‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 199 sur 228 · DECEMBRE 1885 GAZBTTB HEBDOMADAIRE . DB · texte numérisé non relu

DECEMBRE 1885 GAZBTTB HEBDOMADAIRE . DB

sentant leur conlractiUté normale), tandis que la portion inférieure, celle qui innerve tous les muscles de la jambe, à Tcxception du tibtal aniérieur, s'est arrêtée dans son développement. De même, le centre dMnnervation de la inîction que, dans un travail récent, Kirchfaoff (Archiv {. Psychiatrie u. Nervenkr., Bd XV, 1884) localise précisément dans l'exirémité fusiforme terminale, au niveau de Témergence des troisième et quatrième paires sacrées, s'est trouvé arrêté dans sou développement.

Remak fait observer en terminant que le pied-bot congénital, avec ou sans spina-biûda, n'est pas nécessairement d'origine paralytique dans tous les cas. {Berliner klin. Wochnsckrift, 1885, n' 32.)

De l'énptlon dite C rftthels >, par H. KlAATSGB. —

Hébra et un grand nombre d'autres nient l'existence des «rOtbeln > comme exanthème propre et spécial, etaffîrment qu'il ne s'agit que de rougeole, de scarlatine ou de roséole modifiées. Cependant diverses épidémies bien authentiques decrôtheln»ontété observées^l'auteur lui-même enavu une en 1 861 et une autre, l'hiver dernier, à Berlin. L'exanthème, très variable dans sa forme et son extension, se développe généralement très vite, en douze à vingt-quatre heures, sans prodromes appréciables^ il est caractérisé par de petites taches rouges qui envahissent toute la surface du corps; sa durée est courte et dépasse rarement trois jours. La fièvre est généralement modérée, souvent elle fait défaut ; rarement il se produit une desquamation abondante. Cette affection s'accompagne d'ordinaire d'ii^'eclion des conjonctives, de rougeur du pharynx et de gooflement des ranglions cervicaux. La maladie est en général bénigne cn« les enfants vigoureux et bien nourris. La contagiosité est faible. {BetUtehe med. Zeitung, 1885, n» 48.)

•e Im dyapepale nervewe, par H. E. LeYDEN. — Cette

affection, qu'on n'observe qu'associée à un nervosisme exagéré, se caractérise par un appétit irrégulter, de l'hyperestliésie de l'estomac, du tympanisme et de la flatulence, avec des symptômes nerveux tels que le venige et la céphalalgie congestive, l'irritabilité, les palpitations, l'insomnie, etc. Quelquefois les symptômes de la d^pepsie alternent avec les symptômes nerveux. U peut y avoir chez ces dysjiepUques une lésion onaaique antérieure de l'estomac^ mais le plus souvent elle n existe pas au début de ta maladie; on conçoit, du reste, aue, longtemps persistante, cette dyspepsie peut entraîner ues altérations anatomlques de l'organe.

La dyspepsie nerveuse peut se présenter à tout âge, mais moins souvent chez les vieillards. Les sujets qui apportent en naissant un « estomac faible i sont naturellement prédisposés à cette maladie; la fatigue intellectuelle ou physique exagérée, les chagrins et les émotions vives la font éclater. Le surmenage dans les écoles la provoque fréquemment chez les enfants. L'hystérie et les afleciions de l'utérus l'entraînent souvent à leur suite; la dyspepsie utérine est une dyspepsie nerveuse.

Dans le traitement, il faut chercher à supprimer les causes qui ont déterminé la maladie, imposer au malade un régime régulier, la distraction, la vie au grand air ou les voyages, l'hydrothérapie, les cures balnéaires dans des cas graves, l'isolement relatif, sinon absolu. Les médicaments ordinairement employés dans les dyspepsies sont de peu d'utilité. On a vu, comme dans d'autres affections nerveuses, les remèdes empiriques les plus singuliers amener de l'amélioration ou même la guérison. {Bertiner klin. Wochenschriftt 1885, n" 30 et 31.)

BIBLIOGRAPHIE

I** leiaaMi easal de ■oelelesle phjalelogl^vef par M. le

docteur H. Thuujë. — Paris, A. Delahaye et E. Lecrosnier, 1885.

Le sous-titre de l'ouvrage de M. Thullîé est une profession de foi, car il indique à lui seul l'esprit du livre. Il est difBcile pour qui aborde un sujet de cette nature de conserver son sang-froid, de n'écrire ni une diatribe ni un madrigal : la légende d*Aristote oubliant sa philosophie devant une femme et l'argument qui flt acquitter Aspasie par les juges athéniens, sont, au pomt de vue moral comme au point de vue physique, de toutes les époques, de tous les lieux. Appliquer avec froideur la méthode scientifique à des problèmes que d'ordinaire le sentiment seul résout, c'est entreprendre une tâche ingrate que n'eût probablement pas menée à bien Narsës lui-même, et pourtant Vhomo sum nihil Aumani a me alienum puto n'était pas complètement vrai pour lui.

