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L. Lbrebodllet

SUR LA PnÉPARATION DU LAGTATK DE QUININE

Nous sommes revenu à plusieurs reprises sur la préférence qu'il fallait accorder au laclate de quinine sur le bromhydrate dans les solutions hj'poderrotques.

Nous avons montré qu'avec le lactate il était facile d'obte-* nir une solution au 5* neuttv et de bonne conservation,

recevait la visite de quelques malades, et bientôt se répandit dans toute la Troade du Nord le bruit que l'Effendi récemment arrivé était un célèbre médecin. La clientèle de Virchow fut donc rapidement très étendue. Il n'avait même aucun concurrent.

« Je ne saurais dire, écrit-il, s'il existe un seul médecin clans toute la Troade-, bien que j'aie voyagé à travers le pays, depuis l'Hellespont jusqu'au golfe d'Adram^ltium, je n'en ai pas rencontré un seul, pas même un empirique de profession. Les prêtres grecs pratiquent çà et là quelques opérations de petite chirurgie; ce sont surtout des phlébotomistes très dangereux. Le docteur Schliemann a signalé justement cet abus et cité l'exemple effrayant d'un prêtre qui avait saigné une jeune fille de aix-sept ans sept fois en un mois.

jt Une boutique d'apothicaire est aussi rare en Troadequ'un médecin. Pour renouveler notre provision de médicaments, il fallait aller aux Dardanelles, à six ou huit heures de distance... Chose singulière, ces gens ne connaissaient même

pas les remèdes usuels; la camomille pousse en tant d'en-> droits et en si grande abondance que 1 air en est imprégné comme pourrait l'être l'officine d'un hôpital d'Occident; néanmoins j'eus quelque peine â faire connaître la plante et à en introouire 1 usage; te genévrier pousse sur toutes les pentes de montagnes, et personne ne fait usage de ses baies. > Heureusement Virchow avait emporté une pharmacie de voyage assez complète, riche surtout en vaseline, qui lui rendit de signalés services contre les brûlures et les érytnèmes solaires.

Le récit pittoresque de ses consultations publiques mérite d'être reproduit :

« Ma pratique médicale, dit Virchow, se borna d'abord à recevoir les malades en consultation. Outre les ouvriers et les gens attachés aux fouilles, les habitants des environs, ceux mêmes ^ui demeuraient à deux ou trd^s^ieutes^dd marche, venaient chercher assistance. Quëïqne^n^-arNJ^ vaient à pied, d'autres à cheval, d'autres sur des âoÊL

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c'est-à-dire parfaite ponr les injections sous-cutanées; chose impossible avec le bromhydrate, dont la solubilité est bien inférieure.

D*où Tient donc qu'en France et à l'étranger les praticiens se montrent si réfractaires à cette substitution? Je crois en avoir trouvé la raison dans l'insolubilité de la plupart des lactates de quinine du commerce, bien que les fabricants de produits chimiques nous fassent payer le lactate de quinine trois fois plus dier que le sulfate; or le lactate, s'il n'est soluble, n'a aucun intérêt.

Pourtant, si l'on voulait seulement suivre le Codex, on obtiendrait un produit convenable. Le résultat est presque aussi bon quand on opère par double décomposition, c'est-^-dire en mélangeant une solution de sulfate acide de quinine avec une autre de lactate de baryte, et saturant l'excès d'acide par de la quinine hydratée. Le malentendu doit provenir de ce que les fabricants préparent aussi du lactate basique de quinine au moyen du sulfate basique de quinine et du lactate de baryte. Ce sel n'est pas si soinble qu'on le croit généralement. J'ai trouvé qu'il fallait environ 30 grammes d'eau distillée pour en dissoudre 1 gramme. Vous voyez que nous sommes loin de compte. Et chaque jour les droguistes délivrent indifféremment ce sel pour l'autre. C'est an pharmaden à bien souligner dans sa demande les mots neutre et solubleel à exiger le produit inscrit au Codex.

Sans doute, il ferait bien mieux de le préparer lui-même. Rien n'est plus facile ni plus avantageux. En opérant avec soin, on obtient rapidenjent une solution officinale titrée au 5*, sans avoir besoin de faire cristalliser le sel, ce qui demande toujours un certain temps.

Pierre Vigieh.

TRAVAUX ORIGINAUX

Précautions x prendre contre la contagion des accidents PUERPÉRAUX, par M. le docteur Dlachez, médecin des hôpitaux.

Il serait certainement oiseux aujourd'hui de démontrer la contagion des accidents puerpéraux. Les précautions prises par les médfcins accoucheurs ont diminué dans une telle pr<^rtion la mortalité, qu'il semble permis d'espérer qu'on arrivera à se mettre définitivement à Pabri de ees effrayantes ;

A l'exception de petites charrettes montées sur des roues pleines, véritables disques de bois, il n'y a pas de véhicules en Troade; d'ailleurs les routes praticables manquent également; les femmes elles-mêmes montent à cheval quand elles ont à parcourir une distance un peu longue. Une fols seulement je vis arriver une malade, pauvre fille phthisique au dernier degré, dans un grand panier attaché au fianc d'un cheval et tenu en équilibre par un second panier suspendu de l'autre côté.

» De bon matin, toute une troupe de malades, hommes, femmes, enfants, se rassemblaient devant nos baraques de bois ; ils s'accroupissaient en ligne à l'ombre de notre cuisine, en face des baraques que nous habitions, et attendaient patiemment leur tour. Vers la fin de mon séjour, i^uand ma réputation se fut étendue, une seconde troupe arnvait dans l'après-midi, venant de localités plus éloignées.

> Mais, petit à petit, les visites à domicile s'ajoutèrent aux consultations, particulièrement dans le village grec de Kali-

épidémies qui ravageaient encore, il y a à peine vingt uu, nos grandes maternités. Les moyens prophylactiques adoptés sous l'influence des théories zymotiques n'ont trout' nulle part un triomphe plus complet. Mais si ces précautioii sont obligatoires et imposées à tous dans nos maternités, il est loin d'en être ainsi dans la pratique. On assiste encore à des désastres dus à l'ignorance des personnes assistaatts, à une certaine mollesse dans la surveillance de raecoucheut, à l'intervention de certaines causes d'infection qui passai inconnues. Des accidents graves surviennent ; on ne s'en aplique pas l'origine; on est porté à diminuer l'influence île; antiseptiques employés , jusqu'à ce que tout s'explique pu une circonstance fortuite et qu'une enquête plus sévère urait dû révéler.

Deux faits que j'ai eu récemment l'occasion d'obserw sont bien propres à justifier ces réflexions.

Il s'agissait, dans le premier, d'une primipare donllV couchement s'était fait dans les meilleures conditions. L« injections antiseptiques avaient été pratiquées avec eiatHtude sous la direction d'une jeune s^e'îemmt iildligento et dévouée. Après deux jours d'an exceUenl «til raccouchée est prise tout à coup d'un malaÏM m frisson intense, prolongé, sidération profonde desfonntt suppression des lochies. Quelques heures après, uae douleur modérée se développe dans une des fosses iliaques. Li figure s'altère, les yeux se cernent, quelques vonilsseniel< bilieux se déclarent et ta mort arrive en trois jours. Le drlire s'était manifesté vingt-quatre heures après le début d» accidents et la malade était tombée dans un état demi-comateux dont elle n'était pas sortie. Le sulfate de quinine à haute dose, les injections phéniquées fortes, les tonique; sous toutes les formes n'avaient pas procuré la moindn amélioration. Aucun -cas d'infection n'avait été signalé dais le voisinage.

