‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 165 sur 228 · L. UKBSULLET, PAUL lECLHS · texte numérisé non relu

L. UKBSULLET, PAUL lECLHS

ÂànÊÊM tout M qui coneerne ta f^Kfim an nige du Comité, ehu M. buuotE, 91. nie de Lif/^ (aniit le nurdi de pr<Kreace).

V»lr I 4e ta CMiTertmre riodleAtUorn «m ACVÊ0 BB LÀ VACMSVtK »K HÉDRCMB »E IPAKI*

(Thèses, examens, cours, etc.) et étwvrm «mumM latéreMaat le vnWle HédiMl.

SOMUMItB. — Paris. Acidémie de médecine : OonUgiosib! do la Ifpre. — Le choléra de LjoD. — U> jMigvta et l'oMaild^ ~- Qmtîonii d'aKâMtlao nearale ; lea récîdtvistca. ^ Travaux OBICIMAUX. Cliniqiw médicale : Du rdiréclwnient primitif de l'oesophage. — Tlidra peu tique aipdriméntale : Sur lea revacci nations pntiquéet an uioyea dn Vaccin «iiinal. — COMeab aciiNTmgui. AuembUs de* iialuralislei et médecin» allemands i Sira*bo«rf. — 9oaittts SAVUlTea. Académie des sciences. — Académie de médecine. — Société médicale dos faftpilaux. — Société de chirurgie. — Société anatomiqoe. — New-York palhologkal Soclelj. — RevUB dbs journaux. — Bibliographib. élndo crilique sur la grande hyst^c. — Indes biblioçrapliiquc. — VARiiTÉs.

Paris, 13 octobre 1885.

ACADÉNlli DE HÛDliCINB : CONTAUIOsIlTÉ DE Lk LÈVRE. — LE CHOLÉRA DE LYON. — LES SAIGNÉES ET l'oBËSITÉ. — QUES- TIONS d'AUÉHATION mentale. — LES RÉCIDIVISTES.

AmMmU de Med4eela« : OvMasImU* de la lè^.

C'est la troisième foisj, pour le moins, que TAcadémie de médecine est saisie de la question de la contagiosité de la lèpre^ et saisie par des confrères qui ont été en situation d'étudier longuement la maladie dans les pays où elle règne endémiquement. Nous parlons du docteur E^.heverria, de Clot-Be; et de H. Zambaco, dont le récent travail est devenu, sur un excellent rapport de M. Constantin Paul, le point de départ de la discussion actuelle. Il est bon de remarquer que le docteur -Ëcheverria possédait, si on osait le dire, une qualité particulière, qui était d'être lépreux luimême, séquestré dans la léproserie de Quito (Equateur), et de pouvoir ainsi observer de près l'effet des communications individuelles entre les malades et les personnes saines, soit du dedans .soit du dehors. Or ces trois observateurs sont hostiles à l'opinion coiita^ionniste. -

La question de contagion semblerait tout d'abord ne devoir pas donner grand embarras. Elle repose sur des faits matériels et peut se résoudre par l'observation directe ; un seul fait positif autoriserait une conclusion afGrmative ; mais ce fait, se produisant au milieu de circonstances nombreuses et diverses, susceptibles d'intervenir dans l'étiologie du mal, ne peut être isolé et dégagé qu'à des conditions très diniciles à réaliser. De là des interprétations variées et contradictoires, c S'il est une question, écrivions-nous eu 1851, à propos de la communication de notre confrère de Quito, qui échappe aux décisions de la méthode numérique, c'eM à coup ^làt celle de la contagion. Il n'y a qu'one méthode

S* Ste». T. XXII.

applicable , à l'espèce (la contagion en général);' c*êsl celle qui, ne s'inquiétunt pas du nombre des faits, s'applique à rechercher dans celui qui est devant elle s'il y a entre la cause et l'efTet présumés des caractères spéciaux qui en attestent la corrélation. Contagion et hérédité supposent l'un et l'antre deux termes qui se suecèdent. Y a-t-il ehtre celui-ci et celui-là sîmilitu<te ou analogie de caractères, similitude ou analogie dans le siège du mal, dans les caractères anatomiques, dans la symptomalologîe, dans la marche, etc.? S'il y a des différences, sont-elles essentielles ou accessoires, primitives ou secondaires? Voilà en gros le problème. > (Gaz. méd. 4e Paris, 1851, p. 319.) Et comme Echeverria distinguait quatre ou cinq formes de lèpre, nous ajoutions que la contagiosité de la lèpre serait démontrée par un seul cas dans lequel le contact d'un ulcère aurait été suivi du développement de lésions caractéristiques sur le point touché, ou encore si l'on constatait un rapport entre telle forme de lèpre développée après communication avec un lépreux et la forme que portait le lépreux lui-même.

Ce cas type, ce cas sauveur de l'opinion contagionniste, pu ne parait pas l'avoir rencontré encore danS nos cHmats. H. Hardy l'a cherché en vain dans le cours de sa longue carrière et M. Vidal lui-même, tout contagionniste qu'il est, ne l'a pas rencontré davanlage. L'ob^ervalion autorise donc les médecins du centre de l'Europe à soutenir que la lèpre de ces pays n'est pns contagieuse. La sagesse leur commiande-t-ellie de faire une réserve pour la lèpre exotique, à' peu près comme on est amené à le faire pour le choléra et la fièvre jaune? C'est un point toujours douteux. À s'en rapporter aux documents ou à peser leur valeur respective, l'opinion probable, comme diraient les casuistes, est que la lèpre, même exotique , n'est pas contagieuse. M. Le Roy de Méricourt, a donné avis à l'Académie, d'après un article encore inédit du Dictionnaire encyclopédique, qu'un des médecins de la marine tes plus distingués et qui à visité tous les pays à lèpre, M. de Brassac, n'avait jamais constaté un cas de transmission contagieuse. Il faut dire cependant que M. de Brassac ne va pas jusqu'à contester fbrmellement le fait général de la contagion; il s'en défend même en termes exprès ; mais il est clair aussi qu'il n'a été convaincu paV aucun des documents conlagionnistes.

Ces documents, il est fïcheux pour M. WaTqu^ilrOfJ^^ ait pas, de sui c6té, tous connus (â'^ëS^ ïiyeVfRA^Hl^^ de contraires, mais aussi de favorables à son' opinion. Le

GAZETTE HEBUOtfADAIRE DE HÉOEGINE ET DE CHIRURGIE 16 Octobre 1883

fait de l'envahissement des Sandwich par l'intermédiaire d'un lépreux chinois en 1884 est considéré par de Brassac comme mêlé à des exagérations et à de fausses interprétations, mais non comme imaginaire. Si, en ce qui regarde les colonies anglaises, la plupart des rapports médicaux ont conclu à la non-contagion^, d'autres ont fait des réserves relativement & l'inoculation directe. On nous saura gré, peutêtre, d'emprunter à notre collègue de la marine le passage de son remarquable travail qui est relatif à l'enquête dans les colonies.

« En 1862f sur l'initiative du sous-seorétaire d'État pour les colonies anglaises, eut lieu une vaste enquête sor le mode de transmission et de propagation de la lèpre. Le Boyal Médical Collège de Londres prépara an questionnaire qui fut adressé à tous les médecins ou comités médicaux des possessions anglaises d*outre-mer. Des 250 rapports parvenus an Royal Collège, la grande majorité concluait à la noncontagion ; aussi l'illustre Compagnie, se basant sur cette quantité (»>nsidérable de renseignements, crut pouvoir formuler les conclusions suivantes :

> 1* Il existe un accord presque unanime pour considérer la lèpre comme souvent héréditaire, mais aussi que la maladie se manifeste souvent sans qu'il puisse être question d'hérédité.

» 2° La conviction presque unanime des observateurs les plus expérimentés des différentes parties du monde est entièrement opposée à la croyance que la maladie est contagieuse ou communicable par proximité ou contact avec les malades.

» Le Cohnialoffice ne borna pas 1^ son enquête; il envoya en mission aux Indes occidentales, un des membres les plus distingués du Royal Collège, U. le docteur Gaviùs Milrop, qui formula à son retour les mêmes conclusions que le comité du Royal Collège.

