L. Dreyfus-Brisac
Cette clause, quand on étudie de près le fonctionnement dt!S assurances vt0, se lie intimement à ta façon dont elles font les affaires et recrutent les assurés. Les agents des Cornpi^nies, étant payés par un gros pourcentage sur la première prime, ont tout intérêt à faire le plus d'affaires nouvelles possible. Dès lors les agents ne choisissent pas leurs risques avec soin, et ils conduisent au médecin des individus dont la santé n'est pas intègre. Sî le médecin néanmoins laisse passer le risque et le fait admettre, et si un décès rapide montre qu'agent et médecin se sont trompés, la Com-
Sagnie, grftce à la clause du certificat post mortem, essaye es'appuyersurce certificat pour dire qu'elle a été trompée, etc. Je pourrais sur ce point raconter bien des faits avec les noms à 1 appui ; mais cela n'est point nécessaire, le fait étant de notoriété publique.
Cette question du certificat post mortem me conduit à la suivante, oû je trouve encore, à mon grand étonnement, les critiques de la Gazette. Il s'agit dçs honoraires médicaux
pour les certificats d'assurance vie. Le syndicat du Havre à l'unanimité a décidé d'exiger 20 francs par certificat comme cela se fait àParis. L'auteur du feuilleton trouve que 10 francs pour la province, c'est bien asse2; mais il ne trouve pas que 120 francs pour un médecin de Paris ce soit trop. Pourrait-il me dire en quoi et pourquoi l'examen (et non la visite médicale, comme dit mon contradicteur) fait à Paris mérite uq salaire plus élevé qu'en province? Peut-être l'étonnerai-je beaucoup en lui disant que ce chiffre de 20 francs est nécessaire pour le bien des Compagnies beaucoup plus que pour la bourse des médecins. En effet, un examen médical fait par le médecin choisi par une Compagnie est une affaire très sérieuse, très difficile, et qui exiçe une sûreté, uoe habileté toutes particulières. Quant à moi, je déclare que, pour peser aussi exactement que possible ce que vaut la vie d'un homme, au point de vue du risque, il me faut toujours une demi-heure, souvent trois quarts d'heure, quelquefois une heure bien employée; car, remarquez-le bien, le^nseil iné-
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TRATA1]X ORIGINAUX
De l'action antizymasique de la quinine sur la fièvre TYPHOiDE, par le docteur G. Pécholier.
(Fin. — Voy. les numéros 5 et 6.)
La manifestation du pouvoir antizymasiqae de la quinine ne se borne pas à la fièvre typhoïde et à la fièvre paludéenne. Mes souvenirs de plus de trente ans me rappellent une épidémie de suette miliaire qui prit dans notre département, et plus spécialement dans la vallée de l'Hérault, une grave extension. La maladie faisait force ravages lorsqu'une commission médicale déléguée par la Faculté crut reconnaître dans l'épidémie une complication rémittente, et recommanda de prescrire contre elle la quinine. Rapidement l'état des choses changea, et presque tous les malades guérirent. Or je sois absolument convamcu que la complication rémittente n'exi&lait pas plus dans cette épidémie de suette one dans nos fièvres typhoïdes. Des villages situés à une altitude élevée et au milieu des bois trouvèrent dans l'alcaloïde du quinquina le même avantage que ceux des plaines de l'Hérault. De même, le docteur Parrot a résumé, dans le tome X des Mémoires de V Académie de médecine, la relation d'une épidémie de suette observée en 1841 dans le département de la Dordogne, où la quinine eut le plus grand succès. Il suffit de connaître l'histoire de la suette et les affinités qu'elle présente, soit avec les fièvres éruptives, soit avec la fièvre typhoïde, pour la ranger parmi les maladies dues à des ferments morbides, et pour rattacher les bons efi'ets de la quinine contre elle à la vertu aatizymasique des principes du quinquina.
Ce que je viens de dire pourla suette s'applique également à la fièvre puerpérale, ou du moins à certaines épidémies de fièvres puerpérales où le sulfate de quinine a donné des résultats inespérés. Dans ce cas comme dans ceux dont je viens de parler, on a bien invoqué çour expliquer ses succès de prétendues complications rémittentes ou paludéennes. Mais comme l'opinion prévaut aujourd'hui de rattacher au moins un bon nombre de fièvres puerpérales à la présence de microbes, l'induction la plus rigoureuse porte à attribuer les cures faites par la quinine à l'action aniizymasique de celle-ci (1). C'est bien probablement à une action analogue que sont dus, en grande partie tout au moins, dans cette même
(1) Ptodagnol a recoiiiia une vertu propbjrltctiftM i d« ftIblM dotM de quinine Gouira la Ûèm puerpérale, «bMlumofit coniM les fuàieeiat uiflci* o( iméricaim (iiil vanlé cet mému dom pour m maUre à l'abri de la fflèfre d'acckt dam iaa p»j9 maréeagviix.
fièvre puerpérale, les effets souvent si heureux des frictions mereorielles.- Rappelons enfin à cAlé de ces faits ceux de guérison d'înfflclien purulente par la quinine rapportés par A. Guërin.
Qu'on ne vienne p&s m'objecter que je fais ici des hypothèses en l'air; car j'ai, en faveur de mon dire, les témoignages cliniques les plus évidents. C'est sur un immense nonibre d'observations de fièvres typhoïdes, toutes concoi^ dantes, observées par moi ou par d autres, et spécialement à Montpellier par une série ne grands praticiens, que je m'appuie, comme aussi sur des observations de suette miljaire ou de fièvres puerpérales que relatent des ouvrages très dignes de foi. Loin de moi la pensée de nier Timportance d'une démonstration exp^imentale dans laquelle le ferment tvpholde isolé et cultivé serait soumis à l'action de solutions ae quinine plus ou moins concentrées. Je concède toute l'im^orfance des recherches faites à l'observatoire de Montsouris, comme de celles que le docteur Hiquel a publiées dans le numéro du 90 juillet dernier du Bulletin de thérapeutique. J'ai lu aussi avec un profond intérêt les expériences sur les antiseptiques instituées par RatimolT, sous les yeux dë Pastèur, ël résumées toïiï récfemmeflf pAY lui 'dafts les Archives de physiologie. Hais, pour sûr, la clinique m'a parlé assez haut pour me permettre les affirmations que je viens d'énoncer. Dans les questions de thérapeutique, c'est elle, en somme, qui doit avoir le dernier mot.
Je répèle que je n'ai pas ici seuleiAenl la prétention de prouver l'utilité de la quinine pour le traitement de la fièvre typhoïde, ce qui est admis par bien des gens aujourd'hui, mais d'expliquer le pourquoi de celle ulilité, et par là d'en rendre l'indication péreinptoire. Or ce pourquoi a jusqu'ici — au inoins que je le sache — échappé à tout le monde et en particulier au professeur G. Sée, qui s'est cependant rallié a la patho^énie de la fièvre typhoïde telle que je l'ai élahlie. Lors de l'im portante discussion qui a eu lieu Tannée dernière à l'Académie de médecine sur celle maladie, dans la séance du 16 janvier 1883, il s'est montré parlisan de l'intoxication parles schyzomycèteSj par le bacille t^phiquc de Klebs; mais il a affirmé que tous les antiseptiques ont échoué à empêcher rtvolulion du gonne. S'il a insisté longuement sur les bons effets de la quinine, il a seulement reconnu chez elle, non l'aclion controstimuianle mise jadis en lumière par Briquet, mais, au contraire, une action hytwrsthénisante cardio-vasculaire révélée par les expériences faîtes par lui et Bochefontaine, et suivies cependant d'effets liypothermiques et antipyrétiques.
Il est une objection que le savant professeur ne s'est point posée : si le médicament qui nous occupe n'est qu'un antipyrétique, il doit manifester cette influence sur toutes ou du
dical de la Compagnie siégeant à Paris ne peut statuer que sur le rapport du médecin, et, si ce rapfiort n'est pas très bien fait, une foule de mauvais risques viendront grever le budget des Compagnies.
Il n'y a pas longtemps, au Havre, un homme d'une force apparente peu commune, était très facilement accepté par lieux médecins, payés, je crois, chacun 10 francs ; — il payait une prime, mourait, et sa venve touchait 100000 francs. Je SUIS convaincu qu'un examen plus minutieux eût fait découvrir la cause certaine de ce mauvais risque. En étant payé 30 francs, le médecin consacrera toujours plus de temps a son examen ; il examinera toviours les urines, lui-même, sans s'en rapporter à un phaimacien, et les Compagnies pour un petit supplément d'honoraires n'auront pas des risques énormes à payer. Elles y gagneront, comme les Compagnies anglaises et américaines y gagnent depuis qu'elles payent 25 francs, souvent 50 francs chaque certificat. Je crois donc que sur ce second point comme sur le premier le syndical
du Havre a bien agi et que le corps médical tout entier doit lui savoir gré d'avoir soulevé et résolu ces questions.
Reste le troisième point sur lequel, comme snr les deux premiers, votre correspondant est mal renseigné, il s'agit des Compagnies accidenta : c'est une importante question sur laquelle le syndicat du Havre ne s'est prononce qu'après de longues hésitations, et voici pourquoi:
Les Compagnies accidents en France, d'une façon générale, ne font pas do bonnes affaires. Elles en feront plus tard, quand l'assurance sera tellement entrée dans nos moeurs, que tout risque couru, même le plus léger, sera couvert par une assurance.
Actuellement il n'en est pas ainsi, et les Compi^nies franr caises en sont encore à la période des sacrifices.