Toutes les conjectures étaient épuisées quand on apprit de la jeune sage-femme qu'elle avait assisté, quelques jouis auparavant, une femme qui avait succombe k une mélriie puerpérale. Inconsciente de sa responsabilité, elle déplorait devant le médecin deux accidents qui pouvaient lui pt^er préjudice au début de sa carrière. L accoucheur lui fit alors quelques questions et apprit que cette jeune sage-femme, quand elle était appelée auprès d'une accouchée, révélait » qu'elle appelait son costume de travail, qu'elle consentit pendant tout le temps que ses soins étaient jugés néces saires. Ce vêtement n'avait jamais été purifié, quelques lo' tiens partielles étaient pratinuées pour enlever les taches dont n était quelquefois souillé. Il nous parut plus que probable que cette jeune praticienne avait mconsciemineQt eie l'agent de la transmission, et on n'eut pas de peine à la convaincre de la légitimité du soupçon qui pesait sur elle

fatli que nous traversions pour la plupart de nos excursins, surtout pour aller aux tombes héroïques de la cèle occiflei>' taie. A notre retour, si tardif qu'il ml, les gens nousitlefidaîent dehors et nous forçaient d'entrer ches eux. f

Assisté de son ami Schliemann, qui lui servait d'intt^ prête, Virchow se rendait donc au domicile des plus maladei, et examinait tes autres sur la place du marche. Ses cliea» étaient Grecs pour la plupart; mais il venait aussi des Turcs, des gipsies nomades ou sédentaires, des Bulgares, des A^m^ niens et des Persans. On comprend les difficultés de 1 exercice de ta médecine {lans de pareilles conditions. Il ralwi plusieurs interprètes, encore ceux-ci ne comprenaient i>i pas toujours ce qu'il convenait de dire, et ne trouvaient-w pas aisément le mot propre. Virchow fait remarauer, » effet, qu'il n'existe pas dans le patoja^rec moderne de teni>,| signifiant diarrA^, eU'on compreMdèfHrflïl!^' - . 3. de périphrases ou d^^iftimique pou? SbUg koMBiel «»

9 Octobre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

à obtenir la promesse qu'elle ferait à l'avenir laver sa robe de travail, et la dësinrecter complètement quand elle aurait assisté une femme malade.

L'autre fait est encore plu^i net. Il s^agissait d'une femme à sa quatrième grossesse. Celle-ci était gémellaire. Oti avait appelé une habile sage-femme qui se trouvait au même moment auprès d'une femme atteinte d'accidents puerpéraux. Elle dut faire une version pour extraire le second enfant qui se présentait par le tronc. L'opération fut adroitement pratiquée. Les deux enfants étaient et sont encore vivants. Des lotions légèrement alcoolisées furent prescrites. Les accidents se manifestèrent le soir du deuxième jour : ' frisson prolongé, douleur peu vive mais étendue dans le ventre qui se lullonne progressivement et devient énorme. Vomissements. Température, 39*,8. Mort à la fin du cinquième jour.

Nous apprîmes que l'accouchée auprès de laquelle se trouvait la sage-femme avait succombé. Le mode d'infection ne nous udssaît plus de doutes.

Ces faits ne sont pas rares dans la pratique civile et nous sommes persuadé que ce mode de contagion est beaucoup plus fréquent qu'on ne le croit généralement. Nous ne donnons donc pas ces observations comme des faits curieux, mais bien comme des renseignements dont on doit tenir grand compte et qui commandent selon nous des mesures de prophylaxie aussi sévères que possible.

Le danger ne vient pas généralement des médecins, très renseignés sur les suites tennbles que peut avoir une négligence dans des circonstances analogues.

Nous souhaitons que la prudence des sa^s-femmes.soit également hors de cause ; mais le danger vienl surtout des

f;ardes que l'on place auprès des accouchées. Religieuses ou aïques, ces gardes doivent être l'objet d'une étroite surveillance de la part des personnes de l'art qui ont assisté l'accouchée. On doit exiger d'elles qu'elles ne négligent aucun des moyens prophylactiques généralement adoptés : lotions^ injections, etc., et qu'elles ne se relâchent à aucun moment, dans les huit premiers jours, des précautions qui leur sont recommandées.

' Il est en outre nécessaire d'obtenir d'elles qu'elles ne se présentent jamais pour soigner une accouchée avec des vêtements qui n'auraient pas été absolument épurés. Lorsqu'elles ' quittent une accouchée malade, elles ne doivent, sous aucun prétexte, en assister une autre avant d'avoir complètement I changé de vêtements et s'être soumises elles-mêmes à des

lotions désinfectantes.

* Nous connaissons des familles dans lesquelles on a l'bv bitude d'oflrir un vêtement absolument neuf à toute pert sonne appelée à soigner une accouchée.

Ces prescripUons devraient être absolument ii^iposées dans

' fonctionnement des entrailles, si sor.vQnt compromis en r Troade, des renseignements précis.

Virchow rend hommage à la br'iie constitution des hommes E et surtout des femmes de la l'roade, qui supportaient sans ( trop de sou0rance un c-^rême de quarante jours, durant lequel on ne consoro':,iait ni viande, ni œufs, ni poisson, r rien, en un mot, n ^i fût d'origine animale, c Telle est, dit à i ce sujet rautp,\ir, l'influence des prêtres; et cependant, 1 ajoute-tpil, 'as ne sont pas supérieurs aux autres habitants, t ui par lour éducation, nipar leur situation sociale-, ainsi, par » exPHipIe, l'un d'eux tenait une auberge bien achalandée, et I le dimanche on le voyait assis au milieu de son comptoir et i fumant son narguilen. »

r Au carême et à l'adynamie qu'il provoque s'ajoute, chez ; les habitants de la Troade, une seconde influence funeste, «elle de la malaria. La plaine de Troie est notoirement fîér vreuse et personne ne peut s'en étonner. De grands maré- : «âges s'éleiidcn^ d9 tous cAtés ; plusieurs rivières et ruisseaux

les maisons religieuses ou autres où l'on a l'habitude de venir chercher les ^arde-malades pour les accouchées. Une garde n'en devrait jamais sortir sans être revêtue de vêtements sévèrement désinfectés. Il suffirait le plus souvent de signaler les accidents auxquels pourraient donner lieu des contraventions k ces règlements pour obtenir des supérieures ou directrices une surveillance dont elles comprendraient l'ulililé. Quant aux gardes absolument libres, c'est aux familles à exiger toutes les précautions nécessaires. Renseignées par le médecin ou par la sage-femme sur les dangers que courent leurs malades, elles veilleront à ce que les lorions préservatrices soient régulièrement faites, à ce que des personnes ayant assisté des femmes malades ne puissent approcher les accouchées avant d'avoir pris toutes les précautions indiquées : bains, changement d'haoit. Ces instructions se vulgariseront peu à peu, si elles sont souvent données dans les familles et imposées à toutes les

Sersonnes qui ont mission de soigner les malades et surtout 'assister les accouchées.

