‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 171 sur 228 · DES SOLUTIONS DE TERPINK · texte numérisé non relu

DES SOLUTIONS DE TERPINK

Au sujet des remarques que j'ai présentées sur la terpine^ un honorable médecin d'Amburez (Gironde), M. Fage, veut bien faire ressortir, en termes que je n'ose reproduire, l'utilité de la série d'articles de pharmacologie que nous publions dans ce journal et nwis fait part des embarras qu'il a rencontrés dans l'administration du médicament précité. Il l'a d'abord prescrit en pilules de 15 à 20 centigrammes, ce qui nécessite d'en donner un certain nombre par jour. 11 a eu recours aux solutions alcooliques, selon la formule suivante : terpine cristallisée, 5 grammes; alcool (à 85 de-

été le plus glorieux qu'ait eu jusqu'ici la Faculté, car aux noms déjà indiqués il faut ajouter ceux de SchOnlein et de Langenbaeck, le meilleur élève de Dieffenbach.

— Gomme on le sait les Curieux de la nature ont tenu leur cinquante-huitième réunion annuelle à Strasbourg; il y a eu des effusions de cordialité officielle; M. le Sous-Secrétaire d'État Hoffmann a souhaité la bienvenue à ses compatriotes, et fait une allusion, discrète d'ailleurs, aux efforts et aux sacrifices qu'il a fallu pour ressaisir ce lambeau de la patrie allemande; puis M. le Professeur Kûssmaul a pris la parole; il est dillîcile d'entendre un Allemand parler du passé de l'Aisacc et de ses gloires, sans éprouver une impression pénible et difficile à définir. Ce n'est pas que M. Kûssmaul ait nanqué de tact ou de mesure, tant s'en faut ; il avait pris [)our thème : de l'intluence de Strasbourg sur te développement de la littérature et de la science germaniques; ce qu'il 1 dit est parfaitement exact; nous partageons son admiration ,

grés) 75 grammes; eau distillée et sirop, 75 grfimmes; mais il a vu la terpine se séparer en petites aiguilles. Voici ma réponse.

Les résultats auxquels je suis arrivé ne me satisfont pas tout & fait.

La terpine n'étant soluble que dans 200 fois son poids d'eau, il faut renoncer à faire entrer cet agent dans les préparations magistrales ; car, malgré une forte addition d'alcool, on n'arrive pas à délivrer, dans de bonnes conditions, des solutions suffisamment concentrées.

Force était donc de recourir à un véhicule mieux approprié. Je l'ai trouvé dans la glycérine, qui est le véritaMe dissolvant de la terpine, puisque celle-ci s'y dissout en toute proportion, tandis que l'alcool à 90 degrés n'en dissout que 15 pour 100.

Lorsqu'on chauffe dans un tube 1 gramme de terpine avec 1 gramme de glycérine à ^ degrés, la dissolution s*opère rapidement, et il se forme une gelée transparente.

Pour la rendre plus mobile, il est nécessaire d'y ajouter une' potile quantité de glycérine. Les proportions deviendraient celles-ci :

Terpine 10 grammes.

Glycérine i 30 degrés. . . . iO —

Cette solution, incolore, presque inodore, et d'excellente conservation, peut être, dès à présent, considérée comme officinale au même titre que la solution concentrée de chlorhydrate de morphine dans la glycérine.

Deux gouttes de cette solution, mesurées au comptegouttes de 3 millimètres, correspondent à 1 centigramme de terpine. Ajoutées à 2 grammes d'eau, elles donnent une solution limpide; ce qui fait une goutte de solution par gramme d'eau, chiffres faciles à retenir.

Pour l'administration au malade, il est plus pratique d'agir par cuillerée à café. La formule serait :

Terpine 10 grammes.

Glycérine à 30 degrés ... 60 —

Faites dissoudre & chaud dans un ballon ou une petite capsule en porcelaine.

Je me suis assuré qu'une cuillerée à café de celte solution contenait bien 1 gramme de terpine. Le client ferait luimême sa potion en mettant cette cuillerée à café dans un verre d'eau sucrée avec un sirop d'agrémeut, et la prendraft en deux ou quatre fois par jour suivant l'indication du médecin.

pour les gloires de l'Alsace à la Renaissance; mais il y a dans soa histoire une période trop courte malheureusement dont ï'oi'ateur s'est gardé de parler.

Après avoir insisté et à juste titre sur l'ancienne Faculté de médecine, il rappelle en quelques mots qu'en 1810 une nouvelle Faculté fut fondée par Napoléon et fit partie de l'Université dont le centre était à Paris; on dirait qu'il s'a|it d'une institution étrangère si peu importante qu'il est inutile d'en rien dire. Tout est prétexte à propagande dans le pays d'Empire : M. Tirchow a lu un mémoire sur racclimatatiqn,; le sujet a son importance aujourd'hui que les gouvernements semblent atteints d'une maladie spéciale, qu'on pourrait appeler la inanie coloniale, mais il parait peu prêter aux allusions politiques. H. Virchow, comme tous ses compatriotes, n pour les Alsaciens une sollicitude touchante : iKdéplore la nniveté de ceux qui écoutent les promesses fallacieuses des Français et émigrent en Algérie, oà ils meurent comme (les mouches ; ce sont eux qui payent les frais d'une tentative

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, Dans cet ordre d'idées, l'alcool peut rendre le même service, seulement la solution est moitié moins forte. On prescrirait ainsi :

Terptne 10 grammes.

Alcool i 90 degrés 80 —

- Faites dissoudre à une douce chaleur.

J'ai constaté qu'une cuillerée à café de cette solution contenait exactement 50 ieentigrammes de terpine. On ta ferait prendre en un« ou deux fois dans un demi-verre d'eau préparé comme nous l'avons dit plus haut. ' Enfin, si l'on désire que le médicament sorte tout préparé de la main du pharmaciisn, il faudra savoir se contenter de peu ; par exemple de â5 eentîgrammes de terpine par cuillerée à bouche.

La formule serait alors :

Terpine 1«',25.

Elixir de Garus ou autre. 100 grammes.

Faites dissoudre au bain-marie.

Chaque cuillerée à bouche contient âO grammes d'élixir, par conséquent 25 centigrammes de terpine. Cette préparation est irréprochable ; mais elle est malheureusement trop ffùble. Il est clair qu'avec elle on ne peut pas dépasser i gramme de terpine par jour sans éprouver les inconvénients de l'alcool. Je recherche en ce moment si le mélange d'alcool et de glycérine ne m'amènera pas à une formule d'élixir plus concentré. Si je réussis, je m'empresserai d'en faire part dans la procliaSn numéro.

Pierre Yigier.

THAVÀUX ORIGIMAIIX

Méthode pour pr&tekir hagii: aphës morsure. Communication faite k l'Académie des sciences dans U séance du 26 octobre 1885, par H. L. Pasteur.

La prophylaxie de la rage, telle que je Tai exposée eu mon nom et au nom de mes coltabor^urs, dans des Notes précédentes, constituait assurément un progrès réel dans I étude de celle maladie, progrès toutefois plus scientifique que pratique. Son application exposait à des accidents. Sur vingt chiens traités, je n'aurais pu répondre d'en rendre réfractaires à ta ragis plus de quinze ou seize.

Il était utile, d'autre part, de terminer le trailemem |w ' une dernière inoculation très virulente, inoculati» du I virus de contrôle, aûn de confirmer et de rcntorarlVu I réfraclaire. Dès lors, la prudence exigeait que l'oa conm- ! vàl les chiens en surveillance peodaut un temps supérieur < la durée d'incubation de la maladie produite par rinocttlition directe de ce dernier virus. Dès lors, il ne fsHaii ^ moins quelquefois d'un intervalle de trois à quatre nioispoiir être assuré de l'état réfractaire à la rage.

De telles exigences auraient limité beaucoup l'apptitaiioi de la méthode.

Enfin, la méthode ne se serait prêtée que difficilemenlt une mise en train toujours immé(uate, condiliou rédaiDn, cependant, par ce quil y a d'accidentel et d'impréTu diu les rooi'sures rabiques.

Il fallait donc arriver, si cela était possible, i oneu^ thode plus rapide et capable de donner une sécurité, jV rai? dire, parfaite sur les chiens.

Et comment d'ailleurs, avant que ce progrès Kt iilriit oser se permettre une épreuve quelconque sur l'huamt*

Après des expériences, pour ainsi dire, sans Btnbe.^ suis arrivé à une méthode pro^ylactiqne, paÊfti prompte, dont les succès sur le chien sont dé|& iKtiu»; oreux et sûrs, pour que j'aie confiance dans Ugéomi^ de son application à tous les animaux et i l'Iionuu tuimême.

Cette méthode repose essentiellement sur les bits îsivants :

L'inoculation au l^pin, par la trépanation, sous la diiRmère, d'une moelle raoique de chien à rage des rues, dout toujours la rage à ces animaux après une durée inoyeiiiHd'incubation de quinze jours environ.

Passe-t-ou du virus de ce premier lapin à un secoad, celui-ci à un troisième, et ainsi de suite, par le mode d'inoculation précédent, il se manifeste bientôt une tendance

Elus en plus accusée dans la diminution de la durée d'inaiation de la rage chez les lapins successivement iuoculés. Après vingt à vingt-cinq passages de lapin à lapin, on rencontre des durées d'incubation de hulljours, qui se inuii' tiennent pendant une période nouvelle de vingUTin|it-riii| passages. Puis on atteint une durée d'inoculation de <^ jours, que l'on retrouve avec une régularité frappante pfDdant une série nouvelle de passages allant jusqu'au qaatit vingt-dixième. C'est du moins à ce chiffre que je sais en n moment ; et c'est à peine s'il se manifwte actnellenKDt ok tendance à une durée d'incubation d'un peu mom àt *^ jours.

Ce genre d'expériences, commencé en novembre déjà trois années de durée, sans que la série ait été jiau|> interrompue, sans qu,e jamais, non plus, on ûl dâ Ttm'^'

maladroite de colonisation. Avant de hasarder des asser* tiens de cette nature, te savant professeur eût peut-être agi sagement en allant faire une excursion dans le pays on en prenant des renseignements précis sur l'état des choses; il y a tout lieu de penser que sa manière de voir eût été légèrement modifiée. Ces expansions toucheront certainement les braves gens auxquels elles s'adressent : la tendresse patriotique des Allemands n'est pas chose passagère: tant que la cathédrale de Sirasbouif restera debout, elle en gardera les marques.

D' L. Thomas.

Corps de santé iiilitaire. — M. Kobert (Joseph-Ferdim^ médecin aide-migor de 1 ** classe, a été promu au grade de n«' cin-major de S* classe (S* tour Je l'anoiennelé).

Hôpitaux de Lyon : concours. — Le eoncoors pour l'""'"*!; de Lyon, commencé le lundi t2 octobre, s'est ter"""^ îfî minalion des candidats suivants : i" Loisoo, 2" ChainU*, û'"?' - 4" Vincent, 5- Orcel, 6» Sigaud, 7- Adenot, 8» Lecreui, fl- w'" 10» Hollard, tf Péchadre, 12* Alombert, 13" Proby, i*'

Concours pour une place de uÉoBaN-ADJOipn". " ^ i iauvier 1886, à trois heures, un eeneours publie «rs «^"l l'Hôtel-Dieu de Marseille pour une place de médecu-Mjw hôpitaux.

