‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 15 sur 228 · L. UREBQULLET. PAUL RECLUS · texte numérisé non relu

L. UREBQULLET. PAUL RECLUS

^dramr iloat ce qqi eo^icerne lâ réifUtUnn au tiège du ComiM, eha Dxcb&rbhb» 91, rue de tÂtte (avant le ^urdl de Bi^^^eoce).

( Thèses, euineni, cours, etc.) «s Uven Memati iniénwus le i;Mla ■bMimi.

pluirraarcBli^inh — Travaux ouûinaux. Thârtpoaliqiio : da lletton aAlIk^a- ■ «iquo de la quwin« (dr la lièvre lypl)oiile. — . CojtHBSrOKPANGS . Hêmlitu de l'impaludiinic. — SOQiirés savartbs. Acaddmis de* scicnuè. — Académie de nédociH. ^ SueUU de oMnirck. SoeUti dd Ubl»iclo. — Société do thérkpontiqiw.. — HarireiaD Society of Lond^ii.- — Boyal mcdioBl and cUirnritiCBl . Society.— PalUolt^ical Soeiely oT Loniiop. — Hcvui des joUHKadx. — Bidlio- ' OAAPRIK. Kaniiel do palholOffia ext<-ra«. — TVaitiS diiil(|He' des maladlei de IWaHCo; — Itidts kiUlocra^iqiic. — VAfléTde, SjrpliilU dilnnio- ~* Jâriâpn- , dcnca médlcak/.

Paris, 5 février i886.

lyursque t'cpidéiuie .de, choléra sévissait sur. 1$ territoire français, on entendit de divers c6lég parler de Ip réorganisa- ^lion de iios.i»eryices d'hygiène, rnanifestemenl insunisaiits, et l'oî^ pehsa, npn se.uicment .dans le monde médical, mais encore dans certains ipiii&ùx ndatlnistratirs et. mémii dàiis le public, que celte réDrgani$à.[ion,^,^i. elle était diNicile en pleine lutte contre l'invasion choléiique, s'imposerait , dès les premières accalmies, afin de rénnir des forces npuvetles contre la prochaine attaque et d'assurer la victoire sur les points reconnus les plus /àibles. Il en est en . effet de la protection contre les maladies conlagieiises et l'insalubrité comme de la défense con Ire les ennemis extérieurs: c'est à une organisation spéciale de$ services administratifs qu'elles doivent être Tune et l'autre confiées dans un pa;s civilisé. 11 ï avait satls. doute, longtemps déjaque Taitention avait été cveilïle'sur les progrès que les nations voisines faisaient' dans la répar* lition rationnelle et aussi dnns la concenlralion des diverses branches de l'adminislralion qui ^e rapportent Ma santé publique, et . l'on signalait dé divers . côtés également les .avantages que ces nations n'avaient pas manqué d'en retirer. Mais on semblait avqir perdu de vu& encore une fois la ré.- Forrae. qui paraissait-iniminenle aii cours de la dernière épidémie, lorsque M. Henri-Gh. Monod, préfet du Çal\ados, vient d'en démontrer de nouveau l'urgence, et la nécessité dans un très remarquable noétnoirc (i).

M. Voùo<1,'dont .oi^ connaît les -ofTorts si considérables en

(1) DeVadihlnitiratioadel'IiyglènepuMtque à Vtlrititger <l en t'ranci;. mémaifc ^prviçMé au Cansoil eeniral d'hyffîèno et de ulubrild |4blfi)uo« dahïlc Galtadoi, .-I l'nccaaion de l'^xpo^lion- ialuroaiignale d'Iijeicoe île Landrca, par M. Uenri-Cti- Monod, préfet da Caltados. — Caca, iupriiucrîe Le Blanc-HârdGl, iti-4> do 104 p. £■ StlIB. T XXII.

