L. LeRKBOULLET
Index hlfcllocraphlqai^.
Villes d'eaux de la Fiunce. I'uges et stations hiveknales DE LA France et villes d'eaux de l'étranger, par le docteur G. Baeidet el L. Macquarie. Paris, 1885. E. Denm. — Sons ces deux titres viennent de paraître deux élégiipts volumes munis de cartes explicatives, et desiinés à mieux faire connaître aux médeoins aussi-bien qu'aux touristes les plages et. les villes d'eaux de la France et de l'étranger. Les renseigoeuMiiils qu'ils oous donnent soDtlrès précis et très utiles, t^a description des localités et de leurs ressources ue laisse que pou à désirer. Au point de vue luédical, les auteurs ont donne sur l'analyse des eaux, leur iliermalité, leurs usages, etc., des indicalious que l'on pourra aussi parfois consulter avec fruîl. En résumé, mieux présentés que la plupart des guides destinés plus encore aux touristes qu'aux médecins, ces deux oufrogeamérilaieni d'être signalés, moins au point de vue scientifique qu au point de vue pratique.
VARIÉTÉS
ATIS. — Pour M qol conesrne la FaoolU de médaolne de Farts voir au verso do la ooaTerture.
GoNcouns DE l'internât. — Nous ne voulons pas insister ^lus qu'il ne convient sur les incidents regrettables â tous égards, qui ont troublé l'ouverture du dernier concours pour riutemal, et dont la presse extra scîentiflqae a déjà beaucoup trop parlé. Après une enquête dirigée par MM. Nicaise et d'Ëcnérac, Tannulatinu de la première épreuve du concours vient d'ailleurs d'être décidée, et il est plus que propable qu'un nouveau jury va être appelé à présider au j prochain concours. ,
Aucune autre solution ne pouvait être donnée au conflit '
qui s'était élevé entre les candidats et leurs juges. Bieii4|Bt la parfaite honnêteté de ceux-ci ne puisse être suspertê^. bleu qu'il ait été prouvé qu'aucun renseignement n'anii êlr fourni par eux àVnn des candidats, il n'en est pasmoil^ vrai qu une indiscrétion — inconsciente nous levoDloosbin — avait été commise. Dans ces conditions, la premitrr épreuve du concours devait être annulée. Ce qu'il dent ressortir de cet incident c'est une nouvelte leçon de diacrélin èt de réserve qui s'impose, non seulement à tous les inéde' cins appelés à diriger les concours hospitaliers, maïs aussi i ceux ne leurs jeunes collaborateiirs qu une trop grtnde confiance a pu rendre dépositaires d'un secret que l'on esta droit d'appeler professionnel.
Ecole de Marseille. — Un concours s'ouvrira le 25 mm IVK, devant l'Ëi^oIe supérieure de pharmacie de Montpellier, pourn emploi de suppléant des chaires de pharmacie et matière nùé cale k l'Ecole de plein exercice de médecine et de pharaawfc Marseille. Le registre d'inscription sera clos un mon nri l'ouverture dudit concours.
Eprennes du concourt. — 1" Question d'anatomie et qoMiiH de pliysiologie. 9* Question depalhologie médioale avec Itiipflh i catious hygiéniques qu'elle comporte. 3" Examen eliaifK li | trois malades atteints de maladies internes.
École de Nantes. — Des concours s'ouvriront le 25 mars IWi. devant l'Ecole supérieure Je pharmacie de E^ris, pour un «inplti de supplèaut d'histoire naturelle et pour un emploi desoppKul des chaires de physique et de chimie à l'Ecole de plein enraee de médecine et de plùirmacie de Nantes. Le registre d'iosoipâti sera clos un mois avant l'ouverture dudit concours.
Cours d'accouchehent. — MM. Bar et Auvard cominen«rai leur cours d'accouchement complet en qaaratite-huit leçons It vendredi fî novembre, à qiiatre heures et demie du soir Uconn a lieu louB les jours à quatre heun» et demie, T), rue du PoDl-(l^ l..odl. MJM. les étudiants sont exercés aux manoeavres obstétiicilts.
Pour les renseignements et pour se faire inscrii-c, s'adrtssn soit à M. le docteur Bar, i,rue Saint-Floreolia, soit à M. tei)«leur Auvard, 21, rue de Lille, les lundis,,mercredis et vendredii, à une heure et demie.
Sbktice «âdiou. i>e Norr. — bu 1* août as 80 septeaibre if cette année, le nombre total des visitas a été de 1907. Uuik trimestre correspondant de 1884, les chiffres avaient été deSill)- Différence en moins, 539.
Néchologie. — Nous avons le regret d'annoncer la uorl it M. le docteur Ad. Mrgon, décédé à Paris k l'âge dedoqnanleflea! ans; — do M. te docteur Papillou (deSaujon, Charente- loréri«uitii
— de M. le docteur Tayon, professeur de xootechnie à l'Ecote nationale d'agriculture de Montpellier; ~ et celle deM. kiviat Gaétan Oelauoay, décédé à Paris à l'^e de trente-huit ans.
SociRTE MÉDICALE DES HÔPITAUX (séancedu Vendredi 23 ocloln^ <
— Ordre du jour : M. Légroux ; Sur un cas de dilatali«« ; l'estomac. — Communications diverses- i
Mortalité a Paris (il* semaine, dn. i au 10 octobre iSfô*
— t'ièvre typhoïde, 2i, — Variole, 3. — Rougeole. 10-,- Scarlatine, 5. — Coqueluche, 3. — Dtphthérie, croup, 26.-1-1'^ léra, 0. — Uysentérie, 1. — Erysipéle, 3. — lufeclioM pérales, 5. — Autres atleclions épidémiques, 0. — Néaiiiipte. *
— Phthisie pulmonaire. 150. — Autres tuberculoses, 24. - AaIf^ aQections générales, 56. — Mairormations et débilité its if^ extrêmes, 43. — Bronchite aiguë, 12. — Pneumoaie, ' Athrepaie (gastro-entérite) des enfants nourris au biberw f- .tDtremem, 4-2; au sein et mixte, 23; inconnu, 6. — maladies de l'appareil cérébro-spinal, 84; de l'appareil cik"* toire, 68; de l'appareil respiratoire, 52; de l'ï^pifeil 'l'E'^ tif, 40; de l'appareil génilo-urinaire, 22; de la peau lamineux, 4; des os, articulations et muscles, 5. — ""^ violentes, 21. — Causes non classées, 22. — Total : 823-
G. Masson. Propriétaire-Gérant ■
4)37. DuiRLOroK. — iiniiriiii crics itnniei. A. thc HiguM, 4 I''
ÎHENTB-DBUXlftMB AHHÊg
23 Octobre 1885
PARAISSANT TOUS LES VCNDRCDIS
COMITÉ DK RÉDACTIOlf
Président : H. le docteur A. DECHAMBRE
HlHBRSg : UM. les docteurs BUCHEZ, 8E0RGES DIEUUFOT, DBETFUS.BRISAC, FMRQOIS'FRUCX. ALBEIT NÉROCgUE
L LEREBOULLET. PAUL RECLUS
Idraier tout ce qui concerne It ridêciion u tièg« du ComiU, ehei H. Duumbke, 91, me de LUU (avtual le mardi de préférence).
▼air p*ce • «e la Cmvertare l*ladl«atl«B Atm ACTES BB U FACTULTÉ »■ M^bBOniB BB FABW
(Thèses, examens» coars, etc.) e««i*eM étmmmttm laiéreMut le pafeue aédieiU.
SOUHAIRB. — PAniS. Acad^nfie de médecine : Caolagioiil^ de la Upre. — U iiccioation iDlichoIdrique. ~ Da rMtjomjrdlile IniidieuM. — TftAVAllX Oiuai- NAUX. Cliniqiw aiiStlicaie : De* fncturei de cdtea indijpondantos du traumatitme. -' CoKRispONDAiici. A propM du Iralleméfil doa plaiei par balle de revolver. — r^flGRfts sciiNTinaoï. BritiRh madiul AwocUitiou — Socitrte SAfAMTIs. Académie des «eieiicea, — Académie ile médecine. — Société de chtrnrfie. — Société do biologie. — Société de thënpeullqno.— Médical Society of the Coaniy ot Nflw-Ywt — HivuB DIS JOURHAnx. Contrlbalion k l'étnde des Maloni bUl«logiq>ies du rein daaa le diabète iKrd. — BuLloeRAPiil. Traité complel d'qihthalnato^a. — RtfnctioD et aecomodatiDa. — VAliiiTie. Le neclD de H. Ffffan. — Da l'dpo^ da I*anii6a kbqaella laa inlaiaet et laa aiter*ei dolvant ealrar en twclleoei
Paris, 22 octobre 1885.
ACADÉMIE DE MÉDECINE : CONTAGIOSITÉ DE LA LÈPRE. — LA VACCINATION ANTICHOLÊRIQUE. — DE l'oSTÉOHY ÉLITE INSIDIEUSE.
Académie de m^deelae : ConCaflealté de la lèpre. Vm waaetaïUI— uUelwMrlqM.
La discussion engagée à l'Académie de médecine sur la contagiosité de la lèpre, peut-être close par la vive controverse qui a eu lieu mardi entre HH. Le Roy de Méricourt et Vidal, donne Heu à une remarque d'une certaine importance, ce nous semble, mais que nous voulons seulement consigner jcî, en la recommandant à l'appréciation des épidémiologîstes compétents. Comme on Ta Tait pour d'autres maladies endémo-épidëmiqnes, les auteurs classiques consacrent de longs cliapitres an développement de l'éléphantiasis à travers les siècles et à travers l'espace. On dit, par exemple, que la lèpre a eu pour berceau l'Egypte; que de là elle s'est ré' pondue dans telle ou telle contrée, en suivant tel ou tel itinéraire; que, en Europe, & telle ou telle date, Venvahisiement du fléau a été enrayé par des mesures de rélégation. Et cela est écrit par des adversaires môme de la contagion. Or, celte marche progressive, cette diffusion, ces directions déterminées, celte persistance du mal dans les endroits qu'il a une fois visités, est-on en état d'en fournir l'explication? Ëi de même pour le déclin du fléau et pour sa disparition. Possède-ton des données certaines sur rinfinence de la séquestration, de l'institution de léproseries? Se fonde-t>on sur des documents authentiques pour déclarer, par exemple, qu'au septième siècle la lèpre s'arrêta ou recula devant les mesures prescrites par le Code lombard? Y a-t-il eu un «• SiaiB. T. ixri.
rapport évident entre son atténuation, son extinction et les' progrès de l'hygiène publique?
Nous ne savons ce que produirait une élude bien approfondie de ce sujet; mais on ne peut se défendre de les poser en présence de la question fondamentale de la transmission par contagion (voy. sur la lèpre, p. 701).
— On trouvera plus loin (p. 703) deux lettres qui nous sont adressées d'Espagne, et qui sont relatives à la vaccinalion anlicholérique-
De ■'••(éomyélKe iBeldleue.
Les travaux contemporains sur l'ostéomyéHte aiguë et sur l'ostéomyélite prolongée ont éclairé d*un jour décisif le cliapitre longtemps obscur des inflammations du système osseux. Une nouvelle page vient d'en être mise en lumière et le professeur Trélat a vivement appelé l'attention des pathologtstes sur une forme particulière, assez commune cependant et trop souvent méconnue avant lui. U a montré que, pendant la croissance, l'os s*enflamme parfois, non avec l'édat qui accompagne la périostite phlegmoneuse difTuse, mais d'une manière subaignê, insidieuse, torpide, sans fracas, tout en provoquant des désordres fort graves dans le tissu do la région juxta-épiphysaire. C'est cette affection peu ou mal décrite, — ou simplement mat classée, — que nous voudrions rapidement esquisser, d'après la communication de M. Trélat au premier congrès des chirurgiens français, la thèse d'un de ses élèves, le docteur IvanolT, et d'après deux cas qu'il nous a été donné d'observer.
Le type clinique est toujours sensiblement le même : pendant la période de croissance, le plus souvent chez un garçon, et d'ordinaire après un traumatisme, une fatigue exagérée, survient, dans un Os long des membres, le tibia, par exemple, surtout vers son extrémité inférieure, une douleur, d'abord faible et passagère, puis vive et continue; eUe se localise bienlèt en un point assex Umité, dans la région juxta-épiphysaire où la pression provoque ane souffrance exagérée; on note alors du gonflement ; l'os semble épaissi, soulevé par une sorte d'hyperostose à surface lisse ou parsemée de quelques aspérités. L'augmentation de volume n'est pas toujours évidente à première vue; ICi^MBpais d'épaisseur, que^ préconise M. Trélat, devient, dans ce cas, d'un utile secOufs;
HÉDEGINE ET DE CHIRURGIE 33 Octobre 1885
il montre, avec une précision presque mathématique, l'inégalité (les diamètres de l'os malade et de Tos sain correspondant.
En général, la peau et le tissu cellulaire sous-cutané sont intacts; il n'y a ni œdème, ni coloration anormale, h peine nole-t-on parfois un léger degré de chaleur des téguments; c^ndanl, plus tard, peut s'accumuler dans Tos du pus qui chemine vers Textérieur, soulève les parties molles qu'il désorganise et creuse une ou plusieurs fistules. La jointure voisine est quelquefois atteinte d'arthrite de voisinage. H. Trélat insiste encore sur une atrophie musculaire fort nette et qui porte non seulenaent sur le segment du membre où siège l'os malade, mais sur le membre tout entier. Enfin, et ceci est le point capital, ce gonflement, cette douleur localisée, cette atrophie musculaire, surviennent d'une ma^ nière torpide, insidieuse, sans réaction fébrile; il s'agit d'une ostéomyélite à marche essentiellement subaigué.
L'examen anatomïque de la région malade montre un périoste souvent peu altéré dans ses couches superficielles, mais dont la face profonde est toujours moins adhérente, épaissie, molle et se décolle plus facilement; l'os mis & nu est rouge ou vineui, raréfié, plus friable; les canalicules de Havers sont agrandis, remplis par des vaisseaux dilatés et par de la moelle infiltrée d'éléments embryonnaires. Dans certains cas, les altérations sont plus graves ; on trouve parfois des galeries tapissées de boni^eons charnus, des cavités contenant du pus, parfois même un séquestre, et M. Trélat en a vu un de la grosseur du pouce à l'extrémité inférieure d'un tibia atteint d'ostéomyélite insidieuse.
Le mémoire de H. Trélat renrerme trois observations où se retrouvent, avec la plus grande netteté, ces douleurs localisées, le gonflement de l'os, l'alrophie musculaire, cette marche torpide et ces lésions anatomiques. IvanofT, dans sa thèse, ajoute deux autres faits puisés dans la clinique chinn^cale de H. Gosselin, et deux cas de James Paget. Nous croyons que des recherches plus rigoureuses dans la série dois observations cataloguées sous la rubrique : ostéite douloureuse chronique, abcès, tuberculose ou syphilis des os, lui auraient fourni une plus ample moisson.