Etudes comparatives svtl les revaccinations pratiquées ek janvier et février 1883 au moyen de vaccin animal, obtenu par la culture du horse-pox spontané sur une gënisse, au moyen de vaccin de revaccinés et de virus vaccinal recueilli sur une génisse inoculée avec du

VACCIN DE REVACCINÉS OU DE RÉTRO-VACCIN, par H. le

docteur Ë. Lohget, médecin-major de première classe, au 32" régiment d'artillerie.

I. — Revaceinations de jeunes soldats au moyen de vaccin animal obtenu par la culture du horse-pox spontané sur la génisse.

Ayant observé en février deux cas de horse-pox chez deux jeunes chevaux venant du dépôt de remonte ne Montrouge, je me suis trouvé cMie année dans des conditions favorables

Eour étudier l'^iction du vaccin obtenu par la culture du one-pox Sûr la génisse, en vue de créer une source vaccinale sort et active pour les revaceinations dans l'armée.

Le^ nombreux succès obtenus par l'emploi de la lymphe T?;ccinale provenant de l'inoculation du horse-pox à la génisse m'ont montré tout le parti que l'on peut retirer de ce vaccin animal lors de l'arrivée des clasiies, pour revacciner rapidement et avec sécurité les jeunes soldats.

Si, avec Jenner et les premiers médecins vaccinateurs, on admet que le eowpox a pour origine le transport sur le pis

viennent s'y perdre et imprègnent le sous-sol de leurs eaux, c Peu de temps avant mon arrivée, dit Virchow, le Scamandre avait débordé et inondé la plaine. Dans la première semaine d'avril, tout le pays à l'ouest était encore couvert de boue et de vase ; les routes éUient inondées et des flaques d'eau s'étendaient çà et là. Ensuite commença l'évaporation, et, le soir, des exhalaisons méphitiques couvrirent la plaine sous forme de brouillard blanc. Les divers bras du Kaiifatli Asmak, d'eau courante qu'ils étaient, se changèrent en une suite d'étangs et de cuvettes d'eau stagnante. Bref, aucune des conditions qui engendrent la fièvre ne faisait défaut, car de plus la température atmosphérique montait rapidement, ^t il n'était pas rare que nous eussions à l'ombre 20 degrés, 22 degrés et même davantage.

Aussi la fièvre intermittente, surtout la fièvre tierce, est-elle assez fréquente en Troade. Virchow n'en a pas été atteint, bien qu'il sortit souvent après le coucher du soleil. Il attrUDue cette immunité à l'administration préventive du

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des vaches de la maladie de la peau des jambes du eheval, désignée aBciennement sous le nom de grease et de sore heels ulcère des talons, puis sous celui de horse-pox, par M. Bouley, qui eii démontra Texistence en tant qa*affectioD générale vaccinogène susceptible de localisations diverses sur les narines, la mucjueuse des lèvres et du palais, la vulve, les bourses, la partie inférieure des jambes, etc., l'inoculation du horse-pox spontané à la génisse ne peut que donner naissance à un vaccin doué d'une réelle énergie et comparable au cowpox originel. C'est ce qui a du reste été dé* montré par les travaux de M. Bouley, les expériences de H. Chauveau et de la commission lyonnaise et les nombreux écrits sur ce sujet. La culture du horse-pox spontané sur la génisse nous parait constituer un procédé avantageux pour obtenir une source de vaccin sûr et actif, pouvant être utilisé jiour les vaccinations ou les revacci nations on masse, demandant, r^mme en temps d'épidémie, à être menée rapidement.

Le horse-pox spontané étant une affection obsérvée dans l'armée assez communément parmi les jeunes chevaux, il serait souvent possible aux médecins militaires de recourir à ce vaccin originel pour l'inoculation de génisses, en vue de s'assurer d'une lymphe vaccinale abondante et essentiellement active. J'ai regretté, pour étudier la valeur comparative du vaccin animal dérivé dn horse-pox spontané, de n'avoir eu surtout k ma disposition que les jeunes soldats revaccinés déjà sans succès peu après leur arrivée au corps, soit avec du vaccin d'enfant, soit avec du vaccin de revaccinés. Je n'ai pu par suite établir mes comparaisons sur l'emploi de ce vaccin dans les revaccinations, en me plaçant exactement dans tes mêmes conditions que pour les autres vaccins, mais les heureux résultats qu'il m'a donnés, même ainsi employés, ne m'ont que mieux montré le parti que l'on peut en retirer pour \es revaccinalions.

Inoculation d'une géniiâf avec le horse-pox. — Ayant été averti que deux jeunes cher^ux du dépôt de remonte de Montrouge étaient arrivés au régÛTient porteurs de pustules de horse-pox, je profitai aussitôt de ù^t^e occasion pour inoculer une génisse d'environ trois mois. .^^ 9 février 1885, à trois heures de l'après-midi, aidé par M. ,Scharem berger, vétérinaire en deuxième au 32» régiment ^crliilerie, en

au moyen de l'aiguille cannelée de Depaul et dix-sept rayures avec une forte lancette à vaccin, en me servant de virus recueilli sur deux chevaux atteints de horse-pox spontané et reconnus parfaitement sains.

Le virus de ces deux chevaux fut inoculé sur deux régions distinctes. Il ny eut que le horse-pox de l'un des chevaux,

Agé de six ans, qui donna des résultats. Le virus fnt reeufill sur des pustules coniques ayant une apparence perlée, déf loppées sur la muqueuse des lèvres supérieure et inrérieurr ainsi que sur un bouton siégeant vers la portion supérieurde la narine droite. Ce bouton était recouvert sur toute largeur d'une croûte, qui donna issue, lorsqu'elle eut ét' soulevée, à une grande quantité de lymphe vinilente. Bein coup des pustules existant sur les lèvres étaient plus v. moins excoriées, quelques-unes n'avaient pas encore atieiiii tout leur développement. Le virus puisé au sein de ces du. nières pustules, el inoculé à la génisse, ne provoqua le déis loppement d'aucun bouton de vaccine. La lymphe recueillie sur le bouton occupant la narine droite donna lieu i l'énlitîon de pustules vaccinales, qui ne commencèrent ft se dmetrer avec un caractère réellement typique qu'au bout it quatre-vingt-sept heures (un peu plus de trois foisetdemif vingt-quatre heures). Toutefois, dans la journée dulSfémer. les pustules n'étaient pas encore sufTisamment développa pour pouvoir être utilisées. Il ne se produisît pas d'étal Ifbrile prononcé ; l'inoculation du horse-pox ne fut pas accosipagnée de phénomènes réactionnels plus accusés iiu'awlf vaccin animal ou le vaccin humain inoculé àlagénisit.

Le 14 février au matin, les pustules étaient déjà bienbrmées et présentaient un aspect typique. En vue de m suent que d'an vaccin jeune et actif, bien que les boutons n'eussent pas atteint encore tout leur développement, des cinations furent pratiquées dans l'après-midi au bout decini| fois vingt-quatre heures, sur trois hommes nonvelleinerii arrivés au 32« régiment d'artillerie et sur cent quarante-twis soldats du 7ti- régiment d'infanterie, déjà revaccinés i leur arrivée au corps, mais sans succès, soit avec du vaccin de»fants, soit avec du vaccin d'adultes revaccinés. Je ^ure liins une planche en couleur jointe à ce travail quelques-unes des pustules vaccinales issues du horse-pox cultivé sur la génisse au bout de cinq fois vingt-quatre heures.