ràve^r^de la proleclion de l'enfance (lans le. département qu'il administre, ne pouvait manquer de rechercher si les succès, qu'il obtenait par l'exécution de. la loi Roussel en faveur de l'élevage des enfants, dans. le Calvados,. ne pourraient encourager les pouvoirs pi^blics à .doter ce département d'un service d'hygiène également .confié & des maiils exercées , et réunissant toutes les attribtrtions sanitaires ■jusqu'ici éparses entre diverses administrations. Il proposa dans cfr but, il y a un an, .un projet au Conseil général, projet qtil avait été étudié préalablement par une nombreuse commission spéciale ; mais le Conseil général, c considérant que 'la santé publique est suffisamment protégée dans lé.Calvaijos» (bien quela mortalité y dépasse 22 pour lÔOÛ), ajourna toute décision. C'est alors qu'il se résolut à édifier ses adversaires sur la réelle portée des améliorations qu'il sollicitait, en leur montrant les .résultats obtenus & l'étranger par une semblable organisation ; TExposition internationale dMiygièQede[^o,ndres lui permit de recueillir, particulièrement 'en Angielerré^desrenseiguèmênls du plus haut intérêt ; et il les résuma dans le travail dont le Conseil d'Iiygiëiie du Calvados s'est empressé d'ortloniier la publication.

Nous avons trop de fois esquissé, ici même, l'état actuel de notre organisation sanitaire pour que nous ayons besoin de rappeler de nouveau que les services qui sont, en France, chargés de la santé publique, sont disséminés de divers cAtés; qu'ils sont sans vie et. sans autorité et que, vienne tme épidépiie, il faudra s'empresser de créer une organisation Içmporaire, plus unie et plus active, laissant à peu près de ,côté,le^ rouages habituels si compliqués et, qu'il serait trop difficile de vouloir faire marcher. Le département des Boucbesdu-Rhône en a fourni notamment un reraai'^uable exemple. Il est un seul point surlequel nous .voulons insister encore ; c'est que les services d'hygiène ont nécessairement besoin d'une direction commune, dout les atlribulionsne soient pas partagées par diverses adminisirations.. Les affaires sanitaires sont de celles qui demandent une solution prompte ; il faut donc ObteAir toute l'économie possible dans le temps nécessaire à les .élucider. Comment y parvenir, lorsque deux ou plusieurs services sodt.appeléç à émettre une opinion sur l'expédition 'd'unç même, affaire, alors qu'elle n'intéresse qu'un seul ordre de çorppétence? Il est donc de toute évidence que la transformation de notre administration d'hygiène publique, de même que les réformes «demandées avec tant d'insistance» depuis si longtemps dans la législation sanitaire^ ne

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seront obtenues qu'autant qu'on aura créé tout d'abord cette direction. Sans doute certains maires, en vertu de leurs pouvoirs propres, obtiendront, par la création de bureaux municipaux d'hygiène, des avantages importants ; des préfets, comme celui du département des Vosges et, dans une plus faible mesure, à l'exemple de celui du département du Nord, obtiendront des résultats appréciables par l'extension qu'ils auront pu donner à quelques-uns de ces services ; mais la santé publique ne sera efficacement protégée sur le territoire qu'autant que l'État en exercera lui-même la continuelle surveillance.

L'intervention de l'État, en pareille matière, il est curieux de la voir sollicitée surtout dans les pays où la liberté individuelle est le plus développée et le plus rigoureusement défendue par les lois. Dans ces pays où l'éducation publique atteint un niveau général assez élevé, on comprend que chaque citoyen défend son intérêt propre en s'assocîantàtoute , mesure sanitaire d'intérêt général et que personne ne doit s'opposer à l'exécution de mesures prophylactiques, quelque rigoureuse et prompte que soit et doive être cette exécution. De là cette législation restrictive à laquelle les Anglais, les Américains, les Belges et d'autre peuples encore ne font nulle difficulté de se soumettre, sachant bien que les pouvoirs qui en ont établi les bases et qui en poursuivent TappHcatioQ offrent toutes les garanties nécessaires de bonne administration. M. Monod a pris soin- de résumer à cet égard les exemples fournis dans divers pays, grftce & une patiente enquête, présentée avec une conviction profonde , et un charme de style des plus pénétrants. Nous nous permettrons de recommander en particulier à nos législateurs la lecture des pages consacrées aux pouvoirs conférés au Local govertiment Board d'Angleterre en matière sanitaire; « de 1850 à 1870, le gouvernement anglais avait déjà sanctionné, pour travaux d'assainissement, des impositions extraordinaires pour une somme d'environ 260 millions de francs; en l'année 1850, les impositions pour cet objet n'avaient guère dépassé un million de francs; elles n'avaient pas cessé d'augmenter depuis lors, les villes aussi bien que les districts ruraux comprenant de plus en plus la nécessité de ces travaux; en 1858, elles s'élevaient déjà à 6600000 francs et en 1870 à 32 millions. » Toutefois, bien des résistances se rencontraient, surtout dans les campagnes, où la répugnance pour les impdts et l'ignorance des vérités tes plus élémentaires de l'hygiène sont portées à l'extrême ; « comme les travaux à faire sont coûteux et doivent entraîner un sérieux accroissement des, taxes, ils rencontrent nécessairement une résistance acharnée de la part de ceux qui craignent les impAts plus que les maladies. » L'Acte du 14 août 1871, en inslituant \Q.Local government Boardt c'est-à-dire en créant un service réunissant l'exécution des lois concernant la santé publique et l'assistance des pauvres, eut pour but de vaincre ces résïs- ' tances; de 1871 à 1882, il a autorisé pour une somme ' de 695 millions d'impositions extraordinaires et le Parr ' ment a directement autorisé, en vue des travaux de salubrité, des impositions spéciales pour environ 903 millions, soit pour ces douze années un total de 1508 mil- • lions de francs, les sommes nécessaires aux travaux étant généralemènt avancées par une institution spéciale de cré- ' dit, qui perçoit pour ses avances un intérêt variable, ' mais qui est presque toujours de 3 3/4 pour 100. Ajoutons seulement que, lorsque dans une localité la mortalité dépasse 3fà pour 1000, elle est contrainte d'acceptei: la -surveillance

