SÉANCE DU 11 NOVEMBRE
Emphysiine cervical expiratoire, o'e«t-&- dire emphysème dn «on ■urvenant durant le travail et les violents efforts d'expiration ; reoherobaa expérimentales. — OangrAne du poumon nnnsftrmtlTro a un oanœr de l'extrémité inférieure de l'œsophage.
M. Champneys a étudié ez[iérimentalement l'emphysème du cou, qui survient dans les violents- efforts d'expiration, li fait d'abord remarquer que cet accident se produit environ dans les proportions de 1 sur 2000. Il se manifeste surtout dans la seconde période du travail et apparaît généralement d'abord au-dessus de la fourchette du sternum^ d'où il peut ensuite s'étendre dans toutes les directions. Gliniquement il n'est jamais accompagné de pneumothorax ; la résorption du gaz se fait dans l'espace d'une semaine environ et toujours l'issue est favorable. Trois théories ont été émises sur sa pathogénie, à savoir la rupture a des branches, b de lalrachée, c des poumons. Trois autopsies viennent confirmer l'exactitude de la troisième théorie : les autres sont inadmissibles d'après l'examen des faits. De soixante-dix expériences, l'auteur lire les conclusions suivantes : 1° la cause de l'emphysème du cou dui-ant le travail est la rupture du tissu pulmonaire ; l'air ^'échappant chemine sous la plèvre pulmonaire^ arrive au pédicule du poumon, s'infUtrê dansJefiIé^iaslin antérieur et gagne de là letèiililJ^ftli^mSy V^^lvie par
0 FéVhirr. 1885 GAZETTËi HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
l'air après la trachéotomie; 2" tes parties du poumon qui offrent le moins de rdsislancc, sont les points où la plèvre se réfléchit, particulièrement la partie antérieure du pédicule ; 3** le pneumothorax survenant pendant rezpérience n*a rien à voir avec la prodfctioa de l'emphysème du cou. Les bronches et la trachée saines sont capaoles de résister aux plus violents efforts d'expiration ; 4" les poumons et la plèvre, quand ils ont laissé échapper l'air qui était sous tension dans leur intérieur, sont de nouveau perméables au fluide; 5'' l'usage répandu d'accélérer le travail après l'apparition de l'emphysème du cou, est judicieux ; 6° cet accident n'est noté que dans la proportion de 1 sur 3000, mais il n'est pas douteux que des cas sans conséquence ont été omis ; 7" l'air émerge du thorax en suivant les gros vaisseaux ; 8° l'emphysème des parties postérieures du tronc, communément associé à laruptqre de l'utérus^ appartient à une autre cat^orie de faits et est ordinairement suivi d'une issue fiitale.
— M. Cayley montre une pièce anatomique, sur laquelle on voit une gangrène de la base du poumon, dans un cas de cancer de l'extrémité inférieure de l'œsophage. Il existe une cavité mettant en communication ce conduit avec l'estomac par un canal creusé à travers la rate, le diaphragme et le poumon. M. Gould, appelé en consultation avec M. Cayley, a ouvert et drainé cette cavité, obtenant ainsi une rémission considérable des syroplftmes.
sÉANCii: m 6 janvier 1885.
Fraotnre da eôtea.— Tomeuni polBfttlles oonsèonUTes aux (raotares dq oràne.
M. W. Arbuthnet Lane moaire deux pièces patholugi(]ues de fracture de la première cùte. Sur la première, le trait de fracture siège à un quart de pouce en dehors du tubercule; la consolidation est parfaite. La seconde pièce provient d'un sujet arthritique j les extrémités de l'os sont di^formées, éburnées, recouvertes de stalactites osseuses; la fracture n'offre aucune trace de réparation; il existe aussi une fracture de l'acromion non consolidée. Ce genre de fracture a pu être déterminé par trois sortes de mécanismes : 1° la force a été directement appliquée au niveau même du point où siège la fracture; cela est improbable; 2''tc choc vulnérant a porté sur la poignée du sternum; cela est encore improbable, étant donnée la grande obliquité du premier arc costal; 3" le traumatisme a été appliqué sur la clavicule et transmis à la première côte. Le siège de la fracture dépend alors en grande partie de la direction du corps vulnérant. Dans te second cas, la violence a agi suivant une direction verticale. Le même chiruipen montre encore un cas dans lequel le premier cartilage costal du cùté droit a été fracture k un demi-pouce de son extrémité antérieure. On ne constate qu'une consolidation imparfaite. L'auteur pense que la (Tacture a été produite [Âr une violence transmise verticajement par l'intermédiaire de la clavicule. ,
— M. B. J. Goààe rapporte deux cas de fracture du crâne chez' des enfants, suivis du développement de tumeurs pulsatiles. Le premier fait est relatif à une petite lille de huit mois, qui fut apportée à l'hôpital vingt-quatre heures après avoir lait une ctiute sur la tète d'une hauteur àe quatorze pieds. Elle n'avait pas perdu connaissance, mais avait vomi peu après l'accident. A son entrée, on constate un volomineux hématome sur le pariétal droit; paralysie complète do toui le c6tè gauche; abolition des réflexes de ce c6té. Quelques difflcultés de la déglutition. Le quatrième jour, convulsions du côté droit ; les jours suivants, la paralysie commence à rétrocéder et la tumeur du cr&ne diminue graduellement* A la fin de la première semaine, on constate
: des battements dans la tumeur. Trois semaines après l'accident, l'hématome ayant augmenté de volume, on pratique une première-aspiration, que l'on répète trois jours aprës;finalement, on fend la tumeur, d'où, s'écoule un liquide séro-purulent. La mort survient le lendemain. A l'autopsie, on constate que l'hématome occupe toute la laideur du pa- riétal. Au milieu de l'os existe un orifice mesurant un demipouce de diamètre et à bords irréguliers. On voit la substance cérébrale b travers cet orifice, et finalement on reconnaît qu'il existait une communication entre lu tumeur sanguine et la corne descendante du ventricule latéral. La calotte crânienne ayant été enlevée, on reconnut que la dure-inè're était déchirée au point correspondant à la rraclurc; le cerveau était affaissé à ce niveau et il y avait une rupture du lobe temporo-sphénoldal à sa partie supérieure, faisant co'ih-' muniquer, ainsi qu'il avait été déjà constaté, la cavité vciitriculaire avec l'extérieur.
M. Godbû attire l'attention sur le liquide obtenu par la ponction pendant la vie de la petite malade; il provenait en ' partie du foyer enflammé et du liquide céphalo-rachidien. Il insiste aussi sur l'inégalité existant entre les symptômes observés et les lésions trouvées à l'autopsie.
Djns le sci^ond cas,' il s'agit d'un enfant de cinq ans entré à l'hôpital deux heures après avoir fait une chute sur la tête d'une hauteur de huit pieds. Le malade était froid, eii collapsus; il n'avait pas vomi; il avait un hématome à la partie posiérreure du cr&ne, du côté droit. Peu d'heures après, convulsions généralisées, plus marquées à droite. Au bout d'une semaine, on constata des pulsations dans la tumeur. La température oscillait dans tes environs de la normale, mais la tumeur augmentait de volunie ; le treizième et le quinzième jour, on pratiqua l'aspiration. Oh retira une ' petite quantité de liquide et l'état de l'enfant resta sensible* ment le même. Au bout de deux mois, l'enfant fut repris par ses parents ; un appareil protecteur recouvrait la tumeur, qui était encore fluctuante. Peu après, renfant était conduit dans un autre hôpital, où il ne tarda pas à mourir avec des symptômes de méningite. A l'autopsie, on trouva sur le pariétal droit une large ouverture irrégulière se dirigeant obliquement en bas et en avant, mesurant trois pouces de long sur trois quarts de pouce de large. Les bords de l'ouverture étaient très minces; l'os était aussi aminci dans toute son étendue, mais il n'y avait pas trace de carie. Sur l'autre pariétal, on voyait une fissure identique à celle du
Eremier; Tos était aussi aminci, presque membrani forme, a symétrie de ces lésions donnerait à penser que la tète de l'enfant a été comprimée entre deux forces, mais ce n'est
fm là son histoire. Examinant ce fait avec soin, M. Godbe ait remarquer que chez les enfants les os du crâne étant très flexibles et unis par des sutures très l&cUes et très mobiles, cela permet de comprendre les résultats différents des traumatismes du crâne chez l'enfant et chez l'adulte; chez le premier, le traumatisme porte surtout son action au niveau du point frappé.
REVUE DES JOURNAUX
Épidémie de pneanaOBles bllleiuea, par H. JanSSEH.
— Un groupe de jeunes gens bien portants, originaires des
firovinces Je Friesland et de Gronihgue, sont réunis dansa garnison de Helder (Hollande), et logés en grande partie dans deux chambres d'une même caserne. Après peu de jours, 11 d'entre eux sont atteints de pneumonies a forme atypique : 6 cas présentent le tableau classique de la pneu> monie bilieuse' (Stoll) ; 5 cas celui du pneumotyphu^ (Lebert). Quatre autres soldats sont atteints de pneumonie firanche primitive.
' Au point de vue étiologique, on était fort embarrassé. Les
6 Fknan 1885
chambres habitées par ces sqldaU ne di0érftienl eo rien de celles habitées i)ar leurs camarades; elles étaient en bonne situation hygiénique et nullenoent encoiàbrées. .
Dans la ville même, dans les coi?ps de troupe voisins, la pneumonie ne régnait que d'uue façon sporadïqne* lie temps avait été humide et orageux : la direction du vent élut perpendiculaire aux fenêtres de la caserne. L'auteur est porté à mcriminer l'atmosphère extérieure et peut-^tre Le sol.
Pour ce qui concerne lés 'symptûmes présentés par les malades^ l'auteur arrive aux conclusions smvanles :
l'La pneumonie bilieuse et \& pneumotypkus des auteurs sont deux maladies identiques et peuvent être réunies sous la dénomination commune de pneumonie aslhénique primitive.
2" Dans cette forme spéciale, l'iclère n'est pas la cause de l'asthénie, mais un effet direct de l'infection.
