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L. Lgkeuoullkt

Be rononMtOBUiDle.

Sous ce titre : De Vonomatomanie, MU-. Charcot et Magnan viennent de commencer, dans les Archives de Neurologie (n° de septembre 1885), la publication d'un intéressant travail qui mérite d'attirer l'attention et du clinicien et du psychologue. Il ne s'agit pas là d'une espèce pathologique nouvelle, mats d'un trouble symptoma tique, dont il nous sera aisé de d'ôiiner la' descrîplioti et la signification diagnostique, on nous servant des documents fournis par les deux savants observateurs.

VOaomato manie, ou manie du mot, est une préoccupation qui peut aller jusqu'à l'angoisse, que cette préoccupation repose sur une recherche pressante et active du mot, sur une obsession ou une impulsion provoquée par un nom.

Par cette définition on peut voir que des cas très divers peuvent se présenter. MM. Charcot et Magnan les classent de la manière suivante : c l" la recherche angoissante du mot; â* l'obsession du mot qui s'impose et l'impulsion irrésistible & le répéter; 3° la signification particulièrement funeste de certains mots prononcés dans le cours d'une conversation; Â" l'influence préservatrice de certains mots ; 5° le mot devenu pour le patient un véritable corps solide indûment avalé, pesant sur l'estomac et pouvant être rejeté par des efforts d'eipuition et de crachement. » C'est de la seule recherche angoissante du mot qu'il est question dans ce premier article de nos auteurs ; c'est elle que nous allons décrire, et nous ne saurions mieux faire pour cela qu'en analysant rapidement les sept observations qu'ils ont recueillies.

Dans la première, il s'agit d'un H. S. .. qui, arrivé à l'âge

de soixante ans, après une existence assez accidentée de

au libertinage, d'endurcir son cœur, de flatter toutes ses passions.

Voilà ce que M. Tcliistovitch a retenu de l'adolescence: il passe ensuite brusquement en 1543, année de son mariage. Hais avant de prendre les rênes du pouvoir, le prince voulut donner aux boïars un exemple capable de les faire rélléchlr. Aux fêtes de Noël il les fit appeler, leur adressa de sanglants reproches sur leur gestion, leur conduite, leurs malversations ; ordonna à ses piqueurs de saisir André Chouiski, le chef du gouvernement de fait, qui exerçait le pouvoir depuis la mort de sa mère, et le fit dévorer par ses chiens. Le châtiment était mérité peut-élre, mais infligé par un tsar de dix-sept ans, presque un enfant, il indiquait sûrement une nature peu portée à la clémence et devait faire comprendre aux seigneurs que désormais le Grand Prince de Moscou serait autre chose que le premier d>ntre eux. Les années qui suivirent ue confirmèrent pas ces prévisions, (t II prit la couronne, réunit entre ses mains toutes

troubles mentaux, est pris un jour sobitemeat des simptômes suivants. Se promenant dans l'avenue desCbam]»- Elysées, il y rencontre < un monsieur qu'il avait connu pendant un voyage à Rome ; il s'arrête, cause avec lui et aprà l'avoir quitté, il cherche à se souvenir de son nom ; n'y parvenant pas, il essaye de penser à autre chose; mais, loin de réussir, le besoin de retrouver ce nom s'impose el devienl pressant; obsédé, il fouille vainement dans sa méranire, il éprouve un très grand malaise, il se sent oppressé, serrés Veêtomac; son visage se couvre de sueurs, ses maios soul froides et, craignant de s'évanouir, il s'empresse de rentrer chei lui, se lamentant, se désolant, parcourant à grands pas son appartement dans un état d'angoisse extrême. > Pareilles scènes se renouvelèrent depuis lors fréquemment, et pour y remédier, M. S... a trouvé un moyen : il s'empresse, dès qu'il a vu une personne, d'inscrire son nom sur un feuillet de papier. Cette petite formalité accomplie, il se sent pins tranquille. Mais, comme il arrive souvent en semblable nalière, le trouble psychique, au lieu de se limiter, prit de plus en pliis d'extension, et bientôt on vit le malade < fom à demander le nom d'incoanus, de gens qu'il rencoiiire daiK la rue, puis encore le nom de personnes qui passent en voiture, puis enfin des voyageursque contient un train de ctiemin de fer qui siffle devant lui. — L'impossibilité de réaliser de tels désirs, le désole, l'exaspère, le rend furieux el le force à ne regarder personne dans les rues ou à chercher les lieux solitaires, puis enfin à se confiner dans son appu' tement. >

Dans le deuxième cas, il s'agit d'une jeune femme, d'un tempérament très nerveux, hypochondriaque, qui, prise d'abord d'idées mélancoliques, s'est vue obsédée, d'abord d'une façon intermittente, pois, au bout de quelque temps, presque constamment, du besoin de rechercher des mois et des phrases prononcés quelquefois depuis plusieurs s^ maines. Lorsqu'elle ne retrouve pas promptement ces mots, elle se lamente, est prise de sueurs, de tremblement, etc. Ses recherches ne cessent même pas la nuit et le sommeil en est devenu rare et agité.

La troisième observation est des plus curieuses ; elle concerne un H. L..., nature nerveuse et émotive, sujet à des accès de tristesse et qui, quelques mois après unaceèsde délire hallucinatoire de cause alcoolique, éprouva poor la première fois cet irrésistible besoin de chercher des aomset voici en quelles circonstances : « Etant venu à Paris pour ses affaires, et se reposant au café, il avait lu dans nn

les branches du gouvernement, s'éloigna de ses amusemals ordinaires, s'occupa des affaires de l'Etat, devint infali|ilile au travail, ferme vis-à-vis des grands, affable pour les ge» du peuple avec lesauels il aimait à s'entretenir, fit en un mot la joie et l'orgueil du peuple russe. »

Grâce à cette accalmie, les intéressés oublièrent le premier acte du règne; l'esprit d'intrigue et la soif de domiaalioii étaient tellement innés chez eux, qu'ils profiléreal d'an malheur public pour relever la tête et essayer de regagner leur ancienne influence. En 1547, un iucendiedétruit laplos grande partie de Moscou et fait périr 1700 personnes: les grands insinuent au peuple qu'il est dû aux sortilèges d'Anne Glinska. La foule envahit le palais des Glin^i> massacre plusieurs d'entre eux. Lesémeutiers vont iosqu'au village de Vorobiev, oA Ivan s'était réfugié, et réchmenl son aïeul maternel, il vit bien que cette attaque dirigée contre les membres de sa famille sur lesquels il s'appuysit. plus haut. Pourtant il dissimula, montra mêQO^ une lon^a-