Les pustules situées sur la région mammaire de l'aniini! étaient au nombre de quarante-sept et étaient parfaileraeal ombiliquées et soulevées par la lymphe vaccinale ; elles offraient en un mot une apparence u-aochement typiijue. Le liquide contenu à leur intérieur était limpide, mais eneorr peu abondant. Le nombre des rayures longues environ 1 centimètre étaient au nombre de sept ; il existait à leur surface une dépression longitudinale suivant le sens de Ii rayure.

Inoculation du vaccin animal issu du horse-pox à '-unes soldats. — Les pustules furent serréf^ à leurbaH par J®* pinces en bois semblables à celles qui servent à fiwr sur ries linge qui vient d'être blanchi, et qui s*

Ironvenl pa."^**"*' ^P*"^^ leur avoir fait subir une modificatiou légère pour'leu'"" pfi''™c'tre s'appliquer à la base dii bon-

. « hvnïï"'"K-^-^'/°'.*=' •ï"*'''ï"«« autres observations : ^.»nl Ifî '■^'^ communes chez le

peuple, et le mot airU^ est généralement employé pourdé-

Xrenc fsn'îrir- ^«"""P,*'« maladies ^serïbffis en txïmZ jy ^^méea par le même mot ; ainsi, par exemple, on m amena un petit garçon qui avait une éclii- ÏSnL*'^^ l^^^'oiîP^^ I*ou eut Vine à croire q«' I sa fenl? r'"^f ^" homme à oui j'assurai que

dans Zl„".r'* '^^^'^ n^'elle accoucheïait

étaient m«fe.!i ' '"""ï^ *»^«"^'»"P P^'^^ q^'i»^

eu ri'înfaî^ ^T'^ ''P' s "'avaient pas encore

friarch/ Ah ^n luî citant l'exemple du pa-

d. I indmâ», qui croyait aussi être

rnSLlV^^w» ^^^^ P"'P"^« ""^ développé (morbus XiWr/n. 3 ^>^'''.'i**'>- J« promptement en lui

î^uJisB^tï^L^^''l^'^ «méde. «ans d'autres cas il agissait dli^ertpophies de la rate très considérables, et ce

qui m'étonnaîtle plus, ^^tait de les trouver chez de jeunes enfants. A Kalifatli, qui de '«a localités de la Troid*

est la plus mal située étant au .™il>e« des marais, je vis as enfant de deux ans et un autre o.." ^ix mois qui avaient des tumeurs spléniques dures et très dévj''»PP*es ; dans le dernier cas, la rate remplissait presque toJ*^ *a partie antérieure lie l'abdomen. Ce fait était d'autant p.V'S remarjiuable que, chez les adultes, les grandes tumeurs spléa.'.^"" rares et que, dans les cas légers et d'origine réctil'*^' étaient généralement à peine perceptibles. »

La cachexie palustre est rare. Virchow n'a jamais obstt^^ l'hépatite ou l'anasarque comme complication de la (léTre. La vie au grand air des habitants de la Troade et leur activité les préservent d'autres accidents. Par contre les affections des voies pulmonaires sont très fréquentes et les pueamonies souvent graves. ^

c Je n'ai pas rencontré, dit Virchow, — et rtal^œ»'" qwa' — d'exanthèmes ai;<ju5s, à moins queo"""*"^

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ton. Ces pinces soot suffîsammeni puissantes pour étreindre avec force la pustule et faciliter ainsi la sortie du Tirus vaccinal.

Les boutons ne furent point épuisés et ne servirent ^u'à vacciner un peu plus de quatre hommes. Il ne fut fait à chaoue homme que trois piqûres sur le bras gauche avec l'ai- I^lie de Depaul. Cent quarante-trois hommes du 76* régiment d'infanterie et trois du 33* régiment d'artillerie furent revaccinés stcc ce virus vaccinal. Sur ce nombre de cent quarante-six, il y a eu cinquante-deux succès certains et uinze succès incertains. Il convient, pour se rendre compte e la valeur des résultats, de diviser ces cent quarante-six revaccinatîons en quatre catégories différentes. Une première catégorie renferme des jeunes soldats nouvellement arrivés au corps et n'ayant pas encore été revaccinés au régiment. Elle comprend 7 hommes (4 du 76* d'infanterie, 3 du 33' régiment d'artillerie). Le nombre des succès a été de 4 sur 7. — Une deuxième catégorie est formée de 59 Jeunes soldats du 76* régiment d'infanterie revaccinés primitivement sans succès avec du vaccin d'enfant. La proportion pour l'ensemble des renccinations &ites au 76* régiment d infanterie arec du vaccin d'enfant ayant été de 42,85 pour 100, en revaccinant le groupe des 59 jeunes soldats avec le vaccin animal provenant de la culture du horse-pox sur la génisse, le nombre des succès a été de 15, celui des succès incertains de 4, et la moyenne des succès ainsi obtenus est de 25,42 pour 100. — Une troisième catégorie comprend les 78 jeunes soldats revaccinés avec succès en arrivant au corps avec du vaccin d'adultes. La proportion pour l'ensemble des revaccinaiions faites au 76* régiment d'infanterie avec du vaccin d'adultes revaccinés ayant été de 12,70 pour 100, en revaccinant le groupe des 78 jeunes soldats avec du vaccin de génisse issu du horse-pox, te nombre des succès à une première vérification faite au septième jour a été de 33, celui des succès incertains de 11, soit une moyenne de 42,30 pour 100. Hais une deuxième et troisième vérification ajant eu lieu quelques jours après, les succès incertains auraient dû être classés parmi les succès certains. L'évolution vacciuale succédant à l'inoculation du vaccin animal, suit, en effet, parfois une maKhe assez lente, et des pustules qui, au septième jour, n'étaient pas complètement développées, peuvent n'acquérir qu'aux neuvième, dixième et onzième jours leurs caractères typiques. Aussi nous paraltrait-il nécessaire, pour la constatation des résultats des revaccinations pratiquées avec du vaccin de génisse, de procéder à des vérifications nouvelles des résultats peu de jours après la première, avant d'arrêter les mentions portées sur les livrets et sur le registre de vaccination. — Une quatrième catégorie comprend 2 hommes du 76* régiment d'infanterie revaccinés sans succès à leur régiment, d'abord avec da vaccin d'adultes

revaccinés, puis avec du vaccin d'enfant. Le résultat de la revaccination de ces deux jeunes soldats pratiquée avec du vaccin de génisse provenant de la culture du horse-pox sur cet animal a été sans succès.

D'après l'examen de ces diverses catégories, ce sont les hommes déjà revaccinés sans succès à leur arrivée au corps avec du vaccin de revaccinés, qui fournissent à la deuxième revaccination avec du vaccin animal provenant de la culture du horse-pox sur la génisse la moyenne la plus élevée de succès, les revaccinations antérieures faites au moment de l'arrivée des jeunes soldats au 76* de ligne ayant donné un moindre nombre de succès. Les jeunes soldats, revaccinés sans succès avec du vaccin d'enfants en arrivant au 76* régiment d'infanterie, donnent, en revanche, par leur revaccination au moyen du vaccin animal issu du horse-pox, une moyenne moins élevée de succès, les re vaccinations antérieures, faites avec le vaccin d'enfants, à leur arrivée au corps, ayant fourni un nombre plus élevé de succès. Les sept jeunes soldats n'ayant pas encore été revaccinés ont donné le nombre de succès le plus élevé ^ mais il est di^cile d'établir une moyenne sur un aussi petit nombre.