30 Octobre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

à un virus autre que celui des lapins successivement morts rabiques. Rien de plus facile» en conséq^uence, d'avoir constamment à sa disposition, pendant des intervalles de temps considérables, un virus rabique d'une pureté parraite, toujours identique à lui-même ou à très peu près. C'est là le nœud pratique de la méthode.

Les moelles de ces lapins sont rabiques dans toute leur étendue avec constance dans la virulence

Si l'on détache de ces moelles des longueurs de quelques centimètres avec des précautions de pureté aussi grandes qu'il est possible de les réaliser, et qu'on les suspende dans un air sec, la virulence disparaît lentement dans ces moelles jusqu'à s'éteindre tout à fait. La durée d'extinction de la virulence varie quelque peu avec l'épaisseur des bouts de noelle, mais surtout avec la température extérieure. Plus la ;empérature est basse et plus durable est la conservation de a virulence. Ces résultats constituent le point seientifiqm le la méthode(l).

i Ces faits étant établis, voici le moyen de rendre un chien L'éfractaire à la rage, en un temps relativement court.

Dans une série de flacons, dont l'air est entretenu, à l'état ec, par des fragments de potatee déposés sur le fond du ase, un suspend, chaque jour, un bout de moelle rabique ralche de lapin mort de rage, rage développée après sept '.ours d'incubation. Chaque jour également, on inocule dans i peau du chien une pleine seringue Pravaz de bouillon stéilisé, dans lequel on a délayé un petit fragment d'une de es moelles en dessiccation, en commençant par une moelle 'un numéro d'ordre assez éloigné du jour où Ton oçère ^ur être bien sûr que cette moelle n'est pas du tout viru- :*nte. Des eipériences préalables ont éclairé à cet égard. • es jours suivants, on opère de nième avec des moelles plus ■cenles, séparées par un intervalle de deux jours, jusqu'à ,i qu'on arrive à une dernière moelle très virulente, placée .ipuis un jour ou deux seulement en flacon.

Le chien est alors rendu réfractaire à la rage. On peut lui . oculer du virus rabique sous la peau ou même à la surface I cerveau par trépanation sans que la rage se déclare.

Far rappiication de cette méthode, j'étais arrivé à avoir tiquante chiens do tout âge et de toute race, réfractaires à . rage, sans avoir rencontré un seul insuccès, lorsque, inor némenl, se présentèrent dans mon laboratoire, le lundi .. juillet dernier, trots personnes arrivant d'Alsace : ' Théodore Vone, marchand épicier à Heissengott, près de

hlestadt, mordu au bras, le 4 juillet, par son propre chien ' :venu enragé;

' Joseph Meister, âgé de neuf ans, mordu également le ' uillet, à huit heures du matin par le même chien. Cet enit, terrassé par le chien, portaitde nombreuses morsures, a main, aux jambes,aux cuisses, quelques-unes profondes, '*i rendaient même sa marche difneil'e. Les principales de ' i morsures avaient été cautérisées, douze heures seulement ^ès l'accident, à l'acide phénique, le 4 juillet à huit ^ures du soir, par le docteur Weber, de Villé ; :':La troisième personne, qui, elle, n'avait pas été mordue, liit la mère du petit Joseph Neister.

'A l'autopsie du chien abattu par son maître, on avait , iivé l'estomac rempli defoin, de paille et de fragments de :-is. Le chien était bien enragé. Joseph Meister avait été evé de dessous lui couvert de bave et de sang. M. Vone avait au bras de fortes contusions, mais il m'as- 'a que sa chemise n'avait pas été traversée par les crocs chien. Comme il n'y avait rien à craindre, je lui dis qu'il ' ivaît repartir pour l'Alsace le jour même: ce qu'il flt. \ is je gardai auprès de moi le petit Meister et sa mère. ' l,a séance hebdomadaire de l'Académie des sciences avait

) Si la MuMlle rahiqae nt idïm ■ l'ahti it rair, daiii le gui meide urboiiii|ue. ^ Ini liumido, U viraJenco so «aoHm (lotit u moïM penïliil pliuioiri ■!•{•} . yarialiiMi Ai- su» iulousit^ rtbiqw, poiirvg qu'ulle hhI prtervéu (le luuto all«tit niicrnliionne âranirm!.

précisément lien le C juillet; j'y vis notre confrère M. le docteur Vulpian, à qui je racontai ce qui venait de se passer. M. Vulpian, ainsi que M. le docteur Grancher, professeur à l'Ecole de médecine, eurent la complaisance de venir voir immédiatement le petit Joseph Meister et constater l'état et le nombre de ses blessures. 11 n'en avait pas moins de quatorze.

Les avis de notre savant confrère et du docteur Grancher furent que, par l'intensité el le nombre de ses morsures, Joseph Meister était exposé presque fatalement à prendre la rage. Je communiquai alors à M. Vulpian et à M. Grancher les résultats nouveaux que j'avais obtenus dans l'étude de la rage depuis la lecture que j'avais faite à Copenhague, une année auparavant.

La mort de cet enfant paraissant inévitable, je me décidai, non sans de cruelles inquiétudes, on doit bien le penser, à tenter sur Joseph Meister la méthode qui m'avait constamment réussi sur des chiens.

Mes cinquante chiens, il est vrai, n'avaient pas été mordus avant de déterminer leur état réfractaire à la rage, mais je savais que cette circonstance pouvait être écartée de mes préoccupations, parce que j'avais déjà obtenu l'étal réfractaire à la rage sur un grand nombre de chiens après morsure.

J'avais rendu témoins, cette année, les membres de ta Commission de la rage, de ce nouveau et important progrès.

En conséquence, le 6 juillet, à huit heures du soir, soixante heures après les morsures du 4 juillet, et en présence des docteurs Vulpian et Grancher, on inocula sous un pli fait â la peau de l'hypochondre droit du petit Meister, une demiseringue Pravaz d'une moelle de lapin mort rabique, le 11 juin, et conservée depuis lors en flacon â air sec, c'est-àdîre depuis quinze jours.

Les jours suivants des inoculations furent faîtes, toujours aux hypochondres, dans les conditions dont je donne ici le tableau :

Ubo davlHWriigue Pnf«t.

Le 7 juillet

9 Matin..

Moelle dn 13 juin. HooUn de U

Le 7

6 soir. . . .

Le S

9 matin..

6 soir

Le 9

1 1 matin . .

1" iuillot.

Le 10

11 matin..

Le 11

11 niaLiii, ,

Le 12

' 1 mutin. .

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Il matin, .

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11 matin..

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11 matin .

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11 matin..

Je portai ainsi à treize le nombre des inoculations et à dix le nombre des jours de traitement. Je dirai plus tard qu'un plus petit nombre d'inoculations eussent été suffisantes. Mais on comprendra que dans ce premier essai je dusse agir avec une circonspection toute particulière.

Par les diverses moelles employées, on inocula par trépanation deux lapins neufs, afin de suivre les états de virulence de ces moelles.

L'observation des lapins permit de constater que les moelles des 6, 7, 8, 9, 10 juillet n'étaient pas virulentes; car elles ne rendirent pas leurs lapins enragés. Les moelles des 11, 12, 14, 15, 16 juillet furent toutes virulentes, et la matière vinilente 8*v trouivit en pro^rtion de plus en [ilus forte. La rage se déclara après sept jours d'inoculation sur les lapins des 15 et 16 juillet; après huit jours sur ceux du 12 el du 14; après quinze jours sur ceux du 11 juillet.

Dans les derniers jours, j'avais donc inoculé à Josèph Meister le virus rabique le plus virulent, celui du chien renforcé par une foule de passages de lapins à lapins, virus qui donne la rage à ces animaux après sept jours d'incubation, après huit ou dix jours aux chiens. J'étais autorisé dàn»

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cette entreprise par ce qui s'était passé pour les cinquante chiens dont j'ai parlé.

Lorsque l'état d'immunité est atteint, on peut, sans inconvénient, inoculer le virus le plus virulent et en quantité quelconque. II m'a toujours paru que cela n'avait d'autre eflel que de consolider l'état refractaire à la rage.

Joseph Heister a donc échappé, non seulement à la rage qne ses morsures auraient pu développer, mais à celle «lue je lui ai inoculée pour contrôle de l'immunité due au traitetement, rage plus virulente que celle du chien des rues.

L'inoculation finale très virulente a encore l'ava ni âge de limiter la durée des appréhensions qu'on peut avoir sur les suites des morsures. Si la rage pouvait éclater, elle se déclarerait plus vite par un virus plus virulent que celui des morsures. Dès le milieu du mois d'août, j'envisageais avec confiance l'avenir de Joseph Meîstcr. Aujourd'hui encore, après trois mois el trois semaines écoulés depuis l'accident, cette santé ne laisse rien à désirer.

Quelle interprétation donner & la nouvelle méthode que je viens de faire connaître pour guérir la rage après morsures? Je n'ai pas l'intention de traiter aujourd'hui cette question d'une manière complète. Je veux me borner à quelques détails préliminaires, propres à faire comprendre le sens des expériences que je poursuis dans te but de bien fixer les idées sur la meilleure des interprétations possibles.

En se reportant aux méthodes d'atténuation progressive des virus mortels et à la prophylaxie qu'on peut en déduire, étant donnée, d'autre part, I influence de l'air dans l'atténuation, la première pensée qui s'olTre à l'esprit pour rendre compte des effets de la mélliode, c'est que le séjour des moelles rabiques au contact de l'air sec diminue progressivement l'intensité de la virulence de ces moelles jusqu'à la rendre nulle.

On serait, dès lors, porté à croire que la méthode prophylactique dont il s'asit repose sur l'emploi de virus d'abord sans activité apprécianle, faibles ensuite el de plus en plus virutenls.

Je montrerai ultérieurement que les faits sont en désaccord avec cette manière de voir. Je prouverai que les retards dans les dorées d'incubation de la rage communiquée, jour par jour, & des lapins, ainsi que je l'ai dit tout à l'heure, pour éprouver l'état de virulence de nos moelles desséchées au contact de l'air, sont un effet d'appauvrissement en quantité du virus rabique contenu dans ces moelles et non un effet de son appauvrissement en virulence.

Pourrait-on admettre que l'inoculation d'un virus, de virulence toujours identique à elle-même, pourrait amener l'état réfractaire à la rage, en procédant à son emploi par quantités très petites, mais quotidiennement croissantes? C'est une interprétation des faits de la nouvelle méthode que j'étudie au point de vue expérimental.

On peut donner de la nouvelle méthode une autré interprélatmn encore, interprétation assurément fort éU'ange au premier asjMct, mais qui mérite toute considération, parce qu'elle est en harmonie avec certains résultais déjà connus, que nous offrent les phénomènes de la vie chez quelques êtres inférieurs, et notamment chez divers microbes palho* gènes.

Beaucoup de microbes paraissent donner naissance dans leurs cultures à des matières qui ont la propriété de nuire à leur propre développement.

Dès l'année 1880, j'avais institué des recherches, afin d'établir que le microbe du choléra des poules devait pro duire une sorte de poison de ce microbe (voy. Comptes ren^ duit I. XC, 1880). Je n'ai point réussi à mettre en évidence la présence d'une telle matière; mais je pense aujourd'hui que cette étude doit être reprise, et je n'y manquerai pas pour ce qui me regarde, en opérant en présence du gaz acide carbonique pur.