25 Septbhbrk i885 (UZKTTfi HEBDOMADAIRE DB MâDfiCiNE ET DE GUIRORfilE

journal ua fait divers dans lequel il était question d'une petite fille qui, après avoir glissé dans la rue de Provence, était tombée dans un égout en réparation. Il ne connaissait nullement la famille de celte enfant, et le fait en lui-môme Pinlcressait médiocrement. Il reprend le chemin de fer et rentre chei lui ; le soir il se couche comme d'habitude, sans le moindre incident. Au milieu de la nuit, il s'éveille et la lecture du fait divers lui revient à l'esprit ; il cherche i se rappeler le nom de la petite fille. Ce nom ne venant pas, il s'efforce de ne plus j penser et de dormir, mais c'est vainement; le besoin que rien n'explique de trouver ce nom est impérieux, el le force à réfléchir et à chercher. Il se retourne plusieurs fois dans le lit, s'assied, réveille sa femme, gémit et, la tète dans les mains, cherche le nom qui ne vient pas. Tout à coup il saule hors du lit, pâle, angoissé, couvert d'une sueur froide, il se sent, dit-il, comprimé, sa poitrine est resserrée comme dans un étau, surtout du cMé gauche, il ne peut respirer, il étouffe, il se lamente, parcourant la chambre en se désolant et passe ainsi le reste de ta nuit dans la plus vive anxiété. Dès le malin, on va chercher un journal, il voit le nom de c Georgette >, éprouve aussitôt un immense soulagement et se sent guéri. Quelques joars après, la même scène se reproduit à propos du nom d'nn ami, et comme la première fois, la crise finit avec la découverte du nom. » Pour obvier à ce trouble angoissant, H. L-.., comme le malade de la première observation, se munit d'un petit cahier et ; note successivement les noms qu'il craint de ne pas se rappeler. A la fin même, il ne voyage plus qu'avec un Botlin.

Cette précaution de porter constamment sur soi un cahier sur lequel sont inscrits par ordre alphabétique les noms des personnes de connaissance, nous la trouvons cliei les malades des observations IV et V ; quant à celle d'avoir constamment sous les yeux l'Almanach des 25000 adresses, on la rencontre chez un individu dont Horeau (de Tours) a raconté l'histoire, lors de la discussion sur la folie raisonnante à la Société médico-psychologique {Annaiet médicthptyek., juillet i866, p. 97).

Le dernier malade, dont HM. Charcot et Magnan rapportent l'histoire, présente quelques particularités curieuses. Pour mettre fin à son anxiété, provoquée par la recherche du mot, sft femme et sa fille venaient à son secours, en prononçant des mots pouvant se rapporter à celui qui était cherché; si elles arrivaient k le trouver, il se sentait immédiatement soulagé, il se calmnit et se tranquillisait. Mais

sooTent, il fallait avoir recours à un dictionnaire dont on lisait parfois un grand nombre de pages avant de trouver le mot ; et ce n'est, en général, que lorsque celui-ci était découvert, que la famille pouvait aller se coucher.

En résumé, il existe certains individus qui sont pris de tous les symptômes de l'angoisse, qui deviennent agités, pâles, sont couverts d'une sueur froide, se sentent oppressés, ont V estomac serré, la poitrine comprimée^ etc., lorsqu'ils ne trouvent pas le nom soit d'une personne, soit d'une chose, sott d'une ville, dont la recherche s'impose à un moment à leur esprit. Cette crise d'anxiété, si douloureuse el à laquelle ils ne peuvent se soustraire, cesse dès que le nom est retrouvé.

fi'oublions pas d'ajouter que ces malades ont conscience de leur état; aussi, pour éviter de pareilles crises, ils s'ingénient pour avoir sous la main les noms qu'ils craignent de ne pas pouvoir se rappeler : les uns les insoivent sur des cahiers qu'ils portent constamment sur eux ; les autres emportent avec eux l'almanach Bottin ; d'autres enfin ont recours à un dictionnaire qu'ils feuillettent jusqu'à ce qu'ils aient trouvé le mot cherché et désiré.

Il n'est pas sans intérêt de rechercher sur quel terrain se développe ce syndrome, de connaître le milieu dans lequel se produit ce petit drame pathologique. Pour MU. Charcot et Hagnan, il ne peut y avoir aucun doute sur ce point. Cette recherche angoissante du mot ne s'observe que chez des dégénérés, des héréditaires. Tous les individus qui présentent ce phénomène morbide ont tous parmi leurs ascendants, des aliénés, des individus atteints d'affections nerveuses diverses ; tous aussi ont eu des antécédents pathologiques: la recherche angoissante du mot n'a pas été le premier épisode morbide de leur existence ; plusieurs avaient eu avant cela d'autres symptômes nerveux, de véritables accès de délire mélancolique, etc.

Mais il reste, au point de vue étiologique, une dernière question à élucider. Si la cause éloignée de ce simptôme est la prédisposition héréditaire, quelle en est la cause prochaine? Souvent il est astsez difficile de l'apprécier exactement; dans la plupart des cas, elle est au contraire des plus banales et des plus insignifiantes : tel, par exemple, le souvenir d'un simple fait divers, comme dans un des exemples cités plus haut.

nimité rare chez un monarque jeune et peu habitué aux remontrances. Sylvestre, prêtre de Novgorod, alla le trouver et lui adressa de durs reproches. ( VoiU que le jugement de Dieu est sur la téte d'un prince léger et cruel, voilà que le feu du ciel consume Moscou, que le coeur du peuple devient un vase de colère. » Ivan s'humilia, reconnut que ses péchés étaient cause du mal et prit pour directeur spirituel Sylvestre lui-même. Tout alla bien jusqu'en 1553. Pendant l'été il fut pris d'une fièvre grave d'une telle intensité qu'on perdit espoir de le sauver. Des symptômes terribles se montrèrent. Le tsar conservait malgré tout sa connaissance : son chapelain Hichallov entra avec le cercueil et lui déclara durement

3u'il était teropa de songer à son àme. Il ne s'effraya pas, icta son testament et déclara son fils, le jeune Dmitri (qui mourut peu de temps après), son successeur et autocrate de toutes les Russies. Pour lui donner plus de force, il voulut recevoir le serment des hoîars et les réunit dans sa chambre. Alors commencèrent les querelles, les chuchotements;

les uns se montraient exigeants, les autres refusaient de jurer. Le malade eut conscience de sa faiblesse, il sentit pour ainsi dire le froid de la tombe; on le plaignait, mais on ne l'écoutait pas, on ne le regardait même plus. Tous oubliaient que c'est un devoir sacre de tranquilliser un moribond : ils criaient, se disputaient, sans tenir compte de sa présence.