» En 1872, le duc d'Argyle fit faire la même enquête dans l'Inde britannique par les soins de deux dermatologistes éminents, MM. les docteurs Tilbury Fox et T. Farf^uhar, qui dressèrent un questionnaire auquel devaient répondre les médecins de l'Inde. De toutes les réponses fournies, et aussi d'après leur propre expérience, les deux médecins conclurent à la non-contagion, tout en faisant des réserves au sujet de la question d'inoculation, i

H. Vidal a invoqué l'exemple de la Norwège, où le nombre des lépreux diminua considérablement après que des mesures d'isolement eurent été prescrites et soigneusement appliquées. Or Virchow, sur l'examen des mêmes faits conclut à peu près sans réserves contre la contagion. Ici, encore, nous citons M. de Brassac, nous faisant un devoir de rapporter les documents à ta source où nou^ les puisons.

( Le docteur Van Dyke Carter, au contraire, après avoir visité la Norwège, inclinait vers la contagion ; mais Virchow, qui avait été invité par le gouvernement norwégien à dire son avis sur les causes de la lèpre qu'il avait étudiée dans le pays même, avoua que, pour le moment, il est difficile de déterminer les vraies causes ; mais il nia la virulence et la contagion, tout en admettant l'hérédité on mieux l'hérédité de la prédisposition ; de plus, constatant que la lèpre de Norwège devenait en quelque sorte plus bénigne et moins fréquente ches les Norwégiens issus de lépreux et émigrés dans l'Amérique du Nord, l'illustre professeur admit des causes occasionnelles spéciales.

> Virchow voulut, lui aussij faire une enquête et fit appel aux médecins de Ions lès pays à lèpre. Les réponses qu'il

reçut ne le fixèrent pas d'une manière précise, mais presqs; toutes pourtant sont en faveur de l'hérédité et U plupar contre la contagion. Parmi ces réponses, nous nolerixid'abord celles des médecins japonais ou exerçant au Japwi:

> 1" La disposition héréditaire doit être consid6rée commprouvée; quelquefois elle saule une génération ;

> 2° L'infection n'a lidu ni par le mariage, ni par le commerce charnel ;

» 3" Ils ne connaissent pas de cas de contagion directe bif constatée ;

> 4" Il n'y a au Japon ni léproseries, ni MkpilaaK, pas pk' que de prescriptions hygiéniques ou ordonnances légale rrlatives aux lépreux. >

Nous nous permettrons enfm de signaler à H. Vidal, jii ne l'a pas mentionné dans sa lecture (car notre atteattM peut avoir été en défaut)j. l'ouvra^ d'uu mlssioanair; dominicain, aumônier d'une léproserie de la TrinidiJ. ouvrage publié il y a peu d'années, et qui a pour litre : L~lèpre est eentagieuse.y oi\k qui est clair; mais comme M.ét Brassac, nous nous méfions fort de ces ouvracee d'eodésiastiques, fort intelligents pour la plupart, mais lalqaes à l'égard de la médecine, et qui sont peu familiarisés avec Im exigences de l'observation scientifique. Le savant père ne tient, paralt-il, aucun compte de tout autres docamenb que des siens propres.

DBCHAxaas.

Au commencement de la séance, une courte, mai$»w vive discussion avait eu lieu entre M. Ë. Besnier ïtlt^- Guérin, au sujet d'un ouvrage de M. le professeur Tâ^s-^. sur le choléra de Lyon. D'un autre côté, M. Dechambrea^ifl donné, à l'occasion du procës-vert)al, quelques driaib>des recherches expérimentales qu'il a poursuivie-s en avec M. le professeur Vulpian {Gaz. hebd., 1866) el c^quelles il ressort que 4es saignées rép>étées peuvent amt' une influence très notable sur la production de robésilê J

Question» d'allénatlim iHealale. — I<m r^ddhtou*-

La pratique des maladies mentales, outre ses dif&aUÂ toutes spéciales, a ce caractère particulier qu'elle mel à t»o» moments le médecin en face des plus graves respoosahililc^- S'il y a des cas où l'on peut considérer l'aliéné rorame gvëri et à l'abri de nouveaux accidents, sous la garantie de vrrcautions qu'on a soin de recommander, et conclare à «s sortie en toute confiance, il en est d'autres, et bien plus t'r quents, dans lesquels le médecin aliéniste qui s%ae on tx<sait paifaitement que son malade lui rMieudra fotalem^ti et à court délai, et que le sujet actuellement tranquille *! raisonnable qu'il rend à la société peut être Irausfornir quelques heures en une brute instinctive aussi dangerev pour elle-même que pour les autres. Que faire en pareil r - Garder le malade, qui peut dansnn nouvel accès commrc quelque violence grave ou même quelque crime? Attei que la guérison soit consolidée? C'est là précisément qm < la difficulté. Tel malade entré en plein délire va se ral.< enqueiques jours. Le progrès persistera ; au bout d'un < ou deux, pins tôt quelquefois, toutejrace d'excitation

(4) Errat^tm. — Daitt l'analy»e qni a été Ute <»Ji^^^4'@'' ' ^ main Séc (paga 3Sé, ligne 3} au Usa de : < «oanevit** ï l^ena da

i6 OcTOBBi 1886 GAZETTE HBBDOHAOURS DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

dispara, et il en sera de vaéme pendaal tout le temps que le . malade restera à l'asile, sans qu'il soit possible de savoir si la guérison se maintiendra, i'^at une fois prononcé.

Quelques exemples feront toucher du doigt ces difficultés sans cesse renouvelées. C'est, du reste, par centaines que les faits de ce genre peuvent être recueillis.

Je n'en citerai que deoi, qui peuvent être considérés comme typiques :

Une jeune fille de quatorze ans, grêle, délicate, entre dans UD asile pour manie éretique. A peine entrée, l'excitation disparaît, et au bout de quelques jours cette jeune ûlle travaillait à l'ouvroir, calme, ûlencieuse, et ne donnait lieu à aucun reproche. Sur les instances dn pére, veuf, et empêché par ses occupations de surveiller sa ûlle, on la garde dans le service, où elle passa plus de cinq ans. Jamais sa bonne conduite ne s'était démentie. Elle avait, au bout de quelques mois, obtenu la liberté de circuler dans la maison, de faire les commissions dans les différents services, où elle se rencontrait avec les hommes employés. Aucunie faute n'avait été commise, et elle était attenlivemcnl surveillée. Au bout de cinq ans on la remit & son père. Elle parait animée des meilleures iatentioDs, et aucune allusion ne peut être faite à son passé sans qu'elle manifeste unehonteextrémeetpleureamëremenl.

Installée chez son père, chni^ée des soins de son modeste ménage, elle est quelques jours après laissée seule au logis pendant que l'ouvrier allait à son travail.

Moins d'une semaine après soa départ, elle est ramenée au service. La veille elle avait fait monter plusieurs hommes (huit, dit-elle) dans sa chambre et s'était complètement; livréCi ainsi que l'attestent la rougeur et les excorijstions de la vulve. On la reprend dans le service; elle y était encore cinq ans après, toujours aussi raisonnable en apparence, 9i ' demandant instammenlày être conservée, se déclarant incapable de lutter victorieusement contre les impulsions qui la . dominaient dès qu'elle était abandonnée à elle-même.

Ici on se trouve en présence d'un cas exceptionnel. Les manifestations de la manie érotique se réveillent rarement, après être restées aussi longtemps silencieuses, sans que tout au moins des symptômes d'hystérie plus ou moins prononcée aient rempli l'intervalle de ces accès éloignés. Le médecin pouvait donc, à bon droit, considérer sa malade comme guérie, et la rendre en toute sécurité à la vie commune.

Mais il est d'autres cas uiî la confiance dn médecin est loin d'être aussi complète, où il prévoit, au contraire, le retour des accidents, et où cependant il est obligé de libérer son malade. On voit que nous avons particulièrement en vue les épilepUqafls et surtout les alcooliques.

Une observation toute récente nous fera bien comprendre.