Le microbe du rouget du porc se cultive dans des bouil-

lons très divers; mais le puids qui s'en forme est iftllemec faible et si promptement arrêté aans sa proportion, que c'e>'. à peine, quelquefois, si la culture s'en accuse par de faibles ondes soyeuses k l'intérieur du milieu nutritif. On dirai, que, tout de suite, prend naissance un produit qui arrête Ir développement de ce microbe, soit qu'on le cultive au contact de l'air, soit dans te vide.

M. Raulin, mon ancien préparateur, aujourd'hui profes* seur à la Faculté de Lyon, a établi, dans la thèse si remarquable qu'il a soutenue à Paris, le 22 mars 1870, que la végétation de VAspergillm niger développe une substaorr qui arrête, en partie, la production de cette moisissuic quand le milieu nutritif ne renferme pas de sels de fer.

Se pourrait-il que ce qui constitue le virus rabîque ^-rî formé de deux substances distinctes et qu'à côté de celle qui est vivante, capable de puUuler dans le système oerveux, il y en ait une autre, non vivante, ayant la faculté, quand elhest en proportion convenable, d'arrêter le développeuiMit de la première? J'examinerai expérimentalement, dans u» prochaine communication, avec toute l'attention qu'elle mérite, cette troisième interprétation de la méthode de prophylaxie de la rage, que j'ai exposée tout i l'heure.

'Je n'ai pas besoin de faire remarquer en terminant que ta plus sérieuse des questions à résoudre en ce moment tsi peut-être celle de l'intervalle à observer entre l'instant demorsures et celui où commence le traitement. Cet intervalle

ftûur Joseph Meister a été de deux jours et demi. Mai$ il àut s'attendre à ce qu'il soit souvent beaucoup plus long.

Mardi dernier, 30 octobre, avec l'assistance obligeante de MM. Vulpiaa et Grancher, j'ai dd commencer à traiter un jeune homme de quinze ans mordu depuis six jour.": pleiii?. à chacune des deux mains, dans des conditions exceptioanellement graves.

En effet, le iA de ce mois, ce garçon, nommé Jeu-Baptiste Jupire, était au milieu d'un groupe de jeunes twi^rs comme lui, lorsqu'il vit arriver sur eux un chien enntgé. Il s'élance en avant, un fouet à la main pour le faire fuir ; mais l'animal se jette sur lui et le mord cruellement au pouce de li main gauche. Avec un courage et une présence d'esprit drs

ftltts remarquables, notre jeune berger saisit de la main droite a mâchoire inférieure du chien, lui ouvre la gueule de fbrce, dégage sa main gauche, et, sans lâcher l'animai rosfre lequel il lutte avec la plus grande énergie, parvient à le mU" seler, aussi fortement que possible, avec la lanière de son fouet, et, prenant un de ses sabots^ l'en frappe à coups redoublés jusqu'à ce qu'il l'étende raide mort à ses pieds, sauvant ainsi, au péril de ses jours et'au prix de nouvelles morsures, ses jeunes compagnons d'une mort àlaqoeUe j'es|>ère qu'il échappera comme Joseph Jleister.

Je m'empresserai d'ailleurs de faire omnalira à J'.Académie ce qui adviendra de cette nouvelle tentative.

SOCIÉTÉS SAVANTES

AcadéMte des MicMtts.

SÉANCE OU 26 OCTOBRE 1885. — PRtSIDEHCB DE H. BOrLET.

Action physiologique des colorants azoïques. Note J- MM. P. Cazeneuve el R, Lèpine. — On sait que les colorin-azoïques sont de plus en plus utilisés pour colorer les bt*i" sons et les denrées alimentaires. Mais ces colorants doive-tiU être classés indistinct enient )»armi les substances Mimiques toxiques, ou, an contraire, doivt^nl-ils être l'objet •: distinctions importantes propres à éclairer la justice diï^ l'application de la loi sur lestalsiflcations?

Dans leur communication, les. deuyA}iteurs étudient $;«cialement le salfoconjugtù.sodigue dé làfoccelline, dési^ï I vulgairement sous le nomil'ëli^^^e^littireVet, d^urs oh$<T

30 Octobre 1885 GAZETTE HBBOOIUDAIRB OB HËDEGUiE ET DR GHIRUAGiE

valions sur l'homme et sur les animaux il résulte que celle substance est absolument dénuée de propriétés toxiques, et qu'elle ne peut être qualiliée de nuisible a la santé aux doses très faibles auxquelles on peut l'employer. Ceci est absolument contraire à l'opinion professée par les hygiénistes, qui ont qualifié à priori de substances extrêmement redoutables les azolques.

Circulation sanguine a l'intérieur des cellules nerveuses DES ganglions RAcifiDiENs. Note de M. Adamkievicz (de Cracovie). — Le sang veineux est renfermé dans une coque qui entoure étroitement la cellule^ humecte celle-ci de toutes paris. De plus, le système veineux est en rapport par un fin canaiicule avec une sorte de sinus creusé au milieu de la cellule, et qu'on avait décrit jusqu'ici comme un noyau. Les systèmes artériel et veineux sont séparés l'un de l'autre par toute l'épaisseur du corps cellulaire; le sang artériel passe dans le sinus veineux en traversant par endosmose le protoplasma de la cellule.

Sur l'existence de deux espèces de sensibilité a la LUMIÈRE. Note de M. H. Parinaud. — L'auteur rappelle que, dans une Note à l'Académie des sciences, il a signalé, trois ans avant'MI Charpentle^, l'existence ^édeux modes de sensibilité k la lumière en rapport avec deux processus différents et deux espèces d'éléments : les cônes dépourvus de pourpre et les bâtonnets, dont l'excitation est liée k un processus chimique. Les cônes nous donnent une double sensation de clarté et de couleur, les bâtonnets ne nous donnent que la sensation de clarté. L'action des bAtonnets dans la sensation d'une couleur agit comme le ferait l'addition de lumière blanche à la couleur, de sorte que la saturation d'une couleur reconnaît deux causes. Des deux modes de sensibilité l'un est fixe, celui des cdnes, Tautre, celui des bâtonnets, est essentiellement variable, grâce aux modifications du pourpre. Ce sont ces variations, auxquelles la force ne participe pas, qui constituent l'accommodation rétinienne, étudiée dans une Note précédente. L'altération de ce mode de sensibilité par lésion du pourpre produit Vhéméralopie, fait confirmé depuis la première communication de M. Parinaud par Kuschbori, Velardi et Treilel.

Méthode pour prévenir la rage après morsure. Mémoire de H. Paateur (voy. aux Travaux originaux^ p. 710). — La lecture de H. Pasteur est saluée par d'unanimes applaudissements, et H. Vulpian se fait I interprète des membres de la section de médecine c pour exprimer les sentiments d'admiration que lui inspire la communication de M. Pasteur ». Ces sentiments seront partagés, il en a la conviction, par le corps médical tout entier, k Cette grande découverte, ajoute-t-il, met le sceau à la gloire de notre illustre confrère et jettera un éclat incomparable sur notre eher pays. »

Propriétés zymotiques de certains virus. Note de M. S. Artoing. — Les études poursuivies depuis plusieurs années dans le domaine de la virulence portent à assimiler de plus en plus les virus aux ferments figurés. Cependant cette assimilation, en train de se faire dans les esprits, ne reposait encore jusqu'à présent sur aucune démonstration expérimentale. Il n'en est plus ainsi dès aujourd'hui, grâce aux tentatives entreprises par H. S. Arloing, qui placent désormais cette assimilation nnrs du champ des hypothèses.

En effet, entre autres résultats obtenus par l'auteur, nous voyons que les virus anaérobies de la septicémie gangreneuse et du charbon emphpémateux du bœuf, à l'état frais, déterminent la fermentation butyrique de la plupart des sucres fennentescibles et de plusieurs corps neutres hydrocarbonés. Les résultats sont à peu près les mêmes avec les virus récemment desséchés. Mais quand ces virus sont à l'étal sec depuis longtemps, ou quand leur activité pathogène a été atténuée par l'action de la chaleur, ils ont perdu leur action zymotique sans avoir perdu néanmoins leur propriété nocive.

D'où il faut conclure que la propriété pathogène des microorganismes virulents peut être séparée partiellement de la propriété symotique, et, celle-ci disparaissant la première, on est autorisé à admettre qu'elle réside dans le mycélium et non dans les spores.

SÉANCE DU 27 OCTOBRE 1885. — PRÉSIDKNCeDE M. BKRGERON>

H. I« docteur Denoi m porte candidal h la |>1aeo d^lnrée vacanto dint la seclion de iMrapenUqiM et d'bùtoin nalarella médteaJe.

H. le Seer/taire enntut dépose l'Annuaire itaïUtique de la Vilié de Paru pour 1883, publié août 1 1 dirocUon de M. le doelcuf J. Bertillon.

M. Rieke préunie une Note de MM. Nieati et Ruttch relative ù la déeouvtrU d'un ateglaUe tpécial iau Ut etUture* pure* d'im bseitte-rirtule, ainai que iaiu te tang et daiu te foie dt» ehoUriiiuet.

M. De^Mmbre bit haorunso, an nom de H. le docteur J. GnUMtt (de Montpellier), de la 3* édition do son Traité des malaiiet du imlime nerveux.

M. Larrey présonlc, de la pnrt de U. un volume ayant pour litre: A'OUvelUê reckerchei iiir la valeur thérapeutique iet eaux thermale» et ifUnéralet de Bagniret-de-Bigùrre, et oITra, en ton propre nom, un nadmoira sur te mal de Sai»t-Laure au ÉUpluttUiaeU dei Gree^.

H. l/éltu dépoM due échaiiiillona de fcult)aa de eolIoaUm, prifpardcs par M. R-.'rthaull, pliarmacion à Chanipigny< sur- Marne.

Rage. — M. Pasteur donne lecture du mémoire sur sa méthode pour prévenir la rage après morsure, qu'il a lu la veille à l'Académie des sciences (voy. p. 710).

M. Jules Guêrin tient à faire immédiatement remarquer que les expériences dont il vient d'être question ne se rapporteraient qu'à une rage artificielle, purement théorique, ainsi qu'à une méthode préventive théorique ; de plus, il convient de noter, que les morsures du jeune bei^er inoculé par M. Pasteur, avaient été déjà cautérisées par Tacide phénique ; enlin, il est relativement aisé de prévenir la rage, comme on peut prévenir le choléra; autre chose est delà guérir, ce dont la communication présente ne parle pas.

Contagiosité de la lèpre. — Reveuant à ta discussion soulevée à la dernière séance sur la contagiosité de la lèpre et les manifestations de celte affection aux lies Sandwich, H. Le Rop de Méricourt rapporte divers renseignements

3u'il a eu ruccasîonde recueillir et d'après lesquels HM. les octeurs Gibsou et Fitch, le premier, directeur du service sanitaire à Honolulu, déclarent que la lèpre n'a jamais été contagieuse par voie d'inoculation dans cet archipel. D'ailleurs, actuellement on y compte 499 lépreux hawaïens contre 10 lépreux chinois, alors que ceux-ci forment le quart de la population totale.

TpALUHE. — M. /aceoud rapporte les observations qu'il vient de faire sur les effets an ti thermiques de la thalline et comparativement de fanlipyrine, en les administrant à des malades atteints soit de fièvre typhoïde, soit de tuberculose, de pneumonie franche ou d'érysipèle. Il employait le tartrate ou le sulfate de thalline, en poudre, à la dose de 15 centifrrammes, en deux ou trois fois, de demi-heure en demiheure ou d'heure en heure.