Nous l'avons si bien compris au Havre, qu'aucune décision n'a été prise, ou plutôt qu'elle n'est prise que depuis q^uelques jours, après plus de deux ans d'étude. Cette décisiotf consiste à 4ei9ander aux Compagnies accidents un chiffre
lOti
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13 FÊVRiEn 1885
moins sur la plupart des autres maladies Tébriles. Ainsi noua venons de vour, sous l'InQuence de la çiuinine, la fièvre typhoïde subir une action vraiment abortive. Beaucoup moins de fièvre, beaucoup moins de durée, beaucoup moins de danger, tel est le résumé de cette action. Comparons à cela ce qui se passe lorsqu'on cherche à enrayer par le même moyen une fièvre hectique. Là, l'existeoce de redoublements très marqués a depuis longtemps semblé légitimer la médication quinique. Or que de mécomptes ont été éprouvés. Dès la première ou la seconde dose du remède, la nèvre est bien ordinairement diminuée el les accès eoupés, comme on le du Tulgairemenl; mais avec la même facilité ils se reproduisent le plus souvent. Si on les coupe encore, ils reviennent de nouveau. Arrive un moment où la quinine ne peut plus rien contre eux, et généralement même alors, d'intermittent ou de rémittent le type de ta fièvre est devenu continu. Tous n'avez obtenu par tous vos efforts qu'une débilitation très souvent fâcheuse (1). La raison est que, dans ce cas, vous n'avez agi que contre le symptôme fièvre en demeurant impuissant contre la cause de celle-ci. Pour la fièvre typhoïde, au contraire, c*est te ferment, c'est la cause première ellemême <iue voDs attaquez, hà quinine est bien encore ici antipériodique et antipyrétique; mais elle est surtout aatizymasir^ue.
Au Iteu de la fièvre hecUque, prenez une fièvre inflammatoire, qu'elle soit traumatique ou liée à une lésion d'o^ane, la quinine montrera la même insuffisance définitive. Elle
Sourra bien, pendant quelques jours, faire diminuer le nombre es pulsations et le degré du thermomètre; mais elle sera définitivement impuissante contre le processus de la maladie que, dans certains cas même, si elle est employée trop long'tempà ou à trop haute dose, elle ne manc^uera pas d'aggraver.
Pour ce qui regarde les fièvres éruplives et la variole en particulier, les essais de jugulation par la quinine n'ont produit d'ordinaire que de très mauvais résultats. Et cependant ce sont là sûrement encore des maladies occasionnées par des microbes. Mais tous les antiseptiques, nous l'avons dit, n'attaquent pas également tous les microbes. Le microbe de ta variole en particulier en a trouvé un bien bizarre et bien inattendu dans l'emploi simultané de Télher et de l'opium, tel que l'ont formulé les mémoires si intéressants de Ducastel d abord et de Dreyfus-Brisac ensuit^, et tel que je Tai vu moi-même ultérieurement réussir (2). Très certai-
(1) ( Nous avoat tenU m t884, k rH6tel-Dieu, une série d'expérience! pour con> ■Uler rinfiuence du «ulhle de qajniiw tur la Oèm becUfM. Dana le* deax tiart doa cas environ noua pûmes Taire diaparaîiro la friaxon, et l'accèa fui évidemment moins long ; mais au bout de peu de jours 1c fébrifuge restait parfaitement loencace el provoquait même bienlAt de légers accidents qui nous meltaieiit dans la nécestàXé de H plus rudminiitrer. > (Trouneiu el Pidow, Fntilé iô Utérapnoique, arliclfl OontODlllA.)
(i} Voj. le BttlUtia géntnU de iheraptuH^ue, t. CIV, p. SU.
nement antizymasiques sont aussi contre les pustules du ta variole les frictions mercurielles ou les applications d'eraplâlre de Vigo, ainsi que j'ai pu le vérifier dans une circonstance où je fis, à l'exemple de Serre et Gariel, en 1837, avorter absolument à la face l'éruption d'une variole confluente, et où je pus conserver à une jeune femme très intéressante tout 1 éclat de sa beauté.
Si donc, répondrons-nous en définitive au professeur Sée, les effets de la quinine sont si puissants dans la fièvre typhoïde et sont & peu près nuls dans d'autres fièvres, c'est que pour la première, outre son action antipyrétique réelle, mais fugace, elle possède une vertu contre le fond même de la maladie.
Le pourquoi de cette action antizymasique delà qulDÎne est encore difficile à déterminer. Est-ce directement et par des effets toxiques sur le ferment typhoïde que Falcalolde du quinquina produit ses heureux effets ? J'inclme fortement à le croire. Cependant, en se basant sur tes belles expériences de Pasteur, qui ont démontré que des modifications en somme peu consiaérad)les dans la température du milieu de la fermentalion influent puissamment sur celle-ci, on pourrait peutêtre essayer de subordonner l'action aiUîzymasique du remède à son action bypothermique. L'aide important que m'ont donné les bains tièdes serait un argument en faveur de celle manière de voir. Et, pour être juste, je dois ajouter que Glénard a d^à émis une hypothèse semblable à propos de ses bains froids. L'expérimeatalion seule peut décider en dernier ressort entre ces deux manières de voir. Il faudra cultiver le ferment typhoïde lorsque son espèce sera absolument mise hors de doute, el étudier comparativement dans la marche de sa putlulalion soit les effets de diverses solations titrées de quinine, soit ceux d'un abaissement gradué de la température.
Sans nier l'importance considérable de cette étude, que je réserve pour l'avenir, je me borne pour aujourd'hui à rester dans le domaine de la clinique, et à affirmer par des faits nombreux d'observation tes effets antizymasiques certains mon moyen thérapeutique. L'emploi h&tif et prolongé de ta quinine est, pour l'heure, le moyeu le plus commode, le moins dangereux et le plus sûr de resU*eiodre et d'enrayer la fermentation typhoïde.
Au Congrès des sciences médicaiês qui a eu lieu cette année à Copenhague, le professeur Bouchard a lu un remarquable mémoire sur la thérapeutique antiseptique. Ën mettant de cêté l'intérêt personnel, qui aurait droit de s'affliger de ce que mon initiative dans cette voie féconde reste toujours méconnue, je ne puisqu'èire profondément heureux de trouver dans un homme aussi considérable que Boechard une recrue nouvelle de mes idées. Aussi je ne puis
de 6 francs par sinistre, certificat d'entrée, certificat de sortie et premier pansement, si ce pansement est simple et ne comporte pas ne travail exceptionnel. C'était précisément le cbïffreque payaient la plupart des Compagnies aux six ou huit médecins du Havre qu'elles employaient. iDe ce eàlé donc le syndicat du Havre n*a pas chercné à augmenter les frais des Compagnies, sachant qu'elles ne font pas de bénéfices. En effet l'ensemble des Compagnies françaises accidents paye au corps médical une somme d'environ 500000 francs par an. Il est clair que, si le chiffre de 6 francs était porté à 10 francs comme le voudraient quelques syndicats, les frais seraient augmentés dans une proportion énorme, qui n'est pas en rapport avec la situation des Compagnies. Le syndicat du Havre, encore une fois, n'a pas voulu entrer dians cette voie, tout en se réservant l'avenir.
Mais un incident s'est produit auquel la Gazette fait allusion et uu'il est bon de signaler pour foire saisir le côté faible des syndicats, carie syndicat na de force que par l'union;
I il est bon de faire connaître ceux qui tes premiers, non seti- I lement n'ont pas adhéré au syndicat, mais ont cherché à en I détruire l'efficacité. Un médecin est arrivé au Havre et a proposé aux Compagnies d'assurances françaises et étrangères, par une lettre qu on trouvera dans V Argus, journal des assurances, de soigner les sinistrés pour 5 francs cliacuii : constaté, soigné el liquidé. Ces trois expressions out séduit I le sjrndicatdes Compagnies d'assurances, et le médecin a, étc* I agréé par elles, et nos confrères remerciés (i).
Je ne veux pas entrer ici dans une discussion qui, suivant moi, prouverait que les Compagnies ont fait un marché onéreux. Je veux seulement demander à l'auteur de l'article la conduite de ce médecin offrant ses services au rabais e^1 oui ou non respectable? Que des représailles doivent en ré-
(1) C'est, croyons-nous, celte alSiire, cumpliqui^a du refus de Uiucr ^aatnr i l'IiApital du Havre le médecin dilégai, poar y consister l'e'lat des b)»s<-9, \ motivé h wtwtlfalfvn de H. B'Y'lfnl^^pn 't99'VlE^M^ P'"'
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résister au plaisir de reprotluire ici l'argumeatatioa opposée
Sar le professeur <ie Paris au mot plus spirituel que vrai e l'un de ses collègues : c Tuer le malade pour tuer le microbe a .
« Ce8ophisme,dil-U,peat être réftitépar trois ai^umeuts: >i*ll est dessubstances ÎDoflTensives poarl'hommeaaituent^ je ne dis pas les microbes, mais certains microbes. L oxygène indispensable k l'homme empêche la vie de toute une catégorie de ferments; l'argent à dose insigniflante pour un oi^'anisme animal arrête Te développement d'un aspergitlus.
I ^ il ^ a des maladies médicales, la dysentérie, le choléra, la diphthérie, etc., où l'agent infectieux est, au moins pendant un temps, limité à la surface de certains organes, et
Pourrait être atteint facilement sans imprégnation de toute économie parla substance antiseptique.
> 3" La thérapeutique antiseptique médicale ne se propose pas de tuer le microbe, comme on le répète faussement, mais seulement d'entraver sa pullulation. En effet, quand dans les maladies infectieuses la victoire se déûde en faveur des ferments, c'est parce que ces derniers se renouvellent incessamment, parce que de nouveaux combattants toujours plus nombreux succèdent h crux qui se sont usés dans la lutte pour la vie contre les cellules animales. Chez les êtres supérieurs, animaux ou végétaux, un simple changement de milieu on de climat suffit pour leur faire perdre leur fécondité sans compromettre leur existence. L exemple des moutons de la Beauce, qui deviennent réfractaires au charbon quand ils ont été transplantés depuis ({uelque temps en Algérie, peut faire espérer que des mudillcattons peu considérables de l'organisme humain infecté pourraient entraver la pullulation indéfinie de certains microbes qui l'auraient déjà envahi. »
Pour rentrer dans la question qui nous occupe, je dirai que Bouchard propose d'obtenir l'antisepsie intestinale (fans la fièvre typhoïde par l'administration interne du charbon ioiloformé. Sur ce terrain de l'antisepsie intestinale, Delarroque l'a d'un peu loin précédé. Attribuant la fièvre typhoïde à l'infection du sang au moyen de la résorption des sécrétions fournies par les ulcérations intestinales, il fonda, sur la nécessité d'évacuer ces sécrétions toxiques, sa méthode purgative ft outrance, très dangereuse dans son application excessive, maïs certainement utile lorsqu'elle est employée avec discrétion.
