Hasson. Prmr^taire-Gérant
TaENTB-fiEQXiftilK ANRÂfi
9 Octobre 1885
PARAISSANT TOUS LES VENDREDIS
Président : H. le docteur A. DECHAHBRE
HUBMS : HH. les doeteun BUCHEZ. BEORBES DIEUUFOT. DREYFUS-BRISM, FRRRCOIS.FRRRCK, ALBERT HÉRBCQUE
L LEREBOULin. HUL RECLUS
Adnuer tout ce qoi eoDcerne Ik'rMeettoH mmigedu ComiU, oliei H. DuBinu, 91. ne de £itte [mi le muxU de prtfirenee).
(Thèses. Mamena, cours, etc.) et «iwa ém
U PACVI.TB ra lIBBWinnB M PARI MérwMWt le pmMUm wétteal.
SOMIIAIRB.— Paris. Andémie de médecine: Le traitemcaido l'oboiiié; l'hypernAropie ; Im pHHCmant* dan> la cataraclo. - Académie dea aciences : TubercnioMi rubidium. — Travauk OMOIHAUX. Gjnécologio : PnScauUons k prendra conlra U contagion des accidenta puerpéraux. — Tliérapeulique expérimentale : Stir Ica revacci dation a pratiquées au moyen dn vaccin animal. — CoRHESPON- : DA»GE. Tnilemcnl dea bimures par ballos de revolver. — Socitris tAVANTis. Académie dei acicnces. — Académie de médecioe. — Brlglilon ni Sussex me- «tico-chlnrgieil Soeietf. — SMiélé de médecine de Berlin. — Hivub dbb JOOUADX. — BBLieoUra». Tnilé eUnlque du dtacnottie dn malMllee de reocéphale. — VABiirial Cb. Robin. — feniLLiTM. LolUee médkalet.
ACADÉMIE DS HËDECINE : LE TRAITEMENT DE L'ODÊSITÉ ; l'hypermétropie; les pansements dans LA CATARACTE. — ACADÉMIE DES SCIENCES : TUBERCULOSE. RUBIDIUM. — G05IR1DUTI0HS PHARMACEUTIQUES.
Le UMlleMBS de roMellé.
(Suite el fin.)
Cb n'est pas seulement en raison des déplàcemeats d'organes et de l'augmentation de poids déterminés par l'emmagasinement de la graisse que souffrent les obèses. Accumulé d'abord dans la couche sous-cutanée et sous les aponévroses, puis dans les interstices des muscles, dans le tissu sous-péritonéal et le mésentère, autour de l'estomac, des intestins, des reins, du cœur, etc., le tissu adipeux vient peu à peu prendre ta place des muscles et gêner dans leur fonctionnement les principaux viscères ; bientôt ceux-ci s'altèrent à leur tour. C'est ainsi que, pour ne parler que du cœur, dont
M. Germain Sée s'est plus particulièrement occupé dans sa dernière communication, la graisse, après avoir rempli les sillons de la paroi de cet organe, s'infîltre peu à peu dans le myocarde, dont elle dissocie d'abord et finit par atrophier les faisceaux musculaires; puis, celle surcharge graisseuse étant très prononcée, survient souvent une vraie stéatose, analogue à celle du foie. Dès lors, non seulement gênées dans leurs mouvements et plus ou moins atrophiées par la compression qu'exerce sur elles un tissu conjonctif infiltré de graisse, maïs de plus altérées dans leur structure intime, les fibrilles musculaires ont plus de peine encore à remplir leurs fonctions contractiles. Aussi le cœur esUil mou, flasque; sa coloration devient pâle (feuille morte, disent tes anatomo-pathologistes) ; l'organe se déforme, se dilate et l'asystolie la plus grave vient ajouter ses effets à ceux de l'impotence due à la polysarcie.
Il existe donc deux états morbides du cœur chez les obèses et U. Germain Sée les a dès l'abord nettement différenciés. Le premier provient d'une cause générale : l'adipose corporelle, c'est la surcharge graisseuse qui gène, mais n'abolit pas le fonctionnement du cœur. Le second qui succède i la surcharge graisseuse est caractérisé par ladégénérescence de la fibre musculaire elle-même, par la stéatose parenchymateuse vraie, qui s'observe non seulement chez les obèses, mais encore chez les atbéromateux, les alcooliques, les syphilitiques, les goutteux, etc.
FEUILLETON
I^ettvee Médlealee.
XJn voyage mèdloal de Tlrobow an Troade.
