L. Lereboullet
L'ea^BMe mmr le choléra en Italie «■ t8»4.
Au moment où l'Académie de médecine va discuter le? résultats de l'enquête sur l'épidémie cholérique en France pendant l'année 1884, tels qu'ils ont été résumés dans le rapport de H. Marey {Gaz. hebd.j numéro du i septembre 1885), il n'est pas sans intérêt de consigner ici les conclusions auxquelles est parvenue la Société italienne d'hygiène dans son enquête sur le choléra en Italie pendant Tanuèe dernière. Des réunions spéciales de cette Société ont eu lieu les i" et 15 mars 1885, afin de prendre connaissance des remarquables et consciencieux rapports de H. Sormani, professeur d'hygiène à l'Université de Pavie, sur l'étiologie et li prophylaxie du choléra. En ce qui concerne réliologie. M. Sormani a plus particulièrement utilisé les réponses envoyées d'après la circulaire qu'avait adressée la Société à tous ses membres, ainsi qu'aux médecins ayant eu à soigner dr» cholériques dans les villages infestés en 1884. Bien que te petit nombre des réponses reçues ne permette pas d'écrire riiisloire complète de cette épidémie, la plupart renferniem des -rflnseignements d'autant plus ifftéîesumts^'i^ ont pu être reeueillUdansde pW>«»â^s>4iy mieui
â Octobre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
les modes d'invasion et de propagatioo de la maladie. H. Sormani ajoute que la découverte du bacille virgule de Koch et ce que Ton sait déjà de ses propriétés permettent [i'élablir l'étiologie du choléra sur des bases scîentinques îérieusea et rigoureuses, et de déterminer sa prophylaxie l'une manière vraiment rationnelle. L'homme infecté dn çerine cholérique qu'il porte dans son propre intestin, et ses ilTets personnels (vêtements et linges), lorsqu'ils sont souilés de déjections cholériques, sont, eu effet, presque tes seuls noyeus de propagation à travers les grandes distances; mais, d l'on peut admettre pour les personnes une limite au deli le laquelle cesse le dangerde la transmission, en ce qni conerne tes vêtements et les linges, le pouvoir transmissible emble pouvoir être porté à une durée beaucoup plus longue. H. Sormani cite, & cet égard, un certain nombre de faits es plus probants; il signale ensuite des observations de ransmission par des poules dont les plumes avaient trempé ans des matières cholériques, et des porcs qui s'étalent vau- 'és dans des déjections; les individus qui soignent ces anilaux peuvent alors prendre la maladie. Très curieux est le cas 'un cordonuier d'une petite commune de la province de fassa, qui contraeto le choléra après avoir réparé les chaueires de plusieurs individus revenant de Harseitte. II faut ifîn signaler l'épidémie qui sévit dans le pénitencier de ergame sur les internés, qui reçurent du linge lavé dans un >urs d'eau contaminé, bien que ce linge eût été pendant ngtemps séché à l'air, conservé plié et même désinfecté à lide d'acide sulfureux. Les considérations développées dans
I rapport se résument dans les conclusions suivantes, dont >us reproduisons la traduction à peu près littérale ;
Les vêtements salis sont un des moyens par lesquels le loléra se propage dans beaucoup de cas et avec la plus ande facilité; il faut, en conséquence, redouter davantage ; vêtements des personnes provenant de lieux contaminés.
II faut, en parliculiei-, prendre garde à la chaussure; elle ste en contact avec la surface du sol, facilement souillée ns les lieux contaminés, et conserve habituellement un rtairi degré d'humidité, de sorte qu'elle peut aisément conrver, transporter et propager le germe cholérique.
Le linge lavé peut transmettre la maladie lorsqu'il a été ré dans une eau contaminée.
Il est probable que le germe cholérique acquiert des cautères spéciaux de ténacité et de durée dans les linges et .ements souillés par des déjections cholériques ou par des
IX contaminées.
Les animaux, et surtout tes porcs, semblent pouvoir porter ^erme cholérique adhérent k leurs poils et à leurs plumes. [| n'est pas douteux que les eaux coulant à la surface et is les couches supérieures du sol ne soient un des moyens transmission du germe cholérique. Les cours d'eau trans- 'tent et multiplient les germes cholériques dans le sens de r cours, lorsque les habitants des localités en aval se vent de cette eau comme boisson ou pour leurs usages nestiques. Aussi les autorités ont-elles le devoir d'empë- :r par tous les moyens en leur pouvoir la souillure des irs d'eau, ainsi que l'usage d'eau souillée ou simplement pecle.
jcs eaux potables sont le mode le plus commun d*intro- :tion du germe cholérique dans l'oi^ganisme humain; l'hytie privée et l'hygiène publique doivent donc s'elTorcer t spécialement de préserver ces eaux de toute espèce de illure.
*our ce qui concerne la prophylaxie, la Société italienne
d'hygiène, après de longs et intéressants débats, a émis les divers avis suivants :
On ne doit recourir qu'exceptionnellement et en des points très circonscrits à l'établissement de cordons sanitaires comme moyen de défense intérieure contre l'importation du choléra, et encore devra-t-oa toujours autoriser la sortie des personnes domiciliées à l'intérieur de ces cordons, après les avoir soumises à des mesures prophylactiques spéciales. Le ministre de l'intérieur pourra seul décider, après avis du conseil provincial, l'établissement de ces cordons.
Il est urgent, d'autre pari, de procéder à une réforme des règlements quarantenaires maritimes, de façon à les mettre en harmonie avec les mesures qui peuvent élre prises à terre, et à proportionner la durée de ces mesures dans les deui cas. Il convient déréglementer la libre pratique accordée aux passagers de manières différentes, suivant qu'il s'agit de l'équipage, des marchandises ou d'objets appartenant aux passagers. Il est urgent que les lazarets soient éloignés des centres habités, et qu'ils soient établis sur des points isolés.
La circulation sur les chemins de fer doit être, autant que possible, limitée en temps d'épidémie cholérique et surveillée à l'aide d'agents sanitaires, voyageant dans les trains ou placés- dans les stations principales, chargés de séquestrer promptemeni et d'assister tes personnes atteintes en voyage. Il y a lieu d'interdire comme inutiles et nuisibles les fumigations des personnes et des objets, telles qu'on les pratique d'ordinaire dans les gares ou ailleurs.
Hais, afin de combattre autant que possible le choléra dès les premiers cas, il faut, dès que l'affection s'est manifestée dans une maison, y eût-ij même doute sur te diagnostic, isoler le malade dans un établissement spécial, et prendre au domicile toutes les précautions possibles pour empêcher rïnfection de se propager.
Il est nécessaire d'établir dans les communes des fours ou étuves, afm de pratiquer les désinfections d'une façon vraiment efficace, et installer des buanderies spéciales exclusîrement destinées à larer les objets infectés convenablement et séparément.
Toutes mesures prophylactiques tendant à accroître la misère ou la panique doivent être rejetées; il faut favoriser la création de cuisines populaires, et établir une inspection sévère sur la vente des substances alimentaires et sur les eaux potables, surveiller avec soin l'hygiène des habitations, de leur sol et de leur sous-sol. Knfîn, lorsqu'on fait subir une quarantaine aux personnes provenant do lieux contaminés, il suffit de deux jours pour procéder à des mesures suffisantes de désinfection.
TRAVAUX ORIGINAUX
Palkoloyle exicrae.
RECHBnCHGS SUR LE h6lE RESPECTIF DES PTOMAÏNES ET DES HICR0BE5 DANS LA PATHOGÉNIE DE LA SEPTICÉMIE, mémoire communiqué au Congrès dechirurgie de Paris, par M. le docteur Jëannel, professeur à l'Ecole de médecine de Toulouse, et M. Laulanié, professeur à l'Ecole vétérinaire et à l'École de médecine de Toulouse.
(Fin. — Voy<!z le iminéro 39.)
Il s'agit de montrer : 1° les effetsde l'arrosage d'uncj)i)U&. fraîche avec un liquide virulent; Digitizcd by V tiOaJQ 2° En étudiant comparativement l'arrosage d'une plare^
2 Octobre 1885
granuleuse intacte sans la moindre blessure et l'inoculation & un animal témoin avec un même virus à efficacité connue;
3° En éludianl comparativement l'arrosage d'une plaie granuleuse blessée cette fois et Tinoculation à un animal témoin avec un même virus à erOcacité connue.
Nous avons donc étudié trois séries d'expériences d'après ce programme. Il nous fallait un virus dont les expressions ^mptomatiques générales ou locales fussent très nettes, et dont le microbe pât focilement Aire reconnu par les moins expérimentés.
Le charbon, véritable septicémie bactéridienne, réunissait toutes ces conditions.
Nous avons expérimenté sur le cbien, le lapin, le cobaye et le cheval. Le chien contracte rarement le charbon, mais il prend facilement la pustule maligne, accident septique local très net et aisé à reconnaître. Le lapin, le cobaye, le cheval contractent le charbon, accident septique général des plus manifestes et des plus faciles à diagnostiquer [lar la présence des bactéridies aans le sang. Cela étant posé, voici un résumé de nos expériences dont le détail a été déposé comme pièce justificative.
i" Effets de farrosage d'une plaie fraîche. — Sans parler des animaux témoins inoculés à la lancette ou par injection hypodermique et qui tous ont succombé, trois cobayes ont été blessés et ont vu leur plaie fratclie immédiatement arrosée avec du sang charbonneux : ce sont les cobayes n" 2, 3 et 8 ; ils ont servi de témoins au cours d'autres expériences; ils sont morts charbonneux tous les trois; c'était du reste chose bien prévue, étant donnée la puissance du virus inoculé.
3° Etude comparative de l'arrosage d'une plaie granuleuse et de l'inoculation à un animal témoin. — Les expériences de cette série sont au nombre de six. Elles ont eu pour sujet trois chiens, un cobaye et un cheval, plus, bien entendu, tes témoins, lapins ou coDayes.
Expérience I. — Le cbien a" 1 est porteur d'une plaie dorsale granuleuse, en fort bon état, sans la nioindro écorchure.
6 mars. — Arrosage de la plaie bien dépourvue de sa croûte, mais intacte, avec le sang du cœur d'un lapin n" 9 contenant des bactéridiei ; inoculation à la lancette d'un lapin n" 3 avec le sang de la jugulaire du môme lapin n* 3. —9 mars. — t^s le moindre accident sur la plaie du chien ; mort du lapin n° 3, dont Je sang coolieot des bactéridies.
Expériences H et 111. — i 3 mars. — Arrosage de la plaie dorsale granuleuse et sans la moindre écorchure, du chien n" S et du chien n" 3, avec le sang du cœur d'un lapin n" 6 et d'uu cobaye li" 3, contenant, celui du cobaye surtout, des bactéridies.
Inoculation d'un lapin n" 7 (témoin) avec le sang du cœur du lapin n° 0.
10 mars. — Pas te moindre accideni sur les plaies, mort du lapin n" 7. Nous ne trouvâmes pas de bacléridies dans le sang de ce lapin examiné vingt-quatre heures après la mort, mais ce sang inoculé k un cobaye u" 5 le tua en vingt-quaire heures, et le sang de ce cobnyc était farci de bactéridies.
Expérience IV. — fO mars. — Arrosage de la plaie granuleuse d'un cobaye n" 1 avec le sang du cœur du lapin n" 3, déjà nommé, contenant des bactéridies; arrosage de la plaie fratcnc d'un cobaye n° 2 avec le même sang.
12 mars. — Cobaye u" i bien vivant; mort du cobaye n" 3, bactéridies nombreuses dans le sang de ce dernier.
