L. TflOHAS
PeBSONKEL AnXILIAIRB DD SERVICE DE SANTÉ DR LA MARINE. —
Plusieurs emplois de médecin auxiliaire de 2" classe et d'aid^médecin auxiliaire sont actuellement vacants dans le service santé de la mariue, aux colonies, t^s emplois ds médecin auxiliaire da 2* classe peuvent être attribués, sans conciMirs, à des candidat! munis du diplôme de docteur en médecine ; les éludianb en médecine possédant au moins huit iuscriplioos peur le doctorat peuvent étn pourvus d'une commission d'aide-méoecio auxiliaire, mais seulement après avoir satisfait aux épreuves indiquées. U solde coloniale annuelle est de i^il francs pour les médecins aoxilinireii da t* classe, et de 3069 francs pour les aides-méderiib auxiliaires.
ËCOLE DE MEDECINE DE C*EN. — Va concours pour UD emploi de chef des travaux anatoiniaues s'ouvrira, le 8 mars 18S6, à l'Ecole préparatoire de médecine de Caen. Le registre d'inscription clos un mois avant l'ouverture dudii concours.
Septembre i885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DB HâDEQiHfi £T DR GHIRDAGIB — M* 3» — 635
d'intérêt. On sait que des recherches récentes ont établi l'existence de centres sécrétoires de )a sueur dans la moelle jusqu'à la moelle allongée, et, d'après Luchsinger, celle-ci renfermerait un centre général, dont tous les autres centres dépendraient. Les conducteurs périphériques se rendraient de là au grand sympathique l'intermédiaire des rameaux communicants. Dès lors rirntation ou la paraljsie du grand 5;rnipathique détermineraient de l'hypernidrose ou de l'anhidrose; dans le cas présent l'anhidrose à peu près cornplète de la moitié de la tète vient corroborer le dia^ostic ds paralysie du sympathique cervical.
La légère atrophie de la moitié droite de la face a ét& également signalée dans la paralysie da svmpalhique au niveau du cou. De plus, on a constaté une léger abaissement de la température à droite ou du moins l'égalité des températures de l'oreille droite et de roreiUe gauche. Or, les célèbres expériences de Claude Bernard sur la section du sympathique au cou ont démontré que du côté paralysé il y a dilatation des vaisseaux et élévation de la température;- la contradiction ici n'est qu'apparente, car au Dont de quelques jours ta différence des deux températures diminue et peut même disparatlre entièrement. Schiff a constaté d'autre part qu'une agitation physique ou psychique peut renverser l'ordre et que dans ces conditions l'oreille du cùté sain peut présenter 1 à 5 degrés de température de plus que celle du côté paralysé. Du reste la température des régions avoisinantes joue of^iement un rftle. Enfin il faut tenir compte de la présence simultanée des nerfs vaso-dilatateurs et vaso-constricleurs dans le grand sympathique. Dès lors Tégalité de température constatée à droite et à ^uehe et même le léçer abaissement à droite de la cavité, s'il existe, n'offire plus rien d'extraordinaire.
Quant à la complication qui s'est présentée du côté de la carotide, il est impossible de dire si elle dépendait ou non de la paralysie du sympathique.
•i° Arrivons aux phénomènes que présente le bras droit, (^ux-ci sont particulièrement intéressants, car ils n'ont pas été observés jusqu'à ce jour, tandis que la paralysie du svmpathique cervical est connue depuis assez longtemps dans ses principales manifestations.
A. Tempér^ature. — Les mensurations dans l'aisselle et dans le pli du coude n'ont, commé nous l'avons vu, rien donné de positif; pour les mains, an oonlraire, la différence a été une rois de 2 degrés, et c'est toujours la main droite qui présentait la plus basse température; la différence était (raulant plus grande que les mams étaient plus froides. On peut en conclure que la réfrigération exerçait une influence plus grande sur la main droite que sur la gauche, ce qui est en contradiction avec les observations de Ninati, que Lewinski considère comme erronées.
B. Sécrétion sudorale. — Les faits observés se résument aux suivants : 1° il n'y a pas de différence pour les deux aisselles; 'i' la sécrélion est moins abondante au niveau de Pavanl-bras droit que du côté gauche, quoique la différence soit bien moins accusée que pour les deux moitiés de la face. Il faut en conclure que les nerfs sudoraux de l'avant bras droit sont paralysés.
G. OEdème de VamnUln'aB. — C'est là le phénomène le plus intéressant, car il ne dépend ni d'un trouble de la circulation, ni d'une affection rénale ; la motilité et la sensibilité sont intactes ; la coloration de la peau est normale. Cet oedème existe depuis plusieurs années.
Ranvier le premier a attiré l'attention sur les rapports de rœdème et de la paralysie des nerfs vaso-moteurs. Tandis que la ligature de veines isolées, telles que la crurale, la jugulaire, la veine cave inférieure, n est pas suivie d'œdème, si l'on pratique, par exemple, la section du nerf sciatique en même temps qu'on lie la veine cave inférieure, on voit se produire un œdème considérable du côté oà le nerf a été
œupé. C'est à la section des filets vaso-moteurs, mêlés au sciatique, que cet effet doit être attribué, ce dont on s'assure en coupant les racines sensitive et motrice dans le canal médullaire. Ranvier a conclu de ses expériences (sur les chiens) que la li|rature des veines est impuissante par ell»mème à produire de l'œdème, qu'elle doit être nécessairement accompagnée d'une paralysie des vaso-moteurs.
Ces Œipériences ont été reprises par divers physiologistes, en particulier par Sotnïtsehersky, qui est arrivé à des résultats importants, qui modifient dans une certaine mesure les conclusions de Ranvier. Voici ce qu'on peut considérer comme acquis : l" l'œdème se produit, lorsque les vaisseaux sont liés en nombre suffisant, lorsque les veines collatérales soot liées en même temps que le tronc principal ; 3° dans les cas où l'occlusion des troncs veineux est impuissante à produire l'œdème, la paralysie des vaso-moleurs est nécessaire. Quant à la question de savoir de quelle manière agit la paralysie vaso-motrice, on ne sait rien de positif.
