‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 157 sur 228 · L. LEBEBOULLCT, MVL UCLUS · texte numérisé non relu

L. LEBEBOULLCT, MVL UCLUS

AdntMr tout ce qui eoneene la ridaction au tiége én Comité, ehes H. Okckms», 91, rw de LUle (aTant le mardi do ptéUteact).

( Thises, eiAmens, cours, etc.) •« «ivera «•emmeain iMéranat le pabuo mMieai.

SOMMADIÉ. — Pauis. AsMMai* U ««dâdM : Là dielKlroljM. - U initesMit ^•■l^oWsîti. — L*Mqail« aur !• cbotdra en Italie en im. — Travutx oMfti- NAUX. PalUolofie extflrae ; Aecharcbei mir le rAle nipcclif dn ptomainei ol (Im niicfolMi dam li palh^nle da It wpUcémte. -~ ConnispoMANCa. PiipiMiiiation lie U pean d«ni li nuladre d'Addiwtn. — La dîdlMtroljw. — Oonohès aciBitri- ('[UtiK. American ilerniatological Aiioctation. — SOcitrÉs SAVA:iTlt> Académie dca Klencas. — Académie aie médecim, — Rivui 0B8 touiiNAUX. — Hiblioaiupail. Tnàté do. malMn nddinls. da pbamaeoloBia, phyaiologie et tocbiiiquc des ameuta médinneiitoui. — Index UbIloKrapbiqua. — VARiiris. Le> plmiiaïneK.

Pario, 1*' octobre 1885.

AlIADÉMIE DE If&DKCINB: LA UIÉLECTROLYSE. — LB TRAITE- MENT DE l'obésité. — L'ENQVÉTE SDR LE CHOLÉRA EN ITALIE EN 1884.

Deux rèclaniations de priorité, ruoedeH.Onimus^raulre de M. Courserantf sonl parvenues à TAcadémie à propos de la lecture faite dans la précédente séance par M. le docteur Urondel. Nous en publions une troisième (p. 646)* qui nous est adressée par M. le docteur SpiHniann (de Nancy). La communication Taite mardi par M. Dujardïn-Beaumetz réduit évidemment à néant les expériences de M. Brondel, ainsi que ce dernier Ta, parall-il, reconnu avec la franchise du vrai savant. Nous voulons bien aussi, avec le spirituel président de l'Académie, que les réclamants aient à faire également leur profit de l'intelligent contrôle de M. Dujardin- Beaumelz; mais nous n'estimons pas qu'il y ait encore de raison suffisante pour déclarer morte et enterrée l'idée scientilique qui a inspiré la méthode de traitement. Forcer le produit d'une décomposition électrolytique à traverser les tissus vivants, à une certaine profondeur, pour gagner son pôle respectif, est un problème qui peut rester posé devant la thérapeutique, et peul-étre serait-il d'une solution plus facile Si l'on mettait à son service des procédés d'acupuncture?

Le tralteOMttt de l*«b««lt«.

La question traitée devant l'Académie par M. le professeur Germain Sée est Tune de celles qni de tout temps ont passionné les gens du monde, et, par. conséquent, sollicité l'attention des médecins soucieux de répondre par des con- 3* staii. T. XXII.

seils<utiles à la confiance qu'on leur témoigne, k un point de vue plus élevé, elle préoccupe non seulement les professeurs de pathologie générale ou de clinique, mais encore tous ceux qui, ne pouvant se résigner à accepter les préceptes dictés par l'empirisme, prétendent déduire un traitement rationnel de l'élude pathogénique des maladies. Aussi convient- il de recommander d'une manière générale l'élude attentive des considérations physiologiques sur lesquelles s'est appuyé M. Germain Sée pour arriver à donner aux obèses des conseils auxquels sa haute situation médicale et son expérience donnent une si grande autorité. Toutefois, en ce qui nous concerne, nous ne pouvons aujourd'hui, n'ayant point sous les yeuK le texte même de sa communication, que discuter quelques-unes des questions sur lesquelles il a plus particulièrement insisté.