3° Un même agent pathogéaique (virus) produit la pneumonie asthénique et la pneumonie franche, (Deutsches Arch, fUr klin. Med., t. 3DCXV.)
Ike* proeeMHiB de transaudaltam 4mm» l**rf Mitinne,
par H. Rdnedërg. — Pour former les transsudalions pathologiques, les substances qui se trouvent en dissolution réelle dans le sérum sanguin mtrent à travers les parois vasculaires en conservant à peu près la même concentration, et indépendamment des autres circonstances. Ni l'état anatomique des parois, ni la vitesse de la circulation, ni la pression sanguine n'exercent d'influence sur la teneur des Iranssudats en substances de cet ordre. D'où il résulte que cette filtratton obéit aux mêmes lois en dehors et en dedans de l'organisme.
Les variations dans la composition des exsudats dépendent donc exclusivement de la quantité d'albumine et de corps organisés. Or la proportion d'albumine ne dépend pus uniquement de la teneur en albumine du liquide filtré, mais aussi de la perméabilité de la membrane filtrante et de toutes les canses qui peuvent influencer cette perméabilité. C'est pourquoi Tinflammation des parois vasculaires et les variations de la pression intravasculaire exercent une telle influence sur la composition des exsudats, ainsi que la rapidité des substances colloïdes. En r^umé tous us exsudats pathologiques inflammatoires ou non doivent être considérés comme une simple fillration de sérum sanguin avec un faible mélange, surtout sensible dans les exsudats inOammatoires, de corps composant les tissus où ils prennent naissance.
L'expérience a démontré que la proportion d'albumine
fieul être évaluée avec une rigueur suffisante en déterminant a masse totale des matières solides que l'on introduit dans une formule constante. Celle de Reuss {Deutsches Arch. fûr klin. Med. , t. XXXV) est bonne, mais elle doit être modifiée de la fagon suivanie :
La formule 1 s'applique aux exsudats non inflammatoires, la formule 2 aux exsudats inflammatoires ; À indique la proportion d'albumine, Pie poids spécifique que l'on détermine par l'équation suivante :
p étant le poids total des matériaux fixes obtenus dans 100 parties de t'exsud&t examiné. {DeuUch* Arch. f&r klin. Med., I. XXXV, p. 266.)
I« «MlaiéMe éUmtemt ■Mv^^«stqa« 4m mbs, par
H. Afamassiero. — Mémoire important, contenant un grand
nombre de recherches originales faites à l'Institut clinique de Munich. L'auteur ne partage pas entièrement les idées de Hayera sur les hématoblastes, mais il rend justice au savant français. Le passage suivant r&itume bien 1« fond dn travail :
c L'organisme dispose de trois moyens pour la régénération des corpuscules rouges :
» 1* Les hématies à novan se multiplient par scission et se changent en hématies ordinaires;
) Les hémoblastes s'accroissent et se transforment d'abord en hématies à novau, puis oi^orpuseules rouges;
» 3° Sur certaines hématies apparaissent par bourgeonnement de petites excroissances généralement un peu plus volu* mineuses que les .hématoblastes, homogènes et bien colorées par l'hémoglobine. Ces bourgeons détachés circulent dans le sang, s'accroissent et forment des hématies. Ce dernier mode de régénération du sang ne s'observe qu'exceptionnellement dans des cas d'anémie extrême.
» C'est grâce à cette multif^icité de ressources que les hématies peuvent se reproduire avec une si merveilleuse rapidité k la suite de saignées copieuses ou d'intoxications graves. » {Deutsckes Arehiv, fur ilin. Med., t. XXXV, p. 217.)
■aUonii«tl*ii eoa|^nlliil« hèrédlcalre des auilBS ef
de* pteda, par H. W. J. TiLLEY. — C. s..., âgée de quarante-quatre ans, célibataire, entre à Devonshire hospitai, pour une attaque de rhumatisme. C'est une femme d'une très bonne santé et très bien constituée, qui présente des difformités à chacune des extrémités de ses membres. Les mains bien conformées par ailleurs offrent une absence des deux dernières phalanges de tous les doigts. Les pieds sont aussi normaux à l'exception des orteils. Le pied droit a quatre orteils; les deux internes ne présentent rien de particulier; le troisième ne renferme que deux os (un métatarsien et nne phalange), \eâ deux dernières phalanges font défaut; le quatrième orteil est très petit et son squelette se réduit à un tout petit os. Le pied gauche possède également quatre orteils; les deux premiers sont bien conformés; le troisième n'a qu'un seul os; le quatrième présente une rainure longituoinale très manifeste, accusant la fusion de deux orteils, mais il n'existe dans son intérieur qu'un seul métatarsien.
La malade a neuf frères ou sœurs, sur lesquels elle donne les renseignements suivants. Premier enfant, garçon, doigts et orteils normaux. Second enfant, garçon, doigû et orteils normaux. Troisième enfant, fille (c'est la malade observée, dont les déformations sont décrites ci-dessus). Quatrième enfant, garçon, tous les doigts sont courts, les orteils sont normaux. Cinquième enfant, fille, deux doigts, l'index et le médius, normaux, les autres n'ont qu'un seul os(?); orleUs bien conformés. Sixième enfant, fille, l'index et le médius ont deux os surmontés d'un petit tubercule ; l'annulaire et le petit doigt n'ont ou'uu seul os; les orteils sont normaux. Septième enfant, nlle, doigts et orteils normaux. Huitième enfant, garçon, tous les doigts sont courts, les orteils bien constitués. Neuvième enfant, garçon, doigts et orteils normaux. Dixième enfant, fille, tous les doigts courts, les i orteils normaux.
Le père de la malade a les doigts courts et ne renfermant |
au'un seul os. Plusieurs oncles paternels ont des difformités es doigts et des orteils, sur lesquelles les souvenirs de la 1 malade ne sont pas suffisamment précis. Deux de ses sœurs sont mariées; l'une, le n* 5 de la listo ci- dessus, qui a les doigts mal conformés, a trois enfants ; deux filles exemptes ' de difformités; un garçon ayant l'annulaire et le petit doigt avec un seul os; l'antre sœur (n" 7), qui a les doigts et les I orteils bien conformés, a plusieurs enfants ne présentant aucune difformité. Un oncle de la malade est marié et a des i enfants bien conformés. Un de ces enfants (fille) est marié ; ses doigts sont tous courts; elle a quatre eofaots, deux |
6 Février 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE — B« 6 — 95
garçons et deux âlles ayant tous les doigts tioarts. La malade a entendu dire par ses parents que sa graftd'mère paternelle avait tes doigts courts. (The LaneeL 35 octobce i8S4, p. 733.)
LawH-lennla •< mvllel, « m l»w«*teHDla Ug », par
M. Wharton p. Hood. — La -vogue que le jeu de lawntennis a acauise depuis quelques années a rendu bien plus fréquent qu autrefois un accident que les chirurgiens n observaient auparavant que rarement. Il s'agit de la rupture de certains muscles ou tendons du mollet. Cet accident est peu grave en lui-même, mais il met les malades dans Timpussibilité de se servir de leur membre pendant un temps parfois fort long. C'està diminuer sa durée, que l'auteur s'est appliqué. Il conseille de placer le patient sur un sofa, la Jambe fortement élevée et de le laisser cinq minutes dans cette position. C'est là une précaution importante et rien que par i'eiïel lie la posilioa on voit diminuer très rapidement le gonHcmeut. Aussilôtaprès,on applique unnppareil plâtré, et, lorsqu'il est desséche, le malade peut se promener dans la chambre. Dès lors tout se passe simplement et dans l'espace de quelques semaines à un mois le blessé peut reprendre toutes ses habitudes. En terminant, l'auteur insiste sur la nécessité d'appliquer l'appareil te plus tôt possible. (The Laneet, 25 octobre 1884, p. 728.)
De ralbumlawle latermlltente, par H. FalKENHEIH'
— Dans le cas observé par l'auteur, le retour périodique de l'albuminurie tenait évidemment à la compression de la veine rénale par la rate hypertrophiée. Cette observation est probablement unique dans la science. Cependant Bartels a publié, en 1875, un cas dans lequel l'albuminurie intermittente était attribuée à une stase sanguine de la veine rénale consécutive à une lésion du cœur droit. Cette observation devait amener nécessairement Falkeuheim à examiner la question de l'albuminurie des gens bien portants. Il le fait d'une fa^on sommaire, incomplète pour ce qui concerne les auteurs français, et sans donner de conclusions personnelles. {Deutsch. Arch. fUr klm. Sied., t. XXXV.)
De r«ccl«a ehlmlqne 4e« pttlsoaa laorganiqaeiit par
M. ScHULZ, — Les corps simples du groupe azote : Ph, As, Sb, Bc, Va, impressionnent directement la vie cellulaire en agissant sur 1 oxygène. Ils impriment en effet à l'oxygène une mobilité supérieure à la normale. Ils agissent : comme poisons en provoquant une activité exagérée des processus chimiques dans le protoplasma cellulaire, dont la conséquence fatale est sa destruction ; comme agents thérapeutiques, en substituant une vie nouvelle et plus active & l'activité végétative déprimée. — Les métaux du groupe fer : Mn, Ni, Co, Cr, agissent de même, mais en produisant d'abord des albuminates.
L'or et ses congénères Pt, Hg agissent indirectement et probablement comme composés chlores. Le chlore mis incessamment en liberté décompose l'eau, et l'oxygène naissant produit des effets intenses qui sont bien connus.
Pour ce qui concerne l'argent (et aussi Sb, Zn, Cu), il reste douteux si l'Dction est directe, indirecte ou mixie.
Pour tous les métaux cités les effets peuvent différer. Cbex l'un l'action se porte de préférence sur les cellules glandulaires, chez l'autre sur les cellules nerveuses ou bien sur celtes d'autres organes ou tissus. Dans le même groupe l'énergie peut varier. Ainsi Bi et Ph impressionnent également les glandes de l'abdomen, mais l'action destructive sur le tissu osseux appartient en propre à Ph. Des diffërences d'énergie spécifique des éléments isolés, résulte la différence de leur signification thérapeutique. MrcAtv./ïirAiw.Paf A., 1884, t. XVin. p. 174.)