Néanmoins un grand nombre de faits pathologiques se trouvent éclairés grâce à ces expériences. Tels sont les œdèmes qui accompagnent, ou plutôt annoncent certaines névralgies; les phénomènes vaso-moteurs, pâleur, rougeur, sentiment de iroid, qui peuvent accompagner ces mêmes névralgies ; tels sont les œdèmes circonscrits qu'on voit survenir subitement et disparaître tout aussi vite, et qui sont souvent en rapport avec une éruption d'urticaire; tels enfin, selon Erb, les œdèmes, avec abaissement de la température et cyanose, qu*on observe dans la paralysie des extrémités; mais il y a peut-être autre chose ici qu une influence vasomoirice ; il y a stase veineuse par inaction et déclivité continuelle du membre, ralentissement de la circulation lymphatique par suite de la suppression de l'action musculaire, etc.
Dans le cas présent, l'influence vaso-motrice est absolument nette ; c'est la seule qui puisse être invoquée, et dés lors se trouve renversée la proposition suivante de Sotnitschefsky : < On n'a jamais observé d'œdème à la suite de la seule paralysie des vaso-moteurs. »
Reste à déterminer le siège de la lésion. Il est hors de doute qu'il s'agît d'une paralysie du sympathique cervical et des libres sympathiques du bras droit ; de plus, la lésion doit être située plus haut que le plexus brachial, en un point où ces fibres ne se sont pas encore mêlées à celles de ce plexus. Enfin, il est infiniment probable à priori que c'est le goitre qui a provoqué celle lésion par compression.
Pour les libres oculo-pupillaires, sécrétoires et vaso-motrices émanées du sympathique cervical, la cause de leur paralysie n'est pas douteuse, vu le lieu d'origine et le parcours connu de ces fibres. Quant aux fibres sympalhitjues destinées aux extrémités supérieures, leur lieu d'origine et leur parcours sont moins bien connus. La seule chose qui soit connue, d'après les expériences de Claude Bernard, de Schiff et de Lyon, c'est que ces fibres émanent de la moelle thoracique, traversent les ganglions Ihoraciques supérieurs et arrivent au plexus brachial avec lequel elles se confondent ; d'après Gyon, elles arrivent au t*' ganglion dorsal et de là, par les rameaux communicants, se rendent vers les racines du plexus brachial. Les 4 libres sympathiques destinées à la téte et celles destinées au bras traverseraient donc les mêmes ganglions, mais en sens invwse, et la compression de ces ganglions déterminerait à la tin la paralysie du sympatbioue cervical et celte des fibres sympathiques du bras ; ce mit concorde du reste avec certaines observations de Claude Bernard, qui remarquait des troubles de la circulation simultanément vers la moitié de la télé et le bras correspondant, par l'initiative du 1" ganglion thoracique. Enfin, en remarquant encore que les communications entre le 1*' ganglion thoracique et le dernier ganglion cervical sont très nombreuses, on peut admettre qu'il s'agissait dans le cas présent d'une compression de ces deux ganglions par le goitre-' et
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d*une paralysie consécnlive des sympathiques du cou et du bras.
On peut se demander pourquoi, dans ce cas, il n'y a eu aucune altération dti pouls; cela tienl à ce que le sympatlûque cervical gauche élail iiilact et sufrisnil pour empêcher les irrégularités du cœur de se produire. Enfin, il est difficile de comprendre pourquoi l'œdème n'a occupé que l'avantbras et la main et que la température ne se soit trouvée modifiée que dans celle-ci. Il est probable que ce fait ne sera lus un mystère quand on connaîtra mieux le parcours des bres sympathiques du bras.
L'un des résultat pratiques de cette élude^ c'est que dans tous les cas de paralysie du sympathique cervical, par compression par une tumeur située à la partie inférieure du cou, il sera utile de rechercher la température de la main.
— M. Weyl demande à M. Lewinski s'il a examiné la salive de la malade, cet examen ayant son importance depuis que Londwehra cherché à démontrer que cette sécrétion ne sert pas à transformer la dextrine en sucre, ni à former le bol alimentaire, mais à amener jusque dans l'intestin une gomme animale, unie à lamuciiie,qui jouerait un rôle prépondérant dans l'émutsion des graisses ; comme corollaire, il y n lif n de demander si l'assimilation de la graisse n';i pas souffert chez celte malade. Enfin, a-l-on observé ce iremblemenl musculaire particulier, surtout observé sur la langue et la lèvre inférieure par Heidenhain et ses élèves, et qui se remarque dans certaines paralysies avec œdème.
— M. Lewinski répond, au sujet de la première question, qu'il n'a pas vu la malade à l'époque où elle soulTrait de salivation parotidienne ; quant à un désordre de l'assimilation en général, il est difGcile de rien dire, car il s'agit d'une femme atteinte d'ulcère chronique de l'estomac. Il n'a jamais observé le trerofalenient particulier signalé par Heidenhain.
— H. Lewin fait remarquer que dans ces sortes de paralysies la pigmentation des deux moitiés de la face est quelquefois différente. M. Lewinski n'a rien observé de pareil.
— M. Westphal rappelle que les sueurs unilatérales s'observent chez certaines personnes à l'état de santé. Il cite en outre l'exemple de deux ataxiques, chez lesquels l'ingestion d'un peu de hareng salé produit immédiatement de la sueur unilatérale.
— M. Remak rappelle qu'on peut observer, dans la paralysie du sympathique cervical, les phénomènes oculo-papilluires indépendamment des phénomènes vaso-moteurs.
— M. Lem'n lyoule que dans d'antres cas ces derniers phénomènes disparaissent, tandis que les troubles oeulo-papiUaires sabsistent longtemps encore.
RETUE DES JOURNAUX
TraMemeat d« la irlnfitvlte espnlalv« et d« rom^-
périMtite, par M. Mailuol. — Notre confrère de la République Argentine se trompe assurément quand il croit avoir trouvé dans l'emploi topique de l'iode un remède contre la gingivite exonisive; mais il indique la formule d'un bon collutoire qu il emploie avant le traitement iodé, quand les dents ont été débarrassées du tartre. C'est une solution d'acide borique dans l'eau chloroformée saturée.
^ Acide borique en poudre fine. 5 grammes. Eau chloroformée saturée. ... 10U —
Faites dissoudre l'acide borique, et lyon'^ •
Eau distillée d'anis 100 grammes.
Eau distillée simple 200 —
Secoues et fillm.
