le

f»rincipe, avait seul le privilège de pratiquer la médecine; a religieuse qui, parfois, imitait le moine; le charlatan qui évoquait les esprits et pratiquait l'exorcisme; l'apothicaire qui recueillait les simples et préparait les remèdes ; le physicien, enfin, dominant tous les autres par son savoir, son rang social, et la confiance dont il jouissait auprès des grands de la terre, tous passent sncc^>|^@|i^yn;LÛjiï^s(^^l^

— If 85 —

28 Août 1865

M. PotaÎD comme uar H. Fraentxel dans le cours de maladies très diverses. Si I od sépare ces maladies en deux groupes, celui des maladies aigufis et celui des maladies chroniques, on trouve, parmi les premières : la fièvre typhoïde, le typhus, la tubercuhsation miliaire, la pneumonie, le rhumatisme, la scarlatine, la diphthérie. Parmi les secondes, d'une part certaines cachexies, telles que la maladie d'Addisoo ; d'autre part, trois étals morbides qui se rattachent plus directement anx affections du cœur et où celui-ci est plus sérieusement en cause : la symphyse cardiaque, la dilatation cardiaque droite d'origine gastrique, hépatique ou intestinale, et Inypertrophie du eœur d'origine brigatique.

Le galop qui survient aans le cours des maladies aiguës ou des états cacnectiques est ordinairement peu accusé, le plus souvent rudimentaire et à l'état de tendance. Il est d'ailleurs accidentel et généralement transitoire. La symphyse cardiaque, portée au degré où elle a pour conséquence la production du bruit do galop, est une rareté pathologique. En sorte que la dilatation cardiaque droite d origine abdominale et la néphrite interstitielle sont les seules affections dans lesquelles ce phénomène se présente d'une façon à peu près constante et avec un degré d'intensité qui le rende caractéristique. Or le diagnostic différentiel entre ces deux variétés d'affection cardiaque se fait en général aisément. Le sens de la déviation de la pointe, l'accentuation du second bruit au niveau de l'aorte ou de l'artère pulmonaire, les caractères absolument opposés du poiils radial suffisent d'ordinaire à résoudre aussitôt le problème.

Il est donc vrai, en dépit des dénégations de H. Fraentxel, que la constatation du bruit de galop peut être utile au diagnostic de la néphrite interstitielle et l'est d'autant plus que cette maladie, comme le faisait remarquer M. Lépine, est très souvent latente et insidieuse durant la plus grande partie de son action. Si H. Fraentzel a pu affirmer que le bruit de galop n'est pas plus frécjuent dans le cours des néphrites chronifiues que dans celui d'aucune autre maladie, c'est qu'il a réuni sous une même rubrique les cas de néphrite interstitielle ou le bruit de galop ne manque guère avec ceux de néphrite catarrhale où il ne se rencontre que d'une façon tout exceptionnelle.

Convient-il de conserver le terme de bruit de galop pour dénommer un phénomène dont les caractères, dans les transformations qu'il peut subir, s'éloigne parfois si considérablement de ceux du galop du cheval? M. Potain le pense; d'abord par respect pour la mémoire de son maître Bouillaud, puis, et surtout, pour éviter les inconvénients graves, inhérents à tout néologisme. II pense toutefois qu'il y aurait avantage à désigner d'une façon générale le phénomène qu'il vient d'étudier par un terme indiquant ce qu'il a de plus constant et de plus essentiel : celui, par exemple, de bruit

Shakespeare avait même devancé son époque de plusieurs siècles, et pressenti une des inventions les plus récentes, sinon une des plus heureuses, de notre vie moderne, celle de la femme-docteur.

Je puis maintenant présenter ces divers personnages; lenrs modèles, du moin8,nesont plus complètement inconnus.

Deux de ces types, d'abord, se trouvent réunis dans l'un des drames de Shakespeare les plus universellement connus et les plus unanimement admirés, dans Homéû 9t Juliette, Ce sont le twn frère Laurence et le misérable apothicaire de Maoloue.