La comparaison de ces moyennes montre encore la valeur relative de ces divers vacèins et la supériorité du vaccin animal.

Evolution -vaccinale consécutive à Vinoculation du vaccin animal issu du horse-pox. — Le vaccin recueilli sur la génisse inoculée avec le horse-pox a donné lieu, chez la plupart des jeunes soldats revaccinés avec succès au moyen de ce virus, à une évolution active et régulière. Les phénomènes locaux et généraux ne m'ont pas paru différer sensiblement de ceux qui se produisent i la suite de l'inoculation du vaccin animal.

Au bout de trois fois vingt-quatre heures, on sentait sous le doigt, au niveau des piqûres, une l^ère induration ; il n'existait qu'un peu de rougeur et un relief à peine sensible.

Le quatrième jour (quatre fois vingt^uatre heures) tes boulons de vaccin faisaient une saillie de la grosseur d'un fort grain de millet ; chex plusieurs hommes, ils se dessinaient déjà avec une forme aplatie, légèrement déprimée au centre. Chez l'un des hommes, l'aiguille, en traversant horizontale^ ment les couches superficielles de l'épiderme, avait déterminé une double piqûre, qui donna naissance à deux pustules juxtaposées par l'un des points de leur circonférence.

Le cinquième jour, les pustules étaient devenues plus volumineuses, elles se présentaient avec une forme plus accusée.

Le sixième jour, elles avaient encore augmenté de vointne et étaient nettement ombiliquées.

Au septième jour (sept fois vingt-quatre heures), les pustules vaccinales se présenlaienl avec un aspect typique; elles

parmi elles les érysipèles. Je n'ai vu ni petite vérole, ni fièvre scarlatine, ni rougeole. Il se peut que la rareté des relations avec les étrangers contribue à prévenir ces contagions. Cependant il est étonnant que cette immunité existe dans un pays faisant partie d'un continent. »

Les autres maladies contagieuses ainsi aue les maladies chirurgicales et celles des yeux et des oreilles ont été relativement rares.

Mais un cas particulièrement intéressant fut celui d'un petit garçon affecté de géophagie. c C'était un enfant de sept ans, à la figure grosse et bouffie. L'abdomen était assez proéminent oien que je n'y sentisse aucune tumeur, et la muqueuse de la bouche était entièrement décolorée. Dans les vaisseaux du cou on entendait un murmure anémique très prononcé. Bien que, fils du berger qui m'apportait chaque matin d'excellent lait de brebis fV«lchement tiré, il fût à même de jouir de cette douceur, l'enfant avait préféré c depuis qa'il marchait > manger de la terre, et de la terre

ordinaire, c'est-à-dire l'argile calcaire dont est fait le sol du

Pâturage. Autrefois, me dirent ses parents, il avait toute apparence de la santé, maintenant il est petit et faible pour son âge ; ils m'assurèrent avoir tout essayé pour lui faire passer ce goût dépravé. Je ne sais si la poudre de fer que je lui donnai réussit à le guérir. > Après tout, dit en terminant Virchovr, je n'eus pas à me

f>laindre des résultats de ma campagne médicale. Les maades étaient obéissants et, même lorsque je contrariais leurs habitudes, ils cédaient. SchUemann m'écrit d'ilium à sa manière enthousiaste (10 mai) : c Tous vos malades de Kalifatli sont parfaitement guéris; ils vous bénissent et s'écrient :

$ Tpfiic xaxa Smv ci); cOxtnfwrvo.

En même temps, il me raconte l'histoire suivante qui caractérise bien l'Orient et son aptitude à <^>Hfs^^f^* Pour étudier au point de vue géologique le^Mle^fl^nlne

m — N* 41 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 9 Octodiie 4885

s'étaient élargies et atteignaient 7 millimètres environ de diamètre. Chez quelques nommes, le travail vaccinal paraissait moins avancé, et les pustules avaient subi un développement moins rapide.

Au huitième jour, les pustules s'étaient légèrement élarjtîes, elles apparaissaient avec plus d'éclat. Les boutons retardataires étaient plus gros.

Au neuvième jour, ces caractères étaient encore plus sensibles, les pustules faisaient une sorte de relief au-dessus de la peau, dont elles se détachaient par les bords à angles pres(^ue droits; elles étaient aplaties et offraient une dé-

Eression centrale bien accusée ; leur coloration était d'un lanc mat; sous un certain jour, elles avaient des reflets comme nacrés, parfois même un peu bleuâtres, elles étaient entourées d'une aréole d'un rouge plus on moins vif.

An dixième jour, les pustules avaient encore augmenté de, volume : elles étaient comme distendues par un Hquide abondant; elles acquéraient, chez quelques jeunes soldats revaccinés, jusqu'à 8 millimètres de diamètre. Le cercle aréolaire, d'un rouge vif, s'était encore élargi.

Au onzième jour et au douzième, la coloration des jpustules était d'un blanc moins pur. Elle commençait, vers ta fm du douzième jour, à se teinter légèrement en jaune, et l'ombilic prenait un aspect brunâtre puis foncé. L'aréole, bien dessinée, était plus large et venait se fondre avec la coloration des parties circonvoisines, qui étaient plus ou moins turoé- . fiées et engorgées.

Il ne s'est produit, au moment de la période de suppuration, ofiez la plupart de ces jeunes soldats, qu'un peu de malaise, rarement accompagné d'un état fébrile. Quetçiuesuns des boutons présentaient une inflammation assez vive et assez étendue à leur pourtour, qui était légèrement tumélié el offrait un aspect presque érvsipélateux, en même temps qu'il se produisait un léger état d'engorgement des ganglions lymphatiques voisins.

Vers le treizième ou le quatorzième jour, les pustules prenaient une coloration brunâtre, surtout vers leur portion centrale ; les croûtes s'organisaient et gagnaient en consistance. Au pourtour, en dessous des croûtes, il existait cependant encore une certaine quantité de lymphe liquide.

Au quinzième ou au seizième jour, les croûtes étaient devenues épaisses, d'un bran noirâtre. Elles adhéraient fortement aux parties sous-jacentes. EHes tombèrent généralement du vingt-quatrième au vingt-sixième jour, en laissant, au moment de ta chute, une cicatrice rougeâtre, déprimée, gaufrée, et comme traversée par des rayons. Les croûtes, chez quelques hommes, se sont détachées plus tèt, par suite des frottements exercés sur les bras par les vêtements lors des exercices. Chez d'autres, elles ont persisté beaucoup plus

longtemps; c'est ainsi que chez l'un d'eux la croûte ne s'est même détachée que le trente el unième jour.

L'inoculation du vaccin animal provenant de génisses inoculées avec du horse-pox parait donner lieu à une évolution plus active et plus prolongée qu'avec le vaccin recueilli, même dans de bonnes conditions, sur de jeunes enfants. Le vaccin animal issu du horse-pox mérite d être employé pour les vaccinations et les revaccinations dans l'armée en raison de ses propriétés virulentes énergiques, de sa sécurité, dr son emploi, et de la grande quantité de vaccin que peuvent fournir les pustules vaccinales de la génisse.

{A SHtWV.)

CORRESPONDANCE

TraltoaMBt des MesMires p»r Mltm «e vev^ver.