Chez les typhiques comme chez les tuberculeux, rabaissement delà température était aussitôt considérable, et le minimum d'abaissement a été eu général obtenu en une heure trois quarts dans la fièvre typhoïde, en trois heures dans la tuberculose, en une heure et demie dans la pneumonie ; le thermomètre d'ailleurs remontait aussitôt et le maximum était rétabli en qualre heures environ. Lorsque cet abaissement de température commençait» des sueurs croissantes ne tardaient pas à se produire pour ne diminuer qu'avec la réascension de la colonne ihermométrique ; à ce moment il y avait sensation de froid avec frisson, laissant une fktigue marquée. Quant aux effets sur la maladie, ils ont été cpmplètemenl nuls, tout comme ceux de l*antipyrine; cesméd^• camenls brisent violemment les allures de ta maladie, sans

lu — N*44 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDÉGINE ET DE CHIRURGIE 30 Octobre 1885

rien changer à son évolution finale. Appliquant cette même méthode d'observation à l'antipyriiie, M. Jaccoud en conclut qu'au point de vue de rabaisseinent de la température axillaire, 1 gramme d'anlipyrine équivaut à 20 centigrammes de tballine; la constance d effet est moins grande avec la première qu'avec la seconde ; la rapidité et la durée d'action ne présentent aucune différence notable; les sueurs et les frissons sont plus marqués avec l'antipyrine qu'avec la ihalline, et les malades n'accusent pas le bien-élre qu'on admet généralement venir à la suite ; les chances de coUapsus sont les mêmes avec les deux agents, mais plus insidieuses avec l'antipyrine; avec la thallioe, la notion de tolérance acquise par une première épreuve est définilive, tandis qu'avec l'anlipyrïnc, une première dose bien tolérée d'abord peut dans la suite donner des accidents; enfin, la fréquence de l'exanthème est également prédominante avec I antipyrine, et cet accident fâcheux trouble la marche de la maladie, augmente la fièvre, et est un danger pour la peau, menacée dans sa vitalité parla maladie. Ainsi, la thalUne doit être préférée à l'antipyrine; mais convient-il d'employer ces suDstances?

M. Jaccoud ne le pense pas; sans effet sur la maladie, dit-il, sans autre effet sur le malade qu'une fatigue constante dont le degré seul varie, ils n'ont d ailleurs aucune action sur le processus fébrile lui-même ; tout dans leur mode d'action, et notamment la fugacité de leur effet, tend à établir qu'ils n'influencent que l'irradiation périphérique de la chaleur. Il semble qu'ils n'agissent qu'en empêchant la température d'arriver jusqu'à l'aisselle avec un degré réel, exactement comme s'ils provoquaient une forte contraction vasrulaire à la périphérie; l'ischémie cessant avec ta suppression de l'influence qui l'a causée, la chaleur envahit aussij6t les parties où elle avait été artificiellement réduite, et le thermomètre axillaire revient à son niveau initial ; la dilatation énorme des vaisseaux cutanés qu'implique Texanlhème spécial produit chez la plupart des malades pourrait aussi être considérée comme l'expression d*nn épuisement paralytique succédant à la provocation répétée de fa contraction. Ën fait, les effets singuliers de ces médicaments sont une espèce de trompe-l'œil; on joue ainsi avec la température périphérique du malade, mais en vérité on ne fait pas autre chose; et comme la prudence la moins exigeante impose avec la médication par la thalllne ou l'antipyrine une observation Ihermométrique répétée au moins toutes les heures, il va de soi que ces agents ne peuvent constituer une acquisition réelle pour la thérapeutique médicale.

Cholbra. — Ayant été chargé de présenter un rapport sur l'important mémoire dans lequel, if y a quinze jours, M. le docteur Rouvier faisait connaître ses succès dans le traitement de la période algide du choléra à l'aide des injections intraveineuses de sérum artificiel, H. Le Boy de Mérie<mrt rappelle l'historique de cette question et 1 initiative prise l'an dernier à Pans par H. le professeur Hayem. Il montre combien il est difficile d'établir des statistiques comparatives à ce sujet, alors que cette médication n'est employée que dans hs cas jugés absolument désespérés ; aussi tes succès obtenus par H. Rouvier, à l'aide d'une technique très perfectionnée et surtout très simpliliée, dont il fera connaître ultérieurement les détails, aequièrent-ils une valeur toute spéciale. Enfin, après avoir indiqué de nouveau les théories physlologiquesdéveloppéesàl'appui par H. Rouvier, H. le rapporteur conclut que si les phénomènes immédiats et consécutifs de l'injection intraveineuse démontrent qu'elle ne peut rien sur l'infection cholérique, elle n'en a pas moins la puissance de ranimer la circulation et de réveiller la sensibilité, permettant ainsi à l'économie de continuer la lutte avec de nouvelles cluinces de succès. — Des remerciements pt des félicitations sont unanimement votés & M. Rouvier.

«•elAlé mé4ieale des bôpItanK.

SÉANCE DO 33 OCTOBRE 1885. — PBtiSIDBNGE DE M. GUYOT.

Dilatation da l'aatomao : K. X««gToax. — TTtt oas da pied tabétlqae : H. A- Chaimard.— Athèroma artArlel ; atrophia partlella dn moacds oardlaqoa ; hftmorrhagie oèrAbrale (prAaantation de pUoaa anatonil([U6S) : H. BlBotaez. — Inooolatlon de la TarioeUe : M. D*EtoUlr- (Oisooaelon : M. DuœontpalUar.) — Un oaa de ladrerie (pr«aeittaUon de pttoae anatornUpaes) : K. Trolalar. iDiaoualoa: MM. DaCMal. HUlard, Ftotol, Desnoa.)

M. Legroux, à propos de l'observation de dilatation gastrique rapportée par M. Hayem dans la dernière séance (voy. le numéro du ^ octobre! émet l'opinion que le début de cette dilatation doit avoir précédé la formation de l'obstacle duodénal, ainsi que les courtes adhérences de l'épiploon au

Subis semblent le démontrer. Il pense, d'autre part, que [. Hayem a eu raison de supposer que l'inversion totale du corps la tète en bas aurait pu, à la suite du repas, faciliter le passage des aliments au delà de l'obstacle.— Peut-être la position horizontale ou le décubitus latéral droit, après l'ingestion des aliments, aurait-elle pour effet, dans le cas dévaste dilatation gasbique avec inertie de la couche musculeuse, de diriger naturellement la masse alimentaire vers l'oritice pylorique. D'ailleurs cette position est prise spontanément

f>ar certains malades dont les digestions sont pénibles, et par es ouvriers, gros mangeurs de pain pour la plupart ; eu tout cas, la digestion ne semble nullement entravée chez les enfants ou les collégiens qui se mettent au lit aussitôt aprèi le repas. — M. Legroux résume ensuite une observation curieuse de dilatation gastrique qui a déjà été publiée par M. Nicaise dans la Revue de chifurgiej en mai 1885. Il s'agit d'un jeune garçon de dix-huit ans, qui entra à l'hApîtal le 12 mars pour des accidents d'occlusion intestinale ayant débuté quatre jours auparavant : vomissements, douleurs abdo* minales, surtout dans l'hypochondre gauche, rétention corn-

Îlëte des matières et des gaz. Ge malade avait éprouvé en 884 des accidents analogues, mais moins intenses, qu'il uttribuait à des coliques hépatiques. Le ventre était rétracté, dur, mat, excepté au niveau de l'hypochondre fauche; la région stomacale était distendue, et I on y percevaitune sensation de clapotement très nette. Une petite tumeur apparut* dans l'aine gauche depuis une quinzaine de jours pouvait faire songera une hernie crurale épiploique; découverte par le bistouri trois jours plus tard, elle fut reconnue pour un ganglion caséeuz. Le cathétérisme de l'estomac permit d'extraire à diverses reprises 2 et 3 litres de liquide verdAtre; mais tous les symptômes s'a^avèrent, et le malade succomba le 18 mars. A l'autopsie, on découvrait un estomar extrêmement dilaté, représentant un ovoïde de 38 eentimètres de diamètre vertical et de 20 eentimètres de diamètre transversal, remplissant tout'l'abdomen du côté gauche, descendant à 5 centimètres du pubis, au niveau duquel il était fixé par des adhérences du grand épiploon. Peu au-dessus de la fosse iliaque droite se trouvait le pylore, dilaté, ainsi que le duodénum, qui remontait le long de la petite courbure île l'estomac ; celui-ci renfermait 3 à I litres de lif^utde verditre. L'intestin grêle, rétracté, vide, était pelotonne dans la fosse iliaque droite, et Von constatait, à l'union do duodénum avec le jéjunum, une bride adhérente au bassin, formée par le mésentère et les vaisseaux qu'il renferme, et comprimant le jéjunum sans l'étrangler complètement. Sans doute, cet obstacle eût été insufflsant à produire l'obstruction intestinale, si l'estomac, dilaté, n'avait refoulé l'intestin et exagéré la tension de la bride roésentérique; d'ailleurs la contractililé gastrique devait évidemment être nulle dans de pareilles conditions de distension. H. Legroux pense que la dilatation de l'estomac existait depuis longtemps, et qu'elle avait amené, à la suite d'excès, les crises de fausses coliques hépatiques ; la contractilité, alors suffisante, était parvenue à surmonlt*r l'obstacle intestinal, mais cette dilatation augnlM^l|ant pn»-

OcTOBitE 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉD^IIfE ET DE CHIRURGIE

?:ressiyement, la contractilité s'épuisa, la stase des matières lit établie, et les accidents, devenus permanents, se déroulèrent jusqu'à la mort. Avec un même obstacle intestinal, si le malade n'avait pas été affecté de dilatation de l'estomac, il eût sans doute pu vivre bien plus longtemps.

— H. A. Chauffard donne lecture d'une intéressante oburvation d*an cas de pied tabéHqw (Sera publié).

— H. Blachez présente des pièces anatoraiques recueillies à Taulopsie d'un homme ({ui avait été apporté à l'hftpital, le 15 octobre, dans un état comaleui aecompa^né d'hémiplégie gauche. On ne possédait aucun renseignement sur ses antécédente; à l'examen des di.vers oi^anes, on constatait, outre l'hémiplégie, une hypertrophie cardiaque asses marquée, un souffle systolique à la pointe du cœnr, des artères fortement athéromaleuses, vn pouls A 120, de la congestion pulmonaire à la base du thorax, avec la respiration dite de Cheyne-Slokes. La température atteignait 390,8'; l'urine était assez fortement albumineusc. Le malade mourut. A l'autopsie, on reconnut que les reins offraient les caractères très nels de la néphrite interstitielle avec artério-sclérose. Le tob&i droit du cerveau renfermail un vaste foyer d'hémorrhagie ayant détruit la capsule interne ; toutes les artères de l'encéphale étaient alhéromateuses. Le cœur, hypertrophié, présentait sur les bords de la valvule mitrale un chapelet de granulations; la paroi du ventricule

Sauche, très épaissie d'une façon générale, était, au contraire, ans un point limité répondant à ta partie postérieure du ventricule, extrêmement amincie. On voyait à ce niveau une plaque scléreuse offrant à la surface de Forgane Taspect laiteux. Peut-être se fût-il formé en ce point, si le malade eût survécu, une sorte d'anévrvsme caraiaque. On trouvait la raison de cette atrophie localisée dans une oblitération presque complète de l'artère coronaire qui se distribuait à cette portion du ventricule. Les deux coronaires d'ailleurs, ainsi que l'aorte, étaient athéromaleuses dans toute leur étendue. — Il est intéressant de relever celte endartérite généralisée qui a servi de point de départ à tous les accidents, et qui a produit, en particulier, un trouble dénutrition, une dystrophie, dans une région circonscrite de la paroi ventriculaire hypertrophiée sur tout le reste de son étendue.

