‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 153 sur 228 · L. Hahn · texte numérisé non relu

L. Hahn

TRAVAUX OltlGlNAUX

P»(k«l*fle !■ terne.

A PnOPOS OE LA FOLIE BRIGHTIQUE. — NOTE SUIt CA< DE MANIE AIGUË, PUIS CBRONIQDE, PRÉCÉDÉE DE SYJfPTàXE*

DE NÉPHRITE AIGUË AVEC ACCIDENTS tvphoIdes. (Communication faite à la Société des hôpitaux, dans la séance i* 14 août, par H. le docteur Ë. Barié, médecin du Bumi central.)

Messieurs, dans la séance du 10 juillet, M. Dieulafoy vous a présenté une série de faits qu'il a groupés sous le nom de folie brightique; or, sans entrer ici dans la question de doctrine et sans discuter en ce moment la pathogénie de ces cas curieux, je désire vous faire connaître un fait que j ai observé et qui offre la plus grande analogie avec ceux rapportés par H. Dieulafoy.

Cas. — Une jeune dame de treote ans, d'une excellente unir antérieure, lomlie malade le 10 mai 1883 : le début de l'afferiioi est peu net et les seuls accidents consistent tout d'abonl h grande courbature, céphalalgie assez vire, perte d'appétit, constipation avec apyrexie compléta. Cet état, que j'avais aitrikoe tout d'abord à un embarras gutrique saisonnier, nersitte piidant trois jours sans amélioration aucune, malgré rempln ''m purgatif salin prescrit nu début ; mais dès le quatrième jour » situation s'aggrave brusquement : la céphalalgie devient «trimemenl vive, la fièvre s'allume, le pouls est è US et h

se livrer aux remèdes empiriques, alors que les savants les plus éminents sont d'accord pour considérer son mal comme incurable.

Héléna insiste; il n'y a aucun ineonvénient, dit-elle, à essayer ce qu'elle propose, puisque le roi ne fonde plus d'espoir sur aucun remède. Dieu se sert quelquefois des agents les plus infimes pour accomplir les plus grandes choses. Le roi, ébranlé, veut savoir combien de temps exigera l'expérience. La réponse de ta jeune fille est empreinte d'une poésie élevée que l'on rencontre rarement sur des lèvres médicales : c Avant que les chevaux du soleil aient fait parcourir deux fois au brillant fiambeau qu'il porte sa carrière d'un jour; avant que le soir ait éteint deux fois sa lampe endormie dans les humides vapeurs de l'Occident, ou que la boussole du pilote ait vu, vingt<<|uatre fois de suite, passer les minutes lugitives, tout ce qui, chez loi, est frappé de maladie se détachera des parties saines; ta santé aura repris tonte sa viguenr; le mal disparaîtra pour ne plus revenir. >

N'est-il pas difficile de résister à de pareilles instances? !/ roi cependant se défie encore; il veut une garantie, et la vie même d'Héléna qu'il exige comme gage de la sienM- Si rexpérience k laquelle il va se soumettre, le foit succotnber, Héléna sera punie de mort. Héléna consent, mais elle impose aussi sa condition ; c'est que, si le succès couronne tentative, elle pourra choisir, en dehors de la famille ro^ut tel mari que bon lui semblera; le roi s'engage à lui rfoiinef l'époux qu'elle aura choisi.

A la scène suivante, on apprend, sans aucun détail, que. grâce au remède appliqué par Héléna, le roi s'est trour^ » peu de temps complètement guéri. Fidèle à sa parole, il rU; semble les jeunes seigneurs de sa cour, et invite Uélena a choisir parmi eux an marï. Héléna, dont le choix est rsii depuis longtemps, désigne Bertrani^le fils de la comtes» de Roussillon, sa patronne, et aurler^wHM^I^f^'^'^. prendre pour femme Wâ^l^>idîdl%?K^^''^ dans une voie nouvelle, différant entiJ^remeiR de ce

18 Sbptbmbre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE

Sérature axillaira s'élève à la malade accuse de violentes

ouleurs dans la région lombaire, l'état général est mauvais ; lantdt c'est la prostration avec adynamîe qui prend le pas, tintât c'est une vive agitation avec délire, cauchemars nocturnes, ballueinatjons. L'apparition de semblables symptdmes accompagnés de nichialgie intense me fit de suite examiner les urines ; celles-ci sont rares, d'une coloration foncée, un peu mousseuses ; traitées par la chaleur, puis par l'acide acétique, elles laissent déposer une énorme Quantité d'albumine. Pendant quelques jours, les choses restèrent dans le même étal; tes urines examinées malin et soir sont très albumineuses, la température varie entre 3S^,i et 38«,9, le pouls de 100 i 132, t'ad^namie est persistante et s'accompagne bientôt d'un éfat typhoïde grave. Langue rôtie, diarrhée, insomnie persistante, agitation nocturne; la raehialgie est moins vive, mais toujours manifeste.

En face d'un état pathologique aussi complexe, j'hésitais beaucoup à porter un diagnostic ; deux hypothèses surtout me parais» saient admissibles: celle d'une fièvre typhoïde & forme rénale, ou

ftius simplement une néphrite aigaê avec accidents typhoïdes ou nfeetieux. L'absence d'épislaxis et de manifestations vers les voies respiratoires, l'état déprimé du ventre, le volume normal de la rate, le manque d'éruption mbéolique vers le neuvième jour rendaient improbable l'hypothèse dune dothiénenlérie; d'autre part, si le diagnostic de néphrite aîguô s'appuyait solidement sur ta fièvre, les (Ujuleurs lombaires et l'albuminurie, l'absence d'ce- (lèine s'élevait contre un pareil diagnostic. D'autre part, il était impossible de trouver la moindre cause à cette néphrite aiguS, et cependant c'était plutdt vers cette afféction que penchait mon diagnoitic. Le traitement fut Institué dans ce sens et cmisisia en applications de raotonses scarifiées sur la région lombaire, Tusage du tanin ou de l'acide gallique à l'intérieur et le régime lacté exclusif.

Malgré le traitement, l'état de la malade allait s'aggravant chaque jour; aussi fut-il décidé, de concert avec la famille, de prendre l'avis de mon maître, H. Potain, appelé en consultation. Après un long examen de la malade, il ne fut pas possible d'af* firmer un diagnostic définitif et U. Potain, acceptant les deux hypothèses quo j'avais proposées tout d'ahord, insista sur la nécessité de continuer la médication astringente associée au régime lacté. Pendant vingt heures environ, l'état de U malade resta stationnaire ; mais le surlendemain même do notre consultation, les choses prirent un autre aspect et le pronostic sembla s'B^avcr encore. La malade, en elTet, est prise d'un accès de manie aiguë des plus intenses. Elle est dans un état d'i^tatîon eonstante, pousse des cris, des hurlements, elle ne reconnaît personne autour d'elle, et ne cesse d'adresser des injures ou de taire des menaces à ceux qui l'entourent. Le iplus souveut, cette jeune dame, dont l'éducation est parfaite, est entièrement nue sur son lit, elle repousse les draps, déchire la chemise dont on veut la vêtir ; à la tombée de la nuit l'excitation maniaque est k son comble, la malade a des haltuciiiattons elTrayaiites, elle voit des monstres autour de son lit; d'autres fois elle converse à hante voix avec son père, mort depuis deux ans environ. L'état

Sénérat resuit le même, les nnnes toiyours albumineuses, la èvre persistait, mais l'agitation de la malade n*a paa pwmls l'application du thermomètre.

Devant cette aggravation de tous tes symptômes, la famille très inquiète et & juste titre, voulut prendre un troisième avis, et H. Hardy fut appelé en consultation. Les phénomènes d'excitation cérébrale attirèrent uirtont son attention, ot il crut pouvoir déclarer, avec quelques réserves cependant, que la malade présentait un ensemble de phénomènes qu'on pouvait rapporter à une méningite aiguë et fut tTavis d'appliquer un vésicatoire i la nuqne. La malade cependant restait dans le même état, l'excitation maniaque persistait dans tonte son intensité, et cette jeune dame était dans le plus pitovable état : le faciès égaré, presque aphone à la suite de ses vociférations qui ne cessaient m jour ni nuit, conildérablement amaigrie, refusant de prendre toute espèce de nourriture ou de boisson, sans cesse menaçant tons ceux qui l'emouraient. L'insomnie était rebelle i tont traitement : les bromures, le chloral restaient impuissants, et rien ne pouvait diminuer cette excitation incessante.

Dans de pareilles conditions, la surveillance de ta malade devenait des plus difficiles, à chaque instant celle-ci se levait brusquement de son lit, courant aux fenêtres et aux portes cadenassées avec soin et entrait en lutte avec les nersonnes chargées delà veiller. Je priai alors mon mettre, M. Nesnet, de vonloir bien prendre la malade dans sa maison de santé et d'en diriger le traitement ultérieur.

Dés son entrée cbei U. Hesoet, la malade cessa de présenter de l'albumine dans les urines, la fièvre tomba asseï rapidement, seul le délire maniaque persistait dans toute son acuité.

Cinq mois environ se passèrent unsi, la malade présentant des alternatives d'excitation au plus haut degré et de calme relatif. Peu & peu, l'appétit revint, les régies, supprimées pendant la période aiguë, reparurent, et l'état mental était asses bon pour que la malade, sur les instances de sa famille, pût être autorisée a rentrer chex elle, tout an moins à titre d'essai. Après dix jours passés au milieu des siens, la malade redevenait inquiète, agitée, perdant tout sommeil ; on dut la ramener à la maison de santé, où elle fit un nouveau séjour de près de deux mois. Au bout de ce temps, la malade rentrait ches elle entièrement guérie. Or ceci se passait il y a dix-huit mois environ; depuis cette époque J'ai l'occasion de revoir cette jeune dame très fréquemment et je

finis certifier que la guérison est complète. La malade a répris a vie commune, elle préside i rédoeatioo de ses enfants, et son intelligence remarquable, à plus d'un litre, n'a pas subi la moindre atteinte. Ëlle se souvient de la plupart des incidents de sa maladie, sauf de la période aiguë qui a marqué le début de ralTeclîon.

En résumé, il s'agit d'une malade d'une excellente santé jusqu'alors, qui pendant treize ou quatorze jours, et sans cause connue, est prise d'un ensemble de s;rx'ipt^">^s ^^^^ vagues pour qu'on ait cru tout d'abord à un simple embarras

f;astri(jue, auquel succèdent sans transition des douleurs ombaires très vives, avec fi&vre, état typhoïde albuminurie considérable, et enfla des accès violents de manie aiguë. Au bout de qulone jeun la fièvre tombe, l'albuminurie disparaît et la malade reste atteinte d'une véritable aliénation mentale qui persiste pendant sept mois et guérit totalement.

précédé, et où il n'y a pas lieu de la suivre. Héléna cesse (l'être médecin pour redevenir femme, et femme des plus obstinées à conquérir l'amour de celui qui avait commencé par la traiter avec dédain.

