‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 202 sur 228 · A M. LE PRÉSIDENT DU COMITÉ DK RÉDACTION · texte numérisé non relu

A M. LE PRÉSIDENT DU COMITÉ DK RÉDACTION

Voulez-vous me permettre de rectifier une erreur qai s'est

f [lissée dans votre compte rendu de la séance du S décembre de n Société de chirurgie? J'ai bien transplanté un œil de lapin chez une jeune Ollo, pour la première fois, le mai 1885; mais, malgré la nécrose de la cornée, je n'ai pas dù énucléer le moignon douloureux, lequel est encore en place, ne détermine aucune douleur, et se comporte comme un moignon humain.

Mon opération est donc un demi-»uecès, sinon un succès eomplel, comme celle de Bradfort (de Boston). Veuillez agréer, etc.

D' Ghibret.

SOCIÉTÉS SAVANTES

Acadéonle émm MlMces.

SÉANCE DU i4 DËCEHBnE 1885. — PRÉSIDENCE DE M. JURIEN DE LA GRAVIÈnE.

Du RÉGIME PEU AZOTÉ DANS LE DIABÈTE ET LES DIABÉTIDES

OCULAIRES ET AURICULAIRES. Note de M. Boucheroîi. — Les diabétiques non héréditaires comme les goutteux sont des sujets qui font depuis longtemps usage d'une alimentation riche en albuminoides et en boissons fennenlées, tout au moins dans nos pays occidentaux tempérés. Un certain nombre de diabétiques sont aussi goutteux, ils sont presque tous azoturiques.

Cette donnée d'observation correspond à la notion expérimentale établie depuis longtemps par Cl. Bernard, que l'aliinentation albuminolde exclusive produit également le glycogène du foie, et le glycogène diffus dans l'organisme.

Telles sont par exemple les expériences où des chiens, nourris exclusivement de viande pendant plusieurs mois, présentaient du glycogène hépatique et les larves de mouches exciusÎTement nourrîes de viande dégraissée fabriquaient du glycogène aux dépens des albumineldea.

L'origine albuminolde du sucre ches tous les animaux coexiste donc avec l'origine hydrocarburée plus connue.

Dans le diabète sucré, le sucre dérivé des albuminoides est tout aussi important, sinon plus que le sucre dérivé des hydrocarbures.

Dans la thérapeutique du diabète, il y a donc lieu de se préoccuper à la fois du sucre provenant des albuminoides et du sucre produit par les hydrocarbures. Aussi est-il utile de diminuer la ration des aîbuminoïdëS en même temps que celle des hydrocarbures.

La diminution des albuminoides a pour effet non seulement de réduire la quantité du sucre et celle des déchets hydrocarburéa collatéraux, mais utssi de réduire la quantité des déchets azotés (urée, acide urique, ptomalnes^.

L'abstinence des hydrocarbures ne tait que diminuer le sucre en laissantexisteràunhauld^ré quelquefois l'azoturie avec ses effets dangereux. Car le danger du diabète n'est pas principalement dans le sucre, qui est peu toxique, puisqu'il existe des diabètes sans sucre.

Les substances nocives du diabète sont surtout les déchets de l'organisme en état de nutrition défectueuse. Ces déchets irritants ou toxiques, en circulant dans les vaisseaux et en imprégnant les tissus, produisent les irritations des systèmes nerveux, circulatoire, locomoteur, digestif, les lésions des organes des sens, dîabétides oculaires et auriculaires et les lésions de sortie aux émonctoires principaux : lésions des reins, de la peau, des muqueuses, des glandes, du pancréas. Enfin ils produisent les effets toxiques terminaux.

Sur va microbe dont la présence parait liée a la virulence RABiQUE. Note de M. Hermanh Fol (de Genève). — Si Ton ne peut plus guère douter que la rage soit une maladie essentiellement parasitaire, cependant les recherches poursuivies jusqu'à ce jour pour mettre en évidence le parasite de la rage et pour le cultiver n'ont pas été couronnées de succès. C'est pourquoi depuis un an Tauleur a repris la

Question par des procédés nouveaux. Il est ainsi parvenu ii écouvrir dans la moelle rabique l'existence de certains éléments qu'un ne retrouve pas dans la moelle saine. Ce sont des groupes de petits globules, qui ont tout l'aspect de microcoques logés soit dans les lamelles de Ut névroglie, soit plus rarement dans l'espace annulaire compris entre les cylindres coloi'és en bleu foncé par l'hérooxyline et la gaine de Schwann, teintée seulement en jaune chamois. D'autres fois ces groupes se rencontrent dans des cavités qui ont à peu près le diamètre d'une fibre à myéline.