Contre rostéODérioslîte aWéolo-dentaire, après avoir employé autrefois 1 acide diromique, préconisé par H. Hapioi, il lui préfère maintenant, avec Harlan {Dental Comot, itt Chicago) Viodure de zinc. Ici encore les cavités denlair<s sont préalablement lavées, au moyen d'une seringue, l'eau chloroformée et boriquée; puis remplies de colon an chloral imbibé de glycérine et de chloroforme iodoTormique à parties égales. Les douleurs calmées et la tuméfaclioit disparue, on enlève le bord alvéolaire atteint, et l'on injetlr dans la cavité quelques gouttes d'une solution d'ioduredr zinc, dans la proportion croissante de 1*%50 à '4*',50 d'iodnn; pour 60 grammes d'eau distillée.
La gingivite expulsive et l'ostéopérioslite sont des affections (tue le médecin de la famille est souvent appelé k tni- 1er, à l'exclusion du dentiste, surtout dans les petites localités. C'est pour cela que nous consignons ici les moyeu coi»eillés par l'auteur. {L'Odontalgie, vol. V, n* 9.)
Étude phjsloloirlqM «ttr le ■■■lawfcwMI— te pi ««^ié,
par le professeur H. Beaunis. — En commençant ces études (car ce présent travail doit avoir une suite), M. Bmvw signale c l' indifférence du public et surtout la réserve dédiigneuse ou l'hostilité déclarée du monde médical i à l'^arl du somnambulisme provoqué. La tenue de la Gazette àtai cette question doit lui prouver, ainsi qu'à son collègue de U Faculté, M. Bernheim, que nous ne devons compterai panai les indifférents^ ni parmi les hostiles. Nous ignorons, voili tout; et comme nous avons la plus haute considération pour le caraclère et pour l'iatelligence de certains partisans du somnambulisme, entre lesquels nos confrères de Nancy sont au premier rang, nous faisons conseieucieusement notre devoir d'informateurs en prêtant de temps à autre à leurs recherches la publicité de la Gazette. On nous dira peut-être : pourquoi ignorer? pourquoi ne pas s'instruire? C'est qie la chose n'est pas aussi facile qu elle le parait d'abord; t'tsï que les expériences de contrôle telles qu on voudrait les fain exigent des conditions qu'on ne rencontre pas à vidoilé. Mais ce n'est pas Itt lieu d'insister là-dessus.
Voici donc la substance du mémoire de M. Beaunis, au moins de ta partie publiée. Si nous nous arrêtons à celiK partie sans attendre la suite, c'est qu'elle suffira probablement pour donner une idée de la nature des faits que l'auteur veut faire conn^tre.
Il rappelle d'abord les cinq degrés de somnainbulismf admis par M. Liébeault. Premier degré : loffisoleno':
Etesanleur, engourdissement. Second degré : sommeil Us^' es sujets entendent encore tout ce qui se dit autour d'en. Troisième degré : somfneil profond; les sujets ne se souviennent plus de ce qu'ils ont fait, dit ou entendu pendaal leur sommeil, mais ils sont encore en rapport avec les ^ sonnes présentes comme avec leur endormeur, Quatnènf degré : sommeU très profond; l'isolement du sujet est complet et il n'est plus en rapport qu'avec celui qui l'a endomi- Cinquième degré : somnambuUsme.
Ces cinc^ degrés se répartissent, pour 100 sujets, de » manière suivante : somnambulisme, 18,7; sommeil très profond, 8,2; sommeil profond, 35,9; sommeil léger, iVsomnolence, 10,0; non influencés, 7,9.
La statistique de 1880, publiée dans le travail du professeur
Bernheim (De la suggestion dans Vétat hypnotique, }f- ',>< donne les résultats suivants, qui diffèrent un peu des précédents: somnambulisme, 162 sujets, 15,9 pourlOO; soihidnI très profond, 232, 22,8; sommeil profond, 460, 45,3; soameil léger, 100, 9.8; somnolence, 33, 3,2; non influentes. 27,2,6.
Pour montrer que le somnambulisme artificiel propre de la femme, M. Beaunis établit, encore d'après renseiiçnemenls à lui fonrnis par M.4Jé|]ieault, et portant sar 755 sujets, que le somnambulisme complet s'observe, csti l'homme, dans la proportioa de 18,8 pour tOp; le wtanaa
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très prorond, 7,3; le sommeil prorond, 37,6; le sommeil léger, 18,1; la somnolence, 7,3; la non-influence, 10,8. Et les proportions corresponilaïUes, chez la femme, sont : le somnambnlisme, 19,4 pour 100; le sommeil très profond, 7,2; le sommeil profond, ^,8; le sommeil léger, 21,1 ; la somnolence, 10,6; ta non-influence, 6,6.
Il ressort donc de ce tableau que les proportions sont à peu près les mêmes chesles hommes et chez les femmes, et qu'en particulier, contrairement à l'opinion courante, la proportiùn est presque identique pour ce qui concerne le somnambulisme^ 18,8 pour 100 chez les hommes, 19,4 pour 100 chez les femmes.
Après d'autres détails statistiques concernant l'influence de 1 âge, l'auteur arrive aux modifications de la fréquence des battementsdu cœur par suggestion hypnotique, et voici le résumé d'une des observations qu'il produit :
Elisa F... étant éveillée, on applique sur Tarière radiale gauche le sphygmographe à transmission de Marey; une horloge électrique inscrit les secondes sur le cylindre enregistreur. Le pouls est d'abord pris à Vétat de veille; le tracé est très régidier, sauf à un moment, où le sujet fait des inouvements de la main qui sont calmés par la suggestion. La moyenne 1 Télat de veille est de 96 pulsations par minute. Alors H. Focaclion Tendorl en lui disant simplement : « Dormez; > le sommeil est immédiat. Le pouls prend les caractères du pouls à forte tension, l'amplitude est diminuée et le Jicrotisme à peine sensible; cependant, dit M. Beaunis, je n'oserais pas attacher une grande importance à ces variations du tracé, surtout avec le sphygmographe à transmission. Le nombre des pulsations est de 98,5 par minute ; Il y a donc une très légère accélération. Quelques moments après, M. Focachon fait à Ëlisa la suggestion du ralentissement du pouls, en lui disant : « Faites bien attention, votre cœur bat moins vite, moins vile, encore moins vite, » et continue ainsi pendant un certain temps, en l'accentuant, la suggestion du ralentissement, et le pouls se ralentit en effet à mesure que la suggestion s'accentue. L'amplilude du tracé devient un peu plus grande que tout à l'heure, mais le dicrolisme n'est pas mieux marque; la moyenne des pulsations par minute est de 92,4. En deux points du tracé, au début et à la fin de la suggestion, l'acceiitualion plus énergique du ralentissement a déterminé une sorte d'arrêt du cœur bien visible sur le tracé; il n'y a pas là une disposition individuelle, une intermittence du cœur comme on en rencontre chez beaucoup d'individus; en effet, on i>e la rencontre en aucun autre point du tracé, et elle me parait bien due à l'influence de la suggestion. On laisse alors, te sujet étant toujours endormi, le pouls revenir à l'état normal en s'abslenanl de toute suggestion. Le pouls prend alors plus d'amplitude, bien que le dicrolisme y soit encore très peu prononcé. La moyenne des pulsations est de 102 par minute. On fait alors la suggestion de l'accéléra- • tion du cœur. Les pulsations ont peu d'amplitude, et c'est à peine si l'on y trouve par places un indice de dicrotisme. Leur nombre est de 1 15 par minute. Oa laisse alors le pouls revenir à l'étal normal et on réveille le sujet; les pulsations sont au nombre de 100 par minute.