Le frère Laurence, c'est l'ancien moinç qui remplit à la fois une mission religieuse et un rôle temporel; c'est lui qui, favorisant les amoursde Roméo et de Juliette, se charge de les marier en secret; lorsque Roméo, après avoir tué Thybalt. parle de se luer lui-même pour échapper aux poursuites qui vont le séparer de Juliette, c'est encore le frère Laurence qui calme son d^espoir et qui lui sus^e l'idée de se réfui ■|... ■

de tension diiutoligue. On réserverait le nom de brait de

galop à celle des variétés de ce bruit qui affecte le rjtbme de l'anapeste et simule vraiment le galop du cheval.

— M. Teissier (de Lyon) apporte six observations d'albuminurie cyclique transitoire, confirmatives des recherches de Pavy, communiquées devant l'Association médicale brituinique au mois de juillet dernier. On sait qu'il s'agit d'une variété d'albuminurie caractérisée par ce fait que l'urine «et normale à certains moments de la journée, w matin et le soir en particulier, taudis qu'elle renferme dans l'jqirèi-inidi une quantité variable d'albumine ; elle ne ceslieiit, d'ailleurs, jamais de cylindres. Cette maladie, dent réliologie et la pathogénie sont encore fort obscures, peut durer des mois et même des années sans amener aucune altération de la santé générale, sans œdème, sans aucun autre signe manifeste de lésion rénale. M. Teissier signale comme faits dominants chez les sujets qu'il a observés :

1° Ualbuminurie se montrant dans des conditions de présence et d'absence toiigours identiques. La quantité en est faible ;

2° Le cycle pathologique présentant, dans son évolution, un certain nombre de phases toujours nëgulières, qui sont les suivantes: Eliminations exagérées de matière colorante*, albuminurie; uraiurie ; aaolurie.

M. Teissier ne pense pas d'ailleurs que le râle pathogéniqoe attribué à la digestion par Pavy soit seul en cause, et d'antre part il a constat, à l'aide du sphygmomanomètre de Polain, qu'il n'v a pas d'augmentation de pression artérielle: il existe plutôt une diminution de cette pression. U serait porté à admettre, par suite des antécédents de ses malades et des troubles divers qu'ils ont présentés, une pridispositio» constitutionnelle, ayant pour effet de ralentir la combustion des substances albuminoldes.

M. Potain, oui aofaservé un certain nombre de cas analogues , fait quelques prudentes réserves au smet du délnrt d'une néphrite goutteuse, dont l'existence expliquerait fort bien les différents phénomènes des albumiiuir*eB Iraou-

toires.

M. Henrot (de Reims) rappelle qu'on peut obtenir à volonté, par l'action du froid, l'albuminurie transitoire chec les sujets affectés d'hémoglobinurie; il n'existe dans ce cas aucune lésion rénale, mais une simple modification du sérum sanguin, qui renferme de rhémoglobine en dissolution.

Pour H. Hayem, il reste encore à démontrer qne l'faémoglobinurie soit le resultat de la dissolution de l'hémoglobine dans le sérum.

— H. Hénocque a exposé Ig méthode d'analyse speclroscopique qu'il a instituée, Ëîle est basée sur l'emploi de procédés techniques et d'instruments spéciaux ; nous n'insisterons pas

gier À Hantoue, en lui promettant ^ue la sépftfttioii ne «era

pas longue.

Hais ce n'est pas tout; le frère Laurence est un adepte de la science médicale de son temps; il connaît les rerkis des plantes, il les recueille k l'aurore pour en composer des remèdes et des poisons; c'est ce qu expliquent ses premières parole», au moment où il entre en scène : « Le matin à l'œil gris perce de son premier sourire la nuit morose,... avant que le soleil ait de ses rayons brûlants é^yé le jour et séché l'humide rosée de la nuit, il faut que je remplisse ce panier d'herbes malfaisantes et de fleurs aux sucs précieux.,.. *

Initié à tous les mystères de la botanique, le frère Laurence est habile à préparer les poisons; il en connaît même qu'il serait impossible de retrouver dans la pharmacopée moderne, et c'est aiusi qu'il im£^ioe, dans l'esiùir d'assurer le bonheur de Roméo et de Juliette, i'âXBidieofW/j^uoI roule le dénouement du diWeilized by Vjv)*Jy It:

KtDSGINS KT ^ GHIRUEGIB

sur les uns ou les autres parce que nous nous réservons de

f oublier sur cette question une étude plus approfondie que ne e comporte ce compte rendu ; nous nous bornerons A décrire le nouvel appareil destiné aux recherches cliniques et que H. Hénocque appelle rtiématoscope.