A H. LG DOCTEUR PAUL RICLUS, HEICBRB DV CO>nt DE HfiDACriOK DE LA < GAZETTE HEBDOMADAIRE >.

Très honoré confrère.

Le mémoire sur le traitement des blessures par balle* it revolver^ que vous avez inséré dans le n* 37 de la Gasetu hebdomadaire, m'a d'autant plus intéressé, qn'éclaîré par tes faits qui s'étaient offerts à mon observation, je penchais de plus en plus vers la conclusion thérapeutique que vous conseillez. Comme vous, lorsque la plaie est simple à un seul orifice, sans lésion de nerf ou de vaisseau, je sois arrivé à l'abstention de toute exploration et ie laisse le projectile en pleine chair. Je n'y suis pas arrivé d emblée, je 1 avoue. Dans quelques cas, des tentatives d'exploration ont été faites, mais avec beaucoup de modération, et, hormis dans un, très instructif pour moi, la balle a été abandonnée et les blesses s'en sont bien trouvés.

Aux cinq observaticniB que tous publiez, voulez-vous me permettre d'ajouter les miennes? Elles viennent à l'appui de votre thèse, et quelques-unes pourront avoir quelque inlérél pour les lecteurs de la Gazette. A ce titre, voulez-vous leur donner place dans ses colonnes.

Veuillez agréer, Monsieur et très honoré conflrère, Texpression de mon entière considération.

Dumas,

GblrorflM « chef do rUpital A» OêUm.

Obs. I. — Il y a six ans enviroo, je fus appelé auprès d'un Dégociant de Celte, qui, en jouant avec un peut revolver, c'éiait logé une balle dans la cuisse gauche.

Le projectile avait pénétré un peu au-dessous du triangle de

de Troie, je voulus faire creuser un trou près du village de Kalifatli dans le lit d'un ancien torrent ; j'installai donc deux ouvriers à l'ouvrage avec ordre de creuser jusqu'à ce qu'ils eussent trouvé l'eau ; puis, étant à court de temps, Je partis à cheval avec mon zaptieh (gendarme) pour l'Ujek-Tepeh et le Besika-Tepeh, où je m'attardai tellement que je ne revins auprès de mes ouvriers qu'à la nuit. Comme j'attachais beaucoup d'importance aux résultats de ce travail, je fis allumer des torcnes. J'examinai attentivement le trou et j'emportai nn échantillon de la terre qu'on en avait tirée. Les jours suivants je revins plusieurs fois au même endroit et j'étudiai soigneusement la nature du sol. La curiosité du

fieuple avait été vivement excitée par ce travail dont le but ni échappait A la date du 4 juin, Schliemann m'écrivait de Xroie ;

c Les gens du village ont respectueusement entouré d'un » mur de pierre votre excavation ; une grande vertu magique > est attribuée à la source que vous y avez découverte et

> qu'ils appellent : to miyôâ toù impov (la source du doc-

> teur) ; tous les paysans viennent y chercher leur eau. >

> C'est ainsi que les légendes locales naissent encore en Orient. Bien qu'il ne me fût pas possible d'aller chercher dans l'Ile de Gos le vieux platane sous lequel Hippocrale, le père de la médecine, recevait, dit-on, ses malades, néanmoins une vive peinture de l'ancien état de choses s'était révélée à mes yeux. Ce peuple est à beaucoup d'é^rds, surtout au point de vue de la reconnaissance, ce qu'il était il y a des milliers d'années. Schliemann, qui avait, au comment cernent, pratiqué la médecine en Troade avec beaucoup de succès, et que j'avais à cause de cela surnommé Machaon, douta longtemps de la gratitude de ses clients; moi-même j'eus d'abord la même pensée; mais, quand on sut que je cueillais des fleurs, tous les matins ma table se trouva couverte de bouquets odorants, et quand, au retour de mon voyage aux Dardanelles, ie traversai Rien Kioi, on m'offrit tant de bouquets de giroflÉegjttieâ«3^AUv0|@SiW dans

9 Octobre 1885

GAZETTE flKBDOlUDAIRB DB HÉDBGINB BT DE CHIRURGIE

Scarpa et après un trajet oblique s'était perdu dans les muselés internes de la cuisse, saos lésion de vaisseaux importants.

La palpation, guidée par la douleur provoquée, permettait de suivre le trajet, mats ne laissait pas sortir la balle.

L'exploration 4 l'aide d'un stylet, préalablement trempé dans Teau phéniquée, peu instructive à cause du déplacement des muscles qui empêchait le trajet de rester rectiligne, fit que j[e renonçai presque aussitôt à ces manoeuvres inutiles, malipé nnsistance du blessé, qui voulait que la balle fût extraite sur l'heure.

Aprèi l'avoir convaincu qiril n'avait rien à redouter et qu'il pouvait attendre, je lai Us le pansement phéniaué suivant, qui, loul simple et peu coûteux qu'il est, m'a donné ae bons résultats môme dans des amputations de cuisse.

Sur la cuisse préalablement lavée avec la solution phéniquée à 3 pour 100, j'appliquai une épaisse couche de coton trempe un moment et bien imbibé dans cette solution, puis bien exprimé, recouvert d'un lai^e taffetas gommé et maintenu par une lérie de tours de bandes.

Repos absolu pendant quelques jours. Gicatrisalion sans suppuration apparente.

Le sixième ou septième jour, sans mon autorisation, il deseendait i son bureau, placé au rez-de-chaussée de sa maison, il a gardé saballe jusqu'à sa mort, arrivée l'aa dernier. 11 prétendait, quand le temps changeait, sentir quelques tiraillements, qu'il rapportait à la prûaaace de la balle.

Obs. II. — il y a cinq ans environ, je fus appelé dans un débit de liqueurs où venait de se passer un véritable drame.

Un homme — l'amant de la femme — était entré dans ce débit et après quelques paroles, avait sorti de sa poche un revolver à cinq coups et tiré quatre balles sur le mari et la femme pendant qu'ils se sauvaient dans l'arrière-magasin ; puis il s'était tiré la cinquième sans se faire bien mal : un séton sous la peau du cou.

La femme avait reçu deux balles: l'une, déviée par un acier de son corset, n'avait produit qu'une plaie contuse; l'autre était entrée dans la hanche gauche à deux travers de doigt de la crête de l'os des iles et avait pénétré de haut en bas obliquement, puis s'était perdue dans les muscles de la fesse.

Une exploration avec le stylet de trousse — dëuDfecté — ne me permit pas de l'atteindre.

Je n'msistai pas et appliquai un pansement phénlqué analogue auprécédent.

Suites très simples. Pas de suppuration. Cicatrisation au bout de quelques jours de repos.

i ai revu cette femme cinq ou six mois après, elle n'accusait aucune douleur dans la fesse, ni spontanée, ni provoquée.

Le mari avait reçu une balle dans la mfime r^on, mais i droite et un peu plus près du trochanlen Elle s'était perdue aussi dans les muscles de la fesse.

Comme chez la femme, l'hémorrhagie avait été insignifiante. Une tentative d'exploration — la plaie élail plus douloureuse — étant restée sans résallat, je ne la réitérai pas.

Même pansement. Repos.