Gomme l'a si bien fait comprendre M. Bouchard dans ses leçons sur les maladies par ralentissement delan utrition^ la thérapeutique de l'obésité doil être tirée non seulement de l'étiologie, mais encore et surtout de la pathogénie de cet état morbide. L'étiol(^ie nous apprend, il est vrai, que l'influence héréditaire est considérable ; que dans un certain nombre de cas, assez restreint d'ailleurs, l'obésité a eu pour point de départ soit les excès alimentaires, soit une vie trop sédentaire, ou bien encore, chez la femme, certains actes de la vie génitale, et en particulier la première grossesse. Hais si sur ces causes occasionnelles il est possible de baser quelques indications thérapeutiques, l'étude pathogénique de l'obésité, nous montrant qu'elle est une dystrophie voisine du diabète, nous apprend de plus quels sont les troubles fonctionnels auxquels il convient surtout de- remédier. C'est donc en étudiant attentivement les conditions palhogéniques qui, chez un obèse, ont pu ralentir les mutations nutritives, que l'on peut espérer le guérir. Avant d'entreprendre le traitement, il faut, dit encore M. Bouchard, savoir exactement quel est le taux de la nutrition, vérifier si toutes les mutations nutritives sont ralenties, ou si, la combustion des graisses étant seule entravée, les substances protéiques ne subissent pas, au contraire, une transformation plus active.

De son côté, M. Démange, résumant dans son article du Dictionnaire encyclopédique tous les travaux publiés jusqu'à ce jour sur l'obésité, et en particulier ceux que contient la thèse si complète de Worthington, accepte pleinement, la doctrine de H. Bouchard, et, s'appuyant à la fois sur l'étio-' logie et sur la pathogénie, démontre que les causes de4!obé-'

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sité sont ou bien celles qui s'opposent à la destruction de la graisse dans l'organisme, l'oxygène étant apporté par les globules en quantité insuffisante; ou bien celles qui augmentent la production de la graisse dans l'économie, soit directement par l'abus des corps gras et des albuminoldes unis aux hydrocarbures, soit indirectement par suite de l'abus des hydrocarbures.

De ces données il résulte que l'on devient obèse, non pas seulement et exclusivement parce que l'on absorbe en trop grande quantité les aliments qui tendent à augmenter Taccumulation de la graisse dans les tissus, ni parce que l'insuffisance de l'exercice musculaire rend moins actives les combustions organiques, mais encore et surtout parce que l'on se trouve, soit hérédilairemeat, soit par suite d'une maladie acquise, dans des conditions de nutrition imparfaite ou ralentie. Le vice constitutionnel qui entrave la nutrition reste donc l'indication thérapeutique dominante. La médication qui a pour objet de réduire la quantité de graisse emmagasinée et d'empêcher qu'elle soit augmentée, est accessoire dans la plupart des cas, et ne convient, en général, qu'à ceux qui sont devenus accidentellement obèses.

M. Germain Sée, en étudiant avec le plus grand soin les lois qui président à la formation et à l'accumulation de la graisse d'après la nature et la proportion des aliments ingérés, est arrivé à des conclusions analogues, c'est-à-dire à la condamnation formelle de tous les régimes exclusifs comme le régime Banting, le plus souvent conseillé. De son travail on peut conclure aussi que hs spécialités pharmaceutiques destinées à guérir indistinctement toutes les formes de l'obésité doivent être absolument rejetées en tant que méthode de traitement exclusive et applicable à tous les obèses. A ce point de vue donc chacun devra suivre les conseils de M. Germain Sée. Après quelques années d'expérience, un médecin éclairé reconnallra de plus que les méthodes dites d'entraînement, c'est-à-dire l'exercice forcé joint au régime alimentaire, ne conviennent aussi qu'à certaines catégories d'obèses, à ceux qui, par suite d'une alimentation exagérée ou vicieuse et par défaut d'exercice, ont laissé la graisse envahir peu à peu leur pannicule sous-cutané.

