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HYGIÈNE ALIMENTAIRE

ll« l*allMeatotloa dm Jenae* eaffMto pmr te AiriM

(Hôpital des Enfants malades : M. Bouchut.)

La question de l' alimentation des jeunes enfants et des dîfTérents procédés à suivre dans ce but se pose à chaque instant dans la pratique médicale. Le médecin est souvent embarrassé, et il u'a pas toujours en dedans de lui des motifs sérieux et scientifiques à se donner pour conseiller un aliment plutôt qu'un autre.

Je ne parle pas de la question d'opportunité, c'est-à-dire du moment où Ton commence à nourrir les jeunes enfants autrement qu'avec le lait. Ici les règles sont précises. Tous les médecins sont d'accord.

On sut que, dans les premiers mois de la vie, les organes anatomiques de la muqueuse intestinale ne sont pas suffisamment Tormés pour la digestion des féculents, et qu'ils ne se formenl que par degrés. Ce n'est qu'au troisième ou quatrième mois de la vie que les féculents peuvent être transormés et digérés par la muqueuse gastro -intestinale. Sous ce rapport, on peut donc affirmer qu'il est dangereux de donner des bouillies, des panades et autres substances féculentes avant le quatrième mois. Pour moi, je ne commence qu'au cinquième.

Hais lorsque le moment est venu et qu'on commence à vouloir donner autre chose que du lait aux jeunes enfants, quel est le mode d'alimentation à adopter?

La viande doit être sévèrement exclue. Tout au plus doit-K)n permettre le bouillon de poulet ou de bœuf très faible. C'est le moment de commencer l'usage des potages féculents et des potages préparés avec les différentes substances farineuses connues.

On peut employer l'arrow-rool, lesagou, le manioc, ce qui se fait beaucoup dans nos colonies, la farine de riz ou le blé, la farine Norton.

Des travaux entrepris sur la composition de la farine d'avoine, il résulte que celle céréale renferme de la matière grasse, un principe aromatique qui a quelque rapport avec celui de la vanille, et qui donne à la graine fraîche une odeur qui enivre parfois les chevaux et l'homme. Journet a pu l'extraire au moyen de l'eau, puis de l'atcdol.

D'après les travaux de Payen, de Franckland, la farine d'avoine possède Vêquivalent nutritif et calorique le phis élevé parmi les autres farines, et en outre contient le plus de fer.

D'après une analyse de Vogel, l'avoine contient :

Fécule '. 59.00

Albumine 4.30

Gomme.... Î.50

Sucre el principe amer 8.fô

Hoite grasse jaune vcrdftlre soloble dans l'alcool

bouillant 2.00

Matière fibreuse Q. V.

Davy, dans son analyse, y a trouvé 6 pour 100 de gluten, matière non signalée par Vogel.

Dans cette occurrence, et pour fixer d'une façon plus précise la composition de cette farine, j'ai fait faire une analyse nouvelle par M. Brissonnet, interne de l'hôpital des Enfants malades, et licencié ès sciences.

ANALYSE nE LA FARINE HORTON.

Pour 100 parties celle farioe contient ;

Eau i).9tKi

CL, ... ( Albumine soluble 2.100

Substance» prolc.qucs j ^

Matière grasse 6.595

Sucre. 0.965

Gomme t. 570

Dexrrine 1.324

Ligneux (son) {.561

Amidon 64.570

Fer ott oxyde ferreux (0.01486).

Substances

minérales

(cendres)

Acide chlorbydriquc, soude, etc.

Axotalo total

L'examen microscopique n'a montré que de l'amidon d'avoine.

BuissoNHEr.

Comme on le voit, d'après cette annlyse faite avec tout le soin désirable, de rai;on à fixer la science sur la composition de la farine Horion, ce produit oITre, pour l'alimentation des jeunes enfants, des avantages que l'on ne trouve pas au même degré dans les autres fécules habituellement en usuge.

G. Massom, Propriétaire-Gérant.

BOL' H LOTDN. - ImpriiDorU'

tRElfTKrbEbïlftllB AHlffifi

13 Février 1885

PARAISSAHT TOUS LES VCNDREDIS . .