< Dans cette expérience, ajoute l'auteur, le ralentissement et l'accélération suivaient immédiatement la suggestion; il n'y avait ni modification émotionnelle du sujet, ni altération du rythme respiratoire; les phénomènes étaient évidemment subordonnés à l'influence pure et simple de la suggestion. » {Revue médicale de fEstj 15 septembre 1885.)
ÏVofe «Mr na mmm d'afMl« lo«ODiolrlc« progwem»lv9 «nllatérale d'origine prafiMMlonaollv, par M. BeRTOTB,
interne des hôpitaux de Lyon. — Dans cette intéressante observation, il s'agit d'un tisseur Agé de quarante -huit ans, dont voici en abrégé l'histoire :
Obs. —A l'Âge de vingt-huit ansanvirou, J. U... ressentit pour la
première fois des douleurs fulgurantes parcourant de haut en bas tout le membre inférieur droit. Au début, rares et isolées, elles finirent par constituer des crises rerenaot tous les huit on dix joui*s. Pendant quinze ans elles sont restées telles, ne l'accompagnant d'aucun autre désordre fonctionnel.
U y a cinq ans. presque subilemeiit, te même membre présenta de l'ancsthésie plantaire et de riiicoordioaiion des mouvements. \a marche ne s effectua plus qu'avec géne, surtout dans Tobscurité. Un peu plus tard, le membre supérieur droit fut atteint; il devint le siège d'engourdissements, de doulean fulgurantes, d'incoordination des mouvemeats. 1^ main droite dut céder k la main gauche le soin d'exécuter tout ce qui demandait un peu de précision; plusieurs fois elle laissa écliapper les objets qu'elle détenait. A aucun moment on ne trouve à signaler le moindre trouble fonctioawl dans le cété gauche du tronc et des membres, la face, les or^nes sensoriels, mgestifs, circulatoires, respiratoires, génito urinaires.
A l'hApital, on constate les signes classiques du tabès, mais unilatéraux. La station à cloche-ptcd peut s'effectuer sur la jambe gauche; elle n'est pas possible sur la jambe droite. Pendant la marche, k chaque pas fe pied droit en se soulevant est déjeté en dehors, puis retombe brusquement sur le sot ; le pied gauche n'offre rien de semblable. Signe de l'escalier indiqué par Fournier.
Intégrité de la sensibilité cutanée dans la moitié gauche du tronc et des membres, dans toute la tôte et dans le tiers supérieur de la moitié droite du thorax. Altération profonde de cette sensibilité dans le reste de la moitié droite au corps, plutét dans la jambe que dans le bras. Conformément aux idées de H. Vulpinn, l'anestliésie atteint la sensibilité au contact plus que la sensibilité à la piqtkre, cette dernière plus que la sensibilité aux aj(ents thermiques. Uysestliésie considérable à droite ; il s'écoule un inter^ valle de douze secondesentre la production et la perception d'une piqûre énergique i la face antérieure de la jambe, etc.
J. B... reste un mois et demi i l'hépital.
M. le docteur Faivre avait prescrit d'abord le nitrate d'argent à la dose de 5 cenllgramoics par jour; puis au bout d'une semaine environ, il associai celle médication interne un traitement par les bains térébenthinés.
Au moment de son dépari, le malade présentait une amélioralion considérable : dimmution dans la jambe droite et surtout dnus le bras du même cAté, soit de l'incoordination motrice, soit de l'anesthésie cutanée ou profonde; persistance du signe de Westplial à droite ; pas de modiÛcations des autres symptémes; pas d extension nouvelle de la maladie.
Six semaines après, tout le terrain gagné est reperdu. Il y a plus : d'une part, l anesthésie commence i envahir la zone jusque-là respectée du plexus cervical droit, et, d'autre part, dans toute la moitié droite du corps des auenrs se montrent à l'occasion de la moindre fatigue. Les départements des nerfs racbidiens gauches, des nerfîi oiiniens, les organes seusoriels, les ilscères n'ont pas encore payé de tribut 1 la maladie.
L'auteur rapproche de ce fait les observations d'hémiataxie publiées par Landouzy, Grasset, Drummond, et fait remarauer la concordance de la cause présumée de la ma-, ladiecnez J. B... avec l'opinion qui fait jouera la fatigue, spécialement la fatigue musculaire, un rôle important clans la production du tabès, et qui a été défendue surtout
Bar Carre dans sa dissertation inaugurale (1862) et par [. Guelllot {Union médicale t 1882). Ce malade est, en effet, tisseur depuis l'âge de vingt ans, et, marié à vingt-six ans, se livre a des excès de travail pour pouvoir soutenir sa famille. Or, sou travail l'oblige à ne cesser, debout sur son métier, d'abaisser et d'élever avec sou pied droit la pédale mettant la machine en mouvement, et c'est à partir de l'àçe de vingt-huit ans que se dessinent les symptômes prémonitoires de l'ataxie.
H. Berloye termine son mémoire par les conclusions suivantes :
1° L'ataxie locomotrice progressive est souvent produite par des fatigues musculaires, génitales ou autres;
2" Elle offre, dans ce cas, une localisation, soit aoatomique, soit symptomatique, en rapport avec l'oraane surmené;
3** Certaines professions qui exigent d un organe un fonctionnement exagéré peuvent déterminer l'api^ltipiidakl^l» dorsalis avec localisation des symptômes dans cet Vgasi^ ^
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECmE ET DE CHIRURGIE 25 Sbptbhbbe 188^
4" Lorsqu'une proressioa amène le surmenage simultané d'un bras ou d'une jambe situés du même côté, Tataxie revêt la forme hémiplégique. (Lyon médical, n' 38.)