Expériences V et VI. — 12 mars. — Arrosage de la plaie lombaire granuleuse et suppurante sans aucune écorchure, d'un cheval n" 1 avec le sang du cobaye n" 2, riche eu bactéridies. Arrosage avec le mAme sang de la plaie dorsale granuleuse du ehien n" 1 (déjà nommé). -Inoculation ordinaire à Ta lancette du môme sang charbonneux sur la région lombaire du même chien. Arrosage de la plaie fraîche d'un eobaye n** 3.
13 mars. — Mort du cobaye n' 3.
14 mars. — (îonfleoient et sensibilité de la région lombaire du chien n* 1 : rien à la plaie du même chien ; cheval eu parfoit état, plaie superbe sans aucune irritation, très bien hourgeonnanle.
16 mars. — Abcès du dos du chien n" 1 ; cheval en excellent état.
De ces six expériences, il ressort cette conclusion qu*n& virus qui tue constamment les animaux témoins inocalés a la lancette, ou par injection, ou par arrosage de plaies fraîches, reste absolument indifférent lorsou'il est déposé i la surface d'une plaie granuleuse intacte. Or, comme H est démontré que les plaies granuleuses absorbent les liquide^, il :>*ensuit qu'il est démontré que la membrane granulro^r en filtrant le virus, le stérilise.
3" Hais il restait à faire la contre-épreuve en étudiant \f troisième point de notre programme, c'est-à-dire en étudiant comparativement l'action des virus déposés â la surface d'une plaie granuleuse blessée, et l'inoculation d^ua animal témoin ; c'est ce que nous avons essayé de faire dans les cinq expériences suivantes :
Expérience I. — 10 mars. — Arrosage delà plaie dorsale granuleuse, écorchée pur l'arrachement de la croûte, d'an lapin d" 5 avec le sang du cœur du lapin n* 3, contenant des bactèridi»: arrosage avec le même sang de la plaie fraîche du cobaye n* i et de la plaie granuleuse non écorchée du cobaye n* 1 .
12 mai-s — Mort du cobaye n' 2 ; bactéridies dans le sang. —
16 mars. — Mort du lapin n* 4; bactéridies dans le sang. —
17 mars. — Le cobaye n* 1 u'a rien.
Expérience IL — 17 mars. — Arrosage avec le saogdu oœor. contenant des bactéridies, du cobaye n* 4, de la plaie écorriiéf 01 scariOée superficiellement du cheval n" 1. lajeciKn du même sang dans le dos du eobaye n° 1.
18 mars. — Mort du cobaye n" I.
19 mars. — La plaie du cheval est recouverte d'une épais*masse gélatineuse, jaune-omelette, qui ressemble i un exsutlai intlammatoireetqui rappelle un pea la pourriture d'hôpital à forme pulpeuse; elle secrète un pus séreux et abondant. Celt£ masse n'est pas un dépdt, c'est une infiltration énorme des bourgeons charnus.
Du reste le 20, nous excisons au ciseau une partie de cet exsudât et nous y trouvons des quantiiés de microcoques et dtbactéridies dont le plus grand nombre sont résolubles en chainettes. Nous pratiquons en outre l'inoculation de cet exsudai i un cobaye n" 8 qui est mort dans la nuit du 28 au 29. Par snile de l'exGision, la plaie du cheval est légèrement blessée et saigne.
23 mars. — Augmentation considérable de l'exsadat» qui est parsemé de bulles de gax; pus séreux abondant.
Gonflement œdémateux considérable de toute la région lombaire gauche de la qniniième cdte au milieu de la croupe, douloureux aux environs de la plaie.
24 mars. — Mort du cheval dans la nuit ; nombreuses Inriéridies dans l'exsudat de la plaie et dans le sang qui s'éconir par une incision pratiquée dans l'œdème et prodigieusement nombreuses dans lu sang de la jugulaire.
Expérience m. — Le 17 mars, la plaie granuleuse presqui cicatrisée du chien n' 1 est frottée avec de retoope,arrosêo ar-T le sang charbonneux du cobaye n* 1 et piquée à la lancette rn plusieurs endroits, la blessnreamène pasmal de sang.— i9 mar». — Hien d'appréciable.
Expérience IV. — l^e 17 mars, la plaie ^anuleuse do cfaiea 11° 3 est écorchée par frottement avec de l'etonpe, arrosée avK le sang charbonneux du cobaye n" 4, très ricfae en bactéridies et piquée en plusieurs endroits. En même temps une injection hypodermique de quelques gouttes du même sang est pratiquée a'n bras gauche du même chien et dans le dos du cobaye n* 1 .
18 mars. — Mort du cobaye n* 1. Lo cbien o* 3 est malade — 19 mars. — Plaie du cbien n» à, irritée, grisâtre, suppurajiie; pustule maligne au bras droit.
20 mars. — Un peu de mieux; inoculation d'un cobaye n* avec le pus de la plaie et d un cobaye n" 7 avec la sérosité sanglante prise dans la pustule maligne (pas de résultats).
22 mars. — l.e chien est loujoun très malade.
23 mars. — Aggravation.
84 mars. — Mort dans la nuit. Il existe un gonflcmcnf évident sur le cdté droit de la plfùe. La nustule maligne 4a brai
gauche semble, au contraire,, a'étre 'P^lif^ff^^vl ^utb des actéridies dans la pu$tttftô»iâ]9|iR^ mSff^^^wMflnent de la
î Octobre i885 GAZfiTTË HEBDOMADAIRE DE
plaie, que nous rapportons aussi A une pustule maligne et surtout dans la sang de la jugulaire. Leucocythose intense.
Expérience V. — ii mars. — Arrosage do la plaie granuleuse écorchée par frottement avec un instrument mousse, du chien n" i avec Fe sang de la jugolalre du cheval n' 1.
38 mars. — Hien à la plaie, pas de b&cléridies dans le sang, ranima) semble pourtant assez triste.
1*' avril. — Rieo de nouveau, pas de bactéridies ni dans te sang ni dans le pus de la plaie.
Sur ces cina expériences, deux sont restées négatives, mats trois ont donné des résultats positifs.
L'expérience sur le lapin n* 5 est des plus nettes, puisque cet animal a succombé alors que le cobaye W 1 résislait ; or la seule différence qui existait entre cm deux animaux, c'est ifue ta plaie du lapin était écorchée, tandis que celle du cobaye ne l'était point. Il faut noter toutefois que le cobaye n*S, lémoin du lapin n* 5, est mort en deux jours, tandis que le lapin n" 5 est mort en six jours, ce qui prouve déjà qu'une
Elaie, même blessée, se défend contre l'invasion microienne.
L'expérience sur le cheval n" 1 est encore plus remarquable et démontre encore mieux la lutte de la plaie blessée contre l'invasion des microbes et, par conséaiient, la nécessité de cette invasion pour constituer les acciaents infectieux. Alors que Tarrossage de la plaie granuleuse intacte reste indiffèrent, on voit au contraire, l'arrosage de la plaie (granuleuse blessée produire une infection d'abord loeale,8e manifestant par rénorme infiltration de la plate que nous avons signalée : c'est l'époque de la lutte, elle dure quatre jours ;
fiuis l'infection se généralise, l'œdème charbonneux envahit es alentours de la plaie, les bactéridies pénètrent dans le sang et, en un seul jour, l'animal meurt.
L'expérience sur le chien n* 3, pour être compliquée d'une pustule maligne du bras, n'en est pas moins intéressante et démonstrative ; la pustule maligne du bras semble, en effet, avoir évolué d'abord, puis, après une période aiguë, avoir rétrogradé ; mais l'infection plus lente par la plaie a alors abouti, témoin le gonflement de la plaie à droite, alors <}ue la pustule maligne était à gauche ; mais l'animal déjà éprouvé par le premier accident, n'a pu résister au second et a succombé à un charbon général.
D'autre part, chez le chien n" 1 et chez le chien n*2, l'inoculntion par la plaie écorchée est restée saas résultat. L'explication de cet échec pourrut assurément être cherchée et trouvée ; elle serait certainement hypothétique ; nous aimons mieux nous borner à comctater 1 écher, en regrettant que le temps ne nous ait pas {leriiiis de multiplier davantage les expériences de cette série et de les entreprendre sur d'autres animaux que le chien, c)pnt les humeurs plastiques sont peu favorables à l'absorption par les plaies blessées.
De ces trois séries d'expériences nous pouvons donc conclure :
i" L'arrosage d'une plaie fraîche avec un liquide virulent, ost toujours suivi d'intoxication ;
'f" L'arrosage d'une plaie granuleuseintacle, sans la moindre écorchure.avecun liquide virulent, mortel pour tous les animaux témoins, n'est jamais suivi d'intoxication ;
3" L'arrosage d'une plaie granuleuse blessée, avec un liquide virulent, mortel pour tous les animaux témoins, est Je plus souvent suivi d'intoxication. Mils alors Tintoxleation est plus lente et il y a lieu de penser que dans les cas oà elle n'iiboulit pas, la plaie a réussi à se défendre victorieusement contre l'ennemi qui cherchait à pénétrer par ses brèches.
Si nous rapprochons maintenant ces conclusions des données que nous avons acquises au cours de ce travail, si nous r:ippelons en particulier que nous avons établi qu'une plaie jçrnnuleuse absorbe, & l'égal d'une muqueuse, les solutions (le corps chimiques dont on l'arrose, nous trouvons que dans
les liquides putrides qui existent à la surface des plaies granuleuses ou des muqueuses, les ptomalnes et les microbes se trouvent justement dans les conditions d'absorption des uns et de non-absorption des autres que nous nous étions proposé de rechercher. Nous savons que les ptomalnes, en mur qualité de sels en solution, sont aussi bien absorbées par les plaies granuleuses et par les plaies fraîches ; nous savons que les microbes ne sont point absorbés par les plaies granuleuses intactes, tandis qu'ils peuvent l'être par les plaies granuleuses blessées ou excoriées; nous savons même qu'un travail local de défense s'opère dans la plaie granuleuse blessée, par suite de quoi le pana^ des microbes dans la circulation est plus lent à se produire et même manque quelquefois.
Or, lorsque, la membrane de la plaie étant intacte, les ptomalnes passent, on n'observe pourtant ni accidents locaux ni accidents généraux appréciables, l'animal ne paraît pas influencé. Au contraire, lorsque la membrane granuleuse blessée pcrmet^le passage des microbes, nous voyons apparaître le cortège des accidents infectieux d'abord locaux, et pouvant rester ^tels, généraux ensuite et alors sut«is de mort.
Par conséquent, comparant les effets successivement constatés : 1° dans l'état d'intégrité de la membrane granuleuse où les ptomalnes seules sont absorbées ; 2" dans l'état de non-intégrité de la membrane granuleuse où ptomalnes et microbes sont à la fois absorbés ; nous reconnaissons que, dans le premier cas, les ptomalnes n'engendrent aucun accident appréciable et nous concluons que leurrAle est au moins secondaire, si ce n'est nul, dans la genèse de la septicémie ; nous constatons que dans le second cas le passage des microbes est suivi d'accidents infectieux, et nous concluons que c'est aux microbes qu'appartient le rdle d'agent générateur dans la pathogénie de la septicémie.
Enfin, considérant que la condition physique de l'absorp- Lion des microbes, c'est la blessure plus ou moins superficielle de la membrane granuleuse et à fortiori son absence dans les plaies fraîches, nous disons : la membrane granuleuse des plaies est, à l'égal des membranes muqueuses, un flllre stérilisateur pour les virus, filtre fragile, il est vrai, mais filtre puissant qui mérite tout le respect des chirurgiens. Certes, loréque la membrane granuleuse est rompue, cela ne veut pas dire que l'infection soit chose faite, mais c'est alors chose menaçante ; c'est en un mot une brèche ouverte dans la plaie assiégée; la défense est possible, mais l'assaut est donné.