COMITB DE RÉDACTION PRieunrr : H. te doetéiir k. DECHAHBRC

■UBRU : NX. les doetaors lUCHà. QEORBEs' DIEUUFOT. ORETFUS BRISAG. FBMCOIS-FIMCK, ALBERT HÉNMQHE

. L. LEREBOULLET. PAUL RECLUS

Adrener tout n qui eoneerae la rèdùctim au tUçe du Comité, chez M. Dechanbre, 91, rue de Liile (avant le mardi de préfSrenee).

V«lP .pas* •«•!«■ Cainnrtw* I'iwHmiMm «m ACVUI M U rjLmvté UB HÉBItCim »■ rARW (TbdseSi winmeni, ooan^ etc.) •» «imm MencHto Méremat te |MMifl mMimi.

SOHMAIRB. — Pau». Aead^nla de médecine : La popuUlioo de !■ Francs. — Dei dnhoMt prai»s«i«e« du foie. — TpAVAUX originaux. TMrapoutiiué : 1>c Inclina mUaynMii^iM de !■ qaimiiB lur la BèvM typhoitle, — GonawoN- DAKCE. Fait* pwr forir « fhiMoire dw gM|rtaM dyacrasiques. — Sooitnàs BAVAirTKa. AcaddoiM An sciences. — Académia da nédeciae. — Sucii^lo de ehlrureie.— Société de biologie. — REvn Dn IDONKAUX. Aciioa des alcaloïdei de qoebrubo. — - Biblimkapiiie. Le^otu.tar la pdrioJc pnMUxiqne du labes d'oritlne aiphililiiae. Blémenlt de fatbologio chiniiviMle gt-nérale. — Vaniéria. Aaniraocei eonlra let accidenta. CoaimlUtiM do M. BrovarM.- VniL- LITO». LotfeM OlddlMlM.

Paris, i2 février t88S.

ACADÉmE DE MBDRCINB : LA POPULATION DE^ LA FRAITCE. DES CIRRHOSES GRAISSEUSES DU FOIE.

AeaMpiri* 4». mMoelMi hm f^rmimafu de |» rnuwe.

M. le, professeur Hardy a tort intéressé et méine assez souvent égayé l'A-cadémie de médecine en défendant, sur te mouveioent de la population en France, une thèse assez analogue à celle de H. Le Fort, mais avec lies arguments tout personnels. Les deux pensées fondamentales de Toraieur sont : ;1* que It^llhus s*est montré un économiste sage, prévoyant et vertueux ; que le principe d'une proportion à garder entre le chiffre de la population d'un pays et llm-

portaoce de sa (j^^uctlon est parfaitement juste ; 2" que la race française est moins prolifique que les races teutonne et anglo-saxonne, .et que les peuples le sont d'autant moins qu'ils sont plus civilisés; ce qui équivaut à dire une fois de plus quenous sommes le peuple le plus intelligent de la terreJ M. Hardy a eu l'idée assez inattendue de prendre comme exemple, sans vouloir la nommer, une corporation très intelligente, composée de trente-quatre membres, qui ne brille pas par le nombre de ses etlfaivts, sauf un membre qui en à sept, mais qui est justement , dWigine anglaise. Nous ne trahirons pas le secret de M. Hardy, et nous nous contenterons de dire que les corporations analogues ne comptent que dix-huit membres à Nancy et autant à tfonipellier, non compris les adjoints et les complémentaires.

Nous craignons fort que M. Hardy ait vu les choses d'un peu trop haut, et n'ait pas réussi à mettre à néant les ai^iments empruntés à la nature du sol, à sa division, k l'activité industrielle, au genre d'industrie, au climat, etc. Hais nous applaudissons au succès que lui ont valu l'originalité même de ses argtimenls, et la bonhomie spirituelle avec laqueUe il les a exposés.

La discussion continuera dans la prochaine séance.

FEUILLETON

faire une réponse générïle à cet article sans prendre paragraphe par paragraphe, ce qui serait fastidieux pour vos lec- (eurSj permettez-moi de vous faire — en un feuilleton si possible — l'histoire abrégée du syndicat du Havre, qui est

Nous donnottê la parÔïe à un de nos distingués confrères des départements. Nous lui répondrons dans le prochain numéro. h. H.

Bdtfl du médtMfn (Uns In anatonoM sur la vie. A MOMUEUft LB REDACTEUR BN CHBF DE LÀ < GAZETTE HENWNADAI HE > .