On trouve, en effet, dans la thèse de Golay, des observations qui nous semblent se rapprocher beaucoup des ostéomyélités insidieuses du professeur Trélat. Nous ne citerons que la première : un garçon de seize ans, de bonne santé habituelle, se fait une légère entorse ; quelques jours après, la région du cou-de-pied augmente de volume et devient le si^e de douleurs assez vives; elles s'exagèrent, et, au bout de six mois, le malade consulte H. Ouplay, qui constate un gonflement uniforme de l'extrémité inférieure du tibia; en un point circonscrit, au-dessus de la malléole interne, la sensibilité à la pression est vive ; il y a d'ailleurs des douleurs spontanées et lancinantes ; cet ensemble de symptômes s'est installé d'une façon sournoise, sans début brusque, sans épisode fébrile. L'intervention permet de découvrir, sous le périoste épaissi, un os rugueux, raréfié à sa surface, mais qui ne contient ni pus, ni fongosités.
Nous pourrions multiplier les exemples; nous pourrions citer deux obsenraUons personnelles : chez un garçonnet de douze ans, chez une fillette de huit ans, nous avons vu se développer, dans le premier cas, à l'extrémité inférieure du tibia, dans le second, à l'extrémité supérieure du même os, une tuméfaction qui mesurait de 6 à 8 centimètres. Elle s'était développée à la suite d'un traumatisme, léger d'ailleurs, et d'une manière lente, subaigufi, sans réaction inflam-
matoire appréciable. La pression éveillait une souShm' vive, surtout lorsqu'on l'exerçait en une régioo tseeiàconsente, & peu près au point le plus saillant de htaninr. L'incision du périoste, légèrement épaissi, nous fit lomlicr sur un os de couleur vineuse, raréfié, friable et cnasttt courtes galeries tapissées de fongosités.
On ne saurait nier la réalité de ce type clinique; mais,«i vérité, l'embarras commence lorsqu'on essaye de délenniK la nature de cette affection. M. Trélat ne se le imvà point, et, s'il présume qu'il s'agit bien d'une maladie bullaire, il n'ose affirmer quel en est le microbe path^K. Serait-il de même espèce que le staphyloeoccDS de l'ostremyélite aiguë, ou bien ne serait-il autre que le bacille dtk tuberculose? Les cultures ont été jusqu'ici négatives flk microscope est demeuré muet.
Nous n'admettrions que difGcilement l'idéalité d'origine ii l'ostéomyélite aigué et de l'ostéomyélite iasidiense. Coament et sous l'influence de quelles causes le stapk^loeoccus anreus, si brutal d'ordinaire dans son envahissemot, d^ viendrart-il aussi pëu bruyant et sournois? Pourquoi, dans It premier cas, intox ique-t-il l'organisme tout entier, tiih que, dans le second, il n'agirait que sur le point précisA la colonie parasitaire s'est développée? 11 y aurait là w singularité bien bjzarret
N'observerions-nous pas plutôt, dans cette question, i:»' évolution semblable à celle qui a marqué les recherct. contemporaines sur l'inflammation du tissu cellnliire! 1/ phlegmon aigu, l'abcès chaud a pour cause, nous ^ un staphylococcus pyogène; oserons-nous en conclun^ l'abcès froid a pour origine le même microbe? Ctrtpathologistes ont pu le prétendre et, d'après w. nombre des germes dépend l'acuité plus ou moimr^ du processus inflammatoire. C'est possible, et l'abtèî' ainsi compris existe peut-être; mais l'abcès froid ordiuclinique, celui qu'on voit le plus souvent, est f^-non par le staphylococcus pyogène, mais par le bacit' tuberculose.
En est-il de même dans les inflammations osscn^'^ c phlegmon de l'os > est-il provoqué par le staphy'^c^^ anreus, tandis que l'ostéomyélite chronique ou iits^*f serait le fait du bacille de Koch? M. Trélat iadiofi-^ penser et cette opinion nous séduit. Mais, c l'autonomie » de l'ostéomyélite subaiguë a^' courir un grand risque et nous ne saurons plm»ii"^°^ séparer de certains groupes morbides, déjà fint^^^ dans nos pathologies. La clinique et Tanatoniic gique en effet paraissent se donner un mutuel appm faire rentrer l'ostéomyélite insidieuse dans le cadre iie<l ostéomyélites douloureuses chroniques qui précèdealUi rition de la plupart des abcès des os. IHe savoDS-DOQ^j d'autre part, que des recherches récentes tendent ir^ les abcès comme un produit de la tuberculose osseuse? N écartons, bien entendu, les collections purulentes qui pour origine une ostéomyélite aigufi.
Aussi nous pensons, en définitive, que la plus étroite unit la c forme d'ostéite suppurative > décrite par 1^^ l'ostéite douloureuse chronique de la thèse de Golay, épiphysaire subaiguë des cliniques de Gosselin, la ^'^ latente de James Paget, et peut-éire (inira-t-on par t-i dérerces diverses dénomination eomme^'anfliquaBi i'^ plus à des variétés d^isitiaeShttt'éspCUU^^ U lo^
33 Octobre 1885 GAZETTE HBBDOMADAIRB DE HÉDECmE Et DË dËiRDRGIE
lose osseuse. Ne noue ditHm pas que l'ostéite tuberculeuse survient surtout pendant la croissance, à Toccasion d*un traumatisme, qu'elle se caractérise par des symptômes à peine marqués an début, c Son évolution est lente, sa marche torpide, insidieuse; elle se localise en un point de l'os et donne souvent naissance à des abcès et à des fistules ; en un point fixe existe une douleur plus ou moins vive que le repos fait disparaître et qui s'accroît par la pression, les efforts, la marche, un exercice prolongé. »
Dn moins, si des doutes s'élèvent sur la nature de cette alTection, l'hésitation cesse lorsqu'il s'agit de son traitement; la bande d'Esmarch est appliquée sur le membre; une sec< tion est faite à la peau, sufiGsante pour permettre de bien voir le périoste parfois sain en apparence ; on l'incise, on le détache et on explore la surface de l'os en général rouge ou violacé, raréfié, friable etvasculaire; on évîde, avec la gouge et le marteau ou avec certaines curettes de forme particnli ère, tonte la portion altérée; on ne s'arrête qu'àla limite dn mal, lorsque l insbnment entame un tissu de consistance et d'aspect normaux ; on place -un pansement légèrement compressif àl'iodoforme ou au sublimé et, d'ordinaire, la guérison ne se fait pas attendre.
En résumé, il existe une ostéonjfélîte à marche insidieuse, d'origine encore obscure et peut-être multiple; elle s'ins' talte dans l'os et y provoque souvent des lésions fort profondes, avant que le patient en soit dûment averti par des symptômes menaçants comme en évoque l'ostéomyélite phlegmoneuse. — Le mérite de H. Trélat est d'avoir appelé l'attention sur cette forme clinique et montré que la torpidité de l'évolution n'a pas, comme corollaire obligé, la bénignité des lésions; il nous a appris à faire un diagnostic précoce, gage d'une intervention plus rapide et d'une guérison plus facile et plus sûre.
Paul Reclus.
TRATAUI ORIGINAUX
Dk5 fractures de côtes indëpehdaktes du traumatisme. Communication faite & la Société médicale des hôpitaux dans la séance du 9 ociobre 1885 par M. le docteur L. Desnos, médecin de l'hôpital de la Charité.
Les hasards de l'observation créent parfois des séries cliniques qui font que tel fait asseï exceptionnel pour n'avoir jamais été constaté, non seulement par nn médecin, mais même par un grand nombre de médecins d'une pratique très étendue, vient, À des intervalles de temps rapprochés, s'offrir à l'étude d'un observateur pins favorise.
Ainsi m'est-il arrivé relativement aux fractures de côtes indépendantes du traumatisme, ou, si l'on veut, des fractures de côtes par action musculaire. Cette dernière dénomination doit être préférée à celle de fractures de côtes spontanées, car, si cette spontanéité absolue des fractures se produisant dans des conditions exceptionnelles d'altération du tissu osseax, a pu être enregistrée pour d'autres parties [lu squelette, son existence ne me paraît pas démontrée pour les côtes, si ce n'est dans une observation de Porak, insérée dans les BuUetins de la Société anatomiqtie, et dans Iaqu:>IIe, au milieu de tumeurs cancéreuses multiples des os et des viscères, on trouva des fractures spontanées du col du fémur 3t de deux cAtes.
A peu de mois de distance, j'ai vu, à l'hôpital de la Cha-
rité, deux malades atteints de fractures de côtes absolument étrangères au traumatisme. La rareté des faits de ce genre m'a engagé à en faire part à la Société. Ils peuvent être l'occasion de quelques considérations d'un certain intérêt sur les fractures de côtes de cet ordre, et présentent eux-mêmes quelques particularités qu'il, peut être bon de relever.
Ce n'est pas, cependant, la première fois que cette question est portée devant la Société des hôpitaux. Il y a un assez grand nombre d'années déjà, en 1855, M. Hérard l'avait entretenue d'une fracture de côte survenue chez une femme enceinte, dans un effort de toux quinleuse. Depuis cette époque, on ne trouve plus mention de faits semblables dans nos annales. C'est quwectivement ils sont bien loin d'être fréquents.
Malgaigne, malgré sa vaste érudition et sa connaissance approfondie de la littérature médico-chirurgicale, n'en avait relevé que huit cas. Depuis son mémoire sur ce sujet, M. Paulet, dans son article Côtes du Dictionnaire encyclopédique des sciences médiealeSf en a réuni six autres. Dans un travail plus récent encore, H. Hazeillé en a aussi colligê quelques-uns, de telle sorte qu'en y ajoutant les deux observations dont je viens vous faire part, on peot évaluer à une trentaine environ l'ensemble desiaits publiés. Ce chiffre est restreint, si l'on songe à la quantité considérable de fractures des arcs costaux que tout médecin est appelé à soigner dang le cours de sa carrière. Demarquay a, en effet, montré, d'après les relevés de l'Hôtel-Dieu de Paris et de Guv's ttospitai, que les fractures de côtes forment à elles seules plus de la moitié de la totalité des fractures.
Si, d'une manière générale, les fractures de côtes indépendantes du tranmatisme sont exceptionnelles, il y a encore, dans la fréquence relative des causes nulles déterminent, des distinctions importantes à établir. Il est certain que c'est sous la pression des efforts de toux qu'elles se produisent le plus souvent. On a noté cette influence dans dix-sept cas sur vingt-quatre. C'est également au milieu de quintes de toux que mes deux malades se sont fhicturé les côtes.
Pour épargner vos moments, je me contenterai d'esquisser rapidement les principaux traits de leur histoire.
Mon premier malade, le nommé R..., &gé de trente ans, monteur en bronze, entré au n" 19 de la salle Saint-Félix, le 4 décembre 1884, sorti le 2â janvier 1885, était atteint, lors de son arrivée, d'une bronchite aiguë accompagnée d'une dyspnée paroxystique qui affectait les allures d'un asthme intense. Depuis plusieurs années déjà, cet homme était sujet à des rhumes fréquents, tenaces, entre lesquels il gardait de r essoufflement, et à des accès d'asthme. Il présentait, d'ailleurs, les phénomènes physiques de l'emphysème pulmonaire (déformation de la poitrine en certains points et notamment sous les clavicules, tympanisme dans certaines régions, affaiblissement ou, au contraire, exagération du murmure vésiculaire en d'autres ; râles secs et humides dans la plus grande étendue de la poitrine).
Ordinairement, il soignait chez lui ses bronchites et ses accès d'asthme. Cette fois, ce qui l'amenait à l'hôpital, c'était une douleur exti'êmement vive du côté gauche. Il prétendait s'être cassé une côte en toussant. J'avoue que ma première impression fut un sentiment d'incrédulité. Il n'était pas jusqu'au craquement qu'il disait avoir accompagné la fracture que je misse en doute. Parfois, effectivement, dans les efforts de toux, les cartilages costaux, en chevauchant les uns sur les autres, produisent un froissement et une douleur ^ui peuvent en imposer pour une fracture. Mais cet homme insistait, il était très explicite, et il soutenait que non seulement il avait senti et entendu le craquement, mais que sa sœur, qui était à côté de lui, en avait également perçu le bruiL
En effet, en exerçant une pression, même modérée, sur le,
Jioint qu'il désignait comme siège de ]a '^9lL^^!^^^i^^^7h&f a neuvième côte, en avant de sm'âl&l^ wNeilwt^i^l-
69!^ » N* 43 — GAZËfTE IIEBDOHADAÏKB OB
MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 23 OcrooiE m
ment la crépitation osseuse. On Tentendait également à 1 auscultation. Ces signes furent reconnus non seulement par moi et par les personnes qui suivaient ma vtsile, mais aussi
fiar M. Hardy, qui voulut bien voir ce malade avec moi. Il ai bien avéré que cet homme, très souffrant, n'avait subi aucune violence, aucun choc, et que c'était bien pendant la toux que l'accident s'était produit.
L'auscultation révélait aussi des râles sous-crépilantsplua nombreux et plus fins du c6té gauche, en arrive, que dans Jes autres points do la poitrine.
Le traitement consista dans l'usaçe des opiacés unis au kermès pour combattre la toux, amsi que la dyspnée, et dans l'applicalion d'un bande de diachylon faisant une Tois et demie le tour du tronc. Plus d'une fois, on dut la réadapter et la resserrer.
R... sortit de l'hôpital au bout de six semaines, guéri de sa fracture, de son attaque d'asthme, et avec sa bronchite et son emphysème très améliorés.
Le traitement ne se fit pas sans péripéties. La congestion pulmonaire du c6té gauche ne céda que lentement, avec d'autant plus de difficultés que la présence du bandage de diachylon s'opposait à l'application des révulsifs. Il y eut des accès de dyspnée qui m*îns{)irèrent souvent des inquiétudes, et il fut nécessaire de recourir aux infections de morphine pour les combattre. A la sortie de l'hftpital, il n'y avait pas de cal appréciable au niveau de la fracture.
Mon second malade, &gé, lui, de soixante-six ans, est entré ft la salle Saint-Félix le 30 avril 1885. D'après les notes que m'a remises mon interne, M. Ballue, il toussait depuis
filusieurs années, surtout pendant l'hiver. Il n'avait pas eu a syphilis et n'était pas alcoolique. Obligé par ses occupations de placier d'être la plupart du temps dehors, il avait vu, depuis cinq ou six semaines, son état s aggraver notablement. 11 avait des quintes de toux très violentes. En dehors de ces accès et de la suffocation qui en était la conséquence, il toussait fréquemment, surtout la nuit, et expectorait du mucus filant, présentant l'aspect de la glaire d'œuf. Un jour, le â9 avril, étant entré chez un marchand de vin pour se reposer, il sentit, après avoir bu, qu'il allait avoir sa crise. Il sortit et alla s'asseoir sur un banc, où il fut pris d'une forte quinte de tout. A ce moment, il entendit très nettement un craquement sec et ressentit une vive douleur dans le côté gauche de la poitrine. Le lendemain il entrait â l'hôpital et voici ce que nous observions : dyspnée intense, enchaînant les mouvements respiratoires, souffrances vives dans le côté gauche de la poitrine. A l'examen du thorax, rien de particulier, si ce n'est une diminution d'expansion de la poitrine à gauche. A la palpation, on constatait que les vibrations vocales étaient amoindries dans le tiers inférieur gauche du thorax. Dans cette même région, la respiration était obscure; on entendait un léger soulne et une égophonîe peu prononcée. Il y avait donc un épanchemeni, peu abondant, il est vrai. Râles de bronchite dans le reste de la poitrine.