Vous connaissez certainement, cher confrère, les travaux d'analomie pathologique qui ont valu àVirchowunesi grande renommée. Vous savez aussi que, comme écrivain et comme chef de l'un des partis politiques de l'Atlemagiie, l'illustre professeur de Berlin a su se faire une place à part et éfonner par la multiplicité de ses travaux eenx qui suivent d'un peu prés le mouvement scientifique contemporain. Vousne saviez peut-être pas que Virchow avait été longtemps un médecin répandu et qu'il s'intéressait toujours à la pratique médicale. Un modeste travail écrit à propos d'un voyage qu'il a été appelé à faire en Troade le fait mieux connaître k ce point de vue, et c'est pourquoi je n'ai pas hésité à en reproduire
S* StUZ. T. XXIL
ici les principaux passages. Divers motifs m'ont décidé à vous donner toute de suite la primeur de ce récit. Le petit mémoire de Virchow va paraître comme appendice d'un livre dû au savant archéologue Schliemann (1), et la traduction de cet ouvrage, primitivement écrit en anglais, a été faite par M*"' E. Ëgger, veuve de l'éminent helléniste auquel la Gazette hebdomadaire et le Dictionnaire encyclopédique doivent plusieurs articles importants, en particulier les articles Encyclopédie et Ëtymologie. En appelant votre attention sur un travail dû à sa digne veuve, je voulais donc associer votre journal aux hommages rendus à la mémoire du vénéré savant, dont la vaste érudition savait éclaircir les problèmes les plus ardus de la linguistique, dont l'esnrit curieux et sagace s'intéressait aussi bien t mstoire de la médecine qu'a l'étude des langues anciennes.
(i) Henri Scbliemann. Iliot, viOe et pat» it$ Trouent. Ré^^Jttltn^fmliu^ l'emptaunuat de Troie et des exploraiùmt raif^iaia)f(dSfi.VSUiiftVM^U& par H>* E, Etger. Paris, Finnin Didot, I8S5. CT
6A2KtTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
9 OCTOBRB 1885
Si nous avons bien compris M. Sée, cette transformation graisseuse ou fibro-graissense du muscle cardiaque serait consécutive à la perte du fonctionnement musculaire ; elle serait due à une cause locale, la sclérose des artères coronaires, et, comme conséquence, leur rétrécissement. A son étude se rattacheraient donc celles de l'asthme, de l'angine de poitrine, etc.
Nous ne pouvons discuter ni même résumer ici ce qui a trait à l'ensemble de toutes ces lésions dégénératives du cœur. Ne voulant pas étendre outre mesure une question de clinique qu'il est bien difficile déjà de résoudre, en la limitant, nous rappellerons donc qu'il existe des sujets non obèses mais souffrant de ce qu'on appelle en pathologie un caur gras, et que, d'autre part, tons les obèses sont atteints, à un degré plus ou moins prononcé de cette lésion, qu'il importe dès lors, quand on entreprend leur traitement, de savoir reconnaître et surtout de ne pas aggraver par une médication intempestive.
Or les malades dont le cœur est gras, c'est-à-dire chez qui le muscle cœur a subi celte dégénérescence spéciale, si fréquente à la période ultime ou cachectique de l'obésité, ne présentent pas à l'auscultation les bruits de souffle qui trop souvent sont considérés par divers médecins comme devant être la caractéristique de ce qu'on est convenu d'appeler une maladie du cœur. Les valvules de ces cardiaques restent intactes pendant une grande partie de leur existence. G*est à peine si de temps à autre on entend un souffle systolique léger, un claquement diastolique plus éclatant que de raison, un dédoublement de l'un des bruits du cœur. De sourde râpeux ou prolongé, mats persistant, on n'en constate guère. Le médecin le plus attentif et le plus expérimenté ne note le plus souvent dans ses observations que l'obscurité des bruits normaux du cœur, qui deviennent de plus en plus sourds au fur et à mesure que la maladie se caractérise. A la percussion, s'il n'existe point d'artériosclérose concomitante avec dilatation de l'aorte, si la surcbai^e adipeuse du péricarde et de l'épicarde ne vient point obscurcir les résultats fournis par ce mode d'exploration, on pourra affirmer la dilatation et l'hypertrophie du ventricule gauche, puis, consécutivement à la dilatation des veines, l'hypertrophie du ventricule droit; enfin, comme symptômes plus tardifs, mais infiniment plus caractéristiques, on observera l'arythmie cardiaque, la faiblesse du pouls, qui devient petit, intermittent, irrégulier et, à la suite de ces lésions, la dyspnée surtout après les repas, les palpitations, les ver-
D'une bienveillance sans égale envers tous ceux qu'il croyait laborieux et honnêtes, M. Egger accueillait chez lui, quelle
Sue fût leur nationalité, les étrangers désireux de venir étuier, dans nos bibliothèques et nos archives, des documents inédits ou peu connus. Il aimait à leur montrer que les vrais savants sont toujours hospitaliers, et que l'amour de la patrie n'exclut ni la justice ni môme la générosité.