Ici s'arrête la liste des personnages qui remplissent un rdle médical dans le théâtre de Shakespeare; si pour être tout à fait complet, je cite encore le docteur Bults, médecin du roi Henri AlII, et le docteur Caïex, victime des mauvais tours des joyeuses commères de Windsor, cette simple mention suffit, car leur qualité de docteurs n'est qu'un accessoire dans leur rôle ; ils ne disent rien, ils ne font rien à titre de médecins.

Arrivé au terme de cette énumération, je voudrais en dégager queldue conclusion générale pouvant servir d'enseignement. Mais j'ai été forcément amené à ne citer que des fragments détachés, pris isolément dans quelques-unes des pièces de Shakespeare, et ce genre de travail est loin de fournir les éléments aune appréciation d'ensemble de se sœuvres.

Déjà, îl y& pl<is ^'u^ siècle, l'un des plus érudits critiques de Shakespeare, le célèbre docteur Johnson, a pris soin de s'élever contre cette manière déjuger le grand poète national de l'Angleterre, c Sa valeur réelle, dil-il, ne se manifeste pas par l'éclat de quelques passages pris en particulier, mats par l'ensemble de l'action el par la succession des dialogues. Celui qui voudrait le faire apprécier par la citation de quelques fragments détachés obtiendrait un succès analogue à celui du personnage qui, tenant à vendre sa maison, en portait toujours une brique dans sa poche pour servir d'échantillon (1). »

Ce qui a réellement assuré U gloire de Shakespeare, au delà des limites de son temps et. de son pays, ce qui lui a conquis, à jamais, une des premières places, sinon la première, parmi les auteurs dramatiques, c*^ qu'il est. pv

ûSt'Sr de'u'l'ftir "''»^*'^^^^^^^

(1) Doetew MuMn, Mfeof mis wwrei i€ SIMMtpeart.

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 18 Septiiidiue 1885

M. Féré, à la suite de la communication de H. DieuUroy, fit remarquer que chez la plupart des malades qui présentent de semblables accidents» on trouve toujours une tare nerveuse héréditaire; ce fait est exact en ce qui concerne la malade dont je viens de rapporter l'histoire: rien du côlé du père qui est mort subitement dans le cours d'un diabète déjà ancien, mais sa mère et son frère sont entachés de ner- Tosisme : la première n'est pas une hystérique vraie, mais c'est une femme d'un caractère bizarre, changeant, d'humeur fantasque, le frère est un nerveux, très impressionnable, qui depuis de longues années est sujet à ce qu'il appelle des attaques de nerfs ; est-ce un hystérique, est-ce un épileptique, je ne saurais le dire, n'ayant jamais eu de renseignements complets sur les caractères de ces attaques convulsives. Quant à la malade elle-même, depuis près de huit ans que je la connais, je n'ai jamais constaté chez elle aucun si^ne de névropathie, elle est seulement un peu distraite et impressionnable.

On a discuté sur la iustesse du terme de folie brightique, je n'ai pas l'intention ae revenirsurce point, mais pour mon compte, je ne crois pas que ce nom convienne absolument BU fait que je viens de rapporter et j'aime mieux m'en tenir i la simple énumération chronologique des accidents qu'on eut classer en deux périodes : la première caractérisée par es signes de néphrite aiguë avec état typhoïde suivis de manie aiguë, la seconde par une véritable aliénation mentale terminée par guérison. — Quant à la relation qui existe entre les manifestations rénales et les accidents cérébraux, elle me paraît démontrée, sans pouvoir toutefois pénétrer plus avant dans leur lien palhogénique.

CORRESPONDANCE

FiautlMi des haadMi d« pMum«n«.

A M. LB PRÉSIDBNT OD COMITÉ DE ABDACTION.

Ceci est encore la conlribniion chirurgicale d'un pharmacien, comme l'a été autrefois ma Note sur une mesure à prendre conire les blessures {lar les crochets à ouvrage. Tout le monde ne sait

£as que le pain azyme est un moyen très suCDsant de fixer une snde de pansement. Gela est pourtant bon à savoir pour les cas de pansement extemporanés. particulièrement chez les blessés apportés journellement dans les pharmacies. Pour moi, je ne fais jamais autrement. La bande ayant été roulée et assujettie à son extrémité par un morceau de pain azyme convenablement mouillé, dés que celui-ci est sec j'expédie mes blessés, sous ce pli cacheté, à Paris ou dans les déparlementa, et il n'y a jamais d'ararie.

Pour représenter les hommes et les choses humaines, il ne s'est pas abandonné aux caprices plus ou moins ingénieux d'une imagination qui ne regarde qu'en elle-même; mais il s'est toujours servi de connaissances acquises à l'aide d'une observation consciencieuse, incessante, infatigable, servie

f>ar une intelligence supérieure, et une puissance d'assimiation hors ligne.

Quelle que soit la part à faire, dans l'œuvre de Shakespeare, aux heureux dons de sa nature, il y en a aussi, sans aucun doute, une très large qui ne fièut s'expliquer que par l'effort de la volonté et par l'intensité du travail. Il est impossible de représenter d'une manière aussi exacte, tous les aspects de la vie humaine, sans s'être appliqué à accumulei', volontairement, une immense quantité d'impressions extérieures, et sans les avoir soumises k l'élaboration d'une analyse assidue, d'un||teéditation approfondie.

C'est en éleiliBt ce procédé d'étude, c'est en l'appliquant, non seulMiient aux questions générales qui consti-

CONGRtS SOENTIFIQIIE

Coup d'oBlI 9ur l'AMemM^e ■«(■•nato •dentlB^M ét, la Société royale «le médeclae puMIqae 4e Bdfl^u, tmnu9 * Aavers !• m M «aM ISSB.

La réunion annuelle de la Société royale de médecine publique de Belgique devait avoir cette année une importance extraordinaire, en raison de l'Exposition universelle d'Anvers, qui attire en Belgique un grand concours d'élraDgers. Aussi, le bureau de cette Société eut-il l'idée de proposer aux discussions de celte assemblée la question, tonjoun; actuelle, de la prophylaxie internationale du choléra. Daos ce but, il avait fait rédiger par une commission spéciale un rapport sur la proposition suivante : c Quelles sont, dans l'état actuel de la science épidémiologique, les mesures de prophylaxie internationale les plus pratiques à prendre, es Belgique spécialement, conire les maladies pestilentielles?! H. Du Moulin s'était chargé, dans ce rap^iort, de la partie doctrinale, à savoir de l'étude de la transmissibilité des mtladies pestilentielles exotiques, de la durée de leorinrubition et de leur prophylaxie internationale, tandis que H. Van de Velde examina les mesures de prophylaxie contre le choléra à mettre immédiatement en pratique dans les ports belles. D'un autre cèté, deux des cercles entre lesquels se divise la Société firent sur le même sujet des rapports partiels : le cercle de Liège confia ce soin à M. Barbier, et celoi de Bruxelles à M. Belval.

La prophylaxie du choléra a donné lieu à tant de cootroverses depuis trois ans, et nous avons eu ici môme si souient à en entretenir nos lecteurs, que nous ne ferons que signaler les opinions qui l'ont emporté & la réunion d'Anvers. Toia d'abord il n'a fait de doute pour personne que le ctiolén était une maladie importée, et au'afin d'em[MScher de noavelles épidémies en Europe le plus sûr moven était, suivant le vœu proposé par M. Proust et adopte & l'unadimilé, f qu'une surveillance médicale sérieuse soit exercée sur la mer Rouge et à Suez ; que le conseil d'Alexandrie réor^aisé soit rendu réellement international »; la réunion a prié < le gouvernement belge de provoquer, à cet égard, une ententr entre l'Egypte et les gouvernements de l'Europe ».

Même unanimité quand il s'est agi de coordonner les quarantaines terrestres : « Dans l'état actuel des relations qui existent entre les peuples de l'Europe centrale », déclare un vœu proposé par M. Pacchiotti, c les quarantaines terrestres, les cordons sanitaires, les fumigations des personnes, sont des mesures inutiles et même dangereuses; les fumigations des lettres proprement dîtes sont inutiles ». Et l'asseoiblée est assez d'avis que ( les quarantaines fluviales sont é^lement dangereuses et inutiles à l'intérieur des continents >.

tuent, pour ainsi dire, un domaine commun à toute l'humanité, mais aussi aux questions spéciales qui sont l'objet particulier des poursuites de certains hommes seulement, (juç Shakespeare a atteint, pour les choses de la médecine aussi bien que pour celles des autres professions, une exactitude de renseignements, une rigueur d'expressions qui lui ont permis de ne jamais heurter la vraisemblance, de ne jamais déserter le terrain de ce qui était, de son temps, considéré comme possible, pour s'égarer dnns le domaine de la fantaisie et de l'imaginaire.

Grand exemple à donner à tant d'auteurs qui se figurent pouvoir traiter toutes les questions, même les plus spéciale^ sans en avoir réellement étudié aucune, et qui semblest ignorer que pour être eu état d'instruire, il faut avoir rom* mencé par apprendre.

DV^. FOYILLE.

nigiMh-^ ^OOglP

i8 Septembre 1885 GAZBTTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE BT DE CHIRURGIE — N- 38 — 617

Poussant plus loin, la commission proposait ensuite de déclarer que c les embouchures des fleuves et les ports jdoivent être considérés comme des appendices des mers; les iquarantaines maritimes leur sont applicables, et elles sont

fiossibles en. Belgique, Ttitstoire des épidémies antérieures es faisant considérer en même temps comme efficaces). C'était porter le débat sur le terrain le plus sujet à discussion. Un certain nombre d'armateurs et de négociants d'Anvers, spécialement conviés, se sont en effet empressés de démontrer que tes quarantaines maritimes pouvaient être aisément éludées dans leur port, puisqu'il suffisait d'aller débarquer en Hollande, sur la rive opposée de l'Escaut, où les mesures prophylactique sont loin d'être le plus souvent identiques à celles qui sontezigéesen Belgique; et puisqu'on est d'avis de supprimer les quarantaines terrestres, n est-il pas j^lus logique de ne pas imposer aux rives maritimes de la Belgique une prophylaxie réprouvée sur les neuf dixièmes de ses frontières? Ces honorables négociants approuvent, au contraire, les mesures appliquées en Angleterre, on la quarantaine maritime rigoureuse n'est applicable qu'aux provenances réellement infectées ou aux personnes malades. D'autre part, H. Belval, dans son rapport des plus remarquables, a prouvé, par 1 histoire de six épidémies survenues en Belgique, oue ce n'est qu'à la Hollande, l'Angleterre, la France ou l'Allemagne que l'on pourrait faire remonter l'invasion de la Belgique, et Jamais a des provenances orientales ou méditerranéennes; la Belgique n'a fait que subir, à son heure, la fatale influence qui envahissait successivement les pays du centre et de l'occident de l'Europe. Il est plus que probable que les (quarantaines maritimes n*en auraient pas retardé d'un seul jour l'invasion; à. plus forte raison est-il inexplicable que l'on propose maintenant des quarantaines de sept et de dix jours, alors qu'on ne les prescrit que de cinq jours dans le canal de Suez. D'après lui, les quarantaines en lazaret aux frontières maritimes sont inefficaces, impraticables, illusoires et contraires aux principes sociaux et aux dénuées de la science; un navire contaminé et son personnel doivent être l'objet de mesures analogues à celles qui seraient

f irises pour une maison infectée et ses habitants; c'est par es mesures d'assainissement pré{>arées de longue main et exécutées avec suite qu'on garantira les populations contre les ravages des épidémies.