Si on explorait avec les doigts la région thoracique gauche, on déterminait, sur le trajet de la huitième côte, à l'union du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs, une douleur aiguë, et on sentait en ce point une crépitation osseuse manifeste, perçue également par l'auscultation. Il existait, par conséquent, une fracture de la côte. La poitrine, en avant, était globuleuse ; on obtenait, par la percussion, un son tympanique, et l'examen faisait reconnaître les signes de l'emphysème pulmonaire arrivé à un degré assez avancé.
Le diagnostic porté fut: emphysème, bronchite aiguë greffée sur une bronchite chronique, Iracttire de côte produite ar la (oux. Comme pour le précédent malade, un bandage e diachylon fut appliqué, les opiacés furent administrés. La toux se calma bientôt et l'auscultation ne faisait plus entendre que des râles de bronchite <^ui tendaient à disparaître. Les signes d'épanchement n'existaient plus. La respi-
ration était toujours obscure. La douleur encbataail entw les mouvements du thorax.
Le 26 mai, on enleva le bandage. La fracture était coastlidée. Il n'y avait plus de crépitation. Seulement il resUii encore une légère douleur au point fracturé, oû Ton sentait une saillie, un cal peu considérable, mais sans mobiliié. ii l'auscultation, on n entendait que quelques r&les nnfiaoB très rares et disséminés. Le malade sortit guéri et jov même.
Les deux observations (^ue je viens de reporter rentrai dans la règle éliologique générale, en ce sens que l'accideit s'est produit par suite de quintes de toux. L'effort de la lam n'est pas le seul, néanmoins, qui puisse le provoquer, km nous trouvons des côtes fracturées sous l'inliuence de l'élef- ' nuement, comme dans fe cas de Podrasky, de Caslella; dm j un effort pour redresser une grande faux, comme ch^lr i sujet de rfancrède; dans celui qui fut nécessaire pour » I retenir et s'empêcher de tomber (Groninguer, Théopliilt W | ger); dansceluique fit un gentleman pour monter un cbml i fougueux (Hilton); dans un simple mouvement pourser^ i tourner dans son lit, ainsi que l'a vu,Denonvilliers. Ufnitl déploiement de forces que nécessite l'accouchemenlini considéré comme pouvant donner Heu à des fractures deditci Mais les faits, jusqu'à présent, n'ont pas consacré «tltl)[^ nion, parement théorique.
Il est certain que c est dans la dernière moitié de Un
au'on a vu le plus grand nombre de fhietures decôlesdel orè e celles dont je vous entretiens.il s'en faut pourlaolquel^ individus jeunes en soient à l'abri. Le malade de Goodi était un jeune homme. Si le second des miens avait soixairiMii ans, le premier n'en avait que trente. Des femmes enceiatti étaient encore dans la première moitié de la vie.
Les statistiques prouvent que les solutions de coolinuité des côtes par causes externes sont beaucoup plusfrtquentes chez les hommes que chez les femmes. Cette pn>porlion s'explique facilement par les chances plus multiplet de traumatisme auxquelles ils sont exposés. Ces chan»! disparaissent pour les fractures que nous éludions. Aussi b proportion semble-t-elle se renverser, et, sur dix-sept (n de fractures par quintes de toux, en trouve-t-on sept sealement chez l'homme, et dix chez la femme.
Chez cette dernière, quellosquesoientlesidéesplusoamùi justifiées que l'on se forme sur les modifications de natritiio de (ont le système, et en particulier du tissu osseux que fwit entraîner la grossesse, celle-ci parait jouer un r6le prédis* posant, puisque, sur ce chiffre relativement restreint, m trouve quatre observations qui se rapportent à des femiiffi enceintes (cas de Hérard, de Chenery, de Brookhouse. Philip Miall). Par rapport aux autres causes prédisposute!, si j'accorde volontiei-s une influence à la raréfactioa duli^ osseux, à l'o.stéoporose, à l'ossification des cartilagescosuui, qui peuvent être la conséquence des progrès del'^e. altérations de nutrition qu'on voit se lier aux afTeclions lio système nerveux central, on me permettra de n'allacber qu'une importance très secondaire à toutes les causes a^t ' hypothétiques qu'on invoque comme origine des fncluw par contractions musculaires, qu'on reproduit depuisAinbro» Paré, depuis Fernel et Nicoa, telles que le virus ïén*n«. les vices cancéreux, scorbutique, racbitiqae, arthritiqw: d'autant mieux qu'on ne les retrouve pas dans le Aépomt-^ ment des faits publiés. Mais je n'en puis agir ainsi à 1'^^ d'une modification du tissu des arcs costaux engendrte^i l'emphysème pulmonaire. Effectivement, Freuiid, doit " opinions sont acceptées par Georges Homolle, dans rarWlf ËHPHYSÉHE du Nouveau dictionnaire de médecine fi * chirurgie, décrit des altérations importantes dans Issi^ ture des côtes et des cartilages des sujets qui succotnKB avec de l'emphysème : Le tissu des teinte jaunâtre et unCi^itpQsili^dkfitaQm^liO^'^'^
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de lacunes; le cartilage augmente de volume en tous sens, perd son élasticité et devient rigide.
Or, si l'on remarque que les fractures se font le plus souvent pendant la toux, chez des sujets atteints de bronchites .ligués et souvent chroniques, on sera déjà porté à faire une grande part à l'emphysème, bien qu'on ait néj^ligé de le noter dans beaucoup de cas. Il t'a été quelquefois, cependant; par Denonvilliers notamment, et les deux faits que je viens ae voos soumettre ne peuvent laisser aucun doute sur son existence.
Malgaigne, des huit observations qui faisaient la base de son mémoire, avait cru pouvoir conclure que les fractures de côtes étrangères au traumatisme se faisaient toujours du côté gauche et sur la moitié antérieure de Tare costal, dans un point assez rapproché du sternum. Il y a lieu de modifier aujourd'hui ces conclusions tirées d'une statistique trop limitée.
Sans doute, tes fractures de cette espèce ont lieu le plus souvent à gauche, mais on les a aussi observées à droite. DilTart a vu la onzième côte droite brisée vers son milieu. Dans une observation du Médical Times, on trouve également la fracture des septième et liuilième côtes du côté droit. Gliez te malade de Nancrède, la côte était aussi rompue à droite.
Quant au point de l'arc où se fait la solution de continuité, les excepUons à la règle posée par Halgaigne sont beaucoup plus nombreuses.
Souvent on trouve la fracture non pas sur la moitié antérieure, mais sur le tiers postérieur de la côte. Chez mes deux sujets, elle n'était pas éloignée de son angle.
Toutes les côtes peuvent être atteintes, même les supérieures. Chez l'homme observé par Nancrède, c'était la deuxième côte droite qui était cassée. Hais, il faut le dire, c'est presque toujours sur les côtes inférieures que retentit i'actton pathogène. A ta suite de quintes de toux, la onzième côte s'est fracturée sept fois ; la dixième, quatre fois ; la neuvième, deux fois; la sixième deux fois, et la cinquième, une fois. Comme on le voit, l'accident devient plus rare sur les côtes plus élevées. Dans mes deux observations, il s'agissait de la neuvième et de la huitième côte gauches.
Presque jamais, il n'y a qu'une côte brisée. Je note néanmoins, dans une observation de Bérard, une infraction à cette loi. On en pourrait trouver d'autres encore.
Je n'insisterai pas longuement sur le mécanisme suivant lequel s'effectuent ces fractures par contraction musculaire. Il se rapproche singulièrement, vous vous en êtes rendu compte, (le celui des fractures traumatiques dites indirectes, dans lesquelles, par suite d'une pression exercée sur le tronc d'avant en arrière ou d'arrière en avant, l'os se rompt par exagération de sa courbure normale; par opposition aux fractures directes dans lesquelles les côtes se brisent du fait de la tendance au redressement de Inur courbure. Ainsi, dans les fractures par effort, c'est en raison de la tendance au rapprochement du slenium de la colonne vertébrale et, conséqut'.mment, par l'exagération de la courbure des côtes, que la résistance de celles-ci finit pHr être vaincue. On comprend qu'au moment d'une quinle de toux, par exemple, ou d'un étemuement, alors que la cage ihoracijiue vient d'arriver à son maNimum de dilatation par l'action des muscles inspirateurs, s'il survient inopinément un violent effort, immédiatement les muscles expirateurs : grand obliçiue, petit oblique, grand droit, petit dentelé postérieur et inférieur, se contractant d'une façon convulsive, abaissent fortement te sternum et le rapprochent du rachis. L'extrémité antérieure des côtes est vivement attirée en bas, et, en s'abaissant, elles se portent en arrière, d'où l'exagération de leur courbure, suivant les facos et suivant les bords, qui peut aller jusqu'à les briser. Comme ce mouvement d'abaissement et de rétrocession du sternum est surtout accentué à sa partie inférieure, on conçoit qqe les dernières côles
soient, de préférence, le siège des accidents. C'est ce que démontre la statistique.
Le diagnostic des fractures de côtes par action musculaire n'offrira pas, en général, de grandes difficultés, si l'on veut bien se mettre en garde contre ce premier mouvement d'in* crédulité, naturel d'ailleurs, qui vous assaille lorsqu'un malade vient vous déclarer qu'il s'est cassé une côte en toussant ou en faisant un effiort quelconque. Il y a, du reste, une cause d'erreur que j'ai déj& signalée dans cette sensation de froissement, de craquement même, que peut ressentir le malade par suite du chevauchement des cartilages costaux inférieurs, dans un grand effort. La douleur subite ellemême ne serait qu'un symptôme secondaire, ear les sujets atteints de bronchites sont souvent affectés de névralgies intercostales qui ne se révèlent qu'à l'occasion d'une qumte de toux. C'est, en somme, aux signes ordinaires des fractures de côtes qu'il faut avoir recours et particulièrement à la douleur localisée en un point, spontanée ou provoquée parla pression, à la crépitation osseuse perçue par le toucher ou par l'auscultation. Il faut également tenir grand compte du bruit que les malades déclarent avoir entendu au moment de l'accident. La valeur de ce signe a été évidente dans nos deux observations. Dans la première, ce craquement a même été entendu à distance par une personne qui se trouvait en compagnie du malade, il faudrait se garder aussi, en raison de la douleur, de l'affaiblissement du murmure vésiculaire, de prendre une fracture de côtes pour une pleurésie, ainsi
au'il est arrivé dans le cas de Hilton. Cette erreur pourrait 'autant plus être commise que la pleurésie est une complication possible de la fracture. Ua seconde ohsenration en est une preuve.
Le pronostic est généralement favorable. La guénson s'obtient par des moyens simples comme les inaïQMgfi» de corps en sparadrap de diachylon.
Je relève, dans presque toutes les observations, des guérisons rapides, ou obtenues dans les conditions ordinaires, avec ou sans formation de cal persistant.
La malade de M. Hérard est morte, il est vrai; mais c'était une femme enceinte qui succomba & une affection puerpérale.
C'est que, dans ces fractures spontanées, nous ne trouvons pas ces grands ébranlements de l'organisme, ces délabrements de la plèvre ou du {louinon, ces emphysèmes pulmonaires inlervesiculaires qui peuvent être le triste apanage des fractures traumatiques, et surtout de celles qui sont dues k des causes directes. , .
En faisant cette communication à la Société, j ai désire appeler son allenlion sur une espèce de fracture de côtes que j'appellerai médicale, pour savoir si, dans leur pratioue étendue, quelques-uns de mes collègues n'auraient pas fait quelques observations d'une maladie assez rare, qui pourrait parfois passer inaperçue, pour savoir d'eux encore si les conclusions que j'ai cru être en droit de tirer des faits antérieurs et de ce que j'ai vu, ne devraient pas être modifiées sur quelques points et notamment sur la simplicité ou tes complications de ces fractures, sur les changement que nécessiteraient dans le traitement des observations nouvelles ou certains cas déterminés.
CORRESPONDANCE
A H. PAUL RECLUS, MEMBRE DU GOKITÊ DE RÉDACTION. A pr*pM du tratteBMiit «M plalM fmr fcaUe de revolver.
Les chirurgiens ont certainement remarqué l'article si judicieux que M. Paul Reclus a consacré rtonment question; tout en approuvant le fond parait utile de recliiicr une légère erreurconnAfteau^CTae
MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 23 Octobre m
la pratique chirurgicale de M. F.Terrier. M. Paul Reclus cite bien le passage suivant des ElimenU éê pathologie cAtrurgièale généraie (u. 280): « Aujourd'hui on en est beaucoup revenu sur l'utilité des débridements prévenlirs que repoussaient déjà Hunier et Baudens... Les corps étrangers doivent être retirés des plaies, autant que cela sera possible... On pourra faire les débridements et les contre-ouvertures nécessaires; on pourra se servir d'instruments spéciaux, de tire-balles, mais dans bien des cas il ne faut pas vouloir obtenir à tout prix l'extraction des corps étrangers profonds. » Toutefois M. Reclus néglige de citer cet autre passage qui se trouve à la page précédente (p. ^79-280), et qui indique bien mieux la conduite à tenir : c Les doigts, les stylets et les sondes seront donc les moyens de recherche que l'on devra surtout employer. Nous ajouterons que, si ces divers moyeus sont utilisables dans bien des cas, il ne faut pas en abuser et ne pas pousser trop loin ces recherches, êurlout lorsoae les préjêctiles «ont o'wi petit calibn, comme les baltes de reooher; dans ces derniers cas même j'ABSTEMnoN est
SOUVENT PBËrfiRABLE. »
Telle est d'ailleurs la conduite habituelle de H. F. Terrier : la non-inlervention au moment de l'accident et l'occlusion de la plaie avec le collodion simple ou mieux iodoformé immédiatement après le lavage antiseptique. Dans le cas où l'occlusion est impossible, application d'un pansement antiseptique rigoureux. Il n'intervient de suite que dans les cas exceptionnels, par exemple lorsque la balle est très accessible sans débridement ou lorsqu'elle siège dans un doigt ; habituellement il attend que la période de réaction inflammatoire soit passée et fait alors des tentatives d'extraction si une exploration méthodique lui permet de sentir le projectile.