X... est un homme de quarante-cinq ans. II entre pour In cinquième fois à Bicëlre comme alcoolique et épileplique. Il a déjà passé seize fois devant les tribunaux pour violences, vagabondage, vols, etc. Ses violences ont particulièremeat pour but sa mère, dont il veut extorquer de Tai^nL Plusieurs fois il a été renvoyé de la plainte comme irresponsable, en présence de crises d'épilepsie constatées ou admises. Sa dernière entrée date de cinq mois. A ce moment, il présentait tous les signes de l'alcoolisme aigu : délire spécial, tremblements, etc. De plus, il était suspectd'épilepsie. Trois semaines après, l'excitation était calmée. On n'avait constaté aucun symp.tàme comitial. L'homme travaille au jar-

din toute la journée, sa conduite est bonne; il est inoffensif. On le garde quatre mois en surveillance au point de vue de l'épilepsie. Rien ne se montre. Le médecin du service conclut à sa sortie.

Est-ce à dire que notre distingué confrère le croie à l'abri de toute récidive? Mieux que tout autre, il sait que cet alcoolique invétéré, déjè traité à six reprises différentes dans les hospices, est fatalement voué à une récidive prochaine. A peine mis en liberté, cet homme va reprendre ses habitudes d'ivrognerie. Des attaques nerveuses épileptiformes se manifesteront sous l'influence de l'excitation alcoolique. Les violences, les menaces, les vols se renouvelleront, et une nouvelle entrée sera demandée d'oflice.

Doit-il le garder? Mais l'amélioration qui s'est toujours produite en quelques semaines, aussitôt que cet homme a été soustrait aux inlluences nocives, cette amélioration ne sera jamais une guérison complète, pas plus dans six mois ou dans six ans qu'aujourd'hui. Ennuyé de sa détention, cet homme finira par s'évader si on lui refuse sa sortie. On ne peut pas l'enfermer à la sûreté, au milieu des agités dangereux ou des criminels; et pourtant on sait qu'on rend à la société un membre évidemment nuisible ou destiné k le devenir prochainement.

Nous avons pris deux exemples. Nous aurions pu en fournir cent. Les asiles d'aliénés regorgent de malades de ce genre, et la question est toujours la même, toujours résolue identiquement par tous les aliénisles. Le malade doit être considéré comme relativement guéri et logiquement échapper à la tutelle médicale.

On s'agitera toujours et stérilement dans le même cercle tant qu'on ne l'aura pas résolument brisé. C'est à la société, c'est-à-dire au législateur, qu'il appartient d'ouvrir une nouvelle voie, en dehors de laquelle il n'y a que compromis et fausses mesures. Il faut protéger la société contre les dangers qui la menacent de la part de pareils malades, et protéger ceux-ci contre les instincts vicieux ou criminels auxquels ils sont moralement incapables de résister. Ce sont des récidivistes contre lesquels il faut être armé.

Le seul moyen nous parait être la création d'asiles spéciaux, d'ateliers, d'ouvroirs, de fermes destinés à recevoir ces malades au bout de deux ou trois passages à l'hospice. Ces maisons de refuge pourraient être organisées de manière à laisser aux malades une liberté relative. Les gains qu'ils réaliseraient par leur travail serviraient à améliorer leur situation dans l'établissement, à aider leurs familles, s'ils y consentaient. Les malades y seraient placés sous une sorte de tutelle administrative, soigneuse de les préserver de leurs propres instincts et d'améliorer leur situation en raison de leur relèvement moral.

Nous ne voudrions pas qu'on pût inscrire sur la porte de ces asiles le Tôt cAi intrate... qui ferme toute espérance. Certes le médecin pourra, à un moment donné, quand il aura constaté cbei son malade une modification profonde et durable, entr'ouvrir la porte et confier le malade à sa famille, si elle le réclame, pendant un temps variole. Mais ce ne sera qu'une main-levée ; il aura toujours son malade sous sa tutelle et pourra le reprendre d'autorité à la moindre plainte sérieuse.

Nous ne voulons poser ici qu'un jalon; une mesure de ce genre doit être profondément méditée par le l^iste aussi bien que par le médecin. Bien des modifiçatjons peuvent être apportées au régime de l'interné, mais une décision* s'imposé. En adoptant iKOtré proposition, on sauVegàrdeJ'in-

16 Octobre 1»

térét social et on respecte autant que possible celui de l'aliéné. Du même coup on débarrasse les asiles d'une foule de sujets dont on ne sait que fHire, personne n'osant assumer la responsabilité d'une libération immédiate.

C'est déjà bien assez que tes services soient encombrés de malheureux atteints de paralysies, démence sénile, aFTaiblissement mental. Nous reneontrons chaque jour dans nos asiles de pauvres vieillards absolument inolTensirs qui, dans les familles aisées et honnêtes, vivraient entourés d'alTeclion et de respect, et qui terminent leur misérable existence dans cet eiïroyable milieu que représente un service d'aliénés, souvent en bulle aux violences, aux insultes de ceu% qui les entourent, et incomplètement protégés, malgré la surveillance des employés. Pour ceux-là le remède est tout trouvé. Il faut multiplier les asiles, agrandir ceux qui existent. C'est un progrès qui s'impose, mais qui ne peut être réalisé que dans des délais plus ou moins éloignés. Quand à nos récidivistes, il est vraiment temps d'aviser.

Blachez.

TRATAUX ORIGINAUX

Cll«lq«« mMlealv.

Dv HÉTRÉcissEMEKT PRIMITIF DE l'œsophage (1). Communication faite â la Société des hêpitaux dans la séance du 9 octobre 1885, par M. te docteur M. Debote, agrégé de la Faculté, médecin del'bdpital Andral.

Au mois d'avril 1883, j'avais l'honneur d'entretenir la Société des hôpitaux d'un cas de rétrécissement primitif de l'œsophage. Il semblait que ce dût être un fait rare, mais il est probable que la rarelé en est seulement apparente et doit surtout être attribuée à ce que l'attention des auteurs n'a pas été suffisamment attirée sur cette variété de rétrécissement. Aujourd'hui, en effet, je puis vous en rapporter une nouvelle observation.

Le 29 juin 1885, entrait dans mon service le nommé Langlois, ^é de cinquante-cinq ans II était dans le coma, la face était roufte, congestionnée, les veines du cou dilàlées; les excitations des membres permetlalent de reconnaître qu'il n'y avait point de p.iralysie de 1» motilité ni de la sensibilité. Les urines et les matières fécales étaient involontairement expulsées; les urines ne contenaient pas d'albumine. Dans cet état de choses, il nous parut absolument impossible de formuler un diagnostic.

Dans la journée, le malade fut agité, voulut quitter son lit, on lui fit une iifjection de morphine; le 30 juin, il prononça quelques paroles incohérenles; les 1. 2 et 3 juillet, il reprit peu à peu ses sens, il ne lui resta qu un grand sentiment de faiblesse et il put raconter l'histoire de sa maladie.

Il n'a point connu son père, sa mère serait morte d'hémorrhagie cérébrale. Sa santé était bonne, il avait seulement eu quelques pituites le malin, accidents qui semblent devoir être rattachésàses habitudes peu lempéranles, lorsqu'on 1869 il eut le même jour deux hématémèses abondantes ; elles entraînèrent un tel élatde faiblesse qu'il dut garder le lit quinze jours, puis reprit son travail habituel, mangeant bien, digérant bien, n'ayant aucune douleur d'eslomuc.

Dix ans plus tard, en 1879, il est pris d'une nouvelle hémalémèse, il entre k rhèpilal Cochin, on le met au régime lacté. Depuis celte époque, les digestions sont devenues plus diffi-

(1) A la Mïla de la ititcuMiiHi à Iwjuellti ce Irtv^il a iouai lieu au HÏn do la Sudël^, U. Debote a mnplacé ce Itire par uelui do : RélHviuement eotu^uiif mue uteénMoM de r«e«opkatfe. (Voj. plu* loin, p. m.)

ciles et les vomissements assez fréquents après le rfpa.. en résulte un ét it de faiblesse etd*ama^rissemeDt qui bid les personnes qui l'entourent. \ En 1882, nouvelles hématémèses abondantes, qui àvié

Quatre jours, et qui auraient amené le rejet d'une f\m4 e sang évaluée à deux litres Le malade entre alors à la litl dans le service de H. Joffroy ; on le garde «x seuuiittïl l'hôpital et onluifaitdeS lavages de l'estomac; la sonileu» pht^enne passe sans rencontrer d'obstacle. Notre hooiri sort de 1 hApital trte amélioré, continue ses lavages pend^nifli mois, puis cesse tout traitement pendant trois mois.Âal4i de ce temps, il commence à ressentir des donlcDrsdwti région de répigastre et dans la répon vertébrale au ni» de la huitième vertèbre dorsale, s irradiant versl épult.1 essaie de reprendre l'usage de la sonde, mais siperjd qu'elle ne passe plus. I L'alimentation devient difficile : un peu de soupe h è

fioisson sont seuls lolérés, le pain ne peut plus être iii;^^; es bouchées de pain s'arrêtent dans l'œsophage, eipr i^ quent une gêne vive jusqu'au moment où elles sont rcjfv

{tar une sorte de vomissement œsophagien. Le maladey'jÉ brcé de se mettre aû régime lacté exclusif à la fin M L'année suivante, aucun changement ne se produisii,à« n'est que la déglutition même des liquides deveaiiide.H en plus diffldie et qu'ils devaient être ingérés parlrës pc-ib quantités à la fois.