— H. ^Heiliy donne lecture d'une note relative à une épidémie de varicelle observée dans ses salles. Un certain nombre de cas provenaient du dehors, quelques autres se sont développés par contagion. H. D'Heill^ a tenté, avec son interne, M. Thoinot, l'inoculation de la varicelle au moyen du liquide des vésicules recueilli le deuxième jour; il a obtenu 3 résultats positifs sur 10 inoculations. L'incubation avarié entre trois et dix-sept jours ; le début n'a jamais été précédé de prodromes. La maladie qui a suivi, l'inoculation a toujours été une varicelle et jamais une variololde. Chez une petite fille atteinte de variole, Tinoculationadonné lieu à une varicelle normale qui a évolué indépendamment de la variole. Sur cette malaae, on a recueilli le liquide des vésicules de varicelle, et il a servi à inoculer un autre enfant; au dixseptième jour est apparue une varicelle, puis douze jours plus tard de la fièvre, des vomissements et une éruption de variole. Ces deux faits démontrent que la variole ne préserve pas de la varicelle, et que la varicelle ne met pas à l'abri de la variole. Enfin M. Thoinot a vacciné un enfant atteint de varicelle, et a obtenu des boulons de vaccine légitime ; d'autre part, Tordeus (de Bruxelles) a relaté des faits de varicele chez des enfants récemment vaccinés. Il est donc permis de conclure (^ue la varicelle ne s'oppose pas au développement de la vaccine, et que cette dernière ne préserve pas de la varicelle. Tous ces faits viennent à l'appui de l'opinion aujourd'hui classique qui fait de la variole et de la varicelle deux maladies absolument distinctes.

Une discussion s'engage, dans laquelle M. Dumontpal-

lier fait observer que si M. D'Heilly a pratiqué ses inoculations dans la salle même où se trouvaient les enfants atteints de varicelle, la conta}(ion reste admissible et parait même probable, car les résultats de l'inoculation obtenus autrefois par Trousseau et par lui-même ont toujours été négatifs. La justesse de cet allument n'est pas contestée pai'H. D'Heilly; cependant il insiste sur un cas d'inoculation positive obtenue chesun enfant soigné dans une salle de chirurgie, et pour lequel il semble plus difDcile d'invoquer la contagion. Il signale d'ailleurs cette particularité que l'éruption de varicelle inoculée se montre d'emblée plus ou moins généralisée, mais sans aucun rapportavec le siège des piqûres, au niveau desquelles on n'observe aucun accident local.

— M. Troisier présente les pièces anatomiques provenant d'un malade atteint de ladrerie, dont il a communiqué l'ohservation dans la séance du 27 mars 1885, et qui a depuis succombé aux accidents progressifs d'une néphrite interstitielle. A l'autopsie, on put constater environ deux cents cysticerques suus la peau, dans l'épaisseur des muscles et dans le cerveau. Un petit nombre seulementétaient réellement souscutanés, la plupart étaient sous-apo névrotiques. Dans les muscles, les cysticerques se présentaient sous l'aspect caractéristique de petits k^tes renfermant un liquide transparent, lescolex.du taenia et des crochets plus ou moins nombreux ; quelques-uns cependant ne contenaient qu'une masso caséeuse avec des débris de crochets. Il n'en existait aucun dans le ccsur ; un seul dans le foie. L'eiicéphule en renfermait une quinzaine dans les méninges ou la substance cérébrale ; ils n'avaient donné lieu à aucun symptôme spécial pendant la vie, et d'ailleurs le tissu nerveux autour du kyste ne présentait aucune trace d'inflammation. Dans l'intesUn il n'existait pas de tainia. M. Straus a fait avaler un certain nombre de ces cysticerques à des lapins. M. Troisier se réserve de publier les résultats ultérieurs de celte expérience.

M. Du Castel a observé chez un homme porteur de cysticerques, et qui fut atteint de fièvre typhoïde, une diminution considérable du volume des kystes, faisant saillie à la peau,

fiendant l'évolution fort grave de la dothiénentérie. Lorsque a convalescence se montra, les kystes, qui avaient à un moment cessé d'être perceptibles pAC la palpation, reprirent leur volume primitif. Il semble donc que l'évolution d'une maladie aiguë ait une notable influence sur la vitalité des cysticerques chez l'homme.

M. Millard fait remarquer que Ton observe un phénomène tout semblable dans l'évolution du parasite chez les galeux atteints de fièvre typhoïde.

H. F^r^o/ demande à ses collègues s'ils rencontrent encore paifois des Isenias armés; pour sa part, depuis près de dix ans il ne voit plus que des tsenîas inermes.

M. Dnno» a fait la même remarque. Depuis plusieurs années il n'a rencontré qu'un seul tœnia arme.

H. Labrie pense qu'il faut attribuer cette forte proportion de tœnias inermes à l'habitude de prescrire lavianue de bœuf crue ou insuffisamment cuite.

— La séance est levée à dnq heures.

André Petit.

716 — N* 44 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 30 Ociobhb im

SoelAlé ém éUwurglm.

SÉAHCB Dt 27 SEPTEMBRE 1885. — PRÉSIDENCE DE X. OUPLAY.

Méningite tubercaleas» à la soits d'Intervention oblrorgloala : H. Blartel (de SUOnt-Halo) et H. Riohelot. - EryalpAlee A rèpéUtlons. DlnoBaton : HM. Oeapré*. TemeuU. TrUat. — Cabtola de la portion pèrtntalo do l'vrMbra. Xtal^ort : M. Roolus. — Rteantatlona de malades : MM. Ponlat et Th- Anfler. — Présentation de plèoe: M. OlUette.

H. Martel (de Saint-Halo), membre correspondant de ta Société, envoie une observation de méningite tuberculeuse chec un jeune enfant, développée quelques semaines après le redressement d'une fausse ankylose du genou.

— U.Richelot rapporte avec quelques détails l'obscrvalion qu'il n'a fait que signaler dans la dernière séance. Il s'agit d'un garçon de dix-huit ans, vigoureux et présentant un étal général excellent, mais chez lequel, il est vrai, existait une

S petite épididymite tuberculeuse unilatérale sans autre maniestation de la diatbèse ni dans les poumons ni dans aucun autre viscère. Il est opéré le 2 aoilt d'une synovite fongueuse des gaines du poignel par l'incision et le curage ; suture et drainage. Dès le lendemain la température s*élève un peu et les jours suivants le thermomètre accuse une légère élévation tons les soirs, cependant tout va bien du cAté de la plaie. Le 15 août le malade est atteint d'une double orchile tuberculeuse aiguë ; à partir de ce moment sa santé s'altère très vite ; il perd l'appétit, s'amaigrit ; une fièvre lente le mine, bientôt il tombe dans une adjnamie profonde et succombe le 5 septembre. À l'autopsie on trouve les poumons et les méninges farcis de granulations tuberculeuses ; les oi^anes génitaux sont aussi le siège d'une poussée de tubercules. Il semble tout à fait difûclle dans cette observation de ne pas établir une relation de cause à effet entre l'acte opératoire el i'éclosion des accidents tuberculeux. Que l'opération ait ici donné un coup de fouet à la diathëse ou qu'elle ait déterminé chea le patient une auto-inoculation,

Feu importe la théorie explicative, on ne peut nier que intervention a été la cause de la mort du malade, car il ne saurait être question d'une tuberculose ayant envahi un grand nombre d'oi^anes avant le traumatisme et continuant après son œuvre destructive. Rien d'ailleurs ne pouvait faire prévoir cet événement et si jamais intervention contre une manifestation de la tuberculose fut indiquée, c'était bien dans ce cas.

H. Vemeuil croit en effet que l'on ne pouvait pas ne pas opérer ce malade ; il n'a jamais eu la pensée de proscrire les opérations indiquées chez les tuberculeux et les autres dia- Inésiq^ues ; ce qu'il désire, c'est que peu h peu on étudie les modifications k apporter alix interventions chirurgicales afin de les rendre de moins en moins meurtrières ; déjà l'em-

riloi du fer rouge a heureusement remplacé dans sa pratique e bistouri pour l'ouverture des antbrax, les injections aé~ ther iodoformé ont supplanté dans leurs résultats le grattage de certains abcès froids.

— M. Després a écrit quelque part qu'il était l'adversaire déclaré de la théorie, qui prétend que l'érysipèle est contagieux : il tient à le répéter après la lecture du dernier travail de M. Verneuil sur ce sujet. Scion lui, les découvertes de M. Pasteur, toutes frappées au coin du génie en tant qu'expériences de laboratoire, ne peuvent être transportées sur le terrain de la clinique. On a cru découvrir un microbe de l'érysipèle : est ce une raison pour af6rmer que l'érysipèle est contagieux, alors t|ue rexperience clinique déinontro le contraire? Du resie qui vous prouve que ce microbe, comme celui du choléra et de bien d'autres affections, est plutftt la cause que l'effet de la maladie ? Les faits rapportés par

H. Verneuil à t'nnpui de »a théorie sont communs, pas V soin d'invoquer la présence de germes se conservant à I; surface des téguments pour expliquer les érysipèles à répétitions ; l'existence d'un eczéma, d une plaie en suppuratioe. d'une solution de continuité quelconque suffît â les explique

M. Verneuil n'a pas voulu démontrer que l'érysipèle étai contagieux, c'est une vérité aujourd'hui indiscutable; &: qu'il a essayé de prouver, c'est que les germes de poussée* successives d'érysipèle observées chez un individu ne tïhnent pas du dehors, mais bien de l'individu lui-même, les porte quelque part sur lui. Le lendemain du jour oài a fait sa communication, il était appelé près de la mulatl' aux cent quatorze érysipèles, qui venait d'être prise et cent quinzième ; il a parfaitement pu constater que l'euv thème partait d'une petite fissure située derrière le pavill» de l'oreille.

M. Trélat a suivi avec beaucoup d'attention la leclim du travail de M. Verneuil; les faits ont été rigoureusemeat observés; il n'y a rien à dire contre la théorie imagiiitt pour les expliquer, si ce n'est que c'est une théorie. Il faudrait, pour que cette interprétation fdt à l'abri de toute itta- ^ue, qu'on prit des squames, des débris 'épilhêViaut, A(s bulbes pileux prétendus dépositaires des germes, qu'on te> ensemençât, qu'on les cultivât en série suivant la ahûiodt Pasteur, puis qu'en fin de compte on les Inoculât : si im ces conditions on reproduisait l'érysipèle, la démonstratii'. serait éclatante.

Peut-être resle-t-il encore auelqne doute sur la nature, L morphologie du microbe de l'érysipèle, mais personoc sr peut nier aujourd'hui que l'afTectmn soit contagieuse. EeI': autres preuves qui affirment la contagiosité, il faut cilerv diminution dans les salles de chirui^ie depuis TappanU'C des méthodes antiseptiques. 11 y a quelques mois. Al. Ittj: disait dans une autre enceinte qu'il était parvenu à chi:^' l'érysipèle de ses salles; pendant son absence, à ]'octJk^ des vacances il a reparu, mais il n'est pas dîrDcile d'r^;/quer cette réapparition el l'explication plaide jusleinenl f. faveur de la contagiosité. En effet, un malade de son ser< convalescent d'un kyste hydatique du foie opéi-é, élaoi se promener dans les salles voisines de M. Despr?*contracta un êrysipële qui fut le point de départ i^^autres cas.