CORRESPOffDANCE
PlfirMeaMIlaB <• ta pcmm imnm la Maladie «'âddiaoa.
AU COMITÉ DE RÉDACTION DE LA C CAZETTB HRBDONAOAmC ».
Depuis quelques semaines les journaux français donnent des analyses sommaires du récent travail de H. le professeur H. Nothnagel (de Vienne) sur la maladie d'Addison (1). L'un des collaborateurs les plus érudits de la Gazette hebdomadaire, M. L. Hahn, consacre à son tour un article très complet à l'analyse de ce même travail dans le numéro du 18 septembre (p. 612-614). La lecture de cet article m'a vivement intéressé : en premier lieu, parce qu'il m'a paru la traduction très fidèle et très claire des idées de mon éminent collègue de Vienne, et aussi pour une autrè raison plus particulière que je vais maintenant donner.
Au début de son analyse, M. Hahn indique les deux points principaux qui le vont surtout occuper. Ce sont : !• c la colo-.
(1) In XeilMehrift fOr kUnitehe Mrdtein. Wi«n. ISR (Bd K, p. MS et niiv^
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MÉDECINE ET DE GHIRURtilS
t Octobre 1885
ration bronzée de la peau, dont la cause est encore si peu connue >; 2" la valeur du symptôme anémie.
De l'anémie dans la maladie d'Âddison, je n'ai rien à dire ; de la coloration bronzée il en esl tout autrement.
Dans mon article Derhatoses du Dictionnaire encyclopédique^ article écrit il y a plus de quatre ans, et publié depuis plus de deux, j'ai etuaié ^p. 265-267) la pigmentation de la maladie bronzée avec détails. J'ai fail voir que cette pigmentation se montre sous deux aspects : pigm&Uation diffttse et pigmentation granuleuse. La pif^mentation diffuse consiste dans l'imprégnation des couches profondes du corps muqueux par une matière d'un brun fauve, imprégnant le protoplasma des cellules malpighiennes d'une façon uniforme. Cette pigmentation n'est autre chose que l'exagération de celle qui brunit le corps de Halpigtii de la peau saine exposée au soleil. Le pigment granuleux a une configuralion et une provenance toutes différentes. II existe dans les couches profondes du corps de Malpighi, dans les cellules fixes du tissu connectif, des papilles cutanées; et il est aisé d'en reconnaître l'origine sdr de bonnes coupes tangenlielles de la peau faites après durcissement par l'alcool, et colorées au picrocarmin. Et voici textuellement ce que j'ai dit à cet égard (article Dermatoses, p. 266) dès 1882 :
Ce pigment granuleux est apporté par les vaisseaux sanguins déjà tout formé. Sur de bonnes préparations montrant les vaisseaux bien fixés à l'état de réplétioii, le fait est indiscutable. Dans ta lumière des vaisseaux, on voit les globales rouges incolores, et, au milieu d'eux, de distance en distance, un ou plusieurs globules blancs doQl le noyau irrégulier est coloré en rose, et dont le protoplasma est semé de gndns noirs de pigment. Dans les papilles, on trouve loujoura un certain nombre de ces globules pigmentés répandus dans le tissu connectif, soit le long du vaisseau d'où ils émanent, soit dans les espaces interfascicutaires... Parvenus dans les espaces du derme, ces globules, doués de mouvements actifs, déposent, chemin faisant, le pigment dont ils sont chargés; on en trouve des amas granuleux placés entre los faisceaux fibreux. Les cellules fixes du tissu dermique ou du pourtour des vaisseaux s'en chargent également, et prennent une apparence analogue à celle des chromoblastes des animaux inférieurs (1). Enfin les globules blancs pigmentés abordent la limite du derme et de l'ectoderme, et déposent leurs grains noirs à ce niveau, c'est-à-dire au niveau de la ligne des cellules cylindriques. Voilà pourquoi c'est surtout cette ligne qui est chargée de pigment granuleux.
Si l'on s'en rapporte au savant article de M. Hahn, M. le professeur JNothnagel a décrit (après moi) exactement la même chose que moi dans la peau bronzée par la maladie d'Addison. Après avoir indiqué l'existence, dans les espaces du tissu conjonctif, des cellules migratrices cbai^ées de pigment, des cellules Hxes pigmentées, enfin la relation des amas de globules blancs pigmentés avec les capillaires, il conclut, en effet : c que le pigment ne se forme pas dans les cellules mêmes du corps de Halnighi, mais qu'il y est amené par les cellules colorées mobiles qu^on trouve dans le dertne (2). >
On avouera que je suis allé un peu plus loin que le professeur de Vienne dans cette analyse histologique de la répartition du pigment. J'ai vu, en effet, les globules pigmentés dans le» vaisseaux capillaires coupés en travers, autour d'eux, puis disséminés loin d'eux, et enfin arrivant au contact du corps de Malpighi. A la démonstration de M. Nuthnagel, traduite par M. Hahn, il manque donc un terme : le terme initial, qui est décisif et ne manque pas à la mienne.
Dans la maladie d'Addison, le mécanisme de la répartition du pigment dans la peau bronzée doit donc être considéré comme entièrement élucidé par mes recherches, de beaucoup antérieures à celles de H. Nothnagel. Quant à l'origine première du pigment, dont je n'avais pas parlé, elle est encore
(1) Tnite Ml i'ortgine det callulc* pi^roenlairea ramiSées doni l'inlcrprétation enlwmtH U. Hafan (article àié p. 612).
«) L. Hahn. artiela rilé p. «S, col. 1.
loin d'être connue, et le mémoire du savant Viennois ne i:parait avoir, à ce sujet, fail avancer la seienee que dus ipur domaine des hypothèses.
En revendiquant la propriété du seul point de la théorie -j. la pigmentation dans la maladie bronzée qui soit aujourd'hu bien démontré, je n'ai d'ailleurs voulu adresser de reprochà personne. La littérature médicale est aujourd'hui trop v^-i'pour qu'une description de quelques pages, même insérr^ dans un dictionnaire classique mis entre toutes les mains, n^* puisse échapper parfois aux recherches bibliographiques mieux conduites en auparence. Mais il faut avouer que je nitrouve actuellement dans un singuliw péril, et auquel î tout prix pourtant je ne veux pas m'exposer.
On accorde légitimement à M. L. Hahn, en bibliographie scientifique, une très grande autorité. Dans quelques aanèe^. tout lecteur, sur la foi de l'excellent article de H. Hahn. aurait de toute bonne foi attribué à H. Nothnagel la propriétr de la théorie de la pigmentation telle que je l'expose d»n-> mon article DERHA.TOSES; et, comme tout naturellement je n'y cite pas M. Nothnagel, on m'aurait considéré certain eme;i'i alors comme son plagiaire. La rédaction de la GaztU^. que je puis dire tout entière formée de mes amis, voudra, j en SUIS certain, m'évilcr une semblable mésaventure, fb recueillant une rectification qui ne fait d'aiUeors que compléter un article plein d'intérêt.
Prof Rehaot.
Lyon, 20 septembre 1885.
La diéleetrol/ae.
AU COMITÉ DE HËOACTIOR DE LA ■ CAZETTB HEBDOM ADAIIIE ■
J'ai entrepris, dès 1870, une série d'expérienres sur l'introduction dans l'économie de certains medicameut< nu moyen de l'électricité. La plupart de ces expériences furent faites dans le laboratoire de Al. le professeur Grandeau, aujourd'hui doyen de la Faculté des sciences de Nancy, et aver le concours de son préparateur M. Petermann.
Dans une note parue dans les Archives générales de médecine (vol. II, ièli, p. 490), je disais :
On sait qu'en faisant passer un courant galvanique dan^ une solution d'iodure de posassîum, le métal vient se dé|>oser au pôle négatif et l'iode au pôle positif. Il en est de même si l'on place une solution d'iodure de potassium au pôW* négatif, et si l'on interpose un tissu bon conducteur entre lf> deux électrodes. Il est très facile de se convaincre de h réalité de ces faits. Beer (Wien. med. Presse^ X, 37, ISflSi et Eulenburg (Bf H. klin. Wochensch, Ml , 16, 1870) ont les premiers songé à l'application de ces phénomènes.
Je me servais, dans mes expériences, de cylindres en cristal, traversés à une de leurs extrémités par un fil de platine, et fermés de l'autre cMé par nne membrane organique.
Pour éviter toute cause d'erreur, les cylindres étaient soigneusement lavés après chaque expérience, les membranc> de baudruche changées; de plus, le fil de platine était chauffé.
Des expériences furent faites en interposant un disque de pomme de terre, une cuisse de grenouille, un morceau de veau de deux centimètres d'épaisseur, puis l'avant-bras, la cuisse, la main, ta joue.
En somme, disais-je, il semble évident que l'iode peu Alce transporté au travers des tissus vivants, du pôle né^atif aupôle positif. Ce transport peut avoir lieu, même dansiez cas ou l'on ne trouve pas de reaction au pôle positif. En effet, l'iode doit trouver dans les tissus des solutions alcalines avff lesquelles il se continue et il peut être ainsi entraîné dans le torrent circulatoire. La méthode doi^^^u^yenoaid^ parler, « son appljc^tiqn théra^âttfâé ËMté^MfeiI^ffitace, au-
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rail l'avantage d'agir directement et d'une facdn intense sur une partie malade déterminée. J'ajoutais : Je crois, néanmoins, que l'application de rélectroljse au passage de sabstances médicamealeuses est sujette à bien des écueils; l'intensité du courant nécessaire au transport est généralement telle c|ue le malade a souvent peine à le supporter. De plus, n*8rrive-l-on pas aux mêmes résultats, plus lents peut-Ôtre, en introduisant le médicament par la voie digestive?
Ces conclusions, que je formulais en 1871, je les reproduirais encore aujourd'hui. Moins heureux qee M. le docteur Brondel(l), j'ai employé la méthode de Télectrolyse pour combattre des tumeurs ganglionnaires, des goitres, des affections articulaires, etc., et, je dois le dire, sans grand succès. J'ai tenté également des expériences à l'aiile de sels arsenicaux et de sels de mercure. Je n'ai pas cru devoir persister dans une voie qui m'a semblé bien inférieure aux autres méthodes bien connues d'introduction des médicaments dans l'économie.
D' P. Spillhahn,
Profeueur ngrégi k U FaeuUd de médwiae de lUntj.
CONGRÈS SGIENTIFIQIIE
AHMrleaii deraMlologleal JkmmmuÊwMmm (acavlème Com- «rés ICBB * «Mcawlck (Ccuecileat), lea S«, IT cl SS MAC ItïSS).
Syphlllde taberoalo-nloèrmMe Urtditelra. — Notas oUniqnM mr 1« psoriasU. — Angiome plgmentalre et atrophlque. — Relations entre le lapas vulgaire et la tolwroulose. — Traitement du lapas par les paraslticldes. — Remarquas sur un point de l'Atlologle du psoriasis.