et la direction du Board, aux termes de la loi de 1875; c'està-dire en particulier qu'elle est désonnais tenue de faire tous les travaux d'assainissement que le Board lui prescrit d'après les rapports de ses inspecteurs. Nous ne pouvons insister davantage; mais nous devons cependant mentionner le dit suivant : depuis que l'administratiott sanitaire est confiée à celte direction, la mortalité générale a diminué d'une manière constante; il en a été de même de la mortalité par affections transmissibles et corrélativement les frais généraux d'assistance ont diminué. Telle est la conclusion que développait devant nous son savant directeur il y a quelques mois et que nous avons pn constater également auprès des administrations sanitaires analogues de divers pays. H. Monod a d'ailleurs reproduit à ce sujet des graphiques de l'aspect le plus clair et le plus saisissant, graphiques dans lesquels on a le regret de constater que la France se bit toujours remarquer par le nombre élevé de sa mortalité par maladies contagieuses ; ce qui est, en même temps que le caractère distincHf de l'état sanitaire d'une nation, le régulateur en quelque sorte de son organisation sanitaire. Or les résultats confaraires que l'on constate pour les autres pays ont été surtout remarquables à la suite des réformes administratives et législatives dont H. Monod indique encore une fois avec tant d'autorité l'économie et l'importance.

En France, pour la moindre mesure qui touche à la santé publique, il faut s'adresser à divers bureaux dépendant d'administrations différentes; deux ministères, celui de l'Intérieuret celui du Commerce, avaient à s'occuper, parexempfe, de la dernière épidémie cholérique, et pour les tnvaux d'assainissement dont l'urgence a été si netteaKnt et si douloureusement reconnue dans la plupart des localités envahies, il sera nécessaire de s'adresser à diverses administrations. Il semUerait donc tout naturel de chercher à éviter le pins grand nombre possible de démarches avant d'aboutir à une solution. Cette opinion est unanimement partagée par tous ceux qui ont étudié ces questions, et tout le monde est d'accord pour réunir les divers services d'hj^ène en une direction commune. L'accord n'est pas moins unanime lorsqu'il s'agit de demander que cette direction soit homogène et qu'elle n'ait pas d'autres attributions. Hais il est plus difficile de s'entendre quand il s'agit de passer à l'exécution et de déterminer les sacriflces qu'il convient de demander de cAté on d'antre. M. Monod, dans son mémoire, se prononce très nettement en faveur du rattachement de tous les services sanitaires au ministère de l'Intérieur; cette opinion a pour elle beaucoup de partisans ; mais elle est vivement combattue de divers cAtés et surtout par des considérations politiques.

