‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 203 sur 228 · SÉANCE DU 11 DÉCEMBRE 1885. — PRÉSIDENCE DE K. VIDAL · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 11 DÉCEMBRE 1885. — PRÉSIDENCE DE K. VIDAL

HimlpMal* tayitèriqiiA aT«o hèmlauwthéBls obez l'homme : M. HUlard. — Influenoe de te quantité d'ean ingèrAa but la nutrlttoo ; K. Dabore. {IMaolutfon : MH. A. Botaln, DatanUa-Baanmata, Oorot, Hayam, E. LaMiè.) - Dm raptona du ocaar : M. A. Bobin. — Katatlooa dana laa hôpitaux.

A Toccasion du procès verbal de la précédente séance, M. Miilard présente à la Société un homme de trente-cinq ans atteint d'hémiplégie hystérique avec hémianesthésie sensitivo-eensorielte. Cet homme, d'une bonne santé ordinaire, mais d'un tempérament très nerveiu, fut pris brtisquementy le 10 Juillet dernier, de perte de coaaussance et

de vomissements après avoir travaillé sous un vitrage ex* posé au soleil. Après quelques jours de repos, il n'éprouvait aucun malaise, aucune paralysie; il remarqua seulement un aiïaiblissement manifeste de la mémoire. Trois semaines plus tard, il ressentit un peu de faiblesse dans les membres gauches, puis eut une nouvelle perte de connaissance avec parésie assez prononcée dans tout le c6té gauche. Il avait obtenu une amélioration très évidente de sou état lorsque, à la suite d'une céphalaliEie opiniâtre, se montrèrent des tremUements dans les deuï jambes, surtout à gauche, et, le 21 novembre, le malade devait cesser son travail à cause de ta faiblesse extrême de ses membres gauches et de douleurs assez vives dans l'épaule. 11 entra à l'hApital Beaujon le 23 novembre. Toutes informations prises, il n'est pas alcoolique, n'a jamais eu de syphilis, ni aucune maladie sérieuse ; d'ailleurs sa santé générale est excellente. La paralysie, à forme hémiplégique intéressant la face, est complète au bras, incomplète à la face : à la face l'orbiculaire des paupières est surtout intéressé. Il y a une hémi^nalgésie complète avec conservation de la sensation de contact et suppression de la sensibilité à la température. Les réflexes sont conservés et les muscles se contractent par le courant faradiq^ue.^e goût, Todorat sont abolis ; la vision est normale, mais U sensibilité rétinienne s'épuise vile; l'étendue du champ visuel est normale. Ou n'a pu réussir & hypnotiser le malade, et la compression des testicules n*a pas déterminé d'attaque convulsive. D'ailleurs, cet individu n*a jamais eu de crises convulsives véritables; mais parfois, après son repas de midi, il sent une boule monter à sa gorge et l'étouffer; il est alors haletant, tremblant et finit par verser des larmes. Eu outre, son caractère est très mobile : tantôt sombre, taciturne, absorbé, tantôt irritable, facile à agacer, s'emportant pour un rien. Le diagnostic d'hémiplégie hystérique ne parait pas douteux pour H. Miilard ; le malade n'a été soumis ^u'au bromure de potassium, à la dose de 2 grammes par jour, et l'amélioralion a été très réellu; aujourd'hui il marche sanscauiie et peut saisir quelques menus objets avec la inaiu gauche. M. Hïllard demanae s'il serait utile de le soumettre à un traitement plus actif, et en parlîculier aux douches, malgré la rigueur de la saison.

H. Guyol esl d'avis qu'il faut simplement continuer le traitement institué, puisque le malade en bénéficie et va mieux. On pourra recourir aux douches si, dans quelque temps, l'amélioration reste atationoaire.

~ H. (0 Président^ après avoir consulté la Société, fixe la prochaine séance au vendredi 18 décembre, le vendredi suivant étant le jour de Noél.