En vous parlant aujourd'hui d'un ouvrage qui nous montre Virchow sous un jour nouveau, je crois suivre cet exemple d'impartialité envers un homme qui, tout récemment encore, vient de flatter les passions antifrançaises de ses compatriotes, et, oubliant les enseignements de l'histoire, n'a pas craint de rechercher, par des excitations que l'on a coutume, en Allemagne, d'appeler patriotiques, une popularité éphémère. Virchow ne se souvient-il donc plus du rôle qu'ont joué pendant un si grand nombre d'années l'Université de Strasbourg et, en particulier, ses Facultés des sciences et de médecine? , Ne sait-il pas qu'elles s'efforçaient de faire pénétrer en
tiges, c'est-à-ilire un ensemble de symptômes qui permettent rationnellement de conclure à un trouble grave dans le fonctionnement du cœur, mais qui ne saurajeni autoriser, comme les signes fournis par une lésion valvulaire, un diagnostic toujours positif.
Le cœur gras, qu'il soit infiltré de graisse ou que sa film musculaire soit dégénérée, ne donne donc pas, aa point de vue stéthoscopique, de signes parfaitement caractéristiques de la lésion primitive ou secondaire dont il est atteint. On ne peut avoir, dit H. Germain Sée, que des indices rationnels de cette altération; l'auscultation ne dévoile la maladie qu'à une période avancée alors que le cœur est déjà très malade.
Est-ce à dire pour cela que le médecin ne puisse prévoir la maladie cardiaque et, par conséquent, s'efforcer d'en prévenir au moins l'aggravation ? Si, loin de se fier exclosivement aux phénomènes plessimétriques et stéthoscopiques, il tient compte de l'ensemblé des symptômes généraux, eo particulier de l'oppression survenant sous l'influence de l'eiercice le plus modéré et surtout après les repas, de la djqmée nocturne, des palpitations, des vertiges, de l'oedènie périmalléolaire, du développement de plus en plus prononcé des hémorrholdes et des varices ; s'il rapproche ces symptôme? fonctionnels des signes fournis par la percussion et l'auscultation, il arrivera aisément sinon à une certitude absolue, du moins à une présomption sérieuse et il sera autorisé à conseiller au m^ade une hygiène et un régime thérapeutique en rapport avec l'altération du cœur.
On comprend d'ailleurs combien il importe d'agir vite et de ne pas attendre pour intervenir que des lésions irrémédiables aient entravé à tout jamais le fonctionnement régulier du cflBur. Cest donc encore et toujours par une hygiène bien entendue et par un petit nombre de médicaments actifs qu'il conviendra de lutter, chez les obèses, pour entraver U surcharge graisseuse du cœur et arrêter, s'il est possible, le développement de la stéatose parenchymateuse. L'indication primorcÛale étant, comme le dit M. Germain Sée, desoutemr et de irelever l'énergie du muscle par le régime et de la contenir par le repos, point n'est besoin d'insister longuement pour démontrer combien sont condamnables les méthodes d'entraînement préconisées en Allemagne par Oertel ou certains autres médecins, dont la renommée extrsrmédicale est loin d'avoir été justifiée par leurs travaux. Ces exercices gymnastiques, absolument inefficaces tant qu'ils restent modérés, peuvent devenir excessivement dangereux lorsqu'ils sont violents. Conseiller les ascensions rapides, les manœuvres
France les idées et les doctrines de l'Allemagne, de servir de trait d'union entre la cUnique française et l'érudition germanique? A-t-il oublié la physionomie que présentaient les congrès des naturalistes et des médecins allemands, soit à Stuttgard, soit à Bonn, soit à Kiel, alors qu'on y acclamait les savants et les médecins strasbourgeois? Pourquoi donc aujourd'hui, et à Strasboui|: môme, prononcer encore des paroles qui ne peuvent que provoquer de regrettables représailles? Pour ma part^ j ai peine à le comprendre; mais je ne saurais entamer ici une polémique aussi irritante qu'inutile. Laissez-moi donc vous parler du voyage en Troade dn médecin Virchow, en vous demandant de rester impartial et courtois, même envers un ennemi de la France, assez injuste pour méconnaître les services qu'elle a su rendre à ta science et à l'humanité.