La jeunesse et la vigueur de sa constitution eurent raison du mat. Cette nouvelle iiiconvenance des seigneurs laissa une profonde impresuon sur te reste de sa vie. Elle ne se manifesta pas immédiatement; il oublia ou parut oublier.

JusQu'à ce moment l'état mental d'Ivan est satisfaisant. La seconoe période de sa rie'commence à partir du 7 aodtl560, jour de la mort de la tsarine. Les conditions que nous avons vues ne sont nullement en contradiction avec l'hypothèse de H. Tchistovitch ; nous nous sommes trouvés en présence d'un individu sans antécédent psychopathiques héréditaire^, mais

m — R* 39 — GAZETTE HEBâOMADAlRB DE HÊDEGINE ET DE GHIRURtilB 25 SEmmitE 1885

Nous en avons dit assez pour montrer l'importance des recherches entreprises par Ifltf. Charcut etH^^;nan, et nous en snivronsavec intérêt les développements.

D' Ant. RiTTi.

TRAVAtIX ORIGINAUX

Recherches sur le bôle respectif des ptohaInes et des microbes pans la pathogénie de la septicemie, mémoire communiqué au Congrès dechirurgiede Paris, par M. le docteur Ji^annel, professeur à l'Ecole de médecme de Toulouse, et M. Laulanié, professeur à l'Ëcole vétérinaire et rÉeole de médecine de Toulouse.

Le problème de la détermination du rôle respectif des poisons chi(nique$, ou plomalnes, et des ferments figurés, ou microbes, dans la pathogénie de la septicémie est complexe. 11 comprend au moins deux questions, celle de la f^cnése el celle de l'évohition. Qliél est l'élément qui doit

fiénélrer dans le sang pour que la septicémie naisse? Tel est e problème de la genèse. Comment, par quel procédé agit l'élément générateur? Tel est le problème de l'évolution. Nous aurions assurément désiré poursuivre la solution de ces deux problèmes, mais le temps nous a manqué j nous avons donc dû borner nos recherches et nous en tenir seulement à l'étude de la {;enèse.

Ktant donnée une plaie à suppuration putride, ou plus simplement une plaie sur laquelle existe un virus du genre sRpiicémi(]ue, comment se fait rinfeetion générale ou locale?

Tout virus contient des microbes en suspension et des substances dissoutes, parmi lesquelles les plomaSnes. Il est aujourd'hui admis que si les secondes, si les plomalnes existent dans un virus, c'est grâce à l'activité des premiers : en d'autres fermes les microbes élaborent ou fabriquent les ploinaïnes. Est-ce l'absorption des ptomalnes? Est-ce l'absorption des microbes? Est-ce l'absorption simultanée des uns et des autres qui engendre l'intoxication septique? Voilà les questions que nous croyons pouvoir résoudre par l'étude comparative de l'absorption par tes plaies granuleuses des liquides et des corps chimiques dissons d'une part, des microbes d'autre part. En effets si nous arrivons à reconnaître les lois qui régissent l'absorption des plomalnes et si nous déterminons dans quelles conditions les microbes sont ou ne sont pas absorbés, nous pourrons, en nous plaçant dans les conditions requises, ou bien obtenir que les ptomalnes soient absorbées, et point les microbes, ou bien obtenir que les deux éléments soient absorbés. On conçoit dès lors que la compa-

raison des effets successivement constatés puisse nous permettre de faire facilement le départ du rôle des plomalan dissoutes el du rôle des microbes.

La clinique nous montre deux ordres de faits dont labani- Uté égale 1 évidence et que d'ailleurs l'on n'a pas nunqur d'opposer à la doctrine seplicémique : c'est que l'on observait souvent autrefois avant l'ère antiseptiâue, et i^ue Ton observe encore quelquefois aujourd'hui nombre de plu« dont la suppuration franchement putride contient par consp* quent des plomalnes, et dont le pus fourmille de vibrions df toutes Its espèces, sans que l'on constate cependant chez \f blessé le moindre état seplicémique. G'esl ensuite que si, par malheur, de pareilles plaies viennent à être bless^^es. si même, par le fait de la pulridité superficielle, il se décUrf une malaaie de la membrane granuleuse, on voit aussilM apparaître le cortège des accidents septicémiques dont \t moindre est ce que l'un de nous a décrit, avec H. le fToU>seur Verneuil, sous le nom de fièvre cavîlaire ou d'inociiUtioii (1^. Bien plus, le même phénomène se reproduit à h suite (les blessures des membranes mui|ueu8es, d'ailleurs saines, mais recouvertes de matières sopliques et parconsfquenl de ferments figurés et de plomalnes dissoutes. U membrane granuleuse et la membrane muqueuse sembtcil donc se coraporler ici d'une façon identique. L'obstacle que l'une oppose à la pénétration, à TabsorpUon de la matiire septique, l'autre l'oppose également. Le même traumalismr qui suffit à briser, à anéantir cet obstacle chez l'une, le brise et l'anéantit également chez l'autre. Or il n'est pas besoin de discourir longuement pour démontrer que la membrane muqueuse est nn filtre qui laisse passer les liquides el les corps qu'ils dissolvent, mais qui retient les corps en suspension et les microbes, que c'est en vérité un filtre stérilistteur. L'absorption des liquides par les muqueuses est ilu ressort de ta physiologie élémentaire; quant â la filtration des microbes, la fameuse expérience de M. Pasteur sur le rôle des chardons dans le développement de la fièvre chirbonoeuse en fournit une preuve expérimentale suffisammeni célèbre et concluante

Voici donc un premier fait que nous pouvons coosidi'rer comme acquis : cliniquement la membrane granuleuse des plaies se comporte comme les membranes muqueuses;», comme il est physiologiquement démoutré que les mero* hranes muqueuses absorbent les liquides et les corps qu'ils dissolvent, mais qu'elles ne laissent point passer les microbes, il s'ensuit une forte présomption pour qu il en soit de m^ine de la membrane granuleuse des plaies.

(1) H. Jeanne), De la fiivre cotuicuUve aux ptaiet eaviléirei [Revut mr»tueÙé de médecine el de chirurgie, novembre ISfW).

(S) Oa» BMUtoM parqnds rar un lemin chariwnneix davleoiwnt chHtoMW

s'ils hioutenl dei cliardoiii <iui les blesaciil p*r leur» pjquanU, Uitdi* q«''''

ilnvienntfnl point, i'ila ne, broulenl pas.

dont l'éducation a été négligée ; s'il ne subit point de mauvais traitements, il est froissé de mille manières dans sa vanité et ses affections; son adolescence est orageuse; il montre dès Tâge de dix-sept ans une cruauté violente, puis survient une catastrophe, une affection fébrile aiguë, el finalement un deuil de famille; il en eût fallu moins pour provoquer le naufrage d'un esprit mieux trempé que celui d'Ivan.

