SÉANCE DU 6 OCTOBRE 1885. — PRÉSIDENCE DE H. BERGERON
MM. les docteun Couruerant et Onimui, k propos des observations présenliSeï k la <lernitre séance par M. Dujardtn-Bflaumeti au sujet des exp^eoces de M. le àocltmr Broodel lor la diëleolraljrie, loni romarquer que leurs réelamatioiia de prierilé ne «'«Initaient pu lu proeëdé amfiojé par M. Bromlel, mais biea philAt à leurs diverui expériences sur l'aellon dlodrely tique appliqué h l'absorplion lo* cale des médlcamenii par les lisnu.
M. le docteur Sordei {de Tarare) caToîe un mémoire manuscrit sur Jes résultats de la loi HoMMci elsoe indaenee mu l'Kmiueuienl de la po|Hilatioa en Fruce. {CommUtion de l'hjigiine de l'et^aoee.)
Obésité. — H. Germain Sie achève sa communication sur les causes et le traitement de Tobteité, la nature et le traitement des infiltrations et des transformations graisseuses du cœur. 11 les résume ainsi qu'il suit :
Le régime physiologique comprend 120 à 130 grammes de principes azotés, provenant de z50 à 300 grammes de chair musculaire ou d'albuminate, 100 à 120 grammes dégraisses neutres, plus 250 grammes d'hydrocarbures Tournis par 300 à 400 grammes de fécule ou de sucre; ces proportions doivent être modifiées de façon que les substances musculoalbumineuses ne dépassent pas sensiblement la ration normale; car la viande en excès en se dédoublant formerait elle-même la graisse ; les corps gras faciles à digérer peuvent sans inconvénient être utilisés à la dose de 60 à 80 grammes; les faydrocirbures seront réduits au minimum; quant aux aliments herbacés, ils ne contiennent rien de nutîfitif. Les boissons, loin d'être supprimées, seront augmentées pour faciliter la digestion stomacale et pour activer la nutrition générale, mais il fsat supprimer les liquides alcooliques, la bière surtout, ainsi que les eaux minérales, comme usage haJiituel. Elles seront toutes remplacées par des liquides caféiques et surtout par les invasions de thé, chaudes autant que possible. Les exercices musculaires, quels qu'ils soient, s'imposent à l'obèse, abstraction de l'équitation qui n'est qu'un exercice passif. Les sudations, les bains de vapeur, les bains chauds et surtout l'hydrothérapie peuvent I^ésenter quelques avantages. Parmi les médications, les plos utiles sont les indurés à très petites doses, les eaux chlorurées sodiques qui n'agissent que temporairement; les eaux et les préparations alcalines, si puissantes surtout eoirtre les diabétiques gras, n'ont pas d'action précise dans l'obésité vulgaire; toute autre médication est au moins inutile.
Quant à la nature et au traitement des infiltrations et des transformations graisseuses du cœur, il existe deux sortes d'état graisseux du cœur: l'un, Tinfiltralion graisseuse, se rattache par ses caractères et par son mode de production à l'obésité générale ; l'autre, plus grave et constituée par une transformation graisseuse ou fîbro-graisseuse du muscle cardiaque, reconnaît ordinairement des causes locales, sans qu'il y ait souvent le moindre signe d'embonpoint; parmi les causes locales figure en première ligne la sclérose ou le rétrécissement des artères coronaires (artères nourricières du cœur); cette induration artérielle, compagne de l'artériosclérose générale, produit les phénomènes de l'asthme cardiaque et montre très souvent ceux de l'augiine de poitrine, marchant de pair ou alternant chez ces malades, dont la pIu[»rt8ont des goutteux, neux avant Tige, des syphilitiques encore jeunes, des alcooliques de 4qus âges, des vieillards anticipés ou vrais. *
Chez les oltèses dont le cœur est infiltré degrusse^ rê^
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Sime solide et liquide sera exactement le mAme ï)ue celui e rob&sUë; mais les exercices musculaires exiftent les plus sévères précautions. Il est démontré, en effet, qu'à moins d'être violents et de consister dans de véritables ascensions rapides, ils ne présentent aucune espèce d'avantages ; il est démontré aussi par H. Marey que la musculation intense déprime la tension des vaisseaux ; ils ne semblent donc indiqués que dans les hypertrophies du cœur et celles-ci ne tardent pas à se transformer en un état graisseux ou fibreux des fibres musculaires; dès lors la [>ression vasculaire a plus besoin d'être soutenue que déprimée. Quand le muscle cardiaque est ainsi dégénéré en tissu fibro-graisseux et à plus forte raison quand il l'est primitivement, ni le régime, ni les boissons, ni les exercices de l'obèse n'ont de raison d'être; ce sont des cardiaques ^ves qui exigent d'autres soins. Dans tous les cas de transformation et même d'infiltration graisseuse le traitement par les eaux minérales, par les bains chauds, les sudations et surtout par l'hydrothérapie, se trouve contre-indiqué. La même réflexion s'applique à la méthode des émissions sanguines qu'on peut appeler historique ainsi qu'à la médication appelée révulsive, qu'on doit appeler aussi physiologique ; les vésicatoires, les pointes de feu, les cautères ne peuvent rien contre tes dégénérescences, contre les états régressifs du cœur qu'on iraite encore comme des inflammations.
