‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 166 sur 228 · SÉANCE DU 13 OCTOBRE 1885. — PRÉSIDENCE DE H. BBRGERON · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 13 OCTOBRE 1885. — PRÉSIDENCE DE H. BBRGERON

». USmrHatreptiVétuaiiftua; 1* do U part da M. le itoeMr fipitnwrftt* ■on Rafptrl bit au nom do U Gominliiïuii >to la Ghanibn dn dëpulëi eimgim d'«uiBlD«r le projol de loi ayant pottr objet l'utiittalion agricùU iet eaux d'égout â» Pcm el l'atiainitiêmatt dt la Seint; lu nom da M ts docteur Georgei Mitrite (do Bordwui}, «m brochun ajnat pa«r titra : Ce qut dcnciu lê mérUUn it. «Mmurn ie ca%rbu'e Ae la otrné* pÀUant VévUution d'un certain nomkr* de tUiacointt ; 3> de la part do M. le docteur Ad. Nicohu, Koe brochan laiittdée : L'automatUme dant latuttÊ volontairet.

V le Seerilàire perpétuel fait dan da dtvora manuMrita de aon p^, 1« prore*MvP--i Béetard.

M. Dujardin-BeaunuU preaeate une aote de H. le docteur G. Bordel, relatanl les eip-irieDceit qu'il a biles aur ta diiUctrotyie au laboratoire de thérapeutique de lliS^Hlal Cmbio.

H. asvtf «A« la annéM 1883 at 18M des OrawrlM Kf«il||l«itM i» U. U

ParviUe.

U' Maxhiae Duval fait boinaugi> da ton mdmoiro tut* te bUuUtderm*.

DécËs DE M. Gr. Robin. — Avec le tact et la distinction qui lut sont habituels, M. le Président exprime les regrets causés k l'Académie par la perte de l'un de ses membres les plus éminents, M. le professeur Chartes Aodin, le savant introducteur de l'hi^ologie en France.

La constitctio.v médicale et le choléra a Lyon. — H./ufes Guérin, ayant contesté dans la dernière séance les assertions émises d tns une brochure de H. Teissier, précédemment présentée par H. Emtst Besnierj sur l'immunité

Persistante de la ville de Lyon à l'égard du choléra et sur absence de constitution prémonitoire dans cette ville en 1881, H. Ernest Besnier montre que les renseignements recueillis avec un^raiid soin par M. Teissier confirment complètement les opinions qu'il a émises; il prie, en outre, M. Jules Guérin, dans lu cas où il posséderait d'autres renseignements, de les faire connaître. Notamment en ce qui concerne la simultanéité indiquée piir M. Teissier entre la constitution înleslinale saisonnière et les premiers cas de choléra à Lyon en 1884. et la non-antériorité de cette constitution sur les cas de choléra^ tant que de nouvelles observations ne viendront pas iulirmer ce fait, on ne saurait le contester an nom de la doctrine.

^. Jutes Guérin répond que l'existence reconnue d'une consliUition diarrhéique suffit à caractériser le rapport entre

GAZETTE HEBDOMADAIRE OR MÉDECINE ET DE GHIRDRtilB

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cette constitution et l'apparition du choléra, rapport sur le* quel il a insisté précMeroment.

La SAiGNtE 8T l'obësitë. — A propos de TînOuence, indiauée jiar H. Germain Sée, dans sa communication sur l'obésité dans les précédentes séances, de l'abus des saignées dans le traitement de l'obésité, M. Dechambre rappelle qu'en 1866, il a Tait des recherches avec M. Vulpian, desquelles il résulta que la saignée développait la graisse des animaux eh expérience. Un premier chien, après une perte de sang équivalant à environ le cinquième du poids primitif du corps, augmenta de 4 kilogrammes et demi en quinze jours; un second chien, qui perdit une quantité de sang représentant le neuvième de son poids, perdit l^SOO en quinze jours. Par contre, un autre chien diminua de b50 grammes après une perte de sang d'un neuvième du poids initiai en neuf jours, et un dernier chien vit son poids diminuer de moins de 200 grammes apr^ une perte de sang d'ua cinquième du poids du corps en deux mois ; mais ches tons ces quatre chiens et chez plusieurs autres, la proportion de graisse était considérable. M. Dechambre ajoute qu'il fut chargé par M. Gruveilhier de pratiquer la saignée sur une dame ftgée, portant plus de 120 cicatrices de saignées antérieures; cette dame avait en même temps énormément engraissé.