— M. Debove donne lecture d'une note intitulée : Infiuence de la quantité tCeau ingérée sur la nutrition. M. Debove, après avoir suggestionné à une hystérique ( de prendre tous les jours la même ration d'aliments, de boire une quantité déterminée de liquide, de s'abstenir soigneusemeni de tout exercice, et de conserver toutes ses urines, » a mis sa malade à une ration d'entretien consistant en 200 grammes de viande crue, 600 grammes de pain et 1 litre de tisane ; puis il a soi^uusement noté chaque jour le poids de la malade, la quantité d'urine excrétée et le chiffre de l'urée pour les vingt-quatre heures. Puis, au bout de quinze jours, laissant le sujet en expérience au mémo régime alimentaire, il lui a fait prendre 4 litres de tisane : Le poids de la malade, qui était de 57 kilograniines, n'a pas varié sensiblement, à peine de quelques centaines de grammes pendant un mois durant lequel l'expérimentation fut continuée. De même, la quantité d'urée excrétée en vingt-quatre heures resta sensiblement fixe à 21 gramtnes. Enfin, la malade fut de nouveau remise à un litre de liquide, mais son poids et la quantité d'urée ne varièrent pas davantage. ^^^^9^1^ d'avis que cette expérience, par sa loiiçue liune/p»^*^ gueur absolue des conditions toujours identiques, da&rles-

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 18 DtonnE

quelles se trouvait enrermé le sujet par suite de Tordre reçu pendant le sommeil hypnotique, offre une grande valeur démonstrative. Il se croit autorisé à conclure que la quantité d'eau ingérée n'a aucune influence sur l'engraissement, qu'elle n'augmente ai ne diminue le poids des sujets ; de mÊine, la plus ou moins grande quantité d'eau ingérée n'a aucune influence sur la combustion des matières albuminoides et ne modifie en rien le chiffre de l'excrétion de l'urée. 11 «st donc absolument inutile de restreindre les boissons lorsqu'on traite un sujet obèse. H. Debove s'est d'ailleurs mis à l'abri des erreurs d'expérience autant que possible; la malade, bien que privée j>ar suggestion de la tentation d'enfreindre le régime prescrit, a été en outre sévèrement surveillée. On ne peut, d'autre part, lui reprocher d'avoir choisi une hystérique, puisque seule une personne suggestionnable offrait les conditions de constance absolue pendant une aussi longue expérimentation ; d'ailleurs il se réserve de démontrer bientôt que la nutrition ne diffère en rien chez les hystériques bien portantes de ce qu'elle est chez les siyels sains.

M. A. Robin rappelle oue les expériences très sérieuses de Genth ont établi que, chez un individu soumis à la ration d'entretien, si l'on augmente la quantité des boissons de 2 à 4- litres, on voit augmenter, par l'analyse de l'urine, non seulement la désintégration des matériaux solides, mais encore le rapport de l'urée aux matériaux solides, c'est-à-dire le coefficient de désintégration. En présence de semblables résultats^ M. Debove n'est pas autorisé à conclure aussi prématurément.

M. Di^ardin-Beaumetz fait remarquer ^ue les expériences de Schiff sur le pouvoir maximum digestif che2 les animaux, et aussi les recherches de la commission du Codex relatives au pouvoir digestif de la pepsine, paraissent avoir nettement démontré ^u'on augmente la puissance de digestion du ferment gastrique en diluant au moyen d'une assez grande quantité d'eau les peptones déjà formées et la masse alimentaire en digestion. Sans doute, bien des eaux minérales, dites digestives, n'agissent que par la quantité d'eau qu'on ingère. Si les obèses se trouvent bien de restreindre la quantité de leurs boissons, c'est qu'ainsi ils digèrent moins complètement. D'autre part, le régime sec, excellent dans certains cas, donne de déplorables résultats, on le conçoit aisément, lors de dyspepsie atonique. En résumé, l'augmentation (dans de certaines limites) de la quantité d'eau ingérée parait activer la nutrition.

M. Guyot est d'avis qu'on ne peut conclure d'après les phénomènes observés chez une hystérique ; en outre, chez un individu soumis à l'immobilité, les conditions sont toutes différentes de celles où sont en général placés les malades

3ue l'on a à soigner. Il a obtenu l'amaigrissement chez un e ses clients en ne modifiant dans son régime que la quantité des liquides ingérés, qui a été notablement restreinte.

M. Hayem croit cette question insuffisamment élucidée; mais il est d'avis que M. Debove s'est placé dans de mauvaises conditions en choisissant une hystérique et en l'immobilisant. Nous ne connaissons pas les phénomènes, si bizarres parfois, do la nutrition intime chez les hystériques.

M. E. LoAbé pense qu'une question de grande valeur est celle de l'heure à laquelle sont ingérées les boissons; bien des individus deviennent dyspeptiques et engraissent en buvant à tout propos, soit à jeun, soit pendant la digestion. On peut faire maigrir ces sujets en réglant l'ingestion des liquides, qui doit être bornée aux repas.