Dans le n' 51 de la Gazette hebdomadaire {iSSA) un de vos correspondants, qui avait jusque-là traiié les syndicats médicaux avec une certaine bienveillance, a publié on article, où, avec des formes toujours bienveillantes, il attaque l'œuvre des syndicats, ce qui est son droit, mais en se trompant sur un certain nombre de faits/ ce qu'il aurait pu éviter. Pour

â* SËBIE. T. XIII.

possK- - „ ^ ,

visé dans l'article en question. Peut-être vos lecteurs trouveront-ils quelque intérêt & lire un cours d'histoire profession" nelle contemporaine, et tout le monde gagnera a ce que la vérité soit connue.

Commentons d'abord par la question vitale des honoraires. C'est celle qui est.au fond de tous nos débats. ■

Il y a vingt-cinq ans que je suis au Havre. A nion arrivée il ne me fallut pas longtemps pour juger des difficultés delà profession. Marchessaux venait de mourir. Après dix-sept sns de labeur incessant, après ^u'qn eut vendu son mobilier, sa riche bibliothèque, ses instruments, il laissait à ses héritiers 46 000 francs; il passait pour avoir la première situa* tion du Havre et il n'avait pas de famille à élever. A côté de lui|était celui que les Havrais app<^pt;^(fqjçd|gj|£^<^^^

13 Fétrieh 1885

B«a eirrkoaeii yml iIb foie.

Lorsque l'École française eut établi l'eiistence d'une variété de sclérose hépatique distincte de la cirrhose classique de Laennec, la cirrhose hypertrophique biliaire, on put croire que cette notion nouvelle serait le point de départ d'une classification rationnelle des hépatites interstitielles. €elte espérance semblait d'autant plus justifiée, que la différenciation de ces deux espèces morbides reposait & la fois sur les données anatomtques, pathogéniques el séméiologiques. Hais on ne tarda pas à s'apercevoir qu'il n'y avait là qu'unedécevante illusion lorsque, et cela de tous côtés, se produisirent des faits qu'on ne pouvait classer dans l'un ou l'autre de ces cadres nosologiques : cirrhose veineuse, annulaire, alrophique et cirrhose biliaire, insulaire, hypertrophique. D'où un réel désarroi de la nosographie, dont témoigne la dénomination de cirrhoses mixtes appliquée à ces processus qui présentjent à la fois tels. Garaçtè.res,,anar tomiques pu cliniques, jde la cirrhose de Laennec ou de la cirrhose d'Hanot.

Aucune en effet des classiGcafions que Ton a proposées ne saurait satisfaire l'esprit. Si, en thèse générale, toutes celles qui ont l'analomie pathologique pour critérium doivent inspirer la méfiance, cela est surtout vrai pour les scléroses, qu'on prenne pour caraciéristique Taspect macroscopique ou les données histologiques. L'hypermégalie où an contraire l'atrophie du foie n'ont, tout le monde le reconnaît, qu'une significalion bien aléatoire, puisque souvent le volume de l'organe varie avec la période de la maladie où l'examen est pratiqué. Quant à tenir un plus grand compte de la topographie différente de la lésion, ici annulaire et là insulaire, ce serait bien difûcite aujourd'hui que Sabourln a établi {Bev, de nu'd.jlSSS), après divers auteurs allemand? comme Litten, que dans la cirrhose veineuse classique elle-même la sclérose n'est pas aussi rigoureusement annulaire qu'on Ta prétendu. Enfin on ne serait en droit d'établir on dualisme absolu d'après l'origine du processus, périphlébite dans un cas, périangiocholite dans l'autre, que si la sclérose avait toujours son point de départ dans les veines ou les canalicules biliaires. Or tout porte à croire — et les cirrhoses aiguës récemment étudiées par Hanot ne peuvent guère s'expliquer autrement — qu'à cèté des scléroses vasculaires il existe des scléroses épithéliales, pour le foie comme pour le rein. A voir rhépatite interstitielle se produire au cours dedy»-

Ancien interne de Dupuytren,il représentait au Havre l'honneur et la dignité professionnels. Il était célibataire; quand il mourut, il laissa précisément ce qu'il avait hérité de sa famille, sans un sou de plus. Après trente-trois ans d'une vie professionnelle des plus actives il me disait qu'il avait fait 3000 accouchements qui lui revenaient en moyenne à 15 francs l'un. MM. Pichorel et Bourgneuf, chirurgien et médecin en chef de l'hôpital, ne laissèrent aucune fortune à leurs héri- Uers.