Cet apnareil sert à l'analyse spectroscopique, à la photographie au sang, et de plus II permet de doser la quantité de matière colorante active contenue dans le sang, 1 ozvhémoglobine, à l'aide de quelques gouttes de sang, et en deux ou trois minutes.

Il se compose essentiellement de deux petites lames de verre, superposées de façon qu'elles soient en contact d'un côté et écartées de l'autre sous un angle dièdre très aigu. Maintenues par des agrafes de laiton nickelé, elles circonscrivent un espace prismatique capillaire, dans lequel on peut examiner le sang sous une épaisseur régulièrement progressive de 0 à 150 millièmes de millimètre.

Si Ton dépose quelques gouttes de sang entre les deux bords des lames de verre, ce liquide s'étend en couche hom(^ne, presque incolore vers le sommet, mais devenant graduellement pfus Nuge vers la base. L'intensité de la coloration est en rapport avec la quantité d'oxyhémoglobine du $ang.

, LorsQu'on applique Thématoscope garni de sang sur une autre plaque d email blanc portant des lettres et des chiffres, on peut lire les uns et les autres k travers la partie claire de la couche sanguine, mais on ne tes distingue plus dans la partie épaisse et colorée; plus il ; a de matière colorante et moins on lit de lettres.

L'échelle des chiffres placée sous les lettres est disposée de telle façon que le chiffre correspondant aux dernières lettres lues distinctement, Indique la proportion centésimale de roxyhéraoglobine contenue dans le sang.

Ciet instrument mesure 9 centimètres de long sur 3 de large ; il peut être mis dans la trousse du médecin ; il ne réclame aucune manipulation complexe, les aveugles pour le rouge peuvent s'en servir, et réchelle est basée sur des examens répétés du sang et sur l'analyse quantitative du fer contenu dans l'os:yliémoglohine; it ramène, ainsi que le dit l'auteur, l'analyse du sang à des mesures métriques et 6xes.

— H. Fauptl (da Havre), délégué près du Congrès par le Bureau municipal d'hvgiène du Havre, fournit d'intéressants résultats sur le nouvel hôpital inauguré dans cette ville (voy. 6ax. hebd,, du 19 juin 1885).

— Le Congrès a entendu plusieurs communications sur l'hypnotisme et la suggestion, La première de M* Voisin» a pour sommaire : De Thypnotime employé comme trai^ tement de l'aliénation mentale, et des applications d$ ht suggestion chez les aliénés et ches hi nervem' Hom en

Lorsque Juliette, menacée d'être mariée malgré elle au jeune Paris, veut, à son tour, recourir à la mort volontaire, le frère Laurence lui fait entrevoir le salut : c Prends cette fiole, dit-il, et, ce soir, dans ton lit, bois d'un trait la liqueur distillée qu'elle renferme; aussitôt, dans tes veines coulera un fluide glacé qui immobilisera les esprits vitaux ; le pouls, au lieu de continuer le cours de ses mouvements, cessera do battre; il n'y aura plus en toi ni chaleur, ni respiration pour montrer que tu vis ; la pâleur de la cendre remplacera les roses sur tes joues et tes lèvres; tes yeux se fermeront comme si la mort avait réellement éteint le flambeau de toii exis-< tence. Tes membres, perdant leur souplesse, deviendront rigides, inflexibles et froids; dans cet état, qui aura emprunté à la mnrt toutes ses apparences, tu resteras plongée pendant quarante-deux heures ; puis tu reviendras a la vie, comme si tu sortais d'un doux rêve. »

I^a cérémonie des funérailles aura lieu, naturellement, pep(iM)t I» 4u(ée d? ç«tie mort apparente, qqç tQHt l« mo^n

reproduisons les conclusions, tout en nous associant pleinement aux objections prudemmeat restrictives, formulées par H. Diday et M. Bemheim. — M. Voisin a résumé ainsi le résultat de ses recherches :

1" L'hypnotisme produit un efffet Immédiat bien saillant : le sommeil et le çalt^e* qu'aucun méd(can\eRt ne jHWwt amener d'une façon aussi complète, sans présenter de danger;

3* Il en résulte uns série de phénomènes ooosAeuMfk en tête desquels il faut placer la diminution et la suppression de l'habitude morbide ;