Contagion de la lèpre. — L'importante communication de H. Vidal a pour point de départ l'opinion formulée par H. Constantin Paul k la séance du 38 juillet 1885 dans un rapport lu à l'Académie sur un mémoire de M. le docteur Zambaco (de Constantinople) et concluant à la non-contagion de la lèpre. H. Constantin Paul n'admettait pas en effet qu'un individu sain puisse contracter la maladie d'un lé-

Êreux, même par inoculation. Telle n'est pas l'opinion de [. Vidal, quiadmet, au contraire, la possibilité de la transmission de cette maladie.

En effet, cette transmission peut se faire, comme pour la syphilis, soit par hérédité, soit par inoculation. Le premier mode est généralement admis, il faut toutefois reconnaître qu'il ne se produit pas fatalement ; H. Zambaco a trouvé, a la suite d une enquête spéciale, aue^ dans un quatorzième seulement des cas observés, la maladie a paru directement ou indirectement héréditaire. Pour expliquer comineiil sur lépreux d'Orient, 13 sont aflligés de la maladie sans transmission héréditaire, M. Zambaco pense que chez eux la lèpre, nécessairement d'origine extérieure, est acquise ; bien qu'il déclare n'avoir pas observé d'exempte authentique de contagion, tes défenseurs de latransmissibilité par inoculation trouveraient, dans le chapitre de son mémoire relatif à l'éliologie, des arguments des plus sérieux k l'appui de leur opinion; car il admet que le lymphatisme et le scrofulisme prédisposent à la lèpre. Les individus, atteints de ces diatnèses, débilités par la misère, vivant en promiscuité avec les lépreux, ne sont-ils pas dans les conditions les plus favorables de réceptivité? Au contact du sang, du j>us suintant des ulcérations d'un lépreux, la peau de ces individus, qui est déjà excoriée, ouverte à l'inoculation, ne peut-elle pas être infectée? N'est-ce donc pas là la transmission par inoculation, que la découverte du bacillus teprœ a depuis corroborée ; rinoculation aux animaux a, il est vrai, échoué jusqu'ici, mais ceux-ci ont peut-être été sacrifiés trop têt, eu raison de; la période si longue d'incubation de cette maladie. D'ailleurs s'ensuil-il que l'espèce humaine soit également réfractaire à son inoculalion? La syphilis n'est pas non plus transmissible aux animaux ; on n'en saurait cependant pas nier sa contagion chez l'homme.

H. Vidal fait ensuite remarquer que la théorie de la contagion de la lèpre, par inoculation accidentelle, est admise par la plupart dps médecins de l'Amérique du Nord, très préoccupés de l'invasion récente et des progrès rapides de pette affection 4iuis diy^s ^ta^ de ce paysj U propagaitpa

est telle que ta doctrine de l'hérédité ne pourrait en nv. compte et que la contagion seule peut l'expliquer. Il en., de même aux Ues Hawaï, où la lèpre n'a apparu qu'en iKlti la suite de l'arrivée d'un Chinois lépreux; il s'jtroaw» jourd'hui plus de !2000 personnes atteintes de c^e m. ladie. Pareil fait s'est produit dans l'ile Maurice au dii-biitiôme siècle. D'ailleurs c'est à l'idée de conlagÎDi etu création des asiles pour les lépreux qu'on adâTeidub: de la lèpre dans les pays où elle était regardée auinh, comme endémique, aussi bien au moyen ftge qu'aujoiinlK Avec des conditions hygiéniques bien comprises lacwiti^c par inoculation devient pour ainsi dire impossible et ks» fait que dans des cas très exceptionnels ; de telsmajtnsiilfisent assurément pour empêcher une eontafiioa qui i> semble pas pouvoir se produire par une autre voieqic^ l'inoculation.

Cette opinion de M. Vidal est aussitôt très vivement osbattue par plusieurs de ses collègues. H. Hardjf, le preinier, pense que si la lèpre ne parait pas être m\3^ en Europe, il en faut attribuer la cause i l'influeDceoicmat. D'autre part, M. Dujardin-Beaumetz aobserrémament un grand nombre de lépreux à ConslanliMpItKi l'aide de M. Zambaco; or, les familles atteintes de cKiitttiuns n*v présenleat aucun cas de contagion par voie 4'iB«t lation. H. Constantin Paul fait à son tour reraaniwtf/ les auteurs européens sont unanimes &dénier i la UpcM pouvoir transmissible par une telle voie; H. U B9f itHh ricourt rapporte que M. le docteur Braisae, dans uq iaft tant travail qui va bientôt pardtre dans le DietionMiTtar cyclopédique des sciences médicales, partage complèttncsl celte opinion, d'après les nombreuses observatioDs qu'il i faites au cours de ses voyages dans diverses partie ili monde; M. Larrey rappelle que c'était l'opinion eipriiÀ autrefois par son père à la suite de son séjour en Egifpif'^ par Clot-Bey dans un important mémoire. M. Lfljwfl» fait, d'autre part, observer que la lèpre a étéiinport«id moyen âge en Italie par les Lombards et qo'oD es consu encore quelques cas sur le littoral méditerranéen, â^itetl jusqu'à fa rivière de Gênes.