A défaut d'indications générales on a imaginé la thérapeutique étiologique, basée sur la vie sédentaire, te défaut d'air,la continence ou les excès, les abus intellectuels et enfin la dîathèse arthritique. Or, on aura beau recommander la marche au grand air, la sobriété génitale, la modération dans le travail intellectuel, on n'obtiendra rien ni en principe ni en fait. Quant à la goutte, on ne peut l'atteindre, puisqu'elle remonte aux parents et que, si elle existe chez les cardiauues, elle rentre de plein droit dans l'artérioselérose générale ou coronaire. Au contraire, le lait, les iodures, les cardiotoniques, comme les digitaliques à doses fractionnées et souvent interrompues, la convallainariQe, sont indiqués de toute façon, mais exigent une manipulation directe. Le traitement de l'asthme cardiaque réclame les mêmes moyens diversement combinés avec certains médicaments anliasthmatiques, tels que la pyridine en inhalations, la morphine en injections. Le traitement de l'angine de poitrine (angine cardiaque) est à réviser; l'enquête devra porter sur les nitrites anciennement préconisés et les iodures récemment proposés par H. Huchard.
HYPERHfiTROPiE. — La Communication de H. Giraud- TeuioH est la première partie d'une série de documents extraits du journial quotidien d'observations tenu par l'auteur pendant vingt années consécutives de sa pratique privée et apportés comme contribution à l'étude clinique des anomalies de la réfraction oculaire. Elle est consacrée à deux points intéressants de l'histoire pratique de l'hypermétropie.
Après le rappel des définitions classiques des amétropies en général, puis des divisions introduites dans celle de l'amélropie par déficit de réfraction, ou hypermétropie, H. Giraud-Teulon s'occupe des rapports mutuels que peuvent présenter, dans leur évolution en sens opposé, l'hypermîtropie latente et l'hypermétropie manifeste, dont la somme forme l'hypermétropie totale. Dans un travail assez récent, M. le docteur Schrœder avait cru pouvoir exprimer ce rapport par une formule mathématique très simple : « L'hyj»ermetropie latente, disait-il, suit, dans sa marche, une loi de diminution pn^ressive directement proportionnelle à celle suivie par l'accommodation elle-même. » Or, plus récemment, M. le docteur Daniel, en se fondant uniquement sur l'observation, avait été conduit à reconnaître dans cette diminution une marche assez différente. D'après les données recueillies par cet auteur, l'hypermétropie latente disparaîtrait, serait remplacée eatièrement par l'hy-
permétropie manifeste, non pas seulement avec l'expiratioi de l'accommodation elle-même, mais beaucoup plus tôt, di Tapparition même de la presbyopie. Sans entrer dans aucune discussion théorique à cet égard, H. Giraud-Teuloi communique un tableau présentant le relevé fait, au joor le jour, en dehors, par conséquent, de toute idée syslrraatique ou préconçue, de 579 cas d'hypermétropie dans 1»quels s'étaient trouvées notées les trois quantités HI,,Hm et Ht. Ët il constate, avec M. Daniel, que dès le début dé la presbyopie, c'est-à-dire entre quarante -cinq^ et cinquante-deux ans, la presque totalité des hypermétropies latentes ont cédr la place à l'hypermétropie manifeste.