A celte époque, l'unité de visite était de 1 fr. 50à âfran<!'i. Les consultations dans le cabinet étaient en grande majorilé gratuites. En un mot, un médecin occupé, très occupé, pouvait h. peine vivre dans une ville où, à part le loyer, la vie est

filus chère qu'à Paris. Il était donc indispensable de relever e prix des honoraires.

Il y a à peine dix ans qu'eut lieu pour la première fois une véunion des médecins du Havre sous l'impulsion du docteur Le Mercier, et un tarif uniforme fut adopté en dépit de

crasies on est amené à supposer que ce n'est pas toujours la lésion organique qui est la première en date dans l'évolution morbide, mais bien plutM la perturbation fonctionnelle, qui résulte elle-même d'une altération de la crase sanguine et par suite de la constitution chimique ou moléculaire des cellules hépatiques. Et qui songe à la multiplicité des fonctions connexes el en quelque sorte intriquées les unes dans les autres auxquelles le foie préside ne peut s'étonner de l'extrême diversité des processus scléreux qui s'y développent, lorsque telle ou telle, telle el telle de cesfooctions sont compromises.

A défaut des données analomo-pathologiqoes, doit-on prendre pour critérium les notions étiologiques, quelque obscures qu'elles soient dans bien des cas? C'est ce qu'a fait depuis longtemps M. Lancereaux ; on peut, disait-il encore récemment (Aec. deméd.t 1882), arriver à'différencier trois espèces de cirrhoses, dissemblables à la fois par leurs symptômes, leur marche, feur pronostic et leurs lésions : cirrhose alcoolique, syphilitique, impaludique. Mais cetteclassification, pour être préférable à la classification ànatomique, n'est pas non plus à l'abri de la critique, car elle laisse en dehors d'elle, elle exclut en quelque sorte des scléroses bien caractérisées, comme celle qui est consécutive aux cardiopathies, et celles surtout qui reconnaissent pour cause divers étals dyscrasiques, le diabète sucré par exemple. D'autre part est-il légitime de rayer d'un trait de plume toutes les cirrhoses dont l'étiologie nous échappe, si l'on ne veut pas voir partout l'intoxication alcoolique ? Enfin quels sont les caractère spécifiques des altérations imputées i l'alcoolisme, en quoi diffèrent-elles-de celles qui sont produites par d'autres agents toxiques, venus du dehors ou formés au sein de l'économie? L'alcoolisme, comme le dit avec raison Lentz (De VatcoolisnUy Bruxelles, 1884) n'a, en lui-même, rien de spécifique.

Mais l'insuccès de toutes les tentatives de systématisation ne doit pas nous faire revenir en arrière, à l'exemple de certains auteurs, qui ne voient dàits les cirrhoses les plus disparates que des formes, des variétés d'une même e^èce morbide. La clinique s'inscrit en faux contre cette conception que peut seul inspirer un anatomisme exclusif. La cirrhose de Laennnec et la cirrhose d'Hanot sont des entités trop dissemblables à tous égards pour que l'existence de formes de transition nous autorise i les confondre dans une même classe pathologique. Si l'heure de la synthèse n'a pas encore sonné, il n'y en a pas moins grand bénéfice pour le nosographe à constituer, avec les faits recueillis çà et I&, des

toutes les moqueries. Le résultat fut malgré tout si satisfaisant, qne l'idée d'un syndicat médical vint à l'esprit de plusieurs d'entre nous, et, grâce à ce syndicat, le corps médical havrais touche chaque année près de 33 000 francs pour les services publics de plus qu'auparavant. Pour comprendre cependant l'urgence d'une oiî^nisation syndicale, il faut que je dise que le Havre, sur une population de 105000 habitants, n'en a certainement pas plus de 40000 qui payent directement leurs médecins. Le reste, 60000, appartient : 1* aux grandes administrations : douane, octroi, ponts et chaussées, etc.; 2" aux corporations ouvrières ; 3* aux Sociétés de secours mutuels de bienfaisance ; 4* à Tassistance publique. On comprend qu'en présence de syndicats nombreux reliant les uns aux autres presque tous les ouvriers, le corps médical ait tout à gagner à avoir une organisation qui lui permette de discuter avec les mêmes moyens, les mêmes armes, diverses questions d'honoraires, qui étaient laissées jusquelà aux compétitions individuelles, fatalement dangereuses ;

i'd fËVRiËn 1885 GktEttE â^DOllADÂlRE DK

espèces morbides provisoires, pierres d'atlente pour une systématisation Tnture. Tel est le cas pour les cirrhoses graisseuses, qui ont dans ces derniers temps donné lieu à une série de travaux intéressants, résumés dans plusieurs thèses instructives, notamment celles de GUson et de Bellangé (Ptris, 1884).

