‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 183 sur 228 · EXTRAITS DES COURS PUBLICS · texte numérisé non relu

EXTRAITS DES COURS PUBLICS

li'ophthalmolo^e «I les m«l«dlea 4m •ystème nevvcnix,

parH. HuGHLiHGS JjLCkson. Leçon {Bouman Lecture) lue à la Société d'ophthalmologie du Royaume-Uni, le 13 novembre 1885.

La leçon du célèbre clinicien anglais a été entièrement consacrée à montrer l'application des principes de la tbéorîe évolutionniste à la pathologie, à faire voir quelles sont les conditions du progrès en médecine : la division du travail associée à la coopération des travailleurs. Le corps médical est très complexe, les spécialités nombreuses : médecins aliénistes, nevropalhologistes, accoucheurs, oculistes, auristes, dentistes, physiologistes, etc.; c'est la division du travail, le premier des quatre facteurs nécessaires au progrès de toute science; viennent ensuite la délimitation exacte du travail, l'intégration progressive des connaissances acquises, entin la coopération de tous ceux qui travaillent à leur accroissement. Hughlings Jackson a donné de nombreux exemples, pris dans la pathologie du système nerveux, des avantages qui résultent de cette intégration des connaissances et de la coopération des efforts individuels. L'exemple le plus remarauable, celui auquel a élé consacrée la presque totalité de la leçon, c'est 1 épilepsie, parce ([u'elle est de toutes les maladies nerveuses la plus complexe, celle dont les symptômes sont les plus difficiles à coordonner. C'est dans Tépilepsie que ressort avec le plus d'éclat la nécessité de la coopération du physiologiste, du médecin aliéniste et de rocnliste.

La maladie, envisagée en elle-même, prèle à l'application des théories évolutionnistes. c L'épilepsie, dit Hughlings Jackson, est une maladie de l'organe de la pensée, c'est-àdire des centres les plus élevés et les plus complexes. > L'organe de la pensée comprend une série de centres représentant, coordonnant toutes les parties du corps. Pour lui, le système nerveux tout entier est un système sensoriel -moteur, dans lequel toutes les parties du corps sont représentées à trois degrés différents d'évolution, d intégration et de communication réciproque; dételle sorte que, dans les centres les plus élevés, des régions du corps plus étendues que dans les centres moins élevés sont mises en connexion les unes avec les autres, en même temps que tes fonctions se trouvent plus nettement différenciées.

Le tabès dorsal, la maladie de ^aves et la paralysie diphthéritique sont des exemples de maladies atteignant, dans toute leur étendue, les centres placés au degré le plus inférieur de l'évolution. Ainsi, dansia dernière de ces maladies, par exemple, chaque organe, depuis le muscle ciliaire jusqu'au muscle du pied, en passant par tous les oi^anes du ttiorax, de l'abdomen et de la cavité pelvienne, se trouvent atteints. L'épilepsie, au contraire, occupe le pôle opposé en sa qualité d affection spéciale à l'organe de la pensée ; il en résulte, dans le système de Jackson, que la symptoraatologie en est universelle, en d'autres termes atteint tous les départements du système nerveux. Dans l'épilepsie, chaque muscle, et dans la période prodromique de l accès, dans l'aura, chaque région sensorielle, depuis le nez, innervé par la première paire crânienne, jusqu'aux pieds, est lesiëgîe de manifestations eymptomatiques; après l'accès persiste une paralysie générale de tous les organes, tant de la vie oi^anique que de la vie de relation; il y a non seulement paralysie intellectuelle, coma et perte de connaissance, mais en même temps, à un moindre degré, paralysie des centres de degré inférieur.

Dans celte leçon mémorable, Hughlings Jackson a en somme développé une brillante hypothèse : c'est une des

{iremiëres tentatives de l'at^lication de ta théorie de l'évou^on à la médecine, et comme telle uuus ne devions pas la

laisser ignorer de nos lecteurs. Pour la justifier, la corroborer, il faudra encore bien des réflexions et des observaliom de penseurs profonds ; il faudra, p«ur parler le Ungife di clinicien anglais, bien des intégrations et la coopération d« bien des efforts. Hughlings Jackson a donné le fil cenducteor, et c'est là son ménte. (Voy. Britisk ned, Jmmdt 1885, n" 1299.)

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