Ceux qui pensent que le ministère de l'Intérieur doit réunir celte administration d'un caractère général sont également d'avis, pour la plupart, qu'il y a de très grands avantages à unir les services d'assistance et d'hygiène ; car, ce sont précisément lés premiers qui renseignent sur les conditions d'insalubrité et qui peuvent, sans nouveaux frais et sans créer beaucoup de fonctionnaires nouveaux, permettre d'assurer l'exécution des mesures d'hygiène. C'est ainsi qu'on l'a compris tout autour de nous à l'élranger, et c'est assurément à cette union que sont dus les résultats Tes plus importants. On fait remarquer, d'autre part, que les travaux d'assainissement nécessitent, en fin de compte, des impositions spéciales, des emprunts, et que les mesures d'hygiène engagent à chaque instant/ la ^>rt^f^Aiculière des communes, en mënie IΫB^iia^^lW»l^d^^&i^

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fréquentes, toutes' choses pour lesquelles radministration

départementale et communale a une compétence qu'on ne saurait lui soustraire; comme il faut que toutes ces affaires lui soient soumises, autant éviter qu'un autre ministère ait à s'en occuper, en quelque sorte en double emploi. D'ailleurs la salubrité constitue, au point de vue administratif, une branche de la police générale; les agents chargés de l'assurer ont tout intérêt à dépendre d*un service ajaot des attributions similaires et Ton sait, par expérience, qu'en général les préfets et les maires ne sont disposés à agir avec zèle et promptitude que pour les affaires qui ressortîssent au ministère dont ils dépendent directement en fait. D(t plus, partout à l'étranger, sauf en Prusse et en Danemark, l'administration sanitaire a été conflée au ministère de l'Intérieur ou tout au moins elle a été placée auprès de l'administration des communes.

Par contre, le ministère du Commerce, qui a été détaché e|i 1831 du ministère de l'Intérieur et auquel ona retranché successivement depuis quelques, années, d'abord les Travaux publies!, fiuis iiAgieiculture,.Gaznpceiid dans. ses attributions actuelles- la police sanitaire et industrielle, entre antres le service de police sanitaire maritime, les Conseils d'hygiène, les établissements insalubres, le travail des enfants et des lilles mineures employés dans l'industrie, les eaux minérales, la police des pharmacies, la répression des falsifications, etc. D a, auprès de lui, le Comité consultatif d'hygiène publique de France, le Comité des arts et manufactures, la Commission supérieure du travail des enfants. Quelles raisons, dilon, rie disjoindre tout ou partie de ces services pour les placer auprès d'une autre administration? Il serait préférable. ajoute-t'on,de luîadjoindre ceux qili appartiennent au ministère de l'Intérieur, telsqne la protection des enfants du premier âge, même en laissant & celui-ci tout ce qui concerne l'assislaocc, de façon à avoir deux démarcations bien (ranchées : l'hygiène au Commerce, l'assistance à l'Inlérieur. A cette opinion on objecte les observations que nous indiquions tout À l'heure, et qui se résument en ce «pie, cwimme te dit M. Honod, c les arrêtés on mesures quelconques que le préfet ou le maire sont amenés à prendre en faveur de 1 hygiène publique, c'est le ministre de l'Intérieur qui doit en être juge et l'on ne se figure pas qu'il puisse en t>trc autrement ». Certaines personnes redoutent, il est vrai, que la réunion de tous les services sanitaires au minïMèrq de l'Intérieur ne donne un caractère politique trop marqué à ces services; que les fonctionnaires et les membres du corps médical qui en dépendraient sur tout le territoire soient exposés à subir les contre-coups des fluctuations dans le groupement des partis. Hais cette considération aurait tout autant de valeur, réplique-t-on, si cette réunion avait lieu au Commerce, si l'on en juge par les enseignements du passé; car le temps n'est pas éloigné oû certains comités et conseils techniques y ont subi des modifications inspirées par le désir de mettre quelques parties du personnel en harmonie avec les changements survenus dans la politique du jour.