»« l'abaurptlM émm U^sMm pidYériBéB par la pamm
de rhoMHM, par M. V. Juhl. — Expériences faites à l'Institut clinique de Munich, sous l'inspiration de Ziemssen, sur le3 extréDnités inférieures de personnes bien portantes. La cloison était percée de façon <iue le haut du corps était placé dans une diambre et les jambes dans un laboratoire conligu ; l'appareil .pulvérisateur était promené lentement à 10 centimètres de distance, depuis le genou jusqu'aux malléoles en avant M en arrière de la jambe. Les liquides employés furent : le ferrocyanure de potassium (solution aqueuse à 3 pour 100); le tannin (solution aqueuse à 3 pour 100, alcoolique à â pour 100); l'acide salicylique et le salicylate de soude (solution dcoolique à 2 et 3 pour 100); i'iodure de potassium (solution aqueuse k 3 pour 100, alcoolique à â pour 100); la teinture d'iode (50 grammes dilués dans 1 litre d'eau alcoolisée).
Il résulte de ces recherches : 1* que la peau humune intacte est perméable pour tes licfnides aqueux et alcooliques pulvérisés ; 2*" que l'alcool pénètre beaucoup plus fadtement quel'eau.(i>n(lscA020iMeA. fOrklin. Med.,t. XXXV.)
Da . l'cmpoiaMneMAt |^ !• fAMaphvre, par M. le
docteur V. Starck. — L'auteur rapporte sommairement six observations dont il tire les conclusions suivantes : i" Même dans les cas bénins et sans tuméfaction appréciable du foie, l'empoisonnement par le phosphore peut provoquer une excrétion exagérée d'azote par les urines; 3° les analyses d'eau et de graisse du foie dans les cas d'intoxication par le phosphore semblent démontrer que la graisse est en grande partie produite en dehors du foie et ne pénètre que par infiltration dans le foie : 3** comme le phospnore est encore dans l'estomac josqu à la fin du second jour, une médication évacuante est encore indiquée môme à celte époque (une obser^ vatlon à l'appui); 4° les analyses d'eau et de graisse du foie dans l'atrophie jaune aigué permettent de considérer la graisse comme provenant d'une décoinposition [de l'albuminurie. {DeuticheArcbiv. fiirkiin. Medidn., t. XXXV.)
Claérlson de riléna pnr le lavage de l'eatomae, par
M. Cahh. — Cette méthode originale est due à Kussmaul ; on ne voit pas très bien comment le clinicien est arrivé k l'employer, mais les résultats obtenus dans trois cas à la clinique de Strasbourg méritent toute notre attention, c Dans tous les cas, dit Cahn, où l'on se sent forcé de se contenter du diagnostic symptomatique d'iléus, on fera bien d'essayer d'abord les opiacés et la morphine. En cas d'insuccès, et lorsque l'administration de grandes quantités d'eau pai la bouche ou de gaz par le reitum ne produisent aucune amélioration, alors quelques médecins ne craignent pas de recourir à l'emploi des drastiques ou mÔme du vif-argenl, lequel ne fait que hâter d'ordinaire le décès. Le moyen le plus efficace est 1 entorotomie lorsque le siège de l'occlusion est inconnu, la laparotomie, lorsque ce eiè^e est à peu près certain. En dehors de ces opérations, toujours graves, il n'est pas sans intérêt de faire connaître une méthode simple et qui nous a donné des résultats surprenants. » Les observations sont en effet très intéressantes. Le lavage a été pratiqué plusieurs fois par jour au moyen du tube de Faucher. Une note du journal annonce que Senator vient d'obtenir un succès à Berlin par la même méthode. {Beti. klin, Woch., 1884, n* 42.)
GAZETTS hebdomadaire: DE MÉDECINE ET DE CHIKURGIË
0 Février 1885
BIBLIOGRAPHIE
Hannel 4e ^lbo10|:le exlerne, par MM. RECLUS, KlR> MISSON, PetROT, BOOILLT. I" vol. : Mabidles eommaaea " * tpmm le« aisaaai mftladlea 4es Hmvs, par H. P.
' RECLts. Paris, G. Masson, 1885.
Il y a plusieurs sortes de manuels : les uns ne renferment
four ainsi dire que des titres de chapitres, des définitions courtées, des descriptions schématiques ; ce ne sont pas^ là des livres, ils seraient bien avantageusement remplaces par la simple table dps matières de Touvrage qu'ils ont la prétention de résumer ; les autres ont une valeur et une utilité réelles, ils prennent rang à c6té des ouvrages didactiques de longue haleine ; leur raison d'être se trouve dans If s progrès incessants de la science, qui réclament à courteéchéance une revision des doctrines et des théories tour à tour édifiées et battues en brèche.
Cette revision, qu'un traité ne saurait accomplir que par des éditions fréquemment répétées, les manuels seuls sont capables de la faire, et pour une science en évolution aussi rapide que la pathologie externe leur utilité s'impose. Panni ces livres- précieux il en est qui, accumulant les matériaux, exposent sans prendre parti les résultats des travaux des devanciers et des contemporains ; d'autres, plus sobres d'érudition, s'attachent surtout à mettre en relief les idées ayant cours au moment de leur publication; ceux-là par leur exposition forcément concise ne faits trop nombreux sont d*une lecture difAcile, d'une intelligence laborieuse et ne s'adressent qu'aux personnes a^ant déjà une instruction sérieuse ; ceux'ci au contraire se lisent aisément et avec plaisir, tout y est suffisamment développé pour être compris sans effort, sans préparation antérieure; ils s'adressent aussi bien aux débutants qu'aux gens rompus aux difficultés de la science qu'ils exposent.
C'est a celte dernière variété qu'appartient le nouveau manuel de pathologie externe de MM. Reclus, Kirmisson, Peyrotet Bouilly. Ces quatre agrégés très distingués de la Faculté de médecine de Paris ont réuni leurs efforts, afin d'offrir très rapidement au public médical un précis complet de pathologie externe.
H. Reclus noQS donne aujourd'hui lejiremier volume de la série. U y est traité des maiadie$ communes à tous les tissus et des malwiies des tissus.
L'auteur suit l'ordre généralement admis dans les ouvrages de pathologie externe, ainsi qu'un rapide coup d'oeil donné à la table des matières nous le révèle. Nous y apercevons le litre de quelques articles nouveaux; par exemple l'article tuberculose et abcès froids au chapitre des maladies virulentes, l'article fièvre de croissance au chapitre des maladies des os.
En feuilletant le livre nous constatons de suite qu'il est débarrassé de ces indications bibliographiques sans aucun doute très précieuses et ^ui ne sont pas le moindre mérite d'un autre manuel, mais qui eussent rendu le livre trop volumineux et fait double emploi. La suppression de ces notes bibliographiques rend les descriptions claires et rapides, elle permet au style d'être plus courant, plus correct et plus compréhensible. D'ailleurs, empressons-nous de le dire, au point de vue de l'érudition le livre n'a rien perdu à cette façon de faire. Si à propos d'un sujet controversé l'auteur n'indique pas tous les travaux qu'il a suscités, il prend soin de signaler au début de son article les plus importants, ceux qui ont véritablement marqué une étape dans l'évolution de la question ; un auteur a-t-il signalé un fait de moindre importance, son nom se retrouve dans le cours de la description, et souvent le récit très concis d'une observation intéressante vient heureusement fixer dans l'esprit un détail du tableau clinique.
M. Reclus, s'il mentionne parfois les théories snrannées qui se sont partagé l'explication d'un phénomène pathologique, ne s y arrête pas longtemps et arrive de suite à nous présenter les théories les plus admissibles, les plus en rapport avec les données de la science. Un point encore par lequel ce manuel se distingue des autres, c'est qu'il nous offre un corps de doctrine.
Dès les premières pages l'auteur nous montre à propos de l'inflammation les avantages immenses que peut retirer la pathogénie d'un grand nombre d'affections des découvertes de Pasteur et de Koch : la doctrine microbienne rend des plus faciles la conception de l'intlammation et de la suppuration; c'est encore elle qui permet de comprendre le développement de la fièvre traumatique, des septicémies, de l'crysipèle, du phlegmon diffus, de l'ostéomyélite. La théorie
Jiarasitaire explique encore l'évolution de certains abcès roids, de la carie, etc.
Le rôle des diathèses dans l'éliolo^e et la marche des maladies ne pouvait être passé sous silence par un disciple de l'École de la Pitié; aussi retrouvons-nous les idées du Maître reproduites à propos des hémorrhagies, des gàtigrënes, des néoplasmes. Le chapitre qui a trait à ce dernier groupe d'affections est précédé d'un court mais substantiel alinéa de généralités où se trouve reprise, mais rectifiée et réduite à sa juste valeur, cette ancienne idée du rôle du traumatisme dans la production des tumeurs. Au même endroit est signalée la transformation des néoplasmes bénins en néoplasmes matins et plus loin l'influence du siège des tumeurs sur la rapidité de leur évolution.
Plusieurs autres chapitres mériteraient une mention. Nous avons voulu simplement indiquer les idées générales qui ont présidé à la conception et à la rédaction de ce livre, qui se recommande aussi bien aux étudiants qu'aux praticiens désireux de se tenir au courant de la science : les
firemiers y trouveront les bases d'une instruction solide; es seconds y verront les immenses progrès réalisés dans la pathogénîe et partant dans ta thérapeutique d'un grand nombre d'affeclions chirurgicales; les uns et les autres, est-il besoin de le dire, éprouveront un grand charme à la lecture de ces 750 pages écrites dans un style facile, élégant et persuasif.
Traité cllnlqae ttm mikladles de l'CBCaoee, par le docteur
Cadet de Gassicoubt, médecin de l'hôpital Sainte>Eugéaie, l. m. — Doin. 1884.
Ce volume est entièrement cnnsacré à l'étude de la diphthérie et des affections cérébrales, c'est-à-dire des malaaies qui dominent la pathologie infantile par leur fréquence et leur gravité.