H. y. E. Graham (de Toronto) lit une observation de sypbilide tuberculo-ulcéreuse héréditaire. Il s'agit d'une jeune lille de vingt ans, qui présente sur les téguments de l'avant-bras des élevnres et des dépressions recouvertes par places de minces écailles. A trois ou quatre pouces au-dessus tlu coude, le bras est atrophié et offre des traces de tissu cicatriciel. A la partie supérieure de cette cicatrice est une ulcération mesurant trois quarts de pouce de large entourant te membre. Au-dessus, les téguments sont sains. La clavicule gauche offre sur sa partie moyenne une tumeur et une ulcération de la largeur d'un dollar d'argent; c'est la conséquence d'un coup et on n'y constate pas la coloration cuivrée. Les renseignements qu ou peut obtenir sur la famille de la malade apprennent que la mère a toutes les apparences de la santé; le père est mort de pneumonie alors que la patiente n'avait que huit mois. Plus tard on apprit qu'il avait aussi une ulcération syphilitique du pharynx. Le traitement employé chez la jeune fille, qui fait le sujet de cette observation, consista en applications locales d'onguent mercuriel et en administration à l'intérieur de bichlorure de mercure et d'iodure de potassium. Le résultat fut excellent, et dans l'espace de six ou huit semaines, l'ulcération était guérie. La malade a été depuis perdue de vue.
L'orateur appelle l'attention sur la difTicuilé de diagnostic de cette lésion, étant donnée l'absence complète d'antécédents spéciSques dans la famille, car on ne recueillit les renseignements sur le père qu'après qu'on eut institué le trai-^ tement. Bien qu'il n'y eût pas d'antécédents syphilitiques, les choses se présentaient de telle façon qu'on ne saurait mettre en doute le diagnostic porté.
— Dans la discussion qui suivit cette communication, MM. R. W. Taylor (de New-York), C. Heitzman (de New- York), T. B. Greenough (de Boston), J. JV. Hyde (de Chicago) s'accordèrent à reconnaître que dans un certain nombre
(1) Voy. an Compte rendu de Is léince de l'Aradémie de mMecine.
de cas la syphilis peut se transmettre à Tenfant sans que la mère en soit atteinte ; H. Duhring (de Philadelphie) fit ressortir que, dans les cas de diagnostic douteux, les heureux eiTets du traitement indiquent la nature de l'arfection, mais M. Hardaway (de Saint-Louis), président du Congrès, déclara qu'il n'était pas sage de conclure, dans le cas présent, de la nature de la maladie par le résultat thérapeutique; à côté du traitement interne, on a employé le traitement local, qu'on a souvent vu réussir seul.
— M. Gremough lit un travail basé sur l'observation de 394 cas de psoriasis. Ce nombre est extrait d'un total de 15000 cas a'aiïeclions cutanées diverses, soit environ une proportion de 2,5 pour 100. Beaucoup de ces malades ont été atteints pour la première fois entre dix et quatorze ans. Dans 97 cas, le présentateur a pu obtenir des renseignements précis sur les antécédents personnels et de famille; dans 31 cas l'affection existait chez les proches, mais les 66 autres malades affirmaient qu'aucun autre membre de leur famille n'était atteint de celle affection.
Dans les cas nets, le diagnostic est très aisé, mais dans certains autres il est extrêmement difficile. L'affection est le plus souvent confondue avec quelque éruption dépendant de la syphilis constitutionnelle. Dans le psoriasis du cuir chevelu, par exemple, l'aspect de l'éruption est souvent semblable à celui de la sypnilis secondaire; dans le psoriasis, cependant, les croûtes sont simplement formées par les cellules épîthéliales et elles ne s'accompapent pas d'hyperfaémîe. Dn signe caractéristique du psoriasis du cuir chevelu, c'est l'existence d'une bande d'hyperhémie d'environ trois quarts de pouce de largeur, s'élenaant autour du front à la naissance des cheveux. Il y a là un signe d'une réelle valeur dans le diagnostic entre l'eczéma capitis et le psoriasis; dans la première affection, cette bande d'hyperhémie fait défaut. Dans l'eczéma, on trouve des traces de sérosité desséchée ou de pus. Le psoriasis ne s'accompagne pas de l'engorgement des glandes cervicales postérieures comme l'eczéma. Le diagnostic avec le favus se fait par l'&ge des malades. la destruction des follicules pileux et l'examen microscopique. Sur le reste des téguments, les syphilides sont les lésions qui ressemblent te plus au psoriasis. Les régions où se montre l'éruption ont d'abord une grande importance. La syphilis affecte de préférence les surfaces dn côté de la flexion, le psoriasis commence par un petit point d'hyperhémie, qui peut rester seul pendant plusieurs jours ; dans la syphilis, un groupe de taches apparaît dans l'espace de vingt-
auatre à quarante-huit heures. Quand rêru[)tion syphilitique isparatt, il y a une modification pigmentaire du côté de la peau. Dans quelques cas de psoriasis, il y a des démangeaisons poussant le malade à se gratter et à s'écorcher, il en résulte des croûtes dont il est facile d'expliquer l'origine. Pour ce qui est du traitement du psoriasis, on n'a encore trouvé aucun spécifique. Ce qui fait du bien à un malade peut faire du mal à l'autre. D'après l'expérience de l'auteur de ce travail, les préparations de goudron, spécialement Thuile de cade, donnent les meilleurs résultats. Un grand soulagement est obtenu par l'emploi des émolllents. L'huile de foie de morue, seule ou mélangée par parties égales avec l'huile de cadr>, est d'un usage commun.
M. Duhring fait remarquer que l'auteur n'a pas parlé dans son travail de la dimculté qu'on éprouvait jiarfois à distinguer la séborrhée capilis du psoriasis. Il en a pour sa
riurt observé plusieurs cas chez des jeunes filles, chez qui 'éruption se trouvait confinée au cuir chevelu.
M. White (de fioston) insiste aussi sur la difficulté de ce diagnostic.
M. R.-B. Morison (de Baltimore) a vu un très grand nombre de cas de psoriasis, mais il se rappelle Ji'en avoir va qu'un ou deux cas chez le nègre ; c^gi{;@4i{i'^jâ'H£%@^^^ vait une disparition du pigment. O
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M. Heitzman ^de New-York) croit que le point le plus ] important à établir après le diagnostic de l'affection, c'est de | déterminer son acuité ou sa chronicité. Si ralTextion est I aigufi, les applications locales doivent être évitées ; si elle est | chronique, le cbrysarobin sera avantageusement employé, mais il ne donnera qu'une guérison temporaire ; I acide pyrogallique doime de bons résultats dans un certain nombre de cas.
— M. White rapporte deux observations d'angiome pigmentaire et atrophique. Dans la i)remière, il s'agit d'un jeune homme de dix-sept ans, originaire de la Pologne russe. Des taches de rousseur s'étaient montrées sur son visage avant qu'il eût atteint l'ftgede deux ans; elles augmentèrent de nombre jusqu'à l'Age de six ans ; on ne sait à quelle époque débuta l'état Lé]angiectasi{]ue. Lorsque le malade fut TU pour la première Tois, il était bien développé et avait toutes les apparences d'une bonne santé ; cependant il était petit et n'était pas plus grand qu'un garçon de douze ans. Ses cheveux sont abondants et très noirs ; ses veux sont paiement noirs ; le front et la portion inférieure de la face présentent une coloration brune et à un exnmeu attentif on trouve çà et là de petites taches plus foncées ; les téguments de tout le tronc sont bruns comme on l'observe chez les Espagnols; la coloration est encore plus marquée au niveau des organes génitaux externes ; enfui les membres supérieurs et inférieurs sont très foncés. Sur la cuisse droite on voit une tache noirâtre, recouverte de longs poils.
Peu de coloration anormale des muqueuses buccale et pharyngienne. Sur le côté droit de la face et occupant ta moitié de son étendue, se trouve une plaque nettement délimitée, ayant l'aspect de tissu cicatriciel; on trouve des plaques anal(^ues sur les deux joues, sur le front et autour de la bouche ; quelques autres plaques sont aussi disséminées sur les autres parties du corps. La sensibilité au niveau de toutes ces plaoues est manuestement diminuée. Sur les diverses parties de la face, on voit des taches rouges, variant du volume d'une téte d'épingle à celui d'un pois. Près des
Saupières existent deux petites tumeurs angioniateuses. uelques points rougf&tres se trouvent aussi à la surface du corps.
Le second cas a pour sujet le frère du premier malade, âgé de trois ans, né à New- York. A l'âge de huit mois, ou remarqua le développemettt de petites taches de rousseur sur son visage; dei)uis, elles n'ont fait que s'accroître. Ses cheveux et ses iris sont très foncés ; sa face est couverte de nombreuses petites taches noirâtres ; elles sont si rapprochées qu'à une faible distance la peau a une coloration noire uniforme ; par places cps taches sont un peu surélevées. Le dos des mains est couvert de points bruns ; ailleurs la peau a sa coloration normale : il n'y a nulle part trace d'infiltration leucodermique ou d'angiome.
De l'étude de ces deux faits, l'auteur conclut qu'au début de TaiTection on ne peut pas distinguer les taches morbides des taches de rousseur ordinaires ; elles se multiplient graduellement jusqu'à ce qu'elles aient envahi une grande surface des téguments; plusieurs années peuvent ainsi jiasser sans autres manifestations de la maladie. La complication télangiectasique est probablement secondaire; dans le premier ïail, elle était plus développée au niveau des plaques atrophiques. Il est probable qu'à ce niveau il y a d'abord hypertrophie de l'épithélium et finalement transformation en épithélioma. C'est ce qu'on a noté dans trente-trois cas de cette affection qui ont été rapportés.
— tlL.Hyde lit un travail ayant ponrbutdc démontrer que le lupus vulgaii e n'est pas, ainsi qu'on l'a longtemps pensé, le résultat de la tuberculose ou d'une autre diathèse, mais bien le produit d'une infection locale pnr un bacille, complètement étranger à l'existence antérieure d'une diathèse ou d'une prédisposition queirnnque.
M. IVAi/^ rappelle brièvement les faits qui plaident faveur de la nature parasitaire du lupus. Tous les traiti:ments qui ont réussi dans cette alTection sont ceux dor l'effet a été de détruire les parasites, cause du mal. Il t»\porte un très ^rand nombre de cas où il a employé lociniment le sublimé, soit en solution, soit en onguent; résultat a été excellent. Les onctions sont spécialement r»commandées. Rarement it a été nécessaire de prolonger U traitement au delà de deux mois. Pour ce qui est de U durrr de la cure, l'auteur ne peut encore se prononcer à cet égant. car ses premières expériences ne remontent pas au delà i\t huit mois.
M. Shencell (de Brooklyn) exprime tous les doutes qu'il a sur la nature parasitaire de l'afTection ; il ne croit pas i\a* les théories de Kich aient été suffisamment déroontrt-fs vraies.
— M. Shericell lit une note intitulée : Remarques xur hb point de Véliologie du psoriasis. Il a été frappé de la di^trsilé d'opinions émises au sujet de la santé générale de? riulades atteints de psoriasis, et, afin d'arriver à quelque mti>n claire sur ce sujet, il a consulté les écrits de ceux qui (^m autorité en matière de dermatologie. Il ressort de rr W étude que les gens atteints de psoriasis ont une santé ^riirrale excellente. Il pense que la théorie de Piffard, qui rniil que la diathèse rhumatismale est une cause de psorinsis, i^t la théorie la plus rationnelle qui ait été émise.
SOCIÉTÉS SAVANTES
Aeadénil« dea adaMMi.
SÉANCB DD 28 8BPTEHRRE 1885. — PRÉSIDSITCE DE H. BOt LEV.
DiÉLBCTROLYSE. Lettre de M. Courgerand. — II s'ajrit d'une réclamation de priorité nu sujet de la rommunicatioa faite par H. R. Bronilel sur une opération thémpeiitiquf* dite diélectrolyse. (Voy. pages 641 et t>49.)
AeadéMie de MMerlnr.