Aussi n'est-il pas inutile de rapporter le résumé d'une série de quinse onservations de plaies par balles de revolver, prises depuis le i" janvier 1885 dans le service de chirurgie de l'hApital Bichat: dans presque tous les cas, cette manière de faire a donné de bons résultats.
Obs. L — la nommée Blanche L..., demoiselle de magasin, ftgée (Je vin^t aos, entre le U janvier 18%, salle Ghastaignac, n" 11. Celle Jeune fille, ayant des chagrins amoureux, se tire dans la poilrme un coup de revolver : la balle pénètre au niveau de la troisième côte gauche; l'orifice d'entrée est situé à 3 centimètres environ du bord gauche du sternum. Aucune exploration ni tentative d'extraction irest faite; on applique sur la plaie un pansement de Lister com^Jet cgu'on reDOuvelle tous les deux jours.
La mdade sort lo 28 jaavier; l'oriBce d'entrée de la balle est i peu près complètement cicatrisé; un carré de diachylon est appliqué à ce niveau. On aeot assez nettement la balle à quelques ceotimètres en dehors de l'oriflce d'entrée. La malade a été revue plusieurs fois depuis cette époque; ta plaie cutanée est complètement cicatrisée; la balle est toujours assez facile à sentir et ne délernùne aucun accident Inflammatoire ni ^uloureux.
Obs. II. — Le nommé De H... Louis, cordonnier, &gé de vingtsent ans, entre le 26 janvier 1885, salle Jaijavay, n° 25. U malade donne les renseignements suivants sur ses antécédents personnels et hérédilaires : son père est mort de pbthisie pulmonaire A cinquante-six ans ; sa mère est vivante, mais souÏGfre souvent de maux de tète et des oreilles ; dix sœurs sont mortes de diCTérenies maladies (variole, croup, bronchite (?), phlhisie pulmonaire); une seule survit et est bien portante. II n'y a pas d'aliéné ni d'épileptique dans la famille.
coolisme.
Tousse un peu actuellement; n'a jamais craché de sang. La percussion et 1 auscultation de la poilnue ne décèlent rien d'anormal.
Ude
Aucun trouble de la vision avant l'accident qui amène le maie a l'hôpital : au niveau de la paupière inférieure droite, il "i***Jfl **»cès osseux ancien.
jiJfJzi J'J^*'', ft sept heures du soir, le malade, poussé par un «sespolr ffamour, ae tire dans la bouche un coup de revolver
(calibre 7) : il perd connaàsance pendant quelqvM iiutnis.1 légère hémorrhagie se produit ; la malade crache ur peu de « Dès que le malade reprend connaissance, il s'aperçoit qaHi double.
M. Terrier constate, le lendemain matin & la viiite, uk bu lysie du moteur oculaire externe du cèté droit : il etisie disti bisme interne de ce cèté et le malade ne peut suirre l'indtaie au delà d'une certaine limite.
latine. Un stylet, introduit avec précaution, ne penoei pu constater l'existence de la balle. (Sargarisme au chloraieilc^ tasse.
Le 28 janvier, le malade crache un peu de sang; ilucascu douleur assez vive su pourtour de l'orbite. La puîlnie teur oculaire externe tiroit s'accentue ainsi que U ï{il»|iit,l peu d'écoulement sanguin par la narine droite.
Le 30 janvier, la douleur péri-orbilaire s'acceatae; li pin lysie reste stationnaire. L'écoulement sanguin a cessé Itnniife mère.
I^ i février, la plaie de la voûte palatine est jiresqiueoUti: ment cicatrisée; la paralysie oculaire tend à dimiiiDer.
Le malade sortie tO février; au bout de deux msjipir^pi' oculaire avait complètement disparu ; \é ma\aitsn'm\^m!i> tons les mois à l'ndpital et n'accuse que de lempt à ulit qvl ques douleurs de tète.
Oes. 111. — La nommée P... Louise, âgée de vingt us, (iIp>!< 28 février à l'hdpilal Bichat, lit n* 22, salle Chasui^K C(» femme est une hystérique qui a quitté son mari poorfcn^k^- 1er Paris : ayant refuse de se livrer plus longtemps i tution au profit de son amant, celui-ci, farietu, lù littlc-' coups de revolver. L'une des balles vient a'aplatir sutlVo^ saisie avec une pince, elle est facilement exlratle sus » dément le lendemain de l'entrée de la malade à l'hôpitiLlJconde balle pénètre parle conduit auditif externe; 1»^;^' faémorrfa^ie se produit pendant quatre A cinq 'omM'est asseï accentiâe de ee cAté, et la malade aeeose défini asses vives dans l'oreitla. Elle ouvre diffleileDiait U tw^' pendant une disaine de jours, elle est obligée de se »i>»^ des aliments liquides.
Le 15 mars, H. Terrier fait une exploration arec ud ne sent pas le projectile; la malade croit le sentir aw ii:> | dans la bouche. En effet, on constate l'existence de li InU le voile du palais, dans ta moitié droite; la dégliiiiiîo»^'''
fiénible, ainsi que la mastication; la malade écarte diKrH a mftchoire inférieure. A l'aide d'uu coin en bois, on b ' peu à peu la bouche de la malade.
Le Z4 mars, H. Terrier fait une iaciston et, à I'ik'-*' pince i greffe, extrait avec une difficulté assez ^ravlft'^ qui est, pour ainsi dire, cloisonnée au milieu du 1issud»^ >t' Cet intervention n'est suivie d'aucun accident iofliii)^''^'!;, malade sort le 28 mars. Elle revient quinze jours ip.-^ tant de la tuméfaction douloureuse au niveau de itf *, petit abcès périostique s'est formé au niveau de la t^^. extraite. Le voile du palais présente une deatriee
11 n'y a du reste ancnn trouble de la déglutition ««'^ nation. Un écoulement mnco-puruloat existe ducèU"'.'. gauche; la surdité est i peu près complète de ce «le de la région occipitale est ouvert et se cicatrise es (>« de jours.
Là malade a été revue plusieurs fois depius t^^" outre la surdité, elle a des bourdonnements etqiKl<|»fi cépbaliques du cOté gauche.
Obs. IV. — Le nommé H... André, sujet iialieD, àr neuf ans, garçon maçon, entre le 27 mars 188i, sm» lit n* 17. Ce jeune homme, trompé par un de ses anui f quel il avait une affection exagérée, se tire trois conps <l^ ^ une balle, qui avait pénétré peu profondément dans la >^ latine, est extraite en ville ; une antre a pénétré (dit-il) fÇf dans la bouche, bien qu'on n'ait jamais pu trouver i orii trée. La troisième est aplatie contre le rocher, au-dessus' physe mastolde. Cette plaie est pansée d'après la Lister. La température n'est pas élevée , M. Richeloi, ijui H. Terrier, fait un léger débridement, et extrait u
12 avril. Une suppuration assez abondante a liçyi 1^ j** vants; toutefois ce maladej^^g^tt^i^nj]^)^^)^^^*' revu depuis cette époque. ' O
i$ Octobre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE
. Oos. V. — Le nommé fi... Georges, terrassier, âgé de vinglsept ans, entre le 27 avril 1885, salle Jarjavay, n" if. Ce garçon, étant couché dans son lit, reçoit d'un de ses camarades un coup de revolver tiré presque à bout portant dans l'oreille gauche, lin léifer écoulement sanguin a lieu pendant deux ou trots jours. Oo fait tous les matins des injections arec de l'ean boriqnée et on applique un pansement antiseptique.
Le U mai, une exploration est faite très doucement avec une soode cannelée; on ne perçoit pas de projectile, et aucune tentative d'extraction n'est faite. II existe une légire diminution de l'oQle et un peu d'éeoalement fM l'oreille gauche.
Le malade sort le 15 mai, bien portant, et n'est pas revenu i riiâpilal.
0^. VI. — Le 13 juillet, vers minuit, éclate, sur le boulevard de lâ Révolte, une nxe entre Italiens et Français ; la confusion est telle que coups de revolver et coups de couteau alteigneal indistinclement les adversaires des deux câtés; sur les sept blessés
?;ui entrent à l'hôpital, l'un présente, au niveau de la région ronto-pari étale gauche, une plaie contuse pénétrant dans Tos, qui donne lieu, au bout de quelques jours, à des accidents inflammatoires, sans qu'il soit possible ae déteiminer si le malade a reçu une balle on un coup de stylet. H. Terrier met un tube & drainage dans la plaie, fait on pansement antiseptique. Le malade, qui avait présenté les premiers jours des troubles intellectuels et une sorte de stupeur très profonde, sort guéri le 19 août, ayant eu une périostite assez intense.
Ob.<;. vil — JjO nommé G... Henri, ftgé de vingt-deux ans, régleur, entre le 13 juillet, salle Jarjavay. lit n" 9 bis. Ce malade reçoit dans une rixe une balle au niveau de la partie moyenne et externe de la cuisse droite. L'orifice cutané est à peine marqué et on ne peut songer i faire une exploration avec le stylet; la balle n'est sentie par le palper en aucun point de la cuisse. L'occlusion de la plaie est faite avec du colloaion iodoformé. Le malade ne souffre que peu de sa blessure et, après quelques jours de repos, sort guéri le 21 juillet. 11 est revenu plusieurs fois à l'hApital voir ses camarades ; il a repris ses occupations et ne souffre pas de sa blessure.
Ofis. Vin. — f<e nommé D... Louis, ftgé de vingt-denx ans, journalier, reçoit trois balles : deux dans le testicule gauche, une à la partie antérieure et moyenne de la cuisse gauche. Il éprouve pendant quelque temps des douleurs assez vives au niveau du testicule, qui s'enflamme légèrement. Les trois orifices d'entrée des balles sont occlus avec du coUodion iodoformé, sans qu'on ait fait la moindre tentative d'exploration ni d'extraction. Le malade sort le 21 juillet, ne soul&aQt pas de ses trois blessures; il n'est pas revenu i l'hopital.
Obs. IX. — Le nommé J... François, âgé de quarante-quatre 1IIS, journalier, entre le 13 juillet 1884. salle Jai^avay, lit u" 10.
malade, poussé par des chagrins domestiques, se tire cinq soups de revolver: deux balles vont se loger dans la région del- '.oïdienne gauche; l'une d'elles est superficielle et est facilement iXlraite après un léger débridement de la peau; l'orifice d'entrée te la seconde est peu étendu et est occlus avec du collodion iodoonné. C'est avec le même procédé qu'on occlut les orifices d'enrce des trois autres balles qui ont pénétré, l'une au niveau du ienton, l'autre au niveau de ta tompe droite, l'autre au niveau 'e la joue droite. Ce n'est que le 5 août que H. Richelot extrait la •aile située au niveau de la tempe ; les deux autres ne donnent teu à aucun phénomène inflammatoire et n'étant pas perçues ne ont paa extraites. Le malade sort le 11 août, guéri.
Nous ne signalerons qan pour mémoire les deux observaiions X et XI: dans la première, il s'agit d'un nominé J... uguste, âgé de vingt-huit ans fsalle Jariavay, lit n" 26) qui, ans la nuit du 14 juillet, envanit avec des camarades l'étalissemenl d'un marchand de vin; celui-ci, à bout d'arguiciits, tire un coup de revolver dans la bande : la balle appe J... et pénètre du c6té droit, à 1 centimètre au-des- >us du rebord orbitaire; une hémorrhagie très grave se roduit et, dans la matinée, M. Terrier se demande s'il ne udra pas avoir recours à la ligature de la carotide. Le made reste dans le coma pendant plusieurs jours et succombe
2â juillet avec des symptômes de méningo-encépbalite. ucune tentative d'eitractioii n'a été faite dans ce cas, non
plus que dans le cas suivant. — Le nommé B... François tailleur de pierres, &gé de cinquante-trois ans, se tire cinq coups de revolver dans la téte; entré à minuit à l'hôpital (salle Jarjavay, Ut n" 10) dans le coma le plus profond, il succombe une heure après son admission.
Obs. XIL— Le nommé G... Victor, couvreur, âgé de vingt sept ans, entre le 24 août, salle Jamvay, lit n<* cet individu i la suite d'une discussion de famule, se lire une balle de re volver dans la région frontale droite; l'occlusion de la plfûe es faite avec le collodion iodoformé. L'exploration ne permettan pas de sentir la balle, aucune tentative d'extraction n'est faite Le malade quitte l'hôpital le 29 août, emmené par la police.
Obs. XIU. — Le nommé D..., ftgé de dix-neuf ans, sculpteur, entre le 17 aoAl, salle Jarjavay, lit n" 8. Ce malade, ayant des clia-
frrias domestiques, se tire nn coup de revolver dans la poitrine; a halle pénètre vers la onzième cote gauche et ue peut être sentie par une exploration prudente avec un stylet. L'occlusion est faite avec le collodion iodoformé. Le malade sort guéri le 35 août.
Obs. XIV. — La nommée C... Louise, figée de vingt et un ans, blanchisseuse, entre le 18 aoûlt salie Chassaignae, lit n* 22. Cette femme, folle de désespoir par la mort d'an enbnt en bas ftge, se lire un coup de revolver dans la région lombaire. Anctme exploration n'est faite ; la plaie cutanée est occluse avec du colloaion iodoformé ; la malade sort le 26 août, guérie.
Obs. XV. — Le nommé E... Julien, ftgé de trente-deux ans, artiste dramatique, entre le 16 septembre 1885. salle Jarjavay, lit n°ffî. Ce malade ne présente aucun antécédent morbide, sauf une fracture comminutive du coude gauche avec ankylose incomplète ft angçle droit. En rentrant chez lui le soir du 16 septembre, cet individu veut désarmer son revolver (calibré 7"*') ; le canon étant tourné vers la poitrine, le coup part et la balle vient frapper dans le septième espace intercostal droit, ^ 3 centimètres en dehors du nord dn steraum ; on occlut immédiatement la plaie avec du collodion iodoformé. Le malade éprouve peudanl quel-
aues jours un peu de gène de la respiration et quelques douleurs ans la région blessée.
Le 6 octobre, H. Terrier fait, avec un stylet, une exploration ui ne permet pas de découvrir la balle ; le malade sort guéri le
octobre.
Obs. XVI. -— Le nommé B.... Charles, ftgé de vingt-cinq ans, bijoutier, entre le 30 septembre 1885, salle Jarjevay, Ht a." 17 Ais. Cet individu, à la suite d'une violente altercation avec ses beauxparents, se tire un coup de revolver (calibre 7"'") dans la lôte; la balte vient s'aplatir dans la région temporale droite, à 2 centimètres en avant et au-dessus deî'oreille. La région blessée est rasée et la ptaie cutanée occluse avec du collodion iodoformé. Le malade reprend assez vile connaissance; l'héraorrhagie est peu accentuée; il n'y a pas de troutdes de ta vision. Les jours suivants, le malade accuse seulement un peu de donl«u* et de pesanteur dans la tôte.