Je suis loin de nier k priori la valeur du moyen thérapeutique proposé par Bouchard; cependant je ferai observer que rien ne dit que le ferment typhoïde, comme le bacUk virgule de Koch, commence son agression et sa prolifération à la surface du tube intestinal. L intimité des tissus et plus spécialement le sang sont peut-être les premiers infestés ou du moins ne tardent pas k I être. On atteindra donc plus sâre-
ment les germes morbides par un agent antiseptique comme la quinine, qui s'absorbe et va partout charriée par le sang, que par des désinfectants intestinaux & peu près insolubles. Ceux-ci me paraissent remplir seulement une indication secondaire, à laquelle depuis longtemps j'ai cherché moi-même à obéir par mes lavements phéniqués (1).
L'année dernière, au moment où j'appliquai sur la plus vaste échelle mon traitement antizymasique de la fièvre U- [Aolde par la quinine, une objection très sérieuse me lut posée par l'un de mescollègues les plus distingués et les plus sympathiques, le docteur Baumel. La voici telle qu*il l'a formulée lui-même dans le Montpellier médical (t. L, p. 452) : « L'adminisU'ation quotidienne et persévérante du sulfate de quinine peut bien ne pas être sans danger, car, sans attacher à certains faits qu'il nous a été donné d'observer une importance plus considérable qu'il ne le faudrait, nous devons toutefois faire remarquer que, dans un autre milieu, à Hont-
fiellier et non à Paris, à Montpellier où l'indication du sulate de quinine se rencontre dans bien des états morbides, il nous a été donné, disons-nous, dans une période de trois ans, d'observer sept jcas de mort subite dans le cours deJa fièvre typhoïde. Tous ces malades prenaient, depuis un certaio temps, dusulfate de quinineàla dose de 1 gramme par vingtquatre heures. Nous voulons bien, jusqu'à nouvel ordre, ne voir là qu'une coïncidence, avec cepenaant quelques restrictions... »
Cette accusation émise par un homme aussi compétent mo porta à réfléchir, et fit naître dans mon esprit des indécisions sérieuses. Cependant, après réflexion, je persistai dans ma
nombre de inoffensive
(lans la presque unanimité des cas. Je redouterai beaucoup, au contraire, tes doses de 3 grammes que j'ai vu prescrire dans certains hêpitaux de Paris. Ceux qui, à l'exemple de Briquet, ont utilisé cette médication violente contre le rhumatisme, ont trop souvent déterminé des accidents et surtout de graves accidents cérébraux.
3* Dans la série déjà considérable de cas où j'ai employé ma méthode, je n*ai pas observé le plus petit inconvénient.
3* Les morts subites se produisentdans le cours de la fièvre typhoïde, quel que soit le traitement mis en jeu, et les alté-
{1) Ce mémoire était dcrit lorsque j'ai troa*i'> dans un \rù» iuliiret ont compto rendn inséré par Lerelioullet, dan« lo> numéroa 45 et 40 de la GOMtte htbdomadaire de 18S4. uno expoaltion coinplèle du travail de Bouchard. J'y coiMUte <{«c le tannt profoatrar arrlTO, de «m eM, et no» voir pu coniullre mm Ma» per- ■oneellee pas [dm que Je ne eonndsiaîa Isa iienne*. au nèwM cooelnrion* quo moi aur l'nctioii an tliyma tique de la quinine dani la fièvre tyiiholJe. Ixiin de m'en aflli^, je m'en réjouis, au coninire, parue que appujée par une août lalorllé. h caaae que Je phlde sera D^«»dnmat bleaUll gafiMie, an gnmi bénëSce des typbsîiuU.
miter, cela est inévitable. Les syndicats seront probablement imeiiés par la force des choses à constituer un ordre de métecins ; mais examiner cette question serait abuser de la pai ence de vos lecteurs et d'ailleurs elle ne se pose pas encore omme une nécessité inéluctable.
J'ai voulu relever les erreurs matérielles du correspondant e la Gazette, au moins en ce qui concerne le syndicat du [avre. Permettez- moi, en terminant, Monsieur le rédacteur Il chef, de vous remercier de ce que vous avez souvent dit n faveur des syndicats médicaux, et a^éea l'assurance de la haute considération.
GiBERT, PrélidMt dp SjBtotdi Ham.
École db Rennes. — Un concours pour un emploi de suppléant des chaires de médecine s'ouvrira le 4 novembre 1885 devanl la Faculté de médecine de Paris. Le registre d'inscription sera clos un mois avant rouverture dudit concours.
Écoles oe Nurras et de Cabn. — Le concours qui devait s'ouvrir le 15 février 1 885 devant la Faculté de méaecine de Paris pour deux emplois de suppléaots des chaires de pathologie et de clinique internes, l'un à l'École de Nantes, et l'autre à l%cole de Caen, est reporté au i'i du môme mois.
École d> Nantes. — Le concours qui devait s'ouvrir le 10 décembre 1884, devant la Faculté de médecine de Paris, pour un emploi de suppléant des chaires d'anatomie et de physiologie, est reporté au Itt mars 1885.
LÉGION d'honneur. — A été nommé au grade ^ ekevalier t H. Sockeel, médecin-major de t cla^jf^^|,^i^4^0i(î^^^^ de la division d'Oran. y .y ^
rations du myocarde ne sonl pas rares dans cette pyrexie, surtout quand la température est très élevée. En sorte même qu'en rendant plus courte la durée du processus et eu diminuant notablement le degré de la chaleur, mon traitement atténue beaucoup les chances du développement de la myocardite typhoïde (1).
Hais, pour arriver à la limite des concessions, j'admettrai, si Ton veut, que, en des cas, Dieu merci ! excessivement rares, la quinine a pu élre pour quelque chose dans ces morts subites. Faudrait-il pour cela renoncer à une médication à tous les autres ^rds si avantageuse? Je ne le crois pas. Si parce que, par des circonstances absolument exceptionnelles, une médication d'importance majeure a pu avoir des effets naisiblea, il fallait formellement l'abandonner, nous rejetterions tous nos remèdes actifs. J'ai en connaissance, dans ma carrière déjà longue, de malades morts les uns de phlébite à la suite d'une saignée, les autres de diphthérite consécutive à l'emploi d*un v^icatoire. Je me rappelle un militaire qui mourut à rh&pilat Saint-Eloi dans les efforts provoqués par un vomitif. Faudrait-il pour cela renoncer à tout jamais aux saignées, aux vésicatoires, aux vomitifs?
D'ailleurs, alors même que, avec sa sagacité éclairée, Baumel signalait l'écoeil, a indiquait en même temps le moyen de l'éviter.
« Chez tous ces malades, ajoute mon excellent collègue, il nous a été permis d'observer, tantôt simplement une heure, tantftt plusieurs heures on plusieurs jours avant ta mort, l'existence du pouls intermittent. •
En présence d'un signe prémonitoire de cette importance et si facile à apprécier, la possibilité d'un danger sérieux disparaît pour la médication quinique. Seulement au médecin qui l'emploie s'impose le devoir formel de tâter tous les Jours attentivement le pouls de son malade pendant un certain temps, chose que, depuis l'usage constant du thermomètre, on néglige trop, et aussi d'ausculter te cœur. Des intermittences sont-elles perdues? la quinine sera à l'instant suspendue, et l'on prescrira de la digitale ou de la caféine. J'irai même plus loin encore dans le champ de la prévoyance, et Je crois qu'il sera utile, chaque fois que la médication
Îuinique devra être prolongée plus de dix ou douze jours, de onner préventivement une dose modérée de l'un ou l'autre de ces médicaments. Entre les deux je choisirai d'ordinaire la caféine ou même seulement un couple de lasses d'infusion de bon café, par jour, d*aulant plus qu'en relevant l'énergie du cœur et en stimulant le système nerveux cette boisson ne
S eut qu'être k tous les points de vue utile sur le déclin et ans fa convalescence de la fièvre typhoïde.
Résumé et conclusions. — I. Aujourd'hui comme il y a dix-huit ans, je professe que la fièvre typhoïde est due à un ferment, À un microbe, que ce soit le bacille de Klebs ou tout autre. S'attaquer à ce microbe, s'opposer à sa proliféralion, le détruire, est l'indication majeure du traitement de la maladie.
II. Les effets si puissants de la quinine contre la fièvre tvpholde — effets observés par tant de médecins et surtout aepuis si longtemps par la série des grands cliniciens de Montpellier, et rapportés principalement, à tort selon moi, par les uns à son action antiperiodique, et par les autres à son action hypothermique et antipyrétique — sont dus en première ligne à son action antizymasique, qui est supérieure à celle que j'ai trouvée jadis dans la créosote et Kactde phé nique.
III. Cette affirmation clinique m'a amené à une méthode rigoureuse de l'administration du remède : commencer la
(1) Ja o'w, CB qui mo foaturait bien, invoquer cii ma faveur lo» exp^ricncuM dt G. Stfa M BoebaliMtaiiie, où c«a tiabilm oorilrèraa ont cru démwilrar l'acUuti excilanle cardio-vaaeiilalre' <lo la qalaiao, pana ^'ellea aonl wBlndilaa par eellot do Ikiqiiel, Laborda 61 d'aiurea, at ^ns U qsttlion no uia paialt |>Bi encan couplëtaawnt Tidte.
quinine au premier soupçon de la fièvre typhoïde, et la donner quotidiennement à la dose de 80 centigrammes ou de 1 gramme pendant la période d'augmenl et d'état, puis à dose décroissante jusqu'à la défervescence complète.
IV. C'est en me conformant à cette métnode que dans ces dernière» annés j'aisoigné plus de cinquante typnoïsanls sans en perdre un seul. En outre)de cette terminaison constamment favorable, j'ai constaté que le processus morbide était singulièrement amoindri et singulièrement raccourci. La maladie a évolué généralement à une température inférieure d'au moins i degré à celle qui aurait existé si la marche de li fièvre eût été abandonnée à elle-même. J'ai vu le plus grand nombre de mes convalescences commencer du douzième au dix-huitième jour.