Malgré tous les travaux dont elle a été l'objet depuis quarante ans, la diphihérie a toujours suivi une marcae ascendante sous le rapport de sa gravité. Les cas de conti^ion n'ont jamais été plus nombreux. Nous nous trouvons aujourd'hui, dit H. Cadet de Gassicourt, devant la diphthérie dans la même situation que nos pères devant la variole. La maladie est connue sous toutes ses faces. La thérapeutique s'agite, mais n'avance pas.
L'influence des idées de Pasteur s'est fait sentir ici comme ailleurs. Le succès a-t-il confirmé ces recherches? Notre auteur, après une revue critique consciencieuse de teutes les tentatives faites dans cet ordre d'idées depuis 1840, conclut à une réserve prudente. Les recherches doivent être encouragées, mais elles ne sauraient encore servir de base à une élude nosologique et clinique. Il est intéressant cependant de jeter un coup d'œil d'ensemble sur le^ ^nci-
paux travaux qui ont paru sur ce sujet. Bien que Limoulbène et Buhl aient signalé
parasites
n Décembre 1884 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET OE CHIRURGIE
daos les fausses membranes, ce n'est que depuis l'intervention des procédés de culture (1874) qu'on est arrivé à des résultats dignes d'attention. Dans ces dernières années (1880- 1881), H. Talamon a nu isoler dans les fausses membranes un microbe spécial, identique à lui-même, très différent des micrococcus de Letzevicb et de Klebs, et qui se présente sous la forme de mycélium et de spores ou conidies. C*esl avec ce microbe que M. Talamon a réussi à communiquer à des animaux des affections qui lui ont paru identiques & la diphthérie. H. Cadet de Gassicourt ne croit pas devoir se rendre à des expériences qu'il ne considère pas encore comme absolument convaincantes, tout en aftirmant sa ferme croyance à l'existence d'un microbe diphthéritique.
Après cette courte excursion dans le domame des faits nouveaux ou plutôt des recherches nouvelles, il aborde l'étude si vaste et si difficile de la dîphlhérie considérée au point de vue nosologtque et clinique.
Le chapitre du diagnostic des angines est particulièrement intéressant pour le clinicien. On a réuni sous le nom d'angines couenneuses communes trois maladies fort différentes : l'angine pultacée, l'angine herpétique et Tangine diphthéritique commune. Cette confusion est malheureusement motivée par la difnculté qu'on éprouve 4 distinguer ces différentes angines. Quand on lit les descriptions des auteurs, les caractères s'accumulent, et il semble que le diagnostic s'impose; mais il n'en est plus de même en clinique. Au moment de l'examen, les caractères anatomiques sont généralement modifiés, soit par l'évolution même du produit morbide, soit par les traitements topiques qui lui ont été déjà appliqués. Dans l'angine herpétique, par exemple, il est plus malaisé que nù le dit Lasègue de reconnaître sous un enduit caséeux, souvent très adhérent, les traces des anciennes vésicules situées à l'orilice des cryptes tonsillaires. Il est, en outre, singulier de voir combien on tient peu de compte des difficultés que rencontre l'observateur le plus exercé à soumettre un enfant malade à une investigation de ce genre, et qui doit être nécessairement plus ou moins prolongée.
En somme, le diagnostic est souvent d'une dilllculté extrême, et je ne crois pas qu'on puisse toujours se prononcer, soit dans l'angine herpétique, soit dans l'angine puttacée scarlalineuse, d'autant plus que l'on sait que la diphthéric de la scarlatine est une des diplithéries secondaires les plus fréquentes.
La diphthérie peut être bénigne, grave, toxique et hypertoxique. Le diagnostic de ces différentes formes s'appuiera plutôt sur l'ensemble de la maladie que sur l'appréciation (le quelques symptômes isolés, tels que l'odeur de l'haleine, l'épaisseur, la résistance des fausses membranes, le volume des ganglions sous-maxillaires. Il faut surtout se préoccuper de l'état général du malade et de la façon dont s'accomplissent ses différentes fonctions. Ces considérations fourniront les données les plus importantes pour le pronostic de la maladie. L'étude de la température est secondaire. M. Cadet de Gassicourt cite un cas de diphthérie foudroyante (deuxj[our5) chez un enfant de onze ans dont la température n'avait pas dépassé 39% ï.
La diphthérie peut se développer dans une foule de maladies, dont les plus fréquentes sont la scarlatine, la rougeole, la coqueluche, la fièvre typhoïde et la tuberculose. Ces diphthéries dites secondaires n'ont pas toutes la même gravité. On a été frappé de ce fait que la diphthérie consécutive & la rougeole était particulièrement dangereuse. Elles ont, en outre, une tendance à se localiser sur les parties que la maladie initiale affecte particulièrement. La scarlatine appelle la diphthérie vers l'arrière^orge ; la rougeole, vers le larynx, la trachée et les bronches.
Le traitement de la diphthérie est éminemment variable, suivant l'opinion aue le médecin se fait de la diphlhérie, du r6le qu'y joue la lésion locale, de sa ugnification. Tout le inonde admet le caractère général et infectieux de la diph-
thérie; mais, pour certains médecins, la faussé membrane est le point de départ de l'infection. Pour d'autres, elle n'en est que le résultat. Pour une troisième catégorie, elle est en même temps cause et effet.
H. Cadet de Gassicourt se range parmi ces derniers. Sa thérapeutique se préoccupe du double péril que font courir au malade ta fausse membrane et l'état infectieux, ce dernier surtout.
Les meilleurs dissolvants des fausses membranes sont l'acide lactique (5/iOO) et l'eau de chaux en applications directes, pulvérisations ou gai^arismes. On a également retire, daos ces derniers temps (Bouchut), d'excellents effets de la papalne (2/10) ; on l'associe k 5 centigrammes de salicylate de soude pour éviter la fermentation.
Nos lecteurs nous sauront gré de leur indiquer en (]uelques traits la conduite conseillée par M. Cadet de Gassicourt en présence d'un cas de diphthérie.
Tout d'abord on devra isoler l'enfantet aérer largement la chambre, où on maintiendra en action un pulvérisateur d'eau phéniquée au 100*. Le vomitif ne doit râs être donné dans toutes les formes. Inutile dans la forme oénigne, il peut être dangereux dans les formes toxiques. M. Cadet de Gassicourt le réserve pour les formes graves sans toxicité marquée.
Pour le traitement local, il recommande l'acide lactique, l'eau de chaux, la papalne ou simplement le citron.
Quelques substances capables de modifier la muqueuse respiratoire en vertu de leur élimination élective, peuvent être recommandées ; tels sont le chlorate de potasse, le saccharure de cubëbe.
Par-dessus toutes Choses, il faut soutenir les forces du malade et l'alimenter avec les substances les plus succulentes et les plus assimilables. On peut et on doit aider leur action par des excitants diffusibies : vin, alcool, café. Dans les cas d'affaiblissement extrême, on peut avoir recours aux injections hypodermiques d'éther.
M. Caàet de Gassicourt a consacré plusieurs leçons au croup, qu'il considère comme un des ^iccidents de la diphthérie dans lequel le rôle mécaniiiue des membranes domine toute la scène. Il insiste sur les aifficultés du di^nostic de celte complication avec certaines affections du larynx, et en particulier avec la laryngite strïduleuse. Si le diagnostic est facile dans la plupart des cas, il en est d'autres ou les difficultés s'accumulent, et on peut citer nombre de cas où les praticiens les plus expérimentés ont commis l'erreur. L'absence de fausses membranes gutturales dans les croups vrais, l'existence incontestable des croups d'emblée, l'apparition des premiers accès de suffocation du croup dans les premières heures de la nuit sont en pareils cas les principales causes d'erreur.
On lira avec intérêt, dans ce chapitre du croup, une théorie nouvelle du tirage fondée sur l'action automatique et réflexe des centres respiratoires, et sur l'épuisement des réflexes bulbaires comme cause déterminante de l'asphyxie ultime.
Le chapitre consacré à la trachéotomie contient un résumé substantiel des avantages el inconvénients des divers procédés. H. Cadet de Gassicourt ne nous paraît pas partisan des procédés dits rapides, qui exigent une grande habileté de ■nain et exposent à des accidents graves. Il insiste sur les avantages de la trachéotomie supérieure pratiquée immédiatement au-dessous du cartilage cricolde, point auquel la trachée est superficielle et facilement abordable. Il combat, au contraire, la trachéotomie inférieure, beaucoup plus laborieuse en général, et toujours plus dangereuse en raison de la situation profonde de la trachée.
L'existence admise par les médecins anglais et allemands de deux formes de croup : le croup inflammatoire idiopathique et le croup diphthéritique, a fourni à notre auteur l'occasion d'une discussion très approfondie, à la suite de laquelle il rqette, avec la majorité des médécia^aB^M, cette dualité de nature des deiâi@ti^,bHdhiW^^MB-
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vénients principaux est de suggérer «n certains cas des méthodes de traitement absolument dangerenses.
Nans devons encore signaler une étude bien intéressante de la diphthérie à forme prolongée, forme peu étudiée avant M. Cadet de Gâssioonrt. Cette diphthérie prolongée peut exister avec ou ^ns croup. Nous avons eu occasion d'observer une dinhthérie de ce genre occu|^anl particulièrement la gor^e et les fosses nasales, et qui a qnré plus de trois mois, chez une jeune dame qui l'avait contractée en soignant son enfant. Celui-ci avait succombé, après trachéotomie, à la suite d'une angine diphthéritique aiguë.
Après avoir exposé 1 état de la science sur la nature de Talbuminurie dipbthéritique, M. Cadet de Gassicourl aborde l'étude longue et difficile de la paralysie, de ses diverses variétés, de ses formes, limitée ou généralisée, cardio-pulmonaire, cette dernière si souvent mortelle. Il expose longuement les théories qui en x>nt été données, les altérations médullaires conslatées par divers observateurs dans ces dernières années, enfm les bons résultats fournis par le traitement électrique prolongé dans beaucoup de cas déjà anciens.