Le 8 octobre, H. Terrier, ft l'aide d'un stylet, sent facilement la balle ; après avoit^'fait soigneusement raser la région, il &it, le 10 octobre, uu léger débridement et, ft l'aide d'une pince, extrait assez faeilement la balle, qui est aplatie contre Kos. Le malade est encore actuellement dans le service.
COMGRiS SCIENTIFIQUE
Brltlsh nedie»! AHoet*4liNi.
CINQUAHTE-TnOISliilfE CONGRÈS A. CAUDIFF.
Antisepsie durant l'extraoUon de la ostaraote et autres opérations sur las yanz, rtaUsès par l'emploi du apray sso A l'eaealjrptas et dn pansement aeo de H. KayoBoliaon.
H. Beudelack Hewetson Ut une noie ayant pour objet de montrer aux ophthalinologistes l'utilité du spray sec àl'eucatyplus de M. Hayo Robsun dans les opérations des diverses variétés de cataracte. En se servant de cette «tmDspbèul antiseptique, on rend toutes les ma&fleitvreâ d^KopmfoaVia
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la cataracte complètement aseptiques. Avant son emploi^ il n'était pas rare ou il échou&t dans une opération de cataracte simple, parce qu il n'usait qu'en partie des précautions antiseptiques. Depuis qu'il fait usage de cette méthode, vingtcinq cas, se ilécomposant comme suit : sept cataractes con-
{[énitales, seîxe séniles et six trauroatiaues, ont tous donné es plus beaux résultats opératoires, à l'exceptioa d*une cataracte sénile compliquée de glaucome aigu, oui nécessita une iridectomie et se termina ensuite par un résultat satisfaisant.
Avant l'opération les veux et les parties voisines sont lavés avec une solution d acide phénique jk 1 pour 80. Les instruments sont plongés dans la même solution, el pendant les manœuvres 1 air chaîné d'eucalyptus est projeté sur l'œil jusqu'à ce qu'on y applique un petit pansement circulaire, composé de minces couches de coton absorbant, pardessus lesquelles on applique une couche un peu plus épaisse de courre de soie salicylée, puis une autre couche de coton absorbant et Onalemeni pardessus le tout une mince couche de coton noir. Ce pansement est maintenu sur l'œil, si tout va bien, durant sept à dix jours.
Les conclusions relatives à ce mode de pansement sont les suivantes : 1* il assure une complète antisepsie dans l'opération de la cataracte ; 2* les douleurs et niritation qui suivent Topération sont moindres auand on emploie l'air chargé d'eucalyptus; 3* depuis que l'anteur en fait usage il n'a jamais en de suppuration post opératoire.
M. F.-H. Hodges (Leicester) dit que d'après son expérience les pansements antiseptiques dans les opérations de cataracte n'oflrent ftucun avantage sur les pansements secs an coton absorbant, ils ne sont pas si agréables el déterminent parfois du gonflement des paupières et des démangeaisons chez les personnes à peau délicate. Depuis plusieurs annérale pansement dont il se sert pendant la première semaine après 1 extraction de la cataracte, est le suivant : liaina d'yeux soir et matin au moyen d'une éponge imbibée d'eau chaude ; onction de pommade d'atropine (quatre grains de sulfate d'atropine pour une once de vaseline) sur les paupières de l'œil opéré ; occlusion des deux yeux avec te coton absorbant et bande de flanelle par-dessus. Quand il a eu la mauvaise chance de perdre un œil, il a toujours été possible d'attribuer ce désastre à une autre cause qu'au pansement, telle qu'une mauvaise situation de l'incisioii, un enclavement de 1 iris, un état généralement mauvais de l'opéré. Bien qu'il n'attache aucune importance au pansement antiseptique, il considère comme une nécessité d'opérer avec une propreté scrupuleuse et avant chaque opération il plonge ses couteaux, ses ciseaux et tous ses instruments dans de l'eau bouillante, comme le recommande le docteur Andrew, de Shrewsbury.
H. Andrew (Shrembury) dit que les femmes de la campagne <]ui font surtout usage, pour leur alimentation , de thé, de pain et de beurre sont, en dépit du bon air, dans des conditions qui les prédisposent d'une façon toute particulière à la suppuration ; on doit donc chez elles redoubler de précautions.
H. Power fait observer qu'il opère rarement deux cataractes de suite exactement de la même manière soit pendant les différents temps de l'opération, soit durant le traitement consécutif. Chaque cas particulier réclame sa méthode relativement à l'étendue de l'incision, à la pratique de l'iridectomie, à l'extraction des débris de la lentille après l'exiraclion du noyeau. Pour ce qui est de l'emploi des antiseptiques, il pense que ces moyens n'ont pas grande influence sur la suppuration et que lorsque celte complication survient elle doit être mise sur le compte de In santé générale de l'opéré. A Saint-Hartholomew's hospltal tous les instruments sont plongés dans une solution faible d'acide phénique, et les pièces de pansement en contact immédiat avec
les paupières sont également trempées dans la même »'i tion. M. Power est satisfait des résultats qu'il obtient ^
cette méthode.
M. Bower (Gloucester) demande à M. Hewelson comb.< de cas, dans lesquels la suppuration est survenue, atiiet été soumis à l'anesthésie par la cocaïne. Il a pour sa [r: certainement vu un fait, dans lequel il a de sérieuses rais'i de soupçonner que le mauvais résultat a été produit { l'emploi de la cocaïne, où s'étaient probablement dévelup: des germes parasites. H. Bower rapporte en détail c^:: observation, qui a pour sujet un homme de soixant^J ans.
SOCIÉTÉS SAVANTES
A«*déiiil« des acleaec».
SÉANCE DU 10 OCTOBRE 1885. — PRéSIDETTCE DE M-BOrU'
La séance n'a comporté aucune conimunicafioa médicnf^.
SÉANCE DU 20 OCTOBRE 1885. — PBËSIOENCE DE S. TRÉL !. TIGE-PRÉSiDEKT.
H. le minUtrsda ooinneroe traatiDOt wn nnwrt ^U. !• '*~iTT* Ihrll-; sur la tilualioa Mniltin da dépuleiHat d'Alfor m 18SI. (Coauiiuios t-.
démit t.)
U. \o doelMr HtrrgvU «wm one ttuie hU$oriqiu Mtar l'nlirï*t»
matrice.
M. le docteur Deniau aànne nna brochure inUtulA : De fhgtUrie fnr - 1 poiir l« cuncaurg du prix Godard en 18SS. (Inicrit mw le 4.) '
M- le docteur Germaix, luMeciii aido-mejor da I** cImm en Tifiii*ie. t inéniairc manuMril tur la période initiale dit Ma, paur le OMCMrt . Godard en 1886. (luacril loua la n* i.)
li. le Sarétêirê perpétuel dépota doux Hipporla 4a M. Sauré, iaift-i parieDMiibl, eufle eervieeée» anfanu-Anieléa et ie la proUcti»» 4f : iani la P/Uvre en 1888 et en 1881. {Commiti ion de VHni^i^ *t ('«'«v
U. Prottit prdseiila le Rnpport de H. le docteur Launag aur le* vptr- Buroau municipal d'Iijrfièno da Harra «n 1864. (Reavol k uac Cmb.»'. • i poiëe de UM. Beinier. Aochsrd «t VaUin.) '
U. DujardiH'Beawnet* bit hoamafo du XI* faidcote 4e son Ditti* thérapeutique.
M. Germain Sée diipoie la traduction par 11. le doclrur Fiem»*t t* ■ di M. le docteur ^ttchc (doLl^eej iur Ui cautei et (• prévtmtimm ét .. ■ \
M. JuHffieieeh prôaarte un ouvrage d6 U. Prunier, iaiitalé : Aleu - I nolf ol «rfïre ion Traité de manipulation* de chimie.;
U.ManrIee Ptrrin iipoea l'ikaemUoa manMcr^te d'im «Mttti'-r à la mite de l'apératlmt de LUtU. ubevriatioj diu k UM. trs dwi-ar- f et Couttm. [Ronvut k UM. Maurice Perria et Rùchard.)
U. Guéniot prjaeiilo un ouvriise do H. Lallemaad, aytutt pov Ht* : dee enfant* altaudonnét et délaiuéi, ttuiet tur la protecUtm ie i oi'teet ■ dinriet ipo^vet da Is ettiliiotioa.
U. lameertauie dépoae an mémoire infvinid do H. le docVfv i,*».-^ -'- Reims] lur le eaféttme chronique.
M- Tillaux prëaonte, au nom de U. le docteur GuermoÊtpre^ td' * <!tu>le imprimée f iir le crin de Florence et ta valeur thérapeui^ut.
DÉCLARATION DK VACANCE. — L'Académie décide L . claration de vacance d'une place de membre titulaire 'ir. la section de thérapeutique et histoire naturelle inédica!<', remplacement de M. Noël Gueneau de Mussj, décëdë.
Obstétriqdb. — M. Charpentier lit un rapport sur envois adressés par H"' fiauaum, sage-femme à VanD?> .1 premier consiste en une dent très bien formée que près?-^ un enfant à sa naissance; l'allaitement étant imposait).dent fut extraite. Le second est un fœtus qui serait inon-i quatrième mois de vie intra-utérine, puis expulsé à l* :les détails observés étant incomplets et le volume de I V 1 macéré ne répondant pas au volume d'un enfant de \\. ' mois» ce fait ne peut être considéré co.Time incontestab. 1
OBÉsiTfi ET SAIGNÉES. — A pro]>^deajebs«j^tJoii< ,•' sentées par H. Decha^^^^t^t-Yh^^^lSt^ dc^ ^
23 Octobre 1885
GAZETTE flBBDOUADAIRE DE MÉDECINE ET DE CUIRURGIS
jînées sur l'obésiié, M. Germain Sée rappelle quelles sont les opinions actuellement en présence pour expliquer l'engraissement consécutif aux perles réitérées de sang, soit dans les cUIoro-anéinies.soit à la suite d'hémorriingies artificielles expérimentales, soit à la suite de saignées. Bauer prétend que les albuminales subissent alors une décomposition plus marquée, tandis que l'exhalation d'acide carbonique diminue; d'où diminution de destruction de la graisse, soit que celle-ci provienne du dédoublement des afbamiaales, des aliments ou qu'elle soit déposée dans les tissus ; les corps albumineux se détruisent jusqu'àformer l'urée, les substances non azotées restent dans les cellules sous forme de graisse et il se produit une vraie dégénérescence graisseuse. Fnenckel, par contre, attribue tous les phénomènes au déficit de l'oxygène absorbé ; de là, la décomposition des albumîuates qui se dédoublent; l'albumiue métamorphosée se décompose et s'élimine sous forme d'urée. Il faut, en outre, remarquer que la dégénérescence graisseuse des organes et surtout du cœtir joue un rôle considérable dans la production des phénomènes posl-hémorrtaagiques.
M. Ûechambre ne peut nue se féliciter de l'observation qu'il a présentée dans la dernière séance, puisqu'elle lui fournit l'occasion d'apprendre que M. G. Sée connaissait et avait déjà cité les expériences qui lui sont communes avec M. Vulptan.
Contagiosité de la lèpre. — La lèpre existait-elle aux lies Sandwich avant 1848, comme le déclarent un grand nombre d'auteurs, parmi lesquels plusieurs médecins ^ui ont exercé dans ces lies et qui affirment que la maladie, inconnue jusqu'alors, a été importée à celle époque par un Chinois lépreux ? Telle est la question discutée devant l'Académie et qui a son importance, car ce fait sera une preuve importante à l'appui de la doctrine de la transmission de la lèpre par inoculation, soutenue mardi dernier par M. Vidal et combattue ausiiitôt par M.M. Hardy, Dujardin-Beaumetz, Constantin Paul et Le Roy de Méricourl. Ce dernier a fait depuis huit jours des recherches approfondies dans diverses narrations de voyages et livres d'histoire et d'anthropologie et il vient opposer les résultats de ces recherches à l'opinion formulée par M. Vidal.
M. Le Roj/ de Mérieourt pense en effet que le cas du Chinois auquel on attribue l'importation de la lèpre ans lies Sandwich, n'a pas la portée qu'on lui donne : d'abord, on sait avec quelle mauvaise disposition est accueillie l'immi- (iralion envahissante des Chinois (1) dans plusieurs régions du globe, et l'on a pu grossir, dans un but particulier, l'importance et la présence d'un Chinois lépreux dans cet archipel. Il est plus probable que la lèpre y a été bien décrite et constatée surtout depuis le moment où l'on a diagnostique la lèpre de ce Chinois; mais rien ne prouve que la lèpre nVxistaitpas auparavant; elle yétait méconnue, et c'est par descausesspéciales,exlrinsèques,queleflcaua pris le grand développement qu'il a aujourd'hui. En effet, c'est vers 1853 )ue Ton diagnostiqua la lèpre du Chinois Ahia et aussitôt plusieurs médecins des Hawai s'aperçurent qu'un certain [lombre de maladies qu'ils observaient depuis quelque temps, liais dont ils ne pouvaient reconnaître la nature exacte, n'é- :aient nutresque la lèpre. Comment admettre que les lies >aiidwich fussent indemnes de la lèpre, alors qu'il est reconnu que celle affection existait depuis de longues années lans les autres archipels polynésiens, qui, de tout temps, ont ité en rapport avec les habitants des Sandwich? Au reste, et :'est là un fait capital, le docteur Quov déclare, dans la nar- 'ntion de son voyage, avoir constaté la lèpre dans ces lies m 1819, — On pourrait peut-être admettre, ajoute M. Le loydc Mérieourt, que la non-constatation de la lèpre vient de
(I) En 1S70, iM Cfcinoia mx Hii»î n'dtaieat pu ISO); Uj m mit 6000 D IS78 et il ta Mt arrivi; 700U eu iST9-1880. Ba 1831, il j ■ 10 OJO Chiiwii poKr OOUO liHligènei. <|ui ont ^hS, ccitcannéc, duclméi par Ii wIol«,
ce que l'on a attribué à la syphilis, si commune dans ces lies, les cas de lèpre observés avant l'arrivée des Chinois, car la lèpre ressemble à tel point à la syphilis qu'on a soutenu qu'elle n'était qu'une syphilis dégénérée. — Il faut enfin reconnaître que l'opinion de la contagiosité de la lèpre vient surtout de ce qu'on la considère aujourd'hui comme étant de nature parasitaire ; le vent souffle à la contagion depuis que la doctrine parasitaire joue un si grand rôle dans lapalho-
f:énie ; si à mesure que les micro-organismes sont signalés, a thérapeutique fournissait les moyens de la détruire, ce serait un avantage immense, mais le plus souvent la notion du parasite n'a pour résultat one d'apporter des perturbations dans les relations sociales. En ce qui concerne la lèpre, il ne faut pas désespérer de voir se relever, au nom de la doctrine et de la prophylaxie qu'elle entraîne, les terribles léproseries du moyen âge.