Le dimanche 28 juin 1885, le malade, qui était plussmlHui depuis quelques jours, est pris d'hémalémèse, rejette mi verres d'un sang rouge qui se prend en caillot, et perd » naissance. Les personnes qui l'ont veillé ont constaté dau^l' nuit suivante trois attaques convulsives, sur lesquelles m y put avoir que des renseignements très incomplets. Le imitmain 29 juin, le malade était admis à l'hèpital. avons dit précédemment dans quel état comateux sousTanii^ trouvé.

Nous prescrivons, dès que le coma a cesse, du lai>.ii^ bouillon, des potages, qui ne sont ingérés q^u'aveceni« difBculié et produisent de vives douleurs au niveau de li|^ pendice xipholde. II arrive même que le tapioca un peuep» ne peut plus être dégluti, il s'arrête dans rœsopbage.caait une sensation de gêne qui prend fin lorsque le malade, iMnduisanl les doigts dans la bouche, provoque un vomiKW* œsophagien.

Le 6 juillet, une sonde introduite permet de consUler fui existe uu rétrécissement infranchissable à la panieiafcnrin de l'œsophage.

A dater du 20 juillet, le lait ne passe plus qu'avet extrême difficullé, la faiblesse et ramaigrissenietilsonll|^

rirononcés, il devient nécessaire d'intervenir si on veut piw a mort par inanition. Hais pour intervenir, ilétaiué^'v de faire un diagnostic, el ce n'était certes pas sans diffit»»^ Il ne s'agissait pas d'un rétrécissement dû à ringetitioii^ substance caustique, tes antécédents le démontraient surabo damment. Or, en pareille circonsUnce, il est de règ e <l>"|| admette un rétrécissement cancéreux. Et cepeuoi"' longue durée de la maladie devait faire écarter ce diagf''^'^ 11 nous parut vraisemblable qu'il s'agissait d'un f*''^'®^ ment consécutif à quelque ulcération spontanée de phage, d'un rétrécissement tout a fait analogue a ce"" l nous avons décrit dans une première cominumcalwo dans cette Société.

Nous avons en effet une première période j"." caractérisée par des vomissements de sang qui i^dj^jy, une lésion nlcéreuse et une seconde période, période tricielle, caractérisée par les signes du rélrécissemeni pliaffieii. .. , ,„ab

Le diagnostic posé, nous résolûmes d'avoir recours * lilatalion forcée. Dans ce but, lej;alhéler de [.^SP^^'jl

dilatation

nous TOUS avons Jadi&j>résenlé'fi4 II] mais ne pnt franchirais 'tl^élïfs

16 Octobre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHlRUAGIfi — N* 42 - 677

fût terminé par une extrémité arrondie, ne dépassant pas le volume d'un gros pois.

Nous nmes alors ajuster à l'extrémité de cette boule une petite bougie, et le 6 août nous réussîmes à Tranchir le rélrécîssement. Il fut nécessaire de Taire un effort considérable, il était à craindre qu'il ne se produisit quelque fausse route, mais . il nous parut préférable de risquer une fausse route plutôt que de faire pratiquer une fistule stomacale, dernière ressource qui pût sauver le malade de l'inanition, mais, il faut Tavouer, bien triste ressource.

Dans la même séance, nous fîmes passer plusieurs des olives de notre appareil ; nous dûmes pour cela employer la force et il se produisit une bémorrhagie peu abondante. Immédiatement après l'opération, un verre de lait fut dégluti avec la plus grande facilité. Il y avait plus d'un an, au dire du malade, qu'il n'était arrivé à un parpil résultat.

Les jours suivants, on fit glisser sur le cathéter des olives de plus en plus grosses et le 11 juillet le malade déglutissait du jiain et de la viande sans aucune difficulté.

Depuis celte é^que, notre opéré mange bien, a repris tout^ ses forces, il est seulement obligé d introduire malin et soir une sonde œsophagienne, du modèle que nous avons présenté à la Société et qui nous sert'à faire des lavages de i'eslornac: il introduit lui-même cet instrument et il est probable qu'il devra toujours avoir recours & cette manœuvre s'il veut éviter une nouvelle coarctation de son rétrécissement cicatriciel.

Une seule fols, le 23 septembre, la sonde de caoutchouc ne put être introduite par le patient, et nous introduisîmes une olive dilatatrice.

Comme on le voit, l'histoire de ce malade est idenlique à celle du nommé D... (Société des hépitaux, 13 avril 1883). Dans l'un et l'autre cas, il s'agit de rétrécissements primitifs survenus très vraisemblablement à la suite d'ulcérations sponlanées de Tcesophage.

Ces fàits sont bien intéressants parce qu'ils montrent que tous les rétrécissements spontanés ne sont pas des rétrécisments cancéreux, notion capitale, puisqu'une intervention opportune peut sauver des malades, condamnés à une mort certaine par une expectation résultant d'une erreur de diagnostic.

Il nous reste à faire une dernière remarque. Lorsque le nommé Langlois est entré dans notre service, il était sans connaissance. Y avait-il un rapport quelconque entre cette attaque comateuse et le rétrécissement de l'œsophage? Au premier abord, on est tenté d'admettre qu'il n'y en a aucun, mais nous ne pouvons nous empêcher de faire ressortir que notre premier malade a eu cinq fois des accidents nerveux graves, attribués à l'alcoolisme.

Il nous semble donc que dans l'état des choses, il est bon de signaler les accidents nerveux observés ches nos malades; les faits ultérieurs serviront à décider s'il s'agit d'tane simple coïncidence.

Etudes comparatives sur les revaccinations pratiquées . en janvier et février 1883 au moyen de vaccin animal, obtenu par la culture du horse-pox spontané sur une génisse, au moyen de vaccin de revaccinés et de virus vaccinal recueilli sur une génisse inoculée avec du vaccin de revaccinés ou de rétro-vaccin, par h. ic docteur £. Lohget, médecin-major de première classe, au 32* régiment d'artillerie.

(Fin. — Voy. le numéro 41.)

11. — Revaeeinations de jeunes soldats au moyen de mcein de retfoecinés.

Les re vaccinations ont été faites cette année, au 3^' régiment d'artillerie, en se servant de vaccin recueilli sur des

adultes revaccinés et sur une génisse inoculée avec du vaccin d*adultC8 revaccinés.

L'emploi du vaccin d'adultes revaccinés et du rétro-vaccin m'a permis de nouveau d'établir entre ces deux virus vaccinaux des comparaisons sous le rapport de leur activité respective, ainsi que des avantages et des inconvénients qu'ils peuvent présenter pour les revaeeinations dans l'armée.

