‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 189 sur 228 · L. Thomas · texte numérisé non relu

L. Thomas

minua et l'amélioration fit chaque lourdes ]>r<^ès, bteoqse plus lentement au niveau du membre supérieur. Od conslitt encore aujourd'hui un notable degré d'affaiblissement da bras, et une atrophie musculaire tssea [ffononcée (1 centimètre et demi environ), qui a suivi d'un mois et demi le début des accidents parétiques. La face, la langue, les yen n'ont été atteints à aucun moment. D'autre part, les léaloK pulmonaires ont subi un amendement très net. H. Tnwier ne pense pas, en raison de l'absence d'ictus el de lésons canlio-vasculaires, qu'on puisse avoir affaire èune enbolie: la marche des accidents parait exclure l'idée d'une thrombose; il n'y a pas d'ailleurs d'antécédents syphilitiqan. L'hypothèse d'une méningite tuberculeuse, très logiqve u début, ne peut être conservée en présence de la dis[ârit)H presque complète des accidents. Or, le malade a eu, il m trois ans, une otite interne du côté gauche, et il souèe encore aujourd'hui à la pression dans un point limiié île li fosse temporale gauche, correspondant à la partie inférieure du sillon de Rolande; il semble donc c^u'on doive admelir^ une carie du rocher, consécntive à l'olite, et une plujue (ie méningite simple concomitante.

H. Du Castel se rattache entièrement à ce diagnoslic.il rappelle d'ailleurs que, d'après ses observations aniérieures et les faits déjà publiés, la monoplégie, qui se montre parfois chez des tuberculeux à la première période, débute presi]ur constamment par la jambe ; ce n'est que plus tard que lebn« est intéressé dans quelques cas. Ces faits trouvent leur explication dans la localisation première de la méai^ilt tuberculeuse, non au niveau du tronc de l'artère sylvienie, comme on l'a répété longtemps, mais au niveau de hs branches terminales et du lobule paracentral : elle ppe ensuite le tronc de l'artère et descend dans la sdssan de Sylvîns.

— M. Féréol présente deux malades hystériquei màlt$ ei montre que chez tous deux on observe des troubles de b motililé, de l'hémianesthésie sensittvo -sensoriel le, de l'itropbie musculaire et que, chez tous deux, on peut aolerun traumatisme qui parait avoir joué un rftle dans le dévdl^p^ ment de leur affection complexe.

Le premier malade est un homme de trente-quatre m, assez cbétif, qui entra à la Charité au mois d'août dernier, pour une pliiie contuse du péricrâne du côté gauche, accon* pagnée d'hémiplégie du môme côté, intéressant surtout le bras, mais respectant la face, et aussi de paralysie vésiole; la jambe ne tarda pas i recouvrer ses mouvements, et, lorsque la plaie fut guérie, M. Féréol reçut le malade dans ses suis et constata, ce qu'on observe encore aujourd'hui : une monoplégie brachiale gauche (actuellement moins prononcée), avec némianesthésie sensilivo^iisorielle, achromatopsie et

École d'^wns. — M. le docteur Dboardia est nomoK laf pléant des chaires d'anatomie et de physiologie.

ÉCOLE DE Clermont. — H. le docteur Pojolut est nommé ni^ pléant des chaires d'anatomie et de physiol(^e.

ÉCOLE DE HéDECiKBDB Reihs. — M. le doclcur Doven estebin^ des fondions de chef des travaux analomiques el paysiolufiques-

EcoLR DB MÉDECINE DB Rbnnes. — H. lo docteur Bcnb»! Hl institué suppléant des chaires de pathologie et de dbique ialemeS'

ÉcoLB DE MéiiBUNE DB TouRS. —H. SaiutoB, lappléul.ot chargé du cours de clinique interoe pendant la dorée du coip accordé à M. Charcellay.

ÉCOLE DE hAdecine DE Uarseillb. — H. Blaoc est noœmé.i titre provisoire, chef des travaux d'histologie.

4 Décekbrg 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

rétrécissement notable du champ visuel ; en outre, une atrophie musculaire assez marquée, sans réaclion de dégénérescence à l'exploration ôlcctrique, qui a été pratiquée par H. Gharcot. Le père du malade est un goutteux, violent de naraclère, el qui a présenté des apoplexies avec hémiplégie passagère; sa mère, très nerveuse, est paralysée du cdté gauche depuis deux ans; ses grands-parenis maternels sont inorts paralytiques. Lui-même a eu des convulsions dans l'enfance, de l'hébétude prolongée à la suite d'une dothiénentérie à l'âge de dix ans, enfin de la paralpie du célé gauche avec hémianesthésie, pendant qu'il élait prisonnier militaire en Prusse ; cette hémiplégie dura plusieurs mois. A diverses reprises cet individn h été atteint de convulsions sans perte de connaissance, sans morsure de la langue. — C'est à coup sûr un hystérique ; mais il esl assez dirficile de faire la pari qu'a eue le traumatisme datis le développemei)t des derniers accidents, et plus encore d'expliquer les phénomènes d'atrophie musculaire.