MM. Brouardel et Proust ont fait toutefois remarquer qu'aujourd'hui les quarantaines maritimes étaient encore nécessaires, mais avec tous les adoucissements que les découvertes de la science permettent d'apporter. Il ne s'i^it pas d'ailleurs d'apporter de grandes entraves aii commerce en ne conservant les navires provenant des ports contaminés que le temps strictement nécessaire pour procéder à la désinfection; si les négociants voulaient actuellement demander davantage, leur proposition risquerait de causer une réaction, qui nous ramènerait au régime des cordons sanitaires. C'est aux armateurs qu'il appartient de faire décréter la suppression des quarantaines maritimes en donnant à la santé publique des garanties complètes; le jour où ils auront soin de n'embarquer au point de départ contaminé aucun homme malade ou suspect, aucune marchandise qui n'ait été désinfectée sérieusement; le jour, en un mot, où toute la police sanitaire du bâtiment sera faite par un médecin, indépendant de la Compagnie, nommé par le gouvernement, les qua- ^ntaines pourront être supprimées, même sur la mer Rouge. Mats c'est là une œuvre internationale, et des réunions, comme celle d'Anvers, auront sans doute le pouvoir d'obtenir des gouvernements qu'ils parviennent à s'entendre à ce sujet. La Belgique ne peut à elle seule supprimer les quarantaines, si les autres puissances voisines la mettent alors elle-même bu quarantaine.

Se rendant à celte opinion, l'assemblée a été d'avis que, les cordons sanitaires et les quarantaines Quviales et terrestres étant impraticables, il convient de les remplacer par

l'observation et la désinfection méthodiquement organisées dans tes stations-frontières par lesquelles les voyageurs des

grandes lignes internationales pénètrent d'un pays infecté dans un pays non infecté. A cet effet, il faudrait rendre les stations aussi aseptiques que possible par la désinfection fréquemment répétée des latrines, des dépôts de bagages et de tout ce qui pourrait paraître suspect; le matériel des trains sortant d'un pays contaminé serait entièrement changé, k la sortie de ce pays, contre un matériel nouveau ; les voyageurs seraient examinés par des médecins nommés par le gouvernement. Un service de surveillance sanitaire analogue serait organisé sur les rivières et canaux, à l'entrée du territoire. De plus, les autorités sanitaires et hygiéniques des différents pSLjs se mettraient en communication directe et sans intermédiaire, chaque fois qu'elles en auront besoin, pour se renseigner ou pour s'entendre sur les mesures urgentes k

[irendre; les différents pays devraient se communiquer tous es jours, par voie télégraphique, l'état général sanitaire du pays, et particulièrement celui des ports, au point de vue des maladies pestilentielles exotiques.

La réunion a ensuite déclaré que c la désinfection aseptique est le complément des quarantaines ; son organisation méthodique et rigoureuse renferme tous les progrès de l'avenir; elle pourra faire réduire la durée et toutes les autres rigueurs de l'isolement et permettra un jour de l'abandonner. Le princijie de désinfecter les navires au point de départ, si celui-ci est infecté, et de les maintenir aseptiques pendant ta durée de la traversée, doit dominer tonte la prophylaxie des maladies pestilentielles exotiques ; son application empêchera la dissémination des germes et permettra de mitiger et peat-êlre de supprimer, un jour, les mesures quarantenaires au point d'arrivée. Un service sanitaire chargé de l'inspection, de la désinfection et de toutes les autres mesures de prophylaxie serait à créer, à cet effet, dans chaque port; ses attributions seraient fixées par un règlement spécial. Le consul compétent, et, en son absence, son suppléant ou l'autorité locale aurait à assurer l'exécution de toutes les mesures sanitaires prescrites. »

Quant aux navires destinés au transport des voyageurs et des émigrants, desservant des ports suspects ou infectés, ils devraient être tenus d'avoir un médecin à son bord, nommé par le gouvernement intéressé ; ce médecin serait chargé de tout ce qui concerne tes besoins sanitaires de l'équipage et des passage». Le navire abord duquel l'organisation répondrait rigoureusement aux prescriptions énoncées, qui aurait exécuté une traversée de plus de sept jours sans toucher un port infecté et n'aurait eu ni malade m mort du choléra, serait toujours admis à la libre pratique, sur exhibition de son livre de bord, de son rôle d'équipt^, de sa patente de santé et des documents sanitaires dont il est question plus haut; une traversée d'une durée moindre devrait être complétée par une mise en quarantaine du nombre de jours manquants . Par contre, les navires destinés au transport des marchandises seraient obligés de remplir les mêmes formalités au port de départ que les navires spécialement destinés aux voyageurs, et à leur bord les soins hygiéniques et médicaux seraient organisés par le capitaine, qui prendrait la place du médecin dans toutes ses attributions et tiendrait le registre de bord à communiquer au service sanitaire du port d'arrivée.

Enfin, les navires destinés au transport des voyageurs devraient être toujours pourvus d'une étuve à désinfection et de moyens d'isolement. Les bâtiments ayant à bord des personnes affectées de choléra ou ayant eu de tels malades pendant les dix derniers jours de la traversée, seraient placés en quarantaine pendant sept jours au moins, déchargés et désinfectés. Les passagers et l'équipage seraient 'débarqués et divisés en petits groupes, pour être surveillés, désinfectés et traités au besoin ; chaque groupe qui n'aurait plus présenté de malades pendant sept jours serait livré à4a

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE HËDEGINB ET DE CHIRUAGIE 18 Sbptbiibrb 1885

libre pratique après désinfection nouvelle du tout, hommes et bagages; les groupes au milieu desquels de nouveaux cas de choléra se seraient produits après leur débarquement, isolement et désinfection, seraient maintenus rigoureusement isolés dans un baraquement aseptique, jusqu'à ce qu'un laps de dix jours se fût écoulé, depuis le dernier décès ou la dernière guerison. Les procédés les plus rigoureux de désinfection seraient appliqués aux habillements, literies et à tous les objets souillés par les cholériques; la commission sanitaire pourrait même ordonner leur destruction par le feu. Les eddavres de cholériques dans les lazarets et lieux d'isolement seraient enveloppés d'un linceul désinfecté au sublimé après avoir reçu une injection désinfectante dans la cavité abdominale, puis placés dans le cercueil, incinérés ou enterrés.

Ces propositions une fois acceptées par l'assemblée, elle a égalment adopté celles d'un intérêt exclusivement local, ui étaient relatives aux mesures de prophylaxie contre le

CQoléra à mettre immédiatement en pratique dans les ports belges; puis elle s'est prononcée à l'unanimité en faveur du vceu complémentaire suivuit, proposé par M. Pacchiotti : c L'assainissement des villes et communes rurales par la propreté s'impose avant tout aux nations comme moyen de s'opposer à 1 invasion et à l'extension des maladies infectieuses. Pour obtenir ces résultats, le Congrès émet te vœu que les autorités centrales aient la direction des mesures sanitaires. >

Dans l'intervalle des séances de ce Congrès, une excursion aux installations sanitaires de Doel, sur l'Escaut, en aval d'Anvers, avait été organisée ; ces installations sanitaires ne furent vues que de loin, mais une descente agréable eut lieu dans un petit port hollandais, à Hamweerd, où Ton peut contempler à la fois la propreté de ce village et les bizarres costumes de ses habitants. Un certain nombre de membres de la réunion visitèrent aussi le nouvel hèpital d'Anvers, construit depuis plus de deux ans, et qui offre plutôt un intérêt de curiosité qu'il ne témoigne de dispositions architecturales dignes d'imitation. On sait en effet que cet hôpital est l'un des trois ou quatre établissements à pavillons circulaires gue l'on compte en Europe, et jusqu'ici on avait laissé celle smKularité à l'Angleterre. Celui d Anvers se compose essentiellement de huit pavillons en tourelles à deux étages ; chaque salle a 5", 76 de hauteur sur environ 60 mètres de circonférence intérieure. On y peut placer ^0 à 36 lits rangés la tète au mur et le pied vers le centre. A chacun de ces pavillons sont joints deux édicules rectangulaires, renfermant l'un les water-closets, tes lavabos, la tisunnerie et une salle de bains ; l'autre, trois chambres d'isolement, donnant sur une terrasse extérieure. Les bAtimenis d'administration et du personnel se trouvent an centre de l'emplacement laissé par les pavillons, placés quatre de chaque cèté de l'axe central de l'établissement. Une chambre d'inÔrmiers occupe le centre de chaque salle. En somme, les chambres d'isolement sont situées sur le passage nécessaire pour tous les services. Quant au chauffage et à la venttlalion, ils n'offrent aucune particularité en rapport avec cette innovation. MM. Monat et Snell, dans leur bel ouvrage sur les constructions hospitalières, déclarent que cet hôpital revient à 9200 francs le lit.

SOCIETES SAVAIfTES

Académie de« seleneea.

SfiANCEDU 14 SEPTEMBRE 1885. — PRÉSIDENCE DR H. BOIJLEY.

Choléra. — HH. BeaufiU, A, Netter, A. Scweitzer, 6. lUarty et J.-A, Cantmro adressent diverses communications sur ce si^et.

Une OPÉRATION THÉRAPEUTIQUE. — M.^. BrOUàH ei!

voie d'Alger une Note relative à une opération IhérapeuiiqiH à laquelle il donne le nom de diélectrolyse. Il indiqne diverses applications de ce procédé, faites par lut au tniltment des fibromes utérins, de la névralgie ovarienitr, <|i rhumatisme chronique, etc.

Académie da mMertav.