ObaervKtloM 4*iia iii«lad« qal relira qnarute-lroia caleni* d« •« propre Tevale par un procédé aiHivean,
par U. James Mubphy. — Un malade âgé de cinquante ans environ, ayant toujours joui d'une bonne santé, fut tout surpris de voir un jour, pendant une miction, le jet d'urine s'arrêter subitement. Il alla consulter son médecin, qui, ayant introduit un cathéter métallique dans la vessie, trouva une pierre. On proposa la litliolritie; mais le malade, très ingénieux, — il était architecte de son état, — refusa de se soumettre à aucune opération avant d'avoir essayé ce qu'il pouvait faire lui-même pour sa guérison. Il réfléchit longtemps à son cas, et pendant plusieurs jours il tenta, par des positions diverses sur le ventre, sur les genoux, etc., d'amener sa pierre à la partie profonde de Turèthre, afin de la chasser par un jet brusque d'urine. N'^ pouvant parvenir, mais sentant son calcul au col de la vessie, il imagma, pour l'extraire, le moyen suivant : il prit une bouteille de Florence, dans le }|^oulot de laquelle un bouchon de liège se trouvait fortement fixé. Ce nouchon était traversé par nn tube en os, dans lequel une sonde française noire était solidement maintenue au moyen d'un écrou, et, pour rendre la jointure imperméable, on la recouvrit d'une bande de caoutchouc. L'appareil étant ainsi construit, le malade versait dans la bouteille de l'eau bouillante et la vidait aussitôt; il s'empressait alors de la visser sur le cathéter introduit dans la vessie, et, rafraîchissant ses parois en l'enveloppant de compresses glacées, il obtenait ainsi un vide dans son intérieur. De cette manière, il avait réalisé un aspirateur très semblable à celui dont s'était servi plusieurs années avant sir Philip Crampton, mais dont certainement il n'avait jamais entendu parler. Il essaya à diverses reprises cet appareil, afin de déterminer Tintroduclion de la pierre clans l'urèthre, car il n'en espérait pas davantage; il ne put y parvenir à cause de la faiblesse du courant produit par le vide qui se formait graduellement dans le récipient. Il imagina alors un autre aspirateur plus simple dans sa construction et plus puissant dans ses effets. Il acheta une grosse seringue à oreille, sur laquelle il fixa un cathéter n" 10; lorsque sa vessie fut pleine, il se mit à genoux et fit de petits mouvements jusqu'à ce qu'il sentit son calcul au col de la vessie; à ce moment il introduisit doucement la sonde Gxée à la seringue au contact du calcul; puis, retirant doucement l'instrument d'environ i pouce, il aspira rapidement le contenu de la vessie ; après plusieurs insuccès, il eut la satisfaction de voir enfin un r.alcul tomber dans sa main; mais il y en avait d'autres, qu'il relira de la même façon les jours suivants.' A diverses reprises, dans l'espace de deux ans, il a ainsi retiré quarante-trois calculs de sa vessie, recommençant l'opération chaque fois que des coliques néphrétiques lui iiniioni'aient la chule de pierres du rein dans le réservoir urinaire. Ces calculs sont formés d'acide urique ; leur volume oscille entre les dimensions d'une balle (calibre G) et celles d'un gros pois. (The British médical Joamaly 8 aoâl 1885, p. 2-1'J.)
Bpiphara et eetraplon léger SHérI par l'exiraetlon d'uM raelM de dent eaalne, par M. J.-H. AcKIiAifD. — H"' U..., Agée de quarante-trois ans, se présente à Dental Hospital avec une fistule s'ouvrant à environ un demi-pouce de l'angle interne de l'œil droit, et s'accompagnant d'épiphora et d'un léger ectropton du même côté. La malade se plaint de ce que les larmes coulent constamment sur ses joues, et elle est très iluulourensement affectée de la difformité produite par l'ectropion, difformité qni, dit-elle, augmente journellement. L'examen de la bouche montre qu'elle est saine, mais on ne trouve rien k la place de la canine su-
périeure droite. La malade se rappelle que eetle dent a r cassée quelques années auparavant, etqne la racine n'a pasf'extraite. Une faible inression fait sourdre une petite quinti* de pus par la fistule de la joue, mais rien ne sort da coté t la bouclie. A l'aide d'un stylet, on arrive sur quelque cli«? qui a la consistance d'une dent.
La patiente refuse tout anesthésiqne; le chirurgien m«. nu la racine de la dent en incisant la gencive avec an It scalpel; la cavité est alors bourrée de charpie, et le leo^-main, alors que tout danger d'hémorrhagie a disparu,» procède, non sans quelque difticnité, à l'extraï^on è . racine de la dent. Elle mesure trois quarts d« pouce del^ gueur; il ne vient pas de sac purulent avec elle, maii>r extrémité est absolument dénudée de membrane. La cvi suppura pendunt quelque temps, puis la suppuration se iin: et, lorsque la malade fut vue pour la dernière fois, elle: guérie; elle n'avait plus d'épiphora, la paupière avait rrfv sa direction normale, et la fistule de la joue éuit coDp)H<ment fermée. Ce fait est un exemple des troubles oru:ii-' qui peuvent succéder aux affeclions dentaires; il in^^ 1 examen de la bouche des malades chez lesquels on ; trouve rien pouvant expliquer les désordres surmu' côté de l'appareil ocnlaire. (The British tnedicai Uurr 8 août 1885, p. 250.)
Aaévrysine delà earMIde priHUIve («ért parlenfa l'Iodmrc de pMasaIttin e< la «MnpreaaIaM, par M. (tiir:>
Mackirtosh. — M"» T. P..., âgée de trente-cinq ai» ^ vue pour la première fois par l'auteur le 27 mars se plaint d'une tumeur puliiatile siégeant sur le cél' «rv du cou, au-dessous du bord supérieur du cartiUjte Âr«> A la palpation, on sent que la tumeur présente iW^v ments et des mouvements d'expansion; par la/m^*^ peut la réduire complètement; mais, lorsqu'on \ v^i^ main, elle se reproduit; il parait évident qu'elle est «tiAnexion avec l'artère carotiae primitive. A l'auscuttatioi, perçoit un bruit de souffle. La malade éprouve de viffs !^'^ leurs à caractère névralgique au niveau de la tumearftiii la face. M. Henry Summerhayes, qui vit la raalaiir M. Hackintosh, confirma pleinement le diagnostic ài> vi^sme de l'artère carotide primitive au niveau de ■ cation. On prescrivit d'abord de hautes doses é'né - * potassium, repos absolu dans la position couchée. sévère.