H. Vidal rappelle que les médecins qui ont constaté, sur les lieux mêmes, que la lèpre n'est apparue aux lies Sandwich que vers 1848 sont trop nombreux pour qu'on puisse contester leurs affirmations. Il ne saurait d'ailleurs être fait de confusion entre la syphilis et la lèpre, qui sont deux maladies absolument distinctes ; celle-ci, tout au plus, comme toute cause débilitant profondément l'économie, peut servir de terrain favorable à la première. — Quant au microbe spécifique de la lèpre, on ne saurait aujourd'hui le mettre en doute ; mais ce n'est pas une raison pour peuser qu'à l'exemple de la malaria, comme l'ont supposé MAI. Leloir et Dujardin-Beaumetz, la lèpre puisse être une maladie non transmissible. Les expériences de MM. Marcbiafava et Cellî en Italie, Gehrardt eu Allemagne, Dockmann en Russie, ont en effet montré qu'en inoculant à des hommes sains par les veines du sang renfermant les organismes spécifiques découverts chez les paludiques par M. Laveran et confirmés par M. Richard en Algérie et M. Zuber au Tonkin, on déterminerait ainsi des accidents semblables à ceux de la fièvre intermittente, frissons, sueurs, tuméfaction de la rate, etc. Sans qu'on puisse affirmer la transmission de la malaria par voie d'inoculation, la question n'en est pas moins en litige.
La déclaration de M. Quoy, répliquent MM. Le Roy de Mérieourt et Bochard, suffit pour admettre que la lèpre existait aux Sandwich en 1819. Quant à la transmission de la malaria, M. Le Roy de Mérieourt en appelle à tous les médecins de la marine, si jamais ils en ont observé un seul fait à bord des équipages rapatriant des marins affectés de paludisme. Dans les expériences dont il vient d'être question, il faudrait pouvoir éliminer l'infiuence du traumatisme.
M. Le Roy de Mérieourt ayant ensuite fait passer le texte même de la narration de H. Quoy, M. Vidal en donne lecture et déclare que les indications très sommaires qu'il renferme ne lui permettraient pas d'affirmer que la maladie observée en I81O par M. Quoy aux lies Sandwich ail été bleu réellement la lèpre, telle qu'on la conçoit aujourd'hui.
Société de ehlrurgie.
SéANCE DU 14 OCTOBRE 1885. — PnÊSIDBHCB DE H. DUPLAY.
etatlBtlqna dn Mrrioa d« M. Bnudi, à rbôpltal da Hnitaidu : rapport : K. Lo Denta. — Essai sor la pathogènls dM èrjralptlw A ripaUUona : H. TarnenU. — Adb6r«no« oloatrlolaUe dn oonda an thorax ; K. Ouerlaiu (da Bguloone-anr'MBr).
M. Le Dentu lit un rapport sur la statistique du service de H. Bruch, à l'hôpital de Mustapha (Algérie), pendant la période scolaire 1883-1884. Le nombre cfes opérations pratiquées est de 313, se réparlissanl entre 200 hommes et 113 femmes, et fournissant une morlalité de pour 100. Après avoir énuméré la nature de ces diverses opérations, H. Le Dentu insiste sur les particularités intéressanles^le
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auelques-unes d'entre elles. Il signale d'abord uae obserratioD d'écrasement du bras et de la jambe, chez un homme de soiiaote-cinq ans, ayant nécessité la désarticulation de l'épaule et l'amputatioa de la jambe; guérison rapide. Outre l'intérêt qui s'attache à ce beau r^ultat d'un double traumatisme opératoire guéri sans accidents chez un homme â^é, ce fait montre de pins crnubieu il importe de faire des distinctions entre les emphysèmes, qui peuvent oe montrer à la suite des plaies eontnses des membres. Les détails de Tobserralion disent, en effet, que ce blessé était atteint d'emphysème du membre inférieur remontant jusqu'à la racine de la cuisse ; l'amputation, quoique portant en pleine région emphysémateuse, n'en guérit pas moins. Ainsi se trouve encore une fois justifiée l'intervention opératoire dans cette forme d'emphysème, qui, signalée d'abord par Martin (de Bazas), puis Vel-
rau, a été. it y a quelques années, l'objet d'une discussion la Société de chirurgie k propos aua cas communiqué par M. Le Dentu lui-même.
Viennent ensuite deux observations de gangrène chez des paludiqoes âgés, dont l'un était diabétique et rendait 36 grammes de sucre par litre d'urine, tandis que l'autre ne présentait pas de sucre dans ses urines; les deux malades étaient d«plus alhéromateuz. La gangrène survint chez l'un et l'autre à la suite d'un traumatisme insignifiant du pied; chez le premier on pratiqua l'ampulattoii de H. Guydn, chez le second on fit la section de la jambe au lieu d'élection ; les deux opérés succombèrent rapidement. Ce sont là deux exemples de la gravité des opérations chez les individus paludiques, venant à l'appui des doctrines émises par H. Verneuil.
La quatrième observation est un fait de résection du coude chez un enfant de quinze ans, qui fut emporlé quelque temps après par une tuberculose méningée. A ce sujet, M. Bruch se demande si l'amputation n'aurait'pas oITert plus de chances à son malade que la résection; c'est une question à laquelle le rapporteur, étant donné le cas particulier, croit devoir répondre par la négative.
Le dernier cas, sur lequel M. Le Dentu attire l'attention de la Société, est relatif à une résection de la hanche pratiquée chez une petite fille de six ans atteinte de coxalgie et issue de parents tuberculeux. L'opération a été pratiquée en
Srésence même du rapporteur; on a réséqué la tête et le col u fémur sans toucher au grand trochanter; la guérison est ai^ourd'hui complète. Un point des pins intéressants, sur lenuel l'observation est muette, pourra être facilement élucidé lorsqu'on reverra le petit malade, c'est de savoir ce qu'est devenu l'allongement du membre.
H. Verneuil fait remarquer que les observations II et III du précédent rapport confirment de tout point les opinions
au' il a émises nans un travail écrit en collaboration avec [. Petit sur les gangrènes paludiques. Pour que cet accident se produise, il faut deux lésions : une dyscrasie, le paludisme, et une lésion locale, l'athérome artériel. Quant au mode opératoire à suivre lorsqu'on est obligé d'intervenir, il importe beaucoup : on doit laisser de cèté l'instrument tranchant et se servir du thermocautère; la réunion par
firemière intention ne doit pas être recherchée, il faut faire e pansement antiseptique ouvert avec les pulvérisiUions phéniquées. dette manière de procéder ne soulèvera peut-Hêtre aucune objection lorsqu'il s'agira de simples incisions, par exemple celles d'un anthrax, mais elle trouvera sans doute des opposants, lorsqu'elle s'adressera à l'amputation d'un membre; c'est pourtant la seule qui offre quelque chance de salut, et le cas échéant M. Verneuil n'hésiterait pas & y avoir recours.
La question de Téclosion de la méningite tuberculeuse à la suite des opérations chez les tuberculeux, a trouvé des incrédules, lorsque M. Verneuil l'a portée à la tribune de la Société de chirurgie, il y a deux ans; cependant les faits confirmatifs se sont multipliés depuis, et des chinirgiens
étrangers, tels aue Kœniget Albert (de Vienne), se soaln;liés à la nouvelle doctrine. Qu'on explique ces faits par L théorie de l'auto-inoculation ou par celle qui Teutsimplemn que le traumatisme opératoire donne un coup de fouei u; tubercules préexistants dans les méninges, peu impoflc. l'observation impartiale de la clinique ne p^metpas delb révoquer en doute.
M. De$préê demande à M. Le Dentu pourquoi iliuToqGi;!paludisme pour expliquer la gangrène survenoe cbti ^ individus manifestement athéromateux ; cette lésion sfi!n'est-elle pas snflisante pour provoquer la mortificalin tissas.
H. Le Dentu reconnaît que l'athérome seul est soISsu pour expliquer la gangrène ; mais comme la qnestios I: gangrène paludique est soulevée depuis peu, il iniDorttJ'
5 réduire tous les faits dans lesquels on a rencontré le pàisme et le sphacéle.
Pour ce qui est du rapport existant entre le dévetoppeii;'',de la méningite et les opérations chez les tuberculeui, il m plus qu'une simple coïncidence, mais bien une tmiW. étroite. A l'appui de son dire, H. Le Dentu se rappell'^v faits des plus caractéristiques, doift il donne une miV relation.
H. Rieheht vient d'opérer, dans le service de H. Yenaiil, d'une synovite fongueuse un homme jeune etvigoureaiiii, quelques jours après, était emporté par une méDimtetnti' culeuse. Cette observation n'est-elle pas des plus £idoiiu> tives de la réalité des vues de H. Verneuil?
— M. Verneuil lit un travail intitulé : Es$ai mr la pa^ génie des érysipèles à répétitions- L'auteur, dans un preoiirf travail sur la contagion de l'érysipèle, touchait, il m irai ans, un point de cette question, et, en présence de U&iposition de certains individus à contracter no très jrnii<! nombre d'érysipèles, il se demandait si une première alUqur de cette affection ne créait pas une dyscrasie érysi|)élileiijr Le présent travail détruit cette conception.
M. Verneuil établit d'abord ce fait, aujourd'hui indisntable, que l'érysipèle est contagieux et que ses ftm viennent du dehoi'S. Il montre qu'à l'hêpital et en ville il «t toujours possible de trouver l'origine d'un érysipèle deux par le contact du malade avec un érysipélateuz; à U canpagne la chose est souvent plus difficile, mais on j pvrtN: presque toujours en faisant une enquête sérieuse. Ik deuxième atteinte de la maladie, chez un même kAmt. s'explique encore facilement dans un milieu hospiulierna dans une grande ville, où les causes de contagion soul s" nombreuses; à la campagne, il est bien difficile d'aduiftw qu'un malade, dont on a eu de la peine à trouver une pff' mière fois le mode de contamination, ait été une secondes en contact avec un érysipélateux. Un troisième éiTîiF même à l'hôpital et en ville n'est-il pas déià fait pour^'"' guer l'idée d'une nouvelle contamination? Loi^sque le ff'* passe à la campagne, l'esprit n'est-il pas porté légi'i««'2 à rechercher la cause de ce retour opiniâtre de la niaw'^ en dehors de toute contagion extérieure à l'ii}''""'" ■ ' dire après cela de ces exemples de dix, quinze, vinjl altem d'érysipële dans une période de quelques années, eïemp connus de tous les praticiens, et dont M. Vemeoilrapg trois ou quatre types caractéristiques, le plus cuftewwjj^ celui d'une dame âgée aujourd'hui de soixanlivax >J*i thritiqne, qui depuis l'année 186i n'a pas eu moiM»^ quatorze érysipèles. ^ ^
Si donc la contagion de ces érysipèles successifs n*I^ être raisonnablement expliquée parla fréquenlationof j^. pélateux, force est bien de la rechercher chez le suj^ ,^ même. M. Verneuil émet en conséquence l'hypothèse q -
le Va\énmÀoït¥l^î
gennes érysipélateux venus de atteinte, s^ournent cEëgiliee
23 OiîTOBRB 1885 GAZETTE HEBDOHAAâlRE DR HfiDEGINE ET DE GHIRURGIB — N* 4S — 699
sommeillent dans certains points du tégument externe ou des muqueuies, à l'entrée des conduits naturels, et manifestent leur présence dès qu'une fissure, une eicoriation de la couche épithéliale leur permettra de pénétrer dans les vaisseaux. Cette hypothèse permet de comprendre la raison de ces érysipèles périodiques si fréquents chez certaines femmes, et coïncidant avec les époques menstruelles ; les vésicules d*herpès qu'on observe si souvent à ces périodes sont les portes d'entrée par lesquelles les germes pénètrent dans l'orfianisme.
L'extinction spontanée et rapide des attaques érysipélateuses ne saurait désormais surôrendre aveda théorie précédente; les germes deTérysipèle sont aérobies, ils vivent bien à la surface de la peau et des muqueuses baignées par Tair; mais qu'ils s'introduisent dans les vaisseaux ou dans les espaces lymphatiaues pour y produire leur désordre, ils ne tarderont pas à périr et ne provoqueront que des phénomènes morbides nécessairement passagers; propres aux colonisations externes, les germes de i'ërysipele sont absolument impropres aux colonisations internes.
Après ces considérations pathogéniques, la prophylaxie de l'érysipèle va de soi. A côté des précautions destinées à mettre les opérés à l'abri des contages érysipélateux, et qu'il n'est pas utile de rappeler, il s'en impose une nouvelle, à savoir : la désiafection complète de l'inaividu qui vient d'être atteint de la maladie en question, cette désmfeetion étant une garantie, non seulement pour ses semblables, mais encore pour sa propre personne.
— M. Guerlain (de Bouiogne^sur-Mer) lit une observalion d'adhérence cicatricielle du coude au thorax, chez un enfant, détruite par la ligature élastique.
Alfred PoussMf.
•mMM d« Msta«to.
SÉANCE DU 10 OCTOBRE 1885. — PnËSIDENCE DE H. HiHOT, VICE-PRtSIDENT.
OrientatioM dn Martodarme bot la spUrs dn Jenna ; X. Mathiai- DwvaL — Pnanmonl— tobMCWlto— ■: M. TIwod. — Htainoe-aiMèptaallta tamporal* ; amnèala : K. T— Iw. — RêfléBAratlan da ooTMndala aUamaBdza ; M. VhlUpMiix. —Tranitet dalaforoa nuuoalalva : M. Fteè. — AiMimalia dn pavillon de l'ortUla: MM. nrè « Kaat.
A l'ouverture de la séance (la première de l'année 1885- 1886), le firésident fait part à la Société de la mort de Charles Robin, membre fondateur, et H. Brown-Séquard prononce une courte allocution dans laquelle il retrace la vie laborieuse et les principaux titres scientifiques de Robin, laissant à d'autres le soin de présenter k la Société une biographie complète du membre honoré qu'elle vient de perdre.
— M. AfatAtas-Dutia/ indique le procédé dont il fait usage pour déterminer sur l'œuf intact l'orientation de l'embryon du poulet, ainsi que sur les pièces qu'on doit soumettre aux coupes.
— H. TkaoH a étudié sur des pièces fournies par des animaux inocculés et sur des poumons d'enfants les lésions de la tuberculose en se préoccupant surtout de la signification les pneumonies tuberculeuses. Les foyers railiaires de pneumonie acineuse qui représentent des granulations microscopiques sont de nature tuberculeuse, mais la nappe de pneu> monie calarrhale est tuberculeuse au même titre. Désormais sn ne pourra plus considérer cette pneumonie comme une inflammation indifférente, amenée par le voisinage du tubercule. On savait déjà qu'elle était virulente; on connaît main- .enant les raisons de cette virulence, puisque les bacilles s'y -évèleut d'une façon évidente au sein des alvéoles. La eatH-
fication des produits tuberculeux a été mise exclusivement sous la dépendance de modifications circulatrices dues à des obstructions vasculaires par l'intermédiaire de l'endartérite et de la périartérite. Or, sur des cobayes rendus tuberculeux par la pulvérisation dans l'air qu'ils respiraient d'une eau eontenant des débris de crachats tuberculeux, le poumon était déjà parsemé, au bout de deux semaines, de points caséiliés,^ gros comme nue téte d'épingle, et la circulation pulmonaire était partout exagérée ; on ne pouvait découvrir aucune trace de lésion vasculaire dans les tissus patbologi-
aues. La caséifleation commençante dans les poumons est ue exclusivement à l'action des bacilles sur les épiûhéliums pulmonaires.