Le second article traité par M. Giraud-Teulon dans celte communication, porte pour titre : Àsthénopie accommoda' tive hypermétropigue scolaire. Après avoir rappelé le tableau symptomatique de l'aslhénopie hypermélropique, et résumé la discussion brillante dans laquelle H. Etonders a établi les rapports qui rattachent entre elles, au point de vue dioplrique, la presbyopie et l'asthénopie accouimodative, et les frappantes dissemblances qui les différendenl syniptomaliqueinent, différences que l'auteur met pretfiie exclusivement au compte de l'hypermétropie, H. Ginnd- Teulon signale un groupe nombreux de cas dont le bm»nisme exige l'Intervention d'un second facteur.
Ce groupe est formé, en grande partie, par la populatioa scolaire qui présente un nombre considérable cThypermétropes de degrés légers ou moyens, offrant, très prématurément, eu égard à la théorie, des symptômes sérieux d'asihénopie accommodât! ve. Frappé de leur nombre. II. Giraud- Teulon a, pendant vingt années, noté tous les points importants des observations qu'il a été à portée de constater, et présente à l'Académie un second tableau contenant 73/ cas d'hypermétropie de degrés moyens ou légers, tous au-dessous de trente ans, et amenés, pour la presque totalité, à sa consultation par l'asthénopie accommodative. Or sur ces 727 cas, il en a relevé 532 ou 63 pour 100, dans lesquelsàl'hypermétropie commebase,se trouvaient associées d'indéniables complications d'anémie ou d'adynaniie générales d'origine constitutionnelle ou profonde.
Voilà un nouveau facteur qui paraît jouer un rôle impossible à négliger tant dans la théorie pathogénique de I àsthénopie hypermétropique que dans Thygiène de nos écoles.
CHiRUnciE OCULAIRE. — H. le docteur Galezowski présente les rondelles de gélatine dont il se sert pour pratiquer l'occlusion immédiate de la plaie cornéenne après Topératiou de la cataracte sans iridectomie ; ces rondelles maintiennent la plaie encoaptation et empêchent son infection; elles sont
ftlates ou creuses, collantes et combinées avec la cocaïne et e sublimé ; préalablement ramollies dans l'eau tiède, elles ne se dissolvent dans l'œil qu'au bout de huit à dix heures selon leur épaisseur.
Lipome. — H. le docteur Terrillon montre à l'Académie un lipome pesant 57 livres, siégeant dans l'abdomen et inclus dans le mésentère, qu'il a énucléé avec un plein succès, il y a huit jours, sur un terrassier âgé de trente-cinq ans. L'abdomen fut fermé avec 22 sutures au fil d'argent et une compression énergique faite avec.de l'ouate.
SÉANCE DQ 3 SEPTEMBRE 1885.
P»r«ly»l« pMOdo-hxpertrophiqas. — CèolU & la mit* d« la piqùr* d'an liwMto. — aalgaé* dana la dlMMUlon dn OMar droit.
Nous relevons seulement les communications suivantes :
H. Vhthoff montre un cas de paralysie pseudo-hypertrophique chez un enfant de huit ans. On ne relève d'affection semblable dans rhiste^pj^^|U(eytOO$l@aMe;
9 Octobre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE HÉDBGiNB ET DE CHIRURGIE
l'enfant n'a jamais bien marché et aujourd'hui son état est pire. Les mollets sont hypertrophiés, les fesses ont été longtemps petites, mais aujourd'hui elles sont considérablement augmentées de volume. Les pectoraux, les grands dorsaux, les muscles de l'épaule sont très développés. Quand on met le maUde dans le décubitus dorsal sur une table, il ne peut
fias se relever sans se tourner d'abord du côté de la face; orsqu'il ramasse quelque chose à terre, il ne peut se relever qu'en s'aidant de ses mains prenant point d appui sur ses cuisses, symptôme pathognomonique appelé par le docteur Gowers « climbing up the tbighs >, littéralement : action de grimper sur les cuisses.
— H. Vhthoff lit l'observation suivante : Un homme de quarante ans, dont la vision était très bonne avant, est piqué à l'œil droit par une guêpe. Gonfiement considérable de ce cftté et perte de la vue; deux jours après, perte de la vue de l'œil gauche. On voit le malade le troisième jour, alors qu'il n'a plus que la perception de la lumière des deux côtés. L'œil droit est congestionné et les paupières sont gonflées; rien de particulier à l'ophthalmoscope. Une semaine après,
f perception très nette de la lumière avec l'œil droit; le maade peut compter les doigts à un yard de distance dans le champ visuel de l'œil gauche. On constatait quelques points d'atrophie blanche à la partie externe des deux pupilles, et quelques nébulosités sur leurs bords.