3" L'hypnotisme permet d'emplover la suggestion ^d'a« mener, par son înflueaee, des rnooificationi des idées, du earactère et des înslinots ; le retour aux travaux raanucii et intellectuels; la cessation d'hallucinations et de eoaceptionft délirantes; le rétablissement des foneliens eryaniiiues; la suppression de gastralgies et d'entéralgies; la possibilité, par eonséquent, d'une alimentation régulière ches des aUénès et chei des nerveux qni se refusent à manger, et partant étw» bonne hygiène et ses eonséquenoes fiavarabka \

4* L'hypnotisme permet encore d'obtenir, de. naïades qai sa refusent à rien dire qui puisse éclairer le médeein, «es confidences qui lui pennettent de eennaltre les eaiiseï et Iq pathoguiie de leur affeetion nervoso-mentsle, de donner des soins physiques et moraux bien appropriés à leurs.saufU frances.

— Enfin MM. Bourru et Burat (de Roçhffâri) ont appelé, un peu hâtivement peut'êire, l'aitention de Ifts^einblee vxc Vaction des substances médicamntmes et tQxig^e^ 4 distance. Cette action, fort surprenante pour le mnina, M peut se produire que sur ^es atueta tout spéciaux et s^ns doute puissamment entraîné» ; (t'ailleurs les expériences pro* hantes ont été complètement itnpossibles k répéter .4eï^( le Congrès, ^ous préfèrent ne pas insisiçrt '

Les mêmes auteun ont cpmmuoiqué encore une seum^e note relative aux pkinm^et 4'inlitbitiûH df 4ynamQn génie chez dewe kystéro^pH^pitiifws, W ejii^t^ ches Cf4 individus des points dont la pression ftinén^ U sufPQiudon des fonctions oe relation; la pression d'ua médiuç ches tm des deux malade, renforce la voix, la pression du médius opposé l'affaiblit ; la tranaponitien des sens ^e produit avec une grande facilité, etc.,,. Ainsi que M. M^vn (dç Bor* deaux) l'a fait observer* w faits sont absolument eJtçeptionnels, et il n'est pas plus {lossible d'en tirer une eooeluaioj) quelconque que de reproduire de semhUbte« expéfiertCfHt «iir d'autres individu*.

{À sHtur«.)

croira réelle; {loméo seul, prévenu par le moine, reyi^ndrit juste k temps pour assister ^ 1» résurrection 4fi H feoïm^ qI pour fuir ^ivec elle.

Sans doule, aucun poisQn ne peut produire^ , en réalité, de semblables effets, et toute oette théorie eat trréalMle i mais il fut un temps où m notions ex(r»ordii)f|iree, m l'action des poisons étaient acceptées, juôm^ m ^ »mnt9 de l'époque. <

Le frère Lftqrenpe rempli 4e tendresse pour \w ieupes amants qu'il veut sauver è toute force, eidonf ts devoj^ff^ ment ingénieux dirif^e tout le drame, fflit le pl«s frai^pa»! contraste »vec U sinistre apothicaire 4e lfa«l9fio, qui, m aussi, est habile à préparer les poisons, mais qui en fait un tout autre usage. Avant même d'avoir n «• triste hèrtyon devine ee dont il est capable ptr la deseriptiea que Roai^a fait de sa pnraonne et de sa beottqqe i ■

c Je me rappelle un apothicalï« qui demeura nar. iei^ je

l'fti n récemment. I9H( mnvth h»iUflit«>.UfMt#i(.#^

28 AoCT \m

SOCIÉTÉS SAVANTES

séance du 24 aout 1885. — présidekce de h. boulet.

Passage des hicrobes pathogènes de la hère aux FfETDs ET DAMS LE LAIT. Note de H. Koubastoff. — L'auteur poursuit ses recherches expérimentales sur cftlte queslion et les résultats obtenus le conduisent aux conclusions suivantes :

1° Les bacilles du charbon, du rouget et de la tuberculose, inoculés à une femelle ayant récemment mis bas, passent dans la sécrétion lactée;

t Une fois apparus dans le lait ils y restent jusqu'à la fîn de la lactation ou jusqu'à la mort de la femelle;

9* Les fœtus qui sont nourris avec du lait renfermant des badUes du charbon, du rouget ou de la tuberculose, ne prennent pas ces maladies et restent vivants même dans le cas oA leurs mères en périssent; . .