V. Lorsoue par le caractère exceptionnellement grave du cas ou par le retard qu'avait éprouvé le début de la médica* tioii quinique, je n'ai pas aussi facilement enrayé le processus morbide, et qu'il a persisté à me présenter tes températures axillaires vespérines de 39^,5 ou même de 40 degrés et plus, j'ai trouvé un excelleni secours supplémentaire dans les nains lièdes plus ou moins réitérés, qui en diminuant la température du malade m'ont donné très probablement une action anlizymasique collatérale â celle delà quinine.
VI. Cette vertu de l'alcaloïde du quinquina ne s'adresse pas évidemment à tous les ferments morbides; mais elle semble depuis longlemps déjà avérée contre celui de la fièvre intermittente {bacillus inaiariœ). Elle est excessivement probable dans la suette mîliaire, certaines épidémies de fièvres puerpérales, certaines infections purulentes, et probablement encore dans d'autres maladies où les elTets majeurs de la quinine sont depuis longtemps démontrés.
Vil. Si, comme l'a affirmé le professeur G. Sée, la quinine n'exerçait contre la fièvre typhoïde que des effets antipyrétiques, ceux-ci devraient se retrouver dans les autres maladies fébriles. Or, à l'instar de Trousseau, la plupart des médecins l'ont vue impuissante contre la Hèvre hectique. Elle se heurte aussi sans succès décisif contre les fièvres inflammatoires et contre la plupart des fièvres éruptives. Dans U variole, c'est l'association de l'éther et de l^>pium, vantée d'abord par Ducastel, puis par Dreyfus-Brisac, qui possède la vertu antizymasique. G est aussi le mercure employé on frictions.
VUI. Sans nier les bons résultats de l'antisepsie intestinale proposée par Bouchard, et que je cherche depuis longtemps moi-même à obtenir au moyen des lavements phéniqués, je ne vois là qu'une indication secondaire, dont rimportance ne peut être comparée à celle de l'action antizymasique que la quinine absorbée exerce sur l'organisme tout entier.
IX. Cette action de l'alcaloïde du quinquina est-elle directe et due à des effets toxiques sur le ferment typhoïde? Est-elle, au contraire, subordonnée à l'action hypothermique du remède, laquelle modifierait la fermentation? Je penche pour la première manière de voir, reconnaissant cependant que des expériences de laboratoire pourront seules prononcer sur ce point en dernier ressort. Il faudra pour cela cultiver le bacille typhoïde, et le soumettre, soit à des solutions titrées de quinine, soit à des abaissements gradués de température.
X. L'emploi et surtout l'emploi persistant de la quinine à dose élevée (3 grammes par jour) me parait dangereux. Je ne regarde pas comme absolument impossible que, dans des cas très rares, la dose de 1 gramme par jour continuée longtemps dans le cours d'une pyrexie, qui tend à détermiaer des modifications pathologiques du tissu du cœur, puisse prédisposer le malade à une syncope. Mais, d'autre part, on rendant plus courte la durée du processus morbicle et ea diminuant très notablement le degré de la chaleur, mon traitement est de nature à atténuer singulièrement les chances de myoeardite typhoïde. Kt puis enfin cette syncope, que j« n'ai pas d'ailleurs observée moi-même, doitSkre prévue i
iSFtvniER 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
l'avance par un examen alteritif de la fonction du cœur, et prévenue par l'emploi rationnel des toniques du cœur, et surtout celui de la caféine ou même du café.
COBRESPONDANCE
Pate VMv Mwlr * l-UMra émm B«MB>èwiiB «yMm^ma
LETTRE k M. LE PROFESSEUR VKRMEUIL.
Monsieur et très honoré maître,
Connûssant votre prédilection et votre haute compétence pour les questions de pathologie générale chirurgicale, en même temps que votre extrême bienveillance à l'égard des médecins, élo^oés des hôpitaux, qui vous soumettent leurs observalioQS, je me permets de vous adresser les deux faits suivaats, dans lesquels j'ai pu observer pas à pas le développement de la gangrène dite spontanée, [)roduite sous deux formes très différeales. Voici les observations :
Obs. 1. ~ M"* X..., quarante-neuf ans acluellement, me lit appeler pour k première fois, le 18 avril 1883, pour des douleurs vives ressenties dans le pied droit.
NoustranvoDs dans rbistoire de cette malade des traces d'inloxication paludéenne dans le très jeaue âge. A huit ans, elle eut trois i quatre accès de fièvre intermittente seulement ; mais la nie s'en parait pas moins avoir été atteinte par le poison palustre; car la malade a gardé le souvenir du gros ventre qu'elle avai[ alors, et dont le développement a depuis disparu.
Aa cours de la vie, peu de chose & signaler, sinon quelques accidents tétanifornies survenus il ya quatorze ans penoant unegrossesse. La malade, assez nerveuse, a toujours été d'une grande faiblesse, p&le, décolorée, sans aucune maladie grave. De vingt-huit jusou'à trente-cinq ans elle a souiTert d'une toux sèche qu'elle qualîûe de nerveuse, qui ne s'accompagnait d'aucune expectoration et qui ne fui suivie d'aucun amaigrissement. :>es enfants jouissent d'une bonne santé. En résumé, femme nerveuse, pftie et maigre, assez faible, qui D'à jamais présenté aucun des accidents de la scrofûle, ni aucune des manifestations accusées de l'arthrilisme.
Quand elle me fit appeler en avril t8S3, elle su plaignait dans la jambe et le pied droits, de deuleurs violentes qui la tinrent au lit jmqu'à In fin du mois de mai.
Pendant cet intervalle, elle présenta trois accès d'asphyxie locale douloureuse, se manifestant principalement sur le gros meil qui devenait blanc et pâle, les douleurs, pendant cette période étaient si vives, qu'elles occasionnaient des attaques nerveuses, des lipothymies presque complètes. Entre ces crises les douleurs persistaient, mais supportables et sous la forme de four millements incessants.
Aucun gonflement de ces parties. Je combattis durant un mois vainement cas douleurs à I aide de calmants variés. Les piqûres de morpbine étaient fort mal supportées; ce qui parut le mieux réussir fut l'application de compresses d'eau oxygénée.
Enfin les douleurs s'atténuèrent, et, sans disparaître tout à fait, permirent à la malade de reprendre ses occupations domestiques a la fin de mat.
Le 10 février 1884, je fus rappelé pour une entorse du même pied droit contractée en descendant les escaliers.
Aussildt revinrent les douleurs anciennes avec leur même caractère, mais plus violentes encore, principalement aux petits orteils. Les mêmes médicaments furent à nouveau essayés, même Tean oxygénée, mais sans aucun résultat.
Les orteils étaient blancs; on pouvait les piquer sans que la malade ressentit aucune sensation. Néanmoins ils étaient te siège de douleurs spontanées, lancinantes très vives, surtout la nuit.
Cette femme, perdant le sommeil et l'appétit, tomba dans un état général pitoyable, aggravé par des accès de suffocation nerveuse et par des lipothymies fréquentes.
Au cooimmennent de mars, on vit pour la première fois, autour des piqAres de morphine, de petites eschares cutanées qui se Diuliiplièrent en plusieurs points de la région dor^te du pied.
Ces escharesaugmentèrent progressivement d'étendue, par zones coaceutrii|ue8 Bientét elles se réunirent, et peu à peu tous les
orteils, lu région dorsale et la voûte plantaire devinrent noirs et momifiés. Enfin, par un processus régulièrement progressif, la gangrène sèche gagna le pied tout entier et la partie inférieure de la jambe jusquà trois travers de doigt au-dessus des malléoles.
Vers le milieu du mois d'avril le sillon éliminatoire fui parfaitement constitué.
En même temps qu'on observait au pied ces phénomènes d'asphyxie locale suivis de gangrène, des symptômes identiques se présentèrent en un autre point du même membre inférieur. En effet, au bord externe de la rotule, d'une part, et à la partie antérieure de la jambe, d'une autre, nous vîmes deux régions cutanées de la grandeur d'une pièce de 1 franc oS'rir les mêmes signes d'asphyxie* locale qu'au pied. Puis survint une rougeur livide, et en ces points se forma une eschare qui s'entoura d'un sillon éliminateur et finit par se détacher comme le pied tout entier. Pendant celte période la malade était demeurée au Ht, et le membre droit avait contracté une position vicieuse, la jainbe s'étaut fléchie presque à angle droit sur la cuisse.
Pour des raisons que nous indiquerons tout à l'heure, la maladie fut laissée à elle-même. Au commencement de juillet on détacha le pied de la janilie, laissant la mortaiae tibio-péronnière nécrosée tomber d'elle-même sur une étendue de plusieurs ceolimèlres.
Acluellement la séparation est faite, et le moignon, fusiforme, & la vérité, se recouvre de bourgeons charnus.
Les plaies isolées du genou et de la jambe, consécutive^ aux eschares, sont complètement cicatrisées; mais la guérison n'a pas eu lieu sans quelques traverses. En effet, plus d'une fois les parties voisines de ces plaies ont présenté les signes de l'asphyxie locale avec les mêmes canictères que précédemment. Aucune nouvelle eschare n'est survenue cependant. Les douleurs n'ont pas complètement disparu dans la jambe, mais elles peuvent être tolérées.
L'état général est devenu beaucoup meilleur, et la malade se lève un peu, mange et dort à souhait aujourd'hui.
Nous avons dit aux commémoralifs que notre diente ne présentait aucun antécédent suspect qui pût nous guider dans l'étiologie de st:s accidents. L'examen du cœur, pratiqué i diverses reprises, n'a jamais permis de constater le moindre trouble qui pût faire admettre la formation d'un caillot migrateur.
Les artères ne sont point athéroinaleuses, et l'urine, souvent examinée, n'a jamais presenlé ni sucre, ni albumine.
Ënlin il n'y a pas lieu de songer à l'action d'un médicament longtemps prolongé, non plus qu'à l'influence d'une nourriture délétère. L'ergotisme n'a aucun rôle ici, et la malade, sans soigner beaucoup son entretien, prenait son pain i la boulangerie de la ville.
11 est évident que l'exploration minutieuse de tout le membre a plus d'une fois été faite ; jamais on n'a pu y découvrir de tumeur ni de production néoplasique quelconque.