Le 23 avril, légère amélioration dans les symptômes. la douleur est assez vive pour réclamer de néqueote? lions h^rpodermiques de morphine. A ce moment le d^J^' détermina la malade à essayer la compression parti«Ii' ' l'aide d'un collier élastique adapté de telle sorte qa'U tiiçait ta tumeur, en chassait par conséquent comp/èifioeal k sang, sans toutefois s'opposer à la circulation de \^ tx[^\^ '■ le traitement médical antérieur fut continué. Après uae maine de l'emploi de cet appareil compressif, U mala>> sentit beaucoup mieux; les douleurs étaient moins ^RHy*" mais on percevait de violentes pulsations k travers la {f compres'^ive; on serra alors progressivement l'apparwi- | façon à faire cesser tout battement. An bout de trois mi->^ I l'enleva complètement; la tumeur, absolument soliditi.-. i présentait plus aucun battement; elle n'a plus délermi. I moindre trouble, et la malade a repris ses occupation^ ^ • i tuelles. {The Lancet, 15 août 188n, p. 288.)
Obaerrallou aar lea chaageaaeBta ttma mmJMt I» fm^ aprèa la Mart, et anr TaeUaa- de l'alrapl«e «« aer alcalaldca mmr VœU eadavériqno, par M. J.-N. Mai;-
— D'un très grand nombre d'expériences l'auteur <li-*k conclusions suivantes : 1° Dans la plupart des cas, I pilles sont dilatées au moment de la mort; la dilalar montre très peu de temps avant le moment fatal. La <' tion survenant peu après la mort est lout^Eaii exir,- i
â5 SaPTEMBAB 1885 GAZBHB HEBDOMADAIRE DE MÊDECmS ET DB CHIRURGIE — M* 38 - 639
nelle. Cet état de la papille est d'ordre essentiellement paralytique, il est indépendant de l'aspeet qu'elle présente durant la ne, quels qu aient été l«s effets proiluits par les médicaments ou la maladie. ^ Dans la grande majorité des cas, on observe après la mort une contraction progressive de ta pupille. Elle varie dans des limites assez larges, tant au point de vue du moment de son apparition qu'au point de '■ vue de ses degrés. Elle commence ordinairement une heure ' après la mort, et se continue pendant les quaranle-lmit heures suivantes. Le myosis, souvent inégal sur les deux yeux, est indépendant de l'action de la lumière et de la i rigidité cadavérique. 3" La pupille est sensible à l'aetion de ! Tatropine, après la mort, durant nne période qui varie très p probablement suivant tes sujets; elle peut atteindre quatre : heures quand on emploie une simple instillation; elle est I peut-être un peu plus longue lorsqu'on injecte ratropine dans la chambre antérieure. La dilatation coranience a se t produire sensiblement après le même laps de temps sur l'œil f mort et sur l'œil vivant, mais elle diffère en ce sens que, chez le premier, son action est moins durable. 4" L'iostillaf tion ou l'injection d'ésérine après la mort produit la coa- , traction de la pupille; la période pendant laquelle cet alcaloïde agit sur elle est plus courte que celle de l'atropine. 5" Les instillations d'e^^otine n'ont aucune action sur la pupille après la mort, mais son injection dans l'iris ou dans , la chambre antérieure détermine un myosis, qui dure environ deux heures aprês la mort. 6* ut pilocarpine a une faible action myotique sur l'œil cadavérique. 7* L'évacuation de l'humeur aqueuse après la mort iie modifie pas l'aspect ordinaire de la pupille. 8* Laflaecidité de l'iris dTunint la vie est exceptionnelle, mais elle existe toujours après la mort et augmente prmrressivement. (The Laneet, 15 aoàt 1885, p. 285.)
Cas o'ÊRirranopsiB, par U. 0. Purtscbbr et M. A. SziLU — L'ér^'thropsie se produit quelquefois après l'opéraliOD de ta cataracte, et également dans des cas' ofa il n'y a point d'aphakif*. Y a-l-il exeiiation exagérée des Abres de la réline seuibles au rouge (Sxili) ou excitation et par suite fiiligue de l'organe outique central (Purtscher)? {C0ntram. fUr Augenheitk., 1885, février ■ cl mars.)
, CHmuRGiE DES VOIES BILIAIRES, par M. Th. lloTH. — l'auleur passe en revue les différentes opérations qui se pratiquent sur les voies biliaires, la cliolécyslaiomie, la cholécystectouiifl, la formation artificielle de la fistule entre la vésicule et l'iulestin, et les indiealions opératoires que présentent la cholélilhiase, Thvdropiaie et rampyémie de la vésicule biliaire, l'occlusion du canal cholédoque, les plaies de la vésicule, etc. (^rcAir f. klin. Chirurgie, M XXXII, Hefl 1.)
Pyopneuuothokax sous-purénique, par H. Glaser. — Cas iiilùressant de pyopoeumothorax gauche, avec refouictiient du cicur en haut, et siégeant au-dessous du diaphragme, le lobe ^'uuclie du foie refoulé en bas u'étant pas perceptible. (Deutineil. Wochenschr., 1885, o" II.)
Le problème de la I''Ê(X>ndatiun et Iik L^isoTHofiR DE lV:ui-'; '■ TitÉOHiE DE l'hérédité, par M, Ose. Hehtwig.- Mémoire destiné I ù faire comprendre que la fécondation consiste dans la fusion des I noyaux des deux éléments sexuels, et que dans ceux-ci le réie m-iucipal, au point de vue de l'hérédité, incombe à la nuclétnc, le protoplasma étant le siège des phénomènes de nutrition et établissant les rapports avec le motiae cxtérienr. On y trouve, en ' outre, des vues intéressantes sur la formation des monstruosités. {Jenaische Zeitschrifi f. ffaturwiss., XVllI, I88é.)
BIBLIOGRAPHIE
Traité de patholagle inlnnie, par le docleur StruMPEL,
professeur et directeur de la policlinique médicale à FUversité de Leipzig, traduit par le docteur Joseph Schrahme (de Bruges), U II, l'* partie, in-S", 1885. Paris, Savy.