Qu'au cours des .héj^tes interstitielles le parenchyme soit parbis frappé â'vno dt^nérescence graisseuse plus ou moins étendue, on le sait depuis longtemps; tous les historiens de la cirrhose atrophique ea ont fait mention, et, en ce qui concerne la cirrhose hypertrophîque, les observations de M. Hayem et de M. Comtl (ArcAi*. de physiol^ 1874) étaient des plus concluantes. Mais cette coexistence de la stéatose avec la sclérose n'avait été envisagée gu'au point de vue anatoMiique» jusqu'à la commuiUcation d'Hotiael à la Société clinique de Paris (mars 1881).

De ses neuf obserraUons, Hulinel se cnt en devoir de conclure que l'infiltration graisseuse diffuse des cellules hépatiques imprime aux processus scléreux qu'elle Tient compliquer une physionomie tonte spéciale, celle d'un ictère grave subaigu ; aussi demanda-t-il droit de cité dans la nosologie pour les < cirrhoses avec stéatose du foie >, qu'il n'avait d'ailleurs rencontrées que chez des tuberculeux alcooliques. Ce travail, essentiellement clinique, fut bientôt complété par celui d'un histologiste des plus compétents en la matière, H. Sabourin (Arch. depkyg. norm. etpath.^ i 881).

Hyperm^alie» dégénérescence graisseuse très notable du foie, sclérose ayant deux centres d'irradiation, l'un an pourtour des veines portes, Tautre au pourtour des veines sus-hépatiques, tels sont pour Sabourin les caractères essentiels de la f cirrhose hypertropbique graisseuse », qu'il met absolument sur le compte de l'intoxication alcoolique. D'où un rapprochement naturel avec les faits de désorganisation rapide du foie, sous rinfluence des excès alcooliques, que divers auteurs, comme Leudet et Rendu ont rapportés, et avec ceux d*hépatite interstitielle a^é qui ont fourni, dès 1878, à deux élèves de H. Lancereaux, Dupont et Stiepowitch, le sujet de leurs thèses.

D'autre part Hanot publiait, en 1883 {Arch. gén. et méd.), la relation de plusieurs cas de cirrhose, cette fois atrophique, qui avaient présenlé deux particularités capitales : l'une, anatoinique, la stéatose très avancée du parenchyme hépa-

par exemple les honoraires offerts aux médecins par les Sociétés de secours on par les grandes administrations. Tel ou tel confrère acceptait des prix dérisoires pour ne pas laisser la place à un autre. C'est maintenant le syndicat qui discute, accepte ou refuse les prix offerts. Mais je me hâte d'arriver à la question des assurances traitées spécialement dans le feuilleton auquel je réponds.

Prenons d'abord la question des assurances vie et du certificat après décès.

Le syndicat du Havre, saisi de cette question par plusieurs de ses membres qui depuis un grand nombre d années refusaient obstinément la délivrance de ce certificat exigé par la police de l'accusé, la résolut à uae grande majorité par le refus érigé en principe. Hais les Compagnies s'émurent, envoyèrent un délégué au Havre, et le syndicat, dans un esprit de conciliation, décida que la question serait portée devant la Société de médecine légale de Paris et t|ue,quelte auefût sa décisionnelle sendt acceptée. Nous adressâmes aonc à

MÉDECINE ET DE CHIRHAOÏE ^ N- 7 - 103

tique, l'autre clinique, la maréliè subaigue, avec terminaison par cachexie rapide.

Signalons enfin diverses observations isolées, notamment celles de Garel, Talamon, Merklen, Dalché et Lebreton, et celles qui ont inspiré les travaux de Gilson et de Bellangé.