Disons enfin que ces divers phénomènes d'asphyxie, de gangrène et de douleurs sont restés rigoureusement et toujours limités au membre inférieur droit ; jamais le moindre fourmillement, ni aucun autre phénomène analogue dans l'autre jambe ou aux membres supérieurs.
Pour expliquer notre expectatioiT, nous dirons qu'au début il nous parut nécessaire d'attendre la limitation des phénomènes de morlilication ; que l'eschare une fois limitée, il nous restait le choix entre l'excisiou pure et simple des parties mortifiées et une opération devant être pratiquée très haut, en raison de la diminution très grande du volume des parties molles, qui aurait donné fort peu d'étoffe pour les lambeaux au niveau de la partie inférieure de la jambe.
L'amputation a été repoussée par nous pour deux raisons : elle menaçait en premier lieu directement la vie de la malade, fort affaiblie par les soufl'rances, et en second lieu devait rester inutile, puisque l'état de rétraction du membre vouait notre cliente & un état d'infirmité incurable.
Obs. II. — Pendant que je donnais mes soins i la femme de l'observation précédente, je fus appelé à observer un autre cas de gangrène plus grave encore, et au i une cause toute différente.
L enfant X..., ftgé de six ans, n'a jamais été malade ; il a quatre frères ou sœurs tous bien portants.
Le 16 juin 1884, il est pris d'une angine couenneose qui dure quinze jours. ^
Allant mieux, on le laisse sortir hors de la maison, et c'est au bout de huit jours, trois semaines par conséquent après le début de la maladie infectieuse, qu'il se refroidit en se mouittant par
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imprudence. Aussitôt il est pris d'oppression; en même temps on obsenre un cedëme des jambes qui ne tarderas à se généraliser. Puis survient un état comateux, sans eouTulstons toutefois.
Tels sont les faits qui me sont exposés par la mère lorsque je suis mandé auprès du petit malade.
Ce jour-là (8 juillet), je constate un étal demi-comateux entrecoupé de plaintes continuelles; la dyspnée est extrême, ta foce boniiSe et marbrée, les tèrres violacées'; la poitrine est pleine de rfties. Les jambes sont fortement œdématiées et plaquées de vergelures d'un rouge violacé; les deux pieds^ jusqu'au-dessus des nuUtéoleSj sont dunecouleur violet noirâtre et complètement insensibles. Les piaûres ne sont pas senties. Sur une jambe même s'est développi; une énorme phivcténe surmontant une eschare dermique, accident causé parrapplicatioa d'une brique chaude deslioée à réchau0er les pieds.
L'urine, comme on peut le prévoir, contient des flots d'albumine.
Soos l'influence d'un régime laclé, tant bien que mal observé, et de quelques médicaments apjiro|)riés, l'œdème pulmonaire disparut en même temps que diminuaient l'asphyiie et la somnolence.
L'albumine diminua également rapidement de quantité, et on n'eu constatait plus de traces à la fin de juillet, trois semaines seulement après le début de ces accidents. Jamais les urines ne préseolérent de sucre.
Ma^ré ce rétablissement inespéré des fonctions rénales et pulmonaires, la gangrène araît fait son œuvre an niveau des pieds, et sa marche Tatale suivit sou cours en se localisant, à la vérité, à une étendue bien moindre qu'on ne l'aurait cru tout d'àbord.
Cette gangrène affecta la forme humide, avec formation d'énormes phlyctèaes et odeur très forte ; décomposition véritable des tissus sphacélés.
Au pied droit, In gangrène se localisa A l'avant-pied, et la chute (les parties mortifiées détermina une amputation de Choparl spontanée, le calcanéum et l'astrale, complètement entourés de parties molles, restant seuls. Cette séparation du mort et du vif se fit le i aolZit.
Au pied gauche, le sphacèle remonta plus haut, el la section eut lieu au-dessous de 1 astragale. Le pied fut détaché le 30 août.
Depuis l'élimination des parties mortifiées et l'ablation de ces matières décomposées, qui étaient une source constante d'iufectioD, la santé de l'enfant est redevenue excellente. Les plaies, recouvertes de bourgeons charnus de bonne nature, sont en pleine voie de guérison.
Telles sont les deux observations, très honoré maître, que je désire soumettre & votre a[)préciatîoD. Le second cas, a une pathogénie facile jt concevoir, est intéressant à cause de la rapidité du processus gangreneux, dont l'œuvre fut terminée en quelques jours seulement. Ce fait pourrait être rapproché de ceux dont H. Hanot a rapporté dernièrement l'histoire, à propos des gangrènes dans les albuminuries infectieuses.
Resle la gangrène sèche à marche bixarre observée chez notre première malade; il nous est bien difficile de ne pas y voir un trouble nerveux du genre de ceux qu'on nomme trophiques; mais là s'arrête ce que nous pouvons savoir de la pathogénie de cet accident singulier.
Ce mot de troubles trophtques, on le sait, ne sert guère oa'à cacher l'ignorance où l'on est de la véritable cause des faits observés, et, si nous l'acceptons, ce n'est qu'en attendant une interprétation meilleure. Celle-ci naîtra le jour où la somme des faits accumulés permettra de formuler des couclusions satisfaisantes ; c'est pourquoi nous n'avons pas voulu laisser perdre cette observation, et c'esl pourquoi aussi nous vous prions de vouloir bien l'accepler pour en tirer telle déduction que vous suggérera votre granae expérience.
Veuilles agréer, très honoré maître, etc., etc.
D' J. Valude,
UKim inlerne dea hApitaux de Paris, ft Vicru» (Clier).
R6P0NSK.
Cher confrère,
L'envoi de vos deux observations m'a été fort agréable. Je suis heureux d'abord de vous voir applaudir — vous bien désintéressé k coup sâr — aux efforts que je fais pour fusionner les paihologies générale et ^éciale, médicale et chirurgicale.
Je suis flaUé de même de l'avis que vous me demandez relativement à votre premier fuit. Si vous voulex bien lire le mémoire que j'ai écnl en collaboration avec mon élève et ami L.-H. Petit sur l'asphyxie locale de la gangrène palustre, vous y trouverez, je crois, des éclaircissements suffisants à l'interprétation de votre cas.
Ënfm je suis particulièrement satisfait que du fond de votre province vous lanciez votre note dans notre grand concert scientifique; mon réve serait de voir d'un tiout i l'autre de la France s'élever un souffle puissant d'études et de recherches. Je voudrais qu'on ne s abritât pas derrière cette excuse de la paresse, qu'il n'y a en province ni bibliothèques, ni microscopes, ni laboratoire, quand on y possède, comme partout, 1 immense et impérissable laboratoire de l'observation clinique, qui à défaut des autras 'peut suffire aux vrais et sincères travailleurs.
Je l'ai dit bien des fois, j'ignore si je l'ai imprimé déjà : Tannée scientifique française possède un état-major que nul autre ne surpasse, mais elle manque de sous-ofBders et de soldats.
Si tous les médecins, si en particulier nos anciens internes, qui doivent à la science le meilleur de leur position, lui rendaient le quart de la dette, s'ils travaillaient un peu, s'ils publiaient tes faits curieux de leur pratique, s'ils nous disaient ce qu'ils observent et ce qu'ils font, quelles richesses nous posséderions et quel pays pourrait nous disputer la première place au soleil scientifique?
Hais il faudrait vouloir et tant d'hommes intelligents ne veulent pas !
Recevez, etc.
Verneuil.
SOCIÉTÉS SAVANTES
SÉANCE DD 9 FfimiER 1885. — PRESIDENCE DE H. BODLEY.
Des modifications de cEnTAiNis hdmbors sous l'influence DU CHOLÉRA ÉPiDÉMiQDE. Noto de H. Pouchet. — L'auteur nous fait connaître dans cette nouvelle note les modifications survenues dans Turine des cholériques. Ces modifications sont caractérisées: i* par la présence de sels biliaires, de glucose, d'albumine et tt'une substance albuminolde particulière ; 2" par une augmentation des matières organiques et particulièrement de l'urée; 3* enfin par une diminution des sels minéraux.
De la perception différentielle dans le cas des ÉCLAIRAGES ORDINAIRES. Note de H. Auguste Charpentier. — Celle communication fait suite à celle que Tauteur a présentée, il y a quatorze mois, sur la perception des différences de clarté dans le cas de faibles éclairages. Ses nouvelles recherches l'ont conduit à ces conclusions : 1° que la perception différentielle varie suivant l'intensité lumineuse du fond observé; 2° qu'elle augmente quand l'éclairage diminue et qu'elle diminue quand l'éclairage augmente, ou mieux que la perception des différences de clarté «st d^utantJlii^eure que réclairage est plus foiSligitized by vjUOy
13 Févrikr 1885 GAZETTE HËBDOHADAIRE DE
Sur la cmcuLAnoN teinsuse du pied. Note de M. P. Bourceret. — Dans une première note, l'auteur avait étudié la circulation veineuse de la main par un procédé permettant rinjection des plus fines ramifications veineuses, et par t conséauent l'élude d'ensemble des circulations locales. Au- I iourd'nui appliquant le même procédé à l'étude de la circub Tation du pied, il a obtenu des résultats tellement en contradiction avec les idées admises actuellement, qu'il croit devoir tout d'abord rappeler l'opinion des analomistes et des I physiologistes sur celte question.
Ce fait si inattendu n'est autre qu'une circulation veineuse plus abondante à la face plantaire qu'à la face dorsale. 11 existerait, en effet, immédiatement sous le derme plantaire, une véritable semelle vasculaire formée de veines d'un calibre variant d'un demi-millimètre à i millimètres, et tellement pressées les unes contre les autres que la dissection en serait presque impossible. Leur ensemble, comme quantité, formerait aa moins les deux tiers des veines superficielles du pied.
Action physiologique de la cocaïne. Note de M. Gras- S6L (Sera publié aux Travaux origtnaux.)
Lk microbe dÉ 'là nÈVRÊ' TYPtfofbE'CEBz l'homhE. Note de H. ï*ayon. — Le microbe typbique se développe dans divers bouillons mis en culture et maintenus à une température de 36 & 38 degrés. Mais pour pulluler rapidement sur les animaux et pour amener leur mort, il exige une porte d'entrée spéciale : le péritoine.