SÉANCE nu SO SEPTEHRRE 1885. — PRÉSIDKNf^K DE 11. Bf:Rt:Knri%
H. le doctnur Durand ciivoin un nii^mnire niinuicril lur la 4éntO§r»pktt ti Viiat lanitaire de Mar§eitian [Hérautt) en 1884. IComtntuitm éea éfttévutt
U. Germai» Sée |)rc*cnb^ un Traité icoaographi^utd'aphOntmMeapie, par M i.docteur CaUsoivtki,
M. Brouardei fait Itotnmage du Rapport qu'il a iwlig^ avec M. Brutt^quel inr lea Hifotimnt A oitopler pour raMRjnbMmeni de U ville de rMlaii.
H. Krnat Beanier présenlo, in nom il« H. k doetar J. IMoiitr. mn% braritun ■yanl pouf lUre : La aanli pubti^ue à Lyon en 1884. {Cammiliion dm ehéUre.
H. Dechambre ddposR un iin-ntoiri? maousi-rit de U. I« docteur J>bonca iiL- Siloniqiie) aur t'emploi de l'ûcide borique contre la iiphiMrie, le ervup ri • pKlhiiieftUmitnaire. (Caauiiitifm dit Prix Sêimi-Pamt.)
M. De YiUUrê pnoanlo les BuUeiina de U Saeiélé prvteetrife de etnfmntf ■> Hautn el un ouvraifa do H. 1l> daetoor Xtnitàt (d'AllioiM») «or le imitrmeiu ét ^ diarrhée chranif ue ehem la enfiinti (voy. p. 654-. {CemmiaaitH de Tky§tiHt 4t l'enfanee.)
M. le docleur Henri Haman présente à l'Acaddinia un Nouveau fmeefi à eniUlrn riiuetibUi. Ce forcepi, cvnairuit par M. Mathieu, aur le< indicatiou d« tl ilociMir Henri HeraOR. pr^Mnte, à l'eKtrrfmlU de le ruillère ane donble arlWlatïon qai pemwt a « deu rahanS d'acier femiaiit la eiiilltreiia venir sejiu|a|KH«r ilo façon que l'initruincat ainsi nidult n'oim! pluii qnr 1 ceiitiinôtri: H Atnx'i de brgeur à l'extrémité et 3 ceiinméiros » l'endroit du plita fort ronfle mciil. Il<i<- liei* •)•!' kIUm dans l'éinUiniir de i^haiite brnnr.fafl f I ne leeminr par un bviilpa faïunl rni èfêrrèiX, permot, une fa[irin>irnmonl^i|^B|i&dati&ro^M\^^^^|i|^ a moiivnmil de propeblon. La larfmir « laTfu^Siv «i Oeig^eMB renlinwirro
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L'Mtrriniu! 0K>biU), en m déT«lopp«tt. wit WKtenMnt k même tnjet que ti eUo était (uiiloe lur lot dolflt. Elle ne {wut donc produire de Mion d« pirlie* mollet du fœlut ou de la vakrc.
Furcopt à cuilloros rùluclibics ouTarl dI foruHi. '
DiÊLECTnOLYSE. — La diélectrolyse n'aura pas vécu plus d'une semaine cr malgré les réclamations de priorité déjà communiquées dans le dépouillement de la correspondance, M. Btijarain-Beaumetz s'empresse de l'achever. Fort ému de la révolution thérapeutique qu'annonçait mardi dernier M. le docteur Brondel, il s'est empresse de faire des expériences à ce sujet. Il eut beau placer des rondelles d'amadou imbibées d iodure de potassium sur le dos d'un malade, et par-dessus un électrode négatif, puis sur le ventre de ce même malade de nouvelles rondelles d'amadou et un électrode positif, aucune trace d'iode n'apparaissait de ce c6té. Cependant M. Brondel, ayant fait lui-même ces applications, réussit. Mais ce succès ne fut que plus démoDstralif de l'erreur expérimentale; car M. Brondel di>posaii luimême inconsciemment k l'électrode positif des traces d'iode dont ses mains venaient de s'imprégner en plaçant l'autre électrode. En effet, toutes les fois qu'il y eut deux personnes chargées de faire ces applications, la premiiTe d'un c6té, la seconde de l'autre, le résultat annoncé ne put se produire; et de fait, il est fort difficile à un même expérimfntateurde ne pas transporter avec lui des traces d'iode. Ainsi la diélectrolyse n'existe pas ou n'existe pas encore.
Obésité. — M. Germain Sée fait une communication sur les causes et le traitement physiologique de Tobésité. Il s'occupe d'abord des indications des diverses méthodes curaiives proposées contre l'obésité, soit le régime azoté excessif, les systèmes de Banting. d'Ebstein, de Schvenninger, etc., et entre à ce propos dans diverses considérations «ir les lois du régime physiologique appli(|uées à celle affection. Pour Voit, la graisse corporelle provient de trois sources : 1" des albuminates ingères qui se dédoublent en graisse et produits azotés ; 'à' des hydrocarbures pris en cer-
taine quantité et se décomposant facilement; 3* de la graisse qui se transforme plus difficilement. D'après Rubner, au point de vue dynamique, et en unt que calorigènes, 100 grammes de graisse équivalent grammes d albuminates secs et à â3â de fécules. M. Germain Sée eo conclut que la graisse conserve les forces individuelles plus que ne le font les autres substances. Aussi pense-t-il que le régime d'Ebstein s'applique aux polysarciques cardiaques, à la condition qu'on y ajoute les substances gélatineuses et des peptoiies sans sevrer les malades de boisson.
Examinant ensuite l'influence fâcheuse, quoique généralement indiquée, de la diminution des boissons dans le traitement de I obésité, et passant en revue l'action digestive des boissons abondantes, leur action dénulritive, l'absorption de l'eau el de ses efTets éliminateurs, puis les effets de l'eau selon sa lUermalité, sa auanlilé et sa nature, il en arrive à envisager l'aclion des aiverses eaux minérales, alcalines, salines et nmères à ce point de vue. Il conclut que les bains froids élèvent la désagrégation de la graisse, que les bains chauds qui augmentent la chaleur du corps ne forcent pas seulement la décomposition do la graisse corporelle, mais aussi la dénutrition atbuminolde. Le même effet peut se manifester sur les produits pathologiques et graisseux ; les bains chauds ou froids qui hâtent la diminution de la graisse sont d'un grand secours lorsque leur action est soutenue par un régime déterminé, par l'exercice musculaire, enfin par l'usage d'eaux minérales iaxatives, c'est-àdire par l'usage d'eau entraînant certaines substances nutritives au dehors, ou bien encore par l'emploi des eaux qui, à l'instar des chlorures sodiques, augmentent la désagrégation albuminolde, ou bien enfin par l'ingestion plus marquée de boissons aqueuses, qui tendent au même but.
Les véritables moyens de traitement médical pour l'obésité doivent donc être empruntés à la médication iodurée, alcaline, purgative ; les eaux purgatives sont, en outre, préférables aux eaux alcalines pures ; Carisbad est supérieure à Vïchy à cet égard; Harienbad, Brides, Cbâiel-Gnyon sont supérieures aux précédentes et les résultats obtenus le prouvent. Mais leur effet ne dure qu'à In condition formelle ^u'on continue le régime et qu'on se replace dans les conditions hygiéniques de la cure thermale. '
RETUE DES JOURNAUX
De In dlvmlalon dl|ltatle pyloriqne, par M. LORETA. —
Nous trouvons dans plusieurs journaux en même temps la mention de l'opération pratiquée par M. le professeur Loreta (de Bologne) contre le rétrécissement pylorique consécutif à un ulcère simple guéri. Au lieu de l'iiu^ision de la cicatrice après gaslrolomie, ou de la dilatation à l'aide de sonde après établissement d'une listulc gastrique, M. Loreta conseille l'emploi de la divulsion du pylore par le doigt. Ces deux opérations, qu'il a déjà pratiquées, sont {présentées comme suivies de la gut-risou des accidents gastriques. Nous empruntons l'exposé d'un des deux cas au Progrès médical :
Obs. — il s'agissait d'un homme de qunranle-stipt ans, sans antécédents de famiMi', qui, en 187K, sonllrai( d'ulcèi-e d'estomar dans In région pylorique, ulcère qui guérit en trois mois. Cependant, peu ne temps après, il ressentit dfs pliénoiriènes dyspeptiques qui s'aggravèrent tellement qu'il fui oliligé de se soumeltre au régime lacté. Le tb août t882, il alla c&iisuher M. Loreia; voici ce que celui-ci put constater : peau maigre, muqueuses pâles, l'ahdomen bombé à la région upigastrique, l'estoinac lellemeiit dilaté qu'il s'élendait de la cintiuiéme côte au nonihi il. Au loucher abdominal, on sentait une tumeur adhérente à la pai-oi abdominale el dont les ronlours n'étaient pas bien délimites. AyiiiU fait le diagnostic de rétrécissement cicatriciel du pylore, M. Loreta pratiqua la divuUioo digitale le 14 septembre. Après avoir fait une iofision
t>50 — N* 40 — GAZETTE HEBDOBUDAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 2 Octobbb 1885
de 15 centimètres, parallèle au bord costal droit, il détacha de ia
faroi intérieure du ventre et de la région pylorique de l'estomac éptploon çastro-colique, épais, résistant et tr^s adhérent à cause d'exsndats inflammatoires, il ouvrit ensuite l'estomac dans l'étendue de 6 centimètres environ, et, après avoir introduit les deux index dans le pylore avec beaucoup do peine, il arriva dana le daodéoara et écarta graduellement les asnx doigts de S centimètres. Ensuite il réunit les bords de la plaie de l'estomac avec la suture de M. Gcly; la plaie abdominale fut fermée avec sept points de suture métaliique. L'opération dura trente-trois minutes. Dans l'après-midi, le malade se plaignant de faiblesse, on lut donna quelques cuillerées à café d'un mélange d'œuf et de vin de Marsala. La température j)i'ésenta un maximum de 38 degrés deux jours après l'opération. Les jours suivants l'appéiit revint, et le malade put prendre de la viande rAlie et du pain (-10 grammes).
Le 1 S octobre, le malade fat déclaré guéri. (Progrès médical, 19 septembre.)
La note fournie par M. Cliigi au Progrès médical est fort enthousiaste. Malgré la perspective ouverte par notre confrère italien de guérir par le même moyen c les gastro-ectasies consécutives à des obstacles ayant leur siège dans le pylore, à savoir : les sténoses cicatricielles, les déplacements du pylore, les corps étrangers, l'échinocuque, etc. i, nous inclinons k croire que, vu surtout les dirticultés d'un diagnostic exact, la dilatation du pylore, par quelque procédé que ce soit, ne trouvera pas beaucoup d'occasions d'être mise en pratique par les médecins prudents.
Okaervmleii «le n^Trome plexirorme, par M. ÂRNOZAN.
— Il s'agit d'une malade qui portait dès sa naissance, sur le côté droit du cou,' les rudiments de tumeurs qui allèrent toujours en se développant. Sa sœur avait présenté une lésion semblable et avait élé opérée avec succès. Elle-méine se nt opérer par M. Denucé. 11 y eut récidive. En 1879, elle fut prise de frissons, et, en quelques jours, de paralysie avec contracture des deux membres gauches, de douleurs fulgurantes portant sur les quatre membres, sur la moitié droite (le l'abdomen et respectant la moitié gauche et la face tout entière. Tous ces symptômes diminuèrent graduellement au bout de sept mois environ, et la malade put reprendre son occupation de fille de ferme. Retour des accidents en 1883. A cette époque, tes tumeurs avaient pris un grand développement et nescendaient jusqu'au-dessous du sein, cachant toute la moitié droite du thorax, implantées dans une vaste tache pigmentaire. Phénomènes de paralysie, de contractures, douleurs fulgurantes dans les mêmes parties que lors des premiers accidents. Diminution de la sensibilité au contact et à la piqûre sur la moitié gauche du corps. La malade s'aiïaibiit, eut des syncopes, et mourut le 16 janvier 1885. L'autopsie mérite d'être rapportée en détail.