Telles sonl^ en résumé, les principales opinions qui se trouvent actuellement en conflit à propos de la création d'une direction de l'administration sanitaire. Comme nous le disions plus haut, la nécessité de cette création est uuanimement reconnue; tous les hygiénistes des départements la réclament avec une grande insistance et les administrateurs déclarent ne pouvoir assurer la prompte exécution des mesures d*hygiëne, faire fonctionner les commissions spéciales et don-

ner enfin un essor suffisant aux travaux d'assainissement indiqués par l'épidémie de choléra, qu'autant qu'elle aura été réalisée. Car elle seule permettrait de donner à nos institutions d'hygiène loute leur puissance d'action et d'obtenir des pouvoirs publics les modifications législatives indispensables. II faut espérer que les considérations étran^res à l'amélioration de l'hygiène publique qui s'opposent encore à cette création, céderont bientôt devant la grandeur du buta atteindre. Tous ceux ([ui liront l'ouvrage de M. le Préfet du Calvados se prendrontàregretler que les avantages obtenus à l'étranger depuis que des institutions analogues y ont été organisées et qu'elles y ont été pourvues de ressources scientifiques, législatives et budgétaires suffisantes, n'aient pu encore convaincre nos pouvoirs publics que » l'intérêt national le plus clair, le plus urgent exige qu'un service fortement organisé de la santé publique soit créé en France *. N'oublions pas, comme le montre M. Monod, qu'alors que la mortalité par maladies épidémiques diminue, par exemple à Londres, à Glasgow, à Bruxelles, cette mortalité ne cesse d'augmenter À Paris et qu'elle augmei^te, pour chacune de 'cesflMladies, dans des proportions importantes! »

Coatrlbnlioaa pharmaeealUiaea.

SDR l'injection kV SULFATE DE QUraiNG.

M. le docteur Dreyfus, dans .son article sur la blcnnorrhagie, a reproduit la formule de l'injection du docteur Weiss et l'a accompagnée des réflexions suivantes : c Nous l'avons vue réussir très rapidement dans les blennorrhagies les plus tenaces. Peut-être pourrail-en, comme nous l'essayons aujourd'hui, substituer au sulfate de quinine le bromhydrate (1), qui, par suile de sa solubilité, dispense d'employer l'acide sulfurique, qui rend toujours l'injection assez douloureuse. >

Contrairement à l'opinion assez répandue sur laquelle notre savant collaborateur s'appuie dans ses essais, le brombydrate basique n'est pas plus soluble que le sulfate basique. 11 sera obligé d'avoir recours k l'acide tartrique pour le dissoudre, ce qui n'offrira aucun avantage, tandis que, s'il employait d'emblée le sulfate ou le bromhydrate acide de quinine, comme nous l'avons conseillé ici même, la solution serait tminédiatcmeiit obtenue dans d'excellentes conditions. ..Dans CD cas,, à ces deux derniers seU', je préférerais le lao^te de quinine, dont la solubilité est encore plus grande et qui donne des solutions d'une neutralité absolue.

On.fonnalefttit ainsi :

Loctate de qfiinine 1 gramuie

Eau distillée 75 —

Glycérine pure '25 —

L'injection étant d'environ 5 grammes, on en ferait trois ou quatre par jour.

Je profite de cette occasion pour engager les praticiens à employer de plus en plus le lactate de quinine, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur, soit même en injections hypodermiques. C'est le sel quinique qui se prèle le mieux à toutes les applications thérapeutiques.

PieiTe ViGiER,

(I) C'Ml da bronibfdraU »cido do ^inine 4|a« Ja m» *tU(tcrnf^Us4imfmupi M moiM doolooreufO cpui celle de «olfiM de^g^v^ed by ViTV./k.Mb( l\i

84 — lî* 6 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 6 Fêtrieii 1885

TRAVAUX ORIGINAUX

De l'actiom antizymasique du la quikinë sur la fiâvre typhoïde, par le docteur G. Pégholier.

(Saite. — Vof. le naniéro 5.)

Quelle action joue donc la quinine dans le traitement de ta fièvre typhoïde, puisque ce n'est pas une action antipériodique, me" suis-je demandé, et au nom des théories microbiennes, qui sont les miennes depuis si longtemps Je me suis répondu : c'est une action directe et spéciale sur le ferment typhoïde. Elle est antizymasique; elle égale, elle dépasse même de beaucoup la vertu que j'avais cherchée jusque là dans la créosote et l'acide phénique.