Si l'on voulait écrire un essai de sociologie physiol(^ique comme on écrirait un ouvrage d'anatomie pathologique, il faudrait c[ue lasociologîe eût ses traditions, son contingent de faits classés, sa dichotomie. Malheureusement ce n'est pas le cas : où prendre des éléments de comparaison?Dans le passé; mais l'histoire commence à présenter ijuelque certitude seulement lorsque les sociétés ont d^â subi une partie de leur évolution. Il y avait une grande différence entre les Grecs de répoque homérique et ceux du temps de Périclès; qu'est donc celte différence si on la compare à celle des héros du siège de Troie et des premiers occupants aryens du sol hellénique? Qui dit sociologie dit, aujourd'hui, application des doctrines transformistes à l'étude des sociétés ; c'est chose ardue d'étudier un développement lorsque le point de départ est inconnu. A force de patience, d'observations, de recherches, d'inductions, un est arrivé à diminuer un peu la brume qui couvrait les temps héroïques et les temps fabuleux de I histoirt:, â remonter au delà des limites que les cosmogonies assignaient à Tapparitton de l'espèce humaine sur la terre. Nous savons que les hommes préhistoriques se livraient à la chasse et à la guerre, mais c'est à peu près tout. Comment étaient organisées leurs sociétés; étaient-elles encore à l'état rudimentaire de la horde boscbimane; leurs membres s'élaienl-ils, an contraire, élevés à la conception abstraite de la solidarité et au sentiment de la justice qui en est le corollaire? c'est ce que nous ne savons pas, c'est ce que nous ne pouvons pas savoir.

Faire une étude de 80cioh>gie physiolo^que,il nous semble

que c'est chercher la valeur numérique d'une expression -,

dans laquelle y est l'état actuel de la société, OB la condition physiologique de l'individu ; il faudrait que les deux termes eussent des significations. JSous avons dit ce que nous pensions des sociétés; les particularités de la vie organique de la femme sont régies par deux facteurs : la menstruation et la conception. Quel est leur retentissement sur les fonctions psychiques? Nos renseignements sont bornés. La pathologie nous apprend que certains détires sont augmentés au moment des époques ; que la puerpéralité peut modifier le fonctionnement de l'encéphale et créer une forme de folie, mais ce sont là des états anormaux. Nous ne connaissons rien de précis dans les conditions régulières.

H. Thullié s'est posé le problème comme nous venons de le formuler ; le titre de ses chapitres l'indique. Il se demande ce que la femme a été, ce qu'elle est, ce qu'elle doit être, et passe en revue, dans un article intermédiaire, les théories

3ui ont été professées sur le sujet. Il n'a nullement essayâ e conserver la sérénité du savant qui anal^ r-^K^V^ÎÇz^ été, il le demande aux historié^ iïâScMy^js/Xi'lH^

S- so -

GAZBTfâ HËBDOHADAlRB DE MÉDECINE ET DE CHiRÙRGIS ii Dêcekbme iS85

digne en présence des dédains des anciens, des malédictions des anacnorëtes misogynes ; mais' U femme dont il s'occupe surtout, ce n'est point celle de la société hellénique, cen'eslpasresdave eircaflsrenne du barem, c'est ïaPrançaise

du dix-neuvième siècle. Son livre est l'œurre d'un penseur et d'un philanthrope. A ce point de vue, il est curieux, et il le sera plus encore pour U génération qui nous suivra. Un honnête homme trouve dans les lois d!es dispositions archaïques, dans les mœurs les restes d'une brutalité antérieure, il le dit et cherche par quels moyens on pourrait avoir raison de ces monstruosités sociales; son témoignage offre tpujQurs un intérêt de premier ordre. Il y a des tableaux pîltorésides, des aperçus d'une rare justesse, c La science sociale, dit l'auteur, ne peut s'établir qu'en prenant pour point de départ la physiologie humaine en s'appuyant sur les autres sciences et en suivant les lois de révolution. » Il est bon, sans doute, de partir d'un principe, de l'avoir toujours devant les yeux, comme- un idéal qui s'éloigne à mesure

ân'on essaye de s'en rapprocher. C'est ce qui est arrivé pour [. Thullie : les stalistiaues, les données sèches et froides qu'eussent pu lui l'ournirla physiologie, l'anatomie comparée, les diverses brandies de ta patbol^ie, il s'est bien gardé de les présenter à son lecteur, d'étouder les qualités tr£^ réelles de son œuvre sous une érudition sciéntifKjue à longue portée peut-être, mais lourde et d'une digestion plus que laborieuse. Si Ton retranche de ce travail deux choses qui n'ajoutent rien à sa valeur, son sou&-titre et la profession de foi que lious venons de reproduire, ce livre, bien i>en5é, bien écrit, sera excellent à tous les points de vue ; il ne détruit pas sans doute tous les arguments de ses fidversaîres, mais il en fournit beaucoup à ceux ^ui désirent une amélioration de la condition civile et matérielle de la Temme chez nous, et qui étudient les moyens d'y parvènîr sans prêcher une émancipation absolue que réprouvent le bon sens et U nature.

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