— M. Mackey lit un travail sur la saignée dans la distension dn cceur droit Après avoir rappelé plusieurs cas de mort subite survenue dans le cours de bronchites, il pense que lorsqu'il existe des signes de distension dn cœur droit, par exemple, augmentation de la zone de matilé cardiaque, petitesse et faiblesse du pouls, pulsations des veines jugulaires, tons phénomènes s'aceompi^^nant de dyspnée, de cyanose, d'œdème, on est autorisé à employer avec avantage les sangsues ou la saignée. Il rapporte une observation dans laquelle, ces symptômes s'étant manifestés en quelques heures dans le cours d une pneumonie accompagnant un abcès ganglionnaire du cou, l'application de six sangsues 6 la région précordiale rendit un grand service, bien que simultanément d'autres remèdes, pilocarpine, expectorants, eussent été administrés. Dans une autre observation, il s'i^it d'une broncho-pneumonie survenue chez un enfant rachitique ftgé de deux ans et demi, admis à Aboandra Hospital dans un état très grave, avec de la cyanose et une température de 10i>',6 F. Le fjuatriëme jour se manifestèrent des signes non douteux de distension des cavités droites du cœur; vu la faiblesse de l'enfant, on n'appliqua qu'une sangsue, et cela sans résultat. A la nécropsie, neux jours après, on trouva une énorme distension du cœur droit, dont les cavités sont remplies de caillots noirâtres ; les veines jugulaires sont aussi gorgées de sang. Quoique dans ce cas particulier le pronostic fût très défavorable, Vautour pense que l'ouverture de la veine jugulaire externe pourrait, dans des cas analogues, être de quelouc utilité. Un point intéressant à noter dans ce fait, c'est qu on fit usage de bains chauds orolongés de vingt à quarante minutes, à la température de 90 à 96 degrés F. Ces bains ont toujours fait baisser la température de 2 à 5 degrés; l'enfant respirait pins facilement et se trouvait mieux dans l'eau.
SodéM de mMeelue de Berlla.
SftANGK DU i" JUILLET 1885.
tayphUls at pualy^ flènAral*.
H. Mendel rappelle que le Congrès de Copenhague, tenu en 1884, a montré combien les opinions sont encore divergentes sur la question des relations qui lient la svphilis et la paralysie générale. Mais depuis quelques années les
observations se sont multipliées, et ces relations ressortent clairement des statistiques établies. Il est évident que la statistique des grands asiles publics ne peut être utilisée, car les malades qui s'y trouvent en traitement ont généralement les facultés et en particulier la mémoire trop affaiblies pour se rappeler s'ils ont eu ou non la syphilis dix ou quinze ans auparavant. Il en est tout autrement des asiles prives ; là le médecin de la famille, les amis du malade, peuvent donner les renseignements nécessaires. C'est ainsi que Reinbard, de Hambourg, qui n'est cependant pas favorable à l'idée d'une relation de cause à effet entre la syphilis et la paralysie générale, a constaté que dans les classes élevées de la Société la paralysie générale a été précédée dans 73,3 pour 100 des cas de syphilis, chez les nasses classes seulement dans 16,7 pour lOO des cas. Il est prolrable que chez les malades de cette dernière catégorie neinhard n'a pas pu établir exactement les an^cédents. Mais asses de chiffres I C'est en se basant sur eux que certains auteurs nient toute relation entre la syphilis et la paralysie générale, que d'antres affirment que tout paralytique général est nécessairement nn syphilitique.
Mendel n'admet comme sérieuses que deux objections à sa manière de voir, relative aux relations qui existent entre ces deux états morbides. La première, c'est que chez les paralytiques généraux, il est très rare de rencontrer des lésions syphilitiques dans d'autres organes ; la seconde, que le traitement spécifique n'apporte aucune amélioration à l'état des paralytiques. Il est vrai que l'on ne trouve de lésions syphilitiques dans les autres organes que dans environ iO pour iOO des cas de paralysie générale; mais il (kut remarquer que dans des cas de syphilis non douteuse de l'encéphale, de gommes par exemple, il est souvent impossible de trouver des traces de syphilis dans d'aiures o^nes; ce fait a repu une nouvelle confirmation récemment par Jdr- ^ns, dans lu Charilé-Annalen. Quant & la seconde objection, elle est irréfutable ; le traitonent spécifique est impuissant contre la paralysie générale, on verra plus loin pour* quoi.