L'ensemencement d'un milieu de culture, approprié avec de l'encéphale rabique, donne lieu au développement, à l'étuve, d'un léger nuage qui tombe au fond le quatrième jour. Or ce dépôt inocule à des animaux sains leur transmet quelquefois une rage bien caractérisée, avec cette différence cependant que la durée de l'inoculation est plus prolongée que celle du virus ayant servi à l'ensemencement. Ënfin l'inoculation de cultures, anciennes de plus de six jours, ne détermine pas de rage marquée.

Choléra. — H. Pigeon (de Fourchanibault) adresse une nouvelle note sur le traitement du choléra.

— La séance publique annuelle aura lieu lundi prochain ^1 décembre 1885, à une heure.

Diaitized bv GoÔ^jC

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DË CHIRURGIE i8 Déckmbrk 1885

Académie d« médeelae.

SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE DU 5 DÉCEHBRE 1885. PRÉSIDENCE DE H. JULES BERGERON.

Cettè séance, consacrée À la proclamation des prix décernés par l'Académie À la suite de ses concours pour Tannée 1885, est, en outre, remplie par le Rapport {général sar les concours, lu par M. Proust, un Rapport spécial de M. flâr^ero» sur l'emploi des legs Laval et Oulmont et la lecture de l'Eloge de Chassaignac, par M. Rochard. Ces rapports et cet éloge sont analysés et appréciés en téte du nuéro (p. ooo)-

PHIX DE 1885.

Prix db l'Acadéhib. — Question proposée : Des corps étrangers dans les articulations. — Ce prix était de la valeur de 1000 francs.

L'Académie âccorde le prix k HH. Poulet et Vaillard, médecitts-miyors, professeurs agrégés k l'Ecole du Yal-de^Grâce, auteurs du travail inscrit sous te n* 2.

Pruc Ahossat. — Ce prix devait être décerné ft l'auteur da travail ou des recherches basées simultanément sur l'anatomie et sur l'expérimentation qui auraient réalisé ou préparé le progrés le plus importait dans la thérapeutique chirurgicale. 11 était de la valeur de ]000 francs.

Un seul mémoire a été présenté. Il n'y a pas lieu de décerner le prix.

Prix Barbier. — Ce prix devait être décerné à celui qui aurait découvert des moyens complets de guérisoo pour des maladies reconnues le plus souvent incurables, comme la rage, le cancer, l'épilepsie, les-scrolules, le typhus, le cnoléra-morbus, etc. (Extrait du testament.) Des encouragements pouvaient êlre accordés à ceux qui, sans avoir atteint te but indiqué dans le programme, s'en seraient le plus rapprochés. Ce prix était de la valeur de 2000 francs. Cinq mémoires ont été présentés au concours.

L Académie accorde : 1° le prix à M. le docteur Leloir. auteur du travail inscrit sous le n" 3, intitulé : Etudes dermatologiques;

une mention honorable à H. le docteur Paul Gibieb.

Prix Henri Buignet. ~ Ce prix, qui est de la valeur de ISOO francs, doit être décerné tous les ans k l'auteur du meilleur travail, manuscrit ou imprimé, sur les applications de la physitjue ou de la chimie aux sciences médicales. Il n'était pas nécessaire de faire acte de candidature pour les ouvrages imprimés ; étaient seuls exclus les ouvrages faits par des étrangers et des traductions. Le prix ne devait pas être partagé; si, une année, aucun ouvrage ou mémoire n'était jugé digne du prix, la somme de 1500 francs devait être reportée sur l'année suivante, et, dans ce cas, 1» somme de 3000 francs pouvait être partagée en deux prix de 1500 francs chacun. Huit ouvrages ont élé adressés pour ce concours.

L'Académie accorde : i' le prix à M. le docteur Quinquaoo, médecin à Paris, auteur du travail inswit sous le n" 5, ayant pour titre : Les altérations du sang dans les maladies; 3° une mention honorable ù M. le docteur Kedard (de Paris).

Prix Capuron. — (}uestion proposée : Altérations du placenta; leur influence sur l'étal du fœtus; applications médico-légales. — Ce prix était de la valeur de 1000 francs. Un seul mémoire a coucouru.

L'Académie ne décerne pas le prix, mais elle accorde une récompense de 300 francs a M. le docteur BrÉGNAT, médecin A Fleury-sur^Andelle (Eure), auteur de ce travail.