Nous ne pouvons qu'indiquer ici les points les plus importants de cette étude des paralysies diphthéritiques,^ que 1 auteur, a traitée avec un soin tout particulier. . Après celte longue étude de la diphthérie considérée dans tontes ses formes, nous arrivons aux leçons consacrées àane autre maladie, qui n'a de rapport avec la précédente que son extrême gravité ; nous voulons parler de la méningite tuberculeuse.
Cette maladie a un double aspect méconnu jusqu'à Rillet. Elle est par elle-même essentielleroeiit continue et à marche progressive, et, dans son cours, se manifestent des phénomènes d'aspect violent et capricieux, La tuberculose|la méningo-encéphallte en sont tes deux facteurs essentiels, et leurs gympt^hnes se surajoutent.
On peut y reconnaître trois formes : 1" la tuberculose latente a localisation méningée secondaire; 3° la tuberculose confirmée à localisation méningée également secondaire: 3* la tuberculose à localisation méningée primitive. Ces distinctions rendent compte des divergences qu'oifrent souvent les descriptions des auteurs.
Les cinq leçons que M. Cadet de Gassieourt consacre à l'étude clinique de la méningite ne laissent ancnn point de la maladie dans t'ombre, ta valeur des difTérents svmptômes y est rigouree sèment appréciée, les différentes formes de la maladie sont indiquées aufôï nettement que possible. Les détails d'anatomie pathologique y trouvent une large place. Nous recommandons particulièrement la lecture du chapitre consacré à la guérison de la méningite. Sans vouloir contester des faits appuyés sur le témoignage d'auteurs considérables, M. Cadet de Gassieourt cherche à élucider ces cas de guérison. Scrutant avec un soin particulier tous les détails de ces observations^ il montre nue ces méningites ne sont pas, la plupart du temps, de véritables méningites tuberculeuses miliaires, mais bien des méningites développées autour de quelque tumeur tuberculeuse. Ailleurs il s agit de produits fibreux, syphilitiques ou autres, de ces sclérosei bien observées et décrites dans ces derniers temps par MM. Fournter, Drevfous, J. Simori.
Malheureusement au lit du malade de pareilles distinctions ne sont pas permises. Dans l'assurance où nous sommes de voir la maladie aboutir ù une terminaison fatale, n'est-on pas autorisé à essayer toujours le traitemeiH par l'iodure de potassium et la liqueur de Van Swieten, qui peut, au cas où on aurait affaire à quelque néoplasme spécifique, donner un succès inespéré, sans d'ailleurs faire courir aucun risque sérieux au malade? C'est le cas ou jamais d'invoquer le vieil adage : f Meiium aneeps rmedium^ etc. >
latte MMi«ffnipU^.
GONSipiRATIONS SUH DEUX CAS DB l.DXAnON DR L'&PACLE E.V ARRIBRB ET EN BAS (LUXATION RéTftD-AXILUIBB), par le docleur
Fernand Bottby, ancien interne des hépitaux de Pans. Thèse de Paris, 1881. A. Davy. — Il s'agit d'aile variété de luxation de l'articulation scapalo-homérale ne pouvant être rapportée i aucun des types décrits jusqu'alors ' par les autenrs. Dans cette luxation en arrière, la l6le de Hiuoierus; au liea cle se trouver située sous l'angle postérieur de l'acromion ou dans la fesse sonsépineoso, est pmcée à plus de deux travers de doiRt au-dessous de l'apophyse ncromiale et en arrière du rebord axillaire de l'omoNate c'eitt donc une véritable luxalion en arrirre et en bas. De l'élude des deux faits observés par l'auteur, il résulte que ce déplacement, produit par clioc direct clies deux vieillards âgés de plus de soixante-dix ans, représente le premier degré de ta luxation sous-acromiale. Cbet adultes, la lëte humérate abandonne ultérieurement sa position rétro-axillaire pour remonter, sous l'action de la contraction et de l'élasticité musculaire, jjisqae sous l'acromioa. Chez les vieiKaids, au eottlraire, dont les muscles peu puissants n'offrent qu'une très faible réaction, le déplacement premier, produit par le traumatisme, demeure permanent, et l'on peut observer la luxation rétro-axitiaire. Celle variété de luxation est représentée sur use planche lilhog^phiée annexée à la thèse du docteur Bottey.
Ëtuoe sur le bruit de clapotement stohacal*. par le docleur Barauat m Lacazb. Tfaése de Paris, 1884. A. Davy.— Ce travail est consacré à déterminer les procédés de recherche da brait de clapotement ou de clapota^ stomacal, et i fixer sa vUeur séméiol<^que relativement a l'existence de la dilatation de l'estomac et des diverses affections de cet organe. Le bruit hydro-aérique de clapotement gastrique peut èlre provoqué par la palpation à
§ élites secousses ou par la succession hippocraliqae; il indique ans les denx cas ta présence simultanée dans l'estomac de gaz et de liquides, mais il acquiert, dans le premier cas, une valeur séméiologique bien supérieure, car il permet de déterminer le volume du viscère. On peut considérer ce bruit comme physiologique lorsqu'il est perçu au-dessus d'une ligne horiiontaïe passant par le cartilage d'uuion do la neuvième et de la dixième cdie, et moins de deuslieures après l'ingestion d'un liquide, ou de six heures après l'ingestion d'un repas ordinaire. En dehors de ces conditions, il est l'indice d'un état morbide : inertie gastrique sans dilatation, ou dilatation stomacale. Il y a inertie ^slrique sans, dilatation lorsoue le clapotemenl, pen;u dans la région normale, s'entend au delà des limites de temps indiquées après l'ingestion des boisions on des aliments. Oo peut, an contraire, diagnostiquer la dilatation gastrique lorsqu'il eat perçu ui delà des mêmes limites et au-dessous de la région normale. L'antcur signale, en outre, certains cas où la dilatation peut exister sans que l'on constate le bruit de clapotement, par exemple chez les phthisiques qui ont des vomissements.
Traité pRATiQim des maladies des organes sexuels, par le docteur Langlebbrt, ancien interne des hépilaux. Paris, 1885. Octave Doin. — Cet ouvrage est écrit surtout & un point de vue pratique, celui du trailementdearoaladiea génitales. Il comprend, dans une première nartie, l'élude des affections des organes sexuels de l'homme : la blennorrhagie aiguë et ses nombreuses complications, abcès périurélhraux, cystite, prostatite aiguë et chronique; la blennorrhagie chronique ou blennorrhée ; les rétrécissements de l'uréthre et les maladies qui en dérivent, affections des reins, l'étention et înSIlration d'urine, abcès urineux, fistules; l'herpès, les végétations, le phimosis, elc; les maladies du testicule et de ses enveloppes; l'impuissance et les pertes séminales. Enfin les deux derniers chapitres sont consacres à la blennorrhagie de lafismme et à la leucorrhée.
Bulletins bt mémoires de la Société française o'otologie et DE LARYNr.oLOGiE, t. I, fascicute III. Paris, 1881. A. Delahaye et Ë. Lecrosnier.— Ce fascicule renferme d'intéressants mémoires sur les corps étrangers du larynx et de l'œsophage, sur l'autophonie, le rétrécissement syphifitique de la trachée, les synergies fonetionnelles bi-anriculaires ; sur remolo) de l'acid^chromique
Kur la cautérisation dans Jes. maladies»iu neBrfdn^mnox et du 7nx; surl'électroljse dâi9ii^vi)4ob«lAiqin^ây la
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trompe d'Euslache ; sur la Ihyréolomie daiuua cas d'épillléiioma primitif du lanrnx, etc. Oa poom, «d outre, oonsahar avae fnâx le compte rendu des diseuasicns aui^iudln ont donné lieu cas diverses communications.
ÉTCDB CUMIQUB SUR IM ACClOBBTrS TVBBRGULUlX BRIGHTIQUBS
SANS TUBERCUUMK R^NALG, par le docteaT Vahr&h H.ToBKOmAir. Thèse da Paria, 1884. Alphonse Dermne. — Il résulte des intéressantea neheréhes auxquelles s'est livré l'aatenr que l'apparition 4a la maladie de Briëfbl dans le cours de la tuberculose puU monaire constitue une complication rare el fâcheuse qui vient anraver le pronostic. Elle entraîne, ches les tuberculeux, une sene d'accidents divers qu'il est permis de ranger sous trots chek principaux : accidents eardin-pulmonaires, gastro-intestinaux et cérébro'Spinaux. Parmi eux, ce sont tes accidents res{Kratoires qui se montrent avec la plus grande fréquence. Tons d'ailleurs résultent de l'urémie qui accompa^e le mal de Bright, bien que la forme clinique de ces manifestations urémiques diffère sur plusieurs points de l'altaque d'urémie classique, ainsi qu'on peut le voir dans les observations reeMiTIies par le docteur Torkomian. Le développement de la maladie de Bright ne se produit pas indifféremment cbextous les tuberculeux; il se montre surtout chez les sujets jeunes, et reconnaît presque constamment pour cause l'impression du froid. Il est un point du plus haut intérêt que ranleur n'a fait qu'aborder, et qui appelle de nouvelles reehercket : c'est l'iafluence réciproque de la lubercolose et du mal d« Brigbt sur l'évolution respective de chacune de ees affections, l/auleur a cm pouvoir émettre, à litre d'hypothèse, ropinion que les modilica tiens du liquide sanguin, chez les malades urémiques, rendaient le parenchyme pulmonaire plus propre h l'envahissement rapide par le bacille de la tuberculose. Il a constaté en effet, à l'autopsie, dans des cas de ce genre, des pertes de substance considérables dans le poumon, bien rares an eonrs de la luherculose commune.
De la CRIXINALITâ CHEZ LIS ARABBS AU POINT DE VUB DE LA PRATIQUE HÉDICO-JUDICIAIRE EN ALGÉlUB,par le docteuf A. KuCHER.