Aussi Mendel a-t-il cherché par une autre voie à démontrer la dépendance des deux états morbides. Il rappelle les expériences ^u'il a relatées devant la Société l'année précédente, expériences destinées à faire voir comment on peut arriver par voie mécanique à provoquer une affection cnronique du cerveau. Lorsqu'on attache un chien sur une table, la tète vers la périphérie de celle-ci, et qu'on imprime une rotation continue à la tablette au moyen d'une manivelle, à raison de 120 à 130 rotations par minute, le chien périt an bout de vingt-cin(| à trente minutes. A l'aulepsie on trouve de l'h^perhémie ^nérale et de l'hémorrhagiedea méninges. Mais si l'on ne fait tourner l'animal que pendant hait à neuf minutes ave& une vitesse moindre,' soit 100 à 110 fois, et qu'on répète ce traitement pendant une quinzaine de jours, le chien finit par présenter des symptômes d'une affection cérébrale. Si alors on le laisse libre, on remarque de l'ataxie, de la parésie des membres, du nerf facial, des muscles du tronc et de la nuque, une modification de l'aboiement et un trouble de la sécrétion urinaire; enfin l'animal meurt au bout de plusieurs mois avec tous les symptômes de la paralysie générale. Les résultats de l'autopsie sont ceux qu'on observe habituellement dans celte maladie : pachyméningite. arachnitis adhésive chronique, hydrocéphalie interne et encéphalite corticale interstitielle.
Mendel se demanda si une hyperhémie même modérée ne serait pas capable de produire les mêmes troubles, du moment qu'on aurait préalablement augmenté la perméabilité des parois des vaisseaux. Il pratiqua chex des chiens des in-
i'ections de sublimé, substance qui, comme l'a démontré ^upow, provoque des altérations du côté des vaisseaux du système nerveux central. L'un des chiens reçut du 11 oc-^ tobreau 7 novembre 1883journeUemeat une demi-seKîngue
ÙktË^tft âËfilK)ltAi)Altlfi DS HÊDEGINB Et Dfi CHtftURGIB
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d'une solution de 0*^,025 de sublimé pour 50 grammes d'eau, puis à partir du 7 novembre fut soumis tous les jours à la rotation modérée pendant quelques minutes; il mourut le il novembre et l'on trouva ae nombreuses hémorrhagfes dans les couches corticales du cenrean. Un autre chien reçut du 30 octobre au 4 décembre journellement trois
Înarts de seringue de la même solution^ puis jusqn'au 0 février fut abandonné à lui-même ; à cette date il fut soumis à 80-90 rotations par jour pendant trois à quatre minutes ; au bout de cinq jours il mourut avec les symptAmes de la paralysie générale. Ainsi dans les deux cas, grâce à l'altération préaole des vaisseaux, une hyperhémie cérébrale bien moindre fut nécessaire pour produire les accidents en question.
M endel fait l'application de ces faits à l'homme ; d'après lui, dans un grand nombre de cas, la paralysie générale aurait sa raison d'être dans une altération préalable des vaisseaux encéphaliques, dont les parois sont devenues plus perméables et, sons l'influence d'une hyperhémie active, ont livré passais à des globules sanguins, point de départ d'une inflammation du tissu interstitiel. Le premier point, celai qui concerne l'altération préalable des vaisseaux, est démontré pour la plupart des cas de paralysie générale; dans certuns cas, ceux où la maladie a été galopante, on trouve même une altération primitive des vaisseaux. Quant à la question de savoir ai 1 altération des vaisseaux est d'origine syphilitique, il est plus difficile de le démontrer. Déjà Virchow, dans le tome XV de son Arekiv, a fait voir qu'il est impossible de distinguer l'inllammation gommeuse des parois vasculaires de l'endartérite chronique simple avec selèrose consécutive. Les caractères différentiels signalés par Heobner entre les lésions syphilitiques et non syphilitiques des vaisseaux encéphaliques sont erronés. La difficulté est encore augmentée par ce fait que les lésions svphîlitiques du cerveau peuvent exister sans qu'il y ait de traces d'altérations dans les autres organes.
- Hendel cite des cas où il a observé des altérations des vaisseaux encéphaliques chez des syphilitiques, morts, l'un de tuberculose aigué, l'autre, un hypochondriaque, par suicide; il n'y avait pas chez ces malades de symptômes de paralysie générale; mais cet auteur suppose queies altérations vasculaires en question constituent te lien entre la paralysie générale et la syphilis préexistante. A l'appui de son dire, il rappelle que souvent avant l'explosion des symptômes de paralysie générale, on reman^^ne des paralysies temporaires des muscles de l'œil et des accidents apoplectiques é^lement transitoires, qui ne peuvent dépendre que d'altérations vas • culaires, à cause même de leur caractère fugace.
