EXTRAITS DES COURS PUBLICS
Snr eertelaeM formea de pantlyale dues A la névrite
périphértqmei par H. Th. BuzzARD. Première leçon harvéyenne.
La pathologie du système nerveux fait tous les jours de nouveaux progrès ; nous n'en voulons pour preuve que la remarquable leçon de M. Bumrd. Cet èminent professeur a réuni et étudié comparativement un grand nombre de faits qui lui ont permis d élucider un chapitre curieux, celui des paralysies dues à la névrite périphérique \ ce n'est pas & dire que les faits exposés par M. Bumrd ne soient pas déjà connus pour ta plupart, mais il a eu le mérite de les rapprocher et d'en faire une étude d'ensemble. Les paralysies d'origine périphérique ont été moins étudiées que les paralysies d'origine centrale; il n'est pas moins vrai que bien des cas de paralysie ont été rapportés antérieurement à une origine centrale, lorsque, au contraire, elles étaient dues à une lésion des nerfs cérébro-spinaux. Les causes de ces névrites sont nombreuses: elles peuvent survenir dans l'alcoolisme, l'intoxication saturnine, la diphtfaérie, la syphilis, Iff luké (névrito multiple), la goutte, etc. La manière dont réi^ssent
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les muscles et les nerfs paralysés aux excitants électriques permet généralement de reconnaître ces paralysies périphériques ; ainsi dans une paralysie de moyenne intensité, si le muscle paralysé se comporte normalement avec le courant induit, il n'en est pas de même avec le courant constant ; celui-ci provoque des contractions exagérées. Dans les cas graves, le muscle finit par ne plus répondre à l'excitation du courant induit, mais réagit toujours immodérément sous l'influence du courant constant. Les nerfs présentent des phénomènes analogues au point de vue de l'excitabilité électrique.
On sait qu'Erb a voulu poser en principe que partout où se manifeste la réaction de dégénérescence ^ on a alTaire à une paralysie périphérique. C'est exagéré ; on a constaté cette réaction dans plusieurs cas de lésions de la moelle, en particulier des cornes antérieures. En revanche, elle manque quelquefois dans la névrite, surtout dans les cas légers. Elle n'en reste pas moins un signe de la plus haute importance.
Néanmoins le diagnostic peut être difficile, que la névrite soit interstitielle ou parenchymateuse, ou qu'il y ait simplement dégénérescence du nerf. Tantôt les troubles moteurs dominent, tantôt les troubles senâitifs, d'autres fois les troubles irophiques. I) en résulte que le tableau clinique de l'aCTection est variable. Il est cependant de la plus haute importance que le diagnostic soit fait, tant au point de vue du pronostic que du traitement, car les cas les plus graves en apparence peuvent guérir.
M.Bùzzard cite des observations intéressantes; c'est en effet par l'étude patiente des faits cliniques qu'on peut arriver à se faire une idée nette de la méthode à suivre pour établir un dia^ostic certain. Nous appellerons parliculiérement raltention sur la névrite chez les goutteux ; comme les lésions centrales, par faémorrhagie ou thrombose, ne sont pas rares chez ce genre de malades, il est indispensable que le diagnostic soit bien fait. On ne se rend pas bien compte encore de la manière dont se produit la névrite dans la goutte; il est probable, mais non démontré, que le point de départ en est dans un dé^ôt d'urate de soude dans les lymphatiques du tissu ialerstitiel des nerfs; mais il est difficile de savoir pourquoi la lésion se limite si nettement sur un nerC Nous n'insisterons pas.
Par le peu que nous venons d'en dire, on voit suffisamment l'importance du sujet de cette intéressante leçon.