Parts, 1884. J.-B. Bailliére etQls. — Après une étude des mœurs et coutumes des habitants de l'Algérie, ainsi tjue de la législation qui les régissait avant la conquête, Fauteur traite successivement, auj)oint de vue médico-légal, les questioiu générales pouvant se
itresenter dans toute procédure, &ge, sexe, élat civil, indices proéssionnels, tatouages, etc.; les attentats contre les pffirmnes; enfin les qjoestions relatives à l'instinct sexuel et aux foi etiom de reproduction. H fait resBwlir avec soin les particulBrités inh^ rentes aux races africaines et aux disciples de Mahomet, et met en garde le médecin légiste, appelé à se prononcer en Alsérie, contre des causes d'erreur toutes spéciales qui pMrraient l'égarer dans l'interprétation matérielle des faits ou dans l'appréciation du degré de responsabilité des accusés.
TàRIÉTÊS
SvpHiLis ÊQtJiNE. — Nos leéteurs ont remarqué dans le tome XX, â* série, de la Oazette hebdomadaire (p. 315 et suiv.) un travail de M. Laquerrièr«, vétérinaire militaire, sur la syphilis équine. Le manuscrit en avait été rédigé pour le Dictionnaire encyclopédique. L'éminent collaborateur chargé de l'article Syphilis, dans le Dietionnairej ayant tenu k y Irsiter lui-même de la syphilis des animanx, il nous avait pam que la publication immédiate dn travail de H. Laquerriëre dans la Gazette aurait le double avantage de donner à ce mémoire la grande publicité dont il était digne, et de permettre à M. RoUel de tenir compte, dans l'article ^u'il allait rédiger, de conclusions qui ne seraient plus inédites.
^r la demande de U. I^aquarrière, nous ne tamm nulle difficulté de déflarer que le chapitre de rarticle Syphilis relatif & Tanatomie pauiologique do mal de cOU (t. XiV, 3* sériO) p. 488 et 489) est pre8i|ue entièrement emprunté au mémoire de M. Laquerriëre, cité d'ailleurs deux pages plus hautj avec éloges, comme une des sources auxquelles le chapitre allait poiier sçs docuraenls.
Exercice illégal de la MfiiiBcniE. PouRsmTS. Intervention d'un syndicat médical : demande de D0MMACE8-
IHTÉBËT5. Rejet.
Un sieur Launay était poursuivi devant le trikonal de Domfront pour exercice illégal de Tart de guérir dans la commune de LoDlaye-FAbbaye. Le syndicat médical de Domfront, constitué conformément aux prescriptions de la loi du 21 mars 1884 , se porta partie civile dans la personne de son président, M. Lory, et demanda 3000 francs de dommages-! nlérèls. Cette demande a été rejctée par un jugement longuement motivé (6 décembre 1884), dont nous croyons devoir reproduire en grande partie le, dispositif tendant à dénier aux médecins le droit même de se constituer en syndicats et refusant en tout état de cause aux syndic^its actuels le droit d'ester en justice.
< Attendu que la loi du 21 mars 1884, en uitorisant la création de syndicats ou d'associations profassionnels, même de plus de vingt personnes exerçant la même profession, a exigé, dans son article 3, que ces associations aient esdusivement pour but l'étude et la défense des intérêts économiques, industriels, coirimerciaux et agricoles; que cette disposition ae la loi ne saurait être étendue à d'autres ca? qu'à ceux qui ont été spécialement et nominativement iDdigués parle l^islateur; que, s il en élait autrement, toute assoaation professionnelle aurait le droit des'oo* cuper de questions politiques ou religieuses ; que, cependant, il est certain que la loi a voulu éviter un pareil résultat;
> Or, attendu que, si l'on est amené a reconnaître que l'énonciation contenue dans l'article 3 est limitative, il parait difficile d'admettre que les médecins, qui n'ont ni intérêts économiques, commerciaux on industriels a etndferou à- défendre, puissent se constituer en syndicat ;
> Attendu que, dût-on admettra que des mddecins pniuenl se constituer en syndicats, il resterait k rechercher si ces syndicats ont le droit d'ester en justiw;
- » Attendu que, d'après la loi du 31 mars 1884, ce droit n'a é^ accordé qu'à une certaine caté|rorie de syndicats ;
> Attendu, en effet, qné rar4iele6 de cette loi est dnsi conçu : c syndicats professionnels de patrons et d'ouvriers auront le * droit d'ester en justice. ...... ^
» Que la loi, il est vrai, ne dit pas: Auront 8ettt$ te droit d'ester en justice; mois que l'on ne comprendrait pas, si tous les syndicats professionnels régulièrement constitués pouvaient user du droit dont il s'agit, que le législateur eût employé une formule restrictive ot ne se rat pas borné & dire que les syitdicals professionnels régulièrement constitués avaient le droit d'ester en justice;
> Vu-lesarti^ 194- dn Coded'instmelion criminelle, 2 et9de laloîda.8Sjuill0t1867,^
Avon motifs,
- » Déclare non recevable l'intervention formée par tes parties de H* Lecler, aux qualités qu'elles agissent ; eondamne cesdttes parties aux frais^occasionnés par leur intervention; dH que, dans ces firais, sera comprise la vacation due à l'avoué de IjiuDay. >
L'inculné, qui n'avait usurpé ni le. titre d*officier de santé ni celui ae docteur a été nondaroné k 5 francs d'amende par chacune des contraveatioas relevées contre lui.
Appel a été interjeté contre ce jugeakent par le srndicat médical de Pomfront. L'affaire doit venir dennila unir de Caen, où elle est même, si noua ne wmis trompons, inscrite BU rôle pour demain 6 février. De plus la même question va être, nousdît-on, portée devant le tribunal deBernay (Eure), od le syndicatlocal aura, comme celui de Domfront, pour avocat M' Goulet, qui, avec cinq ou six autres jurisooBsnhes, s'est occupé spécialement do la matière. Ëf^iiest fort probable que la (four de cassation sera appelée à se prononcer. Dans ces conditions une appréciation de notre part serait aussi hasardeuse (jue de peu d'utilité. Nous nous bornerons .& dire, après avoir pris connabsance et/du Jugeai^ du tribunal de Domfront et du texfts^d* li9i!«iiFl3^Ms&,
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a ue cette loi pourrait bien être une de celles, si communes, aus notre législatiun^oùdes inadvertances de rédacti/>n rompent l'accord entre divers articles d'une même loi ou entre tel ou tel article et rintention manifeste du législateur. Ainsi l'arUcIe 6 dit bien : c Les syndicats professionnels de 2mtroH8 ou d'oueriers auront le droit d'ester en justice » ; inajs Tarlicle t avait reconnu le droit de se constituer en syndicats aux personnes exerçant la même profession, des mt^tiers similaires ou des professions connexes ; et toutes ces associations ont la liberté (art. 5) de se concerter (de 'se fédérer) pour l'étude et la défense de leurs intérêts économiques, industriels, commerciaux et agricoles (1). Pourquoi le droit d'ester en justice, qui souvent est le moyen le plus efficace de défendre les intérêts professionnels, serait-il réservé aux patrons et aux. ouvriers? La commission du Sénat, ni le Sénailui-mème ne l'avaient pas entendu de cette manière, si Ton s*en rapporte à cette déclaration du rapporteur de la loi, H. Tolain, relevée déjà dans des écrits par plusieurs jurisconsultes, tels que BfH. Brunot, Wornià, etc. « On a cru tout d'abord, dit M. Tolain, parce que la lei s'était servie des mots intérêts professionnels t qu'elle voulait en restreindre, limiter et circonscrire l'applicalioù ausc seuls ouvriers qui travaillent mattuellement, aux ouvriers iudustriels. ' /amais la commission n'a eu une telle pensée; elle espère bien, au contraire, que la loi qui vous est soumise est une loi trë^ large, dont se serviront un très grand nombre de personnes auxquelles tout d'abord on n'avait pas pensé : les gens de bureaux, par exemple, les comptables, commis, employés de toute espèce; en un mot toute personne gui exerce une profession ainsi quHlest dit dans la /oi, aura le droit de se servir de la nouvelle législation que nous allons.voler. » Cette déclaration ne fut contredite par personne. M. Hongin, professeur à la Faculté de droit de Dîjonj range nominativement la médecine parmi les professions à jOuir du bénéfice de la loi.
— Poursuite en police coRnacnoNNELLs de hêdecins par
VV CLIENT. KejBT. DbHANDB RE CONVENTIONNEL LE EN DOHXAGES-
tNTÈnÊTS. Condamnation. — 11 faut citer ce jugement du tribunal correctionnel de la Seine qui a fait un certain, bruit, oiémo au Palais. Si les magistrats sont disposés, non sans raison, à prendre au sérieux la responsabilité civile ei criminelle des médecins, on va voir qu'ils ne le sont pasmoius à eoipôcher que cette arme, toujours pci'illeuse pour nous, puisse être impunément maniée par des clients ingrats. MH. Trélat, Deleos, Piogey oncle et neveu, étaient poursuivis pour blessures par imprudence, par un sieur Bouyer, officier de sauté, se disant docteur en médecine, rédacteur du Courrier de la Bourse et des chemins de fer. Nos confrères, qui n'avaient pas réclamé d'honoraires du malade, ont ré|K>ndu par une reconveotion en dommages-iatéréls. Tous les faiisdela cause ODlétabli que Bouyer, blessé & la main, avait reçu de ses médecins les soins les plus empressés comme les plus intelligents. Le tribunal a rejeté la plainte et a condamné le plaignant à payer à chacun des médecins la somme de 3000 francs à Ulre de dommages-intérêts : total, 12000 franci.