— M. Tessier (de Ciermont-Ferrand) adresse à la Société une observation de méningo-encéphalite, localisée au lobe temporal gauche à la suite d'une fracture de la portion osseuse correspondante. Le blessé, guéri des accidents aigus, avait perdu la mémoire des noms, sans présenter d'autre trouble iotellecluel ; il mourut peu après d^nne variole contractée à l'bApital et l'autopsie permit de déterminer exactement le siège et la profonoenr des lésions cérébrales. M. Tessier ne veut pas tirer de conclusions physiologiques de son observation; il la livre telle quelle aux réflexions des lecteurs.
— H. Philipeaux conclut de ses expériences que chez la salamandre aquatique, le cerveau, enlevé à partir des tubercules trijumeaux, peut se régénérer complètement nvec la forme, sa structure et peut même reprendre ses fonctions.
— H. Féré insiste sur l'importance du transfert de la force musculaire sous l'influence des aimants ou de pièces métalliques chex des sujets hémtanesthésiques et hémiparétiques. II a enregistré les courbes dynamometriques des deux mains et s'est assuré que l'augmentation de force musculaire débute par le cAté qui correspond & l'application de l'agent esthési(^ène pour se manifester ensuite du côté opposé.
— MH. Féré et Huet décrivent une anomélie du pavillon de l'oreille portant sur la racine de l'hélix.
sêahcb dd 17 aout 1885. — présidence de h. banot, vice-pr£sident.
AùUm d« l'aaa oxygénée mr Is «aug : MM. I^abords et Qulnqnaad.
— AotloB da la oeloUoina mir miuolca! MII.I<alKffdaat]Sondé.
— XMraloppaBUUt dM gan^ioaa Intemrtebraiix : MH. Snval. — Tnbaronloaa daa olaaanxi M. Nooard. — PermèabUlt* dM booglw fUtrantea : M. OaUp|M. — Analysa d» la maroha de l'homme A l'Atat normal at pathologiqua : MH. OUlaa de la Tonrette et Ztonda. — TrouUaa aenaltila par lAalona de l'Aooroa du oarreaa : M. Dapnr. — BaoUlaa d«B bronchite* infeotleuaaa : M. Thaon. — MouTvmanta rythed^ow daa maaola* en rlglditA oadaTèrlqne : M. Brown ■éqârd. — Aotltm pfe^MelootiiM da la p^^rldlna : MM. Œehmmr da noolnofc at Plaat-
MM. Laborde et Quinquaud répondent à une note de MM. P. Bert et Regnard, relative è l'action de l'eau oxygénée dans le sang. Ils mentionnent les conclusions de leur première comnmnicatîon el affirment à nouveau que les injections intraveineuses d'eau oxygénée, même en grandequantité, n'offrent pas les dangers que M. Regnard avait signalés ; ils font remarquer que les auteurs de la note ont eux-mêmes constaté dans leurs expériences récentes l'innocuité de ces injections, alors qu'auparavant ils les considéraient comme mortelles.
— MM. Laborde et Hovdé ont étudié les effets toxiques de la colchicine et présentent les résultats de leurs expériences sur les modifications que cet alcaloïde imprime aux c iractëres graphiques des secousses musculaires, lis rapprochent ces modifications de celles que produit la vératrine, eu insistant sur les différences des réactions et sur l'importa^tC qu'elles présentent dans les recherches médico-légalea. *^
23 OCTOBBB m
— H. Matbias Duval expose les résultats de ses recherches sur le mode de formation des ganglions inter?ertébrau.\ ; ces conclusions sont les suivantes: 1* le ganglion apparaît sous la forme d'un bourgeon cellulaire (cellules ectudermiques) se détachant du cordon ectodermique qui relie la moelle à l'ectoderme au moment où la gouttière médullaire vient de se fermer ; le ganglion se prolonge ensuite en descendant entre la inoelïe et la masse prévertébrale ; bienldt toute connexion disparaît entre lui et le cordon ectodermique -, 2° à ce moment sétablit une nouvelle connexion entre le ganglion et la moelle, au moyen de prolongements (fibres nerveuses en voiede formation), quipartent du ganglion pour aboutir à la moelle et la pénétrer. Cette manière de voir est en grande partie conforme à ce (jue décrit Marshall, d'après lequel les rudiments des ganglions parlent des côtés du rebord qui établit la continuité du feuillet médullaire et de l'ectoderme, puis perdent plus tard celte connexion avec la face dorsale, pour s'unir de nouveau k la moelle à uu niveau plus rapproché de la face ventrale.
— H. Noeard résume ses études sur la tuberculose des oiseaux. L'observation simple établit que tous les oiseaux domestiqués ou vivant au voisinage de l'homme, peuvent devenir tuberculeux; l'expérience montre en outre que la tuberculose humaine ou celle des mammifères peut être inoculée aux oiseaux. Les lésions sont en apparence identiques, mais il s'agit de savoir si l'élément infectieux de cette tuberculose, évidemment bacillaire, est le même que chez l'homme. Poursuivant celte recherche, M. Nûcard u cultivé arlificiellement, sur du sérum stérilisé, le bacille de la tuberculose des oiseaux ; ce bacille s'y multiplie avec une grande lenteur et y conserve tous ses caractères histo-chimiques, ainsi que toute sa virulence, comme le montrent de nombreux essais d'iuoculntion. Le procédé de culture employé par M. Nocard, diffère de celui de Koch, avec lequel il n'avait obtenu aucun résultat: il ajoute au sérum du cheval 1 pour 100 de peptone, 0,25 pour 100 de sucre de canne, 0,95 pour 100 de sel marin, avant la gélatiuisation, et obtient ainsi un terrain favorable à la végétation du bacille. Après trois cultures successives, le bacille se développe également bien sur du sérum de cheval, pur de tout mélange.
— MM. Galippe et Bourguelot montrent à la Société des bougies filtrantes dunt l'extrémité inférieure est garnie de mucédinées qui ont traversé les paroisdu filtre et se sont développées dans un milieu préalablement stérilisé.
— MM. Gilles de la Tourettn et Londe ont employé, pour étudier la marche de l'homme dans les cas patliologiques,une méthode d'empreintes déjà utilisée par M. J. Neugebauer (de Varsovie) et qui consiste à faire marcher le sujet, dont lu pinnte des pieds a été préalablement ei^duite de sesquioxyde de fer, sur une piste formée d'une longue bande de gros papier à tenture; la marche doit s'exécuter en appuyant les pieds l'un à droite, l'dutre à gauche d'une ligne médiane direetricet La marche normale a été d'abord étudiée en prenant pour base la longueur du pas, le degré d'écarlemenl latéral des pieds pendant la progression, la valeur del'angle d'ouverture des pieds par rapport à la ligne d'axe. On a ensuite examiné comparativement le mode de locomotion des sujets atteints d'affections nerveuses variées; de ces éludes ressortent des conclusions détaillées, difTérentes pour chaque cas particulier et dont rintérèl nous engage à renvoyer au travail tn extemo {Bulletins de la Société de biologie).
— M. Dupujf insiste sur la signification, contraire k la doctrine des localisations motrices, des troubles sensiUfs généraux et spéciaux produits par la lésion de divers points de
l'écoi'ce cérébrale.
— M. Thaon présente les dessins de nombreuses préparations histologiques montrant les bacilles des diverses hron-
chites infectieuses; il fait ressortir l'intérêt qui ressort,» point de vue de l'hygiène hospitalière, des faits révélés pir Ni examens microscopiques.
— M. Brown-Séquard a obtenu l'inscription automati;» des mouvementsque présentent les mu5clesatteinlsderipd.tt dile cadavérique et qu'il avait déjà indiqués depuis lon;;leti;,<c. Les courbes ont été recueillies sur des cylmdres émirtrcurs tournant assez lentement pour que les allongemciu et raccourcissements successifs des muscles puissent être retracés pendant des jours entiers. Non seulement cp prtcédé d'étude établit sans contestation l'existence du fii; mais il permet de suivre la périodicitéremarquableqof sentent ces mouvements.
~ M. Rémy montre un embryon humain au ^màc mois et décrit les caractères qu'il présente à celte èpoiiit où l'on a si rarement l'occasion de l'étudier.
— MM. CEchsner de Ctminck et Pinet déposent itu.V<ir sur l'action physiologique de la pipcridine de synthèse.
SÏANCB DU 14 OCTOBRE 1885. — PRÊSIDEHCE DE H. Ktm.
Rapport sur les travaux d« la SodAte pendant l'ansta 1884-1» M. C. Paul. — De U oooKine {MM. XUgolet. Pradat) : Hoehn* - Aotion da lliainanMllB Tlrginloa aor Isa ▼aiioM i IL Btate (Dlaoosalon : MM. C. Paul, XJmooaln, DnJardUi^BaaMb. Cia-
pardon ) — Traitement delà paeumonls trancha : K. Bruns.
M. C. Paul donne lecture de son compte rends mé sur les travaux de la Société pour la période 1884-1883.
— M. Huchard offre à la Société, de la part des vMt^ M. Rigolel et M. Pradal, deux thèses inaugurales snr 1» cocaïne. M. Rigoict a institué un certain nombre d'ei|»riences qui lui ont démontré l'action de la cocaioe sur Iti extrémités nerveuses, ainsi que son pouvoir vaso-conslricleur. La cocaïne peut tuer par arrêt du cœur en s«tol* M. Pradel a principalement étudié les propriétés phniol»giques de cet alcaloïde et ses effets exeito-rooteurs.
—H. Blondeau a administré récemment la (eintnre d'hmamelia virginica à quatre sujets atteints de varices, d ^ a observé d'excellents effets ; les malades ont obleno un smlafçement rapide et très marqué. II a prescrit d'«nblpp«' doses assez fortes de vingt et même quarante gouttes detç»lure. Un autre malade, qui parait aussi avoir été pris.de lui-même, dupoBd's extract américain; mais II. Bwdeau ne veut pas insister sur cette préparation, pnisqu™ n'est pas définie, et qu'on ne sait, par suite, les dosesoM' mamelis qui sont ingérées.
M. C. Paul pense que cette préparation, ainsi qae sonnn^ l'indique, est un extrait, poids pour poids, d'hamaradis. c'est, là une dénomination générale des extraits fluides.
M. Limousin a cru tout d'abord, ainsi que "•.^•^f qu'il s'agissait d'un extrait fluide renfermant son P*'*j? substance active; mais, surpris de la limpidité de ce liq"* parfaitement incolore, il a demandé des renseignemen sr^ Amérique, et a appris qu'il s'agit simplement d'un de monsieur Pond {Pond s extract) et non d'une pr^P^"", ' poids pour poids; ou ne sait {las d'ailleurs quelle est ei«< ment sa composition.
M. Dujardin-Beaumetz rappelle que les dew^t P«PJ^ lions le plus en vogue, en Amérique, sont, en pr^n*'^ *[ ' le Pond s exlract, et ensuite Vaseline, qui sont toui^*'. des préparations spéciales renfermant, prélend-on, P, . cipes de Vhamamelis virginica. Mais, si 1'**" monter sérieusemenirAamamejù im ooint defaM''^^ giqne et Uiér«peuli(^«3it!aeJ^Nata^(i#^@i^'^
33 OcTOBiiE 1885 GAZEm HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
composition inconnue, et se servir des préparations officinales é*hamamelis.
M. Blondeau est entièrement de cet avis, aussi a-t-il administré à ses malades la teinture d'hamamelis préparée dans une bonne pharmacie de Paris.
H. Campardon a exprimé la même opinion l'an dernier en communiquant à la Société les résultats de ses recherches thérapeutiques; avec le Pond' s extract on n'obtient oue des efTets inconstants et très irrêguliers. Quant à la dose de teinture d^hftmamelis, il a dépassé même celle qui a été prescrite par M. Blondeau; s il a conseillé la prudence, c'est qu'on peut rencontrer des sujets offrant au médicament une susceptibilité toute particulière qui les expose à des accidents sérieux. Ceux-ci, du reste, ue se montrent jamais avec une dose inférieure à vingt gouttes de teinture ; on peut donc commencer sans crainte par cette dose, et augmenter progressivement.
M. Dujardin^Beaumetz trouve fort intéressants les résultats signalés par H. Blondeau, maïs il attend pour se former une opinion à ce sujet des faits plus nombreux. En effet, il en est encore à attendre la description des propriétés physiologiques de Vkamamelis; pour lui, il les a recherchées depuis longtemps, et a institué de nombreuses expériences, mais ii doit déclarer qu'il n'a réussi à constater aucune action appréciable. Quant au Pond's extrada ce doit èlre une solution très diluée des principes de Vkamamelis, puisque en Amérique on le prend couramment par cuillerées à café.
M. Bhndeau fait observer qu'il n'a pas voulu dire que Vhamamelis fût un remède infaillible; il a cru simplement utile de signaler quatre faits de soulagement marqué, obtenu avec ce médicament, chez des malades atteints de varices déterminant des accidents pénibles.
H. C. Paul a prescrit le Pondes extraet à la dose de (quatre cuillerées k café sans observer de résultat bien appréciable.
— H. Brame lit une note sur le traitement de la pneumonie franche par les ventouses scarifiées.
— La séance est levée à cinq heures trois quarts.
André Petit.
Medleaa Soeletj of th«i C^oanly of N«w-Tork.
SÉANCE DU 28 SEPTEHDItE 1885.
D« la libpn.
Nous relevons la discussion suivante, soulevée par la lecture d'un travail de M. George Henry Fox intitulé : Remarques sur le traitement de la lèpre. La guérison de cette maladie, est-il dit en substance dans ce travail, est rarement attendue du médecin et du malade, mais il ne faut cependant pas la considérer comme une affection nécessairement incurable. Le point sur lequel l'auteur désire appeler l'attention vise les conditions morales et mentales du malade. Inspirer l'espoir et la confiance est très important ; la ferme croyance de la part du malade que la lèpre est une maladie incurable contrecarre les effets du traitement médical. C'est, suivant l'auteur, une maladie contaaieuse; elle est très probablement transmise par hérédité. îln dehors de l'hérédilé, l'affection se communique seulement par l'inoculation du sang et des sécrétions morbides des lépreux. La séparation forcée des malades des autres personnes est sans aucun doute une mesure très judicieuse.