M. Debove connaît beaucoup d'autres expériences ^ue | celles citées par M. A. Robin ; mais, comme elles sont toutes j contradictoires, il se croit autorisé à affirmer son opinion, i Quant aux Directions de H. Dujardiu-Beauinetz, elles ne 1

portent pas directement sur le point particulier delVniirais. semeni ou de l'amaigrissement des individus suivant Ij quantité de liquide ingérée. Enfin, M. Debove a pr^™ Inl^ jection relative au choix d'une hystérique et en a fait juiitiif à l'avance : si cette femme n'a excrété que 21 grammes d'urée en moyenne, c'est qu'il l'avait soumise kun rp«iine alimentaire peu abondant ; elle eût excrété davantage atit un régime plus plantureux.

— M. A. Robin lit un mémoire sur les BuplurM h

cœur. (Voy. p. 000.)

— Mutations dans les hôpitaux : M. Quinquaud ^ de l'hospice d'ivry à l'hôpital Saint-Louis; H. Roi|ues,ili> l'hôpital de Lourcine à rhospice d'ivry ; H. Baizer, du Bureau central à l'hôpital de Lourcine.

André pEnr.

flt»al«té û» «Uiwffi^.

SÉANCK DU 9 DÉCEMBRE 1885. — PRÉSIDENCE DE H. DEiiin- UERMAIN.

N&pbr«atoittis: M. TréUtt.— Impeiioration oongénitsle d» Hitub. traltantuit; rapport : X. Bargar. (Diaoïuatcni : MM. LB0u4aa» plouxtlAre. OlUatta, Chièiilot.) — Plaia da raoUa oonpnMsB Ht

la moeUe par un corps étranger ; rapport : M. Berger. — BMdftt maligne des kystes da l'ovaire : M. TerriUon. — Trèpanatuadt crAne pour ooup de feu, lecture: M. Payrot. — PrésenUtioadi piioe : H. Sohwartz.

M. Trélai dépose sur le bureau deux observations personnelles de nephrectomie : l'une s'est terminée par uu beau succès; l'autre par un insuccès, dont est plus reïjionsable le mauvais état général de la malade que ropêratin;. elle-même.

— M. Berger fait un rapport sur un travail de M. Segwil. à propos d'un cas d'imperforntion congénitale de rhTni*'D. La question du meilleur traitement de l'im perforation ilf l'hymen, alors qu'il y a accumulalion des règles en arrirr* d'elle, a déjà été l'objet d'une discussion à la Sociélc de (iiirurgie en 1878. Elle soulève, en effet, un point de pratiaur des plus intéressants; avant d'examiner la conduite que doit tenir le chirurgien en pareille circonstance, le rapi>orteurn|>-

Eelle les traits principaux de l'observation de M. Se^'oml. Ine jeune fille (te vingt ans, qui n'avait jamais été ré^li'e, i'>i prise de douleurs violentes dans le bas-ventre en janvier \^'^^. douleurs que ne font qu'exagérer les emménagogues, qui"" lui prescrit. L'examen des organes génitaux de la malade àson entrée à l'hôpital montre l'existence d'un hymen imjwrforc, tendu par du liquide accumulé derrière lui; la vulve bien conformée est saillante ; par le toucher rectal et le palper hjp gastrique on reconnaît que l'utérus est remonté au-dessus du pubis, comme dans une grossesse de trois mois. M. Sei:oDd. après avoir établi son diagnostic, décide d'évacuer le liquide retenu dans le vagin dans une seule séance. Â cet eK après anesthésie parle chloroforme, il incise l'hymen d'abarii dans une petite étendue afin de ne pas avoir une délation trop rapide du conduit vaginal, puis lai^eoient par unf incision en -f- pour expulser les dernières parties rie contenu : au fur et à mesure que le liquide s'écoule, un' pression exercée sur l'abdomeu [lar un bandage de corp^ accompagne le retrait des parties. L'évacuation compléie. menée très prudemment, dure trois quarts d'heure. vages antiseptiques (bicblorure de mercure, 1 pour 1(1"' assurent l'asepsie du foyer; pansement anliseplique surl^ vulve; lavage toutes les trois heures. La malav\e ne (iksente aucun accident, si ce n'est une légère stomatite va»curielle le cinquième jour, forfanlÀ' âtaltôtjtlie^4i^l3\'»!' au sublimé des lavages [^gilâeÂtty R:^vffluS0iH>apn^''