Pour toute la seconde période, nous nous bornerons & traduire M. Tchistovitch.

Cette année 1560 marque les débuts des plus mauvais jours pour le tsar et pour la Russie : il aimait sa femme, qu'il pleura amèrement ; mais il se fit dans sa personne et ses habitudes un tel changement qu'il devint méconnaissable. Sfs ilfîux ministres Sylvestre et Adachev furent éloignés; les ennemis de ces fidèles serviteui-s de l'empire s'efforcèrent dp faire disparaître. Je.s vestiges de l'esprit d'Adachev. Ivan n'entendit plus que â'àttcrics et délations. « Pourquoi, lui dtsait«n, toi^ours pleurer ton épouse? tu en

: trouveras une autre aussi belle ; un chagrin trop profond est I capable d'altérer ta santé. Dieu el le peuple exigent qae ■> I cherches d^ consolalions terrestres pour une afflidion tet- 1 restre. > Malgré l'amour que le prinee avait porléèsafemme. I sa légèreté naturelle fut plus forie que son chs^n. H écouta ces consolations sans colère, el au bout de huit jours il manifestait l'intention de se remarier. A partir de ce moment, plus de deuil à la cour. On amusa le ls»r par de joyeux récils, puis les courtisans se rappelèrent que le vin réjouit le cœur de l'homme et organisèrent des fêles dans lesquelles la sobriété el la décence étaient loin d'être scrupuleusement respectées. Ivan, peu réservé par nature, cherchait, en attendant son second mariage, des consoUnons dans la débauche. .

A ce moment se montrèrent les premiers s^ptômes de > maladie qui ravagea son esprit. Aue^ mam n'était ma'heureusementasses ferme pour le j|Éénp:v/-x0]^ . tes orgies répétées laîàlÉBi'ëfiPiHfeWmiww

25 Skptembhb 18S5 GAZETTE HEBDOHADAIRB DE MÉDECINE BT DE ŒIRURGIB

C'est pour transformer cette présomption «n certitude que nous avons étudié l'absorption aes solutions salines déposées k la surface des plaies granuleuses.

1« De VabiorptioH de» pomm chimiqtéet au ptotm^nes par les plaies granuleuses. — Demarquay en 186? (1) fit des expériences qui consistèrent à arroser des plaies flratches et des plaies granuleuses avec une solution d iodure de potassium. 11 retrouva ce sel dans les urines; il montra en outre que les plaies oi^anisées absorbent plus rapîdemeut les solutions salines que les plaies fraîches. H. J. Guérin (3), en 1871, aflQrma l'inRoence de la pression atmosphérique sur l'absorption par les plaies fraîches. Telles sont les seules expériences que nous ayons pu rassembler sur l'absorption des liquides par les plaies. Toutefois l'observation clinique fournit de nombreuses preuves de son existence, témoin l'intoxication lé^re par l'iode, par l'acide phénique, par le chloral, à la suite des pansements faits avec ces substances.

Pour nous confirmer d'ailleurs dans cette idée, idée maîtresse, idée capitale pour notre travail, que tout corps chimique en solution déposé à la surface d'une plaie est I6t ou tara absorbé, nous avons entrepris une première série d'ex[>ériences purement destinées au contrôle des données acquises.

Quant aux plaies fraîches, ce qui se passe à la suite des injections hypodermiques nous a semblé suffisamment démonstratif. Quant aux plaies granuleuses, nous avons étudié leur puissance d*absorption< 1" pour les solutions d'alcaloïdes végétaux; 3° pour les solutions de sels minéraux; 3' pour les sels minéraux soinbles, mais en combinaison avec des matières albuminoldes qui les rendent momentanément insolubles.

Le détail de ces expériences sera déposé sur le bureau du Congrès comme pièces justificatives à ce travail; qu'il nous suffise d'en donner id un court résumé et les conclusions.

Nos expériences sont au nombre de trois, il noua a semblé superflu de les multiplier. Nous avons empoisonné un chien en vingt minutes, eu arrosant sa plaie granuleuse intacte avec 10 erammes d'une solution de sulfate de strychnine à 1/100. Nous avons arrosé la plaie granuleuse d'un chien avec 20 grammes d'une solution d'iodure de potassium à 20/100; au bout de quarante minutes, durée de l'expérience, nous avons constaté la présence de l'iodui'ede potassium dans le sang. Nous avons enfin arrosé la plaie granuleuse d'un chien avec 100 grammes d'eau contenant 5grammes de peptone mercurique eu suspension, et nous n avons pas pu retrouver le meixure dans les urines.

Nous croyons, dès lors, pouvoir conclure que : 1' les

(Il D«our4]iia;, De l'abtorplim par Ui yteiM (JfAMtrM 4* l'J^i. mié-,

isin-ises. I. xxvui, p. «»).

(â) i. Gwvia, Bulletin ée VAead. 4e ntid.. la j>ln 1871.

des compagnons du tsar. Ceux-ci, lui montrant certains bolsrs attristés, lui disaient: t Voilà de mauvais serviteurs; malgré leur serment, ils ont gardé les coutumes du temps d'Adachev ; ils répandent de méchams bruits, excitent les esprits, regrettent leur autorité d'autrefois. > Ces calomnies remplissaient d'amertume le cœur d'Ivan, auquel la conscience de ses défauts donnait déjà nne certaine agitation. Son visage s'assombrissait, des paroles redoutables tombaient de ses lèvres. Soupçonnant les grands de mauvais desseins, d'attachement au souvenir des prétendus traîtres, il devint craintif et soupçonneux, vit partout des ennemis et devint farouche, sous prétexte de se défendre contre eux. Les supplices commencèrent, sans distinction d'innocents et de coupables, et frappèrent surtout les premiers.

Jusqu'à la tnort d'Ivan des milliers de gens furent victimes de ces exécutions insensées : elles durèrent vingt-trois ans, firent suite aux manifestations intermittentes de son état mental. Elles consistaient en attaques de fureur qui se

corps solubles, alcaloïdes ou sels minéraux, «paniques ou inorganiques, sont immédiatement absorbés par les plaies granuleuses que l'on arrose avec leur solution;

2* Il est possible d'empMsonner un chien par le simple arrosage de sa plaie granuleuse intacte, avec une solution de sel toxiqne ;

3° Les corps chimiques (organiques on inoif aniques) insolubles, ne sont point absorbé.