4* La passai des microbes de la mère aux fœtus dépend probablement de rexisteneedans le placenta de communications directes entre les vaisseaux ne la mère et ceux des fœtus.

Influence du soleil sur la vkgétabilitë des spores du BAciLLUS ANTHRAGis. Note de H. ^..■Arlomt)'.;—: Voici les résultats des nouvelles recheiches auxquelles If . Arlbing a tenu è donner'un caractère de précision aussi rigOnrenx que possible : . ■

1* Si l'on appelle yététalHlité le pouvoir que possèdent le mvcéUum sporulé'ou les spores libres de donner naissance k au mycélium nouveau, on constate qu'elle 'est rapidement supprimée dans les bouillons fraîchement ensemencés, par la radiation du soleil de juillet: une exposition de deux heures, par une température comprise entré -j- 35 et -|-39 d^és, sufBt à amener ce résultat ) ^

z* Lorsque l'influence des rayons solaires s'est exercée moins de deux heures, la végétïMlité est simplement suspendue; '* '

3" Si l'on se demande ^uels sont les rayons de la lumière solaire qui exercent une influence -remarquable sur les semis du haciHu» anlArocû dans les' milieux liquides, on arrive aisément à se convaincre que ce ne sont m les rayons calorifiques du spectre, ni les rayons lumineux, mais que cette propriété est l'apanage de la lumière solaire complète, et de plus, qù^ellé est en rapport avec son intensité.

AcnON DES ANTISEPTIQUES SUR LES ORGANISMES SUPÉ- RIEURS : lODB ET AZOTATE d' ARGENT. Note de HM. Mairety Pitattê et Combmale, — Ces nouvelles expériences sur

plantes; son visage était amaigri ; usé par l'implacable misère, il n'avait plus que la peau sur les os; on voyait, suspendus dans son échoppe, une écaille de tortue, un crocodile empaillé, des peaux de poissons informes ; sur les rayons, traînaient quelques bottes vides, des pois de terre verte, des vessies, des grames à moitié moisies, des bouts de ficelle, de vieux g&teaux de p&te de rose, tout cela faisait un pitoyable étalafe.

» Êa voyant cette misère, je me suis dit : S'il arrivait que l'on edt besoin d'an poison, bien qu'il soit maintenant défendu, i Mantoue, d'en vendre sous peine de mort, voici un misérable drftle qui ne reftiserait pas d*en procurer, >

Le moment est arrivé pour Roméo de s'assurer du fait ; il ai^lle l'apothicaire, et lui oCfre quarante ducats d'un poison assca violent pour foudroyer un homme instantanément.

Voici leur court et sinistre dialogue :

L'apothicaire. — J'ai bien des drogues mortelles de ce

l'iode ont été faites par les mêmes procéités et dans les mêmes conditions que pour les autres antiseptiques. L'iode était dissous soit dans l'alcool, la glycérine et l'eau, soit dans IV dure de potassium et l'eau. Dans les deux cas, les effets obtenus ont été absolument les mêmes ; il n'y a pas eu de coagulations sanguines. La quantité totale d'iode injecté a varié entre i8%92 et Of",'à\, et par rapport aii kilogramme du poids de l'animal, entre Oa',03 et 0"%1-t64. La dose \m:e de tolérance est de 45 milligrammes par kilogramme dti poids de l'animal. Au-dessus de ce chiffre, la mort survient au bout d'un temps plus ou moins long pouvant aller de uni sept jours. Au-dessous de ce chiCTre l'animal ne meurt pas: mais, au-dessus de 3 centigrammes, la convalescence fsI longue, peut durer jusqu'à huit jours et plus, et Von constate

f tendant ce temps l'existence de frottements pleuraux qui st ocalisent surtout à la base en arrière et le long de la gonitiëre vertébrale.

Dans les expériences faites avec l'azolate dVgent, rttie substance a' été injectée dans les veines en solution aqueuse, àdose totale vamnl'e'nlre 36 et 74 milligrammes et, par kilogramme du poids 'dé l'animal, entre z et 4 milligramme!'. A la dose de 3 milligrammes par kilogramme du poids de l'animal, les troubles disparaissent après vingt-quatre ou quarante-huit heures d'alfaissement et de gêne de la respintion ; à la dose de O%0028, la mort est constante et rapide.