SÉANCE DU 15 SEPTEMBRE 1885. — PRÉSIDENCE DE H. BERGEAn^

H. Larrejf prësonio : !• de la part de M. le docteur Autagnùr, U 3* «diii., ^ un DietitMnaire in oilmmff tl 4ei hitUtatu; 9* an nom de H. k iWic TMù*a%, une Note tur le <M4ra tl I« f«$U en P«n» mu la fiMnaUun. 3* da II part d« M. le ëocleur Da»vé, àâs fsMcMi» êUUâtiqua rUUift i k flivre tapkoUe Oatu U 6* corpt tCarmie,

Nécrologie. — - M. le Président fait part k l'AcAdéinie do décès de M. Baudrmontf le troisième membre de l'Andémie décédé depuis ^is semaines: H. FiiiUm donne Wture du discours qu'il a prononcé aux obsèques ds M. bnier et M. Bouley lit une Notice sur la vie et les suvniè H. Magne.

Choléra. — M. Peter continue sa communication sur ii pathogénie, Téliologie et le traitement du choléra, en s'orcupant plus particulièrement de celte dernière partie de sno sujet. Avant déjà fait connaître les résultats qu il a obtenu^ par la révulsion, l'électricité et la glace, il signale les frictions sèches comme lui ayant rendu de grands serrios contre les crampes, les injections sous-cutanées d'éthcr comme étant utiles contre f'adjnamie, ainsi que l'alcool, sous la forme de rhum en nature par cuillerées à cafédr temps en temps, contre le collapsus; il enlevait la snf i l'aide de limonade glacée prise par gorgées et de petits morceaux de glace avalés à l'état de glaçons. Pendant la période de réaction ou (ypholdique, n donnait du lait froiil. additionné de 2 grammes de nitrate de potasse par litre, afin de maintenir la diurèse, ainsi qu'un chotagogue, Iflquf le calomel, et il se gardait bien alors de combattre Udiar rhée, voie d'élimination si favorable du poison; contre 1^ accidents nerveux, il employait le bromure de potassium à la dose de â à 4 grammes et contre la fièvre le sulfate if quinine. Enfin, pendant la convalescence, il surveillait nrH soin l'intolérance de l'estomac, combattue par un vésicatoire ou les opiacés et l'albuminurie par des ventouses sèches sur la r^lon lombaire ou des applications de teinture d'iode. Cf traitement, aussi vaiié que l'étaient les indications, a eu des résultats excellents; l'emploi méthodique du froid ya'>< pour une grande part; tout ce qui pourra modifier le pt«u^ solaire, les splauchniques et le grand sympathique sera bienfaisant dans le choléra. On doit, comme ra dit H. Trastoiir, c exclure, dans le traitement du choléra, toute médiealion sjfstématique et faire uniquement la médecine des indic** lions ». Le médecin en etiet n'a pas à combattre la fiè^' typhoïde ou le choléra en soi, il a à soigner des typhoIdîQu^ ou des cholériques aux diverses phases de l'état morbide doni ils sont atteints.

L'orateur compare les résultats de cette médication i ceux qu'ont obtenus MH. les professeurs Bouchard ^> Hayem à l'aide d'autres moyens thérapeutiques. U m^'''' cation du premier lui parait être la condamnatioa des pr^ positions scientifiques de P. Koch, sans être, par ses rtôuttats, la glorificaton de l'antisepsie appliquée aux lnaladle^ internes. Quant aux injections intraveineuses, si elles on' été inspirées par une idée théorique inexacte, elle^ ''"f loin d'être sans action et peuvent être tentées Aaas la P''' riode algide. En somme, la seule antisepsie '"^«''^f' j„ l'égard du choléra, c'est l'obstacle apporté & la genèse o" poison et c'est & l'hygiène seule qu'if fauUa deouuaer.

18 SEmiiBijfi 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE HËDEGINE ET DE CHIRURGIE

Pourquoi les épidémies de choléra en 1832 et en 1884 dilTArent-elles autant, pourouoi les victimes de cette dernière ont-etles été si pen nombreuses, si ce n'est parce que Paris a été et ne cesse d'être assaini? C'est à l'iiygiène qu'il ap-

Partient de neutraliser le mal cholérique ou d'en empêcher apparition, grâce à l'union si désirable du législateur et du médecin.

M. Le Roy de Méricourt lait remarquer que le meilleur moyen de savoir si le choléra est vraiment une maladie exotique, importable, c'est de rechercher comment il a pu apparaître dans les pays où il était absolument inconnu autrefois, tels les Etals-Unis qui n'avaient jamais été visités par ce fléau avant 1832. 11 a traduit à ce sujet des fragments du Rapport d'enquête adressé à la Chambre des représentants des Ëtats-Unis sur le choléra épidémique de 1873 dans cette partie du Nouveau-Honde. M. Le Roy de Méricourt cite les passages de ce Rapport relatif aux épidémies de 1832, 1833, 1834 et 1835; les faits observés sont autant d'irréfutables arguments contre la théorie de IVigine atmosphérique ou tellurique dn choléra; ils montrent Cjue le choléra ne s'est développée cette époque dans l'Amérique du Nord qu'après que la maladie a été épidémique dans les pays étrangers avec lesquels le continent américain était en communication constante; l'épidémie s'est montrée seulement après l'arrivée de navires provenant de contrées infectées et après l'arrivée des bâtiments qui, pendant leur traversée aux ports d'Amérique, venaient d être infectés de la maladie dans la personne de leurs passagers; il n'y a pas d'exemple, durant l'épidémie, que la maladie ait apparu à l'intérieur du continent avant qu'il se fût écoulé un temps suffisant pour le transport de Finrection des lieux conlamînés sur le bord de la mer par la personne d'individus venant de ces foyers. Les £ails relatés dans ce rapport sont des plus démonstratifs à cet égard; noas engageons k les lire au Bultetin.

Au temps où H. Fauvel venait à la tribune de l'Académie discuter la nécessité de l'établissement sur les bords de la mer Rouge d'un régime quarantenaire contre le choléra, dit en substance M. Jules (ju^rt», il ne manquait jamais d'apporter un ou plusieurs faits qu'il considérait comme affirmant sans conteste la réalité de la doctrine dite de l'importation du choléra. Mais la difficulté est de pouvoir contrôler des faits qu'on ne peut connaître que de seconde main, par des rapports émanant de personnes ou de pays éloignés. Et il est

S rodent de s'en tenir aux faits qu'on observe soi-même. Or î. Jules Guérin déclare qu'il a pu reconnaître et affirmer, d'après des preuves recueillies par lui-même, que toutes les épidémies de choléra observées en France ont toujours été précédées d'une période de manifestations prééjpidémiques, dont la série progressive a toujours constitué l'évolution du choléra lui-même; en d'autres termes, on a toujours en pareil cas constaté la préexistence de maladies qui, sous une forme plus ou moins atténuée, ont précédé le choléra déclaré. C'est ainsi notamment que les choses se sont encore passées à Toulon, à Marseille, l'an dernier et cette année et à Paris l'année dernière. En ce qui concerne l'épidémie actuelle dans les deux premières de ces villes, elle y a débuté dès le mois de mal, et il est vraiment puéril lie rechercher par quelle ■ fissure > le choléra a pu éclater en juillet, alors que tant de cas de choléra, dénommés à. tort cholérînes, gastro-entérites aiguës, diarrhées cholérifornnes, etc., y étaient auparavant observés. El d'ailleurs ne voit-on pas cette maladie, prétendue importée de l'Extrême- Orient, éclater à la fois par des explosions multiples dans des localités n'ayant aucun rapport les unes avec les autres. Il ne faut voir, au contraire, dans toutes les épidémies cholériques que les séries de manifestations évolutives d'une cause inhérente aux milieux mêmes avec des modifications seulement dans la forme et dans l'intensité.

Vaccikation ANTicuoLÊRiQUE. — H. CktuUemMe, au

nom de H. Bumma et au sien, rend compte des expériences ^u'it a faites, dans le laboratoire de H. Cornil, sur les liquides prétendus vaccinaux contre le choléra que M. Ferran leur a envoyés. D'après leurs recherches, le vaccin de M. Ferran n'est pas un liquide de culture invariablement composé. Tantôt c'est une culture de bacilles-vir^ gules impure et tantôt un liquide contenant des masses de micro-organismes, tandis que le bacille-virgule j est absent. Ihns l'un et l'autre cas, l'absorption souS'Cutanée de ce soidisant vaccin ne protège pas contre l'ingestion stomacale d'une culture pure de bacilles-virj;ules faite avec h s méthodes connues; son pouvoir vaccinal s'est montré nul dans nos expériences. De plus, injecté sous la peau des cobayes, même à la dose de plusieurs centimètres cubes, ce vaccin ne fait apparaître aucun phénomène cholériforme; suivant sa composition et la dose injectée, il produit tantôt des phlegmons, suivis d'eschare et tantôt reste inoEfensif. Cultivés isolément,les divers micro-organismes qu'on y découvre possèdent des qualités morphologiques et des propriétés pathogènes différentes; k dose assez considéraole quelquesuns occasionnent la mort.

SmMM mn^mmmâ» de wMeelBe de Pragae.

SfiANGE DU 5 JDIM 1885.

Opération d* Porro dana on ou da huuiu rètrtol. — Cm de gros- Mue extra-ntériM abdomlnala aaoondalra ; laparotomie «TN lanw fatale.

M. Breisky fait la présentation d'une femme de vingt-sept ans, qui, un mois auparavant, était arrivée nu terme de sa première grossesse. Le liquide amniotique s'écoula de bonne heure sous l'influence des contractions utérines. Mais l'examen du bassin rachitique ne tarda pas à démontrer que l'accouchement par les voies naturelles ne serait pas possible. Le bassin était déformé et rétréci dans tojs ses diamètres, mais surtout à gauche. Le fœtus était à terme, bien développé et vivant, et la tête, volumineuse, était arrêtée au détroit supérieur.

Le professeur Breisky pratiqua l'opération eésariennSf par la méthode de Porro modifiée, et l'enfant naquit vivant et vécut. La cicatrice qui est restée démontre que la section a dû être pratiquée sur une grande étendue.

— M. Breisky fait ensuite l'historique d'un cas de 0ros~ sesse extra-utérine^ où l'opération ne fut pas suivie de succès. Il s'agit d'uue femme qui le consulta en 1876; elle avait alors trente-trois ans et avait eu trois grossesses antérieures heureuses, la dernière six ans auparavant. Elle con(iptait accoucher en juillet 1877. Quelques accidents survinrent dans rintervalle, des écoulements de mucus sanguinolent par les voies génitales, des syncooes, des phénomènes d'irritation péritonéale. En février 1877, elle sentit les mouvements de l'enfant; en juin, elle éprouva de violents spasmes vésicaux, et les mouvement de l enfant cessèrent ; peu après, le volume de l'abdomen diminua, les seins se ramollirent et tout écoulement par les voies génitales cessa. A cette époque, au palper, on reconnaissait, dans l'hypochondre droit, une tumeur peu mobile, fluctuante par places ; l'utérus présentait le volume d'une pomme et pouvait être nettement délimité. On établit le diagnostic de grossesse extra-utérine, probablement de grossesse abdominale secondaire, avec lithopsedion commençant.