A parlirdu moment où cette conviction envahit mon esprit, au lieu de restreindre l'application du remède salutaire aux lièvres typhoïdes, que, d'après les vieux errements, je croyais compliquées de paludisme, je l'ai substitué (1) en principe conslamtneni et dès le début, aux agents antizymasiques que j'avais jusque-là adoptés. Depuis lors et surtout depuis deux nns,jesui8 vraiment émerreillé des résultatsquej'ai obtenus. La ville de Montpellier a subi l'année dernière une épidémie très marquée de fièvre typhoïde. J'ai soigné, pour ma part, un grand nombrede ces maladies, et je n'ai pas compté un seul décès. Cette année-ci, où les cas sont beaucoup moins nombreux, j'ai obtenu, sur une plus petite échelle, le même succès (2). Je suis le premier à reconnaître que la remarquable série heureuse que je signale est due, pour une part, au caractère relativement bénin de l'épidémie de l'année dernière. Mais cette bénignité n'a pas été telle, que je n'aie constaté un certain nombre de décès sur des malades auprès desquels j'ai été appelé en consultation, et qui n'avaient pas, dès le début, été rigoureusement soumis au traitement tel que je l'ai institué. Eu outre, ce n'est paa seulement par l'issue de la maladie, mais bleu par sa marche, que Tou peut juger les cflels d'une médicalion; or l'étude du processus morbide, chez mes typholsants enquinisés, m'a aussi démontré d'une manière péremploire l'action profondément salutaire du remède.

Mais j'entends d'ici des protestations qui éclatent: < Vous enfoncez, me dit-on, des portes ouvertes ! Quel est le médecin qui aujourd'hui ne donne pas de la quinine contre la fièvre typhoïde? Depuis Broqua de Horande, une foule de cliniciens et spécialement, Harl, Forman, Péreira, Briquet, Monneret, et plus tardVogt, Liebermeister, Jaccoud, Germain Sée, etc., l'ont formulée aux doses les plus diverses. »

Eh oui, répondrai-je, et j'ai même vu dans certains hôpitaux de Pans en prescrire 3 grammes le même jour (3), c'est-à-dire une dose à mes yeux beaucoup trop considéraole et dangereuse. Oui, une foule de médecins ordonaent la quinine dans la fièvre typhoïde. Mais dans quel but? Ils la regardent comme antipériodique ou comme antithermique et antipyrétique. Pour moi, en vertu de mes convictions et de mes études passées, ainsi que de mes observations récentes, je la proclame antizymasique. ^'est-te là qu'une question de mots? Nous allons le voir.

Lorsque, dans une maladie, on combat ua symptôme ou une complication, agit-on avec la même confiance, la même rapidité et la même énergie que lorsqu'on croit s'attaquer à sa cause prochaine? Evidemment non. Celui-là, en particulier, qui ne veut anéantir que la complication paludéenne n'at-

(Ij Uh alalisliquo parle «ur plus du cinquante ces.

Substiiuor n'est ims absoluuiontouiut, car, daaa bauicoup de cas, loiil cri ttoiinnnl lu quiiiino par la bouclifl , Jo fais aduilobtrcr dei laraucnla phSiàtfoÔB.

(3) Voulant ■ sabvliltwr k l'ompoisonnomciil par lu raiiHiDe typhoïde les clTcts loxitiiisi du Bulfalc de quinine ■, Monncrct on adminittrait niiîmo jusqu'à 5 ^rrammes |Nir jour; pratique bien dauf creuse, mai* Tondéo sur anc Ibdorlo curlouso à méditer. Pour moi, eetio tbéorit pttmn qu'delaird par les ddcouverlcs rvcenlMt Hoitncret cdl aceaptd de plein oœur la tlitac qnc je ddTenda,

lendra-t-il pas quelques jours pour la saisir nettement? Tel aulrequi s'adresse àl'hyperthermien'agi raque lorsque celle-ci sera bien constatée. Pour moi, au contraire, dans la pensée de détruire le ferment typhoïde, j'agis à la première suspicion de la maladie, persuadé que si mes présomptions se trouvent fausses et que l'avenir reconnaisse toute autre cause à la fièvre, des doses modérées de quinine ne pourront avoir aucun inconvénient. En outre, une lois le redoublement supprimé ou l'hyperlhermie diminuée, mes compétiteurs, s'ils sont logiques, doivent nécessairement s'arrêter. Pour moi, au contraire, j'insiste à dose décroissante d'ordinaire jusqu'à l'extinction complète du processus niorbide.