Après la mort des animaux ainsi inoculés, on retrouve dans les sérosités périlonéales une grande quantité de microbes typbiques, très virulents et différant de ceux qui vivent dans le sang en ce sens qu'ils permettent le passage direct de cobaye à cobaje ou de lapin à lapin. C'est ainsi qu'une seule goutte du liquide péritoneal d'un lapin mort typbique tue un second lapin en trois, quatre ou cinq heures, alors qu'une quantité plus forte de sang ne provoque aucun trouble sur un troisième lapin du même âge.
Passage du parasite cuardonneux de la hère au FŒTUS. Mémoire de M. Koubassoff. — M. Pasteur présente le résultat d'expériences touchant une question qui n'était
fias encore complètement élucidée. En efTet, jusqu'à présent, orsqu'on inoculait le virus charbonneux à une femelle de cobaye, par exemple, en élat de gestation, les résultats, au point de vue de la transmission du microbe pathogène, étaient tantôt positifs, tanlût négatifs; tantôt un ou plusieurs fœtus se trouvaient directement inoculés par la mère, tandis que les autres, au contraire, bien qu'appartenant à la même portée, paraissaient être restés tout à faii indemnes du virus charbonneux. Aujourd'hui les recherches de M. Koubassoff faites sur dix-sept fœtus du cobayes tendent à démontrer la présence constante du bacille charbonneux dans les différents viscères (foie, rate, etc.) de ces dix-sept fœtus sans exception.
Action physiologique du sulfate DECiNCHOHANiNE.Nole de MM. G. Sée et Boche fontaine. — Des expériences auxquelles ces deux auteurs se sont livrés récemment, il résulte c|ue l'action physiologique de l'alcaloïde trouvé dans le Remijia purdiana offre les caractères suivants :
1" AQaissement progressif des propriétés physiologiques du système nerveux central ; 2° phénomènes convulsifs mal déterminés chez les mammifères seulement; d'affaiblissement et ralentissement des battements du cœur; 4" avec des doses massives, toxiques, mort rapide par arrêt diastolique du cœur, chei les batraciens aussi bien que chez les mammifères; 5" l'atropine est impuissante à rétablir les mouvements du cœur abolis par la cinchunanine ; 6' l'énergie du sulfate de cinchonanine est environ six fois plus grande que celle de la quinine, de la cinchonidine et de la cinchonine.
AMdénIe ém méimmtmm.
SÉANCE DD 10 FEVRIER 1885.— PRÉSIDENCE DEM. TRfiLAT,
M. le dooMar Tkoauu ^<àt Toim) as porta undidil au UIrs da correipoadui t aationil dini ta dmiième dïviaion.
H. la docteur Lacombe envoie U relation manuKrile tpUét^ àa Oèm lyphoïde qui vteat de (rfvir à Siiai-Pritat (Ardiclw).
H. ladMlCNr Sandrai damaad« l'ouverture é'ao PU eaekelé qa'il mail iàfoté to 27 jiiivier 18B5; ïl cootiqnt uuo Noie lur des oxpdrienGoa relaUvM i la *onorild doi corde» vocales et sur les oRets des luhaUUous de vapeurs d'DSicne« de (iSrdbcntliine et do goudron contre l'ipliuriie.
H . U SecrétaU-e perpétuel dépose : 1' an son de M- le docteur lapeyre- Viftàer, DDo. broehvre ayant po«r titre i Du fUe§m9u ietgainet ffneriaiw tendineuêetiet /léehitteur» de la nain; S* de la part de M. le dodonr Rieous, un mémoire iniprimd tur la population en Algérie pendant Vannée 1883 ; 3* au non do U. Lavoeat, un travail sur la ceinture tcapulo-elavieutttire dune ta térù dee vertéirée; 4< do la part de H. le docteur Martin (George»), jih> brochure intitulée : De» inflammationt de l'œil et de eu annexe» oecationiues par l'attiginatiame; 5* au nom de H. le docteur neboal, un mémoire imprimé sur la CmvaUaria iHfiIalia II ton aetUm tur te eaur ; 0" de ta part de M. le doeUw 5»Uer« y JTermo (de Madrid), doi» volanwa inlllidée : feyortdm hietorieû-eriliea dé Im tiâtevMi medieaa y fUoto/la rnedlca hatta da aetualidad et (Uiniea mtdiea eon deecripeionet netagraficat depatologia medica.
H. Goetelin prtenle, au nom de M. le docteur Aeliftw/. le deuiiène baeloule de ee> Leçoni tur le» ma{adW« de» VoUê HKjiWifWf; M tMçtV*'". **\ Muaicné aux tta§nutime d'urine.
H. Lamy bit tumuna^, da la part de M. la docteur BonnafaiU, d'une brochure ayant pour titra ; Le choléra ientU l'Académie de médecine, la centa§ioHté et lit quarantaime, et fait don de pluiienra colleeliona de jeuntaux.
M. Dujardin-BeMmet» prdaonle : !• |« non de M. le doeteor Detn'U, deux Notieti iibUoçrfiphiquM êur Oulmout et Moreuu {d4 Tourt) ; 9* de la part do H. le docteur Jfounel, sa ibèH sor la kola-; 3° au nom do M. le docteur Detekampa, u UiÙMi sur le diuffiMlic ei le traitement du cancer de l'eetomae.
U. Léon Labbé dépose, es nom de M. le dociear Robert de LatouTt un omrase intitulé : De la chattur animale.
U. De VitUen présente un hamac pttur U traneport dee bUtâé».
Transport des blessés. — H. De VUHerê, désireux de mettre à la disposition des Compagnies de chemin de fer un matériel de transport pour les blessés qui puisse être facilement placé dans tous les trains, a imaginé une sorte de hamac, très léger, peu encombrant et muni de moyens de suspensions des plus simples. M. Léon Le Fort fait observer que, si l'on prend la précaution de munir tous les trains de ces hamacs, on peut aussi bien y placer des brancards, et il fait remarquer, avec H. Le Roy de Méricourt, que l'emploi des hamacs est funeste pour certains blessés, notamment en cas de fractures, la nécessité d'un plan rigide étant alors absolue pour l'appui des membres. H. Larrey estime qu'on pourrait utiliser les filets des wagons à voyageurs comme matériel de secours, en leur donnant des dispositions spéciales.
Prix Huguier. — M. Charpentier analyse l'ouvrage de M. le docteur Denueé snr l'inversion utérine, qui a été envoyé par celui-ci pour le concours du Prix Uuguier en 1883.
Dépopulation de la France. — Après une échange d'observations entre HM. Lunier et Léon Le Fort relativement aux chiffres qu'ils ont fournis dans leurs discours antérieurs sur la population actuelle de la France, M. Hardy vient répondre à M. Rochard, car il estime que ta diminution de raccroissement de la population en France ne saurait avoir des conséquences aussi fâcheuses qu'on le prétend.
La puissance d'un pays serait-elle donc uniquement en rapport avec le nombre de ses habitants et de ses soldats? Ne dépend-elle pas plutôt de la sagesse et de l'habileté de ses gouvernants, de runiou patriotique des habitants et delà position géographique? L'Angleterre a une population restreinte et sa puissance ne cesse cependant de s'étendre ; l'Allemagne est bien plus puissante que sa voisine, la Russie, deux fois plus peuplée ; la Suisse renferme à peine 3 millions d'àmes, mais la valeur morale et l'énei^ie de ses habitants, ainsi que la configuration de son sol, maintiennent son indépendance intacte au milieu de ses puissants voisins. L'excès de population n'amène d^j^gcfbyiWsffOf^^fê
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plutôt la misère. Aussi M. Hardy se déclare-t-il partisan sous ce rapuort des doctrines de Hafthus^ si calomnié, dit-il, et auquel on a prêté des opinions qu'il n'a jamais émises. l\ expose cette doctrine telle qu'elle est consignée dans son livre sur le principe de population, doctrine qui se résume en ces aphorismes : pour qu'une société puisse vivre et éviter la misère, il esl nécessaire ^ue la population soit en rapport avec la quantité de nourriture qui est à sa portée, quelle n'en dépasse pas ta quantité disponible ; il y a donc avantage à limiter l'excès de pbpulation; l'espèce humaine trouve dans ce but des obstacles naturels, deslruclifs, tels que l'insalubrité des climats, la misère, les crises, les maladies, les épidémies, les famines, la guerre ; elle doit aussi se préoc* cuper des obstacles préventifs qu'il appartient à l'intelligence et à la prévoyance de l'homme de découvrir et de régler ; aussi ne doit-on se marier que lorsqu'on a assex de fortune pour subvenir aux besoins des enfants qpi viendront, et par suite contenir la passion par une contrainte morale jusqu'au jour où l'on croit sage de se marier. Une telle doctrine ne blesse ni la morale ni la religion.
M. Rochard a invoqué, parmi les causes de la diminution de la ni)niilaM.m Fraiw^, rgr""'"* du bien-être, le partage égal des successions, les jiratiques pour limiter le nombre des enfants; M. Hardy croit peu à ces causes. Si la natalité n'augmente pas en France autant qu'ailleurs, cela dépend de la race et de l'état de civilisation. Les Français sont moins prolifiques que la race teutonne et la race anglosaxonne. En outre, il est évident que la fécondité diminue à mesure qu on s'élève dans l'échelle sociale: la culture de l'esprit est peu favorable, en général, aux grandes familles et plus on s'éloigne de l'étal naturel, plus la fécondité naturelle s'abaisse. Ce u'estpas parce que, comme le préiendM. Rochard, les enfants seraient gênants, qu'il serait inconvenant d'en avoir dans un certain monde, que les grossesses nombreuses vieillissent les femmes, que les classes supérieures oot peu d'enfants ; mais bien plutôt parce qu'elles ne peuvent en | avoir beaucoup. En veut-on un exemple des plus précis? II existe à Paris une corporation des plus éminentes qui | compte trente -quatre membres ; cinq sont célibataires, vingtneuf sont mariés, parmi ceux-ci if y a neuf ménages inféconds, les autres ont un, deux, trois enfants au plus, excepté un qui en a six ou sept, mais il esl d'origine anglo-saxonne. (On reconnaîtra dans cette corporation l'assemblée des professeurs de la Faculté de médecine de Paris.)