La membrane granuleuse des plaies se comporte donc bien positivement en face des corps chimiques indifférents, expé'rimentalement aussi bien que cliniquement de la même façon que les membranes muqueuses; efie absorbe sûrement et vite les corps chimiques dissons, même lorsqu'elle est absolument intacte.

Pour parfaire la démonstration au sujet des ptomalnes, il eût certainement été désirable d'instituer des expériences avec une solution concentrée de ces alcaloïdes; d'arroser avec cette solution une ou plu5ieui>s plaies granuleuses, de constater les accidents produits, de les comparer aux accidents septicémiques et ae retrouver enfin les ptomalnes dans les urines de l'animal expérimenté.

Nous n'avons malheureusement pas pu exécuter ce plan d'expérience, pour la raison capitale que nous avons vainement cherché à nous procurer des ptomalnes en quantité pondérable. Nous noos sommes cependant adressésdirectement, pour en obtenir, à M. le professeur Armand Gautier, qui est, sans contredit, le chimiste oui s'est, au moins en France, le plus et le mieux occupe de ces produUs. Or M. Gautier nous a répondu que les ptomalnes n'existaient point dans le commerce; que lui-même, peur s'en procurer quelques grammes, avait dû mettre en œuvre plusieurs centaines de kilogrammes de viande; que du reste il était plus difficile encore de les fabriquer artificiellement. H. Gautier ajoutait d'ailleurs que certains alcaloïdes végétaux, parmi lesquels la conicine et la méthylamine, ressemblaient chimiquement beaucoup aux ptomalnes. Uus, tout en reconnaissant qu'il est regrettable que nous n'ayons pu opérer avec des ptomalnes, nous croyons cependant aue l'assimilation entre les allures physiques des solutions de ces produits et les allures des solutions d'alcaloïdes ou des sels minéraux n'a rien que de très autorisé. Nous croyons, en un mot, ne

fias dépasser les limites de l'induction expérimentale la plus égilime en admettant que l'absorption des ptomalnes dissootea telles qu'elles se trouvent à la surface des plaies, doit se faire et se fait suivant les mêmes lois que l'absorption de tous les corps solubles.

Par conséquent, nous tenons encore pour acquis le fait suivant, à savoir : dès que les ptomalnes se trouveront ou seront fabriquées à la surface o'une plaie, comme il va de soi qu'elles seront & l'état de dissolution, elles seront absor-

calmaient pendant de courts intervalles. Au début, le tsar se plaignait surtout d'insomnie et restait plusieurs jours sans dormir. Des spectres le hantaient ; son entourage tremblait, parce que personne ne pouvait savoir si le lendemain ne lui apporterait pas la mort ou la ruine. Lui-même n'avait pas une minute de repos. Il ne voyait que trahison, complots, tentatives contre sa vie par magie ou poison.

A cette période d'irritation en succéda une d'affaiblissement physique. Le tsar avait des retours sur lui-même, il reconnaissait sa folie, en demandait pardon à Dieu et aux hommes, se déclarait un misérable meurtrier du juste et de l'innocent, priait pour aea victimes devant les saints autels et exprimait l'espoir que son repentir lui serait salutaire.

Des craintes semblables rassaillirent à la suite du meurtre du tsarévitch Jean ; il se plaignait de ne plus connaître le sommeil tranquille. La nuit, des visions étranges troublaient ses rêves, il sautait de son lit, se roulait, poussait des cris, et ne trouvait un peu de repos que quand ses forces éifient

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE HÉDEGINB ET DE CHIRURGIE S5 Skptimbbb 1885

bées comme la strychnine est absorbée, et, si elles jouent un rôle dans In genèse des accidents septioâmiques, ces accidents se manifesteront aussitôt.

Etudions maintenant Tabsorption des microbes ou des virus complets déposés à la suriace des plaies.

2« Absorption des microbes ou des virus par les plaies granuleuses. — Dans un virus il existe, avons-nous dit, deux éléments, des ferments figurés et des ptomalnes en solution. Il s'agit, en étudiant l'absorption qes microbes, de déterminer le rôle respectif des deux éléments. On peut y arriver de deux façons. D'abord en isolant artificiellement, d'une part les fermenta figurés, d'autre part les pto;na1aes dissoutes, et en éprouvant par l'expérimeatation chacun de ces éléments isolément. Ce procéoé est théoriquement parfait, mais théoriquement mauvais. En effet, les plomaïne; dissoutes sont le résultat de l'activité des ferments fitjurêss comment dès lors isoler les ferments figurés des ptomalnes? œux-là fabriquant continuellement celles-ci.

Mais il est un moyen très physiologique de tourner la difficulté, c'est de chariger une plaie granuleuse d'opérer l'isolement. Nous disons en effet ceci. Sachant d'une part que les ptomalnes sont à l'état de dissolution dans les liquides virulents et sachant d'autre part ^ue tes plaies granuleuses absorbent les corps chimiques en dissolution (^ui se trouvent à lenr surface : arrosons largement la surface intacte, sans la moindre érosion, d'une plaie granuleuse avec un virus k microbes bien connus et bien actifs. De deux choses l'une, ou bien lesaccidents infectieux locaux ou généraux éclateront, ou bien ils n'éclateront pas. S'ils éclatent, c'est que le véritable agent de l'infection aura passé avec les liquides absorbés ; s'ils n'éclatent pas, c'est que l'élément actif de l'infection aura, au contraire, été retenu par la membrane granuleuse. Or nous savons que les éléments solubles sont absorbés; si donc les accidents n'éclatent pas, c'est que l'élément générateur des accidents n'est pas soluble, c'est-à-dire n'est pas un poison chimique ou une ptomalne, puisque les ptomaïnes sont solubles. Si, au contraire, les accidents éclatent, le cortège en ftti-il même incomplet, dans les conditions où nous nous sommes ulacés, et si nous ne retrouvons pas de ferments figurés dans le sang et dans le foyer d'infection local, c'est que les ptomaines jouissent de propriétés septîques pré-

f pondérantes, car les ferments figurés auront été retenus par a membrane granuleuse. Ënfin, comme dernière hypothèse, si les accidents éclatent et si les ferments figurés passent dans le sang malgré l'intégrité absolue de la membrane granuleuse, notre expérience ne permettra aucune conclusion.

D'ailleurs, la contre-épreuve sera nécessaire : arrosons comparativement une plaie fraîche ou une plaie granuleuse blessée avec le même virus, inoculons par la lancette ou par injection hypodermique le même virus à un animal témoin.

si nous obtenons l'infection générale ou locale, c'est bien que ce virus n'est resté inaciif dans le cas de plaie granuleuse intacte que parce que cette plaie l'a dédoublé, l'a filtré.