18 Décembre 1885 GAZËTTË UEBDOMADAIRË DË MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

guérïsoii était complète. C'est là un succès qu'on n'obtient pas toujours. L'opération en question expose én efTetàdeux ordres d'accidents : 1° des accidents primitifs résultant de l'évacuation trop rapide du liquide retenu et consistant en hémorrhagie dans la cavité auilominale, en ruplure intrapéritonéale des Irompes ; 2" des accidents consécutifs de septicémie tenant à la transformation putride du sang épanché, si l'évacualion est trop kiUe ou incomplète. Les premiers accidents se produisent lorsqu'il existe une dilatation des annexes de l'utérus par le sang, qui s'y osl enkysté. Leur palliogénie s'explique de' deux façons: rupture du kyste pur suite de la diminution brusque de la pression abdominale; déchirures de ses parois par des adhérences, qui les tiraillent au furet à mesure que les parties reprennent leur position normale. On trouve dans la clinique de M. Gosselin un exemple de cette dernière variété d accidents. Peut-on prévoir ces accidents ? Oui, dit H. Berger, si par le toucher rectal et par la palpation bypogastrique on sent de chaque eOté les trompes dilatées, le danger de leur rupture est à craindre ; inversement, si l'on ne sent rien, ce risque ne saurait exister. C'était cette dernière disposition qui se présentait cliez la malade de M. Segond; non seulement les trompes n'étaient pas dilatées, mais même l'utérus était vide et le vagin seul distendu par le j^roduit des règles accumulées. Pour prévenir la rupture imminente, on a conseillé de donner le chloroforme dans l'espoir de supprimer tout efTort, tout mouvement de la malade susceptibles de produire la déchirure du kyste. C'est peut-être aller à l'encontre du but recherché, car le chloroforme, par les vomissements qu'il provoque souvent, peut devenir un agent plus nuisible qu'utile. M. Berger serait disposé à s'abstenir de son emploi. Les pressions fortes, irréguliëres sur le ventre doivent être soigneusement évitées; c'est par une pression modérée et méthodique, comme le recommande Kaltenbach, qu'on doit évacuer le liquide de rétention. On a proposé la ponction des kystes tiUtaires par le rectum ou par la paroi abclominale; ce procédé théorique n'a pas été mis à exécution. Le rapporteur ne croit pas qu'il soit sûr ni même sans danger. 8i l'on n'a pas su éviter la ruplure des trompes, est-on absolument désarmé en face de cet accident ? ^jon, on doit prati({uer la laparotomie et réséquer les trompes rompues, ainsi que le fit une fois Homans. Pratiquée prudemment, l'évacuation rapide ne présente aucun danger et c'est la seule méthode qui mette à l'abri de la septicémie. Elle a été adoptée, lors de la discussion de 1878, par un certain nombre de membres de la Société de chirurgie ; quelques-uns l'ont repoussée et ont attiré l'attention sur les dangers des injections sous forte pression dans le foyer morbide. Il est certain qu'une injection trop vigoureusement poussée pourrait refluer jusque dans la cavité péritonëale par l'utérus et les trompes dilatées; mais en faisant les lavaites avec précaution, ce danger est nul, et les avantages qu'ils ofTreni au point de vue antiseptique compensent amplement leurs inconvénients. En résumé, M. Berger se prononce avec H. Segond en faveur de l'évacuation rapide et des lavages antiseptiques.

M. LucaS'Championnière est frappé de cette circonstance, que chez la malade de H. Segond l'utéi-us n'était pas distendu par le liquide des règles. Cela est tout à fait extraordinaire; il ne se rappelle pas avoir lu la relation de faits analogues, et cbez deux malades qu'il a observées, Tutérus était distendu. Le chloroforme, que H. Beiiger leud k repousser, est utile dans cette opération beaucoup plus douloureuse et beaucoup plus longue que ne semble le croire le rapporteur. Ce n'est pas seulement l'hymen, mince membrane s'opposant à l'issue des menstrues, qu'on doit inciser, c'est parfois le vagin oblitéré, non existant sur quelques centimètres d'étendue et qu'on doit créer. Les injections ne sont dans aucun cas dangereuses, car elles n'ont pas besoin d'être violemment poussées, elles se réduisent à de simples lavages. L'emploi de l'iodoforme assure aujourd'hui, mieux que tout

le reste, l'asepsie complète du foyer. M. Lucas-Championuière trouve que le rapporteur a donné trop de règles pour une opération simple et sans danger, et que l'on doit toujours pratiquer de bonne heure, afin d'épargner aux malades les douleurs intolérables, qui résultent de leur état. L'orateur termine en donnant un court résumé de ses deux opérations personnelles.