Nous avons annonce en mars dernier (p. 'ÎM) l'apparition du premier volume de ce traité de pathol^ie, et nous avons, d'après son contenu et les indications de la préface, fait ressortir les analogies de l'ouvrage avec celui de Niemeyer. II s'agit bien en efTet d'un traité élémentaire destine mettre à la portée de la Jeunesse les découvertes des médecins modernes qui ont le plus contribué aux pro-
Srès de la science et dont les recherches sont disséminées ans des monographies ou des ouvrages inabordables au plus grand nombre (Prérace). Le but spécialement proposé était de Taire entrer en ligne de compte les [irogrès accom-
Îdis en pathologie interne depuis Nieineyer, en restant idèle h sa méthode et à l'ordonnance de son traité. Or, quand on compare avec quelque soin les deux ouvrages, on ne peut s'empêcher de regretter tout d'abord qu'on ne se soit
Eas contenté de compléter l'ouvra^^'e du médecin de Tuingue dans une nouvelle édition. Il y a eu peut-être â cela de bonnes raisons, et nous n'exprimons ici qu'un regret et non un blâme; mais il nous parait que le continuateur n'est pas parvenu à s'approprier tout à fait les qualités dominantes du devancier, qui sont Tordre, la clarté, la concision, et qu'ainsi Nieineyer a un peu trop disparu d'un ouvrt^e écrit sous son inspii-ation. Par contre, les deux auteurs se rapprochent par un esprit un peu trop marqué d'exclusivisme national. Les traites élémentaires ne se prêtent pas sans doute A beaucoup de citations et à un grand usa^ de noms propres. Cependant nous avons en France un traité pathologique élémentaire, du même caractère absolument que celui de Nîemeyer, et qui ne lui cède en rien pour les qualités d'exécution; nous parlons de celui de Grisolle. Or les tableaux nosologiques de Grisolle, toujours précédés d'un court historique, sont faits de traits plus libéralement empruntés à tous les pays. Aussi sont-ils, eu égard au temps, plus exacts et plus complets que ceux du médecin allemand. En un mot, Niemeyer et M. Strûmpel se confinent trop dans la médecine germanique ; en ce qui concerne le dernier, un exemple au hasard. Nous ouvrons le premier volume à l'article Coqueluche. Niemeyer avait fait entrer, sans indication de source, il est vrai, mais enfin il avait lait entrer dans la théorie de la coqueluche les vues de Noël Gueneau de Mussy sur le rOle des ganglions bronchiques. H. Strûmpel n'en dit rien et supprime même l'anatomie pathologique. Soyons justes pourtant, cette apparence de parti pris ne se continue pas chez H. Stnirapel, et le second volume, consacré aux maladies du système nerveux, ne mérite pas sous ce rapport les mêmes reproches que le premier. Les noms de Urown-Séquard, Charcot, Duclienne, etc., sont cités quoique encore parcimonieusement, et l'auteur parait avoir senti là le besoin de quelques indications historiques.
Nous ne nous engageons pas dans une revue détaillée des nulières contenues dans ces deux volumes. Il suffira sans doute d'en faire connaître en peu de mots l'économie; et
[luisque l'ouvrage est une imitation, de le comparer avec es modèles.
Disons d'abord que les processus morbides généraux ne figurent pas pins ici que dans Niemeyer. Ainsi, rien sur la fièvre, l'infiammation, les dégénérescences, etc. I.e livre reste exclusivement sur le terrain nosographique. Mais sur ce terrain même il y a des maladies plus ou moins locales et des maladies générales. Niemeyer ne réunissait pas ces dernières on une classe distincte; il rangeait les unes dans W maladies infectieuses (qu'il partageait eiles-inèm^ en
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MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 25 Skpiubm 1885
trois groupes, les aiguës, les chroniques et celles qui sont transmissililes des animaux à rfaomme) et les autrps dans les maladies générales de la nutrition, sans infection. N. Strûmpei ouvre sou traité par où Niemeyer finissait le sien, par Vhistoire de ces maladies infectieuses, en rejetant le groupe des cltronit[ues qui ne contenait dans Niemeyer que le chancre et la syphilis, en t faisant entrer au contraire celui des maladies transmissibles de l'animal à l'homme, comme la morve, et en se taisant pour le moment sur les maladies générales de la nutrition. Ce sera snns doute pour un des fascicules suivants. Faisons remarquer qu'il «goûte aux maladies infectieuses la méningite cérébro-spinale, les maladies septiques et pyémiques et te charbon .
Pour le reste du premier volume, c'est à peu près le même ordre dans ces deux ouvrages : maladies du larynx, maladies de la trachée, du poumon, de la bouche, de Tes* tomac, etc., avec d'assez nombreux développements nécessités par l'état actuel de la littérature médicale.
Quant au second volume, il est plus personnel que le premier. Si nous ne nous trompons, l'auieur, jeune encore et à cause de cela attentif surtout aux recherches modernes et y prenant part, a acquis sur ce terrain une expérience personnelle plus grande que sur le resie du domaine pathologique. La pathologie du système nerveux qui, chez Niemeyer, contenait environ 300 pa^jes et en remplit ici près de 500, comprend trois grandes divisions, sous le litre de maladies des nerfs périphérigueSf sensibles ou moteurs ; névroses vaso-motrieeseltrophiques; maladiesdela moeileépiniire et maladies de la moelle allongée ; maladies du cerveau et névroses (sans fondement anatomique connu). Dans celte partie de l ouvrf^|;e on trouvera, comparativement à lapathologie interne du médecin de Tuningue, de très nombreuses et importantes additions, relatives surtout à l'histoire des paralysies du mouvement, à celle des maladies de la moelle éj)inière, à celle du cerveau, à l'aphasie, à la maladie de Ménière. On voit, avec plaisir ici que te vertige auriculaire est traité sous le nom de celui qui 1 a à peu près inventé et qiie, dans le chapitre sur l'aphasie, le nom du docteur Oax, de qui la Gazette kebdonuMMire revendiauait tout dernièrement les droiti (p. 320), n*a pas été oubué & cOté de celui de Bouillaud et de Broca.
A. DECUAMimB.
VARIÉTÉS
Association desnédecinsdela Sbiniî.— L'Association informe le public médical que la bourse fondée par le docteur Moulin pour l'enlretien au lycée &iint-Loois du flls ct'un médecin français sans forlniie, se trouve actuellement vacante.