En résumé, s'il y a infection dans le cas de plaie fraîche, c'est que tout a été absorbé; mais, s'il n'y a pas infection dans le cas de plaie granuleuse intacte, comme nous savons par expérience que les liquides et les corps en dissolution sont forcément et constamment absorbés, c'est que les liquides et les éléments qu'ils dissolvent sont inactîfs, c'est que, au contraire, les éléments insolubles, parmi lesquels les microbes, retenus par ta membrane graouleose, soal les éléments actifs du virus.

YoiU la théorie, voilà le raisonnement; il reste à en fournir la démonstration expérimentale.

(A suivre.)

SOCIÉTÉS SAVANTES

SfiàHCE DO 21 SKPTBlf BRE 1885. — PRA&IDEKCE DE H. BOULET.

L'iode et le choléra. Note de H. Régit, — L'auteur appelle de nouveau l'attention sur l'emploi de l'iode comme moyen prophylactique contre le dioléra et préconise l'emploi de la cire iodée maintenue constamment dans la cavité buccale, sauf pendant les repas.

Sur la genèse du choléra dans l'Inde kt l'action bEs PTOHAlNES VOLATILES. Note de M. G. Le Bon. — Le 31 juillet 1883, l'auteur, dans une Note présentée à l'Académie sciences, essayait de démontrer que, en dehors des ptomalnes solides engendrées par ta putréfaction, il existait une série d'alcaloïdes volatils, dont 1 introduction dans l'organisme par l'appareil respiratoire déterminait des effets toxiques foudroyants. Or, les faits qu'il a eu réremment Toccasion d'observer dans l'Inde, «n il avait été envoyé par le gouvernement pour des études archéologiques, viennent à l'appui de celte première Note, et tendent à confirmer l'hypothèse que les ptomalnes volatiles de la putréfaction jouent bien un rôle prépondérant dans la genèse du choléra.

Il s'agit surtout de la ville de Kombakonum, où, au mois de février dernier, le choléra venuit d'éclater et faisait des ravages considérables. Dans cette ville, la grande pagode possède un vaste réservoir sacré dans lequel des prêtres et des adorateurs, dont le nombre se chiffre journellement par centaines, font leurs ablutions et lavent leur linge. Ayaot été obligé de s'en approcher très près, H. G. Le Bon fut frappé de l'apparence trouble du liquide et de l'odeur abso-

épuisées ; il tombait alors dans un sommeil profond sur le sol même de sa chambre, garni à l'avance de matelas ; il redou tait le Jour, parce qu'il lui semblait qu'on pourrait lire sur son visage les traces de ses émotions. Manifestant dès ce moment l'intention d'abdiquer, il l'eût fait peut-être si son second fils Fédor eût été en âge de régner.

Plus on avance, plus la maladie pri^resse, plus les inler^ valles lucides deviennent courts. Les massacres de Novogorod se prolongèrent pendant six semaines environ, avec des pauses de quelques heures chaque jour. D'autres phénomènes morbides s'ajoutèrent aux premiers. Après la fuite du prince Kourbski, tous les seigneurs lui deviennent suspects, tous ont été plus ou moins les co.nplices du transfuge. Il lisait la duplicité sur leurs visages; leur silence même lui semblait un blâme ; il réclamait des dénonciations, se plaignait qu'on en fit toujours trop peu.

A la fin son séjour même lui devint odieux; il résolut de fuir Moscou et de s'en aller où, Dieu le conduirait, se

plaignant que les bolars voulussent le tuer, lui, sa femme et son fils.

Les seigneurs, le clergé, les notables, le supplièrent de rester, de ne pas abandonner la royauté ; il se retira malgré tout dans le village d'Alexandrov et créa l'oprichine.

Moscou attendit longtemps son tsar avec une certaine im-

ftatience. Il y rentra enfin le % février 1565 et convoqua pour e lendemain, clci^é, bolars et notables. Sou aspect surprit tout le monde, il était de grande taille, bien baii, avait de grosses épaules, des bras très forts, une large poitrine, de Beaux cheveux, de longues moustaches, un nez rouiaîu, de

Ëetits yeux gris perçants, très brillants, des traits rudes, depuis quelque temps il était si changé C|ue personne ne le reconnaissait; l'expression d'une cruauté concentrée dominait; son regard était éteint, ses cheveux avaient tombé, tout était indice de l'inexplicable fureur qui bouillonnait dans son àme et donna lieu à une autre périodede^nasaacfes. Dans sa rage peur«usCi^itiaaàlgBAn.j9Bn9Qwl^^ lui-

35 Septembre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE BB MÉDECINE ET OE CHIRURGIE N* 39 — 633

lument épouvantable qui s'en dégai^tl. Cette odeur, qui existait depuis un ceriain temps, provenait sans doute, dit l'auteur, de la quaniilé considérable de matières organiques eonlenues dans le liquide, du début de ^nouvellement de cette eau, et de la température excessive (53 degrés au soleil) (fui régnait depuis quelque temps. De plus, le niveau de I eau avait sensiblement baissé. Quoi qu'il en soit, le choléra sévissait cruellement sur les visiteurs de la pagode, et, bien ue H. Le Bon n'ait pas séjourné plus de dix minutes auprès u réservoir sacré, il n'en Tut pas moins atteint, pendant plusieurs heures, de troubles intestinaux sérieux.

L'auteur ajoute, en terminant, que si, comme tout semble le démontrer, les plomalnes volatiles produites par la décomposition de matières organiques sont l'origine du choléra dans l'Inde, il semble probable qu'en Europe les mêmes causes engendreront les mêmes effets, et, si on les observe si rarement, puisqu'il est évident <|ue le choléra pénètre surtout ches nous par voie d'importation, c'est sans doute parce qu'une élévation suRisanie de la température ou toute autre cause analogue inconnue ne se présentent que fort rarement. Lorsque ces causes apparaissent sous une forme atténuée, on observe alors le choléra nostras, véritable diminutif du choléra indien, dont au fond il ne diffère que par rintensité des symptômes.

Ae«4émle mtééeélme.

SâANGSDD 22sEPTBMBRe1885. — PRfiSlDBNCK DE M. BERGCBON.

II. le doclanr S titre mmAa, poar l« cooeour* du prix Dciporlcs da 1865, un vohMie tiitttaM : ituié frati^ut «w Ut malaHiti ie l'eitomae etie» wçant» digeatifa 'ost teun rê^rtÊû9eetad$$p*fiU, (laMrit •oas )• n* 13.)