M. Gillette a publié, en 1876, dans les Annales de gynécologie un petit mémoire sur le Traitement de Vtmperforation de l'kfmen chez les jeunes filles. Le point de départ de ce travail était un fait observé dans le service de M. Labbé, et trois autres observations y étaient également étudiées. Chez tontes ces malades on avait pratiqué l'évacuation rapide des menstrues retenues, et aucun accident n'était survenu. Le chirurgien dans cette opération doit observer les rè^es de l'antisepsie la plus rigoureuse et il doit veiller avec soin à ce que les lèvres de l'hymen incisé ne se cicatrisent pas.

H. Guénioty comme H. Lucas-Champ ionnière, est très étonné de voir que cbex la malade de H. Segond, l'utérus n'était pas distendu par les menstrues retenues. Ce fait est tout à fait exceptionnel. De plus, ou se demande comment l'utérus a pu ainsi remonter au-dessus du pubis. Il faut admettre, pour se l'expliquer, un tiraillement bien exagéré des ligaments utéro-sacrés, et alors on doit penser que l'utérus a dû s'abaisser à la vulve après l'évacuation des menstrues. Cet abaissement a-t-îl été constaté ?

H. Berger répond que, d'après J'observntion, la oialade,

revue après trois mois, avait son utérus à la place normale.

— M. Berger fait un rapport sur un travail de M. Klrmisson à propos d'une observation de plaîe du rachisdans la région dorsale p^r une lame de couteau comprimant la moelle. Un individu reçut dans la région du dos un violent coup de couteau et fut pris immédiatement de paralysie de la m(^lité et de la sensibilité de l'un des membres inférieurs avec cette particularité que la perte de sensibilité, au lieu d'être croisée, comme cela arrive ordinairement dans les plaies de la moelle, siégeait du même côté que la perte du mouvement. H. Kirmisson retira non sans peine la lame du couteau, qui était restée brisée dans la profondeur des (issus, et par la position qu'il occupait, parla longueur qu'il avait, il put en inférer que la moelle avait été comprimée par le dos de l'instrument tourné vers elle. La suite semble avoir donné raison à ce diagnostic. En effet, peu à peu, les phénomènes de paralysie ont disparu; mais en raison du froissement du cordon médullaire, il s'est développé de la sclérose, qui s'est traduite par de la contracture musculaire du côté blessé. Les faits de ce genre sont exMmement rares, aussi M. Kirmisson a-l-il rapproché de son observation un cas anal(H!;ue de Muller. Il y avait dans ce cas section incomplète de la moelle, ainsi que l'autopsie permit de le reconnaître. A ces deux faits M. le rapporteur en ajoute deux autres. D'abord la seule observation rapportée par Otis dans ses relevés de la guerre de sécession : il s'agissait aussi d'une hémisection, l'individu mourut longtemps après à la suite de troubles trophiques. Dans une des salles du Musée Orfiia, on voit un dessin représentant la coupe du rachis et de l'aorte placée au-devant de lui ; le vaisseau et le corps de la vertèbre sont traversés par un stylet qui, pénétrant dans le canal rachidien, comprime l'axe médullaire. Une légende accompagnant le dessin, indique que le blessé mourut immédiatement d'hémorrhagie. C'est le seul cas de compression de la moelle semblable â celui de H. Kirmisson.

— M. Terrillon a lu, il y a quelques mois,devanl la Société de chirurgie un travail sur la récidive maligne des kystes de l'ovaire; aujourd'hui il apporte à l'appui de ses idées une nouvelle observation qui peut se résumer ainsi. En 1883, une femme est opérée d'un kyste multiloculaire à parois minces sans végétations, et au cours de l'opération on constate que

MEDECINE ET DE CHIRURGIE 18 Décendre 1885

l'ovaire du c6(é opposé est {larfaitement sain. La guérison^'se fait rapidement, mais environ un an après l'ovaire restant commence à grossir et on même temps on constate dans la cicatrice de la première opération l'existence de nodules indurés etvolumineux. H. Terrillon pratique l'extirpation du second ovaire et enlève te tissu de cicatrice dégénéré. La malade va bien pendant quelques semaines, puis elle commence à dépérir et finit par succomber. A l'autopsie on trouve une péritonite purulente localisée. L'examen du second kyste enlevé a montré qu'il s'agissait comme dans le premier d'un kyste multiloculaire à parois 6breuses et k contenu gélatineux. Le tissu dégénéré de ta cicatrice avait les mêmes caractères que celui des kystes. 11 s'agit donc bien d'une greffe du néoplasme ovarique dans l'épaisseur de la plaie abdominale, et M. Terrillon en tire cette conclusion que les kystes de structure simple peuvent avoir, au point de vue de la récidive, la même gravité que les kystes végétants de structure maligne.