En i879, Schliemann avait invité Virchow à venir en Troade pour l'aider à ses fouilles, dont les résultats ont été si utiles. A peine arrivé à Iliom ou plulôt à "Missarlik, il
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de force à des malades dont la fibre musculaire a déjà subi un commencement d'altération, c'est les exposer à des ruptures Gbritlaires, à des lésions d'orifice qui viendront compliquer l'altération primitive. Dans les cas où le cœur n'est pas encore stéatosé, mais seulement surcha^é de dépôts graisseux, il faut se borner à traiter l'obéâité par le régime alimenLiire, les eaux pui^atives, les cholagt^nes, les frictions cutanées, l'hydrothérapie et lés massages, sur lesquels il ne nous semble pas que M. Germain Sée ait beaucoup insisté, enfin certains médicaments qui auront pour effet de stimuler rfictivitédelafibre musculaire sans en h&ter la dégénération. Nous croyons avoir reconnu que, à ce point de vue, tes préparations de strychnine associées â l'iodure de sodium pouvaient avoir de grands avantages. £Ues duus ont part; préférables aux médicaments dits cardiaques, qui, dans c^tte première période, ont pour inconvénient principal dé fatiguer l'estomac. 11. Germain Sée affirme que les boissons prises en quantité même exagérée sont plus utiles que nuisibles, c Elles seront surtout caféiques, ditiil,et remplaceront I«s alcools, ia bière et les eaux minérales; on peut prendre de l'eau, du Ihé et du café pour étancher la soif; il inutile et dangereux de rationner ces liquides. * Nous n'avons pas À répéter ici ce que nous avons déjà dit dans noire premier article au sujet des inconvénients que pourrait présenter, tout au moins chez des individus dont l'estomac est dilaté, le diaphragme souvent refoulé en haut, et par conséquent la respiration gênée, l'ingestion d*une trop grande quantité d'aliments liquides. Le thé et le café, en particulier, qui, ches les névropathes, sont si souvent nuisibles, ne peuvent-ils ajouter aux effets nocifs de la dilatation stomacale ceux qu'ils déterminent du côté du système nerveux? Nous nous conténtons de poser cette question, nous associant, d'ailleurs, à tout ce que dit M. Germain Sée au sujet des malades atteints dcsléalose cardiaque parencbymalcuse. Quand le muscle cardiaque est dégénéré en tissu fibro-graisseux, et, à plus forte raison, quand il l'est primitivement, ni le régime, ni les boissons, ni l'exercice n*ont plus de raison d'être. Il s'agit alors de cardiaques graves, à qui les eaux minérales, les bains chauds, l'hydrothérapie, les saignées, etc., ne feraient que du mal, et qui ne peuvent vivre sans trop souffrir que si l'on intervient à l'aide d'un traitement cardio-tonique, soit direct, soit indirect. Ces malades ne sauraient donc plus être assimilés à des obèses, et si la dégénérescence du cœur dont ils sont atteints se rapproche de celle qu'on observe i la période uJlinie de la polysarcie, les cauaes qui l'ont déterminée et
les conséquences qu'elle entraîne à sa suite exigent un traitement plutôt contraire que semblable à celui de l'obésité commençante.
Il n'était pas sans intérêt cependant de montrer, comme l'a fait M. Germain Sée, qoe des causes pathogéniques diverses peuvent aboutir, au point de vue de la lésion cardiaque, à des conséquences identiques. Commençant par l'obésité, c'est-à-dire par une dystrophîe qu'il est parfois assez facile d'entraver dès ses débuts, la surcharge adipeuse du cœur aboutit à la stéatose parenchymateuse, c'est-à-dire à r«néantissemenl de l'organe. Il importe donc de bien savoir, dès le début, comment il convient d'agir. A une période avancée d« l'obésité, leâ lésions sont irrémédiables, et par lïonséqnent le traitement inutile.
— Nous ne pouvons que signaler ici, en renvoyant pour de plus amples détails au BuUetin de VAeadémie de médecine, les communications spéciales de H. Giraud-Teulon, qui a fait connaître le résuUat de ses recherches personnelles au sujet de l'hyperraétropife, et de M: Galezowski, auquel un nouveau mode de pansement antiseptiqae des opérés de la cataracte a donné d'excellents résultats. Avant la lecture du savant travail de H. Giraud-Teulon, l'Académie avait entendu le récit d'une opération habilement faite par M. Terrillon sur un homme de irente-trois ans, auquel il avait enlevé avec succès un lipome du mésentère dont le poids atteignait 57 livres.
— On lira aussi au compte rendu de l'Académie des
sciences le résumé de deux travaux importants, l'un qui indique la marche des lésions consécutives à l'inoculation de la tuberculose de l'homme chez le lapin et le cobaye, et qui est dû à M. Arloing; l'autre, dans lequel M. Ch. Richet a étudié l'action physiologique des sels de rubidium.