L'ARiite DIT TocfKiN. — VUuion médicalet rappelant la campagne entreprise par M. Lereboullet dans la Gazette hebâomadaire de 188^ contre l'insnrasance des moyens de secours mis à la disposition du corps expéditionnaire de Tunisie, reproduit, sous la signature de M. le docteur l>. Bouloumié, de nombreux extraits de lettres envoyées de Formose à sa famille et à ses amis par un officier qui a conquis tous ses grades aux colonies. Insuffisance d'hommes, insutlisance de matériel, insufQsance de moyens de secours, insuffisance de vivres, et mortdiité relativement considérable de soldats surmenés sous un climat dangereux, voilà ce qui
(1) Lea tmioM de n/Hiloatt ou fiSdcralioBi no joyitaent p» la peraonnlilé civiloqt du droit d'wtcr en jnUice; colle fsTeur n'Mt atulhuée qu'aux sjudinoU iio* Itft ; c'en u qni rdanllc d'aoo déelaralion du rapporteur (H février 1891). 11 »l vrai que rien ntepiehenU loulca Ict perionnes exercanl uao mûme profeMion de can> atïlMr m wul ajmdiuat pour loule lu Vnnu.
ressort de ces lettres. Ces révélations (s'il y a révélation) n'émanent pas, comme celles qu'a faites autrefois la Gazette I hebdomadaire, de médecins attachés au corps expédition- , naire; de plus, elles datent des mois de novembre et de décembre. On peut donc espérer que les choses ont un peu changé de face après l'envoi des renforts; mais les laits signalés n'en existeraient pas moins, et ce serait déjà asses déplorable. .
PAIN GRILLÉ. — Nous protostons de toutes nos forces contre l'abus qui est fait en ce moment du nom du regretté I^^onssagrives, au profit d'une spéculation sur le pain grilté. La signature Fonnsagrive (te nom même est estropié} est apposée au bas d'un prospectus ridicule qu'on a eu soin de terminer par des ligacs tirées de son Hygiène alimentaire. C'est un véritable faux : un de ceux malheureusement contre lesquels il est le plus difficile de se défendre.
Faculté de médecine de Paris. — M. Charrin, préparateur du laboratoire de pathologie et thérapeutique générales, est nommé chef dudil laboratoire en remplacement de M. Capilan, démissionnaire.— M. Roger, interne des hôpitaux, est nommé préparateur du laboratoire de pathologie et thérapeutique gén,érales, en remplacement de H. Cnarrin.
NÉCKOLOCiE. — On annonce la mort de MM. les docteur» .\ug. Jansen, médecin militaire belge de 1*^ classe; Refroigney, gendre de Graiiolet; Félix Goueill (de Callioure): Paul, auden médecin principal en chef de l'hApital du Dey; Josepn Mousseux (de
Dinan).
LÉGION d'honneur. — A été nommé chevalier, H. le docteur HaJmagraiid père (d'Orléans).
BÉcoMPENSES HONORIFIQUES. — Sont nommés officiers d'Académie : MM. les docteurs Droquet, à Gonesse; Debrand, à Paris; Duflocq, lauréat des hôpitaux; Dumontaignc-Grandpré, Aubervilliers; Marieux, à Paris; Michaud, à Aubervilliers; Obissier, à Paris ;Rossi, i Sistcron; Sedan*Miegemolle, médecin-major au 61* de ligue; Signez et Tisné, à Paris.
Cours n'AccouCRBiiBriT en ouARAmB-DBtrx lsçons. — MM. Bar et Auvard recommenceront leur cours le liindl 16 février, à quatre heures et demie, 5, rue du Pont*de-Lodi. MM. les étudiants seront exercés aux manœuvres obstétricales. Pour les renseignements et pour se foire inscrire, s'adresser soit h M. le docteur Bar, i, rue ïiaint-Plorentin, soit à M. te docteur Auvard, 21, rue de Lille, les lundis, mercredis et vendredis, & une heure et demie.
Société médicale des hôpitaux (séancedu vendredi 13 février). — Ordre du jour : M. Debove : Sur la fièvre faystérioue. — M. Richard : Sur la transmission de la tuberculose par la voie génito-uriuaire. — M. Slraas : La tuberculose est-elle transmise par la vaccine? —M. Desnos : Sur un cas de tumeurs cérébrales. Présentation de pièce anatomijjuç.
Mortalité a Paris (5* semaine, du 25 au 31 janvier 1885).
— Fièye typhoïde, ;t2. — Variole, 3. — Rougeole, 38. — Scarlatme,) 1. — Coqueluche, 4. — DIphIbérie, croup, ii. — Choléra,'^. — Dysentérie, 0. — Er^ipèle, 4. — Infections puerpéradeâ, 7. — Autres aHectioos .épidemiques, 0. — Héniogile, 5H.
— Phtbisiepulmonaire, 199. — Autres tuberculoses, 15. — Autres affûtions générales, til. — Malformations et débilité des ftgei extrêmes, 87. — Bronchite aiguë, 53. — Pneumonie, 125. — Athrepsie (gastro-entérite) des errants nourris au biberon et autrraaent, 35; au sein et mixte, li; inconnu, 3. — Antres maladies de l'appareil cérébro-spinal, 114; de l'appareil eirculatiire, 103; de l'appareil Respiratoire, 138; de l'appareil digestif, 40; de l'appareil géni'Qrurinaire, 25 ; de la peau et du tissu lanùnenx, 12; des os, airtienlationi et mnsclei, IS. ~- Morts violentes, 17. — Ganses non classées; 11. — Total : tS32.
G. Masson. Propriétaire-Gérant.
6 Février 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE GHIRUaCIE — «• 6 — 101
COMMUNICATIONS PHARMACEUTIQUES ET BIBLIOGRAPHIQUES
THÉRAPEUTIQUE
CoatrllMi«Uii * l*««nde da tnil«eaieB« ^ 4y»pef |e».
L'introduction de la médicatiou chlorhydro-pepsique dans la thérapeutique des dyspepsies a ^ésol^ un prohlëme dont U solution était depuis longtemps cherchée. On sait que, lians cet état pathologique si fréquent, la digestion est laborieuse, incomplète, quelquefois douloureuse, el que l'aptitude fonctionnelle de Testomac est toujours alTaiblie. Cette aptitude à digérer repose sur deux facteurs essentiels : la sécrétion des sucs digestifs et l'activité des muscles de Teslomac. Si ces éléments essentiels viennent & manquer, Is digestion est aussitôt troublée, c'est la dyspepsie avec son cortège si varié de symplûmcs.
Partant de ces données cliniques, M. Grez, s'âppuy<int sur les découvertes physiologiques, a institué la médication chlorhydro-pepsique dont le principe actif, la pepsiue-chlorhydrique, supplée à l'iosufGitance du suc gastrique, tandis que les amers qui lui sont associés stimulent la vitalité de l'appareil digestif. La pepsine chlorbydrique. qui rappelle le suc gastrique par ses éléments actifs, possède un pouvoir digestif très puissant, et Texpérience clinique a démontré que la forme liquide était préférable pour administrer ce ferment. L*élixir chlorhydro-pepsique Grez n'est autre qu'une solution titrée contenant 50 centigrammes de pepsine par cuillerée à bouche; les doses qui ont donné tes meilleurs résultats sont un verre à liqueur à chaque repas aux adultes et une à deux cuillerées à dessert aux enfants.
De nombreuses expériences ont démontré la puissance thérapeutique de cette médication : il nous suffira de rappeler les résultats si remarquables obtenus avec cette pré^ration par MH. Archambault et Bouchut, à Thépital des Knfanls; Ch. Frémy, de l'Hôtel-Dieu; le professeur Guble -, Gilette, Huchard, Lucas-Ghampionniëre, Troisier, médecins et chirurgiens des hôpitaux.
Encouragés par tes résultats obtenus dans les hôpitaux, un*^ grand nombre de praticiens ont expiSHmenté cette médication dans différentes formes de dyspepsies, et la guérison de la plupart des malades est veiiue confirmer la valeur thérapeutique de ce traitement.
M. le docteur Chéron, médecin de Saint-Lazare, qui a fait un large emploi de l'élixir Grez, attache une grande valeur û ce médicament dans le traitement des troubles digestifs et même pour combattre les vomissements de la grossesse.
Plusieurs observations de MM. Letort (de Bierné) el
Girard ont démontré |refficacité de cette préparation pour combattre les vomissements de la grossesse. Deux jeunes femmes enceintes, atteintes de vomissements que rien ne pouvait arrêter, ont vu les vomissements cesser et leur état général s'améliorer rapidement, grâce à l'emploi de l'élixir chlorhyilro-pepsique.
« J'ai plusieurs fois employé l'élixir Grez, écrit H. le docleur Miffre (de Calës), et je suis henréiix d'annoncer que j*ai retiré de son emploi les meilleurs effets. Dans un cas, entre autres, de dyspepsie particulièrement rebelle avec état général grave, le résultat a été des plus satisfaisants. >
Bon nombre de médecins,' se basant sur l'action tonique de ce traitement, ont administré cette préparation pour combattre l'anémie; les résultats ont été merveilleux. « Ce traitement, dit H. le doeleur Courtois, m'a permis de combattre facilement l'anorexie, souvent si rebelle ebes les anémiques et les enfants ; il m'a suffi d'administrer pendant quelques jours cette préparation avant chaque repas pour voir l'appétit se réveiller et l'étal général s'améliorer rapidecnent. » « Les résultats si remarquables que j'ai obtenus avec l'élixir Grez, chez les dyspeptiques, dit M. le docteur Gorlier (de Rosny), me permettent d'affirmer que cette médication est appelée à un véritable succès dans le traitement des dyspepsies. »
Un malade atteint de diarrhée incoercible, auquel M. le docteur Châtelain (de Nancy) a prescrit l'élixir chlorhydropepsique, après avoir inutilement tout essayé, a été rapidement guéri, grftce à l'emploi de celte médication dont les effets dans ce cas particulier ont été merveilleux.
Ces quelques citations, que nous pourrions multiplier, suffisent pour expliquer le succès de cette médication, qui, suivant l'expression d'un expérimentateur, est venue combler une lacune de la thérapeutique des djapepsies.
D' P.-G. Robert.
fOi rf» e -, GAZtTTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
THÉRAPEUTIQUE
M. Harcr. — hmm emux contaailnécii ci Im nmladles lnf«etle»cs.
Dans un Ir^vail récent et très remarqué, présenté à l'Acaîlénïie des sciences, le 27 novembre dernier, M. Marey s'est afiaché, à mettre en lumière le rôle considérable comme l^nls lie transmission tles maladies infectieuses (fièvre tyl^lde, èholéra, etc.) des eaux souillées par les déjections ou par toute autre matière organique.