Autopsie. — La grosse tumeur, sectionnée dans sa partie déclive, apparut infiltrée de pus, et même sur quelques points on trouva le pus collecté en foyirs assez volumineux. Dans la partie restée saine, et qui, du reste, était encore fort étendue, une coupe transversale montra, entre les deux feuillets épidermiques qui la limitaient en avant et en arrière, un tissu grisâtre, d'aspect gélatineux, demi-transparent, d'aspect homogène. Au milieu ae la surface de la coupe, ce tissu, manifestement œdémateux, était reman|uablement lâche et peu résistant, de telle sorte que par la momdre traction on pouvait dédoubler complètement celte tumeur en deux couches dont chacune comprenait la moitié de son épaisseur. En coupant la tumeur parallèlement à sa surface, on apercevait des faisceaux d'un tissu blanc nacré, rayonnant de la base d'implantation de tumeur vers les bords et l'extrémité et ressemblant beaucoup plus à des faisceaux conjonclifs qu'à des lilets nerveux. IVofondément, et correspondant à l'insertion du pédicule, était un corps blanc mat, de forme olivaire, de la dimension (l'une grosse amande, muni de plusieurs prolongements gros comme des plumes d'oie, qui se perdaient dans le tissu de 1.1 tumeur. Les autres plis de ces néoplasmes présentaient une structure analogue, et a leur base on a retrouvé plusieurs de ces corps olivaires. Un premier examen a montré que la masse du tissu des tumeurs était sarcomateux et que les corps olivaires
étaient en partie constitués par du lissa nerveux (cellules rt
fibres).
L'ouverture de la cavité céphalo-rachidienne a montré un rétrécissement notable du canal vertébral à sa partie supérieure. A ce niveau, ta moelle comprimée offre un aplatissement, une atrophie très marquée de sa moitié gauche & la partie supérieure da rcnOement cervical. Une plaque grisâtre dénote en ce boini reri«lenee dt la sclérose; il ne semble pas qu'il yjiit de dcgénéralioo secondaire. (L'examen microscopique a d'ailleurs montré ultérieurement une sclérose diffuse oe la moitié gauche de cette région de la moelle, avec légère propagation aux cordons de Trûek et aux cordons de Goll des deux côtés. Les cordons latéraux présentent un peu d'épaississement des travées névrogliques, surtout à gauche. Les parois du canal épendymaire sont épaissies. Les lésions s'atténuent A la région dorsoie et disparaissent 1 la région lombaire.)
Quant au rétrécissement du canal vertébral, qui est sans doute la cause de ces altérations médullaires, il est dû à un affaissement des deuxième et troisième vertèbres cervicales, affaissement tel que le corps de la troisième est réduit à une sorte de coin Irî's mince interposé à la quatrième vertèbre et à l'axis. Celui-ci ayant basculé sur la vertèbre ainsi déformée s'est incliné en avant H l'apophyse odontoide a pris une direction presque hwixontale. L'atlas a été entraîné en avant dans ce mouvement, et son arr postérieur est venu ainsi faire saillie dans le canal rachidien et a déterminé !e rétrécisseoienl mentionné. Toutes ces lésions ont dù se faire graduellement, car il n'y a aucune trace de travail aigu : pas de suppuration, pas d'altération ni d'épaississement des ligaments, pas de déaudalion des os. Ajoutons que les deuxième .troisième et quatrième vertèbres sont soudées entre elles au niveau de leurs corps. (Journ. de méd. de Bordeaux, n' 8, SO septembre 1885.)
Cona^aeneea de la llfatare dm eaiwl eholM*««e.
par .M. P. Cahalis. — Les expériences de M. Canalis ont *^tê laites dans le laboratoire de M. Bizzozero. Les effets signalés par l'auteur chez les cobayes sont les suivants : Destruction du tissu hépatique dans les premières heures qui suivent la ligature; prolifération de i'épilhélium des canalicules biliaires dans les points du foie nécrosés, le tout se substituant au tissu détruit. Un autre résultat indiqué, concernant les cellules hépatiques, aurait gagné à être nius développé. {Giorn. deÙa É. Âecad. di rqn'no, juin-juillet 1885.)
Action de la piioenrplae, par M. Falchi. — Les expériences ont été faites sur l'homme; elles ont eu pour sujets trois individus légèrement hyperméfropiques et l'ont été toutes à la même heure, dans le même lieu et à une lumière autant que possible égale. Elles ont été au nombre de douze. Les résultats qu'elles ont fournis peuvent se résumer dans la proposition suivante :
Le chlorhydrate de pilocarpine introduit dans l'organisme par voie hypodermique a produit d*abord du inyosis, puis, celui-ci disparaissant rapidement, une diminution du champ d'accommodation, pendant que'la pupille était restée très sensible aux variations d'intensité de la lumière et que les autres ftfTets de la pilocarpine, comme la salivation et la sueur, diminuaient ou cessaient tout à fait.
Cette diminution du champ d'accommodation après la disparition do myosis était vérifiée par l'éloignement du punctum proximum et le rapprochement du punctum remotttm, {Giorn. R. Accad. di Tonno, juin-Juillet 1885.)
Sorlaffne aHtomatlqne ponr Inlectlone fayiMidemlqaes,
par M. le docteur Carlo Galuano, médecin-as.sist mt de l'hôpital majeur de Saint-Jean de Turin. — La première seringue à pression automatique pour injection hypodermique parait avoir été construite par Varren (('.e Boston).- Elle était destinée à introduire sous la peau une liqueur astringente danï: l'aire des tumeurs herniaires, en vue de la cure radicale. Le piston s'abaissait de lui-même sous l'action d'une spirale. C'est encore le système employé par H. GalUano, qin seulement l'applique à la seringue .on|iPÛn7V'\jP^f*VfJ^' tée, c'est-à-dire à la serinilifè'^lï^m^b^^VdOf g «Vl'ins-
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trument est en cristal, recouverl d'un étui métallique, muni de deux fenêtres qui permettent de voir dans l'intérieur de la seringue. Celle-ci est chargée jusqu'à la hauteur qu'un ressort permet de fixer, et, l'aiguille enfoncée sous la peau, on presse sur le ressort-pédale et le piston redescend sous la pression de la spirale.
Le motif de celle invention est que, dans l'emploi ordinaire de la seringue de Pravaz, la pression exercée par la main qui a formé le pli cutané, pour maintenir la petite canule, lait heurter celle-ci sur le plan profond des tissus, ce qui amène le rellux du liquide h sa sortie. Mais il est douteux que la maladresse de quelques opérateurs suffise à amener la vulgarisation de cette nouvelle seringue automatique. {Giorn. délia R. Accad. di tned. diforino, juin-juillet .1885.)
L'Ad«ila ve»alla eoacro les malndlea do «oBorf jiar
M. Certeilo. — Les Adonides (famille des Renonculacees) étaient jadis employées contre la pierre, les affections intestinales; on les substituait quelquefois, du moins dans les pharmacies, à l'hellébore; elles étaient considérées aussi comme emménagogues. Ce sont, en général, des plantes très irritantes, douées même de propriétés v^sicantes. Celles de nos climats ont une action moins énergiqu :; < elles mériteraient, disaient Mérat et Delens, d'être expérimentées ; « elles l'ont été, en ofTet, et particulièrement VAdonis vernalis. Le mémoire de M. Cervello contient, à cet égard, des indications historiques auxquelles nous renvoyons. Disons seulement que, après des essais infructueux de divers chimistes, l'auteur a isolé de la plante un principe appelé par lui adoiUdiney qu'il a souvent administré dans les maladies du cœur. Il ne produit pas le détail des faits, et se borne à faire connaître le résultat général de sa pratique. On sait d'ailleurs que les Adonide» sont rangées par heaucoup de botanistes parmi les Anémones; l'adonidine est vraisemblablement identique avec l'anémonine; et il n'y a pas lieu, dès lors, de s'étonner que les premières plantes puissent agir sur la circulation.
Donc, suivant l'auteur, les préparations d'Adonis vernalis seraient particulièrement utiles dans les cas d'insuffisance mitrale; elles faciliteraient l'établissement de la période de compensation, pourvu toutefois que le myocarde n'eût pas subi de dégénérescence. Elles le seraient aussi à un certain degré dans la double insuffisance des valvules mitrales et des valvules semi-lunaires, ainsi que dans les maladies de l'aorte. La dose ordinaire du médicament est de 2 à 5 grammes de feuilles en infusion dans 150 grammes d'eau, À prendre
riar cuillerées à soupe dans le cours de la journée. C'est, on e voit, le même mode d'administration que pour les feuilles de digitale, avec une dose plus forte. L'action physiologique serait aussi à peu près la même, et se traduirait surtout par le renforcement de la contraction cardiaque, le ralentissement du pouls et l'augmentation de la sécrétion urinaire.
L'auteur se livre ensuite à des considérations physiologiques fondées principalement sur les résultats obtenus dans les expériences faites avec la digitale sur les grenouilles. Nous n'avons pas à nous y arrêter. {La Medieina contempor«nca, juillet et août 18'8o.)
Action biologique et thérapenllqae de la (alllne on (étrnhydroparachlnnnlMl , par MM . P. LlVIËRATO ct
P. Pedrazzi. — Les expériences sur lesquelles ce travail est fondé ont été faites à Gènes à Vlnstitul de clinique médicale, dirigé par le professeur Marugliaiio. Le nouveau remède dont il s agit est un produit de synthèse (comme Tantipyrine) obtenu avec lachinoline par M. Straus. Les expériences sont nombreuses, relatées ici en détail avec des tracés sphygmographiques, et les auteurs annoncent que l'exposé de leurs recherches sera continué. Pour le moment, nous nous bornerons à consigner les résultais auxquels conduisent celles dont nous avons le récit sous les yeux.
La talline a une influence marquée sur les échanges; elle diminue la quantité d'urée excrétée, ainsi que celle de l'acide carbonique éliminé par la respiration. Une seule dose de 50 centigrammes est capable de porter la diminution d'urée excrétée à 5 grammes en vingt-quatre heures; avec 1 ou 2 grammes à doses réfractées, la diminution peut aller jusqu'à 10 grammes en vingt-quatre heures. Quant à l'acide carbonique, il diminue, sous l'action de S grammes de talline, de Iz à 40 centigrammes en une heure pour chaque kilogramme du poids du corps.
Nous ignorons le sort réservé à la talline ; les médicaments nouveaux en se multipliant Atent d'autant plus l'envie de les faire entrer dans la pratique; mais nous devons reconnaître que le présent mémoire a tous les caractères d'un travail sérieux et digne de confiance. Le nom de M. Haragliano en est d'ailleurs la garantie. La substance employée venait du laboratoire même de M. Straus. (La Medtcma cimtemporaneOf juillet et août.)
Snr la patho^nle de eertains aeeldent* paralytiques observés eh» des vlelllardst lenrs rapports probables
avec rnrémie, par le docteur Raymond, médecin de l'hftpital Saint-Antoine. — Interprétant certaines observations faites sur les vieillards à l'aide de nombreux faits de physiologie et de pathologie mainXenant bien établis, et qui ont jeté déjà une vive lumière sur l'histoire des accidents urémiques, notre très distingué confrère, le docteur Raymond, termine une importante élude par les propositions suivantes :
1** Il peut survenir, chez le vieillard, des attaques apoplectiques mortelles, ou bien des attaques auxquelles succèdent des hémiplégies flas(|ues qui affectent tous les caractères des hémiplégies qui suivent le ramollissement cérébral ou l'hémorrhagie céréorale.