Prix Civrieux. — Question proposée : De l'hémicliorée et de ses rapports avec les afl'ections cérébrales. — Ce prix était de la valeur de 1000 francs. Un seul mémoire a été présenté au concours.

L'Académie accorde le prix à, H. Bidon, chef de clinique k l'Ecole de médecine de Marseille, auteur de ce travail.

PRI\ Daudet. — Question proposée : De l'actinoniycose. — Les auteurs devaient présenter dos onservalions originales recueiltiiiS en France. Ce prix était de la valeur de lOOOfraucs.

Aucun mémoire n'a été adressé pour ce prix. L'Académie remet lu même question au concours.

] Prix Desportes.— Ce prix, de la valeur de 1500 francs, devrni I être décerné à l'auteur du meilleur travail de thérapeutique ni-- : dicale pratique. Des récompenses pouvaient, en outre, être aec«tr. I dées aux auteurs d'ouvrages de même nature. Quime mémoires I ont été préseulés au concours.

L'Académie ne décerne pas de prix, mais elle accorde : 1* uîw récompense de 500 francs à H. Léon Arduin, pour son ménmirr I intitulé : Contribution à Vétude thérapeutique et physiologiqHe ' de l'anlipyrine ; 2" une récompense de 500 francs à H. le dorit-nr GiNGEOT, pour son travail sur le traitement nUionnel éeCaffeetion furoncttleuse ; 3° une récompense de 500 francs ft M- K»i i. médecin à Paris, pour son EtuOt sur deux priueipes awun (absinthe et colombine) ; une mention honorable A M. P<iul Gagny, vétérinaire à Senlis (Oise).

CoNcoufls Vulfranc-Geroy. — Irf legs Vulfranc-Gerdy est d-?tiné à entretenir près des principales stations minérales de U France et de l'étranger des élèves en médecine, nommés à la smie d'un concours ouvert chaque année devant l'Académie de nè-

decine.

L'Académie a accordé à H. Ohont, attaché A rhd>pital de Versailles en 1883, la somme de 6000 francs, avec missîoii J'atl-r étudier les eaux minérales du Caucase. En 1884, conforméoi^it A l'article 8 du règlement, la Compagnie a versé a H. Oiioat uw somme de 1500 francs, et Ta chargé d'observer les malades uiiiés à l'établissement thermal de Dax (Landes).

Prix GotiAnn. — Ce prix, de la valeur de JOuO francs, éeiait être décerné i l'auteur du meilleur travail sur la pailiola^ exierne. Six mémoires ont concouru.

Le prix est accordé à M. le docteur Léon TissiER, pour ouvrage inscrit sous le n° 3, ayant pour titre : De la castratio* de la femme en chirurgie.

Prix de l'hygiène de l'enfance. — Question proposée : Recliercher quels peuvent être les rapports de la syphilis et du rachitisme dans la première enfance. Ce prix était de la valeur de IfiOOfranrs. Trois mémoires ont été adressés à l'Académie pour ce concoure.

11 n'y a pas lieu de décerner le prix. La même question sen remise au concours pour 1886.

Prix Itaro. — Ce prix, qui est triennal, devait être accofdë i l'auteur du meilleur livre ou mémoire de médecine pratique ou de thérapeutique appliquée. Pour que les ouvrages pussent subir l'épreuve du temps, il était de condition rigoureusequ'îls eusM^nt au moins deux ans de publication. La valeur de ce prix était de 3000 francs. Six ouvrages ont concouru.

L'Académie accorde un prix de 2.500 francs à H. le docteur LœwENBERG (de Paris}, pour son ouvrage sur tes tumeurs adenoiides du pharynx nasal, leur influence sur l'audition. l<t respiration et la phonation, leur traitement. Une meotion honorable, avec une somme de 500 francs, est ensuite accordée UM. Despine et Picot.

Prix Laval (1000 francs). — Ce prix devra être décerné chaque année à l'élève en médecine qui se sera montré le plus mérilaut. Le choix de cet élève appartient à l'Académie de médecine.

L'Académie accorde le prix à M- Uabinski, chef de clinique a la Faculté de médecine de Paris.

Fondation Auguste Monbinne. — U. Auguste Monbinne a légué à l'Académie une rente de 1500 fraucs destmée < A 8ubventionn«r, par une allocation annuelle (ou biennale de préférence), des missions scientifiques d'Intérêt médical, chirurgical ou vétériniir<:. Dans le cas oii le fonds Monbinne n'aurait pas à recevoir la su»> dite destination, l'Académie pourra en employer le montant suit comme fonds d'encouragement, soit comme fonds d'assistance, é son appréciation et suivant ses besoins >.