M. Terrier conteste cette conclusion ; pour lui^ la nature maligne du kyste peut seule faire prévoir la récidive.

— M. Peyrot lit une observation de trépanation du crâne pour une fracture par coup de feu.

— M. Schwartz présente une pièce pathologique : liga> lure de la fémorale à l'anneau du troisième adducteur pour un anévrysme poplïté, contre lequel tous les autres moyens avaient échoue. Le malade légèrement athéromateux est mort d'asystoHe au dix-huitième jour. Le catgut qui avait servi à lier l'artère est complètement résorbé, et, contrairement à ce qu'on observe ordinairement, on constate que la tunique externe est complètement sectionnée. Cela tient peut-être à l'athérome dont était atteinte Parlère.

Rectification, — C'est par en*eur que dans notre dernier Compte rendu nous avons fait dire à H. Monod, dans sa trùs intéressante communication sur le traitement des kystes hydatiques du foie par i'iucision de la paroi abdominale, que le kyste qu'il a ainsi traité était suppuré ; c'est kyste non suppuré qu'il faut lire. Le lecteur voudra bien faire la môme rectification dans l'alinéa contenant la remarque de H. Terrier. La discussion soulevée par le travail de H. Aichelot, porte en effet sur le traitement des kystes hydatiques non suppurés du foie, ainsi qu'on peut le voir par notre Compte rendu du n" 49.

EXTRAIT DES TRAVAUX DES SOCIÉTÉS SAVANTES

Aeadéaile d« aiédcelMe de B«lsl««e.

Non-tozloltè du eompoato da ooItiv <1).

M. Du Moulin expose les expériences autrefois instituées par lui au laboratoire de l'Université de Gand. Ces expériences ont porté sur des chiens et des lapins. Il a administré, dit-il, impunément, en une fois, 5 et 6 grammes de sulfate de cuivre à des chiens ; ces animaux ont eu des vomissements, mais tous, quelques heures après, étaient bien portants. Du sous-acétate de cuivre ou vert-de-gris a été administré tous les jours, pendant six semaines, à des doses de 1 grammeà â grammes, sans qu'il ait produit aucun accident toxique. Les animaux ont eu au début des vomissements, qui ont cessé de se reproduire au bout de quatre ou cinq jours. De Voxyde et du carbonate de cuivre ont aussi été administrés, à doses progressives, pendant un an, à des lapins, ce qui ne les a pas empêchés de devenir grands et forts.

(I) Le Buri>au de l'Acndémio RViit mi* celle «lUcuuion h l'ordn du jour pour det motifs vfU touIu Un «unalln qu'en cMiito leovt.

Les combinaisons des sels de cuivre avec des corps gras OLil également présenté, dans diverses expériences, des résultats négatifs au point de vue toxïcologique.

M. Du Moulin ne s'est pas borné aux expériences sur des animaux: enhardi par celles qui avaient été faites sans inconvénient par quelques praticiens sur l'homme (avis à M. Galippe), il a prescrit à aes enfants atteints d'eczéma impéti};!neux 12 à 15 centigrammes parjour de sulfate de cuivre, médicament qui avait guéri un jeune chien atteint d'une semblable affection. Tous ces enfants guérirent et aucun signe d'intoxication ne se manifesta chez eux. Il a traité, dll-il, de la même façon, des ophlhalmies, des engoi^emenls ganglionnaires, des ostéo-myélites scrofuleuses, sans constater de résultats fôcheux. Dernièrement, il a prescrit aussi àd*»> enfants atteints du croup des potions dans lesquelles il entrait 40 ou 50 centigrammes de cuivre et qu'il faisait premir? par cuillerées toutes les demi-heures, puis par întenalle^ d'une ou de deux heures pendant quatre ou cinq jours, •>! ces enfants ont guéri de leur dangereuse affection, sansfïrésenter le moindre signe d'intoxication.

De ces expériences et de ces faits, H. Du Moulin coiicfar que les sels de cuivre administrés par la bouche k àfsm couvenabip-s, ne sont point toxiques.