Or, quand on analyse ces faits, on est frappé des divergences qu'ils présentent, particulièrement an point de vue anatomo-pathologique, si bien qu'une étude d'ensemble des lésions qui constituent les cirrhoses graisseuses serait absolument artificielle. Si dans leur Mémoire publié ici même en 1883, MM. Hayem et Giraudeau ont donné du type le plus flréquent, le mieux défini, une description trop précise pour que nous ayons à y revenir, il n'en résulte pas moins du second travail de Sabourin (Rev. de méd^, n" 3, 4884), qu'il en existe d'autres variétés hislologiquement toutes diférentes. A cèté des cirrhoses plus ou moins diffuses, il en est qui sont sptématisées ; il en est même où les lésions conjonctives, parfaitement annulaires, présentent une disposition topographique analogue, sinon identique à celle qui cai^lérise la cirrhose vulgaire, et, chose remarquable, dans ces cas le foie peut être sensiblement hypertrophié.

D'antre part, il n'est guère possible d'habitude de préciser l'ordre de production des deux processus, conjonctif et parenchymateux. Si dans quelques cas il apparaît manifestement que l'hépatite interstitielle est entrée la première en scène, dans d'autres tout porte à croire que les deux lésions, sté-a* tose et sclérose, ont évolué simultanément ; dans d'autres enfin il semble que la prolifération colijonctive est venue compliquer une stéatose de date plus ou moins ancienne, ayant évolué à bas bruit, comme cela arrive si fréquemment. Cii> rhoses vasculaires d'un çèté, cirrhoses épitbéliales de l'antre: telles sont les conclusions auxquelles conduit non l'histol<^ie, mais la clinique et la physiolc^e p^hologiqne.

Enfin s'agit-il dans ces cas d'une simple dégénérescence graisseuse ou d'un processus inflammatoire? On ne saurait le dire, bien que parfois les phénomènes douloureux et le mouvement fébrile plaident en faveur de la seconde hypothèse.

Nous n'insisterons pas sur les données étiologiques. Que l'alcoolisme, Talcoolisme gras en particulier, joue un rèle prépondérant, le fait est incontestable, facile d'ailleurs à interpréter. Hais dntt-on le considérer comme la cause unique, et par suite faire rentrer toutes les cirrhoses graisseuses dans la classe des cirrhoses alcooliques, ainsi que l'ont soutenu Sabourin et Gilson? Il est permis d'en douter, lorsqu'on

ladite Société un travail complet sur la question, comprenant : 1° une lettre du président du syndicat ; un mémoire du docteur Ghauvel, vice-président, en faveur du refus; 30 un mémoire du docteur Harvuerîtte, notre ancien président, en faveur des exigences des Compagnies. La question fut examinée à la Société de médecine légale, une commission nommée, et H* Rocher donna dans un rapport lumineux l'opinion de la commission, en faveur du refusdu certificat ^ sans réticence et sans exception. La discussion dura deux séances, le rapport de H* Rocher fut adopté et j'engage mon contradicteur à lire les fortes piiroles du docteur Brouardel, qu'il n'accusera pas de légèreté, ni de parti pris.

Suivant nous, le certificat demandé par les Compagnies est une exigence à la fois immorale et illégale, et qui doit disparaître des polices de toutes les Compagnies^ quoi sert ce

certificat entre les mains des rÇ'^'pP'jE'ï^'BV'iT^V^^rl^ chose : k entamer un procès avev'fiL^'iiSniKÀ WaécM(^(nn^ ne pas payer ou ne payer qu'une partie de la somme assurée.

i(U — M- .7 CAZBTtE âfiBDOllADAlRB fifi MÉDECINE Et 0Ë CfilAtlRCtE 43 ^AtrIeb lS8â

corislale qu'un. cerUtin nep»^ de malades ne présentaient aucun antécédent de cet ordre. Bien souvent, on a pu invoquer la pht^isie tuberculeuse qui exerce, et en particulier sur le foie, une action sléatosante aussi prononcée que l'alcoolisme; d'autres fois on n*a découvert comme Facteurs éliologiques que la misère et une alimentation défectueuse. Mais n'est-ce paa assez pour expliquer ta perversion du mouvemeut nutritif et, par suite, l'adultération du parenchyme hépatique et la prolifération dn tissu conjonctif ?

Les descriptions cliniques qui nous ont été données des cirrhoses graisseuses ne sont pas moins disparates que les descriptions anatomo-palhologiques. Mais ces divergences tiennent en grande partie à ce que divers auteurs ont confondu sous une même rabrique des faits de nature toute différente, qu'ils ont voulu, i toute force, rapprocher de leurs observations personnelles, et la situation s'éclaircit singulièrement lorsqu'on a le soin d'étudier à part plusieurs types morbides distincts.