2* Ces phénomènes sont sous la dépendance d'un état urémique.
3* A l'autopsie, on constate quelquefois l'existence d'une lésion ancienne, et, parfois, simplement un œdème généralisé du cerveau.
4° La pathogénie de ces accidents semble, dans tous les cas, devoir être rapportée à l'œdème cérébral et aux troubles circulatoires qui en sont la conséquence. Ces troubles circulatoires, qu'ils soient congestifs ou anémiques, aboutissent, en dernière analyse, à l'anoxyhémie du cerveau.
5° Il importe donc absolument, dans le diagnostic h porter, dans le pronostic., dans le traitement à instituer, de tenir compte de ces faits cliniques et pathologiques, si l'on ne veut pas commettre des erreurs graves d^ppréciation symptoroattque.
6" Bien des cas de morts subites, chez le vieillard, sont expliqués par le même processus, fait important en médecine légale.
1" La coïncidence, chez un même malade, d'une hémiplégie ancienne et d'une lésion rénale chronique, à tendance urémique, peut être le point de départ de troubles convulsifs, surtout limités au côte paralysé. Si l'on méconnaît les faits précédemment étudiés, la constatation du ayndrôme conduira encore à une erreur clinique.
8" Plusieurs auteurs ont signalé des cas d'hémiplégie, absolument inexplicables par les résultats de l'autopsie. Peutêtre de semblables complexus rentrent-ils dans le cadre de ceux sur lesquels nous venons d'attirer l'attention. {Revue de médecine, 10 septembre 1885.)
Vers dans l'oreiUe, par le docteur W. Fletcher Wilson. — Cora S-.., âgée de douze ans, se présente, le 25 juillet, à la consultation, se plaignant de troubles du cÂtéde l'oreille. Depuis neuf ans elle a un catarrhe chronique de l'oreille gauche, pour lequel elle n'a fait aucun traitement, à part de simples lavages. Ayant été passer ces temps derniers quelques iours dans une famille amie, elle négligea de f^e ses
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injections ordinaires. A son retour chez clic elle ressentit de violentes douleurs dans l'oreille malade; le médecin ordinaire consulté prescrivit de faire des lavages avec une petite seringue en verre. Aucune amélioration ne se produisit et l'état de la malade alla en s*aggravanl. C'est alors qu'elle vIntconsulterH.Fletclier.L'examenderoreillemaladepermet de constaterunlégerécoulement teint de sang et un amas de vers emplissant le conduit auditif externe. En voulant les toucher avec une petite boulette de coton* on les fait reculer et se cacher au fond du conduit auditif, au point de ne pouvoir plus les apercevoir qu'à l'aide du spéculum; après uit petit instant ils reparaissent près de l'orifice externe. Le chirurgien parvint cependant à les retirer tous soit directement à l'aide de pinces, soit en s'aidant d'injections d'un fort courant d'eau dans l'oreille, soit en remplissant le conduit auditif d'huile douce et en faisant incliner alors la tète du côlé malade. La douleur cessa immédiatement. Le conduit auditif fut alurs lavé avec soin : il était dénudé de sa muqueuse dans son tiers interne ; la membrane du tympan et la muqueuse tapissant la cavité de l'oreille moyenne avaient disparu ; les osselets de l'onîe avaient leurs moyens de connexion détruits au point que l'enclume et le marteau se détachèrent pendant les lavages. Perle complète de l'ouTc. Grftce à des lavages à l'acide phénique étendu et à de fréquents nettoyages avec une bouleltA de coton, la suppuralion se tarit et les parties revinrent à un étal aussi satisfaisant que possible.
A ce sujet l'auteur fait remarquer l'importance qu'il y a à ne pas négliger les catarrhes du conduit auditif, à faire de fréquentes et soigneuses injections. L'origine des larves s'explique aisément par l'habitude qu'ont les enfants de dormir à l'air à l'ombre des arbres; les mouches viennent alors déposer leurs œufs sur le méalauriculaire. Dans le cas précédent, les larves mesuraient un tiers de pouce de longueur sur un douzième de pouce de largeur. Elles semblaient remplies de sang. Elles étaient au nomnre de dix ; deux étaient mortes, les huit autres furent placées dans une bouteille avec un petit morceau de viande; Irois ^onrs après il en mourut deux autres. Vers la fin de la deuxième semaine les larves reslanles se transformèrent en grosses mouches, d'un gris noir, aualo(r:ies à celles qu'on voit chez les chevaux. {The médical Record, 5 septembre 1885, p. 257.)
LasKllon de I» première verfèltre cervicale, |:aérlMHi,
par H.-H. Carter. — Il s'agit d'un marin de vingt ans, admis à l'hôpital le 31 mai 1884. Ses camarades racontent que le matin il a fait une chute de 25 pieds de haut, dans laquelle la région postérieure de sou cou ou de sa tête a
Porté sur une corde tendue à 8 ou 10 pieds au-dessus de eau; au moment où son corps loucha l'eau, il eut une petite convulsion, puis resta sans mouveinenl. Il avait perdu complètement connaissance et était tout à fait dans la résolution lorsqu'on le releva; mais, lorsqu'il reprit ses sens, il eut des convulsions et se raidit jusqu'au moment de son admission, c'est-à-dire six heures après.
A l'examen pratiqué immédiatement on constate que l'occiput peut se lléchir en arrière, le menton peu) aussi être abaissé, mais non complètement se relever. Douleur dans le cou, mais peu inleuse tant que la position de la lèle n'est pas modifiée. La pression sur la dépression située au-dessous de l'occipuL est inlolénihlL', elle dotcrmine une grande douleur et un étal tétanique.
Le malade est constamment secoué par des convulsions qui s'exagèrent au moindre contact ; son élal rappelle toutà fait l'empoisonnement par la strychnine, à cela près que la face est intacte. Le bras gauche est bleu, froid, couvert de sueurs profuses, raide et absolument impuissant; le bras droit est aussi paralysé, mais il est moins rigide que le gauche. Les jambes ne sont pas paralysées, mais elles sont raides el inhaniles. La sensibilité d'abord conservée disparut bientôt ;
le patient était incapable d'avaler même sa salive. Les mouvements de flexion imprimés au cou déterminaient la perte de connaissance; le malade ne pouvait mouvoir spontanément sa téle. Le doigt introduit dans le pharynx coastalail l'existence d'une saillie anormale tout h fait à la partie supérieure. On pensa que la lésion qui expliquait le mieuv tous les phénomènes était une luxation de la première ou àe la seconde vertèbre cervicale. On fit la réductiooen agissant directement sur la saillie proéminant dans le pharynx el le malade guérit très rapidement; il conserva seulement pendant plusieurs semaines des troubles vaso-moteurs du cMé des membres supérieurs. {The médical Becord^ 5 septembre 1885, p. 257.)
Un BMHMre earleu, par le docteur R.-H. Spencer (de Peramo). — Il s'agit d'un enfant qui se présenta par le siège el fut extrait parles procédés ordinaires, tes membres inférieurs étaient fléchis sur l'abdomen et semblaient ne pas
jouer dans l'articulation de la hanche, les genuux étaient conformés comme les coudes et étaient ankylosés, les pieds présentaient un talus valgus exagéré; à l'union du sacrum et de la dernière vertèbre lombaire on voyait un orifice qui semblait se diriger vers l'anus ; le chirurgien y introdnisil TextrÂmité de son petit doigt el détermina ainsi la sorti? d'un peu de sang par le rectum. L'enfant a maintenant lrni>; semaines et se porte bien; l'orifice du dos est presque complètement fermé. {The médical Record. 5 septembre IHHTi. p. 258.)
0n menthol eonune anecédAMé de la eMsTsa y r prodvlre l'ueethéaledaneji et du |ibar7ns,parM. A. Ro<
SBriBERG. — L'auteur n'a pas la prétention de faire du menlliol un aneslhcsique de valeur égale à la cocaïne ; mais il croit avantageux de le substituer à cette dernière dans les cas suivants :
1° Dans le badigeonnage d'essai du nei, ou plutôt de sa muqueuse, lorsqu'il s'agit de reconnaître si les douleurs dont se plaint le malade sont dues à une névrose dépendani de cette muqueuse. L'anesthésie n'est peut-être pas suffisante s'il s'agit d'une opération à exécuter; cepenoant la sensibilité se trouve notablement diminuée, de même que l'excitahilité réflexe;
2' Ce qui précède s'applique également au pharynx. L'anesthésie est toujours suffisante lorsqu'il s'agit de pratiquer un examen laryngosco pique ;
3° Quant au larynx, le badigeonnage avec le menthol diminue également la sensibilité de la muqueuse et atténue le sentiment de dyspnée; mais il ne paraît pas là d'une application vraiment utile. {Berliner klin. WochenschrifL 1885. n" 28.) '
De l'InJeetiOM lntrav«lnC)ue d'ane ■•latloa da aef aiartn daa» l'aaAinle chronlqae, par H. Hax KoitTUli:if . — Il s'atïil d'un état de faiblesse extrême de nature chronique déterminé par une anémie de longue durée. Cet état sVtait développé lentement el graduellement à la suite d'un avortement suivi lui-même à plusieurs mois de distance d'ht'moiTliagies utérines (jui enlevèrent le reste des forces. Ce n'est que lorsque la situation parut désespérée qu'on eut recours aux injections intraveineuses d'une solution de sel marin. Aussitôt l'appélit revint à la malade el avec lui les forces. Depuis neuf mois que l'opératlun a été pratiquée, il n'y a pas eu de rechute. La menstruation est redevenue régulière. {Berliner klin. Wochenschr,, 1885, n»25.)
De l'empkyateM ■oas-eatané daas lea maladlva dr
rapparell respiratoire, par M. FR£XTZEL. — L'auleur
attire l'allention surl'emphysème sous-cutané qui peut se présenter dans le stade asphyxique du choléra et qui s'exphquf par la dyspepsie effroyable qu'on observe^ parfois dans celte période de la maladie; dans les cas de pyopneumothorax. l'emphysème souiHJUtanê, Wqu'il existe, s'expligue par la
•à OCTOBRB 1885
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÂDECINE ET DE CHiaUAGlE
t lésion instrumentale de la plèvre et le passage consécutif de i Tair dans le tissu sous-culanû; il suTtirait, d'après Fràntzel, t d'appliquer le doigt sur la plaie après la sortie du trocarl r pendant une à deux minutes pour donner le temps à la pi- ; qure de la plèvre de se fermer ; enfin, l'emphysème sous- 1 cutané qu'on observe quelc^uefois chez les phthisiaues ne tient pas toujours à l'irruption d'une caverne dans le tissu cellulaire, mais, d'après les observations de l'auteur, à un emphysème pulmonaire interstitiel {DetOêche med. Wocheny scAr., 1885, nHl.)
iimm de inbereoloM de l'irla (uérie par TexcUlon,
par M. Tbeitel. — D'après les observations consignées □ans lesanuales de la science, il parait douteux que la tu-
^ berculose de l'iris puisse guérir spontanément. Treitel, s'appuyant sur une o)>éralion heureuse, conseille de toujours
E pratiquer de bonne heure l'excision de la partie malade de l'iris et d'agir de même en cas de récidive. Il est évident
: que la tuberculose primitive de l'iris étant une haute rareté, il ne faut pas perdre de vue qu'une affection tuberculeuse d'un organe profond, moins accessible, a été le point de départ de la lâsion. Généralement la tuberculose de l'iris se produit après un traumatisme ; c'est ce flui a eu lieu dans le cas de Treitel, comme dans d'autres de Wolfe et Samelsohn et de Kônig. Il ne peut être question là d'une inoculation locale, comme les inoculations expérimentales qu'on pratique dans l'œil des lapins, mais bien plutôt d'une métastase provoquée par le traumatisme. {Berliner klin. WocheH"
^ $chrift, 1885, n- 28.)