— M. Reclus fait un rapport oral sur -une obsen'aû'ii H. Louis Sentex (deSaint-Sever) intitulée: Trente ■ dru Ji^^ctUs de la portion périnéale 4e Vurèthre extraitsâ laftti*' d*une boutonnière périné^e. Il s'agit d'un hoiiinie de tnmtecinq ans, se plaignant de troubles de la mictioa depuis ans ; il a rendu spontanément quatorze calculs ; au uioui^n où il vient consulter, il dit qu'il ne peut uriner qae très àif- Acilement el que l'éjacUlation est presque iinposâlUe^; faire sortir les dernières gouttes d'urine, if estobUgé à*^ presser avec la main sur le périnée ; on trouve un rèlrvcissement en avant du bulbe, une sonde peut toutefois ètr« tctroduile dans la vessie; pour y arriver, cIIp traverse uo^ région où elle frotte contre des corps multiples et ré>islAulv et autant que ces frottements intra-urélnraux permette, de le constater, on ne trouve pas de calculs dans la vtrs^ • M. Sentex fil une boutonnière au périnée el put ainsi rtirer sans difficulté trente-deux petits calculs de pti ^ phate ammonîaco - magnésien qui pesaient enseir 52 grammes. Le malade se rétablit rapidement. Bien cette observation ne soulève aucune question nooTelle. ■ des faits analogues d'Intervention se retrouvent dans le I de Toilicmier et Le Dentu et dans celui de Thompson, ' est intéressante et mérite de figurer honorablement dan^ archives de la Société.

— H. Poulet présenteLun^mabde ^u^Iamif^^ A prar une opération (TEsUand^i^&'j^tbSîSh^^

30 Octobre 1885

GAZëTTE H^DOMADAIRB Dfi MÉDBClNfi ET DE GUIRDRGIË

cinq cAtes de la deuiième à la septième inclusivement ; tout a bien été au point de vue opératoire, mais à mesure que le thorax s'affaissait, révolution des tubercules du poumon et de la plèvre continuait et aujourd'hui il reste une fistule pleurale tuberculeuse.

— M. Th. Anger présente un jeune homme de dix-huit ans, chez lequel il a pratiqué l'ostéoclasie pour un double genu valgum avec l'appareil de H. Colin. Le malade a parfaitement guéri, malgré une fracture ItéraUve de l'un de ses fémurs, (ja'il se fit dans un bain après la consolidation apparente; il est très bien redressé.

M. Delens constate que ce malade porte des traces d'eschares au niveau des points d'application de l'appareil ; c'est là un accident qui n a paa lieu ordinairement.

M. Duplap a à peu près renoncé & Tostéoclasle dans le traitement du genu valgum, il préfère l'ostéotomie dont les résultats sont beaucoup plus sûrs.

— M. Gillette présente un pendulum molluscum de la vulve qu'il a enlevé chez une femme enceinte de quatre

^ mois ; la malade le jiortait depuis plus de dix ans sans la moindre gêne, mais soiis l'iofluence de la grossesse il avail acquis un volume considérable.

Alfred Podsson.

m^filéU dm blol*cl«.

SÉANCE DU 23 OCTOBRE 1885. — PAÉSIDEHCB UE M. HANOT,

XnOoeiuw dynamlqna des nuraTamntU : M. F4rè. — CorpoMmlM narvwuc delà gala* de Schwann : H. Adaiiiki«wl(s. — Koditloatlon d» l'otoacopa : M. OeUA.— InaaotM TèsloanU : M. Bsftoragard. — Action da protoxyd* d'axote : K. R. Daboto. — AoUon ds la «dobloln* : MM. Laborde at HowU.

M. Féré montre, par une série d'exemples, l'influence dynamogénique des mouvements que le sujet en expérience voit se produire autour de lui ; u insiste sur l'augmentation

de la puissance motrice produite par la vue de disques colorés animés d'uu mouvement de rotation rapide. Le sens même de la rotation a une influence qu'une série d'expériences a paru mettre en évidence ; néanmoins M. Féré exprime quelques réserves sur ce point.

— M. Adamkiewicz (de Cracovie) adresse une Note sur la présence de corpuscules nerveux dans la gaine de Schwann : à l'aide des colorations avec la safranine qui lui ont donné d'intéressants résultats dans ses recherches antérieures sur la structure des centres nerveux, l'auteur a pu constater dans l'épaisseur des manchoAS de myéline des éléments rouge orangé dont ta forme en croissant est des plus accusées sur des coupes tranversales; ilsont la forme de fuseaux sur des coupes longitudinales. Leur disposition générale doit donc être celle d'une feuille ovale dont le grand axe serait incurvé; par leur surface concave, ils se moulent sur le manchon de mvéline. Chacun de ces corpuscules nerveux renferme en son milieu un noyau elliptique; c'est donc une véritable cellule.

— M. Gellé présente une modification de Totoscope à tube de caoutchouc. Ce tube est un isolaleur très insuffisant pour la transmission des sons auriculaires ; aussi M. Gellé ajoulet-il à l'extrémité du tube de caoutchouc un tube de verre poli de 10 à 12 centimètres, dont l'extrémité libre est reçue dans le conduit auditif du patient.

— H. Beawegard continue l'exposé de ses expériences sur les mœurs et les conditions de reproduction des insectes vésicants.

— H. R. Dirais montre que le protoxyde d'axule n'agit

pas comme les aneslhésiques généraux (chloroforme, éther) en déshydratant le protopiasma. Avec le mélange de AzO et de 0 sous pression, on anesthésie les animaux supérieurs et on n'obtient aucun efiïet sur les invertébrés pas plus que sur lasensitive. c I/C protoxyde d'azote ne s'adresse donc pas à une propriété fonda mentale commune à tous les êtres vivantS} mais à un élément particulier à certains organismes. »

— HH. Laborde et Houdé complètent Texposé de leurs recherches sur l'action physiologique de la colctaicine; ils étudient son action sur les appareils respiratoire et circulatoire. La respiration profondément troublée s'arrête avant le cœur; les vaisseaux se resserrent, le cœur s'accélère et, comme conséquence de ce double effet, la pression subit une notable élévation. Pendant que ces modifications se produisent, l'excitabilité du pneumogastrique ne s'atténue pas; elle semblerait plutôt 8*exagérer.

AcAdémIe 4e Biédcelne de Belgl^pM.

Dans la séance du 20 septembre dernier, dont nous venons de recevoir le procès-verbal imprimé, M. le professeur Wasseige, membre titulaire, a fait.la communicaUon suivante :

Grossesse exlra-utérine abdominale; kyste dermo'ide; gastrotomie; mort de l'opérée le dix-neuvtème jour, par suite d'hèmorrhagie. — Le cas dont il s'agit s'est présenté chez une dame âgée de vingt ans, réglée pour la première fois à quatorze ans, et qui avait eu son premier enfant en novembre 1885. M. Wasseige fut appelé en consultation pour celte dame, oui ne s'était pas accouchée à l'époque normalement fixée. Il fait connaître les moyens d'investigation qu'il a employés, de concert avec ses confrères, pour déterminer les conditions spéciales de ce cas.

Une ponction abdominale pratiauée le 3 juin 1885 amena l'évacuation de 2 litres environ d un liquide séreux et rou- KC&tre, et permit de constater, dans les flancs, l'existence de deux tumeurs solides dont on ne put déterminer la nature. L'étal général de la malade s'aggrava rapidement et nécessita une intervention chlriii^icale. La gastrotomie fut pratiquée le 4 juin, sous anesthésie et avec toutes les précautions voulues, listériennes et autres. Un seau, au moins, d'un liquide noirâtre s'écoula du kyste, soudé à la paroi abdominale, et qui renfermait un fœtus dans un état de putréfaction très avancé. Après l'extraction du fœtus, la main fut de nouveau introduite dans le kyste, pour déterminer d'une manière exacte le siège de l'insertion du placenta; on constata qu'il était implanté sur le fond de l'utérus et sur les faces antérieure et postérieure de cet organe.

Les premières suites de l'opération laissèrent beaucoup à désirer; mais à partir du 18 juin, il ^ eut un mieux sensible; la température devint normale, ainsi que le pouls et la respiration ; Tappétit, d'abord nul , reparut également. Le 23 juin, la femme était considérée comme sauvée. Elle demanda à pouvoir se coucher sur le cAlé, ce qui ne lui fut naturellement pas accordé, la cicatrisation n*étant pas assez avancée. La malade ne tint pas compte de la recommandation expresse qui lui fut faite à ce sujet, et dans la nuit du 23 au 2-i juin elle se coucha sur le c6té, et occasionna ainsi une hémorrhagie qui Ta emportée.

M. Wasseige termine sa communication par quelques réfltixions, et, entre autres, parcelle-ci : c La grossesse extrautérine était évidemment abdominale; nous pensons devoir l'attribuer, sans hésitation, au développement antérieur d'un kyste dermoïde, qui aura permis la fécondation et aura einëché le germe de suivre le trajet habituel pour se développer ans Tulenis. »

GooqIc

GAZETTE HEBOOHABAIRE DE HÂDEGINE ET DE GHtllURGIB 30 Octobrb 1885

RËTIIE DES JOURNAUX

Trachéotomie ehtc loi* enranto h l'àlde de ténaealam

* latneo séparée*, par le docteur Castblain. — Le nouveau ténacutum que propose M. Castelain est analogue à celui de M. Parise. On sait que ce dernier instrument se compose d'uue partie horizontale formée de deux tiges fctissant 1 une sur l'autre, et que, à l'extrémité de ces tiges et perpendicu* liiiremenl à elles, se trouvent deux branches droites terminée par un crochet Qoand rinstrument est fermé, les deui branches se touchent au moins dans lenr partie antérieure, de manière à ne former qu'une seule pointe. On fixe Textrémité recourbée des branches immédiatement au-dessous du cartilage crictfide on même dans TépaîssMir de ce cartilage, et comme ces branches présentent sur leur bord postérieur une rainure profonde, le bistouri y trouve un guide pour Touverture de la trachée. L'écarleinent des brancties de Tinslrument s'obtient parle glissement des tiges horizontales l'une sur l'autre, glissement qui se produit en appuvant sur une poucetle placée sur une des tiges horizontales, ^ans l'instrument de M. Castelain, les lames, droites dans hur plus grande étendue, sont coudées et recourbées à leur extrémité ; elles sont aussi perpendiculairement fixées sur des tiges horizontales glissant l'une sur l'autre à l'aide d'un bouton, et il sufût de faire cheminer le boulon placé sur une des liges horizontales pour que les lames viennent à s'écarter, entraînant chacune la portion de la trachée dans laquelle elle est implantée. Ce ténaculum ne sert pas seulement à fixer la trachée et A dilater l'ouverture de la plaie trachéale; il permet encore de soulever le larynx et la trachée et d'éaucleer, pour unsi dire, ce dernier organe des parties profondes. Les parties molles une fois divisées, on va à la recherche du cartilage cricolde, puis ce point de repère trouvé, on applique les [)ointes des lames au-dessous du bord inférieur de ce cartilage, et, par un mouvement de rotation de la main, un cherche à faire pénétrer les lames dans le canal aérien en rasant la face postérieure de l'anneau cartilagineux. II suffit alors, pour terminer l'opération, d'élever un peu te larynx et la trachée, et d'inciser avec précaution les voies aériennes entre les lamés de l'instrument. {Bulletin médical du Nord, n" 8.)

t^lcére an doa du pted droll i grelTeo épldcrmlque» i

pus bien, par le docteur MomBel. — La nature de cet ulcère est assez obscure; il a succédé à une petite tumeur, et a fini par prendre les dimensions de IS centimètres de long sur 6 centimètres de large. Fond livide; bords décollés; tendons presque à nu; de petits ulcères existent ég;ilenienl au niveau des malléoles. On traita d'abord par l'alcool camphré, puis par le sous-nitrate de bismuth, la solution phéniquée. Toniques à l'inférieur. Quand les bourgeons charnus se furent développés, on recourut à la grelTe épidermique, dont on prit les lambeaux sur Pavant-bras d'un autre sujet, en raison de l'état cachectique du malade. Du 15 novembre au 36 décembre, on Ht trois fois l'application de lambeaux d'épiderme de 5 à G millimètres. La plupart des lambeaux, maintenus en place pendant plusieurs jours sous un pansement, adhérèrent à partir de l'emploi des greffes; la cicatrisation marcha très rapidement. Le 5 janvier, te grand ulcère n'avait plus que 2 centimètres d'étendue.