■ Reste à expliquer les hyperhémies nécessaires à la production des lésions corticales. On a reconnu depuis longtemps que la paralysie générale a été précédée, dans un grand nombre de cas, par une excessive vanité, des espérances déçues, des chagrins et des préoccupations, etc. Or toutes les émotions, comme l'a démontré Mosso entre autres, sont susceptibles de déterminer des hyperhémies cérébrales actives, et, par suite, de donner lien aux accidents décrits plus haut.
Ainsi, altération des vaisseaux encéphaliques par la syphilis ou par toute autre cause, nicotine, alcool, mercure, etc.; puis hyperhémies actives, fréquentes, par émotions excessives, traumatisme, chaleur intense, etc., voilà les facteurs nécessaires à la production de la paralysie générale.
Il n'est pas étonnant que le traitement spécifique reste sans résultat dans cette maladie; il ne s'agit plus, en effet, d'une altération syphilitique, mais d'une inflammation simple résultant en partie de l'altération syphilitique des vaisseaux encéphaliques. Peut-être l'ei^otine ne serait-elle pas sans utilité pour modifier la lésion vasculaire.
— H. Wettphal combat vivement les opinions de Mendel ;
il rejette tôut d'abord, comme sans valeur, toute doBi> statistique, et affirrne que la découverte de lésions syphU tiques dans les autopsies d'aliénés de tonte sorte constilv une haute rareté, et que le chiffre ôe 10 pour 100 par Hendel pour les paralytiques généraux est beaacouptpf élevé. Comme, d'autre part, ii n'y a paa de criteriumpamettant de reconnaître les altérations ê^philitiqves cle$ seaux, tonte conclusion de ce chef est prématurée. Du restn. Mendel ne s'est pas exprimé sur le calibre des vaissao atteints; les vaisseaux volumineux ne sont presqoe jamni malades chez les paralytiques généraux ; quant lai petit vaisseaux, il n'a même pas décrit l'altération qu'ils préseottoi: il s'agit probablement d'une hypertrophie de la Uiniqaeidventice, altération qui se présente dans bien des cirmslances et n'a pas sur la circulation l'influence qae lui allribue la théorie. Quant aux émotions violentes, elles fifwnt comme facteur étiologique non seulement de la waths^ générale, mais d'une foule d'autres formes d'atiénaâH mentale.
REVUE DES JOURNAUX
ttmëtB des «nres «y p^i^w— hi Mért^in *e \'m,
par MH. Gourrent et Guidert. —Les Gbres de RenuksHl étudiées à- l'aide : tantôt du picro-carmin après l'aetion k l'acide osmique, tantôt d'une solution de bicnromate de jwtasse (2 pour iOO), tantôt par le nitrate d'argent. H. ftaoTier. dans son Traité technique d'histologie pour l'étwUdataminaisons nerveuses^ a préconisé le chlorure d'or. C'est par ce dernier procédé que les auteurs ont dissocié chez ud lapiD un fragment du sympathique abdominal préalablemeoi pla» pendant dix minutes dans du jus de citron, puis lavéirui distillée. L'examen microscopique leur a montré des fibres isolées se détachant des gros faisceaux* d'aspect iibrilliuR. et s'anastomosant entre elles. Ils pensent, avec H. Hanner. que les fibrilles constituant les fibres de Bemak ne wnlptf seulement accolées, mais unies par une matière cimoilanlt- Ils n'jont pas trouvé, par ce procédé, la nucléole doDtpariek professeur du Collège de France; mais ils constatent amlu que les noyaux se trouvent à la surface de la fibre, (fîmrtlr n^dQtiMdàire des sciencee médicaleê de BordMux, i9 andt 1885.)