' Sur ane espèce de Rhabdoneiiia eh«s le eocfaon; dé"
' couverte dn Rh«bdoiicBui atrongjrloldea ehcz rhomme
' aa BrésU, par M. Ad. LuTZ. — À l'occasion d'essais faits par ' l'auteur, médecin à Limeira, au Brésil, dans le but d'infecter des cochons avec des larves d'ankytostoine et de rhabdo- ' nema (anguillule^ de Thonime, essais qui restèrent sans ré- ' sultat, il découvrit nne nouvelle espèce de rhabdonema du ' cochon, déjà signalée par Leuckart, mais que le savant helminlhologiste allemand n'avait pas distingaee du rhabdonema de l'homme. Le rhabdonema du cochon présente les mêmes > phénomènes de génération alternante que le rhabdonema de l'homme, phénomènes qui ont été bien étudiés par Leuc- : kart, Perroncito et Grassi; un mémoire de ce dernier a été récemment analysé dans cejoumal(1885, n'9).Gequi, d'après Lutz, distingue le rhabdonema du cochon de celui de l'homme, I c'est que les œufs de la génération intestinale ne peuvent I éclore qu'en dehors de l'hôte, et que la différence de taille I des formes adultes des deux générations chez les deux es- I pèces est trop grande pour pouvoir être attribuée à une simple différence de milieu ; du reste, dans les localités où le rhiÂdonema de l'homme est extrêmement commun, Lutz I a constaté que le congénère dn cochon est précisément très rare,malgre les chances d'infection résultantpourcetanimal de l'absence de latrines, de la vie en pleine liberté, etc.
Lutz serait d'avis, pour éviter la confusion, de changer le nom de Rhabdonema strongyloidesj proposé par Grassi et I accepté par Leuckart, en Hlmbdonema homints et de désigner les différentes espèces, celles du cochon, du lapin, de ' la belette, etc., par le nom de l'hôte. ' Le rhabdonema de l'homme a été trouvé par Lutz dans les divers districts des provinces de Rio de Janeiro et de Sâo- Paulo, au Brésil- Comnic ce même parasite existe en Cochin- ' chine, où il a été vu pour la première fois, et en Europe, où on l'a beaucoup observé chez les ouvriers travaillant au , tunnel du Saint-Golhard, on voit que sa distribution géo^ra- I phique est très étendue. Il ne parait pas être lié à la diar- I rliée de Cochinchine, car on a souvent tu celte diarrhée , sans le parasite (?), et le parasite sans la diarrhée. Lutz fait encore observer que très souvent il est accompagné de l'ankyloslome duodénal, les conditions d'infection étant &
peu près identiques; il est moins souvent associé aux ascarides, car les conditions d'infection diffèrent notablement. Enfin, les malades vus par Lutz étaient généralement des cultivateurs ou des enfants. Le traitement du rhabdonema est le même que celui de l'nnkylostome, mais le rhabdonema étant de dimensions plus petites et par suite plus efficacement protégé contre l'action des médicaments par le mucus épais qui l'enveloppe, résiste davantage. Lutz emploie le thymol, d'autres l'extrait éthéré de fougère m&le. (Centralb. f. ktin. Medicin, 1885, u° 23.)
Cootrlbotioa h. l'étude de l'urémie, par M. S. HonSAC-
zEWSKi. — En 1 881 , Feltz et Kilter d'une part, Astarschewsky de l'autre, établirent en théorie que l'urémie était due à l'accumulation de sels organiques, particulièreiuent de sels de potasse dans le sang. L'auteur a fait des recherches sur le sang d'éclamptiques et d'urémiques; il procédait par incinération et analyse des cendres; il comparait les résultats à ceux obtenus avec le sang d'individus bien portants; il ne put constater aucune différence dans la quantité de cendres et dans la proportion de potasse et de soude. Il rappelle encore les expériences de Suyers, aui, par la ligature des uretères, ne réussît pas À obtenir aans le saug l'accumulation de sels de potasse indiquée par Feltz et Ritter. Il conclut que la théorie de ces auteurs n'est pas exacte. (Medizinische JahrbUcher, 1885, p. 389.)
TraMement de la céphalocéle et dm aplna bISda,
par M. SciiATZ. — Il s'agit de trois cas de céphalocëte avec spina bilida opérés avec succès par Schalz au moyen de la compression linéaire du pédicule préexistant ou déterminé artificiellement au moyen de la pince; dans le troisième cas, où existait un hydrencéphniocèle avec un spina bifida de 7 centimètres de long, on a bien pu enlever la hernie encéphalique, mais il n'est pas douteux que l'hydrocéphale persistant ne permettra pas au petit malade de vivre. (Berltner klin. Wochenschr., mb, a"^H.)
Élude expérimentale aur la pathalo|le et l'aaatamle pathalogiqne de la moelle éptniére, par M. E.-A. HoMÉN.
— Cette étude, menée à bonne fin à Tlnslilut pathologique d'Helsingfors, par des expériences sur les animaux, est surtout relative à la marche de la dégénération secondaire de la moelle et constitue une contribution importante à t'étude des conducteurs de cet organe. Hoinén a reconnu que la dégénéralion atteint tout d'abord le cylindre-axe, qui gonfle et subit la transformation granuleuse, et perd la faculté de se colorer par tes réactifs ordinaires, tandis que la fuchsine acide lui communique une coloration d'intensité anormale; la'dégénératinn gagne ensuite graduellement la myéline, et, lorsque celle-ci est entièrement transformée, on commence à y trouver des corps amyloldes ; enfin le processus englobe la uévroglie, qui s'épaissit par l'hyperplasie des cellules fixes, tandis que les petites cellules rondes ne se multiplient guère ou point. Lorsque l'altération subsiste depuis quelque temps, les colonnes de Clarke paraissent perdre leur intégrité par une dégénéralion ascendante. Un fait intéressant k signaler, c'est que non seulement les fibres nerveuses prises isolément, mais encore les faisceaux de fibres ne subissent pas la dégénéralion en bloc, mais d'après un certain ordre ; les cordons postérieurs sont atteints d abord et généralement dans toute leur étendue de bas en haut, puis ce sont les cordons an téro- latéraux vers le bas, enfin les conducteurs du cervelet correspondant aux cordons latéraux. (Fortschritte der Medicin^ 1885, n' 9.)
6&4 — N* 40 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 3 Octobbe 1885
BIBU06RAPHIE
TrmItA de matlèra nMleale^ de pharoMeoli^^, phrelolegle et «eehalqne des mgmmtm médleMmeateMx, par
J.-B. FoNSSAGBivEs. — Patis, A. Delahaye et E. Lecrosnier, 1885.
Le public médical accueillera certainement avec la plus respectueuse sympathie ce traité de matière médicale, deruier livre dû à la prodigieuse activité do H. Fonssagrives. Gomme tous ceux qui l'ont précédé, il résume, en cfTet, de longues et sérieuses études; il est écrit d'une plume très élégante ; il complète les traités de thérapeutique que notre savant et regretté confrère a fait paraître il y a quelques années et qui sont devenus classiques. Les lecteurs de ce journal et ceux du Dictionnaire encyclopédique connaissent trop bien la doctrine et les tendances de l'éminent professeur de Montpellier pour qu'il soit nécessaire de leur résumer longuement ce que contient ce nouveau traité. La thérapeutique ne se servant pas seulement de végétaux ou de suoslances minérales pour agir sur Técononiie vivante, M. Fonasagrives a compris sous le nom de matière médicale tous les agents dont le médecin peut faire usage et c'est ainsi qu'il étudie sous le nom de Pharmacologie dynamique le mouvement, la chaleur, la lumière, l'électricité, le magnétisme, enfin le mesmérisme et le braidisme. Est-ce û dire que nous nous attendions à trouver dans un traité de ce genre l'étude des diverses allures que peut prendre un voyageur et que nous ne fassions nos réserves au sujet de l'appréciation de la métallolhèrapie ou du braidisme? Nous
fioiivons aflirnier, du moins, que le plus grand nombre des ecleurs de ces chapitres d'h;fgiène thérapeutique ou de physiologie pathologique appréciera la sagesse critique de Tauleur et sa parfaite sincérité.
Le plan général de l'ouvrage se juge d'un coup d'œil en parcourant ta lable des matières. M. Fonssagrîves n'a pas voulu innover. Il a suivi l'ordre généralement adopté dans les études de matière médicale; mais il s'est elTurcé, après la description du médicament, de déterminer son action physiologique suivant ses formes et ses doses. Un exemple permettra de montrer combien sont utiles à tous les points de vue ces aperçus critiques de la valeur des formes médicameutcuses. Personne n'ignore que, sans parler même de c ces écoles bruyantes qui font de l'emploi exclusif des alcaloïdes un dogme e( du choix de Tofficine qui les prépare une obligation étroite », il est un cei tain nombre de médecins qui prétendent nier la valeur des associations médicamenteuses et, sous prétexte de simplification, ne se servir que des alcaloïdes. « La recherche des quintessences, dit à ce sujet M. Fonssagrives, a été stérile jusqu'ici et il n'y a pas plus de quintessences médicamenteuses que de quintessences alimentaires. Un alcaloïde n'a qu'une partie des propriétés du médicament composé qui le produit et j'ai dit ailleurs tout mon respect pour ces thi'riaques naturelles qui sont autre chose, dans leur complexité, que les alcaloïdes simples qu'on en relire et qui méritent d'être employées à côté de ceux-ci .. La découverte des alcaloïdes a accru nos ressources pharmacologiques; elle fournil ii la méthode des injecUons hy-
fiodermiques des facilités très heureuses; mais ilnefaul pas ai demander davantage et les médicaments composés naturels ont et garderont leur place ulile à cùté de leurs principes. » On ne pouvait mieux dire.
Qu'on lise le chapitre consacré â l'étude de l'opium et de ses effets hypnotiques dans lequel on voit disculée avec un si grand bon sens la question controversée des idiosyncrasies et des intolérances médicamenteuses ou celui qui traite des ferrugineux et l'on ne manquera pas d'y retrouver toutes les qualités qui ont depuis longtemps assuré la renommée de M. Fonssagrives. Peut-être pourrait-on lui reprocher ce-
[ pendant de n'avoir pas toujours tenu assez compte des oliservations cliniques prouvant tantôt l'enicacité, tantôt rinm»cuité de certains médicaments sur lesquels il |torte unjugifment un peu sommaire. Nous citerons par exemple les sels de manganèse et ceux de potasse, les prëparnUons de pefH tone et à un autre point de vue celles de pancréatiiie dont il convient si souvent de se méfier.
Ajoutons, en terminant, que M. le docteurTison, qui a bien voulu se charger de la revision des épreuves, a comçI«Hé l'ouvrage en y faisant entrer l'étude de la cocaïne et de 1 Euphorbia pilulifera. Une procluiine édition jwun'a y joindre la terpine et le terpinol, VUamamelii oirginica et plusieurs autres substances récemment introduites dans la matièrv médicale et peut-être appelées à rendre des services.