M. Vidal défend de nouveau son opinion, cd rappeliB! deux observations qu'il a recueillies lui-même eltluiltiquelles il est difficile d'adm^tre d'autre mode de produrii"^ de la maladie que l'inoculation ; telle, une femme contractant la maladie six ans après que son mari en itlf affecté; tel, un médecin brésilien, atteint un an a^réâsvi arrivée en France, après un séjour prolongé au milieu lépreux. Jl est juste d'admettre que l'incubatioa de \> ^ laoie peut être très prolongée et que son inoculation eAt^ tourée de beaucoup d'obscurités; mais n'en est-il pi^ même de bien d'autres affeekions dont le caraetèr* m!?gieux n'est plus nié aujourd'hui? Or, ou a, de louleiBUquité, cru à la contagion de la lèpre, dont la nature m»^ bienne vient d'être seulement démontrée; où sont les |)rfii>" scientifiques à l'appui de l'opinioa contraire, fonnulvi*''' puis quelques années seulement. Mais il est des lualu*'^ l'ait observer M. Dujardin-Beaumetz, qui sont receiiB'»' comme étant microbienntô, telles, que la fièvre inleraiiU'*' paludéenne, et dont on n'oseraitpas dire qu'elles soutintniissibles par contagion.

Transfusion oe sêrom artificiel contre le choléî» — M. le docteur Rouvier, médecin en chef de laniiri^' rend compte dans un très intéressant mémoire des rff ''-^' {lu'il a obtenus cet été à Toulon par l'emploi des iiijff'"^*' intraveineuses de sérum artificiel dans le traileineni «'^ période asphyxiq ne du choléra. L'hôpital de Sainl-Ma"'" ' où M. Rouvier a pratiqué ce mode de traitement, a r*^- 17 août au septembre 1885, 230 cholériques, tlooi '^'^ succombé, soit une mortalité de les plus graves, les plus déset^érés, eliM^***^^

16 Octobre 1885 GAZETTE HKBDOHADAIRB US HftDBGINB ET DE ŒIRURME ^ 42 683

les injections intraveineuses de sérum artificiel ; ils furent ail nombre de 55, qui ont fourni 18 goérisons et 37 décès, soil 33 pour 100 deguérison et une mortalité de 67 pour 100. M. Rouvier discute successivement le mode opératoiro et l'opportunitA de la transfusion. 11 estime ensaile que l'inlerprétation physiol^que des phénomènes jiroduits par ce procédé thérapeutique dépend de la théorie admise pour expliquer les symptômes de stade asphnique du cheléra; quqnt à lui. il pense que la transfusion doit la puissaneo de ses effets aux réflexes que met en jeu l'action du sang dilué et modifié sur le cœur, sur le grand sympathique, sur la moelle et sur le cerveau ; ce n*est en déflnitive qu un moyen de réaction, mais un moyen d'une incomparable énergie puisfju'il parvient à réveiller des fonctions dont l'anéantissement ne {)araissait pas douteux ; les observations citées par M. Rouviersonten effet des plus concluantes à ceté^ard.

En résumé, il est d'avis que la tranfusion est formellement indiquée dans le choléra quand le stade asphyxique s'est produit malgré l'emploi des autres moyens thérapeutiques; elle doit être alors employée le plus'tdt possible, et tentée dans tous les cas, quelque imminente que paraisse la terminaison fatale; il faut aussi la renouveler toutes les fois que le collapsus se reproduit, puis avoir soin 4" continuer I injection jusqu'à ce que le pouls soit focile à eonipter el çue le malade ait recouvré l'intégrité de ses sens et de aon intelligence; d'ailleurs l'opération est d'une innocuité absolue. Elle est, il est vrai, sans action surTiofection cholérique ellemême; mais après son emploi, révolutiondu choléra s'opère du moins comme après toute autre réaction ; il est alors nécessaire, comme auparavant, d'obéir à toutes les indications qui se présentent. — (Le mémoire de H. Rouvier est renvoyé à rezanen de H. Le Roy de Héricourt.)

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