Jusqu'il présent, presque jamais, en France, on n'avait ^n^ compte du danger de la contagion par tes eaux conta-- (Difièes;.- Le -irayaîl de H. le docteur Horey est important, au éteoblefoinl de vue 4f sa noaTeavlé et de la granté 4«s ftiite qu'il révèle.
H résulte, eu eCTet,^ des abseryalipns multipliées du savant jicadëmicien que, dans les diiïérenles épidémies, la conta? qiinalion p«r )'eau a été généralement le mode dominant et quetqw^ois le mode exclusif de transmission. ■ L'influence si souvent constatée des eaux sur la marche eii avant ou la recrudescence sur place de la terrible maladie n^esl pas due aux vapeurs de ces eaux, ni aux brouillards qui en émanent, pas plus qu'à l'humidilé qu'elles entretionneot dpns leur voisinage ; cette influence réside seule dans l'introducliou dans l'organisme des germes des maiadies infectieuses par l'ingestion des eaux contaminées prises en boissons.
B.'après M. Marey, la production des foyers épidémiques localisés dans certaines rues ou dans certaines maisons est le plus souvent la conséquenee de la contamination accidentelle des eaux potables.
Autour d'un puits malsain, au bord d'une rivière souillée, Iç groupe des habitants qui s*y approvisionne d'eau est exposé ft la contagion.
En résumé, conclut M. Marey, parmi les influences multiples qui peuvent transmettre la maladie, il en est une qui, par son intensité, domine toutes les autres : c'est la souillure des eaux livrées à l'alimentation publique.
On nous dit que rAdministnUwa a pris note des observalions de M. Marey, ainsi que de celles présentées à l'Académie de médecine dans les séances d'octobre dernier, par MM. Brouardel, Daremberg, Gautier et Bouley. Hais y a-t-il là des garanties suffisantes et les populations rurales et urbaines doivent-elles se trouver suffisamment protégées non seulement contre le choléra et la (lèvre typhoïde, mais contre
6 Février 1885
les antres maladies contagieuses, telle que la scarlatine, etc.? Nous n'oserions l'affirmer et nous croyons au contraire que les eaux qui étaient contaminées il y a un mois le sont encore aujourd'hui, ma^ré les- soins qu'a pu prendre l'adoiinistratioii.
Il est donc du devoir de tous les médecins de mettre les populations en garde contre les dangers qui résultenl de l'ingestion des eaux impures.
Quelles mesures devons-nous conseiller? On ne peut plus compter sur les eaux gazeuses artificielles, qui présentent tous les inconvénients des eaux ordinaires, plus ceux qui résultent de la manipulation. C'est donc aux eaux minérales naturelles qu'il faut s'adresser. Mais là encore le choix est difficile, à cause de l'innombrable variété des sources, dont les unes sont trop gazeuses, trop médicamentées, trop ferrugineuses ou présentent le défaut contraire.
Il faut d'abord écarter en tout temps et plus encore en temps d'épidémie, les eaux dont les sels alcalins de potasse et de soude peuvent affaiblir l'économie. Il faut au contraire donner de la vitalité à l'oi^anisme et prendre une eau ferrugineuse^ Parmi celles-ci les unes sont trop gazeuses, les autres peuvent, par l'excès de fer qu'elles contiennent, produire de la constipation.
L'expérience et la clinique nous indiquent les eaux dont la vieille source Pougttes Saint-l/ger est le type et qui contiennent du fer et de la chaux en quantité moyenne pour permettre une bonne assimilation, une augmentation des g\obules rouges et fournissent au système osseux les aliments nécessaires à sa réparation.
li y a là une indication clinique sur laquelle il nous a paru bon d'insister et qui complète les communications si inicressentes de MH. Marey à l'institut et Daremberg à l'Académie de médecine.
(Jimmat de médecine de Paris.)
6 Février 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE
THÉRAPEUTIQUE
■0 la CréMWle d« hélre «aaoctée mn Ihuum de Tola ci .Ml govdron de Korwège. .
La Créosote de hêtre a été découverte par Reichenbach, chimiste, de Blanslio, en Moravie. C'est un produit pyrogéné, dont la composition est : 76,2 de carbone, 7,8 d'hydrogène, 16 d'oxygène; son nom vient de xpéctc, chair, et aùi^tù, je conserve. Cette heureuse étymologie, suggérée par sa propriété essentielle, nous indique faction qu'elle exerce dans le traitement de toutes les alTeclions de la poitrine et des voies respiratoires.
Les remarquables travaux des docteurs Bouchard, Gimbert, etc., ont afflnné sa haute valeur thérapeutique, qui n'est plus discutée aujourd'hui.
La crépiote se présente sous l'aspect d'un liquide incolore, oléagineux, presqu» insoluble dans l'eau, mais soluble dans l'alcool, l'éther acétique et les huiles essentielles. On la retire du goudron de bois et du goudron de houille.
La composition de ta créosote en révèle naturellement les propriétés; elle coagule l'albumine et constitue l'une des substances les plus antiseptiques et les plus antiferment^ cibles. Elle tue avec une rapidité surprenante les organismes inférieurs. Le seul défaut de ce médicament, c'est d'être mal toléré par certains tempéraments, de causer des nausées, des vomissements, et, dans tous les cas, des reavois, qui obligeaient à en suspendre l'emploi. Il fallait trouver une substance qu'on pût tut adjoindre pour faire disparaître ces inconvénients. Des travaux importants ont fixé le choix sur le Baume de TolUf qui présente, pour cet usage, des avantages particuliers.
Tous nos lecteurs connaissent la couleur jaune et l'odeur balsamique et agréable de ce baume, obtenu par l'incision de l'écorcc du Myrospermum Toluifenm, plante de l'Amérique méridionale. Tous aussi savent que ces substances résineuses renferment soit de l'acide benzolque, soit de l'acide cinnamique, qui leur assurent des propriétés antispasmodiques et anticatarrbales très énergiques.
De toute antiquité, les baumes balsamiques étaient employés avec succès dans le traitement des phlegmasies chroniques, qui ne pouvaient supporter l'usage des térébenthines.
Le baume de Tolu, dont la découverte remonte au delà de Dioscoride, était, dès cette époque, employé au traitement de tous les flux muqueux, des maladies chroniques du poumon, calarrhales et nerveuses, ainsi que dans les affections du larynx produisant l'enrouement et l'extinction de la voix, raucedines et apAoniœ, et même dans la phthisie tuberculeuse. Norton s'exprime en ces termes au sujet d'une préparation pitutaire composée, en majeure partie, de baume de Tolu : Istœ pHultSj in seorbuticorum et serofulorum lentd phthisi {rutB quidem sunt frequentisiimœ phthisies),ubi febris {si uUa est) estadmodum milisj etexsputum phlegma quadamlenus glutinosum, asthmaticorum ritu^ curatio' Hem non tantum inprincipio mor&i, verum eliam in progressa insigniter promovent.
La réputation du baume de Tolu est bien établie, et il nous a suffi de rappeler ces anciens travaux pour indiquer que nous n'avons pas affaire ici à une de ces préparations dont reflQcacité est aussi passagère que la vogue, mais à un bon produit de vieille renommée.
En ajoutant le govdron de Norvège k ces deux substances
d'une activité si incontestable et si universellement reconnue,
on arrive à composer un médicament d'un effet silr et d'une puissance toute nouvelle, qui peut s'apprécier par celle de ses éléments.
Le goudron végétal (pix liquida) du groupe des lérébenlhinés s'obtient par la distillation des bois de pin qui ne donnent plus de térébenthine. Il se présente sous la forme d'une masse demi-Huide (de consistance, sirupeuse),' de couleur brune, d'une odeur empyreumatique, d'une saveur Acre.
C'est un mélange complexe de résine et d'une huile essentielle empyreumatique qui s'est formée, en partie, par Taclion du feu sur la résine ; il contient aussi du charbon.
Au double point de vue physiologique et thérapeutique, le goudron produit des effets qui se rapprochent de ceux de la térébenthine ; mais comme cette dernièrej il n'est pas contre-indiqué par les éléments lièvre congestion in-: flammatoire.
Il est employé avec grand succès, depuis un temps immémorial, dans tes affections des voies respiratoires, en raison des heureuses modifications qu'il apporte sur la muqueuse 1 rachéo-broncliique.
L'hydrolé de goudron a reçu, dans ces derniers temps, ile nombreuses applications, grâce aux préceptes de préparation si bien établis par Guibourt, Lefort, Soubeiran, Magne-Lahens, Mignot, Jeannel et nombre d'autres savants.
Après de nombreuse» expériences, nous nous sommes, arrêté à une formule, d'après laquelle nous avons faiL préparer de petites capsules ovoïdes par HH. Truuelle-, Perret, pharmaciens k Paris. . .
Chaque capsule doit contenir :
5 centigrammes dn créosote pure de hêtre ;
7 centigrammes \/i de goudron purifié de Norwège ;
7 centigrammes 1/2 de baume de Tolu.
Ces capsules, appelées par leur auteur fîou/fex Livonieniies de Trouette-Perret, doivent être employées aux dosés suivantes :
Dans le cas où la maladie a peu de gravité, et si l'on ne veut qu'un moyen prophylactique, deux capsules le matin et deux le soir peuvent suffire; mais il n'y a aucun inconvénient à porter plus haut les doses.
Dans les cas plus grave?, on cuminenccra par quatre capsules le matin et quatre le soir, et on augmentera la dose de manière à arriver à douze capsules par jour, en graduant suivant l'état de la maladie et l'effet que l'on dé&ire obtenir.
Il est indispensable, chaque fois qu'on aura pris de ces capsules, de ne pas leur permettre de s'arrêter dans les plis de la gorge, et de les faire descendre dans l'estomac en avalant un quart de verre d'un liquide quelconque, eau, lait, vin, thé lé^ger ou tisane froide ou chaude.
Lorsque les Gouttes Lîvoniennes auront rétabli la sanlé, il sera bon de n'en point abandonner brusquement l'usage, el, dans tous tes cas, de s'y remettre une quinzaine de jours au retour de l'hiver, et notamment aux changements de saL«on$, accompagnés de temps humides.
D' Ë. Lasniëe.
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