Dans un premier groupe figurent les cirrhoses classiques, hypertrophiqttes el surtout atrophiques, oû la stéatose ne s'est produite qu'à une période avancée de la maladie, pour se traduire par un ensemble de phénomènes qui sont ceux d'un ictère grave plus ou moins aigu. La dégénérescence rapide du parenchyme a pour corollaire physiologique < l'aspliyxîe », la c phthiaîe > hépatique, dont l'ictère grave n't-st que l'expression symptomatique. Des faits de cet ordre ont été signalés de tout temps, mais sans qu'on ait assigné à ladégénéresceuce graisseuse ultime son importance pathogé? nique.

Acûtédeces cirrhoses, omapliquées de stéatose, se placent les cirrhoses graisseuses proprement dites, où cellules hépatiques et tissu interstitiel étant simultanément atteints, le tableau clinique ne rappelle que de loin celui des cirrhoses vulgaires. Kn dehors des phénomènes d'origine surtout mécanique qui varient suivant la forme de sclérose à laquelle on a affaire, la désoi^anisation précoce du parenchyme se traduit toujours dès le début par .une atteinte profonde de la nutritition. Tantôt, comme dans les observations d'Hanot, on retrouve les grandes lignes cliniques de la cirrhose atrophique, telles que diminution de volume du fue et ascite, mais avec cert^nes particularités qui frappent l'attention: mouvement fébrile irrégulier, douleurs dans l'hjpochondre droit liées soit à l'inflammation pare nchy mate use,

soit à la périhépatite, enfin cachexie rapide due à l'altération de l'élément noble qui préside au i^le du foie dans la nutrition.

Tantôt, au contraire, et c'est là le cas le plus fréquent, la marche est plutôt celle de la cirrhose hypertrophique, mais avec des rémissions moins nettes et moins prolongées. Ici encore, contrairement à ce qui se voit dans la sclérose pure, la nutrition est, dès le début, profondément troublée. Alns que le foie est à peine hypertrophié, les fonctions d^e^ves sont très altérées ; il y a des nausées, des vomissements, du métêorisme et surtout une faiblesse progressive que rien n'explique. D'ordinaire, en outre, on note de vives douleurs au niveau de la région hépatique ; de plus, on constate de l'ictère, non pi» habituellement 1 ictère biliphéiqoe intense de la cirrhose hypertrophique shnple, mais le pins souvent un ictère hémaphéique, indice certain d'une insufÏBsance fonctionnelle du foie. Peu à peu la fièvre s'altnme; les troubles digestifs se prononcent, des hémorrhagies se produisent par diverses voies, surtout par la muqueuse pituilaire. Le malade tombe dans un état de marasme de pliks en plus inquiétant, avec œdème, fuliginosités des lèvres, subdelirium et somnolence ; et la mort survient en quelques semaines, au milieu de manifestations comateuses. En résumé, mouvement fébrile, phénomènes d'ictère grave subaigu et surtout faiblesse précoce, rapidement croissante, tels sont les éléments du diagnostic, toujours obscur dans les premiers temps et qui ne peut être réellement posé que quand l'hypertrophie du foie s'est accentuée ou que des douleurs très vives au niveau dé l'hypochondre droit appellent de ce rôté l'attention du clinicien.

Les cirrhoses graisseuses sont, de toutes, celles qui amènent le plus promptement un dénouement fatal. Gomme le dit fort bien Hanot, c ce qui se passe ici ne serait qu'un cas particulier de cette loi générale qu'on peut, ce me semble, formuler ainsi : dans les cirrhoses, an point de vne anatomo-pathologique, le diagnostic est lié fc la topographie de la néoformation conjonctive -, le pronostic, à l'état de la cellule hépatique. » Est-il enfin besoin d'ajouter que la thérapeutique ne peut avoir de prise sur le processus qu'à ses premières périodes, lorsque la désorganisation du parenchyme n'est pas trop avancée? Halheureuseroent, à ce momeni, il reste le plus souvent méconnu, au milieu des manifestations de phthisie ou d'intoxicaUon alcoolique qui l'ont précédé et en ont préparé l'éclosion.

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