9u c«r«tettMe atoaiM^ «( d« «ea rapports ■««• U «ahercnloM pvliMaaIre, par le docteur BoNNET.— Al kcasion d'une longue et intéressante observation de carcinose stomacal, l'auteur résume les principaux traits de celle ouladie en les mettant tour à tour en présence de ceax qai' > observés Ini-méme ch.ez le sujet. Les résultats de cette etodr se classent sous deux chefs : \' les rapports du cancer avK " tuberculose pulmonaire ; 2" le point oe départ anatoniij du néoplasme et son diagnostic. Sur le premier point, l* sérvation de l'auteur est favorable à l'opinion de ceai 1*" nient l'antagonisme du cancer et de la tuberculose : états pathologiques se rencontraient chez le même sujet, sor le second, l'observation de l'auteur montre, d'une parliq»'" cancer stomacal peut être primitivement sous-muquf"^d'autre part, qu'il peut se traduire uniquement par les sjniptôines de la gastrite chronique ou de rulcère rond, et senter des arrêts symptomaliques trompeurs qui peuveni wi« croire à la gutrison. {Gazette heMomadaire w"*^ médicales de Bordeaux^ 9 septembre 1885.)
Note anr l'élAvatlon 4e» braa «•nuHe "■«^^"^
■ife, par Henry A. Ledurd. — La-^iremièreop^îjl à propos de laquelle l'attention de l'^^^i^^^^H^?] ]l ce nouveau signe, remonte au mois de noveig^^'**
9 OcTOMUi im GAZETTE HBBDOHADAIRB DE MÉDECINE BT DB GEiRURGIB
s'agissait d'un garçon de café, âgé de vingt-deux ans, qui avait été apporté i Ëdinburg Infîrmary dans ie service du
Îirofesseur Spence. Il avait reçu un coup de couteau dans 'abdomen et environ un pied de l'intestin grêle sortait à travers la blessure. Le lendemain on remarqua que le patient tenait ses mains au-dessus de sa léte, les coudes hors du lit, c'est-à-dire dans la position que Ton aime k prendre lorsqu'on se couche sur le gazon en été. Les jours suivants oa remarqiu la flexion de la cuisse gauche sur le bassin ; les mains restant jusaa'à la fin élevées au-dessus de la t6te et les deux genoux élevés et fléchis. Le quatrième jour le malade succombait à une péritonite généralisée. Dans les péritonites post-opératoires, celles par exemple qui sont consécutives à la kéiotomie, à la gastrotoroie^ à Tovariotomie, dans les péritonites consécutives aux ruptures de Tinteslin sans trace de violence extérieure, dans les péritonites puerpérales, l'auteur a depuis cette époque constamment remarqué
aue la position des bras des malades était celle qu'il vient de écrire. Bans son opinion l'élévalion simple des oras se produit au début de la péritonite, et, lorsque l'inflammation de la séreuse est à son apogée, les mains se placent derrière l'occiput. L'explication de ce phénomène parait assez simple: dans le but de soustraire à toute pression les intestins distendus par des gaz, la respiration devient thoracique et le diaphragme reste immobile; grâce à l'élévation des bras les muscles pectoraux élèvent les cètes et ainsi se trouve accru le champ de l'expansion pulmonaire. (The Lancet, 16 septembre 1885, p. m.)
BIBLI06RÂPHIK
Tral«A ellaiMiBe *u «lagaoafle émm mÊaiméimm de l'eMépliKle basé snr Vétm** émm IniaUMtto—, par le prt>fesseur Nothnaosl, traduit et annoté par le docteur Kéraval. — Paris, A. Delahaje et E. Leerosnier, i885.
M. le docteur Kéraval aura rendu un signalé service aux médecins Français en leur permettant de mieux connaître et d'étudier avec plus de facilité un livre qu'on ne saurait trop louer. Le professeur Nothnagel, dont chacun connaît les éludes de pathologie expérimentale, s'est, en effet, tout particulièrement appliqué dans cet ouvrage à rester exclusivement clinicien. Il n a pas voulu déduire de vivisections d'ane interprétation souvent contestable, des conclusions prématurées et expliquer phvsiologiquement les observations recueillies au lit du malade. Il s'en est tenu à l'observation rigoureuse des faits cliniques mis en regard des lésions constatées à l'autopsie. Homs brillante en iqiparence, cette méthode infiniment plus sûre donne aux recherches dont les résultats sont consignés dans ce livre une autorité indéniable. De plus, H. Nothnagel n'a mis à profit que les observations accompagnées d'autopsie. Il les a puisées partout où elles paraissaient présenter un cachet d'authenticité et de sincérité suffisant et, à ce point de vue, son impartialité et la place qu'il donne dans son livre aux travaux de l'Ecole française méritent d'être signalées. Ënfm il n'a pas craint d'avouer l'état encore imparfait de la science partout où des faits contradictoires ou en trop petit nombre ne permettaient pas de conclusions précises. Âu lieu de combler ces lacunes par des hypothèses, il a préféré laisser à l'aveoir le soin de compléter son œuvre, de la rectifier en certains pmnts, de la confirmer sans doute en grande partie.