L apparition du pus bleu chez le malade, placé à l'hôpital militaire de Gand, offre ceci de particulier qu'elle n'a pas été isolée dans la salle ; elle a élé observée peu de temps après chex un blessé séparé du premier malade par un lit inoccupé; puis, à un mots de distance^ chez un autre blessé, et enfin sur un troisième sujet présentant comme le premier un ulcère au dos du pied. Ily aeu là évidemment une transmission, car le phénomène est assez rare i l'hôpital, dit l'auteur, pour que f plusieurs d'entre nous le vissent pour

I la première fois ». Il faut noter que les microphytes aux' t^uels on sait maintenant que doit être rapportée la coloration bleue du pus se développaient sons le pansement phéniqué, mais ont été rapidement détruits par la solution de sublimé au millième, (Archives générales oelges, septembre 1885.)

B^drik-pneamopérlearde paraleère r9mé de VmmtamÊmK,

par le docteur Pierre Parisot. — A l'occasion d'un cas de ce genre qu'il a eu occasion d'observer dans te service de M. le professeur Victor Parisot, suppléé alors par M. Schmitl, l'auteur a rassemblé tous ceux (au nombre de six) qu'il a pa rencontrer dans la science, et en a tracé une sorte de monographie. La communication entre l'ulcère stomacal et la partie postérieure de la face inférieure du péricarde se fait, soit directement, soit par un trajet fistuleux. Dans un cas, le

Eéricarde et l'estomac étaient séparés par un vaste abcès, ans celui de M. Pierre Parisot, la lésion offrait des dispositions spéciales. Voici la description de l'auteur :

« L'orifice qui fait communiquer L'estomac avec le péricarde se trouve à la partie supérieure de la grosse tuberosité, à 35 millimètres à gauche du oardia; il mesure 2 centimètres de droite k gauche et 4 centimètre d'avant en arrière. Du c6lé du péricarde cet orifice mesure 1 centimètre sur 5 millimètres ; en d'autres termes, le trajet fistuleux est an entonnoir. En le considérant par ta face stomacale, on s'aperçoit oue la muqueuse est froncée à son niveau; au pourtour de I orifice, tu par la face péricardlque, on note quelques débris frane^ d'un tissu très peu épais. Dans l'estomac, on aperçoit également sur la face postérieure de la grosse tubérosité un autre orifice plus considérable, mesurant 4 centimètres sur 3. Le tissu splénique en forme le fond, la rate est creusée d'une cavité anlractueuse, et c'est de là que s'écoule du liquide noirâtre. La queue du pancréas sert également à constituer un des bords de l'orifice. Le liquide recueilli dans le péricarde, examiné au microscope par M. le professeur agrégé Baraban, contient des globules de pua, des cellules épithéliales gonflées provenant probablement de l'endocarde, enfin du pigment sanguin. Le péricarde, à sa face interne, présente des traces d'inflammation. »

L'envahissement du péricarde ne s'annonce pas habituellement par des symptômes brusques, et ce n'est qu'après un temps de malaise plus ou moins long, comme vingt-quatre heures, qu'une dyspnée intense révèle la gravité de la situation, que font ensuite constater les résultats de la percussion et de l'auscultation. Gutmann a signalé l'égalité ae hauteur du son tympanique rendu par la région stomacale et du son rendu par la région précordiale. Les bruits stélhoscopiqups sont, en général, ceux de l'hydro-pneumopéricarde ordinairr ; mais la possibilité de grandes variations dans la quantité d'air envoyé par l'estomac au pétf'icarde peut amener des différences brusques dans le résultat de l'auscullation. Uue, pai' exemple, la quantité du gaz péricardique devienne tout i coup considérable sous une influence quelconque, si l'on ausculte à ce moment, c au lieu de retrouver, ait l'auteur, les bruits métalliques du cœur ou le bruit de moulin qu'on venait de percevoir quelques instants auparavant, on eal tout surpris d entendre un tintement métallique, qui fait songer au pneumothorax. S'il n'y a pas eu d'auscultation ultérieure, on est exposé à une erreur de diagnostic. »

Dans tous les cas, la terminaison a été fatale. La mori a eu lieu par paralysie du cœur ou par asphyxie. (Revue niidicale de VEst, 1*' octobre 1885.)

30 Octobre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE HÉDECmE ET DE CHIRURGIE - N- 44 — li^

BIBLIOGRAPHIE

Maanale M Mmejotlea délie Mallatle mentall. Gnlda alla diacaael délia yacsla per I medlcl, I inedleo-lectetl e

«11 atadeiMl, par le docteur Ënrico Morselli, professeur de clinique des maladies menlales à l'université de Turin. — Tome 1", Generalità. — Esame anamnesticOy antropologico et fisiologico degli alienati. 1 vol. in-12 de la Biblioteea medica contemporama du docteur Francesco Vauardi. Hilan, 1885.

En son intéressant volume sur les aliénés en Italie^ dont nous avons rendu compte dans la GaXêite hebdomadaire (1884, n" 26), M. Billod nous montre les progrès sérieux accomplis dans l'organisation des asiles depuis une vingtaine d'années. Ces progrès purement matériels commencent à porter des fruits. Les médecins instruits qui ont été mis à la téte des raaoicomes, ayant la pluf^art à leur service des laboratoires bien aménagés et des bibliolhèaues bien fournies, ont su mettre à profit les éléments qu ils avaient sous la main. De là, d'abord, des travaux scientifiques intéressants, mais isolés; puis, la création de Revues de psychiatrie, qui, en peu d'années, ont conquis une place importante parini les nombreuses publications périodiques consacrées aux études médico-psychologiques.

Parmi les médecins alicnistes qui ont le ptiis contribué à cette renaissancé de la médecine mentale en Italie, M. te

Erofesseur Morselli (de Turin) est Tun des plus distingués, irecteur de la Revue de philosophie scientifiquef il est Tauleur d'un travail considérable sur le suicide Le nouveau volume qu'il vient de publier, et dont nous nous jproposons de donner à nos lecteurs une rapide analyse, est le premier d'un important ouvrage sur la sémiotique des maladies mentales.

Le diagnostic d'une affection mentale est parfois chose peu aisée; aussi est-il important de s'entourer de tous les renseignements nécessaires, de ne rien ménager dans l'examen du malade, et de ne conclure qu'après l'étude approfondie de tous les symptômes. M. le professeur Morselli, dans les conseils qu'il donne sur ce point à ses élèves, pécherait plutôt par excès que par manque de précautions. Il enseigne que, dans l'examen clinique d'un aliéné, rien ne doit être oublié; l'exploration doit porter sur tous les organes, sur toutes les fondions; il faut appeler à son aide tous les procédés de la méthode expérimentale : la mensuration du crànc, l'électricité, la méthode graphique, etc., d'où l'extension inusitée jusqu'à lui, portée même jusqu'à la minutie, de l'étude des symptômes somatîques. C^t même à ceux-là seuls qu'est consacré ce premier volume.

D'après n<Hre autear, l'aliéné doil^ètre étudié sous quatre

Points de vue différents : lea renseignements anamnestiques, examen anthropologique, l'examen physiologique et 1 examen psychologique.

Les recherches doivent d*abord porter sur ses antécédents héréditaires ou personnels {Esame anamnestico). Quant aux premiers, on connaît les lois établies par Prosper Lucas, Morel et Moreau (de Tours); M. Morselli les a résumées en quelques pages, qui nous paraissent peut-être courtes, étant donnée l'importance du sujet. Il s'est arrêté plus longuement sur ce qu'il appelle le milieu domestique ambiant de l'aliéné {ambiente domestico), c'est-à-dire la condition sociale de sa famille, le degré de sa culture (intellectuelle et affective), etc., et sur son développement individuel, soit psychique, soit physique.

Apr^ une étude rapide des causes, l'auteur arrive à l'examen des éléments objectivo-somatiques nécessaires au diagnostic de la folie; ils sont de deux sortes : anthropologiques et physiologiques. C'est à leur description que sont consacrées j^s de 400 pages, la plus grande partie du

livre. Cette description est des plus minutieuses; rien n'est omis, ni la taille, ni le poids du corps, nî la constitution et le tempérament, etc. La cranioscopie et la craniométrie, la prosocospie et hprosopomélrief autrement dit l'examen et la mesure de la face, ranthropornéb-ie, etc., sont successivement passées en revue dans ce qu'elles peuvent présenter de spécial aux aliénés. Voilà, avec les caractères de ta peau, des oi^anes génitaux, de la denture, des membres, ce qui concerne la partie anthropologique de l'examen clinique. Quant à l'examen physiologique, il doit se porter sur toutes les fonctionsde l'économie, d'est là la partie la plus complète et la plus intéressante de ce volume de M. le professeur Morselli. ^ous ne connaissons aucune œuvre où celte étude des symptômes somatiques de la folie ail été faite avec plus de détails et avec plus de soin. Nous citerons tout particnlièrement les chapitres consacrés à la description des troubles de la raotilité et de ceux de la sensibilité, tant générale que spéciale. Il y a là sur la physiologie normale de ces fonctions des pages du plus haut intérêt, et qui dénotent de la part de leur auteur les connaissances les plus étendues, une érudition des plus profondes ; mais si nous croyons qu'il est utile

{>our l'élève ae connaître les lois psycho-phjrsiques, de se àmiliariser avec les méthodes esthésio métriques qui ont permis de les formuler, nousdoutonsque le compas de Weber ou l'esthésiomëtre de Sieweking puissent rendre de grands services pour le diagnostic des affections mentales. Il n'en est pas de même de l'examen de certains sens spéciaux, l'œil, par exemple; il est évident que l'ophthalmoscope peut être souvent d'une réelle utilité pour bien déterminer cerlamcs' formes de troubles cérébraux.

Quelle aue soit l'importance qu'on doive donc attacher, dans l'étude de la folie, aux troubles somatiques, elle est néanmoins moindre que celle des phénomènes psychiques. C'est à leur description que sera consacré le volume suivant de l'œuvre de M. le professeur Morselli. Nous trouverons dans cette seconde partie les qualités que nous prisons si fort dans celle déjà publiée, et nous sommes convaincu qu'il y fera — et avec raison — une plus large place aux travaux des aliénistes français, qui ont porté si loin l'étude des symptômes intellectuels et moraux de la folie.