Depuis lors, jusqu'en 1883, on remarqua quelques symptômes d'irritation péritonéale et de la gène du côté de la miction, qui était devenue de l'ischurie caractérisée. La tumeur persistait, mais diminuait de .vplome. r\r\rs]i>

En mai 1885, la malade pteâ» W-^ftijfod^ 1^ septicémie; l'urine était purulente et dégageait des gu mé-

MÉDECINE ET DE CHIRURUIB 18 Septembre 1885

phitîques. Divers autres symptômes encore permirent de reconnaître une tumeur de la vessie. A ce moment, la tumeur se réduisait au volume de deux poings, était dure, insensible et privée de mobilité, et donnait un son tympanique à la ercussion. La laparotomie fut décidée pour remédier à cet tat de choses. L incision fut pratiquée au-dessous de Tombtlic, et, comme il n*y avait pas d'adhérence entre la tumeur et le péritoine, le feuillet pariétal du péritoine dut être incisé; on trouva des adhérences circonscrites avec l'épiploon,le mésentère et la paroi abdominale; le sac fut suturé avec l'incision longitudinale, puis ouvert. Il s'en échappa des gaz méphitiques; on enleva les os du fœtus en partie avec les doigts, en partie avec la pince à polypes. Finalement on lava le sac avec une solution d'acide phenique à 5 pour 100 el on le garnit de gaze iodoformée. Le pansement fut renouvelé le plus souvent possible. On n'observa pas de péritonite diffuse consécutive et la plaie ne fut presque pas douloureuse. Hais elle garda un aspect alonique et blafard. Le pouls, qui était à iw avant l'opération, tomba i 120 immédiatement après; malgré celte amélioralion apparenle, la malade perdit rapidement ses forces, et succomba au bout de trois jours.

H. Chiari fit l'autopsie du cas précédent. Il n'y avait effectivement pas de péritonite diffuse, mais une exsudation purulente, ichoreuse, circonscrite dans la moitié gauche du grand bassin. Les résultats de l'autopsie, qu'il expose dans tous ses détails, permettent de reconnaître qu'il s'est agi d'une grossesse tubaire à l'origine, puis devenue abdominale; le fœtus, arrivé presque & maturité, se transforma, après sa mort, en lithopaêdion ; mais, lorsque la communication de l'œuf avec la vessie s'établit, il subit la fonte putride. La communication avec la vessie a été probablement le résultat d'une pression continue, croissante par suite de ta rétraction incessante du sac, que le fœtus a exercée sur la vessie, ce que démontre l'existence d'un diverticulum dans la paroi du sac au niveau de la communication ulcéreuse.

Ainsi, malgré ta formation d'un lithopœdion, il peut, dans des conditions données, se produire une destruction putride du fœtus avec issue fatale pour la mère.

H. Chiari mentionne encore un cas analogue, qu'il communiqua, en 1878, à la Société des médecins de Vienne, et dans lequel la grossesse avait été d'abord interstitielle; il y avait eu également formation d'un lithopaêdion, mais l'œuf s'était mis en communication, dans ce cas, avec une anse de l'iléum.

M. Breisky admet l'interprétation de Chiari au point de vue de l'origiue tubaire de la grossesse, et confirme sa manière de voir sur la manière dont a dû s'établir la communication avec la vessie; il avait en effet découvert, pendant l'opération, le diverticulum du sac fœtal, et en avait retiré un os long du fœtus qui y était engagé.

. SÉANCE DU 3 JDILLBT 1885.

&nportaaoe dM oMUlatleu dm la nappe sontarralne av point ds T1M des èpidtenlw.

H. Soyka fait une communication sur les oscillations de la nappe souterraine, question éminemment intéressante au oint de vue de la propagation des épidémies. Petteiikofer a tabli en théorie ces dernières années que des conditions locales et saisonnières sont requises pour expliquer la marche de certaines épidémies. La conférence réuoie récemment à Berlin, à roccasion du choléra, n'a pas absolument nié la manière de voir du savant de Munich, et Vircbow a sous ce rapport nettement exprimé l'opinion de la conférence en disant: < Ce que nous savons actuellement du bacille en virgule n'exclut en aucune manière la possibilité pour celui-ci de se conserver et de se multiplier dans le sol dans des conditions données > ; Koch ne nie pas davantage l'influence de

l'humidité du sol, surtout dans ses couches snperfiùeUes, su l'invasion des épidémies, mais il la considère seolenieBi comme l'un des nombreux facteurs qui interviennent ici; h sol, selon lui, influe sur le choléra, non par sa constitntin géologique, mais par sa texture physique. Les fermeDlatioas c|ui ont lieu dans les couches superlîcielles sont d'une graiult importance.

Cette manière de voir se rapproche beaucoup de celle qu'i émise Petlenkofer à l'origine. M. Soyka a fait faire un nouveau pas à la question en recherchant comment les oi^nismes inférieurs, pathogènes ou autres, se comportent dan^ le sol, tant au point de vue biologique que physique.

On peut résumer la théorie de Pettenkofer sur la sappr souterraine dans les quatre propositions suivantes:

1" 11 y a dépendance entre le choléra et le typhus, d'unr part, et le degré variable d'humidité du sol d'autre part,cr dernier étant lié aux sollicitations de la nappe souterrune;

Cette dépendanee est caractérisée par l'explosion m l'aggravation des épidémies lorsque la nappe souterraine ^'abaisse, par leur disparition ou leur atténuation lorsqne h nappe souterraine s'élève ;

^ 3» La nap^e souterraine n'agit pas comme cause d'infeetion ; ses oscillations indiquent simplement si l'infection peut ou ne peut pas avoir lieu ;

A" Pour que des maladies infectieuses prennent naissance, la présence d'un germe spécifique est indispensable.

M. Soyka insiste sur l'influence que l'abondance des pluies: exerce sur le niveau de !a nappe souterraine; d'après lui, il y a une relation directe entre les deux ; d'après des observations faites pendant une période de vingt-cinq ans, à Munich, il est arrive à ce résultat que le niveau de fa nappe souterraine s'élève lorsqu'il pleut beaucoup, et que, d'autre part, il atteint son minimum avant que la quantité de pluie alteipu le sien.

Il est indispensable de rechercher par quelle voie l<s germes infectieux arrivent à la surface du sol. Or la nappr souterraine, en s'abaissant, change le degré de concenlratios des éléments nécessaires à la nutrition des chainpigoons; pour leur propagation, un degré donné de concentration e$l nécessaire, mais l'activité vitale de ces champignons peutsr trouver suspendue lorsque l'humidité du sol a atteint un degré minimum donné.

Les champignons peuvent arriver à la surfàce du sol et par suite en contact avec l'homme par deux voies différentes. L'un des véhicules est l'eau, l'autre l'air. On pensait que par l'abaissement du niveau de la nappe souterraine, des courbes du sol, qui auparavant ne se trouvaient pas en contact aver l'air, arrivent à communiquer avec lui, d'où résulterait une ascension des champignons par suite des échanges incessants qui se font entre l'air extérieur et celui du sol. L'expérience apporta un démenti à la théorie et conduisit Nœgeli et Buebner à établir la leur.

Sans insister, M. Soyka arrive à ses propres expériences : [ur la partie inférieure d un verre piriforme s'engage un tube de verre, rempli de terre ; ce vase renferme de la gélatine êt es' bouché en haut; lorsqu'on trempe le tube dans un liquide renfermant des champignons, ce liauide s'élève d'abord npidement dans le tube, puis plus lentement, et au bout de deux jours les champignons commencent à se développer dans la gélatine. On ne peut objecter à celle expérience que les champignons avaient végété à travers la terre, en suivant ses interstices capillaires, car on s'est servi de champignons dont la vitalité était complètement épuisée. On ne peut aavantage objecter que les champignons se sont trouvés eu contact avec une terre capable de favoriser leur développa ment, car la terre employée était composée de matériau! indifférents. Toutes les expériences donnèrent le même résultat : un courant capillaire continu s'établit de bas en haut; ce courant entraîne les champiggpn8jp0^Ôf^*^> " ils s'accumulent et se propagent. O

i8 Septembre 1885 6ÂZ8TTB UBBDOMADAIRK OK MfeDBGINE KT D£ CHIRURGIE

REVUE DES JOURNAUX

Tmx ddi^dwM d'nM «érrMe Am triluie««, par

M. L. WiLLE. — Il s'agit d'une variété de toux nerveuse dépendant d'une irritation des extrémités des rameaux nerveux du trijumeau, particulièrement des rameaux émanant du ganglion sphéno-palatin et du nerf ethmoldal. Elle peut donc avoir pour point de départ l'oreille, le pbarynx et le nez. D'après l'auteur, c'est la variété de toux paltïologique la plus fréquente; c'est ana névrose qui consiste, le plus souvent, en un réflexe nasal, et elle peut être considérée comme une transformation pathologique de l'éternuement. Celte névrose peut coïncider ou non avec une altération anatomique des fosses nasales, et arrivée à son plus haut degré constitue Vasthme nerveux. Tout traitement local qui gêne ou modifie les fonctions réflexes dans In sphère du trijumeau est susceptible de produire une amélioration ou même la guérison, {Deutsche med. Wochenschrift, 1885, n*" 16 et 17.)

Be la frémcntm de teelUea dus l« «ans «( éamm l« ■«« d« l« rmu, dmmm im vmm de ««Wrealvae MllIaiM

6ar H. L. Rutimeyer. — Weigert^ avant la découverte par och du bacille de la tuberculose, avait supposé que linfection générale de l'oiganisme était due à l'irrupUon dans le sang d'un foyer de tuberculose. Weichselbaum {Wiener med. Wochenachr., 1884, n** 12 et 13) et Heisels {ibid., 1884, n«* 39 et 40^ confirmèrent cette manière de voir et trouvèrent des bacilles dans le sang. Ce caractère étant pa> thognomoniquc, on voit la possibilité d'établir le diagnostic, pendant la vie, par l'examen du sang tiré de la veine. Malheureusement te nombre de bacilles est très restreint en général; aussi a-t-on songé à examiner du suc de la rate obtenu par une ponction avec la seringue de Pravax. Le suc de la rate parait renfermer, en effet, un plus grand nombre de bacilles que le sang. Rutimeyer a pu ainsi assurer le diagnostic dans deux cas de tuberculose miliairo aiguë. (Centralblatt f. klin. Medicin, 1885, n" 21.)