Cet ouvrage est donc un livre de bonne foi et, nous avons hftie de Ti^outer, il est écrit suivant une méthode que depuis de longues années nos maîtres en nenropathologie se sont appliqués & vulgariser. En présentant au public français le livre de son éminent collègue, M. le professeur Charcot ne pouvait manquer de rappeler que cette méthode c à laquelle
Broca doit la découverte mémorable qui a rendu son nom à jamais illustre >, il l'avait lui-même fait prévaloir en toute occasion. Mieux que personne, l'illustre professeur pouvait affirmer qu'il convient plus q«e jamais de rester fermement attaché À ces principes c aujourd'hui que, en matière de localisations cérébrales, le désarroi est daps le camp des expérimentateurs, les uns niant formellement ce que les autres affirraentaTec »on moins d'autorité >.
Pour bien montrer d'ailleurs que, ^il a prétoidn rester avant tout et surfont clinicien, M. NotiHiagel reconnaît la valeur des interfirétations que peut fournir à la clinique la méthode des vivisections, le savant professeur de vienne nous annonce comme devant paraître prochainement un autre ouvrage destiné à faire connaître tous les services que peuvent rendre à la patholi^ie les expériences physiolo-
Siques pratiquées sur le cerveau. Hais, comme le dit encore* [. Charcot, dans toutes les recherches qui ont l'homme pour sajet, il ne faut jamais oublier que, relativement aux fonctions des centres nerveux supérieurs, l'homme diffère' en bien des points des animaux même les plus élevés dans l'échelle et que, par conséquent, l'expérimentiUion la plus ingénieuse, la mieux conduite ne peut donner que des présomptions et non une démonstration absolue^
(Test donc cette démonstration clinique etanato-mopathologîque que le professeur Nothnagel s'est effbrcé de dédoire d'observations rigoureuses. Gelle»-ei, qu'elles soient personnelles mi piiisées à des sources autonsées, sont au nombre de plus de 500. Ou ne déniera donc pas aux conclusions de . l'auteur une valeur que donnent le nombre et l'exactitude des documents sur lesquels elles s'appuient.
Bans une première partie H. Nothnagel décrit la symjitomatologie spéciale du cervelet, de la protubérance annulaire, de la moelle allongée, des différentes régions du cerveau, etc.,, et, dans une deuxième partie, il étudie synthéliquement les sympt6mes des lésions en foyer, c'est-à-dire les troubles de la motilité, de la sensibilité, des organes des sens, des fonctions réflexes, etc. On ne peut attendis d'un compte rendu bibliographique l'exposé analytique complet des données, fournies par l'étude de ces divers chapitres. Ce que nous avons dit de la méthode de l'auteur suffira pour permettre d'apprécier la valeur et rintérét de son ou^i^. Hais il nous faut ajouter que H. le docteur Kéraval y a annexé un atlas de l'anatomie normale du cerveau dont les planches très nettes et expliquées avec le pies grande précision éclairent ces; qnestions si complexes et permettent de suivre sans doute ni ' fatigue les descriptions de l'auteur. Be nombreuses notes égar lement dues au traducteur mettent ce nouveau traité au courant d'une science dont le domaine s'enrichit tous les jours. < L'auteur, dit H. Charcot, ne pouvait rencontrer un interprète ni plus consciencieux ni plus autorisé. » Quant au livre lui-même, il aura, dit-il, t la bonne fortune d'être cou- ' sttlté avec fruit non seulement par les médecins auxquels il s'adresse direetemenl, mais aussi par les physiologistes ; car si les faits qu'il renferme ne fournissent pas encore, pour le moment, les éléments d'une doctrine arrêtée concernant le rôle physiologique des diverses riions cérébrales chex l'homme, ils représentent cependant les matériaux de résistance à 1 aide desquels, lorsaue les temps seront venus, cette doctrine devra surtout être édifiée. *
On comprendra que nous empruntions à l'éminent maître de l'Ëcole de la Salpêlrière le jugement si désintéressé qu'il
Sorte sur une œuvre qu'il est mieux que personne À même 'apprécier k sa juste valeur. L'approbation sans réserves de M. Charcot est pour le livre de Nothnagel une garantie de plus du succès qui l'attend en France après lui avoir, en Âllemagnef assure la plus légitime renommée.