M. Le Heu de Mirieourt dépoM : 1* au nom de M. le docteur Siriu, un uémuira impilnid tur le mal ie mer; t' le Compte rrnitu d«* Innui do la Sociéld mMtcale de IToone eo ISSi, par X. to dneteur DueM.

M. OujaHin-Betumm prdMato : I* ma màmnin iaiprlfKd da M . I» daelaar DeanoM Mr fa paratddhjtde ; 4> nu C«ide 4n vtUu i'«auji dê td AviWfc par UU. le docteur G- Bardet et Maet/uarie.

U. De ViUieri dtfpoie une Note de H. le doclanr Galtier (d« Nlmea) mt la /pldiMi«t de chAlAv da Nima et dé Sëim-Cénaife e» IMS.

U. Larnt hil Imhwhc* : 1* ai mm 4a M. (a dwttar iMttt, Mélteia-iÉajor do 1" clam, d'an Invail manuicrit, renfermai de* étudei eomfuralipu mr U* revaceinalioni pratiquéei au 32* régiment d'arlUterie en 1885 à t'aide duvaeeiH animal oUenu par la culture du horàe-po* tpciuani tur une $ini*$e, «wnwyen du vaeein de rtvdecinit et du virui vaccinal neucUU tur une ginUit inoculée avec du vaccin de revacciitii. ou de rétro- vaccin :i* i» la part do H. le doctour Le Bon, d'un travail tar la geuite du choléra dans l'Inde cl mr l'action da» ptomalnet vataiilei.

11. Bitkc prétenloune Note uuRuierito de U. Sa (tard, phariuaclw-major, aar

ta prétence d^alcaioldet dana Ica ancUnnei farinet.

H. PolaiUon offre : i* m mémoire aar la chéiroplatlie ; 4* me ihèio de U, le doeUsuT Ménaçer, tw la rëaeclian liblo-tartienne avee eoTuervaiioa de la mal- UoU externe.

' TsMPtRATtmE AMiNALB. — H. le docteur Maurely mé- I decin de i^* classe de la marine, a lu à l'Académie, il y a environ un an, un mémoire relatif aux recherches qu'il avait entreprises à la Guadeloupe sur les causes des variations . nychinémérales de la température normale des êtres virants. M. Gariel donne lecture du rapport qu'il a été chargé de faire sur ce mémoire. D'après H. Hauret, en modifiant les coudiliotts d'existence d'un lapin relatives aux repas, à l'é- . clairage, au mouvement, on peut à volonté déplacer le maximum de la température nychthémérale, maximum qui ; dépasse le minimum de O'jS àO',9; de plus, l'influence des I repas est la plus considérable, car elle se traduit par une ; différence deO°,3 à 0,5; celle de l'éclairage et celle des mouvements produisent chacune une différence de 0*,3; les autres influences paraissent négligeables. M. Gariel ac- ' cep'eces conclusions, mais à ta condition qu'elles seront restreintes aux cas où les circonstances seront identiques & celles que M. Haurel a réalisées; it ne pense pas tju'on I puisse les adopter pour les eus où U température ambiante , varierait notanlemenl du jour à la nuit; d'ailleurs, il est I difficile d'étendre à d'autres animaux ni k l'homme les ré- ! sultata obtenus chez le lapin, dont ralimentation est irréga- ! lïère et les habitudes du mouvement semi-nocturnes.

I DiÉLECTROLYSE. — M. le doctcur A. Brondel (d'Alger) ' fait une communication sur l'iulroductioit dans l'économie ( de certains médicaments au moy^n de l'électricité. Si l'on ; fait passer un courant dans une dissolution d'un sel, le sel est décomposé : ce métal se rend au pôle négatif, et le métalloïde, dans certains sels, ou l'acide vont au pèle positif. C'est cette opération que le docteur Brondel a réussi à effec- I tuer au travers de l'organisme et à laquelle il a donné le I nom de diétettniifie. Peur l'iode, aui est un métalloïde très I facilement diélectrolysahle, il applique sur une partie du corps une plaque d'amadou trempée dans une solution d'iodure de potassium, et, par-dessus cette plaque, le pôle négatif d'une pile dont le pèle positif est phcé sur une autre p<irtie du corps; l'iode se sépare du potassium, qui reste au

fiôle négatif, et chemine è travers les tissus organiques vers e pèle positif où il arrive très rapidement, comme on peut s'en assurer au moyen d'un papier amidonné qui bleuit. C'est là une méthode hypodermique ou, plutôt, intraorganique, sans effraction ae la peau, ce qui supprime la douleur. Un grand nombre de corps simples pourront ainsi traverser l'économie, et lesapplications de la méthode nouvelle peuvent être irès nombreuses et très importantes. Le docteur Brondel a ainsi guéri des libromes utérins, un cas de périmétrite.une névralgie ovarienne rhumatismale, plusieurs cas de rhumatisme chronique.

Les recherches ulténeures de l'auteur doivent porter sur I diverses maladies : les tumeurs parasitaires et malignes, les

même et s'efforçait de calmer ses craintes par de nouveaux supplices: telle était la véritable cause de sa fureur incessante.

Vivant dans le Slobod d'Alexandrov comme dans une forteresse inexpugnable, entouré de ses oprichniks, garde vigilante et incorruptible, le tsar ne pouvait trouver la tranquillité ; souvent il allait visiter les monastères ou les forteresses du voisinage. Le pauvre maniaque, oubliant parfois le froid et la chaleur, refusait les aliments, appelait sa garde et sautait à cheval. Cette vie active ne put le délivrer de ses craintes. Bientôt survinrent des hallucinations, des illusions sensorielles, des visions. Les ombres des bolars massacrés par ses ordres lui apparaissaient au milieu des tombeaux de Novogorod, où reposaient d'autres victimes de sa folie. 11 tremblait à chaque minute, ne rêvait qu'émeutes et proscriptions; ce souverain orgueilleux, si redoutable pour tous, se mit un beau jour à écrire à la reine d'Angleterre Elisabeth, pour lui demander aaik si ses sujets venaient à le chas-

ser. Elle lui répondit qu'elle désirait de tout son cœur au'il continuât de régner avec gloire en Russie^ mais qu'elle était prête à lui donner l'hospitalité si une comuration le chassait ; qu'il pourrait vivre où u voudrait en Angleterre, y suivre les pratiques de lu religion grecque, enfln retourner en Russie ou ailleurs si cela lui plaisait. A un >:ertain moment, Ivan songea à se relirer vers le bord de la mer; celte idée lui avait été suggérée par le médecin hollandais Elisée Bomelius, un assez mauvais drôle, qui, après avoir été chassé d'Atleinagne, réussit ii force d intrigues à trouver accès près de lui; il entretint soigneusement ses terreurs, noircit tout le monde, inventa même des conspirations.