De la réMTClMe «oanae aatldele de la raphaate, par

M. Jusius Akueeh. — La raphanie, due à l'ingestion de radis altérés, est devenue une maladie rare aujourd'hui; jadis on en observait de véritables épidémies. Andeer en a vu deux cas chez le përe et le fils; les douleurs étaient d'une violence extrême; elles disparurent après Tadministration d'une à deux doses massives de résorcine. Gomme, par s£s symptômes, la raphanie présente une certaine analogie avec l'ergotisme, l'auteur pense qu'on pourrait également essayer l'emploi de la résorcine dans cette dernière intoxication, ainsi que dans celle par les fraises et dans diverses autres. {^rztiiches Intelligenz-Blatt, 1885, n" 19.)

CaatrllMitlatt espérlamilale * l'élade dm aerf» de la peaa aa yalat de vae de lear ëaerfle •péel>%aey par

H. Hagn. Blix. — Les résultats de ce travail, accompli au laboratoire de physiologie d'Upsal, peuvent se résumer comme il suit :

1* La peau est munie de trois appareils nerveux distincts: l'un pour le sens de la chaleur, l'autre pour le sens du froid, le troisième pour le sens du toucher;

3* Par l'emploi d'excitants appropriés, soit électriques, soit spécifiques, on peut arriver à déterminer leur situation locale, du moins dans les couches les plus superficielles de la peau ;

3" II n'existe pas dans lu peau d'apparcit nerveux spécial iiour te sens de la douleur. (Zeitschrift fûr Biologie, Bd XX-XXI, 1884-1885.)

Be l'exIaicMe dea caecna de la fmtmmammi» dana l'air,

par H. Pawlowsky. — Cet auteur pense avoir démontré :

1" Les propriétés pathogéaiques des micro-organismes de

l'atmosphère;

3* La nature de ces micro-oi^nîsmes, qu'il considère comme des diplococeus du croup.

Récemment Emmerich {Zeitschr.f. Biol.) a découvert ces diplococeus au-dessus des plafonds crune prison, où la pneumonie a régné épidémiquemeni pendant des années. Ce même auteur a obtenu une pneumonie expérimentale, chez des animaux, en leur inieclant ces micro-oi^anismes, multipliés par la culture. {Berhner klin, Woekenschrift, 1885, n<* 22.)

CraaMMe aprte mnm ovartIiMie dairiUle, par H. SCHATZ.

— Cas extrêmement curieux de menstruation et de grossesse après une ovariotomie double. La trompe droite et une très

ftetite portion de l'ovaire droit étaient restées intactes. Ce ait prouve bien que la grossesse est possible, même s'il ne reste qu'une faible partie de rovatre, et que la trompe est susceptible de recevoir l'ovule aussi bien d un petit que d'un grand ovaire. (Centralblatt filr Gynëkologie, 1885, n'SS.)

ravalyale a Mgmwm, par M. Alb. PcENSGEEV. — Le froid

produit une ischémie musculaire riui est suivie régulièrement d'une nécrobiose facile à expliquer, grâce à la richesse du système capillaire des muscles^ celte nécrobiose entraîne à son tour une inflammation du tissu musculaire. La dégénérescence parencbymateuse en est la conséquence, et ainsi la paralysie s'explique aisément. {Deuteche med. Wochentc*H^»,1885,n-^0

Spllep»te gaérle par rexCirpattoa d'aa polype aaMU,

par M. FiNCKË. — Depuis quelques années Lôwe, Hartmann et Hack avaient observé des cas d'attaques épileptiformes ou de névroses provouuées par le gonflement de fa muqueuse pituitaire ou la déviation de la cloison des fosses nasales. Fincke, en examinant le pharynx d'un épileptique, découvrit par hasard un polvpe des i'osses nasales; il réussit à le saisir par son pédicule et i l'extraire. A partir de ce moment, il ne se produisit plus d'accès d'épilepsie cbei le malade. L'explication de ce fait est difficile à donner; la muqueuse pituitaire, celle du pharynx n'offraient aucune irritabilité réflexe ; y avait-il réflexe sur les nerfs vaso-moteurs du cerveau t L'auteur est plus enclin à croire que par suite de l'obstruction des fosses nasales par le polype muqueux, volumineux, la respiration se trouvait gênée surtout pendant le sommeil, par suite la circulation veineuse du cerveau entravée, d'oii accumulation de sang chargé d'acide carbonique dans cet organe, avec phénomènes épileptiformes consécutifs. {Deutsche med. Wochenschriftj 1885, n" 4.)

De l'hérédité de la taberenlose, par M. WahL. —

D'une longue étude sur Thérédité de la tuberculose, l'auteur a tiré les conclusions suivantes, les seules rationnelles dans l'état actuel de la science :

1° L'hérédité parasitaire, celle qui résulterait du transport de l'affection parasitaire par le germe mâle au nouvel être lors de la conception, par le liquide nourricier de la mère au fœtus pendant la vie intra-utérine, cette hérédité est possible, mais non encore démonirée. C'est ce qu'on appelle encore l'hérédité de la graine.

3* L'hérédité de la tuberculose s'explique mieux par la transmission des ascendants à Tenfant de certaines particularités anatomiques ou physiologiques anormales, qui constituent la prédisposition, en d'autres termes en fout un terrain favorable au développement du bacille. C'est ce qu'on appelle l'hérédité du terrain.

3° La nature vraie de cette préilisposition n'est pas connue; elle consiste probablement en anomalies des écnanges nutritifs, par suite desquelles se trouve favorisée l'influence toxique qu'exercent sur l'organisme les combinaisQqsi^miques qui prennent naissance Dki^tidacdléirelopiwTCflfJeC bacilles. ^

GA2BTTS flEBDOHADAIRE DE HfiOECINB ET DE CHIRURGIE 18 SEmMBse 1885

4" Dans un grand nombre de cas, l'hérédité n'est qu'apparente ; le plus souvent il s'agit de tuberculose acquise précoce, contractée par une sorte d'infection continue, comme cela a Heu par la cohabitation avec des individus tuherculeui. (Détttsche med. WochentchrifU 1885, n»* 3-7.)

TmhereHlMQ dea (•!■«• tMidtBWM*, par H. BeGëR. — La tuberculose des gaines tendineuses est rarement primitive, le plus souvent secondaire, et dans ce dernier cas se développe ordinairement dans le voisinage d'un foyer tuberculeux des os. Elle est diffuse ou circonscrite. La gaine s'exfolie, la lésion s'étend, peut traverser la peau, et il se forme alors un ulcère fistuleux. Souvent la tuberculose chroniques des gaines aboutit à la suppuration et celle-ci se produit par Je même mécanisme que les abcès tuberculeux du tissu conjonctif. Le diagnostic de ces lésions n'est pas tou-

i'ours facile; on reconnaît par une ponction eifploralrice les ijTgromes, les kystes, etc., tandis qu'il est très aifficile de les distinguer des gommes syphilitiques; souvent on ne reconnaît la nature de la maladie que pendant l'opération. Les

Î;aines tendineuses des doigts sont le si^e de prédilection de a tofoerculose primitive, les gaines des muselés extenseurs du pied et des péroniers, le siège de prédilection de la tuberculose secondaire, grâce au voisinage des os du tarse si flréquemment atteints de la tuberculose. Dans certains cas, existe en même temps de la tuberculose pulmonaire. L'extirpation opératoire des gaines malades est facile et favorable au point de vue de la non-récidive quand la lésion est circonscrite ou n'a pas encore gagné la peau ; dans les autres cas, l'amputation du membre est quelquefois nécessaire. Le massage, préconisé par Vogt, doit être sérieusement banni ; il peut avoir pour conséquence ta suppuration. (Deut. Zettschr, f. Chtrurg., 1884, Bd XXI, H. 3-4.)

TmvMK A eOBMdter.

Action phtsiologiqub du Grlndeua robosta sdh le «bur BT LA CIRCULATION, par H. W. DoBROKLOosKY. — La Brindetia robusta est une composée de l'Amérique du Nord qu'Ayres (de &in-FraDcisco) a introduite dans la thérapeutique dès 1867. Depuis on l'a employée avec succès contre l'asthme, les troubles fonctionnels du cœur et la toux des phthisiques. L'auteur a entrepris des recherches sur les aairoaux avec l'extrait fluide de cette plante, tel qu'il l'a reçu d'Amérique. Ses expériences ont jusqu'à présent

Jorté sur des grenouilles; il a surtout constaté un rat en lisse ment es baltemeutsdu cœur; de plus, l'excilabililé des nerfs disparaît avant celle des muscles. Il ne donnera de conclusions déflnitives qu'après avoir terminé ses expériences sur les animaux à sang chaud. {Centralblatt f. d. med. Wissensckaften^ 1885, n° 19.)

Traitement de la trichinosb, par M. Fieoler. — Il ne peut être question de traiter la trichinose lorsque le parasite s'est déjà enkysté dans les muscles ; mais, si l'ou suppose qu'il y a encore des embryons ou même des vers adultes dans l'intestin, on doit pui|rer énei^iquement, puis administrer de la glycérine asseï concentrée ou de fortes doses de cognac, dans le but de déshydrater les trichines et de les tuer ainsi; en même temps le régime sera sec. (Deutêchea Arckic /. klin.Mtdici», fidXXXVll, H. 1-3. 1885.)

Influence des bains chalds sur la respiration. Contribution A l'étudb de la chaleur animale et de la fièvre, par M. Speck. — La conclusion la plus remarquable de ce travail, qu'il fout lire dans l'original, c'est que l'équilibre de température dn corps ne dépend que des déperditions de cnlorique et en aucune manière de la production tliennïque; la fièvre n'est pas due & une altération de cette dernière, ou i des oxydations inlra-organiques exagérées, mais À une diminution de la perle de caloriqno. (Deutscluê Arckiv f. klin. Medicin, Bd XXXVH, H. 1-2, 1885.)

BIBLIOGRAPHIE

RevHM aHeatM^wM publiées ^r le joarnat la Bipubii^uf française, sons la direction de M. Paul Bert, membre de l'Institut. Septième volume. Paris, G. Hasson.

AnasthStte. — aXaladlM mlorobUnoM- — Audition ootete. -Posta de sang. — L'homma droit ■( llioinma gmohe. — La ebantatta oèribrala. — TroaUH do l'imiio dos olgnoo. ote.