Ce n'est donc point sur le fait vulgaire d'avoir administré de la quinine à mes lyphoïsants, mais sur les motifs qui me la font ordonner et sur mon mode de prescription que j'appelle l'attention bienveillante du lecteur.

Or voici comment je procède :

Tout le monde conviendra avec moi qu'aujourd'hui, grâce au thermomètre surtout, on peut de très bonne heure, sinon péremptoirement affirmer, du moins suspecter fortement la nature typhoïde d'une fièvre. Quand je me trouvais au début de mes études, il u'eu était (utinl.aiosi; et ce n'était guère qu'au commencement du second septénaire que les médecins osaient d'ordinaire se prononcer. Aujourd'hui les propositions de Wunderlich, si elles ne sont pas absolument vraies, donnent une forte dose de probabilité.

Donr, en tenant compte aussi des autres symptômes, des données étîologiques, du génie épidémique, on peut au quatrième, très souvent dès le troisième et souvent même dès le second jour de la fièvre, avoir des indices suffisants pour prescrireà un fébricilant adulte 80 centigrammes ou 1 gramme de sulfate de quinine. Supposez que, un ou deux jours après, la fièvre s'arrête, ou qu'une lésion d'organe se manifeste, le diagnostic est réformé et la quinine suspendue saus que le malade éprouve le inoindre inconvénient du traitement qu'il a subi (1). Il faut laisser au vulgaire la croyance à la nocuité possible de la quinine prise modérément. Pour moi et les miens, un simple mal aux dents m'autorise quelquefois â y avoir recours. Quelques heures d'une fatigue plus ou moins légère, c'est là le seul détriment que j'ai pu en observer.

Mais le pins souvent, au contraire, quand on a acquis par l'expérience le tacl du praticien, il se trouve qn'on avait,

fiour ainsi dire, flairé la maladie dès les premières heures; es présomptions du diagnostic se confirment; la marche de la fièvre, le processus des symptômes manifestent avec clarté l'existence de la dothiénenterie; le sulfate de quinine est alors quotidiennement prescrit à la même dose de 80 cen- | tigrammes ou de 1 gramme, prise d'ordinaire en trois fois, le matin de boMte heure, à deux heures d'intervalle chaque i fois. I Voici maintenant ce que, en procédant ainsi, j'ai observé: 1 quelquefois dès le premier jour de la médication, plus sou- I >ent au bout de deux, trois ou quatre jours, la température, qui au troisième soir atteignait 39*,5 (â), et aurait dépassé |

(I) Quand on réOéohît k la pnllulaUon ai rapide des microbes, la prcniicn: îiidicaliuti qui s'iiii|)uso contre eux esl d'agir vile. C'est li ce que j'ai rccoinmanM depuis longtemps pour la créosote ot l'acide pllifniquc, el ce que Je reconmunide encore aujourd'bui pour la quinine, llnind, Glénard el leurs émules font, « propos dus biiiiii rroiJs, Uns obscrvatioa icmblabio. • l'our que la inulbode jouisse de (outc son cnicacild, s'écrie Bsrd, il faut baigner iiidïstincteinent (ous les fdbrîcîtanls sans localisation ; le baia reconnaîtra les siens I > D'accord, si le bain froid donne ainsi, cammo à l'aTflnffte, duit loujounaaas péril; nuis laissons U paralc à Dniardin-Beanmeli. dans soi mag^iÔqaes LCfOM de atnique thérttptutique (t. UL chapitre do la mvre tgphoide) ■ i'Ignore si le bain reconnaîtra les siens, mais co quo je toi; c'est que nous no pouvons ici soumettre sans dangers îi une ludlbode rigoureuse et brutale tous les rûbricituils, lorsque nous ignorons la causo lui'iuc du procoisuB Hbrilo. Croyei'vous qiic le bain froid no pnlsse pas déterminer de* Gongcstioni pnrfoiidosf Croyei'vous que l'on puisse ainsi refouler et cliasMr de U liériplicrie cutanée lo sang qui y circule ? > Dieu merci, de faibles doses de qaiuine ne soulèvent pa> les mSmcs objections.

(t) Il s'agira loujoui-s Ici de la température axilUira. Sau niv Ujt^ciijioa |>lai grande do la tempOnlure anale, je U regarde coniçejl^^^^'Y V^**^^^* ^ rechercbcr d'une maolèro constante dans la clienlftle. O

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