Le lendemain, les membres du parquet vinrent i Cette, en compagnie d'un de mes confrères de Montpellier, et je fus appelé par eux auprès dei blessés.

des pots sur les balcons el les terrasses) que j'eas beaucoup de peine à les emporter et à lenr trouTer place dans ma maison de bois. »

N'est-il pas intéressant, cher confrère, de voir le savant auteur de la Pathologie cellulaire, le médecin philosophe, l'un des chefs du parti libéral en Allemagne, se plaire à décrire ce voyage en Troade et trouver tant de joie à exercer de nouveau la médecine et à mériter oar son dévouement la reconnaissance de peuplades presque Barbares ? Ne trouvezvous pas aussi qu'il est honorable pour nous autres modestes praticiens de voir combien sont heureux de revenir de temps i autre à leurs premières amours ceux qui ont abandonné la médecine pratique pour devenir d'illustres savants?

Une nouvelle exploration des blessures fut faite et la balle fut sentie chez le mari.

A l'aide d'une curette et d'une pince, j'en fis l'extraction sans trop de dinicnUé, sinon de douleur pour le patient.

Le lendemain et jours suivants, sa plaie s'enflamma. II y eut ^nflement de la fesse, de la douleur et de la fièvre. La suppuration s'établit sans fûsées toutefois et sans me forcer à débrider. Han le malade dut rester au lit plus longtemps que sa femme et fut plus tardiveauDt guéri et avec plus iIb sonSIranees.

Cette diffiârenoe dans la marche de deux lésions presque identiques dans ces deux cas ne laissa pas de me surprendre «t je dus reconnaître qu'en somme la fsnune avait été plus vite gnéne et à moins de firais en gwrdant sa balle que le mari en étant débarrassé de la sienne.

Je n'allai pas cependant, je dois l'avouw, jusqu'à conclure de ce fait particulier a l'abstention des manœuvres d'extraction des balles de revolver, érigée en méthode générale. Mais je ne pus m'eropécher de reconnaître que ces manœuvres n'étaient pas aussi inoffensives qu'on le croit, et que par contre la présence d'nne Lallo dans les chairs est absolument inoffensive.

Obs. III. — Dans le courant de cette année, j'ai reçu dans mon service à l'hôpital un jeune Italien à qui un de ses compatriotes avait logé dans le cou une bdie de revolver.

La bitlle avait pénétré à peu prés an niveau du bord supérieur du thyroïde, an-oevant de fa carotide, en dehors de laquelle elle avait passé et, obliquant un peu en bas, était allée se perdre dans les muscles postéro-laléraux du cou.

I^ meurtrier se trouvait placé sur un plan supérieur au blessé; de là l'obliquité d'avant en arriére et de haut en bas de la direction de la lésion.

En appliquant le doigt sur la plaie d'entrée de la balle, on sentait nettement battre la carotide. La jugulaire externe avait été coupée, et une hémorrhagie assez forte, mais bientét arrêtée, s'en était suivie.

Avant mon arrivée, une tentative d'exploration, non poussée bien loin, il est vrai, avait été faite. Je la désapprouvai néanmoins, la déclarant inutile et très dangereuse. En supposant, dis-Je, qu'on arrivât sur la balle, il eût bien fallu, si on avait voulu l'extraire, se garder de lui faire suivre le même tn^et, sous peine des plus graves accidents. 11 eût été prudent de lui faire une ouverture de sortie à travers les muscles postérieurs du cou. Or pour eela il fallait d'abord sentir le point a'arrét, et, si un certain empAtement de la région indiquait la présence probable du projectile, les sensations n'étaiem pas asseï nettes et précises pour engager le ehirui^ien à aller le cbereber un peu an hasard dans ces masses musculaires. Quelque partisan que l'on puisse être de l'extraction des balles, je doute qu'un chirurgien se crût obligé d'intervenir.

Pour moi, je n'hésitai pas à m'abstenir et me contentai d'un pansement pheniqué.

Les suites de cette blessure furent des plus simples. Il n'y eut pas de nippuration appréciable, l'empâtement disparut firogressivement et au bout de dix jours, le nuuade sortit de rbépitaTguéri et gardant sa balle.

Obs. IV. — L'an dernier, le jour de l'ouverture de la chasse, on pauvre diable était couché en plein champ près Balarve. Un

Corps de santé uilitairs. — Ont été promus :

Au grade de médecin principal de l'" classe : (Choix.) M. Delahousse (CharLes-Louis-Joseph).

Au grade de médecin principal de 2* classe : fChoix.) U. Gentil (Josepn-Paul-Henri).

Au grade de médecin-major de I" classe : (Choix.) M. Couslan ((Tamille-César-Clément-Adolphe.) — (Ancienneté.) H. Kopff (Pierre- Albert). ~ (Choix.) H. Rigal (Pierre-Mathieu-Victor- Albert>

Augrtide de médecin-major de classe : 1" tour (ancienneté). H. de Hersseman(AmanU-Georges-Henri). — 2* tour (ancienneté). M. Leneveux (Louis-Georges-Henri). — (Choix.) M. (Àhier (Léon- Amédée). — 1" tour (ancienneté). M. Joannet (Marie-Gcnrgesllenri].

UusÉss o'ANATOME PATHOLOGIQUE. — MM. Gombsult et Cadiat sont délénés dans les fonctions de conservateurs des musées pendant l'année scolaire 188&>1886. ^ .

>ogle

GAZBTTB HEBDOMADAIRE DE HfiDEGlHE ET DE GHIRURtilB

9 Ogmbiie t885

chasseur matinal )>renant sod pied, qui remuait par moment, pour uQ ^bier à poil, lui envoie un coup de fusil.

Une quinzaine environ de grains de plomb, de moyen calibre, se logent en le disséminant dans le eou-dcKpted et aa ace dwsale. 11 fat condut la lendemain à l'hôpital de Cette.

La plupart dei gnûu de plomb se voyaient ou se sentùent sons la peau. QnekraeMins avaient pénétré plus profondément dans le coU'de-pi»!, cTautres dans les espaces inlertarsiens et intermétalarsiens, quelques-uns sur le bord du pied, d'antres semblaient adhérer aux tendons, quelques-uns étaienl plus superBciels et mobiles. Au-dessus de chacun et plus ou moins marqué, ou aperçoit un petit point noiriUre, entouré en certains cas d'uae petite ecchymose.

Au bout de queloues jours, il ne reste plus trace de l'ouverture d'entrée pour nomore de ces grains de p)omb.

Je ne songeai nullement à extraire ces petits projectiles ; je me contentai d'appliquer quelques compresses d'eau fratche phéniquée et prescrivis le repos, me proposant d'intervenir s'il y avait lien plus tard.

11 n'y eut pas d'inflammation.

Apres quelques jours de repos, le malade put marcher sans souffrir. Je le gardai encore en observation à rhApital.

Un jour, il se plaignit d'une gêne et d'une douleur produite puun grain de plomb, provoqué par la pression de la ehausinre. J'en fls l'eilraction.

Le malade sortit peu apréa avec ses plombs. Je lui avais recommandé de revemr si quelques-uns le faisaient soufiirir. Je ne l'ai plus revu.

Hais voici un fait qui paraîtra fort extraordinaire et qui montre bien la tolérance de tous nos tissus pour tes balles, et combien le passage d'un de ces projectiles^ même à travers le eervean^ lorsqu'ancnn des centres importants n'est atteint, peut être mofTensif et suivi de gnérïson.

Il est bien possible que dans les annales de la chirurgie militaire on trouTe des faits pareils à celai qu'on va lire î pour moi comme pour bien d'autres, il sera aussi rare que stirprenant.