Parmi les symptômes observés^ nous noterons seulement'. 1*> la géne considérable de la respiration, qui est sacctdée, j abdominale, et dont la fréquence devient extrême el peut | atteindre 78 et 80 parminute; le peu d'influence (le t'iio- | tate d'argent sur la température ; 3" ta chiite du pouls idost thérapeutique et la conservation de l'ititèlligence.

Sur use substance alcaloïdique extraite de bovillos DE CULTURE DU MicnoBE DE KocH. Nole de M. Gabnd Pouchet. — Dans une note présentée à l'Institut le 11 novembre 1884 et dans deux autres communications, H. Pou- I chet avait établi l'existence, dans les déjections de cbolé- , riques, d'une substance alcaloïdique très altérable et se comportant comme un poison violenta l'égard de l'hoinnieel des animaux.

AHn de déterminer, au point de vue de la patliologieellemëme, son mode de production ainsi que son rôle dans les manifestations du choléra, il a analysé des bouillons de cal* ture pure des microbes de Koch et a pu y constater U présence, à l'état de traces il est vrai, d'un alcaloïde liquide ri dont les caractères extérieurs (odeur, altérabilité, toiicité pour les animaux) paraissent identiques à ceux de lasubstanc'é isolée des déjections de cholériques. Si ces premie^ résultats se trouvaient confirmés par . de nouvelles «périences, ils seraient une preuve indirecte que le microbe de Koch est bien Tagent pathogène du choléra.

genre, mais la loi de Mantoue punît de mort quiconque oseea vendre.

RoHÉo. — Comment, tu es dépourvu de tout, en pro'* à la misère, et tu crains la mort! Tes joues crient famine, tes yeux sont amaigris par les privations, la misère en haillooi s'étale sur Ion dos ; ni le monde, ni les lois du monde ne sont des amis pour toi; le monde a-t'il des lois qui puisseut je faire riche? ne le fais donc pas scrupule de les violer; pttm ceci et cesse d'être pauvre.

L'apothicaire. — Ce n'est pas ma volonté, c'est ma pauvreté qui cède.

RoHÉo. — C'est bien & ta pauvreté que je m'adresse, ti non à ta volonté.

L'apothicaire. — Versez ceci dans n'importe q«" 'j* quide, et avalez; eussiez-vous la force de vingt hommes, cen vous expédiera droit dans l'autre monde. - ,

Roméo. — Tiens, voici ton or, pire poison pour If"* humaine, auteur de plus de meurtres dans ce monde odieui*

28 Août 1885

La pkste et le choléra en PsnsE sans les quarantaines. Note de M. J.-D. Tholosan (voy. aux Travaux originaux, p. 562).

— Sur rinvitnUon de U. le président de l'Académie lut demandant s'il n'aurait aucune remarque à Faire sur celle importaiile communication, M. le baron larrey s'exprime ainsi :

< Ses longues el luborieuses recherches sur la peste et le choU'ra en Perse sans les quarantaines, ont d'aiilanl plus de valeur que M. Tholozan réside dans celle contrée depuis vingt-cinq ou trente ans. Les citations qu'il vient d'exposer lui permettent de eoudure à l'inutilité des quarantaines pour la Perse.

> Je n'ai pas à discuter ici cette grave question ; il me semble seulement opportun de rappeler à l'Académie qu'au commencement de 1882, notre illustre confrère H. de Lesseps lui avait communiqué, dans le même sens, une Note sur les quarantaines imposées au c-inal de Suez pour les proveiiauces maritimes de l'extrôme Orient.

» L'Académie nomma une Commission dont j'eus l'honneur dé faire, le Rapporl^ exprimant le vœu qu'une révision médicale el administratiTe des quarantaines fût soumise à l'examen d'une nouvelle conférence internationale. Celte proposition ne parut pas à l'Académie pouvoir être transmise alors nu Gouvernement.

» Là se borne ce que je puis rappeler aujourd'hui sur l'insuffisance prophylactique des quarantaines. »

Traitement dv choléra. — MM. C. PawUckt V. Benitez et Latapie adressent diverses communications sur ce sujet, qui sont immédiatement renvoyées à la Commission du prix Bréaut. *^

. Ac«44Mle de médectoe.

Page 1