Ces conclusions sont appuyées par M. Deneffèy et H. Drpaire croit que de nombreuses expériences sont nécessair*^

La discussion n'est pas close. (Séance du 28 novembre.)

Abota ds la nte duu 1h tt&m tyjfbalO».

Le malade, &gé de quatorze ans, avait présenté une recbuii» apparente de fièvre typhoïde; mais peu après il se plaignit de douleur au niveau des dernières c6tes à gauche, et des symptêmes de péritonite survinrent; la mort arriva promptement. On avait pensé à une perforation intestinale. n'est qu'à l'autopsie que M. Archer découvrit dans la rate un foyer purulent, des dimensions d'une noix, qui s'était ouvert dans le péritoine et avait provoqué une péritonite purulente; on avait pu suivre l'envahissement progressif de la séreuse par l'inflammation. H. Archer fait ressortir la rareté de l'abcès splénique, précisément dans une aflection où la rate est toujours plus ou moins malade. {Séance à* 19 novembre 1885.)

CUaleia 8Ml«ly mt iMdM.

Oactrcwtomle.

M. Barweii fait l'histoire d'un cas de rétrécissement cancéreux de l'œsophage dans lequel il a pratiqué la gastrostomie. Celte opération, qui peut définitivement sauver le malade, lorsqu'il s'agit de rétrécissement traumatique ou syphilitique, n'arrête pas les progrès de l'affection cancéreuse ; elle empêche simplement le malade de mourir d'inanition. Ces sortes de cas, de même que ceux où leà malades opérés meurent de faiblesse ou de quelque autre maladie ou complication telle que pfathisie, péritonite, etc., ne peuvent être comptés comme des insuccès opératoires; la mort est arrivée plus ou moins longtemps après la gastrustumie et n'a pas été une suite de celle-ci. Du reste avec la méthode antiseptique, tes résultats sont bien meilleurs quf ceux qu'on nbtraait antérieurement. Les succès, qui n'étaiful que de 3,!22 pour 100, sont maintenant de 14,5 pour lU». Celte statistique s'améliorera encore lorsque le ckirurgiea aura compris qu'il ne faut pas opérer des malades faibles et exténués. ^

M. J. H. Morgan a prft^liéelÀtgiaitra^oMid^avec surci'^ chez un garçon de qua^ ans, qui soufiirait d'uiHréIrécisse-

18 Décembre 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DS MÊDBCING ET DB CHIRURGIE

ment œsophagien dû à rabsorptioa d'une certaine quantité d'alcali caustique; depuis le 17 août dernier, jour de Topéraiioii, aucune tentative de dilatation de l'oesophage n'a encore été faite.

H. CH. Golding-Bird a pratiqué la jéjunostomie chez un homme de quarante-six ans, souffrant d'un rétrécissement pyloriqne cancéreux et arrivé à un état d'extrême faiblesse ; ce n'est que lorsque la pylorectoinie fut reconnue impossible, à cause des adhérences de la tumeur pylorique avec le foie, que le jéjunum fut ouvert. On put nourrir le malade pendant sept jours, mais le septième jour on laissa par mégarde arriver des aliments dans le péritoine, et il mourut en vingt-quatre heures. Néanmoins M. Golding-Bird recommande cette opération, la digestion duodénate suffisant pour nourrir le malade et celui-ci se trouvant à l'abri (les régurgitations qui se produisent chez les gastrosto misés. {Séance du^l novembre 1885.)

Médical Socleir «t VIetorlA.

La oooain* dans 10 -ragininne.

Une femme de vingt-deux ans, mariée depuis dix mois, souffrait énormément au moment du coït, qui n'avait jamais pu être complet. H. WillmoU ftat amené a pratiquer l'opération dite de Sims. Environ quatre ou cinq semaines après, la malade revint en disant qu'elle souffrait autant qu'auparavant; cependant à l'inspection, M. Willmott trouva la contraction spasmodique moins intense. Il recommanda de faire, une demi-heure avant le coït, nne application d'une solution de cocaïne à 4 pour 100. Le moyen réussit très bien, et peu après la malade devînt enceinte. {Séance du 7 octobre 1885.)

La matltaa mMloala da l'aoealyptna.