Il y a à cette situation de nombreux correctifs : et d'abord l'immigration qui attire dans notre riche et bon pa^s un
fraud nombre d'étrangers, en particulier beaucoup d'israéites venus du nord-est de l'Europe, d'où ils fuient les persécutions, pour venir profiter de notre égalité dans lesdroits des citoyens ; ils sont très prolifiques et leurs enfants deviennent des Français. Ensuite nos classes inférieures, soil à la campagne, soit dans les villes, ont une quantité considérable d'enfants, et, si l'hygiène y était mieux observée, ces enfants suffiraient à assurer à notre pap une population indigène considérable. S'il esl très difncile, sinon impossible, d'augmenter la natalité en France, il n'en est plus de même de l'action que l'on peut avoir sur la mortalité, surtout pour les enfants en bas âge; c'est dans ce cas seulement que les conseils des particuliers, des maires, des maîtres d'école, des médecins et les efforts du gouvernement doivent être dirigés, afln d'apprendre aux parents à éviter ralimentation prématurée et à garantir les enfants contre les variations atmosphériques. Il est inutile d'avoir un grand nombre d'enfants si Ton doit les perdre, ce sont des forces dépensées inutilement, il vaut mieux conserver ceux qui existent, c'est là le vrai progrès et un progrès réalisable.
CËBÈnnoTOHE. — M. le docteur Gavoy^ médecin principal de deuxième classe à Versailles, présente un nouveau cérébrotome, destiné à faire des coupes totales de l'encéphale | à l'état frais. Cet instrument se compose de deux plaques de i
cuivre perforées à leur centre d'une ouverture dans laquelle on maintient le cerveau placé sur une pla(|ue de verre recouverte d'nne compresse ; un couteau triangulaire glisse entre les plaoues et délermine des coupes assez mincespour être vues aisemenl par transparence.
SoeM« «e ehlrargle.
SÉANCE DO 4 FÉVRIER 1885. — PRiSIDEHCE DE H. DUPLAY.
XnataHatUm dn noavwa baxma. — Cotool<tono« mntn Um trmtzma- I tlamaa du ortna ot la* manlisataUon* de oeitains Mttta psUiologitpMS ant6ii«ar*, nqiport : H. Tenillon. - Caloul anohatono* ayant Dèoaaalté trola tamoa «uooaaslves, par V. Mareaohal. ~ Lnxatton da oonde an arrltoa : II. HMaMm. — StatlaUqna du aar- Tloe.oblmraloal da l'hdpltal Blolittt t M. T«ntor. — Ittuiilalloii de malade : M. Nlcalaa.
Après la lecture du procès-verbal, H. Mare Sée, préndenl sortant, prie les membres du nouveau bureau de prendra
leurs places.
M. Dtiptay occupe'le' siègè du PréstUent; M. Chaurel prend la place de Secrétaire général ; M. GilietU celle de Secrétaire annuel.
M. Duplay prononce alors une courte allocution.
— M. Teri-illon fait un rapport sur un travail de M. Kirmisson relatif à la coïncidence entre certains traumatismes du cr&ne et la manifestation d'états pathologiques peut-être antérieurs. Ce travail rapose sur l'observation suivante : un enfant de cinq ans fait une chute sur la tête ; il se relève et n'éprouve rien d'anormal, mais vers le soir sa face se congestionne tout à coup et en même temps la mâchoire est le siège d'une légère contracture; huit jours se passent sans phénomènes nouveaux; au bout de ce temps le membre inférieur gauche est pris de contracture, oui va graduellement en augmentant; peu à peu l'enfant pera sa gaieté, il devient triste, sournois, grognon ; il se plaint de douleur de tête,
f>DUSEe des cris fréquents pendant la nuit, vomit sans elTort e malin au réveil. C'est pour ces symptûmes que les parents l'amènent à la Salpêtrière consulter H. te professeur Cnarcot . Ce dernier montre le malade à M. Kirmisson et la question de la trépanation est agitée, mais aucune trace de traumatisme, d enfoncement des os du crâne n'existant, on diffère l'opération. Cependant les symptômes ne s'amendent pas. le malade se plaint d'une douleur extrêmement vive en un point limité de la voûte du crâne. M. Kirmisson se décide alors à intervenir et applique une couronne de trépan an point douloureux; cette opération ne fait découvrir aucune lésion ni des os, ni des méninges, ni de l'encéphale. L'enfant succombe le lendemain. A l'autopsie on ne trouve aucune altération du squelette ni des membranes du cerveau, mais il existe une tumeur au-dessous du point trépané s'enfonçant dans le centre ovale du côté du ventricule latéral et déformant et comprimant la capsule interne; çàet là à la convexité et à la base de l'encéphale sont disséminées de petites masses tuberculeuses. L'examen bislologique pratiqué par H. Babinsky a montré que la tumeur et les masses disséminées étaient de nature tuberculeuse; mais malgré les racherches les plus attentives on n'a pu trouver de oaeiUes.
M. Kirmisson rapproche de son observation personnelle un cas analogue de Hulke, pouvant se résumer ainsi. Un homme de vingt et un ans fait une chute de wagon sur la léte; bosse sanguine; quelq^ues phénomènes d'ubnulalion cérébrale; tout rentre ensuite dans l'ordre et pendant trois mois le malade n'éprouve rien ; à cette époque éclatent des convulsions d'abord généralisées, puis localisées à un côté et bientôt suivies de contracture; on trépane en un point douloureux sans trouver rien qui puisse expliquer les phénomènes. Les symptômes continuent leur évoluUoo^etle ma-
13 FêvmEft 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDEGIN^ ET DE CHltltJKtilË — N* ? ~ li3
lade succombe au bout de six mois. A l'autopsie on reconnaît l'existence de granulations tuberculeuses nombreases et de divers volumes dans l'épaisseur des méninges.
Peut-on tirer de ces deux observations quelques enseigtiemenls?Dahs l'un el Tanlre tas, en l'absence de tout vestige de lésions des parties molles et du sqneletle, le chirurgien s'est laissé guiaer dans le choix du point d'application du Irépan par la douleur. On t'a vu. cette indication est demeurée stérile; les données de la topographie crânienne n'auraient pas fourni de résultats plus satisfaisants. Malgré cet insuccès, la trépanation pour des cas analogues, alors qu'il existe une douleur vive et fixe, n'est peut-être nas formellement contre-intliquëe, surtout si on se rappelle combien aujourd'hui cette opération est rendue anodine grâce à l'emploi des procédés antiseptiques.
M. Kirmisson se demande si l'on ne peut pas^ admettre que la chute sur le cr&ne ait été la cause déterminante des néoplasmes tubercoleux. C'est là une question délicate et H. Terrillun ne saurait y répondre par TaffimaUTe; pour lui il y a simple coïncidence entre la tumeur tuberealeuse et la chnte ; tout ce nu'il peut accorder, c'est que le traumatisme crAnien a peut-éire nâté 1-évolution de la manifestation ^i;tl{er)}uleuse. Deux observations empruntées k Macewèn semblent prouver cetle influence du tranmatïsme sur la détermination symptomatique de tumeurs intra-rr&ntennes jusque-là latentes : un homme de quarante^cinq ans fait une chute sur la tète, il présente quelques troubles cérébraux et meurt peu de jours après ; à l'autopsie on rencontre un gliome du cerveau; un enfant de cinq ans reçoit sur le crâne un bien minime traumatisme (coup de cahier de papier), il meurt au bout de soixante-douze heures; à Tautopsie, aucune trace du traumatisme, mais nombreux tubercoies Infiltrant les méninges.
En terminant son rapport, H. Terrillon entre dans quelques considérations médico-légales très importantes que comportent ces cas; il exprime le vœu qu'un travail complet soit rail sar cette question.
■— M. Maretehal litune très intéressante observation de calcul phosphatiqne eachatonné, développé autour d'une sonde tombée dans la vessie, et dont l'extraction ne réclama pas moins de deux tailles périnéales et d'une taille hyuc^^astrique. Ce fait, qui sera l'objet d'un rapport de M. Monod, montre la valeur de la taille sas-pubienne dans ces circonstances; la concrétion malgré son énorme volume avait échappé à l'action de la taille périnéale ; seule l'iacision hypogastriq» permit son extraction.
— M.Nélaton lit une observation de luxation du coude en arrière datant de cent cinquante-huit jours chez une femme d'abord traitée à l'aveugle par un rebou leur, puis judicieusement soignée, mais sans succès, par deux médecins instruits. Convaincu par ses lectures que la fracture du coude, dans le cas où elle se produirait pendant les tentatives de réduction, donnerait encore ua.bon résultat. H.. Këlaton n'hésita pas à ossayer de réduire. Sur les conseils de M. Farabeuf il combina et exécuta le plan suivant : par des mouvements divers les adhérences furent rompues et la mobilisation étant suffisante, rélongation et la réduction fhrent facilement pratiquées ; après auoi lo bras fut ioimobilisé dans un appareil plâtré. Aujourd hui l'appareil est enlevé el le malule jouit de quelques mouvements, qui sans aucun doute ne feront qu'augmenter de jour en jour.
~-M. Terrier doonela statistique des opérations uralinuées lans son service de l'h6pital Bichat pendant l'année 1884.
— M. Nieaise présente unemaladecheBlaguelIellapratiqué •écemment la résection partielle du maxillaire inférieur pour m 4>8téosarcoroe. U a employé le procédé de M. Verneuil, PK^'éviter la chute du sang dans la bouche pendant les »i-einiers temps de l'opération, et s'est servi d'un très ingè- |
nieux procédé de pansement pour assurer la réunion par première intention. En effet il a suturé ensemble la màqueuse jugale et la muqueuse buccale d'une part et les deux lèvres de l'incision cutanée de la face; d'autre pari, plaçant entre les deux nn tube à drainage ; la réunion dn tégument interne et celle du tégument externe s'est très rapidement faîte; le quatrième jour le drain était enlevé; le septième jour la malade était complètement guérie et elle aurait pu être présentée aux membres de la Société ce septième jour si ce n'eût été la séance solennelle. Ponr assurer l'antisepsie complète de la plaie, M. Nieaise plaça un sachet d'iodoforme dans la bouche de la malade,, qui n'en fut pas le moins du monde incommodée.