Le vaccin d'adultes revaccinés m'a servi à faire cent treize revaccinations au régiment; il provenait de virus recueilli au sein de pustules vaccinales normales développées chez de jeunes soldats revaccinés du 76* régiment d'infanterie. L'évolution des boutons de vaccine s'est faite régulièrement dans la majorité des cas; mais, chez onze jeune, soldats du 32* régiment d'artillerie, il se produisit, vers le neuvième jour, au moment de la période de suppurations des phénomènes locaux et généraux qui, -pour j)lusieur8, présentèrent une certaine gravité. Les tissus avoisinant les boutons, qui étaient volumineux et avaient pris, du neuvième aux dixième et onzième jours, un asppct purulent, étaient d'un rouge vif et tuméfiés sur une plus ou moins grande étendue. Il survint en même temps, chez plusieurs jeunes soldats, un état fébrile assez prononcé. Trois d'entre eux eurent de la lymphangite et des adénites sous-axillaires, il survint au bras des abcès qui n'eurent pas de suites sérieuses. Le virus vaccinal ayant servi & ces inoculations avait été en partie recueilli sur de belles pustules développées sur un jeune soldat ayant toutes les apparences d'une santé robuste. En présence de ces accidents, j'ai visité de nouveau avec soin le sujet vaccinifère et l'interrogeai sur ses antécédents ; il n'avait pas eu d'afff ction syphilitique et n'en portait du reste aucune trace. Les parents étaient sains, mais, dans sa première enfance, il aurait eu, disait-il, des croûtes laiteuses, et était parfois malade. Il convient donc de ne faire choix qu'avec la plus grande réserve des jeunes soldats susceptibles d'être utilisés comme sujets vaccinifères un examen même consciencieux pouvant ne pas révéler certaines conditions capables d'exercer une influence f&cheuse sur le résultat des revaccinations. D'après les tableaux comparatifs de cette année et des années précédentes, le vaccin de revaccinés ne m'ayant jamais donné des résultats inférieurs à ceux obtenus en employant le vaccin d'adultes vaccinés, le vaccin d'enfants, mais surtout le vaccin de génisse (rétro-vaccin), ne devait, à mon avis, être employé pour les vaccinations et les re vaccination s qu'à défaut de tout autre virus vaccinal.

Si le vaccin originel, par ses cultures successives dans l'organisme humain, c'est-è-dire sur un sol étranger^ peut

F»erdre à ta longue de ses propriétés préservatrices antivarioiques, i bien plus forte raison parmi les causes qui sont susceptibles de diminuer l'action du nrus, faut-il tenir compte de l'emploi d'une lymphe puisée à une source vaccinale devenue moins active. C'est ainsi que le vaccin de revaccinés, par suite de la culture des éléments figurés sur un terrain déjà modifié et appauvri par une vaccination antérieure et n'ayant recouvert que partiellement la réception vaccinale, ne donne que des resuttats inférieurs à ceux des autres vaccins.

IIL ~ Revaccinations de jemes soldats au moyen de vaccin provenant d'wM génisse inoculée avec du vaccin de revaccinés ou rétro-vaecin.

Tandis que le vaccin de revaccinés inoculé à de jeunes soldats antérieurement vaccinés ne me donnait ixlte année qu'une moyenne de 41,59 pour 100 de succèsj ce même virus, par sa culture sur la génisse, devenait l'origine d'une lymphe vaccinale active, avec laquelle il me fut possible d'avoir 64,04 pour 10U de succès pour le^uvacci nations pratiquées au bout de quatre fois vingt-quatre heures, noir compris les engagés conmtionnels, dont plusieurs avaiefi^ été^

678 » N* 43 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 16 Octobre 1885

revaccinés depuis leur naissance. Des résultats analogues ont été obtenus les années précédentes, en inoculant de même à la génisse du vaccin provenant de si^ets revaccinés et si les succès des revacci nations effectuées avec le vaccin de revaccinés, ou avec le virus provenant d'une génisse inoculée avec le vaccin de revaccinés ont pu parfois atteindre des moyennes ayant offert des varialions en plus ou en inoins, j'ai cependant pu constater que le vaccin de revaccines donnait toujours naissance par sa culture sur la génisse à un virus beaucoup plus aclif. Le pouvoir virulent du vaccin de revaccinés comparé à celui du vaccin de génisse ou du rétro-vaecin me parait être environ dans le rapport de 2 à X

J ai toujours obtenu en effet près d'un tiers de succès en moins en me servant de vaccin d'adultes revaccinés, alors que ce même vaccin inoculé à la génisse devenait cependant I origine d'une source abondante et active de virus vaccinal. La supériorité du vaccin provenant de la génisse inoculée avec du vaccin de revaccinés (rétro-vaccin) a été aussi démontrée par l'inoculation de ce rétro-vaccin aux jeunes soldats revaccinés sans succès avec te vaccin de revaccinés. Sur 53 jeunes soldats revaccinés sans succès en employant le vaccin d'aduUes revaccinés, puis inoculés de nouveau en se servant de rétro-vaccin, 20 furent revacci nés avec succès, i avec succès incertain. Le vaccin d'adultes revaccinés inoculé à la génisse est donc devenu l'origine d'une source vaccinale plus active par suite de la genèse des éléments figurés sur le terrain de culture qui leur est propre. Il convient aussi de rappeler que, pour réaliser tous les avantages que l'on est en droit d'attendre de l'emploi du vaccin cultive sur la génisse, il faut avoir soin de tenir un compte exact de l'état des pustules, avant de pratiquer les vaccinatioui ou les revaccinations. C'est au bout de cinq fois vîngtquatre heures, qu'il est utile de se servir des boutons de vaccine ; ils ont encore acquis un développement suflisant, pour que l'on puisse y puiser la l][mphe vaccinale ; mats les Boutons peuvent suivre une évolution plus rapide ; il est bon, dans ce cas, de ne pa<; attendre davantage. Cetle année, les pustules vaccinales ayant acquis sur la génisse un développement suffisant au bout de quatre fois vingt-quatre heures, en vue de ne faire usage que d'un vaccin pourvu d'éléments figurés jeunes et doués d'une grande énergie, je me suis servi au bout de quatre-vingt-seize heures des boutons, qui me paraissaient alors avoir acquis le même développemeiU que des pustules au bout de cinq fois vingt-quatre heures. En me servant le lendemain (c'est-à-dire au bout de cinq fuis vingtquatre heures) de ce vaccin de génisse, je n'ai plus obtenu que 50 pour 100 de succès dans les revaccinations. J'ai eu soin aussi, en appliquant les pinces de bois, de n'exercer à la base des pustules, dont j'avais déchiré et enlevé la couche superficielle, qu'une pression suffisante pour fuciliter la sortie de la lymphe, sans en exagérer les effets ; le rendement du liquide est amsi suffisant, et 1 on n'est pas exposé à inoculer une lymphe douée de peu de virulence. Je n'ai effectué en moyenne qu'un peu plus de quatre revaccinalions par bouton, en pratiquant sur le bras gauche trois piqûres. Pour uti groupe de 109 jeunes soldats, j'ai obtenu ainsi 70 succès certains et 14 incertains, soit une moyenne de 64,22 pour 100 de succès certains. En pratiquant 10 piqûres (5 sur chaque bras) au moyen de vaccin puisé bur un seul bouton pour environ 4 hommes , le nombre des succès certains sur 94 hommes revaccinés a été de 60, celui des succès incertains de 12, soit une moyenne de ()3,83 pour 100, chiffre qui ^e rapproche de ta moyenne pour le groupe de 109 jeunes soldats revaccinés. Le nombre des piqùrrs a été sans iloutc

t'ilus grand; mais le vaccin a^'ant servi aux dernières inocuations n'était déjà plus aussi riche qu'au début eu éléments Virulents ; c'est ce qui explique que la moyenne n'ait pas àtteinf uA chiffre puis élevé. Ayant effectué te lendemain 22 revaccinalions avec le rétro-vaccin (j'ccueilli au bout 4e cinq lois yingl-quatre heures), suf qes pj)s|ule4 ^yant

déjà pris l'apparence présentée habituellement au bout l'i six fois vingt-quatre heures par les boulons vaccinaux déiir. loppés sur ta génisse, je n'ai obtenu que 11 succès certainsr 4 incertains, soit une moyenne de 50 pour 100 de surcè certains.

Il importe donc pour le succès des revaccinations n moyen de rétro-vaccin, de surveiller attentivement l'évolutif vaccinale dès que les boutons ont pris un aspect réeilem'': typique, alors même gu'ils n'auraient pas encore atteint Ut: leur développement ; il convient même au bout de quatre fcvingt-quatre heures de les utiliser. Il est difficile en effeld^ préciser l'époque exacte  laquelle doit servir le virus puis^ au sein des pustules développées sur la génisse, bien quet; soit généralement au bout de cinq fois vingt-quatre faeum. d'après l'avis des médecins vaccînaleurs, qu it convient dfih employer.