M. Bosisto fait remarquer que les principes actifs de l'eucalyptus existent dans les espèces très nomoreuses (150) dans dfes proportions très variables. Aussi serait-ce une erreur de croire qu'une seule d'entre elles, VEuealyptus globtUuSf par exemple, pourrait fournir en proportion suffisante ces différents principes. Voici les espèces employées : les E. amygdalina^ globulus etoleosa fournissent les huiles essentielles ilu commerce, les E. rostrata et globulus l'acide volatil (ac. eucalyptique), les E. globulus eistuartiana le principe amer (eucalypline), les E. obliqua, leucoxyloUy marginata et rostrata les gommes-résines quino-caléchiques, astringentes. Les huiles essentielles ne se trouvent que dans les feuilles et les fruits, les autres principes dans toutes les parties de l'arbre; ces derniers dérivent tous des essences par oxydation, et dans les eucalyptus très feuillus, comme le globulus, qui perdent beaucoup de leur essence

Sar l 'évapora lion, ces principes sont moins abondants que ans les autres espèces.

V acide eucalyptique est un puissant antiseptique; les gommes-résines jouissent de propriétés toniques astringentes qui les font employer dans les affections muqueuses de l'estomac et de l'intestin, et encore en gargarismes. Le principe amer ou eucalyptine en pilules, ou sous forme liquide (liquor eucalypti globuli)^ se prescrit comme fébrifuge dans la fièvre intermittente et la dengue. Les essences ont pour composition soit C^H*, et sont isomères de l'essence de térébenthine C^H'", ou bien C"H"0, produit déjà oxydé, d'odeur de camphre. Elles ont une action marquée sur le système nerveux cérébro-spinal. Les symptômes de l'intoxication sont assez comparables à ceux de la ciguë. Veucalyptol constitue la partie la plus volatile de ce.s essences; il a pour composition C"H"0; c'est un camphre. On remploi eh inhalation dans la diphthérie et les affections des Bronches ; sur la peau son action est irritante ; avec addition

d'un peu d'essence de térébenthine, celle-ci est très mitigée. C'est un désinfectant et un antiseptique puissant. {Ibid.)

Société de Bié<le«ln« 4e Berlin.

Empolaonnement par Isa moolai.

Le 17 octobre dernier, un certain nombre d'ouvriers de Wiihelmshaven cueillaient sur des véhicules qui avaient été immergés dans la mer, des moules {Mytiltis edulis); ces moules étaient attachées sur du bois et non sur du cuivre. Ceux qui en mangèrent tombèrent presque tous malades; on constata dix-neuf cas d'empoisonnement, dont quatre mortels. U. ScAmttilmann observa avec soin tes symptômes de l'intoxicatioR ; ils consistèrent essentiellement en : sensation de constriction à la gorge, fourmillements dans les membres, légère excitation psychique, pouls dur à 80-90, pas d'élévation delà température, dilatation des pupilles qui ne réagissent i>lus à la lumière, sans que la vision souffre, parole difBcile, sensation de lourdeur et de raideur des jambes, nausées, vomissements, sensation de froid aux jambes, puis de tout le corps, légère anxiété, sueurs abondantes, puis sommeil tranquille. D'après ses expériences, M. Schmidtmann a cru pouvoir conclure qu'il s'i^it d'une paralysie du centre moteur. Dans une autopsie on trouva le cœur vide, affaissé sur lui-même, les poumons congestionnés; le sang réagissait d'une manière particulière nu contact de l'air; la muqueuse intestinale était le siège de lésions inflammatoires, la rate très tuméfiée; le foie renfermait des infarctus hémorrhagi(|ues ; ailleurs encore des lésions congeslives. M. Schmidtmann envoya à M. Virchow, auteur de cette communication, des moules d'eau saumàtre comme celles qui avaient été mangées et des moules d'eau de mer; il y avait des différences de coloration de la coquille et de la chair. M. Virchow fit des expériences sur les animaux qui concordèrent avec celles de H. Schmidtmann; le poison pouvant être extrait par l'alcool est évidemment de nature chimique ; ce n'est pas une ptomalne, car les moules étaient fraîches. Il est, probable que ce poison se rapproche de ceux des poissons qui, d'après Schreiber, sont de deux sortes : l'un qu'on observe dans les poissons frais, l'autre dans les poissons conservés et qui est probablement une ptomalne.

M. Salkowski^ qui a fait des expériences avec les mêmes moules, trouve que l'action de leur principe toxique rappelle celle du curare. {Séance du 11 novembre 1885.)

EXTRAITS DES TRAVAUX DES CONGRÈS

New-Toriil «lato ■aedl«id A— elatlan.

Page 1