Pour empêcher la graisse d'entrer dans l'organisme, il convient donc de s'adresser non seulement à l'alimentation, mais encore à la digestion. Qu'on réduise à 60 ou 80 grammes par jour la quantité des graisses alimentaires, c'est bien, avait dit M. Bouchard; les supprimer, ajoute-t-il, serait impossible et d'ailleurs serait nuisible. De son côté, M. Germain Sée, insistant sur le rôle calorifique et dynamique des matières grasses, conseille l'administration de petites quantités de graisse (100 à 120 grammes) auxquelles il ajoute des peptones pour favoriser leur assimilation. Mais pour éliminer la graisse en nature il convient de s'adresser au foie et à la peau. L'action exercée sur le foie par les purgatifs satins et les eaux alcalines, surtout par les eaux de Carisbad, de Marienbad, de Chàtel-Guyon, de Brides est indéniable. L'action laxative, jointe à celle des alcalins qui ont pour but de faciliter la combustion de la graisse, est préférable à tous égards. Tous les médecins applaudiront encore à ce point de vue aux conclusions de M. Germain Sée, qui préfère les eaux purgatives aux eaux alcalines pures et qui, pour agir sur la peau, recommande les bains sous toutes leurs formes.

En sera-t-il de même en ce qui concerne l'usage des boissons aqueuses? Il est d'observation vulgaire que les obèses sont grands buveurs. Or, s'il est vrai que l'ingeslion d'eau en

excès détermine une élimination plus considérable d'urée, il n'est pas encore bien démontré ni que l'eau ingérâe au^-mente l'activité de la nutrition, ni qu'elle passe immédiatement dans l'intestin, comme le soutenait déjà Kùss, et comme l'alTirme M. Béclard, entraînant dès lors des aliments, qui, au lieu d'éb-e digérés dans l'estomac, ne subiraient que l'action digestive des sucs intestinaux. L'influence des boissons aqueuses prises en proportions trop considérables, pourrait bien, au contraire, comme il arrive dans des cas particuliers surtout dans la dilatation stomacale, donner naissance à des troubles digestifs; l'azoturie ne serait, dans ces cas, que le résultat du lava^'i.des tissus. C'est là d'ailleurs une question qui mériterait d'être disculée plus longuement que nous ne pouvou> le faire ici. Nous croyons donc traduire fidèlement la penst^c de M. Germain Sée en déclarant que son but principal a étt^ de lutter contre l'exagération des spécialistes qui prétendaient combattre l'obésité en proscrivant absolument tous les liquides. Hais nous avouons qu'il nous a souvent paru av^Qtageux de diminuer le plus possible la proportion des liqaides bus aux repas, tout en permettant dans l'intervalle des repa-» l'usage des boissons aqueuses destinées à laver le tube digt^^tif et surtout à faciliter la diurèse. Il nous resterait à parler de U médication iodique et des préparations à base d'iode si souvent prônées contre l'obésité. Ici encore il nous faudrait, nous associant aux vues exprimées par H. G. Sée, blâmer les abu^ auxquels ont donné lieu certaines théories exclusives et faire remarquer que, si l'iodure de sodium et les préparations de Fucus vesiculosus peuvent être utiles, il faudrait se bien garder de continuer l'usage de ces médicaments dans le$ cas où l'azoturie existe ou devieuL menaçante. Oa risquerait ainsi de dépasser le but et d'amener rapidement ud étal cachectique infiniment plus grave que l'obésité elle-même. Il nous suffira d'ailleurs, ne pouvant résumer la communication de M. G. Sée, d'avoir essayé de faire ressortir et son inlérol et les difficultés que présente la solution définitive du problème sur lequel ses recherches vont appeler de nouveau l'attention des médecins.

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