La dernière phase de la vie d'Ivan fut marquée par cet affaiblissement qui succède toujours aux débauches, caractérisé par une prostration des forces physiques ei morales, dont il avait lui-même eeuaoteiiee. Lui, si terme dans ses desseins, si fier en toute circonstance, il refbiâniajidaityii un ambassadeur qu'il envoyait à ÈiSAeë^AlttMMilMÏ^^

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affections de la peau, la ^philis, les névralgieB, etc., et surtout la phthisie pulmonaire, où le docteur Brondel com|)te essayer l'action ae divers antiseptiques minéraux : arsenic, mercure, fluor, etc., que la diélectrolyse permet de faire pénétrer jusque dans le tissu pulmonaire. Il y a là une voie nouvelle ouverte et il est certain qu'elle sera parcourue. — (Le mémoire de H. Brondel est renvoyé k l'examen d'une commission composée de MM. Gariel, Dujardin-Beaumelz et Féréol.)

Constitution médicale de Saint-Oueh. — Un médecin pratiquant à Saint-Ouen (Seine), M. le docteur DubousguetlAiborderie, expose à l'Aca iémie la constitution médicale actuelle de cette commune, habitée par 26000 habitants, dont la majorité est composée d'ouvriers vivant dans des conditions assez misérables et au milieu de causes multiples d'insalubrité ; aussi est-ce un pays de prédilection pour la fièvre typbolde, l'athrepsie, les diarrhées, les troubles gastro-intesUnaux. L'an dernier, de nombreux cas de fièvre typhoïde, de diarrhée, d'embarras gastrique, etc., y ont précédé le premier cas de choléra. Cette année môme, l'athrepsie et la diarrhée chea les enfants, la diarrhée chez les adultes y font de nombreuses vicUmes, dont l'auteur rapporte les observalions du 26 août au 17 septembre. Il insiste également sur la coTncidence et la corrélation possible entre la fièvre typhoïde et le choléra, la première de ces affeclions sévissaal depuis le mois de juin & Sniiit-Ouen, dans les maisons les plus insalubres, et la seconde n'ayant pas encore apparu cette année-ci. — (Le mémoire de H. Dubousquet- Laborderie est renvoyé à l'examen de la Commission du choléra.)

$»p|*(« médleale de B«rllM.

SÉA?{CK Dtl 17 JUIN 1885.

, Pathologls da grand •ympatklqne.

M. Lewinski lit un mémoire relatif à la patholi^le du grand sympathique, parliculièrement important en ce qui concerne les Abres qui se rendent aux extrémités.

Il s'agît d'une femme Agée de quarante ans, mariée depuis l'âge de vingt-quatre ans, sans enfants. Son père souffrait de troubles de l'estomac et de cardialgie; sa sœur était morte d'un ulcère stomacal. Elle-même présenta, en 1870, dès la première année de son marrage, des symptfimes d'ulcère chronique de l'estomac. Depuis son enfance elle a un goitre ; celui-ci a surtout grossi depuis dix k douze ans. Il y a sept ans apparurent des troubles, peu gênants, il est vrai, du côté de l'œil droit et du bras droit. Le goitre, situé k droite du

cou, a légèrement refoulé la trachée vers la gauche et s'étend en bas jusqu'à la clavicule et même plus bas dans la profondeur des tissus.

La paupière droite est abaissée, la fente palpébrale rétrécie, le globe de l'œil enfoncé dans l'orbite plus qu'à gauche, la pupille droite est très rétrécie, la pression intra-oculaire i plus faible à droite qa'à gauche, à l'ophtbalmoscope on oe j constate qu'un peu de dilatation des vaisseaux. La moitié droite de la face est légèrement atrophiée, la joue droite un ] peu creusée, ta coloration du même c6té diffère fréquemment de celle du côté gauche. L'artère temporale est dilatée. La température de l'oreille ne diffère pas sensiblemeni & droite et à gauche. Quand la malade transpire, la moilif gauche de la face seule se couvre de sueur.

La malade a des maux de téle qui n'offrent pas Tranchement le earutère de la migraine et paraissent plotAl en rapport avec les irrégularités de plus en plus marquées de la menstruation.

Le bras droit est le siège d'une enflure qui varie notablement, mais occupe à peu prés exclusivement la partie inférieure de l'arant-bras, la main et les doigts. Ce œdème est non seulement sous-cutané, mais encore s'étend en profondeur. Jamais aucune colomlion cyanolique. Les blessures de la main droite donnent moins de sang que celles de la main gauche. La température des deux mains est dîEférente; dans l'un des examens, la différence a été de 3 degi^s. Dans les aisselles la différence de température est peu sensible. L'artère radiale est légèrement dilatée à droite, te pouls n'offre rien de particulier; il vacie de iÛO à 108. La motilité et la sensibilité du bras droit sont normales. Rien du côlé du cœur et des gros vaisseaax ; pas d*albnmine dans l'urine.

Pendant l'hiver de 1884 à 1885, la malade eut we forte hématémèse et dut être mise au régime lacté. Dans i'inlervalle la parotide droite gonfla et il s'établit un flnx saUyaîre abondant et de la suppuration; on pratiqua deux incisions, les plaies guérirent difficilement. A la même époque la malade éprouva des sueurs nocturnes abondantes; la moitié droite de la face transpirait beaucoup moins que la gauche; il en était de même, à un moindre de.gré, du bras droit. Les mains et les pieds étaient toujours secs.

Il est évident que les deux séries de symptômes, tant ceov observés du côté du bras que ceux signalés du c6té df t.t léte, dépendent d'une altération du grand sympathique :

1" Pour la tète, c'est le tableau typique de la paralysie du i sympathique du cuu; elle se traduit par les troubles oi-nin- i pupilaircs, le rétrécissement de la fente palpébrale, la réclination du globe de l'œil (par parésie du muscle de Muller), le rétrécissement de la pupille, la diminution de la tension intra-oculaire.

La diminution de la sécrétion sudorale à droite offre pins

la brièveté dans les discours, et la patience même en face des injures (1581). A la même époque, celte timidité non justifieie se rencontre dans son admmistralion intérieure.

Karamsine conclut gue te caractère d'Ivan, prince vertueux et doux dans sa jeunesse, despote sanguinaire à l'âge viril et dans la vieillesse, reste un problème pour l'historien; la solution est facile si l'on tient compte des deux périodes de sa vie psychique. Dans la première, il est sain d'esprit et gouverne d'après son naturel; dans la seconde, il est atteint d'une manie furieuse provoquée et entretenue par des excès.

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