Évolution vaccinale consécutive à Vinocuhtion du rétro-vaccin. — L'évolution vaccinale chet les jeunes soldai revaccinés avec le vaccin de génisse inoculée avec du varrin de revaccinés ou rétro-vaccin s'est montrée des plas aetires: elle a dépassé en intensiilé celle qui se produit à U suite de l'inoculation de vaccin humain. Les pustules ont en effet acquis chez la plupart de ces jeunes soldats des diiTienstoD5 peu ordinaires ; elfes étaient gonflées par un liquide ii-ansparent vers le septième, le huitième etie neuvième jour, étaient bien ombiliquees, s'élevaient à angles droits au-dessus de la peau, et avaient des reflets bleu&ires; elles ont suivi arriver à la période de dessiccation une marche lente, ei 1^ croûtes pour la plupart ne sont tombées que vers le rin^' troisième ou le vingt-quatrième jour. Un peu de malaise f^ ractérisé surtout par ue la lassitude et de Tinappétennï^ produit chez trois jeuues soldats pendant la période dîiii> cubalion rappelant ainsi ta fièvre d'incubation rnenlRUM surtout aux premiers temps de la vaccine. Pendant \iffn' f de suppuration, vers le neuvième jour, sont survenus rka un certain nombre d'hommes des phénomènes rèaetior" locaux et généraux. Plusieurs jeunes soldats ont éprouti' état gastrique prononcé, de la céphalalgie et de la nètre l' boutons de vaccine se sont entourés vers le neuvièinf;-' d'une vive aréole inHammaloire, qui, chez quelques hDi'n*-^ a pris un aspect prnsque érysipélaleux. Chez 6 tioniiF"> pustules, du onzième au treizième jour, lorsque lar.i>--''i commencé à se former, s'enflammèrent très viver^*'- ri prirent au centre un aspect gris&trc ; elles paraissairsi'R envaliies par une exsudation ayant un aspect diphtbér:!)^''- Au bout de peu de jours (six àsept) cette croûte épaisse, bnnàtre et comme lardacée, se détachait plus ou moio^ n»plëlemeut, soulevée par le pus, en laissant à déconvert nw plaie profonde, à contours arrondis, formant do fériahSe trou, dont les bords s'élevaient à pic. La zone^^Vrfèntioo vaccinale paraissait avoir été détruite dans tente »i étendue.

Les bords de la plaie ue présentaient qu'un peu d'cmpii'^ menl; les ganglions de l'aisselle n'ont été sensiblemer engagés que chez un seul des jeunes soldats qui présent/-rTis. ce genre d'ulcérations, que je n'avais pas encore olïscrTf-: dans les revaccinations que je pratique chaque année d u vaccin de génisse et qui ont été signalées par des méiWc:'.revaccinatenrs comme pouvant se produire chez de^ lymphatiques et scrofuleux lorsque I on se reporte à la smt ' originelle vaccinale. Il convient aussi, semble-t-il. det? ' compte de certaines conditions spéciales individuelles el nérales. J'ui revu récemment encore les 6 jeunes soldats ii vaccinés, chez lesquels, en janvier 1885, ces ulcérations pr fondes s'étaient produites; aucun trouble n'était sur«- ' depuis dans leur santé ; ils n'avaient sur la peau aucune (>■ < de nature suspecte. Les expériences de ûepaul ont pr d'une façon peremptoire que la syphilis n'était pas inocal i à Ift fEénisse, ef du reste aucun des soMtitfi a^nt fonra .1

16 OcTOBRK 1885 GAZBTTE HEBDOKADAIRB DE HfiDBGiNE ET DE CHIRURGIE

▼acctn pour les inocolations de leurs camarades on de la génisse n'était atteint de a^pbilis.

Au sujet des divers acciaents qui sont venus compliquer les revaccinations, on peut se demander si certaines intluences nnorbides f|ui se sont montrées avec une forme plus accusée après IWrivée des jeunes soldats et qui avaient nécessité des exemptions à la chambre et quelques entrées à l'infirmerie pour des affections cutanées (impétigo, ecthyma, éruptions furonculeuses, abcès, et compliquées souvent d'embarras gastrique et de fièvre, accidents qui se produisent chaque année au moment de la ^riode d'instruction et d'acclimatation à la vie militaire des jeunes soldats, surtout dans tes régiments de cavalerie), n'ont pu réagir sur les jeunes soldais revaccinés, en vertu d'une idiosyncrasie particulière éveillée par l'impression vaccinale. Le vaccin inoculé aurait pu agir alors à la façon d'uir agent révélateur, et sous celte influence, un élat morbide, qui n'existait encore qu'à l'état latent, aurait pu imprimer à l'évolution vaccinale la forme qui lui est propre. Les revaccinations dans l'armée doivent donc être de préférence pratiquées, ainsi que le prescrivent du reste les règlements, aussitôt l'arrivée des jeunes soldats et avant méine qu'ils aient commencé leurs classes d'instruction, en se servant de vaccin animal ou de vaccin humain, cultivé sur la génisse (rétro-vaccin) ; les revaccinations pourront, grâce à l'abondance de la source vaccinale, être effectuées dans ces conditions d'une façon aussi sûre que rapide.

GoNCLusiOHS. — Le horse-pox spontané étant une affection asses commune parmi tes jeunes chevaux, et le vaccin animal obtenu pAT la culture de ce virus originel sur la génisse étant an vaccin essentiellement actif, tes médecins militaires, dès qu'un cas de horse-pox leur aurait été signalé par les vétérinaires des r^iments, trouveraient dans son emploi un moyen de créer une source abondante vaccinale, pour vacciner ou revacciner d'une façon sûre, efficace et rapiae, les jeunes soldats À leur arrivée au corps.

A défaut de vaccin animal ayant pour origine la culture du cowpoK ou du horse-pox surla génisse, le vaccin obtenu par l'inocutation à cet animal de vaccin humain (ou rétrovaccin) peut encore donner d'avantageux résultats pour les vaccinations et les revaccinations dans l'armée.

Le vaccin de revaccinés, bien qu'inférieur en activité au vaccin d'enfant et au vaccin de génisse d'après les tableaux comparatifs des revaccinations, lorsqu'il est inoculé à la génisse, donne cependant naissance àun vaccin (rétro-vaccin), doué d'un pouvoir virulent énergique, en raison de la prolifénttion active des éléments figurés vaccinaux, ensemencés sur leur terrain de culture naturel où ils trouvent tous les matériaux nécessaires à leur nutrition.

L'évolution vaccinale, qui succède à l'inoculation de rétrovaccin, est en effet active; les pustules vaccinales bien ombiliquées acquièrent souvent de plus grand'es dimensions que les boutons provenant de l'inoculation de vaccin humain, la croùle vaccinale se détache tardivemeni, en découvrant une cicatrice gaufrée plus ou moins profonde. Les phéiiomènes réactionnels généraux, qui se traduisent chez un certain nombre de sujets par ne la lassitude et un peu de fièvre au moment surtout de la période de suppuration, révèlent une action profonde exercée sur l'économie [ur te virus. Les comparaisons établies entre le rétro-vaccin et les divers vaccins humains, montrent qu'il est doué d'une activité au moins égale, sinon supérieure au vaccin d'enfants; dans mes revaccinations, le rétro'vaccin m'a toujours donné depuis lusieurs années une moyenne un peu supérieure de succès celle que j'ai obtenue en employant le vaccin d'enfants. Pour se placer dans les conditions les plus favorables de succès, il convient de rappeler que le rétro-vaccin, comme le vaccin animal, doit être utilise, lorsqu'il est encore jeune, c'est-à-dire au bout de cinq fois vingt-quatre heures, alors que la pustule vacdnate renferme une lymphe, pourvue d'é- \ém^i» figuré», doués c|e |ou(9 leur activité TiruNt9.

Vingt-quatre heures après, l'inoculation du virus vaccinal ne donne plus qu'une moyenne bien inférieure de succès. L'évolution du bouton vaccinal pouvant chez la génisse être plus rapide, il convient d'en surveiller attentivement le développement, afin, le cas échéant, de devancer l'époque habituelle de l'inoculation, sous peine d'un mécompte, lors de la constatation des résultats.