Sur les arrérages de celle rente, l'Académie décerne un prii de âUOO francs A H. Collin, pharmacien à Colombes (Seine), pour son Mémoire sur Vapplicalion du microscope à tetude di-a sciences médicales (écorces otHcinales, fruits et graines, racines et rhizomes).

Pnix Oulmont (1000 francs). — Ce prix sera donné i i'élèveni médecine qui aura obtenu le premier prix (médaille d'or) au cuncoui-s aimuel du prix de l'internat.

L'Académie décerne le prix A 31. Gilbert, interne A iniépiiul Saint-Louis.

Prix Portal. — Question proposée : Des causes et de l.-i natnnde l'angine de poitrine.— Ce prix était de la valeur de 1000 francî. Huit mémoires ont concouru.

L'Académie décerne le prix A U. le docteur Li^^ois, méderm

18 DAcEMBRB 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE 0£ HÉOfiGlNB ET D£ GUIHURGIE

à BainnllMax-SaQles (Voiges), autour du travail iuscrit sous

le n° 3.

Trois mentions honorables sont en outre accordées à HH. les docteurs Gélineao, de Blaye (Gironde); Anioay Martinet (de Paris); Gauthier (Gabriel), àCharolles (Sadne-et- Loire).

Prix Saint-Lager. ~ Extrait de la lettre du fondateur : c Je » propose à l'Académie de médecine une somme de 15<X) francs

> pour la fondation d'un prix de pareille somme, destiné à récom- 1 penser l'expérimentation qui aura produit la tumeur thyroïdienne

> a la suite de l'administration, aux animaux, de substances » extraites des eaux ou des terrains à endémies goitreusts. > Le prix ne devait être donné ^ue lorsque les expériences auraient été répétées parla Commission académique.

L'Académie n'a reçu aucun mémoire pour ce concours.

Prix Stansei. — Ce prix, qui est bisannuel, devait être décerné à celui qui aurait démontré le mieux l'existence ou la uon-existeiice de la conta^on miasmatique, par infection ou par contagion à distance. Si l'Académie de médecine n'avait pas trouvé un travail sons ce rapport digne de cette récompense, elle pouvait l'accorder à celui qui, dans le courant des deux années précédentes, aurait le mieux éclairé une question quelconque rdative à la contagion dans les maladies incontestablement conlagteusas. c'est-àdire inoculables. (Extrait du testament.) Ce prix était de la valeur de 1500 francs.

Aucun concurrent ne s'est présenté.

Prix Vernois. — Ce prix, qui est unique et annuel, devait être décerné au meillenr travail sur l'hygiène. 11 était de la valeur de 800 francs.

L'Académie décerne : 1* le prix à M. ScaiNDUiR, poar son mémoire sur falimmtattoH variée dans l'armée.

Trois inentions honorables sont accordées à MM. Du Heskil, HlQUEL, Rboard.

Service dis badx iiinérai.es. — Médailles accordées i HM. les médecins inspecteors des eaux mioérales. (Voj. n* 50, p. 8l2i.)

Service des épidémies. — Médailles accordées à HM. les médecins des épidémies. (Voy. a* 50. p. 824.)

Service de l'hygiène de l'enfance.— La somme de 20UÛ francs, mise annuellement i la disposition de l'Académie de médecine, par M. le ministre de l'intérieur, est destinée à récompenser les meilleurs mémoires adressés à ta Compagnie sur l'hygiène des enfants du premier âge.

L'Académie accorde : l" Médaillet d'or, i HM. les docteurs Girert (du Havre), Sacmer (la Graud'Combe).

3° Médaille de vermeil, à M. le doctt^ur Foville.

3<* Médailles d'argent, à N. le docteur Séjournet, H. Hétbrié, M.M. les docteurs Ca.pelle, Gassot, Diard, Claisse, Carassus, Recnohl.

i" Rappel dt mnteïM» ffargent^ à M. le docteur Zinnis (d'Athènes).

5" Médaillet de bronze, i H. le docteur Sordis, de Tarare (Ithdne); H. SoDRD (Nièvre).

6" Mention honorable : M. le docteur R&dod.

Servicb de la vaccins, — Prix et médailles accordés à MM. les médecins vaceinateurs pour le service de la vaccine en 188i. (Voy. les n- 49, p. 804, et 50, p. m.)

(Nous publierons dans le prochain ituméro les prix proposés pour l'année 1886.)

S«eléCé médicale des hOrltaWK.

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