M. J. A. Jlfoore a vu un très grand nombre de lépreux dans les Indes occidentales, et il croit que leur contact est des pins dangereux. Autant qu'il a pu l'observer, l'affection semble progresser jusqu'à un certain point, puis alors rester stationnaire. Pour ce qui est de la transmission hérédi-
taire, l'affection peut sauter une génération, et alors même ne pas se montrer chez tous les membres de la famille.
M. J. C. Peters a vu les lépreux de la Havane, et pourvu qu'ils vivent comme des chiens, ils sont parfaitement heureux et indifférents à leur sort.
H. D. Bryson Delavan a observé, avec le professeur Hansen, un grand nombre de lépreux de la Norwège, où cette affection, quoique considérée sans espoir de guérison, est cependant mieux traitée que dans aucun autre pays. L'isolement relatif a présenté de grands avantages et a réduit le nombre des malades de trois mille à sept cents à peine; le gouvernement espère faire disparaître complètement la maladie, bien qu'elle soit tellement invétérée qu'on travaille déjà depuis vingt ans à obtenir ce résultat. Ou la rencontre surtout dans les classes inférieures ; cependant elle se montre de temps à autre dans les autres classes de la société. Pour ce qui est du traitement direct, on fait peu de chose, si ce n'est qu'on s'efforce de combattre les symptômes les plus pénibles.
H. Piffard n'a jamais vu la lèpre faire des progrès dans les classes aisées, tandis qu'elle s accroît certainement dans les classes pauvres. Lorsque l'affection est avancée, le traitement reste sans effet. Durant les dix dernières années, il a observé environ trente cas de lèpre; deux de ces malades seulement moururent ; tous ont été traités par l'usage systématique et continuel de l'huile de chaulmoogra et des préparations de strychnine. Il n'a pas constaté de guérison, mais il a vu des malades bénéficier suffisamment de ce traitement pour pouvoir retourner à leur mode de vie ordinaire.
REVUE DES JOURNAUX
C«Htrlb«ilaa * l*^l«de des lénlon* htotolofflqnea dm
rel» dmmm le dU»hM« aaeré, par le docteur I. Stravs, médecin de l'hèpital Tenon. — Certaines lésions rénales, chez les diabétiques, offrent une rareté qui rend évidente l'îndè-
ftendance de ces lésions par rapport au diabète : tels sont es kystes du rein, les abcès, la dégénérescence amylolde ; d'autres, au contraire, se rencontrent assez fréquemment, comme un certain degré de néphrite interstitielle, d'artério-sclérose, de néphrite diffuse; mais ce sont là des lésions banales, qu'on retrouve dans les étals pathologiques les plus variés et qu'il convient d'éliminer, ainsi que les premières, pour ne s'attacher qu'à l'étude d'altérations plus spéciales du rein, réxemmeot décrites, et auxquelles on a attrioué une relation directe avec le diabète lui-même.
C'est d'abord la dégénérescence hvaline de Tépithélium des tubes droits de la pyramide, ou lésion d'Armanni, qui se trouve décrite, d'après les recherclies de cet histologiste, dans les leçons sur le diabète du professeur Cantani. Sans parler d'altérations de moindre importance, Armanni a constaté, sur plusieurs reins de diabétiques, que les cellules de l'épithélium des tubes droits de la substance médullaire sont déformées, transparentes, vésiculcuses, qu'elles ont perdu leur aspect protoplasmique et que leur noyau, petit, brillant, est ordinairement situé à la périphérie et se colore facilement par l'hématoxyline. Cette dégénérescence est attribuée par Cantani à l'hydropisie de ces épithéliums.
La même lésion a été vue, une fois sur deux autopsies de diabétiques, parEbstein; mais cet observateur fait remarquer qu'elle ne porte pas, comme le dit Armanni, sur les tubes collecteurs, mais nien sur la roue limitante de Henle, dans la porUon externe de la pyramide : elle se rencontre d'ailleurs sur la branche grêle aussi bien que sur lai^ranche large de l'anse de Henle et se trouve répartie, &'iV<>ZfV^£H^3i^ crits. Henle lui-même avérifiélesTlHufâis^cesrBcIrei^^
- ff 43 -
GAZETTS HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE • 23 Octobre m
et, d'après lui, les cellules seraient réduites au nojau et à l'enveloppe, ayant perdu la totalité de leur protoplasma.
localisation spéciale, ni arGrmer ie caractère spécifique.
Des examens microscopiques, pratiqués dans le service du professeur Cantani, par P. Ferraro, ont également permis de constater, trois fois sur cinq autopsies, cette dégénérescence hyaline vitreuse. Par contre, Inglessis, dans sa thèse inai^urale, déclare avoir dierché înTructueusement à la yériner.
. Une lésion d'un autre ordre a été décrite par Ebslein sous le nom de nécrose de l'épithélium des tubes contournés. Il s'agit de foyers limités, au niveau desquels le protoplasma cellulaire est transformé en tvie masse granuleuse, et les noyaux ne se colorent plus, ou ti^s dUficilement, par l'hématoxyline. C'est là une véritabf^ « mort cellulaire intra vitam > ; en d'autres termes, il s'agit du processus nommé par Weigert nécrose de coagulation.
Enfin, on désigne sous le nom de lésion d'Ehrlich l'infiltration g! ycogénique de l'épithélium des tubes deHenle; cette altération a été mise en évidence par Ehrlick au moyen de l'action de la gomme iodée sur des coupes de rein diabétique pratiquées dans l'alcool absolu. Cet observateur a fait voir qu'il s'agit simplement de la lésion d'Armanni, les cellules hyalines apparaissant, après une préparation convenable, infiltrée complètement de matière glycogène. Ehriich regarde cette lésion comme constante dans le diabète, et comme pathognomonique.
Ce sont ces aiverses altérations rénales que H. Straus a entrepris de vérifier, et sur six cas de diabète, dont trois ont été observés par lui, il a rencontré deux fois l'infiltration glycogénique de répithélium, répartie en foyers dans la zone limitante, c'est-à-dire la lésion d'Armanni-Ehrlich, puis-
aa'elle correspond à la dégénérescence hyaline signalée tout 'abord par l'auteur italien. Dans un autre cas, il a constaté là nécrose épithéliale décrite parEbstein. Il se croit autorisé à conclure de ces recherches que la lésion d^Armanni- Ekrlich est fréquente, mais non constante dans le diabète suçré, et qu'elle est tout à fait caractéristique, car il n'a
Su jusqu'ici la retrouver, dans aucune autre maladie; Ëhriicfa e son côté a fait les mômes recherches de conlrAle sans plus de résultat.
Sans pouvoir interpréter à coup sûr la cause de la localisation spéciale de cette lésion, M. Straus incline à croire une l'infiltralion de glycogène se fait par osmose vers l'épitnélium du sucre contenu dans le sang des vaisseaux ; or la zone limitante renferme des faisceaux d'énormes capillaires interposés aux tubes urinifëres, et I'oq s'explique par suite l'apparition de Tinfiltration glycogénique au niveau des anses de Renie de cette région, et de quelques-ans des tubes collecteurs qui la traversent.
Jusqu'ici M. Straus n'a pu retrouver la lésion d'Armanni- Ehrlicfl, à l'autopsie des animaux chez lesquels il avait déterminé la glvcosurie expérimentale. (iircAtvM de physiologie, n« 7, 30 septembre 1885.)
Bnplol de I* cocatae dmnm l'«rraeli«Bi«nt d«a ongles
Atm erteiiB. — Le doctcur W.-T. Smith (de Hanover) s'est récemment servi de la cocaïne pour insensibiliser le gros orteil dont il voulait arracher l'ongle. Il fit à cet effet quatre injections de la solution & 4 pour 100 en prenant soin de diriger son aiguille vers le centre de l'ongle. L'arrachement put alors être pratiqué sans que le malade ressentit la moindre douleur. ÇFhe médical Record, 5 septembre 1885, p. 257.)
BIBU06RAPHIK
Ti«l(« esMplet J'BphiwlMalngle, par L. DE Wecur d
E. Landolt, t. ni, 2" fascicule. — BéinMCUa m mconuModAtion (partie clinique), par E. Lahdolt.— Pan», 1885, A. Delahaye et E. Lecrosnier.
Ne faut-il, dans la pratique, considérer comme ur su' normal, que l'organe exactement construit au point dent mathématique? A cette question nous répondrons, avec Ludott, que l'œil normal, physiologique, présente une cerlaior latitude de réfraction, tout en jouissant d'une eicellealt acuité visuelle. Même dans les amétropies de faible At^, il n'y a pas maladie, état patholc^ique, par le fait d'un m de construction optique. Ce n'est que dans les degrés rnojm et élevés des vices de réfraction, que rinterveolion thrrapeutique est utile et parfois absolument nécesuire. L'kpermétropie, la myopie, l'anisomélropie, sont les trobfonw
développement
s il n est pas sensible dans les degrés faibles (0 à 2 dioptricii.lt devient aisément dans 1^ foimes moyennes (2 k Sdiwtnni, et saute aux yeux dans les hypermtropies fortes, où I orpn est véritablement atrophié. Souvent cet arrêt de déTelop(l^ ment se constate en même temps sur l'orbite, la face, le cr&ne tout entier. Nous ne saurions souscrire absoluiDeili cette manière de voir, et les nombreuses exceptions qo'adniti notre distingué confrère nous paraissent, à nous, plus mmunes peut-être que la règle. Jusqu'ici aucune obsemlion, du moins à notre connaissance, n a confirmé la supposiliu bien gratuite d'une atrophie de l'appareil nerveux chez Ifs hypermétropes amblyopes. L'ophtoalmoscope ne réfélt aucune lésion de ta rétine ou du nerf optique.
Chez les hypermétropes bibles, racnité est normale n même supérieure à la normale ; c'est l'état de réfractioB enfants, des peuplades sauvages à vue longue et perçanlr- Dans l'hyperopie moyenne l'acuité baisse, l'asthénoine fit fréquente, la presbytie précoce, le strabisme conve^ent fréquent. Ici encore nons ne pouvons admettre arec Landolt que la théorie de Denders rende un compte satisfaisait
de cette déviation en dedans d'un des globes oculaires, im* viation qui n'est, en somme, qu'une exception sur It nombre des hypermétropes. Hais nous ne pouvons ici dis* cuter ces points de théorie. , .
L'hypermétropie est latente^ manifeste ou totale, e'est-idire que dans un rapport, variable avec l'&ge do sujet et If degré donné de réfraction, une partie du total de soninrtropie se manifeste au dehors ou reste cachée, dans les eun^ ditions ordinaires. De là des troubles risuels variables nécessitent le port de lunettes. Nons ne pouvons suivre l'auteur dans l'étude des verres à donner aux hypennéiropt^. des règles à suivre pour leur choix, la forme et la dispoation de leurs montures. Hais il nous semble impossible de trouver un guide plus prudent et plus sûr dans ""^P?™: si délicate de la thérapeutique. Le traitement du^lrab^f convergent hypermét repique par le repos, les verres cm; vexes, le bandeau, l'atropine ou l'ésérine, par rintervcni'JJ chirurgicale suivie d'exercices stéréoscopiques, termineu cette partie du livre. . ,, i
IL Myopie. — Maladie de civilisation, adaptation de i aux exigences de la vie d'une race supérieure (')''*?^^ pour Landolt est typique ou atypique. Cette seconde lornit. dite «issi prt^essive, maligne, est la plos ,ù(s plus jfrave^ par les désordres anatomiques et 1» "J"°^ fonctionnels qui l'accompagnent, siirtout dans '^"t^
élevés: Elle est aussi, cenaiaeme^H4°fA^^!i^ les myopies supérieuiy^ftzgcjgyj:^!^!^^^»!»"»'
23 Octobre «885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE £T DE CH1RDR6IE
avec notre confirère, aussilM que le slaphjleme postéricnr dépasse le croissant pour s'étendre vers la macnta. Cette ectasie, à siège si spécial, se produit sous Tinfluence des pressions des muscles exlrinseoues et la résistance moindre de la sclérotique enflammée, il y a, le plus souvent, scléro-choroidile postérieure, comme le montrent les phénomènes d'irritation si habituels daos cette afTection. Prédisposition héréditaire d'un côté; travail de près, de l'autre côté; telles sont les causes principales de son développement chez les enfanta. Les nombreuses statistiques recueillies dans tous les pays confirment cette étiologie aujourd'hui acceptée.
Les troubles visuels de la myopie sont nombreux, parfois considérables, et aboutissant à la perte de la fonction. Compter sur saguérison spwatanée est ud leurre, il faut ou la prévenir ou la soulager par des verres. Landolt exantioe avec un soin extrême Thygiëne oculaire des écoles, le traitement du spasme- accommodalif, de la choroldite, puis il passe à rétttcfe de la correction optique. Prenant pour base la myopie réelle et non la myopie apparente, pour contrôle les sensations du sujet, il est peu partisan des corrections complètes et forcées. Pourries dislaaces finies il faut: interdire un verre concave pour toute dislance on le sujet peut voir nettement sans accommodation. En tout ce chapitre, nous trouvons les conseils les plus sages et les indications les plus rationnelles. Le traitement chirurgical de l'insuffisance et du strabisme divergent, quelques considérations sur les myopies atypiques rares, complètent ce qui a trait à cette anomalie de réfraction.
ni. Anisométropie. — Au point de vue clinique, une légère différence de réfraction entre les deux yeux est habituellement sans importance. Il n'y a anisométropie que si les deux yeux réclament, pour avoir chacun leur maximum d'acuité visuelle, ou pour présenter à l'obserration la même netteté dans leurs images ophlhalmoscopiques, deux numéros différents de verres de lunettes. Que les sujets affectés de cette amétropie jouissent de la vision binoculaire, alternative ou monoculaire seulement, et ces trois états se peuvent rencontrer, la conduite à tenir, au point de vue de la correction, ne doit être basée que sur les résultats plus ou moins avantageux que le patient tire de ses verres.
IV. Anomalies de l'accommodation. — Landolt étudie successivement dans ce dernier chapitre, le spasme clonique ou tonique de l'accommodation, son traitement, puis l'action des myotigues qui le produisent artificiellement. De même, après avoir décrit la faiblesse, la parésie et la paralytie de l'accommodation, leurs causes et les moyens thérapeutiques utiles pour les combattre, il consacre quelques pages aux tnydriatiques, à leurs effets, & leurs qualités spéciales. Les salicylates d'ésérine, d'atropine, de duboisine, lui paraissent préférables aux autres sels, parce que leurs solutions se conservent plus longtemps sans altération.
En terminant cette analvse, qu'il nous soit permis de louer encore la clarté du style, la netteté et la justesse, des idées. Ce livre est un guide que nous ne saurions trop recommander en ces délicates questions.
J. Gh1I}VE1..
VARIÉTÉS
JLTn. — Pour oa qui orauMnia la nwalM dm mèdwiliia dm Parla TOtr an wao dm la ooavertors.