Cette série de Revues, qui se poursuit avec réguliriir depuis sept années, forme déjà' un très intéressaot tableau des progrès de la science moderne. H faut dire des scienct! modernes ; car toutes y sont comprises, même ragricuiture. Le présent volume est assez riche en sujets médicaux : Vanesthésie par les mélanges titrés de chloroforme H d'air; faudition colorée; les nouvelles taaladies microbiennes; le microbe du paludisme; le microbe et la mdnation de la fièvre jaune la classification générale in microbes; lespoudres de viande et de sang; l'hommednit et l'homme gauche; la circulation cérébrale Saprii M. Mosso; tes résultats de la méthode anesthésiqite d'apn M. Paul Bert; les troubles de Vusage des signes; le reni» de la vive; l'hérédité de la couleur des yeux; Vassainisttment de Paris; la physiologie de la marche. La plupartd» travaux qui se rapportent aux sujets traités sont connus de nos lecteurs, particulièrement ceux de M. P. Bert. Un mol seulement sur deux ou trois points.

Les Revues scientifiques s'arrél^nl peu aux question> d'historique, et il n'y a pas lieu dès lors de leur reprocher un oubli quand elles ne mentionnent pas un antécédent, une priorité. Cependant nous sommes un peu surpris, ici comme dans d'autres circonstances, que, lorsqu'on vient à parler de l'emploi alimentaire ou thn^peotique des poudres de sanj, on ne mentionne pas le véritable inventeur et le premier théoricien de celte pratique, qui est le brave Foy, tle soo vivant pharmacien en chef de l'hôpital Saint-Louis. M.D^ bove, M. Paul Regnard, H. Laborde, cités dans l'artide comme fauteurs de la préparation, ne se plaindraieni ceriiinement pas de cet acte de justice. Encore faudrait-il ajouter que remploi du sang des animaux comme aliment ou comme médicament remonte à une très haute antiquité.

L'audition colorée mérite une attention particulière. I^ phénomène est brièvement^ mais très clairement décrit daoi cet ouvrage. On sait qu'il consiste en ce que le son engendre quelquefois, outre la sensation auditive, une sensation lumineuse. Le même son, celui de telle ou telle voyelle, exemple, ne produit pas la même sensation oculaire cm toutes les personnes douées d'audition colorée. Un étuiliiiil cité par Lussana voyait la voix de basse notrf, celle de baryton marron, celle de ténor gris clair. Le rapport du son avec le ton de la couleur chez une même personne paraii très fixe. L'auteur du présent article en a eu la démonslnilion bien décisive. Il y a trente ans, quelqu'un lui (f^clan ne pouvoir entendre prononcer eu prononcer lui-même son nom sans percevoir une couleur de nuance rouge. Ceitt année, sans mftme se rappeler cette déclaration, il en fi' î"" exactement pareille. Nous nommons notre auteur ; ces M. Emile Trélat. Nous devons répéterque cela remoBteàlreilf ans, et nous nous demandons, sans avoir le moyen de le wnfier sur-le-champ, à quelle date remontent les observatii»"* de Mussbaumer, cité comme auteur de la découverte.

Un autre chapitre à consulter, parce qu'il porte sur un sujet peu connu, est celui qui traite de l'homme droit tio( l'homme gauche, d'après les études du docteur GaÉlan vtlaunay. Au point de vue anatomique, le côté droit d'i cnrj^, dans son ensemble, est plus lourd, plus développé' 1"^ côté gauche. Au point de vue physiologique, les organes d mouvement, ceux des sensatipnasonjhfdus/^ qu*âgauche;.on se sciÇi^iiâïKïâMNlf]^^

i8 SgPTEji8R£ 1885 GAZETTB HfiBDOMAAAIRE DB MÉDEGIMB Et DE GHIRURGIK

on enjambe une barrière en commençant par la jambe droite; on regarde plus volontiers à droite qu'à gaucUe, et c'est pour cela qu'on commence la visite d'un musée par le côté droit. Enfin, sous le rapport pathologique, le cdté droit est d'abord et plus gravement affecté par Ta goutte, les phlegmasies, les viruSf les poisonSj tandis que le côté gauche serait surtout frappé par des maladies dues au défaut de nutriUon : anémie, chlorose, phUusïe, hystérie, maladies chroniques. Mais tout cela ne se rapporte qu'à l'adulte. L'homme commence par être gaucher : les enfants prennent leur gauche, montent un escalier en commençant par la jambe gauche, croisent la jambe gauche sur la droite ; et ces faits sont en rapport avec cette constatation, faite parParrot, que, chez l'enfant, I hémisphère droit est plus lourd ^ue le gauche. Enfin, au point de vue anthropologique et ethnique, d'après H. G. Delaunay, l'évolution ascendante irait de la prédominance du cerveau droit, que l'on rencontre chez les individus peu avancés en évolution races inférieures, femmes, enfants, idiots) à la prédominance du cerveau gauche, qui caractérise les races supérieures (l'homme, l'adulte, l'individu intelligent). Au contraire, révolution descendante irait de la prédominance du cerveau gauche, ^u'on observe à l'&ge adulte, à celle du cerveau droit, qui caractérise l'extrême vieillesse.

Le chapitre relatif aux trottble$ de Vuêage des signes donne lieu à une remaraue déjà faite au sujet de la poudre de sang. On ne prête qu aux riches, et c'est pourquoi l'autopsie dans laquelle Broca a trouvé en 1861, chez un aphasique, une lésion de la troisième circonvolution frontale gauche est toujours représentée comme Valpha de ce qu'on sait aujourd'hui sur le siège de la faculté du langage dans le lobe gauche du cerveau. Et toiyours aussi nous nous faisons un devoir de rappeler le mémoire des docteurs Dax pire et Gis, publié en 1836 et que la &ai«fte a reproduit en 1865. Du reste, les recherches de H. Féré, analysées dans ce volume des Revues scientifiques, sont très intéressantes. H. Charcot y est cité à diverses reprises. Notre éminent ami est en train d'ajouter un chapitre à cette histoire des troubles de l'usage des signes. Ce chapitre concerne la manie des noms. Nous aurons occasion d'en parler.

IhsGASES OF THE HBART, etc. Maladies du cœur et de l'aorte thùracique, par Byrom Bromwell. — Diskasbs of thb spinal CORD. Maiadies de la moelle, etc., par le mètae. Edinburg, YOUNG J. Penliand. — Mous (sommes bien en retard pour annoDcer ces deux volumes, qui sont pourtant tout à fait dignes de la faveur des praticiens. Le premier surtout est, sous forme de traité, un travail très personnel en ce ({ue l'auteur, en parcourant un sujet, n'avance qu'avec l'appui d'observations personnelles et après vérification des données qui doivent servir A l'ex-

fiosilion du sujet. Non qu'il entre dans le récit des cas particulers ou des recherches expérimentales; mais ses descriptions analomiques et anatomo-palhologiques^la vérité des figures représentant les lésions du cœur et de l'aorte, les diagrammes relatirs aux points cardiaques et aorliques, tout indique une grande connaissance personnelle du siijet. L'auteur a placé en tète de son ouvrage deux excellents chapitres consacrés l'un à l'anatomie uormale et A la physiologie du cœur, l'autre à la oatholoffie générale de cet oi^ane ; et, i la fin» sous forme d appendkSt an chapitre concernant les cardiographes. Quant aux sphygmographes, ils sont étudiés dans le cours de l'ouvrage.

Nous avons remarqué, en parcourant, dans le Traité deM. Bromwell, les appréciations relatives aux questions litigieuses de la pathologie cardiaque et aortique, qu'il met en cause des opinions et des auteurs anglais peu ou point cités dans les ouvrages analogues les plus consultes. Sous ce rapport encore il pourrait être unie à un lecteur français.

Le Traité de$ maladies de la moelle est conçu de la même manière, et n'est pas moins recommandable. Le public en a d'ailleurs Jugé ainsi, car c'est une seconde édition que nous avons

sous les yeux. La partie anatomique normale et la partie physiologique ont ici un grand développement ainsi ^ue dans le Traité des maladies du cœur. C'est une étude à peu près complète, c'est une excellente préparaliou à l'intelligence des phénomènes symptomatiques exposés plus loin. Le nombre des planches a du aussi être plus considérable ; on en compte plus de quatre-vingts, d'une très bonne exécution.

Bref, ces deux ouvrages, dont nous regrettons que le défaut d'espace ne nous pennette pas de rendre compte, font le plus grand honneur ft rauteur, et l'éditeur a droit aussi ides éloges pour une aussi bonne exécûtion typographique.

Les baux minérales kt les maladies chroniques, par le docteur Durand-Faroel, membre de l'Académie de méoecine, médecin inspecteur des eaux de Vichy, i vol. in-IS; 2* édition, 3 Ir. 50. Paris, Alcan. — Ce livre est la reproduction du cours professé par M. Durand-Fard el à l'Ecole pratiqua de la Faculté de médecine de Paris. L'aulenr, laissant de cdie les développements lopographiques et pathologiques renfermés dans son Traité thé' rapeuttque des eaux minérateii, dont la troisième édition a été publiée en 1883, s'en tient aux données d'applications pratiques qui se rattachent à la etaesifiet^ion et à la spéeiati$atiQ» des eaux minérales ; c'est donc un véritable guide des médecins daqs l'application des eaux minérales au traitement des maladies chroniques.

AiDE-MÉHOiRE d'anatohie, par m. Alexis Julien, i vol. in-lS. 0. Ooia. — Ce petit livre est f ppelé i Ateiliter singulièremoit l'étude de l'anatomie des muteies, des tigamêntSt des vaisseaux et des nerfs.

Inaugurant une méthode à la fois simple et claire, l'auteur nous montre, rationnellement disposées dans une série de tableaux parallèles, des notions qu'on ne rencontre qu'éparses dans les ouvrages classiques de grande étendue. Cette disposition typographique, qui procède d'un esprit vraiment scientifique, fait passer sous les yeux du lecteur chaque groupe d'organes, dont elle met les relations en évidence : c'est ainsi que les nerfe crâniens, les ganglions du trijumeau, etc., sont exposés et suivis de leurs origines & leura terminaisons ; que les soixante-huit muscles' de la colonne vertébrale sont décrits en quatre pages de ce traité minuscule, qui deviendra, avant peu, le vade meam des eamlidats au deuxième examen du doolorat, et randra d'utiles services au praticien en lui épai^nant des ratmarches souvent longues et pénibles.

L'année médicale : résumé des progrès réalisés dans les SCIENCES MÉDICALES, publié SOUS la direction de M. Bouhneville. Paris, Pion. — Ce petit volume, qui est le septième de la série, comprand l'année 188i. Il est do 400 pages environ.

AlDB-HÉMOmE ET FORMULAIRE DU MÉDECIN PRATiCIBN, par

M. L. DucHESNE. 1 vol. in-12 de 374 pages. Paris, Oct. Doin. — Contient un tableau extrêmement succinct des principales maladies qui se rencontrent dans la pratique usuelle, eu mettant en regard le traitement ^onployé. Fait partie de la bibliothèque de poche.