H. Reclus se demande si outre son action antiseptique l'iodoforme n'a pas jusqu'à un certain point une action hémostatique. Il a pour sa part plusieurs héraorrhagies secondaires à la suite d'amputation de la langue; ayant employé l'iodoforme dans ses opérations ultérieures, il a vu msparaitre ces hémorrhagies.
Alfred Pousson.
REYUE DES JOURNAUX
AeClOD dea «lealMdea 4e «vefcraeho» par MiM- E. iUn-
NACK et H. HoKFHANN. — Comme on le sait, l'écorce de
âuebracho renferme quatre alcaloïdes cristallisables, Vaspiûspermine, la gnebrachiney la quebf'achaminet Vaspiaospermatine, et deux alcaloïdes amorphes, Vaapidosamine et Vhypoguebrachine. Les auteurs de ce mémoire ont étudié l'action de ces alcaloïdes sur les arenouillM el èur les mammifères, et ils ont arrivés aux resirilats suivantsi : Tous les alcaloïdes de quebracho exercent une action para- Ivsanle sur la respiration, tant ohea les mammif%res que cnez les grenouilles, et, à cet^ard la qdebracbine est douée des propriétés les plus énergiques. — Be même, ils onl'une action paralysante sur le système nerveux central surtout chez les grenouilles, avec phénomènes d'excitation du côté de la moelle. — Tous produisent nn effet nauséeux, l'aspidosamine seule produit le vomissement. — L'hypoquebrachine et l'aspidosamine seules paralysent les extrémités des nerfs moteurs. — Toutes ces bases paralysent directement les fibres musculaires striées chez les grenouilles; cette action est bien moins évidente et méUie douteuse chez les mammifères. — De même le cœur est rapidement paralysé par ces alcaloïdes chez la grenouille; cette action est moins rapide chez les mammifères et il est de règle que le cœur continue à battre chei eux après l'arrêt complet de la respiration.
La thérâpeutlque est évidemment appelée fc utiliser l'action de l'un on de l'autre des alcaloïdes du quebracho. Vagpidosamine se rapproche beaucoup de l'apo^ morphine; du moins chez les grenouilles l'action de ces deux alcaloïdes est très semblable; il n'en est plus de même chez les mammifères. Ainsi l'action émétique de l'apomor^htne s'exerce à bien plus faible dose que celle de l'aspidosamine; mais le premier de ces alcaloïdes a l'ineonvénient d'exciter violemment les centres nerveux, particulièrement le centre respiratoire; l'aspidosamine au contraire ralentit de prime abord la respiration et la rendsuperficiulle. — D'une manière générale, les alcdoldes du quebracho abaissent l'excitabilité du centre respiratoire; c'est cette action spéciale qui explique Teffieacité thérapeutique réelle du quebracho, qui vient se ranger à cet égard à côté de la morphine et de l'acide cyanhydrique. L'indication la plus nette de ce médicament est évidemment dej'employee contre les dyspnées tenant à des troubles circulatoires, aux ^ maladies du cœur, etc., à l'exclusion de celles qui résultent
\U - M« 7 — GàZËTTË hebdomadaire Dë
MÉDECINE ET DE GHIRORGIK i3 Févhikk 1885
d'une insuffisance de l'oxygénation ou de l'artérialisation du sang. On peut cependant en attendre un soulagement réel dans les dyspoMs liées à l'asthme, à l'eraphysèroc, à la pneumonie chronique, aux exsndats intra-thoradques, sans qu'ici les indications en soient aussi formules.
Hais quel est l'alcaloïde susceptible de remplaeer le quebracho fui-mëme? L'aclion de Yaspidoapertnine est trop raible. La gu^raekine et Vaapidoêamine seules peuvent être examinées à ce point de vue ; la dernière est moins énergique, mais serait préférable par son action spéciale sur la respiration ; mais on l'obtient moins aisément à l'état de pureté que la quebrachine, qui est cristaliisable ; de plus raspidosamine est moins facilement absorbable, et possède^ en injections sous-cutanées; les propriétés émétiques à un plus haut degré que les autres alcaloïdes. C'est donc à la Quebrachine ou à ses sels qu'il faudra s'adresser, surtout en injections sous-culanées; les sels de cet alcaloule, quoique
f»eu solubles dans t'eau froide, se dissolvent aisément dans 'eau bouillante et restent ensuite en solution. (Zeitschrift fur klin, Sieàiein, Bd Vin, Heft 6, 1884.)
BIBU06RAPHIE
Lc^na «ar la ^rlotle |iraHitaxt4«e dl« labea d'origine «rpMIItlqiie, par M. Alfred FouriNiEn; professeur à la Faculté de Fans, médecin de l'hApital Saint-Louis, membre de l'Académie de médecine, recueillies par H. yi. DtBnKUiLH, interne des hApitaux. Pariâ, G. Masson, 1885. In-S' de 440 pages.
Si, grâce surtout auxtravauxdeH. le professeur Fournier, il est dûment établi aujourd'hui que la syphilis exerce une influence prépondérante sur la production du tabès dorsal, cette donnée n'a pas eu encore les applications jpraUquer
att'on en pouvait attendre. Il en est de cette maladie comme e tous les processus qui . ont pour subsiratum anatomique une lésion acléreuset deatmctive des éléments nobles qu'elle enserre. Toute intervention thérapeutique, le traitement spécifique lui-même n'a guère de prise sur elle qu'à ses périodes initiales, alors que le tissu de nouvelle formation n'offre qu'une oiganisation peu avancée. Il y a donc un intérêt majeur à dépister l'affection dès son début, quand elle ne se décèle encore que par des symptAmes vagues dont la véritable signification reste souvent méconnue. C'est à cette tftche, d'une nature particulièrement délicate, que le professeur Fournier a consacré une série de leçoBS qu'il vient de publier. Le savant syphiliographe apporte à cette étude les qualités de sagace et minutieuse analyse auxquels il nous a habitués; ses descriptions, empruntées pour la plupart aux souvenirs de l'auteur, ont conservé une intensité de vie remarquable et se gravent d'autant mieux dans l'esprit. Mais en vertu de leur caractère éminemment pratique, ces leçons, tirant leur intérêt des détails circonstanciés où se coinplatt à juste titre le professeur, ne sauraient être succinctement analysées, comme d'ailleu» toutes les conférences réellement cliniques.
C'est par l'étude des signes fournis par l'appareil génitourinaire <jue M. Fournier entre en matière. Sur les zâ4 cas qui constituent sa statistique personnelle, le tabès a débuté 78 fois par des symptômes vesicaux divers, paresse ou ténesme oe la vessie, rétention ou incontinence d'urine. Aussi, partioufarité peu connue jusqu'à ce jour, les tabétiques sont-ils souvent, à la première phase de leur maladie, de faux uritutirest suivant l'heureuse expression du professeur Guyon, A peu près aussi fréquents, les troubles de la fonction génitale présenlent également une remarquable diversité. Ce sonttantAt des symptOraes d'excitation ou de pseudoexcitation, tantôt des phénomènes de dépression. H. Fournier montre que l'érétnisme vénérien vrai, sur lequel on a
tant insisté, est en réalité fort rare et très fugaca, ludis que la débilité génésique et Tinappétence sexuelle constîlue&t le fait habituel.
En commençant l'histoire des manifestations nerveuses de la période prseataxique, H. Fournier ébauche une profession de foi pathogénique que nous relevons avec d'autant plus d'intérêt qu'elle est conforme aux idées nue nous émettions récemment et qui sont en train de faire leur chemin dans la science. Le tabès, dit-il. n'est pas une maladie de la moelle, mais bien une malaoie cérébro-spinale, et peut-être même sera-t-on bientêt forcé d'admettre qu'il intéresse le système nerveux tout entier, nerfs périptiiériques aussi bien que myélencéphale. Ainsi s'expliquent la multiplicité et la diversité des phénomènes nerveux dans sa période exordiale. C'est pour le cerveau des manifestations vertigineuses, des ictus apoplectiformes, épilepliformes, aphasiques, des désordres moteurs ou psychi^es, pouvant se combiner sous fonne de pseud&-paralysie générale; c'est pour les nerfs sensoriels des troubles auditifs ou visuels, pour la moelle enfln» des pai^légies sur lesquelles M. fournifflr eçt le p^f^mier, je crois, à appeler l'attention. "' Kocis ne ferons que si|;naler une étude très approfondie des manifestations gastriques ou intestinatos et des phénomènes laryngés qui ouvrent si souvent la scène morbide. Quant aux troubles trophiques, objet de tant de recherches dans ces derniers temps, s'ils sont relativement rares dans la période prseataxique, ils n'en présentent pas moins un grand intérêt, en ce sens qu'ils plaident en faveur de l'origine périphérique du tabès dans certains cas au moins.
Nous devons une meuliou spéciale aux leçons où sont étudiées les modifications apportées par le tabès aux mouvements réflexes. M. Fournier signale plusieurs modalités rares et peu connues du réflexe rotulien. Ainsi non seulement le trouver exagéré n'est pas aussi exceptionnel qu'on le pense généralement, mais encore constate-t-on parfois qu'il est remarquablement rapide et brusque, ou rebondissant, polycrote en quelque sorte.
A la Au du volume se tironvent réunies diverses notes et pièces justificatives que nous engageons le lecteur à ne pas négliger, comme on le fait d'habitiide pour ce genre de documents. Il y trouvera en effet, d'une part, une série d'observations de choix relatives aux diverses questions étudiées par le professeur, et, d'autre part, une statistiaue très étendue et très probante sur la rréquence des antécédents syphilitiques dans le tabès. Sur 349 tabétiques, H. Fournier en a trouvé 231 affectés de syphilis pour 18 indemnes. Cette statistique justifie la conclusion de l'auteur: la syphilis domine de sa haute importance tous les autres éléments étiologiques du tabès. Elle ne peut que l'encourager à poursuivre, dans sa sphère spéciale d'action, son enquête sur le tabès, qui nous a déjà valu tant de données importantes.