Obb. V. — Un mtmdw ûe Cette se trouvait dans un hétel d'une ville voisine. Profitant de l'absence munentanée de sa femme, il mit à exécutioa son projet de suicide et se tira A la tempe nn coup de revolver.

Etourdi du coup, étonné de no pas s'être tué, il remit sou revolver dans sa malle, puis sortit de l'hôtel et alla à la gare.

Sa femme, rentrée peu après, se mit à sa poursuite, le ramena ji l'hétel et s'aperçut alors et de la physionomie étrange de son mari et de quelques gouttes de sang qui coulaient de la plaie, recouverte en partie par les cheveux.

Le mari avoua tout et sa femme le raioena à Cette, o& il arriva après trois heures de chemin de fer-

Mon confrère «t eoUégue à l'hèpital, le docteur Uucloux, fut appelé et me pria de se ioindre'à lui pour voir le blessé.

Il existait à la tempe, a la terminaison des cheveux, une petite plaie arrondie, à horas contus, un peu noirs de poudre, qui commonîquait avec une perforation du crftue, dont l'extrémité if un ttylet avait permis de reconnaXtre le pourtour et les bords rugueux.

La direction de la plaie était oblique, l^èrement d'arrière en avant et un peu de bas en haut, et de dehors en dedans.

Il ne pouvait pas être douteux pour nous que le pistolet fût cbvgé a balle, que ht balle eût perforé le crâne, traversé les lobes antérieurs au cerveau et atteint la paroi opposée, contre laquelle elle avait dd s'aplatir et probablement s'implanter.

Il n'y avait pas dinterveation chirurgicale possible.

Le nndade, qu'on avait fait coucher en arrivant, avait quitté bientét son lit. Je le trouvai habillé, assis sur une chaise. II allait et venait par la chambre et changeait de siège souvent. Sa marche était asses sûre. H était sombre et silencieux. Je ne pus lui arracher une parole.

Quoique les accidents immédiats de cette lésion fussent légers et n'eussent pas augmenté depuis dix heures écoulées, nous ne pûmes nous empêcher de porter un pronostic grave et de déclarer à la femme çine dans quelques jours éclateraient très probablement des accidents de méoîogo-encéphalite mortels.

Nous ne pûmes nous défendre de rapprocher ce fait d'nn cas jue nous venions d'observer A l'hdpital et qui, après quelques joura d'nn état relatiwment saliifsiianl, qui nous Ht tUnsion, se

termina le dix-septième jour par une encéphalite suppurée. dac. veuille bien me permettre cette courte note :

Il s'agissait d'un mineur qui reçut à bout portant toute l'expii^ sion d'une mine. Au milieu de tranmatismes multiples, il funcLtait deux lésions principales :

1* Main et poignet broyés et mutilés, ce qui exigea l'ampulatioa immédiate tie l'avant bras. Amputation suivie, à quelques poiu> exceptés, de réunion immédiate.

i" Près la bosse frontale droite, une perforation du crâne, pareille à un trou de balle, à cela près ane les bords arroiMii étaient plus rugueux, plus esquilleux que la perforation prodaiw

Ïtar une oalle. Au travers de cet orifice, la substance céréfaralr aisait hernie quand le blessé toussait ou éternuait.

La première semaine s'était presque écoulée sans symptAme» cérébraux, le blessé était presque apyrélique et conservait soi intelligence ; mais A partir du sixième jour, les symptAraes d'encéphante s'accentuaient et la mort eut lieu le dix-septième jour. A Vautopsie, nous trouvons au milieu d'un abcès cérébmi, ane petite pierre, la pointe du bloc qui avait perforé le crftne.

La bénignité du dMmt et la gravité finale pouvaient bien oistrr chez notre suicidé, tout comme chei le blené de l'bApilal.

Il n'en a rien été.

Après quelques symptémes cérébraux qui le tinrent au litJe$ jours suivants, sensation de ronlement intracérébral, raidear des mnscles du cou, impossibilité de soulever la tête, ud pen de stupeur, etc. Il alla progressivemrat vers le mieux. Sa ptaie taèrieure cicatrisa et ilseleva bientêt.

Près de deux mois se sont écoulés et le blessé a presque repriï sa vie ordinaire. Son intelligence ne paraît pas trop atteinte, ai. dire de mon contre. 11 raisonne juste et il y a de la suite «Uns les idées. Il sort par les rues de Cette, provoquant i'élonnemeat des uns et le septicisme railleur des autres.

Est-il à l'abri de tout accident? Qui pourrait l'afGrmer. Néanmoins la balle est parfaitement tolérée et ne cause jusqu'à présent ni compression ni irritation cérébrales. Quant au séton qu elle a fait aux lobes cérébraux, il est certainement cicatrisé.

On l'a vu, nous avons sondé la plaie; je ne fais nulle difficulté d'avouer qu'il valait mieux ne pas le faire. Mais il nous paraissaji important de savoir si réellement le pistolet était chargé à balle, ce que nous ne pouvions connaître qu'en constatant la perforalion du crftne. Pure curiosité diagnostique, ai l'on veut, un peu nécessaire dans ce cas étrange.

Ne prélend-on pas qu'il s'est tiré un coup de pistolet A poudrv? D'aucuns y tgouteni le grain de sel obligé.

SOGlÉTfiS SAVANTES

Aeadémie dea ■«!«■«•■.

séance du 5 octobre 1885. — présidence de m. boclbt.

Action physiologique dd chlorure de rubidium. ^oU de H. Ch. Richet. — Les effets toxiques et la dose mortelle de ce sel diffèrent selon qu'on Tadministre par injection sousHïnlanée ou par injection intraveineuse. Dans te premier cas, rabsorplion se faisant avec lenteur et rélimioation par le rein avant lieu simultanément, la dose nécessaire pour déterminer la mort doit Aire plus forte que dans le cas d'injection intraveineuse. Des expériences faites sur les aaimaux (tortues, poissons, grenouilles, cobayes, pigeons rt lapins), il résulte que la moyenne de la dose mortelle minîraa rapportée à 1 kilogramme du poids de l'animal est d'eanron \ gramme. Dans les mêmes conditions, la dose toxique luinima du chlorure de potassium serait à peu près de 50 centigrammes. Par conséquent le rubidium est moitié moins toxique que le potassium. La mort des animaux empoisonnés ainsi est due i l'affaiblissement des battements do cœur et à l'épuisement des fonctions du système nerveui. Le cœur s'arrête avant la respiration, la température s'abaisse et c'est la suspension progressife de kcirenlation qui dêter^

""sf, LTcon'traire, on^ïgiMi^IttpQâ^^tnTei-

9 OcresKE 1885 GAZETTE^ HBBDOHADAIRS DB MfiSBCmS BT DB (aiRURGIE — S* 41 - 667

neuses, — les expériences ont eu lieu sur le chien, — U dose moyenne minima nécessaire pour déterminer la mort a été de 50 centigrammes seulement, l'effet du poison sur le cœur étant dans ce cas beaucoup plus immédiat. D'ailleurs la mort surrient également par arrêt da cœur. C'est absolument de la même manière aussi que tne le chlorure de potassium, quoiqoe à dose plus faible, puisqu'il suffit de 30 à 3-i milligrammes.

Marche des lésions cobsécutives a l'inoculation de

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