Le vaccin de revaccinés, ne donnant généralement qu'une moyenne de succès inférieure à celle obtenue avec les aulres vaccins, ne déterminant bien souvent qu'une évolution vaccinale incomplète, et exposant aux dangers de la syphilis, me parait devoir être proscrit comme source vaccinale directe pour les vaccinations et les revaccinations dans l'armée. A défaut de vaccin d'enfants, il peut cependant être utilisé pour créer une source vaccinale active, en élant inoculé à la génisse. C'est au vaccin animal, dérivé du cowpox spontané etentretenu par des cultures successives et non interrompues sur la génisse ou du vaccin animal obtenu par l'inoculation du horse-pox spontané à la ^nisse, qu'il convient de recourir de préférence pour les vaccinations et les revaccinations des jeunes soldats. Le vaccin, obtenu par l'inoculation de vaccin humain à la génisse, ou rétro-vaccin, est encore un vaccin sûr et actif, fournissant également une abondante source vaccinale et pouvant, à défaut de vaccin animal, ayant pour origine le cowpox ou le horse-pox spontanés, rendre de sérieux services, pour pratiquer les vaccinations ou des revaccinations nomoreuses dans l'armée.

CORRESPONDANCE

Nous recevons trop tard, pour pouvoir l'insérer dans le numéro, une lettre de M. Lepage, interne des hftpilaux, relative aux blessures par balles de revolver.

CONGRES SCIENTIFIQUE

AMcmMée «le» natarallates el médeeliw allemaiidiVy >Min« S(rMb«arff 4m 18 m tS upiembr* IStfS.

Les nabiralistes et médecins allemands ont choisi pour leur cinquante-huitième réunion la vieille cité de Strasbourg. Les savants allemands ont été reçus avec le plus grand enthousiasme officiel, et des fêtes brillantes ont signalé leur séjour dans cette Alsace que Louis XIV appelait c un beau jardin » . La première séance générale, (^ui a eu lieu le 18 tembre, a été consacrée en grande partie à des discours olnciels. Cependant H. Weissmann (de Friboui^) a lu un mémoire sur l'importance de la reproduction sexuelle pour la théorie de la sélection^ dans lequel le savant professeur expose ses vues sur la transformation des espèces et sur la nature de l'hérédité ; il explique cette dernière par la continuité du germe {keimpiasma), dont une minime portion est conservée sans modification à chaque génération nouvelle, pour être transmise à la génération suivante ; son système le conduit à nier l'hérédité des prédispositions morbides acquises par les ascendants. Gomme on le sait, H. Virehovr combat vivement les idées de M. Weissmann; aussi avonsnous été étonné de ne pas le voir prendre la parole dans cette séance.

Hais ce qui a lieu de nous surprendre davantage, c'est que dans aucune section du Congrès il n'a été question du choléra. Il est vrai de dire que les hommes les plus compétents en la matière avaient pris part à la Conférence du choléra, réunie à Berlin au mois de mai, et que le sujet se trouvait provisoirement épuisé. ^r^rt\^

Pans )fi section de patholo|S3Bg^M^At^Vl4%i!iHffMap^^

680 — N* 42 — GAZETTE HEUDOMADiJRB OE

MfiOBCINB ET OE.GHIRDBGIB

16 Octoou 18S5

thologiqae, nous dgnalerons un mémoire de H. Orlli, relatîT à Vétiotogie de l'ewtocardile aiguë; il s'agit de recherches faites en commun avec H. Wyssokowitch, à Flnslitat de Got- Uogue. Il y a lieu d'abord d'établir une distinction entre Tendocardite'ulcéreuse maligne, qui est une maladie microbietine, et les autres formes d'endocardite aiguë, dans lesquelle:; il a été impossible de trouver des micro-organismes. Dans le premier cas, au contraire, on trouve des microbes, entre autres le Staphylococcus pyogenes aureus ou des Streptococcuê, le microbe n'étant pas toujours le même ; le Staphylococcus donne lieu , bien plus que les autres espèces, à des foyers mélastatiques. L'inoculation aux animaux reste sans résultat; M. Rosenbach a constaté d'autre

S art qu'une lésion artificielle des valvules chez le lapin ne étermioe pas d'endocardite, il en est tout autrement si l'on combine les deux procédés; si, immédiatement après avoir, mAme légèrement, irrité les valvules, on injecte les microoiiganismes dans le sang, on obtient 1 endocardite typique. Il est inutile d'avoir recours à l'hypothèse de Fembolie pour expliquer la formation des foyers métaslatiques; les microorganismes pénètrent directement dans les tissus. H. Klfbs partage cette matiière de voir. — M. Bollinger (de Munich) montre des préparations prises sur évts poulets e.l démontrant la productroa de tuberculose intestinale par ingestion de crachais tuberculeux. — M. Rumpf (de Bonn) lit un mémoire sur le traitement de l'alaxie par le pinceau faradique; il prétend avoir toujours amélioré la situation des malades et avoir même obtenu la gnéiison dans quelques cas.

Dans la section de médecine interne, M. Eichhorst (de Zurich) a lu un intéressant mémoire sur la radiation de la chaleur de la peau; il a, à Taide d'qu appareil spécial, constaté, entre autres résultai, que la radiation calorique de la çeau de la face est moindre que partout ailleurs, que la radiation augmente avec rabaissement de la température ambiante, qu'une région plus chaude ne perd pas pour cela plus de chaleur par Fa ractiatioo, que les fébrifuges augmentent énormément la radiation caiorifîque. — M. Vierordt (de Tubiiigue) donne des explications sur un appareil à mesurer Vinteni>ité des signes acoustiques chez l'homme^ et basé sur l'intercalalion de rondelles de caoutchouc entre roreille et la région auscultée, jusqu'à ce que le son disparaisse; il a trouvé par ce moyen que le premier son mitral est trois fois plus intense que le premier son aortique, que le second son aortique est un peu plus faible que le second son pulmonaire.

Dans la section de physiologie, M. Henen fait connaître de nouvelles expériences tendant à démontrer la division du sent de la température^ en d'autres termes que nous possédons deux oi^aues périphériques indépendants Tun de l'autre pour la perception du froid et du chaud. Il a nettement démontré que tà où la sensibilité tactile est abolie, la sensibilité au froid n'existe plus, tandis que persiste la sensibilité au chaud, de même que la sensibilité douloureuse.

Nous ne ferons qu'indiquer rapidement les travaux de la seclion de chirurgie, qui sont assez nombreux; H. le professeur Lûcke Cde Strasbourg) a lu un mémoire sur la luxation de la hanche. M. Roser (de Marbourg), un autre sur la luxation paralytique de la même articulation; M. Schenk (de Berne) présente les appareils qui lui ont servi à donner le graphique exact des scolioses acquises par les écoliers grâce à des attitudes vicieuses; M. Fischer (de Strasbourg) et M. Schuster (d'Aix-la Chapelle) montrent des appareils pour le traitement de la scoliose. — H. Fischer (de Strasbourg) a imaginé une modification de Vopération de Vempyème; il opère sur la huitième cAte et dans la ligne scapulaire, puis fait la résection de l'os avec son périoste ; l'écoulement se fait plus facilement que si l'on s'adresse à la cinquième ou à la sixième cOie. — M. Rappeler (de Mûnsterlingen) a confilAXé que, dana la mort par le cMoroformej le cœur renferme

du gaz libre ; il pense que dans ces cosdiUons la nort povrait s'expliquer par l'embolie Raseuse ; ce gai parait éih l'azote. ~ H Krdnlein (de Zurich) rapporte des cas de Utpanation du crâne intact en cas d'kématomes del'artnt méningée médiane; H. Helferich (de Huaïch) indii^ue la avantages du traitement de l'hydrocèle par l'injeriiai d'acide pbénique concentré; enfin M. Rose (de Berlin) [ùt connaître sa manière défaire dans le traitement de ^iHUa^ mation du maxillaire inférieur (nécrose phosphoréf.elci: il attend la fin du processus ioQammaloire, et alors seulement extrait le séquestre entièrement dégagé ; il respecte b ostéophytes qui se sont formés.