Recueil d'observations de souffles EXTRA-GARDiAQtrES, par le docteur M. Rarion (d'Eu). Thèse de Paris, 1885. -— A. Davy. — L'étude des souffles extra-cardiaques, depuis Lainnee jusqu'à nos joure a préoccupé bien des observateurs et a donné Keu à des interprétations ualnogéoiques très diverses; c'est une question dont tous les points sont encore loin d'être complètement résolus, et qui malgré les travaux dePotain et de ses élèves présente encore plus d'une obscurité. Si, dans certains cas, le souflle perçu à l'auscultation de la région préeordiale s'affirme comme un bruit extra -cardiaque par son timoré élevé, par son caractère superficiel, par son rythme méso-systolique, par son siège particulier, diffèrent des foyers d'auscultations vatvulaires et en relation manifeste avec la situation de la languette pulmonaire précordiale, par son inconstance et sa mobilité suivant les moments de l'examen, la position du malade, les mouvements respiratoires, dans d'autres cas, au contraire, il offre une interprétation bien plus embarrassante et laisse le clinicien dans l'incertitude. Et pourtant, le diagnostic certain de cette variété de souffle à la région précordiale oŒre une importance considérable dans la pratique : si le bruit perçu est un souffle cardto^iRn^d p malade est atteint d'une affection grave, le plus souvent^^nique, incurable, menaçant la vie à plus ou moins longue

m ~ N* 38 - GAZETTE HEBDOMADAIRE DE

MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 18 Septembre 1885

échéance et nécessitant une thérapeutique appropriée et une hy-

Î;iéne sévère; si c'est au contraire, un soufue eœtra-cardiaque, e sujet n'offre pas d'affection du cœur el, s'il n'a d'ailleurs quelque autre maladie, il peut être considéré comme bien portant et exempté de tont traitement, de toute entrave à son genre de vie ordinaire. On comprendra mieux ce que l'étude de ces souffles comporte de sérieux ialérét et de penptcactté clinique, en lisant le consciendeux travail du docteur nabion qui renferme de précieux documents sur la niatière.

Nécrologie : Baudrihont. — M. Ernest Baudrimont, dont H. le président de l'Académie de médecine a annoncé la mort dans la dernière séance, était docteur ës sciences^ professenr à TEcole supérieure de pharmacie et directeur de la pharnacieccntraledes hôpitaux. Il était le neveu de celui qui avait (tisputé, il y a une cin<{uantaine d'années, la chaire de chimie à J.-B. Dumas. On doit ft M. Baudrimont de nombreux travaux de chimie, un mémoire sur la théorie de la formation des eaux minérales, sur le bromure el le chlorure de phosphore; mais les médecins lui seront particulièrement reconnaissants de son Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires, médicamenteuses et commerciales, qui est la sixième édition du dictionnaire de Chevalier, mais qui est devenue depuis longtemps l'œuvre personnelle de H. Baudrimont.

Clinique chirorgicale. — H. le docteur Picqué, chef de clinitfue chirurgicale à l'HAtel-Uieu de Paris, est nommé chirurgienac^oinl des asiles publics d'aliénés du département de la Seine.

HApital Necker. — M. P.-M. Archnmbault est nommé aidepréparateur du laboratoire de clinique ehinirgictle a la Faculté de Paris (hôpital Necker).

Faculté de médecine de Nancy. — Sont désignés pour professer pendant l'année scolaire 1885-86, MH. les agnigés et chargés de cours :

Cliniques. — un. Rohmer : Climuue ophthalmologique ; Démange : Clinique des maladies des vieillards; Spillmann : Clinique des maladies syphilitiques; A. Herrgott: Clinique des malades cutanées el scrofuleuses ; Unglois : Clinique des maladies mentales.

Semestre d'hiver (Cours). —• MM. Bagoéris : Cours complémentaire de physique médicale ; Garnier : Chimie minérale et chimie organique; Hacé : Histoire natnrelle médicale; A. Herrgott : AccoucncmeDis.

Exercices pratiques,— MM. Garnier : Manipulations chimiques ; Hacé : Histoire naturelle et botanique; Baraban : Histologie; Rohmer ; Bandages et appareils ;SpillmaDn : Méthodes d'exploration médicale; Schmilt : Conférences pratiques sur les maladies des enfants.

Semestre d'été {Cours). — MM. Bagnéris : Physique médicale (cours complémentaire); Garnier : Chimie analytique et toxicologie ; Mace : Botanique ; Bécbet : Pathologie externe ; Démange : Pathologie générale.

Exercices pratiques.— Hlà. Garnier : Conférences analytiques de chimie biologique et manipulations ; Macé : Botanique; Baraban : Histologie normale ; Spillmann : Méthodes d'exploration médicale; Herrgott : Médecine opératoire obstétricale; Schmitt : Conférences sur les maladies des enfants; Hohmer : Bandages et appareils.

Mission scientifique. — M. le docteur Th. David est arrivé à Constautinople, où il a pour mission de traiter plusieurs questions de police sanitaire internationale.

Choléra. — Un décret publié dans le Journal officiel du ii septembre ouvre au ministère de l'intérieur un crédit extraordinaire de 500 000 francs pour secours aux populations éprouvées par l'épidémie de choléra:

Thuillier. — Les obsèques de Louis Thuillier ont en lieu s^ medi dernier à Amiens. Le ministre de l'instruction publique, U préfet de la Somme, le maire d'Amiens, MM. Pasteor, altmlN^ land et Roux y assistaient.

Au cimetière, des discours ont été prononcés par M. l'asleur. le maire d'Amiens, le proviseur du lycée, et par M. Houx, un d-^ membres de la mission française en Egypte.

Homicide par imprudence. — La 8* chambre correctionnelle a jugé M. Remchard, le jeune interne en pharmacie de l'bôjHUl Saint-Louis, dont l'erreur a coûté, le 18 juillet dernier, la ne i deux malades. Au lieu d'eau-de-vie allemande, purgatif présent par le médecin en chef, M. Remchard avait délivré des goutlt* noires de Baumé : c'est ainsi que la substance est désignée ptr les journaux; et quelques-uns fout mention des sympidmes de narcolisme éprouvés par les malades. Est-il besoin de rappeler que les gouttes noires sont une préparation opiacée (black-inpt\1 Quoi qu'il en soit, M. Remdiard est condûnoi à trtna nuii ir prison et 50 francs d'amende.

Ecole d'Alger. — H. Chalançon est nommé j)répsrateQr dt physiologie à l'Ecole de médecine et de pharmacie d Alger.

CoHRESPONDANCB. — M. M..-, libraire de la Faculté médecine de Bruxelles. Nous n'avons pas reçu les den ouvrages indiqués dans voire lettre du 7 septembre Atrm, et relatifs à l'alcool et à Tanalyse des urines.

MoRTAUTÉ A Paris (37* semaine, du 6 au H septembre tStlSi.

— Fièvre typhoïde, 25. — Variole, 7. — Rougeole, 7. — Scirlatine, 1. — Coqueluche, 2. — Diphthérie, croup, 16. — Choléra, 0. — Dysenlérie, 4. — Erjrsipèle, 1. — Infections p«rpérales, 8. — Autres affections épidemiques, 0. — Héniogite. Iti-

— Phthisie pulmonaire, 163.-- Antres Utberculoses, 27. — Attres afTectioQs générales, 5i. ~ Malformations et débilité dei ifa extrêmes, iO. — Bronchite aiguë. 5. — Pneumonie, 39. - Athrepsie (gastro-entérite) des entants nourris an biber» d

ïamineux, 5; des os, articubitions et moseles, 5. — Honi violentes, £1. — Gnoses non classéesi 15 — Total : 803.

OUVRftGES DÉPOSÉS AU BUREAU DU JOURUL

Préci» dei malaiicM de l'oreiUe comprcoant rmaïamlc, la pti/iii^jiii i* logis, la tb^rapeuUquo, la protbow, I'Ii]F{î«ibg, U nicdoeiao légale, U htA" ■* la sardl-ninlild ot tea maladloa du pharjni at des ft»foa lUMlca, par M. E. Cr^-iD-ie lin» im 700 pagoa eiivirvn nec 47 figar». Puif, I.-9. BHllKf '■

fils.

Du viMffc et de l'alcinUitatimt det vint, par H. le iloutcur L. Lonier, Mmin 4> l'AcadéiuIe do médecins. Grand tn-8 do 40 pagoa. Farïa, P. Savj. i ^

Étude tur Utulfure de carbone, par M. le doclnr S. SapcKcr. Use bnck'-'' in-8 de 1^ pages. Parie, 0.' Doin. H-*

De rit^uence det àaini de mer tur la teroftUe det enfanit (ouvrage twi^ par l'Acadiiinic de mcilccîne. Prix Caparon), par H. le docteur H. ùtÙB. I )*'■ TuliiDio grand in-d do 580 pagca avec de nombroinea pvvuraa {tfftreW*. carlos, |dans}. Paria, Aaaelin cl Houaean. l' ^

Le» mieroba pathttina, Iccona pnrcaatfea A la FMoiti da nMacÎM deaux par M. le docteur Artlgalu. 1 toI. in -S avec 6 planefeaa. G- IIi*m>- *

Le choléra n'etl ni Irantmittible ni contasieux. Elnde criUqM et pniiiN' K un raltonalislc, docteur en médecine de la Pacalld de nris. t ««t- i*^ do 430 pagca. Parif, J.-B. Bailll^ro et fila.

De la cure radicale du varicoeile par la riieclion d% tcrotim, par U- Eb«^ Wicktaam, aiictcD interne det hdpilaux. Ib-S de 93 page* itcc 7 Gpn'> à>*' le teste. Paria, Alei. Coccox. I *>■ '*

TraiU du diaUU, par K. le profeasoar F.-T. froHcl», tradtction at frif*et |« M. le doclenr LtdMMki, iBddeain>iiM}<ir de 1» etaaae. 1 wH.grudM.îSF?' me flfuru et 6 planchea cliraaMrilUM^nipbièca. Paria, J.-B. ItalU^ 61a. « *

G. MASSoif. Propriétaire-Gérant.

Wn. Bot-RLeroN. — Iraprlneria* rdanfe^ A, me Mipai. %

TAlMtE-imUftlIS ÀKMÂE

25 SEnKMBRE 1885^

PARAISSANT TOUS LES VENOREOIS

COMITÉ DB'RÉDACTiON

Prbsidbnt : H. le docteur A. DECBAIIBRE

HiHBRES : UM. les docteurs BLACKEZ. QE0R6ES OIEUUFOT, DRETFUS-BRISAC. FRMQOI^FRAIICX, ALBERT HÉNOCQUE

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