Les conditions à remplir par les candidats sont les suivanli» : 1" être flls d'un médecui français; S" être en âge et en éut de faii-e des études classiques; 3* être dépourvu de moyens d'existence.
Adresser les demandes, arec pièces iuslificatives, à M. le docteur XjovÀi Orlila, secrétaire général de l'Association des médecins de la Seine, % rue Casimir-Delavigne, avant le f novembre 1H66.
Concours pour la statue oe Bhoca.— Hier matin, i tlix heures, les membres du jury pour le concours de la statue de Broca se sont réunis à l'Ecole des Beaux-Aris. Le jury était composé de UM. Charles Ploix, président; Poixi,Vemeuil,Uamy,dela Société d'anlbropologie; Broca CIs; Fnpceachi, sculpteur, et Escalier, architecte. ,
Voici le classement : 1° le a" 38, avec la devise : La naiurt ett un livre, elc.;î'' le n-S, avecla devise : V homme passe, 3" le a" 13, avec la devise : Eurêka.
Ce jugement porte seute.neni sur la première épreuve. Il y en aura une seconde dans la première qoinsaine de décembre 1886, entre les trois concurrents, auteurs des projets claMés. Ils devrant fournir une maquette ayant l',80 de liantenr. Le vainqueur sera chargé de l'exécution déQiiitive de la statue de Broca.
L'ÉPiDiNiB oiOLBRiQUB. — Lo choléra, bien qu'il l'éteode eocore à quelques villes du midi de la France «l qu ilait néaie pam aux portes de Paris <à Honlreidl-aotts-Bois), dimiaoe |treii]ac partout de fréquence et d'intensitA A Marseille, Iel8 septembr<>, il n'y a eu au Pharo qu'une entrée et aucun décès; 20 roaladet restaient en traitement. A Toulon, à la même date on oouitSilécïs cholériques; il restait 31 malades i Saint-Haadrier et Ità Bu- Benconlre. Dans )e département des Bouches-du-BbAneonconplt encore des cas isolés à Istres, Salon, Arles, Aix, etc. A Avipon on a signalé 5 décès le 1 7 et Je 1 8 ; à Nîmes, Atais, Beaaeaire, m ne compte que peu de victimes. Mais i I^gnan (dans l'HénuliMl y en a eu 8 cette semaine et, de plus, i à Luoel et 5 i Cette. U ville de Nice a été aussi assez éprouvée.
En Espagne l'amélioration persiste, mais nous trouvons dans la Semaine médicale une assertion si grave que nous ne pouToiu que mentionner : les inoculations du docteur Perran auriinii.i Cambriels, importé la maladie et déterminé le choléra cfaei l« inoculés. De plus, ces inoculations auraient provoqué des ieei<letii gaogréneux nécessitant l'ampntaiio».
En Italie, et surtout i Païenne, le eholéra sévit avec uae pnit intensité ; mais il est imposable d'ajouter foi aux chiffres oucirli donnés par les journaux italiens.
Choléra.— Par décret, il est ouvert au ministre da eommertr, sur l'exercice 1885, un crédit supplémentaire de 500000 frm applicable au matériel du service sanitaire, et destiné i subroir aux dépenses occasionnées par l'épidémie cholérique.
NÉCROLOGIE. — Le corps médical vient encore de perdre deoi des siens au.Tonkia, MM. Bonnet et Lncotte.
~ On annonce aussi la mort de MM. les doctenrs HenrM fit Paria) et Cmiiein fde Toulon).
Mission scientifique.— M. le docteur .Néis, raédeciD(Iet''cla$ie de la marïnft, est chargé d'une mission au Tonkin en vue d'j recueillir des collections scif.ntifiques destinées à l'Etat.
Ecole de médecine d'Alger. — H. Chalançoo est nommé, poir trois ans, préparateur de physiologie, en remplacement de IL (ÎKrin, démissionnaire.
Les baux hihéralu. — Un concours ponr deux places de sli* glaires aux eaux minérales (eoncoors Vulfranc-Gerdy) aura lien au mois de décembre prochain i l'Académie de médecine de Paris. Les candidats nomma entreront en fondions le 1*' mai iK6.— Se fanre inscrire avant le 10 décembre 1885.
Asiles d'aliénés. — Un concours pour la nomioatiou à daq places d'interne en médecine dans les asiles publics d'aliénés di département de la Seine aura lieu le 30 novembre prochain à l'asilt Satnte-Anne. — Se faire inscrire àla préfecture de la Seine depù le 29 octobre jusqu'au li novembre iiielusivement.
Corbespondancb. — M. M..., libraire à Bruxelies. Rec«>
Mortalité a Paris (38* semaine, du 13 au 19 septembre t885).
— Fièvre typhoïde, 25. — Variole, 2. — Rougeole, ». — Srt^ latine, 2. — Coqueluche, 4. — Diphthérie, croup, i6. — Choléra, 0. — Dysentérie, t. — Erysipèle, 2. — Imeclions ptK^ pérales, 5. — Autres affections épidemiques, 0. — Méniagiie, 3t
— Phtbisie pulmonaire. 181. — Autres tuberculoses, 21. — Aatra affections générales, 76. — Malformations et débilité des Igd extrêmes, 31. — Bronchite aiguë, 8. — Pneumonie, 51. - Athrepsie (gastro-entérite) des enfants nourris au biberoo et autrement, 67; au sein et mixte, 38; inconnu, 8. — Aairti maladies de l'appareil cérébro-spinal, 91 ; de l'appareil eircantoire, 5i; de l'appareil respiratoire, 64; de l'appareil di^ tif, 50; de l'appareil génito-urinaire, 18; de la peia etdu ju« lunineux, 3; des os, articulations et muscles. 7. — HûfU riolentM, 83. — Causes non classées, 12 — Total : 901.
G. Hassok. Prmj^iétaire-Girant'
TRJiHTB-ItSDXiiHE AHHÉK
2 Octobre 1885
GAZEnE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
PARAISSANT TOUS LES VENDIIEOIS
COMITÉ DE RÉDACTlOn
Président : M. le docteur A. DECHAHBRE
Mbmbrbb : un. les docteurs BLACHEZ. BEORGES OIEUUFOT. DUEYFUS-BRISAC, FMNCOlS-FflUCK. ALBERT HÉIOCQUE