La seclion de gynécologie s'est occupée des wunumfnu péristaltiques de l'utérus^ puis de Véttologie des prttfnlêlions de la faee^ sujets traités par H. ScliaU (de RosLKtj.- M.W.Lœwenthal (de Lausanne)alu un mémoire luriaiv^ pression artificielte de Neoulemeia mautrmel par le rriii» et les injections d'eau chaude ; la température de feasdiii ôtre d*au moins 50 degrés ; quant k la valeur ihérapeutija du traitement, il faut tenir rigoureusenaent eompledeni. dioation suivante : t Ne supprimer artificiellement la m»trnation que si la perte, toute normale quelle puis» ,4raltre, produit des effets délétères, si l'organisme y rrifii comme à toute autre hémorrhagie chronique. > £a |iar.tentier, au point de vue des symplftmes hystériques, la ni}pression n est guère indiquée que là où les troubles neiveux se sont développés sur un fond de cliloro-anémie. - H. UOderlein (d'Ërlangen) a fait des^sais à la Materfliléiip cette ville avec le protoxyde d'azote mêlé à l'oxj/fi*', d'après la méthode oe Paul Bert, et il n'a eu qu'àseiourr de cet anesthéiiguey qu'on peut appliquer sans danpt d'asphyxie et sans qu'il soit nécessaire d'élever hipretsiie atmosphérique. — H. Freund ûls (de Strasbou^'j uil ut communication importante sur le» altératiws anatm^ta des appareils nerveux des organes génitaux de ta femm. Il indique les altérations que subissent ces appareils dus l'état puerpéral , dans la paraméirite chronique atn* phique, etc., altérations qui entraînent généralement des trouhles hystériques. — H. P. Huiler (de Berne) Iraiie de Vaccouchément prématuré en cas de rétrécissement di bassin. Il ne pratique celte opération qu'au moment os l'exploration lui révèle que la tôte sera trop grosse pour traverser la filière pelvienne.

Dans la section de pédiatrie, H. Kohts (de Strasbour^i rend compte de trois cas de tumeurs de la moelle ipinittf dans l'eniance, l'un de sarcome, les deux autres de tubercules solitaires.— H. Ranke (de Munich) attire l'atteiiiioa sot les résultats remarquables qu'il a obtenus ^lar la ventiiaUt» systématique après la trachéotomie; voici en quoi mstà le procédé : les enfants opérés ont deux chambres à Iw disposition; dans l'une la porte et les fenêtres sontmtiito* nues ouvertes, tandis que le malade reste dans l'aulrr chambre; il change de chambre plusieurs fois dans lij«>>rnée; point de médicament interne, sauf des vapeurs les premiers jours qui suivent l'opération. Celte communication donne lieu à une discussion animée; tous les reconnaissent cependant ta haute valeur du ^j* Ranke. — M. Demme (deBerne)insistesnr effets àtiiO^ des alcooliques chez les enfants ; il est d'avis de les bma absolument de l'alimentalion chez eux et de «e pM abuser dans un but thérapeutique ; l'auteur a observe de cirrhose alcoolique chez des enfants, des névroses variéesl'arrêt du développement intellectnel, etc. M. Hayer (dAi^la-ChapelIe) est d'avis que dans les fortes fièvre*, tie»^ typhoïde, pneumonie, etc., il faut donner l'alcool ^^'^['r le cnllapsus se manifeste. M. Dornblûth (de «««'"Jlfr. d'avis que c'est surtout l'alimentation mauvaise ofsamtueuse qui mène à. l'abus de l'alcool et que f*>p souvenim abuse, chez les enfants, des vins mëdicuiaux, stos consulter le médecin, oigitized by VjOOQIC

16 Octobre 1H85 GAZETTE UKODOHAlU.iaE OE

UÉOECINfi KT DK GfllAUHQIE

Dans la section de syphiligraphie, le mémoire le plus intéressant à signaler est celui de H. Neisser (de Breslau), relatif au caractère infectieux des gonorrhéet chroniques. Celles-ci sont tantôt infectieuses, tantôt non infectieuses, caractère qui se traduit par la présence ou l'absence de gonococcus. II n'y a pas lieu d'intervenir dans les gonorrhées chroniques sans gonococcus, à moins qu'il n'existe des lésions ulcératives ou régPtalives de la muqueuse ; s'il y a des gonococcus, il faut trailer l'uréthrite, en se servant par exempte d'irrigations à l'aide d'une sonde élastique à plusinurs ouvertures avec une solution de nitrate d'argent à 1/3000* ou k 1/iOOO*, et comme adjuvant du baume de copahu h l'inlérieur.

Le Congrès a été clos par la séance générale du 32 96^ tembre et par un long discours de Virchov sur Facelimatation; en passant, il réfute l'un des pomts de l'argumentatioe de Weissmann, produite à la première séance générale. L'émiueiit histologiste allemand ne se montre pas très tendre vis-à-Tis des Français, mats d'un autre célé il montre riinpossibilité pour ses compatriotes de prospérer et de se multiplier à Cameroun et autres colonies futures; qu'il ait ' aflirmé que la colonisation de l'Al^f^no par les colons alsa- : ciensest impossible, nous l'admettons dans une certaine me-

- sure, parce que ces tentatives ont été faites malheureusement dans (le mauvaises conditions; mais l'iniention du

' savant prussien n'était pas exempte de malveillance et il y ' avait là en tout cas un certain manque de tact de sa part vis-

- à-vis de ses hèles alsaciens. Les auditeurs l ont peut-être

■ coronis, car ila ont applaudi avec vigueur la réponse de

■ M. Weissmann, du reste étrangère À cet incident.

Le prochain Congrès des naturalistes et médecins allemands aura lien à Berlin, en 1886.

SOCIÉTÉS SAVANTES

Aeadéaile des MteneM.

séance dc 13 octobre 1885. — présidence de m. boulet.

Action physiologique des sels de lithiuh, de potassium ET DE rubidium. Nole de M. Ch. Hichet. — Dans cette seconde communication l'auteur fait connaître le résultat des expériences qu'il poursuit, au laboratoire de physiologie de la r acuité de médecine de Paris, avec les chlorures de ces trois métaux sur des animaux divers, appelant dose toxique minimum la dose limite entre la dose mortelle et la dose non mortelle. Les chiffres qu'il a obtenus se rapportent à un kilogramme dn poids de l'animal et expriment non la quantité de sel, mais la qwAilîté de métal -contenu dans le sel injecté; ils montrent oue elies les animaux mis enex-

ftérience — à Texception des écrevissea et des limaçons — es doses toxiques se ressemblent beaucoup et que la ^ moyenne, en chiffres ronds, est à peu près en rapport avec le poids atomique de ces métaux. Enfin si l'on rapproche ces faits de l'innocuité extrême des sels de sodium, on voit que vraisemblablement ces sels agissent et se substituent, molécule à molécule, au chlorure de sodium combiné à nos tissus.

En résumé, ce qui, de ces expériences, reste démontré, c'est que les sels de lithium, de potassium et de rubidium sont, à peu de chose près, également toxiques, si l'on tient compleaeleur poids moléculaire et de leur poids absolu; d'où il suit que l'action toxique est identique à une action chimique.

Phénomènes intimes de la contraction huscolaire DANS les faisceaux PRIMITIFS STRIÉS. Note de M. F. Lau- LANiÉ. — On ne saurait avoir quelque chance de présenter une théorie acceptable de la contraction musculaire qu'en

déterminant avec la plus grande exactitude les modifications liistologiques qui accompagnent la contraction dans l'élément musculaire, surpris au moment même où se développe son activité et dans des conditions qui assurent le maintien de son état normal.

L'application du myoscope à l'étude des muscles hyoïdiens de la grenouille a permis à M. Laulanié de réaliser ces conditions et de faire des constatations qu'il croit absolument rigoureuses. C'est ainsi que les observations les plus attentives, les plus soutenues, les plus fréquemment répétées, l'autorisent à formuler, sans réserves, raiAnnation suivante: c La contraction des foisceaux primitifs des muscles hyoïdiens de la grenouille n'apporte aucun changement ni dans le sens de la slriation, ni dans les rapports de situation des parties du segment contractile. »

L'Arhœba coli. Note de M. A. Normand. — L'auteur adresse une note sur la présence constante de VArmœba coli dans les mucosités dysentériques. Il rappelle un certain nombre de résultats signalés par divers auteurs et par luimême depuis plusieurs années et insiste sur les conséquent ces qu'il a déjà tirées pour l'étude de la dysenlérie au point de vue de sa nature, de son étiolt^e et de la thérapeutique qui lui est applicable.

Du choléra. — MM. Wendrolh et Allemand envoient des notes sur ce sujet.

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