Le second malade offre également l'hémianeslliésie sensitivo-sensorielle & gauche, avec troubles de la vision; en outre, il offre des paralysies diverses des muscles moteurs des yeux, et, en particulier, la paralysie conjuguée décrite par H. Féréol. Ce malade présente .tussi de la faiblesse musculaire el de l'atrophie sans réaction de dégénérescence; mais on constate des déformations des bras, de l'arrêt de développement, en relation évidente avec un traumatisme grave survenu pendant l'enfance et ayant déterminé des plaies et des fractures multiples. Ce cas est donc fort com-

Slexe, d'autant que l'hypothèse d'une pralysie radiculaire u plexus brachial d'origine traumaliquc semble encore confirmée par le myosis, la diminution du réflexe pupillaire et les autres signes oculo-pupillaires signalés par H"* Klumpke comme symptomatiques d'une lésion siégeant au point d'émergence du plexus brachial et intéressant le rameau communiquant du premier nerf dorsal. Ce malade a des accès convulsifs épileptiformes; il présente également, comme le précédent, une suppression de la sueur au niveau du bras gauche avec augmentation de celte sécrétion dans l'aisselle du même côté. — Il ne paraît pas douteux que l'on ait affaire à un hystérique, mais les diverses questions que soulevait l'examen du premier malade sont encore ici plus difficiles à résoudre en vue d'une inlerprétation patfaogénique complète des phénomènes observés.

— M. Debove présente un malade hystérique mâle, et donne lecture d'une note renfermant l'observation de ce cas. (Sera publié.)

— H. LetuUe lit un mémoire intitulé : Deusp ea$ de cirrhose pigmentaire du foie dans le dU^te iueré. Cette lésion, déjà signalée en 1882 par Hanotel Chauffard, a été observée dans deux nouveaux cas fort remarquablfSft, dont M. Letullu relaie tous les détails. Il s'agit de diab*^* ques chez lesquels on put constater ,1a mélanémie acconi,ia'^naiit une affection chronique du foie, cirrhose bi-veineuse annulaire avec hyperptasie de l'organe et pigmentation diffuse de ses divers éléments constitutifs ; dans une observation, il ^ avait également mélanodermie très prononcée et accumulation de

fiigmenl dans divers organes, rate, poumons, cœur; dans 'autre observation, le pancréas seul, en dehors du foie, renfermait des amas de pigment. D'après Hanoi et Chauffard, on devrait admettre que la cellule hépatique fait en excès du pigment chez les diabétiques, comme elle fait en excès du glycogène et du sucre; ce pigment résorbé par les capillaires diffuserait ainsi dans l'oramisme tout entier. H. Letulle, an contraire, d'après l'étude nistologique minutieuse des lésions hépatiques, et particulièrement du tissu musculaire cardiaque pigmenté, pense qu'il faut admettre, non une hypergénëse de pigment dans le foie, mais une infiltration pigmentaire et une dégénérescence des éléments des divers viscères où Ton retrouve les amas de pigment; il s'agirait

d'une dégénérescence pigmentaire de l'hémoglobine t» situ, résultant, dans tous les organes, d'une même influence. Celle-ci peut sans doute être rencontrée dans l'hyperglycémie et la cachexie diabétique, terrain éminemment favorable aux d^énérescences; le sang, plus directement impressionné par le sucre, est le siège d'une adultération de l'hémoglobine, et le résidu pigmentaire decette adultération vient infiltrer à la fois les divers tissus. La prédominance de l'infiltration dans la cellule hépatique peut d'ailleurs s'expli-

3uer par les lésrons particulières de ces cellules, relevant et u diabète et de la cirrhose. Cette adultération de l'hémoglobine expliquerait, pour M. Letulle, la diminution de la consommation d'oxygène et le retard des combustions dans le diabète ; mais il ne pense pas qu'elle puisse avoir une grande valeur pour l'interprétation pathogénique du diabète lui-même. Chez un de ses malades, en effet, dont le foie présentait & l'autopsie l'infiltration pigmentaire presque totale, le sucre avait aisparu des urines plusieurs semaines avant la mort.

H. fiaj/^m est d'avis qu'il serait utile, en pareille circonstance, de pratiquer la numération des hématies pour savoir si, chez de semblables malades, le diabète s'accompagne d'aglobulie plus marquée et plus rapide que chez les (tiaoétiques qui n'offrent point de pigmenlalion anormale. D'autre part, en recueillant, au moyen d'une piqûre au doigt avec la lancette, 3 à 4 cenlimèires cubes de sang, on pourrait acquérir des notions précieuses sur la coloration du sérum sanguin et la dissolution de l'hémoglobine.

— La séance est levée à cinq heures et demie.

André Petit.

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