D' Ant. RiTTi.

Index blUloyraphtqae.

Ijk POPCIATION, RICHESSE NATIONALE; LE TRAVAIL, RICHESSE OV

PEUPLE, tel est le titre d'un livre que M. le professeur Joire, de la Faculté de médecine de Lille, vient de publier chez l'éditeur Félix Alcan. L'auteur démontre que le développement e) la conservation de la population sont subordonnés rigoureusement au bien-être et à la condition morale des classes ouvrières, son plus puissant élément de production. Quant au travail, il prouve que c'est la loi de l'homme sur cette terre, que les conditions du travail diffèrent presque dans chaque pays, et que la rémunération qui en découle doit être subordonnée aux exigences de la vie dans chacun d'eux.

De la valeur de la ponction simple et des injections iodées

DANS les kystes SÉREUX DU LIGAMENT LARGE (KYSTES PARA-OVA-

RiQDBS). Paris, 1885. Parent. —• Ce travail, fait avec beaucoup de soin et une appréciation attentive d'une cinquantaine d'observations empruntées à divers anteurs, aboutit aux conclusions suivantes :

1" La guérison par la ponction est l'exception, et la récidive la règle. La récidive est parfois rapide, mais ordinairement lente.

S° Les injections iodées sont souvent le point de départ d'accidents graves pouvant compromettre l'existence; elles sont moins sûres et tout aussi dangereuses que l'ovariotoniic.

On doit reconnaître cependant, sans juger la question générale, que ce dernier moue de traitement a fourni des exemples de guérison remarquables; qu'il est possible que les accidents'' produits par l'injectton iodée aient été dus quelquefois au pa^ge'

m - K« 44 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIB 30 Octobre 1885

d'une partie du liquide dans le péritoine; enOn que l'extirpation des kvstes du lii^ainenl large n'est est pas entièrement assimilable à l'exlirpalion des kystes Téritablement ovariquei.

I<a conclusion géDérale de l'auteur est ainsi formulée : « Chaque fois que Ton se troairera en présence d'un kyste para-ovarique, il sera bon de faire la ponction et d'nllendre. Si la tumeur récidivait, on aurait alors recours à Tovariotomie. >

Thésës db la Faculté de médecine db Paris du 26 au 'M octobre- — M. Munschina : Conlribulion à l'élude des accidents laryngés cliez les ataxiques. — M. d'Eemmerez de Charmoy : Contribution à l'étude clinique du cancer de l'œsophage et du rétrécissement qu'il détermine. — M. Itochette : Essai sur la tuberculose primitive du scrotum. — M. Skinner : Sur une nouvelle méthode balnéothérapique réfrigérante spécialement employée dans le traitement de la fîèvre typhoïde. — M. Adriet : Contribution à l'étude du grattage de l'utérus. — H. Gérard : Essai sur la pathogénie des ulcères variqueux. — H. Perrin de la Touche : Uea ecchymoses cutanées; étude médico-légale.

VARIÉTÉS

AVIS. — Pour oa qui ocuuwma la Faculté dm mèdaoias de Parla v61r au Tarao da la oauTartura.

Assistance publique. — Le mercredi 28 octobre 1885, il a été procédé dans une des salles de la mairie du XX* arrondissement, a J'élection d'ua médecin attaché au service du traitement à domidle.

Hospice des Quinze-Vingts. — Un concours suriiiresesl ouvert pour la nomination de quatre élèves internes à la clinique oph tbalmologique de l'hospice national des Quinze<Vingt$. Le titre d'externe dans les h6|Hiaux est exigé des candidats. Le registre d'inscription est ouvert tous les jours, dimanches et fêtes exceptés, de-dix heures du matin à quatre heures du soir, au secrétariat de l'hospice, rue de Charcnton, 28, jusqu'au 15 novembre 1885. Les candidats devront déposer, à l'appui de leur demande, an certiBcal de leur chef de service et leur acte de naissance.

École u'iNFiRMlKHKS.~La distribution des prix et distribution des diplômes à l'Ëcole municipale de la Salpetriére a eu lieu le 'iO octobre. Des discours ont été prononcés par M. Peyron, directeur de l'Assistance publique, et par M. EÏounieville. il résulte du discours de ce dernier les faits suivants :

C'est en 1877 que le Conseil municipal a réclamé la laïcisation de tous les établissements hospitaliers de Paris, hôpitaux, hospices, asiles, maisons de secours, et cooseillé la création d'Ecoles d'intirmières dans le but de fournir à l'administration des surveillantes plus instruites, plus capables que les religieuses, l^es Ecoles d'iDGrmièra ont été créées successivement : celle de la Salpétrière a été ouverte le 1*' avril 1878; celle de Bicètre, le SO mai de la même année; celle de la Pitié. le 24 mai 1880. L'hdpital Laënnec a été laïcisé à la Qn de 1878; l'hdpital de la Pitié, le 1*' octobre 1880;rhépital de La Rochefoucauld, en janvier 1881 ; l'hospice des Nénajges, en juillet 1881; l'hâpital Saint-Antoine, le <*'aoùt 1881 ; l'hôpital de Lourcine, en juillet 1882; l'hôpital "Tenon, en juillet 1882; l'hospice d'Ivry, en février

Polyclinique de Vienne. — La direction de la polyclinique générale, qui se tient à Vienne (12, Schwarzspanierlsrasse), nous prie d'annoncer la réouverture^ pour le semestre d'hiver 1885-86, des cours si nombreux et si lnterl^<:sanls qui sont dirigés par le professeur Sclinilsler. Nous trouvons dans le programme qui nous est transmis des cours de pathologie interne (générale et spéciale, de thérapeutique, de chirurg^ie, de dermatologie, de laryngologic, d'ophihalmologie, d'otoscopie, de maladies des femmes, d'hydrothérapie et (Télerlrotbérapie médicales, etc., et les noms de Schniixler, Beoedicki, Wintemitz, Ultxmann, de Hébra, de Slofiella, de Basch, etc., etc., qui avec beaucoup d'autres assurent et garanlissent le succès de cet enseignement si utile.

École dentaire de Paris. — L'Ecole dentaire do Paris, située 23, me Richer, et dirigée par M. le docteur Th. David, rouvre ses cours le 2 novembre prochain. La séance solennelle d'ouverture aura lieu le vendredi soir, 30 octobre, à huit heures et demie, sous la présidence de H. Brouardei^ dans la salle des fêtes du

1X« arrondissement. UH. les médecins et étodianU sont tsiitâi y assister.

Leçons de clinique médicale. — M. le professeur Polain rrcommencera ses leçons de clinique à l'hôpital Nedter, le IddIi 9 novembre 1885, à dix heures, et les contimierelesveaMii^ lundis suivants, & la même heure,

Lyon. Souscription Rodllbt. — Une souscription onverteat mois de mai dernier en faveur de la mère et de la sceur if N. Roullet, élève interne, mort des suites d'une piqûre ml*mique, a produit, avec la part contributive de VAssoeiatmin m^ecitu du Rhône, une somme de plus de quatorze mikfnvt.

îoouR DB médecine DE Rbims. — Par arrêté du miaislrB delV siruction publique, l'Ecole préparatoire de Reims est autwiiét i jouir des droits conférés aux Ecoles préparatoires réorgaiaéb par l'article 13 . du décret du 1*^ août 1883.

En outre, par deux décrets en date du 2i octobre, ileslcivtj la même Ecole une chaire de physique, et la chaire d'iawttïment, maladies des femmes et des enfants, à l'Ecole ^fits\m de médecine et de pharmacie de Reims, est transformée nitot de clinique obstétricale et gynécologique.

CONGRBS national DES VÉTBt\lNAIBE8. — Un COOgrèl UtNul

des vétérinair^ se tient eu ce momeoL k la Société de gn^, et s'occupe des questions les plus importantes de la méwv vétérinaire, telles que la péripneumonie contagieuse, ladï»l«, la gale, elc. Ai^ourd'hui même, dans la séance qui sera prtslc' par M. I^tenr, on s'occupera de la rage.

Nécrologie. — Ou annonce la mort de M. le docteur GrDSi,|H' de l'honorable professeur de la Faculté de Nancy; deX. Bau. frère du professeur honoraire Bach, de la Faculté de miàtcat* Nancy, décédé à Marlenheim (Alsace); de H. le docteor .Asicy, médecin en chef honoraire de l'Hôlel-Dieu de Blots.

Hôpital des Enfants malades. — Le docteur Jules Sinm commencera son cours de thérapeutique infantile le mami 11 novembre, à neuf heures, et le continuera les mercmlis nivants, à la même heure. Tous les samedis, consulté diBiK à la même heure.

Hôpital DBS Enfants.— H. le doctenr Descroiiilles «m cera ses leçons de pathologie et de clinique infiinliles le •itrim 6 novembre, à l umphithéAtre (hôpital des Enfants, m U Sèvres, 148), et les continuera les vendredis suivanti, àba« heure. Consultation le mardi, & neuf heures.

Naudies des femmes. — M. le docteur Cliiîroii, médeciait Saint-Lazare, recommencera ses leçons cliniques, à sa clininir, rue de Savoie, n° 9, le lundi 9 novembre, à une heure, ellafMtinuera les lundis suivants, à la même heure. Les élèfes »(l exercés à l'examen des malades.

Avis. — La rédaction du Journal polonais mèdic<^ Jeni»'^ des correspondants dans les principaux centres médicani » » France. MM., les doctennMi.ui voudraùnt entrer en reUtio»"'' ce journal sont priés d'envoyer leurs conditions i l'adresc « « Rédaction du Kronika Lekarska, rue Erywaoska.S, à Vafw'< (Pologne). > La connaissance de la langue polonaise n'est pu ûkugatoire, la rédaction se chargeant de traduire la corre^oodiiti en français.

OUVRUES DÉPOStS «U BUREAU DU JOSMM.

Magaititme et hufnotitmt. Exposé de* phénomènes ob«em'i iMwbol le v^"nervenx provoqiid tm point dsviie cltniqii«, pijrcholo^lqaa, IhénpMtiV *\ <luto>lc)pil. am un ré«um< liiitoriqu da nMKnûlwna ssiaal. H A. Collem. 1 vol. in-18 da 381 pagot «voc 33 fiEurci. Pani, J.-B. Si'"'^

nia.

Conlribulion iiVilMdeitt tUhuminurUi tmuiMmUnê «iwlpfi mI"'" ■> tytlème nerveux, par M. lo doelaur H. Hlehol. 1 wl. fniiA 1"'*'*^'.'^; Paru, J.-B. BaiDière et Oit. *

étudt etintque lur tu aliénii hdrëditairet, par M. le Hoetew ^^J'-. 1 vol. yrawl in-S da IH paijo». Paru, J.-B. Bailliore et Mt. ^L-

G. Massok. Propriétaire-Géra»t.

BOUHLOTUM. — ImpriinarlM rwiutt*, A, rneMicu*», &

TRKMTE-DEUXlftHE JUmAX

6 NoviMBRE 1885

COMITÉ DB BÉDACTION

Président : H. le docteur A. DECHAMBRE

MEVBRI8 : HM. Il» doetean BUCHEZ, BEORSES DIEUUFOT. BRETFUS.BfllSAC. FMBCOIS-FRARCK. ALBEBT HÉNOCQUE

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